Transducteurs pour imagerie ultrasonore
Transducteurs pour imagerie ultrasonore
en : Sciences de l’ingénieur
Spécialité : Ultrasons
Pierre MARÉCHAL
le 17 décembre 2004
JURY :
REMERCIEMENTS
Ce travail de thèse a été effectué au sein du LUSSI / GIP ULTRASONS dans les locaux de l’EIVL
à Blois et de la faculté de médecine à Tours. Tout d’abord je remercie messieurs Léandre Pourcelot
et Frédéric Patat de m’avoir accueilli et accordé leur confiance.
J’exprime mes remerciements à monsieur Marc Lethiecq pour la direction qu’il a donné à
mes recherches et à messieurs Louis-Pascal Tran-Huu-Hue et Franck Levassort qui m’ont encadré
pendant ces 3 années. Leur bonne humeur communicative et leur disponibilité ont été un réel plaisir
et m’ont permis d’aborder mon travail de recherche de façon ludique. J’ai pu découvrir le monde de
Matlab, les pays merveilleux de KLM et ATILA pour la modélisation et l’optimisation de
transducteurs focalisés.
Je remercie particulièrement pour toute leur attention messieurs Bertrand Dubus et Frédéric
Cohen-Tenoudji pour avoir accepté d’évaluer ce travail, monsieur Dragan Damjanovic pour avoir
accepté d’examiner mon rapport, pour les échanges électroniques, téléphoniques et leurs conseils.
J’exprime ma reconnaissance à Marion Bailly et Danny Carre pour les réalisations d’outils
et de transducteurs, à Jean-Marc Grégoire (à quand la triple impulsion ?) et Frédéric Ossant (je sais
ce que tu fais avec les lapins !) pour leur disponibilité et leurs contributions dans ma formation dans
le domaine de l’imagerie ultrasonore.
Mes remerciements vont à tous les membres du laboratoire que j’ai pu côtoyer quasi
quotidiennement à Blois (bien que pas toujours très réveillé) : mon recruteur en DEA Serge Dos
Santos (d’un enthousiasme débordant) et mes co-encadrants de l’époque Jean-Marc Girault (qui a
traité le signal de bien des noms) et François Vander Meulen (à nos conversations lynchiennes) qui
m’ont donné envie de continuer dans la recherche ; les thésards d’alors Jérôme Guyonvarch et
Michel Vila et leurs échanges amicalement belliqueux ; mes co-thésards Bachar Kanj et Vincent
Loyau pour leur funky spirit ; Catherine Chenu (à ton super bouquin de matériaux), Lionel
Haumesser (si Fourier savait ça !), Emmanuel Le Clézio pour les parties de ping-pong et Mickael
Lemâtre avec qui je pratique parfois la course aux trains ; Olivier Bou-Matar pour son appétit et son
engouement pour la recherche (et ses cours pratiques de dynamique des groupes) ; Guy Feuillard
pour ses cours d’acoustique et modélisation de transducteur (funky Guy speaking) ; Didier
Constantin pour sa compréhension devant mon nombrilisme informatique aggravé des 8 derniers
mois ; les nouveaux thésards (bon courage !) Thomas Goursolle (c’est réconfortant de voir arriver
Remerciements
un autre euivélien au labo), Thomas Delaunay (merci monsieur calembour), Jérôme Fortineau (à
notre circuit de visite de Blois by night et aux sangliers volants).
Merci à ceux que j’ai pu voir plus épisodiquement à Tours à tous les niveaux : Stéphanie
Lepaire pour nos discussions musicales et cinématographiques ; Isabelle Bronchard pour le jour
heureux où elle m’a annoncé qu’il me restait plus de 30 jours de congés ; mes co-thésards
tourangeaux Matthieu Biard, Yassine Mofid, Mohamad Nasser-Eddin pour les bons moments
passés ensemble ; les jeunes thésards Mélouka Elkateb, Guillaume Férin, Rachel Libgot,
Emmanuelle Mandard, Denis Rouvre, Catherine Roux, Grégory Souchon ; les jeunes docteurs et
leur bonne humeur expansive Alain Boucaud, Matthias Lebertre, Samuel Callé (Wampas forever) ;
les docteurs un peu moins jeunes pour leurs conseils avisés et leur humour bigarré ou un peu british
Dominique Certon, Jean-Paul Chemla, Marielle Defontaine, Denis Kouamé, Jean-Pierre
Remenieras, Franck Teston et les autres cités précédemment qui se reconnaîtront ; Anton
Sebastiampillai et Frédéric Védrenne pour leur patience lors de mes mesures désordonnées.
J’adresse ma gratitude à tous les partenaires du projet européen PIRAMID qui m’ont permis de
découvrir les matériaux piézo-électriques depuis leur fabrication jusqu’à leurs applications. En
particulier je remercie Ferroperm Piezoceramics au Danemark (merci à Erling Ringgaard pour les
échantillons et nouvelles compositions), l’Institut Jozef Stefan en Slovénie (merci à Janez Holc pour
les nombreux essais et échantillons réalisés), le Laboratoire de Céramiques de l’EPFL en Suisse
(merci à Sandrine Gentil pour son accueil lors de mon stage) et Vermon à Tours (merci à Nicolas
Félix pour les échanges et les réalisations de transducteurs).
Merci aux enseignants et personnels de l’EIVL qui ont essayé de faire de moi un ingénieur,
qui m’ont soutenu pour mon parcours en 3ème cycle et accueilli dans leurs locaux. Merci aux
enseignants de l’IUT de Blois qui m’ont accordé leur confiance et permis d’enseigner à mon tour.
Merci enfin à Joseph Fourier et Claude Elwood Shannon sans qui je n’aurais pas fait ce
travail, à Isaac Asimov qui m’a permis de m’évader, aux inventeurs du télégraphe et du transistor et
à tous ceux qui s’en sont inspiré.
Merci enfin à tous mes amis anciens euivéliens ou d’ailleurs pour les moments de détente,
ma famille pour ses encouragements et à Céline pour son soutien et sa patience.
Sommaire Transducteurs mono-éléments pour l’imagerie ultrasonore haute résolution
SOMMAIRE
INTRODUCTION……………..…………………………………………………………………………………..…..1
CHAPITRE I : MATERIAUX POUR LA HAUTE FREQUENCE……………..…………………….. …..5
I MATÉRIAUX PIÉZO -ÉLECTRIQUES ..................................................................................................................................................5
III P ERFORMANCE..............................................................................................................................................................................26
III.1 M ODÉLISATION....................................................................................................................................................................... 26
III.2 OPTIMISATION ......................................................................................................................................................................... 27
III.3 RÉSULTATS ET COMPARAISON.............................................................................................................................................. 28
IV CARACTÉRISATION DU TRANSDUCTEUR...................................................................................................................................30
i
Transducteurs mono-éléments pour l’imagerie ultrasonore haute résolution Sommaire
BIBLIOGRAPHIE ...................................................................................................................................................................................35
ii
Sommaire Transducteurs mono-éléments pour l’imagerie ultrasonore haute résolution
IV CONCLUSION ..................................................................................................................................................................................78
BIBLIOGRAPHIE :.................................................................................................................................................................................80
I.1 SENSIBILITÉ................................................................................................................................................................................ 88
I.1.1 Focalisation ......................................................................................................................................................................88
I.1.2 Excitation électrique........................................................................................................................................................89
I.1.3 Généralisation..................................................................................................................................................................89
I.2 DURÉE D’UNE EXCITATION GAUSSIENNE ............................................................................................................................... 90
I.2.1 Expression temporelle.....................................................................................................................................................91
I.2.2 Expression spectrale........................................................................................................................................................91
I.2.3 Relations et valeurs typiques..........................................................................................................................................92
I.3 INDICE DE PERFORMANCE ........................................................................................................................................................ 93
I.4 OPTIMISATION ........................................................................................................................................................................... 94
I FABRICATION ET OPTIMISATION DES PROPRIÉTÉS DE PMN-PT PAR COULAGE EN BANDE OU "TAPE CASTING"... 147
iv
Sommaire Transducteurs mono-éléments pour l’imagerie ultrasonore haute résolution
II FABRICATION D’UNE STRUCTURE INTÉGRANT UN FILM ÉPAIS PZT/PGO PAR SÉRIGRAPHIE OU "SCREEN
PRINTING".......................................................................................................................................................................................... 156
FREQUENCE……………..……………………………………………………………………………………….. .177
V CONCLUSION................................................................................................................................................................................. 199
vi
Sommaire Transducteurs mono-éléments pour l’imagerie ultrasonore haute résolution
vii
Transducteurs mono-éléments pour l’imagerie ultrasonore haute résolution Sommaire
viii
Introduction
INTRODUCTION
Les techniques d’imagerie médicale et de contrôle non destructif ultrasonores ont connu un
développement important ces dernières décennies. Les nombreuses publications et innovations sur
ces sujets attestent que ce domaine a engendré un grand intérêt aussi bien en recherche que pour le
développement de produits commerciaux. Les transducteurs électro-acoustiques sont au cœur de ces
innovations et leurs performances sont régulièrement améliorées afin d’obtenir des images ou des
contrôles de meilleure qualité. L’aptitude d’un transducteur ultrasonore à satisfaire les exigences de
l’application envisagée est conditionnée en grande partie par les performances électro-acoustiques
de sa partie active. Cette fonction de conversion étant généralement réalisée par un matériau piézo-
électrique, dont les performances intrinsèques doivent être choisies en fonction de l’application.
Les développements récents dans le domaine des matériaux piézo-électriques tels que les
mono-cristaux, composites, structures intégrées et aussi les nouvelles compositions de céramiques
offrent de nombreuses perspectives. En particulier, les applications ultrasonores en haute fréquence
(à partir de 20 MHz) sont en plein développement. L’imagerie intravasculaire, de la peau ou de
l’œil autour de 20 à 30 MHz est maintenant régulièrement utilisée pour le diagnostic médical. Les
résolutions spatiales pour une image ou la précision des contrôles sont directement reliées à la
bande de fréquence de fonctionnement et à la géométrie du transducteur. Cependant, l’augmentation
de la fréquence implique une miniaturisation des éléments constituant le transducteur, en particulier
pour le matériau piézo-électrique. L’enjeu est alors de développer de nouvelles technologies de
mise en œuvre telles que la sérigraphie ou le coulage en bande pour obtenir des films piézo-
électriques de quelques dizaines de micromètres d’épaisseur, tout en gardant des propriétés électro-
mécaniques équivalentes à celles obtenues par les procédés classiques.
L’objectif de cette thèse s’intègre dans cette perspective dont le but est de concevoir et
réaliser des transducteurs mono-éléments pour une application en imagerie médicale haute
résolution. Pour cela, une partie importante de modélisation a également été développée pour un
transducteur mono-élément muni d’une lentille acoustique. Les principales étapes suivies peuvent
être détaillées de la façon suivante : caractérisation de matériaux piézo-électriques pour la
fabrication de transducteurs haute fréquence ; étude et optimisation d’une focalisation acoustique ;
caractérisation des performances électro-acoustiques et du rayonnement ; réalisation de
transducteurs pour l’imagerie avec des nouvelles compositions et techniques de fabrication.
1
Introduction
Dans le premier chapitre, un bilan est fait sur les matériaux piézo-électriques actuellement
disponibles et la technologie des transducteurs pour les applications haute fréquence. Puis, à l’aide
d’outils de modélisation qui sont rappelés, les différents matériaux piézo-électriques existants sont
étudiés dans un assemblage de type transducteur mono-élément dont les performances sont alors
optimisées. De cette façon, les matériaux permettant de fabriquer les meilleurs transducteurs sont
identifiés. Enfin, les méthodes de caractérisation (réponse électro-acoustique et champ de
rayonnement) des transducteurs sont décrites et les particularités dues aux applications haute
fréquence sont précisées le cas échéant.
Au cours du deuxième chapitre, la modélisation du comportement d’un transducteur est
développée. Grâce à la méthode des éléments finis, qui permet de prendre en compte et de
quantifier les contributions radiales, les champs de déplacements et de pression générés à la surface
d’un transducteur mono-élément axisymétrique sont déterminés. Cette méthode est décrite dans son
principe, et les méthodes utilisées pour la résolution numérique sont détaillées. Différents
paramètres tels que le maillage de la structure multicouche ont été optimisés en comparant plusieurs
configurations. Ces premiers résultats sont ensuite propagés dans un milieu fluide homogène à
partir de la formulation intégrale de Rayleigh. La résolution numérique de cette intégrale est
effectuée en prenant en compte la géométrie axisymétrique de la source. Les différentes méthodes
de résolution sont finalement comparées en fonction du type de résultat recherché, de sa précision et
du temps de calcul.
A l’aide des outils développés dans le chapitre II, dans le troisième chapitre on s’attache en
premier lieu à caractériser la réponse électro-acoustique obtenue au point focal. Ainsi, elle est
évaluée au moyen d’estimateurs de la sensibilité et de durées caractéristiques de la réponse
impulsionnelle. Deux configurations typiques de transducteurs haute fréquence focalisés avec une
lentille sont étudiées. L’influence de l’impédance acoustique de cette lentille sur la réponse électro-
acoustique à la distance focale est évaluée pour une distance focale constante. Une modélisation
unidimensionnelle basée sur le schéma KLM est introduite comme une méthode alternative à la
modélisation par éléments finis. Les résultats en terme de champ rayonné et de réponse électro-
acoustique sont comparés pour ces deux modèles appliqués aux deux configurations choisies. Pour
finir, des résultats expérimentaux sont obtenus afin de valider et comparer les deux modèles
développés.
2
Introduction
Les deux derniers chapitres concernent la réalisation des transducteurs haute fréquence.
Dans le quatrième, l’élaboration de matériaux piézo-électriques pour la haute fréquence est décrite.
A cet effet, en collaboration avec d’autres laboratoires dans le cadre d’un projet européen, des
technologies de films épais (de quelques dizaines de micromètres) ont été développées par coulage
en bande et par sérigraphie. Pour la première technique, des compositions de type PMN-PT ont été
élaborées. Les conditions de synthèse des échantillons sont détaillées et la composition chimique
optimale est déterminée. Puis, pour la seconde technique, des structures intégrées multicouches à
base de PZT/PGO sont réalisées par sérigraphie. Ces technologies sont décrites puis les meilleurs
échantillons obtenus par ces deux méthodes sont caractérisés de façon fonctionnelle. Les propriétés
électro-mécaniques et la fréquence de résonance obtenues sont comparées avec celles d’échantillons
de référence réalisés par des procédés de fabrication classiques ainsi qu’avec celles d’un film
polymère (PVDF) et d’un disque de titanate de plomb (PT).
L’objectif du cinquième et dernier chapitre est de concevoir des transducteurs intégrant les
matériaux et structures piézo-électriques décrits dans le chapitre précédent, puis d’en évaluer les
performances. Les propriétés des différents éléments passifs qui constituent les transducteurs ainsi
que les méthodes d’assemblage sont spécifiées. Les caractérisations des transducteurs en émission-
réception dans l’axe, dans le plan focal et au point focal permettent de comparer leurs
performances. Pour l’un des transducteurs, théorie (modèle KLM étendu) et résultats expérimentaux
sont comparés. Ils sont finalement testés dans un échographe haute fréquence développé au
laboratoire, puis les images obtenues sont comparées et discutées.
3
Introduction
4
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
Le but de ce premier chapitre est double. Il s’agit dans un premier temps de faire un état de
l’art sur la technologie des matériaux et transducteurs pour les applications haute fréquence (au-delà
de 20 MHz). La configuration principale retenue pour cette étude est un transducteur mono-élément
pour des applications en imagerie médicale. D’un point de vue théorique, les différents matériaux
piézo-électriques existants ont été intégrés dans une telle configuration pour comparer les
performances obtenues. Au cours de ce chapitre, différents rappels et explications sont donnés
concernant la modélisation et la caractérisation des transducteurs en précisant si nécessaire les
spécificités dues aux applications haute fréquence [1-4].
I Matériaux piézo-électriques
Après quelques explications générales concernant les matériaux piézo-électriques disponibles pour
la transduction ultrasonore (propriétés principales, caractérisation électromécaniques, résonateur
libre ou chargé), un état de l’art concernant les matériaux piézo-électriques dédiés pour les
applications haute fréquence est décrit.
5
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
kt (%) ε 33
S
,r
100 2500
90 2250
80 2000
70 1750
Composites PZT 1- 3 PSC PZT/ternaire
60 1500
50 PZT/ternaire 1250
LN
40 PN 1000
PT
30 BIT 750 PSC
1- 3
PZT
20 P(VDF-TrFE) 500 posites
PVDF Com
10 250 PN PT
BIT
P(VDF-TrFE) LN
0 0 PVDF
5 10 15 20 25 30 35 5 10 15 20 25 30 35
Z (MRa) Z (MRa)
(a) (b)
Figure I.1 : (a) Coefficient de couplage électro-mécanique en mode épaisseur k t.
(b) Permittivité diélectrique relative à déformation constante ε 33,rS , en fonction de l’impédance
acoustique Z pour une large gamme de matériaux piézo-électriques disponibles.
6
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
I.2 Caractérisation
La mesure de l’impédance électrique complexe en fonction de la fréquence est réalisée sur un
échantillon piézo-électrique vibrant selon un mode dominant (Annexe 1). Cette mesure, grâce à un
schéma électrique équivalent, permet d’obtenir les propriétés diélectriques, mécaniques et piézo-
électriques par ajustements successifs. Dans certains cas, le standard de la piézo-électricité [5] peut
être utilisé, et les courbes expérimentales sont ensuite exploitées directement en utilisant ces
formules simples. L’équipement standard est constitué d’un analyseur de réseaux, avec un kit
d’impédance qui comprend un ressort pour réaliser les contacts électriques avec le matériau piézo-
électrique. La qualité du contact électrique est de grande importance, en particulier pour les mesures
en haute fréquence, notamment pour éviter une impédance de contact trop élevée, tout en évitant de
perturber la résonance du mode caractérisé.
La Figure I.2 (b) montre la résonance typique d’un disque piézo-électrique fabriqué par coulage en
bande (tape-casting), avec une fréquence d’anti-résonance autour de 50 MHz. Pour la haute
fréquence, le procédé de fabrication consiste souvent à déposer l’élément piézo-électrique sur un
substrat (Figure I.2 (a)), qui en amortit la résonance observée sur l’impédance électrique. Avec un
schéma électrique équivalent, tel que le schéma KLM [6] (Annexe 3) adapté aux structures multi-
couches (substrat, électrodes et élément piézo-électrique), les différentes propriétés acoustiques sont
paramètrées. Connaissant les propriétés acoustiques des électrodes et du substrat, la procédure
d’ajustement permet d’obtenir les propriétés de la couche piézo-électrique (Figure I.2 (c)) [7, 8]
comme le décrit l’équation (I.6).
7
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
Re(Z)
40
théorique théorique
theoretical
20
20 fa expérimental expérimental
experimental
Re(Z)
15
40 45 50 55 60
Fréquence (MHz) 10
20
5
0
Im(Z)
Echantillon -20 0
Kit d ’impédance S
d métallisé 1 21 41 61
-40
Figure I.2 : (a) Protocole expérimental pour la mesure d’impédance électrique. (b) Impédances
complexes expérimentale et théorique (ajustée) typique d’un disque piézo-électrique en condition de
résonateur libre. (c) Partie réelle de l’impédance expérimentale et théorique (ajustée) d’un film
épais haute fréquence sur substrat d’alumine.
π fr π fr
mode épaisseur peut être calculé avec k t = cotan .
2 fa 2 fa
Ø La vitesse longitudinale est donnée par : cl = 2e p f a , avec ep l’épaisseur de l’élément
piézo-électrique.
εSS
Ø La permittivité diélectrique est obtenue à partir de la capacité bloquée C0 = , avec S
ep
la surface active délimitée par les électrodes.
∆f
Ø Les pertes mécaniques sont données par δ m = , avec ∆f la largeur à mi-hauteur du pic
fa
d’anti-résonance sur le spectre.
Ø Les pertes diélectriques δ e apparaissent sous forme d’un décalage sur les courbes de
résistance, et la mesure peut en être faite à deux fois la fréquence d’anti-résonance.
Les pertes (δm,S , δ p,d, et δ e,ε) respectivement mécaniques, piézo-électriques et diélectriques pour les
matériaux piézo-électriques [9] ont été définies sur les paramètres (sE, d, et ε T). Celle retenue ne
prend en compte que les pertes mécaniques et diélectriques sur les paramètres (cE et ε S ), afin de
minimiser les redondances d’influence de paramètres (Annexe 1).
8
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
L’expression complexe de la vitesse longitudinale est donnée en première approximation par les
relations (A1.30) et (A1.31). :
δ
cl ; cl ' 1 + j (I.1)
2
La partie réelle de la vitesse est donnée en fonction du coefficient élastique à déplacement constant
selon la direction 3 et de la masse volumique, alors que les pertes globales δ sont fonction de la
partie réelle du coefficient de couplage k t2 ’ et des pertes mécaniques δm et diélectriques δ e :
c33D '
avec : cl ' ; (I.2)
ρ
9
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
avec : (I.6)
Z av Zar
z av = et z ar = , les impédances ramenées à l’avant et l’arrière normalisées
Zp Zp
10
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
Le second avantage de ces polymères est leur facilité de mise en forme due à leur flexibilité (Figure
I.3 (a)), ce qui permet de réaliser une focalisation géométrique de l’élément piézo-électrique assez
facilement, et évite ainsi l’addition d’une lentille de focalisation (Figure I.3 (b)).
3 mm
3 mm
(a) (b)
Figure I.3 : (a) Film copolymère P(VDF-TrFE). (b) Transducteur haute fréquence basé sur ce film.
Bien que le coefficient de couplage en mode épaisseur k t soit relativement faible, le transfert
d’énergie mécanique en énergie acoustique reste relativement efficace grâce à une impédance
acoustique relativement proche de celle des tissus à caractériser. Ainsi, ces polymères sont toujours
couramment utilisés pour la fabrication de transducteurs haute fréquence dans la gamme de 20 à
100 MHz.
11
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
Pz21
Pz27
Pz21
5 mm 1 mm
Figure I.4 : Photographies d’échantillons réalisés par (a) et (b) Ferroperm Piezoceramics
(Danemark), et par le (c) Laboratoire de Céramique (EPFL, Suisse).
Le Tableau I.3 résume plusieurs caractéristiques représentatives d’échantillons réalisés par coulage
en bande, dont le coefficient de couplage en mode épaisseur k t est légèrement plus faible que celui
des céramiques massives, mais leurs performances finales permettent tout de même de les intégrer
dans la fabrication de transducteurs haute fréquence délivrant des performances satisfaisantes.
12
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
Milieu arrière en
époxy chargé à la
poudre d’argent
Substrat en alumine
Dans ces deux cas, les propriétés des films piézo-électriques épais sont données dans le Tableau I.4,
où les performances obtenues sont relativement bonnes mais la reproductibilité reste un problème
important à résoudre. De plus, le choix du matériau et de l’épaisseur de l’électrode arrière peuvent
influencer les propriétés de façon importante.
Matériau Procédé Substrat e (µm) ε33,rS cl (m/s) k t (%) δ e (%) δm (%) Z (MRa) Réf.
I.5 Composites
En combinant une phase piézo-électrique (céramique de type PZT) et un polymère d’impédance
acoustique faible, il est possible d’obtenir simultanément pour un même matériau les deux
spécificités recherchées décrites dans le paragraphe 0 (impédance acoustique faible et coefficient de
couplage élevé). Différents arrangements spatiaux définis par les connectivités entre les deux
phases sont possibles (Figure I.6) [30]. Ils définissent et influencent directement les performances
du matériau homogénéisé. Pour les applications haute fréquence, les piézo-composites de
connectivités 1-3, 2-2 et 0-3 ont été principalement étudiés.
14
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
Figure I.6 : Schémas de différents composites réalisés et les connectivités correspondantes [31].
La connectivité 1-3 est d’un grand intérêt car elle permet d’obtenir de très bonnes performances
électro-mécaniques (Figure I.7 (a)). Cette connectivité correspond à des barreaux de céramique
(Figure I.7 (b)) noyés dans une matrice polymère. Par exemple, pour une fraction volumique de
céramique autour de 40 %, la valeur obtenue pour le k t est plus importante que celle de la céramique
seule (Figure I.7 (c)).
1
Barreau de céramique
0.8
0.6
kt
0.4
0.2
Polymère 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
Vf
(a) (b) (c)
Figure I.7 : (a) Représentation schématique et (b) photographie d’un échantillon de composite 1-3.
(c) Variation typique du facteur de couplage en mode épaisseur kt pour un piézo-composite 1-3 en
fonction de la fraction volumique de céramique Vf [32] .
15
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
Composite Vf (%) φ (µm) k t (%) ε33,rS ρ (kg/m3 ) cl (m/s) δ e (%) δm (%) e (µm) Réf.
16
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
Céramique
22 µm
∼5 µm
Epoxy
(a) (b) (c)
Figure I.8 : (a) Schéma d’un échantillon de piézo-composite 2-2. (b) Section vue de dessus et
(c) section vue de côté d’un échantillon de piézo-composite 2-2 réalisé par collage interdigital.
17
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
Céramique
Polymère
18
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
Ligne d ’usinage
Pâte
20 à 120 µm
Support en acier
2 à 7 mm (a) (b)
Support en acier
Polarisation (140°C; 6,5 kV/mm)
(c) (d) (e)
Figure I.10 : Etapes de fabrication d’une calotte sphérique à partir d’une sphère creuse.
Matériau ε33S /ε0 f a (MHz) k t (%) d33 (pC/N) δ e (%) δm (%) Réf.
19
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
sur un milieu arrière atténuant. Depuis ce procédé de fabrication développé il y a une dizaine
d’années, plusieurs variantes ont été utilisées et ont fait l’objet de publications. L’étape de mise en
forme pour la focalisation par pressage avec une bille métallique reste l’étape primordiale pour
incurver une fine couche de matériau piézo-électrique, que ce soit un cristal, une céramique ou un
film polymère.
Seconde lame
adaptatrice Lentille Lame adaptatrice
Première lame
(Parylène )
adaptatrice
Elément Elément
piézo-électrique piézo-électrique
Housse isolante Housse isolante
(a) (b)
Figure I.11 : Transducteurs focalisés par (a) mise en forme ou (b) ajout d’une lentille sphérique.
20
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
travail s’approche du premier mode de résonance du câble (obtenu pour une longueur de câble égale
à une demie longueur d’onde), l’adaptation d’impédance ne va plus de soit : il faut considérer
l’impédance ramenée à l’entrée du câble donnée par l’équation (I.7). Les propriétés du câble choisi
(impédance caractéristique, constante de propagation et longueur) doivent être prises en compte lors
de la procédure d’optimisation [48, 49]. Sur la Figure I.12, les réponses électro-acoustiques
temporelles et spectrales d’un transducteur mono-élément sont superposées pour des longueurs de
câble de 0, 1 et 2 m.
2 -20
Amplitude (dB)
Amplitude (u.a.)
Câble: Zc = 50 Ω
Longueur: l (m)
0
-40
Longueur du câble 50 Ω : -2
-60
Ligne continue (rouge): l =0m 0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25
20 40 60 80 100
Fréquence (MHz)
Ligne mixte (bleu): l =1m Temps (µs)
Pour une vitesse de propagation typique v = 2.108 m/s, et une fréquence centrale f 0 = 50 MHz, les
longueurs de 0, 1 et 2 m (Figure I.12 (a)) correspondent respectivement à zéro, un quart et une
demie longueur d’onde. On observe bien la dégradation de la réponse impulsionnelle (Figure I.12
(b)) et son spectre (Figure I.12 (c)). Le câble a donc une influence sur la sensibilité et la bande
passante, et sa longueur (pour une impédance caractéristique donnée) est un paramètre à prendre en
compte lors de la réalisation d’un transducteur haute fréquence. Ainsi, l’impédance ramenée du
transducteur à l’entrée du câble Ze (équation (I.7)) doit être prise en compte. Comme illustré en
pointillés sur la Figure I.13, elle dépend de la charge en bout de ligne Zr vue à travers le câble de
longueur l et de paramètres secondaires (Zc, γ), où Zc et γ sont respectivement l’impédance et la
constante de propagation caractéristiques de la ligne.
La charge électrique vue par le générateur ("ramenée à ses bornes") est donnée par l’impédance
d’entrée de la ligne de transmission Ze, qui elle même dépend de celle de la charge Zr.
Z r + Z c th ( γ l )
Ze = Zc (I.7)
Z c + Z r th ( γ l )
21
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
Zg i
Ug ~ Ze Ue (Zc, γ) Zr
Dans le cas de l’illustration de la Figure I.13, le transducteur est connecté en bout de ligne de
propagation. L’impédance de charge est alors celle ramenée à l’entrée du transducteur (I.4), lui-
même chargé en face avant et en face arrière (I.6).
Connaissant la longueur de la ligne, deux mesures en régime harmonique permettent de caractériser
complètement la ligne, avec les paramètres secondaires (Zc, γ) de cette ligne :
En court-circuit : Zr = 0 donne Ze ,0 = Z cth ( γ l ) (I.8)
Zc
En circuit ouvert : Zr →+∞ donne Ze ,∞ = (I.9)
th ( γ l )
Les paramètres du câble sont alors donnés par :
Zc = Z e ,0 Ze , ∞ (I.10)
Ze ,0
et th ( γ l ) = (I.11)
Ze ,∞
1 Z e,0
d’où γ = Arcth , avec γ = α + jk (I.12)
l Z e, ∞
Les parties réelle et imaginaire de la constante de propagation γ donnent respectivement
l’atténuation α (en Np/m) et le nombre d’onde k (en rad/m). Ce dernier permet de remonter à la
vitesse de l’onde électro-magnétique v (en m/s) dans la ligne.
22
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
Ces caractéristiques connues, on peut alors déterminer la longueur de câble optimale pour réaliser
une adaptation d’impédance électrique optimale. On montre que la puissance transmise est
maximale lorsque Ze = Zg * , et l’adaptation est donc réalisable en régime harmonique.
Ce formalisme d’impédance ramenée est aussi utilisé pour les lignes de propagations acoustiques
qui font l’objet d’un schéma électrique équivalent (Annexe 4) au même titre que le schéma KLM
pour l’élément piézo-électrique (A nnexe 3). Cependant, l’impédance d’entrée est une fonction
complexe de la fréquence. En effet, elle dépend de celle à l’entrée du multi-couche à base de
l’élément piézo-électrique (I.6) et des caractéristiques de la ligne de propagation électrique (I.7).
Pour l’imagerie haute fréquence, l’adaptation d’impédance réalisée est donc nécessairement le
résultat d’un compromis large bande.
75 0
70 -5
Re(Zc) (Ω)
Im(Zc) (Ω)
-10
65
-15
60
-20
55 -25
20 40 60 80 100 20 40 60 80 100
Fréquence (MHz) Fréquence (MHz)
8
x 10
1.7 0.14
Atténuation (Np/m)
0.12
Vitesse (m/s)
1.6 0.1
0.08
0.06
1.5
0.04
0.02
1.4 0
20 40 60 80 100 20 40 60 80 100
Fréquence (MHz) Fréquence (MHz)
Figure I.14 : Paramètres secondaires du "câble 50 Ω" utilisé pour les transducteurs haute
fréquence, caractérisés en fonction de la fréquence de 1 à 100 MHz (trait plein bleu) puis ajustés
linéairement de 20 à 100 MHz (trait pointillés rouges).
23
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
Le câble utilisé pour la fabrication de transducteurs est donc caractérisé de 1 à 100 MHz (Figure
I.14) et possède des caractéristiques secondaires qui ont été identifiées en fonction de la fréquence.
L’intérêt d’une telle caractérisation est de montrer que les paramètres secondaires identifiés sont le
plus souvent des paramètres moyens sur une bande de fréquence donnée, et au mieux régis par un
ajustement linéaire ou quadratique. Ainsi, dans la bande de fréquence utile pour les transducteurs
haute fréquence, c’est-à-dire de 20 à 100 MHz, la partie réelle de l’impédance caractéristique varie
de manière linéaire décroissante, de Re ( Zc ) = 60 à 56 Ω. La partie imaginaire de l’impédance
caractéristique évolue de Im ( Zc ) = –3,5 à –1,5 Ω et peut être négligée. La vitesse de propagation
est déterminée autour de v = 1,6.108 m/s. L’atténuation suit une loi d’évolution affine avec la
fréquence de α = 0,048 à 0,116 Np/m.
Ce câble possède donc une impédance caractéristique Zc réelle (la partie imaginaire est négligée)
proche à 10 ou 20 % près de celle typique de 50 Ω recherchée et est décroissante avec la fréquence.
De plus, l’atténuation évolue linéairement avec la fréquence. Ces différences significatives entre les
caractéristiques escomptées et celles effectives doivent être prises en compte pour la réalisation
d’une ligne de transmission adaptée à la charge sur une large bande de fréquence qu’est le
transducteur haute fréquence.
24
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
PVDF 9 48,1 pressé 2-3/- 3,15 (epoxy pur) non non [39]
Cristal LN − 78 pressé 2/- 5,9 (Ag epoxy) 7,3 (Ag epoxy) 2,6 [50]
(Parylène)
Cristal LN 60 44,5 lentille 2-3/- 5,9 (Ag epoxy) 7,3 (Ag epoxy) non [39]
Cristal LN − 200 pressé 1,15/0,8 4,3 (Ag epoxy) non non [51]
Céramique PT 32 45,1 pressé 2-3/- 5,9 (Ag epoxy) 3 (Parylène) non [39]
Sphère creuse PT 70-90 39,8 − -/1.43 6 (Ag epoxy) Parylene non [36]
Tableau I.7 : Synthèse des résultats publiés sur les transducteurs haute fréquence – Géométrie et
propriétés.
D: diamètre; Adaptation : ajout d’une inductance et un transformateur; BP: bande passante (–6 dB);
∆z: résolution axiale; ∆r: résolution radiale; IL: pertes d’insertion.
Tableau I.8 : Synthèse des résultats publiés sur les transducteurs haute fréquence – Performances.
25
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
En accord avec les propriétés synthétisées sur la Figure I.1 pour les matériaux piézo-électriques, les
transducteurs mono-éléments intégrant du niobate de lithium LN ou du titanate de plomb PT
donnent actuellement les meilleures performances pour l’imagerie médicale. Le procédé de
focalisation de l’élément actif semble donner de meilleures performances que celui de focalisation
par ajout d’une lentille acoustique [50]. En effet, l’atténuation due à la variation d’épaisseur de la
lentille diminue la sensibilité de plusieurs décibels (–6 dB selon Cannata et al. [50]). De plus, le
cristal de niobate de lithium LN semble être un bon candidat pour l’usinage, car il n’est pas limité
par la taille de grain. Enfin, au regard des performances relevées, le transducteur fabriqué avec du
niobate de lithium LN et doté de deux lames adaptatrices est le plus performant, et permet
d’atteindre des fréquences élevée (autour de 80 MHz).
III Performance
Au cours de cette partie, un processus d’optimisation basé sur la minimisation d’un indice de
performance est détaillé après une brève explication des principales étapes de modélisation d’un
transducteur de configuration simple. Les différents modèles utilisés sont détaillés dans l’Annexe 3
et dans les deux chapitres qui suivent. Cette procédure donne les propriétés de chaque élément
constitutif du transducteur (excepté celles du matériau piézo-électrique) permettant d’obtenir un
compromis satisfaisant pour un transducteur (en imagerie) en terme de sensibilité et de résolution
axiale. Enfin, ces explications préliminaires permettent avant tout, dans le cadre de ce premier
chapitre, de comparer théoriquement les meilleures performances possibles de transducteurs mono-
éléments haute fréquence intégrant les principaux matériaux piézo-électriques disponibles, en
particulier les mono-cristaux piézo-électriques.
