OGM : Risques et enjeux en agriculture
OGM : Risques et enjeux en agriculture
et l’agriculture :
qui est concerné ? existe-t-il des
risques ?
[Link]
Les OGM dans l’alimentation et l’agriculture : qui est concerné ? existe-t-il des risques ? ©Science & Décision
La culture des OGM (organismes génétiquement modifiés) a débuté en 1996. Elle est devenue importante pour
quatre plantes de grande culture : le soja, le coton, le colza et le maïs. En 2004, les cultures mondiales d’OGM
couvraient plus d’une fois et demi la superficie de la France et leur surface avait augmenté de 20 % par rapport
à 2003. 56 % du soja, 28 % du coton, 19 % du colza et 14 % du maïs produits dans le monde sont OGM.
Dans le même temps, de très nombreux débats ont porté sur les risques que les OGM font peser sur la santé et
l’environnement. Beaucoup des questions posées ont maintenant une réponse.
Le consommateur européen est-il concerné par les OGM ? Existe-t-il des risques pour la santé ? Que sait-on des
risques pour l’environnement ? La coexistence de cultures OGM et non-OGM est-elle possible en Europe ?
L’objet principal du dossier est de dresser un état des lieux des connaissances scientifiques, notamment celles
qui concernent l’évaluation des risques liés à l’utilisation des OGM. De façon complémentaire, le cadre
réglementaire et législatif est décrit.
Etablir si le recours aux OGM dans le cadre de l’alimentation et de l’agriculture est légitime sort du cadre de
Science & Décision, mais les informations figurant dans le dossier doivent permettrent à chacun de se forger
une opinion.
Les questions soulevées par les brevets, l’accès aux avancées technologiques et aux ressources génétiques font
l’objet du dossier Biotechnologies, brevets et agriculture : une nouvelle donne ?
[Link]
Les plantes OGM présentent-elles des risques spécifiques pour l’environnement ?.............................. 18
Une plante peut-elle envahir durablement l’environnement ? ............................................................... 18
Les craintes pour l’environnement sont-elles dues à la tolérance aux herbicides ou à l’utilisation d’OGM ?
............................................................................................................................................................... 18
Les plantes OGM résistantes aux ravageurs présentent-elles des risques pour les autres insectes ?...... 19
Est-ce que les insectes vont devenir résistants aux insecticides produits par les plantes OGM ? .......... 19
Les essais d’OGM en champ font-ils courir des risques spécifiques ? .................................................. 19
Qui est informé des essais en champ ?................................................................................................... 19
Qui autorise les cultures d’OGM en plein champ en France ?............................................................... 20
Les acteurs locaux sont-ils associés à l’élaboration du protocole des essais en champ ?....................... 20
Les problèmes environnementaux posés par les OGM sont-ils étudiés en France ?.............................. 20
Références ....................................................................................................................................25
L’alimentation et l’agriculture
Que mangeons-nous ?
La consommation moyenne mondiale par an et par habitant est de 152 kg de céréales, de 114 kg de légumes et
de 39 kg de viandes.
Il existe de fortes disparités selon les régions du globe. La consommation de céréales est plus élevée que la
moyenne en Chine (167 kg – 50 % de riz et 40 % de blé) et elle est plus faible en Amérique du Nord et en
Europe (respectivement 113 et 117 kg). La consommation de légumes est particulièrement élevée en Chine
(254 kg) et particulièrement faible en Afrique, en Amérique du Sud et en Inde (respectivement 52, 53 et 59 kg).
Les différences les plus marquées sont observées pour la consommation de viandes. Les régions se classent dans
l’ordre suivant : Amérique du Nord (122 kg par an et par habitant), Europe (92 kg), Amérique latine (62 kg),
Chine (53 kg), Afrique (13 kg) et Inde (6 kg).
([96])
Mange-t-on les mêmes viandes dans les différentes régions du monde ?
En moyenne dans le monde, la viande de porc est la plus consommée (39 % de la consommation mondiale de
viande). Puis viennent la volaille (30 %), les bovins (25 %) et les moutons et les chèvres (5 % à eux deux).
Cependant, ces moyennes ne reflètent pas la grande diversité des habitudes alimentaires. Ainsi, le porc est peu
consommé en Amérique latine (16 % de la consommation contre 42 % pour les bovins et 40 % pour la volaille)
et en Amérique du Nord (25 % de la consommation contre 40 % pour la volaille et 35 % pour les bovins). En
revanche, le porc est prépondérant en Chine (65 % contre 20 % pour la volaille et 9 % pour les bovins) et en
Europe (50 % contre 23 % pour la volaille et 21 % pour les bovins).
La consommation de viande est très faible en Afrique et en Inde. Il s’agit principalement de bovins
(respectivement 38 % et 47 %) et de volaille (respectivement 40 % et 24 %). Dans les deux cas, la
consommation de porc est négligeable (moins de 1 kg en moyenne par habitant et par an).
([96])
Que mangent les animaux d’élevage ?
Le porc et la volaille ont les mêmes besoins nutritionnels que l’homme : ils consomment principalement des
céréales et des protéines. Le pâturage suffit pour les herbivores à condition de disposer de surfaces suffisantes
car il faut au moins cinq hectares pour élever une vache et son veau en plein air. C’est l’élevage extensif pratiqué
dans les pays disposant de grands espaces (Argentine…). Lorsque la surface est limitée, le pâturage doit être
complété par un apport d’aliments dits « concentrés » (céréales et tourteaux principalement). C’est le cas le plus
fréquent en Europe. Malgré tout, les bovins mangent essentiellement du fourrage, au point que la moitié des
surfaces agricoles est destinée en France à la production de fourrage.
Les céréales fournissent 44 % des aliments concentrés, les tourteaux d’oléagineux (ce qui reste des graines après
l’extraction de l’huile) 25 % et les résidus des industries céréalières (son, etc.) 15 %. Les autres composés
(fourrage déshydraté, compléments minéraux, etc.) comptent chacun pour moins de 5 %.
