0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
10 vues145 pages

SUIURES

Les minerais aurifères réfractaires sont définis par une extraction d'or inférieure à 80% par cyanuration, en raison de divers facteurs tels que la nature des minéraux porteurs d'or, la présence de minéraux accompagnateurs, et d'autres éléments inhibiteurs. Parmi les causes de réfractarité, on trouve l'or 'invisible' associé à des sulfures, la matière carbonée, et la formation de films protecteurs sur les particules d'or. Les recherches montrent que la composition chimique des minéraux sulfurés, notamment l'arsénopyrite et la pyrite, influence considérablement la récupération de l'or.

Transféré par

KONE
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
10 vues145 pages

SUIURES

Les minerais aurifères réfractaires sont définis par une extraction d'or inférieure à 80% par cyanuration, en raison de divers facteurs tels que la nature des minéraux porteurs d'or, la présence de minéraux accompagnateurs, et d'autres éléments inhibiteurs. Parmi les causes de réfractarité, on trouve l'or 'invisible' associé à des sulfures, la matière carbonée, et la formation de films protecteurs sur les particules d'or. Les recherches montrent que la composition chimique des minéraux sulfurés, notamment l'arsénopyrite et la pyrite, influence considérablement la récupération de l'or.

Transféré par

KONE
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

SUIURES1. 1.

MINERAIS AURIFÈRES RÉFRACTAIRES


Par définition, un minerai aurifère est considéré comme réfractaire si l'extraction de l'or
obtenue par cyanuration conventionnelle après broyage du minerai (et éventuellement après
concentration) est inférieure à 80% (Haque, 1987). Les causes du caractère réfractaire des minerais ou
des concentrés sont associées à la nature de l'or lui même ou bien à la présence de composés qui
inhibent
la réaction. En fait, six caractéristiques du minerai peuvent être la cause de son caractère réfractaire
(Nagy et al., 1966, Gasparrini, 1983, Dry et Coetzee, 1986, Chryssoulis et Cabri, 1990):
<D Nature du minéral porteur de l'or
En raison de sa faible ou de l'absence de réactivité (potentiel d'ionisation élevé, potentiel
standard redox élevé, ... ), l'or se trouve dans la nature dans un nombre limité de minéraux. Ces
minéraux existent sous trois classes différentes en fonction de leur teneur en or. La principale
classe correspond aux minéraux aurifères dont l'or est un constituant majeur, tels que l'or
métallique (dont l'espèce minérale est nommée or natif> et ses alliages, tellurures, sulfures et
arséniures, entre autres (voir tableau des minéraux aurifères dans l'annexe I § A.I.1). Seuls l'or
métallique et son alliage avec l'argent (l'électrum) sont solubilisés rapidement par une solution
diluée de cyanure. Les tellurures aurifères (par exemple, calaverite AuTe2, krennerite
(Au,Ag)Te2, sylvanite AgAuTe4, petzite Ag3AuTe2, ... ), ainsi que l'aurostibite AuSb2 et la
maldonite AuBi2 sont, par contre, insolubles ou faiblement solubles dans des conditions normales
de cyanuration. La présence de ces derniers minéraux aurifères peut donc rendre un minerai
réfractaire.
8
Etat des connaissances
® Nature des minéraux accompagnateurs
En fait, l'or n'est qu'un constituant mineur (concentration de quelques [Link]- 1) des minerais
en comparaison d'autres éléments ou minéraux de valeur ou de la gangue. Ces minéraux peuvent
jouer un rôle déterminant dans le traitement par cyanuration. Deux types de réactions peuvent
avoir lieu entre les solutions alcalines de cyanure et les minéraux et composés accompagnateurs :
- La décomposition de minéraux, qui libère des composés ayant une grande affinité pour le
cyanure, diminue la concentration du cyanure libre en solution par formation de cyanocomplexes.
Ces composés sont dits consommateurs de cyanure ou cyanicides. Tous les ions
métalliques de Cu, Ni, Co, Zn, Fe, ... réagissent avec le cyanure en constituant des
complexes cyano-métalliques, dont la solubilité dépend de la concentration et du pH
(Osseo-Assaré et al., 1984a, Wang et Fossberg, 1990, Marion et al., 1990, Haque, 1992) [eq.
1]. La présence de minéraux sulfurés (tels que la pyrrhotite Fet-xS, la marcassite FeS2, la
chalcocite Cu2S, le réalgar AsS et l'orpiment As2S3), de certains sulfosels (tels que
l'énargite Cu3AsS4 et la bornite CusFeS4), ainsi que de quelques minéraux oxydés (la
malachite [Link](OH)2, la zincite ZnO et la cuprite Cu20) va augmenter la
consommation de cyanure, en diminuant l'efficacité de celui-ci pour lixivier l'or. De plus,
la réactivité de la plupart des sulfures va libérer des ions 52- et du soufre élémentaire
capables de consommer le cyanure par formation de thiocyanate CNs- [eq. 4].
- L'oxydation ou la décomposition en solution alcaline de cyanure de minéraux dont les
produits de décomposition constituent des phases consommatrices d'oxygène. En fait, dans
la plupart des systèmes de lixiviation contenant des sulfures, les réactions des produits de
décomposition seront à la fois consommatrices d'oxygène et consommatrices de cyanure.
D'autre part, l'oxydation de la plupart des sulfures s'accompagne d'une baisse de pH qui
doit être en permanence compensée par apport de base. Prenons le cas de la chalcocite et
de l'orpiment :
chalcocite :
Cu2S+6CN- 2Cu(CN)J2- +52- [eq. 1]
2s2- + 2Ü2 + H20 ~Û32- + 20H- [eq. 2]
~

~0:32- + 20H-+ 2Ü2 ...... 2S042-+H20 [eq. 3]


s2-+CN-+ 1hÜ2 ...... CNS- +20H- [eq.4]
orpiment:
2As2S3 + 120H- 2Asû:33- + 2As533- + 6H20 [eq. 5]
9
Etat des connaissances

2A~3- + 120H-... 2AsÜJ3- + 652- + 6Hz0 [eq.6]


252- + 20z + H20 ... SzÜ32- + 20H- [eq. 7]
5zÜ32- + 20H- + 20z + 25042- +HzO [eq. 8]

52-+ CN- + 1/z Oz+ HzO ... CNS-+20H- [eq. 9]