III.1 Modélisation
Le comportement électro-acoustique d’un transducteur inclut l’impédance d’entrée électrique (qui
conditionne le transfert d’énergie entre le système d’émission-réception et le transducteur), la
réponse temporelle (dont l’amplitude est liée à la sensibilité et la durée à la résolution axiale et au
contraste axial), et la réponse spectrale (qui définit la fréquence centrale et la bande passante) en
émission-réception. Ces réponses peuvent être données en faisant l’hypothèse d’une vibration uni-
axiale et en utilisant des circuits électriques équivalents tels que KLM [6, 52] (Annexe 3) ou autre
[53]. Toutes les couches du transducteur sont prises en compte, depuis l’excitation électrique
jusqu’au milieu de propagation. La méthode des éléments finis permet aussi de répondre à ce
26
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
besoin, en particulier pour des géométries de dimensions supérieures, comme nous le détaillerons
dans le chapitre suivant.
Le champ de pression rayonné (Annexe 2) permet de définir la résolution latérale, inversement
proportionnelle à la taille de la source, et le contraste latéral, inversement proportionnel à la
résolution à –n dB (le niveau de pression exprimé en dB, en référence à la pression dans l’axe).
L’apparition de lobes secondaires, ou de recouvrement, ont tendance à diminuer le contraste.
Le calcul de champ de pression peut être effectué en appliquant le principe de Huygens, c’est-à-dire
que la surface source est supposée être la somme des contributions ponctuelles pour chaque élément
de surface [54]. Pour une géométrie simple (circulaire, annulaire ou rectangulaire), les résultats
analytiques sont connus et permettent d’obtenir des résultats rapidement [55, 56], aussi bien en
terme de sensibilité que de résolution à –6 dB ou de contraste à –20, –30, ou –40 dB [57]. Au cours
des chapitres 2 et 3, les différentes étapes de la modélisation seront détaillées.
III.2 Optimisation
Des méthodes basées sur la minimisation d’un indice de performance ont été développées [58, 59],
en addition aux résultats analytiques [60, 61] détaillés dans les Annexes 2 et 3. La difficulté
principale est en premier lieu le choix des paramètres pertinents, et en second lieu le poids accordé à
chacun d’entre eux. Ces paramètres sont choisis en fonction de l’application et indépendants de la
configuration du transducteur. De plus, leur calcul ne requiert que la réponse électro-acoustique du
transducteur. Pour l’imagerie médicale, le meilleur compromis entre une haute sensibilité et une
bonne résolution latérale doit être déterminé. Pour quantifier ces propriétés, comme décrit sur la
Figure I.15, les trois paramètres suivants sont définis sur la réponse électro-acoustique : d6
(résolution axiale), d30 (niveau de contraste axial) et amp (sensibilité).
Réponse impulsionnelle
amp
4 Amplitude d6 4Durée à −6dB
de l’enveloppe
d 30 4Durée à − 30dB
Temps (s)
Figure I.15 : Paramètres utilisés pour le calcul d’un indice de performance à partir de la réponse
électro-acoustique d’un transducteur en émission-réception.
27
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
Les poids des paramètres notés (α, β, γ) sont appliqués à (d6 , d30 , amp). Différents essais sur des
configurations test ont montré que le triplet (α, β, γ) = (8, 8, 3) donne un indice de performance
adapté aux contraintes de l’imagerie médicale. L’indice de performance est ainsi défini :
d6 d
IP = α + β 30 − γ ampT0 (I.13)
T0 T0
où T0 est la période correspondant à l’inverse de la fréquence centrale du transducteur. D’autres
indices de performance peuvent être définis [58, 62]. A partir de la configuration initiale du
transducteur, la réponse électro-acoustique puis l’indice de performance IP résultant sont calculés
en utilisant par exemple le modèle KLM (Annexe 3). Avec une méthode de minimisation, telle que
la méthode du simplex, les caractéristiques du transducteur sont modifiées par itération de façon à
obtenir la configuration optimisée selon l’indice de performance IP (I.13).
Adaptation
3 mm
Eau électrique
1,5 m
28
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
29
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
Matériau e (µm) Zar (MRa) Zav1 (MRa) eav1 (λ/4) Adaptation BP (%) IL (dB)
P(VDF-TrFE) 22,4 1,2 2 1,5 oui 71 26
LN 69,6 4,5 4 1,2 oui 70 23,4
PT 51,0 4,3 4,3 1,2 oui 53 19,7
PZT 43,1 4 4,2 1,2 oui 54 20,6
PMN-33%PT 44,3 2,7 4 1,0 oui 68 22
e : épaisseur du matériau piézo-électrique; Zar et Zav1 : impédances acoustiques du milieu arrière et
de la lame adaptatrice ; eav1 : épaisseur de la lame adaptatrice exprimée en quart d’onde;
BP : bande passante relative à –6 dB; IL : pertes d’insertion.
Tableau I.10 : Dimensions et paramètres acoustiques des transducteurs mono-éléments haute
fréquence.
2 LiNbO 3
LN PT PZTsoft
PZT PMN-33%PT
P(VDF- TrFE)
Amplitude (V)
-1
-2
IV Caractérisation du transducteur
Dans cette dernière partie, les méthodes existantes de caractérisation de matériaux passifs et de
transducteurs spécifiques à la haute fréquence sont rappelées. Les définitions standard des
caractéristiques des réponses électro-acoustiques et du diagramme de rayonnement sont rappelées
dans l’Annexe 2.
30
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
propriétés approximatives des matériaux [65]. Une autre méthode décrite par Wang et al. [66, 67]
consiste à effectuer une mesure en transmission. Ces mesures, en émission-réception ou en
transmission permettent de déterminer la vitesse longitudinale et l’atténuation, ainsi que la vitesse
transverse pour la seconde méthode. Le dispositif expérimental pour la mesure en transmission est
présenté sur la Figure I.18. Une attention particulière doit être apportée à l’atténuation dans l’eau
qui ne peut pas être négligée en haute fréquence :
α eau = 2,4.10–3 dB/mm/(MHz) 2
Générateur/Amplificateur
Oscilloscope
x
0
z
y
Plus récemment, une méthode alternative pour caractériser les couches passives fines a été publiée
par Wang et al. [68]. Cette méthode est bien adaptée à la caractérisation de lames adaptatrices
(épaisseur d’une dizaine de micromètres) pour les applications haute fréquence. Le principe
consiste à déposer une couche (à peu près quart d’onde) sur un substrat parfaitement connu
(propriétés acoustiques et dimensions). Ensuite, le signal transmis est utilisé dans son intégralité
(somme des échos de transmission et réflexions multiples ui en sortie de la couche analysée) pour
obtenir la vitesse de phase et l’atténuation comme illustré sur la Figure I.19 :
u3
u2
u u1
Figure I.19 : Dispositif expérimental pour la caractérisation de couche fine par transmission [68].
31
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
V Résolution axiale
Sensibilité S = 20 log (Aécho /Aémis)
V
Aémis
Excitation t Aécho
V
A Enveloppe de l’écho
t
A/2
t Train d’onde émis Echo
∆ t-6dB
(a) (b)
Figure I.20 : Mesures de (a) résolution axiale et de (b) sensibilité
32
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
pour la caractérisation de transducteurs haute fréquence (au-delà de 20 MHz). Dans le cas d’une
mesure en émission-réception, la cible utilisée doit aussi être de petites dimensions ; typique ment,
on prend une pointe d’aiguille ou une bille de très faible diamètre. De plus, elle ne doit pas être
source d’écho parasite. La résolution radiale et la profondeur de champ sont mesurées comme
spécifié sur les illustrations Figure I.21.
V V
x ou y Distance focale z
(a) (b)
Figure I.21 : Mesure du champ rayonné : (a) résolution radiale et (b) profondeur de champ.
Spécifiquement pour les transducteurs haute fréquence, une méthode alternative consiste à utiliser
des fantômes incluant des fils de tungstène de quelques micromètres de diamètre avec différents
espacements axiaux et radiaux connus (typiquement de 30 à 500 µm) dans un gel. Les images
obtenues permettent d’évaluer les résolutions effectives avec le transducteur intégré dans un
dispositif d’imagerie.
Par ailleurs, un émetteur laser peut être utilisé pour mesurer par interférométrie les déplacements
d’ondes acoustiques. Avec cette méthode, la sensibilité atteint jusqu’à 1 pm / Hz [69] et permet
d’obtenir une excellente résolution spatiale pour des applications haute fréquence (typiquement 10
nm à 100 MHz). La variation de phase entre le rayon optique réfléchi sur le miroir et celui de
référence correspond à un déplacement. Pour un transducteur focalisé, une membrane métallisée
très fine peut être disposée perpendiculairement à l’axe de propagation du transducteur. Pour
chaque valeur, le déplacement est mesuré sur la membrane et le champ rayonné est reconstruit [70].
Une autre possibilité est d’utiliser le dispositif expérimental décrit sur la Figure I.22, où le faisceau
optique et le miroir sont perpendiculaires à l’axe de symétrie du transducteur [71]. Dans ce cas, la
variation de phase est seulement due à la variation de l’indice optique induit par la source de
pression acoustique. Il s’agit d’une méthode de mesure intégrale : les données sont collectées pour
plusieurs positions radiales dans le plan normal à l’axe de symétrie, et une reconstruction
tomographique permet d’obtenir le champ de pression.
33
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
y Miroir
x
y z
Transducteur z
Laser
Figure I.22 : Dispositif expérimental pour la mesure de pression acoustique par méthode optique.
Ce processus de mesure peut être répété à différentes profondeurs pour obtenir le champ rayonné
dans un espace (r, z) défini [72, 73]. En utilisant cette technique, des mesures ont été effectuées
(Figure I.23) sur un transducteur mono-élément avec une fréquence centrale de 20 MHz [67].
V Conclusion et perspectives
Les transducteurs mono-éléments ont été le sujet d’intérêt de nombreux projets de recherche dans
les années passées, et plusieurs technologies de fabrication ont été développées, dont un certain
nombre sont maintenant industrialisées. Les dimensions typiques à retenir sont données pour une
fréquence centrale f 0 autour de 50 MHz, un f number de 2,5, une distance focale F de 7,5 mm, et une
bande passante relative de 60 %. Ainsi, on obtient un rayon du disque piézo-électrique a de 1,5 mm
et une épaisseur de cet élément actif e de 45 µm. Les résolutions axiale ∆z et radiale ∆r
correspondantes sont respectivement de 30 et 75 µm, et la profondeur de champ DOF est d’environ
1,3 mm. Les transducteurs haute fréquence produits en premier lieu étaient à base de polymère,
mais plus récemment, ceux fabriqués à base de céramique ou de mono-cristal ont montré de
meilleures performances. Actuellement, l’utilisation de niobate de lithium directement pressé pour
la focalisation équipé de deux lames adaptatrices donne de très bons résultats, avec une fréquence
34
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
de résonance atteignant les 80 MHz comme l’a publié Cannata et al. [50]. Cependant, d’un point de
vue purement théorique, les cristaux de types PMN-PT délivrent les meilleurs résultats en terme de
compromis entre la sensibilité et la résolution axiale.
Bibliographie
1. Sherar M.D., Noss M.B., Foster F.S., Ultrasound backscatter microscopy images the
internal structure of living tumour spheroids. Nature, 1987. 330: p. 493-495.
2. Foster F.S., Pavlin C.J., Harasiewicz K.A., Christopher D.A., Turnbull D.H., Advances in
ultrasound biomicroscopy. Ultrasound in Medicine and Biology, 2000. 26(1): p. 1-27.
3. Ermet H., Vogt M., High frequency ultrasonic imaging and its applications in skin. SPIE
Conference on Ultrasonic Transducer Engineering, 1999. 3664: p. 44-55.
4. Berson M., Grégoire J.M., Gens F., Rateau J., Jamet F., Vaillant L., Tranquart F., Pourcelot
L., High frequency (20 MHz) ultrasonic devices: advantages and applications. European
Journal of Ultrasound, 1999. 10: p. 53-63.
5. IEEE Std., Standard on Piezoelectricity ANSI/IEEE Std. 176-1987. IEEE Transactions on
Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 1996. 43(5): p. 719-772.
6. Krimholtz R., Leeddom D.A., Matthei G.L., New equivalent circuit for elementary
piezoelectric transducers. Electronic letters, 1970. 6: p. 398-399.
7. Lukacs M., Olding T., Sayer M., Tasker R., Sherrit S., Thickness mode material constants of
a supported piezoelectric film. Journal of Applied Physics, 1999. 85(5): p. 2835-2843.
8. Tran-Huu-Hue L.P., Levassort F., Vander-Meulen F., Holc J., Kosec M., Lethiecq M.,
Preparation and electromechanical properties of PZT/PGO thick films on alumina
substrate. Journal of the European Ceramic Society, 2001. 21(10-11): p. 1445-1449.
9. Holland R., Representation of dielectric, elastic, and piezoelectric losses by complex
coefficients. IEEE Transactions on Sonics and Ultrasonics, 1967. 14(1): p. 18-20.
10. Zhang Y., Wang Z., Cheeke J.D.N., Resonant spectrum method to characterize piezoelectric
films in composite resonators. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and
Frequency Control, 2003. 50(3): p. 321-333.
11. Naik R.S., Lutsky J.J., Reif R., Sodini C.G., Electromechanical coupling constant extraction
of thin-film piezoelectric materials using a bulk acoustic wave resonator. IEEE Transactions
on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 1998. 45(1): p. 257-263.
35
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
12. Foster F.S., Ryan L.K., Turnbull D.H., Characterization of lead zirconate titanate for use in
miniature high-frequency (20-80 MHz) transducers. IEEE Transactions on Ultrasonics,
Ferroelectrics and Frequency Control, 1991. 38(5): p. 446-453.
13. Tran-Huu-Hue L.P., Levassort F., Lethiecq M., Certon D., Patat F., Characterization of the
piezoelectric and dielectric relaxation parameters of 0-3 composite and PVDF materials in
thickness mode. Ultrasonics, 1997. 34(4): p. 317-324.
14. Tran-Huu-Hue L.P., Levassort F., Felix N., Damjanovic D., Wolny W., Lethiecq M.,
Comparison of several methods to characterize the high frequency behavior of piezoelectric
ceramics for transducer applications. Ultrasonics, 2000. 38(1-8): p. 219-223.
15. Zipparo M.J., Shung K.K., Shrout T.R., Piezoceramics for high frequency (20 to 100 MHz)
single-element imaging transducers. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and
Frequency Control, 1997. 44(5): p. 1038-1048.
16. Kawai M., The piezoelectricity of PolyVinilyDene Fluoride. Japanese Journal of Applied
Physics, 1969. 8: p. 975-976.
17. Foster F.S., Harasiewicz K.A., Sherar M.D., A history of medical and biological imaging
with polyvinylidene fluoride (PVDF) transducers. IEEE Transactions on Ultrasonics,
Ferroelectrics and Frequency Control, 2000. 47(6): p. 1363-1371.
18. Brown L.F., Design considerations for piezoelectric polymer ultrasound transducers. IEEE
Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 2000. 47(6): p. 1377-
1396.
19. Levassort F., Tran-Huu-Hue L.P., Feuillard G., Lethiecq M., Characterisation of P(VDF-
TrFE) material taking into account dielectric relaxation: application to modelling of high
frequency transducers. Ultrasonics, 1998. 36(1-5): p. 41-45.
20. Wolny W.W., Piezoceramic thick films - Technology and applications - State of art in
Europe. IEEE International Symposium on the Applications of Ferroelectrics, 2001: p. 257-
262.
21. Thiele E.S., Setter N., Lead zirconate titanate particle dispersion in thick-film ink
formulations. Journal of the American Ceramic Society, 2000. 83(6).
22. Mc Nulty T., Janas V.F., Safari A., Multilayered multifunctional ceramic materials by tape
casting. IEEE Proceedings of the Ultrasonics Symposium, 1996: p. 755-758.
23. Kwon S., Hachenberger W., Rehrig P., Snook K., Rhee S., Shrout T.R., Ceramic/polymer 2-
2 composites for high frequency transducers by tape-casting. IEEE Proceedings of the
Ultrasonics Symposium, 2003: p. 366-369.
36
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
24. Gentry K.L., Zara J.M., Bu S., Eom C., Smith S.W., Thick film sol PZT transducer using dip
coating. IEEE Proceedings of the Ultrasonics Symposium, 2000. 2: p. 977-980.
25. He X.Y., Ding A.L., Zheng X.S., Qiu P.S., Luo W.G., Preparation of PZT(53/47) thick films
deposited by a dip-coating process. Microelectronic Engineering, 2003. 66: p. 865-871.
26. Kobayashi M., Olding T.R., Zou L., Sayer M., Jen C.K., Rehman A.U., Piezoelectric thick
film ultrasonic transducers fabricated by spray technique. IEEE Proceedings of the
Ultrasonics Symposium, 2000. 2: p. 985-989.
27. Levassort F., Tran-Huu-Hue L.P., Lethiecq M., Bove T., Wolny W., New piezoceramics
films for high resolution medical imaging applications. IEEE Proceedings of the Ultrasonics
Symposium, 2000. 2(6): p. 1125-1128.
28. Kosec M., Holc J., Levassort F., Tran-Huu-Hue L.P., Lethiecq M., Screen-printed
Pb(Zr,Ti)O3 thick films for ultrasonic medical imaging applications. Proceeding of the 34th
International Symposium on Microelectronics, 2001: p. 195-200.
29. Lukacs M., Sayer M., Foster S., Single element high frequency (<50 MHz) PZT sol gel
composite ultrasound transducers. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and
Frequency Control, 2000. 47(1): p. 148-159.
30. Newnham R.E., Skinner D.P., Cross L.E., Connectivity and piezoelectric-pyroelectric
composites. Material Research Bulletin, 1978. 13: p. 525-536.
31. Safari A., Novel piezoelectric ceramics and composites for sensor and actuator
applications. Material Research Innovations, 1999: p. 263-269.
32. Smith W.A., Modeling 1-3 composite piezoelectrics: Hydrostatic response. IEEE
Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 1993. 40(1): p. 41-49.
33. Savakus H.P., Klicker K.A., Newnham R.E., PZT-Epoxy piezoelectric transducers: a
simpliflied fabrication procedure. Material Research Bulletin, 1981. 16: p. 677-680.
34. Janas V.F., Safari A., Overview of fine-scale piezoelectric ceramic/polymer composite
processing. Journal of the American Ceramic Society, 1995. 78(11): p. 2945-2955.
35. Su B., Pearce D.H., Button T.W., Routes to net shape electroceramic devices and thick
films. Journal of the European Ceramic Society, 2001. 21: p. 2005-2009.
36. Meyer [Link], Newnham R.E., Alkoy S., Ritter T., Cochran [Link], Pre-focused lead titanate
>25 MHz single-element transducers from hollow spheres. IEEE Transactions on
Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 2001. 48(2): p. 488-493.
37
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
37. Jadidian B., Janas V., Safari A., French J., Weitz G., Luke J., Cass R., Development of fine
scale piezoelectric ceramic/polymer composites via incorporation of fine PZT fibers. IEEE
Proceedings of the Ultrasonics Symposium, 1996: p. 31-34.
38. Meyer [Link], Shrout T.R., Yoshikawa S., Development of ultra-fine scale piezoelectric
fibers for use in high frequency 1-3 transducers. IEEE Proceedings of the Ultrasonics
Symposium, 1996: p. 547-550.
39. Snook K.A., Zhao J.Z., Alves C.H.F., Cannata J.M., Chen W.H., Meyer R.J., Ritter T.A.,
Shung K.K., Design, Fabrication, and evaluation of high frequency, single-element
transducers incorporating different materials. IEEE Transactions on Ultrasonics,
Ferroelectrics and Frequency Control, 2002. 49(2): p. 169-176.
40. Li K., Chan H. L.W., Choy C. L., Samarium and manganese-doped lead titanate ceramic
fiber/epoxy 1-3 composite for high-frequency transducer application. IEEE Transactions on
Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 2003. 50(10): p. 1371-1376.
41. Chan H.L.W., Li K., Choy C.L., Piezoelectric ceramic fibre/epoxy 1-3 composites for high-
frequency ultrasonic transducer applications. Materials Science and Engineering B, 2003.
99: p. 29-35.
42. Ritter T.A., Shrout T.R., Tutwiler R., Shung K.K., A 30-MHz piezo-composite ultrasound
array for medical applications. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and
Frequency Control, 2002. 49(2): p. 217-230.
43. Liu R., Knapik D., Harasiewicz K.A., Foster F.S., Fabrication of 2-2 Piezoelectric
composites by Interdigital Pair Bonding. IEEE Proceedings of the Ultrasonics Symposium,
1999: p. 973-976.
44. Levassort F., Lethiecq M., Certon D., Patat F., A matrix method for modeling electroelastic
moduli of 0-3 piezo-composites. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and
Frequency Control, 1997. 44(2): p. 445-452.
45. Levassort F., Lethiecq M., Desmare R., Tran-Huu-Hue L.P., Effective electroelastic moduli
of 3-3(0-3) piezocomposites. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and
Frequency Control, 1999. 46(4): p. 1028-1034.
46. Lockwood G.R., Turnbull D.H., Foster F.S., Fabrication of spherically shaped ceramic
transducers. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 1994.
41(2): p. 231-235.
38
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
47. Cannata J.M., Ritter T.A., Chen W.H., Shung K.K., Design of focused single element (50-
100 MHz) transducers using lithium niobate. IEEE Proceedings of the Ultrasonics
Symposium, 2000.
48. Chen W.H., Cao P.J., Maione E., Ritter T., Shung K.K., Optimization of pulse transmission
in a high frequency ultrasound imaging system. IEEE Proceedings of the Ultrasonics
Symposium, 2001: p. 995-998.
49. Ritter T.A., Shung K.K., Geng X., Lopath P.D., Tutwiler R., Shrout T.R., Composite
ultrasound transducer arrays for operation above 20 MHz. SPIE Conference on Ultrasonic
Transducer Engineering, 1999. 3664: p. 67-75.
50. Cannata J.M., Ritter T.A., Chen W.C., Silverman R.H., Shung K.K., Design of efficient,
broadband single-element (20-80 MHz) ultrasonic transducers for medical imaging
applications. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control,
2003. 50(11): p. 1548-1557.
51. Knapik D. A., Starkoski B., Pavlin C.J., Foster F.S., A 100-200 MHz ultrasound
biomicroscope. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control,
2000. 47(6): p. 1540-1549.
52. Van Kervel S.J.H., Thijssen J.M., A calculation scheme for the optimum design of ultrasonic
transducers. Ultrasonics, 1983. 21: p. 134-140.
53. Lockwood G.R., Foster F.S., Modeling and optimization of high-frequency ultrasound
transducers. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 1994.
41(2): p. 225-230.
54. Kino G.S., Acoustic waves: devices imaging and analog signal processing. 1987: Processing
Prentice-Hall Inc Englewood Cliffs New Jersey. Chap. 3.
55. Penttinen A., Luukkala M., The impulse response and pressure nearfield of a curved
ultrasonics radiators. Journal of Physics D, 1976. 9: p. 1547-1557.
56. Selfridge A.R., Kino G.S., Khury-Yakub B.T., A theory for the radiation pattern of a
narrow strip acoustic transducer. Applied Physics Letters, 1980. 37: p. 35-36.
57. Foster F.S., Pavlin C.J., Lockwood G.R., Ryan L.K., Harasiewicz K.A., Berube L., Rauth
A.M., Principles and applications of ultrasound backscatter microscopy. IEEE Transactions
on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 1993. 40(5): p. 608-617.
58. Thijssen J.M., Verhoef W.A., Cloostermans M.J., Optimisation of ultrasonic transducers.
Ultrasonics, 1985: p. 41-46.
39
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
59. Rhyne T. L., Computer optimization of transducer transfer functions using constraints on
bandwidth, ripple and loss. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency
Control, 1996. 43(6): p. 1136-1149.
60. Desilets C.S., Fraser J.D., Kino G.S., The design of efficient broadband piezoelectric
transducers. IEEE Transactions on Sonics and Ultrasonics, 1978. 25: p. 115-125.
61. Mc Keighen R.E., Design guidelines for medical ultrasonic arrays. SPIE Proceeding of the
Ultrasonic Transducer Engineering Conference, 1998. 3341: p. 2-18.
62. Desmare R., Tran-Huu-Hue L.P., Levassort F., Lethiecq M., Optimisation method for
ultrasonic transducers used in medical imaging. Journal Revista de Acustica, 2003. 33.
63. Felix N., Tran-Huu-Hue L.P., Walker L., Millar C., Lethiecq M., The application of high
permittivity piezoelectric ceramics to 2D array transducers for medical imaging.
Ultrasonics, 2000. 38: p. 127-130.
64. Zhang R., Jiang B., Cao W., Orientation dependence of piezoelectric properties of single
domain 0.67Pb(Mn1/3Nb2/3)03-0.33PbTiO3 crystals. Applied Physics Letters, 2003.
82(21): p. 3737-3739.
65. Selfridge A.R., Approximate material properties in isotropic materials. IEEE Transactions
on Sonics and Ultrasonics, 1985. 32(3): p. 381-394.
66. Wang H., Ritter T.A., Cao W., Shung K.K., Passive materials for high frequency ultrasound
transducers. SPIE Conference on Ultrasonic Transducer Engineering, 1999. 3664: p. 35-42.
67. Grégoire J.M., Echographie haute-résolution : technologie et applications en dermatologie
et ophtalmologie. Thèse de doctorat en Science de la Vie et de la Santé. Université François
Rabelais. Académie d’Orléans-Tours, 2002.
68. Wang H., Cao W., Characterizing ultra-thin matching layers of high-frequency ultrasonic
transducer based on impedance matching principle. IEEE Transactions on Ultrasonics,
Ferroelectrics and Frequency Control, 2004. 51(2): p. 211-215.
69. Royer D., Dieulesaint E., Mesures optiques de déplacement d'amplitude 10-4 à 102
Angström. Application aux ondes élastiques. Revue de Physique Appliquée, 1989: p. 833-
846.
70. Royer D., Casula O., Quantitative imaging of transient acoustic fields by optical heterodyne
interferometry. IEEE Proceedings of the Ultrasonics Symposium, 1994: p. 1153-1162.
71. Jia X., Quentin G., Lassoued M., Optical heterodyne detection of pulsed ultrasonic
pressures. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 1993.
40(1): p. 67-69.
40
Chapitre I Matériaux pour la haute fréquence
72. Bou Matar O., Pizarro L., Certon D., Remenieras J.P., Patat F., Characterization of airborne
transducers by optical tomography. Ultrasonics, 2000. 38: p. 787-793.
73. Remenieras J.P., BouMatar O., Callé S., Patat F., Acoustic pressure measurement by
acousto-optic tomography. IEEE Ultrasonics Symposium Proceedings, 1991.
41
Matériaux pour la haute fréquence Chapitre I
42
Chapitre II Modélisation et rayonnement
Dans ce chapitre, nous allons mettre en œuvre les moyens de modélisation du diagramme de
rayonnement d’un transducteur ultrasonore focalisé afin d’améliorer à la fois la sensibilité et la
résolution latérale au point focal. L’objet de la modélisation est un transducteur circulaire plan
focalisé au moyen d’une lentille acoustique concave. La prise en compte de cette lentille nécessite
l’utilisation de modèles 3D tels que la modélisation par éléments finis. Celle-ci permet de prendre
en compte la géométrie axisymétrique et les vibrations radiales induites lors de la transduction qui
viennent s’ajouter au premier mode de vibration longitudinale recherché. Si les éléments finis
permettent de modéliser la transduction dans une structure mécanique de géométrie quelconque, ils
sont peu performants pour ce qui est de la propagation dans un milieu fluide homogène. Nous avons
donc développé et implémenté sous différentes formes que nous comparerons un code de
propagation basé sur l’intégrale de Rayleigh.
43
Modélisation et rayonnement Chapitre II
•• •
[ M ][U ]+ [ C ][U ]+ [ K '][U ] = [ F ] (II.1)
La résolution de l’équation (II.1) sans second membre ([F] = [0]) et sans amortissement ([C] = [0])
permet de déterminer les modes propres de la structure modélisée.
Im ([ K ]) = ω [C ] = 2π f [C ]
Im ([ K ]) = ω 0 [ C ] = 2π f 0 [ C ]
44
Chapitre II Modélisation et rayonnement
f
δ = δ0 (II.3)
f0
Ces pertes se retrouvent incluses dans le terme de rigidité sous forme de composante imaginaire :
⇔ ( [ K ] − ω [ M ] ) [U ] = [F ]
2
avec [ K ] = [ K '] + jω [C ]
45
Modélisation et rayonnement Chapitre II
[ Ku Φ ] de couplage piézo-électrique,
[ KΦΦ ] diélectrique,
46
Chapitre II Modélisation et rayonnement
Ainsi, le vecteur de force (excitation) [F]n+k permet, au moyen de l’équation de la dynamique (II.5),
de déterminer successivement les vecteurs (réponses) [U]n+k(m), [U]n+q(p) , et [U]n+q(p-1) . Ces derniers
sont respectivement un déplacement, une vitesse ou une accélération selon que les nombres de
dérivées temporelles (m, p et p–1) valent 0, 1 ou 2.
∂u • u ( t + dt ) − u ( t )
= u (1) ( t ) = u ( t ) = lim (II.6)
∂t dt → 0 dt
devient selon le schéma de résolution considéré :
• u ( t n + ∆t ) − u ( t n ) • u ( t n ) − u ( t n − ∆t )
u (t n ) = ou u (t n ) =
∆t ∆t
• u ( t n + ∆t ) − u ( tn − ∆t )
ou u (t n ) = .
2∆t
Le pas de temps est noté ∆t et l’instant considéré n∆t est noté t n . La dernière méthode, moyenne des
deux expressions précédentes, est appelée différence centrale. La même démarche est utilisée pour
les dérivées d’ordre supérieur, et l’équation (II.5) devient :
k a ,max kb ,max
∑ a [U ] k n− k + 2 ∑ b [U ] k n− k + 2
[M ] k =1
+ [C ] k =1
+ [ K '][U ]n = [ F ]n+1
( ∆t ) ∆t
2
47
Modélisation et rayonnement Chapitre II
Cette méthode tient son nom de l’expression de la dérivée au premier ordre qui est donnée par la
moyenne des dérivées numériques locales exprimées pour deux indices consécutifs. La condition de
convergence est satisfaite si πf max ∆t < 1.
Le schéma de résolution consiste à exprimer pour chaque itération n, la grandeur [U]n+1 en fonction
de l’excitation [F]n+1 , de [U]n–1 , de [U]n et ses dérivées première et seconde relativement au temps.
Les paramètres correspondants au schéma de résolution (Figure II.1) sont identifiés : les indices
sont obtenus pour (k, q) = (1, 0) et les dérivées d’ordre (m, p) = (0, 2).
( ∆t )
k max k
[U ]n+1 = ∑ [U ]n
( m) ( m)
k=0 k!
et les dérivées d’ordre m supérieur à 2 déterminées par différences finies avec k termes coefficients :
ktermes
[U ]n = ∑ a [U ]
( m) (2)
k n+ k
avec m > 2, et k termes ≥ m–1
k =0
48
Chapitre II Modélisation et rayonnement
la dynamique est résolue par itérations successives. Pour chaque itération n, la grandeur [U ]n+1 est
(2)
calculée en fonction de l’excitation [F]n+1 , de [U]n et ses dérivées première et seconde relativement
au temps. Les paramètres correspondants au schéma de résolution (Figure II.1) sont identifiés : les
indices sont obtenus pour (k, q) = (1, 1) et les dérivées d’ordre (m, p) = (2, 1). La convergence est
obtenue à la condition où γ ≥ ½ ≥ β s’écrit πfmax ∆t < 1/(2γ–4β)2 . Cependant, des valeurs γ > ½,
induisent un amortissement numérique qui se traduit par un filtrage passe-bas et donc une
modification du spectre. La formulation de Newmark paramétrée par (β, γ) permet de retrouver les
formulations connues sous le nom de méthode de la différence centrale (0, ½), méthode de
l’accélération moyenne (¼, ½) ou méthode de l’accélération linéaire (1 /6 , ½).
[U ] n+θ + (θ − 1) [U ]n [U ] n+θ − [U ]n
(m ) ( m) (m ) ( m)
[U ]n +1 = = [U ]n
( m) ( m +1)
⇔
θ θ∆t
En particulier pour m = 2, un développement en série de Taylor pour l’indice n+θ donne :
49
Modélisation et rayonnement Chapitre II
•• ••
(θ∆t ) (θ∆t ) [U ]n+θ − [U ]n
2 3
• ••
[U ]n +θ = [U ]n + θ∆t [U ] n + [U ]n + (II.9)
2 6 θ ∆t
•• ••
(θ∆t ) [U ]n +θ − [U ]n
2
• • ••
et [U ]n +θ = [U ]n + θ∆t [U ]n + (II.10)
2 θ∆t
La stabilité de cette méthode est difficile à démontrer, mais est prouvée pour des valeurs de θ
supérieures à 1,366. Pour chaque itération n, la grandeur [U ]n+θ est calculée en fonction de
(2)
l’excitation [F]n+θ, de [U]n et ses dérivées première et seconde relativement au temps. Les
paramètres correspondants au schéma de résolution (Figure II.1) sont identifiés : les indices sont
obtenus pour (k, q) = (θ, θ) et les dérivées d’ordre (m, p) = (2, 1).
θ nc p 1c θ e
et f nradiale = . 1− p n (II.13)
2π a
,
3 cl 2a
où :
a est le rayon du disque,
θ n est la nème solution de : θ J 0 (θ ) − (1 −ν ) J 1(θ )= 0 , et Jn est la nième fonction de Bessel,
E
cp = ,
ρ (1 − ν 2 )
c33D
et cl = ,
ρ
I.3.1.3 Résultats
La condition d’échantillonnage de Shannon a été appliquée pour une bande passante allant de 0 à
f max = 2f 0 , où fmax est la fréquence maximale définie comme le double de celle de la fréquence
d’anti-résonance fondamentale f 0 . Le maillage basique de longueur quart d’onde a donc été affiné
par le coefficient K jusqu’à obtenir une convergence numérique des résultats obtenus :
λ0 cl
emaille,min ≤ K et λ0 = (II.14)
4 f0
où K est le coefficient d’ajustement du maillage de base quart d’onde (0 < K ≤ 1), cl la vitesse
longitudinale et f 0 la fréquence de la fréquence traitée.
51
Modélisation et rayonnement Chapitre II
Les résultats calculés ont été limités au premier harmonique, et le maillage a été optimisé pour une
telle configuration. En effet, par la suite, la modélisation effectuée se restreindra à la bande de
fréquence d’intérêt utile, de 0 à 2f 0 , où f 0 est la fréquence du premier mode épaisseur (Tableau II.1).
La densité de maillage du milieu arrière absorbant n’a pas été accrue car l’information propagée
doit être atténuée. Cependant, pour l’élément actif et ceux situés en face avant, la densité du
maillage est renforcée de façon à permettre la non altération du spectre utile.
Tableau II.1 : Comparaison des fréquences propres calculées par ATILA et par les modèles [3-7].
52
Chapitre II Modélisation et rayonnement
Figure II.2 : Superposition des parties réelle et imaginaire des impédance et admittance calculées
avec ATILA (bleu) et KLM (rouge) pour un transducteur constitué d’un milieu arrière, et d’un
disque piézo-électrique, dans le vide.
De façon similaire, les maillages des lames adaptatrices ajoutées en face avant sont ajustés jusqu’à
observer la convergence sur le spectre d’impédance calculé par le modèle KLM.
(Annexe 3). Après plusieurs tests, la méthode de résolution de Wilson– θ est choisie avec le
paramètre θ = 2. Elle est la seule méthode de résolution qui converge (avec θ = 2) vers la solution
exacte pour les matériaux piézo-électriques avec pertes ([1], Chapitre I.2, p.16). Le maillage est
alors ajusté avec le paramètre densité du maillage (II.14) couche par couche, depuis l’élément actif,
jusqu’au milieu de propagation fluide.