Les deux-tiers de la production mondiale de maïs sont destinés aux animaux. L’Europe consacre 48 % de sa
production de blé à l’alimentation animale. Dans le reste du monde, le blé est destiné avant tout à l’alimentation
humaine (72 % de la production mondiale, plus de 85 % en Afrique et en Asie). Le riz n’est pas utilisé dans
l’alimentation animale.
Les tourteaux d’oléagineux fournissent les protéines nécessaires aux animaux. Ils permettent aussi d’augmenter
la production laitière. La production mondiale est de 200 millions de tonnes environ, dont 65 % pour les
tourteaux de soja, et 12 % pour les tourteaux de colza. L’Europe ne couvre que 42 % de ses besoins en tourteaux.
Les exportations mondiales de tourteaux de soja sont assurées par l’Argentine (36 %), le Brésil (28 %) et les
Etats-Unis (18 %).
([9] p. 86, pp. 166-167, [25], [31] pp. 18-20, [33] p. 18, [40] p. 64, [45] pp. 109-110, p. 237, [48], [70], [75]
tableau [Link], tableau [Link], [96])
([1] pp. 9-12, [15], [59], [60] p. 31, [76] pp. 51-60, [77] p. 69, pp. 75-76, pp. 78-81, [79] pp. 24-26, [91], [106]
p. 24, pp. 52-55, pp. 160-161)
productiviste extensive (moins de 20 quintaux à l’hectare) sont compensés par des surfaces très importantes et un
très faible besoin en main-d’œuvre grâce à la mécanisation. C’est le cas de la culture céréalière en Australie, au
Canada et dans les grandes plaines des Etats-Unis (où la mécanisation permet à une personne seule de cultiver
plus de 200 hectares).
La consommation d’engrais dépasse 200 kg à l’hectare en Europe, en Chine, au Japon et en Corée du Sud alors
qu’elle est de 10 à 20 kg dans les pays à très faible productivité (Afrique sud-saharienne, ex-URSS), de 50 kg en
Australie et de 100 kg en moyenne dans les autres pays.
([29] pp. 168-174, pp. 298-299, [32] pp. 53-60, [71] pp. 76-80, pp. 132-134)
Qu’est-ce que l’agriculture biologique ?
L’agriculture biologique regroupe un ensemble de pratiques qui visent à limiter l’usage des produits chimiques
de synthèse.
En Europe, environ 3 % des surfaces agricoles sont utilisées pour l’agriculture biologique. La proportion tombe à
0,3 % en Amérique du Nord. Les deux-tiers des surfaces de l’agriculture biologique mondiale sont dédiées à
l’élevage extensif (principalement les grands pâturages australiens). En revanche, la part des plantes de grande
culture y est très faible. Ainsi, en Europe, la betterave à sucre, le colza et le maïs n’occupent chacun qu’environ
2 % des surfaces consacrées à l’agriculture biologique et ils représentent respectivement 0,1 %, 0,2 % et 0,6 %
de la production européenne.
Le marché de l’agriculture biologique est exclusivement celui des pays riches. Les Etats-Unis représentent 49 %
du marché mondial, l’Europe 46 %, le Canada 3 % et le Japon 2 %. L’Allemagne représente 29 % du marché
européen, le Royaume-Uni 14 %, l’Italie et la France 12 % chacune.
([30] p. 4, p. 6, p. 8, [80] pp. 9-13, pp. 16-19, [85] p. 9, [88] pp. 13-19, pp. 21-26, [95], [98])
Quelles sont les grandes puissances agricoles ?
Les principaux producteurs mondiaux sont la Chine, les Etats-Unis et l’Europe suivis par l’Argentine et le Brésil.
La Chine est le premier producteur mondial de céréales (blé, maïs, riz) devant les Etats-Unis, l’Inde et l’Europe.
La Chine est première pour le riz devant l’Inde, première pour le blé devant l’Europe et les Etats-Unis et
deuxième pour le maïs derrière les Etats-Unis et devant l’Europe. La Chine est aussi le premier producteur
mondial de pommes de terre devant l’Europe et la Russie. Les Etats-Unis sont les premiers producteurs de soja
devant le Brésil, l’Argentine et la Chine. Le Brésil est le premier producteur mondial de sucre devant l’Europe,
la Chine et les Etats-Unis.
Le classement est différent pour le volume des exportations car la Chine exporte peu. Les principaux pays
exportateurs sont l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Australie, l’Argentine et le Brésil. Les Etats-Unis assurent
47 % des exportations mondiales de céréales, loin devant l’Europe (15 %), l’Australie, le Canada et l’Argentine
(12 % chacun). L’Argentine est le premier exportateur de tourteaux de soja (36 %), devant le Brésil (28 %) et les
Etats-Unis (18 %).
D’autres pays apparaissent si l’on considère la valeur marchande des exportations. En 1996, les Etats-Unis
assuraient 32 % des échanges agroalimentaires mondiaux (en incluant les produits transformés), l’Europe 27 %,
l’Australie 8 %, le Canada, la Chine et le Brésil 7 %, l’Argentine et la Thaïlande 5 % et la Malaisie 4 %.
([9] p. 85, pp. 186-187, [42], [53] pp. 165-176, [61], [67], [96])
Comment les produits agricoles se classent-ils en fonction de leur valeur marchande ?
La valeur marchande des produits agricoles est fonction de leur degré de transformation. On distingue
classiquement trois catégories :
• Les produit bruts comprennent les céréales, les oléagineux, les légumineuses, le coton, les tabacs non
manufacturés, le café, le cacao, le caoutchouc naturel. De nombreux pays subventionnent par divers
moyens les producteurs car les cours internationaux sont généralement très bas.
• Les produits intermédiaires sont principalement des produits semi-transformés, comme la farine de blé,
les aliments pour animaux, les huiles végétales, le sucre raffiné. Les animaux vivants et les semences
sont également classés dans cette catégorie.