~3- + 6CN- + 30:z 6CNS- +20H- [eq. 10]
2AsÜJ3-+0z 2As043- [eq. 11)
En présence de ces composés, l'option la plus simple est d'augmenter la concentration de
cyanure, d'oxygène et de base jusqu'à ce que de tels composés soient complètement éliminés.
Ceci peut devenir cependant très coûteux pour le traitement. Un prétraitement pour les
éliminer par solubilisation peut être aussi envisagé.
@ Présence de matière carbonée
D'après Osseo-Assare et al. (1984b) et Jha (1987), la présence de matière carbonée dans les
minerais aurifères entraîne deux problèmes spécifiques :
- D'abord, la présence probable d'une fraction de l'or sous forme de particules
submicroscopiques ( <[Link]) disséminées dans la matière carbonée. Plusieurs auteurs ont en
effet démontré la présence de ce type de minéralisation dans des minerais réfractaires du
type "Carlin" (Radtke et Scheiner, 1970, Chen et al., 1987), ce qui rend l'or non accessible
aux solutions de cyanure.
- Ensuite, l'apparition du phénomène de ré-adsorption active par la matière carbonée de
l'or éventuellement complexé par le cyanure. Ce phénomène est connu sous le nom de pregrobbing
(Hausen, 1981). La matière carbonée présente dans les minerais aurifères est
constituée généralement par : (a) du charbon minéral avec un comportement similaire au
charbon actif, c'est à dire qu'il adsorbe activement l'or solubilisé; (b) des acides
organiques (alkines à humiques) capables de constituer des complexes chelatants avec
l'or, et (c) des hydrocarbures lourds qui ne montrent aucune réaction avec l'or solubilisé.
®Formation de films sur la surface des particules d'or
La formation de phases superficielles précipitées sur les particules libres d'or métallique, au
cours de la dégradation supergène des minéraux ou bien lors du traitement en usine du minerai,
peut empêcher sa mise en solution par le cyanure. Les films protecteurs peuvent comporter des
sulfures d'argent (Gasparrini, 1983), des oxydes de fer (Feather et Koen, 1973), des sulfates de
plomb (Haque, 1992) ou des oxydes d'antimoine (Harris, 1990).
10
Etat des connaissances
@ Or physiquement emprisonné dans une gangue siliceuse
Un autre type de minerai aurifère réfractaire correspond aux minerais dont l'or (or
métallique généralement) est finement disséminé dans une matrice micro- ou crypto-cristalline de
quartz. Les solutions de cyanure n'accèdent pas aux particules d'or en raison de la faible porosité
de la roche, même après une diminution granulométrique très poussée. C'est le cas de certaines
minéralisations liées aux minerais de fer "itabiritiques".
®Or "invisible" associé aux minerais sulfurés (minerais sulfurés aurifères réfractaires)
Ce type de minerai correspond probablement au groupe le plus important des minerais
réfractaires. TI s'agit de l'or contenu dans des sulfures minéraux, soit sous forme métallique en
inclusions inférieures à 0,1J..Un ou bien combiné chimiquement à la structure cristalline des sulfures
(Wagner et al., 1986, Marion, 1988, Cook et Chryssoulis, 1990, Harris, 1990). Dans les deux cas,
l'or est nommé "or invisible" puisqu'il n'est pas décelé ni au microscope optique ni au microscope
électronique à balayage. Bien que l'or "invisible" soit préférentiellement associé
majoritairement à deux espèces minérales (pyrite Fe52 et arsénopyrite FeAs5), il peut aussi être
présent en faibles concentrations dans d'autres sulfures ou sulfosels, tels que la pyrrhotite Fe1-x5,
la chalcopyrite FeCu~, la bomiteCusFe54, la galène Pb5, la lôllingite FeAs2, la stibine 5~53 ou
la tétraèdrite Cu125b4513 (Boyle, 1979, Cook et Chryssoulis, 1990). Ces derniers minéraux ne
représentent toutefois jamais seuls d'accumulation métal à caractère économique.
1. 1. 1. Minerais sulfurés aurifères réfractaires
Des nombreuses recherches récentes ont démontré que la nature et la proportion de l'or
"invisible" associé aux sulfures varie considérablement d'un gisement à l'autre et même d'un minerai à
l'autre dans le même gisement (Cathelineau et al., 1989, Marion et al., 1990, Cook et Chryssoulis,
1990).
Les paramètres physico-chimiques prédominants lors de la formation du minerai, la chimie de la
solution minéralisante "mère" ainsi que la chimie et la texture de la roche encaissante sont les facteurs
principaux qui contrôlent la nature et les teneurs en or réfractaire.
A l'heure actuelle, six types différents de minéralisations aurifères ont été reconnues ayant
une
concentration importante d'or "invisible" associé aux sulfures et non récupérable par
cyanuration
(tableau 1.1). Même si leur âge, leur distribution géographique et leur environnement
géologique sont
différents dans la plupart des cas, les six types de minéralisations présentent une
caractéristique en
commun : l'association de l'or à une des deux espèces sulfurés majeures, la pyrite et
l'arsénopyrite.
Bien que le caractère réfractaire soit principalement dft, dans la plupart des minerais, à
l'association de l'or avec la pyrite et/ou avec l'arsénopyrite, les autres cinq causes qui déterminent le
caractère réfractaire citées au paragraphe précedent peuvent aussi se manifester dans un même
minerai. C'est le cas par exemple, des minerais de type "Carlin" où la présence d'or métallique
finement disséminé dans du quartz microcristallin, la présence de minéraux cyanicides tels que le
11
Etat des connaissances
réalgar ou l'orpiment, ou la présence de matière carbonée peuvent toutes contribuer simultanément au
caractère réfractaire du minerai.
1. 1. 1. 1. Arsénopyrites et pyrites aurifères
En fait, l'or "invisible" est préférentiellement concentré dans l'arsénopyrite, le plus
souvent sous forme d'or chimiquement combiné dans le réseau cristallin du sulfure et dans une faible
proportion, sous forme de particules microcristallines d'or métallique inclues dans les cristaux du
sulfure. Les résultats obtenus par Cathelineau et al. (1989) et Marion et al. (1991a) prouvent
l'existence
de deux types de mécanismes d'insertion de l'or au sein des cristaux d'arsénopyrite : (i) pendant la
croissance cristalline et (ü) postérieurement à celle-ci, par diffusion s'accompagnant corrélativement
d'enrichissement en arsenic. Cependant, la nature exacte de l'or chimiquement combiné dans le réseau
cristallin de l'arsénopyrite aurifère n'est pas connue.
La principale caractéristique des cristaux d'arsénopyrite provenant des minerais sulfurés
aurifères est la variation extrèmement importante de composition chimique au sein des
grains, qui suit
des secteurs homogènes à hétérogènes (Cathelineau et al., 1989). Ces variations sont observées
nettement sur les images par électrons rétrodiffusés au M.E.B., mettant en évidence des contrastes de
numero atomique moyen au sein des cristaux. Les images montrent ainsi des alternances de zones
claires
et sombres correspondant à des zones respectivement enrichies ou non en As (±Au) et S (±Sb). Ces
alternances correspondent généralement à des bandes de croissance du minéral ou à des reprises de
cristallisation après bréchification (figures in Cathelineau et al., 1989). Le couplage des observations
au M.E.B. avec l'imagerie à la microsonde ionique et les profils d'analyse à la microsonde électronique
ont permis à Cathelineau et al. (1989) de montrer la nette corrélation entre l'or et l'arsenic dans
certains
profils de l'arsénopyrite et l'existence d'enrichissement en or dans les zones les plus claires des images
obtenues par électrons rétrodiffusés.
Cependant, les concentrations de l'or dans les arsénopyrites aurifères varient beaucoup d'un
gisement à l'autre, d'un faciès à l'autre dans un même gisement et d'un crystal à l'autre dans un même
faciès. Des analyses réalisées à la microsonde électronique sur les zones claires ont révélé des teneurs
maximales qui varient d'environ 49 [Link].g-1 dans les cristaux d'Olympias (Grèce) et de 1630 [Link].g-1
dans
les grains de Congress Mine (Cabri, 1992), à 1% Au [poids] dans les cristaux du Chatêlet, France
(Benzaazoua, 1992) et 1,6% Au [poids] dans les cristaux de Villeranges, France (Cathelineau et al.,
1989). Les zones les plus riches en or au sein des cristaux sont aussi les plus riches en arsenic pour un
gisement donné. Les gisements dans lesquels les arsénopyrites sont les plus riches en arsenic (As/S >
1)
paraissent les plus susceptibles de contenir les plus forts teneurs en or.
Une des principales particularités des pyrites associées aux minéralisations aurifères
correspond à la présence d'arsenic dans le réseau cristallin du sulfure, et ceci avec une
distribution
complexe et hétérogène au sein des cristaux (Marion et al., 1991a, Marion et al., 1991b). Cette
distribution est révélée par la présence de différents types de zonations, le plus souvent sous forme de
bandes de surcroissance constituées par des enrichissements complexes en arsenic (figure 2, planche
ill),
ou bien sous forme de grains constitués par un "noyau" de pyrite pauvre en arsenic, entouré par une
deuxième phase plus riche en arsenic, parfois de texture collomorphe (Marion et al., 1991c, Fleet et
al.,
1989) (figure 5, planche III). Quel que soit le type de zonation, il existe souvent une corrélation
positive
12
Etat des connaissances
entre les concentrations en arsenic et en or dans la pyrite (Marion et al., 1991a, Cook et Chryssoulis,
1990).
A la différence de l'arsénopyrite aurifère, l'or est associé à la pyrite sous trois formes
différentes (Marion et al., 1991a, Marion et al., 1991b) : (i) des micro- à nano-inclusions particulaires
d'or métallique finement disséminées dans les zones hétérogènes des cristaux de pyrite (figure 1,
planche ffi); (ii) des micro-inclusions d'arsénopyrite aurifère localisées surtout au long de fractures et à
l'intérieur de zones enrichies en arsenic (figure 5 in Marion et al., 1991a); et (iii) de l'or combiné
chimiquement à la structure cristalline de la pyrite. Bien que Bakken et al. (1989) aient révélé par
microscopie électronique à transmission en haute résolution la présence de particules
submicroscopiques
d'or métallique (d'environ 200A de diamètre) dans des grains de pyrite d'un minerai non-oxydé du type
"Carlin", et bien que des analyses réalisées à la microsonde électronique sur les zones aurifères riches
en
arsenic aient révélé que le prolongement de la droite de corrélation As [%atomique] -Au [%poids]
coïncide bien avec celle des arsénopyrites aurifères à or invisible (Benzaazoua, 1992), ce qui pourrait
faire penser à la seule présence de particules submicroscopiques d'arsénopyrite aurifère au sein des
grains de pyrite, les spectres obtenus par spectroscopie Môssbauer de 197 Au ont démontré une nature
de
l'or "invisible" dans la pyrite différente de celle de l'or métallique ou bien celle de l'or "invisible"
dans l'arsénopyrite (figure V.2). Ces spectres Môssbauer confirment donc l'existence de l'or combiné
chimiquement à la pyrite, mais la nature exacte du type de liaison n'est pas encore déterminée (Marion
et al., 1991a).
Quel que soit le statut de l'or "invisible" associé à la pyrite et à l'arsénopyrite, cet or est en
général, difficilement extrait par cyanuration conventionnelle. Une diminution
granulométrique très
poussée du minerai ne favorise généralement pas l'augmentation du pourcentage de
récupération du
métal précieux, même en présence de particules submicroscopiques d'or métallique
disséminées dans les
grains de sulfure. Pour rendre l'or accessible aux solutions de cyanure, il faut donc le libérer
de la
matrice sulfuré et ceci par destruction des sulfures porteurs. A l'heure actuelle, différentes
techniques de
traitement physique, chimique et biologique sont utilisées à l'échelle industrielle pour oxyder
les
sulfures porteurs et libérer l'or.
Pour pouvoir récupérer l'or "invisible" associé aux minéraux sulfurés, deux étapes seront
donc
nécessaires :
1ère Etape : L'oxydation des sulfures porteurs, qui entrafne la libération de l'or invisible, et
2ème Etape : L'extraction de l'or par lixiviation des résidus dégradés.
13
Type de Minéralisation
1. Veines de quartz associées aux
"shear-zones" (1)
Etat tù.s con naissances
Caractéristiques principales
de la minéralisation
veines, filons et amas lenticulaires de
Mines, Projets miniers
et/ou gisements "type"
Barbeton Mountainland, R.S.A.
quartz associées aux zones de (New Consort Mine, Sheba Mine,
cisaillement dans des terrains de Fairview Mine, Agnes Mine)
contexte volcano-sédimentaire avec un Elmtree, New Brunswick, Can.
métamorphisme de transition schistes Le Chatêlet et Villeranges, France
verts-amphibolite
n. Zone Sulfurée de Gisements Or métallique et or invisible associé à la Nevada Gold Belts, E.U.A. (Carlin
épithermauxd'ordisséminédansdes pyrite et/ou à l'arsénopyrite Gold Mine, Jerritt Canyon Mine,
roches sédimentaires - type "Carlin" microcristallines, le tout finement Mercur Mine, Getchell Mine, Cortez
(2) disséminé dans des calcaires et siltites Gold Mine, Barrick Goldstrike
m. Amas sulfurés de type
"itabiritique" (3)
IV. Gisements épithermaux
carbonatés, riches en matière carbonée, à Mine, ... )
stratification fine
Minéralisation stratiforme associée à
des amas sulfurés massifs ou disséminés
Homestake Gold Mine, Sud Dakota,
E.U.A.
dans des formations volcano- Mobrun Mine et Golden Pond Mine,
sédimentaires appartenant à la famille Quebec, Canada
B.I.F. (Banded Iron Formation) Morro Velho et Siio Bento, Brésil
Minéralisation disséminée du type Porgera Gold Mine, Papua, Nouvelle
associés aux porphyres de cuivre - porphyrique, associée à des intrusions Guinée
type "Porgera" (4) mafiques (gabbros et basaltes alcalins
sodiques) de faible profondeur, et
disséminée dans des roches
sédimentaires
V. Gisements épithermaux type
"hot-spring" (5)
Veines en stockwork et disséminations McLaughlin Mine, California,
dans des zones riches en silice au-dessous
E.U.A.
VL Amas sulfurés à Pb-Zn (6)
d'une zone de sinter interstratifiée avec
Hasbrouck Mountain, Nevada,
une brêche hydrothermale.
E.U.A.
