Intégrales de Wallis et Formule de Stirling
Intégrales de Wallis et Formule de Stirling
om
1 Pour tout entier n > 0, on pose :
Z π
2
Wn = cosn x dx . (1.1)
0
Z π2
π
Il est immédiat de voir qu'en vertu du changement de variables x ! − x, on a : ∀n ∈ N, Wn = sinn x dx. De plus,
2 0
l.c
h πi
comme pour tout x ∈ 0, , 0 6 cosn+1 x 6 cosn x (avec égalité uniquement aux bornes de l'intervalle), la suite (Wn )n∈N
2
est donc strictement décroissante. A l'aide d'une intégration par parties :
Z π2 π Z π2
2
Wn+2 = cosn+2 x dx = sin x cosn+1 x + (n + 1) sin2 x cosn x dx ,
ai
0 0 0
on déduit que :
n+1
Wn+2 = Wn . (1.2)
tm
n+2
π
Une fois explicités W0 = et W1 = 1, on obtient que pour tout p > 0 :
2
(2p − 1)(2p − 3) . . . 1 (2p)! π
W2p = W0 = 2p
2p(2p − 2) . . . 2 2 (p!)2 2
ho
2p(2p − 2) . . . 2 22p (p!)2
ainsi que W2p+1 = W1 = .
(2p + 1)(2p − 1) . . . 3 (2p + 1)!
Lorsque n est un entier pair, on a :
π
Wn Wn+1 = . (1.3)
@
2(n + 1)
Pour n impair :
Wn n+2 π π
Wn Wn+1 = Wn+1 Wn+2 = =
Wn+2 n + 1 2(n + 2) 2(n + 1)
st
Wn+1 1 Wn+1
qui demeure identique à (1.3). A partir de (1.2), on a = 1− . La décroissance stricte de la suite
Wn n + 2 Wn+2
(Wn )n∈N implique l'encadrement suivant :
ho
1 Wn+1
1− < <1,
n+2 Wn
r
π
d'où l'équivalence Wn ∼ Wn+1 . En utilisant (1.3), on conclut que : Wn ∼ et lim Wn = 0+ .
n n 2n n→+∞
eg
1 1
vn = log un − log un−1 = 1 + n − log 1 −
2 n
+∞
X
1 1 1 1
in
= 1− n− =− +O .
2 knk 12n2 n3
k=1
X n
X
Selon le critère de Riemann, la série vn est convergente. Par télescopage, on obtient que log un = log u1 + vk . Par
l_
k=2
n n √
conséquent, les suites (log un )n>1 puis (un )n>1 convergent. Si on désigne par K la limite de cette dernière, alors n! ∼ K n.
n e
En prenant n = 2p :
n! π 2 π
Wn = h n i2 ∼ √ ,
el
2 n nK 2
2n !
2
√
la comparaison avec l'équivalent de Wn déterminé précédemment fournit K = 2π , puis la formule de Stirling :
sh
√ n n
Γ(n + 1) = n! ∼ 2πn . (1.4)
n e
1
1.3 Une autre application des intégrales de Wallis
Dénition. Etant donné un entier n > 1, une partie An ⊂ Rn est dite continûment paramétrable si n = 1 et A1 est un
segment, ou si n > 2 et s'il existe une partie An−1 ⊂ Rn−1 continûment paramétrable et 2 fonctions f , g : An−1 → R telles que :
om
n o
An = (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn (x1 , . . . , xn−1 ) ∈ An−1 et f (x1 , . . . , xn−1 ) 6 xn 6 g(x1 , . . . , xn−1 ) .
On se propose d'étudier ici le comportement du volume d'une boule de rayon xé quand on fait varier la dimension de
l'espace. Plus précisément, on se xe un réel R > 0 et pour tout entier n > 1, on considère dans Rn la boule Bn de centre O
et de rayon R :
l.c
n o
Bn = (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn x21 + . . . + x2n 6 R2
de volume Vn . Pour n > 2, une autre formulation serait bien sûr :
(
1 , . . . , xn−1 ) ∈ Bn−1
(xq
ai
(x1 , . . . , xn ) ∈ Bn ⇐⇒ q .