• Les produits à haute valeur ajoutée sont ceux destinés à la consommation directe, tels que les viandes,
les fruits et légumes frais et transformés, les boissons et les autres produits alimentaires transformés. Ils
représentent près de la moitié de la valeur des échanges internationaux de produits agricoles.
Si l’on considère la valeur marchande, l’Europe est le deuxième exportateur mondial derrière les Etats-Unis. La
puissance agricole de l’Europe repose principalement sur les produits à haute valeur ajoutée. Les boissons et
alcools représentent 46 % du montant des exportations agroalimentaires européennes, les produits laitiers 22 %,
les préparations alimentaires 16 %, la farine 10 % et la viande 6 %.
Les importations européennes se répartissent entre produits à haute valeur ajoutée (les fruits et légumes
représentent 31 % du montant des importations agroalimentaires et les poissons et crustacés 19 %) et produits
bruts (café, thé et épices : 26 % du montant des importations ; graines et fruits d’oléagineux : 24 %).
([9] pp. 188-189, [71] pp. 86-92)
Quelles sont les orientations de la politique agricole européenne ?
La politique agricole commune (PAC) a pour objectif « de permettre aux agriculteurs de bénéficier d’un niveau
de vie raisonnable et de fournir aux consommateurs des denrées alimentaires de qualité à des prix équitables » en
Europe.
La PAC est née à la fin des années 1950, alors que l’Europe sortait à peine des restrictions alimentaires.
Initialement, elle subventionnait la production de denrées alimentaires de base afin d’assurer l’autosuffisance de
l’Europe. Actuellement, la priorité est donnée aux méthodes de production respectueuses de l’environnement, à
l’adoption de normes élevées en matière de bien-être animal, ainsi qu’à la qualité et à la sûreté des denrées
alimentaires. Les revenus des agriculteurs deviennent de plus en plus indépendants du volume et de la nature des
productions. Ils sont en revanche en partie fonction de la superficie des exploitations, ce qui favorise les
exploitations les plus grandes.
La PAC favorise aussi la production de denrées alimentaires de qualité grâce à un système de labels (appellation
d’origine contrôlée, Bio, etc.).
([73], [82] pp. 11-12, pp. 14-15, pp. 46-47, p. 49)
([3], [57])
Comment peut-on transférer des gènes d’une espèce à une autre ?
Les techniques utilisées dépendent du degré de ressemblance des espèces. En règle générale, le plus simple est
d’utiliser le génie génétique. C’est d’ailleurs la seule technique efficace lorsque les espèces sont très différentes
(par exemple une plante et une bactérie).
Dans les conditions naturelles, la fécondation est peu efficace entre espèces voisines (le blé et le seigle par
exemple) et les graines avortent. Le problème peut être résolu par des techniques délicates de cultures de
cellules.
Lorsque les plantes sont trop différentes pour qu’il y ait fécondation, les scientifiques fusionnent des cellules des
deux parents avec des techniques proches de la fécondation in vitro.
Le génie génétique, lui, permet de prélever un morceau du génome d’un organisme et de l’introduire dans un
autre. Il présente le double avantage d’être simple à pratiquer et d’être utilisable pour n’importe quel couple
d’espèces. En revanche, il ne permet pas de transférer beaucoup plus qu’un gène à la fois. Transférer un gène
d’un organisme à un autre se dit « cloner un gène » et les organismes ainsi obtenus sont appelés « organismes
transgéniques » ou bien « organismes génétiquement modifiés » (OGM). Le premier animal OGM (une souris) a
été obtenu en 1981 et la première plante OGM en 1983 (un tabac).
([22] pp. 8-9, [49] pp. 10-16)
([18], [27] p. 9, p. 85, pp. 88-90, pp. 103-104, pp. 135-137, p. 161, [58] pp. 4-5, pp. 7-11, p. 15, p. 25, pp. 53-61,
pp. 75-77, pp. 87-89, pp. 99-100)
Pourquoi les plantes OGM ont-elles du succès auprès des agriculteurs ?
Dans la majorité des cas, la culture de plantes OGM ne semble pas plus avantageuse financièrement que la
culture de variétés non-OGM. Les bénéfices sont indirects. L’agriculteur y gagne une plus grande souplesse dans
l’organisation de son travail. L’autre argument est environnemental. La majorité des agriculteurs considère que
les cultures OGM préservent mieux l’environnement que les pratiques classiques.
Le désherbage des champs est indispensable pour que les plantes cultivées ne soient pas étouffées par les
mauvaises herbes dans les premiers stades de leur développement. En agriculture conventionnelle, la terre est
désherbée avant les semis par labourage. Puis, après le semis, l’agriculteur passe plusieurs fois dans le champ
pour répandre différents herbicides, chacun d’eux étant spécifique d’une famille de mauvaises herbes. Avec les
OGM tolérant des doses élevées d’herbicide, l’agriculteur utilise un herbicide qui tue toutes les plantes. Les
plantes OGM sont les seules à résister. Grâce à cela, il ne passe qu’une fois dans le champ car il répand
l’herbicide en même temps qu’il sème.
La plupart des insecticides sont des poisons dangereux pour l’homme et les animaux. Une exception notable est
l’insecticide produit par les plantes OGM. C’est le même que celui qui est utilisé en agriculture biologique. Les
OGM résistant aux insectes suppriment au moins une partie des pulvérisations d’insecticides (cela ne les
supprime pas tous car certains insectes ne sont pas sensibles au produit secrété par la plante OGM). L’avantage
est double : une moindre pollution de l’environnement et une diminution du nombre d’intoxications dues aux
insecticides chez les agriculteurs utilisant des OGM.
Un autre élément décisif pour l’adoption des OGM par les agriculteurs des pays exportateurs est l’état de la
réglementation en matière de produits OGM dans les pays importateurs. Des réglementations restrictives dans les
pays importateurs freinent l’adoption des OGM dans les pays exportateurs.