Minéralisation associée à une activité
volcanique de composition andésitique
Minéralisation polymétallique (Pb, Zn, Olympias Mine, Macédoine, Grèce
Cu, Au, Ag) associée à une intrusion
aplitique dans une séquence volcanosédimentaire
Tableau 1. 1. Types de minéralisations auxquelles sont associées les minerais sulfurés aurifères
réfractaires, ainsi que les principaux dépôts types.
(1) Bache, 1982, Cathelineau et al., 1989, Veamcombe et al., 1989; (2) Radtke, 1985, Berger, 1986a, Mosier et al.,
1992; (3) Bache, 1982, Ladeira, 1991; (4) Richards et al., 1991; (5) Berger, 1986b; (6) Nicolau et Kokonis, 1980.
14
Etat des connaissances
L 2. PRÉTRAITEMENTS POUR L'OXYDATION DES SULFURES PORTEURS DE L'OR
Les méthodes de traitement les plus couramment utilisées pour la destruction des sulfures
porteurs
de l'or sont fondées sur l'oxydation des sulfures. Quatre techniques d'oxydation des sulfures
sont
utilisées dans l'industrie : le grillage oxydant, l'oxydation sous-pression, la chloruration et
l'oxydation
bactérienne (tableau !.2).
D'autres méthodes d'oxydation chimique ont été déjà testées au laboratoire, mais les recherches
n'ont pas abouti à une mise en place industrielle puisque ces traitements ne sont pas économiquement
envisageables. Dans ce dernier cas nous pouvons citer le procédé NITROX (oxydation des sulfures à
pression atmosphérique et en présence d'HN03, Demopoulos et Papangelakis, 1989), le procédé
ARSENO (oxydation de minerais riches en arsenic sous pression d'oxygène et en présence d'HND3),
et
l'oxydation des minerais avec l'acide peroxyrnonosulfurique ou acide de Caro (H2SOs), entre autres.
1. 2. 1. Grillage oxydant
Il s'agit de la méthode de prétraitement la plus couramment utilisée depuis les années 1920 et
jusqu'aux années 1980 pour l'oxydation de minerais et de concentrés sulfurés. Au cours du grillage
oxydant, le sulfure est transformé en SO:z qui est volatilisé avec l'arsenic, tandis que le fer précipite
sous
forme d'hématite Fe203. L'or reste (ou il est réduit à l'état métallique s'il était chimiquement combiné
dans le réseau cristallin du sulfure) sous forme métallique dans la calcine. La température du grillage
varie entre 450 et 750°C, mais en présence de sulfures de plomb, antimoine, cuivre, cobalt, nickel ou
zinc,
les particules d'or libérées peuvent être à nouveau encapsulées par des composés ferritiques formés
dans
la calcine à des températures supérieures de 650°C (Jha, 1987). Par contre, à des températures
inférieures de 600°C, la matière organique n'est pas dégradée, tandis que les sulfures ne sont pas
complètement oxydés. Bien que le grillage soit la seule technique qui permet une élimination totale de
la matière carbonée, des conditions de température et de pression en oxygène non contrôlées peuvent
entraîner la formation de charbon dans la calcine, encore plus actif que la matière carbonée d'origine
(Fleming, 1992).
Sous des conditions idéales de grillage, les sulfures sont oxydés suivant des réactions bien définies
(Haque, 1987) :
FeS2 +O:z ...... FeS + so.z~ [eq. 12]
3FeS2 +SO:z ...... Fe304 + 6SO:z~ [eq. 13]
4FeS2 + 110:2 ...... 2F~D3 + 8SO:z~ [eq. 14]
3FeS +50:2 ...... Fe304 + 3SO:z~ [eq. 15]
4F~04+0:z ...... 6F~D3J. [eq. 16]
12FeAsS + 290:2 ...... 6As2Û3~ + 4F~04 + 12SO:z~ [eq. 171
2FeAsS+~ ...... As20s + F~Ü3 J. + 250:2~ [eq. 18]
FeAsS +30:2 ...... FeAs04 J. + so.z~ [eq. 19]
15
Etat des connaissances
Mine et/ou Projet Type de réfractorité Tonnage et Teneur Traitement utilisé
Minier
or métallique associé au
79,06.1(1' tonnes
[Link] Goldstrike Mine 4,76 [Link]é Oxydation sous
(Nevada, E.U.A.) (1) quartz et or combiné associé à (20% Au récupéré par pression adde + CI.L.
la pyrite riche en As Çy_anuration) (1580 tonnes.j·1)
or associé à la pyrite
Carlin Gold Mine microcristalline + or 32,85.1o6tonnes Chloruration + C.I.L.
(Nevada, E.U.A.) (2) métallique + matière
charbonneuse
4,11 [Link]é (600 tonnes.j"1)
29,70.1()'> tonnes
Mercur Gotd Mine 2,(17 [Link]é Oxydation sous
(Nevada, E.U.A.) (3) (20% Au récupéré par pression alcaline + C.I.L.
Cyanuration) (800 tonnes.j"1)
Jenitt Canyon Gold
or métallique associé au jaspe
+ or combiné associé à pyrite 25,0.1o6 tonnes Chloruration + C.I.L.
Mine (Nevada, E.U.A.) (4) riche en As (•100ppn\ Au) 4,11 [Link]é
McLaughlin 18,1.1o6tonnes
Oxydation sous
pression adde + C.I.P. (Californie, E.U.A.) (5) 5,48 [Link]é (3000 tonnes.j"1)
Getchell Gold Mine or associé à 13,97.1o6 tonnes
Oxydation sous
pression adde + C.I.L
(Nevada, E.U.A.) (6) l' arsénopyrite 6,65 [Link]é (3000 tonnes.i"1)
teneur Auduconoentré
Porgera Depoeit or associé à la pyrite 6à[Link]é Oxydation sous
(Papua, Nouvelle Guinée) (40 à 60% Au récupéré par pression adde + C.I.P.
(7) Cyanuration) (1200 tonnes.j"1)
teneur Au du rejet de
48,1% de l'or associé à flottation 31,5 [Link]·1 Oxydation sous
Olympias l'arsénopyrite + 34,6% de l'or (9% Au récupéré par pression adde + C.I.L.
(Macedoine, Grèce) (8) associé à la pyrite Cyanuration) (315 tonnes de rT-t de
10.1o6 tonnes de minerai à flottation.j· )
[Link]é
or associé à teneur Au du conoentré Oxydation sous
Sio Bento (Brésil) (9) l'arsénopyrite, pyrite et
32 à 50 [Link]é pression adde + C.I.L.
(20 à 30% Au récupéré par (240 tonnes concentré de
pyrrhotite Çy_anuration) flottation.j·1)
teneur Au du conoentré
Campbell Red Lake or associé à 200 à 300 [Link]é Oxydation sous
Mine (Belmertown, Canada) l' arsénopyrite teneur Au du minerai pression adde + C.I.L.
(10) et à la pyrrhotite [Link]é (70 tonnes concentré de
6,5.106 tonnes flottation.j"1)
or métallique
3,18.1()'> tonnes
Cortez Gotd Mine 9,80 [Link]·1 Grillage en lit fluidisé
(Elko, Nevada, E.U.A.) (11) + or associé à l'arsénopyrite + (65% Au récupéré par (2 étapes) + C.I.L. présence de matière carbonée
Cranuration) (2000 tonnes minerai.f1)
ShebaMine
30% or métallique Grillage en lit fluidisé
+ 70% or associé à (2 étapes)+ C.I.P.
(8arbeton Mountainland l'arsénopyrite + présence de (34 000 tonnes
Afrique du Sud) (12) matière carbonée conoentré.j"1)
teneur Au du minerai Biolixiviation d'environ
Fairview Mine 30% or métallique 7,[Link]é 50% du concentré de flottation
(8arbeton Mountainland + 50% or associé à la pyrite + teneur Auduconoentré sortie d'usine
Afrique du Sud) (13) 20% or associé à [Link]é (17 tonnes.j"1)
l'arsénopyrite (35% Au récupéré par Grillage d'environ 50% du
Cyanuration) conoentré
75,4% or associé à
Congress Gotd Mine l'arsénopyrite fine + 1,8% or teneur Au du minerai Biolixiviation en
(British Columbia, associé à l'arsénopyrite 12,1 [Link]é réacteurs
Canada). (14) grossière + 0,6% or associé à (23,6% Au récupéré par (75 tonnes concentré.j"1)
pyrite Cyanuration)
Tableau 1. 2. Principales opérations minières pour le traitement des minerais aurifères sulfurés
Mozier et al., 1992 (1), (2), (3), (4) et (6), Berger et Singer, 1992 (5), Nicolau et Kokonis, 1980 (8), Cabri~ 1992 (8), (9), (12) et (14),
Fleming, 1992 (1), (3), (5), (6), (9) et (10), Berezowsld et al., 1991 (5), (6), (7), (9) et (10), Ferreira et al., 1989 (12) et (13),
Thomas,
1991 (1) et (3}, Anonyme, 1989 (1}, Harris et Krol, 1989 (2}, Hausen, 1981 (2} et (4), King et Knight, 1992 (7), Mc Farland et
Kirshenbaum, 1991 (11), Wells et Mullens, 1983 (11), vanAswegen et al, 1991 (13),et Hackl, 1990 (14).
16
Etat des connaissances
En général, un grillage en une seule étape est suffisant pour l'oxydation de matériaux pyriteux,
tandis qu'un grillage en deux étapes est nécessaire pour des substrats riches en arsénopyrite. La
première
étape est mise en place à basse température (450-450°C) et en limitation d'oxygène afin de remobiliser
l'arsenic sous forme de A5203 volatil qui est ensuit condensé et collecté. La deuxième étape opère à
une
température plus élevée (650-750°C) et en excès d'oxygène afin de remobiliser le soufre sous forme de
~ de transformer le fer en F~Û3 poreux et d'oxyder toute la matière carbonée.
A l'heure actuelle, des fours à lit-fluidisé sont utilisés préférentiellement à la place des vieux
fours à une ou à deux chambres ou des fours rotatifs utilisés initialement. Les fours à lit-fluidisé
offrent
plusieurs avantages : l'homogénéité des réactions, un meilleur contrôle de la température et des
émissions de gaz, des faibles temps de séjour et la possibilité de traiter des minerais à la place des
concentrés.
Malgré ces avantages, le grillage oxydant montre aussi plusieurs inconvénients :
-Le minerai ou le concentré à traiter doit avoir une concentration suffisante en sulfures ou en
matière carbonée pour éviter des fortes consommations en énergie.
- Les réglements mis en place par les gouvernements pour protéger l'environnement des émissions
des gaz d'arsenic, de soufre et/ ou de mercure, conduisent les entreprises à de fortes dépenses pour
l'installation de moyens de protection qui peuvent pénaliser la faisabilité du procédé.
- Les résidus solides d'arsenic (As203) doivent être purifiés pour être commercialisés (sur un
marché où il n'y a pas de pénurie), et en cas de stockage, ils demeurent un produit hautement
toxique.
1. 2. 2. Fusion pour matte
Utilisée jusqu'à une période récente à la mine de Salsigne (France), ce procédé utilise la teneur
propre en cuivre du minerai (auquel est ajouté du cuivre métallique de récupération en d'autres
composés
riches en cuivre) pour provoquer une fusion qui va donner une matte (FeS troi1ite + CuS + métal
précieux
sous forme combinée, Wagner et al., 1986) et une scorie surnageante, avec production de 50.z et
A5203.
La matte peut ensuite être traitée dans la filière métallurgique du cuivre, l'or étant récupèré en
fin de traitement (boues d'électrolyse en général).
1. 2. 3. Oxydation sous pression
Le procédé d'oxydation sous-pression en autoclaves (procédé Sherritt Gordon) est utilisé à
l'échelle industrielle depuis les années 1950 pour le traitement de minerais et de concentrés
polymétalliques contenant nickel, cuivre, cobalt et/ ou zinc. A partir des années 1980 il est devenu un
procédé attractif pour le traitement des minerais sulfurés aurifères. Les principales raisons qui ont fait
que cette technique a été privilégiée ces dernières années à la place du grillage oxydant sont l'absence
d'émissions de SÜ2 et d'As203 dans l'atmosphère, et l'obtention de meilleures récupérations d'or. Sans
17
Etat des connaissances
doute, l'oxydation sous-pression est aujourd'hui, la technique préférée pour le traitement de presque
tous les types de minerais sulfurés aurifères (tableau I.2).
Dans la plupart des cas, l'oxydation sous-pression est effectuée en milieu acide, mais l'oxydation
peut aussi s'effectuer en milieu alcalin. Au cours de l'oxydation sous-pression acide, l'oxydation de la
pyrite et de l'arsénopyrite comporte une série de réactions complexes qui peuvent avoir lieu
simultanément. Le soufre du sulfure est oxydé en sulfate, dont la plupart reste en phase aqueuse sous
forme d'acide sulfurique, tandis que le fer et l'arsenic passent d'abord en solution pour être ensuite
précipités (Haque, 1987) :
2FeS2 + 7Ü2 + 2H20 2Fe2+ + 4HS04- [eq. 20]
4Fe2+ + 4H+ + Û2 4Fe3++2H20 [eq. 21]
2Fe3+ +3H20 Fez03 .!.+6H+ [eq. 22]
4FeAsS + 11Ü2 + 2HP 4HASÜ2(aq) + 4Fe2+ + 4S042- [eq. 23]
4Fe2+ + 4H+ + Û2 4Fe3+ +2H20 [eq. 21]
2HASÛ2(aq) + Û2 + 2H20 2H3ASÜ4(aq) [eq. 24]
Fe3+ + Af:D43- FeAs04J.. [eq. 25]
3Fe3+ + 2S042-+ l2H20 [2(H30)F~(S04h(OH)G] J.. + SH30+ [eq. 26]
FeS2+2Û2 FeS04 +5° J.. [eq. 27]
FeS2+2Fe3+ 3Fe2+ +2S0 J.. [eq. 28]
Dans les conditions d'opération utilisées, 60 à 95% du fer précipite sous forme de sulfate de Felll
Fe(OH)S04 ou de jarosite MF~(OH)6(S04h (où M = H+, Ag+, K+, Nif.t+, 1 h Pb2+, ... ), tandis que
80 à
98% de l'arsenic précipite sous forme d'arséniate ferrique FeiiiAsVQ4 et plus précisément, sous forme
de
scorodite FeAs04.2H20. En fonction des conditions opératoires, le soufre élémentaire peut être aussi
un
produit intermédiaire ou final de la réaction. En fait, des températures inférieures à 160°C, des faibles
pressions en oxygène et une forte augmentation de l'acidité du milieu favorisent la formation du soufre
élémentaire (Jha, 1987, Papangelakis et Demopoulos, 1990). En présence d'arsénopyrite, la formation
de soufre élémentaire est favorisée non seulement en raison de la réaction oxydante elle même, mais
aussi en raison de l'augmentation de l'acidité associée à la précipitation de l'arséniate ferrique.
Les principaux paramètres opératoires qui contrôlent la réaction d'oxydation sont la
température, la pression partielle en oxygène, le potentiel d'oxydoréduction, le temps de séjour, la
concentration en acide sulfurique et la teneur en sulfures. L'oxydation sous-pression est effectuée à des
températures comprises entre 170 et 225°C, avec des pressions totales qui varient entre 1100 kPa à
3200
18
Etat des connaissances
kPa et une pression partielle en oxygène de 350 à 700 kPa (Berezowsky et al., 1991). Le temps de
séjour
nécessaire pour oxyder complètement les sulfures porteurs et pour libérer l'or varie entre 1 et 2 heures.
La teneur en sulfures du minerai contrôle l'autosuffisance thermique de la réaction. Puisque
l'oxydation
du sulfure avec l'oxygène dans l'autoclave est une réaction exothermique, une quantité suffisante de
sulfures dans le minerai peut diminuer fortement le!? dépenses énergétiques. Pour une opération à
220°C
et à une densité de pulpe de 40%, une teneur en sulfures de 5,6% est nécessaire pour rendre auto
thermique l'oxydation d'un minerai riche en arsénopyrite, tandis qu'une teneur de 12,9% en sulfures est
nécessaire pour un minerai pyriteux (Mason, 1990).
Malgré les nombreuses avantages de l'oxydation sous-pression, quelques inconvénients sont
aussi à
signaler : (i) les coûts très élevés d'installation, ceci surtout en fonction de la taille de
l'autoclave, (ii)
les fortes dépenses pour la neutralisation du résidu lixivié acide avant cyanuration, (iii) les
grandes
dépenses d'opération et de maintenance, et (iv) la possible diminution du rendement
d'extraction de l'or