− R2 − x21 − . . . − x2n−1 6 xn 6 R2 − x21 − . . . − x2n−1
On construit, par récurrence sur la dimension, les boules B1 ( B2 ( . . . ( Bn continûment paramétrables. Etablissons
tm
d'abord un petit résultat préliminaire. Soient un réel λ > 0 et un entier m > 0, on a :
Z λ Z 1
2 m/2
2 m+1
cosm+1 x dx = 2λm+1 Wm+1 (1.5)
λ −x dx = λ
−λ −1
grâce au changement de variables x ! λ sin x. Retour à la boule Bn avec n > 2 xé. Son volume est donné par :
ho
Z
Vn = dxn dxn−1 . . . dx1
Bn
Z Z √R2 −x21 −...−x2n−1 ! Z
1/2
= √ dxn dx n−1 . . . dx1 = 2 R2 − x21 − . . . − x2n−1 dxn−1 . . . dx1 .
@
Bn−1 − R2 −x21 −...−x2n−1 Bn−1
Y k/2
Vn = 2 k
Wi R2 − x21 − . . . − x2n−k dxn−k . . . dx1 .
i=1 Bn−k
k
!Z "Z √ 2 2 #
Y R −x1 −...−x2n−k−1 k/2
k 2 2 2 2
Vn = 2 Wi √ R − x1 − . . . − xn−k−1 − xn−k dxn−k dxn−k−1 . . . dx1
i=1 Bn−k−1 − R2 −x21 −...−x2n−k−1
k+1
!Z
Y (k+1)/2
2k+1 R2 − x21 − . . . − x2n−k−1
eg
= Wi dxn−k−1 . . . dx1
i=1 Bn−k−1
n
!
Y
en vertu de (1.5). Finalement, Vn = Wi (2R)n . En utilisant (1.3), on trouve que :
th
i=1
1 π p π p 2p
∀p > 1, V2p = (2R)2p = R
2 . . . (2p − 2)2p 2 p!
W1 π p 22p+1 p!π p 2p+1
in
p p
eπR2 eπR2
1 R
pour la boule B4 . Avec (1.4), les estimations V2p ∼ √ et V2p+1 ∼ √ montrent que ces 2 suites
n 2πp p n 2p p
extraites (V2p )p∈N∗ et (V2p+1 )p∈N convergent vers une limite commune : lim Vn = 0+ car pour p susamment grand, la
n→+∞
eπR2
quantité devient inférieure à l'unité.
el
p
Vn+1 πR
Le rapport de 2 termes consécutifs de (Vn )n∈N∗ vaut = 2Wn+1 R. En comparant la valeur 2W2 R = avec l'unité, soit
V n 2
sh
2
la suite (Vn )n∈N∗ est décroissante lorsque R 6 , soit il existe un rang n0 tel qu'elle soit d'abord croissante jusqu'au rang
π
n0 puis décroissante. Par exemple, pour R = 1, cherchons quand 2Wn+1 6 1. Si on se contente de l'équivalent de Wn déterminé
5π
auparavant : n > 2π − 1 ' 5, 283, mais on aurait une valeur un peu surestimée de n0 . En calculant W6 = ' 0, 491, on
32
s'aperçoit que la valeur correcte est n0 = 5.
2
2 Polynômes et nombres de Bernoulli
2.1 Dénitions
om
Z 1
Soit P ∈ R[X], il est clair qu'il existe un unique élément Q ∈ R[X] satisfaisant simultanément à Q = P et Q(x) dx = 0.
