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Origine des tufs à cristaux au Québec

Ce document analyse un empilement de volcanoclastites dans la sous-province de La Grande au Québec, en se concentrant sur l'origine des tufs à cristaux. Il établit que ces tufs résultent d'explosions pyroclastiques et de processus de transport par courants de turbidité, avec une influence significative d'un volcan sous-marin. L'étude propose un modèle génétique basé sur l'interprétation géochimique et pétrographique des échantillons collectés sur le terrain.

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Origine des tufs à cristaux au Québec

Ce document analyse un empilement de volcanoclastites dans la sous-province de La Grande au Québec, en se concentrant sur l'origine des tufs à cristaux. Il établit que ces tufs résultent d'explosions pyroclastiques et de processus de transport par courants de turbidité, avec une influence significative d'un volcan sous-marin. L'étude propose un modèle génétique basé sur l'interprétation géochimique et pétrographique des échantillons collectés sur le terrain.

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MB 99-34

L'ORIGINE DES TUFS A CRISTAUX: ETUDE D'UN EMPILEMENT DE VOLCANOCLASTITES DANS LA


SOUS-PROVINCE DE LA GRANDE
Gouvernement du Québec
Ministère des Ressources naturelles
Secteur des mines

L'origine des tufs à cristaux:


étude d'un empilement
de volcanoclastites dans
la sous-province de la Grande
Pierre-Simon Ross
Francine Fallara
James Moorhead

MB 99-34

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1999 Québec cc
DOCUMENT PUBLIÉ PAR GÉOLOGIE QUÉBEC

Direction
Jean-Louis Caty

Responsable des études géologiques


Robert Marquis

Accepté pour publication le 99/06/10

Auteurs
Pierre-Simon Ross, Université du Québec à Chicoutimi
Francine Fallara, Unité de recherche et de service en technologie minérale de l'Abitibi-Témiscamingue
James Moorhead, Ministère des ressources naturelles du Québec

Lecture critique
Wulf Mueller, Pierre Cousineau, Jean Goutier

Édition
Denis L. Lefebvre

NOTE

Ce document est une reproduction fidèle du manuscrit soumis par l'auteur


sauf pour une vérification et une mise en page sommaire destinées à assurer
une qualité convenable de reproduction. Le manuscrit a cependant fait
l'objet d'une lecture critique et de commentaires à l'auteur avant la remise de
la version finale au ministère.

Ce document a été soumis, par l'auteur principal, comme rapport d'un


projet de fin d'études au département des Sciences de la Terre de l'Université
du Québec à Chicoutimi (Médaille de bronze VIP Gélinas de l'Association
géologique du Canada).

Dépôt légal — Bibliothèque nationale du Québec


0 Gouvernement du Québec, 1999
IÎÎ

RÉSUMÉ

L'empilement de volcanoclastites du lac Wotminis fait partie du Groupe de Yasinski, dans la


sous-province de La Grande (archéen), Baie, James, Québec. Les objectifs de ce rapport sont
d'interpréter le mécanisme de fragmentation des volcanoclastites, ainsi que leur processus de
transport/déposition, et d'identifier le milieu de dépôt pour arriver à un modèle génétique tenant
compte de la présence de tufs à cristaux.
L'analyse de la section stratigraphique de l'affleurement permet la reconnaissance des divisions
des turbidites sablonneuses de haute densité S2-S3 de Lowe (1982) et de la succession Tabcde
des turbidites classiques. Ceci permet d'affirmer que les lits de tuf et tuf à lapilli du secteur
d'étude ont été déposés par des courants de turbidité de haute densité évoluant en courants de
turbidité de faible densité.
Les empilements granodécroissants dans l'empilement de volcanoclastites s'expliquent par de
grands apports momentanés de matériel, ce qui concorde avec des coulées de masse sous-
marines à caractère turbiditique se déposant par pulsions successives.
Le mode de fragmentation est déterminé à partir de la pétrographie des tufs grossiers. Le
comptage de points a révélé l'existence de deux types de tufs grossiers: les tufs à cristaux et les
tufs lithiques. L'abondance de cristaux idiomorphes de plagioclase dans les tufs à cristaux (sans
constituants vitreux) implique un enrichissement en cristaux par rapport aux laves porphyriques
constituant l'encaissant des tufs (source probable); le seul mode de fragmentation compatible
avec cette abondance de cristaux est l'explosion pyroclastique d'un magma porphyrique.
Cependant la présence dans les tufs lithiques de cinq types de fragments lithiques volcaniques
non vésiculaires et non vitreux, aux textures distinctes (aphanitique, microporphyrique, etc.)
demande une explosion phréatomagmatique qui aurait détruit une partie du volcan, emportant
d'anciennes coulées de lave aux textures diverses. La présence d'un volcan sous-marin est
supportée par la géochimie des volcanites (laves coussinées encaissantes et filons-couches
recoupant les volcanoclastites) qui montrent une affinité d'îles en arc. Ceci permet de postuler
que la partie sous-marine distale d'un arc volcanique est le milieu de déposition des laves et des
volcanoclastites.
Une explosion phréatomagmatique est donc la source la plus probable de tous les fragments
(fragments lithiques volcaniques et cristaux). Cependant des procédés tels le vannage des
particules fines durant le transport à l'intérieur de coulées de masse turbulentes peuvent être
invoqués pour expliquer l'enrichissement en cristaux responsable de la formation de tufs à
cristaux.

TABLE DES MATIÈRES

RÉSUMÉ iii
Table des matières iii
Liste des figures iv
Liste des tableaux v
Liste des planches v

1. INTRODUCTION 1
1.1 Problématique 1
1.2 Objectifs ......................... 1
1.3 Localisation 1
1.4 Méthodologie ................. ............... 1

2. GÉOLOGIE RÉGIONALE DU FEUILLET 33F/06 4


iv

TABLE DES MATIÈRES (SUITE)


3. ASPECTS THÉORIQUES 4
3.1 Turbidites classiques 6
3.2 Turbidites de haute densité 7
3.3 Considérations générales sur les volcanoclastites 8

4. SECTEUR D'ÉTUDE 9
4.1 Volcanites et géochimie 9
4.2 Volcanoclastites 9
4.2.1 Lits de tuf à lapilli 9
4.2.2 Lits de tuf 11
4.2.3 Déformation syn-sédimentaire et cailloux d'arrachement . 11
4.2.4 Successions granodécroissantes 15

5. PÉTROGRAPHIE 15
5.1 Pétrographie des volcanites 15
5.1.1 Filons-couches 15
5.1.2 Coulées de lave (généralement coussinées) 15
5.2 Pétrographie des volcanoclastites 17
5.2.1 Les tufs grossiers 19
5.2.2 Divisions Tc_e 22

6. DISCUSSION 26
6.1 Interprétation des processus de transport et déposition des volcanoclastites 26
6.2 Interprétation du mode de fragmentation 26
6.3 Milieu de dépôt 27
6.4 Modèle génétique 28

7. CONCLUSIONS 30

8. REMERCIEMENTS 31

9. RÉFÉRENCES 31

Annexe 1: Tableau des observations pétrographiques


Annexe 2: Données pour la géochimie
Annexe 3: Figures et planches couleur

LISTE DES FIGURES


Figure 1 : Localisation du secteur d'études dans le Moyen-Nord québécois ...... ... 2

Figure 2 : Localisation exacte du secteur d'étude 3

Figure 3 : Géologie simplifiée de la partie ouest du feuillet SNRC 33F Ann. 3

Figure 4 : Stratigraphie schématique de la partie ouest du feuillet 33F 5

Figure 5 : La succession classique de Bouma 6

Figure 6 : Comparaison des deux types de turbidites classiques 6


V

LISTE DES FIGURES (SUITE)


Figure 7: Turbidites sablonneuses et gréseuses de haute densité 7

Figure 8 : Résumé des modèles pour les différents types de turbidites et


de l'évolution possible de d'un vers l'autre 8

Figure 9 : Diagramme de classification des roches volcaniques


(K2O + Na2O) vs SiO2 10

Figure 10 : Abondances normalisées (par rapport au manteau


primitif) des éléments incompatibles 10

Figure 11 : Carte de détail d'une partie de l'affleurement, montrant la position de la


section stratigraphique Ann. 3

Figure 12 : Section stratigraphique schématique du secteur d'études ................... 12

Figure 13 : Agrandissement A de la section stratigraphique 13

Figure 14 : Agrandissement B de la section stratigraphique 14

Figure 15 : Diagramme ternaire des tufs de Schmidt (1981) à partir des


résultats du comptage de points sur les tufs grossiers 24

Figure 16 : Modèle de genèse de la séquence de tufs du lac Wotminis 29

LISTE DES TABLEAUX


Tableau 1 : Résumé des critères pour différentier les coulées de masse
subaqueuses à caractère primaire et secondaire 8

Tableau 2 : Volcanites: résumé des observations pétrogr. pour chaque lame mince 17

Tableau 3: Volcanoclastites : résumé des observations pétrogr, pour chaque lame mince 18

Tableau 4 : Résultats du comptage de points sur les tufs grossiers 23

Tableau 5 : Arguments en faveur d'un milieu de déposition sous-marin, près d'un


arc volcanique 28

LISTE DES PLANCHES


Planche 1 : Volcanites (photos de terrain) Ann. 3

Planche 2 : Volcanoclastites (photos de terrain) Ann. 3

Planche 3 : Déformation syn-sédimentaire (photos de terrain) Ann. 3

Planche 4 : Photomicrographies de volcanites (laves et filons-couches) 16

Planche 5 : Photomicrographies de tufs à cristaux 20

Planche 6 : Photomicrographies de tufs lithiques 21

Planche 7 : Photomicrographies de Tc, Td et Te 25


1. INTRODUCTION pétrographie des volcanoclastites, qui doit
permettre de : a) préciser la nature et les
Suite aux travaux de cartographie entrepris pourcentages des différents constituants,
depuis 1996 par le ministère des ressources notamment à l'aide du comptage de points;
naturelles du Québec (MRNQ) dans la b) décrire les textures et les structures
région de la rivière La Grande, secteur LG-2 sédimentaires et volcaniques.
(exemple: Goutier, 1998), une étude L'étude du mode de transport et de
géochimique et volcanologique des déposition est plutôt faite à partir d'une
ceintures volcaniques a été initiée pour section stratigraphique détaillée de
évaluer leur potentiel pour les sulfures l'empilement de volcanoclastites. Les
massifs volcanogénes (SMV). Ce projet analyses géochimiques de laves
("SMV Moyen-Nord") doit donner lieu à deux encaissantes s'ajouteront aux observations
autres M.B. distincts (Fallara et al. 1999 ; précédentes pour nous permettre
Moorhead et al. 1999). Une des ceintures d'interpréter le milieu de dépôt et de
volcaniques, au nord du lac Menarik, présenter un modèle génétique.
renferme une séquence de laves et de
volcanoclastites très bien préservée 1.3 Localisation
(volcanoclastites du lac Wotminis) qui a
donné lieu à projet de fin d'études en Le lac Wotminis est situé à environ 50 km au
Sciences de la Terre à l'Université du sud-ouest de Radisson (figure 1), dans le
Québec à Chicoutimi (automne 1998). La feuillet topographique SNRC 33F106, plus
présente publication constitue une version précisément à 1,3 km au nord du lac
corrigée de ce projet de fin d'études. Menarik (figure 2).

1.1 Problématique 1.4 Méthodologie

L'identification d'un dépôt pyroclastique Les travaux de terrain ont consisté en une
sous-marin dans une séquence supracrus- cartographie de détail d'un affleurement de
tale archéenne déformée et métamorphisée 150 m (axe N-S) sur 100 m (axe E-W) qui
n'est habituellement pas une démarche avait pour nom temporaire "affleurement
facile, et donne lieu à de vives discussions. spectaculaire". Le résultat est une carte à
Comment prouver l'origine pyroclastique l'échelle 1:50 et des sections stratigraphi-
d'un dépôt volcanoclastique, par rapport à ques associés. Des échantillons pour lames
une origine autoclastique ou épiclas- minces et géochimie ont été prélevés. Ces
tique? Quels critères utiliser sur le terrain et travaux ont duré 5 jours et ont occupé deux
lors d'une étude pétrographique? Ce rapport géologues (Francine Fallara et James
fournit un élément de réponse en donnant Moorhead) et deux assistants (Charles
un exemple d'étude volcanologique et Maurice et Pierre-Simon Ross).
pétrographique d'un empilement de volcano- Une étude pétrographique détaillée de 18
clastites dans la sous-province de La lames minces est venue compléter le travail
Grande à la Baie James. Une attention de terrain; de ce nombre, cinq plaquettes ont
spéciale sera accordée au problème des fait l'objet de colorations au cobaltinitrite de
tufs à cristaux. sodium pour vérifier la présence de
feldspath potassique.
1.2 Objectifs Le comptage de points est une méthode
rigoureuse d'évaluation des pourcentages
Le but premier de cette étude est de de constituants d'une roche, et a été utilisé
déterminer la nature de deux processus sur six échantillons de tuf grossier. La maille
distincts nécessaires à la formation des était de 0,5 mm dans le sens de la longueur
volcanoclastites du lac Wotminis: 1) le mode et de 0,2 mm dans le sens de la hauteur;
de fragmentation des particules ; 2) le mode 400 points ont été comptés sur chaque lame
de transport et de déposition. L'interprétation mince avec un appareil électronique de
du mode de fragmentation repose sur la marque Swift.
IJ

Figure 1 : Localisation du secteur d'études (X) dans le Moyen Nord québécois. Modifié de Fallara et al. (1999).
3

5 925 000 m
LÉGENDE
Ligne électrique

Lac
Localisation de
l'affleurement

348000 m E.
334 000 m E

Figure 2 : Localisation exacte du secteur d'étude


4

2. GÉOLOGIE RÉGIONALE DU se composent de grès lithique, de formations


de fer, et de conglomérat polygénique.
FEUILLET 33F/06
Toutes ces roches sont recoupées par des
plutons; les Intrusions de Duncan
La zone d'étude est située dans la partie
représentent la série d'intrusions la plus
centrale du feuillet topographique SNRC
abondante, et comprennent une tonalite
33F/06, qui est complètement inclus dans la
avec ou sans hornblende, une diorite, une
sous-province de La Grande (figure 3, en
monzonite à hornblende et une monzodiorite
annexe 3). Cette région a été cartographiée
au 1 : 50 000 par l'équipe de Jean Goutier à hornblende. Ces plutons recoupent les
volcanites et une partie de la déformation.
en 1996-1997 (Goutier et al., 1998). La
Des intrusions ultramafiques d'étendue
stratigraphie est difficile â établir car les
kilométrique sont présentes; les plus
unités sont souvent transposées
importantes sont le Complexe de Ménarik, la
tectoniquement, et qu'il n'existe pas de
section complète avec tous les contacts. Pyroxénite de Baie Chapus et le dyke du lac
Néanmoins à partir des datations Ultra car elles contiennent des
minéralisations en Cr-Ni-Cu-EGP et V-Ti.
radiométriques disponibles, il a été possible
d'établir une stratigraphie régionale som- Le grain tectonique est orienté NE à ENE.
maire (figure 4). Les volcanites et le gneiss forment des
ensembles déformés abrupts avec quelques
Les roches les plus anciennes de la région
grands plis et séparés par des zones de
(Goutier et al., 1998) forment le Complexe
de Langelier, divisé en trois unités: 1) un mylonite et les plutons tonalitiques les plus
gneiss tonalitique daté â 2811 ± 2 Ma; 2) jeunes. Trois phases de déformation plus ou
une diorite granoblastique formant des moins coaxiales sont associées à ces
structures (Goutier et al., 1998).
bandes discontinues; 3) une tonalite à
hornblende et biotite, foliée à gneissique, Le métamorphisme est au faciès des
pour laquelle deux âges sont disponibles : schistes verts près du lac Menarik, au centre
2794 ± 2 Ma et 2788 +4/-3 Ma. du feuillet 33F/06 (voir figure 2) et passe au
Une séquence volcano-sédimentaire d'une faciès des amphibolites vers le N et le SW.
épaisseur totale d'environ 5500 m (Goutier, Pour faciliter la lecture, le terme "méta"
comm. pers., 1998) repose en discordance (métabasalte, etc.) sera omis des
sur le socle. La Formation d'Apple (35 à 400 descriptions.
m), à la base, se compose d'arénite La zone d'étude est justement située dans la
quartzitique et de conglomérat monogénique partie de plus faible grade métamorphique
à pyrite et uranium. Elle est surmontée par le (schistes verts) , ce qui, grâce aussi au
Groupe de Yasinski (environ 3000 m), faible taux de déformation, favorise une
composé de basalte et d'andésite basaltique bonne préservation des textures et
d'affinité tholéiitique, ainsi que d'andésite, de structures primaires. De plus, un feu de forêt
coulées felsiques et de pyroclastites datant de quelques années a éliminé le
d'affinité calco-alcaline. Un âge de 2732 +8/- lichen qui recouvre généralement les
6 Ma pour le Groupe de Yasinski a été affleurements, ce qui fait de ce secteur un
déterminé sur une dacite, non loin de la excellent candidat pour une étude détaillée.
séquence de volcanoclastites étudiée. Des
bandes de formation de fer ainsi qu'un grès 3. ASPECTS THÉORIQUES
et un conglomérat polygénique sont
intercalés entre les coulées volcaniques. Les notions essentielles à cette étude sont
1) la théorie sur les coulées de masse,
La Formation de Shabudowan (environ 1000 incluant les turbidites de faible et haute
m) et la Formation d'Ekomiak (environ 1500 densité et 2) des considérations générales
m), plus jeunes que le Groupe de Yasinski, sur les volcanoclastites.
2 600 Ma