en raison du recouvrement des particules libérées par l'arséniate ferrique, le sulfate ferrique
et le soufre
élémentaire précipités (Raque, 1987).
L'oxydation sous-pression alcaline est une méthode alternative pour les minerais pauvres en
sulfures et riches en carbonates, ces derniers étant forts consommateurs d'acide. Dans des conditions
de
faible alcalinité (pH = 7 à 9), des temps de séjour et de températures plus élevées seront nécessaires
pour
augmenter les rendements d'oxydation du sulfure porteur et de libération de l'or (Fleming, 1992),
tandis
qu'une alcalinité plus importante (pH = 12,5 - 13,5) favorise la cinétique oxydante des sulfures à des
températures inférieures à celles atteintes dans l'oxydation acide (Koslides et Ciminelli, 1992,
Demopoulos et Papangelakis, 1989). Les valeurs élevées de pH pourraient faciliter cependant la
formation d'une importante pellicule d'oxydes de fer sur la surface des grains. La lixiviation alcaline
dispense de la neutralisation avant cyanuration, ce qu'est un avantage par rapport à la lixiviation
sous-pression acide.
1. 2. 4. Chloruration
Ce procédé a été développé et appliqué dans les années 1970 pour le traitement des minerais
réfractaires du type "Carlin", riches en matière carbonée et carbonates minéraux. Le principe du
procédé consiste à transformer la matière carbonée en CO et CÜ2 à l'aide de l'ion hypochlorite, formé
préalablement par la réaction de chlore gazeux avec les carbonates présents dans le minerai. A partir
de 1975 et en vue de réduire la consommation en chlore, une méthode à double oxydation a été mise
en
place. Dans une première étape, l'oxydation de la pyrite aurifère (très fine - "frarnboïdale" - et
demandant donc assez peu d'energie pour être oxydée) est atteinte par une aération vive de la pulpe en
présence de carbonate de sodium, à des températures qui varient entre 80 et 86°C. Dans la deuxième
étape, la plupart de la matière carbonée est oxydée par l'action du chlore gazeux, à environ 50°C et
pendant une trentaine d'heures (Guay, 1980). Encore plus récemment, des recherches sont entreprises
pour la substitution de l'étape d'aération par une chloruration rapide en réacteurs qui permet une
meilleure diffusion du gaz et l'utilisation complète du chlore (Harris et Krol, 1989, Demopoulos et
Papangelakis, 1989). Néanmoins, ce type de procédé est presque exclusivement réservé aux minerais
type "Carlin" puisque l'or "invisible" y est associée à des grains de pyrite framboïdale à grande
19
Etat des connaissances
porosité et à grande surface spécifique et à de la matière organique (Haque, 1987). Une telle méthode
n'est pas envisageable pour le traitement de la plupart des minerais aurifères réfractaires.
1. 2. S. Oxydation bactérienne
Jusqu'à la fin des années 1970, les minerais et concentrés sulfurés aurifères étaient traités par
grillage oxydant. Cependant ce traitement posait à cette époque deux inconvénients majeurs : (i) les
énormes décharges toxiques dans l'atmosphère (~, A5203 et mercure), et (ii) parfois, des faibles
récupérations d'or obtenues en raison de l'encapsulement des particules libres et libérés d'or métallique
dans des oxydes de fer à faible porosité. Une des alternatives proposées à partir des années 1980
comportait le développement d'un procédé d'oxydation des sulfures porteurs de l'or par voie
biologique,
cette technique étant basée sur la capacité qu'ont certaines bactéries d'oxyder les sulfures minéraux.
Les
premières études de laboratoire et les applications industrielles de la lixiviation assistée par voie
bactérienne de minerais de cuivre et d'uranium (voir§ 1.4.4) ont encouragé les recherches sur cette
voie
pour le traitement des minerais aurifères. Cependant, une différence importante était à souligner pour
le traitement biologique des minerais aurifères par rapport aux minerais de cuivre et d'uranium, car le
métal à valoriser - l'or - n'est pas solubilisé lors de la biolixiviation du minerai. ll est seulement rendu
libre pour pouvoir ensuite être récupéré par cyanuration ou un autre procédé de lixiviation de l'or.
Puique l'oxydation des minerais et concentrés aurifères assistée par l'action bactérienne a lieu en
milieu acide (valeurs du pH comprises entre 1,5 et 2,5), en raison de l'utilisation de bactéries dites
acidophiles, les réactions d'oxydation de la pyrite et de l'arsénopyrite seront très similaires à celles
observées lors de l'oxydation sous-pression acide : le soufre du sulfure est transformé en sulfate et
acide
sulfurique, tandis que le fer et l'arsenic passent en solution, ou souvent constituent des précipités du
type
jarosite MFe3(0H)6(S04h ou scorodite FeAs04.2H20. Une description plus détaillée des bactéries
utilisées, des mécanismes réactionnels et du processus de biolixiviation est proposée au § 1.4.
Au cours de ces dix dernières années de nombreuses recherches ont été entreprises en laboratoire et
à l'échelle pilote, aboutissant à la mise en place de quelques opérations industrielles et
semiindustrielles
à petite échelle commerciale (quelques dizaines de tonnes.j"" 1) en Afrique du Sud, aux États
Unis et au Canada (voir § 1.4.3). Néanmoins, une autre alternative hydrométallurgique était aussi
développée parallèlement : l'oxydation sous pression (§ 1.2.3), tandis que les procédés de grillage
oxydant recevaient aussi de nombreuses améliorations en réduisant à la fois les décharges toxiques
dans
l'atmosphère et les pertes en métal précieux.
A l'heure actuelle, les trois procédés oxydants (grillage, oxydation sous pression et oxydation
bactérienne) offrent une alternative au traitement des minerais et concentrés sulfurés
aurifères. Le choix
du procédé à utiliser dépend de plusieurs facteurs à caractère technique, économique et
écologique. Il est
fait seulement après de nombreux essais de laboratoire et pilote (voir le cas d'Olympias,
Grèce, Adam
et al., 1989). Les principaux facteurs considérés sont la minéralogie du minerai, la
récupération de l'or,
la valeur commerciale du produit final et des sous-produits, les décharges toxiques dans
l'environnement (liquides, solides et/ou gazeuses), les risques technologiques et les coûts
d'installation,
d'opération et de maintenance (Lawrence, 1990).
20
Etat des connaissances
Des estimations économiques réalisées récemment et comparant les cofits d'installation et
d'opération pour le traitement de concentrés aurifères par les trois techniques ont démontré que les
cofits
d'investissement pour l'installation d'une usine de biolixiviation sont nettement inférieurs à ceux
calculés pour les autres deux alternatives, le cofit d'installation d'une usine de grillage étant le plus
élevé (McNulty et Thompson, 1990). Cependant, les cofits d'opération sont pratiquement équivalents
pour les trois options, et l'oxydation bactérienne atteint même des cofits d'opération plus importants
que
l'oxydation sous pression (Gilbert et al., 1988, Adam et al., 1989, McNulty et Thompson, 1990).
Malgré cette dernière dizaine d'années de progrès technologique, la biohydrométallurgie de
l'or
reste encore une technologie non conventionnelle pour la plupart des entreprises minières.
La
technologie largement prouvée du grillage et les excellentes récupérations de l'or obtenues
par
l'oxydation sous pression avec des faibles temps de séjour font encore de ces deux techniques
les procédés
privilégiés par les industriels pour le traitement des minerais sulfurés aurifères à forte teneur
(tableau
1.2). Néanmoins, le traitement bactérien reste le seul procédé envisageable pour oxyder les
minerais
réfractaires à faible teneur.
Quelle que soit la méthode utilisée pour l'oxydation des sulfures porteurs de l'or, il est ensuite
nécessaire de mettre en place une deuxième étape dans le procédé, celle de la solubilisation de l'or
pour
récupérer le métal précieux des résidus dérivés de l'oxydation.
L 3. DISSOLUTION COMPLEXANTE DE L'OR
Le traitement par cyanuration des minerais aurifères est la méthode d'extraction de l'or la plus
couramment utilisée depuis un siècle. Elle est basée sur le fait que l'or métallique (et aussi l'électrum)
est soluble dans des solutions alcalines diluées et aérées de cyanure, de sodium ou de potassium (entre
0,05 et 5 g.J·l CN·). La solubilisation de l'or avec le cyanure est essentiellement un processus
électrochimique qui est décrit globalement par la réaction :
4Au + SCN· + Û2 + 2H2Û 4Au(CNn· + 40H· [eq. 29]
Cette réaction comporte à la fois, une réaction cathodique et une réaction anodique. La réaction
anodique entraîne l'oxydation d'Au0 à Aul avec complexation:
Eo = ..(),6 V [eq. 30]
tandis que la réaction cathodique correspond à la réduction de l'oxygène à la surface de la particule
d'or:
Eo=+ 1,23V [eq. 31]
21
Etat des cmt111lissances
Pour que la dissolution de l'or par le cyanure ait lieu, deux conditions majeures sont requises: (i) la
nécessité de la présence d'oxygène dans le milieu, et (ii) la nécessité de réaliser la réaction en milieu
alcalin (pH = 10,5 à 11,0).
L'oxygène est un composant essentiel de la réaction de l'or avec le cyanure. En général, l'ajout
d'oxygène dans une étape d'aération en préalable à la cyanuration fait diminuer la consommation en
cyanure et provoque généralement une augmentation du rendement d'extraction de l'or. Cependant,
ceci
va aussi dépendre du type de minerai, puisque en présence de sulfures, l'oxygène provoque une mise
en
solution du fer et par conséquence une consommation du cyanure (Jara et Bustos, 1992). Bien que
l'oxygénation du milieu par aération ou par apport d'oxygène soit suffisante pour obtenir des
rendements d'extraction corrects, de longs temps de séjour (24 à 100 heures) seront nécessaires.
L'utilisation d'agents oxydants chimiques puissants (ozone, HzOz, CaQz, NazOz, BaOz, ... ) peut
diminuer le temps de séjour, mais ces réactifs entrainent souvent des effets pernicieux sur le cyanure
par
oxydation de celui-ci en cyanate CNQ- ou en CC)z + NH3.
Les conditions d'alcalinité du milieu sont maintenues généralement par l'ajout de chaux Ca(OH)z
afin d'éviter non seulement la perte de cyanure mais aussi pour empêcher la formation de gaz
cyanhydrique HCN, extrêmement toxique même à des faibles concentrations.
Plusieurs autres paramètres peuvent aussi contrôler la cinétique de solubilisation de l'or par le
cyanure : la concentration de cyanure libre en solution, l'accessibilité des particules d'or aux solutions
de
cyanure, l'homogénéité de la réaction, la température, la taille des particules d'or et la présence de
composés consommateurs de cyanure, d'oxygène ou de base (Haque, 1992).
Pour les minerais et concentrés aurifères à teneur moyenne à forte, la cyanuration dynamique
(en
cuves agitées) est le procédé couramment utilisé. Lorsque un prétraitement oxydant a été
effectué sur un
minerai aurifère réfractaire, la méthode dynamique est la seule utilisée à cause de la
granulométrie du
résidu oxydé. Pour les minerais à faible teneur et à or métallique, la pratique de la lixiviation
statique
(percolation sur tas de minerai simplement concassé) est aussi maintenant très développé.
1. 3. 1. Cyanuration dynamique (en cuves agitées)
La cyanuration en systèmes dynamiques doit satisfaire deux conditions : premièrement, maintenir
les particules minérales en suspension, et deuxièmement, apporter les besoins en oxygène pour la mise
en
place d'une réaction homogène du cyanure avec l'or. Le temps de séjour varie en fonction des
caractéristiques du minerai et du dispositif utilisé. En général, le temps de séjour varie entre 12 et 48
heures. La lixiviation de l'or est généralement effectuée en plusieurs étapes dans une batterie
composée
de quatre à six cuves d'agitation (figure 1.1). Trois différents types de cuves d'agitation sont
couramment utilisés : les cuves à agitation mécanique (tanks type Denver), les cuves à agitation
pneumatique (tanks type Pachuca), et les cuves à agitation mécano-pneumatique (tanks type Dorr).
Les
tanks type Dorr permettent une meilleure agitation des particules fines, tandis que le tanks type
Pachuca apportent une meilleure aération de la pulpe et permettent une meilleure turbulence des
particules grossières. Le minerai est habituellement broyé à une granulométrie inférieure à 65J..Lm.
La
pulpe minérale (entre 45 et 50% de solides) est vigoureusement agitée et aérée pendant la période de
lixiviation jusqu'à atteindre la dissolution complète des métaux précieux. Les principaux paramètres
22
Etat des connaissances
qui contrôlent la vitesse de la réaction sont: (1) la taille des particules d'or métallique et leur maille de
libération, (2) la densité de pulpe, (3) la concentration en cyanure libre, (4) la température, et (5) la
viscosité de la pulpe.
Après la dissolution complète de l'or, la solution lixiviante est transportée au circuit de
récupération de l'or. Dans la plupart des usines, la récupération de l'or est accomplie par le procédé
nommé C. 1. P. (Carbon-In-Pulp) qui permet d'extraire l'or directement de la pulpe cyanurée par
adsorption du métal précieux sur des particules de charbon actif. Ce procédé simple est facilement
adapté aux petites, moyennes et grandes opérations, à des prix de revient relativement faibles.
L'adsorption de l'or sur le charbon a lieu à contre-courant dans une batterie de cuves agitées, et les
particules de charbon actif chargées en or sont ensuite récupérées de la pulpe par simple criblage ou
tamisage (figure I.1) Le temps de séjour nécessaire dans le circuit C. I. P. pour obtenir une extraction
optimale de l'or varie entre 5 et 10 heures. Le procédé combinant cyanuration en cuves agitées etC. I.
P.
est devenu la méthode préférée pour l'extraction de l'or libre à partir de minerais broyés, de concentrés
de flottation, de rejets de flottation, de calcines de grillage et de stériles miniers, en raison de sa
simplicité, de son efficacité et des faibles cotîts d'installation et d'opération (Fleming, 1992).
pulpe de minerai ou ............