0
0
Ainsi, à partir de B0 (X) = 1, on peut construire une unique suite de polynômes réels Bn (X) n∈N vériant :
Z 1
∀n > 1, Bn0 = nBn−1 et Bn (x) dx = 0 (2.1)
0
l.c
dénommée suite des polynômes de Bernoulli. Posons : ∀n ∈ N, bn = Bn (0). Quant à cette suite de réels (bn )n∈N , elle constitue
la suite des nombres de Bernoulli. A titre d'exemples, voici les premières valeurs :
1 1 3 1 1
B1 (X) = X − B2 (X) = X 2 − X + B3 (X) = X 3 − X 2 + X B4 (X) = X 4 − 2X 3 + X 2 −
ai
2 6 2 2 30
1 1 1
b0 = 1 b1 = − b2 = b3 = 0 b4 = −
2 6 30
tm
2.2 Premières propriétés
Il est immédiat de voir que Bn est un polynôme unitaire de degré n. En intégrant l'équation diérentielle entre 0 et t ∈ [0, 1],
Z t
ho
on a que pour n > 2 : Bn (t) − Bn (0) = n Bn−1 (x) dx. En prenant t = 1, on obtient que B(1) = B(0). Démontrons
0
n
X n
maintenant, par récurrence sur n, que : ∀x ∈ R, Bn (x) = bn−k xk . Alors :
k
k=0
n
xk+1
@
X n
Bn+1 (x) = (n + 1) bn−k + bn+1
k k+1
k=0
n+1 n+1
X n + 1
X (n + 1)!
= k
bn−k+1 x + bn+1 = bn+1−k xk .
st
(n − k + 1)!k! k
k=1 k=0
n n−1
Xn 1 X n+1
Pour n > 2, l'égalité Bn (0) = Bn (1) se traduit par bn−k = 0. On en déduit que : ∀n > 1, bn = − bk .
k n+1 k
ho
k=1 k=0
1
Cette relation fournit des termes supplémentaires de la suite des nombres de Bernoulli : b5 = 0 et b6 = . En remarquant
42
que ∀k ∈ N, bk ∈ Q, les polynômes Bn (X) sont donc à coecients rationnels.
Posons : ∀n ∈ N, Cn (X) = (−1)n Bn (1 − X). Etant donné que C0 (X) = 1, ainsi que :
eg
dBn (1 − x)
Cn0 (x) = (−1)n+1 = (−1)n−1 nBn−1 (1 − x) = nCn−1 (x)
d(1 − x)
Z 1 Z 1
et Cn (x) dx = (−1)n Bn (1 − x) dx = 0 ,
th
0 0
l'unicité de la solution de (2.1)impose
que Cn (X) = Bn (X). Pour les polynômes de Bernoulli d'indice impair, il en découle
1
qu'on a nécessairement B2p+1 = 0 et, à partir du rang n = 3, b2p+1 = 0.
2
in
0
les propriétés suivantes :
(−1)p B2p (0)
<
p
0, (−1) B2p (0) < 0
1
(−1)p B2p >0
(P2p )p>1 : 2
el
1 1
la fonction est strictement croissante sur et strictement décroissante sur
p
(−1) B 0, , 1
2p
2 2
1
sh
3
Pour tout entier n ∈ N, on introduit la notation Bn∗ (X) = Bn (X) − bn . On vérie rapidement que B2 (respectivement B3 )
satisfait à la propritété (P2 ) respectivement (P3 ) .
Supposons
qu'au rang p, la propriété (P2p ) soit vraie. Dans la partie
1
précédente, on a déjà établi que B2p+1 s'annule en 0, , 1 . Comme (−1)p B2p+1 0
= (2p + 1)(−1)p B2p , il découle de la
om
2
continuité des polynômes Bn le tableau de variations suivant :
1
0 α2p+1 β2p+1 1
2
l.c
(−1)p B2p − 0 + + 0 −
ai
1 1
On en déduit l'existence (et l'unicité) de 2 réels α2p+1 ∈ 0, et β2p+1 ∈ , 1 tels que la fonction (−1)p B2p+1
2 2
soit strictement décroissante sur [0, α2p+1 ] puis strictement croissante sur [α2p+1 , β2p+1 ] puis strictement décroissante sur
[β2p+1 , 1]. Ce qui montre que (P2p ) =⇒ (P2p+1 ). En fait, on a davantage d'informations sur (−1)p B2p+1 . On glâne au passage
tm
que : min(−1)p B2p+1 = (−1)p B2p+1 (α2p+1 ) < 0 et max(−1)p B2p+1 = (−1)p B2p+1 (β2p+1 ) > 0.
