Traore et al.. .…………………………...……………………………………… J. Appl. Biosci. 2009.
Culture du bananier plantain
Journal of Applied Biosciences 19: 1094 - 1101
ISSN 1997–5902
Systèmes de culture du bananier plantain et
méthodes de lutte contre les parasites et ravageurs en
milieu paysan en Côte d’Ivoire
[Plantain cultivation systems and pests management by smallholder producers in
Côte d’Ivoire]
Traoré S.1, 2, Kobenan K.2, Kouassi K.S.2 and Gnonhouri G2.
1Université de Cocody, laboratoire de physiologie végétale, Côte d’Ivoire ; 2 Centre National de Recherche
Agronomique Laboratoire de phytopathologie station de recherche de Bimbresso, Côte d’Ivoire.
Corresponding email use ggolyphilippe@[Link]
Published at [Link] on 7 July 2009
RÉSUMÉ
En Côte d’Ivoire, la banane plantain constitue la 3ème source d’amidon après l’igname et le manioc. Mais,
sa culture demeure une activité secondaire du fait de l’utilisation des variétés sensibles à la plupart des
contraintes. Une étude est menée pour les typologies de production et les modes de gestion foncière en
vue d’introduire des hybrides résistants à la cercosporiose noire chez les paysans pour améliorer la
production sans recours aux produits chimiques. Cette étude est une enquête sur la filière banane plantain
en Côte d’Ivoire dans 5 départements en zone forestière (Aboisso, Agboville, Bouaflé, Gagnoa et San
Pédro) de février à mai 2006. Dans les 75 villages visités, les informations collectées concernent la
production, la commercialisation et la transformation de la banane plantain. Environ 85% des plantations
sont des propriétés familiales et dans 92% des cas, les bananiers sont associés à des cultures vivrières
et/ou industrielles ; la culture pure représente seulement 8%. Les surfaces cultivées varient entre 0,5 et 10
hectares ; environ 60% des paysans ont une superficie de moins de 5 ha. Le matériel de plantation est
obtenu par replantation, par don et par achat (25 à 100 F CFA par rejet). Le niveau d’entretien dont
bénéficie le bananier plantain demeure faible. Les paysans ont une connaissance très limitée des parasites
et des ravageurs. De ce fait, le taux de paysans qui mènent une lutte contre ces contraintes est très faible
moins de 10%). A Gagnoa, les bananiers plantain associés aux cacaoyers restent plusieurs années en
culture alors qu’à Aboisso, en moyenne 2 cycles sont réalisables. Les résultats ont mis en évidence les
problèmes relatifs à la production de bananes plantain en Côte d’Ivoire, à savoir l’accès au matériel de
plantation et le suivi des bananiers plantain en champ.
Mots clés : Bananiers plantain, Systèmes de culture, Parasites, Ravageurs, Côte d’Ivoire
ABSTRACT
Objectives: In Côte d’Ivoire plantain is the 3rd most important source of starch after yam and cassava.
However, plantain culture is still undertaken as a secondary activity with susceptible local cultivars
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dominating. A study iwas carried out to introduce and assess black leaf streak resistant plantain hydrids to
smallholder producers’ systems to improve yield.
Methodology: The study began with a survey in 5 departments in Côte d’Ivoire (Aboisso, Agboville, Bouaflé,
Gagnoa and San Pédro) from February to May 2006. Data were collected in 75 villages regarding
production, commercialisation and transformation. About 85 % of plantations were found to belong to
farmers’ families and in 92 % of productions plantain are mixed with staple and industrial crops. Only 8%
plantain is produced in monoculture system in cultivated areas varying from 0.5 to 10 ha. Over 60 % of
plantations are less than 5 ha. Producers use suckers as planting material which they collect from their own
field or are given or bought (25 to 100 CFA / sucker). Farmers have very low knowledge concerning
banana and plantain pests. As a consequence only 10 % practice pest management.
Conclusion and application of findings: Limited care is taken to plantains in the study area. In Gagnoa
department plantain can still be associated with cocoa for many years, while in Aboisso, only 2 cultivation
cycles are possible. Results showed that plantain production in Côte d’Ivoire is constrained by availability of
planting materials and outdated farming techniques. These should be addressed to improve productivity.