concentré aurifère ~ 1 .- "'H


NaCN +chaux

batterie de cuves de cyanuration lii


.-·-- ---rr..-.-..-..,. ....... .. . . . . . r·---··-··-··--- ~------t----------,

"i • .bl 1 1: !. -....... ,......... """"'"':


crible.... crible ,.. : ~
: en e .•
1 l!!11!il.1!mlli .
~ cuves d'adsorption C. I. P. rei"''"""'""""
vers le circuit d'extraction de l'or et
de réactivation du charbon
__. ..,. .,._ charbon actif reactivé ---··-..- ··-··-.. _j
Figure 1. 1. Schéma d'un circuit C. 1. P. pour le traitement de minerais aurifères non réfractaires en
cuves agitées.
Plus récemment un nouveau procédé nommé C. 1. L. (Carbon-In-Leach) est utilisé pour extraire l'or
libre dans des systèmes agités. ll s'agit d'ajouter la charge de charbon actif directement dans les cuves
de lixiviation à la place des cuves d'adsorption en fin de circuit de lixiviation. Ce dernier procédé
23
Etat des connaissances
permet entre autres, le traitement de minerais à or métallique en présence de matière carbonée. L'effet
de preg-robbing (voir§ I. 1. @)peut être nettement diminué puisque le charbon ajouté est plus "actif' que
la matière carbonée (Jha, 1987, Flemming, 1992). Le principal avantage du procédé C. I. L. par rapport
au C. I. P. est un plus faible coftt d'installation et d'opération puisque le nombre total de cuves est
diminué. Le procédé C.I.P. offre cependant l'avantage d'une meilleure efficacité dans la récupération
de l'or puisque tout l'or est déjà solubilisé quand il est en contact avec le charbon actif.
1. 3. 2. Cyanuration statique (en tas)
La lixiviation de l'or (et argent) en tas (heap leaching) est une technique qui permet le
traitement des minerais aura-argentifères à faible teneur puisqu'elle présente des coftts
d'investissements et d'opération plus faible que la cyanuration en cuves agitées. Dans la lixiviation en
tas, le minerai concassé est disposé en tas sur une aire imperméabilisée. Une solution alcaline de
cyanure est distribuée par arrosage sur le tas dans lequel elle percole par gravité. Après lixiviation de
l'or, les solutions riches en métal précieux sont collectées à la base du tas et envoyées par un réseau de
drainage vers un bassin de stockage puis au circuit de récupération de l'or (figure 1.2). La solution stérile
sortie de l'unité de récupération de l'or est à nouveau renvoyée vers le tas après réajustement de la
concentration en cyanure et du pH (Ubaude, 1992).
Cependant, le minerai à traiter par cette technique doit satisfaire les conditions suivantes:
0 l'or doit se présenter sous forme d'or métallique ou d'électrum,
8 la dimension des particules d'or doit être faible,
e l'or doit pouvoir être en contact avec le cyanure, soit par la porosité originale de la
roche, soit grâce au concassage,
0 le minerai doit être relativement libre d'éléments cyanicides, consommateurs
d'oxygène ou consommateurs de base (voir§ I. 1. ®),
8 le minerai ne doit pas contenir de matière carbonée qui provoquent des effets de pregrobbing,
<D le minerai ne doit pas contenir trop de particules fines ou d'argiles qui pourraient
empêcher ou gêner la percolation de la solution.
Le concassage du minerai dépendra de la perméabilité du minerai à traiter. Si le minerai contient
trop de particules fines ou d'argiles, ou bien si elles sont produites lors du concassage, l'agglomération
du minerai concassé est conseillée en préalable à sa disposition en tas, ceci afin d'éviter la présence de
zones impérmeables non attaquées par le cyanure ou de zones avec une percolation lente.
L'agglomération des particules fines sur les plus grossières est effectuée par un boulettage avec du
ciment ou de la chaux et une solution de cyanure.
24
Etat des connaissances
Minerai aurifère
arrosage de la solution lixiviante
avec ou sans concassagel
avec ou sans agglomération
Collection de la solution r-~------------~
lixiviante tas de minerai aurifère
Usine de récupération de
..... ---l._l l'or et recyclage de la •------....
solution
---NaCN
Bassin contenant la solution
chargée en métaux précieux
or Bassin contenant la
solution lixiviante
Figure 1. 2. Schéma du procédé de lixiviation en tas de minerais aurifères
L'oxygène nécessaire à la cyanuration est introduit dans la solution lixiviante lors de sa
distribution sur le tas, tandis que la base utilisée pour maintenir le pH alcalin est ajoutée au moment du
concassage ou par distribution sur le tas avant l'arrosage de la solution de cyanure.
La cinétique de lixiviation est plus lente que les cinétiques dans les systèmes agités, en
raison de la plus grande taille des particules du minerai, des faibles débits de percolation de la solution
lixiviante (20 à 30 l.m-2.h-1), et des faibles débits de diffusion du cyanure et de l'oxygène à l'intérieur
du tas. La durée de lixiviation est par conséquent plus importante : elle varie de quelques semaines à
plusieurs mois.
La solution lixiviante chargée en métaux précieux (à environ 1 à 3 mg.l-1 Au) est ensuite
envoyée au circuit de récupération d'or. La récupération peut être réalisée par trois techniques:
<D la précipitation Merrill-Crowe qui comporte une clarification et une désaération de
la solution, l'introduction de poudre de zinc (qui provoque la cémentation ou
précipitation redox de l'or et de l'argent), un sel soluble de plomb pour accélérer la
précipitation et de diatomite pour faciliter la filtration après cémentation;
® la précipitation avec du sulfure de sodium, en général utilisé pour précipiter les
solutions riches en argent sous forme de sulfure d'argent, suivie d'une filtration et
précipitation de l'or;
@ l'adsorption de l'or en colonnes de charbon actif.
25
Etat des connaissances
Cette dernière méthode est la plus utilisée aujourd'hui grâce à la simplicité de son
opération et aux faibles coûts d'investissements. En fin du cycle de lixiviation et de récupération,
l'extraction de l'or est en général très satisfaisante (entre 60 et 95%).
Sans aucun doute, la lixiviation en tas est devenue ces dernières années la méthode de
traitement idéale pour les minerais aurifères pauvre5, aussi bien pour les petites, moyennes
ou grandes
opérations minières (à partir de 5 jusqu'à 10000 [Link]"'1), et tant en climat tempéré que
desertique ou
tropical. De plus, les coûts d'investissement et d'opération restent relativement faibles par
rapport aux
installations en cuves agitées. Les principaux types de minéralisations pour lesquelles une
lixiviation
en tas est envisageable sont : (1) les minerais oxydés, (2) les minerais à or métallique
disseminé, (3) les
minerais sulfurés où l'or n'est pas combiné aux sulfures, (3) les placers ou dépots
alluvionnaires à
particules d'or de petite taille pour lesquels une concentration gravimétrique n'est pas
envisageable, et
( 4) les anciens rejets de flottation, de concentration gravimétrique ou même de cyanuration,
contenant de
faibles concentrations d'or métallique.
1. 3. 3. Lixiviation de l'or par d'autres réactifs
Bien que le cyanure soit un excellent agent complexant de l'or , bon marché et relativement
biodégradable, de nombreuses recherches ont été entreprises à partir des années 1970 pour essayer de
trouver un autre réactif complexant de l'or plus "puissant" et moins toxique. Parmi tous les réactifs
proposés, c'est la thiourée SC(NHû2 qui a été la plus étudiée. La réaction de l'or avec la thiourée forme
des complexes du type Au[SC<NH2nh+ qui sont stables seulement en milieu acide (pH"' 1,0) :
= [eq. 32]
La cinétique de cette réaction est plus rapide que celle de la complexation de l'or avec le cyanure,
mais la présence d'un agent oxydant plus efficace que l'oxygène de l'air est nécessaire pour la mise en
place de la réaction. Le fer ferrique a été reconnu comme l'oxydant le plus efficace. Cependant, des
pertes importantes de réactif sont possibles par complexation de la thiourée avec le Felll (formation de
complexes type FeS04SC(NHûû ou bien par dégradation de la thiourée (formation du disulfure de
formamidine NH2(NH)CSSC(NH)NHû.
Les conditions dans lesquelles a lieu la dissolution de l'or par la thiourée (pH acide et présence
de Feiii) pourraient favoriser l'utilisation de ce complexant pour extraire le métal précieux
préalablement libéré par oxydation bactérienne. En effet, la production de fer ferrique et d'acide
sulfurique lors de la biooxydation de pyrites et d'arsénopyrites réunit les conditions de milieu
nécessaires pour la lixiviation directe de l'or par la thiourée. L'utilisation de la thiourée pour extraire
l'or des résidus de biolixiviation évite à la fois l'utilisation du cyanure et la neutralisation du résidu
biolixivié nécessaire pour la mise en place de la cyanuration. Murthy (1990) a déjà démontré
l'importance d'un procédé combiné de biolixiviation de sulfures et lixiviation de l'or à la thiourée pour
l'extraction de l'or de minerais sulfurés à faible teneur. Cependant, plusieurs contraintes techniques
doivent encore être étudiées: tolérance des bactéries à la thiourée (pas nécessaire si biolixiviation puis
lixiviation de l'or par la thiourée), temps de séjour nécessaire, quantité de réactifs consommée, ...
26
Etat des connaissances
Néanmoins, tous les agents de lixiviation d'or proposés en alternative au cyanure (halogènures,
thiourée, thiosulfate, thiocyanate, polysulfures, ... ) forment avec l'or des complexes moins stables que
l'aurocyanure Au(CNh- (tableau !.3). La concentration requise pour rendre ces composés stables et
pour
augmenter le rendement d'extraction de l'or sera par conséquent plus élevée que celle proposée pour le
cyanure. En raison du prix de revient plus important pour ces réactifs, la mise en oeuvre d'un système
de
recyclage deviendrait nécessaire. De plus, l'utilisation d'un agent oxydant de l'or plus puissant que
l'oxygène de l'air (ozone, H202, Cl2, Fel11, ... ) s'est avéré nécessaire. Ces derniers facteurs font que le
cyanure reste le réactif préféré pour la dissolution de l'or métallique. Seule la thiourée connait des
applications industrielles (C.E.I. et Hillgrove Mine (NSW, Australie) pour des concentrés à stibine
dominante).
Complexes d'Aul B2 Complexes d'Aum B4
Au(CN)2· 2x 1o38 Au(CN)4· ... 1()56
Au(S203h3- 5 x 1()28 Aui4- 5 x 1()47
Au(CS(NHûû2+ 2 x 1()23 Au(SCN)4- 1 x 1()42
Aui2· 4x 1019 AuBr4· 1 x 1032
Au(SCNh· 1,3 x 1017 AuC4- 1 x 1Q26
AuBr2· 1 x 1012
AuCI2· 1 x1o9
Tableau 1. 3. Constants de stabilité des complexes d'Au(l) et d'Au (III) (D'après Fleming, 1992).
I. 4. BIOUXIVIATION DE MINERAIS SULFURES
I. 4. 1. Bactéries
Dans la nature existent différents types de bactéries et parmi celles-ci, ce sont les bactéries dites
chimiolithotrophes qui vont attirer le plus l'attention de l'industrie minière. Ces bactéries utilisent, en
l'absence de lumière, l'oxydation de substances minérales comme source d'énergie pour les synthèses
cellulaires et la croissance. Cependant, les bactéries chimiolithotrophes sont très diverses suivant le
type de substrat métabolisé, leur mode d'utilisation du carbone et leur habitat. Un certain nombre de
bactéries chimiolithotrophes (Thiobacillus ferrooxidans, Thiobacillus thiooxidans, ... ) ont été
reconnues comme responsables de l'oxydation de sulfures minéraux dans différents habitats dont
l'acidité (parfois extrême) est la principale caractéristique, ce qui conduit à considerer ces bactéries
comme acidophiles. Celles-ci ont été identifiées en abondance dans des sources sulfureuses
géothermiques acides, dans des opérations minières, dans des anciens terrils miniers, dans des tas de
minerai, dans des eaux acides de mines ou de traitements miniers ou bien dans des sols ou boues
acides
(tableau I.4). Elles sont divisées en bactéries mésophiles, thermophiles modérées et thermophiles
extrêmes en fonction de leur température optimale de croissance. Parmi celles-ci, seu1es les bactéries
avec un potentiel important d'application dans l'industrie minière, par leur capacité à oxyder le fer et
le soufre, seront décrites brièvement :
27
Etat des con1!1lissances
Température pH Croissance Source Acepteur
Bactérie 'C (optimum) par oxydation de carbone final Taille Aérobicité
(optimum) de: d'électrons
Thiobacillus 2-40 1,0-5,0 Fel+, MeS Oxygène 0,5f.lll10 +
(30-32) (1,8) so, sl-, ~ol-
CO:z (Fe(III) en 1,[Link] (anaerobe
ferrooxidll1ts
anaerobiose) facultatif)
Thiobacillus 2-40 0,5-5,0 so, !)2-
CO:z Oxygène 0,5f.lll10 ++
thiooxidans (30-32) (1,8) ~~2- 1,5~JIDlonR
Thiobacillus 4,5-7,8 so, !)2-, ~~2-, Oxygène 0,5f.lll10 + -
23-35 CO:z [Link] 3,~long (anaerobe
thioparus (7,0) thiocyanate
anaerobiose facultatif)
Thiobacillus 20-37 1,5-6,0 so,~~2- CO:z Oxygène 0,5f.lll10 +
acidovhilus (25-30) (6,0) Conzaniaue 1,5~JIDlong
Thiobacillus
23-37
4,5-7,8 so,~~2- CO:z Oxygène 0,5f.lll10 +
neapolitanus (7,0) 1,51Jllllong
Thiobacillus 5-9,5
~~2-, Oxygène 0,8f.lll10 ++
20-40 rompoeés CO:z 2,~long n011ellus (7,0)
or28l1Îaues
0,2-0,8f.lll10
Leptospirillum 2-40 1,5-5,0 Fel+,
0,9 -1,[Link]
ferrooxidans (30-35) (2,5) F~ CO:z Oxygène polymorphisme, ++
souvent en
spirale
Sulfobacillus
30-58 1,7-4,5
Fel+,
CO:z 0,6-0,8f.lll10 +
thermo- (45-49) (2,1- 2,5)
so,
Cargamque
Oxygène 1,0- 3,~ long
sul(idooxidans MeS polymorphisme
Souche Fel+, 0,8f.lll10
?-60 1,1-3,5 CO:z Oxygène 1,6 à 6,~ long +
TH1/BC1 so,
(50) (2,6)
MeS
Corgantque en fonction du
substrat
Thiobacillus
so,~~2-, Oxygène
0,5f.lll10 +-
20-40 6,0-8,0 dithionite, CO:z <ND.3·en (anaerobe
denitrificans
tetrathiona te anaerobiose)
2,~long
facultatif)
Metallogenium 20-40 3,5-6,8
Fel+,
CO:z Oxygène ? ?
Ml
Thermoplasma
37-65 0,5-4,3 S0,rompoeés Corgantque Oxygène ? +
acidophilia or28l1Îaues (C02)
Thiobacillus Fel+, so, MeS, 0,5f.lll10
thermo- 37-55 1,5-5,0 rompoeés CO:z Oxygène 2,~long +
sulfidooxidans or28l1Îaues
Sulfolobus 55-85 0,9-5,9 Fel+, MeS, CO:z Oxygène
0,7 à l,[Link] +
acidocaldarius (70- 75) (2,0- 3,0) so, !)2- Corgantque
(Fe(III) en
sphériques
(anaerobe
anaerobiose) facultatif)
Sulfolobus 45-75 1,5-7,0 fel+, MeS, CO:z Oxygène
0,7à 1,[Link] +
brierleyi (70) (1,5- 2,0) so, !)2- Cargamque
(Moen
sphériques
(anaerobe
anaerobiose) facultatif)
Sul fol obus 50-89 1,0-5,5 so CO:z 0,7 à 1,[Link] +
sulfataricus (70-75) (3,5- 5,0) !)2· Corganique
Oxygène
sphériques
(anaerobe
facultatif)
Tableau 1. 4. Caractéristiques des principales bactéries acidophiles oxydatrices du fer et du soufre
(sources: Norris, 1990, Ritcey, 1989, Pivovarova et Golovacheva, 1985).
28
Etat des connaissances
1. 4. 1. 1. Bactéries mésophiles
Cette catégorie de bactéries est caractérisée par une température optimale de croissance
comprises entre 30 et 35°C. Parmi ces bactéries, c~lles constituant le genre Thiobacillus sont les plus
abondantes. Elles tirent leur énergie de l'oxydation de plusieurs composés réduits du soufre : soufre
élémentaire, thiosulfate, sulfures, polythionates et sulfite. Mais il existe aussi d'autre bactérie
mésophile différente et sans doute importante, comme Leptospirillum ferrooxidans , qui oxyde le
fer et
des sulfures et se retrouve regulièrement dans les habitats acides.
Thiobacillus ferrooxidans
Sans aucun doute, cette espèce correspond au principal micro-organisme associé à la
biooxydation des sulfures. TI s'agit d'une bactérie en forme de bâtonnets de 0,[Link] de diamètre et de