-10
x 10
Spectre du déplacement (µm.s)
0.015 8
0.01
6
Déplacement (µm)
0.005
0 4
-0.005
-0.01
-0.015 0
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4 0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
Figure II.3 : Comparaison (a) des déplacements et (b) spectres correspondants calculés avec les
modèles ATILA (bleu, Kp = 0,25) et KLM (rouge) à la surface du disque piézo-électrique dans l’air.
De la même manière, les maillages des milieux passifs avant et arrière sont ajustés jusqu’à observer
la convergence sur le fondamental du spectre donné par le modèle KLM.
54
Chapitre II Modélisation et rayonnement
KLM avec une densité de maillage (II.14) du milieu fluide ajustée à Keau = 0,8. L’allure est
relativement fidèle pour le fondamental, malgré un léger décalage, mais le troisième harmonique est
déjà complètement atténué. En effet, le coefficient d’ajustement de densité du maillage Keau n’est
pas suffisant pour le troisième harmonique, ni pour les harmoniques d’ordre supérieur. Leur calcul
précis nécessiterait une densité de maillage Keau,n, < Keau /n propre à l’harmonique n traité.
-10
x 10
0.02 3.5
0.01
Déplacement (µm)
2.5
0.005
2
0
1.5
-0.005
1
-0.01
0.5
-0.015
0
-0.02
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4 0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
0.015 3
0.01
Déplacement (µm)
2.5
0.005
2
0
1.5
-0.005
1
-0.01
0.5
-0.015
0
-0.02
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4
Figure II.4 : Comparaison (a), (c) des déplacements et (b), (d) spectres correspondants calculés
dans l’eau avec les modèles ATILA (bleu) et KLM (rouge) pour des coefficients de densité de
maillage (a), (b) Keau = 0,8 et (c), (d) Keau = 0,4 à la surface d’un transducteur constitué d’un
milieu arrière, d’un disque piézo-électrique, et de 2 lames adaptatrices.
Avec une densité de maillage (II.14) du milieu fluide ajustée à Keau = 0,4, le déplacement temporel
et son spectre (Figure II.4 (c) et (d)) montrent un accord parfait pour le fondamental. L’allure du
troisième harmonique est correcte, mais le cinquième est très atténué. En conséquence, cette densité
de maillage sera celle retenue pour le fluide. On retiendra de façon générale pour la résolution en
55
Modélisation et rayonnement Chapitre II
régime transitoire qu’une densité du maillage fluide Keau = 0,4 (soit une maille de longueur emaille =
λ/10) permet d’obtenir le fondamental de façon précise [9].
Tableau II.2 : Paramètre K de densité de maillage longitudinal (II.14), selon le type d’analyse et le
type de matériau.
Les critères de convergence sont variables selon le type d’analyse : une analyse modale converge
dès lors que la fréquence de résonance étudiée est stable, tandis que pour une analyse harmonique
ou transitoire, c’est la convergence du spectre qui est recherchée, en f = 0 à 2f 0 . De plus, les
méthodes de résolution ne sont pas sujettes aux mêmes critères de convergence. Ces différences de
critères de convergence et de méthodes de résolution expliquent notamment la raison pour laquelle
la densité de maillage est moins importante (K plus élevé) pour une analyse modale. En conclusion
de cette sous-partie, on peut remarquer que les densités de maillage varient peu selon le type
d’analyse (Tableau II.2). On retiendra donc le maillage le plus contraignant des trois types
d’analyses possibles, soit l’analyse transitoire : un maillage en λ0 /5 pour le milieu arrière absorbant,
λ0 /16 pour l’élément piézo-électrique et les lames adaptatrices, et λ0 /10 pour le milieu avant fluide.
Pour ce qui est du maillage radial, on retiendra un maillage en λradial/20 (Tableau II.1) par rapport
56
Chapitre II Modélisation et rayonnement
‚ † „
• ƒ …
(a) (b)
Figure II.5 : (a) Déplacement et (b) spectre correspondant dans l’eau calculé avec ATILA à la
surface du transducteur constitué d’un milieu arrière, d’un disque piézo-électrique, et de deux
lames adaptatrices en fonction de la position radiale r.
57
Modélisation et rayonnement Chapitre II
Par ailleurs, le temps de propagation est limité à 2000 pas de temps [1], soit un temps maximal égal
à tmax = 2000.∆t, ce qui limite la valeur du pas de temps ∆t du signal de durée donnée t signal < tmax.
La méthode de résolution utilisée étant itérative, le temps de calcul t calcul est quasiment
proportionnel à l’encombrement mémoire Emémoire. Ce dernier est lui-même proportionnel au
nombre de pas temporels ntemporel, et dépend des nombres de mailles dans les directions radiale nradial
et longitudinale nlongitudinal. Des essais successifs ont permis de réaliser un ajustement en loi de
puissance 1,2 et 2,6 respectivement pour les nombres de mailles nradial et nlongitudinal. :
58
Chapitre II Modélisation et rayonnement
Disque Lames 60
piézo-électrique adaptatrices 55
50
fc (MHz)
45
f0
Milieu arrière Eau 40
35
30
∆z 0 200 400 600 800 1000
∆ z (µm)
0
(a) (b)
Figure II.6 : (a) Transducteur constitué d’un milieu arrière (orange), d’un disque piézo-électrique
(bleu), et de deux lames adaptatrices (rouge et verte) avec de l’eau en face avant (bleu clair).
(b) Fréquence de coupure f c relevée sur la fonction de transfert en fonction de la distance de
propagation ∆z pour un pas de temps ∆t = 1 ns, soit f e = 1 GHz pour f 0 = 43,5 MHz.
Ce dernier est donc réduit par des essais successifs, et ce jusqu’à obtenir une réponse électro-
acoustique stable pour le premier harmonique sur tout le spectre utile (de 0 à f max = 2f0 ) à la surface
du transducteur. La fréquence de coupure f c peut ainsi être décrite par une fonction puissance de la
distance parcourue et du pas de temps ∆t :
f c = ( ∆z ) ( ∆t )
−a −b
(II.17)
cadre du développement linéaire des équations de l’acoustique, dans un milieu fluide homogène non
dispersif, non atténuant. L’atténuation peut cependant être aisément prise en compte par l’ajout
d’une composante imaginaire au terme de vitesse longitudinale (Annexe 1). Les hypothèses et la
formulation de cette approche de la propagation sont ici décrites de façon analytique.
1 ∂2 p
∆p − = −F ⇔ ∆p + k 2 p = −F (II.18)
c 2 ∂t 2
où p est la pression, c la célérité, t le temps et F la fonction source.
L’écriture de cette équation dans un milieu fermé donne la formulation intégrale de Helmholtz-
Kirchhoff faisant intervenir la fonction de Green g:
∂g ∂p
p = ∫∫ ps − g s dS (II.19)
S
∂n ∂n
où ps est la pression sur la surface source, g est la fonction de Green, n la direction normale à la
surface et S = Sr∪π∪Ss la surface fermée d’intégration.
(Sr)
R
(Ss)
π π
Figure II.7 : Source (S s) rayonnant dans un espace fermé délimité par le plan (π) environnant la
source et la surface (Sr ) située à la distance R en champ lointain [10].
∂g 0 ∂g ∂R 1 e− jkR e − jkR
= = + jk cos θ et g 0 = (II.24)
∂n ∂R ∂n R 4π R 4π R
61
Modélisation et rayonnement Chapitre II
II.1.2.3 Généralisation
De façon plus générale, le champ de pression est défini par :
jkZ0 β ( θ ) e − jkR
p=
2π ∫∫S α (θ ) + jkR R vndS (II.26)
1 + cos θ cos θ
Adapté 0 Z s = Z0 Kirchhoff
2 2
Mou −1 Z s << Z 0 Sommerfeld cosθ cosθ
Tableau II.3 : Valeurs des coefficients α et β en fonction du rapport entre Zs et Z0 .
Cette expression généralisée, qui satisfait les trois conditions aux limites et les rapports
d’impédance associés (Tableau II.3), peut aussi s’écrire directement en fonction des impédances
acoustiques de la surface Zs et du milieu de propagation Z0 :
1
Z s + Z 0 cos θ 1 +
jkZ0 jkR e− jkR
2π ∫∫
p= vn dS (II.28)
S
Z s + Z 0 R
62
Chapitre II Modélisation et rayonnement
Une hypothèse simplificatrice couramment utilisée consiste à négliger la contribution apportée par
le terme β(θ). Cette approximation est valide si kR>>1. On obtient alors l’expression du champ de
pression (II.26) directement en fonction du facteur d’obliquité α(θ).
jkZ0 e − jkR
p=
2π ∫∫ α (θ )
S
R
vn dS (II.29)
jkZ0 e − jkR
p=
2π ∫∫S R vndS (II.30)
La résolution de l’intégrale de Rayleigh peut se faire de façon analytique, sous certaines conditions.
La première est de donner une expression correcte de la vitesse normale v n à la surface du
transducteur. La seconde condition concerne les possibilités d’intégration analytiques qui ne sont
connues que pour des configurations géométriques bien précises, telles qu’une source plane
axisymétrique, ou dans le cadre d’approximations, typiquement l’approximation de champ lointain.
1 ∂g
⇔ p = jkZ 0 g + ∗∗∗ vn (II.31)
jk ∂n x y t
La fonction de Green et sa dérivée normale exprimées dans le domaine temporel s’écrivent :
1 R
g0 = δ t − (II.32)
4π R c
∂g 0 1 R ∂ 1 R 1 ∂R
et = δ t − − δ ' t − (II.33)
∂n 4π c ∂n R c cR ∂n
63
Modélisation et rayonnement Chapitre II
avec δ la fonction Dirac, δ’ sa dérivée et R la distance entre le point source et celui d’intérêt :
R= ( x − xs )2 + ( y − ys )2 + ( z − zs )2 (II.34)
Les dérivées normales ∂/∂n de la distance R, et de son inverse 1/R sont données par :
∂R ∂R z s − z
= = = − cos θ
∂n ∂z s R
∂ 1 ∂ 1 z − z s cos θ
= = = 2
∂n R ∂z s R R3 R
L’expression (II.31) devient :
jkZ0 R β (θ ) R R cos θ R
p= α (θ )δ t − + δ t − cos θ + δ ' t − ∗∗∗ vn (II.35)
2π R c jkR c c c x y t
Cette formulation générale de la réponse impulsionnelle de diffraction est équivalente à celle
développée dans le cadre de l’approche harmonique. Ce formalisme a été développé par Guyomar
et Powers pour les différentes conditions aux limites [17], et pour une source plane [18] ou
focalisée [19]. De la même façon que précédemment, un développement couramment utilisé
consiste à ne prendre en compte que la contribution du facteur d’obliquité α(θ). Dans l’hypothèse
où l’approximation kR>>1 est valide, l’équation (II.35) devient :
jkZ0 R
p= α (θ ) δ t − ∗∗∗ vn (II.36)
2π R c x y t
L’expression obtenue ici a été largement développée et étudiée par Stepanishen [20-25] et Harris
[26, 27], notamment avec les hypothèses de distribution de vitesse normale uniforme sur la surface
source, dans un repère cartésien ou cylindrique, avec une source plane ou focalisée.
Dans le cadre d’un développement limité basé sur l’hypothèse de champ lointain (II.38), le terme de
distance R est exprimé en fonction de la distance RM, pour une source de dimensions x m par ym :
xm , x << R et ym , y << R (II.38)
64
Chapitre II Modélisation et rayonnement
Les positions des points sources (x s, ys, zs) sont définies respectivement sur [0, x m ], [0, ym ] et [0, zm ].
L’expression (II.34) donnant la distance R entre le point source et le point considéré se développe
en factorisant par RM :
xxs yys x2 y2
R ; RM − − + s + s
RM RM 2 RM 2 RM
Dans l’hypothèse où les termes du second ordre sont négligeables, soit :
xm , ym << 2 λ RM
L’équation (II.37) devient alors :
65
Modélisation et rayonnement Chapitre II
où (rs, ψ s, zs) et (r, ψ, z) sont les coordonnées cylindriques du point source et du point image.
La formulation axisymétrique de l’intégrale de Rayleigh a été largement discutée [30, 31] et
comparée à des travaux antérieurs pour une source plane [22] ou focalisée [32-34]. Les analogies et
conditions de validité des différents modèles ont été établies et sont limitées à des sources
faiblement focalisées F << a et/ou de rayon grand devant la longueur d’onde ka >> 1. L’approche
qui suit consiste donc à établir une formulation approchée uniquement basée sur l’hypothèse de
champ lointain, sans autre restriction.
r 2 + rs2 rrs
R=z+ − cos (ψ −ψ s ) (II.43)
2z z
L’intégrale (II.41) incluant une fonction de Bessel est déduite du développement (II.43) :
r2 2
− jk z + a
krr rs
krs
−j
p ( r , z ) = jkZ 0e 2z
∫e 2z
J0 s vn R drs (II.44)
0 z
Un autre développement, basé sur une approche angulaire donne :
R = Robs
2
+ rs2 − 2rrs cos (ψ −ψ s ) 2
avec Robs = z 2 + r 2 et r = Robs sin θ
e − jkRobs
a
p ( Robs , θ ) = jkZ 0 ∫ J ( kr sin θ ) v r dr
0 s n s s (II.46)
Robs 0
Ce résultat peut s’écrire sous la forme d’une transformée de Hankel (notée TH) du profil radial de
vitesse normale v n (r) :
e − jkRobs TH { vn}
p ( Robs , θ ) = jkZ0 (II.47)
Robs ( sin θ ) 2
Plus particulièrement, dans le cas d’un profil de vitesse homogène sur la surface source (v n = v0 ) :
e− jkRobs
p ( Robs , θ ) = p0 jka 2 J1 c ( ka sinθ ) (II.48)
Robs
66
Chapitre II Modélisation et rayonnement
z s = F − F 2 − rs2 (II.50)
Cette expression peut être étendue au cas d’une source focalisée géométriquement avec zd = z− zs la
distance modifiée entre les points sources et le point cible :
r 2 + rs2
a − jk z d +
2 z d
krr rs
p ( r , z ) = jkZ0 ∫ e
J0 s vn ( rs ) drs (II.51)
0 zd Rd
Dans le cadre d’une focalisation par une source circulaire et d’une approximation de champ lointain
et/ou de source faiblement focalisée zd << z, les deux formulations conduisent à la même formule
approchée :
1 1 1 1
; et ; ,
Rd R zd z
rs2
z s = F − F 2 − rs2 ;
2F
r2 krs2 1 1
− jk z + a −j − krr r
d’où : p ( r , z ) = jkZ 0e 2z
∫e 2 z F
J 0 s vn ( rs ) s drs (II.52)
0 z R
Avec l’hypothèse d’une vitesse constante sur toute la surface d’intégration de la source v 0 = vn (rs),
on retrouve la formulation donnée par Lucas et Muir [34], et plus particulièrement, l’expression de
la pression dans l’axe se résume à :
F
ka2 1 1
j −
p ( 0, z ) = p0 1 − e 2 z F e− jkz (II.53)
F − z
Par ailleurs, des formulations plus précises de la pression dans l’axe, dérivées des formulations de
[32, 33] ont été spécifiées et comparées [36, 37]. La formulation simplifiée de Lucas et Muir (II.53)
67
Modélisation et rayonnement Chapitre II
permet d’obtenir une très bonne approximation du champ de pression dans l’axe et de retrouver la
distance focale effective et le gain de focalisation correspondant.
Ø Dans le cas d’une source en pression, la vitesse normale v n est calculée en utilisant la projection
de la pression sur la normale à la surface :
2
p kz p k
vn = = 1− r (II.59)
Z0 k Z0 k
Dans le cas d’un profil circulaire décrit par P( r ) = Rc − Rc2 − r 2 , les sinus et cosinus des angles
Plus particulièrement dans le cas d’un profil polynomial d’ordre m, noté Pm (r) :
m
Pm ( r ) = ∑ ak r
k
k =0
dPm (r ) m
= ∑ kak r
k −1
Pm ( r ) =
'
d’où (II.62)
dr k =1
69
Modélisation et rayonnement Chapitre II
Ø Dans le second cas (source en pression), la vitesse normale est calculée en utilisant la projection
de la pression sur la normale à la surface:
2
1 − r + P '(r ) r
kz kr k k
+ P '( r )
p kn p p k k = p k k
vn = = cos (θ n − θk ) = (II.64)
Z 0 k Z0 Z 0 ( P '(r ) ) 2 + 1 Z 0 ( P '(r ) )2 + 1
Ces formulations permettent de retrouver le rayonnement propre à la source géométrique simulée
avec ATILA . Les coordonnées des points source doivent être prises en compte par le terme de
distance R (II.42), mais aussi au niveau de la dérivation par rapport à la normale de la surface
source comme défini ci-dessus pour une source en déplacement (u r, uz) ou en pression p.
Le calcul de la vitesse normale repose sur la précision de celui du vecteur d’onde radial k r. Ce
dernier est déterminé par transformée de Fourier bidimensionnelle ou par transformée de Fourier-
Bessel, appelée aussi transformée de Hankel.
70
Chapitre II Modélisation et rayonnement
e− jkR
p ( x , y , z ) = jωρ ∗ vn ( x , y , z s ) (II.66)
2π R
avec: R = ( x − xs ) 2 + ( y − ys )2 + ( z − zs )2
Ce produit de convolution dans le domaine spatial bidimensionnel s’écrit sous la forme d’un produit
dans le domaine des fréquences spatiales comme décrit par [38-42]. Il se fait par transformée de
Fourier, et son calcul numérique avec la FFT (Fast Fourier Transform). La fonction de Green g et
la vitesse normale v n sont décomposées en ondes planes :
e − jkR e − jk z (z −z s )
TFx , y {g ( x , y )} = g ( kx , ky ) ⇔ TFx , y = − j
2π R kz
TFx , y {vn ( x , y , z s )} = vn ( kx , ky , zs )
p ( kx , ky , z ) = Z 0 vn ( kx , ky , zs ) e z ( s )
k − jk z − z
soit
kz
On retrouve l’équation (II.59) qui donne la relation entre vitesse normale et pression :
p ( kx , ky , z ) = p ( k x , ky , zs ) e
− jk z (z −z s )
(II.68)
avec:
L’algorithme de propagation se résume en trois étapes: le passage du domaine spatial à celui des
nombres d’ondes, l’application de l’opérateur de propagation, puis le retour du domaine des
pulsations spatiales à celui de l’espace.
{
p ( x , y , z + ∆z ) = TFk−x 1,ky ,ω TFx, y ,t { p ( x , y , z )} e − jkz ∆z } (II.71)
L’algorithme, s’il est relativement simple dans sa formulation analytique, pose de nombreux
problèmes dans son implémentation numérique : l’échantillonnage de la source, la décomposition
71
Modélisation et rayonnement Chapitre II
en ondes planes de la fonction de Green g entraîne des singularités autour de ses pôles [41]. Le pas
d’échantillonnage (spatial et temporel) doit être suffisamment fin pour limiter le repliement
spectral. La taille de la source (y compris les contributions nulles) doit être suffisante pour
permettre la distinction des différentes contributions dans le domaine des fréquences. Ces
contraintes et leurs optimisations ont été largement étudiées dans les années 1990 notamment par
Orofino [43-47], et Wu [48-52]. Une alternative à la décomposition en ondes planes avec la FFT qui
consiste à exprimer analytiquement la fonction de Green g dans un repère cylindrique est proposée
et décrite par Christopher [53].
k = k 2+k 2
r x y
k x = kr cos φ
k y ⇔ k = k cos φ
φ = Arctan y r
x
k
r = x2 + y2
x = r cos θ
y ⇔ y = r sin θ
θ = Arctan
x
On obtient alors:
+∞
2π − jk r cos θ −φ
p ( kr , z , ω ) = ∫ p ( r , z , ω ) ∫ e r ( ) dθ rdr
0 0
+∞
soit: p ( kr , z , ω ) = ∫ p ( r , z ,ω ) J ( k r) rdr = TH { p (r , z , ω )}
0
0 r (II.73)
72
Chapitre II Modélisation et rayonnement
e− jz k 2 − kr
2
, kr ≤ k
H (k r , z ) = e− jk z z = (II.74)
e − z k r −k
2 2
, kr > k
L’application de cet opérateur de propagation est appelé algorithme FSC (Frequency Sampled
Convolution), ou de convolution avec échantillonnage fréquentiel, et permet un calcul rapide de la
source propagée.
Une extension de cette écriture consiste à réduire le domaine des nombres d’ondes à celui "utile"
pour la propagation, en éliminant les ondes évanescentes, atténuées après propagation sur seulement
quelques longueurs d’onde. Plus particulièrement, l’angle d’ouverture est limité par une
approximation géométrique issue de la théorie des rayons, et son implémentation permet un calcul
très rapide, au prix d’une détérioration de la précision.
jk z z e− jkd
h(r , z) = − où d = r2 + z2 (II.75)
2π d jkd 2 d
De plus, ce formalisme permet d’appliquer la fonction identité résultante au calcul de la transformée
de Hankel discrète (Discrete Hankel Transform, DHT) puis de sa réciproque (Inverse Discrete
Hankel Transform, IDHT) à la source convoluée avec son opérateur de propagation. En effet, tout
comme pour la FFT dont le domaine de passage est pseudo fréquentiel, mais dont la réciproque
résulte bien en une fonction identité, la DHT permet de passer dans un domaine de pseudo nombre
d’onde, d’y effectuer l’opération de propagation et de revenir dans le domaine spatial "identité", à la
propagation près.
73
Modélisation et rayonnement Chapitre II
a a
[ f ] = f [ j0 ] ou f ( n) = f j0, n
j0,N j0, N
‚ Le calcul des coefficients Y(n,m) de la matrice passage dans le domaine des nombres d’onde k r.
ƒ La source dans le domaine des nombres d’onde k r est donné par le produit de la matrice de
passage normalisée:
2π a 2 2π a 2 N −1
[F] = [ Y ][ f ] ou F ( m) = ∑ Y ( m, n) f( n)
j N2 j N2 n =1
[ j0 ][ j 0 ]t 2 J 0 ( j 0, n j0, m / j0,N )
(
J1 ([ j0 ]) )
−1
[ Y ] = 2 J 0 ou Y (n , m ) = 2
j0, N
J12 ( j0, m )
ƒ La source dans le domaine des nombres d’onde k r est donné par le produit de la matrice de
passage normalisée:
1 1 N −1
[ f]= 2 [ ][ ]
Y F ou f (n ) = ∑ Y (n, m) F( m)
2π a 2π a 2 m=1
74
Chapitre II Modélisation et rayonnement
a2
z >> Lcp où Lcp = pour une source circulaire de rayon a.
λ
Le découpage en éléments discrets de la surface dans les directions x et y est donnée par :
λz
∆xm =
M
λz
et ∆yn = où M et N sont les multiplicateurs de la distance de champ proche.
N
75
Modélisation et rayonnement Chapitre II
∆x / 2
1 si x ∈ [ −∆ x/2, +∆ x / 2 ]
avec ∏ ( x ) = 0 sinon
−∆x / 2
L’élément de surface intégré est noté Im,n :
e − jkR
I m, n = ∫∫ sW, m, ndS (II.77)
S
R
Après intégration sur l’élément de surface considéré, la pression est alors donnée par la double
somme selon les directions x et y [57]:
jkZ0 M N
e
− jkRm , n
kx ' ∆x ky ' ∆y
p (x , y, z ) =
2π
∑∑ v⊥, m, nsinc m m sinc n n ∆xm∆yn (II.79)
m =1 n =1 Rm, n 2 Rm ,n 2 Rm, n
où x 'm = x − xm , y 'n = y − yn et z 'm, n = z − zm, n sont les distances selon les directions x, y et z entre
sin ϕ m cos ϕ m 0
M ϕm = − cos ϕm sin ϕm 0
0 0 1
Ainsi, pour une source circulaire, on obtient :
(ϕ m +∆ ϕ ) ( rn +∆r )
e − jkRd ,m, n
I m, n = ∫ ∫ Rd,m,n Mϕm {sW ,m,n} rdrdϕ
(ϕ m −∆ϕ ) ( rn −∆r )
image pour une source circulaire, et ϕm = xm /rn = (m+0,5)∆x/rn est la position angulaire
correspondant au centre de l’élément source situé en (rn , ϕm ).
76
Chapitre II Modélisation et rayonnement
où R(, m, n = ( z − zn )2 + r 2 + rn2 − 2rrn cos ( ϕ − ϕm ) est la distance pour une source incurvée
entre le point source (rn , ϕm , zn ) et le point image (r, ϕ, z), et z n = Rc − Rc2 − rn2 la position selon z
L’expression (II.80) se simplifie dans le cas où le découpage de la source est suffisamment fin
(hypothèse de champ lointain satisfaite) :
π a2
Si N >> ,
λz
r2
− jk z + N krn2
−j rn
alors p ( r , z ) = jkZ0e 2z
∑e
n =1
2z
v⊥ , n ∆r .
Rn n
III.2.2.2Source focalisée
L’écriture discrétisée de la formulation intégrale (II.49) d’une source focalisée par un retard pur ϕn
est donnée par :
r2
− jk z + N krn2
−j krr r
p ( r , z ) = jkZ 0e 2z
∑e
n =1
+ jϕ n
e 2z
J 0 n v ⊥ , n n ∆rn
z Rn
(II.81)
Cette expression est étendue au cas d’une source sphérique focalisée géométriquement (II.51) par le
déphasage induit par la distance modifiée entre les points sources (rn , zn ) et le point cible (r, z) :
77
Modélisation et rayonnement Chapitre II
r 2 + rn2
N − jk (z − z n )+
z − zn ) krrn
p ( r , z ) = jkZ0 ∑ e
rn
∆rn
2(
J0 v⊥ ,n (II.82)
n =1 z − zn Rn
IV Conclusion
L’objectif visé au cours de ce chapitre a été d’établir une modélisation axisymétrique d’un
transducteur mono-élément focalisé. Dans cette optique, un outil de modélisation hybride éléments
finis / code de propagation a été développé. Les différents codes de propagation utilisés tirent
avantages de la géométrie du transducteur, et du résultat recherché, plan ou ponctuel. Il en résulte
un outil de modélisation de la transduction et du rayonnement d’un transducteur focalisé permettant
de déterminer la réponse électro-acoustique du transducteur.
Source Temps de
Formulation Géométrie Résultat Précision
focalisée calcul
Transformée de Fourier
discrète 2D dans un repère Quelconque Non Plan − +
cartésien (FFT 2D)
Transformée de Hankel
discrète dans un repère Axisymétrique Oui Plan radial ++ ++
cylindrique (DHT-SSC)
Intégration numérique
dans un repère cartésien Quelconque Oui Point ++ −
(NIM)
Intégration numérique
dans un repère cylindrique Axisymétrique Oui Point ++ +++
(NIM axisymétrique)
78
Chapitre II Modélisation et rayonnement
Les méthodes de propagation utilisées sont basées sur l’intégrale de Rayleigh (II.30). Chacune des
formulations développées, selon que le résultat recherché en plan ou ponctuel, permet d’obtenir un
certain compromis entre précision et temps de calcul (Tableau II.4).
Les formulations dans le domaine spectral (FFT 2D et DHT) permettent de propager un plan à
chaque pas de calcul. Ainsi, dans le cas où le résultat recherché est un plan, ces méthodes sont
performantes en terme de temps de calcul. Plus particulièrement, la méthode basée sur la FFT 2D
permet de traiter une géométrie plane quelconque, mais nécessite une capacité mémoire et une
puissance de calcul importantes. De plus, des problèmes de repliement spectral viennent s’ajouter si
la source n’est pas entourée d’une "zone tampon" suffisamment importante, qui nécessite elle aussi
des capacités mémoire. Pour une configuration axisymétrique, on préférera utiliser la méthode
basée sur la DHT, permettant une économie importante des capacités mémoires et contournant le
problème du repliement avec un algorithme prenant en compte implicitement une source finie
entourée d’une "zone tampon". La formulation SSC de la DHT a été retenue pour son meilleur
compromis précision/temps de calcul, bien que la DHT-FSC donne des résultats acceptables [59].
L’approche de la formulation dans le domaine spatial, plus classique consiste à procéder à une
intégration numérique d’une multitude de contributions en champ lointain, aisées à calculer. La
NIM s’adapte à toute sorte de géométrie plane ou non, du moment que les contributions secondaires
de la source peuvent être négligées. Elle permet de calculer un point image à la fois, et comporte
l’avantage d’être très performante en terme de temps de calcul, pour un encombrement mémoire
minime. La précision peut être poussée à la limite de celle du logiciel utilisé pour peu que l’on
découpe la source plus finement au prix d’un temps de calcul augmenté en conséquence. Ici encore,
pour une configuration de source axisymétrique, la NIM est formulée dans un repère cylindrique et
permet de réaliser une seule intégration, l’intégration angulaire étant formulée implicitement. Il en
résulte un temps de calcul encore réduit, et une meilleure précision pour ce type de géométrie.
Le sujet de l’étude étant un transducteur circulaire mono-élément focalisé, on utilisera donc par la
suite les formulations axisymétriques spectrale (DHT) ou spatiale (NIM axisymétrique) de
l’intégrale de Rayleigh. La première sera préférée à la seconde, pour le calcul d’un plan radial car
plus rapide. La seconde est, quant à elle, mieux adaptée pour le calcul du champ dans l’axe du
transducteur.
79
Modélisation et rayonnement Chapitre II
Les performances du transducteur seront alors évaluées et comparées pour des configurations
géométriques et acoustiques de la lentille de focalisation variables en vue de déterminer celle
optimale pour une application donnée (l’imagerie médicale). C’est l’objet du chapitre qui suit.
Bibliographie :
1. ISEN L.A., Finite element code for piezoelectric and magnetostrictive transducer and
actuator modeling. Documentation ATILA. Laboratoire d'Acoustique. Institut Supérieur
d'Electronique du Nord, 1997.
2. Wilson E., Dynamic analysis by numerical integration. Computer and Structure, Inc., 1998.
20([Link] p. 1-12.
3. IEEE Std., Standard on Piezoelectricity ANSI/IEEE Std. 176-1987. IEEE Transactions on
Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 1996. 43(5): p. 1-55.
4. Brissaud M., Characterization of piezoceramics. IEEE Transactions on Ultrasonics
Ferroelectrics and Frequency Control, 1991. 38(6): p. 603-617.
80
Chapitre II Modélisation et rayonnement
81
Modélisation et rayonnement Chapitre II
17. Guyomar D., Powers J., Boundary effects on transient radiation fields from vibrating
surfaces. Journal of the Acoustical Society of America, 1985. 77(2): p. 907-915.
18. Guyomar D., Powers J., Transient radiation from axially symmetric sources. Journal of the
Acoustical Society of America, 1986. 79(2): p. 273-277.
19. Guyomar D., Powers J., Transient fields radiated by curved surfaces - Application to
focusing. Journal of the Acoustical Society of America, 1984. 76(5): p. 1564-1572.
20. Stepanishen P.R., An approach to computing time-dependent interaction forces and mutual
impedances between pistons in a rigid planar baffle. Journal of the Acoustical Society of
America, 1970. 49(1): p. 283-292.
21. Stepanishen P.R., The transient response of arrays of transducers. Journal of the Acoustical
Society of America, 1971. 50(3): p. 964-974.
22. Stepanishen P.R., The time-dependent force and radiation impedance on a piston in a rigid
infinite planar baffle. Journal of the Acoustical Society of America, 1971. 49(3): p. 841-849.
23. Stepanishen P.R., The impulse response and mutual radiation impedance between a circular
piston and a piston of arbitrary shape. Journal of the Acoustical Society of America, 1973.
54(3): p. 746-754.
24. Stepanishen P.R., Asymptotic behavior of the acoustic nearfield of a circular piston. Journal
of the Acoustical Society of America, 1976. 59(4): p. 749-754.
25. Stepanishen P.R., Acoustic transients from planar axisymmetric vibrators using the impulse
response approach. Journal of the Acoustical Society of America, 1981. 70(4): p. 1176-
1181.
26. Harris G.R., Review of transient field theory for a baffled planar piston. Journal of the
Acoustical Society of America, 1981. 70(1): p. 10-20.
27. Harris G.R., Transient field of a baffled planar piston having an arbitrary vibration
amplitude distribution. Journal of the Acoustical Society of America, 1981. 70(1): p. 186-
204.
28. Jeong M.K., A Fourier transform-based sidelobe reduction method in ultrasound imaging.
IEEE Transactions on Ultrasonics Ferroelectrics and Frequency Control, 2000. 47(3): p.
759-763.
29. Harris F.J., On the use of windows for harmonic analysis with the Discrete Fourier
Transform. IEEE Proceedings, 1978. 66(1): p. 51-83.
82
Chapitre II Modélisation et rayonnement
30. Chen X., Schwarz K.Q., Radiation pattern of a focused transducer: A numerically
convergent solution. Journal of the Acoustical Society of America, 1993. 94(5): p. 2979-
2991.
31. Coulouvrat F., Continuous field radiated by a geometrically focused transducer: numerical
investigation and comparison with an approximate model. Journal of the Acoustical Society
of America, 1993. 94(3): p. 1663-1675.
32. Williams [Link]., Acoustic intensity distribution from a piston source. Journal of the
Acoustical Society of America, 1945. 17(3): p. 219-227.
33. O'Neil H.T., Theory of focusing radiators. Journal of the Acoustical Society of America,
1949. 21(5): p. 516-526.
34. Lucas B.G., Muir T.G., The field of a focusing source. Journal of the Acoustical Society of
America, 1982. 72(4): p. 1289-1296.
35. Kino G.S., Acoustic waves: devices, imaging, and analog signal. Prentice-Hall, Inc. ed.
2000.
36. Hamilton M.F., Gee D., Comparison of three transient solutions for the axial pressure in a
focused sound beam. Journal of the Acoustical Society of America, 1992. 92(1): p. 527-532.
37. Cathignol D., Sapozhnikov O.A., Zhang J., Lamb waves in piezoelectric radiator as a
reason for discrepancy between O'Neil's formula and experiment. Journal of the Acoustical
Society of America, 1997. 101(3): p. 1286-1297.
38. Stepanishen P.R., Guigli J., Acoustic scattering and transmission of wide-band plane waves
by fluid loaded plates. Journal of the Acoustical Society of America, 1980. 68(3): p. 980-
988.
39. Stepanishen P.R., Benjamin K.C., Forward and backward projection of acoustic fields using
FFT methods. Journal of the Acoustical Society of America, 1982. 71(4): p. 803-812.
40. Stepanishen P.R., Forbes M., Letcher S., The relationship between the impulse response and
angular spectrum methods to evaluate acoustic transient fields. Journal of the Acoustical
Society of America, 1991. 90(5): p. 2794-2798.
41. Williams E. G., MAynard J.D., Numerical evaluation of the Rayleigh integral for planar
radiators using the FFT. Journal of the Acoustical Society of America, 1982. 72(6): p.
2020-2030.
42. Williams E.G., Numerical evaluation of the radiation from unbaffled, finite plates using the
FFT. Journal of the Acoustical Society of America, 1983. 74(1): p. 343-347.
83
Modélisation et rayonnement Chapitre II
43. Orofino D.P., Pedersen P.C., Efficient angular spectrum decomposition of acoustic sources -
Part I: Theory. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics, and Frequency Control,
1993. 40(3): p. 238-249.
44. Orofino D.P., Pedersen P.C., Efficient angular spectrum decomposition of acoustic sources -
Part II: Results. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics, and Frequency Control,
1993. 40(3): p. 250-257.
45. Christopher P.T., Comments on "Efficient angular spectrum decomposition of acoustic
sources - Part I and II". IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics, and Frequency
Control, 1994. 41(4): p. 568-569.
46. Pedersen P.C., Orofino D.P., Author's reply [on "Efficient angular spectrum decomposition
of acoustic sources - Part I and II"]. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics, and
Frequency Control, 1994. 41(4): p. 570-571.