([32] pp. 53-60, pp. 62-63, [45] pp. 337-338, pp. 359-360, [46] pp. 19-20, pp. 63-66, [61], [74] pp. 231-232, [77]
pp. 57-64)
Les produits OGM seront-ils moins chers que les produits classiques ?
Les études réalisées en Europe montrent que les prix devraient être à peu près les mêmes sur les produits OGM
et non-OGM car les consommateurs ne semblent pas prêts à payer un produit non-OGM beaucoup plus cher
qu’un produit OGM.
([19])
Commercialise-t-on des fruits ou des légumes frais OGM ?
A l’exception d’un maïs doux destiné à l’alimentation humaine, il n’y a pas de fruits ou légumes frais OGM
commercialisés. Mais il existe une recherche publique active sur un grand nombre de fruits ou légumes frais. Son
objectif est le contrôle du mûrissement et la résistance aux virus.
La tomate est un cas à part car c’est le légume le plus consommé au monde après les tubercules. En France, elle
représente 18 % de la valeur de la production de légumes frais, derrière les salades (23 % en comptant les
endives) et avant les haricots verts (6 %). La moitié des études sur les fruits et les légumes sont consacrées à la
tomate. Elles sont financées aux deux-tiers par le secteur privé. Une tomate OGM avait été créée dès la fin des
années 1980. Le fruit se conservait plus longtemps. Mais la production a été abandonnée car le produit ne
présentait pas d’intérêt pour l’industrie agroalimentaire.
([24] p. 5, [37] pp. 14-16, p. 69, [58] p. 70, p. 76, [72], [81])
L’agriculture biologique utilise-t-elle des OGM ?
Non. L’utilisation de plantes OGM est interdite en agriculture biologique, tant en Europe qu’en Amérique du
Nord.
([30] p. 6-8, [41], [88] pp. 27-43)
Les aliments fabriqués à partir de plantes OGM sont-ils dangereux pour la santé ?
Un OGM ne peut être mis sur le marché qu’après qu’une série de tests ait montré son innocuité pour l’homme et
les animaux. Les essais sont réalisés par l’industriel qui demande l’autorisation de mise sur le marché. Celle-ci
est refusée lorsque les experts désignés par les pouvoirs publics jugent que le dossier est incomplet ou que les
expériences ne sont pas convaincantes.
Les tests portent sur la toxicité aiguë, le risque de provoquer des allergies, la tolérance et la valeur alimentaire.
L’étude de la toxicité consiste généralement à nourrir des rats avec de fortes quantités de produits OGM pendant
90 jours, puis à rechercher les symptômes classiques d’intoxication.
Les tests ne portent pas sur les effets à long terme. On peut cependant noter que, jusqu’ici, aucun effet sur la
santé n’a été rapporté dans les pays où les OGM sont commercialisés (depuis le milieu des années 1990 pour les
Etats-Unis).
Pour mémoire, l’utilisation des produits OGM est marginale en alimentation humaine. Ils sont destinés
principalement à l’alimentation animale et à la production de textile.
([36] pp. 28-29, [60] p. 8, pp. 23-24, [77] pp. 65-67, p. 70, p. 80, [79] p. 66, [93], [55])
Les aliments fabriqués à partir d’OGM augmentent-ils les risques d’allergie ?
Il n’y a pas eu jusqu’à présent de cas d’allergie qui soient la conséquence de la consommation d’aliments
fabriqués à partir de plantes OGM. Cependant, il est impossible d’être sûr qu’aucun consommateur ne
développera jamais d’allergie à un aliment. Ceci est vrai pour les aliments OGM comme pour les autres. Le
risque est en théorie moindre pour les aliments OGM car la présence de substances connues pour provoquer des
allergies y est recherchée systématiquement. La commercialisation est interdite si l’OGM en contient.
Un lien entre OGM et allergie a été suspecté dans le cas de la fabrication de produits destinés à l’homme (tacos)
avec de la farine de maïs contaminée accidentellement par un maïs OGM destiné exclusivement à l’alimentation
animale. 28 cas correspondant peut-être à une allergie ont été attribués à la consommation de ces produits (sur
environ un million de consommateurs). Des études ultérieures n’ont pas permis de confirmer qu’il s’agissait
effectivement d’allergie et qu’il y avait un lien avec le fait que le maïs était OGM.
Un exemple d’OGM qui aurait pu poser problème est donné par un projet de soja OGM produisant une protéine
de la noix du Brésil. Ce produit avait l’avantage d’améliorer la valeur nutritive du soja pour les animaux, mais il
risquait de déclencher des allergies en cas de consommation par l’homme. Le projet a été abandonné dès les
premiers stades de l’étude pour éviter les risques qui auraient pu exister à la suite d’un mélange accidentel avec
du soja destiné à l’alimentation humaine.
([36] p. 26, [38] pp. 20-22, p. 29, p. 33, pp. 48-49, [60] p. 23, [77] p. 68, [108] pp. 518-520)
Les OGM contribuent-ils à l’extension de la résistance des bactéries aux antibiotiques ?
Non. L’augmentation croissante des cas de résistance aux antibiotiques est la conséquence de l’utilisation des
antibiotiques comme facteur de croissance en nutrition animale et de leur emploi inconsidéré en médecine
humaine et vétérinaire.
L’introduction dans les OGM d’un gène de résistance aux antibiotiques facilite leur fabrication. Mais cet artifice
technique n’est pas indispensable et les plantes OGM destinées à la culture en plein champ ne contiennent pas de
gène de résistance aux antibiotiques.
([60] p. 23, [77] p. 68, pp. 70-73, [108] pp. 369-370)
Les aliments OGM sont-ils moins contaminés par des substances toxiques que les non-OGM ?
Oui. Les études montrent que les aliments issus de variétés OGM résistantes aux insectes sont moins contaminés
par des substances toxiques que les variétés non-OGM apparentées. Deux raisons expliquent ce résultat : d’une
part, l’utilisation de plantes OGM résistantes aux insectes permet de diminuer la consommation de pesticides ;
d’autre part, elle réduit la contamination par les toxines de moisissures (aflatoxine, etc.) qui se développent sur
les blessures provoquées par les insectes.