Granite du Vieux-Comptoir 2618±2 Ma

Contact intrusif

Granite du lac Taylor et \


Pluton de Tipitipisu ~♦
Complexe de Menarik et N`` ;, 2699±4 Ma

Pyroxénite de Baie Chapus Contact intrusif 2 700 Ma


270934 Ma
Intrusions de Duncan + + + + + +
et Pluton d'Amisach Wat + + + + + Tonalite
2718±3 Ma
Contact intrusif
Formations de Shabudowan et d'Ekomiak
Concordance et discordance •` Grès et conglomérat polygénique
V V V V V V Basalte, andésite, formation de fer, pyroclastites et grès
Groupe de Yasinski V V V V V 2732±6 Ma

Paraconcordance

Arénite quartzitique et conglomérat


Discordance
Formation d'Apple

2788±4 Ma
+ + + + + +
+ + + + + Tonalite
2794±2 Ma
Contact intrusif
2811±2 Ma
2 800 Ma
Complexe de Langelier X X X X x x
X X X X x x
Gneiss tonalitique
X X X X x x
X X X X x x

Figure 4: Stratigraphie schématique de la partie ouest du feuillet 33F (Sous-Province de la Grande) selon Goutier et al. (1998).
6

3.1 Turbidites classiques densité selon Lowe (1982), contrairement au


modèle de Bouma (figure 5).
Les courants de turbidité de faible densité Walker (1992) ajoute que les turbidites
(ou turbidites classiques) montrent classiques se divisent en deux sous-types.
typiquement une période initiale de Le premier est caractérisé par seulement un
sédimentation par traction, formant les niveau de rides de courant (one row of
divisions Tb et Tc (Bouma), suivie par une current ripples), de rares laminations
période de sédimentation mixte (traction et convolutées et rides grimpantes alors que le
suspension) qui laisse la division Td et une second type comprend des rides
période finale de sédimentation de grains grimpantes, beaucoup de convolution et des
fins par suspension, formant la division Te. cailloux d'arrachement de boue (ripped-up
La division Ta ne fait pas partie des dépôts mud clast). Ce second type est nommé CCC
laissés par les courants de turbidité de faible pour Clasts, Convolution et Climbing ripples
(figure 6).

SÉQUENCE DE BOUMA

Te(h) = dépôt hémipélagique


Te(t) = dépôt de suspension laissé par
un courant de turbidité

Td = Laminations parallèles

Tc = Laminations entrecroisées

Tb = Laminations parallèles diffuses,


granulométrie plus grossière que Td
(contact diffus avec Ta)

Ta = Division massive ou à
granoclassement normal (contact net
avec lit inférieur)

Figure 5: La succession classique de Bouma, modifié de Walker (1992).

Figure 6: Comparaison des deux types de


turbidites classiques définies par Walker
(1992) : la turbidite CCC avec rides
grimpantes (climbing ripples), laminations
convolutées (convolute lamination) et
cailloux d'arrachement de boue (ripped-
up mud clasts) — interprétée comme un
dépôt de levée dans un cône sous-marin -
par rapport à une turbidite plus distale ne
présentant pas les trois "C". D'après
Walker (1992).
7

Dans le cadre du modèle des cônes sous- est suivi par une étape (R2 ou S2) où
marins, Walker interprète les turbidites CCC agissent les processus de "gelée par friction"
comme étant des dépôts de levées à cause (frictional freezing) et de sédimentation par
du fort taux de déposition suggéré par les suspension dans les "tapis de traction"
rides grimpantes et les convolutions ainsi (traction carpets, petits lits à classement
que le pouvoir érosif des turbidites inverse avec cisaillement basal) et d'une
démontré par les intraclastes de boue; le étape finale de sédimentation par
premier type de turbidites classiques, avec suspension directe. Cette succession
peu de convolution, de rides grimpantes, et d'étapes de déposition est reconnue par des
de cailloux arrachés implique un courant structures sédimentaires R1-R2-R3 pour les
plus lent et moins puissant et un turbidites graveleuses et S,-S2-S3 pour les
environnement plus distal que les turbidites turbidites sablonneuses (figure 7). La
CCC. déposition de la charge de haute densité en
suspension dans la coulée de masse laisse
3.2 Turbidites de haute densité un courant turbiditique de basse densité. A
la "fin distale" des courants turbiditiques de
Dans les turbidites de haute densité, Lowe haute densité, les dépôts sont des "S3"
(1982) a observé une étape initiale de (sédimentation par suspension).
sédimentation par traction (R1 ou S1). Ceci

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Figure 7 : Turbidites sablonneuses (S1-S3) et graveleuses (R1-R3) de haute densité, modifié de Lowe
(1982)
8

TURBIDITES DE FAIBLE DENSITÉ TURBIDITES DE HAUTE DENSITÉ

Figure 8: Résumé des modèles pour les différents types de turbidites et de l'évolution possible de
d'un vers l'autre. Modifié de Lowe (1982).

Cette division S3 est équivalente à Bouma ment de formation ou le processus


Ta : S3 devient la division basale des turbi- génétique (Tremblay, 1997). Les termes
dites classiques. Ainsi un lit Tabcde est déposé granulométriques tuf (4) < 2 mm), lapilli (4) =
par une turbidite sablonneuse de haute 2-64 mm) et bloc (4) > 64 mm) de Fischer
densité qui a évolué en turbidite de faible (1961) sont applicables à tous les types de
densité. volcanoclastites, soit les dépôts épiclasti-
La figure 8 résume les modèles pour les ques volcanogènes (résultant de l'érosion
différents types de turbidites et les liens d'un dépôt volcanique consolidé), les roches
qu'on peut faire entre eux. Il est possible de autoclastiques (résultant de la fragmentation
commencer avec une turbidite graveleuse de la lave) et les roches pyroclastiques
de haute densité (R1_3) puis d'évoluer vers (résultant d'une éruption volcanique
une turbidite sablonneuse de haute densité explosive). On peut raffiner la classification
(S1_3) puis enfin vers une turbidite de faible granulométrique de Fischer en ajoutant les
densité (Tb_e). sous-divisions suivantes (Wulf Mueller,
comm. pers.): tuf fin (4) < 1 mm), tuf grossier
3.3 Considérations générales sur les (4) = 1-2 mm), lapilli fin (4) = 2-32 mm) et
volcanoclastites lapilli grossier (4) = 32-64 mm).
Certains critères peuvent être utilisés pour
Une roche volcanoclastique est une roche distinguer les pyroclastites primaires et
clastique qui contient principalement du secondaires et sont résumés dans le tableau
matériel volcanique, peu importe l'environne- ci-dessous (tableau 1).
Tableau 1: Résumé des critères pour différencier les coulées de masse à caractère primaire et
secondaire. Modifié de Tremblay (1997).
Coulée de masse subaqueuse de débris Coulée de masse subaqueuse de débris
CRITÈRE volcanoclastiques à CARACTÈRE volcanoclastiques à CARACTÈRE
PRIMAIRE SECONDAIRE
Éléments vitreux
- ponces / scories abondantes; possiblement à classement rares?
inverse
-échardes abondantes, bien formées, anguleuses, de échardes absentes ou arrondies
composition homogène

Cristaux cristaux euédriques et brisés (ex. quartz Enrichissement possible; arrondi possible;
bipyramidé) — composition compatible avec le populations mixtes et de provenance variées
magma

Fragments lithiques Peu de fragments lithiques, anguleux Fragm. acces. et accid. abondants, en relation
inv. avec le nb de fragm. Juv.; ang. à arrondis

Rétention de chaleur Possible Peu présente

Classement classement par densité de l'unité basale Unité basale massive à classée; double
massive passant à une unité sommitale classement
granodécroissante à double classement
9

4. SECTEUR D'ÉTUDE près du champ des andésites basaltiques,


ce qui confirme les hypothèses de terrain
sur la composition du volcanisme (basaltes
Il y a deux lithofaciès distincts dans la zone
ou andésites).
d'étude, soit les volcanoclastites et les
Sur un diagramme des abondances
volcanites. Nous présentons dans ce
normalisées des éléments incompatibles
chapitre une description de terrain de ces
(figure 10), on remarque un enrichissement
faciès, de même qu'une interprétation
en Ba et Th et des anomalies négatives en
sommaire des processus liés à leur genèse.
Nb et Ti. Selon Wilson (1989), ces pics
anomaliques sont caractéristiques des
4.1 Volcanites et géochimie
roches volcaniques des îles en arc.
L'interprétation des figures 9 et 10 est donc
Les volcanoclastites sont interstratifiée dans
que les laves et les filons-couches de
des coulées de lave et sont recoupées par
composition andésitique à basaltique se sont
des filons-couches; on décrira d'abord les
mis en place dans un contexte d'arc
coulées et les filons-couches.
volcanique. L'abondance des laves
Les coulées de lave sont généralement
coussinées dans le secteur d'étude suggère
coussinées (planche 1A et 1B, en annexe
un milieu sous-marin.
3), bien que massives par endroits. Les
veinules de quartz abondent localement.
4.2 Volcanoclastites
Ces laves, décrites sur le terrain comme des
andésites, sont presque toujours
Les volcanoclastites étudiées (figure 11 en
porphyriques (10-15% de phénocristaux de
annexe 3, figure 12) consistent en un
plagioclase de taille inférieure à 1 cm).
empilement de tufs et tufs à lapilli d'une
Notons que les laves coussinées ne se
épaisseur totale de 28 m, injecté de filons-
limitent pas à la zone cartographiée en
couches et encaissé dans des coulées de
détail, car une visite rapide des secteurs
laves coussinées. Les agrandissements A et
environnants a permis de reconnaître
B de la section stratigraphique schématique
abondamment ce faciès dans un rayon de 1
(figures 13 et 14) montrent le détail des lits
ou 2 km autour de la zone d'étude. Les
volcanoclastites. Ces lits sont généralement
filons-couches s'injectent dans les lits de tuf
assez continus latéralement; on peut les
(planche 1C) et recoupent aussi certains
suivre sur plus de 150 m. Les mesures de
coussins (planche 1D). Le plus épais fait
litage donnent N130°/77°; le sommet
environ 17 m d'épaisseur et contient
stratigraphique est vers le NE. Sur une base
beaucoup de veinules de quartz. Les autres
granulométrique, les lits volcanoclastites
ne font pas plus de 4 m d'épais. Leur
sont divisées en deux groupes: les lits de tuf
granulométrie est fine et leur couleur varie
à lapilli et les lits de tuf.
de brun moyen verdâtre à beige brunâtre.
Sur le terrain ces filons-couches ont été
4.2.1 Lits de tuf à lapilli
décrits comme des basaltes ou des "micro-
gabbros".
Les lits de tuf à lapilli contiennent par
définition plus de 33% de lapilli, qui sont tous
Géochimie
des lapilli fins (< 32 mm). L'épaisseur
Afin de déterminer la composition du moyenne des lits de tuf à lapilli est de 80 cm
volcanisme et le milieu tectonique, six (n = 9). La couleur typique de ces lits est
échantillons de volcanites ont été envoyés beige brunâtre. Ils sont en général massifs
pour analyse géochimique. Le traitement ou normalement classés. Ces lits sont
des résultats présenté ici est très sommaire, interprétés comme la déposition par
et les diagrammes ne seront décrits que suspension d'un courant de turbidité de
brièvement. Sur un diagramme de haute densité (division S3 de Lowe, 1982 —
classification (K2O + Na2O) vs SiO2 (figure équivalente à Ta de Bouma). Parfois des
9), la plupart des échantillons (laves et laminations parallèles sont présentes au
filons-couches confondus) tombent dans ou sommet des lits, ce qui signifie que le
10

B = Basalte
15
Le Maitre 1989 (fig B.14) 01= Andésite basaltique
Données : voir 02= Andésite
annexe 2
03 = Dacite
• Laves
Na20+K20 (wt %)

A Filons-couches

10

I
0
35 55 65 75
Si02 (wt %)

Figure 9: Diagramme de classification des roches volcaniques (K20 + Na2O) vs Si02 selon Le Maître
(1989). Voir texte pour description.
Abondances normalisées

• Laves (17-A2, 18-A4, 19-C1)


