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Communication interculturelle en entreprise

La communication interculturelle étudie les interactions entre individus de cultures différentes et a émergé après la Seconde Guerre mondiale, influencée par des chercheurs comme Edward T. Hall. Elle se divise en plusieurs courants théoriques, notamment la communication interculturelle comparative et interactionniste, et aborde des concepts tels que l'anxiété, l'incertitude, et l'identité. Des modèles comme ceux de William Gudykunst classifient les théories en catégories, incluant les résultats, l'accommodation, et la gestion de l'identité, soulignant l'importance des compétences communicationnelles dans les interactions interculturelles.

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Communication interculturelle en entreprise

La communication interculturelle étudie les interactions entre individus de cultures différentes et a émergé après la Seconde Guerre mondiale, influencée par des chercheurs comme Edward T. Hall. Elle se divise en plusieurs courants théoriques, notamment la communication interculturelle comparative et interactionniste, et aborde des concepts tels que l'anxiété, l'incertitude, et l'identité. Des modèles comme ceux de William Gudykunst classifient les théories en catégories, incluant les résultats, l'accommodation, et la gestion de l'identité, soulignant l'importance des compétences communicationnelles dans les interactions interculturelles.

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Rôle de la

communication
interculturelle au sein
de l’entreprise
Fatima Ezzahra Elafti
Marzaq Mohamed
Communication interculturelle

La communication interculturelle est l’étude de la communication interpersonnelle entre


individus de cultures différentes. Celle-ci est plus précisément « un processus transactionnel,
symbolique impliquant l’attribution d’une signification entre personnes de cultures différentes
»

Cette discipline, au confluent de plusieurs champs d'étude tels que la linguistique ou


l’anthropologie, est née après la deuxième guerre mondiale aux États-Unis. Les travaux de
Edward T. Hall sont les précurseurs de cette discipline. À partir des années 1960, un grand
nombre de chercheurs se penche sur ce thème et ils produisent plusieurs théories. Celles-ci se
regroupent selon deux grands courants de la psychologie interculturelle. Le premier est celui
de la communication interculturelle comparative : les chercheurs comparent la
communication au sein de cultures différentes. Le deuxième consiste en la communication
interculturelle interactionniste : les chercheurs étudient la communication entre individus de
cultures différentes. Certains auteurs proposent une classification de ces théories en cinq
catégories qui se situent tantôt dans le courant de la communication interculturelle
comparative, tantôt dans celui de la communication interculturelle interactionniste. Grâce à
cette littérature, des programmes de formations relatifs à la communication interculturelle ont
été développés. De plus, des chercheurs ont mis en évidence des compétences à mobiliser
dans le cadre d’interactions interculturelles
Définition
La définition de la communication interculturelle en tant que communication interpersonnelle
entre individus de cultures différentes appartient à l'approche interactionniste. Il s'agit de la
définition la plus utilisée. Toutefois, cette définition peut paraître un peu réductrice car elle ne
rend pas compte de tous les angles d'analyse existants. Pour cette raison, donner une
définition unique et exhaustive de la communication interculturelle est difficile. De plus, la
communication interculturelle se situe à l’intersection de plusieurs disciplines telles que la
communication, l'anthropologie, la sociologie et la psychologie. Il est donc nécessaire de
l'envisager en fonction de l'angle d'analyse et des théories qui s’y rapportent.
Trois angles d’analyse
Comparatif - Interactionniste
Ce niveau d'analyse est celui le plus couramment adopté par les chercheurs. Les chercheurs
utilisant le niveau d’analyse de la communication interculturelle comparative comparent la
communication au sein de cultures différentes. Ils comparent les cultures selon divers critères
comme les valeurs, les attitudes, la cognition, etc., tandis que les chercheurs utilisant un
niveau d’analyse de la communication interculturelle interactionniste étudient la
communication entre individus de cultures différentes. Ils s’intéressent donc plus
particulièrement aux contacts culturels.
Interpersonnel - Intergroupe
Le contact ou la communication peut s’envisager à un niveau interpersonnel lorsque
l’interaction concerne deux ou plusieurs individus du même groupe ou intergroupe lorsque les
personnes qui communiquent appartiennent à deux groupes différents. En psychologie
sociale, le groupe se définit comme « deux personnes ou plus qui entrent en interaction, qui
ont des buts communs, qui entretiennent une relation relativement stable, qui présentent une
certaine interdépendance et qui se perçoivent comme faisant partie d'un groupe.
Objectiviste – Subjectiviste
Burrel et Morgan distinguent les théories selon leur approche objectiviste ou subjectiviste.
L’approche objectiviste étudie les interactions selon l’hypothèse de l’existence d’un « monde
réel ». Les interactions sont donc analysées selon un point de vue externe à l’individu, de
manière scientifique et systématique. En revanche, les subjectivistes considèrent qu’il n’y a
pas de « monde réel » et que les phénomènes sont vécus intérieurement par les personnes. Les
interactions sont donc étudiées du point de vue des individus à travers les perceptions
personnelles des situations.

Historique
Contexte d'émergence
Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis mettent en place le plan Marshall afin de
venir en aide aux pays européens affaiblis par la guerre. Ils l’élargissent ensuite en aidant
d’autres continents comme l’Afrique ou l’Asie. C'est à Edward T. Hall, anthropologue, que
revient la formation des Américains — militaires et diplomates — partant à l’étranger. Il
conceptualise alors le domaine de la communication interculturelle, notamment à travers son
livre Le Langage silencieux.
Edward T. Hall (1914-2009)
Dans l’élaboration de ses travaux, Hall a été influencé par le concept d’inconscient développé
par Freud. Celui-ci est important car dans la communication non verbale, un grand nombre
d’éléments ne sont pas exprimés de manière consciente. Hall s'inspire également des travaux
de Charles Darwin et notamment de l’ouvrage L'Expression des émotions chez l'homme et les
animaux datant de 1872, dans lequel celui-ci développe des notions éthologiques de la
proxémie - concept développé par la suite par Hall - et de la communication non verbale. La
proxémie est l'étude de l'espace entre les individus lors des interactions, en lien avec la culture
dans laquelle ils baignent
Son Œuvre
D’après les recherches de Hall, il existerait différentes façons de communiquer selon la
culture. Celles-ci sont catégorisées en trois dimensions culturelles. La première est le rapport
à l’espace : il existerait différents types de distances interpersonnelles (intime, personnelle,
sociale, publique). La deuxième met en évidence deux contextes différents de communication
selon les cultures. Le premier est le «contexte fort» dans lequel les individus échangent peu
d’éléments, l'essentiel de l'information se situant au niveau du contexte social. Le second
contexte est le «contexte faible» : les individus échangent un grand nombre d’informations, le
contexte donnant peu de renseignements sur la relation. Enfin, la perception du temps diffère
selon les cultures. Ainsi, il peut être perçu comme monochronique, ce qui correspond à une
vision linéaire du temps : les activités se succèdent et ne peuvent pas être réalisées
simultanément. Dans d’autres cultures, le temps est polychronique : les individus ont une
vision fluctuante du temps, et plusieurs activités peuvent être effectuées simultanément. Hall a
donc ouvert la voie à la réflexion sur les normes culturelles implicites qui gouvernent nos
interactions. À la suite de son travail, de nombreux chercheurs ont pensé la question de la
communication interculturelle en établissant plusieurs modèles.
William Gudykunst
Les travaux de William Gudykunst sont très nombreux et influents dans le domaine de la
communication interculturelle. Son modèle de la gestion de l'anxiété et de l'incertitude
(cidessous) est l'un des plus importants dans ce champ de recherche. Gudykunst est l'auteur de
Intercultural Communication Theory et Theorizing About Intercultural Communication, deux
ouvrages de référence en communication interculturelle dans lesquels il propose une typologie
des approches théoriques de ce champ d'études. En plus, sur le livre Asian American Ethnicity
and Communication il a fait une analyse sur les cinq groupes asiatiques majoritaires aux
ÉtatsUnis, en montrant que les généralisations de la culture asiatique ne fonctionnent pas
toujours, car chaque pays a son propre héritage culturel.