47. Orofino D.P., Pedersen P.C., Evaluation of angle-dependent spectral distortion for infinite,
planar elastic media via angular spectrum decomposition. Journal of the Acoustical Society
of America, 1993. 93(3): p. 1235-1248.
48. Wu P., Kazys R., Stepinski T., Analysis of the numerically implemented angular spectrum
approach based on the evaluation of two-dimensional acoustic fields - Part I: Errors due to
the discrete Fourier transform and discretization. Journal of the Acoustical Society of
America, 1996. 99(3): p. 1339-1348.
49. Wu P., Kazys R., Stepinski T., Analysis of the numerically implemented angular spectrum
approach based on the evaluation of two-dimensional acoustic fields - Part II:
Characteristics as a function of angular range. Journal of the Acoustical Society of
America, 1996. 99(3): p. 1349-1359.
50. Wu P., Kazys R., Stepinski T., Erratum: Analysis of the numerically implemented angular
spectrum approach based on the evaluation of two-dimensional acoustic fields - Part I and
II. Journal of the Acoustical Society of America, 1996. 101(4): p. 2395-2396.
51. Assad J., Rouvaen J.M., Comments on "Analysis of the numerically implemented angular
spectrum approach based on the evaluation of two-dimensional acoustic fields - Part I and
II". Journal of the Acoustical Society of America, 1997. 101(6): p. 3800.
52. Wu P., Kazys R., Stepinski T., Response to "Comments on "Analysis of the numerically
implemented angular spectrum approach based on the evaluation of two-dimensional
acoustic fields - Part I and II"". Journal of the Acoustical Society of America, 1996. 101(6):
p. 3804-3805.
84
Chapitre II Modélisation et rayonnement
53. Christopher P.T., A solution to the longstanding problem associated with discrete Fourier
transform-based, diffractive computation. Journal of the Acoustical Society of America,
1993. 94(6): p. 3515-3517.
54. Christopher P.T., Parker K.J., New approaches to the linear propagation of acoustic fields.
Journal of the Acoustical Society of America, 1991. 90(1): p. 507-521.
55. Waag R.C., Campbell J.A., Ridder J., Mesdag P.R., Cross-sectional measurement and
extrapolations of ultrasonic fields. IEEE Transactions on Sonics and Ultrasonics, 1985.
32(1): p. 26-35.
56. Johnson H.F., An improved method for compuyting a discrete Hankel tranform. Computer
Physics Communications, 1987. 43: p. 181-202.
57. Ocheltree K.B., Frizzell L.A., Sound field calculation for rectangular sources. IEEE
Transactions on Ultrasonics Ferroelectrics and Frequency Control, 1989. 36(2): p. 242-248.
58. Lee C., Benkeser P.J., A computationaly efficient method for the calculation the the
transient field of acoustic radiators. Journal of the Acoustical Society of America, 1994.
96(1): p. 545-551.
59. Marechal P., Levassort F., Tran-Huu-Hue L.P., Lethiecq M., Electro-acoustic response at
the focal point of a focused transducer as a function of the acoustical properties of the lens.
Proceeding of the 5th World Congress on Ultrasonics, 2003: p. 535-538.
85
Modélisation et rayonnement Chapitre II
86
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
87
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
I.1 Sensibilité
La sensibilité amp est déterminée à partir de la fonction de transfert Ht (f) du transducteur :
( (
amp = max env TF −1 {H t ( f )}) ) (III.1)
où env ( x ( t ) ) = THilbert ( x (t ) ) est l’enveloppe du signal réel x (t) définie par le module de sa
transformée de Hilbert.
La fonction de transfert du transducteur Ht (f) est une fonction qui s’étend de part et d’autre de la
fréquence centrale f 0 du transducteur. Afin de s’affranchir de la dépendance fréquentielle de la
sensibilité amp (III.1), l’évaluation de la sensibilité est normalisée par f 0 :
amp
ampn = (III.2)
f0
Pour des configurations spécifiques, la réponse électro-acoustique peut aussi être évaluée de façon à
prendre en compte des fonctions de transfert amont (excitation électrique) et/ou aval (focalisation)
du transducteur [1].
I.1.1 Focalisation
Dans le cas d’une évaluation de la réponse impulsionnelle résultant d’une source focalisée, la
fonction de transfert de propagation Hp (f) jusqu’au point focal doit être prise en compte :
( (
amp p = max env TF −1 {Ht ( f ) H p ( f )} )) (III.3)
La fonction de transfert de propagation Hp (f) est évaluée grâce au code de propagation basé sur
l’intégrale de Rayleigh (Chapitre II), et dépend essentiellement de la géométrie de la source et de la
fréquence centrale f 0 . Ainsi, pour une source focalisée, la normalisation n’est plus effective, puisque
le gain de focalisation G dépend de la fréquence centrale f 0 et de la géométrie du transducteur.
Comme l’ont montré Lucas et Muir [2], la formule approchée du gain de focalisation G dépend de
la longueur d’onde λ (donc de la fréquence centrale f 0 ), de la surface S de la source de rayon a et de
la distance focale F :
ka 2 S Sf
G; = = 0 ,
2F λ F Fc0
88
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
La sensibilité (III.3) pour une source focalisée dépend donc de la fréquence centrale f 0 . Pour obtenir
une évaluation de la sensibilité indépendante de la fréquence, la sensibilité doit être normalisée par
la fréquence centrale f 0 2 :
amp p Gamp Sampn
amp p, n = 2
; = (III.4)
f 0 f 02 Fc0
Ainsi, l’évaluation de la sensibilité avec ampp,n (III.4) est indépendante de la fréquence centrale f 0
du transducteur. Seule intervient la géométrie de la source, avec sa surface active S et sa distance
focale F.
( (
ampe = max env TF −1 {He ( f ) H t ( f )} )) (III.5)
I.1.3 Généralisation
De façon plus générale, la sensibilité peut intégrer les fonctions de transfert inhérentes aux
protocoles de simulation ou de mesure. Ainsi, par la suite, la sensibilité prise en compte pour les
configurations focalisées intègre le spectre de l’excitation électrique He (f) (très large bande) et la
fonction de transfert de propagation Hp (f), propre à la source focalisée :
( (
ampep = max env TF −1 {H e ( f ) H t ( f ) H p ( f )} )) (III.7)
La sensibilité étant ici fonction de la fréquence centrale f 0 , son évaluation est normalisée par f 0 :
amp pe
ampe p, n = (III.8)
f0
89
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
La sensibilité définie précédemment (III.1) peut aussi être évaluée avec des fonctions de transfert
amont et aval, induisant ou non une dépendance de la fréquence centrale f 0 . Cependant, l’évaluation
de la sensibilité peut être adaptée et normalisée selon que la sensibilité est évaluée sur la réponse
impulsionnelle d’un transducteur plan (III.1), sur la réponse impulsionnelle d’un transducteur
focalisé (III.3), sur la réponse à une excitation d’un transducteur plan (III.5), ou sur la réponse à une
excitation d’un transducteur focalisé (III.7). On peut donc proposer une évaluation de la sensibilité
normalisée généralisée, selon la fonction de transfert envisagée (Tableau III.1).
La sensibilité normalisée ampx,n peut ainsi s’écrire en fonction puissance p de la fréquence centrale,
où le facteur puissance p est adapté selon la configuration envisagée dans le Tableau III.1 :
amp x
ampx , n = p
(III.9)
f0
Les écritures spectrale ou temporelle (III.10) d’un signal gaussien sont liées par la correspondance
entre les écart-types temporel σt et spectral σf :
1
σt = (III.11)
2πσ f
90
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
Ainsi, la durée et la bande passante peuvent être évaluées indifféremment avec les expressions
temporelle ou spectrale du signal gaussien.
dn d n ln(10) σ t
d n, r = = =2 (III.12)
T0 T0 − n d B 10 T0
∆f n ∆f n ln(10) σ f
∆f n ,r = = =2 (III.14)
f 0 f 0 − ndB 10 f0
A partir des expressions de la durée normalisée (III.12), de la bande passante normalisée (III.14) et
du lien entre les écarts-types temporel et spectral (III.11), on déduit la correspondance entre la
bande passante ∆f n et la durée de l’excitation dn :
n ln (10)
dn = (III.15)
5π∆f n
Ainsi, à –6 dB, on retrouve bien la relation entre la durée d6 et la bande passante à mi-hauteur ∆f 6
utilisée pour caractériser la résolution axiale (paragraphe A2.1.3, Annexe 2) :
91
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
dn ∆f n n ln (10 )
= = (III.17)
d6 ∆f 6 20ln ( 2)
dn 2 5n ln (10 ) ln ( 2 ) f 0 0,36 n
= ; (III.18)
T0 5π ∆f 6 ∆f 6,r
L’expression (III.18) permet de déterminer la durée à –n dB (pour une réponse proche d’une
gaussienne) en fonction de la bande passante relative à –6 dB (Figure III.1 (a)).
Ainsi, pour n = –6 et –30 dB on obtient respectivement (Figure III.1 (b)) :
d6 0,88 d30 1,97
; et ; (III.19)
T0 ∆f6, r T0 ∆f6, r
10 10
6
9 (a) 9 (b)
30
25
8 8
Durée normalisée d n/T0
7 7
25
6 6
6
30
5 5
25
50
4 4
50
3 75 3 30
6
50 75
2 2 30
100
25
75
100 6
1 1 6
50
00
751
0 10 20 30 40 0 20 40 60 80 100
n (dB) Bande passante relative ∆ fn,r (%)
Figure III.1 : (a) Durée normalisée en fonction du seuil à –n dB pour une bande passante relative à
–6 dB de 25, 50, 75 et 100 % ; (b) Durée normalisée en fonction de la bande passante relative à
–n dB pour des seuils à –6 et –30 dB.
92
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
(
IP = 2α 2ln ( 2 ) + 2β 3ln (10 ) ) σT
0
t
− γ a m px T0p (III.21)
93
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
I.4 Optimisation
A partir des formulations équivalentes (III.21) et (III.22), l’optimisation de la réponse électro-
acoustique peut s’opérer aussi bien sur la réponse temporelle que sur le spectre. L’influence de la
durée de la réponse est donc prépondérante (paramètres α et β). La sensibilité est évaluée avec le
troisième terme (paramètre γ) qui prend en compte la sensibilité intrinsèque basée sur la réponse
impulsionnelle du transducteur (résultante de la transduction et de l’adaptation d’impédance,
Annexe 3). Par ailleurs, comme l’illustre la Figure III.2 la prise en compte de l’excitation électrique
(fonction de transfert He) et/ou d’une focalisation (fonction de transfert Hp ) peut venir pondérer la
réponse impulsionnelle (fonction de transfert Ht). L’évaluation de la sensibilité peut alors être
adaptée (III.9) à la configuration étudiée. Les variations de l’indice de performance sont
relativement complexes car les grandeurs évaluées sont très souvent corrélées, et l’optimal
recherché est le résultat d’un compromis.
δ (t)
Fonction de transfert
He (t)
de
l’excitation électrique
Ve (t)
de
transduction ps (t, rs, P(rs))
IP
Fonction de transfert Hp (t, rs, P(rs), r, z)
de
propagation p (t, r, z)
94
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
95
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
II.1 Configurations
II.1.1 Initialisation
Les configurations étudiées sont basées sur une céramique piézo-électrique en titanate de plomb
(Pz34 de Ferroperm Piezoceramics), choisie pour ses propriétés diélectriques bien adaptées aux
transducteurs mono-éléments, en haute fréquence (Tableau III.2). En effet, la constante diélectrique
à déformation constante dans la direction de l’épaisseur (ε 33,rs = 154) permet généralement de
réaliser une bonne adaptation électrique autour de la résonance avec le générateur (50 Ω). Pour cela,
le rayon du disque piézo-électrique a été fixé à a = 1,125 mm, et son épaisseur à ep = 50 µm. Le
premier mode épaisseur donne une fréquence de résonance à f 0 = 43 MHz. Par contre l’impédance
acoustique de la céramique élevée doit être adaptée en face arrière pour l’absorption, et en face
avant pour la transmission. Des itérations successives à l’aide du modèle unidimensionnel KLM
(Annexe 3) et de l’indice de performance (III.9) permettent une optimisation des couches avant et
arrière pour une application en imagerie médicale haute résolution. Cette optimisation conduit à une
impédance du milieu arrière Zar = 3,8 MRa, Zlame1 = 6,8 MRa, et Zlame2 = 2,2 MRa. Le compromis
sensibilité / bande passante est déterminé par l’indice de performance modulable choisi.
96
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
Tableau III.2 : Propriétés du disque piézo-électrique en Pz34 utilisé pour les simulations
Tableau III.3 : Propriétés acoustiques, épaisseur et densité du maillage des éléments constitutifs du
transducteur mono-élément.
97
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
2250 2250
BP
Lentille Lentille
acoustique acoustique
450 50 10 450 50 8 10
(a) (b)
Figure III.3 : Configurations face avant étudiées (a) lentille seule et (b) lame adaptatrice et lentille.
Les courbes d’impédance préliminaires sont calculées dans l’air pour un milieu avant semi-infini
(Figure III.4 (a)). On peut observer le mode de résonance du disque piézo-électrique amorti par le
milieu arrière (résonateur simple amorti : un seul mode résonance). La présence de lames
adaptatrices en face avant vient ajouter des modes de résonance et modifie le mode initial du
résonateur amorti. Ainsi, l’ajout d’une première lame adaptatrice à la structure fait apparaître deux
modes de résonance, puis avec l’ajout d’une seconde lame en fait apparaître un troisième.
Ces résonances bien distinctes dans l’air (dont l’impédance acoustique est très faible) sont lissées
dès lors qu’une charge d’impédance proche de celle de l’eau est disposée en milieu avant
(Figure III.4 (b)). Les courbes d’impédance obtenues pour la configuration avec la lame adaptatrice
et la lentille (dont les propriétés acoustiques sont celles de la deuxième lame adaptatrice) sont à mi-
chemin entre celles obtenues pour les configurations avec une et deux lames adaptatrices.
98
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
70 50
60
50
0
Re(Z) (Ω )
Im(Z) (Ω )
40
30
-50
20
10
0 -100
20 40 60 80 20 40 60 80
Fréquence (MHz) Fréquence (MHz)
(a)
0.1
0.1
0.08
Re(Y) (S)
Im(Y) (S)
0.05
0.06
0.04
0.02 0
0
20 40 60 80 20 40 60 80
Fréquence (MHz) Fréquence (MHz)
40 0
-10
30
Re(Z) (Ω )
Im(Z) (Ω )
-20
20
-30
10
-40
0 -50
20 40 60 80 20 40 60 80
Fréquence (MHz) Fréquence (MHz)
(b)
0.08 0.08
0.06 0.06
Re(Y) (S)
Im(Y) (S)
0.04 0.04
0.02 0.02
0 0
20 40 60 80 20 40 60 80
Fréquence (MHz) Fréquence (MHz)
Figure III.4 : Courbes d’impédance pour le milieu arrière et l’élément piézo-électrique seuls (noir),
avec la première lame adaptatrice (orange), avec les deux lames adaptatrices (rouge), avec la
première lame adaptatrice et la lentille acoustique avec un rayon de courbure Rc = 2 mm (vert)
(a) dans l’air, (b) dans l’eau.
99
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
1500
1000
500
Pression (Pa)
(a) 0
-500
-1000
-1500
0 0.025 0.05 0.075 0.1 0.125 0.15
Temps (µs)
-5
x 10
2.5
2
Pression (Pa.s)
1.5
(b)
1
0.5
0
0 20 40 60 80 100
Fréquence (MHz)
Figure III.5 : Réponses en pression dans l’eau pour le milieu arrière et l’élément piézo-électrique
seuls (noir), avec la première lame adaptatrice (orange), avec les deux lames adaptatrices (rouge).
100
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
L’ajout de lames adaptatrices en face avant permet donc d’améliorer le compromis entre sensibilité
et bande passante. Cet effet a été largement étudié et a été l’objet de nombreux travaux (Annexe 3).
Le fait d’ajouter une lentille acoustique en face avant, outre qu’il permet d’améliorer la sensibilité et
la résolution radiale n’a pas été (à notre connaissance) étudié au sens d’une valeur d’impédance
acoustique optimale comme l’ont été les lames adaptatrices d’épaisseur quart d’onde.
En effet, le problème alors posé consiste en une optimisation des caractéristiques acoustiques de la
lentille, mais aussi géométriques. Ainsi, l’influence des propriétés géométriques d’une lentille
acoustique sphérique est rappelée (A nnexe 5), et les propriétés acoustiques sont déduites afin
d’étudier le paramètre qui fait l’objet de ce chapitre : l’étude de l’influence de l’impédance
acoustique de la lentille à distance focale constante.
101
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
r
R01
Source n0 n1 n2 z
Image
R12
d2
d0 d1
Figure III.6 : Lentille acoustique de focalisation biconvexe en fonction des indices de réfraction des
milieux amont (c0 ), aval (c2 ), et dans la lentille (c1 ).
On cherche à déterminer la distance focale image. Pour cela on exprime les relations aux interfaces
entre le milieu amont (n0 ) et la lentille (n1 ), puis entre la lentille (n1 ) et le milieu aval (n2 ) :
n1 n0 n1 − n0
+ = (III.23)
d1 d0 R01
n2 n 1 n 2 − n 1
et − = (III.24)
d2 d1 R12
De (III.23) et (III.24), on déduit la relation générale :
n0 n2 n1 − n0 n2 − n1
+ = + (III.25)
d0 d2 R01 R12
102
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
De façon plus particulière, pour une lentille (n1 ) immergée dans un même milieu de propagation
amont et aval d’indice de réfraction n0 = n2 :
1 1 n1 1 1
+ = − 1 −
d0 d 2 n0 R01 R12
Si on renomme F = – d2 la distance focale aval, R1 = R01 et R2 = R12 , les rayons de courbure
algébriques amont et aval, n = n1 / n0 , le rapport des indices de réfraction de la lentille et du milieu
de propagation, on obtient la relation :
1
F= (III.26)
1 1 1
(1 − n ) − +
R1 R2 d 0
Avec l’hypothèse d’une source d’onde plane, soit une source positionnée à l’infini (d0 → +∝), on
retrouve les expressions approchées développées dans l’Annexe 5 (Tableau A5.1). Dans le cas plus
particulier d’un rayon de courbure amont infini (R1 → +∝), on retrouve l’expression approchée
usuelle pour une lentille simplement focalisée :
R2
F= (III.27)
n −1
où le rayon de courbure aval (R2 > 0 pour une lentille convexe et R2 < 0 pour une lentille concave),
et n = n1 / n0 = c0 / cl. est le rapport des indices de réfraction du milieu de propagation (n0 , c0 ) et de
la lentille (n1 , c1 ). Dans la configuration étudiée, n0 = 1, et n = n1 , c’est pourquoi on appelle n
l’indice de réfraction de la lentille. Pour des configurations de lentille standard, cette expression
permet d’établir la correspondance entre le rayon de courbure aval R2 et l’indice de réfraction n.
Pour des configurations fortement focalisées, la taille de la source doit être prise en compte (Annexe
5). Il existe par ailleurs d’autres approches géométriques, basées sur la théorie des rayons [9, 10] ou
la détermination des caustiques [11].
Le degré de focalisation est défini comme l’inverse du f number. Il permet de définir un compromis
entre résolution radiale ∆r et profondeur de champ ∆p (paragraphe A2.2, Annexe 2) :
∆r
= 6,89 f number (III.28)
∆p −3dB
Ainsi pour les applications en imagerie médicale, on se fixe un f number compris entre 2 et 3 :
2 ≤ f number ≤ 3 , soit 4 a ≤ F ≤ 6a (III.29)
Ici, afin d’obtenir une profondeur d’exploration de 5 à 10 mm, la distance focale F est maximisée
dans le cadre de l’équation (III.29). Une distance focale F = 6,5 mm est donc choisie.
103
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
2800 2800
6.5
2
9
6
11
7
4
13
5
2600 2600
10
3
7.5
8
5.5
7
12
Epoxy 8
4.5
6
2400 2400 8.5
6.5 7
c (m/s)
cl (m/s)
7.5
11
9
5
5.5
5
2200
2
2200 8
4
10
6 8.5
8
l
3
4.5 6.5 7
7
88.5
5
8
2
4
3
1600 1600
1000 2000 3000 3 4000 5000 1 1.5 2 2.5 3
ρ (kg/m ) Rc/a
(a) (b)
Figure III.7 : (a) Impédance acoustique (Zl = 1 à 13 MRa) en fonction la masse volumique (ρ) et de
la vitesse longitudinale (cl) de la lentille. La courbe noire représente les propriétés obtenues pour
les composites 0–3 homogénéisés. (b) Distance focale approchée (F = 4,5 à 8,5 mm) en fonction du
rayon de courbure (Rc) et de la vitesse longitudinale (cl) de la lentille.
Dans une première approche (III.27), tous les couples de propriétés géométrique (Rc) et acoustique
(cl) de lentille permettant d’obtenir une telle distance focale F = 6,5 mm choisie ont été déterminés
(Figure III.7 (b)). Pour les configurations fortement focalisées, il existe des formulations plus
précises (Annexe 5) faisant intervenir le rayon de la source a.
A titre d’exemple (Figure III.7 (a)) pour la vitesse longitudinale cl = 2100 m/s, la ligne en pointillés
et les ronds donnent l’impédance acoustique de la lentille selon le composite choisi. Les valeurs
relevées à Zl = 2,2 MRa et 3,9 MRa sont respectivement celles retenues pour les configurations avec
lame adaptatrice et lentille (Figure III.3 (b)) et avec lentille seule (Figure III.3 (a)).
104
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
1
6
7
0.9
190
6
5
9
10
1
4
7 8
0.8
5
3
Coefficient puissance b
0.7 0.8
4
2
6
0.6 0.6
cp
3
z /L
0.5
5
190
0.4
9
10
4
7 8
0.4
5
8
0.2
0.3
0.2 0
6
0.1 F/L
10
9
cp
9
10
0 8
8
(a) (b)
Figure III.8 : (a) Erreur relative (%) de l’expression de la distance focale effective z0 en fonction
des coefficients multiplicateur a et puissance b (III.30) par rapport à celle donnée par Lucas et
Muir [2]. (b) Focale effective normalisée par la distance de champ proche z0 / Lcp en fonction de la
focale optique normalisée par la distance de champ proche F / Lcp, calculée à partir de la formule
de Lucas et Muir [2] (bleu), celle du CAST [13] (III.32) (verte) et ajustée (III.31) (rouge).
105
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
Ainsi, l’optimum recherché est déterminé pour des valeurs proches de a = b = 2/3. On retiendra
donc cette expression pour la correspondance entre la focale effective z0 , la focale optique F et la
longueur de champ proche Lcp :
F
z0 = 4
(III.31)
2 F 3
1 +
3 Lcp
L’expression (III.31) résultant de l’ajustement est comparée à celle donnée par Lucas et Muir
(Figure III.8). On y observe bien la zone quasiment linéaire pour F / Lcp < 0,2 utilisée
habituellement, et la bonne concordance (à 2 % près) de l’expression (III.31) pour les valeurs 0,2 <
F / Lcp < 2. Cette formulation approchée de la correspondance entre focale optique F et focale
effective z0 est en adéquation avec celle approchée donnée par le CAST [13] (à 4 % près) :
2
F
1+ 4 −1
L
cp
z0 = (III.32)
F
2 2
Lcp
II.3 Simulations
La méthode des éléments finis permet de décrire des géométries complexes et d’en modéliser les
modes de vibrations quels qu’ils soient. Une configuration axisymétrique permet d’étudier
l’influence de la focalisation par une lentille acoustique sur le transducteur mono-élément étudié.
De plus, les contributions des vibrations radiales vont être déterminées et quantifiées relativement
aux vibrations longitudinales usuellement les seules prises en compte. Enfin, dans l’hypothèse de
contributions radiales négligeables, une modélisation alternative basée sur le schéma
unidimensionnel KLM (Annexe 3) permet de modéliser le comportement de la lentille acoustique.
106
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
lentille avec Rc = 2 mm et cl = 2100 m/s (Figure III.7 (b)) et on obtient Zl = 3,9 MRa et 2,2 MRa
(Figure III.7 (a)) respectivement pour les configurations avec lentille seule (Figure III.3 (a)) et avec
lame adaptatrice et lentille (Figure III.3 (b)). Ces valeurs d’impédance sont proches de celles
données par la formulation empirique pour l’imagerie de Desilets, soit respectivement Zl = 4,3 MRa
et 2,4 MRa pour l’ultime lame adaptatrice (paragraphe A3.2.1, Annexe 3). Le calcul de la
transduction dépend de la bande passante de l’excitation électrique aux bornes de l’élément piézo-
électrique ; le résultat peut être exprimé en déplacement ou en pression à la surface de la lentille.
Deux conditions aux limites ont été imposées : la première consiste à laisser le déplacement radial
libre (cas réel), et la seconde consiste à bloquer le déplacement radial (hypothèse simplificatrice).
-10
x 10
3
1
2.5
0.8
2
Tension (V.s)
Tension (V)
0.6
1.5
0.4
1
0.2
0.5
0
0
0 1 2 3 4 5 0 500 1000 1500 2000
Temps (ns) Fréquence (MHz)
(a) (b)
(a) (b)
(c) (d)
Figure III.10 : (a), (b) Déplacement (m) en fonction du temps t et de la position radiale r et
(c), (d) Spectre du déplacement (m.s) en fonction de la fréquence f et de la position radiale r pour
les configurations en face avant (a) (c) avec lentille seule ou (b) (d) avec lame adaptatrice et
lentille.
108
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
L’onde obtenue pour la configuration avec lentille seule (Figure III.11 (a)) dure plus longtemps que
celle avec lame adaptatrice interposée (Figure III.11 (b)). Ce résultat est remarquable aussi au
niveau de la bande passante observée sur le spectre (Figure III.11 (c) et (d)). Ainsi, on relève une
bande passante relative moyenne à –6 dB, notée BP6 , de l’ordre de 40 % pour la première
configuration (Figure III.11 (c)), tandis qu’elle est d’environ 60 % pour la seconde configuration
(Figure III.11 (d)). Cette estimation permet d’évaluer l’ordre de grandeur de la durée (III.19)
respectivement à 2,2 et 1,5 périodes, en accord avec la représentation (Figure III.11 (a) et (b)). Par
ailleurs, on distingue une pondération du spectre centré à f 0 = 50 MHz par un coefficient de
transmission que l’on devine avec une décroissance en 1/f (en pointillés sur la Figure III.11 (c)).
(a) (b)
BP6 BP6
(c) (d)
Figure III.11 : (a), (b) Pression (Pa) en fonction du temps t et de la position radiale r et
(c), (d) Spectre de la pression (Pa.s) en fonction de la fréquence f et de la position radiale r pour les
configurations en face avant (a) (c) avec lentille seule ou (b) (d) avec lame adaptatrice et lentille.
109
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
La Figure III.12 reprend le déplacement obtenu par la configuration avec lame adaptatrice et lentille
(Figure III.10 (b) et (d)) en échelle logarithmique (dB). Sur la représentation temporelle (Figure
III.12 (a)), on peut observer différents phénomènes : • l’écho de bord commençant au temps t =
180 ns, en r = a ; ‚ l’écho de double réflexion dans l’épaisseur de la lentille, avec un retard double
de celui de l’onde principale ; ƒ la superposition entre ces deux échos située au temps t = 290 ns,
en r = 800 à 850 µm ; „ l’écho de retour du milieu arrière, après une atténuation d’aller-retour (–20
dB) commençant au temps t = 460 ns, en r = 0. Sur la représentation spectrale de l’onde relevée à la
surface de la lentille (Figure III.12 (b)), on observe un mélange des contributions longitudinales
pures et des réflexions multiples (loi de réfraction de Snell-Descartes) à l’intérieur de la lentille.
Plus particulièrement, on remarque sur le spectre centré à f 0 = 50 MHz est perturbé par une famille
d’onde généré par les échos parasites •, ‚ et ƒ pour les positions radiales r > 800 µm. Par
ailleurs, on observe un étalement du spectre vers les basses fréquence (de 0 à 20 MHz) dû aux échos
parasites mentionnés sur la représentation temporelle. Cependant, la bande passante observée sur le
spectre en fonction de la position radiale reste relativement constante.
• ƒ ‚
„
(a) (b)
Figure III.12 : (a) Déplacement (t,r) Figure III.10 (b) en échelle dB ; (b) Spectre du déplacement
(f, r) Figure III.10 (d) en échelle dB, sur une dynamique de 40 dB.
Afin de mieux identifier la composante source de cette allure du contour du spectre (que l’on
suppose longitudinale), un calcul avec le déplacement radial bloqué est effectué. Le résultat obtenu
est alors comparé avec celui obtenu pour un déplacement radial libre.
110
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
(a) (b)
(c) (d)
Figure III.13 : (a), (b) Déplacement (m) en fonction du temps t et de la position radiale r et
(c), (d) Spectre du déplacement (m.s) en fonction de la fréquence f et de la position radiale r pour
les configurations en face avant (a) (c) avec lentille seule ou (b) (d) avec lame adaptatrice et
lentille.
111
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
(a) (b)
(c) (d)
Figure III.14 : (a), (b) Pression (Pa) en fonction du temps t et de la position radiale r et
(c), (d) Spectre de la pression (Pa.s) en fonction de la fréquence f et de la position radiale r pour les
configurations en face avant (a) (c) avec lentille seule ou (b) (d) avec lame adaptatrice et lentille.
Sur la représentation spectrale (Figure III.13 et 14 (c) et (d)) de l’onde relevée à la surface de la
lentille, on observe les contributions longitudinales résultantes des réflexions multiples aux
interfaces de la lentille avec le milieu amont (l’élément piézo-électrique ou la lame adaptatrice) et le
milieu aval (l’eau). Le phénomène d’interférence entre les réflexions multiples aux interfaces des
ondes longitudinales peut être modélisé de façon simplifiée par la transmission résultant du passage
d’une onde dans une lentille. Cette modélisation fait l’objet d’une étude plus détaillée basée sur le
modèle KLM (Annexe 3).
112
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
Figure III.15 : (a) Transducteur focalisé constitué d’un milieu arrière, d’un élément piézo-
électrique, d’une lame adaptatrice puis d’une lentille acoustique rayonnant dans l’eau.
(b) Transducteur plan constitué d’un milieu arrière, d’un élément piézo-électrique et d’une lame
adaptatrice rayonnant dans un milieu d’impédance acoustique égale à celle de la lentille.
L’hypothèse faite est empirique et a été validée dans de nombreuses configurations avec lentille. La
réponse obtenue à la surface de la lentille (retard mis à part) est modélisée et vérifiée
expérimentalement en procédant avec un milieu équivalent (Figure III.6). Une approche plus
théorique va être développée afin de montrer la cohérence de cette hypothèse, et éventuellement
pour y apporter des corrections induites par la géométrie de la lentille, comme l’ont illustré les
résultats des calculs par éléments finis (Figure III.10 à Figure III.14). Afin de vérifier la pertinence
de l’hypothèse posée, des calculs préliminaires d’impédance électrique sont donc effectués.
113
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
Comme l’illustrent les courbes de la Figure III.16, l’impédance électrique d’un transducteur
focalisé par une lentille acoustique (Figure III.15 (a)) est modélisée par l’intermédiaire d’un
transducteur plan de charge électriquement équivalente en face avant (Figure III.15 (b)).
40 0
-10
30 (a)
Re(Z) (Ω )
Im(Z) (Ω )
-20
20
-30
(b)
10
-40
0 -50
0 20 40 60 80 0 20 40 60 80
Fréquence (MHz) Fréquence (MHz)
0.08 0.08
0.06 0.06
Re(Y) (S)
Im(Y) (S)
0.04 0.04
0.02 0.02
0 0
0 20 40 60 80 0 20 40 60 80
Fréquence (MHz) Fréquence (MHz)
Figure III.16 : Courbes d’impédance pour les configurations (a) avec lentille seule dans l’eau
(traits continus) ; (b) avec lame adaptatrice et lentille (traits pointillés) immergées en face avant
dans l’eau (vert) ou bien dans un milieu semi-infini d’impédance égale à celle de la lentille (bleu).
Ce résultat s’explique par le fait que la lentille ne possède pas de faces parallèles entre lesquelles
l’onde peut entrer en résonance, et est vue par le transducteur comme un milieu semi-infini.
D’ailleurs dans le cas d’une modélisation d’un transducteur focalisé par une lentille acoustique, on a
vérifié que le milieu semi-infini disposé après la lentille a très peu d’influence sur les courbes
d’impédance relevées. Cependant, afin d’obtenir la réponse à la surface de la lentille il est
nécessaire de pondérer la réponse du transducteur plan électriquement équivalent par la fonction de
transfert de la lentille vers le milieu de propagation. Ainsi, les formulations classiques du coefficient
de transmission en incidence normale et oblique sont rappelées. Elles sont alors adaptées au cas de
l’interface entre la lentille et le milieu de propagation, l’eau.
114
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
4Z1Z 2
soit I 2 = I1 (III.35)
( Z1 + Z 2 )
2
θ1
θ1 θ2
De manière plus générale, le coefficient de transmission en pression est défini en prenant en compte
la loi de réfraction de Snell-Descartes :
sin θ1 sin θ 2
= (III.36)
c1 c2
Les coefficients de transmission et réflexion en pression en incidence oblique entre deux milieux
semi-infinis deviennent alors :
2Z 2 '
T1→2 =
Z 2 '+ Z1 ' Zi
avec Zi ' = (III.37)
Z 2 '− Z1 ' cos θ i
R1→ 2 =
Z 2 '+ Z1 '
115
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
( )
Tmdirect
∑ RmR pe − j2ϕl
n
Tm , global = Tmdirect = ,
(III.39)
1 − Rm R p e− j 2ϕl
,
n =0
Z m − Zl Z − Zl
où Rm = et Rp = p sont respectivement les coefficients de réflexion normale à
Z m + Zl Z p + Zl
116
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
II.3.2.4 Comparaison
Le coefficient de transmission à travers une couche d’épaisseur variable subit un déphasage dû à la
propagation (transmission directe, (III.38)), mais résulte aussi des superpositions des réflexions
multiples à ses interfaces (transmission globale, (III.39)). La lentille acoustique modélisée possède
une épaisseur variable selon la position radiale r et dépend de son épaisseur au centre el, et son
profil radial d’épaisseur P(r). Dans le cas d’une lentille sphérique, ce dernier est décrit par le rayon
de courbure Rc :
P ( r ) = el + Rc − Rc2 − r 2 (III.40)
La configuration en face avant du transducteur simulé est décrite pour des caractéristiques typiques
regroupées dans le Tableau III.4 suivant :
Les variations (a) des modules et (b) des phases des coefficients de transmission sont illustrées sur
la Figure III.19 en fonction de la position radiale r et selon l’approche considérée. Ainsi, le module
du coefficient de transmission direct |Tm,direct| est constant sur le rayon de la source, tandis que le
module du coefficient de transmission global |Tm,g | suit des variations induites par la phase ϕl.
1000 1000
Position radiale (µm)
800 800
600 600
400 400
200 200
0 0
0 20 40 60 80 100 -200 -100 0 100 200
Coefficient de transmission (%) Déphasage (°)
Selon que la phase, résultant des réflexions aux interfaces, au dénominateur (III.39) est en phase ou
en opposition de phase avec celle au numérateur (III.38), le module du coefficient de transmission
global |Tm,g | oscille autour de la valeur moyenne donnée par le coefficient de transmission direct
|Tm,direct|. Plus précisément, une écriture de (III.39) sous forme module/phase permet de mieux
comprendre ces variations :
Rm R p s i n( 2ϕ l )
Tmdirect − j ϕl + Arctan
1− Rm R p cos ( 2ϕ l )
Tm , global = = Tm, g e jϕ
,
e (III.41)
1 + ( Rm R p ) − 2 Rm R p cos ( 2ϕl )
2
Le module du coefficient de transmission global |Tm | (III.41) varie avec la fonction cos(2ϕl), et les
variations de phase ϕ (III.41) permettent de déterminer les phases des extrema. La représentation
complexe du coefficient de transmission (Figure III.20) fait apparaître plus nettement le rôle de la
phase ϕ sur l’amplitude du module |Tm,g |. Ainsi, les sauts de phase ϕ = –nπ ( n ∈ ¥* ) correspondent
à des minima et les phases ϕ = π/2 – nπ ( n ∈ ¥* ) correspondent à des maxima. En ces points, les
phases de (III.38) et (III.41) illustrées Figure III.19 (b) sont égales car la valeur sin(2ϕl) s’annule.