[0,1] [0,1]
B3∗ B4∗
ho
1
• • • • • •
O 1 O 1 1
2 B5∗ 2
@
B2∗
st
1
0 α2p+1 β2p+1 1
eg
(−1)p+1 B2p+1 0 + 0 − 0
th
Z 1
La condition B2p+2 (x) dx = 0 impose que le polynôme B2p+2 change de signe sur [0, 1]. De l'égalité aux bornes de
in
0
1
l'intervalle B2p+2 (0) = B2p+2 (1), la seule conclusion possible est que (−1) B2p+2
p+1
> 0 et (−1)p+1 B2p+2 (0) < 0. Ce
2
qui achève de démontrer que (P2p+1 ) =⇒ (P2p+2 ). On obtient aussi que sgn b2p = (−1)p+1 . Un aperçu des représentations
l_
Z x+1 Z x Z 1 Z x+1 Z x
Bn+1 (x + 1) − Bn+1 (x) = (n + 1) Bn (t) dt − Bn (t) dt = (n + 1) Bn (t) dt + Bn (t) dt − Bn (t) dt
Z x0 0 0 1 0
sh
Z x
ntn−1 dt = (n + 1)xn .
= (n + 1) Bn (t + 1) − Bn (t) dt = (n + 1)
0 0
4
N
X Bp+1 (N + 1) − bp+1
Soit p > 1. Pour N ∈ N, on obtient : Sp (N ) = kp = grâce au résultat précédent. D'où les sommes
p+1
k=0
N (N + 1) N (N + 1)(2N + 1) N 2 (N + 1)2
de puissances d'entiers : S1 (N ) = , S2 (N ) = et S3 (N ) = .
om
2 6 4
l.c
p 2p p b2p 2p z 2p
pour l'instant que b2p ∼ (−1)p+1 16πp. Soit z ∈ C, on a : z ∼ 2(−1)p+1 . Avec le critère de Cauchy
s
p eπ (2p)! p 2π
2p
|z|
: lim sup < 1, on voit que le rayon de convergence de la série est 2π . Formons le produit de Cauchy suivant :
2p
2
p→+∞ 2π
ai
+∞ n
! +∞
! " n
+∞ X
# +∞ " n # " n
+∞ X
#
X t X bn n X tk bn−k n−k X X n tn X n tn
· t = t = bn−k = b0 t + bn−k .
n=1
n! n=0
n! n=1 k=1
k! (n − k)! n=1 k=1
k n! n=2 k=1
k n!
tm
| {z }
=0
Une erreur typographique s'est glissée dans la dénition du produit de Cauchy donnée dans l'énoncé. La version correcte est
+∞
X bn n t
indiquée en rouge dans le calcul çi-dessus. Retour à la somme de la série qui vaut t = t pour tout |t| < 2π . De
n=0
n! e −1
manière similaire, à partir de :
ho
+∞ n
! " +∞ # +∞ X
" n # ( n "n−k
+∞ X
#)
n
X t X Bn (x) X n t X n X n − k tn
· tn = Bn−k (x) = bn−k−` x`
n=1
n! n=0
n! n=1 k=1
k n! n=1 k ` n!
k=1 `=0
+∞ X
" n n−k
# (
+∞ n−1
" # )
n! tn X n n−` X n − ` tn
@
X X X
= bn−k−` x` = bn−`−k x`
n=1
k!`!(n − k − `)! n! n=1 ` k n!
k=1 `=0 `=0 k=1
en appliquant le théorème Fubini sur les indices k et ` (i.e. interversion de l'ordre de sommation), il vient alors :
st
" +∞ # +∞
( n−2
" # )
X Bn (x) X n
X n n−` X n − ` tn
t n n−1
(e − 1) t = b0 t + b0 x + bn−`−k x`
n=0
n! n=2
n−1 ` k n!