100
A Filons-couches (14-D1, 17-A1)

ifilk Données : voir


annexe 2

10

~ , ~ ~ ~ ~
Cs Rb Ba Th U K Nb La Ce Sr Nd Hf Zr Sm Eu Ti Gd Dy Y Er

Figure 10: Abondances normalisées (par rapport au manteau primitif) des éléments incompatibles.
Voir texte pour description.
11

courant de turbidité de haute densité a sur la figure 14), ou des lits Taule (comme
évolué en turbidite de faible densité pour entre 17,8 et 18 m sur la même figure) sont
déposer par traction les divisions laminées possibles.
Tb ou Td (selon la granulométrie) des Il existe une zone de transition (massive)
turbidites classiques. entre Tb et Td dans certains lits. Ceci pourrait
Le lit de tuf à lapilli le plus épais et le plus être du à la présence de matériel très bien
complexe est visible entre 2 et 4 m sur trié (planche 2B).
l'agrandissement A de la section stratigra-
phique (figure 13). La base de ce lit 4.2.3 Déformation syn-sédimentaire et
(planche 2A) est formée de tuf à lapilli cailloux d'arrachement
inversement classé qui peut être interprété
comme la division S2 de Lowe (1982). Suit Le secteur d'étude montre peu d'évidences
une partie de tuf à lapilli massif qui de la déformation régionale, sauf la
s'apparente à la division S3. Finalement le schistosité dans les tufs fins Ta mentionnée
sommet du lit est constitué de tuf à plus tôt. Cependant les évidences de
laminations parallèles (Tb et Td). déformation contemporaine à la déposition
des volcanoclastites [que nous appellerons
4.2.2 Lits de tuf déformation syn-sédimentaire même si ce
Les lits de tuf contiennent par définition sont des volcanoclastites] sont nombreuses.
moins de 33 % de lapilli. L'épaisseur Par exemple entre 11,0 et 13,5 m sur
moyenne des lis de tuf est de 40 cm (n = l'agrandissement B de la section stratigra-
35), c'est à dire la moitié de celle des lits de phique (figure 14) il y a trois failles syn-
tuf à lapilli. Les lits de tufs présentent la sédimentaires et trois structures de charge.
plupart du temps une division basale de tuf Les déformations syn-sédimentaires indi-
grossier massif ou normalement classé de quent que les volcanoclastites se sont
couleur beige brunâtre (correspondant à la déposées très rapidement, et que l'eau
division Ta des turbidites classiques) interstitielle était abondante. Nous allons
surmontée de tuf fin laminé de couleur beige passer en revue les différentes manifesta-
brunâtre ou blanchâtre (division Td). La tions de cette déformation.
couleur blanchâtre (ex. planche 2D) serait a) Les structures de slumps (planche 3D)
due à une albitisation des feldspaths (P. sont créées quand une masse de particules
Cousineau, comm. pers.). Le lit typique est gorgées d'eau glisse sur une pente
donc un Tad. (Prothero et Schwab, 1996).
Dans les lits plus complets, une division de b) Les failles syn-sédimentaires (planche
tuf grossier à laminations diffuses (Tb, 3E) sont des failles coincées entre deux lits
planche 2B) et/ou une division de tuf fin à (Cousineau, 1998).
laminations entrecroisées (Te, planche 2C, c) Les empreintes de charge (planche 3D)
2E et 2F) s'insèrent entre Ta et Td. Les sont des bulbes créés lorsque du matériel
divisions Tb et Tc sont de la même couleur dense s'enfonce dans un matériel moins
beige brunâtre que Ta, et sont interprétées dense.
comme des structures de traction crées lors d) Deux empreintes de charges rapprochées
de la déposition d'une turbidite de faible donnent l'impression d'une "remontée" en
densité. forme de "langue" du matériel moins dense
Dans certains cas une division de tuf fin (généralement plus fin) dans le matériel plus
schisteux de couleur brun foncé (ressem- dense (généralement plus grossier) ; ceci
blant à la division Te des turbidites est appelé structure de flamme (planche
classiques) surmonte Td. La schistosité de 3A).
Te est unique à cette division et s'explique e) Les structures de ball and pillow (planche
par une compétence rhéologique moindre 3C) ou pseudonodules sont formées quand
par rapport aux divisions à plus forte une masse de matériel plus grossier
granulométrie. s'enfonce dans le matériel plus fin et qu'il est
La succession complète Tabade est rare, mais "pincé" (Prothero et Schwab, 1996).
des lits Tabde (comme entre 13,5 et 14,5 m
12

60

Andésite basaltique coussinée


porphyrique - Polarité N035°
55-

50-

Andésite basaltique avec lentilles


de tuf (20 à 30 cm de large)
45

117-A.1
40- Section stratigraphique
schématique
Filon-couche d'andésite
35- LÉGENDE
basaltique
~
f‘.
Volcanites

30- Volcanoclastites > 0,06 mm


-

■ Volcanoclastites < 0,06 mm

25- 1
m
~ Échelle granulométrique:
C
a~ tf = tuf fin
E
d
tg = tuf grossier
If = lapilli fin
to Ig = lapilli grossier
be = bloc
G
L
17 Al Numéro de lame mince
I~)

Filon-couche d'andésite
basaltique

Voir agrandissement A

tf I If bc
tg Ig

Figure 12: Section stratigraphique schématique du secteur d'études.


13

Td
Agrandissement A

4,0

Td
LÉGENDE (agrandissements A et B)

granulométrie décroissante

Tb T L •
~ Volcanoclastites
•- .' . . _. -.
'

• •

- - massives

3,0 •
--:_:—
-: Volcanoclastites, laminations diffuses

• • •
• • •
▪ • • • • S3 ou Ta Volcanoclastites, laminations nettes

• • • • • •

• • • • • • 1Planche 1A Volcanites intermédiaires à mafiques


• • • • •
. ~ . • . •
• • • • • • ~ S2 Lit de tuf à lapilli
• • • • • , TL
. . • • • •
2,0 T Turbidite : divisions de Bouma

} Cailloux d'arrachement
Planche 3D 11110

Schisteux

Faille
Planche 3C
• Flammes
Tb se Lamination convolutée
1,0 • ' -1
Planche 1D Lamination entrecroisée
Td (3 divisions)
"-NJ Structure de charge
Planche 3F
Contact stratigraphique net

Contact stratigraphique ondulant

17A1î; Numéro de lame mince


Td
(m) Échelle granulométridue:
tftgi If bc tf= tuf fin
1g Ig = lapilli grossier
tg = tuf grossier be = bloc
If = lapilli fin

Figure 13: Agrandissement A de la section stratigraphique schématique.


14

Agrandissement B

Ta Tcd
Tab
26,0 ►`• ~•
Tabd
13,0 16-A6
15-A6 Te
Tad
v
Tad Planche 3E c

Tabd Tabd
0000 00 000

000000000
TL
Td
~12,f1 Tc
~ Planche 38
Tad Td
°fis
0 00 00 18,
Tacde

Sill, 2% amygdules
16-A2 Planche 2C 24,0-
Z_ V •I ° Ta
11,0- Tacd

000 0
0000

16-A5
17,0- Tad
o
°°°°
0000
° ° ° • Tad
O 0 0 °

Tad
23,0
Tacd
10,0- • °°° ° TL Tabd
Tab
15-A7 Tacd TL
• °°°°
°°° Ta
16, Tab
Td 512
Tacd Tab TL
Ta A
22,0
Planche 3 A Tbd
9,0
Td l
Td Planche 2E, 2F1
15-A3 Tb I TL 16A4r
Tacd
15,0
Ta Tb
Tad

Siltstone
. . . .e• ~1 TL 21,0—
Ta
8,0-

O .0 0 0 0 0 0 0 0 0 .
Te, présence
Ta de carbonates
14,0
Ta
Ta
TL
Tacd
0 00 0 0 ,0 0
Tbd
15-Al Tad
Td 20,0— Tad
(m) (m) (M) -
tf If be tf : If II bc ti If be
tg 1g tg 1g tg Ig

Figure 14: Agrandissement B de la section stratigraphique schématique.


15

f) Lorsque la déformation est chaotique, cela 5. PÉTROGRAPHIE


peut résulter de la liquéfaction (planche 3B)
du matériel. La pétrographie des volcanites sera traité en
g) Les laminations convolutées résultent de premier lieu, puis viendra la pétrographie
la déformation irrégulière de laminations des volcanoclastites.
parallèles ou entrecroisées dans un matériel
gorgé d'eau. Les laminations convolutées se 5.1 Pétrographie des volcanites
distinguent des micro-plissements dus à une
déformation régionale par le fait que le Les volcanites sont de composition
phénomène est circonscrit à l'intérieur d'un basaltique à andésitique selon les analyses
lit. L'abondance de laminations convolutées géochimiques (figure 9). Sur le terrain on a
(figure 14) est une caractéristique importante distingué les filons-couches et les autres
de l'empilement de volcanoclastites étudié. laves; ces deux catégories lithologiques
Ce fait, combiné avec l'abondance des seront donc décrites séparément. Mais voici
cailloux d'arrachement — voir en h) — rappro- d'abord un résumé des observations pour
che le dépôt des turbidites CCC de Walker chaque lame mince (tableau 2).
(1992).
h) Les cailloux d'arrachement (rip-up clasts) 5.1.1 Filons-couches
(planche 3E et 3F) ne sont pas à propre-
ment parler une forme de déformation syn- Deux lames minces ont été étudiées pour ce
sédimentaire; ils témoignent plutôt du lithofaciés (17-Al et 16-A5, voir tableau 2).
pouvoir érosif du courant de turbidité. Les La texture originale semble être sub-
cailloux d'arrachement sont abondants dans ophitique (planche 4A): 25-30% de
tout l'empilement de volcanoclastites (figures plagioclase xénoblastique s 0,2 mm et le
13 et 14). reste (également < 0,2 mm) en chlorite,
i) Parfois une portion de lit peut être épidote, actinote, opaques et amas semi-
complètement démembrée. Les lits opaques (probablement leucoxène et/ou
démembrés (planche 3F) sont difficiles à épidote). L'assemblage décrit (tout sauf le
expliquer par l'influence de la déformation plagioclase) représente probablement
régionale car juste en dessous des l'altération des clinopyroxènes. L'absence de
laminations parallèles semblent intactes phénocristaux, la texture sub-ophitique
(planche 3F). L'explication la plus plausible relique et la fine granulométrie suggèrent
est probablement un phénomène compa- une intrusion mise en place à faible
rable aux cailloux d'arrachement. profondeur (refroidissement rapide en une
seule étape), par exemple dans les flancs
4.2.4 Successions granodécroissantes d'un volcan. La lame mince 16-A5 comprend
2% d'amygdules (planche 4B).
Dans l'empilement de volcanoclastites,
l'épaisseur des lits et la granulométrie 5.1.2 Coulées de lave (généralement
tendent à diminuer vers le haut de la coussinées)
séquence; ce phénomène est nommé
succession granodécroissante (fining-and- Trois lames minces ont été étudiées pour ce
thinning-upward sequence) ou séquence lithofaciès (24-Al, 19-C3 et 19-C1, voir
positive. Plus précisément, sept séquences tableau 2). Les lames 19-C1 et 19-C3
positives sont reconnues (grosses flèches présentent une texture porphyrique relique
sur les figures 13 et 14). Bull et Cas (1991) (planche 4C, D, E et F), avec 10-15% de
expliquent les empilements granodécrois- phénocristaux reliques de plagioclase de 1 à
sants par de grands apports momentanés 10 mm (recristallisés en petits plagioclases,
de sédiments (temporary sediment over- calcite, épidote ±chlorite et 5-10% de
supply events), ce qui concorde avec des reliques de phénocristaux de clinopyroxène
coulées de masse sous-marines à caractère (recristallisés en actinote, épidote, chlorite ±
turbiditique se déposant par pulsions amas semi-opaques). Deux colorations ont
successives. confirmé l'absence de feldspath potassique
Planche 4: Photomicrographies de volcanites (laves et filons-couches). A: Filon-couche
gabbroïque à texture sub-ophitique (OP) relique; l'altération comprend une bande d'amas semi-
opaques (ASO). Lumière naturelle. Lame mince 17-Al (photo MP3-22). Largeur de champ = 5,2
mm. — B: Filon-couche à grains fins, avec une amygdule remplie de quartz. Lumière polarisée.
Lame mince 16-A5 (photo MP3-25). Largeur de champ = 5,2 mm. — C: Lave porphyrique avec
deux phénocristaux de plagioclase (PG) et reliques de clinopyroxènes (CPX). Lumière naturelle.
Lame mince 19-C3 (photo MP3-09). Largeur de champ = 5,2 mm. — D: Lave porphyrique avec
un phénocristal de plagioclase (PG) et un phénocristal relique de hornblende ou clinopyroxène
(CPX) très chloritisé. Lumière naturelle. Lame mince 19-C1 (photo MP5-02). Largeur de champ
= 12,7 mm. — E: trois phénocristaux de plagioclase (PG) dans une lave porphyrique. Lumière
naturelle. Lame mince 19-C1 (photo MP5-00). Largeur de champ = 12,7 mm. — F: idem, lumière
polarisée.
17

Tableau 2: Volcanites: résumé des observations pétrographiques pour chaque lame mince.
TEXT. ET
NO. LAME CARACTÉRISTIQUES ALTÉRATION AUTRES
STRUCT.
24-Al Basalte ou andésite à texture CL + EP lave à grains
grains fins (pas de ophitique (grains fins) fins
phénocristaux) relique comptent pour
45% —
Amas de CL
(8%)
19-C3 Andésite ou basalte texture PG albitisé et lave porphyr.
porphyrique, 7% de porphyrique épidotisé — coussinée,
phénocristaux de PG de 1 relique CPX recrist. faciès des
à 3 mm et 10% de en AC + EP + schistes verts
phénocristaux de CPX CL
(relique) <_ 1,5 mm
19-C1 Andésite basaltique texture PG albitisé et lave porphyr.
porphyrique; 15% de porphyrique épidotisé massive,
phénocrist. de PG, 2,5 à relique faciès des
11 mm; 3% de phénocrist. schistes verts
relique de HB ou CPX
17-Al Andésite basaltique à texture sub- pyroxènes filon-couche,
grains fins (<_ 0,2 mm) ophitique recristal. en faciès des
CL + EP + AC schistes verts
16-A5 Basalte ou andésite à aucune CL + EP + AC filon-couche,
grains fins (<_ 0,1 mm), 2% texture comptent pour faciès des
de vésicules remplies de relique 65% schistes verts
QZ

PG = plagioclase; QZ = quartz; CPX = clinopyroxène; AC = actinote; CL = chlorite; EP = épidote;


HB = hornblende; CX = cristaux; FLV = fragments lithiques volcaniques (intermédiaires à
maliques); A.S.O. = amas semi-opaques; CC = calcite.

parmi les phénocristaux. Un des échantillons 5.2 Pétrographie des volcanoclastites


contient 20% d'amas chloriteux. La matrice
des phénocristaux (groundmass), représen- Treize lames minces de tuf ont été étudiées
tant 65% de la roche, est composée de en détail (tableau 3).
plagioclase, actinote, épidote, chlorite et Aucune lame mince n'a été faite dans des
amas semi-opaques. Cet assemblage est lits de tuf à lapilli, par conséquent, les treize
stable au faciès métamorphique des lames du tableau viennent des lits de tuf.
schistes verts. Les laves coussinées Les parties basales des lits, soit les divisions
porphyriques représentent le refroidissement massives/granoclassées Ta et à laminations
rapide en milieu sous-marin d'un magma diffuses Tb ont été échantillonnées de
déjà partiellement cristallisé dans la préférence car la granulométrie plus
chambre magmatique, à plus grande grossière permet de mieux caractériser les
profondeur. constituants. Comme la classe granulomé-
La lame mince 24-Al se distingue de la trique dominante de ces divisions Ta et Tb
description précédente par l'absence de est celle du tuf grossier, les échantillons
phénocristaux. La lave est également provenant de ces divisions sont ci-après
fortement chloritisée. nommées tufs grossiers.
18

Tableau 3: Volcanoclastites: résumé des observations pétrographiques pour chaque lame mince.

TEXT. ET
NO. LAME CARACTÉRISTIQUES ALTÉRATION AUTRES
STRUCT.
21-Al Tuf à cristaux contenant 40% laminations matrice contient Tb de Bouma
de CX de PG idiomorphes diffuses (3 à PG + EP + CL
brisés (< 2 mm), 25% de FLV 6 mm d'épais) + A.S.O.
et 35% de matrice vitreuse
recrist.
20-Al Tuf lithique (10% de lapilli) massif Ta de Bouma.
contenant 37% de CX de PG
idiomorphes (. 3 mm) 58%
de FLV et 5% de matrice
vitreuse recrist.
15-A3 Tuf lithique (7% de lapilli) massif Ta de Bouma
contenant 30% de CX de PG
idiomorphes (<_ 0,8 mm) 48%
de FLV et 22% de matrice
vitreuse recrist.
15-A7 Tuf lithique (4% de lapilli) massif Ta de Bouma
contenant 30% de CX de PG certains FLV
idiomorphes (<_ 1,2 mm) 50% semblent
de FLV et 20% de matrice soudés à des
vitreuse recrist. CX (mise en
place à
chaud?)
19-Al Tuf lithique contenant 25% de massif matrice contient Ta de Bouma
CX de PG idiomorphes (< 1,2 CL + EP + PG
mm) 55% de FLV et 20% de
matrice vitreuse recrist.
15-Al Grande lame mince de tuf variées — voir veinule de QZ Ta-Td de
montant les divisions Ta (tuf à figure 15 et CC Bouma
cristaux) et Td (tuf fin à
laminations parallèles)
14-B1 Tuf lithique (13% de lapilli) massif veinules de QZ Ta de Bouma
contenant 25% de CX de PG et CC
idiomorphes (< _ 2 mm) 68%
de FLV et 7% de matrice
vitreuse recrist.
16-A4 Tuf montrant une alternance structures de tuf fin altéré en Cycle Tc-d
des divisions Tc (lamines charge (voir EP + CL
entrecroisées) et Td dessin en
(laminations parallèles) de annexe)
Bouma
15-A6 Tuf montrant une alternance voir dessin en bon % d'A.S.O. Cycle Ta-d
des divisions Ta (massif) et annexe dans la fraction
Td (laminations planaires) de fine
Bouma
23-A1 Tuf montrant une alternance structures de bon % d'A.S.O. Succession Tb_
des divisions Tb (laminations charge (voir dans la fraction c-d-b-d
diffuses) Tc (lamines dessin en fine
entrecroisées) et Td annexe)
(laminations parallèles) de
Bouma
16-A6 Tuf fin et poussière fines lamines veinules de Bouma Te
volcanique ou sédiments et schistosité quartz
pélagique ondulante plissotées
19

Tableau 3: Volcanoclastites: résumé des observations pétrographiques pour chaque lame mince
(suite).