Communication interculturelle en cinq catégories selon Gudykunst


En 2002, le champ de la communication interculturelle comptait une quinzaine de théories
recouvrant les différents aspects de celle-ci. Gudykunst propose une division de ces théories
en 5 catégories, selon l'importance accordée aux résultats, à l'accommodation, à l'identité, aux
réseaux de communication, à l'acculturation et l'ajustement.
Résultats
La première catégorie comprend les théories centrées sur la communication effective qui
s’intéressent spécifiquement aux résultats de la communication. On retrouve dans ce groupe la
théorie de la prise de décision effective au sein de groupes interculturels de J. G. Oetzel ainsi
que la théorie de la Convergence Culturelle et celle de la gestion de l’anxiété/incertitude.
Théorie de la Convergence Culturelle
Cette théorie est basée sur le modèle de convergence de la communication de Kincaid. Ce
dernier définit la communication comme « un processus durant lequel deux ou plusieurs
personnes/groupes partagent de l’information dans le but d’atteindre une compréhension
commune de soi et d’autrui ainsi que du monde dans lequel ils vivent ». Selon le modèle de la
convergence de la communication, les personnes ou groupes convergent vers une
compréhension commune, sans toutefois atteindre la compréhension parfaite. Ce modèle
servira de base à Barnett et Kincaid pour développer la théorie de la convergence culturelle.
Cette dernière fonctionne selon le principe de la thermodynamique. Ainsi, lorsque deux
personnes ou groupes de cultures différentes sont en contact et communiquent, ils tendraient à
aller vers une uniformité culturelle. Cette théorie a été appliquée par Kincaid, Yum, Woelfel
et Barnett dans un contexte d’immigration pour expliquer la convergence entre la culture du
pays d’accueil et la culture du groupe immigrant
Théorie de la gestion de l’anxiété/incertitude
Selon cette théorie, les rencontres et la communication interculturelle provoquent de
l’incertitude et de l’anxiété. La façon dont les protagonistes vont gérer cette
incertitude/anxiété déterminera l’effectivité ou l’efficacité de la communication. Selon
Gudykunst, la notion d’incertitude renvoie au fait qu’on ne peut pas prédire les
comportements et attitudes de l’autre et donc le résultat de la rencontre. Quant à l’anxiété, elle
renvoie à cette sensation d’inquiétude, d’inconfort, d’être soucieux… Si les différences
culturelles sont grandes, alors l’incertitude et l’anxiété seront d’autant plus grandes. Le
modèle de Gudykunst est composé de plusieurs éléments. Tout d’abord, il distingue sept
causes de surface : le concept de soi, la motivation à interagir, les réactions face aux étrangers,
la catégorisation sociale des étrangers, les processus situationnels, les connexions avec les
étrangers et les interactions éthiques. Ces causes de surface sont liées aux causes basiques que
sont l’anxiété et l’incertitude. Ces deux catégories de causes sont reliées par 47 axiomes
énoncés par Gudykunst. L'axiome 17, qui relie la catégorisation sociale des étrangers aux
deux causes basiques postule par exemple : « Plus nous percevons de similarités entre nous et
les étrangers, moins nous sommes anxieux et plus nous sommes capables de prédire leur
comportement ». L'axiome 34 portant sur les interactions ethniques dit par exemple : « Le fait
d’inclure les étrangers dans notre communauté morale produit une diminution de l’anxiété ».
Ensuite, la réflexivité est décrite comme étant un processus permettant de modérer les effets
des causes basiques - incertitude et anxiété - sur le niveau d'effectivité de la communication.
En effet, la réflexivité va permettre de faire attention à la façon dont nous allons nous
comporter et penser la situation de rencontre interculturelle. L’inadvertance est le contraire de
la réflexivité ; elle peut provoquer des tensions et des malentendus dans la communication.
Finalement, la communication est effective lorsque le message compris par notre interlocuteur
est similaire ou proche de ce que nous avons voulu communiquer. Cette effectivité n’est
atteinte que lorsque nous sommes à un niveau intermédiaire d’incertitude et d’anxiété.
Gudykunst envisage des seuils minimum et maximum d’incertitude et d’anxiété au-delà
desquels la communication n’est plus effective. Un seuil minimum d’incertitude et d’anxiété
est donc nécessaire.
Gestion de l'incertitude et de l'anxiété : modèle de Gudykunst

Accommodation
La deuxième catégorie proposée par Gudykunst comprend les théories en lien avec
l’accommodation dans lesquelles les manières dont les individus s’adaptent l’un à l’autre sont
analysées. Dans celle-ci, on retrouve la théorie de l'adaptation interculturelle d'Ellingsworth,
la théorie co-culturelle et la théorie de l'accommodation communicative.