`=0 k=1
ho
| {z }
=0
" +∞
#
n
X (xt)
= b0 t 1 + = text .
n=1
n!
eg
+∞
X Bn (x) n text
D'où : t = t . Soit x ∈ R xé, on regarde désormais cette série dans le plan complexe (i.e. de la variable
n=0
n! e −1
z ∈ C). Son terme général s'écrit :
th
n
"n−2 # b2c
Bn (x) n 1 X n n 1 X n n
z = bn−k xk − xn−1 + xn z n = b2` xn−2` − xn−1 + xn z n .
n! n! k 2 n! 2` 2
k=0 `=1
1
in
Pour les très petites valeurs de |x|, disons |x| pour se xer un ordre d'idée, le terme dominant (en valeur absolue) dans
2π
la somme de droite se trouve être le terme de plus petit degré en |x| :
bn
2 c−1
l_
Bn (x) n 1 n n
X n n
z = b2b n2 c xn−2b 2 c + b2` xn−2` − xn−1 + xn z n .
n! n! 2b n2 c 2` 2
`=1
Selon la parité de n, on a :
n n √
el
bn ∼ (−1) /2+1 si n est pair
n
8πn n n √
n n 2πe n
b2b 2 c =
n
n−1
n−1 ∼ (−1)b 2 c+1 8πn
2b n2 c n
si n est impair 2πe
p n
nbn−1 ∼ (−1)b 2 c+1 n
8π(n − 1)
n 2πe
sh
qui s'avère prédominant par rapport à tous les autres. Il existe alors une fonction h1 (n) = O(n1+ε ) telle que :
1 e n n n √ |z| n
Bn (x) n n
z ∼ √ 8πn 1 + h1 (n) |z| = 2 1 + h1 (n)
n! n 2πn n 2πe 2π
5
n
en exploitant (1.4). Dans les cas où |x| 1, on commence par déterminer un équivalent du coecient b2` :
2`
√ n n
om
n 2πn 2`
` √
r
n nn
1
2`
b2` ∼ e (−1) `+1
16π` = 2(−1)`+1
.
2` n−2`
2` ` √ eπ n − 2` (n − 2`)n−2` 2πe
2` p n − 2`
4π` 2π(n − `)
e e
Posons λ = 2` que l'on va assimiler à une variable continue à valeurs dans [2, n]. On considére la fonction auxiliaire :
l.c
1 n |x|
ϕ(λ) = log + n log n + (n − λ) log − λ(1 + log 2π)
2 n−λ n−λ
n 1 1
de sorte que b2` |x|n−2` ∼ 2(−1)`+1 eϕ(2`) . Sa dérivée ϕ0 (λ) = − log − log 2π|x| s'annule lorsque :
2` ` 2(n − λ) n−λ
ai
1 1
− log = log 2π|x| (2.2)
2(n − λ) n−λ
tm
1
pour une certaine valeur λ0 . Supposons le terme négligeable devant les 2 autres, on trouve alors n − λ0 ' 2π|x|.
n − λ0
1 n 1
L'hypothèse précédente est justiée. Le maximum de ϕ vaut à peu près ϕ(λ0 ) = n + log − n + 2π|x| − log |x|, et
2 2π 2
il existe une autre fonction h2 (n) = O(n1+ε ) telle que :
ho
Bn (x) n 2 n n+1/2 −n e2π|x|
1 + h2 (n) |z|n
z ∼ e p
n! n n! 2π |x|
|z| n
r
2 e n −n n n+1/2 e2π|x| e2π|x|
1 + h2 (n) |z|n = p .