Key words: Plantain, production system, pests, Côte d’Ivoire
INTRODUCTION
En Côte d’voire, la banane plantain constitue la culture. Ainsi, 10 à 18 pulvérisations de fongicides
3ème source d’amidon après l’igname et le manioc. sont indispensables chaque année (Perez et al.,
Mais sa culture demeure une activité secondaire 2002). Le coût de celles-ci reste inaccessible aux
dans la plupart des zones de production, alors que petits producteurs en Afrique (Craenen et al.,
la Côte d’Ivoire en est le principal fournisseur de la 2000). C’est pourquoi l’étude devra à terme
sous région. C’est pour relever ce défi introduire des variétés hybrides résistantes à la
d’approvisionnement que le projet d’équipe cercosporiose chez les paysans leur permettant
«Amélioration durable de la filière banane plantain d’améliorer la production sans recours aux
en Afrique de l’Ouest » a été initié. Ce projet vise à produits chimiques. Après un test en station, des
réduire les pertes de récoltes dues à la maladie hybrides seront sélectionnés et distribués aux
des raies noires (MRN) causée par paysans pour être cultivés dans leurs systèmes
Mycosphaerella fijiensis et aux ravageurs. La habituels. Mais avant cette phase, il est apparu
plupart des cultivars locaux sont sensibles à ces nécessaire de caractériser l’état actuel de la filière
contraintes, et les feuilles dessèchent avant le sur tous les aspects, depuis la production jusqu’à
remplissage des fruits ; alors que le bananier a la consommation. C’est ainsi qu’une enquête
besoin d’au moins 8 feuilles saines au moment de diagnostique de la filière a été réalisée entre
la floraison pour un remplissage correct des fruits février et juin 2006, en vue de recueillir les
(Lassoudière, 1978). Les pertes de rendements informations sur les niveaux de connaissances des
sont estimées entre 20 et 50 % (BURT et al., parasites et ravageurs et des méthodes de lutte
1997) selon les cultivars et les conditions de utilisées par les paysans.
MATERIEL ET METHODES
L’enquête a été conduite en équipe par des participants Le questionnaire concernant les parasites et ravageurs
de diverses spécialités et institutions. Les agents de comportait 4 parties :
l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural 1) identification de l’exploitant et de l’exploitation
(ANADER) ont identifié les villages visités et ont pris (régime foncier, système de culture).
une part active aux entretiens par la traduction des Les unités de production incluant le bananier
messages en langues locales. plantain ont été séparées en moyennes 4 classes en
fonction de leur superficie : classe 1 : moins de 1 ha ;
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classe 2 : de 1 à 5 ha ; classe 3 : de 5 à 10 ha ; classe Aboisso, Agboville, Bouaflé, Gagnoa et San Pédro
4 : supérieure à 10 ha. (figure 1).
L’unité expérimentale est le village ou le
2) détermination des parasites et ravageurs : campement. Par département, la distance minimale
En ce qui concerne la connaissance des entre deux échantillons était de sept (7) kilomètres. Les
parasites et ravageurs, 3 niveaux ont été établis pour individus enquêtés sont des adultes et le questionnaire
les 3 principales contraintes : les nématodes, les leur a été administré dans la cours du chef, d’un
cercosporioses et les charançons. Ces niveaux sont: notable ou en un lieu public. Les individus rassemblés
niveau 1 : aucune connaissance ; niveau 2 : désignaient un porte-parole qui transmettait la réponse
connaissance sans lutte ; niveau 3 : connaissance avec à la question posée lorsqu’un consensus était établi à
lutte ; détermination des méthodes de lutte ; leur niveau.
identification des produits utilisés. Elle a concerné 5 Au total 75 villages ont été enquêtés dont 19 à
départements de la moitié sud forestière du pays : Aboisso, 13 à Agboville, 18 à Bouaflé, 8 à Gagnoa et
17 à San Pedro.
RESULTATS
Régimes fonciers : Dans la zone couverte par sont pas très variables. A part Agboville où toutes les
l’enquête, trois modes d’accès à la terre ont été terres cultivées sont des propriétés familiales, le taux
rencontrés: la propriété familiale, la propriété achetée de la propriété familiale varie entre 77 et 88 % dans les
et la propriété louée. Globalement les terres sont autres départements (figure 1). La proportion de terres
tenues par les autochtones. Plus de 85 % des terres achetées varie entre 11 et 22% alors que la propriété
cultivées sont des propriétés familiales et moins des 3 louée a été rencontrée uniquement à Aboisso, dans les
% sont en location (figure 1).En fonction des villages d’Assouba et d’Affiénou.
départements, les taux des 3 types de propriétés ne
100 Familiale Achetée Louée
80
Taux (%)
60
40
20
0
Gagnoa Aboisso S Pédro Bouaflé Agboville
Départements
Figure 1 : Proportions relatives département par département des régimes fonciers relatifs à la culture du bananier
plantain.