Théorie co-culturelle
D'après Orbe, il y aurait plusieurs cultures dans une même société. La culture dominante, qui
peut s'exprimer librement et la ou les co-cultures qui sont minoritaire(s) ou « silencieuse(s) ».
La théorie co-culturelle envisage l’adaptation de la communication des membres d’une co-
culture dans une situation d’interaction avec des membres de la culture dominante. Cette
théorie considère le(s) groupe(s) de la co-culture comme étant le(s) groupe(s) minoritaire(s)
ou le(s) moins favorisé(s) dans la société. La théorie est applicable selon deux prémisses.
Premièrement, « le groupe co-culturel doit être marginalisé dans la société dominante ».
Deuxièmement, « le groupe co-culturel utilise des styles ou orientation de communication
pour se faire entendre auprès du groupe dominant ». Dès lors il existe trois résultats possibles
lors de ces interactions : l’assimilation, l’accommodation et la séparation. Lorsqu’il y a
assimilation, il n’y a plus de différences, les membres de la co-culture se conforment au
groupe dominant et font partie de celui-ci. L’accommodation permet de maintenir les
différences pour tendre vers un pluralisme culturel où le groupe dominant accepte et intègre la
co-culture. Si l’issue est la séparation, il n’y a pas de lien possible entre les groupes. D’autres
facteurs tels que les expériences, les habiletés, le contexte situationnel, les coûts et bénéfices
perçus influencent la manière dont les membres de la co-culture communiquent avec le
groupe dominant. Finalement, Orbe propose 9 orientations de communication en croisant
l’assimilation, l’accommodation et la séparation avec l’assertivité, la non-assertivité et
l’agressivité. L'assertivité est un concept souvent utilisé en sciences humaines qui signifie
l'expression de son point de vue tout en étant respectueux de l'autre.

Identité
Gudykunst rassemble dans un troisième groupe les théories centrées sur la négociation de
l’identité à travers les relations interculturelles. Elle inclut la théorie de l'identité culturelle, la
théorie de la gestion de l'identité ainsi que celle que la négociation de l'identité.

Théorie de la gestion de l’identité


Cette théorie s’inspire des travaux d’Erving Goffman sur la présentation de soi et la
négociation de la face. Les identités sont envisagées comme étant multiples et déterminant
nos comportements et notre motivation. Cupach et Imahori, envisagent la communication
interculturelle - impliquant des protagonistes de cultures différentes - et intra-culturelle -
rassemblant des protagonistes de la même culture. Selon ces auteurs, dans ces deux types
d’interactions, les individus mettent en avant leurs identités relationnelles et culturelles pour
présenter et maintenir leurs faces. Les compétences communicationnelles dont ils disposent
vont leur permettre d’interagir et de maintenir la face. Toujours selon Cupach et Imahori, les
personnes sont souvent moins compétentes dans la communication interculturelle et par faute
de connaissance de la culture de l’autre, ils utilisent des stéréotypes pour définir les identités
culturelles d'autrui. Pour devenir compétent dans la communication interculturelle, Cupach et
Imahori envisagent de passer par trois phases cycliques. La première est la phase « d’essai-
erreur » où les individus vont chercher des similarités ou des identités communes avec
l’Autre. La deuxième phase consiste en un maillage lors de laquelle nous allons converger
vers une identité commune malgré nos différences. Troisièmement, il faut renégocier les
identités culturelles sur base de celles qui ont été créées à la deuxième phase.

Réseaux de communication
La quatrième catégorie est celle des théories se focalisant sur les réseaux de communication
entre individus de cultures différentes. Selon Gudykunst, dans ces théories, l’essentiel des
compétences communicationnelles se situe dans la relation. Elle comprend la théorie des
réseaux et acculturation de Smith, mais également la «Networks and Outgroup
Communication Competence Theory» et la théorie des réseaux intra-culturels versus
interculturels.

Networks and Outgroup Communication Competence Theory


Cette théorie[26] aborde les compétences communicationnelles avec un exogroupe. Selon
Kim[26], il existe un lien entre la composition du réseau de communication personnel et la
maîtrise de ces compétences communicationnelles. Kim propose 3 théorèmes pour cette
théorie. La présence de membres de l’exogroupe dans notre réseau personnel, la centralité de
ceux-ci au sein du réseau, la fréquence des contacts et la force du lien avec ces membres vont
permettre d’améliorer les compétences communicationnelles.

Théorie des réseaux intra-culturels versus interculturels


Celle-ci postule les différences entre ces deux types de réseaux à travers 6 théorèmes. Dans un
réseau intra-culturel, les membres partagent tous la même culture et il y a peu de différences
entre eux. En revanche, dans un réseau interculturel, les membres ne partagent pas la même
culture et il existe plus de différences entre eux. Les théorèmes envisagent les différences
entre les deux réseaux selon plusieurs facteurs. Yum les compare selon le lien qui unit les
membres entre eux, la densité du réseau, la multiplicité des messages qui sont transmis, la
force du lien qui unit les membres et la transitivité des amitiés.

Acculturation et ajustement
La cinquième catégorie comprend les théories accordant une importance à l’acculturation et à
l’ajustement. On y retrouve notamment la théorie de la communication et acculturation de
Kim[28], la théorie de la gestion de l'anxiété/incertitude de l'ajustement interculturel et la
théorie de la communication dans les états d'assimilation, de déviance et d'aliénation.

Théorie de la gestion de l’anxiété/incertitude de l’ajustement interculturel


Cette théorie ressemble beaucoup à la version originale de Gudykunst, déjà décrite ci-dessus.
Alors que la version originale envisage la situation de rencontre entre une personne et un
membre d’une culture étrangère du point de vue du membre de la culture nationale, cette
théorie analyse les choses du point de vue de l’étranger qui rencontre un membre de la culture
nationale. Les causes de surfaces deviennent alors : concept de soi, motivation à interagir avec
les hôtes, réactions face aux hôtes, catégorisation sociale des hôtes, processus situationnels et
connexions avec les hôtes. Les causes basiques sont identiques à celles de la version
originale : la gestion de l’anxiété et de l’incertitude. La réflexivité est toujours un processus
modérateur. Finalement, une rencontre effective mène à un ajustement culturel des deux
protagonistes.

Théorie de la communication dans les états d'assimilation, de déviance et d'aliénation


McGuire et McDermott postulent que l’état d’assimilation est atteint lorsque les immigrés se
conforment aux normes et règles sociales de la culture nationale. Lorsqu’il y a conformité, le
groupe national leur renvoie des renforcements positifs et la communication est dite
« assimilative ». Lorsqu’il y a déviation par rapport à ces normes, la communication est dite
« négligente » ou négative. Dans le cas de cette communication négligente, les immigrés
peuvent ressentir une aliénation à la culture nationale et se sentir isolés et hors normes. Ce
sentiment ou état d’aliénation peut ensuite être renforcé ou atténué par la réponse des
membres de la culture nationale aux immigrés.

