Chapitre 1 : Généralités et principe des Vérifications
I. Présentation des Eurocodes
Les Eurocodes sont les nouveaux codes de conception et de calcul des ouvrages de structure
destinés à remplacer les règlements actuels, (par exemple l’EC 2 pour le BAEL et le BPEL, et
l’EC 3 pour les CM 66).
I.1 Objectifs :
- favoriser le développement du marché unique européen pour les produits et les services
d’ingénierie (suppression des obstacles dus à des pratiques nationales codifiées différentes)
- améliorer la compétitivité de l’industrie européenne
En général, Il existe 10 types d’Eurocodes :
EN 1990 : Bases de calcul des structures (EC0)
EN 1991 : Actions sur les structures (EC1)
EN 1992 : Structures en béton (EC2)
EN 1993 : Structures en acier (EC3)
EN 1994 : Structures mixtes acier-béton (EC4)
EN 1995 : Structures en bois (EC5)
EN 1996 : Structures en maçonnerie (EC6)
EN 1997 : Calcul géotechnique (EC7)
EN 1998 : Résistance au séisme (EC8)
EN 1999 : Structures en aluminium (EC9)
I.2 Principe des justifications
Il faut vérifier les aspects suivants :
• Calcul aux États Limites (EL)
• État Limite : État d’une structure au-delà duquel sa fonction n’est plus remplie.
• En général 2 types :
État Limite de Service (ELS)
État Limite Ultime (ELU)
• ELS : liés aux conditions normales d’exploitation, et de durabilité en service
Comportement linéaire des matériaux (élasticité) avec des charges non pondérées
• ELU : Capacité portante, sécurité des biens et des personnes
Comportement non linéaire des matériaux avec des charges pondérées
• Paramètres influençant la sécurité :
– matériaux : incertitude sur la valeur des résistances (hétérogénéité, dispersion…)
– charges : valeurs des actions s’exerçant sur l’ouvrage, simultanéité des différentes actions.
– modèles de calcul : calcul RdM en élasticité
=> Méthode de calcul (aux EL) semi-probabiliste avec coefficients partiels de sécurité
I.3 Actions et sollicitations
3.1. Actions
L’Eurocode 0 distingue trois classes d’action, en fonction de leur variation dans le temps :
– les actions permanentes (Gk), le poids propre des structures, les équipements fixes et les
revêtements de chaussée, et les actions indirectes provoquées par un retrait et des tassements
différentiels ;
– les actions variables (Qk), ce sont les charges d’exploitation sur planchers, poutres et toits des
bâtiments, les actions du vent ou les charges de la neige ;
– les actions accidentelles (Ak), les explosions ou les chocs de véhicules ou les séismes.
Les actions dues à l’eau peuvent être considérées comme permanentes et/ou variables, selon la
variation de leur grandeur dans le temps.
3.2. Sollicitations
a) Calcul des sollicitations
Les sollicitations sont les efforts (effort normal et effort tranchant) et les moments (moment
fléchissant et le moment de torsion) calculés a partir des actions par des méthodes appropriées.
b) Hypothèses et principe de calcul des sollicitations
D’une façon générale, les sollicitions sont calculées en utilisant pour sa structure un modèle
élastique et linéaire. On emploie les procédés de la mécanique des structures à partir des
combinaisons d’action. Pour la détermination des inconnues hyperstatique, on prend en compte
la section totale du béton seul, les pièces sont supposées non fissurées et sans armatures.
Le modèle élastique et linéaire est insuffisant pour les justifications vis-à-vis de la stabilité de
forme, de plus il ne permet pas de bien rendre compte de certain phénomène, par exemple pour
une calcule des déformations ainsi que pour le comportement des actions accidentelles.
Une construction peut être soumise en grande nombre de combinaison d’action dont on
retiendra les plus défavorables. Il faut donc procéder en deux étapes :
- Etablir les différentes combinaisons d’action ;
- rechercher la combinaison d’action le plus défavorable vis-à-vis de l’état limite étudié.
c) Combinaisons fondamentales
II. Béton
II.1 Classes de résistance à la compression
La résistance caractéristique du béton en compression, notée fck, est définie à 28 jours d’âge.
À titre d’exemple, fck = 25 MPa pour la classe C25/30.
L’eurocode 2 limite son domaine d’application aux bétons de résistance caractéristique
inférieure ou égale à 90 MPa.
Pour les ponts, l’eurocode 2 recommande de retenir les classes de résistance des bétons entre
une valeur minimum Cmin = C30/37 et une valeur maximum Cmax = C70/85
2.1.1 Résistance de calcul pour la compression
La résistance de calcul retenue pour la flexion est prise égale à :
avec coefficient généralement fixé à 1,5 sauf en accidentel où il est pris égal à 1,2.
αcc = 1 (la France reconduit cette valeur dans son Annexe nationale).
Ainsi, pour une classe C25/30, fcd = 25/1,5 = 16,7 MPa. En situation incendie, est pris égal
à 4 (DTU Feu 80 retenait 1,3).
Cette valeur de fcd doit être minorée de 10 % si la section béton se réduit vers la zone de
compression maximale. L’eurocode 2 retient αcc = 0,9 et non 0,8 comme le BAEL.
II.2 Résistance à la traction
La résistance du béton en traction est en général caractérisée par trois formules.
2.2.1 Traction moyenne
fctm = 0,[Link] 2/3 pour les bétons de classe C12 à C50
fctm = 2,[Link](1 + (fcm/10)) pour les classes supérieures à C50
avec la notion de résistance moyenne fcm = fck + 8 (MPa)
• valeur caractéristique inférieure fctk0,05 = 0,[Link] (fractile 5 %)
• valeur caractéristique supérieure fctk0,95 = 1,[Link] (fractile 95 %)
2.2.2 Traction de calcul
fctd = αct fctk/γc (3.15)
avec αct = 1 (valeur reconduite en Annexe nationale) et γc = 1,5
Soit fctd = 0,47 fctm
2.2.3 Traction flexion
L’eurocode 2 définit également une contrainte de flexion traction fctm,fl :
fctm,fl = [1,6 – h/1 000] fctm > fctm
où h est la hauteur de l’élément exprimée en mm (h > 100 mm).
Cette grandeur sert à évaluer le moment dit de première fissuration (ELS).
II.3 Module de déformation
Le module sous charges de courte durée est noté Ecm. Il représente la valeur moyenne du
module sécant à la courbe contrainte déformation du béton du code européen CEB 90 (fig. 2)
et correspondant à 0,[Link].
fcm = fck + 8 MPa
2.3.1 Résistance en compression du béton à l’âge t
Il peut être nécessaire de spécifier la résistance en compression du béton fck(t), à l’instant t,
pour un certain nombre de phases.
La résistance en compression du béton à l’âge t dépend du type de ciment, de la température
et des conditions de cure :
2.3.2 Résistance en traction avec le temps fctm(t)
2.3.4 Module de déformation avec le temps
II.4 Fluage et retrait
III. Aciers
III.1 Généralités
III.2 Résistance
III.3 Hypothèses de calcul