Superficies des unités de production et systèmes des paysans exploitent des surfaces de 1 à 5 hectares ;
de culture bananier plantain : Les unités de ils représentent 62,5 % et 64,7 % respectivement dans
production incluant le bananier plantain sont des les départements de Bouaflé et de San Pédro. La
plantations de petites et moyennes surfaces. Les classe 4 est la moins représentée avec un taux nul à
classes 2 et 3 sont les plus représentées dans Agboville.
l’ensemble des départements (tableau 1). La majorité
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On distingue 2 grands systèmes de culture du et industrielles (tableaux 2 et 3). Le système culture
bananier plantain en milieu paysan: la culture pure et associé est le plus dominant, pratiqué par 92 % de
la culture associée avec 3 modalités. Les modalités de l’ensemble des paysans interrogés (tableau 2).
la culture associée comprennent l’association avec les Seulement 8% des paysans, localisés dans les
cultures vivrières, l’association avec les cultures départements de San Pédro et d’Aboisso, pratiquent la
industrielles et l’association avec les cultures vivrières culture pure.
Tableau 1: Taux (%) des classes de superficies des plantations de bananiers plantain dans les 5 départements
enquêtés.
Gagnoa Aboisso San Pédro Bouaflé Agboville
≤ 1 ha 22,2 27,8 0 7,7
1 à 5 ha 33,3 44,4 64,7 62,5 46,2
6 à 10 ha 33,3 22,2 25,5 12,5 46,2
> 10 ha 11,2 5,6 11,8 25 0
Mode d’acquisition du matériel végétal : Le mode L’achat de rejets est le plus répandu dans les
d’acquisition de matériel de plantation est très variable. départements d’Aboisso et d’Agboville avec plus de
En général les paysans se servent de rejets issus des 80% des pratiques.
anciennes plantations pour la création des nouvelles ; Les prix de vente des rejets sont très variables
ou en font la demande à leurs parents ou amis. Ces 2 en fonction des zones. Dans une même zone, les prix
modes représentent 64 à 90% des pratiques dans les sont aussi variables selon les villages. Le coût unitaire
départements de Gagnoa, Bouaflé et San Pédro. A du rejet de bananier plantain varie ainsi entre 50 et 100
Bouaflé, les paysans n’ont pas fait mention d’achats de F CFA (tableau 4). Les prix moyens de vente des rejets
rejets, 12 % de ceux qui sont interrogés affirment qu’on sont plus élevés à San Pédro (100 FCFA) et à Aboisso
leur donne le matériel de plantation contre du travail (75 FCFA).
manuel fourni dans les plantations des propriétaires
des rejets (tableau 4).
Tableau 2 : Taux (%) de présence par département enquêté des différents systèmes de cultures associant le
bananier plantain dans le sud forestier de la Côte d’Ivoire au cours de la période de février à juin 2006.
C.P [Link] [Link] C. INV
GLOBAL 8,2 21,9 9,6 60,3
Gagnoa 0 0 88,9 11,1
Aboisso 27,8 27,8 16,6 27,8
S Pédro 5,9 17,6 5,9 70,6
Bouaflé 0 0 6,3 93,8
Agboville 0 0 7,7 92,3
GLOBAL 8,2 21,9 9,6 60,3
Légende : C.P : culture pure ; [Link] : cultures industrielles ; [Link] : cultures vivrières
[Link] : cultures industrielles et vivrières.
Niveaux de connaissance des parasites et des Gagnoa, les paysans ont cité des parasites et
ravageurs par les paysans : Les différents parasites ravageurs. Dans les autres départements les nivaux de
et ravageurs ont été identifiés dans tous les connaissances sont variables en fonction des
départements visités. Le niveau de connaissance des contraintes.
paysans varie en fonction des zones (tableau 5). A
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Les nématodes ont été reconnus par les 15 % d’entre eux luttent contre ce ravageur dans ce
paysans dans 4 départements (Aboisso,Agboville, département. A Aboisso un faible taux (5,6 %) de
Bouaflé et San Pédro) avec une proportion élevée de paysans connaît les charançons. Beaucoup de
paysans à Agboville (38,5 %). Les proportions des paysans ont attribué les nécroses et galeries observées
paysans connaissant les nématodes sont plus faibles à sur le bulbe aux fourmis noires, Odontomachus
San Pédro, Aboisso et Bouaflé (6 à 10 %). troglodytes.