1 1
0.5 0.5
ϕ
Partie imaginaire
Partie imaginaire
0 0
-0.5 -0.5
-1 -1
-1 -0.5 0 0.5 1 -1 -0.5 0 0.5 1
Partie réelle Partie réelle
(a) (b)
Figure III.20 : Représentation complexe du coefficient de transmission direct (noir) et global (vert)
à la fréquence centrale f 0 avec un échantillonnage radial (a) sur 100 points et (b) sur 1000 points.
La position radiale correspondant aux positions des minima et maxima (Figure III.20 (b)) peut alors
être déduite à partir de l’équation du profil d’épaisseur (III.40). Ainsi les minima sont obtenus pour
P(r) = nλl/2 et les maxima pour P(r) = λl/4 + nλl/2 avec n ∈ ¥ . On retrouve bien le résultat
classique d’une épaisseur multiple impair d’un quart d’onde pour une transmission optimale.
118
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
Le module du coefficient de transmission global varie avec la phase ϕl, elle-même fonction de la
fréquence de l’excitation f. En conséquence, le coefficient de transmission global Tm,g doit donc être
déterminé sur la bande passante du transducteur. La Figure III.21 illustre ses variations sur une
plage de fréquence allant de 0 à 2f 0 = 100 MHz.
9
11
1
1000 19
17
5
7
15
13
3
600
7 135 17 19
1
5
11 15
9 13
7 9
400 3 5
7
5
1 3
200
1
0
0 20 40 60 80 100
Fréquence (MHz)
(a) (b)
Figure III.21 : (a) Coefficient de transmission global (%) et (b) position des 10 premiers maxima
correspondants aux épaisseurs multiples impairs d’un quart d’onde, en fonction de la fréquence f
et de la position radiale r.
119
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
Sur la représentation spectrale (Figure III.22 (c) et (d)) de l’onde relevée à la surface de la lentille,
on observe l’influence des perturbations longitudinales générées par le coefficient de transmission
global. En effet, on distingue nettement les effets additifs et soustractifs de l’onde principale avec
l’écho d’aller-retour aux interfaces de la lentille (Figure III.22 (d)). Ces effets dépendent du profil
épaisseur de la lentille P(r) et de la fréquence f, comme illustré Figure III.21, et viennent modifier
l’allure uniforme du spectre selon la position radiale, déterminé avec un coefficient de transmission
direct (Figure III.22 (c)). Ce résultat permet ainsi de modéliser avec une bonne précision les
variations observées sur les spectres de pression source calculés par éléments finis (Figure III.14).
(a) (b)
(c) (d)
Figure III.22 : (a), (b) Pression (Pa) en fonction du temps t et de la position radiale r et
(c), (d) Spectre de la pression (Pa.s) en fonction de la fréquence f et de la position radiale r
pondéré par (a), (c) le coefficient de transmission direct (III.38), et (b), (d) le coefficient de
transmission global (III.39).
120
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
En effet, l’ordre de grandeur du spectre de pression obtenu avec la fonction de transfert globale
(Figure III.22 (d)) est en bon accord avec celui calculé par le modèle éléments finis (Figure III.14),
mais une approche plus globale du transducteur multi-couches est nécessaire pour parvenir à
modéliser de façon plus juste le spectre de pression obtenu à la surface de la lentille.
Un calcul adéquat de la réponse électro-acoustique d’un transducteur multi-couches équipé d’une
lentille en face avant nécessite cependant l’utilisation d’un modèle global prenant en compte les
réflexions multiples aux interfaces. Pour cela, le modèle KLM (Annexe 3) a été étendu à
l’axisymétrie en décomposant le transducteur en de multiples éléments annulaires avec des
épaisseurs de lentille variables en fonction de la position radiale.
S =π (( r + dr ) 2
)
− r 2 = π ( 2r + dr ) dr (III.42)
De plus, la loi de réfraction de Snell-Descartes est prise en compte à la surface de la lentille. Ainsi,
le formalisme du Chapitre II est repris avec les équations (II.59) et (II.60) pour déterminer l’angle
d’incidence et de transmission à la surface de la lentille en fonction du profil P(r) :
1 P '(r )
cos θ l = et sin θ l = (III.43)
( P '(r ) ) 2 + 1 ( P '(r ) ) 2 + 1
dP( r )
où P '( r ) = est la dérivée du profil P(r) par rapport à la position radiale r.
dr
La loi de réfraction de Snell-Descartes est ensuite intégrée dans l’expression de l’impédance
acoustique de la couche concernée. Ainsi, les impédances acoustiques d’incidence Zl’ et de
transmission Z0 ’ sont modifiées comme étant le rapport de l’impédance acoustique Z et du cosinus
de l’angle cosθ :
Zl Z0
Zl ' = et Z0 ' = (III.44)
cos θ l cosθ 0
121
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
Le cosinus de l’angle de transmission est défini réel pour un angle d’incidence inférieur à l’angle
d’incidence critique θl,c et nul dans le cas contraire :
Si θ l < θ l ,c = Arc sin ( cl / c0 ) ,
Z0
cos θ 0 = 1 − ( c0 sin θ l / cl ) , et Z0 ' =
2
alors
1 − ( c0 sin θ l / cl )
2
Dans le cas où l’angle d’incidence critique θl,c est dépassé, l’impédance du milieu de propagation
Z0 ’ est alors infinie, et la transmission impossible. L’écriture générale développée des angles (III.43)
et des impédances acoustiques modifiées (III.44) d’incidence et de transmission est ensuite détaillée
pour des profils typiques polynomial ou circulaire.
Dans le cas général d’une expression polynomiale d’ordre m de la fonction profil Pm (r), celle-ci et
sa dérivée première P 'm (r) par rapport à la position radiale r s’expriment par :
m
dPm (r ) m
Pm ( r ) = ∑ ak r = ∑ kak r
k −1
P 'm ( r ) =
k
et (III.45)
k =0 dr k =1
L’avantage d’une expression polynomiale de la fonction profil est sa capacité à s’ajuster à toute
forme de profil de lentille. En effet, l’ajustement est d’autant meilleur que le polynôme est d’ordre
m élevé. De plus, sa dérivation par rapport à la position radiale se calcule de façon simple, et les
expressions des angles d’incidence θl et de transmission θ0 qui en découlent (III.43) sont faciles à
déterminer. Les impédances acoustiques modifiées résultantes (III.44) sont alors déduites.
cos θ l = 1 − ( r / Rc ) sin θ l = r / Rc
2
et (III.46)
122
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
La position radiale r et la fonction profil épaisseur de la lentille P(r) permettent donc d’exprimer la
surface active de la contribution annulaire (III.42), ainsi que la loi de réfraction de Snell-Descartes
(III.43) et les impédances acoustiques résultantes modifiées (III.44). Ces différents éléments ont été
intégrés afin de constituer le modèle KLM étendu à l’axisymétrie [16], illustré Figure III.23.
Milieu de z
propagation
Le résultat obtenu (Figure III.24) avec le modèle KLM étendu à l’axisymétrie est comparé à celui
obtenu par éléments finis avec déplacement radial bloqué (Figure III.14 (a) et (c)). Le découpage
radial de r = 0 à a sur 101 points (soit un pas d’échantillonnage ∆r = λ/3) est identique à celui pris
pour les modèles par éléments finis. Les différences observées entre les deux résultats s’expliquent
par un découplage complet (déplacement radial et contrainte radiale nuls) entre les différentes
contributions radiales pour le modèle KLM étendu, tandis que ce découplage imposé pour la
modélisation par éléments finis n’est que partiel (déplacement radial nul). La comparaison de ces
deux résultats permet tout de même de valider ce modèle de substitution à un calcul par éléments
finis avec déplacement radial bloqué. De plus, une comparaison des résultats obtenus avec un calcul
par éléments finis avec déplacement radial libre (Figure III.11 (a) et (c)) et déplacement radial
bloqué (Figure III.14 (a) et (c)) montre des cartographies de pression relativement semblables.
Ce premier résultat obtenu avec le modèle KLM étendu à l’axisymétrie semble donc bien concorder
avec les résultats obtenus avec les modélisations par éléments finis avec déplacement radial libre ou
avec déplacement radial bloqué.
123
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
(a) (b)
Figure III.24 : Pression (Pa) à la surface de la lentille calculée avec le modèle KLM étendu à
l’axisymétrie pour la même configuration que les Figure III.14 et III.22, en fonction de la position
radiale et (a) du temps, (b) de la fréquence.
Cette approche théorique permet donc, moyennant quelques adaptations, de modéliser la fonction
de transfert du multi-couche qu’est le transducteur par une décomposition en anneaux du profil
d’épaisseur de la lentille acoustique. La principale hypothèse d’une telle approche consiste à
considérer chacune des positions radiales comme une ligne de transmission (hypothèse de vibration
exclusivement longitudinale). Ce dernier modèle basé sur le schéma KLM multi-couche étendu à
l’axisymétrie sera celui retenu parmi ceux testés pour prendre en compte la fonction de transfert de
la lentille et son incidence sur les milieux amont et aval.
III Résultats
Les configurations (Figure III.3) et les différents modèles de sources (ATILA et KLM étendu à
l’axisymétrie) décrits dans la partie précédente sont calculés et propagés. Les résultats obtenus pour
différentes impédances acoustiques de lentille sont ensuite comparés : en premier lieu, les champs
de pressions sont comparés dans l’axe du transducteur ; en deuxième lieu, les champs de pressions
sont comparés dans le plan focal ; en troisième lieu, les réponses électro-acoustiques en pression
obtenues au point focal sont caractérisées, analysées et comparées. Enfin, les résultats obtenus avec
le modèle KLM étendu à l’axisymétrie sont comparés à ceux obtenus expérimentalement.
124
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
(a) (b)
125
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
Les résultats obtenus avec des sources différentes sont en première approche très semblables. Afin
de déterminer de façon plus précise l’influence des contributions radiales, et la pertinence du
modèle KLM étendu à l’axisymétrie, il est nécessaire de comparer ces résultats et de les quantifier.
Par la suite, les performances obtenues sont donc comparées dans l’axe, puis dans le plan focal pour
les différents modèles de sources, et ce pour les deux configurations de transducteur choisies
(Figure III.3) et pour différentes valeurs d’impédance acoustique de lentille Zl (Figure III.7).
4 4
x 10 x 10
5 5
4 4
Pression (Pa)
Pression (Pa)
3 3
2 2
1 1
0 0
2 4 6 8 10 12 14 2 4 6 8 10 12 14
Position axiale (mm) Position axiale (mm)
(a) (b)
Figure III.26 : Champ de pression propagé dans l’axe pour les deux configurations de
transducteurs (Figure III.3) avec (a) lentille seule ; (b) lame adaptatrice et lentille, de rayon de
courbure Rc = 2 mm et de vitesse longitudinale cl = 2100 m/s. Les sources ont été modélisées par
ATILA avec déplacement radial libre (vert), ATILA avec déplacement radial bloqué (rouge),
KLM étendu à l’axisymétrie (bleu).
126
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
Les résultats obtenus sont proches, et l’écart relatif maximum observé (10 %) se situe au point
focal. Ces trois modèles permettent d’observer de nouveau l’influence notable de la lame
adaptatrice sur la transmission d’énergie acoustique vers le milieu de propagation : la pression au
point focal y est accrue de 40 % environ pour cette configuration de lentille.
Les caractéristiques du champ de pression propagé dans l’axe sont relevées et quantifiées pour
chacun des modèles, et pour les deux configurations sans et avec lame adaptatrice. Dans le Tableau
III.5, on peut constater qu’hormis la pression obtenue au point focal, les caractéristiques obtenues,
c’est-à-dire la distance focale F et les profondeurs de champ DOF à –3 et –6 dB sont quasiment
identiques. Cette première synthèse de résultats doit également être vérifiée pour d’autres valeurs
d’impédance acoustique de la lentille.
Modèle Lame adaptatrice pmax (kPa) G F (mm) DOF3 (mm) DOF6 (mm)
ATILA avec (a) non 30,8 19,2 6,5 1,60 2,28
ur libre (b) oui 47,2 18,9 6,6 1,58 2,25
ATILA avec ur (a) non 30,8 18,8 6,6 1,50 2,12
bloqué (b) oui 44,2 18,4 6,6 1,46 2,08
KLM étendu à (a) non 33,9 19,7 6,5 1,52 2,13
l’axisymétrie (b) oui 48,2 18,9 6,5 1,49 2,07
pmax : pression au point focal ; G : gain de focalisation ; F : distance focale ; DOF3 : profondeur de
champ à –3 dB ; DOF 6 : profondeur de champ à –6 dB.
Tableau III.5 : Caractérisation du champ de pression dans l’axe pour les configurations de
transducteurs (Figure III.3) avec (a) lentille seule ; (b) lame adaptatrice et lentille, de rayon de
courbure Rc = 2 mm et de vitesse longitudinale cl = 2100 m/s.
127
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
8.5 7
8 6.8
7.5 6.6
F (mm)
F (mm)
7 6.4
6.5 6.2
6 6
3 4 5 6 7 8 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
Zl (MRa) Zl (MRa)
(a) (b)
20
20
19
18
18
G
16
17
14
16
12
15
3 4 5 6 7 8 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
Zl (MRa) Zl (MRa)
(c) (d)
Figure III.27 : (a), (b) Distance focale et (c), (d) gain au point focal, en fonction de l’impédance
acoustique de la lentille pour les configurations de transducteurs (Figure III.3) avec
(a), (c) lentille seule ; (b), (d) lame adaptatrice et lentille, déterminées avec les modèles éléments
finis ATILA avec déplacement radial libre (vert), déplacement radial bloqué (rouge) et
KLM étendu à l’axisymétrie (bleu).
limitée par le rapport Rc /a. Dans le même temps, on observe une très légère diminution du gain de
focalisation G (Figure III.27 (c) et (d)), qui est proportionnel à l’inverse de la distance focale F
(paragraphe 0). Par ailleurs, les modélisations par éléments finis avec ATILA (Figure III.27 (a) et
(c)) n’ont pas donné de résultats convergeants pour les configurations avec un rapport Rc/a faible
(Figure III.28 (b)). En effet, les valeurs des impédances acoustiques de lentille sont respectivement
limitées à Zl < 4,1 MRa pour une modélisation avec déplacement radial libre et à Zl < 7 MRa avec
déplacement radial bloqué. Seule la modélisation avec KLM étendu à l’axisymétrie permet
d’évaluer les résultats obtenus, dont les premières valeurs (Zl < 7 MRa, soit Rc/a > 1,09) sont en
bonne adéquation avec celles obtenues avec la modélisation par éléments finis avec ATILA avec
déplacement radial bloqué.
800 800
700 700
600 600
Position axiale z (µm)
Rc = 1225 µm
500 500
400 400
300 300
Rc = 2560 µm
200 200
100 100
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Position radiale r (µm) Position radiale r (µm)
(a) (b)
Figure III.28 : Profil radial P(r) de la lentille (III.40) en fonction de son impédance acoustique Zl
donnée par la Figure III.7, avec un rapport entre le rayon de courbure Rc et le rayon de la source a
(a) Rc /a = 2,28 pour Zl = 3 MRa, et (b) Rc /a = 1,09 pour Zl = 7 MRa.
Comme l’illustre la Figure III.29 (a) et (c), la profondeur de champ à –3 ou –6 dB suit la même
évolution que la distance focale (Figure III.27). Ce résultat est expliqué par la formule approchée
(A2.10) de la profondeur de champ à –3 dB en émission. Ainsi, pour une longueur d’onde λ et un
rayon de source a donnés, la profondeur de champ DOF évolue avec le carré de la distance focale
F2 . Par ailleurs, les profondeurs de champ obtenues pour les modèles éléments finis avec
déplacement radial libre et bloqué sont relativement en bon accord, avec un écart constant d’environ
10 %. L’écart relatif entre les modèles éléments finis avec déplacement radial bloqué et KLM
étendu à l’axisymétrie est bien plus faible encore.
129
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
4 1.8
1.75
3.5
1.7
3
1.65
DOF 3 (mm)
DOF3 (mm)
2.5 1.6
1.55
2
1.5
1.5
1.45
1 1.4
3 4 5 6 7 8 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
Zl (MRa) Zl (MRa)
(a) (b)
6 2.8
5.5 2.7
5 2.6
DOF 6 (mm)
DOF 6 (mm)
4.5 2.5
4 2.4
3.5 2.3
3 2.2
2.5 2.1
2 2
3 4 5 6 7 8 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
Zl (MRa) Zl (MRa)
(c) (d)
Figure III.29 : Profondeurs de champ à (a), (b) –3 dB, (c), (d) –6 dB du champ de pression dans
l’axe, en fonction de l’impédance acoustique de la lentille pour les configurations de transducteurs
(Figure III.3) avec (a), (c) lentille seule ; (b), (d) lame adaptatrice et lentille, déterminées avec les
modèles éléments finis ATILA avec déplacement radial libre (vert), déplacement radial bloqué
(rouge) et KLM étendu à l’axisymétrie (bleu).
130
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
4 4
x 10 x 10
5 5
4 4
Pression (Pa)
Pression (Pa)
3 3
2 2
1 1
0 0
-500 -250 0 250 500 -500 -250 0 250 500
Position radiale (µm) Position radiale (µm)
(a) (b)
Figure III.30 : Champ de pression calculé dans le plan radial à la distance focale pour les deux
configurations de transducteurs (Figure III.3) avec (a) lentille seule ; (b) lame adaptatrice et
lentille, de rayon de courbure Rc = 2 mm et de vitesse longitudinale cl = 2100 m/s. Les sources ont
été modélisées par ATILA avec déplacement radial libre (vert), ATILA avec déplacement radial
bloqué (rouge), KLM étendu à l’axisymétrie (bleu).
Les caractéristiques du champ de pression relevé dans le plan focal sont quantifiées pour chacun des
modèles et configurations (Figure III.3). La lame adaptatrice (Figure III.30) ne semble pas jouer de
rôle au niveau de la dimension radiale de la tache focale pour un seuil donné. Les résultats
synthétisés dans le Tableau III.6 montrent l’absence d’effet de la lame adaptatrice : les largeurs
obtenues à –3, –6, et –15 dB sont très semblables. Ce n’est qu’à partir de –30 dB que les différences
observées deviennent significatives (> 10 %). Ce premier résultat est appelé à être vérifié sur ceux
obtenus avec d’autres valeurs d’impédance acoustique de lentille.
Encore une fois, on peut constater que les résultats obtenus sont très semblables pour les trois types
de modélisations envisagées : ATILA avec ou sans déplacement radial ou bien KLM étendu à
l’axisymétrie.
131
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
Modèle Lame adaptatrice ∆r3 (µm) ∆r6 (µm) ∆r15 (µm) ∆r30 (µm)
∆r3 , ∆r6 , ∆r15 , ∆r30 : largeur de la tache focale respectivement à –3, –6, –15 et –30 dB.
Tableau III.6 : Caractérisation du champ de pression dans le plan focal pour les configurations de
transducteurs (Figure III.3) avec (a) lentille seule ; (b) lame adaptatrice et lentille, de rayon de
courbure Rc = 2 mm et de vitesse longitudinale cl = 2100 m/s.
115 88
110
86
105
84
100
∆r (µm)
∆r (µm)
95 82
3
90
80
85
78
80
75 76
3 4 5 6 7 8 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
Zl (MRa) Zl (MRa)
(a) (b)
132
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
170 122
160 120
150 118
∆r (µm)
∆r (µm)
140 116
6
6
130 114
120 112
110 110
100 108
3 4 5 6 7 8 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
Zl (MRa) Zl (MRa)
(c) (d)
450 340
320
400
300
350
(µm)
(µm)
280
15
15
∆r
∆r
300
260
250
240
200 220
3 4 5 6 7 8 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
Zl (MRa) Zl (MRa)
(e) (f)
1300 650
1200
1100 600
1000
550
∆r30 (µm)
(µm)
900
30
800
∆r
500
700
600 450
500
400 400
3 4 5 6 7 8 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
Zl (MRa) Zl (MRa)
(g) (h)
Figure III.31 : Largeurs de la tache focale à (a), (b) –3 dB, (c), (d) –6 dB, (e), (f) –15 dB et (g), (h)
–30 dB, en fonction de l’impédance acoustique de la lentille pour les configurations de
transducteurs (Figure III.3) avec (a), (c), (e), (g) lentille seule ; (b), (d), (f) (h) lame adaptatrice et
lentille, déterminées avec les modèles éléments finis ATILA avec déplacement radial libre (vert),
déplacement radial bloqué (rouge) et KLM étendu à l’axisymétrie (bleu).
133
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
4 4
x 10 x 10
3 3
2 2
1 1
Pression (Pa)
Pression (Pa)
0 0
-1 -1
-2 -2
-3 -3
1.25 1.3 1.35 1.4 1.45 1.5 1.55 1.25 1.3 1.35 1.4 1.45 1.5 1.55
Temps (µs) Temps (µs)
(a) (b)
Figure III.32 : Réponses électro-acoustiques en pression obtenues au point focal pour les deux
configurations (Figure III.3) avec (a) lentille seule ; (b) lame adaptatrice et lentille, de rayon de
courbure Rc = 2 mm et de vitesse longitudinale cl = 2100 m/s, déterminées avec les modèles
éléments finis ATILA avec déplacement radial libre (vert), déplacement radial bloqué (rouge) et
KLM étendu à l’axisymétrie (bleu).
134
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
Les caractéristiques sont quantifiées et synthétisées dans le Tableau III.7 en terme de sensibilité et
de durée normalisée. La lame adaptatrice permet effectivement une amélioration d’environ 50 % de
la sensibilité et des durées normalisées à –3 et –6 dB. Au-delà, les contributions calculées par les
deux modèles éléments finis viennent fortement nuancer cette amélioration qui n’excède pas 30 % à
–15 dB. La dégradation de la durée normalisée à –30 dB permet d’affirmer que la précision du
calcul par éléments finis est comprise entre –15 et –30 dB. Par contre, le modèle KLM étendu à
l’axisymétrie fait apparaître une amélioration de l’ordre de 30 % de la durée normalisée à –30 dB.
135
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
2.4 1.7
2.2 1.6
2 1.5
d3 / T0
d3 / T0
1.8 1.4
1.6 1.3
1.4 1.2
3 4 5 6 7 8 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
Zl (MRa) Zl (MRa)
(a) (b)
3.8 3
3.6
2.8
3.4
2.6
3.2
d6 / T 0
d6 / T0
3 2.4
2.8
2.2
2.6
2
2.4
2.2 1.8
3 4 5 6 7 8 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
Zl (MRa) Zl (MRa)
(c) (d)
12 12
11
10
10
9 8
d 15 / T0
d 15 / T0
7 6
6
4
5
4 2
3 4 5 6 7 8 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
Zl (MRa) Zl (MRa)
(e) (f)
Figure III.33 : Durées normalisées par rapport à la période de la réponse électro-acoustique à
(a), (b) –3 dB, (c), (d) –6 dB et (e), (f) –15 dB en fonction de l’impédance acoustique de la lentille
pour les configurations de transducteurs (Figure III.3) avec (a), (c), (e) lentille seule ; (b), (d), (f)
lame adaptatrice et lentille, déterminées avec les modèles éléments finis ATILA avec déplacement
radial libre (vert), déplacement radial bloqué (rouge) et KLM étendu à l’axisymétrie (bleu).
136
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
Concernant la configuration avec lame adaptatrice (Figure III.33 (b), (d), (f)), les modélisations par
éléments finis donnent un optimum pour les durées normalisées à –3 et –6 dB à Zl = 3 MRa avec
déplacement radial bloqué et Zl = 3,5 MRa avec déplacement radial libre. Les durées évaluées à –3
et –6 dB pour les modélisations avec déplacement radial libre sont supérieures de 10 à 15 % à celles
avec déplacement radial bloqué. Quant à la durée à –15 dB, elle est supérieure de 50 % environ. Ces
résultats de modélisation par éléments finis avec déplacement radial libre vont dans le sens logique
d’une dégradation des durées dès lors que les contributions radiales non maîtrisées sont prises en
compte. Pour ce qui est de la modélisation avec KLM étendu à l’axisymétrie, l’optimum se situe à
Zl = 3 MRa pour les durées à –3 et –6 dB et à Zl = 3,7 MRa pour la durée à –15 dB.
Z (MRa) ρ (kg/m3 ) cl (m/s) S (mm2 ) e (µm) f a (MHz) k t (%) ε33,rS δm (%) δ e (%)
36,4 7520 4840 27,1 229 10,5 38,7 205 0,36 0,35
±0,4 − ±40 ±1,7 ±5 ±0,3 ±1,2 ±13 ±0,25 ±0,18
Z: impédance acoustique; ρ: masse volumique; cl : vitesse longitudinale; S: surface; e: épaisseur;
f a : fréquence d’anti-résonance; k t : coefficient de couplage du mode épaisseur; ε 33,rS : permittivité
diélectrique relative à déformation constante; δm : pertes mécaniques; δ e: pertes diélectriques.
137
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
138
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
(a) (b)
Figure III.34 : Transducteurs à base de titanate de plomb focalisés avec une lentille de rayon de
courbure (a) Rc = 6,7 mm pour le transducteur 1 et (b) Rc = 4 mm le transducteur 3.
3 40
35
2
30
Pression (kPa)
1
Pression (kPa)
25
0 20
15
-1
10
-2
5
-3 0
0 0.5 1 1.5 2 0 5 10 15 20
Temps (µs) Fréquence (MHz)
(a) (b)
Figure III.35 : (a) Réponses électro-acoustiques en pression et (b) spectres simulés au point focal
pour le transducteur 3 (Tableau III.9) obtenus avec les modèles ATILA avec déplacement radial
libre (vert) et KLM étendu à l’axisymétrie (bleu).
139
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
Les caractéristiques de focalisation obtenues sont alors comparées pour les deux modèles de source
utilisés (Tableau III.10) et pour les trois transducteurs simulés (Tableau III.9).
Transducteur Méthode G F (mm) DOF3 (mm) ∆r3 (µm) ∆z3 (µm) ∆z15 (µm)
(a) KLM étendu 11,1 15,2 6,30 372 87 250
1
(b) MEF ATILA 10,7 15,1 6,69 385 89 249
(a) KLM étendu 11,1 15,2 6,32 373 88 248
2
(b) MEF ATILA 10,8 15,1 6,64 383 83 316
(a) KLM étendu 10,0 16,3 6,74 399 92 233
3
(b) MEF ATILA 9,8 16,2 7,68 421 97 229
G : gain de focalisation ; F : distance focale ; DOF3 : profondeur de champ à –3 dB ;
∆r3 : résolution radiale ; ∆z3 : résolution axiale ; ∆z15 : contraste axial à –15 dB.
Ces résultats montrent ainsi que la modélisation par éléments finis de tous les modes de vibration
n’est pas nécessaire pour les configurations choisies ici. Le modèle KLM étendu à l’axisymétrie est
donc un outil de modélisation alternatif aux éléments finis satisfaisant, même pour des
configurations fortement incurvées. Ainsi, le rapport Rc/a (paragraphe 0) est traduit en terme de
courbure de la lentille concave, et décrit par l’angle d’ouverture θmax :
a
θ max = Arc sin (III.48)
Rc
Cet angle atteint les valeurs relativement importantes de 26 (échantillons 1 et 2) et 48 degrés
(échantillon 3). Malgré cela, le modèle de type KLM étendu à l’axisymétrie permet de décrire de
façon satisfaisante l’effet produit par la lentille, essentiellement longitudinal.
140
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
1 1.2
Tension reçue normalisée (u.a.)
0 0.6
0.4
-0.5
0.2
-1 0
0 0.5 1 1.5 0 5 10 15 20
Temps (µs) Fréquence (MHz)
(a) (b)
141
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
Echantillon Méthode F (mm) ∆z6 (µm) ∆z30 (µm) ∆f 6,r (%) ∆f 30,r (%)
(a) KLM étendu 15,1 251 653 26 81
1
(b) Expérimentale 15,9 205 566 30 115
(a) KLM étendu 15,1 248 640 26 82
2
(b) Expérimentale 15,9 213 574 28 109
(a) KLM étendu 16,2 219 600 34 83
3
(b) Expérimentale 16,2 197 567 33 110
F : distance focale ; ∆z6 : résolution axiale ; ∆z30 : contraste axial à –30 dB ; ∆f 6,r : bande passante
relative à –6 dB ; ∆f 30,r : bande passante relative à –30 dB.
Les valeurs relevées expérimentalement correspondent bien à celles indiquées par les relations entre
durée et bande passante à –n dB (III.19). Ainsi, pour une excitation gaussienne, une bande passante
relative ∆f 6,r = 26 %, et une fréquence centrale f 0 = 10,5 MHz donnent une résolution axiale de ∆z6
= 242 µm et un contraste axial ∆z30 = 541 µm, ce qui permet d’obtenir une bonne approximation
des valeurs effectivement relevées (bien que sous évaluées de 5 à 15 %). Le rapport entre les
valeurs obtenues pour une gaussienne et celles obtenues expérimentalement donnent une estimation
du facteur de forme de l’excitation, respectivement 95 % à –6 dB et 85 % à –30 dB (le 100 %
correspondant à une gaussienne).
III.6 Perspectives
L’étude réalisée dans cette partie a consisté à optimiser les propriétés acoustiques de la lentille pour
une géométrie donnée. Réciproquement, une autre problématique pourrait être une optimisation de
la géométrie de la lentille en fonction de ses propriétés acoustiques. En effet, l’atténuation dans la
lentille dépendant de la distance parcourue, un compromis reste donc à déterminer en fonction de
l’atténuation et de l’amélioration du compromis sensibilité/bande passante sur tout le profil de la
surface de la lentille (Figure III.21).
L’épaisseur de la lentille au centre el peut être optimisée en fonction de l’atténuation α dans la
lentille et du coefficient de transmission global Tg en terme de compromis entre la sensibilité amp,
la résolution axiale d6 et le contraste axial d30 .
142
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
La procédure d’optimisation consiste à faire varier le paramètre étudié (l’impédance acoustique Zl,
l’atténuation α, l’épaisseur au centre el) par itérations successives, et à calculer l’indice de
performance IP (I.6) comme spécifié par le schéma Figure III.2.
D’autre part, des profils autres que le profil sphérique P(r) peuvent faire l’objet d’une optimisation.
Ainsi, le modèle de transduction KLM étendu à l’axisymétrie permet de prendre en compte un
profil quelconque (sous condition de dérivabilité : en général ajusté par un polynôme), par ailleurs
utilisé pour calculer la fonction de transfert en émission (Chapitre 2). En effet, ce profil P(r) joue le
rôle d’une interface entre le solide et le liquide, modélisés respectivement par KLM étendu à
l’axisymétrie puis par le code de propagation. Il agit donc sur la fonction de transfert lors de la
transduction, mais aussi sur la géométrie de la source propagée.
IV Conclusion
Au cours de ce chapitre, un indice de performance a d’abord été défini en vue de caractériser la
réponse électro-acoustique émise par le transducteur. Cet indice modulable permet de déterminer un
compromis entre sensibilité, résolution et contraste. Il a été étudié dans le cas d’une excitation
gaussienne, pour laquelle les durées et bandes passantes sont corrélées. Les relations et ordres de
grandeur obtenus sont néanmoins ceux relevés sur les réponses électro-acoustiques classiques et
permettent de qualifier la forme de la réponse obtenue.
Ensuite, des configurations typiques de transducteur mono-élément haute fréquence équipé d’une
lentille en face avant ont été décrites, et la lentille a été dimensionnée de façon à donner la distance
focale voulue. Le champ de déplacement ou de pression délivré à la surface du transducteur a alors
été modélisé au moyen d’un logiciel de calcul par éléments finis avec deux conditions aux limites.
Des méthodes de modélisation approchées alternatives sont testées, et un modèle KLM étendu à
l’axisymétrie a été mis en place. Le résultat obtenu avec ce modèle a été comparé de façon très
satisfaisante à celui obtenu avec une modélisation par éléments finis. En effet, seulement une très
légère différence a été observée entre les résultats obtenus avec une modélisation par éléments finis
avec ou sans le déplacement radial. Ce résultat a permis de quantifier les effets des modes radiaux
sur le champ rayonné et sur la réponse électro-acoustique.
Enfin, les sources de pression calculées à la surface de la lentille ont été propagées au moyen
d’outils développés dans le chapitre précédent. Les champs de pression rayonnés par les différents
modèles de source ont été comparés, en particulier dans l’axe, puis dans le plan focal. Les
caractéristiques obtenues ont été décrites en fonction de l’impédance acoustique de la lentille pour
une distance focale donnée. Les réponses électro-acoustiques au point focal ont alors été comparées
143
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
Bibliographie :
1. Desmare R., Optimisation de transducteurs ultrasonores à structure multicouche. Thèse de
doctorat en Acoustique. Université du Maine. Académie de Nantes, 1999.
2. Lucas B.G., Muir T.G., The field of a focusing source. Journal of the Acoustical Society of
America, 1982. 72(4): p. 1289-1296.
3. Thijssen J.M., Verhoef W.A., Cloostermans M.J., Optimisation of ultrasonic transducers.
Ultrasonics, 1985: p. 41-46.
4. Marechal P., Levassort F., Tran-Huu-Hue L.P., Lethiecq M., Electro-acoustic response at
the focal point of a focused transducer as a function of the acoustical properties of the lens.
Proceeding of the 5th World Congress on Ultrasonics, 2003: p. 535-538.
5. Berryman J.G., Long-wavelength propagation in composite elastic media I. Spherical
inclusions. Journal of the Acoustical Society of America, 1980. 68(6): p. 1809-1819.
6. Berryman J.G., Long-wavelength propagation in composite elastic media II. Ellipsoidal
inclusions. Journal of the Acoustical Society of America, 1980. 68(6): p. 1820-1831.
7. Berryman J.G., Single-scattering approximations for coefficients in Biot's equations of
poroelasticity. Journal of the Acoustical Society of America, 1992. 91(2): p. 551-571.
8. Tannaka Y., Koshikawa T., Solid-liquid compound hydroacoustic lens of low aberration.
Journal of the Acoustical Society of America, 1973. 53(2): p. 590-595.
9. Fink K., Computer simulation of pressure fields generated by acoustic lens beamformers.
Master of Science in Electrical Engineering Thesis. University of Washington, 1994: p. 1-
56.
10. Hughes W.J., Craig J.R., The focusing properties of an acoustic thin lens and zone plate.
Applied Research Laboratory. Pennsylvania State University, 1996. TR96(3): p. 1-33.
144
Chapitre III Influence d’une lentille acoustique
11. Cornelius T.A., Williams K.L., Note on the calculation of the spherically aberrated field of
an acoustic lens. Applied Physics Laboratory. University of Washington, 1992. TM92(7): p.
1-39.
12. Kossof G., Analysis of focusing action of spherically curved transducers. Ultrasound in
Medicine and Biology, 1979. 5(4): p. 359-365.
13. Baboux J.C., Brissaud M., Charreaux C., Descombes M., Jayet Y., Laracine M., Louail G.,
Rocher A., Vincent A., Contrôle non destructif par ultrasons. Centre d'Actualisation
Scientifique et Technique, 1987. Niveau II(Tome I).
14. Royer D., Dieulesaint E., Ondes élastiques dans les solides. Tome 1: Propagation libre et
guidée. Masson ed. 1996.
