Intégrales généralisées et intégrabilité
Intégrales généralisées et intégrabilité
Au chapitre précédent nous avons étudié l’intégrale d’une fonction définie sur un intervalle fermé et borné
de R. Nous nous intéressons dans ce chapitre à l’intégration d’une fonction définie sur un intervalle I qui n’est
pas fermé ou qui n’est pas borné, c’est-à-dire sur un intervalle de l’une des formes suivantes :
1. I = [a, b[ où a → R et b → R avec a < b.
2. I =]a, b] où a → R et b → R avec a < b.
3. I =]a, b[ où a → R et b → R avec a < b,.
En d’autres termes, on cherche à intégrer une fonction sur un intervalle non borné ou à intégrer sur un in-
tervalle d’extrémités a et b une fonction non bornée au voisinage de a ou de b. Cette intégrale est qualifiée
d’intégrale généralisée ou encore d’intégrale impropre.
I Généralités
Définition 13 (Fonction localement intégrable)
Soit f une fonction définie sur un intervalle I . On dit que f est localement intégrable (au sens de
Riemann) sur I si pour tout (a, b) → I 2 , la fonction f est Riemann-intégrable sur [a, b].
Exemple 2.1.
1
La fonction x ↑↓↔ x est localement intégrable sur I =]0, +↗[.
Remarque 2.1.
Les résultats que nous avons établis pour l’intégrale de Riemann conduisent aux critères suivants permettant
d’établir qu’une fonction est localement intégrable.
1. Toute fonction continue sur I est localement intégrable sur I .
2. Toute fonction continue par morceaux sur I est localement intégrable sur I .
3. Toute fonction monotone sur I est localement intégrable sur I .
4. L’ensemble des fonctions localement intégrables sur un intervalle I donné est un R-espace vectoriel.
Remarque 2.2.
Dans tous les cas, on dit qu’une intégrale généralisée est divergente si elle n’est pas convergente, c’est-à-dire si
la limite n’existe pas ou est égale à ±↗.
25
CHAPITRE 2. INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES
Définition 15
2
Soit f une fonction localement intégrable sur ]a, b[ où (a, b) → R avec a < b et soit c →]a, b[. On dit que
!c !b
l’intégrale de f sur ]a, b[ est convergente si les 2 intégrales a f (t)dt et c f (t)dt sont convergentes.
!b
Dans ce cas, on appelle intégrale généralisée de f sur ]a, b[ le réel noté a f (t)dt qui est défini par
" b " c " b
f (t)dt = f (t)dt + f (t)dt.
a a c
Exemple 2.2.
1
1. La fonctionf : x → [1, +↗[↑↔ x est continue, donc localement intégrable sur [1, +↗[. On a pour tout
x →]1, +↗[, " x
1
lim dt = lim ln(x) = +↗
x↔+↗ 1 t x↔+↗
! +↗
1
L’intégrale généralisée 1 dt est donc divergente.
t
2. La fonction f : x → R+ ↑↔ e ↓x est continue, donc localement intégrable sur [0, +↗[. Pour tout x → R+ , on a
"x
lim e ↓t dt = lim (1 ↓ e ↓x ) = 1.
x↔+↗ 0 x↔+↗
! +↗
L’intégrale de f sur [0, +↗[ est donc convergente et 0
e↓t dt = 1.
3. La fonction f : x →]0, 1] ↑↔ ↘1 est continue, donc localement intégrable sur ]0, 1]. Pour tout réel x →]0, 1],
x
on a "
↘ 1
1
lim+
↘ dt = lim+ (2 ↓ 2 x) = 2.
x↔0 x t x↔0
!1
L’intégrale de f sur ]0, 1] est donc convergente et 0 ↘1 dt = 2.
t
4. La fonction f : x → R+ ↑↔ sin(x) est continue, donc localement intégrable sur [0, +↗[. On a pour tout réel
x → R + +, " x
sin(t)dt = [↓ cos(t)]x0 = 1 ↓ cos(x),
0
et cosinus n’a pas de limite en +↗. L’intégrale de f sur [0, +↗[ est donc divergente.