14-A4 Tuf fin laminé (lamines laminations carbonatation Bouma Td


montrées par variations parallèles préférentielle
granulométriques brusques) (voir dessin de certaines
en annexe) lamines
16-A2 Tuf fin laminé (lamines déformation grande Bouma Td
montrées par variations syn-sédim. concentration
granulométriques brusques) (voir dessin d'A.S.O. dans
en annexe) certaines
lamines

PG = plagioclase; QZ = quartz; CPX = clinopyroxène; AC = actinote; CL = chlorite; EP = épidote;


HB = hornblende; CX = cristaux; FLV = fragments lithiques volcaniques (intermédiaires à
mafiques); A.S.O. = amas semi-opaques; CC = calcite; les appellations "tuf à cristaux" et "tuf
lithique" sont données selon le diagramme ternaire des tufs de Schmidt (1981) et si il y a des lapilli,
on les intègre au tuf grossier pour le calcul (le tuf fin ne compte pas).

5.2.1 Les tufs grossiers Les macles (albite et Carlsbad) sont


fréquentes. Aucun cristal de quartz ou de
La division Ta (contenue dans sept lames feldspath potassique n'a été observé — ceci
minces) est un tuf grossier massif (planche
est confirmé par trois colorations.
5A), parfois granoclassé (lames 15-Al et
15-A6, planche 5C). Ce tuf grossier
2) Les fragments lithiques volcaniques (FLV)
comprend jusqu'à 13% de lapilli, ce qui est
sont de composition intermédiaire ou
insuffisant pour le désigner comme un "tuf à
mafique, la composition étant déduite de la
lapilli"; nous avons donc inclus les lapilli aux
couleur des fragments: certains sont gris et
pourcentages de tuf grossier pour le
riches en plagioclase (intermédiaires) alors
diagramme ternaire des tufs de Schmidt
que les autres sont verdâtres (mafiques).
présenté pour chaque lame mince dans le
Les FLV ont aussi été divisés en cinq types
tableau des observations pétrographiques
sur la base des textures. Ces types sont
en annexe. Ces diagrammes montrent deux
parfois difficiles à séparer et pas
familles de tufs grossiers: des tufs à cristaux
nécessairement tous représentés dans
et des tufs lithiques (nous y reviendrons plus
chaque lame. Il y a d'abord le Type A, pour
loin). La division Tb comprend peu ou pas de
"aphanitique" (planche 6A, 6B et 6F),
lapilli.
même si les grains formant le fragment sont
visibles (bien que très fins). Certains de ces
Constituants
fragments contiennent quelques gros
Les tufs grossiers contiennent dans des
cristaux idiomorphes de plagioclase
proportions variables les constituants
(souvent de taille similaire aux cristaux
suivants: 1) cristaux de plagioclase; 2)
détachés), ils sont alors classés comme
fragments lithiques volcaniques intermé-
étant de Type AC (planche 66, 6B et 6D).
diaires à mafiques de différents types; 3) tuf
On trouve des fragments aphanitiques très
fin (équivalent de la matrice dans les grès).
sombres qui sont dits de Type AA (planche
6E). Ces fragments sont généralement très
1) Les cristaux de plagioclase sont
chloritisés et pourraient représenter
idiomorphes à hypidiomorphes, brisés (50%)
l'altération de fragments vitreux, le verre
ou intacts (50%) [planche 5A et 5B];
basaltique étant transformé en chlorite.
l'altération (albitisation-épidotisation et
D'autres FLV présentent une texture micro-
carbonatisation) est faible ou inexistante; les
porphyrique, d'où l'appellation Type MP
cristaux ne comptent jamais pour moins de
(planche 6B). Les cristaux de plagioclase
25% des constituants et sont typiquement de
formant la texture porphyrique sont plus
taille inférieure à 1,5 mm.
petits et plus nombreux que les cristaux des
20

Planche 5: Photomicrographies de tufs à cristaux. A: Vue d'ensemble d'un tuf à cristaux (Ta). Les
cristaux de plagioclase sont en blanc. Lumière polarisée. Lame mince 15-Al (photo MP5-31).
Largeur de champ = 12,7 mm. — B: Vue plus rapprochée de la même lame mince montrant les
plagioclases (en blanc) idio- à hypidiomorphes. Lumière naturelle. Lame mince 15-Al (photo
MP2-32). Largeur de champ = 2,6 mm. — C: Tuf à cristaux granoclassé (Ta) passant vers le
sommet à un tuf fin laminé (Td). Lame mince 15-Al (photo MP5-16). Largeur de champ = 12,7
mm. — D: Empreinte de charge ou flamme (FL) au contact entre un tuf fin laminé (Td) et un tuf
à cristaux (Ta). Lumière naturelle. Lame mince 23-Al (photo MP5-21). Largeur de champ =
12,7 mm. — E: Tuf fin (Tfin) surmonté de tuf à cristaux granoclassé (Ta) avec forte injection de
quartz et calcite (QZ-CC) au contact et "rip-up clasts" (RC) de tuf fin dans le tuf à cristaux.
Lumière naturelle. Lame mince 15-Al (photo MP5-13). Largeur de champ = 12,7 mm. — F:
idem, lumière polarisée.
Planche 6: Photomicrographies de tufs lithiques. A: Gros plan sur un tuf lithique (Ta) montrant un
fragment lithique volcanique (FLV) à grains fins ou "aphanitique" (A) sub-arrondi, un cristal de
plagioclase (PG) hypidiomorphe et la matrice (MT) chloriteuse. Lumière naturelle. Lame mince 15-A7
(photo MP2-18). Largeur de champ = 5,2 mm. — B: Gros plan sur un tuf lithique (Ta) montrant un FLV à
texture microporphyrique (MP), un FLV "aphanitique" (A), un FLV "aphanitique avec des cristaux" (AC),
un cristal de plagioclase (PG). Lumière naturelle. Lame mince 15-A3 (photo MP2-14). Largeur de champ
= 5,2 mm. — C: Gros plan sur un tuf lithique (Ta) montrant un FLV aphanitique contenant de cristaux de
plagioclase (type AC). Lame mince 20-A1 (photo MP2-07). Largeur de champ = 5,2 mm. — D: Gros plan
sur un tuf lithique (Ta) montrant un FLV à aphanitique avec un énorme cristal de plagioclase en son centre
(type AC). Lumière naturelle. Lame mince 23-A1 (photo MP3-32). Largueur de champ = 2,6 mm. — E:
Gros plan sur un tuf lithique (Ta) montrant un FLV aphanitique très altéré (AA) qui pourrait représenter
une scorie. Lumière naturelle. Lame mince 14-B1 (photo MP3-35). Largeur de champ = 2,6 mm. — F:
Gros plan sur un tuf lithique (Ta) montrant un lapilli FLV aphanitique (A) entouré de plus petits FLV et de
matrice, le tout recoupé d'une veinule de quartz-calcite (QZ-CC). Lumière naturelle. Lame mince 14-B1
(photo MP2-29). Largeur de champ = 5,2 mm.
22

fragments du type AC. Certains de ces Le constituant "verre et ponces" est absent.
fragments MP contiennent de gros cristaux En effet aucune ponce n'a été observée; le
idiomorphes de plagioclase comme ceux du tuf fin pourraient être du verre recristallisé,
type AC; ils sont ainsi nommés Type MPC. mais aucune relique d'écharde de verre n'est
Dans les tufs lithiques, ces fragments venu le justifier — le tuf fin n'a donc pas été
lithiques sont toujours plus gros que les considéré dans les calculs. On remarque
cristaux de plagioclase et les types AC, A et que la division Ta est toujours un tuf lithique
MP, dans l'ordre, sont généralement les plus sur le diagramme ternaire des tufs de
fréquents. Les FLV sont généralement (dans Schmidt (1981), avec 75 ou 80% de
les tufs lithiques) sub-arrondis à sub- fragments lithiques (volcaniques) pour 20 ou
anguleux, sub-sphériques, de taille inférieure 25% de cristaux (de plagioclase). Cependant
à 4 mm et peu altérés (chloritisation, la grande lame mince 15-Al (qui n'a pas fait
épidotisation, carbonatisation); les fragments l'objet de comptage de points car cette lame
de type AA, par contre, sont souvent aplatis: comprend plusieurs divisions de Bouma,
par exemple la lame 15-A3 comprend un dont des unités fines comme Te et Td) est un
FLV de type AA de 17 mm de long par 1 mm tuf à cristaux.
de large.
Le comptage de points confirme que les
3) Le constituant tuf fin est l'équivalent de la fragments lithiques volcaniques (FLV) de
matrice dans les grès (planche 6A), et ne type AC, A et MP (voir descriptions plus haut
représente jamais moins de 20% de la ou tableau 4) sont les plus fréquents.
surface de Ta. Ces fines particules Néanmoins il existe bien cinq types distincts
(possiblement vitreuses à l'origine) ont été de FLV dans les tufs grossiers.
recristallisées/altérées pendant la diagenèse
et le métamorphisme. Le plagioclase est 5.2.2 Divisions Tc,
toujours présent et est probablement le seul
"rescapé" des transformations post-dépôt. La pétrographie des divisions Tc_a sert
La nouvelle minéralogie comprend toujours surtout à reconnaître les structures, car les
l'épidote et la chlorite, avec souvent des constituants sont peu visibles.
amas semi-opaques circulaires, constitués La division Tb est peu présente en lame
possiblement de leucoxène (ou d'épidote mince; la seule manifestation incontestable
fortement concentrée). de laminations entrecroisées est dans la
lame mince 23-Al (planche 7A).
Tb a tendance à être enrichi en cristaux par Td par contre revient souvent (comme noté
rapport à Ta, jusqu'à constituer un tuf à sur l'affleurement) et est constitué de tuf fin
cristaux; on note aussi que dans Ta, plus la comprenant typiquement 25% de plagio-
granulométrie est fine, plus les FLV clase et 75% d'un mélange d'épidote,
disparaissent; Tb étant de plus fine d'amas semi-opaques et de chlorite dans
granulométrie que Ta, il est normal que les des proportions variables; les laminations
FLV y soient moins abondants. parallèles se manifestent par des variations
granulométriques cycliques (planche 7B et
Le phénomène des cailloux d'arrachement, 7C) ou des altérations variables (planche
noté sur le terrain, est aussi visible en lame 7D; voir aussi description de la lame 14-A4 à
mince, où des fragments de tuf fin arraché la page 18 du tableau des observations
au sommet d'un lit sont parfois présents pétrographiques en annexe). Une altération
dans la base plus grossière du lit suivant fréquente est la carbonatisation (planche
(planche 5E et 5F). 7F).
La division Ta est présente sur une seule
Comptage de points lame mince (16-A6) et est constituée de
Ces observations pétrographiques concer- cendres volcaniques ou d'argile recristal-
nant les tufs grossiers sont renforcées par lisée (planche 7 E).
un comptage de point sur six échantillons
(tableau 4 et figure 14).
Comptage de points

A) Tableau des données pétrographiques de comptage de points


LANE CRISTAUX FLV FLV FLV FLV FLV TOTAL MNÉRAUX TOTAL DES
DESTRICE
MA AUTRES
MNCE (plag.) type A type AC type AA Type NP type MSC FLV OPAQUES POINTS
14-B1 82 79 88 25 34 7 233 66 8 lia 400
15-A3 84 53 130 12 24 4 223 91 0 2 400
15-A7 Ti 49 147 5 22 8 231 88 1 3 400
19-Al 53 48 167 17 15 11 258 74 6 9 400
20-Al 59 61 107 20 30 14 232 75 10 24b 400
21 Al 180 54 29 1 2 3 89 116 13 2 400

[Link] = surtout vein les ou arras chloriteux.


[Link] = arms chlorite x

Signification des abréviations


B) Tableau des données pétrographiques de comptage de points
en % pour le ciagrani e ternaire de Schmidt (1981) FLV = Fragments lithiques volcaniques
FLV VERRE ET TOTAL EN TOTAL DES Type A = aphanitique
LANE CRISTAUX
Type AC = aphanitique avec de gros cristaux de
MNCE (plag.) (TOTAL) PONCES % POINTS
plagioclase carrés
14-B1 26 74 0 100 315 Type AA = aphanitique très sombre
15-A3 27 73 0 100 307 Type MP = Microporphyrique
15-A7 25 75 0 100 308 Type MPC = Microporphyrique, avec de gros cristaux
19-Al 17 83 0 100 311 comme AC
20-A1 20 80 0 100 291
21 Al 67 33 0 100 269

Tableau 4: Résultats du comptage de points sur les tufs grossiers. A) données brutes; B) données pour la figure 15.
24

PONCES
VERRE
Diagramme ternaire LÉGENDE
des tufs de Tuf grossier massif
(Bouma Ta)
Schmidt (1981)
Tuf grossier stratifié
(Bouma Tb)
d'après le comptage
de points
TUF
VITREUX
50

TUF TUF
CRISTAUX LITHIQUE \
14-B1 19-Al \
15-A3 •X20-A1
21-Al 15-A7\
f
50
CRISTAUX FRAGMENTS
LITHIQUES

Figure 15: Diagramme ternaire des tufs de Schmidt (1981).