15. Wang H., Cao W., Characterizing ultra-thin matching layers of high-frequency ultrasonic
transducer based on impedance matching principle. IEEE Transactions on Ultrasonics,
Ferroelectrics and Frequency Control, 2004. 51(2): p. 211-215.
16. Marechal P., Levassort F., Tran-Huu-Hue L.P., Félix N., Lethiecq M., Effect of acoustical
properties of a lens on the pulse-echo response of a single element transducer. IEEE
Proceedings of the Ultrasonics Symposium, 2004.
145
Influence d’une lentille acoustique Chapitre III
146
Chapitre IV Développement de films épais
147
Développement de films épais Chapitre IV
I.1.1 Composition
Une série de céramiques à base de PMN-PT est élaborée à partir de la composition générale notée
(1–x)PMN-xPT, en fonction de la fraction molaire x de PT qui a pris successivement pour valeurs
30, 35, 40, 50 et 60 % dans le cadre de notre étude. Ces céramiques combinent deux types de
matériaux : l’un est de type ferroélectrique (PT), l’autre de type relaxeur (PMN). La combinaison de
ces deux types de propriétés permet d’obtenir une constante diélectrique beaucoup plus importante
que celle du PZT classique, tout en conservant des propriétés piézo-électriques comparables voire
supérieures. Chacune de ces compositions a donné lieu à la fabrication d’un ou plusieurs
échantillons mis en forme puis testés.
148
Chapitre IV Développement de films épais
I.1.5 Dégazage
Le mélange récupéré est ensuite placé sous vide pendant quelques minutes afin d’évacuer les gaz
dissous lors des étapes de mélange. De retour à pression ambiante, le mélange est prêt pour le
coulage en bande.
149
Développement de films épais Chapitre IV
I.1.6 Coulage
Le coulage en bande est un procédé utilisé pour la fabrication de films épais (de 50 à 1500 µm) sur
une surface plane [13]. Il faut cependant prendre en compte le retrait observé lors du séchage
(environ 30 %). Cette méthode possède l’avantage d’être simple et facile d’utilisation pour cette
gamme d’épaisseurs. La largeur et l’épaisseur de la bande coulée sont déterminées par la position de
la racle (blade). Un film de polyester revêtu d’une fine couche de silicium est choisi comme surface
pour le coulage de la bande. L’épaisseur de la bande après séchage dépend non seulement de
l’épaisseur fixée par la racle, mais aussi de la vitesse de son passage et de la viscosité du mélange.
Réservoir
Hauteur
Sens du
ajustable
déplacement
I.1.7 Séchage
Une fois la bande coulée sur le film polyester, elle est laissée à température ambiante pendant
environ une heure, puis séchée à 90°C en environnement thermostaté de nouveau pendant une
heure, de façon à faire évaporer les solvants résiduels. Cette procédure de séchage en deux temps
permet d’éviter une évaporation trop brutale des solvants et l’apparition de craquelures sur la bande.
150
Chapitre IV Développement de films épais
à chaud sont : la contrainte appliquée σ (MPa), la température T (°C) et le temps d’application t (s).
Pour la mise en forme de nos échantillons, nous avons appliqué une contrainte de σ = 20 MPa à une
température T = 70°C pendant un temps t = 15 s.
1000 1500
1250°C
1180°C 40 min
800 785°C 40 min
0,5h
1°C/min
Température (°C)
Température (°C)
(a) (b)
Figure IV.2 : Courbes de montée, stagnation et descente en température en fonction du temps pour
(a) la première étape : déliantage (élimination des solvants résiduels et constituants organiques) et
(b) la seconde étape : frittage (formation, croissance et agglomération de grains) au LC-EPFL.
151
Développement de films épais Chapitre IV
La seconde étape de cuisson, le frittage (sintering) permet la croissance des grains et leur
densification (Figure IV.2 (b)). La modification de la température maximale, de la durée du palier,
et l’ajout de poudre d’oxyde de magnésium MgO et/ou de plomb PbO permettent d’obtenir des
tailles de grains et microstructure différentes [15, 16]. Ainsi, pour les compositions avec une
fraction molaire x < 50 % de PT, l’ultime palier se situe à T = 1250°C, et pour x > 50 % de PT, il se
situe à T = 1180°C. Ce cycle de chauffage a donc une durée totale de 33 et 31 heures
respectivement pour les fractions molaires de PT inférieure et supérieure à 50 %. La structure
granulaire obtenue suite aux cycles de cuisson mentionnés est relativement homogène (Figure IV.3
(a)) et permet d’obtenir des tailles de grain de 3 à 4 µm de diamètre en moyenne (Figure IV.3 (b)).
(a) (b)
Figure IV.3 : Structure granulaire à la surface de l’échantillon 0,7PMN-0,3PT grossie (a) 70 fois et
(b) 1400 fois observée au microscope électronique à balayage (LC-EPFL).
I.1.11 Polarisation
Une fois le dépôt des électrodes effectué, le disque est alors polarisé. La polarisation dépend
principalement du champ électrique appliqué E (V/mm), de la température T (°C) et du temps
d’application du champ t (s). Plusieurs essais on montré qu’un champ électrique E = 1 kV/mm,
appliqué à température ambiante pendant 5 minutes permet d’obtenir une polarisation optimale.
152
Chapitre IV Développement de films épais
I.2 Caractérisation
Les échantillons fabriqués par le procédé décrit précédemment sont alors caractérisés et comparés
en fonction des fractions molaires de PT et du nombre d’épaisseurs empilées pour la formation des
disques finaux. Après une mesure préliminaire des caractéristiques géométriques des échantillons,
les propriétés diélectriques et acoustiques des échantillons sont déduites des mesures effectuées et
présentées ci-après. La permittivité diélectrique relative à contrainte constante ε 33,rT est évaluée en
fonction de la température afin de déterminer la température de Curie Tc. Au-delà de cette
température critique, la polarisation n’est plus effective et le matériau perd ses propriétés piézo-
électriques. Les propriétés acoustiques sont ensuite déduites des mesures d’impédance électrique et
ajustées à partir des caractéristiques géométriques de l’échantillon.
ε33,rT
4.104 90/10
3.104 70/30
65/35
2.104
40/60
1.104
T (°C)
0 25
50 100 200 300
40°C Tt 130°C 165°C 285°C
Figure IV.4 : Evolution de la constante diélectrique relative à contrainte constante ε33,rT en fonction
de la température et de la composition du PMN-PT. La température à laquelle la constante
diélectrique est maximale est nommée la température de Curie Tc (excepté la composition 90/10),
et celle à laquelle on distingue une double inflexion est la température de transition de phase Tt.
153
Développement de films épais Chapitre IV
La caractérisation des échantillons sera donc limitée aux compositions PMN-PT 70/30, 65/35, et
40/60. Par ailleurs, pour la composition 0,7PMN-0,3PT (70/30) on observe une double inflexion de
la courbe à la température Tt. Elle correspond à la transition de phase rhomboédrique vers la phase
tétraédrique (Annexe 6). On peut constater que la température de Curie Tc croit avec la fraction
molaire de PT relativement à celle de PMN tandis que la constante diélectrique relative ε 33,rT décroît
comme l’ont montré Alguero et al. [17] de l’Institut des Sciences et Matériaux de Madrid (ICMM).
Pour une composition donnée, une loi empirique d’évolution de la constante diélectrique relative
ε33,rS peut être ajustée en fonction de la température T et de la fréquence f [10, 18].
xPT e S ρ fa δm δe
Couches ε33,rS cl (m/s) k t (%)
(%) (µm) (mm2 ) (kg/m3 ) (MHz) (%) (%)
60 4 360 47,6 570 6360 5050 31,0 7,00 2,7 1,6
35 4 390 52,0 1660 7200 4580 45,8 5,88 3,5 4,1
35 6 380 28,2 1750 6920 4715 42,5 6,29 9,0 4,3
30 4 430 47,3 1830 7000 4660 32,1 5,44 3,5 10,8
30 6 455 51,1 1200 7700 4440 40,3 4,85 3,2 5,4
30 8 695 31,7 1400 7530 4485 36,0 3,23 2,5 6,2
e : épaisseur totale; S : surface; ε 33,rS : constante diélectrique relative à déformation constante;
ρ : masse volumique ; cl : vitesse longitudinale; k t : coefficient de couplage en mode épaisseur;
f a : fréquence d’anti-résonance; δ m : pertes mécaniques; δ e: pertes diélectriques.
Les mesures effectuées sur les échantillons montrent nettement que la composition PMN-PT 65/35
donne les meilleures performances en terme de coefficient de couplage en épaisseur k t. Ce résultat
est en accord avec les travaux de Kelly et al. [19, 20] qui ont réalisé un dépôt par la méthode sol-
gel. Les autres caractéristiques telles que la constante diélectrique ε 33,rS , la vitesse longitudinale cl et
154
Chapitre IV Développement de films épais
la masse volumique ρ varient légèrement selon le nombre de couches empilées. Les caractéristiques
obtenues sont comparables à celles obtenues par frittage. Ainsi, la composition 65/35 délivre un
coefficient de couplage en épaisseur maximal k t = 44 %. Ses propriétés moyennes relevées sont
ε33,rS = 1700, cl = 4650 m/s et ρ = 7000 kg/m3 . Pour les trois échantillons PMN-PT 70/30 avec 4, 6
ou 8 couches, on observe une grande variation de la permittivité (Figure IV.5). Elle est plus faible
pour 6 et 8 couches malgré une masse volumique plus élevée ; la porosité n’est donc pas la cause
principale de cette variation. La qualité des électrodes et/ou la variation d’épaisseur des échantillons
qui ne sont pas prises en compte sont très probablement en cause pour ces résultats. Pour les deux
échantillons PMN-PT 65/35 (4 et 6 couches, Figure IV.5), les résultats sont comparables et le
procédé semble donc reproductible.
Enfin, en comparant les trois échantillons à 4 couches pour les trois compositions (Figure IV.5), on
vérifie bien que la constante diélectrique augmente lorsque le taux de titanate de plomb diminue.
50 2000
48 4 1800
6
4
46 4 1600
44 8 1400
6
42 6 1200
k (%)
6
εs33,r
40 1000
t
38 800
36 8 4 600
34 400
32 4 200
4
30 0
25 30 35 40 45 50 55 60 65
Taux de titanate de plomb (%)
155
Développement de films épais Chapitre IV
Mélange
156
Chapitre IV Développement de films épais
Le point délicat d’une telle fabrication réside dans les étapes de déliantage et frittage qui nécessitent
une montée en température à plus de 800°C, favorisant dans le même temps des phénomènes de
diffusion indésirables de l’électrode vers les couches contiguës.
La Figure IV.7 précise la structure multicouche obtenue et l’ordre de grandeur des différentes
épaisseurs de chacun des éléments. Les caractéristiques et le choix des compositions des trois
premières couches essentielles (le film épais piézo-électrique, l’électrode arrière et le substrat)
seront successivement décrites dans les paragraphes suivants. On verra également que l’ajout d’une
couche protectrice intermédiaire entre le substrat et l’électrode arrière sera nécessaire pour
améliorer les propriétés recherchées.
Substrat (1 à 10 mm)
157
Développement de films épais Chapitre IV
Tableau IV.3 : Essais de structures (substrats / électrode / film), température et temps de frittage.
158
Chapitre IV Développement de films épais
II.1.3 Substrat
Le substrat doit, par sa fonction de support, rester neutre lors de l’étape de frittage, et doit aussi
servir de milieu arrière au futur transducteur intégré. L’objectif du substrat qui sert de milieu arrière
est donc aussi d’absorber l’énergie qu’il reçoit (paragraphe A3.2.1.1, Annexe 3,). Différents
substrats dont les propriétés acoustiques sont plus ou moins en adéquation avec celles du film
déposé sont testés (Tableau IV.3). Le dépôt sur un substrat en silicium/silice Si/SiO 2 (ZSi = 10,3
MRa et ZSiO2 = 7,6 MRa) ou en alumine Al2 O3 (ZAl2 O3 = 41 MRa) [24] permet aussi d’obtenir des
conditions de frittage intéressantes, mais ne seront pas étudiées dans cette partie. On s’intéresse ici
au substrat PZT (ZPZT = 34 MRa) dont les propriétés acoustiques sont quasiment identiques à celles
du film déposé. Pour une utilisation comme milieu arrière, on cherche à en diminuer l’impédance
acoustique Z (par rapport au film épais) et augmenter les pertes δ m . Les propriétés du substrat en
terme de masse volumique ρ et d’atténuation α ont alors été modifiées en accord avec celles du film
épais en PZT/PGO. Ainsi, un substrat PZT poreux (Figure IV.8 (a)) a été élaboré à partir d’un
mélange PZT broyé avec des adjuvants organiques formateurs de pores tels que le polyéthylène
glycol (PEG), le saccharose (C 12 H22O11 ) ou l’oxalate d’ammonium ((NH4 )2 C2 O4 ).
100
15 %
20 %
Densité relative (%)
95
PZT / PGO
90
Au
85
PZT poreux
80
75
Oxalate PEG Saccharose
d’ammonium
(a) (b)
Figure IV.8 : (a) Couche active de PZT dopé au PGO sur substrat PZT poreux [25] et (b) influence
des formateurs de pores et de leur taux sur la densité du substrat [26, 27].
Pour tester ces différents adjuvants organiques, des poudres avec différentes fractions volumiques
(15 et 20 % en volume) de formateurs de pores ont été mélangées à la poudre de PZT, pressées pour
la mise en forme puis frittées pour la densification pendant 2 heures à 1200°C. Les valeurs des
densités relatives (rapport entre la masse volumique du PZT poreux et du PZT dense) sont précisées
sur la Figure IV.8 (b).
159
Développement de films épais Chapitre IV
20 µm 20 µm 20 µm
Figure IV.9 : Microstructure des milieux arrières en PZT poreux dont les porosités ont été formées
avec (a) de l’oxalate d’ammonium, (b) du polyéthylène glycol et (c) du saccharose [26].
Les taux de porosité des substrats réalisés ont été évalués à partir de la microstructure (Figure IV.9)
et à partir de la densité (Tableau IV.4). Malgré la dispersion des résultats donnés par les deux
méthodes d’évaluation de porosité, on peut conclure que l’adjuvant le plus adapté pour la formation
de pores dans le substrat est l’oxalate d’ammonium. Il donne respectivement un taux de porosité de
11,9 et 14,7 % pour 15 % de fraction volumique initiale.
Tableau IV.4 : Taux de porosité évalués par analyse de la microstructure et par mesure de la
densité [26].
160
Chapitre IV Développement de films épais
4000
3000
2500
2000
0 10 20 30 40 50 60 70
Fraction volumique d'air dans le PZT non polarisé (%)
(a) (b)
Figure IV.10 : (a) Vue en coupe du substrat en PZT poreux élaboré à partir de poudre de PZT et
d’oxalate d’ammonium avec un frittage à 1200°C pendant 2 h [26] ; (b) Modélisation de la vitesse
longitudinale dans un substrat de PZT non polarisé poreux en fonction de la fraction volumique
d’air pour une connectivité 3–0.
Les propriétés du substrat poreux sont déterminées avec des modèles d’homogénéisation [28] pour
un matériau composite PZT/air de connectivité 3-0 (pores fermés visibles sur la Figure IV.10 (a)).
Pour cela, on évalue le taux de porosité sur plusieurs échantillons (Figure IV.10 (b)) à 14 % en
moyenne et on en déduit une masse volumique ρ = 6660 kg/m3 . A partir de la vitesse longitudinale
cl = 2730 m/s, on en déduit une impédance acoustique effective ZPZT poreux = 18,2 MRa.
Les caractéristiques homogénéisées du substrat sont celles utilisées pour les caractérisations par
impédancemétrie du film déposé sur ce substrat. Ce type de substrat poreux élaboré à partir de
poudre de PZT et d’oxalate d’ammonium est prometteur pour la réalisation d’un milieu arrière pour
le futur transducteur. Afin de pallier au problème de la diffusion rencontré lors de la sérigraphie de
l’électrode, la mise en place d’une couche de protection (barrier layer) entre le milieu arrière et
l’électrode arrière est envisagée.
161
Développement de films épais Chapitre IV
Figure IV.11 : Structure multi-couche élaborée par sérigraphie sur un substrat poreux avec une
couche de protection pour éviter la diffusion de l’électrode arrière.
La dernière étape est la polarisation des films épais. Pour les films de composition PZT/PGO, elle a
été réalisée dans un bain d’huile chauffé à 150°C avec un champ électrique de 12kV/mm (ce qui
correspond à une différence de potentiel d’environ 500 V pour nos films).
162
Chapitre IV Développement de films épais
mais possède une atténuation trop faible et une vitesse trop élevée pour permettre de réaliser un
milieu arrière aux caractéristiques optimales. Par contre, un substrat à base de PZT possède une
vitesse longitudinale plus faible et une atténuation pouvant être accrue par l’augmentation du taux
de porosité, source de diffusion et donc d’atténuation. Les structures réalisées sur les bases de tels
substrats ont été caractérisées et les performances obtenues comparées (Tableau IV.5).
163
Développement de films épais Chapitre IV
164
Chapitre IV Développement de films épais
(a) (b)
Figure IV.12 : Structure fabriquée par sérigraphie finalisé vu (a) en coupe et (b) de dessus.
A partir des propriétés homogénéisées du substrat en PZT poreux, de celle des électrodes en or et de
la connaissance précise des épaisseurs de chacune des couches, l’ajustement d’une mesure
d’impédance permet de déduire les propriétés acoustiques du film piézo-électrique seul.
165
Développement de films épais Chapitre IV
1 mm
Figure IV.13 : Disque de PMN-PT 65/35 pour les applications haute fréquence.
20 0
Re(Z) (Ω )
Im(Z) (Ω )
15 -5
10 -10
5 -15
15 20 25 30 35 15 20 25 30 35
Fréquence(MHz) Fréquence(MHz)
0.25 0.2
0.2 0.15
Re(Y) (S)
Im(Y) (S)
0.15 0.1
0.1 0.05
0
0.05
-0.05
15 20 25 30 35 15 20 25 30 35
Fréquence(MHz) Fréquence(MHz)
Figure IV.14 : Courbes d’impédance mesurées (trait plein bleu) et ajustées (trait pointillés rouges)
de l’échantillon à base de PMN-PT 65/35.
166
Chapitre IV Développement de films épais
Electrode arrière en or
(a) (b)
Figure IV.15 : (a) Face supérieure et (b) coupe de la structure multicouche à base de PZT-PGO.
Par ailleurs, ses propriétés électro-acoustiques sont caractérisées par un coefficient de couplage en
mode épaisseur k t = 44,0 %, une permittivité diélectrique relative à déformation constante ε 33,rS =
425, et des pertes diélectriques δ e = 0,05 % et mécaniques δ m = 9,9 %.
167
Développement de films épais Chapitre IV
20 0
-100
15
Re(Z) (Ω )
Im(Z) (Ω )
-200
10
-300
5
-400
0 -500
0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100
Fréquence(MHz) Fréquence(MHz)
0.04 0.15
0.03
0.1
Re(Y) (S)
Im(Y) (S)
0.02
0.05
0.01
0 0
0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100
Fréquence(MHz) Fréquence(MHz)
Figure IV.16 : Courbes d’impédance mesurées (trait plein bleu) et ajustées (trait pointillés rouges)
de l’échantillon à base de PZT-PGO.
Ainsi, les propriétés géométriques et acoustiques des différentes couches que constituent le substrat
en PZT poreux, la couche de protection et les électrodes arrière et avant en or sont synthétisées dans
le Tableau IV.6 qui suit :
Tableau IV.6 : Caractéristiques acoustiques ajustées sur les courbes d’impédance du multicouche
décrit dans la Figure IV.12 fabriqué par sérigraphie.
168
Chapitre IV Développement de films épais
Ici, l’impédance acoustique du film piézo-électrique reste inférieure à celle de l’électrode arrière et
du substrat poreux. La porosité (fraction volumique) dans le film piézo-électrique a été estimée à
30%. Ceci implique que le film résonne à une fréquence correspondant à un quart de longueur
d’onde et non une demi-longueur d’onde (comme un disque en résonateur libre). Ainsi, malgré une
épaisseur faible du film piézo-électrique, la résonance de la structure est autour de 20 MHz. Par
contre, le coefficient de couplage en mode épaisseur est de 44%, ce qui est comparable aux valeurs
de céramiques massives. Les résultats complets sont synthétisés dans le paragraphe III.1.5.
ε 33,
S
∞ − ε 33,0
S
ε 33S = ε 33S∞ − (IV.1)
1 + ( jωτ )
(1−α )
où ε 33,∞S et ε33,0S sont respectivement les permittivités diélectriques à déformation constante lorsque
la pulsation ω tend vers l’infini et vers 0, τ est le temps de relaxation et α est lié à la largeur de la
distribution (0 < α < 1). Pour α = 0, on retrouve une relaxation de type Debye simple, et pour α = 1,
on retrouve l’hypothèse classique où la constante diélectrique à déformation constante ε 33S n’est
plus fonction de la fréquence.
Les valeurs obtenues avec une modélisation sans loi de relaxation permettent cependant d’obtenir
une assez bonne approximation des propriétés du film PVDF, hormis pour les pertes diélectriques δ e
(Figure IV.17). Ainsi, l’échantillon caractérisé possède une épaisseur de ep = 28 µm et une surface
active A = 9,6 mm2 , ce qui correspond à un diamètre actif D = 3,5 mm. Les caractéristiques électro-
acoustiques sont les suivantes : une impédance acoustique Zp = 3,9 MRa, une vitesse longitudinale
cl = 2440 m/s, un coefficient de couplage en mode épaisseur k t = 17,5 %, une permittivité
169
Développement de films épais Chapitre IV
110
-160
100
Re(Z) (Ω )
-170
Im(Z) (Ω )
90
-180
80
-190
70
-200
35 40 45 50 35 40 45 50
-3
Fréquence(MHz) -3
Fréquence(MHz)
x 10 x 10
3
5
2.5
Re(Y) (S)
Im(Y) (S)
4.5
2
1.5
4
35 40 45 50 35 40 45 50
Fréquence(MHz) Fréquence(MHz)
Figure IV.17 : Courbes d’impédance mesurées (trait plein bleu) et ajustées (trait pointillés rouges)
du film PVDF.
170
Chapitre IV Développement de films épais
1 mm
Une nouvelle fois, c’est un disque en résonance libre qui a été caractérisé par impédancemétrie
(Figure IV.19). Le coefficient de couplage en mode épaisseur est un peu inférieur (k t = 37%) à celui
d’une céramique massive plus épaisse. Ceci pourrait s’expliquer par une dépolarisation partielle de
l’échantillon lors de son usinage. Toutes les caractéristiques sont résumées dans le Tableau IV.7.
600 200
500
Re(Z) (Ω )
Im(Z) (Ω )
400 0
300
200 -200
100
-400
17 18 19 20 21 22 17 18 19 20 21 22
Fréquence (MHz) Fréquence (MHz)
0.8 0.4
0.2
Re(Y) (S)
Im(Y) (S)
0.6
0
0.4
-0.2
0.2 -0.4
-0.6
17 18 19 20 21 22 17 18 19 20 21 22
Fréquence (MHz) Fréquence (MHz)
Figure IV.19 : Courbes d’impédance mesurées (trait plein bleu) et ajustées (trait pointillés rouges)
de la céramique PT.
171
Développement de films épais Chapitre IV
e cl fa f struct δe δm Z
Matériau Procédé Substrat ε33,rS k t (%)
(µm) (m/s) (MHz) (MHz) (%) (%) (MRa)
PMN-PT Coulage en – 75 3890 25,9 25,9 730 42,7 4,7 6,6 34,7
bande
PZT/PGO Sérigraphie PZT 36,3 2880 40,0 24,7 425 44,0 0,05 9,9 15,6
Tableau IV.7 : Synthèse des propriétés caractéristiques des échantillons retenus pour la fabrication
de transducteurs haute fréquence.
172
Chapitre IV Développement de films épais
IV Conclusion
Pour la structure obtenue par sérigraphie PZT/PGO, la fréquence d’anti-résonance f struct est bien
plus basse que la fréquence d’anti-résonance du film épais piézo-électrique seul f a . Ceci s’explique
par le fait que les impédances acoustiques de l’électrode et du milieu arrière sont supérieures à
celles du film. Pour le disque en titanate de plomb PT, on observe une légère différence entre f struct
et f a car des électrodes de 1 µm d’épaisseur ont été prises en compte.
Les techniques de mise en œuvre telles que le coulage en bande et la sérigraphie ont été décrites,
puis les caractéristiques acoustiques des structures réalisées ont été évaluées par impédancemétrie.
Enfin, elles ont été comparées et les points forts de chacun des matériaux mis en œuvre ont été
discutés. Il reste maintenant à évaluer les performances des transducteurs réalisés en terme de
réponse électro-acoustique dans le chapitre suivant.
Bibliographie :
1. Jantunen H., Hu T., Uusimäki A., Leppävuori S., Tape casting of ferroelectric, dielectric,
piezoelectric and ferromagnetic materials. Journal of the European Ceramic Society, 2004.
24: p. 1077-1081.
2. Seveyrat L., Elaboration et caractérisation de films épais piézoélectriques sérigraphiés sur
alumine, silicium, aciers inoxydables et vitrocéramiques. Thèse de doctorat en Electronique,
Electrotechnique, Automatique. Université Claude Bernard Lyon 1. Académie de Lyon,
2002.
3. Bove T., Wolny W., Ringgaard E., Pedersen A., New piezoceramic PZT-PNN material for
medical diagnostics applications. Journal of the European Ceramic Society, 2001. 21: p.
1469-1472.
4. Yamashita Y., Ichinose N., Can relaxor piezoelectric materials outperform PZT ? (Review).
IEEE Proceedings of the Ultrasonics Symposium, 1996: p. 71-78.
5. Yamashita Y., Hosono Y., Harada K., Yasuda N., Present and future of piezoelectric single
crystals and importance of B-site cations for high piezoelectric responses. IEEE
Transactions on Ultrasonics Ferroelectrics and Frequency Control, 2002. 49(2): p. 184-192.
6. Noheda B., Cox D.E., Shirane G., Gao J., Ye Z.G., Phase diagram of the ferroelectric-
relaxor (1-x)PbMg1/3Nb2/3O3-xPbTiO3. Physical Review B, 2002. 66(5): p. 1-10.
7. Gehring P.M., Chen W., Ye Z.G., Shirane G., A universal phase diagram of PMN-xPT and
PZN-xPT. submitted to Physical Review B, 2003: p. 1-10.
173
Développement de films épais Chapitre IV
8. Xu G., Viehland D., Li J.F., Gehring P.M., Shirane G., Evidence of decoupled lattice
distorsion and ferroelectric polarization in the relaxor system PMN-xPT. Physical Review
B, 2003. 68(21): p. 1-4.
9. Araujo E.B., Guarany C.A., Yukimitu K., Moraes J.C.S., Hernandes A.C., Coexistence of
monoclinic and tetragonal phases in PMN-PT single crystal. submitted to Physical Review
B, 2004: p. 1-19.
10. Laha A., Krupanidhi S.B., Dielectric response and impedance spectroscopy of
0,7P(Mg1/3Nb2/3)O3-0,3PbTiO3 thin films. Materials Science and Engineering, 2003. 98:
p. 204-212.
11. Kong L.B., Ma J., Zhu W., Tan O.K., Rapid formation of lead magnesium niobate-based
ferroelectric ceramics via a high-energy ball milling process. Materials Research Bulletin,
2001. 37: p. 459-465.
12. Kong L.B., Ma J., Zhu W., Tan O.K., Preparation of PMN–PT ceramics via a high-energy
ball milling process. Journal of Alloys and Compounds, 2002. 236: p. 242-246.
13. Salam L.A., Matthews R.D., Robertson H., Optimisation of thermoelectric green tape
characteristics made by the tape casting method. Materials Chemistry and Physics, 2000.
62: p. 263-272.
14. Gentil S., Marechal P., Levassort F., Lethiecq M., Damjanovic D., Setter N., Relaxor-
ferroelectric curved disks prepared by tape casting for medical imaging applications.
Processing of electroceramics of the POLECER Symposium, 2003: p. 62.
15. Guha J.P., Hong D.J., Anderson H.U., Effect of excess PbO on the sintering characteristics
and dielectric properties of Pb(Mg1/3Nb2/3)O3-PbTiO3 based ceramics. Journal of the
American Ceramic Society, 1988. 71(3): p. 152-154.
16. Guha J.P., Effect of compositional modifications on microstructure development and
dielectric properties of Pb(Mg1/3Nb2/3)O3-PbTiO3 solid solutions. Journal of the European
Ceramic Society, 2003. 23: p. 133-139.
17. Alguero M., Alemany C., Jiménez B., Holc J., Kosec M., Pardo L., Piezoelectric PMN-PT
ceramics from mechanochemically activated precursors. Journal of the European Ceramic
Society, 2004. 24: p. 937-940.
18. Kumar P., Sharma S., Thakur O.P., Prakash C., Goel T.C., Dielectric, piezoelectric and
pyroelectric properties of PMN-PT (68:32) system. Ceramics International, 2004. 30: p.
585-589.
174
Chapitre IV Développement de films épais
19. Kelly J., Farrey G., Safari A., A comparison of the properties of (1-x)PMN-xPT ceramics
near the morphotropic phase boundary prepared by sol-gel and columbite precursor
methods. IEEE Ferroelectrics Symposium, 1996: p. 699-702.
20. Kelly J., Leonnard M., Tantigate C., Safari A., Effect of composition on the
electromechanical properties of (1-x)P(Mg1/3Nb2/3)O3-xPbTiO3 ceramics. Journal of the
American Ceramic Society, 1997: p. 1469-1472.
21. Levassort F., Tran-Huu-Hue L.P., Holc J., Bove T., Kosec M., Lethiecq M., High
performance piezoceramic films on substrates for high frequency imaging. IEEE
Proceedings of the Ultrasonics Symposium, 2001.
22. Levassort F., Tran-Huu-Hue L.P., Lethiecq M., Bove T., Wolny W., New piezoceramic films
for high resolution medical imaging applications. IEEE Proceedings of the Ultrasonics
Symposium, 2000.
23. Hayashi T., Inoue T., Akiyama Y., Low temperature sintering of PZT powders coated with
Pb5Ge3O11 by sol–Gel method. Journal of the European Ceramic Society, 1999. 19: p. 999-
1002.
24. Tran-Huu-Hue P., Levassort F., Vander Meulen F., Holc J., Kosec M., Lethiecq M.,
Preparation and electromechanical properties of PZT/PGO thick films on alumina
substrate. Journal of the European Ceramic Society, 2001. 21: p. 1445-1449.
25. Kosec M., Holc J., Levassort F., Tran-Huu-Hue P., Lethiecq M., Screen-printed
Pb(Zr,Ti)O3 thick films for ultrasonic medical imaging applications. International
Symposium on Microelectronics, 2001: p. 195-200.
26. Holc J., Antic T., Kosec M., Preparation of porous PZT ceramics. Processing of
electroceramics of the POLECER Symposium, 2003: p. 67.
27. Holc J., Levassort F., Marechal P., Tran-Huu-Hue L.P., Kosec M., Screen printed PZT thick
film on porous PZT substrate. Processing of electroceramics of the POLECER Symposium,
2003: p. 67.
28. Levassort F., Lethiecq M., Desmare R., Tran-Huu-Hue L.P., Effective electroelastic moduli
of 3-3(0-3) piezocomposites. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and
Frequency Control, 1999. 46(4): p. 1028-1034.
29. Levassort F., Modélisation, réalisation et caractérisation de composites piézoélectriques de
connectivité 0-3 pour la transduction ultrasosnore. Thèse de doctorat en Science de la Vie et
de la Santé. Université François Rabelais. Académie d’Orléans-Tours, 1996.
175
Développement de films épais Chapitre IV
176
Chapitre V Réalisation de transducteurs haute fréquence
177
Réalisation de transducteurs haute fréquence Chapitre V
I.1.2 Substrat
Le substrat en résine époxy, dont les propriétés acoustiques sont connues, est fabriqué avec un
diamètre de 12 mm et une longueur de 20 mm. Les propriétés acoustiques du substrat ont été
déterminées au préalable. Ainsi, la vitesse longitudinale a été déterminée à partir de la mesure du
temps de vol dans le milieu de propagation de référence (l’eau) et dans le milieu à caractériser (le
substrat en résine époxy). La mesure d’atténuation effectuée de 3 à 23 MHz montre qu’elle évolue
quasi linéairement. Le même comportement est extrapolé jusqu’à 35 MHz. Ces propriétés
acoustiques sont données dans le Tableau V.1 suivant :
Une fine couche d’or d’environ 200 nm a été déposée par vaporisation sur la face supérieure du
substrat. Le film PZT a ensuite été collé et pressé en utilisant la même résine époxy que pour la
fabrication du substrat.
178
Chapitre V Réalisation de transducteurs haute fréquence
Film PZT
Substrat en
résine époxy
5 mm
(a) (b)
Figure V.1 : Structure multicouche avec une lame adaptatrice en parylène (a) schématisé en coupe
et (b) photographié en vue de face.
Afin de déterminer les épaisseurs effectives, une coupe a été réalisée sur l’un des échantillons et des
mesures précises ont alors pu être effectuées au microscope électronique à balayage (Figure V.2).
On peut y distinguer nettement les trois principaux éléments : le substrat, le film en PZT et la lame
en parylène. Par ailleurs, on observe aussi les électrodes avant et arrière en platine, la couche
adhésive en résine époxy, et l’électrode déposée sur le substrat. Ainsi, l’épaisseur très irrégulière de
la couche adhésive a été mesurée en moyenne à 7 µm, avec localement des épaisseurs nulles
permettant la réalisation du contact électrique entre l’électrode en platine de la face arrière du film
PZT et celle en face avant du substrat en or.
179
Réalisation de transducteurs haute fréquence Chapitre V
Electrodes en platine
Couche adhésive
en résine époxy
Lame adaptatrice
en parylene Electrode vaporisée
en or
Substrat en
Film épais en PZT résine époxy
Figure V.2 : Vue en coupe au microscope électronique à balayage de l’un des échantillons
fabriqués.
(a) (b)
Figure V.3 : Parties (a) réelle et (b) imaginaire des courbes d’impédance expérimentale (trait
pointillés rouges) et théorique (trait plein bleu) d’un disque en PZT en résonateur libre, puis sur
substrat en résine époxy.
180
Chapitre V Réalisation de transducteurs haute fréquence
Les caractéristiques du substrat en résine époxy et du film piézo-électrique en PZT ayant été
ajustées de façon satisfaisante, les résultats d’ajustement sont regroupés pour cinq échantillons dans
le Tableau V.2.
I.3 Résultats
Les vitesses longitudinales de couches de parylène sont évaluées sur cinq échantillons multicouches
intégrant les cinq disques de PZT caractérisés (Tableau V.2), avec différentes épaisseurs déposées
de 10, 20 et 30 µm. Une fois effectuées les mesures d’impédance, les couches de parylène déposées
sont volontairement décollées et leur épaisseur est mesurée plus précisément avec un micromètre.
Les mesures et marges d’erreur sur les épaisseurs déposées sont résumées dans le Tableau V.3 :
181
Réalisation de transducteurs haute fréquence Chapitre V
Les vitesses longitudinales cl déduites à partir des épaisseurs de parylène eav1 déposées puis
mesurées (Tableau V.3) sont illustrées par la Figure V.4 suivante :
(a) (b)
(c) (d)
(e) (f)
Figure V.4 : Parties (a), (c), (e) réelle et (b), (d), (f) imaginaire de l’impédance expérimentale (trait
pointillés rouges) et théorique (trait plein bleu) d’un multicouche constitué d’un substrat, d’un
disque en PZT (Pz29), avec en face avant un dépôt de parylène d’épaisseur minimale
(a), (b) 12 µm ; (c), (d) 20 µm ; (e), (f) 29 µm.