Communication interculturelle comparative et interactionniste

L’angle d’analyse « comparatif-interactionniste » relatif à la communication interculturelle est


celui le plus souvent envisagé par les chercheurs. C’est pourquoi, deux théories se situant
chacune dans une des deux approches seront abordées en détail. Afin d’expliquer en quoi ces
théories peuvent être utiles dans la vie quotidienne, une situation sera présentée et
exemplifiera ces deux grandes théories.
Lakshmi et Maxime ne se connaissent pas. Lakshmi, est étudiante et habite en Inde. Le mois
prochain, elle vient rendre visite à Vali, sa sœur, vivant en Belgique depuis de nombreuses
années. Maxime, étudiant d’origine belge, habite à Bruxelles et est un ami de Vali.
Approche comparative : théorie de la gestion de la face
« La théorie de la gestion de la face (en) » proposée par Ting-Toomey est un modèle
théorique qui se situe dans une perspective comparative parce qu’il s’intéresse aux similarités
et différences qui existent au niveau du fonctionnement psychologique de l’individu ou du
groupe culturel. La « face » est définie par Ting-Toomey comme « la présentation d'une
image de soi digne à un autre individu dans les relations interpersonnelles ». Cet auteur utilise
comme grille de comparaison l’individualisme et le collectivisme pour donner du sens au
concept de soi qui fluctue selon les cultures. Ainsi, elle tente d’expliquer les différences
interculturelles qui sont prises en compte dans la gestion des conflits mais aussi dans la
communication interculturelle.
La « négociation de la face » ou « travail de la face » fait référence à « un ensemble de
comportements communicatifs verbal ou non verbal utilisés par une personne lors d’une
interaction ayant pour but de préserver sa dignité, sa face par rapport aux autres ». Ce travail
permet tant de sauvegarder la face que de la récupérer si besoin. Par exemple, une personne
ne se conduira pas de la même manière quand il est avec ses amis que lors d’un entretien
d’embauche. Cette négociation de la face se différencie en fonction de l’appartenance des
individus à une culture plutôt individualiste ou collectiviste.
Les recherches menées par plusieurs auteurs mettent en avant que les personnes venant d’une
culture individualiste auraient tendance à utiliser des stratégies orientées vers la sauvegarde de
leur propre face en justifiant leurs actions ou en accusant la situation, alors que dans les
cultures collectivistes, les personnes auront plus tendance à sauvegarder la face des autres
plutôt que leur propre face. En effet, ils vont surtout utiliser des stratégies pour honorer la face
de l’autre, en faisant attention à ne pas humilier l’autre en public et ceci au détriment de leur
propre face. Par ailleurs, dans une situation telle qu’un conflit, les stratégies de sauvegarde de
la face sont primordiales parce que la face est attaquée ou menacée ; il faut soit défendre sa
propre dignité et/ou sauver celle de l’autre et cela dépend de la culture à laquelle on
appartient.
Ting-Toomey émet quelques conditions à la réussite d’une communication interculturelle.
Pour cet auteur, il serait nécessaire de connaître les différences culturelles existantes
(individualisme, collectivisme, mais aussi image de soi, gestion de la face). De plus, il
conviendrait d’être conscient de sa propre façon d’aborder le monde tout en prenant la
perspective de l’autre en compte. Enfin, il faudrait développer des compétences en matière de
communication adaptées aux situations.
Selon la théorie de la gestion de la face, le rapport de Maxime et Lakshmi avec la gestion de
leur propre face serait analysé de manière séparée, au sein de leurs propres pays. Par exemple,
en Belgique, la culture se révélerait être plutôt individualiste, ainsi, lorsque Maxime
communique, il portera plus d’importance à la sauvegarde de sa propre face que de celle des
autres. Par exemple, lorsqu’il arrive en retard à un rendez-vous avec son père, il va
sauvegarder sa face en exprimant que cela est dû au retard de son train. En Inde, où la culture
serait plutôt collectiviste, si Lakshmi se trouve dans la même situation, elle va s’excuser et ne
va pas sauvegarder sa propre face. Elle va plutôt honorer la face de son père et par exemple
lui assurer qu’elle n’arrivera plus en retard lors de leurs prochains rendez-vous.

Théorie de la négociation de l'identité


Par la suite, l’auteur a également développé la « théorie de la négociation de l’identité ». Dans
cette théorie, la communication interculturelle résulterait d’une négociation entre les identités
des intervenants au cours d’une interaction. Cette théorie reste dans une approche comparative
tout en étant à la fois interactionniste parce qu’elle se concentre à la fois sur le
fonctionnement psychologique des individus provenant de cultures différentes tout en prenant
en compte l’influence du contact interculturel.
Tout d’abord, le fait de posséder une identification de soi-même stable et sûre - c’est-à-dire de
s’identifier soi-même comme un type particulier de personne, « je m’auto-considère comme
une étudiante » - permettrait aux personnes d’être plus ouvertes à l’interaction avec les
membres d’autres cultures. À l’inverse, si l’individu se sent vulnérable, il développera un
sentiment d’anxiété face à ce type d’interaction.
Parallèlement, les personnes susceptibles de ressentir un besoin élevé de sentiment
d’appartenance auront plus tendance à valoriser leur propre groupe ainsi que les frontières
entre les relations. De plus, les individus qui ont besoin de se différencier auront plus
tendance à émettre de la distance entre les autres et eux-mêmes.
Selon cette théorie, les ressources pour une communication interculturelle dépendraient de
divers facteurs déjà évoqués ci-dessus, comme le sentiment de sécurité versus la vulnérabilité,
le sentiment d’appartenance et de différenciation. Plus l’individu se sentira sécurisé par
rapport à son identité, plus il aura une estime de soi positive. Par ailleurs, la motivation de
l’individu à communiquer influencera également le degré avec lequel il développera des
ressources pour interagir. En outre, les personnes possédant diverses ressources en
communication, seraient plus enclines à créer ensemble des buts communs et à développer
une compréhension mutuelle de leurs identités.
Nous retrouvons Lakshmi un mois plus tard, arrivant sur le sol belge. Elle découvre un
nouveau pays, une autre culture… Elle rencontre Maxime, ami de sa sœur, lors d’un dîner.
Lakshmi est quelqu’un qui s’auto-identifie de manière stable, elle sait qu’elle est étudiante et
fiancée et est donc curieuse et intéressée par la culture de Maxime. Par contre, possédant un
besoin d’appartenance à la culture indienne important, dans sa discussion avec Maxime, elle
va accentuer les différences entre les indiens et les Belges.