L’utilisation d’herbicides n’a pas d’impact sur la contamination des aliments, que les cultures soient OGM ou
non. D’une part, les herbicides modernes ne sont pas toxiques pour l’homme. D’autre part, ils se dégradent
rapidement dans la nature et ils ont disparu au moment de la récolte.
([45] pp. 337-338, [60] p. 25, [77] p. 69, pp. 72-73, [79] pp. 18-19, p. 34)
Les aliments de l’agriculture biologique sont-ils moins contaminés que les autres ?
L’ensemble des études disponibles montre que dans la plupart des cas, les produits biologiques ne sont pas
contaminés par les pesticides utilisés en agriculture conventionnelle. En revanche, la contamination par les
toxines de moisissures (aflatoxine, etc.) est du même niveau qu’en agriculture conventionnelle (non-OGM).
([64] pp. 84-87, pp. 89-95, pp. 125-126)
Il existe aussi des réglementations portant sur la traçabilité et l’étiquetage des OGM ainsi que des produits
destinés à l’alimentation humaine ou animale contenant des OGM.
L’Europe et certains pays comme la Chine ont adopté des réglementations spécifiques aux OGM alors que dans
d’autres (Etats-Unis, Canada…) la réglementation repose sur la législation préexistante. De plus les
réglementations américaines font l’objet d’une évaluation économique de leur impact en terme de rapport coût /
bénéfice, ce qui n’est pas le cas en Europe.
([27] pp. 50-54, [35] pp. 1-2, [77] p. 84, [83], [86], [87])
Quelle est la procédure pour commercialiser un OGM en Europe ?
Une entreprise qui souhaite commercialiser un OGM en Europe pour la consommation ou la culture doit obtenir
une autorisation de mise sur le marché de la Commission européenne.
Pour cela, l’entreprise fait une demande d’autorisation auprès d’un Etat membre et lui fournit un dossier
contenant toutes les informations nécessaires à une évaluation complète des risques. Si les experts rendent un
avis positif, celui-ci est transmis à la Commission européenne qui consulte les autres Etats membres. En
l’absence d’objection, le produit peut-être mis sur le marché dans l’ensemble de l’Europe. En cas d’opposition,
le dossier est examiné par un autre groupe d’experts. La Commission délivre l’autorisation de mise sur le marché
si le second avis est positif.
Tout au long de la procédure, le public est tenu informé sur le site [Link]
Cependant, l’Europe reconnaît aux Etats membres le droit d’interdire des produits OGM ayant reçu une
autorisation communautaire. Pour cela, ils doivent apporter la preuve que l’OGM constitue un risque pour la
santé humaine ou l’environnement sur leur territoire. A plusieurs reprises, des Etats membres ont interdit des
produits OGM ayant une autorisation communautaire sans fournir d’arguments fondés. Face à cette attitude, de
nombreux pays non-européens ont porté plainte en 2003 devant l’Organisation mondiale du commerce.
([23], [83], [100], [110])
Qu’est-ce que la traçabilité ?
La traçabilité est définie comme la capacité à suivre le cheminement d’un produit tout au long de la chaîne de
production et de distribution. Les buts sont divers. Par exemple, la traçabilité est utilisée en agriculture
biologique pour s’assurer qu’il n’existe pas de mélange fortuit ou frauduleux avec d’autres types de production.
La traçabilité repose sur des documents (suivi des échanges entre fournisseurs et acheteurs, suivi des transports,
pièces comptables) qui permettent de vérifier une séparation physique incontestable tout au long de la filière. La
traçabilité est difficile à assurer dans la plupart des pays en développement, faute d’une organisation
administrative appropriée.
([16] pp. 16, p. 19, [18], [83])
A quoi sert l’étiquetage des aliments ?
L’étiquetage informe le consommateur du contenu d’un aliment.
Cependant, l’information a une portée limitée. Ainsi, il existe une liste réglementaire des produits risquant de
déclencher des allergies. La présence d’un produit de cette liste doit être mentionnée sur l’étiquette si sa
concentration dépasse 5 % dans l’aliment final. Mais l’absence de produits de la liste sur l’étiquette ne garantit
pas l’absence de risque : d’une part la liste n’est pas exhaustive ; d’autre part, certaines personnes sont sensibles
à des concentrations inférieures à 5 %. Et inversement, la présence d’un produit de la liste dans un aliment est
sans conséquences pour la plupart des consommateurs.
L’étiquetage ne doit pas être confondu avec le label (appellation d’origine protégée, Bio, etc.). Le label est un
régime de protection pour des produits ayant une origine géographique particulière ou un mode de fabrication
spécifique, il ne porte pas sur leur composition.
([30] pp. 10-11, [38] p. 56-58, [101])
La présence d’OGM est-elle indiquée sur les étiquettes ?
Il faut distinguer deux cas de figures : les produits bruts et les produits purifiés (amidon, huile, sucre).
Dans pratiquement tous les pays, la présence de produits bruts tirés de plantes OGM est signalée sur l’étiquette
lorsque la concentration dans le produit final dépasse un seuil donné (de 0,9 % à 5 % selon les
pays). L’étiquetage est en général obligatoire. Il relève du volontariat en Afrique du Sud, en Argentine, au
Canada et aux Etats-Unis.
En revanche, il n’y a pas de consensus pour l’étiquetage des produits purifiés fabriqués à partir de plantes OGM
mais ne contenant plus d’ADN ou de protéines génétiquement modifiés. C’est notamment le cas de l’amidon, de
l’huile et du sucre. La Chine a adopté une formulation exacte : « ce produit est fabriqué à partir d’OGM mais il
ne contient plus de composants OGM ». C’est un cas unique au monde. En Europe et en Russie, l’étiquette porte
la mention OGM même pour les aliments ne contenant que de l’huile produite à partir de plantes OGM. En
revanche dans les autres pays, les étiquettes des produits purifiés et des aliments qui en dérivent ne portent pas la
mention OGM.