1,[Link] de long, possédant un flagelle polaire qui assure leur mobilité. Ces bactéries appartiennent au
groupe des bactéries gram-négatif. Elles sont autotrophes strictes puisqu'elles n'utilisent que le carbone
d'origine minéral (COû- via le cycle de Calvin- pour la synthèse de leurs constituants cellulaires et
chimiolithotrophes puisqu'elles obtiennent l'énergie nécessaire à leur croissance par l'oxydation de
composés minéraux réduits de fer et de soufre. Elles ne forment pas de spores et elles sont aussi
considérées comme acidophiles strictes. Le pH optimum de croissance mesuré pour différents souches
de
cette espèce varie entre 1,8 et 2,8. Au delà de ces valeurs, leur croissance est largement inhibée.
La température optimale de croissance pour la plupart des souches de Thiobacillus
ferrooxidans varie entre 30 et 35°C, mais les limites inférieure et supérieure peuvent varier en
fonction
de la souche et des conditions de la croissance. La température minimale tolérée par ces bactéries varie
entre 2 et 4°C (Ferroni et al., 1986, Ahonen et Tuovinen, 1989).
Plusieurs travaux ont aussi démontré que des importantes variations taxonomiques sont
trouvées dans les différentes souches de T. ferrooxidans. Harrison (1982) a déjà classifié par
exemple, 23
souches différentes en sept groupes en fonction de leur homologie DNA : DNA. De plus, chaque
souche
peut présenter des différences de physiologie (Silver, 1978), de morphologie (DiSpirito et al., 1982)
ou
bien de croissance en fonction de la cinétique d'oxydation du Fell (Braddock et al., 1984).
Cette bactérie obtient l'énergie nécessaire pour sa croissance par l'oxydation de Feil, de
composés réduits de soufre et de minéraux sulfurés. Le mécanisme d'oxydation du fer chez T.
ferrooxidans semblerait comporter la mise en oeuvre d'une chaine de transporteurs d'électrons dont
l'accepteur initial d'électrons est la rusticyanine (petite protéine contenant un atome de cuivre) et
l'accepteur final est l'oxygène (lngledew, 1982). Entre la rusticyanine et l'oxygène, un cytochrome C
périplasmique semble être aussi impliqué (lngledew, 1986), ainsi qu'un cytochrome a 1 membranaire.
Les
réactions d'oxydoréduction conduisent ainsi à la synthèse de l'ATP. En ce qui concerne l'oxydation du
soufre, l'oxydation des composés soufrés fournit plus d'électrons aux Thiobacilles et par conséquent
plus
d'énergie (Lundgren et al., 1978).
De nombreux travaux ont déjà démontré la capacité de cette bactérie à oxyder un grand
nombre de minéraux sulfurés, tels que la pyrite FeS:z, l'arsénopyrite FeAsS, la pyrrhotite Fe1-xS, la
29
Etat des connaissances
chalcopyrite FeCuS2, la chalcocite Cu2S, la cobaltite CoAsS, la covellite CuS, l'énargite
Cu3(As,Sb)S4,
la millerite NiS, la tétraèdrite Cu12Sb4S13, l'orpiment As2S3, la violante (Ni,Fe)3S4, le sulfure de
gallium Ga2S3, la stibine Sb2S3, la stannite Cu2FeSnS4 et la molybènite Mo~ (Ritcey, 1989, Torma,
1989a).
Un grand avantage de ces bactéries est dfi à leur résistance à des relativement fortes
concentrations de métaux en solution. Elles resemblent uniquement sensibles à de plus faibles
concentrations que pour le mercure, le sélénium, le tellure et l'argent (tableau 1.5). Leur activité
oxydante peut aussi être inhibée par la présence d'un grand nombre de composés organiques,
particulièrement des acides organiques et des aminoacides (Ritcey, 1989). Les niveaux absolus de
tolérance supportés par T. ferrooxidans pour certains métaux dépend cependant de la souche, de son
état
physiologique et de son adaptabilité aux différentes conditions de milieu. Quoi qu'il en soit, T.
ferrooxidans a une étonnante capacité à s'adapter et à survivre sous des conditions extrêmes de
température, de pH, d'aérobicité, de concentration en éléments toxiques (Hutchins et al., 1986, Torma,
1989a, Norris, 1990).
Son adaptabilité aux différentes conditions de milieu et aux hautes concentrations de
métaux en solution, ainsi que sa capacité à oxyder la plupart des sulfures d'intérêt
économique, font de
cette bactérie l'organisme préféré par les "bio-hydrométallurgistes" pour des applications de
biolixiviation industrielle.
Mercure
Sélénium
Tellure
Argent
Uranyl
Thorium
Molybdène
Chrome
Arsenic
Aluminium
Co balte
Cuivre
Manganèse
Nickel
Zinc
1 mg.I-1
50 à 100 mg.I-1
50 à 100 mg.I-1
200 mg.l-1
0,5 à 1 g.I-1
0,5 à 1 g.I-1
2 g.I-1
5 g.I-1
10 à 20 g.I-1
10 à 30 g.I-1
10 à 30 g.l-1
10 à 30 g.I-1
10 à 30 g.I-1
10 à 30 g.I-1
70 à 120 g.I-1
Tableau 1. 5. Tolérance de Thiobacillus ferrooxidans aux métaux (d'après Ritcey, 1989).
Thiobacillus thiooxidans
Cette espèce ressemble à T. ferrooxidans par sa morphologie et sa taille. A la différence de
T. ferrooxidans, les cellules appartenant à cette espèce ne catalysent pas l'oxydation du Feil, mais elle
oxyde le soufre élémentaire et le thiosulfate à des valeurs de pH comprises entre 0,5 et 3,0. Elle
n'oxyde
pas la pyrite ni la chalcopyrite, mais elle est capable de solubiliser d'autres sulfures tels que la
30
Etat des connaissances
sphalérite, le sulfure de Cadmium (Ewart et Hughes, 1991), l'arsénopyrite (Collinet Latil, 1989), et les
sulfures de cobalt et de nickel (Bruynesteyn, 1989).
Leptospirillum ferrooxidans
Cette bactérie gram-négative, acidophile, chimiolithotrophe, et très mobile est
facilement différenciée des autres bactéries acidophiles et mésophiles qui oxydent le fer en raison de
sa
grande mobilité et de son polymorphisme. Elle ne catalyse pas l'oxydation des composés du soufre,
mais
elle peut utiliser le Feil et la pyrite comme substrat de croissance. Due à son incapacité à oxyder le
soufre, elle ne peut se développer en présence d'autres sulfures qu'en cultures mixtes avec une bactérie
qui
oxyde le soufre. Elle est fréquemment trouvée dans les systèmes de lixiviation en tas et terrils miniers
probablement grâce à sa résistance à des températures qui vont jusqu'à 45°C, en présence de pyrite. L.
ferrooxidans a démontré être moins sensible que T. ferrooxidans à l'uranium, à l'argent, au
molybdène et
au fer ferrique, mais, par contre, elle est plus sensible au cuivre et à l'arsenic (Norris, 1988).
Cultures mixtes
Un certain nombre de travaux ont montré que des meilleurs rendements d'oxydation sont
fréquemment atteints avec des cultures mixtes provenant de sites naturels par rapport à des souches
individuelles correspondant aux mêmes espèces. La présence de Leptospirillum ferrooxidans dans
une
culture mixte avec T. ferrooxidans peut par exemple, améliorer le rendement d'oxydation d'une
pyrite
en comparaison à une culture pure à T. ferrooxidans. Ceci s'expliquerait par une meilleure tolérance
de
L. ferrooxidans à l'augmentation de l'acidité et aux fortes concentrations de fer ferrique en solution
(Norris, 1988). na été déjà noté que la phase exponentielle de croissance deL. ferrooxidans ne
commence
qu'à partir du moment où la croissance de T. ferrooxidans atteint le plateau stationnaire, ce que lui
permet de poursuivre l'oxydation de la pyrite en prenant la "relève". Il est aussi possible que l'affinité
d'une espèce à catalyser l'oxydation de certains composés soit le complément nécessaire pour obtenir
l'oxydation complète d'une phase minérale, tel qu'il l'a été observé pour la lixiviation de la
chalcopyrite par une culture mixte L. ferrooxidans et T. thiooxidans (Norris, 1988) ou
d'arsénopyrite
par une culture mixte de T. ferrooxidans et T. thiooxidans (Collinet-Latil, 1989). Néanmoins, une
certaine compétition entre les différentes types de bactéries constituant une culture mixte peut aussi
constituer un sérieux handicap au traitement biologique. Groudev (1981) a observé par exemple que
l'addition de T. thiooxidans à une culture de T. ferrooxidans sur arsénopyrite inhibe fortement
l'oxydation du minéral. De plus, T. thiooxidans, ajoutée après le huitième jour de la mise en culture
avec T. ferrooxidans, n'oxyde qu'une très faible quantité de soufre élémentaire précipité, malgré sa
capacité à l'oxyder en présence de fortes concentrations en arsenic. Ceci est probablement dû à
l'occupation des surfaces minérales par T. ferrooxidans.
Des bactéries hétérotrophes pourraient aussi améliorer indirectement l'oxydation
bactérienne chimiolithotrophe d'un minerai par la consommation et l'utilisation des acides organiques
inhibiteurs de la croissance des bactéries autotrophes qui oxydent le fer. Dans un "terril" de charbon, il
a été déjà observé que le développement de la population bactérienne commence avec la croissance
des
bactéries hétérotrophes, suivie de la croissance des bactéries oxydant le soufre (probablement T.
thiooxidans) et ensuite, la croissance de T. ferrooxidans (Harrison, 1978).
31
Etat des connaissances
1. 4. 1. 2. Bactéries thermophiles modérées
Ce groupe comporte les bactéries dont la température optimale de croissance varie entre 45
et 50°C, mais elles peuvent être actives sur une grande gamme de température (entre 30 et 60°C). Bien
que ces bactéries aient été initialement isolées de zones géothermiques acides (hot spring), la plupart
d'entre elles ont été déjà identifiées dans des tas miniers, dans des minerais sulfurés ou dans des tas de
charbon où elles peuvent constituer une population assez nombreuse. Elles catalysent l'oxydation de
Fen, des espèces réduites du soufre et des sulfures pour leur croissance. Ces caractéristiques font de
ces
bactéries une source prometteuse pour une possible application industrielle.
Deux bactéries différentes dominent ce groupe : Sulfobacillus thermosulfidooxidans
(Karavaiko et al., 1988) et la souche TH1/BC1 (Norris et Barr, 1985). La ·souche TH1 est mobile et
présente une grande variation en taille, allant de 1,[Link]. jusqu'à 6,Ü[Link] avec une moyenne d'environ
2,[Link].. Sa taille varie en fonction du substrat de croissance, par exemple, elle est plus petite quand
elle
se développe sur Feil en absence d'extrait de levure (Norris, 1990, Ewart et Hughes, 1991). Par contre,
Sulfobacillus thermosulfidooxidans est non-mobile, forme des spores et montre un polymorphisme.
Ce
dernier type de bactérie a besoin d'un composé réduit du soufre pour sa croissance, même en présence
de
Fei1• D'autres études ont aussi rapporté la nécessité d'extrait de levure (0,02%) pour la croissance de S.
thermosulfidooxidans (Hutchins et al., 1986, Bruynsteyn, 1989). D'autres souches isolées (souches
ALV,
TH2, TH3 et LM2) ne montrent apparemment qu'une distribution géographique très locale.
1. 3. 1. 3. Bactéries thermophiles extrêmes
Ce sont des bactéries acidophiles dont la température optimale de croissance est d'environ
70°C. La plupart de ce type de bactéries appartient au genre Sulfolobus, des archéobactéries différentes
des autres bactéries acidophiles. Les Sulfolobus sont des petites bactéries sphériques de 0,7 à 1,Ü[Link]
de
diamètre. Elles montrent une plus grande tolérance aux fortes acidités (pH .. 0,8) que les autres
bactéries
acidophiles mésophiles et thermophiles modérées. Elles sont aussi des chimiolithotrophes, obtenant
leur énergie de l'oxydation de Feil, de composés réduits du soufre et de sulfures minéraux. Trois
espèces
différentes sont reconnues : S. acidocaldarius, S. brierleyi et S. solfataricus (tableau 1.4). En plus
de la
pyrite, elles oxydent aussi la chalcopyrite, la chalcocite, la pyrrhotite, la pentlandite et la
molybdènite, ce qui explique l'intérêt pour leur application dans des systèmes de biolixiviation de
sulfures. De plus, la capacité de ce type de micro-organismes à vivre sous ces conditions de
température,
a stimulé la mise en oeuvre de procédés de biolixiviation à haute température pour essayer d'atteindre
des rendements de biolixiviation plus importants. Cependant, Lawrence et Marchant (1987) ont
démontré une meilleure activité oxydante de Thiobacillus ferroxidans pour un certain nombre de
minerais et de concentrés aurifères sulfurés. Cette dernière étude a montré aussi que le bénéfice
économique de l'opération à température élevée est très faible en raison des depenses pour le
refroidissement des réacteurs.
32
Etat des connaissances
1. 4. 2. Mécanismes réactionnels de l'oxydation bactérienne des sulfures
L'oxydation de sulfures par voie bactérienne peut être résumée par deux types de mécanismes
: le
premier, dit d'oxydation directe où la bactérie peut oxyder directement le Sz2- (pour les
disulfures) et
parfois les espèces métalliques réduites qui constituent les sulfures, et le deuxième, par voie
indirecte où
l'ion ferrique produit abondamment par l'activité bactérienne est aussi capable d'oxyder
chimiquement
le sulfure.
Dans le cas de la pyrite, il est admis que le mécanisme direct résulte probablement d'une réaction
dont la formule générale est :
[eq. 33]
Ce mécanisme direct requiert cependant l'adhésion ou le contact des bactéries aux surfaces
minérales. Bien que le mécanisme exact qui a lieu à l'interface bactérie- minéral ne soit pas connu, des
nombreux travaux ont déjà démontré l'attachement des bactéries aux surfaces des sulfures (Murr et
Berry, 1976, DiSpirito et al., 1983, Yehn et al., 1987, Grishin et Tuovinen, 1989). De plus, les
bactéries
fixées à la pyrite semblent être les plus actives dans le processus de biolixiviation, avec un taux de
croissance plus rapide que les bactéries libres dans la phase liquide (Yehn et al., 1987, Konishi et al.,
1990). Néanmoins, la distribution des bactéries attachées et l'avancement de l'oxydation directe du
sulfure semblent dépendre, entre autres facteurs, de la cristallinité et des défauts cristallins des sulfures
(Bennett et Tributsch, 1978, Southwood et Southwood, 1986, Hansford et Droussou, 1987, Marion et
al.,
1991c), des variations de la composition chimique au sein des grains (Southwood et Southwood, 1986,
Hansford et Droussou, 1987, Claassen, 1991, Marion et al., 1991c) et de la présence de phases
superficielles de fer et de soufre (Mustin et al., 1993).
L'oxydation indirecte commence par l'oxydation aqueuse de la pyrite en milieu acide :
[eq. 34]
Le fer ferreux provenant de cette réaction est ensuite oxydé par les micro-organismes selon la
réaction:
4Fe2+ + 4H+ + Û2 [eq. 35]
et le sulfate ferrique ainsi produit, peut ensuite oxyder la pyrite :
Fe52 + 14Fe3+ + 8HP [eq. 36]
[eq. 37]
Le sulfate ferreux et le soufre élémentaire formés par ces deux dernières réactions chimiques sont
oxydés par les bactéries en régénérant ainsi le fer ferrique (eq. 35) et l'acide sulfurique (eq. 38):
33
Etat des connaissances
[eq. 38)
Cependant, des concentrations importantes en fer ferrique et sulfate en solution, ainsi que des
valeurs du potentiel d'oxydoréduction supérieures à 400 rn V /ECS entraînent la formation de
précipités
de type jarosites XFe3(S04h(OH)6 dont X peut être constitué par Na+ (natrojarosite), K+ (potasium
jarosite), N~+ (ammoniojarosite), ou H+ (hydronium jarosite) même à des valeurs de pH< 1,5. La
formation de ces précipités peut donc conduire à la perte de composés nutritifs en solution, K+ et~+
notamment (Ivarson et al., 1979, Grishin et al., 1988) :
[eq. 39]
A la différence de la pyrite, la chimie de la biooxydation de l'arsénopyrite a reçu différentes
interprétations, surtout en ce qui concerne les états intermédiaires de la réaction (Karavaiko et al.,
1986, Panin et al., 1985, Lawrence 1990, Lindstrôm et al., 1992). Un accord général existe cependant