Approche interactionniste : théorie de l'accommodation communicative (TAC)


La théorie de l’accommodation communicative (TAC, communication accommodation
theory) est une théorie se situant dans le courant de la communication interculturelle
interactionniste. Elle analyse donc les rencontres entre individus de cultures différentes en
insistant sur l’adaptation du discours en fonction des personnes rencontrées. La manière de
parler et le discours sont modifiés selon diverses stratégies de communication mobilisant des
identités personnelles et sociales. La TAC propose donc une analyse de la communication en
tenant compte de l’analyse des facteurs macro et micro sociétaux. En effet, la théorie articule
l’analyse des interactions à un niveau tant interpersonnel qu’intergroupe. La théorie postule
que, lorsque les individus communiquent entre eux, ils utilisent des stratégies de
communication pour se trouver à une distance sociale souhaitée. Créée en 1987 , elle a pour
origine la Théorie de l’Accommodation Verbale (TAV).
En discutant, Maxime et Lakshmi pourraient adapter leur façon de parler afin d’être les plus
semblables possible. Par exemple, Maxime pourrait adapter son accent anglais et le teinter
d’accent indien pour le rendre similaire à celui de son interlocutrice, accorder ses gestes… Au
contraire, on pourrait aussi imaginer qu’ils augmentent les différences liées à leur groupe
d’appartenance. Maxime pourrait par exemple fixer Lakshmi dans les yeux, la tutoyer ou lui
faire la bise et alors peut-être la choquer.

Aux origines : la Théorie de l’Accommodation Verbale (TAV)


En 1982, Street et Giles proposent une première version de la Théorie de l’Accommodation
Verbale (TAV) (Speech Accommodation Theory), consistant en une série de propositions. À
travers celles-ci, elle tente d’expliquer les motivations qu’ont les individus à adapter leur
discours en fonction de leur interlocuteur. Elle s’intéresse principalement aux stratégies
linguistiques utilisées pour s’accommoder à un interlocuteur de culture différente. Les
propositions consistent en l’analyse des interactions en termes de stratégies de
« convergence » et de « divergence ». La « convergence » est celle à travers laquelle les
personnes « accommodent », adaptent leur comportement communicationnel afin qu’il soit
plus semblable à celui de leur interlocuteur. La « divergence » est celle où les individus
accentuent les différences entre leur interlocuteur et eux-mêmes. La stratégie de
« maintenance », le plus souvent assimilé à la divergence, est celle où l’individu n’adapte pas
son comportement à son interlocuteur. Ces stratégies se retrouveront dans la TAC. Elles
mettent en évidence deux principales fonctions de l’adaptation : la fonction affective et la
fonction cognitive. Premièrement, en ce qui concerne la fonction affective, les individus vont
opter pour la stratégie de « convergence » afin d’être plus similaire et de recevoir
l’approbation de leur interlocuteur. Ils choisiront celle de la « divergence » pour se
différencier de leur interlocuteur et maintenir une identité positive. Deuxièmement,
concernant la fonction cognitive, la « convergence » sera adoptée afin de faciliter la
compréhension du protagoniste. La « divergence » est quant à elle préférée pour rappeler à
son interlocuteur sa non-appartenance à l’endogroupe de l’émetteur du message et donc
prévenir les malentendus ou pour faire en sorte que le protagoniste modifie sa façon de parler
pour être plus adapté à la situation d’interaction.
Vali, la sœur de Lakshmi parle français couramment. Lorsqu’elle discute avec Maxime, elle
pourra utiliser la stratégie de « divergence » en accentuant son accent indien, pour se sentir
indienne et donc maintenir une identité positive (fonction affective) et renforcer sa non-
appartenance au groupe des Belges (fonction cognitive). En revanche, elle pourra adopter la
stratégie de « convergence » en parlant avec Lakshmi : elle parle et utilise des gestes et une
posture similaires pour recevoir son approbation (fonction affective) et faciliter la
compréhension (fonction cognitive).

Principes fondateurs de la TAC


Dès sa création, la TAC devient de plus en plus complexe et multidisciplinaire. Elle est en
effet développée et utilisée dans de nombreux domaines comme celui de l’interaction entre
plusieurs générations, genres ou encore celui de la communication au sein des institutions.
Elle conserve les notions de la TAV, mais ne s’intéresse plus exclusivement aux
accommodations linguistiques. Elle prend également en compte d’autres variables comme la
perception et l’évaluation de la situation. En prenant en compte la perception qu’ont les
individus par rapport à la situation, elle adopte un point de vue tant subjectiviste
qu’objectiviste de la communication interculturelle. La TAC devient alors tellement complexe
et liée aux contextes d’analyse des interactions qu’elle n’est plus à même d’analyser toutes les
situations. C’est pourquoi une nouvelle version est proposée. Celle-ci suit le principe de
parcimonie en diminuant les facteurs situationnels et tente d’être une théorie générale de la
communication, s’adaptant à tous les contextes.
Trois hypothèses générales fondent la TAC. Premièrement, les interactions sont influencées
par le contexte socio-historique et donc par les normes sociales du contact intergroupe qui en
découlent. Deuxièmement, la communication mobilise des identités personnelles et sociales.
Troisièmement, les individus adaptent leur comportement par des changements linguistiques,
paralinguistiques et non verbaux selon la perception qu’ils ont des particularités individuelles
de leur interlocuteur et des particularités du groupe auquel l’interlocuteur appartient. Une
série de propositions sont développées à partir de celles-ci.
À travers ces propositions, la théorie analyse la communication entre deux individus ayant
une orientation de départ concernant celle-ci. Durant le moment de l’interaction, les personnes
vont s’accommoder psychologiquement : elles vont adapter leurs motivations et intentions à
utiliser la stratégie de convergence ou de divergence. Elles vont également s’accommoder
linguistiquement en adaptant leur manière de parler. Les stratégies de convergence et de
divergence ne sont pas mutuellement exclusives ; la TAC considère l’interaction comme
changeante et dynamique. Le comportement de l’interlocuteur va conduire à une certaine
perception de celui-ci et à l’attribution de motivations. Celles-ci vont faire émerger de futures
intentions qui modifieront l’orientation de départ lors de la prochaine interaction.
La TAC n’est pas uniquement réservée à une utilisation dans les situations de communication
interculturelle. Dans le cadre de ces dernières, les dimensions de l’individualisme et du
collectivisme expliquent l’importance accordée, au sein d’une culture donnée, à l’individu ou
au groupe. Ces deux dimensions donnent des indications quant à la tendance plus ou moins
élevée à l’identification à l’endogroupe. Les personnes appartenant à une société plus
collectiviste vont accorder une grande importance à l’identification avec l’endogroupe tandis
que les personnes appartenant à une société plus individualiste vont y accorder moins
d’importance. La position d’un individu sur ces deux dimensions va donc orienter les
stratégies d’accommodation mises en place dans la communication.
Par exemple, Lakshmi et Maxime discutent de la nourriture indienne et belge. Avant leur
discussion, ils avaient tous les deux une orientation initiale la concernant, Maxime pensait que
les indiens étaient gentils et cuisinaient épicé et Lakshmi pensait que les Belges ne cuisinaient
pas bien mais avaient le sens de l’humour. Pendant la conversation, au début, ils utilisent la
stratégie de « convergence » et ensuite plutôt celle de « divergence ». Lakshmi modifie
quelque peu sa perception de départ et admet que les Belges cuisinent assez bien, mais moins
bien que les indiens. Appartenant à une société plutôt collectiviste, elle va s’identifier
fortement avec son endogroupe, celui des indiens, et cela va influencer les stratégies
d’accommodation utilisées dans la communication.