En Europe, les règles sur l’étiquetage s’appliquent à l’alimentation humaine et à l’alimentation animale. En
revanche, l’étiquetage n’est pas obligatoire pour la viande, le lait, les œufs, etc. obtenus à partir d’animaux
nourris avec des produits OGM.
([19], [27] pp. 339-344, [34] p. 4, p. 10, [35] p. 15, [54] p. 9, [77] pp. 94-97, [83], [86], [108] pp. 59-62, pp. 724-
725)
OGM et environnement
Les plantes OGM présentent-elles des risques spécifiques pour l’environnement ?
Depuis leur commercialisation, les plantes OGM n’ont pas eu d’impact spécifique sur l’environnement. Malgré
tout, devant la diversité des risques théoriquement possibles, tous les scientifiques estiment que les conséquences
environnementales doivent être évaluées au cas par cas et qu’un suivi s’impose.
([60] p. 31, [77] pp. 75-76, [108] p. 753)
Une plante peut-elle envahir durablement l’environnement ?
Il existe entre vingt et trente plantes envahissantes en France (on dit aussi invasives). Ce sont des plantes
sauvages exotiques qui sont naturalisées depuis au moins une cinquantaine d’années. L’histoire monte que
l’envahissement n’est pas durable. L’équilibre se rétablit au bout de quelques décennies.
Deux étapes doivent être satisfaites pour qu’une plante devienne envahissante :
1. La plante est transplantée loin de sa région d’origine et elle n’a pas d’ennemis dans sa nouvelle
localisation.
2. Elle a perdu les mécanismes qui lui permettaient de résister à ses ennemis dans sa région d’origine.
La deuxième étape est essentielle. En effet, le fonctionnement des mécanismes de résistance consomme de
l’énergie. En perdant la capacité de résistance, la plante économise une énergie qu’elle peut alors consacrer à sa
croissance et à sa propagation.
Les qualités qui font qu’une plante est envahissante n’est donc pas une très forte résistance aux maladies ou aux
ravageurs mais au contraire la perte de la résistance qui est rendue possible par l’absence d’ennemis. En
revanche, une telle plante ne résistera pas à l’apparition de nouveaux ennemis. C’est pour cela que le caractère
envahissant est temporaire.
Dans la nature, une très forte résistance est un avantage lorsque la pression de sélection est forte, par exemple en
présence de fortes doses d’herbicide. En revanche, le mécanisme de résistance tourne à vide et consomme de
l’énergie en pure perte en absence d’herbicide. La plante très fortement résistante est alors affaiblie par rapport
aux autres et disparaît rapidement.
([2], [106] pp. 10-12, pp. 60-62)
Les craintes pour l’environnement sont-elles dues à la tolérance aux herbicides ou à
l’utilisation d’OGM ?
Il existe des plantes tolérantes aux herbicides qui ne sont pas OGM. Elles ont acquis la tolérance grâce à une
mutation spontanée d’un de leurs gènes. Ces plantes permettent, par croisements traditionnels, de créer des
variétés tolérantes aux herbicides sans recourir aux OGM.
En Europe, les plantes tolérantes à un herbicide peuvent être librement utilisées, sauf si la tolérance est obtenue
par génie génétique (les plantes sont alors OGM). Les plantes OGM, et elles seules, font l’objet d’une procédure
d’autorisation.
Au Canada, toutes les plantes tolérantes à un herbicide sont soumises à une procédure d’autorisation. L’argument
est que l’impact environnemental est le même, quelle que soit la façon dont a été acquis le mécanisme de
tolérance.
([108] p. 385, p. 760)
Les plantes OGM résistantes aux ravageurs présentent-elles des risques pour les autres
insectes ?
Le risque existe en théorie, bien qu’il soit beaucoup plus faible qu’avec la pulvérisation d’insecticide.
Cependant, il n’a pas été observé avec les OGM résistants aux insectes commercialisés actuellement.
Ainsi, plusieurs études approfondies ont été réalisées sur le papillon Monarque en Amérique du Nord. Elles
n’ont pas mis en évidence de problème dans le cas des cultures d’OGM en plein champ.
([60] p. 31, [77] pp. 75-76)
Est-ce que les insectes vont devenir résistants aux insecticides produits par les plantes OGM ?
L’utilisation d’insecticides élimine la majorité des insectes. Mais il existe toujours des insectes résistants dans la
nature. Ceux-ci prennent la place laissée libre par les autres et l’insecticide perd son efficacité. Ceci est vrai pour
les OGM résistants aux insectes comme pour la pulvérisation d’insecticides. Cependant, plusieurs techniques
permettent d’éviter le problème. Elles font partie des bonnes pratiques de l’agriculture.
Une solution est d’utiliser plusieurs insecticides car il n’y a pratiquement aucune chance pour que la résistance
apparaisse simultanément pour plusieurs insecticides. Les industriels n’ont pas créé de plantes OGM produisant
plusieurs insecticides.
Une autre façon de faire est de changer régulièrement d’insecticide. Elle est nettement moins efficace mais elle
permet toutefois de profiter d’une succession de périodes durant lesquelles les insectes résistants sont trop rares
pour poser un problème. Il existe ainsi plusieurs variétés de plantes OGM résistantes aux insectes, qui diffèrent
par l’insecticide qu’elles produisent.
Un autre type de solution est de préserver dans les champs des parties non-traitées. En cas d’invasion d’insectes,
les insectes sensibles aux pesticides se multiplient dans ces zones et se croisent avec les insectes résistants des
zones traitées. L’intérêt est que leur descendance est sensible aux insecticides. La préservation de zones non-
OGM est obligatoire aux Etats-Unis dans le cas des OGM résistants aux insectes. Cependant, cette
réglementation semble mal appliquée.
([47] pp. 15-17, [108] p. 96, pp. 320-321, p. 398, pp. 760-761)
Les essais d’OGM en champ font-ils courir des risques spécifiques ?