sur
l'action simultanée des deux types de mécanismes d'oxydation bactérienne (par voie directe et par voie
indirecte) et sur la composition des produits finaux de la réaction.
Dans le cas de l'arsénopyrite, le mécanisme d'oxydation directe est souvent représenté par deux
équations, dont une est productrice d'arsenic pentavalent et l'autre d'arsenic trivalent (Lawrence 1990,
Lindstrôm et al., 1992) :
[eq.40)
[eq. 41)
Le fer ferreux mis en solution par ces réactions est ensuite oxydé par les bactéries selon la
réaction contrôlée par l'équation 35, produisant ainsi du sulfate ferrique. Le sulfate ferrique peut alors
oxyder à la fois l'arsenic trivalent et l'arsénopyrite :
[eq.42]
2FeAsS + 2Fe3+ + 4H20 + 60:z 2H~4 (aq) + 4 Fél+ + 2H+ [eq.43]
[eq. 44]
L'equation 44 n'est proposée que par quelques auteurs (Karavaiko et al., 1986), mais ils
considèrent par contre que le soufre élémentaire précipité par cette réaction est rapidement solubilisé
par l'action des bactéries (eq. 38). De plus, Lindstrôm et al. (1992) considèrent que dans un procédé
actif
de biolixiviation, le soufre élémentaire ne doit pas être un produit habituel de la réaction oxydative
puisque la valeur du potentiel d'oxydoréduction est normalement en dessous des conditions d'équilibre
favorisant sa précipitation.
En fait, la formation du soufre élémentaire n'a pas encore été vraiment prouvée dans des
études cinétiques au cours de la biolixiviation de l'arsénopyrite.
34
Etat des connaissances
Par contre, en présence de fortes concentrations de fer ferrique en solution, l'arsenic
pentavalent précipite sous forme d'arséniate ferrique insoluble, même à des valeurs de pH < 1,0
(Karavaiko et al., 1986, Torma, 1989a, Lawrence, 1990, Carlson, 1992):
FeAs04 J, + 3H+ [eq.45}
En fait, en présence d'H3AsÜ4(aq)1 le Felll précipite préferentiellement sous forme
d'arséniate ferrique, à la place de la jarosite, à des valeurs de pH < 2,0 (Carlson et al, 1992), tandis
qu'une précipitation d'oxyhydroxydes et hydroxysulfates ferriques peut aussi avoir lieu à des valeurs
de pH> 2,0 (Collinet et Morin, 1990):
2Fe(0H)3 J, + 6H+ [eq. 46]
[eq. 47]
La formation de précipités conduit régulièrement à une augmentation importante de
l'acidité du milieu (eq. 45 et 46). L'augmentation de l'acidité, l'effet inhibiteur des hautes
concentrations en arsenic trivalent en solution (Sg.I-1 Asiii pour T. ferrooxidans, d'après Collinet et
Morin, 1990) et l'existence d'une barrière à la diffusion de l'oxygène par la formation des précipités sur
la surface des grains (Lawrence, 1990) conduisent normalement à une forte inhibition de l'activité
bactérienne. Quoi qu'il en soit, c'est le mécanisme d'oxydation indirecte par le Felll qui semble
dominant
dans le système de biolixiviation de l'arsénopyrite.
Bien qu'il ait été démontré que le fer ferrique et l'arsenic pentavalent en solution inhibent
aussi la croissance de T. ferrooxidans dans les systèmes de biolixiviation de l'arsénopyrite (10 g.I-1
Fel11
et 40g.I-1 As v, d'après Collinet et Morin, 1990), la formation de précipités peut diminuer l'effet
toxique
de ces deux ions (Torma, 1989a).
Le degré de cristallinité des produits précipités dépend principalement de la température
du système. L'utilisation de bactéries thermophiles modérées (T=45°C) a conduit par exemple à la
précipitation de l'arséniate ferrique sous sa forme cristalline, la scorodite FeAs04.2H20 (Carlson et
al., 1992).
Dans le cas des mélanges de différents sulfures minéraux, un autre mécanisme entre en jeu,
l'oxydation préferentielle de certains minéraux par couplage galvanique (Berry et Murr, 1972, Attia et
El Zeky, 1990, Natarajan, 1990). En fait, un effet galvanique entre deux sulfures différents est crée
dans
un système de lixiviation lorsque ces deux minéraux (semiconducteurs en général) sont en contact
permanent (mixte minéralogique) ou temporaire (rencontre de deux grains en pulpe) et peuvent donc
être
accepteur (cathode) ou donneur (anode) d'électrons l'un par rapport à l'autre. ll n'est pas facile de
prévoir le sens de ce mouvement d'électrons, car ceci passe par une étude complète des courbëS
intensitépotentiel
de chacun des minéraux dans un milieu de lixiviation complexe comportant une ou plusieurs
espèces dissoutes oxydantes. Toutefois, l'étude du potentiel de repos (potentiel à courant nul) des
sulfures pris séparément dans le milieu de lixiviation, peut donner des conditions précieuses: l'espèce
minérale ayant la valeur de potentiel de repos la plus faible sera préférentiellement corrodée {anode)
si elle est en contact avec une autre espèce dont le potentiel de repos est plus élevé. Cette dernière
espèce
35
Etllt des comlllissllnces
sera protégée de l'oxydation (cathode). Dans le cas des minerais à pyrite + arsénopyrite (comme c'est
le
cas des minerais sulfurés aurifères), ce phénomène de couplage galvanique va protéger la pyrite tandis
que l'arsénopyrite sera toujours oxydée en premier (Atkins, 1978). Lorsque l'or est associé à
l'arsénopyrite en présence de pyrite ce phénomène de couplage galvanique peut donc favoriser
l'extraction de l'or puisque seulement l'oxydation partielle du minerai ou du concentré sera nécessaire
pour libérer la totalité du métal précieux (Komnitsas et Pooley, 1990, Marion et al., 1991d).
1. 4. 3. Biolixiviation de sulfures en systèmes agités
Le procédé de biolixiviation en réacteurs agités est depuis quelques années en plein
développement afin de pouvoir traiter les concentrés sulfurés aurifères. En fait, les résultats obtenus en
batch au laboratoire et à l'échelle pilote sont très satisfaisants et encourageants (tableau 1.6). Ces
études ont ainsi démontré que l'oxydation bactérienne est une alternative réelle pour le traitement des
minerais aurifères réfractaires.
Cependant, la mise en place d'un système en continu a révélé de sérieux problèmes d'ingénierie.
Les difficultés rencontrées viennent du compromis que doit satisfaire le dessin du bioréacteur afin
d'obtenir un maximum d'oxydation des sulfures porteurs de l'or avec le minimum de frais d'installation
et d'opération. Pour cela, le dessin du réacteur doit prendre en compte tous les paramètres opératoires
qui contrôlent la biolixiviation en systèmes agités : la température, la solubilisation et transport des
gaz, le pH, le potentiel d'oxydoréduction, la tension superficielle, la taille et composition des
particules, la composition et la tolérance de la population bactérienne, les besoins nutritionnels et le
pourcentage de solides dans la pulpe (Oison et Kelly, 1986, van Aswegen et al., 1991).
Au cours de la biooxydation de concentrés en réacteurs une acidité importante du milieu est
observée en raison de la haute concentration en sulfures. Le pH pourrait ainsi descendre à des valeurs
inférieures à celles tolérées par les bactéries (pH<1,0). Dans ces conditions, l'ajout de chaux est
recommandé (Pol'kin et al., 1985). Par contre, des valeurs de pH supérieures de 2,00 entraînent la
précipitation du fer ferrique sous forme de jarosite, de scorodite ou de goethite, en fonction des
conditions physico-chimiques de la solution et des concentrations d'ions en solution (Felll, Asiii, Asv,
5042-). La formation de précipités peut conduire notamment à une forte diminution des composés
nutritifs du milieu.
La température dans les réacteurs est contrôlée en fonction de la souche bactérienne utilisée : entre
30 et 35°C pour les bactéries mésophiles, et entre 45 et 50°C pour les bactéries thermophiles
modérées.
En fait, le contrôle de la température dépendra de la concentration de sulfures dans le concentré.
Puisque
la réaction d'oxydation des sulfures est exothermique, une forte concentration en sulfures pourrait
amener à la nécessité de refroidir le système. En revanche, un concentré à faible teneur en sulfures
pourrait nécessiter une source de chaleur extérieure au système.
Un autre facteur important concerne le type de bactéries utilisées (mésophiles, thermophiles
modérées ou thermophiles extrêmes), leur nombre initial dans le système, leur dégré d'adaptation au
substrat minéral en question et leur état physiologique. L'adaptation de la souche bactérienne est
nécessaire en raison de l'hétérogénéité minéralogique et chimique des minerais sulfurés. Avant la mise
en place d'un procédé de biolixiviation, les bactéries doivent être résistantes et bien adaptées à la
36
Etat des connaissances
présence de minéraux d'arsenic, d'antimoine, de plomb, de zinc et de cuivre, entre autres, ainsi que de
leurs produits de solubilisation ou de précipitation. Pour ce faire, l'isolement de souches adaptées
provenant de sites naturels semble être le meilleur moyen pour obtenir des bactéries assez résistantes
(Barret et al., 1988). En fait, l'adaptation des souches bactériennes permet de diminuer
significativement le temps de latence de la croissance des bactéries dans les réacteurs, en diminuant
d'autant la durée de l'opération.
Le pourcentage de solides dans la pulpe minérale est aussi un paramètre important qui contrôle la
biooxydation des sulfures en réacteurs. Il a été déjà démontré que des densités de pulpe supérieures à
30% inhibent fortement l'activité oxydante des bactéries (Pol'kin et al., 1985, Komnitsas et Pooley,
1990). En effet, une haute concentration de solides dans la pulpe minérale conduit à un changement
profond des conditions physico-chimiques du milieu (pH, concentration en éléments ou composés
toxiques ou inhibiteurs, ... ) entraînant la présence de conditions défavorables pour la croissance des
micro-organismes. Des pulpes à environ 10 ou 15% solides semblent être plus favorables au bon
fonctionnement des réactions d'oxydation. Cependant ces dernières valeurs sont considérées comme
peu
favorables à une mise en place industrielle. Néanmoins, un procédé à réacteurs en étapes multiples
(figure 1.3) encourage l'utilisation de pulpes à 30% solides grâce au contrôle et au renouvellement
constant des conditions avantageuses pour le développement des bactéries (pH, concentration en
nutriments, concentration en C02 et oxygène, ... , Pol'kin et al., 1985, Morin et al., 1987).
Pour maintenir une activité bactérienne efficace et constante au sein du réacteur, le contrôle de
tous les paramètres s'avère nécessaire, ceci étant principalement dépendant du mode d'agitation
puisque celui-ci va rendre homogène ou hétérogène le système (Morin et Ollivier, 1991).
Bien que pour les expériences en laboratoire et en pilote semi-industriel, quatre types différents
de réacteurs, en fonction de leur mode d'agitation, soient couramment utilisés [réacteurs type Pachuca
(air-lift reactor, Karavaiko et al., 1986), réacteurs mécaniquement agités (stirred tank reactor,
Hutchins et al., 1988), réacteurs à tonneau rotatif (rotating barrel-type reactor, Edvardsson, 1988)
et
réacteurs à lit fluidisé (Karamanev et Nikolov, 1988, Morin et Ollivier, 1991)], ce sont les réacteurs
agités mécaniquement qui ont été retenus à l'heure actuelle pour toutes les opérations en continu, soit
en
laboratoire, à l'échelle pilote ou même en grandeur industrielle (Morin et Ollivier, 1991). Mais, pour
ce
dernier type de réacteurs, un temps de séjour de 1 à 4 jours s'avère nécessaire pour libérer l'or
"invisible",
entraînant ainsi des coilts d'opération importants.
Malgré les difficultés techniques et financières envisagées, de nombreux essais à l'échelle pilote
continuent à être réalisés depuis le début des années 1980 (Karavaiko et al. 1986, Collinet-Latil, 1989,
Adam et al., 1989, Hutchins et al., 1988, Spencer et al., 1991, Lindstrëm et al., 1992), et même
quelques
opérations industrielles ont été déjà mises en place : Fairview, Afrique du Sud (van Aswegen et al.,
1991), Vaal Reefs, Afrique du Sud (Fleming, 1992), Tonkin Springs, Nevada, E.U.A. (Harris et
Brierley, 1989), et Congress Gold Property, B. C., Canada (Hackl, 1990).
37
Etat des connaissances
Origine du Composition à Dispositif Type de Résultats atteints
concentré l'origine expérimental Bactérie utilisé
32,6% Fe, 24,8%5, pilote en continu
Salsigne, France 22,7%Aspy composé de 4 réacteurs
(concentré de 15ppmAu mécaniquement agités Culture mixte : 40% Sulfures oxydés en
pyrite+ 70% Au récupéré (1001 de capacité) T. ferrooxidizns + 68h
arsénopyrite) par cyanuration (pH= 1,7, T = 32- 35"C, T. thiooxidans 90% Au récupéré
13% solides)
Olympias, 40% Fe, 41% S, pilote en semi-continu
Grèoe 12%As, (1kg.j"1)
T. ferrooxidans
80-90% Sulfures oxydés
(concentré de 26ppmAu (pH =0,9à 1,6, T =30- enSOh
pyrite+ 10% Au récupéré 35"C, 10 à 20% solides) 95% Au récupéré
arsénopyrite) par cyanuration
A. 90% sulfures oxydés
Olympias, 38,5% Fe, 36,9%5, réacteurs type Pachuca
T. ferrooxidans
87% Au récupéré
Grèoe 13,1% As, (21 de capacité) après6h
(concentré de 27ppmAu (pH = 1,8, T = 35"C, B. 20% sulfures oxydés
pyrite+ 15% Au récupéré A.=5% solides, 62% Au récupéré
arsénopyrite) par cyanuration B=30%solides) après12h
Olympias, 39% Fe, 40% S, réacteurs agités 300 rpm
Grèoe 9%As, (21 de capacité)
Sulfolobus
100% Aspy oxydée et
(concentré de 25ppmAu (pH = 2,0, T = 65"C, 90% Py oxydée en 140h
pyrite+ 2,6% Au récupéré 1,5% solides) acidocaldarius 90% Au récupéré
arsénopyrite) par cyanuration
28,5% Fe, 30,1%5, réacteurs batch à turbine
Porgera, 0,4% As, (2 ou 2m de capacité)
Nouvelle Guinée 13,6ppmAu (pH = 2,0, T = 35"C, T. ferrooxidans 84% Py oxydée en 700h
(concentré de 24% Au récupéré 20% solides) 81% Au récupéré
pyrite) par cyanuration
réacteurs agités en A. 29,4% Fe oxydé -+
Etats Unis 30,4% Fe, 18,9%5, oontinu A. T. ferrooxidizns 55,5% Au récupéré
(concentré de 8,8% As, (2 ou 201 de capacité) B. thermophile
pyrite+ 45,3ppmAu (pH = 1,5, T = 30"C (A), modérée B. 47,1% Fe oxydé -+
arsénopyrite) 5,5% Au récupéré SOOC (B), 60"C (Q, C. Sulfolobus sp. 56,2% Au récupéré
par cyanuration 5% solides) C. 84,4% Fe oxydé-+
91% Au réa.Q:,éré
pilote en continu
origine inconnue 32,3% Fe, 31,8%5, constitué par une batérie de
A.T.
PourAetB:
(concentré de 6,2% As, 5 réacteurs agités 95% d'oxydation de
pyrite+ 68ppmAu (51 de capacité chaqu'un) ferrooxidilns sulfures en 71h
arsénopyrite) ? % Au récupéré par (pH = 1,5, T = 35"C (A), B. Sulfolobus sp. ? % Au récupéré
cyanuration 65°C (B) 20% solides)
pilote en continu
origine inconnue
26,6% Fe, 24,1%5, constitué par deux batéries
8,4%As de 5 réacteurs type Pachuca T. ferrooxidilns 87- 91% Aspy oxydée
(concentré de ?ppmAu (15m de capacité) en6Ch
pyrite+ 7-10% Au récupéré (pH = 2,0, T = 32"C, 88 à 90% Au récupéré
arsénopyrite) par cyanuration 16 à 20% solides)
Harbour Ught, 32,4% FeAsS, réacteurs agités à
W Australia 30,9%F~ 650rpm Culture mixte 90 % sulfures oxydés
(concentré de ?ppmAu (400ml de capacité) de bactéries en 100h
pyrite+ 48% Au récupéré (pH= 1,5 T = 40"C, thermophiles 93% Au récupéré
arsénopyrite) par cyanuration 10-20% solides) modérées
Fairview, 29% S, pilote en continu
Afrique du Sud 8%~ constitué par deux batéries
T. ferrooxidizns
85% sulfures oxydés en 96h
(concentré de 120ppmAu de4réacteurs 97% Au récupéré
pyrite+ 35% Au récupéré mécaniquement agités
arsénopyrite) par cyanuration (750kg.f1)
(T = WC, 20% solides)
Tableau 1. 6. Etudes de lixiviation bactérienne réalisées en laboratoire et à l'échelle pilote pour
l'extraction de l'or à partir de concentrés sulfurés aurifères.