Planche 7: Photomicrographies de Tc, Td et Te. A: Division Tc de Bouma: tuf fin à laminations
entrecroisées (LE) en auges. Lumière naturelle. Lame mince 23-Al (photo MP5-19). Largeur de
champ = 12,7 mm. — B: Division Td de Bouma: tuf fin à laminations parallèles. Lumière
naturelle. Lame mince 16-A2 (photo MP5-12). Largeur de champ = 12,7 mm. — C: Division Td
de Bouma: tuf fin à laminations parallèles, avec structure de charge (SC). Lame mince 16-A2
(photo MP5-10). Largeur de champ = 12,7 mm. — D: Division Td de Bouma: tuf fin à
laminations parallèles, montrées par des variations granulométriques. Lumière naturelle. Lame
mince 14-A4 (photo MP5-09). Largeur de champ = 12,7 mm. — E: Division Te de Bouma: tuf
très fin (poussières volcaniques) ou argile marine. Lumière naturelle. Lame mince 16-A6 (photo
MP3-04). Largeur de champ = 2,6 mm. — F: Exemple d'altération (zone carbonatée) dans un tuf
fin. ASO = amas semi-opaques (cercles foncés). Lumière naturelle. Lame mince 14-A4 (photo
MP3-07). Largeur de champ = 1,3 mm.
26

6. DISCUSSION pyroclastique sous-marin, la division basale


massive étant absente);
Pour expliquer la genèse de l'empilement de b) la resédimentation d'un dépôt pyroclas-
volcanoclastites du lac Wotminis, il faut tenir tique primaire non-consolidé (les coulées de
compte de a) la volcanologie physique; b) la masse se forment suite à des ruptures de
sédimentologie des volcanoclastites; c) la pente sur les flancs d'un volcan);
pétrographie des volcanites et des c) la resédimentation d'un autre type de
volcanoclastites; d) la géochimie des dépôt volcanoclastique (autoclastique ou
volcanites. Ces éléments permettront de 1) épiclastique) non consolidé.
interpréter les processus de transport et Ce qui est en jeu est donc la source des
déposition des volcanoclastites; 2) particules, c'est-à-dire le mode de fragmen-
interpréter le mode de fragmentation des tation des volcanoclastites.
volcanoclastites; 3) suggérer un milieu de
dépôt; 4) établir un modèle génétique. 6.2 Interprétation du mode de
fragmentation
6.1 Interprétation des processus de
transport et déposition des volcanoclas- C'est la pétrographie des volcanoclastites
tites qui permet d'interpréter leur mode de
fragmentation. Un fait marquant de l'étude
L'analyse de la section stratigraphique de pétrographique des tufs grossiers est la
l'affleurement a permis la reconnaissance présence de tufs à cristaux. Cette
des divisions des turbidites sablonneuses de abondance de cristaux de plagioclase (plus
haute densité S2-S3 de Lowe (1982) et de la de 50% par définition) implique un
succession Tabcde des turbidites classiques. enrichissement par rapport aux laves
Ceci permet d'affirmer que les lits de tuf et porphyriques de l'affleurement (contenant
tuf à lapilli du secteur d'étude ont été 10-15% de phénocristaux de plagioclase) si
déposés par des courants de turbidité de l'on suppose qu'il s'agit de la roche parente
haute densité évoluant en courants de des volcanoclastites.
turbidité de faible densité. A la lumière de ces observations et du travail
L'abondance des déformations syn- de Cas (1983) nous discuterons des
sédimentaires indique que les différents modes de fragmentation possibles,
volcanoclastites se sont déposées très à savoir épiclastique, autoclastique et
rapidement, que l'eau interstitielle était pyroclastique.
abondante et que les particules ont été
déposées en milieu sous-marin, sur une 1) Procédés épiclastiques
pente plus ou moins abrupte. Quant aux
nombreux cailloux d'arrachement, ils Les procédés épiclastiques, qui désignent ici
témoignent du fort pouvoir érosif des la production de fragments à partir d'une
courants de turbidité. roche volcanique consolidée, ne sont pas
Les empilements granodécroissants dans susceptibles de produire en grande quantité
l'empilement de volcanoclastites s'expliquent des cristaux idiomorphes. Il est difficile
par de grands apports momentanés de d'imaginer qu'une lave contenant à peine
matériel, ce qui concorde avec des coulées 15% de phénocristaux pourrait être
de masse sous-marines à caractère transformée en turbidite formant des
turbiditique se déposant par pulsions divisions contenant plus de 50% de cristaux
successives. de cette façon. La fragmentation épiclastique
Ces coulées de masse turbiditiques peuvent d'une lave comme origine unique des
résulter de trois événements (Wulf Mueller, fragments des tufs est donc écartée.
comm. pers.): Cependant le remaniement et la
a) une coulée de masse d'origine météorisation de dépôts pyroclastiques non
pyroclastique primaire en milieu sous-marin consolidés pourrait séparer les cendres nesfi
(le dépôt étudié correspondrait alors à la vitreuses des cristaux et fragments lithiques.
division supérieure stratifiée d'un dépôt L'altération en milieu sous-marin est
accélérée par la chaleur provenant du
27

volcan; les scories et les échardes de verre fragments juvéniles non-vésiculaires) et le


produites en grande quantité par une type Mérapi (effondrement d'un cryptodôme,
explosion pyroclastique seraient détruites produit surtout des fragments accessoires et
facilement de cette façon. accidentels, non-vésiculaires). Ce dernier
Si les turbidites du secteur d'étude sont type pourrait être intéressant car il
effectivement le produit de la resédimen- correspond bien aux fragments observés.
tation d'un dépôt non-consolidé (et non pas Cependant aucune évidence d'émergence
la division supérieure d'une coulée de d'un édifice volcanique dans le secteur n'est
masse pyroclastique), le transport des disponible, et les laves de l'affleurement sont
fragments à l'intérieur du courant de turbidité plutôt mafiques (andésite basaltique).
pourraient affecter l'enrichissement en Il faut donc se tourner vers les éruptions
cristaux. En effet dans une coulée de masse explosives sub-aqueuses d'un volcan
turbulente les éléments fins seront retirés mafique. Les éruptions phréatiques et
(phénomène du vannage) de la tête et du phréatomagmatiques sont très violentes et
corps de la coulée vers le nuage de produisent des particules de la taille des
sédiments fins: le reste de la coulée (et le sables en grande quantité; la vésiculari-
dépôt qui en résultera) concentre les sation des fragments lithiques y est moins
cristaux et fragments lithiques. Mais si ce prononcée que dans les explosions
vannage des particules fines peut contribuer subaériennes (Cas, 1983), et un magma
à l'enrichissement en cristaux, il ne s'agit porphyrique produirait une quantité
pas du processus primaire de fragmentation. suffisante de cristaux. Les explosions sous-
marines donnent lieu à des colonnes
2) Procédés autoclastiques éruptives s'élevant en tourbillons (billowing),
dans lesquelles les cendres fines vitreuses
La fragmentation par trempe (quench seraient enlevées (Cas, 1983), d'où
fragmentation) d'une lave produit de la production de matériel enrichi en cristaux et
hyaloclastite; la resédimentation de cette fragments lithiques. Cependant il faut se
hyaloclastite donne des fragments lithiques souvenir du caractère polygénique des tufs
volcaniques (FLV) de la taille des sables et lithiques, c'est-à-dire de la présence de cinq
graviers avec un aspect vitreux. Ainsi les types de fragments lithiques volcaniques
FLV de type A et AA (aphanitiques) (FLV). Si ces FLV ont été générés par une
pourraient ainsi être interprétés comme des explosion pyroclastique sous-marine, il faut
"intraclastes volcaniques" dérivés de la alors supposer que l'explosion aurait détruit
bordure de trempe fragmentée des laves une partie importante du volcan, mélangeant
sous-jacentes aux coulées de masse ainsi des FLV provenant de coulées
successives (l'aspect vitreux étant masqué texturalement différentes, superposées par
par la recristallisation). Cependant les autres accumulation successive. Une telle
types de FLV, qui ne présentent pas explosion est nécessairement phréatomag-
d'aspect vitreux, ne peuvent donc avoir été matique: l'eau entrant en contact avec le
produits par des processus autoclastiques. magma fait exploser une partie du volcan.
Ce mode de fragmentation est donc rejeté, Une explosion sous-marine donc est la
et il ne reste que les procédés source la plus probable de tous les
pyroclastiques. fragments (FLV et cristaux). Cependant des
procédés tels le remaniement suite au dépôt
3) Procédés pyroclastiques primaire ou le vannage des particules fines
durant le transport secondaire à l'intérieur de
La plupart des éruptions explosives courants de turbidité peuvent être invoqués
documentées concernent des volcans pour expliquer l'enrichissement en cristaux.
felsiques subaériens. Ces explosions sont
divisées en trois types (P. Cousineau, 6.3 Milieu de dépôt
comm. pers.): le type St-Vincent (éruption
verticale produisant surtout des fragments Le mode de transport et déposition des
juvéniles vésiculaires et vitreux), le type volcanoclastites, à savoir des coulées de
Pelée (explosion latérale produisant des masse sous-marines implique un milieu
28

sous-marin. L'absence d'évidence d'influen- enrichissement en cristaux; les fragments


ce des vagues suggère un milieu de lithiques sont sub-arrondis et interprétés
déposition sous la zone d'action des vagues comme majoritairement accidentels et
de tempête, c'est-à-dire à une profondeur accessoires plutôt que juvéniles.
d'eau d'au moins 200 m. Voici donc le modèle génétique (figure 16).
Le mode de fragmentation interprété pour
les volcanoclastites, à savoir une explosion ÉTAPE 1 : Une explosion phréatomag-
phréatomagmatique, demande la présence matique d'un magma porphyrique est
d'un volcan sous-marin. retenue comme source des cristaux et des
L'étude géochimique des volcanites suggère fragments lithiques volcaniques (FLV)
un milieu d'îles en arc à cause de l'anomalie accessoires de différents types en détruisant
négative en Nb et Ti, combiné à un enrichis- une partie du volcan (pour justifier les cinq
sement en Th et Ba sur le diagramme des types de fragments lithiques volcaniques).
abondances normalisées des éléments
incompatibles. ÉTAPE 2 : Les pyroclastes forment un
Nous suggérons donc la partie sous-marine nuage contenant des cristaux de
distale d'un arc volcanique comme milieu de plagioclase, des FLV et des cendres
déposition des laves et des volcanoclastites; volcaniques; le nuage s'effondre
le résumé des arguments est présenté au éventuellement, et les cristaux et FLV se
tableau 5. déposent en milieu sous-marin sur les flancs
d'un volcan-bouclier, constituant un dépôt
6.4 Modèle génétique pyroclastique primaire non-consolidé. La
plus grande partie des cendres est emportée
Le modèle retenu privilégie la resédimen- au loin ou détruite par météorisation.
tation comme origine des coulées de masse
turbiditiques (caractère primaire), plutôt que ÉTAPE 3 : Avant la consolidation du dépôt,
d'affirmer que les coulées de masse sont probablement même très peu de temps
d'origine pyroclastique et constituent la après la retombée des fragments, les
division sommitale des coulées pyroclas- pyroclastes sont resédimentés. Un long laps
tiques sub-aqueuses (caractère secondaire). de temps entre l'explosion et la
Les critères pétrographiques du tableau 1 resédimentation aurait permis la déposition
peuvent assez facilement justifier ce choix: niveau de boue (sédimentation pélagique)
les scories sont absentes, tout comme les entre les lits de tuf, or cette boue est
échardes de verre; il y a un important pratiquement absente de la zone d'étude.

Tableau 5 : Arguments en faveur d'un milieu de déposition sous-marin, près d'un arc volcanique.

CRITÈRES ARGUMENTS
SÉDIMENTOLOGIE DES Les turbidites classiques (reconnaissance de la séquence de
VOLCANOCLASTITES ET Bouma) interlitées avec des laves coussinées impliquent un
VOLCANOLOGIE PHYSIQUE milieu sous-marin.

FACIÈS VOLCANIQUES Les laves coussinées sont abondantes dans un rayon de 1-2
ENVIRONNANTS km autour de la zone d'étude d'après examen rapide, ce qui
renforce l'argument précédent.

GÉOCHIMIE L'affinité arc des laves et filons-couches est mise en évidence


par l'anomalie négative en Nb et Ti.

PÉTROGRAPHIE Le mode de fragmentation interprété d'après la pétrographie


(explosion pyroclastique phréatomagmatique) demande
évidemment la présence d'un ou plusieurs volcans.
Explosion phréatomagmatique Dépôt pyroclastique primaire

. ,. . ,. .
• ~ •• .

- effondrement du nuage et
déposition des pyroclastes

Dépôt pyroclastique primaire

<D4
profil du volcan
7.,. •
avant l'explosion",-- .'

MAGMA PORPHYRIQUE

Resédimentation
- explosion phréatomagmatique suite
au contact de l'eau avec le magma
- destruction d'une partie du volcan - ruptures de pente dues à des séismes
- libération de fragments lithiques - coulées de masse turbiditiques
volcaniques de plusieurs types et
d'une grande quantité de cristaux

Coulée de masse turbiditique


-- 4
Vizir 0°'
Fragments lithiques 0
dépôts turbiditiques P°u
•13 et
antérieurs a°@
Cristaux

Cendres fines

(Taille des éléments exagérée)

Figure 16: Modèle de genèse de la séquence de tufs du lac Wotminis (voir texte pour discussion).
30

La resédimentation peut être due à des quantité de cristaux et les cinq types de
séismes ou à d'autres éruptions explosives fragments lithiques volcaniques observé en
qui engendrent des ruptures de pente lame mince; 2) le nuage s'effondre et produit
successives, plus ou moins importantes, sur un dépôt pyroclastique primaire; 3) ce dépôt
les flancs instables du volcan; les coulées de est résédimenté par des ruptures de pentes
masse ainsi engendrées deviennent successives dues à la séismicité sur les
turbulentes par ingestion d'eau. Ces flancs du volcan. Ces ruptures de pente sont
courants de turbidité de haute et basse à l'origine des coulées de masse
densité déposent les volcanoclastites du turbiditiques de faible densité qui créent
secteur d'étude, constituées notamment de l'empilement de volcanoclastites du lac
tuf à cristaux. Wotminis.
L'origine des tufs à cristaux du lac Wotminis
est donc une explosion phréatomagmatique Recommandations
donc les produits sont resédimentés par des Ce modèle n'est évidemment pas parfait, et
coulées de masse turbulentes en milieu pour l'améliorer, des travaux ultérieurs
sous marin. pourraient inclure:
• une comparaison géochimique des
laves et des volcanoclastites, afin de
7. CONCLUSIONS prouver que les tufs sont bien dérivés
des laves;
Ce rapport est un exemple d'étude d'un • une analyse des fragments lithiques
empilement de volcanoclastites dans une volcaniques (FLV) à la microsonde, afin
séquence supracrustale archéenne de déterminer si la composition
déformée et métamorphisée. Les objectifs géochimique varie d'un type de FLV à
de l'étude étaient d'interpréter le mécanisme l'autre;
de fragmentation des volcanoclastites, ainsi • une cartographie plus étendue, à plus
que les processus de transport/déposition, grande échelle (exemple 1 : 2000).
et d'identifier le milieu de dépôt pour arriver
à un modèle génétique tenant compte de la Le projet SMV-Moyen Nord
présence de tufs à cristaux. En quoi l'étude volcanologique et
Ces tufs à cristaux sont interprétés comme
pétrographique d'un empilement de
le produit resédimenté d'une explosion
volcanoclastites est elle intéressante dans le
phréatomagmatique. En effet les tufs à
cadre d'un projet axé sur la découverte de
cristaux impliquent un enrichissement par
contextes propices aux minéralisations en
rapport aux laves porphyriques de
sulfures massifs? Selon Easton et Johns
l'affleurement si l'on suppose qu'il s'agit de la
(1986), les minéralisations en sulfures
roche parente des volcanoclastites. Le seul
massifs volcanogénes (SMV) sont associées
processus capable d'un tel enrichissement
aux faciès centraux et proximaux des
est une explosion pyroclastique d'un magma
volcans calco-alcalins dans la partie
porphyrique; les critères pétrographiques et
ontarienne de la sous-province de l'Abitibi. Il
l'absence de séquence à double classement
est tentant d'appliquer cette idée aux
et de division basale massive suggèrent un
ceintures de roches vertes de la Baie James
dépôt volcanoclastique secondaire. Sachant
(sous-province de La Grande). Il s'agit donc
que la géochimie démontre une affinité arc
de trouver ces faciès centraux et proximaux.
dans les laves coussinées encaissantes de
La découverte d'une séquence de tufs
la séquence de tufs, d'ailleurs abondantes
turbiditiques encaissée dans des laves
autour de la zone d'étude, le milieu de dépôt
coussinées peut alors paraître insignifiante
est interprété comme étant la partie distale
puisque les turbidites de faible densité se
d'un arc volcanique sous-marin.
déposent évidemment dans les faciès
distaux. Cependant les turbidites permettent
Le modèle proposé comprend trois étapes:
d'identifier le sommet de la séquence et si
1) une explosion phréatomagmatique détruit
des rides de courant sont présentes, la
une partie du volcan, libérant une grande
31

direction d'écoulement. De telles mesures cours de Sédimentologie appliquée de


de paléocourant ont été prises lors du levé I'UQAC (version Hiver 1998).
stratigraphique, et donnent une direction
d'écoulement vers le nord (le sommet EASTON, R.M. et JOHNS, G.W. 1986.
stratigraphique étant vers l'est). Il faudrait Volcanology and mineral exploration.
donc chercher les faciès proximaux (et Dans Volcanology and mineral
potentiellement les sulfures) vers le sud- deposits. Édité par J. Woods et H.
ouest. Wallace. Ontario Geological Survey,
Miscellaneous Paper 129, chapitre 1.