∼ e p 1 + h2 (n)
n πn n 2π |x| π |x| 2π
@
n
Bn (x) n |z|
Par conséquent, pour x ∈ R xé, on constate que le terme général z se comporte en . A nouveau, le critère
s n! 2π
st
Bn (x) n X Bn (x)
de Cauchy requiérant lim sup n z < 1 permet de conclure que le rayon de convergence de la série zn
n→+∞ n! n!
demeure encore égal à 2π .
ho
Remarque. En réalité, l'équation (2.2) admet une solution exacte qui s'exprime à l'aide de la branche principale W0 de la
fonction de Lambert dénie par :
1
∀z ∈− , +∞ , z = xex ⇐⇒ x = W0 (z) .
e
eg
1 1 1
En ré-écrivant (2.2) sous la forme équivalente : − exp − = − , on obtient sans diculté que
2(n − λ) 2(n − λ) 4π|x|
1 e
λ0 = n − avec la condition |x| > . A l'aide du développement limité de W0 au voisinage de z = 0 :
1 4π
2W0 −
4π|x|
th
+∞
X (−n)n−1 n 3 8 125 5
W0 (z) = z = z − z2 + z3 − z4 + z + O(z 6 )
n=1
n! 2 3 24
in
1 1 1
dont le rayon de convergence est égal à , on aurait obtenu que n − λ0 = 2π|x| − + O .
e 2 |x|
l_
+∞
X 1
ζ(s) = (3.1)
ns
sh
n=1
6
1
On se restreint aux valeurs de s réelles. Soit s > 0, la fonction x 7→ s est strictement décroissante sur R∗+ . Donc pour tout
x
Z k+1 +∞
1 dx 1 X 1
entier k > 1 : < < . Ce qui implique que la série est de même nature que l'intégrale généralisée
(k + 1)s x s k s n s
om
k n=1
Z +∞
dx
. Ainsi, le domaine de dénition de ζ est la demi-droite s ∈]1, +∞[.
1 xs
Z +∞ Z +∞
dx dx 1 s
Pour s > 1, on a l'encadrement s
< ζ(s) < 1 + s
. Autrement dit : < ζ(s) < . Ce qui entraîne que
1 x 1 x s−1 s−1
1
lim ζ(s) = +∞, et le comportement de la fonction au voisinage de son unique singularité est donné par ζ(s) ∼ .
l.c
s→1 + 1 s−1
+
+∞
X 1
Soit a > 1. Par le critère de Riemann, la série s
est normalement convergente sur [a, +∞[. Ceci implique la convergence
n=1
n
uniforme en tout point de [a, +∞[. En conséquence, ζ est continue sur ]1, +∞[. De plus, il n'est pas dicile de voir que
ai
lim ζ(s) = 1+ (où seul le premier terme de la série prédomine).
s→+∞
+∞
X (−1)n+1
Soit s > 0, on dénit la série θ(s) = s
. Désignons son terme général par θn . Dans la mesure où (−1)n θn est de
tm
n=1
n
signe constant et que θn → 0, le critère de convergence des séries alternées garantit la convergence de θ. Lorsque s > 1 :
+∞
+∞
X 1 X 1 X 1 1
θ(s) = − = ζ(s) − 2 = 1 − ζ(s) .
ns ns (2p)s 2s−1
n impair n pair p=1
ho
3.2 Calcul de ζ(2p)
Z 1
Dénition. Pour toute fonction continue f : [0, 1] → C et tout k ∈ Z, on note ck (f ) = f (x)e−2iπkx dx le k ème coecient
@
0
de Fourier de la fonction f .
Z 1 X
Si f et g sont 2 fonctions continues de [0, 1] dans C, alors on a f (x)g(x) dx = ck (f )ck (g). Cette formule est connue
st
0 k∈Z
sous le nom d'identité de Parseval.
ho
1
B0 (X) = 1 B1 (X) = X − Bn (X)
2
1
k 6= 0 ck (B0 ) = 0 ck (B1 ) = − −
2iπk
1 Z 1
Bn (x) −2iπkx n n
ck (Bn ) = − e + Bn−1 (x)e−2iπkx dx = ck (Bn−1 ) ,
2iπk 0 2iπk 0 2iπk
n(n − 1) . . . 2 n!
in
car les Bn sont des polynômes de la variable réelle x. Poursuivons avec les valeurs explicites des coecients de Fourier :
2(−1)n n!m!