Théories influençant la TAC


Théorie de la similarité-attraction

La TAV est basée sur la Théorie de la similarité-attraction, qui postule que plus la perception
de la similarité interpersonnelle avec une personne est grande, plus l’attraction pour celle-ci
va être grande. L’utilisation de la stratégie de « convergence » va faire en sorte que l’émetteur
soit plus semblable au récepteur et donc plus attirant. La TAC va se distancier de cette théorie
pour se rapprocher davantage de la Théorie de l’identité sociale.
Théorie de l’identité sociale
La TAC s’en inspire pour expliquer l’accommodation du discours en situation d’interaction :
l’individu adapte sa façon de communiquer pour maintenir une identité personnelle et sociale
positive. La théorie de l’identité sociale explique donc la motivation à utiliser la stratégie de
divergence. Elle résulterait d’une volonté de mettre en évidence la différenciation avec
l’exogroupe pour assurer une identité sociale positive.
Théorie de l’attribution causale
La Théorie de l’attribution causale a inspiré la TAC au niveau de la perception et de
l’évaluation du comportement de l’interlocuteur. Quand le comportement d’un interlocuteur
est évalué positivement, il le sera d’autant plus lorsque ce comportement est attribué à une
cause interne. En revanche, s'il est évalué négativement, il le sera moins lorsqu’il est attribué à
une cause externe. À travers « l’erreur ultime d’attribution », la TAC explique que si une
personne interagit avec une autre personne de son endogroupe, elle aura tendance à attribuer
ses comportements souhaités comme étant internes alors qu’elle attribuera ses comportements
non souhaités comme étant externes. Inversement, si un individu communique avec un
membre de l’exogroupe, il attribuera ses comportements souhaités à une cause externe et ses
comportements non souhaités à une cause interne.

Formations et compétences en communication interculturelle

Formations

Dans le contexte actuel d’un monde traversé par la mondialisation et le développement des
moyens de communication, les individus sont sans cesse amenés à rencontrer des personnes
de cultures différentes. Il est dès lors intéressant de se former à la communication
interculturelle ou du moins d’en connaître les bases. Le champ de la formation à la
communication interculturelle est vaste et est repris dans The Handbook of Intercultural
Communication. Débutant avec Hall, la formation à la communication interculturelle a
énormément évoluée. Les points de vue sur les programmes de formation sont passés d’une
approche plutôt cognitive – simple récolte d’informations à propos d’une autre culture – à la
prise en compte de l’expérience et des émotions que cela suscite.
En France, Margalit Cohen-Emerique développe une technique de formation à la
communication interculturelle destinée aux travailleurs psycho-sociaux, la « Méthode des
incidents critiques ». Elle peut néanmoins offrir des pistes de réflexion à tous les individus.
Cette méthode consiste en la décentration par les chocs culturels. Ces derniers apparaissent
lorsqu’un individu se trouve hors de son milieu socio-culturel, confronté à l’altérité. Cette
méthode permet à l’individu de dépasser ce que l’auteur appelle les zones sensibles, les
stéréotypes, les préjugés, les normes et les valeurs relatives à sa culture. Par la décentration,
l’individu se rend compte de lui-même, de sa propre identité sociale. La décentration fait
partie des trois étapes de « l’attitude interculturelle », enseignée lors des formations des
travailleurs psycho-sociaux. La deuxième étape est l’entrée dans la culture de l’Autre, c’est-à-
dire vivre la culture de l’Autre du point de vue de ce dernier, s’informer, écouter sans
interpréter et être attentif au comportement non-verbal. La troisième étape consiste en la
négociation, la résolution des conflits interculturels par la recherche d’un compromis, qui
respecte l’identité culturelle de chacun. Ces trois étapes ne suivent pas un ordre chronologique
mais font partie d’un processus dynamique.

Compétence Interculturelle
Les recherches concernant la compétence interculturelle constituent un vaste domaine de
recherche, spécifiquement dans celui du management, du travail au sein des entreprises et de
l’éducation. La compétence interculturelle est essentielle dès que plusieurs individus de
cultures différentes sont en contact, notamment dans le cadre du travail. La définition de la
compétence interculturelle, tout comme celle de la communication interculturelle, est difficile
à établir et ne fait pas consensus dans la littérature scientifique. En effet, la compétence
interculturelle étant propre à chacun et donc subjective à la culture de chaque individu, il est
dès lors difficile d’en donner une définition. La compétence interculturelle est la faculté de
saisir les particularités d’une rencontre interculturelle de manière à se comporter de façon que
le message soit compris et bien interprété. Deardorff et Lloyd et Härtel identifient trois
catégories de la compétence interculturelle : cognitive, affective et comportementale. Certains
auteurs définissent la compétence interculturelle comme étant spécifique à une culture donnée
et d’autres la considèrent comme plutôt générale, à mobiliser dans tous les contacts
interculturels. Brislin et Yoshida [70] dénoncent la conception selon laquelle les compétences
requises pour la communication interculturelle ne seraient que l’accumulation d’un savoir
particulier à chaque culture. Parmi les auteurs prônant l’existence d’une compétence
interculturelle générale, certains optent pour une approche biologisante et tentent de trouver
les traits de personnalité liés à la compétence interculturelle. Les traits généralement mis en
évidence dans les recherches sont l’empathie, l’ouverture, la stabilité émotionnelle,
l’autocritique et la capacité d’observation. D’autres auteurs critiquent cette approche et
envisagent la compétence interculturelle comme le résultat d’un apprentissage qui évolue au
cours des expériences.
I- Les 6 dimensions de la théorie de Geert Hofstede:

1-L’indice de distance hiérarchique


Il fait référence à la manière dont la société ou la culture accepte ou rejette les différences
entre les personnes, comme les hiérarchies sur le lieu de travail, en politique, etc.

2-Individualisme et collectivisme
Il prend en compte le degré d'intégration des sociétés dans des groupes, ainsi que la
perception de leur indépendance par rapport aux obligations des groupes.

3-Masculinité contre féminité


On parle également de dureté ou de tendresse.
Il s'agit de la préférence de la société en matière d'accomplissement, de comportement,
d'attitude à l'égard de la qualité du genre, etc.
Dans les cultures à dominante masculinité, les rôles des hommes et des femmes sont
généralement définis de manière précise. Les hommes ont tendance à se concentrer davantage
sur la performance, l'ambition et la réussite matérielle, par exemple au Japon et en Amérique
latine.
Les cultures à orientation féminine mettent en avant les valeurs féminines, telles que le souci
de la qualité de la vie et des relations.
C'est ce que la société préfère en termes d'accomplissement, de
comportement, d'attitude envers la qualité du genre, etc.
Les rôles des hommes et des femmes sont généralement précisément
définis dans les cultures à dominante masculinité. Au Japon et en
Amérique latine, les hommes se concentrent davantage sur la
performance, l'ambition et la réussite matérielle.
Les valeurs féminines, telles que le souci de la qualité de la vie et des
relations, sont mises en avant dans les cultures à orientation féminine.