8. REMERCIEMENTS FALLARA, F., MOORHEAD, J., ROSS, P.S.


et GOUTIER, J. 1999. Caractéristiques
Ce rapport est une version modifiée d'un et potentiel pour des minéralisations de
projet de fin d'études (PFE) rédigé par le type sulfures massifs volcanogènes
premier auteur. Ce PFE a été réalisé dans le des séquences volcaniques du lac
cadre d'un emploi d'été comme assistant- Sakami et de la rivière Eastmain.
géologue à l'URSTM pour le projet "SMV Ministère des ressources naturelles du
Moyen-Nord" du ministère des Ressources Québec, série des manuscrits bruts,
naturelles du Québec (MRNQ), sous la soumis pour publication (juin 1999).
supervision des géologues Francine Fallara
et James Moorhead. Je veux donc remercier GOUTIER, J., DOUCET, P., DION, C. et
le MRNQ pour avoir fourni le matériel et collaborateurs, 1998. Géologie de la
l'information pertinente (sections stratigra- région du lac Kowskatchkakmow
phiques, lames minces, photos, etc.). M (SNRC 33F/06). Ministère des
Jean Goutier du MRNQ est un des lecteurs Ressources naturelles du Québec, RG-
critiques de cette publication et sa 96-16,48 p.
contribution est appréciée.
Je tiens également à remercier M. Wulf LE MAÎTRE, R.W. (éditeur) 1989. A
Mueller du CERM-UQAC, directeur principal Classification of Igneous Rocks and
du projet de fin d'études, pour son soutient Glossary of Terms. Blackwell sc. pub.
constant, ainsi que M. Pierre Cousineau,
également du CERM-UQAC, pour sa lecture LOWE, D.R. 1982. Sediment gravity flow:
critique et ses judicieux conseils. depositional models with special
reference to the deposits of high-
density turbidity currents. Journal of
sedimentary petrology, 52: 279-297.
9. RÉFÉRENCES
MOORHEAD, J., BERNIER, L., GOUTIER,
BULL, S.W. et CAS, R.A.F., 1991. Depositio- J., FALLARA, F. et LAFLÈCHE, M.
nal controls and characteristics of 1999. Caractéristiques des zones
subaqueous bedded volcaniclastics of d'altération alumineuses stratiformes,
the Lower Devonian Snowy River région du lac Shpogan. Min. ress. nat.
Volcanics. Sedimentary geology, 74: du Québec, série des manuscrits bruts,
189-215. soumis pour publication (juin 1999).

CAS, R.A.F. 1983. Submarine 'crystal tuffs' : PROTHERO, D.R. et Schwab, F. 1996.
their origin using a Lower Devonian Sedimentary geology. Freeman, New
example from southeastern Australia. York, 575 p.
Geol. Mag. 120: 471-486
TREMBLAY, E. 1997. Sédimentologie des
COUSINEAU, P.A. 1998. Les processus volcanoclastites de la formation de
physiques et les dépôts clastiques en Bauceville, Appalaches du Québec.
sédimentologie. Partie 2 des notes de Mémoire de maîtrise, Sciences de la
Terre, UQAC.
32

WALKER, R.G. 1992. Turbidites and


Submarine Fans. Dans Facies Models
— Response to sea level change. Édité
par R.G. Walker et N.P. James.
Association géologique du Canada, pp.
239-263.

WILSON, M. 1989. Igneous petrogenesis.


Chapman et Hall, London, 421 p.

Autres références (non citées):

MARTI, J. 1996. Genesis of crystal-rich


volcaniclastic facies in the Permian red
beds of the Central Pyrenees (NE
Spain). Sedimentology, 106: 1-19.

MCPHIE, J., DOYLE, M. et ALLEN, R. 1993.


Volcanic textures. University of
Tasmania, Center for ore deposits and
exploration studies, 196 p.
ANNEXE 1:

Tableau des observations pétrographiques


Annexe 1— Observations pétrographiques

Unité Commentaires /
No. lame mince (observations Composition et texture
Interprétation
de terrain)
24-Al (PLO) "Basalte 30% Cristaux de plagioclase hypidiomorphes _< 0,5 mm Basalte très altéré, à
coussiné, grains fins - ce n'est
Coupe 11024 aphanitique et 40% Bâtonnets de chlorite hypidioblastique <_ 0,005 mm, pas l'unité coussinée
(à 1m) altéré" dispersés sur toute la surface porphyrique

Unité de 8% Amas (environ 0,5 mm) de chlorite


1.75m d'épais
5% Petits grains d'épidote hypidioblastique, <_ 0,01 mm,
dispersés sur toute la surface

7% Opaques hypidiomorphes <_ 0,1 mm

10% Veinules et amas de quartz (extinction roulante), Géochimie: l'analyse


calcite et chlorite — taille variable — infiltration semble douteuse (69%
diagénétique? Si02, probablement du
à l'altération)
TEXTURE: On reconnait localement la texture
ophitique relique (à cause du plagioclase)

ABRÉVIATIONS UTILISÉES DANS CE TABLEAU


Fragments lithiques volcaniques: Autres:
Type A: aphanitique (à grains très fins, mais visibles) Amas S.-O. : amas semi-opaques
Type AC: aphanitique, mais contenant quelques gros cristaux QZ : quartz — PG, plag. : plagioclase
carrés de plagioclase Carb. : carbonate — CC : calcite
Type AA: véritablement aphanitique CL : chlorite — EP : épidote — AC: actinote
Type MP: micro-porphyrique
Type MPC: micro-porphyrique, avec en plus de gros cristaux
comme Type AC
Annexe 1— Observations pétrographiques

Unité Commentaires /
No. lame mince (observations Composition et texture Interprétation
de terrain)
19-C3 (PLO) Andésite 7% Phénocristaux (reliques) de plagioclase idiomorphes à Lave intermédiaire à
coussinée, hypidiomorphes, 1 à 3 mm de diamètre. Recristallisés mafique, porphyrique,
Coupe porphyrique en petits plagioclases xénoblastiques à ext. roulante très altérée, faciès
98FF-11019 (10% de phé- avec 5-10% d'altération (carb..± chlorite ± épidote). métamorphique des
à 24m nocristaux de schistes verts
plagioclase) 10% Clinopyroxènes (reliques) hypidioblastiques, <_ 1.5
avec mm. Recristallisés en actinote (35-40%, <_ 0,1 mm) +
relation 11019 p/r "fragments épidote (15%, <_ 0,01 mm) + aiguilles de chlorite (45-
coupe princ.? mafiques" 50%, <_ 0,01 mm).

Unité de 7,5 m 20% "Amas verts" (chloriteux) informes, dans lesquels on


d'épais ne reconnait pas de forme ou minéralogie relique.
Assemblage observé: actinote (15%, <_ 0,2 mm) +
épidote (15%, <_ 0,1 mm) + chlorite (55%, <_ 0,05 mm) Géochimie: pas
avec injection tardive de calcite (10%) et QZ (5%) d'analyse pour cet
échantillon
63% Matrice (par rapport aux gros phénocristaux)
composée de plag. (20-25%, <_ 1 mm) hypidioblast.,
légèrement épidotisés, d'orientation aléatoire +
actinote (10-15%, <_ 0,05 mm) + épidote (5%, <_ 0,05
mm) + chlorite (55-65%, aphanitique)

-- Fractures remplies de quartz et calcite

TEXTURE: Porphyrique (relique)


Annexe 1— Observations pétrographiques

Unité Commentaires /
No. lame mince (observations Composition et texture Interprétation
de terrain)
19-C1 (PLO) Lave 15% Phénocristaux de plagioclase (relique), 2,5 à 11 mm Lave porphyrique,
andésitique de long, idio- à hypidiomorphes, très altérés. andésitique ou
coupe porphyrique Nouvelle minéralogie (deux spécimens examinés en basaltique, très altérée
98FF-11019 (10-15% de détail — voir schéma): épidote (40%, <_ 0,01 mm) + (faciès métamorphique
à 14 m phénoc. de sphène/leucoxène (10%, <_ 0,3 mm) + chlorite des schistes verts)
plagioclase) (spécimen A = 20%, <_ 0,03 mm et spécimen B = 10%,
-non coussiné en amas <_ 0,3 mm) + plagioclase (spécimen A = 30%,
selon la coupe recristallisé, environ 0,3 mm et spécimen B = 40%,
non recristallisé)

98FF-1019-C1
Unité de 3,5 m B4
d'épais ô c Géochimie: andésite
basaltique

3% Relique de phénocristaux de hornblende ou pyroxène


<_ 7 mm, forme allongée (xénoblastique). Nouvelle
minéralogie (1 spécimen examiné, "C" sur schéma):
épidote (25-30%, <_ 0,02 mm) + actinote (10-15%, <_
0,2 mm) + leucoxène (3%, <_ 0,3 mm) + chlorite (52-
62%, <_ 0,01 mm)

67% La matrice est un enchevêtrement de grains fins:


plagioclase hypidioblastique (30%, s 0,2 mm) +
actinote (40%, <_ 0,3 mm) + chlorite (20%, <_ 0,01 mm)
+ amas semi opaques (leucoxène ou amas d'épidote,
environ 0,1 mm)

TEXTURE: porphyrique
Annexe 1— Observations pétrographiques

Unité Commentaires /
No. lame mince (observations Composition et texture
Interprétation
de terrain)
17-Al (PLO) Filon-couche 30% Plagioclase xénoblastique s 0,2 mm, assez épidotisé Intrusion peu profonde
mafique ou (filon-couche interm. ou
coupe principale intermédiaire 40% Mélange semi-opaque de chlorite + épidote, grains mafique),
(partie 11017) de 19 m très fins, probablement altération des pyroxènes (en refroidissement rapide
à 41 m d'épais, combinant avec l'actinote)
texture micro- Pas de phénocristaux
gabbroïque 7% Actinote xénoblastique <_ 0,3 mm
Faciès métamorphique
10% Épidote hypidioblastique <_ 0,1 mm des schistes verts

3% Amas de chlorite <_ 2 mm


Géochimie: andésite
7% Opaques anguleux (idioblastiques), probablement basaltique
pyrite < 0,7 mm

3% Veinules tardives de quartz + carbonate ± épidote

TEXTURE: micro-gabbroïque (sub-ophitique)


Annexe 1— Observations pétrographiques

Unité Commentaires /
No. lame mince (observations Composition et texture
Interprétation
de terrain)
16-A5 (PLO) Filon-couche 25% Plagioclase xénoblastique _< 0,1 mm, ± épidotisés Intrusion peu profonde
mafique ou (refroisissement rapide)
Coupe principale intermédiaire, 15% Actinote xénoblastique 5 0,05 mm intermédiaire ou
(partie 11016) 1,6 m d'épais, mafique, métamorphisé
à 23,5 m avec 2% 50% Mélange de chlorite et épidote, 0,01 mm au faciès des schistes
d'amygdules verts
(confondu 2% Vésicules <_ 2 mm, remplies de quartz (texture
avec un tuf Ta polygonale, extinction roulante) et calcite
lors du levé)
7% Semi-opaques <_ 0,2 mm

1% Veinules de calcite (tardives) Géochimie: pas


d'analyse sur cet
échantillon
TEXTURE: pas de texture primaire préservée
Annexe 1— Observations pétrographiques

Unité
Structures Commentaires /
No. lame mince (observations Composition et texture
(microscopiques) Interprétation
de terrain)
21-Al (PLO) Tuf à lapilli (. TUF GROSSIER [>_ 1/16 mm] (65% du total) Stratification Bouma Tb
5 mm) à CRISTAUX diffuse.
coupe 11021 stratification 40% Plagioclases 0,1 à 2 mm (moyenne 1mm) Des lamines pâles Si on intègre les lapilli au
idio- à hypidiomorphes, brisés, faiblement pourcentages des différents
à 1,2 m diffuse mm en types de tuf grossier et qu'on
(alternance de (10-15%) à moyennement (30%) altérés (moyenne)
6 alternent ne tient pas compte de la
en épidote et carbonate. Macles Carlsbad matrice, on trouve que la roche
(une des petites strates pâles et polysynthétique fréquente avec des lamines
est un
coupes du chenal) et foncées) foncées (3 mm en
30% de FRAGMENTS LITH. VOLC. INTERM. A MAF, moyenne) plus Tuf à cristaux
cristaux 10% Type MP 1 à 2 mm de diamètre, sub- riches en matrice
plagioclase et sphériques et sub-arrondis, contenant vitreuse. PONCES

25% de plagioclase <_ 0,2 mm,


5% de Les fragments et
d'orientation aléatoire, et 10% de "taches Schmidt (1981)

fragments sombres" (leucoxène?, 5_0,05 mm) dans cristaux sont en TUF


VITREUX
lithiques unepâte très fine d'épidote + chlorite général plus petits
volcaniques dans les lamines
nFA TUF
15% Type A, s 2 mm, sub-anguleux et sub- foncées. CRISTAU% LITHIQUE
z
Bouma Tb sphériques. Si cristaux de plagioclase CRISTAUX
A'
$% FRAGMENTS
visibles, sont _< 0,05 mm LITHIQUES

Lit de 60 cm FLV Type MP


TUF FIN [<_ 1/16 mm] (35% du total) semble "chaud" au ---
d'épais moment du dépôt
35% Matrice vitreuse (tuf fin) de composition et Lo®
t° â
de concentration variable, ce qui donne / . 0 w o' ® ~
Contacts
l'aspect stratifié (voir "structures" ci- i s ~~ o 0 0! !
basaux et ~\ ~o
contre). Pour ce qu'on en voit, la matrice S ®~ ®
sommitaux recristallisée contient 30 à 50 de ? PG brisé
nets plagioclase épidotisé <_ 0,2 mm, 10 à 20%
"d'amas noirs" d'environ 0,1 mm, le reste PG brisé /
en épidote, chlorite ± verre ± carbonate
(lumière
naturelle)
, PG intact
/ "froid" lors du dépôt
0,5 mm 1 ~\

1
Annexe 1— Observations pétrographiques

Unité Commentaires /
Structures
No. lame mince (observations Composition et texture
(microscopiques) Interprétation
de terrain)
20-Al (PLP) Tuf à lapilli, LAPILLI [>_ 2 mm] (10% du total) Massif Bouma Ta
20-30% de CRISTAUX
Coupe 11020 cristaux de 2% Cristal (1) de plagioclase, 3mm, idiomorphe, non Si on intègre les lapilli au
à 1,0 m plagioclase, brisé, macle de Carlsbad et macle polysynth. pourcentages des
quelques ---- différents types de tuf
FRAGMENTS LITH. VOLC. INTERM. À MAF.
(une des petites fragments 3% Type MP sphér., sub-arrondi, avec 40-45% de grossier et qu'on ne tient
coupes du chenal) lithiques bâtonnets de plag. <_ 0,3 mm dans une pâte de pas compte de la matrice,
mafiques < 1 chlorite + épidote. Deux fragments: 3 mm (plag. on trouve que la roche est
cm orientés) et 4 mm (plag. sans orientation préf.). un

5% Type A (aphanitique): sub-arrondi, allongé,


Unité contenant pâte aphanitique très altérée (épidote et Tuf lithique
massive et "taches sombres") et localement cristaux de quartz
homogène: hexagonal 5 0,1 mm. Deux fragments: 9 et 10 mm. PONCES
VERRE
Bouma Ta TUF GROSSIER [>_ 1/16 mm] (85% du total) Schm,I„S)

CRISTAUX TUF
Lit de 1,85m < 1,5 mm, idiomorphes à
o Plagioclase _
35% VITREUX
d'épais hypidiomorphes, brisés, légèrement altérés
TUF A TUF
CRISTAUX LITHIQUE
FRAGMENTS LITH. VOLC. INTERM. À MAF. 2 -Al
Contacts 61 % FRAGMEN
10% Type MP, 0,5 à 2 mm, allongés, sub-arrondis, CRISTAUX 50
LITHIQUES
basaux et microlites de plagioclase <_ 0,3 mm
sommitaux
nets 10% Type A, aplatis, ressemblent à la matrice

30% Type AC et Type MPC (confondus): sub-sphériques,


sub-anguleux, contenant phénocr. carrés de plag. >_
0,7 mm, d'orient. aléat. dans matrice MP (bâtonnets
plag. <_ 0,2 mm) ou A.