1
5. La fonction f : x → R+ ↑↔ 1+x 2 est continue, donc localement intégrable sur [0, +↗[. Pour tout réel x → R+ ,
on a "x
1 ω
lim dt = lim arctan(x) = .
x↔+↗ 0 1 + t 2 x↔+↗ 2
! +↗
1 ω
L’intégrale de f sur [0, +↗[ est donc convergente et 0 1+t 2 dt = 2 . De même, f étant continue sur
] ↓ ↗, 0], elle est localement intégrable sur ] ↓ ↗, 0]. Pour tout réel x → R↓ , on a
" 0
1 ω
lim 2
dt = lim ↓ arctan(x) = .
x↔↓↗ x 1+t x↔↓↗ 2
!0
1
L’intégrale de f sur ] ↓ ↗, 0] est convergente et ↓↗ 1+t 2 dt = ω/2. On en déduit que l’intégrale de f sur R
est convergente et
" +↗ "0 " +↗
1 1 1
2
dt = 2
dt + dt = ω
↓↗ 1 + t ↓↗ 1 + t 0 1 + t2
Remarque 2.3.
! +↗ !x
1. Il est inexact d’écrire ↓↗
f (t)dt = lim f (t)dt. Si c’était le cas, toute fonction impaire continue sur
x↔+↗ ↓x
R aurait une intégrale convergente égale à zéro.
26
I. GÉNÉRALITÉS
2. Avant de calculer l’intégrale d’une fonction sur un intervalle donné il faut s’assurer que la fonction
considérée est bien intégrable sur cet intervalle. Ainsi la fonction x → R≃ ↑↔ 1x n’est pas localement
!0 !1
Riemann-intégrable sur [↓1, 1]. En effet, les intégrales ↓1 1t dt et 0 1t dt sont divergentes. Un calcul sans
précaution pourrait conduire à écrire
" 1
1
dt = [ln(|t|)]1↓1 = 0,
↓1 t
Preuve. !x !x
Soient F1 : x ↑↔ a f (t)dt la primitive de f sur [a, b[ qui s’annule en a et F2 : x ↑↔ a f˜(t)dt la primitive de f˜ sur
[a, b] qui s’annule en a, alors
⇐x → [a, b[: F1 (x) = F2 (x).
Or F2 est continue sur [a, b], on déduit que F2 est le prolongement par continuité de F1 et on
" b
lim F1 (x) = F2 (b) = f˜(t)dt.
x↔b a
↭
Exemple 2.3.
!1
Calculons l’intégrale 0 f (t)dt où f est la fonction définie sur ]0, 1] par f (x) = x ln(x). On a f est bien continue
sur ]0, 1]. Puisque
lim+ f (x) = 0,
x↔0
alors on peut définir
si 0 < x ↭ 1
x ln(x)
f˜(x) :=
0 si x = 0
et définir l’intégrale de f sur ]0, 1] comme l’intégrale de f˜ sur [0, 1]. Puisque f˜ est continue, cette intégrale est
bien définie. Or "
x2 x2
x ln(x)dx = ln(x) ↓ + cte,
2 4
alors on peut considérer 2
2
' x2 ln(x) ↓ x4
si 0 < x ↭ 1
F(x) =
0 si x = 0
qui est une primitive de f˜ continue sur [0, 1]. Ainsi, par la proposition ci-dessus, on déduit que
" 1 " 1
f (t)dt = f'(t)dt = F(1) ' = ↓1.
' ↓ F(0)
0 0 4
Proposition 2.2.
Soit f une fonction localement
! +↗ Riemann-intégrable sur [a, +↗[. Si f admet une limite non nulle en +↗ alors
l’intégrale généralisée a f (t)dt diverge.
Remarque 2.4.
La proposition ci-dessus indique que si f est une fonction localement
! +↗ Riemann intégrable sur [a, +↗[ ad-
mettant une limite en +↗ alors pour que l’intégrale généralisée a f (t)dt converge, il est nécessaire que f
tende vers !0 en +↗. La condition n’est bien entendu pas suffisante comme le prouve l’exemple de l’intégrale
+↗
généralisé 1 1t dt qui diverge.
27
CHAPITRE 2. INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES
Proposition 2.5.