Pour lutter contre les nématodes les paysans . Les proportions de paysans qui
utilisent les produits chimiques. Les nématicides reconnaissent cette maladie sont supérieures à 30 %
comme Vydate (Oxamyl), Furadan (Carbosulfan), dans les départements d’Aboisso et d’Agboville
Némacur (Phenamiphos) et Control (Terbuphos) ont (tableau 5) ; mais c’est seulement à Aboisso que des
été cités à Aboisso, où 33 % des paysans font la lutte méthodes de lutte sont employées par 16 % des
chimique. A San Pédro, 11,8 % des planteurs luttent producteurs de bananes plantain. Les applications sont
contre les nématodes avec un seul produit, le Rugby fonction des moyens disponibles et le produit appliqué
(Cadusafos). Les applications sont effectuées 2 à 3 fois est le Callicuivre (Oxychlorure de cuivre). A San Pédro,
par an. environ 6 % des paysans connaissent la cercosporiose
Les dégâts causés par les charançons ont été et pratiquent la lutte chimique en utilisant comme
reconnus par les paysans (tableau 5). Bien que plus de produits le Bénomyl et le Trical (Triadiméfon) ; en
50 % des paysans le reconnaissent à Agboville, seuls moyenne 7 applications sont réalisées par an.
Tableau 3: Différentes cultures auxquelles est associé le bananier plantain dans les 5 départements visités.
Cultures industrielles Cultures vivrières
Aboisso Cacao, palmier à huile, hévéa Aubergine, piment, gombo, igname, taro, manioc
Agboville Café, cacao, Taro, aubergine, manioc, igname, maïs, piment
Ananas, igname, riz, maïs taro, arachide, aubergine,
Bouaflé Café, cacao, avocat; anacarde
manioc
Gagnoa Cacao, café Taro, piment, tomate, maïs, aubergine, ananas
San Pédro Hévéa, palmier à huile, café, cacao, Manioc, taro, gombo, igname, aubergine patate, maïs, riz
Durée de vie des plantations de bananiers plantain : Gagnoa, les bananiers plantain font 6 cycles en
La durée de vie des plantations est variable en fonction moyenne ; certains paysans ont affirmé supprimer les
des zones. Les paysans justifient le nombre réduit de bananiers pour libérer les cacaoyers, sinon ils peuvent
cycles par le taux élevé de sables, surtout au sud à rester dans la plantation au-delà de 20 ans (figure 2).
San Pédro (3 cycles) et à Aboisso (2 cycles). A
Tableau 4 : Taux des différents modes d’acquisition du matériel de plantation de bananiers plantain et prix moyen
d’achat du rejet dans les 5 départements visités.
Prix du rejet
Replantation Don Troc Achat
(F CFA)
Gagnoa 77,8 11,1 0 11,1 50
Aboisso 16,7 0 0 83,3 75
San Pédro 35,3 29,4 0 35,3 100
Bouaflé 6,3 81,3 12,5 0 0
Agboville 0 0 0 100 50
DISCUSSION
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Les résultats de nos investigations montrent que la dans les autres départements avec la présence de
culture du bananier plantain est généralement toutes les systèmes de culture en proportions égales
pratiquée par les autochtones. Ceci est lié au fait que (27,8 %). La répartition des différents modes
les terres sont le plus souvent acquises par héritage en d’acquisition des rejets montre clairement que les
Afrique. Les exploitations sont de tailles moyennes (1 à paysans sont confrontés au problème de matériel de
5 ha) dans un système de culture associée ((Lemeilleur plantation, surtout dans les départements d’Agboville et
et al, 2003). Dans ce système le bananier plantain d’Aboisso où plus de 80 % achètent leurs rejets.
semble une culture secondaire. En côte d’ivoire, les Beaucoup de paysans ont attribué les nécroses et
superficies sont relativement plus grandes que celles galeries observées sur le bulbe aux fourmis noires,
rencontrées à Madagascar où la surface moyenne est Odontomachus troglodytes. En effet cette fourmi
de 0,3 ha avec 500 à 700 plants (Bé, 2003). La communément appelée ‘’tintin’’ colonise les galeries
proportion 27,8 % de monoculture à Aboisso se justifie laissées par les charançons. De même, à San Pédro,
d’une part par le fait que la banane plantain constitue certains paysans pensent que le desséchement des
l’aliment principal des habitants et d’autre par la forte feuilles des bananiers est du aux brûlures de soleil.