Les essais en champ présentent nécessairement des risques puisqu’ils servent à explorer des phénomènes qui ne
peuvent pas être observés en serre. En effet, des phénomènes jugés improbables et non observés au laboratoire
peuvent se manifester au champ. Inversement, des phénomènes observés au laboratoire peuvent se révéler sans
conséquences notables dans l’environnement.
Les risques sont la dissémination du pollen hors de la parcelle expérimentale et les repousses de plantes OGM.
Des conditions expérimentales permettant de minimiser la dissémination ont été codifiées. Elles sont inspirées
des techniques qui ont fait leur preuve chez les sélectionneurs, comme par exemple encercler la parcelle de
plantes plus hautes afin de piéger le pollen. L’essai est autorisé lorsque l’impact sur l’environnement d’une
éventuelle dissémination résiduelle est tenu pour négligeable par les experts. L’évaluation tient compte des
cultures pratiquées dans le voisinage de l’essai.
([108] p. 161, pp. 166-167, p. 169, pp. 174-175, pp. 380-381)
Qui est informé des essais en champ ?
Le site Internet du ministère de l’agriculture donne accès au dossier scientifique des essais et à la décision
d’autorisation. Une fiche d’information est disponible à la mairie de la commune où se déroulera l’essai. En
général, les responsables des essais prennent contact longtemps à l’avance avec les agriculteurs du voisinage et
les élus locaux pour expliquer la finalité de l’essai et éviter dans la mesure du possible les malentendus.
La procédure d’autorisation des essais en champ comprend des phases d’information : consultation du public,
information du maire de la commune concernée, consultation de la Commission du génie biomoléculaire qui,
outre des scientifiques, compte dans ses rang des représentants des agriculteurs et des mouvements associatifs
(consommateurs, protection de l’environnement).
([28], [109], [111])
Qui autorise les cultures d’OGM en plein champ en France ?
Les essais en plein champ nécessitent l’autorisation du ministre de l’agriculture. Celui-ci prend sa décision après
que le ministre de l’environnement ait donné son accord et au terme d’une procédure qui comprend : la
consultation du public, une enquête de terrain sur le site concerné, une information du maire de la commune où
se déroulera l’essai. Le ministre s’appuie également sur l’avis de la Commission du génie biomoléculaire. Celle-
ci expertise toutes les demandes d’essai. Elle est composée de scientifiques et de représentants des agriculteurs et
des mouvements associatifs (consommateurs, protection de l’environnement).
La procédure est différente pour les cultures commerciales. C’est la Commission européenne qui autorise la
commercialisation d’un OGM. Les OGM autorisés en Europe et qui ne sont pas interdits en France peuvent être
cultivés librement. C’est le cas des maïs OGM qui avaient obtenu leur autorisation avant 1999 (il n’y a pas eu de
nouvelle autorisation depuis). Bien que la culture soit autorisée sans obligation supplémentaire, elle peut faire
l’objet d’une déclaration volontaire auprès du ministère de l’agriculture.
En France, un projet de loi à l’étude en 2005 prévoit de rendre la déclaration obligatoire. Il prévoit aussi une
information du public sous une forme qui reste à définir.
([28], [114])
Les acteurs locaux sont-ils associés à l’élaboration du protocole des essais en champ ?
L’expérience a été menée par l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) à l’occasion d’un essai en
champ sur la vigne. Les débats se sont déroulés en deux phases. La première a porté sur le bien fondé de ce type
de projet avec un groupe de personnes ayant des opinions opposées sur les OGM. Après six mois de travail, le
groupe a émis un avis favorable sous réserve que la recherche n’ait pas de finalité commerciale (notamment pas
de prise de brevets). Dans un deuxième temps, un comité de suivi local a travaillé avec les chercheurs de l’INRA
pour fixer les détails de l’essai.
Le but est de vacciner la vigne contre le virus de la maladie du court-noué. Cette maladie est présente dans la
quasi-totalité des régions viticoles du monde. Deux tiers du vignoble français sont atteints, dont 30 % de façon
importante. La maladie du court-noué provoque des dégâts considérables : les vignes meurent et il n’est pas
possible de replanter sur les mêmes terrains avant au moins cinq années. Il n’existe pas de traitement et la
prévention est inefficace.
L’idée est de vacciner les porte-greffe, de la même façon qu’en son temps, des porte-greffe résistants au
phylloxéra ont permis de sauver la viticulture tout en préservant la variété des cépages.
Cinq ans ont séparé la première version du protocole de l’autorisation de mener l’essai, avec notamment treize
mois entre l’avis favorable de la Commission du génie biomoléculaire et l’autorisation du ministre de
l’agriculture. Le chercheur responsable du projet a fini par être recruté par une grande université américaine. Il y
a de fortes chances pour que les porte-greffe résistants au virus du court-noué soient créés aux Etats-Unis.
([28], [50], [97], [108] pp. 30-32, pp. 166-167, p. 171, p. 176, [111], [113])
Les problèmes environnementaux posés par les OGM sont-ils étudiés en France ?
Les pouvoirs publics soutiennent les équipes qui désirent étudier les problèmes posés par les plantes OGM.
L’objectif est de répondre aux interrogations de la société et de doter la France d’une expertise reconnue afin
qu’elle puisse peser sur les décisions prises dans les instances internationales.
Les premières études ont porté principalement sur les aspects environnementaux : dissémination des gènes,
impact des OGM sur l’écologie des autres espèces, conditions d’une coexistence des cultures OGM et non-
OGM. En revanche, les problèmes socio-économiques ont fait l’objet de peu de recherches. Par ailleurs, les
risques pour la santé sont examinés par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA).
Une partie des questions qui se posaient initialement sur les risques ayant trouvé une réponse, de nouveaux
thèmes de recherche émergent : amélioration potentielle des pratiques agricoles par l’utilisation des OGM,
création d’OGM à vocation environnementale (dépollution, etc.).