4-le contrôle de l’incertitude


c’est-à-dire le degré de tolérance des membres d’un groupe vis-à-vis de
situations incertaines ou ambiguës. En d’autres termes, il s’agit de comprendre
si la société en question adopte une attitude contrôlée, réfractaire à l’inconnu ou
au contraire, une attitude détendue vis-à-vis de ce qu’on ne peut prédire et de ce
qui pourrait arriver.
6-la dimension plaisir/modération
la dimension plaisir/modération vient à compléter les précédentes au sein d’une
nouvelle édition de l’ouvrage « Cultures et Organisations » de Hofstede, à
nouveau sur la base des recherches de Michael Minkoy qui oppose les sociétés
capables de satisfaire les besoins et désirs personnels des individus aux sociétés
régit par des normes sociales strictes et prônant la régulation des pulsions de ses
membres, autrement dit la modération.
l’orientation à long terme/court terme
Cette nouvelle dimension vise à distinguer les sociétés qui possèdent une vision
à long terme, encourageant les efforts présents en vue de se préparer de manière
adéquate pour le futur, à celles ayant une vision à court terme, privilégiant
davantage les traditions et les normes en l’état aux dépends de toute forme de
changement qu’elles jugent avec méfiance

II- les barrières culturelles


Chaque culture a son propre ensemble de comportements, de pensées, de
règles, de normes et de croyances acceptés. Ces facteurs font partie
de l’identité d’une culture. La façon dont on communique est également
influencée par sa culture. Par conséquent, il varie selon les personnes
d’origines culturelles différentes. Par conséquent, lorsque des personnes de
cultures différentes interagissent, il y a forcément des problèmes de
communication en raison des barrières culturelles.

Obstacles culturels à la communication


En tant qu’êtres humains, nous grandissons avec un certain état d’esprit et
avons une compréhension du monde qui nous entoure. C’est surtout notre
environnement et les personnes qui nous entourent qui nous enseignent
leurs pensées et leurs croyances. Par conséquent, les gens ont des façons
différentes de penser et de comprendre, en raison de leurs influences
culturelles. Elle peut donner lieu à des Obstacles à la communication entre
des personnes de cultures différentes. Comme c’est la culture d’une
personne qui donne naissance à la barrière de communication, elles sont
connues sous le nom de barrières culturelles de communication.

Examinons les facteurs clés qui conduisent à des barrières culturelles dans
la communication. Six facteurs principaux sont à l’origine des obstacles à
la communication, à savoir :

 Ethnocentrisme
 Clichage
 Barrières psychologiques,
 La barrière de la langue,
 L’éloignement géographique
 Valeurs contradictoires

Le premier obstacle culturel à la communication est l’ethnocentrisme.

La croyance que la culture d’une personne est supérieure à celle d’une


autre est connue sous le nom d’ethnocentrisme.
Cela donne à une personne le sentiment que seule sa façon de faire les
choses est juste. Les personnes ethnocentriques méprisent les personnes
d’autres cultures, ce qui leur donne le sentiment d’être sous-estimées. Cela
entrave les conversations entre les gens car ils ne seraient pas à l’aise l’un
avec l’autre pour tenir une conversation. L’ethnocentrisme peut être un
acte conscient ou involontaire.

Clichage
Les gens ont des idées préconçues sur les autres en fonction de leur
nationalité. C’est la croyance que les gens d’un pays ou d’une région se
comporteront d’une certaine manière. Mais les gens ont tendance à oublier
que chaque individu est différent et qu’il ne se comporte peut-être pas ou
ne se comportera pas comme nous l’attendrions, sur la base de nos
connaissances et de nos jugements limités. Stéréotyper une personne peut
être insultant et malsain dans un environnement de travail. La personne
peut se sentir injustement jugée, ce qui la rend inutilement consciente. De
telles situations agissent également comme Obstacles à la communication.

Barrières psychologiques
Lorsque nous traitons avec une équipe multiculturelle, nous devrons peut-
être modifier nos façons de faire pour accueillir tout le monde et les aider à
se sentir les bienvenus. Alors que dans certaines cultures, le maintien d’un
contact visuel est considéré comme un signe positif de coopération, dans
d’autres, il est considéré comme intimidant. La prise en compte de tels cas
est cruciale pour que tout le monde se sente compris, en les encourageant à
converser. Même si parfois, cela peut signifier devoir changer la façon dont
nous réagirions inconsciemment à une situation.

Barrières linguistiques
Ne pas être capable de parler et de comprendre couramment la langue
d’une équipe peut être frustrant. Ceux qui ne peuvent pas comprendre
peuvent avoir l’impression de passer à côté de certaines choses. Le fait de
ne pas être capable de bien communiquer dans une langue étrangère peut
également les faire se sentir différents et les faire hésiter à participer à des
conversations ou à exprimer leurs opinions.

Dans de tels cas, les locuteurs natifs doivent mettre un point d’honneur à
communiquer d’une manière qui s’adapte aux locuteurs non natifs. Il s’agit
de parler plus lentement et d’utiliser des mots plus reconnaissable au lieu
de l’argot local.

Distance géographique
Bien que la possibilité croissante de travailler à domicile ait rendu le travail
plus pratique, il s’accompagne de défis.

L’établissement d’un lien au sein de l’équipe devient ardu lorsque les


membres ne sont connectés que virtuellement. Les employés ne se
rencontrent que lors des réunions d’équipe et discutent de leurs buts et
objectifs. Cela les empêche d’apprendre à connaître personnellement leurs
collègues, les empêchant ainsi de partager plus d’informations ou de
communiquer. L’entreprise doit faire un effort actif pour essayer d’établir
des relations d’équipe.

Des valeurs contradictoires


Tout le monde a sa façon de faire les choses. La communication entre les
gens peut devenir fatigante lorsque les valeurs et les pratiques d’une
personne sont perturbées.

Par exemple, certains pays abordent directement les problèmes et


proposent des solutions pour les résoudre. D’autre part, les entreprises
d’autres pays s’adressent à eux par le biais d’une forme de communication
indirecte. Lorsque des personnes issues de ces cultures se réunissent, la
communication peut être délicate. La personne qui communique
directement peut sembler insensible, et la personne habituée à l’interaction
indirecte peut sembler peu claire aux personnes de l’autre culture.
De même, certaines cultures sont strictement formelles sur les lieux de
travail, tandis que d’autres ne le sont pas.