TUF FIN [< 1/16 mm] (5% du total)


5% Matrice vitreuse altérée (épidote, plag., etc.)
Annexe 1— Observations pétrographiques

Unité
Structures Commentaires /
No. lame mince (observations Composition et texture
(microscopiques) Interprétation
de terrain)
15-A3 (PLO) Tuf à lapilli, LAPILLI [>_ 2 mm] (7% du total) Stratification très Bouma Ta
30% de ---- FRAGMENTS LITH. VOLC. INTERM. À MAF. diffuse soulignée
Coupe principale cristaux de 5% Type AC <_ 5 mm contenant quelques (5- par un Si on intègre les lapilli au
(partie 11015) plagioclase 10%) cristaux carrés de plag. (jusqu'à 1 alignement pourcentages des différents
à 8,7 m avec aussi mm) dans une matrice fine (<_ 0,05 mm) préférentiel des types de tuf grossier et qu'on
fragments 2% Type AA: aplati (17mm par 1 mm) très
fragments ne tient pas compte de la
lithiques foncé, avec cercles semi-opaques matrice, on trouve que la
mafiques roche est un
TUF GROSSIER [>_ 1/16 mm] (71% du total)
Unité massive ---- CRISTAUX Tuf lithique
Bouma Ta 30% Plagioclase <_ 0,8 mm ; idio- à PONCES
hypidiomorphes, brisés (anguleux) à sub- VERRE

arrondis, 5-15% d'épidotisation


Lit de 30 cm Schmidt HW)

d'épais TUF
FRAGMENTS LITH. VOLC. INTERM. À MAF. VITREUX

33% Type A et Type AC (confondus) environ 1,5


Contact basal mm, sub-sphériques et sub-anguleux, TUF A
CRISTAUX ' TUF
H;
LIrhIQUE

diffus et riches en opaques; AC (2/3?) contient gros


W
contact cristaux de plag. carrés (0.5 mm) CRISTAUX FRAGMENTS
LITHIQUES

sommital net
5% Type M: idem lapilli, <_ 1 mm

3% Type MP, environ 1 mm, sub-sphériques et


sub-anguleux, contenant 25% de microlites
de plagioclase <_ 0,3 mm et 5-10%
d'opaques

TUF FIN [ . 1/16 mm] (22% du total)


22% Matrice vitreuse altérée donnant un
assemblage brunâtre riche en épidote et
plagioclase
Annexe 1— Observations pétrographiques
Unité Commentaires /
Structures
No. lame mince (observations Composition et texture
(microscopiques) Interprétation
de terrain)
15-A7 (PLO) Tuf à lapilli LAPILLI [>_ 2 mm] (4% du total) Massif Bouma Ta
(granules) ---- FRAGMENTS LITH. VOLC. INTERM. À MAF.
Coupe principale beige, 30% de 5% Type AC (quelques gros cristaux de plag. Certains Si on intègre les lapilli au
(partie 11015) cristaux de carrés). Deux fragments: sub-anguleux, fragments pourcentages des différents
à 9,6 m sub-sphériques, 6 et 3,5 mm. Minéralogie:
plagioclase, lithiques semblent types de tuf grossier et qu'on
_ 0,05 mm) + carbonate (25%,
plag. (50%, <
fragments
g <_ 0,05 mm) + amas semi-opaques (25%)
soudés (voir ne tient pas compte de la
lithiques dessin) matrice, on trouve que la
mafiques 1% Type MP: un fragment 3 mm, sub-arrondi, roche est un
sub-sphérique. Minéralogie: micro-
Unité massive porphyres de plagioclase alignés (65%, _< Tuf lithique
0,3 mm) + carbonate (5%) + épidote (20%)
et homogène + opaques et semi-opaques (10%) PONCES
[Link]

Bouma Ta TUF GROSSIER [> 1/16 mm] (76% du total)


Schmidt (49811

TUF
---- CRISTAUX VITREUX

Lit de 155 Cm 30% Plagioclase <_ 1,2 mm (moyenne 0,3 mm) .


d'épais idiomorphes à sub-idiomorphes, brisés TUFA TUF
CRISTAUX LITHIQUE
1 -A7
FRAGMENTS LITH. VOLC. INTERM. À MAF. CRISTAUX ~° s3/ FRAGMENTS
Contacts nets 41% Type A et AC (confondus) <_ 2 mm LITHIQUES

(moyenne 0,8 mm), sub-sphériques et sub-


anguleux. Minéralogie: plagioclase + amas
d'épidote ± chlorite; AC (1/2?) ont cristaux
carrés plag.; cette catégorie renferme peut- w-
~p `— Fragment lithique volcanique,
être aussi 3-5% de FLV type AA. type MP ("chaud"?)

5% Type MP sub-sphériques et sub-anguleux. ~Soudure?


Minéralogie: 50% de micro-porphyres de
~Cristal de plagioclase hypidiomorphe,
plag. alignés ou non (<_ 0,2 mm) et 50% de brisé ("froid"?)
1.111,
chlorite, épidote, opaques
gimir
TUF FIN [1/16 mm] (20% du total)
20% Matrice vitreuse altérée (assemblage
brunâtre riche en épidote, chlorite et plag.)
Annexe 1- Observations pétrographiques

Unité
Structures Commentaires /
No. lame mince (observations Composition et texture
(microscopiques) Interprétation
de terrain)
19-Al (PLO) Tuf à lapilli TUF GROSSIER [>_ 1/16 mm] (80% du total) Massif Bouma Ta
vert-moyen
----- CRISTAUX
Coupe 11019 o Si on ne tient pas compte de
25% Plagioclase <_ 1,5 mm (moyenne = 0,3
à 6,5 m Unité massive mm), hypidiomorphes, brisés (sub- la matrice, on trouve que la
Bouma Ta anguleux) roche est un

Lit de 1 m FRAGMENTS LITH. VOLC. INTERM. À MAF. Tuf lithique


d'épais Tous les types sont <_ 2 mm (moy. = 1
mm), sphériques à sub-sphériques, PONCES
YE'RE
Contact basal sub-arrondis
gcnm101 (MG
net avec Ta et
contact 40% Type A et Type AC (confondus) : AC VITREUX

sommital contient gros cristaux de plag. carrés


diffus avec Tb A n'en a pas
tandis que - TUFA TUF
CRISTAUX LITHIQUE
19- I

5% Type AA: fragments bruns foncé, avec CRISTAUX 5 69% FRAGMENTS


UTHIGUES

zones noires

10% Type MP : microlites de plagioclase


non-orientés <_ 0,2 mm dans une pâte
fine de chlorite, épidote, actinote et
opaques

TUF FIN [ . 1/16 mm] (20% du total)


20% Matrice vitreuse altérée donnant un
assemblage brunâtre riche en chlorite,
épidote et plagioclase
Annexe 1— Observations pétrographiques

Unité Structures Commentaires /


No. lame mince (observations Composition et texture Interprétation
(microscopiques)
de terrain)
15-Al (GLO) Unité de 30 Parties décrites: voir photo p. suiv.
cm (localisée
Coupe principale entre 7,1 et A) Partie de tuf grossier granoclassé A Bouma Ta
(partie 11015) 7,4 m sur la
vers 7,25 m coupe) TUF GROSSIER [>_ 1/16 mm] (70% du total) Si on ne tient pas compte
montrant une ---- CRISTAUX de la matrice, on trouve
alternance de 45% Plagioclase 5 1,5 mm, idiomorphes à sub- que la partie A) est un
idiomorphes, brisés (parfois sub-arrondi),
lits Ta et Td
légèrement épidotisé et carbonatisé. Macle
(tuf grossier Tuf à cristaux
Carlsbad et polysynthétique fréquentes.
granoclassé Taille moyenne varie selon hauteur (voir
puis tuf fin dessin) PONCES
VERRE
laminé)
---- FRAGMENTS LITH. VOLC. INTERM. À MAF. Granoclassé Schmidt Mal)

23% Type A et Type AC (confondus). allongés, TUF


Contact inf.: .
VITREUX
sub-anguleux à sub-arrondis, riches en
contact intrusif opaques. Souvent assez semblable à la
(filon-couche) matrice (tuf fin) TSFA
CRISTAUX
TUF
LITHIQUE
1 -Al

36. ' FRAGMENTS


Contact 2% Type MP, <_ 1,5 mm (moyenne 0,5 mm), CRISTAUX
LITHIQUES

allongés, sub-anguleux. Contiennent


Supérieur:
bâtonnets de plagioclase alignés dans une
contact net "pâte" foncée, riche en opaques.
avec une Nécessite un processus
unité de tuf à TUF FIN [<_ 1/16 mm] (30% du total) d'enrichissement en
lapilli 30% Matrice vitreuse recristallisée en chlorite, cristaux par rapport aux
épidote, plagioclase et amas semi-opaques tufs lithiques.

[VOIR SUITE [Link].]


Annexe 1— Observations pétrographiques
Unité
Structures Commentaires /
No. lame mince (observations Composition et texture
(microscopiques) Interprétation
de terrain)
15-Al (GLO)
B) Partie de tuf fin laminé Bouma Td
[Suite de la page lk
précédente] Alternance de lamines "pâles" (plus grossières) Laminations Classification de Schmidt
et de lamines "foncées" (plus fines). parallèles (1981) non-applicable.
Lamines pâles: environ 25% de plagioclase
épidotisé <_ 0,02 mm (typiquement 0,01 mm) avec
épidote, chlorite, semi-opaques, ± verre c ..

Lamines foncées: environ 25% de plagioclase B .'


épidotisé _< 0,01 mm (typiquement 0,005 mm) ..
avec épidote, chlorite, semi-opaques, ± verre 1
xP + . O
•~i~ J y .
y

C) Infiltration tardive ,.;; ` $ '


~y. ,
,I{
{
4, ~!
6t A

Infiltration importante à la base de la partie A) + =tes


veinules réparties sur toute la lame. Contenu: A >
quartz et carbonate. ;.ilr ., -.... „
4 0

fi4,
qs~r •'fi
_:,. • . ss - ,
's

il
Annexe 1— Observations pétrographiques

Unité
Structures Commentaires I
No. lame mince (observations Composition et texture
(microscopiques) Interprétation
de terrain)
14-B1 (GLO) Tuf à lapilli LAPILLI [>_ 2 mm] (13% du total) Stratification très Bouma Ta
(granules) ---- FRAGMENTS LITH. VOLC. INTERM. À MAF. diffuse (massif)
Coupe principale avec 40% de 5% Type AC et MPC (confondus) : <_ 9 mm, Si on intègre les lapilli aux
(partie 11014) cristaux de allongés à sub-sphériques, sub-arrondis à pourcentages des différents
à 2,4 m sub-anguleux, contenant des cristaux Quelques veinules
plagioclase, et types de tuf grossier et qu'on
carrés de plagioclase jusqu'à 1 mm (10%)
30% de tardives de quartz ne tient pas compte de la
fragments 3% Type A: 9 mm, sphérique, sub-anguleux et calcite matrice, on trouve que la
lithiques roche est un
mafiques 5% Type AA <_ 14 mm (8mm en moyenne), très
aplatis, fortement chloritisés, couleur brun Tuf lithique
très sombre
Unité Bouma PONCES

Ta de 2 à 3m TUF GROSSIER > 1/16


1/16 mm 80% du total
sur la coupe ---- CRISTAUX Schmidt„ 981)

25% Plagioclase <_ 2 mm, idiomorphes, brisés


(1 m d'épais) TUF
VITREUX
50

FRAGMENTS LITH. VOLC. INTERM. À MAF.


Contact basal 35% Type AC <_ 2 mm sub-sphériques, TUF A
CRISTAUX
TUF
LITHIQUE

net (avec une anguleux, contenant gros cristaux carrés I :1


CRISTAUX 73%
unité Bouma plagioclase LITHIQUES

Td) et contact
15% Type A <_ 1.5 mm, anguleux à sub-
supérieur
anguleux, sub-sphériques
graduel (avec
une unité 3% Type MPC <_ 1,5 mm, sub-sphériques et
Bouma Tb) sub-anguleux

2% Type AA, s 2 mm, très sombres


(ressemblent beaucoup à la matrice)

TUF FIN [< 1/16 mm] (7% du total)


7% Matrice vitreuse recristallisée (assemblage
brunâtre riche en épidote, chlorite) avec
quelques fragments anguleux de plag.
Annexe 1- Observations pétrographiques

Unité
Structures Commentaires /
No. lame mince (observations Composition et texture
(microscopiques) Interprétation
de terrain)
16-A4 (GLO) "Bouma Tc, 17V-91.01. A-s6
rides de mm ,~ Tc
30% de fragments de °° ~ ~~
Coupe principale courant et hl--
---
__:--__ Td
plagioclase <
_ 0,2 mm, °°~ ~
(partie 11016) laminations sub-anguleux, plutôt Tc
g 0 T
à 21,50 m entrecroisées" épidotisés ~ ----
-` ~` Tc
15% amas S.-O. s 0,1 mm
Unité de 12 02 — `-- .... .

cm d'épais 55% mélange très fin '`-•



'
d'épidote et chlorite •
Contacts nets °, Td
001a
et concord. 006
avec Ta à la Structure de charge +
- _ Tc
base et Td au a l __
0.01 a ~` Td
sommet 20% de fragments de 006
mm °°' 006 °s mm
plagioclase <_ 0,06 mm,
anguleux
20% d'amas S.-O.
À l'échelle de
60% d'un mélange très fin l'affleurement la lame
d'épidote et de chlorite représente la division
Laminations Tc (puisqu'on y trouve
parallèles (Td) et des laminations
(Classification de Schmidt (1981) entrecroisées (Tc) entrecroisées) mais si
non applicable) on regarde de près on
a un cycle Tc-d.
Annexe 1— Observations pétrographiques

Unité
Structures Commentaires /
No. lame mince (observations Composition et texture
(microscopiques) Interprétation
de terrain)
15-A6 (GLO) "Alternance 9d-91.O u -dd -86
entre tuf massif =:, -fir veinule de quartz-calcite
35% de fragments de r `~ __ ~~ "
Coupe principale <_ 0,5 mm
plagioclase sub- —► ,,~_ =--= / --~
(partie 11016) (Bouma Ta) et anguleux, sub- / `-_
r/ i
à 21,50 m tuf fin laminé sphérique, 0,1 <_ 4 <_ - /
(Bouma Td) en •• • • / Td
0,3 mm,
bandes
20% aamas S.-O. <_ 0,2
centimétriques"
m

Unité de 20 cm 45% épidote et


I Ta
d'épais plagioclase ± quartz
(?)
Contacts nets
et concord. 10% de fragments de Td
avec Ta à la plagioclase <_ 0,06
base et au , 2cm
mm, anguleux et •
sommet sub-sphériques
40% d'amas S.-O. <_ 0,06
mm
50% épidote et Laminations
plagioclase ± quartz parallèles (Td) (Classification de Schmidt
(?) (1981) non applicable)
Lits massifs (Ta)