Z 1 +∞
n!m! X 1 ζ(n + m) si n + m est pair
el
n m
.
Bn (x)Bm (x) dx = n+m
(−1) + (−1) n+m
= (2iπ)n+m
0 (2iπ) k
0 sinon
k=1
Pour p > 1, on a :
sh
Z 1 Z 1 1 Z 1
1 xB2p (x) 1 B2p (1) b2p
B1 (x)B2p−1 (x) dx = x− B2p−1 (x) dx = − B2p (x) dx = = .
0 0 2 2p 0 2p 0 2p 2p
7
En remarquant que la validité de la formule des coecients ck (Bn ) s'étend également au cas n = 1, l'intégrale précédente se
Z 1
2(2p − 1)!
calcule directement par Parseval : B1 (x)B2p−1 (x) dx = − ζ(2p). Par identication :
0 (2iπ)2p
om
(2π)2p b2p
ζ(2p) = (−1)p+1 . (3.2)
2(2p)!
Il convient désormais de récolter les fruits bien mérités de notre labeur. De l'expression (3.2), on tire :
+∞
π2 π2 1 ζ(2) + θ(2) π2
l.c
X
ζ(2) = , θ(2) = =⇒ = =
6 12 p=0
(2p + 1)2 2 8
+∞
π4 7π 4 X 1 π4
ζ(4) = , θ(4) = =⇒ =
90 720 p=0
(2p + 1)4 96
ai
+∞
π6 31π 6 X 1 π6
ζ(6) = , θ(6) = =⇒ =
945 30240 p=0
(2p + 1)6 960
tm
p 2p p
Or on sait aussi que lim ζ(2p) = 1+ . D'où l'approximation : b2p ∼ (−1)p+1 16πp en utilisant (1.4).
p→+∞ p eπ
ho
+∞ +∞ N0
N 1−s
Z
X dx 1 X 1
Soient s ∈]1, +∞[ et N > 1. Alors : = 6 . Etant donné un réel ε > 0, la somme partielle
N x sns s − 1 n=1
n s
n=N +1
1/(s−1) 1/5
1 945
est une approximation à ε près de ζ(s) en choisissant N0 > . Puisque π 6 = 945ζ(6) et ' 7, 166,
(s − 1)ε 5.10−2
@
8
X 1 357389058474664049
le nombre A = 945 6
= est une approximation rationnelle (par valeur inférieure) de π 6 ' 961, 389
n=1
n 371743948800000
√ ε
au centième près. L'erreur commise par π ' 6 A est alors grossièrement majorée par ' 5, 446.10−6 . Il s'avère qu'on a
st
6A5/6
alors 5 décimales correctes, soit 3, 14159.
n!
Considèrons la suite (Ωn )n∈N dénie par : ∀n > 0, Ωn = √ n n . On se propose de décrire une méthode pour obtenir
2πn
e
1
eg
un développement limité en à un ordre donné de la suite (Ωn )n∈N , i.e. un ranement de (1.4). Soit N > 2, alors :
n
N −1 N −1
Ωn+1
X X 3 1
log ΩN = log Ω1 + log
= log Ω1 + log(n + 1) + 1 − n + log(n + 1) + n + log n
Ωn 2 2
th
n=1 n=1
N −1
X 1 1
= log Ω1 + 1− n+ log 1 + .