pression parasitaire. En effet, dans cette zone, la Cette méconnaissance des maladies est en relation
maladie des raies noires est plus sévère (Traoré, 2008) avec les faibles taux de lutte d’une part, et d’autre
et l’extension du nématode Pratylenchus coffeae s’est traduit le faible niveau d’alphabétisation des
faite à partir d’elle (Adiko, 1988). Cette situation oblige producteurs. La pérennisation des bananiers plantain à
les producteurs à une intensification de la culture avec Gagnoa pourrait s’expliquer par un renouvellement
une lutte sommaire contre ces parasites et ravageurs. continue de la matière organique constituée par les
D’ailleurs les taux de connaissances de ces contraintes feuilles de cacaoyers. Ceci démontre la possibilité
sont les plus élevés dans cette zone et à Agboville. Ces d’exploiter le bananier plantain en culture continue,
niveaux de connaissance pourraient être en relation contrairement au déclin de la production qui était
avec la présence de plantations industrielles de généralement observé après 2 à 3 cycles de culture
bananiers de dessert dans lesquelles la lutte chimique (NKendah et Akyeampong, 2003). Ce déclin serait dû
est pratiquée (Kobenan et al., 2006). Les faibles au type de sol, à l’épuisement de la matière organique
niveaux de lutte contre les parasites et ravageurs est et à la prolifération des parasites telluriques. Si ces
une caractéristique de la culture du bananier plantain facteurs sont bien maîtrisés, la culture du bananier
en Afrique (NKendah et Akyeampong, 2003). Les pourra se faire sur au moins 6 cycles. Les hybrides
producteurs le justifient par le manque de moyens résistants à la maladie des raies noires peuvent être
comme partout en Afrique (Temple et al, 2005). bien adaptés à cette adaptés.
L’agriculture semble plus diversifiée à Aboisso que
Tableau 5 : Taux de paysans reconnaissant les différents parasites et ravageurs du bananier plantain dans les 5
départements enquêtés.
Départements
Gagnoa Aboisso S Pédro Bouaflé Agboville
Contraintes Niveaux
1 100 55,6 82,4 87,5 46,2
Nématodes 2 0 11,1 5,9 12,5 38,5
3 0 33,3 11,8 0 15,4
1 100 50 94,1 87,5 69,2
Cercosporioses 2 0 33,3 0 12,5 30,8
3 0 16,7 5,9 0 0
1 100 77,8 76,5 93,8 30,8
Charançons 2 0 5,6 17,6 6,2 53,8
3 0 16,7 5,9 0 15,4
Légende : 1 : aucune connaissance ; 2 : connaissance sans lutte ; 3 : connaissance avec lutte
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Figure 2 Bananiers plantain récemment abattus après plusieurs années de culture pour aérer la plantation et
permettre la production des cacaoyers ; village Brihi (Gagnoa).
CONCLUSION
Cette enquête a montré que le bananier plantain est pourrait être exploitée pour mettre un système de
surtout cultivé par les autochtones, la majeure partie culture continue. Ceci est envisageable avec les
des terres étant des propriétés familiales. Cette culture hybrides qui ont une certaine résistance aux parasites
est presque toujours associée à des cultures et ravageurs.
industrielles et/ou vivrières. L’accès au matériel de
plantation demeure une préoccupation en milieu REMERCIEMENTS : Cette recherche a été supportée
paysan surtout à Agboville et à Aboisso. Les paysans par la Fondation Internationale pour la Science,
apportent très peu de soins aux bananiers plantain et Stockholm, Suède et le Comité sur la Coopération
leur connaissance des parasites et ravageurs est Scientifique et Technologique de l’Organisation de la
limitée. Cet état des choses explique la faible Conférence Islamique (COMSTECH), Islamabad,
proportion des producteurs qui mène une lutte contre Pakistan, à travers une allocation accordée à Dr
ces contraintes. Le nombre de cycles de culture des KOBENAN Kouman du Centre National de Recherche
bananiers plantain est très réduit à Aboisso et élevé à Agronomique.
Gagnoa. La longue durée de vie des bananiers plantain
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