Soient f , g : [a, b[↔ R deux fonctions localement intégrables.
!b !b
1. Si ⇐t → [a, b[: f (t) ⇒ 0 et a f (t)dt converge, alors a f (t)dt ⇒ 0.
!b !b !b !b
2. Si ⇐t → [a, b[: f (t) ⇑ g(t) et a f (t)dt, a g(t)dt convergent, alors a f (t)dt ⇑ a g(t)dt.
Exemple 2.4.
!1
Appliquons la formule d’intégration par parties pour calculer 0 ln(t) dt. La fonction t ↑↔ ln(t) est continue
sur ]0, 1 ] donc localement intégrable sur ]0, 1]. Considérons les deux fonctions
On a
1
u ⇓ : t →]0, 1] ↑↓↔ et v : t →]0, 1] ↑↓↔ t.
t
!1
Les fonctions u et v sont de classe C 1 sur ]0, 1] et lim+ u(t)v(t) = 0. De plus, l’intégrale généralisée 0
u ⇓ (t)v(t)dt
t↔0
converge puisque
" 1 " 1
u ⇓ (t)v(t)dt = 1dt = 1.
0 0
28
III. CALCUL DES INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES
!1
La formule d’intégration par parties indique que l’intégrale généralisée 0 ln(t) dt converge et que
" 1 " 1
ln(t) dt = u(1)v(1) ↓ lim+ u(t)v(t) ↓ u ⇓ (t)v(t)dt
0 t↔0 0
= 0⇔1↓0↓1
= ↓1.
Exemple 2.5.
! +↗ ↘1+x↓1
Calculons l’intégrale généralisée 0 x(x+1)
dx.
↘
1+x↓1
La fonction f : x →]0, +↗[↑↓↔ x(x+1) est continue sur ]0, +↗[ et par conséquent localement intégrable sur cet
intervalle. ↘
La fonction x ↑↓↔ 1 + x est une bijection de classe 1
↘ C définie sur l’intervalle ]0, +↗[ et à valeur dans ]1, +↗[.
En appliquant le changement de variable t = 1 + x, on a x = t 2 ↓ 1 puis dx = 2tdt et, sous réserve de conver-
gence :
" +↗ ↘ " +↗ " +↗
1+x↓1 t ↓1 dt
dx = 2 2
2t dt = 2
0 x(x + 1) 1 t (t ↓ 1) 1 t(t + 1)
1
La fonction t ↑↔ t(t+1)
est continue sur [1, +↗[. Soit A → [1, +↗[, on a
" A " A ( )
1 1 1 A
dt = ↓ dt = [ln t ↓ ln(t + 1)]A
1 = ln + ln 2 ↓↔ ln 2.
1 t(t + 1) 1 t t +1 A+1 A↔+↗
! +↗ ↘
! +↗ 1+x↓1
dt
On en déduit que l’intégrale 1 t(t+1) converge donc que l’intégrale 0 x(x+1)
dx converge 1 par changement
de variables et on a : " +↗ ↘
1+x↓1
dx = 2 ln 2.
0 x(x + 1)
3 Intégrales de référence
Proposition 2.8 (Intégrales généralisées de Riemann 2 ).
Soit ε → R. !1
1. L’intégrale généralisée 0 t1ε dt est convergente ↖↙ ε < 1.
! +↗
2. L’intégrale généralisée 1 t1ε dt est convergente ↖↙ ε > 1.
Preuve.
Pour tout réel ε, la fonction f ε : x ↑↔ x1ε est continue sur ]0, +↗[ et par conséquent localement intégrable sur
]0, +↗[. Pour tout x →]0, 1[, la fonction
" 1 * +
1 1↓ε
1 1↓ε 1 ↓ x
si ε ! 1
Fε (x) = ε
dt =
↓ ln(x)
x t si ε = 1
1. Ne pas oublier qu’il faut prouver la convergence de cette intégrale avant de calculer sa valeur !
2. On ne confondra pas les intégrales de Riemann définies ici avec la notion d’intégrale au sens de Riemann introduite au chapitre
précédent.