182
Chapitre V Réalisation de transducteurs haute fréquence
En résumé, les caractéristiques moyennes du dépôt de parylène sont données par une vitesse
longitudinale cl = 2135 ± 85 m/s, une masse volumique ρ = 1289 kg/m3 , soit une impédance
acoustique Z=2,75 ± 0,1 MRa. L’atténuation a été évaluée avec une incertitude relativement
importante : α l = 0,56 ± 0,25 dB/mm/MHz [4]. Les valeurs obtenues pour la vitesse longitudinale cl
sont cohérentes avec celles de la littérature [1, 2] et celles délivrées par les fabricants (Comelec [5],
et Onda Corporation [6]).
Les propriétés acoustiques du parylène sont compatibles avec les exigences des applications en
imagerie médicale. L’épaisseur du dépôt pouvant être contrôlée avec une précision de l’ordre du
micromètre (Tableau V.3), ce matériau est particulièrement bien adapté aux dispositifs haute
fréquence.
183
Réalisation de transducteurs haute fréquence Chapitre V
Les céramiques de PMN-PT et de PT possèdent une impédance acoustique relativement élevée avec
respectivement pour valeurs Z = 34,7 et 37,5 MRa. Afin de conserver une bonne résolution axiale,
un milieu arrière est choisi avec une impédance acoustique plus élevée que celle utilisée pour le
film PVDF. De plus, pour répondre aux contraintes de fabrication, un milieu arrière conducteur est
recherché. Il est réalisé à partir d’une résine époxy chargée de poudre d’argent, permettant dans le
même temps d’obtenir une conduction électrique et d’augmenter son impédance acoustique, pour
atteindre Z = 6,5 MRa.
Enfin, la structure à base de PZT/PGO possède déjà un milieu arrière (qui a servi de substrat) en
PZT poreux, avec une impédance acoustique Z = 18 MRa.
II.2 Lentille
Une lentille acoustique a été ajoutée en face avant afin d’obtenir des performances accrues pour
l’imagerie. Les propriétés de la résine de polyuréthanne (UR 3430 de Axson) utilisée ont été
déterminées par mesure du temps de vol à deux fréquences différentes.
Cette méthode de caractérisation consiste à évaluer le temps de vol sur des échantillons d’épaisseurs
de quelques millimètres, à une fréquence donnée, si possible proche des conditions expérimentales.
Ainsi, avec une fréquence centrale de transducteur f = 3,5 MHz, la vitesse longitudinale cl a été
évaluée à cl = 2455 ± 30 m/s en 6 points de mesure sur des échantillons de 2 à 3 mm d’épaisseur.
Cette même méthode utilisée sur les mêmes échantillons, avec maintenant une fréquence centrale de
transducteur f = 15 MHz donne une vitesse longitudinale cl = 2535 ± 90 m/s en 5 points de mesure.
On constate que la vitesse longitudinale suit une évolution croissante avec la fréquence. Par
extrapolation linéaire de ces résultats à des fréquences f = 20 à 25 MHz, on peut très
vraisemblablement supposer que la vitesse longitudinale s’approche de cl = 2550 m/s. Par ailleurs,
une masse volumique moyenne mesurée ρ = 1040 kg/m3 permet de déduire l’impédance acoustique
de la lentille Z = 2,65 MRa.
184
Chapitre V Réalisation de transducteurs haute fréquence
De plus, pour les transducteurs à base de PZT/PGO, il faut rappeler qu’une couche de protection en
PZT poreux et une électrode arrière en or relativement épaisse (paragraphe II.1.4, Chapitre IV) ont
été sérigraphiées entre l’élément piézo-électrique et le milieu arrière. Enfin, on note que les couches
de parylène déposées ont des épaisseurs comprises entre 21 et 29 µm.
La Figure V.5 (a) représente une étape intermédiaire de la fabrication du transducteur intégrant la
structure PZT/PGO avec la reprise de contacts électriques. Ensuite, une lame adaptatrice en
parylène est éventuellement déposée, puis le transducteur est focalisé avec une lentille en
polyuréthanne. Le choix du rayon de courbure Rc a été fait sur la base de la vitesse moyenne
évaluée par temps de vol sur des échantillons (paragraphe II.2). La lentille en polyuréthanne (en
noir) est réalisée par moulage et le transducteur est finalisé par mise en place de la housse de
protection (Figure V.5 (b)).
(a) (b)
Figure V.5 : Transducteurs assemblés (a) PZT/PGO avant et (b) PZT/PGO après l’ajout de la lame
adaptatrice et de la lentille.
185
Réalisation de transducteurs haute fréquence Chapitre V
Les transducteurs à base de PT et PMN-PT ont le même aspect extérieur que celui illustré en
PZT/PGO. Seul le transducteur à base d’un film PVDF possède une focalisation géométrique et une
face avant métallisée.
186
Chapitre V Réalisation de transducteurs haute fréquence
2 1
PMN-PT PMN-PT
PZT/PGO n°1 PZT/PGO n°1
PZT/PGO n°2 0.8 PZT/PGO n°2
1.5 PT n°1
Tension reçue U (V)
0.5
0.2
0 0
0 5 10 15 20 0 5 10 15 20
Position dans l'axe z (mm) Position dans l'axe z (mm)
(a) (b)
Figure V.6 : Champ dans l’axe en émission-réception (a) sur une cible plane et
(b) sur une bille de 400 µm de diamètre.
Ces mesures donnent un premier aperçu des caractéristiques de rayonnement des transducteurs.
Cependant, d’autres caractéristiques doivent être prises en compte telles que les caractéristiques de
rayonnement latéral et les caractéristiques de la réponse électro-acoustique.
187
Réalisation de transducteurs haute fréquence Chapitre V
1
PMN-PT
0.8 PZT/PGO n°1
PZT/PGO n°2
Tension reçue U (V)
PT n°1
0.6 PT n°2
0.4
0.2
0
-0.6 -0.4 -0.2 0 0.2 0.4 0.6
Position radiale r (mm)
Figure V.7 : Champ dans le plan focal en émission-réception sur une bille de 400 µm de diamètre.
Ces résultats sont en parfait accord avec les valeurs de f number données dans le Tableau V.5. De plus,
on peut remarquer que la sensibilité obtenue pour les différents transducteurs est directement reliée
188
Chapitre V Réalisation de transducteurs haute fréquence
Tableau V.7 : Correspondance entre distance focale effective z0 et vitesse longitudinale dans la
lentille selon les formulations développées dans le Tableau A5.1 de l’Annexe 5.
189
Réalisation de transducteurs haute fréquence Chapitre V
Les résultats obtenus à partir de la distance focale effective z0 montrent une grande dispersion en
fonction des transducteurs et de la formulation employée (Annexe 5). Plusieurs explications à cela
sont envisageables : le mélange et le dégazage de la résine pour la lentille ont été réalisés de façon
indépendante pour chacun des types de transducteur (PT, PMN-PT et PZT/PGO), d’où une possible
variation des propriétés d’un d’échantillon à l’autre ; la résine peut avoir subi un léger retrait lors du
séchage et modifier la courbure de la lentille, ce qui expliquerait l’écart entre la distance focale
attendue et celle observée.
Par contre, dans tous les cas, la vitesse longitudinale dans la lentille cl est supérieure à celle mesurée
par temps de vol. En effet, la vitesse longitudinale moyenne déduite (Tableau V.7) est évaluée
autour de cl = 2800 m/s (Tableau A5.1, Annexe 5). Cette valeur permet d’en déduire l’impédance
acoustique de la lentille proche de Z = 2,9 MRa. Dans ce cadre, la lame de parylène (Z = 2,75 MRa)
ne joue pas un rôle d’adaptation, et peut avoir un effet néfaste sur la sensibilité dû à son atténuation
(diminution de 6 dB) comme on l’observe sur les résultats expérimentaux.
III.1.3.2 Modélisation
Dans un second temps, la tension en émission-réception est simulée à l’aide du modèle KLM étendu
à l’axisymétrie. Le paramètre de vitesse longitudinale de la lentille varie sur une plage de cl = 2200
à 3400 m/s, pour les caractéristiques acoustiques et géométriques du transducteur fabriqué en PMN-
PT (Tableau V.4 et V.7). La distance focale effective z0 et les profondeurs de champ à –3 et –6 dB
sont alors comparées à celle obtenue expérimentalement (en pointillés, Figure V.8) :
Profondeur de champ DOF 3 et DOF 6 (mm)
0.8 5
c l = 2200 m/s
0.7 c l = 2400 m/s 4.5
cl = 2600 m/s
0.6 c l = 2800 m/s 4
c l = 3000 m/s
Tension (V)
0.3 2.5
0.2 2
0.1 1.5
0 1
3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 2200 2400 2600 2800 3000 3200 3400
Position axiale z (mm) Vitesse longitudinale dans la lentille cl (m/s)
(a) (b)
Figure V.8 : Simulation avec le modèle KLM étendu à l’axisymétrie du transducteur PMN-PT :
(a) tension en émission-réception en fonction de la distance dans l’axe et (b) profondeur de champ.
190
Chapitre V Réalisation de transducteurs haute fréquence
Ainsi, on relève la courbe de tension qui donne une distance focale effective proche de celle
escomptée à z0 = 6,7 mm, et des profondeurs de champ à –3 et –6 dB proches de celles mesurées
respectivement à 1,49 et 2,16 mm. La vitesse longitudinale dans la lentille qui satisfait ces deux
critères (vitesse effective) se situe autour de cl = 3000 m/s, comme l’a montré la méthode
précédente (Tableau V.7).
8 10
6
0
Amplitude normalisée (dB)
4
-10
Tension (mV)
0 -20
-2
-30
-4
-40
-6
-8 -50
0.95 1 1.05 1.1 1.15 0 10 20 30 40 50 60 70
Temps (µs) Fréquence (MHz)
(a) (b)
Figure V.9 : Réponse électro-acoustique au point focal en émission-réception sur une cible plane.
En ce qui concerne les transducteurs équipés d’une lentille, la résolution axiale au point focal ∆z6
est la meilleure pour le transducteur PZT/PGO n°2 suivi du transducteur PZT/PGO n°1. Les
estimateurs de contraste axial à –12, –15 et –30 dB évoluent dans le même sens (Figure V.10).
191
Réalisation de transducteurs haute fréquence Chapitre V
1
PZT/PGO n°2
-0.5
-1
0 0.5 1 1.5 2 2.5
Temps t (µs)
Transducteur ∆z6 (µm) ∆z12 (µm) ∆z15 (µm) ∆z30 (µm) f 0 (MHz) BP6,r (%) IP
PVDF 18,3 25,4 28,3 80,3 30,8 134 –
PMN-PT 77,1 116,0 133,9 205,5 25,2 31 92
PZT/PGO n°1 49,7 74,8 84,8 129,3 24,4 48 36
PZT/PGO n°2 43,0 70,9 78,0 119,8 23,5 54 34
PT n°1 135,1 190,3 212,1 292,8 19,4 25 36
PT n°2 121,4 173,3 194,9 271,7 18,9 28 33
∆z6 , ∆z12 , ∆z15 , ∆z30 : longueur de la réponse électro-acoustique au point focal à –6, –12, –15 et –
30 dB ; f 0 : fréquence centrale à –6 dB ; BP6,r : bande passante relative à –6 dB ;
IP : indice de performance.
La meilleure bande passante relative à –6 dB notée BP6,r est obtenue avec le transducteur à base de
PVDF, et la moins bonne est donnée par un transducteur à base de PT. Il faut également noter que
les transducteurs utilisant les films épais de composition PZT/PGO délivrent de bonnes
caractéristiques spectrales. Les indices de performance IP (compromis sensibilité / résolution
axiale) obtenus pour les transducteurs à base de PZT/PGO et de PT sont comparables.
192
Chapitre V Réalisation de transducteurs haute fréquence
1.2 1.2
Simulation Simulation
1 Expérience 1 Expérience
Tension normalisée
Tension normalisée
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
2 4 6 8 10 12 14 -0.6 -0.4 -0.2 0 0.2 0.4 0.6
Position axiale z (mm) Position radiale r (mm)
(a) (b)
193
Réalisation de transducteurs haute fréquence Chapitre V
z0 (mm) DOF3 (mm) DOF6 (mm) ∆r6 (µm) ∆r12 (µm) ∆r15 (µm) ∆r30 (µm)
KLM étendu 6,7 1,49 2,12 149 207 231 330
Expérience 6,7 1,49 2,16 157 225 256 822
z0 : distance focale effective ; DOF3 et DOF 6 : profondeurs de champ à –3 et –6 dB ;
∆r6 , ∆r12 , ∆r15 , ∆r30 : largeur radiale de la tache focale à –6, –12, –15 et –30 dB.
1.5
Simulation
1 Expérience
Tension normalisée
0.5
-0.5
-1
-1.5
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6
Temps t (µs)
194
Chapitre V Réalisation de transducteurs haute fréquence
∆z6 (µm) ∆z12 (µm) ∆z15 (µm) ∆z30 (µm) f 0 (MHz) BP6,r (%)
KLM étendu 97,7 145,1 166,2 264,0 24,3 25
Expérience 77,1 116,0 133,9 205,5 25,2 31
∆z6 , ∆z12 , ∆z15 , ∆z30 : longueur de la réponse électro-acoustique au point focal à –6, –12, –15,
et –30 dB ; f 0 : fréquence centrale à –6 dB ; BP6,r : bande passante relative à –6 dB.
On peut observer sur la réponse électro-acoustique (Figure V.12 (a)) une bonne correspondance
entre le modèle et l’expérience. On distingue un décalage qui s’accroît au cours de l’amortissement
de l’écho, qui est dû à un léger décalage de la fréquence centrale. D’autre part, le spectre
expérimental est plus large, ce qui est cohérent avec l’amortissement légèrement plus important
observé sur la réponse temporelle expérimentale. Ces observations expliquent que la modélisation
conduise à une surévaluation systématique des longueurs de l’écho (Tableau V.10).
195
Réalisation de transducteurs haute fréquence Chapitre V
(a)
Nez de sonde
Transducteur
Membrane
(b) (c)
Figure V.13 : (a) Mise en place du transducteur dans la sonde ; (b) Sonde pour balayage
mécanique prête à l’utilisation ; (c) Système d’imagerie développé au laboratoire [9].
Les transducteurs sont placés dans la tête de la sonde qui effectue un balayage linéaire de la zone à
imager (Figure V.13 (a)). L’image est constituée à partir des échos recueillis au cours du balayage
du transducteur, avec une fréquence de rafraîchissement de 10 images par seconde. Le transducteur
est immergé dans une eau aseptisée, mis en position par rapport au nez de sonde, et confiné par une
membrane qui permet d’assurer l’isolation et l’étanchéité de la tête de sonde (Figure V.13 (b)). Le
positionnement du transducteur est ajusté en fonction de sa distance focale, de façon à obtenir le
maximum de sensibilité dans la zone d’intérêt.
196
Chapitre V Réalisation de transducteurs haute fréquence
197
Réalisation de transducteurs haute fréquence Chapitre V
6 mm
Echo de membrane
5 mm
(a) (b)
(c) (d)
Epiderme
Derme
Vaisseau
Hypoderme
(e)
Figure V.14 : Image 6×5 mm d’un avant-bras avec une veine dans le derme réalisée avec les
transducteurs (a) PMN-PT, (b) PZT/PGO n°1, (c) PZT/PGO n°2, (d) PT n°1 et (e) PT n°2.
198
Chapitre V Réalisation de transducteurs haute fréquence
6 mm
Echo de membrane
Peau
5 mm
Ongle
Ongle
(a) (b)
Figure V.15 : Image 6×5 mm d’un ongle réalisée avec les transducteurs (a) PMN-PT et (b) PT n°2.
V Conclusion
Six transducteurs haute fréquence ont été réalisés, caractérisés et utilisés dans un échographe haute
fréquence. En ce qui concerne le choix des différents éléments passifs constituant ces transducteurs,
le parylène ne s’est pas révélé très avantageux pour nos conceptions. En haute fréquence, ce choix
est fortement lié à un compromis entre les propriétés et la possibilités de mise en œuvre des
matériaux. Toutefois, les propriétés de ce matériau en couche fine ont été évaluées et le parylène
reste un candidat de premier choix pour sa facilité de mise en œuvre et la précision sur l’épaisseur
déposée. Ce matériau est particulièrement approprié à l’adaptation acoustique de transducteurs ne
nécessitant pas l’ajout d’une lentille, tels que ceux dont l’élément piézo-électrique est focalisé par
mise en forme.
La comparaison des performances en imagerie ses différents transducteurs réalisés montre que ceux
intégrant les disques de titanate de plomb, considérés comme référence, délivrent un bon
199
Réalisation de transducteurs haute fréquence Chapitre V
compromis entre les résolutions axiales et latérales, avec une sensibilité satisfaisante. Pour les
technologies de films épais, les résultats sont très encourageants en particulier pour la structure
intégrée et le film épais sérigraphié. En effet, la sensibilité et la résolution axiale obtenues sont
meilleures que celles des transducteurs de référence. Les défauts observés, tels que les échos de
fond de milieu arrière et la faible résolution latérale sont liés à des considérations essentiellement
géométriques qui sont en cours de modification. Cette technologie de film épais s’avère donc la plus
prometteuse et de nouveaux essais sont en cours afin de le confirmer.
Bibliographie :
1. Hadimioglu B., Khuri-Yakub B.T., Polymer films as acoustic matching layers. IEEE
International Ultrasonics Symposium, 1990: p. 1337-1340.
2. Thiagarajan S., Martin R.W., Proctor A., Jayawadena I., Silverstein F., Dual layer matching
(20 MHz) piezoelectric transducers with glass and parylene. IEEE Transactions on
Ultrasonics Ferroelectrics and Frequency Control, 1997. 44(5): p. 1172-1174.
3. Wang H., Cao W., Characterizing ultra-thin matching layers of high-frequency ultrasonic
transducer based on impedance matching principle. IEEE Transactions on Ultrasonics,
Ferroelectrics and Frequency Control, 2004. 51(2): p. 211-215.
4. Levassort F., Tran-Huu-Hue L.P., Maréchal P., Ringaard E., Lethiecq M., Characterisation
of thin layers (Parylene) at high frequency using PZT thick film resonators. Journal of the
European Ceramic Society, 2005 (acceptée, à paraître au printemps 2005).
5. Comelec S.A., [Link]. La Chaux-de-Fonds, Suisse.
6. Onda Corporation, [Link]. Sunnyvale, Etats-Unis.
7. ASTM Std., Standard Guide for Evaluating Characteristics of Ultrasonic Search Units.
American Society for Testing and Materials, 1992. E 1065(92): p. 1-19.
8. Foster F.S., Pavlin C.J., Harasiewicz K.A., Christopher D.A., Turnbull D.H., Advances in
ultrasound biomicroscopy. Ultrasound in Medicine and Biology, 2000. 26(1): p. 1-27.
9. Berson M., Grégoire J.M., Gens F., Rateau J., Jamet F., Vaillant L., Tranquart F., Pourcelot
L., High frequency (20 MHz) ultrasonic devices: Advantages and applications. European
Journal of Ultrasound, 1999. 10: p. 53-63.
10. Lebertre M., Echographie quantitative haute fréquence : Propriétés du derme humain et
potentiel diagnostique. Thèse de doctorat en Science de la Vie et de la Santé. Université
François Rabelais. Académie d’Orléans-Tours, 2001.
200
Conclusion
CONCLUSION
Le travail réalisé a été effectué dans le cadre d’un projet européen dont l’objectif majeur
était le développement de nouvelles technologies de fabrication de matériaux piézo-électriques en
film épais pour diverses applications. Dans ce cadre, les deux contributions essentielles de cette
thèse ont porté d’une part sur la mise en place d’outils de modélisation du comportement de
transducteurs mono-éléments haute fréquence munis d’une lentille acoustique (depuis la vibration
de la structure jusqu’au diagramme de rayonnement) ; puis, d’autre part, sur la caractérisation
électro-mécanique de ces nouveaux matériaux ou nouvelles structures et le développement et la
fabrication de transducteurs pour l’imagerie haute résolution, avec des fréquences centrales de à 20
à 30 MHz.
202
Conclusion
203
Conclusion
204
Annexe 1 Piézo-électricité et notations
Cette première annexe est consacrée à l’introduction des différentes grandeurs (élastiques, et
électrique) et leurs notations qui seront régulièrement utilisées dans le document. A travers le
couplage entre ces deux types de grandeurs, la piézo-électricité et les relations correspondantes sont
également introduites. Enfin, on définira de façon détaillée les différents couplages
électromécaniques [1] en particulier celui lié au mode épaisseur.
205
Piézo-électricité et notations Annexe 1
différentes faces. L’équilibre établi entre le milieu extérieur et l’élément de volume considéré se
traduit par des efforts exercés sur chacune des faces. Ces efforts, ramenés par unité de surface sont
appelés contraintes.
Chacune des composantes Tij du tenseur de contrainte T est la contrainte exercée parallèlement à
ur uur
l’axe xi sur la surface normale à l’axe x j (Figure A1.1). Ces neuf composantes (i , j ) ∈ §1;3¨
2
constituent le tenseur des contraintes (de rang 2). La tension mécanique exercée sur une surface de
r j =3
normale n s’écrit Ti = ∑ Tij n j = Tij n j , si la sommation implicite des indices répétés est utilisée
j =1
(notation d’Einstein).
206
Annexe 1 Piézo-électricité et notations
Le tenseur des contraintes est symétrique, Tij = T ji (les rotations ne sont pas prises en compte). Nous
avons alors 6 composantes indépendantes, réparties pour moitié entre les composantes normales
Tii et tangentielles Tij .
T33
T23
T13
T32
T31 T22 2
T21
T12
T11
1
élongation, mais aussi une rotation. Après déformation, le point M est déplacé en M’, repéré par le
uuuur uuuur uuuur uuuur uuur
vecteur OM ' = OM + MM ' , où MM ' traduit le déplacement de M. Si on note également NN ' le
déplacement de N après déformation, on peut écrire :
r
uuur uuuur r r ∂u
NN ' = MM '+ d u avec d u = dxi pour de petites déformations.
∂xi
Pour chacune des composantes, on peut aussi écrire la relation suivante :
∂u j
du j = dxi (A1.1)
∂xi
∂u j
La dérivée partielle est appelée gradient des déplacements. Ce tenseur de rang 2 peut être
∂xi
décomposé en une partie antisymétrique notée Ω ij et une partie symétrique noté Sij telles que :
207
Piézo-électricité et notations Annexe 1
1 ∂u ∂u j 1 ∂u ∂u j
Ω ij = i − et Sij = i + (A1.2)
2 ∂x j ∂xi 2 ∂x j ∂xi
La partie antisymétrique Ω ij représente la rotation et la partie symétrique la déformation pure. En
effet, elle est nulle pour tout mouvement d’ensemble, de translation ou de rotation. La partie
symétrique Sij est le tenseur des déformations, symétrique, et de rang 2. De même que pour le
tenseur des contraintes, le nombre de composantes indépendantes est réduit à 6. Les déformations
sont de 2 types : les composantes diagonales (S11 , S22 , S33 ) qui décrivent un allongement dans
chacune des directions des axes principaux, et les composantes non diagonales (S12 , S13 , S23 ) qui
décrivent un mouvement de cisaillement.
La loi de Hooke (A1.3), établie dans le cadre des équations de la mécanique linéaire, résulte d’un
développement de Taylor de l’expression de la contrainte en fonction de la déformation au premier
ordre, valide pour des petites déformations.
Le tenseur de rigidité élastique cijkl qui relie celui des contraintes Tij à celui des déformations Sij est
de rang 4. Compte tenu des relations de symétrie des tenseurs Tij et Skl, le tenseur de rigidité
élastique peut être décrit par 36 composantes indépendantes. Pour simplifier l’écriture, une notation
contractée des indices est adoptée :
ij ou kl p ou q
11 1
22 2
33 3
23 ou 32 4
13 ou 31 5
12 ou 21 6
Les notations tensorielles sont réduites à une notation matricielle pour cijkl qui devient cpq et
vectorielle pour Tij et Skl qui deviennent Tp et Sq (Sq = Skl si k = l et Sq = 2Skl si k ≠ l).
208
Annexe 1 Piézo-électricité et notations
La matrice des rigidités est symétrique par rapport à la diagonale principale, ce qui porte à 21 le
nombre de composantes indépendantes. Selon la classe de symétrie, ce nombre de coefficients peut
être encore réduit. Pour un solide isotrope, la matrice de rigidité est entièrement décrite par un
couple de constantes : le module d’Young et le coefficient de Poisson (E, ν) ou bien les coefficients
de Lamé (λ, µ) selon l’écriture considérée (A1.4) pour la loi de Hooke [2].
[ D] = [ε ][ E ] (A1.5)
209
Piézo-électricité et notations Annexe 1
Mécanique Electrique
Force F φ Potentiel
Déplacement u q Charge
Contrainte T E Champ électrique
Déformation S D Déplacement électrique
Tableau A1.3 : Analogie électro-mécanique.
T c E −et S S sE d t T
D = (A1.6) D = (A1.7)
e ε S E d ε T E
T c D −ht S S sD g t T
E = S
(A1.8) E = (A1.9)
−h β D − g β T D
avec :
210
Annexe 1 Piézo-électricité et notations
c D = c E + [ e ] [ h] [ e ] = [ d ] c E
t
(A1.12) (A1.16)
s D = s E − [ d ] [ g ]
t
(A1.13) [ d ] = ε T [ g ] (A1.17)
ε T = ε S + [ d ] [ e]
t
(A1.14) [ g ] = [ h] s D (A1.18)
β S = β T − [ g ] [ h]
t
(A1.15) [ h] = β S [ e ] (A1.19)
sE "
avec tan ϕm, sE = = δ m, sE
sE '
Holland [3], et plus récemment Mezheritsky [4], ont défini et énoncé les conditions de satisfaction
des lois de la thermodynamique, pour les pertes sur le second système d’équations (A1.7) :
1 1 s E '+ js E "
cE = = = = c E '(1 + jδ m,c E )
s '− js "
E E E E
s s
211
Piézo-électricité et notations Annexe 1
sE "
avec δ m,c E = = δ m, sE = δ m (A1.22)
sE '
Ø Pour les contantes piézo-électriques :
e = dc E = d ' c E '(1 − jδ p, d )(1 + jδ m ) = e '(1 + jδ p,e )
δ m − δ p, d
avec δ p,e =
1 + δ mδ p, d
et réciproquement :
δ m − δ p ,e
δ p, d = (A1.23)
1 + δ mδ p ,e
et réciproquement :
e te e t ' e '(1 + jδ e )
cD = cE + = c E
'(1 + jδ ) + = c D '(1 + jδ )
ε ε '(1 + δ e )
S m S 2
et ' e 'δ e )
cE 'δm +
ε S '(1 + δ e2 )
δ = D
(A1.26)
c '
212
Annexe 1 Piézo-électricité et notations
3 d 33
1
2 Barreau k 33 =
ε 33T s33E
3 d31
1
2 Transverse k 31 =
ε 33
T E
s11
3
Radial 2
1
2
k p = k31
1 −ν p
3 e33
1
2 Epaisseur kt =
c33D ε 33S
213
Piézo-électricité et notations Annexe 1
e332
avec E
c33 = c33D − = c33E '(1 + jδ m )
ε 33
S
e332 ' 1
avec k t2 ' =
c33 ' ε 33 ' 1 + δ e2
D S
Ø Par identification des parties imaginaires, on en déduit l’expression des pertes sur le coefficient
élastique à déplacement constant selon la direction 3 :
2
e33
avec D
c33 = c33E + = c33
D
'(1 + jδ )
ε 33
S
Ø La vitesse des ondes longitudinales et les pertes relatives sont données par :
c33D
cl = = cl '(1 + jδ c )
ρ
Par identification des parties réelle et imaginaire, on détermine la partie réelle et les pertes sur la
vitesse des ondes longitudinales ainsi que leur expression usuelle au premier ordre [1] :
c33D ' D
1 + δ 2 + 1 ; c33 '
cl ' = (A1.30)
ρ 2 ρ
1+ δ 2 −1 δ
et δc = ; (A1.31)
1+ δ +1 2 2
214
Annexe 1 Piézo-électricité et notations
Bibliographie :
1. IEEE Std., Standard on Piezoelectricity ANSI/IEEE Std. 176-1987. IEEE Transactions on
Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 1996. 43(5): p. 1-55.
2. Royer D., Dieulesaint E., Ondes élastiques dans les solides. Tome 1: Propagation libre et
guidée. Masson ed. 1996.
3. Holland R., Representation of dielectric, elastic, and piezoelectric losses by complex
coefficients. IEEE Transactions on Sonics and Ultrasonics, 1967. 14(1): p. 18-20.
4. Mezheritsky A.V., Elastic, dielectric, and piezoelectric losses in piezoceramics: How it
works together. IEEE Transactions on Ultrasonics Ferroelectrics and Frequency Control,
2004. 51(6): p. 695-707.
5. Lethiecq M., Tran-Huu-Hue L.P., Patat F., Pourcelot L., Measurement of losses in five
piezoelectric ceramics between 2 and 50 MHz. IEEE Transactions on Ultrasonics,
Ferroelectrics and Frequency Control, 1993. 40(3): p. 232-237.
6. Audrain P., Etude des pertes dans les matériaux piézoélectriques. Mémoire de diplôme
d'études approfondies en Acoustique Appliquée. Université du Maine. Académie de Nantes,
1997.
7. Tran-Huu-Hue L.P., Audrain P., Levassort F., Lethiecq M., Influence of the different loss
parameters on piezoelectric material performances. Ferroelectrics Proceedings of the fourth
ECAPD, 1999. 224(1-4): p. 177-184.
8. Berlincourt D.A., Curran D.R., Jaffe H., Piezoelectric and piezomagnetic materials and
their function in transducers. New-York Academic Press ed. Physical Acoustics, ed. W.P.
Masson. Vol. 1A. 1964.
215
Piézo-électricité et notations Annexe 1
216
Annexe 2 Propriétés des transducteurs ultrasonores
Dans cette annexe, les différentes grandeurs et caractéristiques liées à la réponse électro-
acoustique et au champ de pression émis par un transducteur focalisé sont rappelées.
Électrique Acoustique
Tension U p Pression
Intensité I v Vitesse
Impédance électrique Z Z Impédance acoustique
Puissance électrique P I Intensité acoustique
I0 p02
ampI 0 ,U e = = (A2.4)
U e 2Z 0Ue
La sensibilité en émission-réception, est évaluée au travers de la perte d’insertion notée IL et
exprimée en dB. Elle décrit le rapport entre la tension d’émission Ue et celle reçue après réflexion
Uer sur une cible parfaitement réfléchissante, et doit prendre en compte les effets de la diffraction
lorsqu’ils sont significatifs :
U
IL = 20log er (A2.5)
Ue
Le rapport entre la tension Ug délivrée par le générateur d’impédance Zg (en général 50 Ω) et celle
en entrée de ligne Ue (d’impédance Ze) est décrite par un pont diviseur de tension :
Zg
Ue = Ug (A2.6)
Zg + Ze
Un rapport similaire peut être établi entre le récepteur (Ur, Zr) et le transducteur en mode de
réception (Uer, Ze).
p2
I SPTA =
2 Z0
218
Annexe 2 Propriétés des transducteurs ultrasonores
Cette norme (bien que peu restrictive en terme de forme d’impulsion) est largement utilisée pour
toutes les applications d’imagerie médicale.
c0 ( ∆t )−6 dB 0,88λ
( ∆z ) −6dB = ; (A2.7)
2 2 ( ∆f / f 0 ) −6dB
A2.1.4 Contraste
La qualité d’une image, liée entre autres à celle de la réponse impulsionnelle du transducteur, est
conditionnée par sa "compacité spatiale" ou bien son contraste. De la même façon que la résolution
axiale, cette qualité se traduit par une condition de minimisation de la durée à –n dB (avec n > 6).
Traditionnellement, la durée de la traîne est évaluée à –20, –30 ou –40 dB.
219
Propriétés des transducteurs ultrasonores Annexe 2
l’image. Il s’agit alors de choisir différents estimateurs (décorrelés) correspondant à chacune des
contraintes énoncées. Plusieurs indices de performance ont été définis à cet effet [2-4], et leur
utilisation demande a être adaptée pour chaque type d’application envisagée.
( ∆p ) −3dB
2a ( ∆r ) −3dB
( ∆z ) −3dB
F
Source focalisée Tache focale
220
Annexe 2 Propriétés des transducteurs ultrasonores
Une attention particulière doit être portée aux caractéristiques géométriques, acoustiques et
électriques lors du dimensionnement du transducteur, ce qui permet d’améliorer très sensiblement
les performances pour l’imagerie.
Comme l’illustrent les relations (A2.9) et (A2.10), le rapport entre la résolution latérale (∆r)–3dB et
la profondeur de champ (∆p)–3dB est lié au f number ou son inverse, le degré de focalisation.
Bibliographie :
1. Royer D., Dieulesaint E., Ondes élastiques dans les solides. Tome 1: Propagation libre et
guidée. Masson ed. 1996.
2. Desmare R., Optimisation de transducteurs ultrasonores à structure multicouche. Thèse de
doctorat en Acoustique. Université du Maine. Académie de Nantes, 1999.
3. Thijssen J.M., Verhoef W.A., Cloostermans M.J., Optimisation of ultrasonic transducers.
Ultrasonics, 1985: p. 41-46.
4. Tran-Huu-Hue L.P., Desmare R., Levassort F., Lethiecq M., A KLM circuit based method
for modeling multilayer piezoelectric structures. IEEE Proceedings of the Ultrasonics
Symposium, 1997: p. 995-998.
5. Raum K., O'Brien [Link]., Pulse-echo field distribution measurement technique for high-
frequency ultrasound sources. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and
Frequency Control, 1997. 44(4): p. 810-815.
221
Propriétés des transducteurs ultrasonores Annexe 2
6. Passman C., Ermert H., A 100-MHz ultrasound imaging system for dermatologic and
ophthalmologic diagnostics. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and
Frequency Control, 1996. 43(4): p. 545-552.
7. Grégoire J.M., Echographie haute-résolution : technologie et applications en dermatologie
et ophtalmologie. Thèse de doctorat en Science de la Vie et de la Santé. Université François
Rabelais. Académie d’Orléans-Tours, 2002.
222
Annexe 3 Modélisation et optimisation de transducteur
223
Modélisation et optimisation de transducteur Annexe 3
ε 33S A
C0 =
ep
ep /2 ep /2
var vav −C0
C' =
k sinc (θ p )
t
2
I I
1:Φ Ue = + + ΦF0
jωC0 jωC '
Si le matériau piézo-électrique est dans l’air, les impédances de rayonnement en face arrière
et en face avant Zar et Zav peuvent être négligées, les forces aux bornes des ports acoustiques sont
alors nulles, et l’impédance électrique du résonateur piézo-électrique libre s’écrit :
Ue 1 tan (θ p )
Ze = = 1 − kt2 (A3.2)
I jω C0 θ
p
L’effet capacitif décrit par le premier facteur de l’équation (A3.2) est plus visible sur l’admittance
donnée par Y = 1/Ze.
224
Annexe 3 Modélisation et optimisation de transducteur
Figure A3.3 : Module de l’admittance pour un élément piézo-électrique en résonateur libre [5].
var vav
(Zar, γar) (Zp , γp ) (Zp , γp ) (Zav, γav)
Far ear ep /2 Nr ep /2 eav Fav
NΦ
NC
I
Ue
Sur le port électrique, le transformateur de rapport Φ est représenté par la matrice notée NΦ et les
condensateurs en série C0 et C’ par NC. Sur les ports acoustiques, chacune des couches de
propagation est représentée par une ligne de propagation de paramètres secondaires (Z, γ), de
longueur e (Annexe 4). Les expressions des matrices de transfert sont détaillées par Oakley [9] ou
Desmare [10].