n=1
2 n
in
1 1
Puisque la fonction t 7→ + log(1 + t) est développable en série entière pour |t| < 1 :
t 2
+∞ +∞ +∞
(−1)k+1 k
X
1 1 1 1 k−1 k k−1 k
l_
X X
+ log(1 + t) = + t =1− (−1)k+1 t =1− (−1)k+1 t ,
t 2 t 2 k 2k(k + 1) 2k(k + 1)
k=1 k=1 k=2
+∞
" +∞
#
X k−1 X 1 π2
on obtient que : log ΩN = log Ω1 + (−1)k+1 . La suite ζ(k) k>2 étant bornée par ζ(2) = , le
ζ(k) − k
2k(k + 1) n 6
el
k=2 n=N
+∞
X k−1 X 1
critère de convergence des séries alternées assure l'existence de la série (−1)k+1 ζ(k). Notons par Rk (N ) =
2k(k + 1) nk
n=N
le reste d'ordre N − 1, alors :
sh
+∞ +∞
X k−1 X k−1
log ΩN = log Ω1 + (−1)k+1 ζ(k) − (−1)k+1 Rk (N ) . (4.1)
2k(k + 1) 2k(k + 1)
k=2 k=2
8
Z +∞
1 1 1 dx 1 1 1
Soit k > 2, on a l'encadrement : k−1
6 R k (N ) < k
+ k
= k−1
+ k . D'où clairement pour p > 2 :
k−1N N N x k−1N N
+∞
X k − 1 1
(−1)k Rk (N ) = O . D'autre part, en faisant tendre N → +∞ dans (4.1), on voit que :
om
2k(k + 1) N p−1
k=p
+∞
X k−1 1
(−1)k ζ(k) = log Ω1 = 1 − log 2π , (4.2)
2k(k + 1) 2
k=2
+∞
l.c
X k−1 1
et nécessairement : log ΩN = (−1)k Rk (N ). Etant donné que Rk (N ) = O , si les suites R2 (N ) N >2 ,
2k(k + 1) N p−1
k=2
1
. . . , Rp+1 (N ) N >2 possèdent des développements limités en à l'ordre p, alors la suite (log N )N >2 en possède aussi
N
p+1
!
k−1
ai
X
un et égal à celui de la suite (−1)k Rk (N ) . A titre d'illustration, le développement limité de log ΩN à
2k(k + 1)
k=2 N >2
1 1 1 1
l'ordre 1 est obtenu en ne conservant que le premier terme de R2 (N ) = +O , d'où : log ΩN = +O et
N N2 N2
tm
12N
1 1
ΩN = 1 + +O .
12N N2
+∞ +∞ +∞
1 X 1 1 X 1 1 X 1
En remarquant que = , on a pour N > 1 : R2 (N ) − = 2
− = 2
. Etant
N n(n + 1) N n n(n + 1) n (n + 1)
n=N n=N n=N
ho
Z +∞
dx 1 1
donné que cette dernière série est comparable à l'intégrale généralisée = − log 1 + , on obtient que :
N x2 (x + 1) N N
+∞ +∞ Z +∞
1 1 1 X 1 X 1 dx
R2 (N ) = + + O . De façon similaire : R3 (N ) − = ∼ . Le calcul
N 2N 2 N3 n2 (n + 1) n3 (n + 1) N N x3 (x + 1)
n=N n=N
@
1 1 1 1
de cette dernière intégrale donne : − + + log 1 + = O . On trouve successivement :
N 2N 2 N N3
1 1 1 1 1
st
log ΩN = R2 (N ) − R3 (N ) + O = + O
12 12 N3 12N N3
1 1 1 1 1
=⇒ ΩN = exp +O = 1 + + + O
12N N3 12N 288N 2 N3
ho
N
√
N 1 1 1
=⇒ N ! = 2πN 1+ + +O . (4.3)
e 12N 288N 2 N3
N N xk−1 (x + 1) N x k (x + 1)
p+1
X k−1
- la sommation (−1)k Rk (N ) des développements limités à l'ordre p fournit log ΩN ;
2k(k + 1)
k=2
in
1
- et enn, prendre l'exponentielle pour avoir le développement limité de ΩN en à l'ordre p.
N
Remarque. Les coecients de la formule de Stirling généralisée à l'ordre 5 sont :
l_
N
√
N 1 1 139 571 163879 1
Γ(N + 1) = 2πN 1+ + − − + +O . (4.4)
e 12N 288N 2 51840N 3 2488320N 4 209018880N 5 N6
el
sh
Cette solution a été rédigée par Chieh-Lei Wong le 7 février 2019. shell_intheghost@[Link]