Remontées de
(Ta)?
Annexe 1— Observations pétrographiques

Unité
Structures Commentaires /
No. lame mince (observations Composition et texture
(microscopiques) Interprétation
de terrain)
23-Al (GLO) Unité dite
"Bouma Tb" 25% de cristaux de plagioclase —,._,- ~.,r
Coupe 11023 sur la colonne < 0,5 mm, idiomorphes, la a
ô'
p l upart intacts ''oo ~, o 0
(une des petites stratigraph. 0 1
coupes du chenal) mais sur la 15% de fragments lithiques o oe o 'o: Td
volcaniques (type A) ° • ~~ ô
à 0,5 m feuille de
arrondis °0o.•._ Tb
description
des échantil. 60% de matrice fine, épidotisée ~~`~ /
_ i, ;^
on propose
25% de cristaux de plagioclase
p g === T ~-~ Td
plutôt une _ ±
<_ 1,5 mm, idiomorphes, la "= ~~ 1 1
succession /
plupart brisés -ti/
Tb-c-d et on
15% de fragments lithiques j~- -- O — ; l 7
o • ~° o ô •o o.o
note les --,—
volcaniques plagioclase <_ ,I Td
laminations 0,5 mm, sub-arrondis o•
entrecroisées 98-FF-11023-Al ,
60% de matrice (épidote,
plagioclase, amas S.-O.)- 2 cm o•o, rd
Unité de 60 os ----L
2 mm
cm d'épais 10% de cristaux de plagioclase <_ 0,06
mm, sub-anguleux à sub-arrondis 5% de cristaux de plagioclase <_ 1,0
Contacts nets mm, idiomorphes, brisés
30% d'amas S.-O.
et concord.
60% de mélange très fin avec épidote, 95% de matrice brunâtre constitué de
avec Ta à la plagioclase, épidote et amas S.-O.
base et Td au
_ 1,2 mm,
25% de cristaux de plagioclase __
sommet idiomorphes, brisés
75% de matrice remplacée massivement
Classification de
par quartz et carbonates Infiltration
tardive) Succession Tb-c- Schmidt (1981) non
d -b-d applicable.
Annexe 1— Observations pétrographiques

Unité
Structures Commentaires /
No. lame mince (observations Composition et texture
(microscopiques) Interprétation
de terrain)
16-A6 (PLO) Unité vert Argile brunâtre (sédiments pélagiques Fines laminations Bouma Te
foncé, métamorphisés en phyllosilicates?) ou et schistosité
Coupe principale schisteuse tuf fin et poussières volcaniques ondulante Classification de
(partie 11016) dite "Te" avec vitreuses recristallisés. Contient 2% de ---_ - _— ~-_,^. Schmidt (1981) non
à 25,75 m veinules de fragments de plagioclase ,=, 0,01 mm et - " - --- applicable.
quartz 10-15% d'amas S.-O. Ces derniers se
plissotées en superposent au métamorphisme Dépôt de cendres et
"s" (altération). poussières volcaniques
par suspension
Unité de 60 Nombreuses veinules de quartz (avec OU
cm d'épais un peu de calcite) de 0,1 à 0,3 mm Dépôt pélagique
d'épais, plissotées.
Contacts: La schistosité (Te est
inférieur net et la seule unité
ondulant avec schisteuse de
Td et l'affleurement qui est
supérieur peu déformé en
diffus et général) s'explique par
ondulant avec une compétence
Ta. rhéologique plus faible
que celle des autres
unités
Annexe 1— Observations pétrographiques

Unité
Structures Commentaires /
No. lame mince (observations Composition et texture
(microscopiques) Interprétation
de terrain)
14-A4 (PLO) Tuf fin laminé ... ••••••••••••••• - Bouma Td typique
0 06rrm
(Bouma Td) Zone carbonatée à 30% et '
0, rrrn
Coupe principale dont un lit de silicifiée à 15%. Il reste 10% de Classification de Schmidt
(partie 11014) pla gioclase anguleux <_ 0,06
1 cm semble (1981) non applicable.
mm et 45% d'un mélange 0.06 rrm
à 1,90 m silicifié typique d'épidote amas S.-O. oo2m.
7-.- 0,2 rrm

Unité de 60
Petite lamine (2 mm) plus grossière
cm d'épais contenant 45% de cristaux de d
plagioclase hypidiomorphes,
Contacts nets brisés, <_ 0,2 mm, 15% d'amas S.- —98-FF-11014-A4 I
avec Tb à la O. et 40% de "matrice" épidotisée
base Ta au
sommet Zone faiblement carbonatée (5%) Laminations
et non silicifiée. Contient 25% de parallèles
cristaux de plagioclase anguleux, <_ marquées par les
0,02 mm, 15% d'amas S.-O. et variations
55% de "matrice" épidotisée
granulométriques
brusques
Annexe 1— Observations pétrographiques

Unité
Structures Commentaires /
No. lame mince (observations Composition et texture
(microscopiques) Interprétation
de terrain)
16-A2 (PLO) Petite unité ® Tuf fin contenant Laminations Bouma Td (pas de
Tc de 5 cm - 20% de cristaux de plagioclase parallèles laminations
Coupe principale d'épais hypidiomorphe, <_ 0,2 mm entrecroisées)
(partie 11016) Laminations - 7% d'opaques anguleux s 0,2 mm Déformation syn-
à 17,70 m convolutées - 20% d'amas S.-O. <_ 0,06 mm sédimentaire Classification de Schmidt
- 53% de matrice fine et sombre, riche en (1981) non applicable.
Contacts nets épidote
et concord.
avec Tc au OO Tuf plus fin que 0 et contenant

dessus et Ta - 35% de cristaux de plagioclase hypidio- à â
en dessous xénomorphes,_ 0,06 mm
- 2%
o d'opaques
d sub-anguleux
~ ~_ —r
~.. I_~-- - 1 Td
-
- 13% d'amas S.-O. <_ 0,06 mm LL OO
- 50% de matrice fine riche en épidote _
0,01 0,06 0,5

OO Minces lamines sombres, d'épaisseur _< 2


mm, contenant généralement
- 20% de cristaux de plagioclase hypidio- à
xénomorphes
- 2% d'opaques
- 30% d'amas S.-O. arrondis, agglomérés
préférentiellement dans certaines lamines
- 48% de matrice riche en épidote
et plagioclase
Note: certaines de ces lamines sombres
contiennent jusqu'à 75% d'amas S.-O.
ANNEXE 2:

Résultats d'analyses géochimiques


Résultats d'analyses géochimiques
(Figures 9 et 10)

ÉLÉMENTS MAJEURS (en %)


Somme Perte
Échantillon Si02 A1203 Fe203t MgO CaO Na20 K20 TiO2 MnO P205 Cr203
sèche au feu
98FF-11014-D1 47,90 13,80 11,40 4,94 10,90 1,40 0,43 1,12 0,18 0,23 0,04 92,34 7,07
98FF-11017-Al 52,40 15,70 11,00 5,04 6,86 3,07 0,65 1,13 0,14 0,20 0,03 96,22 2,79
98FF-11017-A2 55,00 16,00 9,10 5,30 3,05 4,12 0,51 1,12 0,15 0,32 0,05 94,72 4,74
98FF-11018-A4 60,90 16,30 5,26 2,05 6,12 4,07 0,71 1,15 0,09 0,39 0,02 97,06 2,59
98FF-11019-C1 51,30 15,70 9,94 3,35 11,20 3,43 0,37 1,31 0,24 0,34 0,05 97,23 2,48
98FF-11019-C2 70,20 13,50 3,84 1,00 1,86 3,90 3,14 0,63 0,07 0,18 0,02 98,34 1,08
NOTE: Figure 9 établie selon les valeurs recalculées sur une base anhydre

ÉLÉMENTS INCOMPATIBLES (en ppm)


Échantillon Rb Ba Th K U Nb Sr Hf Zr Ti Y
98FF-11014-D1 6 170 1,70 3570 0,90 4 419 3,10 121 * 25
98FF-11017-Al 10 180 2,50 5396 0,50 5 385 3,50 135 * 25
98FF-11017-A2 15 180 5,00 4234 0,80 9 140 3,90 155 * 23
98FF-11018-A4 16 370 7,30 5896 1,40 15 303 5,70 236 * 35
98FF-11018-A6 30 410 1,60 10958 0,50 4 296 2,50 110 * 25
98FF-11019-C1 7 82 4,10 3071 0,90 7 246 3,40 149 * 28
*= valeurs de Ti calculées par le TiO2
ANNEXE 3:

Figures et planches couleur


78 Sous-province de Bienville 77°
53° 45' —a , + 4 4 + • + + +/+ L53°45'~
+ + 2712 3 Ma
/
+ + +✓ + t +
Réservoir
, +

epusao ei ep eownoad-snoS
~ Robert-Bourassa
+ + + + + +
~.L t CJ
4 + 4
W
T
Sous-province de La Grande

~~ ,

4.+4.

\~ ?~ '~~.
ti 2709 , 6.4 Ma

r Baie Chapus

O
t\
L
CO
CO

10km

1:500 000
53° 53°
Routes Failles
Granite du lac Taylor et Pluton de Tipitipisu
Protérozoique — Granite rose et tonalite porphyrique Formations de Shabudowan et d'Ekomiak
— Dykes de gabbro à feldsphath potassique
Syénite du lac Bruce Conglomérat polygénique. grès
® et formation de fer
Archéen ® Syénite à hornblende et diorite
Sous-province de Bienville Groupe de Yasinski
Complexe de Menarik et tholéiitique, andésite, pyroclastaes,
Pluton de Radisson Pyroxénite de baie Chapus MI grès,
grès, conglomérat et formation de fer
Péridotite, pyroxénite. Formation d'Apple
- l Monzonite porphyrique
▪ gabbro et chromitite
-- — et granite à hornblende L J Arénite quartzdique et conglomérat
Intrusions de Duncan et Pluton monogénique à cailloux de QZ, avec PY et U
Sous-province de La Grande d'Amisach Wat Complexe de Langelier
Monzodiorite et monzonite Tonatite à homblende et biotite
Granite du Vieux-Comptoir E»,..3j
Diorite quartzifère et diorite
— Granite à biotite et pegmatite à tourmaline �
Tonalite à hornblende et biotite I- -~ Gneiss tonalitique et granitique
et granodlorite

Figure 3 : Géologie simplifiée de la partie ouest du feuillet SNRC 33F. Modifié de Goutier et al.
(1998). La position du secteur d'étude est marquée par un X.
Planche 1 : volcanites
Échelle: le crayon mesure 147 mm. La pointe du crayon, le marteau ou le ' I montrent le sommet stratigraphique.

Photo A: Lave coussinée porphyrique typique. La forme des Photo B: Contact concordant entre un lit de tuf laminé (à droite)
coussins suggère une polarité vers l'est, montrée par la pointe et une coulée de lave coussinée. N.B. : la photo surexposée et ne
du crayon. montre pas les vraies couleurs.

Photo C: Filon-couche (FC) de composition "andésite Photo D: Filon-couche (FC) de composition "andésite
basaltique" recoupant un tuf fin laminé (Td), avec basaltique", à grains fins, recoupant des laves coussinées (CO) de
changement progressif de niveau stratigraphique. À 7,0 m même composition. La bande blanche au contact est composée de
sur la coupe stratigraphique (figure 11). Projet "SMV Moyen- hyaloclastite. Projet "SMV Moyen-Nord 1998", photo R2-22.
Nord 1998", photo R1-22.
CARTOGRAPHIE DE DÉTAIL
Lac Wotminis Ngrille


Volcanoclastites
Tuf à lapilli (granules) massif, parfois granoclassé (Ta) 30'

H Tuf à lapilli (granules) à stratification diffuse (Tb)

I''';1 Tuf à cendres, laminé et stratifié (Tc, Td)


Tuf à cendres silicifié, laminé (Tc, Td)
0 2 4 6 8 10m
Tuf très fin, schisteux (Te)

Roches volcaniques

én Lave porphyrique coussinée

• Dykes et filons-couches
Autres
Veine de quartz

Zone sans affleurement

Figure 11 : Carte de détail d'une partie de l'affleurement, montrant la position de la section stratigraphique
Planche 2 : volcanoclastites
Échelle: le crayon mesure 147 mm. Le T montre le sommet stratigraphique.

Photo A: Base d'un lit de tuf à lapilli représentant une coulée Photo B: Tuf grossier à laminations diffuses (Tb) surmonté d'une zone de tuf
turbiditique de haute densité, montrant les divisions (de Lowe, 1982) S2 fin bien trié (ZBT), d'où l'absence apparente de structures. À 2,0 m sur la
(petits lits à classement inverse, dits "traction carpets") et S3 coupe 11020 (non représentée). Projet "SMV Moyen-Nord 1998", photo R3-
(granoclassement normal, se déposant par suspension). A 2,5 m sur 05.
l'agrandissement A de la section stratigraphique. Projet "SMV Moyen-
Nord 1998", photo R1-25.

Photo C: Tuf fin contenant des laminations entrecroisées en auge (T,) Photo D: Amalgame de trois divisions Td (tuf fin à laminations planaires). À
et des laminations planaires (Td); pas de structure apparente en haut en 0,8 m sur l'agrandissement A de la section stratigraphique. Projet "SMV
en bas de des éléments. À 17,75 m sur l'agrandissement B de la section Moyen-Nord 1998", photo R1-09.
stratigraphique. Projet "SMV Moyen-Nord 1998", photo RI-35.

[Link]

[Link] J IFj ~ ..

atve
~~:~~~~

s~:.lWC• ~+. ' ~ . _ ~~ ~~

Photo E: Tuf grossier massif (T■) surmonté de tuf à laminations Photo F: Détail de la photo précédente, montrant les rides de courant (RI)
planaires (Tb), de tuf fin à laminations entrecroisées (T,), et de tuf fin à dans Tc. Le courant interprété est vers la gauche de la photo, c'est-à-dire vers
laminations planaires (Td),. À 21,55 m sur l'agrandissement B de la le nord (le crayon pointant vers l'est). Projet "SMV Moyen-Nord 1998", photo
section stratigraphique. Projet "SMV Moyen-Nord 1998", photo R2-12. R2-12.
Planche 3 : Déformation syn-sédimentaire
Échelle: le crayon mesure 147 mm et sa pointe l' mm. Le T donne le sommet stratigraphique.

Photo A: Structure de flamme (FL) au contact entre un tuf fin laminé Photo B: Évidences de liquéfaction (LIQ) et structures de charge dans un tuf
blanc-gris (Td) et un tuf à lapilli brun, granoclassé (T,). À 9,1m sur tin laminé. A 24,7 m sur l'agrandissement B de la section stratigraphique.
l'agrandissement B de la section stratigraphique. Projet "SMV Moyen- Projet "SMV Moyen-Nord 1998", photo R2-I6.
Nord 1998", photo R1-30.

• R ~}T.
— • [Link] • t'~y,r~~

Photo C:. Structures de charge de type "ball-and-pillow" (BP) dans un Photo D: Évidences de "slumping" (SL) et empreintes de charge (EC) dans
tuf fin laminé. Vers 1,3 m sur l'agrandissement A de la section un tuf fin laminé. À 1,7 m sur l'agrandissement A de la section stratigraphique.
stratigraphique. Projet "SMV Moyen-Nord 1998", photo R1-15. Projet "SMV Moyen-Nord 1998", photo RI-16.

Photo E: Succession Tbd - T,d - T. avec cailloux d'arrachement (CA) Photo F: Lits démembrés (LD) et cailloux d'arrachement (CA) laminés. Notez
laminés (rip-up clasts) dans T. Les deux demi-flèches montrent le sens les laminations parallèles qui ne sont pas déformées dans le bas de la photo.
du mouvement le long d'une faille syn-sédimentaire. A 19,0 m sur Vers 0,7 m sur l'agrandissement A de la section stratigraphique. Projet "SMV
l'agrandissement B de la section stratigraphique. Projet "SMV Moyen- Moyen-Nord 1998", photo R1-13.
Nord 1998", photo R2-02.

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