Des pays comme l’Inde et le Japon considèrent la formalité comme un


signe de professionnalisme, tandis que des pays comme l’Australie
préfèrent des lieux de travail plus informels. Un employé indien travaillant
pour une entreprise australienne pourrait envisager de communiquer de
manière plus informelle. De même, un Australien doit communiquer de
manière formelle pour paraître plus professionnel.
Ce ne sont là que quelques exemples où la culture joue un rôle dans la
façon dont les gens communiquent et se perçoivent les uns les autres par
des personnes de cultures différentes.
Bibliographie
1. Gudykunst et Kim, 1992 cités par Licata et Heine 2012
2. Edward T. Hall, La dimension cachée, Seuil, 1978
3. G.A. Barnett et D.L. Kincaid, « Cultural Convergence », dans W.B. Gudykunst
(Ed.), Intercultural communication theory, 1983, 171-194 p. cités par Gudykunst
4. W.B. Gudykunst, « Anxiety/uncertainty management (AUM) theory », dans R.L. Wiseman
(Ed.), Intercultural communication theory, 1995, 8-58 p.
5. W.B. Gudykunst, « Uncertainty and anxiety », dans Y.Y. Kim & W.B. Gudykunst
(Eds.), Theories in intercultural communication, 1988, 123-156 p. cité par Gudykunst 2002
6. W. Gudykunst, C. Lee, T. Nishida et N. Ogawa, « Theorizing About Intercultural
Communication : an Introduction », dans W.B. Gudykunst (dir.), Theorizing About
Intercultural Communication, 2005, p. 3-31
7. S. Lloyd et C. Härtel, « Intercultural competencies for culturally diverse work
teams », Journal of Managerial Psychology, vol. 25, no 8, 2009, p. 845-875
8. Ivana Fisic. Comment surmonter les barrières culturelles et
linguistiques sur le lieu de travail. 28 mars 2022.
9. Hofstede, G. (2001). Culture's Consequences: Comparing Values, Behaviors,
Institutions and Organizations across Nations. Thousand Oaks, CA: Sage (co-
published in the PRC as Vol. 10 in the Shanghai Foreign Language Education Press
SFLEP Intercultural Communication Reference Series, 2008) Hofstede, G. (2006).
What did GLOBE really measure? Researchers’ minds versus respondents’ minds.
Journal of International Business Studies, 37, 882-96

Common questions

Alimenté par l’IA

The Theory of Accommodation incorporates subjective perceptions by considering how individuals' interpretations of a situation influence their communication strategies. According to the theory, people adjust their verbal and non-verbal communication based on perceived similarities or differences with their interlocutors. The adaptations, through strategies like convergence and divergence, reflect the individual's desire to either affiliate with or distinctively separate from others, guided by their subjective views on their social environment and the interactional context .

Identity negotiation theories play a crucial role in intercultural communication by providing a framework for understanding how individuals present and adapt their identities in diverse cultural contexts. They explain how identity is actively negotiated during interactions, typically by emphasizing similarities to align with others, or distinctiveness to reinforce cultural boundaries. The process involves managing the tension between personal and group identities, often influenced by cultural norms and expectations, enabling individuals to navigate complex social landscapes effectively .

The Co-cultural Theory presents three potential outcomes during interactions between dominant and co-cultural groups: assimilation, accommodation, and separation. Assimilation implies a loss of cultural differences as the co-cultural group conforms to the dominant culture, potentially leading to cultural homogenization. Accommodation supports cultural pluralism where the dominant group recognizes and integrates the co-culture, maintaining cultural diversity. Separation results in cultural isolation, with little to no interaction between groups, which can preserve cultural identity at the cost of limiting mutual understanding and integration .

The Theory of Convergence Culture explains that when immigrant groups communicate with a host culture, they tend towards a cultural convergence. This theory is based on communication models that describe a process where shared information leads to a common understanding, akin to thermodynamic principles. Over time, this convergence results in cultural uniformity, although not complete, between the immigrant groups and the host culture, facilitating better integration and assimilation while preserving some distinct cultural identities .

Gudykunst's theory of anxiety and uncertainty management suggests that communication effectiveness in intercultural encounters is determined by how well participants manage their anxiety and uncertainty. This theory posits that high levels of uncertainty arise because individuals cannot accurately predict the behaviors and attitudes of others in cross-cultural settings. By effectively managing these uncertainties and the associated anxiety, individuals can improve communication outcomes and facilitate a better understanding between cultures .

Cupach and Imahori explain that intercultural communication competence is inversely related to reliance on stereotypes. Less competent communicators, often due to unfamiliarity with other cultures, resort to stereotypes to categorize and interact with others, which can lead to misunderstandings and ineffective communication. As individuals develop greater competence through increased cultural knowledge and interaction, they rely less on stereotypes, employing more nuanced and empathetic communication that preserves relational and cultural identities effectively in intercultural exchanges .

The Theory of Identity Management, drawing on Erving Goffman's work, addresses challenges by emphasizing the multiplicity of identities individuals navigate in intercultural interactions. It highlights how people project and maintain their desired self-image or 'face' through strategic communication. In intercultural contexts, where cultural knowledge might be limited, individuals rely on relational and cultural identities, often confronting stereotypes. Successfully managing these aspects requires competencies that allow for presenting and sustaining one's face, thereby overcoming challenges in diverse social settings .

The Attributional Theory of Communication influences perceptions by positing that individuals ascribe causes to behaviors observed during interactions. In intercultural contexts, the perceived reasons for certain behaviors affect judgments and responses. Positive behaviors are often attributed to internal traits within one's own group and external factors for out-group members, whereas negative behaviors might be internally attributed to out-group members, reinforcing biases. This attribution process shapes intercultural perceptions, impacting communication dynamics and relationship building across cultures .

Face Negotiation Theory, as proposed by Ting-Toomey, uses the cultural dimensions of individualism and collectivism to explain differences in how people manage their self-image, or 'face,' during intercultural interactions. In individualistic cultures, the emphasis is on maintaining self-face and personal autonomy, leading to direct conflict styles. Conversely, collectivist cultures prioritize mutual and other-face concerns, using indirect methods for conflict resolution to preserve group harmony. These cultural orientations influence how individuals negotiate their dignity and image in various social contexts .

Within the Theory of Accommodation, which originated from the Speech Accommodation Theory, affective and cognitive functions guide different strategies. Affective function involves adopting the convergence strategy to enhance similarity and gain approval from the interlocutor. In contrast, cognitive function involves convergence to simplify communication or divergence to emphasize distinctions, thereby ensuring clarity or preserving distinct social identity. These strategies allow individuals to adapt communication behaviors based on emotional desires for approval or intellectual needs for understanding .

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