29
CHAPITRE 2. INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES
admet une limite lorsque x tend vers 0 si et seulement si ε < 1. Par ailleurs, pour tout x →]1, +↗[, la fonction
" x * +
1
1 1↓ε ↓ 1 si ε ! 1
1↓ε x
Fε (x) = ε
dt =
1 t ln(x) si ε = 1
ϑ > 1, ε → R
ou .
ϑ = 1, ε > 1
!a
1
2. Pour a →]0, 1[ fixé, l’intégrale généralisée 0 xϑ | ln(x)|ε
dx est convergente si et seulement si :
ϑ < 1, ε → R
ou .
ϑ = 1, ε > 1
Preuve.
On rappelle la définition séquentielle de la limite d’une fonction dans le cas général. La fonction g : [a, b[↓↔ R
admet une limite l en b si et seulement si pour toute suite (xn )n d’éléments de [a, b[ qui converge vers b, la suite
(g(xn ))n converge vers l.
Ainsi, pour démontrer
!x la proposition, il suffit d’appliquer la définition mentionnée ci-dessus à la fonction
F : x → [a, b[↑↓↔ a f (t)dt. ↭
30
IV. CRITÈRES GÉNÉRAUX DE CONVERGENCE D’UNE INTÉGRALE GÉNÉRALISÉE
La condition importante pour utiliser les critères que nous allons présenter, est que la fonction soit de signe
constant sur l’intervalle d’intégration.
Proposition 2.11.
!b
Soit f une fonction localement intégrable sur [a, b[ à valeurs positives. L’intégrale généralisée a f (t)dt converge
!x
si et seulement si il existe M → R≃+ tel que pour tout x → [a, b[ on ait a f (t)dt ⇑ M.
Preuve. !b !b
Selon la définition 14, l’intégrale a f (t)dt converge si et seulement si la fonction F : x → [a, b[↑↓↔ a f (t)dt a
une limite à gauche en b. Comme ⇐x → [a, b[: F ⇓ (x) = f (x) ⇒ 0, alors la fonction F est croissante sur [a, b[. Ainsi,
selon le théorème de la limite monotone, la fonction F admet une limite finie lorsque x ↔ b ↓ si et seulement si
F est majorée. ↭
Définition 16 (Rappel)
Soient f et g deux fonctions positives définies sur [a, b[, telles que g ne s’annule pas au voisinage de
b.
1. On dit que la fonction f est dominée par la fonction g au voisinage de b, et on note f =↓ ′(g),
b
si :
∝ς, ∝C > 0, ⇐x → [b ↓ ς, b[: f (x) ⇑ Cg(x).
2. On dit que f est négligeable devant g à gauche de b, et on note f =↓ ∞(g), si :
b
f (x)
lim = 0.
x↔b↓ g(x)
f (x)
lim = 1.
x↔b↓ g(x)
31
CHAPITRE 2. INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES
Corollaire 2.1.
Soient f et g deux fonctions localement intégrables et positives sur [a, b[.
!b !b
1. Si f =↓ ′(g), alors l’intégrale a g(t)dt converge =↙ l’intégrale a f (t)dt converge.
b
!b !b
2. Si f =↓ ∞(g), alors l’intégrale a g(t)dt converge =↙ l’intégrale a f (t)dt converge.
b
!b !b
3. Si f ∈↓ g, alors les intégrales généralisées a f (t)dt et a g(t)dt sont de même nature.
b
Exemple 2.7.
! 1 1↓cos(x)
Étudions la convergence de l’intégrale généralisée 0 x4
dx.
!1
x2 1↓cos(x)
On sait que 1↓cos(x) ∈ 2 , alors x4 ∈ 2x12 . Or l’intégrale généralisée 0 2x12 dx est divergente (car ε = 2 > 1),
0
! 1 1↓cos(x) 0
alors l’intégrale généralisée 0 x4
dx est aussi divergente.
Corollaire 2.2 (Premier critère de Riemann).
Soit f une fonction localement intégrable sur [a, +↗[ et à valeurs positives.
! +↗
1. S’il existe ε →]1, +↗[ et C → R≃+ tels que f (t) ∈ t
c
ε alors l’intégrale généralisée
a
f (t)dt converge.