La matrice globale M de transfert entre le port d’émission (le port électrique) et celui de réception
(le port acoustique en face avant) est déterminée en ramenant la matrice de transfert de la face
arrière notée Nr. Pour déterminer la matrice globale M, il suffit de faire le produit des matrices
chaînes :
M = NC N ΦN r N p Nav (A3.3)
Cette matrice M permet de positionner le transducteur dans le schéma électrique équivalent suivant
(Figure A3.5), et de relier (Ug , I) et (F0 , v 0 ) en émission, et réciproquement (F0 , v 0 ) et (Ur, I) en
réception. En émission, on établit les relations entre le générateur de tension Ug d’impédance
interne Zg , délivrant une tension d’excitation Ue, et le port acoustique générant une force F0 aux
Fav F0
Zm = = = AZ m (A3.4)
vav v0
où A est la surface et Zm l’impédance acoustique du milieu de propagation semi-infini.
I v0 v0 I
Zg M Zm M-1
Zm Zr
Ug Ue F0 2F0 Fr Ur
La matrice de transfert globale est alors déterminée entre le port d’émission et celui de réception :
F0 U e
v = [ M ] I (A3.5)
0 e
226
Annexe 3 Modélisation et optimisation de transducteur
A partir des schémas équivalents établis en émission et en réception, les fonctions de transfert en
émission, réception et émission-réception sont déterminées :
Ø PTE : pression sur tension d’excitation
p0 F Zm
PTE = = 0 = (A3.6)
U e AU e A ( m22 Zm − m12 )
Ø PTG : pression sur tension de gé nérateur
p0 F Zm
PTG = = 0 = (A3.7)
(
U g AU g A m11Z g − m12 − ( m21Z g − m22 ) Z m )
Ø TPR : tension sur pression en réception
U r AUr 2 AZ r
TPR = = = (A3.8)
p0 F0 m11Zr − m12 − ( m21Zr − m22 ) Zm
Ø TRTE : tension de réception sur tension d’excitation
Ur 2Z r Zm
TRTE = = (A3.9)
Ue ( m11Z r − m12 − ( m21Z r − m22 ) Zm ) ( m22Zm − m12 )
227
Modélisation et optimisation de transducteur Annexe 3
Deuxièmement, en face avant, une adaptation d’impédance est réalisée avec une ou plusieurs lames
adaptatrices. Le dimensionnement de ces lames est optimisé en vue de faciliter le transfert d’énergie
depuis l’élément actif jusqu’au milieu de propagation. L’épaisseur de ces lames adaptatrices est
proche d’un quart d’onde à la fréquence de résonance, et leurs impédances acoustiques sont
comprises entre celle de la céramique et celle du milieu de propagation. L’utilisation de lames
adaptatrices permet bien d’améliorer la sensibilité du transducteur, mais aussi de diminuer la durée
de la résonance, améliorant ainsi la résolution axiale.
Des formules d’adaptation ont été développées sous certaines hypothèses [12-15] et des
optimisations développées pour satisfaire des critères propres aux applications [16-19].
L’influence de ces deux éléments avant et arrière sur la réponse impulsionnelle est représentée en
fonction du temps et de la fréquence (Figure A3.6). Un compromis doit être trouvé pour chaque
type d’application, en fonction des compatibilités et des propriétés des matériaux, ainsi que des
possibilités de mise en œuvre.
-30 0.5
Eau
0
-40
-0.5
-50 -1
Lame adaptatrice Elément Milieu
-1.5
en λ/4 piézo-électrique arrière -60
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
20 40 60 80 100
Fréquence (MHz) Temps (µs)
228
Annexe 3 Modélisation et optimisation de transducteur
4π .104
α= δc (A3.12)
cl ln10
Zi = Zi−1Zi+1 (A3.13)
La valeur optimale de l’impédance de la couche intermédiaire Zi est la moyenne quadratique des
impédances des couches amont Zi−1 et aval Zi+1 .
229
Modélisation et optimisation de transducteur Annexe 3
Une approche matricielle permet d’obtenir les résultats d’optimisation pour n couches d’adaptation
comprises entre Zp et Zm . L’équation (A3.13) est appliquée en cascade sur chacune des couches, et il
en résulte un système de n équations à n inconnues, résolu par linéarisation logarithmique :
Zi−1 "− 2Z i "+ Z i+1 " = 0 avec Zi " = ln Z i (A3.14)
Une écriture matricielle (A3.15) permet un calcul global :
2 −1 0L L L 0 Z1 Z p
−1 2 −1O M Z 2 0
0 O O O O M M M
M O −12 −1 O M Z k = M (A3.15)
M OO O O 0 M M
M O −1 2 −1 Z n−1 0
0 L L L 0 −1 2 Z n Z
m
Z1 Z2 Z3 Z4
1 couche Z 1/2
p Zm
1/2
2 couches Z 2/3
p Zm
1/3
Z 1/3
p Zm
2/3
3 couches Z 3/4
p Zm
1/4
Z 1/2
p Zm
1/2
Z 1/4
p Zm
3/4
4 couches Z 4/5
p Zm
1/5
Z 3/5
p Zm
2/5
Z 2/5
p Zm
3/5
Z 1/5
p Zm
4/5
On démontre ainsi que l’impédance acoustique de la lame considérée Zn est directement fonction de
celle de l’élément piézo-électrique Zp et de celle du milieu de propagation Zm :
N +1− n
Zn = ( Zp ) ( Zm )
P 1− P
avec P = (A3.16)
N +1
où N est le nombre de lames adaptatrices, et n le numéro de la lame considérée ( 1 ≤ n ≤ N ).
230
Annexe 3 Modélisation et optimisation de transducteur
Z1 Z2 Z3 Z4
1 couche Z 1/2
p Zm
1/2
2 couches Z 3/4
p Zm
1/4
Z 1/4
p Zm
3/4
3 couches Z 7/10
p Z m3/10 Z 1/2
p Zm
1/2
Z 3/10
p Zm
7/10
4 couches Z 47/50
p Z m3/50 Z 7/10
p Z m3/10 Z 3/10
p Zm
7/10
Z 3/50
p Z m47/50
Une autre approche, décrite par Desilets [13], consiste réaliser une adaptation d’impédance basée
sur le transformateur binomial. L’impédance ramenée au centre de la ligne de transmission du
modèle KLM est considérée constante quel que soit le nombre de lames adaptatrices. Les autres
hypothèses sont un milieu arrière d’impédance nulle et une désadaptation d’impédance faible :
0,5Z p ≤ Z m ≤ 2Z p
A partir de la formule du transformateur binomial ([13], équation 15), on démontre que l’impédance
acoustique de la lame considérée Zn est directement fonction de celle de l’élément piézo-électrique
Zp et de celle du milieu de propagation Zm :
2N +1− n − 1
Zn = ( Zp ) ( Zm )
P 1− P
avec P = (A3.17)
2 N +1 − 1
où N est le nombre de lames adaptatrices, et n le numéro de la lame considérée ( 1 ≤ n ≤ N ).
Z1 Z2 Z3 Z4
1 couche Z 1/3
p Zm
2/3
2 couches Z 3p / 7Z m4 / 7 Z 1/7
p Zm
6/7
3 couches Z 7/15
p Zm8/15 Z 1/5
p Zm
4/5
Z 1/15
p Zm
14/15
4 couches Z 15/31
p Z m16/31 Z 7/31
p Zm24/31 Z 3/31
p Zm
28/31
Z 1/31
p Zm
30/31
La démarche matricielle employée dans le paragraphe 0 donne aussi les résultats synthétisés dans le
Tableau A3.4 avec les coefficients initiaux de Desilets (−1 ; 3 ; −2) pour la configuration avec une
lame adaptatrice, en lieu et place des coefficients pour le régime harmonique (−1 ; 2 ; −1).
232
Annexe 3 Modélisation et optimisation de transducteur
Bibliographie :
1. IEEE Std., Standard on Piezoelectricity ANSI/IEEE Std. 176-1987. IEEE Transactions on
Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 1996. 43(5): p. 1-55.
2. Redwood M., Transient performance of a piezoelectric transducer. Journal of the Acoustical
Society of America, 1961. 33(4): p. 527-536.
3. Krimholtz R., Leeddom D.A., Matthei G.L., New equivalent circuit for elementary
piezoelectric transducers. Electronic letters, 1970. 6: p. 398-399.
4. Sherrit S., Leary S.P., Dolgin B.P., Bar-Cohen Y., Comparison of the Mason and KLM
equivalent circuits for piezoelectric resonators in the thickness mode. IEEE Proceedings of
the Ultrasonics Symposium, 1999: p. 921-926.
5. Royer D., Dieulesaint E., Ondes élastiques dans les solides. Tome 2: Génération, interaction
acousto-optique, applications. Masson ed. 1996.
6. Van Kervel S.J.H., Thijssen J.M., A calculation scheme for the optimum design of ultrasonic
transducers. Ultrasonics, 1983. 21: p. 134-140.
7. Tran-Huu-Hue L.P., Desmare R., Levassort F., Lethiecq M., A KLM circuit based method
for modeling multilayer piezoelectric structures. IEEE Proceedings of the Ultrasonics
Symposium, 1997: p. 995-998.
233
Modélisation et optimisation de transducteur Annexe 3
8. Desmare R., Tran-Huu-Hue L.P., Levassort F., Lethiecq M., Modeling of multilayer
piezoelectic structures. Ferroelectrics, 1999. 224: p. 623-630.
9. Oakley C.G., Calculation of ultrasonic transducer Signal-to-Noise Ratios using the KLM
model. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 1997.
44(5): p. 1018-1026.
10. Desmare R., Optimisation de transducteurs ultrasonores à structure multicouche. Thèse de
doctorat en Acoustique. Université du Maine. Académie de Nantes, 1999.
11. Kossof G., The effects of backing and matching on the performance of piezoelectric ceramic
transducers. IEEE Transactions on Sonics and Ultrasonics, 1966. 13(1): p. 20-30.
12. Collin R.E., Theory and design of wide-band multisection quarter-wave transformers. IRE
Proceedings, 1955: p. 179-185.
13. Desilets C.S., Fraser J.D., Kino G.S., The design of efficient broadband piezoelectric
transducers. IEEE Transactions on Sonics and Ultrasonics, 1978. 25: p. 115-125.
14. Desilets C.S., Transducers arrays suitable for acoustic imaging. Ph.D. Thesis, Stanford
Univerity, Stanford, 1978.
15. Souquet J., Defranould P., Desbois J., Design of low-loss wide-band ultrasonic transducers
for noninvasive medical application. IEEE Transactions on Sonics and Ultrasonics, 1979.
26(2): p. 75-81.
16. Inoue T., Ohta M., Takahashi S., Design of ultrasonic transducers with multiple acoustic
matching layers for medical application. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics
and Frequency Control, 1987. 34(1): p. 8-16.
17. Rhyne T.L., Computer optimization of transducer transfer functions using constraints on
bandwidth, ripple and loss. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency
Control, 1996. 43(6): p. 1136-1149.
18. Mc Keighen R.E., Optimization of broadband transducer designs by use of statistical design
of experiments. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control,
1996. 43(1): p. 63-70.
19. Desmare R., Tran-Huu-Hue L.P., Levassort F., Lethiecq M., Optimisation method for
ultrasonic transducers used in medical imaging. Journal Revista de Acustica, 2003. 33.
20. Mc Keighen R.E., Design guidelines for medical ultrasonic arrays. SPIE Proceeding of the
Ultrasonic Transducer Engineering Conference, 1998. 3341: p. 2-18.
234
Annexe 4 Caractérisation de ligne de propagation
dx dx
Les paramètres secondaires (Zp , γ), sont exprimés en fonction des paramètres primaires de la ligne
(R0 , L0 , C0 , G0 ). Ainsi, l’impédance caractéristique et la constante de propagation sont
respectivement données par :
R0 + jω L0
Zp = (A4.1)
G0 + jωC0
et γ= ( R0 + jω L0 )( G0 + jωC0 ) (A4.2)
235
Caractérisation de ligne de propagation Annexe 4
De manière pratique, les parties réelle et imaginaire de la constante de propagation sont identifiées :
α = ℜe ( γ ) =
2
2
(R G
0 0 − ω 2 L0C0 ) + (R 2
0 + ω 2 L20 )( G02 + ω 2C02 ) (A4.3)
ω 2
v= = (A4.5)
k 2 R 2 G
R0G0 2 2
L0C0 − ω 2 + L0 + ω C0 + ω
0 0
2 2
Les paramètres secondaires (Zp , γ) sont exprimés en fonction des paramètres primaires R0 , L0 , C0 ,
G0 , et leur dépendance fréquentielle est mise en évidence. Ce phénomène est à l’origine de
distorsions sur le signal après sa propagation dans une ligne de transmission. En particulier,
l’atténuation et la vitesse de propagation sont différentes pour chacune des composantes
fréquentielles du signal.
L0
Zp = (A4.6)
C0
et γ = jω L0 C0 (A4.7)
soit α =0
et k = ω L0 C0 (A4.8)
L’expression de la vitesse de propagation pour une ligne sans pertes s’écrit simplement :
1
v= (A4.9)
L0 C0
236
Annexe 4 Caractérisation de ligne de propagation
R0
1+
L0 jω L0
Zp = (A4.10)
C0 G0
1+
jωC0
R G0
et γ = jω L0 C0 1 + 0 1 + (A4.11)
jω L0 jω C0
Ainsi les parties réelle (A4.3) et imaginaire (A4.4) s’écrivent sous la forme suivante :
2 R0G0 R 2 G 2
α = ω L0 C0 −1 + 2 + 1 + 0 1 + 0 (A4.12)
2 ω L0C0 ω L0 ω C0
R0G0 R0 G0
2 2
2
et k = ω L0 C0 1 − + 1+ 1+ (A4.13)
2 ω 2 L0C0 ω L0 ωC0
1 2
v= (A4.14)
L0 C0 R 2
G 2
R0G0
1− 2 + 1+ 0
ω L0
1 + 0
ω C0
ω L0C0
Les expressions générales sont factorisées par celles sans pertes, faisant ainsi ressortir le facteur de
pertes induit par les paramètres primaires dissipatifs R0 et G0 .
L0 G0 L0 G L0
Zp ; 1− = +j 0 (A4.15)
C0 2 jωC0 C0 2ω C0 C0
237
Caractérisation de ligne de propagation Annexe 4
G0
et γ ; jω L0C0 1 + (A4.16)
2 jωC0
L’identification de la partie réelle de la constante de propagation développée au premier ordre
(A4.16) donne l’expression développée au premier ordre de l’atténuation (A4.12) :
L0 G0
α; (A4.17)
C0 2
1 2
v= (A4.18)
L0 C0 G 2
1 + 1 + 0
ωC 0
1 1 G 2
v; 1 − 0 (A4.19)
L0C0 2 ωC0
238
Annexe 4 Caractérisation de ligne de propagation
Électrique Acoustique
Impédance L0 Impédance
Zp = Za = ρ c33D
caractéristique C0 acoustique
c33D
Vitesse v = L0 C0 cl = Vitesse
ρ
Zp Za
Inductance L0 = ρ= Masse volumique
v cl
1 Constante
Capacité C0 = c33D = Z acl
Z pv élastique
ℑm ( Z 2p )
Pertes électriques G0 = ω C0 G0 = ω c33
D
δm Pertes électriques
ℜe ( Z 2p )
G ℑm ( Za2 )
Pertes mécaniques δm = 0 δm = Pertes mécaniques
ω C0 ℜe ( Z a2 )
Première v cl Première
f = f =
résonance 2l 2e résonance
239
Caractérisation de ligne de propagation Annexe 4
Dans le cas des solides (n = 0), la conductance G0 ' doit donc être pondérée par la pulsation ω afin
de prendre en compte le fait que les pertes mécaniques δm considérées sont indépendantes de la
fréquence. Il en résulte un paramètre primaire G0 qui est une fonction linéairement croissante avec
la fréquence. Ainsi, de façon similaire à un circuit électrique, les couches passives constituant le
transducteur sont optimisées pour l’application voulue. Le transducteur peut alors être modélisé
dans sa globalité par un schéma électrique équivalent : l’élément piézo-électrique est décrit par un
hexapôle avec un schéma de type Mason-Redwood [1] ou KLM [2] (Annexe 2, Figure A2.4) ; les
éléments passifs sont décrits par un quadripôle avec une ligne de transmission [3] comme représenté
sur la Figure A4.1 avec les constantes données dans le Tableau A4.1.
Ces différents modèles ont été implémentés sous PSPICE [4-7], mais souffrent de distorsion dues
notamment à l’expression exacte des grandeurs (impédance caractéristique Za , vitesse de
propagation cl et pertes mécaniques δm ) faisant apparaître une dispersion fréquentielle.
Bibliographie :
1. Redwood M., Transient performance of a piezoelectric transducer. Journal of the Acoustical
Society of America, 1961. 33(4): p. 527-536.
2. Krimholtz R., Leeddom D.A., Matthei G.L., New equivalent circuit for elementary
piezoelectric transducers. Electronic letters, 1970. 6: p. 398-399.
3. Royer D., Dieulesaint E., Ondes élastiques dans les solides. Tome 2: Génération, interaction
acousto-optique, applications. Masson ed. 1996.
4. Morris S.A., Hutchens C.G., Implementation of Mason's model on circuit analysis
programs. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 1986.
33(3): p. 295-298.
5. Leach [Link]., Controlled source analogous circuits and SPICE models for piezoelectric
transducers. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency Control, 1994.
41(1): p. 60-66.
6. Puttmer A., Hauptmann P., Lucklum R., Krause O., and Henning B., SPICE model for lossy
piezoceramic transducers. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency
Control, 1997. 44(1): p. 60-66.
7. Grégoire J.M., Echographie haute résolution: Technologie et applications en dermatologie
et ophtalmologie. Thèse de doctorat en Science de la Vie et de la Santé. Université François
Rabelais. Académie d’Orléans-Tours, 2002.
240
Annexe 5 Focalisation acoustique
Une source acoustique peut être focalisée par différents moyens : par focalisation
électronique pour une source multi-éléments, par focalisation géométrique pour une source
incurvée, ou par focalisation acoustique avec une lentille acoustique. C’est cette dernière méthode
qui nous intéresse ici, et on cherche à établir une correspondance entre une focalisation géométrique
(par mise en forme) et une focalisation acoustique (par lentille).
A5.1 Focalisation
On distingue deux types de focalisation illustrées par la Figure A4.1 dans le cas d’une source
concave : l’une est (a) géométrique, l’autre est (b) acoustique. La première donne une distance
focale algébrique F égale au rayon de courbure algébrique de la source Rc, tandis que la seconde
nécessite un calcul intermédiaire prenant en compte les propriétés acoustiques de la lentille et du
milieu de propagation.
Rc = F Rc ≠ F
2a 2a
Figure A5.1 : Source acoustique (a) focalisée géométriquement ou (b) avec une lentille acoustique
de rayon a et de rayon de courbure Rc.
241
Focalisation acoustique Annexe 5
milieu environnant de vitesse c0 et la lentille de vitesse longitudinale cl. Il en résulte une focalisation
équivalente à celle générée par une source focalisée géométriquement. Pour cela, la fonction de
transfert de la lentille acoustique est déterminée en fonction de la position radiale r (Figure A5.2).
r
R2
c0 cl c0
z
O1 C2 C1 O2
R1
Afin de déterminer le déphasage ∆ϕ produit par la propagation dans la lentille, une position radiale
r est considérée. L’expression de ∆ϕ est développée en fonction des paramètres acoustiques et
géométriques de la lentille (k l, el) et du milieu de propagation (k 0 , e0 ) :
∆ϕ = ϕl − ϕ0 = kl el + k0 ( e0 − el ) − k0e0 = ( kl −k 0 )el (A5.1)
avec k l et k0 respectivement les nombres d’onde dans la lentille et dans le milieu de propagation,
el = z1z 2 = O1O2 − O1z1 + O2 z 2 l’épaisseur de la lentille à une position radiale donnée r,
avec R1 > 0 et R2 < 0 dans le cas d’une lentille biconvexe illustrée par la Figure A5.2.
En notant z1 et z2 les abscisses amont et aval de surface de lentille pour une position radiale r
donnée, et O1 et O2 celles au centre (r = 0), les distances algébriques relatives sont données par :
O1z1 = O1C1 + C1 z1 = R1 − R1 1 − ( r / R1 ) 2
et O2 z 2 = O2C2 + C2 z 2 = R2 − R2 1 − ( r / R2 ) 2
242
Annexe 5 Focalisation acoustique
L’expression du déphasage induit par la lentille acoustique peut alors se développer en fonction des
nombres d’onde dans la lentille k l et dans le milieu de propagation k 0 , de l’épaisseur au centre de la
lentille e0 , des rayons de courbure algébriques amont R1 et aval R2 :
(
∆ϕ = ( kl − k0 ) el = ( kl − k0 ) O1O2 − O1z1 + O2 z 2 )
⇔ (( )(
∆ϕ = ( k l −k 0 ) e0 − ( kl − k 0 ) R1 − R1 1 − ( r / R1) 2 − R2 − R2 1 − ( r / R2 ) 2 )) (A5.2)
Il est intéressant alors de distinguer le terme invariant du déphasage ∆ϕ0 du terme dépendant de la
position radiale ∆ϕr :
∆ϕ = ∆ ϕ0 + ∆ ϕr avec ∆ϕ0 = ( kl −k 0 ) e0 ,
et (
∆ϕ r = ( k0 − k l ) R1 − R1 1 − ( r / R1 ) 2 − R2 + R2 1 − ( r / R2 ) 2 , ) (A5.3)
Le terme de variation de phase relativement à la référence située sur l’axe (en r = 0) est donné par
l’expression de ∆ϕr.
jkZ 0 e− jkR
p (r , z , k ) = ∫∫S R vn dS
2π
où (
z s = Rc 1 − 1 − ( r / Rc ) 2 )
et Rc = F
243
Focalisation acoustique Annexe 5
vn drs (A5.6)
0 ( z − z s ) 2 + rs2
r 2 + rs2
2π − jk (z −z s )+
2 ( z − z s ) krrs
∫e
− jkR
soit dψ = 2π e
J0
0 z − zs
Le terme de déphasage reste invariant lors de l’intégration angulaire, puisqu’il dépend uniquement
de la position radiale dans le cas d’une configuration axisymétrique. Ainsi, on obtient :
r 2 + rs2
a − jk krrs + jkz s rs
p ( r , z , k ) = jkZ0 e− jkz ∫ e
2( z − z s )
J0 e vn drs
0 z − zs R
244
Annexe 5 Focalisation acoustique
Or, pour une focalisation géométrique, le déphasage induit (A5.4) s’exprime en fonction de la
position radiale r et de la distance focale F :
H g (r, k ) = e
+ j ∆ϕ r , g
=e + jkz s
=e
(
+ jkF 1− 1− (r /F )
2
)
krrs + jk ( F− )v
r 2 + rs2
a − jk F 2 − rs2 rs
p ( r , z , k ) = jkZ0e
2 ( z − zs )
∫e
− jkz
d’où J0 e dr . (A5.7)
z − zs
n
0
R s
Cette formulation approchée reste valable lorsque z – zs >> (r + a)/2, soit z – z s >> a/2 dans l’axe.
Dans le cas de la pression dans l’axe, l’expression (A5.7) obtenue est :
( )v
krs2
a −j
2 ( z − zs ) + jk F− F − rs rs
2 2
rs2
z s = F − F 2 − rs2 ; (A5.9)
2F
( ) = e+ j kr2 F .
2
2 2
+ jk F− F − rs s
d’où Hl ( r , k ) = e
e 2 z F = − j e = − jk e rs
∂rs 2 zF zF
En supposant alors v n indépendant de la position radiale et R > z on obtient :
a
− j krs 1 − 1
2
zF vn
p ( 0, z , k ) = jkZ 0e − jkz e 2 z F
− jk ( F − z ) z 0
F
ka2 1 1
−j −
⇔ p ( 0, z , k ) = p0e − jkz
1− e 2 z F
(A5.10)
F −z
245
Focalisation acoustique Annexe 5
L’expression de la pression dans l’axe obtenue ici est la même que celle donnée par Lucas [2]. En
reprenant l’expression ci-dessus, et en notant de nouveau le terme de déphasage ∆ϕr (A5.3), on
montre que le terme de focalisation est donné par :
a a
F − j kr2sz + j kr2 Fs F − j kr2sz + j ∆ϕr (rs )
2 2 2
p ( 0, z , k ) = − p0e − jkz
e e = − p e − jkz
e e
F − z F − z
0
0
0
or ∆ϕ r ( 0 ) = 0 ,
F
ka2
−j
p ( 0, z , k ) = p0 e 1 − e 2 z e r ( )
− jkz + j ∆ϕ a
d’où (A5.11)
F −z
( z − z s ) 2 + rs2 = z 2 + rs2 − zs ,
et au dénominateur :
( z − z s ) 2 + rs2 = z 2 + rs2
Cette formulation est intéressante car elle fait ressortir un second membre qui fait apparaître la
contribution du terme de déphasage dérivé par rapport à r, à la source du facteur de gain de
focalisation. Le second terme du second membre de (A5.12) fait ressortir l’influence d’un élément
d’intégration du second ordre (vitesse normale v n dérivée par rapport à r), généralement négligé
(hypothèse de vitesse normale v n constante) :
− jk ( )v − jk ( ) ∂vn dr
a
F z 2 + rs2 − z s a
z2 + rs2 − zs
p ( 0, z , k ) = −Z 0 e n − Z 0∫e (A5.13)
F −z ∂rs
s
0 0
En effet, dans les conditions d’approximations décrites par Lucas [2], on retrouve bien le résultat
(A5.10) :
F
2
ka2 a − j krs 1 − 1
−j ∂v
p ( 0, z , k ) = Z 0e − jkz
vn (0) − e 2 z + j ∆ϕ r ( a )
e vn ( a) − Z0 e ∫ e 2 z F n drs (A5.14)
− jkz
F −z ∂rs
0
246
Annexe 5 Focalisation acoustique
La contribution du profil de la dérivée par rapport à r de la vitesse normale v n pour une source
focalisée a été isolée dans le membre de droite, et permet, le cas échéant de corriger la formulation
de Lucas pour un profil de vitesse normale variable selon la position radiale r.
Cette fonction de transfert est intégrée sur la surface active du transducteur r ∈ [0, a] pour aboutir à
une correspondance entre la distance focale F et les paramètres acoustiques et géométriques de la
lentille (k l, el) et du milieu de propagation (k ), mais aussi en fonction des rayons (a, R1 , R2 ),
respectivement les rayons de la source, de courbure algébrique amont, et aval.
Par identification des termes de déphasage géométrique ∆ϕr,g et acoustique ∆ϕr après intégration
(A5.11), on trouve l’expression reliant la distance focale F pour une focalisation avec une lentille
acoustique de rayons de courbure amont et aval R1 et R2 :
(
∆ϕ r, g ( a ) = k F − F 1 − (a /F )2 ) (A5.15)
et (
∆ϕ r ( a ) = ( k − kl ) R1 − R1 1 − ( a / R1) 2 − R2 + R2 1 − ( a / R2 ) 2 ) (A5.16)
2 R − ean 2
Frayon = (A5.17)
2 (1 − n )
ea = R1 − R1 1 − ( a / R1 ) 2 − R2 + R2 1 − ( a / R2 ) 2 l’épaisseur de la lentille en r = a,
c0
et n= .
cl
247
Focalisation acoustique Annexe 5
Ø Formulation intégrée :
Par égalisation des termes de déphasage (A5.15) et (A5.16), la distance focale Fintégrée est obtenue :
( (1 − n ) e )
2
+ a2
=
a
Fintégrée (A5.18)
2 (1 − n ) ea
Ø Approximations :
Pour un rayon de courbure grand devant celui de la source Rc >> a, les approximations suivantes
peuvent être faites au niveau des numérateurs de (A5.17) et de (A5.18) :
2 R − ea n2 ; 2 R (A5.19)
( (1 − n ) e ) + a2 ; a 2
2
et a (A5.20)
a2
d’où za = au premier ordre.
2 Rc
Les approximations (A5.20) et (A5.21) permettent d’écrire la formulation approchée :
R
Fapprochée = (A5.22)
1− n
Cette formulation approchée (A5.22) donne une très bonne estimation de la distance focale F pour
les configurations usuelles, pour lesquelles Rc/a > 2 (lignes en pointillés, Figure A5.3). Par contre,
pour les configurations fortement focalisées, la différence peut devenir significative. Les variations
des écarts de Fapprochée relativement aux formulations intégrée Fintégrée (Figure A5.3 (a)) et de la
théorie des rayons Frayon (Figure A5.3 (b)) sont du même ordre de grandeur.
248
Annexe 5 Focalisation acoustique
15
10
5
35 35
10
0.4 0.4
40
30 30
5
0.35 0.35
0.3 0.3
25 25
20
30
25
20
|1-n|
|1-n|
15
0.25 0.25
15
5
35
10
10
25
20 20
0.2 0.2
5
40
0.15 15 0.15 15
0.1 0.1
3035 40
20
30
25
20
10 10
15
0.05 0.05
5
10
15
10
35
25
5
5 5
1.2 1.4 1.6 1.8 2 2.2 2.4 2.6 2.8 1.2 1.4 1.6 1.8 2 2.2 2.4 2.6 2.8
R /a R /a
c c
(a) (b)
Figure A5.3 : Ecart relatif entre (a) la formulation intégrée Fintégrée et (b) celle de la théorie des
rayons Frayon avec celle approchée Fapprochée de la distance focale, en fonction de l’écart relatif des
vitesses |1−n| et du rapport entre le rayon de courbure et celui de la source Rc/a.
(( n − 1) z )
2
2 Rc − za n
2
a + a2 Rc
Biconvexe –Rc Rc 2 ( n −1)
4 ( n − 1) 4 ( n − 1) z a
2Rc − za n 2 ((1 − n ) z )
2
a + a2 Rc
Biconcave Rc –Rc 2 (1 − n )
4 (1 − n ) 4 (1 − n ) z a
2Rc − za n 2 (( n − 1) z )
2
a + a2 Rc
Convexe +∝ Rc 2 ( n − 1) 2 ( n − 1) z a n −1
2Rc − za n 2 ((1 − n ) z )
2
a + a2 Rc
Concave +∝ –Rc 2 (1 − n ) 2 (1 − n ) z a 1− n
249
Focalisation acoustique Annexe 5
Bibliographie :
1. O'Neil H.T., Theory of focusing radiators. Journal of the Acoustical Society of America,
1949. 21(5): p. 516-526.
2. Lucas B.G., Muir T.G., The field of a focusing source. Journal of the Acoustical Society of
America, 1982. 72(4): p. 1289-1296.
3. Cathignol D., Sapozhnikov O.A., Zhang J., Lamb waves in piezoelectric radiator as a
reason for discrepancy between O'Neil's formula and experiment. Journal of the Acoustical
Society of America, 1997. 101(3): p. 1286-1297.
4. Golis M.J., An analysis of the ultrasonic zone lens. IEEE Transactions on Sonics and
Ultrasonics, 1968. 15(2): p. 105-110.
5. Yoon Y.J., Barthe P.G., Benkeser P.J., Variable-focus lens for ultrasound hyperthermia
applications. IEEE Proceedings of the Ultrasonics Symposium, 1990: p. 1661-1664.
6. Yoon Y.J., Benkeser P.J., Sound field calculations for an ultrasonic linear phased array
with a spherical liquid lens. IEEE Transactions on Ultrasonics, Ferroelectrics and Frequency
Control, 1992. 39(2): p. 268-272.
250
Annexe 6 Piézo-électricité et diagrammes de phase
Cette annexe a pour objectif de rappeler très brièvement d’une part les correspondances
entre les classes de symétrie et les structures cristallines. D’autre part, des diagrammes de phases
binaires et ternaires permettent de situer les structures cristallines pour des compositions typiques.
32 classes de symétrie
20 Piézo-électriques
Polarisés sous contraintes
10 Pyro-électriques
Polarisés spontanément
Ferro-électriques
Polarisation réversible
Perovskite
Figure A6.1 : Relations entre les classes de symétrie et les sous-groupes piézo-électriques,
pyro-électriques, ferro-électriques, et structures cristallines [1].
251
Piézo-électricité et diagrammes de phase Annexe 6
Les différents sous-groupes imbriqués sont décrits (Figure A6.1), en passant par les matériaux
piézo-électriques, pyro-électriques et ferro-électriques, jusqu’aux structures cristallines existantes.
Ces structures cristallines permettent d’obtenir des propriétés piézo-électriques variables, et leur
combinaison permet de maximiser certaines caractéristiques. En particulier, la structure cristalline
perovskite ABO 3 possède de très bonnes propriétés piézo-électriques, d’autant plus qu’elle est en
limite de structure cristalline pyrochlore A2 B2 O7 :
(a) (b)
Figure A6.2 : Illustration des mailles élémentaires pour les structures cristallines de type
(a) perovskite cubique ABO3 et (b) pyrochlore A2 B2 O7 .
252
Annexe 6 Piézo-électricité et diagrammes de phase
Figure A6.3 : Diagramme de phase typique pour un système (a) binaire relaxeur-PT [2]
(b) ternaire relaxeur-PZ-PT [3].
(a) La-Orauttapong et al. [4] (b) La-Orauttapong et al. [4] (c) Noheda et al. [5]
Figure A6.4 : Diagrammes de phase binaires du (a) PZT [4], (b) PMN-PT [4], (c) PZN-PT [5].
253
Piézo-électricité et diagrammes de phase Annexe 6
Comme l’illustrent les diagrammes de phases (Figure A6.4), les phases cubique (C), rhomboédrique
(R), et tétragonale (T) obtenues sont bien réparties comme le décrit la Figure A6.3 (a). Par ailleurs,
entre les phases R et T, on observe une phase dite monoclinique de transition, notée MA pour le
PZT, MC pour le PMN-PT, et O pour le PZN-PT [5]. Les réorganisations cristallines et
réorientations de direction de polarisation qui résultent de ces phases monocliniques sont décrites
par Shirane et Gehring [6]. Les propriétés piézo-électriques sont optimisées au sens de la
conversion électro-mécanique (Annexe 1). Elles dépendent de la direction de polarisation choisie et
de sa stabilité dans le temps. Les phases monocliniques sont obtenues à température ambiante
(Figure A6.4, autour de T = 300°K) avec 46 à 48 % de PT pour le PZT, 31 à 33 % de PT pour le
PMN-PT, et 9 à 10 % de PT pour le PZN-PT.
Bibliographie :
1. Gu H., Processing of Pb(Mg1/3Nb2/3)O3-PbTiO3 by a novel coating approach. Ph.D.
Thesis, Drexel Univerity, Drexel, 2003: p. 1-153.
2. Shrout T.R., Eitel R., Zhang S., Randall C., Alberta E., Rehrig P., Recent developments in
transition temperature (Tc) perovskite crystals. IEEE Proceedings of the Ultrasonics
Symposium, 2003: p. 774-777.
3. Park S.E., Shrout T.R., Characteristics of relaxor-based piezoelectric single crystals for
ultrasonic transducers. IEEE Transactions on Ultrasonics Ferroelectrics and Frequency
Control, 1997. 44(5): p. 1140-1147.
4. La-Orauttapong D., Noheda B., Ye Z.G., Gehring P.M., Toulouse J., Cox D.E., Shirane G.,
Phase diagram of the ferroelectric-relaxor (1-x)Pb(Zn1/3Nb2/3)O3-xPbTiO3. Physical
Review B, 2002. 65: p. 1-7.
5. Noheda B., Cox D.E., Shirane G., Gao J., Ye Z.G., Phase diagram of the ferroelectric-
relaxor (1-x)PbMg1/3Nb2/3O3-xPbTiO3. Physical Review B, 2002. 66(5): p. 1-10.
6. Shirane G., Gehring P.M., Structure and dynamics of the ferroelectric relaxors
Pb(Mg1/3Nb2/3)O3 and Pb(Zn1/3Nb2/3)O3. Journal of the American Ceramic Society,
2002: p. 1-19.
254