Les travaux ont été perturbés par la destruction des expériences (serres, essais en champ). Certaines recherches,
qui nécessitaient un suivi sur plusieurs années, ont été abandonnées. Les connaissances reposent alors sur des
travaux menés par d’autres pays.
([108] pp. 161-162, p. 168, p. 175, pp. 207-208, pp. 751-755, [112])
• Dans le cas des semences, la tolérance va de 5 % de graines d’autres espèces pour le tournesol à 0,3 %
pour le blé.
• Dans le cas de l’agriculture biologique, les composants qui ne sont pas issus de l’agriculture biologique
doivent représenter moins de 5 % du produit.
• En Europe, un produit doit porter l’étiquette OGM lorsque les composants OGM représentent plus de
0,9 % du produit.
La production d’huile de colza montre que les agriculteurs maîtrisent le niveau des mélanges. Il existe des
variétés de colza qui produisent une huile contenant moins de 1 % d’acide érucique et d’autres dont l’huile
contient 90 % d’acide érucique. Les premiers sont destinés à l’alimentation humaine. L’huile des seconds est
nocive et réservée aux applications industrielles. Les mélanges, dans un sens ou dans l’autre, doivent être limités
au maximum pour que le producteur puisse garantir la composition de l’huile. Le seuil de 2% d’acide érucique
retenu pour l’huile destinée à l’alimentation humaine correspond à un choix pragmatique. Il est raisonnablement
possible de l’obtenir compte tenu des contaminations inévitables.
([18], [30] pp. 19-20, [33] p. 19, pp. 21-22, [92] pp. 34-37, [108] p. 381, p. 385, p. 768)
Le pourcentage toléré en matière de mélange de production a-t-il une base scientifique ?
A elles seules, les données scientifiques ne peuvent pas justifier un taux de tolérance donné. Tout ce que les
scientifiques peuvent évaluer, ce sont les risques et le coût en fonction du taux que l’on aura fixé. Plus le taux
sera bas, plus il sera difficile et coûteux à obtenir. Il risque alors d’éliminer les petits producteurs, qui ne sont pas
forcément capables de répondre à des exigences fortes. Aux Etats-Unis, les réglementations font l’objet d’une
évaluation économique en terme de rapport coût / bénéfice, ce qui n’est pas le cas en Europe.
Il est de toute façon impossible d’obtenir des produits agricoles exempts de tout mélange.
([12], [108] p. 381)
La coexistence cultures OGM / agriculture biologique pose-t-elle des problèmes particuliers ?
L’obligation d’indiquer la présence accidentelle d’OGM dans les produits a bouleversé le système qui permettait
jusqu’à présent à l’agriculture biologique de coexister sans problème avec les autres modes de production
agricole.
En effet, l’agriculture biologique coexiste nécessairement avec les autres modes d’agriculture puisqu’elle occupe
environ 3 % des surfaces cultivées en Europe (et moins de 2 % en France). Elle doit donc faire face à des
problèmes de pollution par des produits chimiques épandus au voisinage (engrais, désherbants, pesticides). De
même, les plantes des « variétés biologiques » reçoivent du pollen des variétés utilisées dans leur voisinage par
l’agriculture conventionnelle.
Le développement de l’agriculture biologique a été rendu possible en séparant la pratique agricole du résultat. La
production d’un agriculteur bénéficie du label Bio si celui-ci respecte le cahier des charges de l’agriculture
biologique, et ceci est vrai même pour des produits qui auraient été contaminés accidentellement.
L’obligation d’indiquer la présence d’OGM lorsque leur proportion dépasse 0,9 % a bouleversé cet équilibre.
Une production contenant plus de 0,9 % d’OGM ne portera plus le label Bio et perdra de sa valeur marchande.
Le problème sera d’ailleurs exactement le même pour l’agriculture conventionnelle si les produits étiquetés
OGM sont vendus moins chers que les autres. Savoir qui prendra en charge le manque à gagner est une question
qui est née de la réglementation sur l’étiquetage. Dans la situation antérieure, l’agriculteur se serait engagé à ne
pas utiliser de semences OGM et il n’aurait pas été pénalisé en cas de mélange accidentel.
([64] pp. 117-118, [66], [85] p. 9, [108] p. 382)
Quelles sont les conséquences économiques et juridiques d’un mélange accidentel OGM et
non-OGM ?
Un mélange accidentel OGM et non-OGM crée un problème économique. Un agriculteur engagé dans la culture
de produits non-OGM subira un manque à gagner si sa production est mélangée avec des OGM. Il faut aussi
prendre en compte le surcoût dû aux mesures visant à réduire le risque de mélange. En règle générale, les Etats
cherchent un équilibre qui permette aux agriculteurs de pratiquer l’agriculture de leur choix.
Il est techniquement difficile, voire impossible, d’apporter la preuve de la responsabilité de quelqu’un en cas de
mélange. C’est un point sur lequel buttent les débats lorsqu’il est question de déterminer qui prendra en charge le
préjudice.
Dans les pays où le risque de mélange existe (Amérique du Nord, Espagne, etc.), il est traité directement par les
associations professionnelles d’agriculteurs. Celles-ci ne font pas appel aux compagnies d’assurances. Aux
Etats-Unis, les pouvoirs publics ont pris à leur charge le préjudice dû à la présence dans l’alimentation humaine
de maïs OGM destiné exclusivement à l’alimentation animale.
Par contre, en Allemagne, les pouvoirs publics ont décidé que tous les agriculteurs cultivant des OGM peuvent
être tenus responsables sans qu’il soit nécessaire d’apporter de preuve et sans qu’ils puissent s’en défendre. Ils
pourront être condamnés à compenser les préjudices économiques imputables à un mélange OGM non-OGM qui
se produirait au voisinage de leur exploitation, même s’ils n’en sont pas la cause.
([18], [19], [63], [89], [90], [94], [108] p. 411, pp. 591-594)
Références
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Science et Décision – UMS 2293 CNRS/Université d’Evry – Université Pierre et Marie Curie,
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