+↗
! +↗
2. S’il existe ε →] ↓ ↗, 1] et C → R≃+ tels que f (t) ∈ tCε alors l’intégrale généralisée a f (t)dt diverge.
+↗
Exercice 2.2.
Déterminer la nature des intégrales généralisées suivantes :
!ω ! +↗ ! +↗ ln(x)
2. 0 ↘1 dt. 3.
1. 02 cos(t) ln(tan(t))dt. t 1+t 2 0 x+e↓x dt.
Proposition 2.14.
Toute intégrale généralisée absolument convergente est convergente.
Preuve. !b
Supposons que l’intégrale généralisée a f (t)dt soit absolument convergente ce qui signifie que l’intégrale
!b
généralisée a |f (t)|dt converge. Elle satisfait par conséquent le critère de Cauchy,
,," y ,,
⇐ϱ > 0, ∝c → [a, b[, ⇐x, y → [c, b[: ,,
, |f (t)|dt ,,, ⇑ ϱ.
x
32
VI. SEMI-CONVERGENCE
Remarque 2.5.
La réciproque de la proposition est fausse ; une intégrale généralisée peut être convergente sans être absolu-
! +↗ sin(t)
ment convergente. C’est le cas de l’intégrale généralisée 0 t qui converge mais ne converge pas absolu-
ment.
Exemple 2.8. ,, ,
sin(t) ,
! +↗
1
Pour tout t → [1, +↗[, on a ,, t 2 ,, ⇑Étant donné que l’intégrale de Riemann 1 t12 dt converge, le critère de
t2
.
! +↗ ,, sin(t) ,,
comparaison implique que l’intégrale généralisée 1 ,, t 2 ,, dt converge également. Par conséquent, l’intégrale
! +↗ sin(t)
généralisée 1 t2
dt converge absolument.
VI Semi-convergence
Définition 18
!b
Soit f une fonction localement intégrable sur [a, b[. On dit que l’intégrale généralisée a f (t)dt est
semi-convergente s’il s’agit d’une intégrale généralisée convergente mais non d’une intégrale géné-
ralisée absolument convergente.
Remarque 2.6.
!b
Si f est une fonction localement intégrable sur [a, b[ de signe constant et si l’intégrale généralisée a f (t)dt est
convergente alors l’intégrale généralisée est absolument convergente. La notion d’intégrale semi-convergente
n’a d’intérêt que pour des fonctions qui ne sont pas de signe constant.
Théorème 2.2 (Théorème d’Abel).
Soient f et g deux fonctions localement intégrables sur [a, +↗[. Si les deux conditions suivantes sont satisfaites :
1. la fonction f est positive, décroissante sur [a, +↗[ et lim f (x) = 0 ;
x↔+↗
2. il existe une constante M > telle que
,," x ,,
⇐x → [a, +↗[: ,,, g(t)dt ,,, ⇑ M;
a
! +↗
alors l’intégrale généralisée a
f (t)g(t)dt est convergente.
Exemple 2.9.
! +↗ sin(t) sin(t)
Vérifions que l’intégrale 0 ↘ dt est convergente. La fonction t ↑↔ ↘ est prolongeable par continuité en
2 t 2 t
0, donc localement intégrable sur [0, +↗[. D’après la relation de Chasles, on a
" +↗ " 1 " +↗
sin(t) sin(t) sin(t)
↘ dt = ↘ dt + ↘ dt.
0 2 t 0 2 t 1 2 t
1
La fonction f : t → [1, +↗[↑↔ ↘ est positive, décroissante et lim f (t) = 0 ; pour tout x → [1, +↗[, on a
2 t t↔+↗
,," x ,,
,, sin(t)dt ,,, = | cos(x) ↓ cos(1)| ↭ 2.
,
1
! +↗ sin(t) ! +↗ sin(t)
Le théorème d’Abel indique que l’intégrale 1 ↘ dt est convergente. On en conclut que
0
↘ dt est
2 t 2 t
convergente. * +
! +↗ sin(t) ! +↗ .
Cette intégrale est appelée intégrale de Fresnel et on montre que 0 ↘ dt =
0
sin t 2 dt = 12 ω2 .
2 t
33