*
(1)
(2)
(3)
(4)
(5)
(6)
(!)
(8)
(9)
(10)
• Réferences : (1) Collinet-Latil, 1989, Morin et ill., 1989; (2) Adam et tll., 1989; (3) Komnitsas et Pooley, 1990; (4) Uu et
ill., 1991; (5) Lawrence et Bruynesteyn, 1983; (6) Hutchins et tll., 1988; (7) Groudev et Groudeva, 1988; (8) Karavaiko et
ill., 1986; (9) Barret et tll., 1988; van Aswegen et tll., 1988.
38
Etat des connaissances
concentré auriîere batterie de cuves de biolixiviation

;=~~:,~ ~ •.....
i!
1

...----4 1 ~--··--·-------··---·--·--··-
··-····-··J
neutralisation
rejet e pulpe
stérile -
vers le circuit d'extraction de

--
cuves de cyanuration
cuves d'adsorption C.l. P.
cuve de neutralisation
rejet de pulpe
stérile -
l'or et de réactivation du ---·-.. charbon actif réactivé - .. ---··-··-··-··-..
charbon
Figure 1. 3. Schéma d'un procédé de biolixiviation dynamique (d'après van Aswegen et al., 1991).
I. 4. 4. Biolixiviation de sulfures en systèmes statiques
La première application industrielle de la biolixiviation en systèmes statiques a eu lieu à Rio
Tinto, Espagne vers le 17ème siècle pour la récupération de cuivre. Le minerai était mis en tas et
ensuite
arrosé avec de l'eau, le cuivre solubilisé était recueilli en bas du tas. Aujourd'hui, des nombreuses
opérations de lixiviation en tas ou en terrils (dumps) sont en place dans le monde (États-Unis, Canada,
Chili, Russie, Espagne, Portugal, Mexique et Bulgarie, entre autres) afin de traiter des minerais
sulfurés à faible teneur en cuivre (0,1 et 1,0% Cu, Berthelin, 1987, Bruynesteyn, 1989).
39
Etat des connaissances
En général, le minerai cuprifère concassé est disposé en tas ou en terril sur des surfaces
imperméabilisées aménagées pour recueillir les solutions de lixiviation. Le minerai est ensuite arrosé
avec une solution acide contenant du sulfate ferrique, des bactéries acidophiles (y compris des T.
ferrooxidans) et de l'air nécessaire pour l'activité des bactéries. Pendant que le lixiviat percole au
travers le minerai, les bactéries se multiplient grâce à la catalyse de l'oxydation directe des sulfures
présents (chalcopyrite, pyrite, covellite et chalcocite). De plus, la présence courante de pyrite dans les
minerais favorise la production de sulfate ferrique qui oxyde à la fois les principaux sulfures de cuivre
présents:
chalcopyrite CuFeS:z + 4Fe'+ Cu2+ + 5Fe2+ + 25° [eq. 48]
chalcocite 2Cu2+ + 4Fe2+ + 5° [eq. 49]
covellite Cu5+2fe'+ Cu2+ + 2fe2+ + 5° [eq. 50]
bornite SCu2+ + 13Fe2+ + 45° [eq. 51]
La production d'acide sulfurique par l'oxydation de la pyrite contribue aussi à la solubilisation
indirecte de minéraux oxydés de cuivre :
azurite [eq. 52]
chrysocole [eq. 53]
tenorite Cu0+2H+ Cu2++HP [eq. 54]
En fait, les micro-organismes sont omniprésents dans le tas. Par conséquent, quand les conditions
du milieu leur sont favorables (température, pH, apport en nutriments, ... ), il se produit une
prolifération des bactéries dans le tas entrainant ainsi une meilleure activité solubilisatrice. Bhappu
et al. (1969) ont montré la présence d'un plus grand nombre de bactéries sur la surface du tas (environ
1.106 bactéries.g-1 de minerai pour le premier mètre), qui diminue fortement à partir de 2m de
profondeur (environ 1.1()3 bactéries.g-1 de minerai). Cette diminution est probablement associée à
l'augmentation de la température et aux conditions plus anoxiques à l'intérieur du tas. La diminution et
l'interruption temporaire de l'activité bactérienne suffisent à expliquer la raison pour laquelle la
cinétique d'un tel procédé est très lente (50 à 70% de solubilisation du cuivre après 10 à 15 ans de
lixiviation en tas), ce qui pousse à traiter seulement des minerais à faible teneur par cette technique.
Malgré les cinétiques lentes, environ 18% de la production de cuivre des États Unis d'Amérique
provient
d'un procédé de lixiviation statique (Berthelin, 1987).
Ce procédé de lixiviation statique est aussi utilisé plus récemment pour la solubilisation de
minerais d'uranium à faible teneur (=0,02% uranium), où l'uranium voisine avec la pyrite (5 - 10%
pyrite). T. ferrooxidans est utilisée pour oxyder la pyrite, ce qui entraîne la production d'acide
sulfurique et de sulfate ferrique. Le sulfate ferrique va oxyder l'uranium UJV en UVI plus soluble,
dont la
dissolution sous forme de sulfate d'uranyle sera accélérée par la production d'acide sulfurique
(Bruynesteyn, 1989), en suivant la réaction:
40
Etat des connaissances
[eq. 55]
Bien queT. ferrooxidans soit capable d'oxyder des composés réduits d'uranium par voie directe, ce
mécanisme n'a pas beaucoup d'influence dans une lixiviation en tas en comparaison à la solubilisation
de l'uranium par le fer ferrique. Le véritable rôle des bactéries est d'assurer la production de fer
ferrique
et d'acide sulfurique dans le système par oxydation de la pyrite. Puisque la quantité de pyrite oxydée
est normalement plus grande que celle d'uranium solubilisé, le procédé est largement autosuffisant en
acide et en fer ferrique au cours du traitement. Le rendement d'extraction de l'uranium par
biolixiviation statique peut atteindre jusqu'à 75%.
En ce qui concerne la biolixiviation de minerais sulfurés aurifères réfractaires en systèmes
statiques, seulement quelques essais en colonnes de laboratoire et à l'échelle pilote ont été
rapportés à
ce jour (Harris et Brierley, 1989, Belin et al., 1991, Rossi et Castro, 1991). Bien que le bon
fonctionnement
de ce procédé ait été démontré ces dernières années pour la lixiviation en tas de minerais de
cuivre et
d'uranium, peu de travaux ont été mis en place pour évaluer la faisabilité d'une opération de
biolixiviation statique de minerais aurifères. Des nombreuses questions à caractère
techniques ont été
posées et les problèmes potentiels d'ingénierie ont été envisagés (Holmes, 1988, Bryunsteyn,
1989,
Lawrence, 1990, Lindstrom et al., 1992). Des prévisions non encourageantes resultant des
problèmes de
distribution de l'oxygène et du C02 dans le tas, de brusques variations de pH et de
température à
l'intérieur du profil du tas, de la distribution et des compétitions des différentes populations
bactériennes (Holmes, 1988), du lavage et de la neutralisation du résidu biolixivié
(Lawrence, 1990),
entre autres facteurs, ont diminué largement l'intérêt des entreprises pour une mise en oeuvre
industrielle. Ceci a fait que des recherches approfondies sur cette voie n'ont pas été
entreprises jusqu'au
présent.
41
Etat des connaissances
42
MATERIEL ET METHODES
43
44
Matériel et Méthodes
II. MATERIEL ET METHODES
Pour atteindre les objectifs fixés tant d'un point de vue biologique que minéralogique et
chimique, les travaux entrepris ont fait appel à des méthodes expérimentales, d'analyse et de contrôle
relativement courantes pour l'étude de la lixiviation de minerais par voie bactérienne. Cependant, la
plupart de ces méthodes et des dispositifs expérimentaux ont été particulièrement adaptés pour
répondre à des besoins spécifiques à ce travail. Certaines méthodes ont été par ailleurs mises au point
en collaboration (dispositif de prise et contrôle de données, dénombrement des bactéries en fonction
de
leur association aux minéraux, ... ).
Dans ce chapitre, sont décrits tout d'abord les matériels et les méthodes utilisés pour la mise en
culture et le suivi des populations bactériennes. Les différents substrats minéraux ne sont par la suite
que
brièvement décrits, puisqu'une caractérisation complète des sulfures porteurs de l'or est présentée dans
un chapitre séparé (chapitre V§ V.l à§ V.S). Les dispositifs expérimentaux et les protocoles mis en
oeuvre pour l'étude de la biolixiviation de sulfures sont détaillés à la suite de la description des
substrats minéraux. Enfin, une description séparée est donnée pour une technique originale utilisée
pour
assurer le suivi de la concentration de cyanure libre en solution.
II. 1. BACTERIE, MILIEUX DE CULTURE ET METHODES POUR LE SUIVI DES
POPULATIONS
BACTERIENNES
II. 1. 1. Bactérie
Les expériences de biolixiviation ont été réalisées avec des bactéries de l'espèce Thiobacillus
ferrooxidans provenant d'une souche de collection DSM 583 (Deutsche Sammlung Mikroorganismen).
L'adaptation des bactéries aux différents substrats minéraux est effectuée en fonction du type de
substrat :dans le cas des espèces minérales pures (pyrite et arsénopyrite), par la mise en culture en
systèmes agités contenant 200ml d'une pulpe à 2% [poids] de minéral broyé à une granulométrie
inférieure à [Link]; et dans le cas des concentrés sulfurés, par l'utilisation de la méthode proposée par
Barret et al., 1988.
La conservation de souches est réalisée par repiquage dans un flacon sérum de 250ml contenant
200ml du milieu de culture et 4g du substrat minéral correspondant. Après stérilisation à 120°C
pendant
20mn puis inoculation, les flacons sérum sont disposés dans un plateau d'agitation rotatif (120 rpm)
placé dans une chambre thermostatée à 30°C. L'oxygénation du milieu est assurée par diffusion libre
au
travers d'un bouchon de coton cardé.
45
Matériel et Méthodes
II. 1. 2. Milieu de culture
Le milieu de culture (Ml) utilisé par Mustin (1992) pour la biolixiviation de pyrites a été adopté
initialement. Ce milieu contient pour un litre 0,4 g KH2P04, 0,4 g (Nf4hS04, 0,4 g MgS04.7H20 et
H2S04 (environ 30ml) pour ajuster le pH à 1,80.
Afin d'améliorer la croissance et l'activité bactérienne et d'optimiser ainsi le rendement de
solubilisation de sulfures, une étude préliminaire a été effectuée en faisant varier la concentration en
azote (sous sa forme minérale Nf4+). La croissance et l'activité bactérienne ont été seulement évaluées
en fonction de la concentration en~+, puisque Johnson et al. (1987) avaient déjà démontré un effet
inhibiteur ou stimulant plus important de l'azote sur la croissance des bactéries acidophiles par
rapport aux autres éléments nutritifs. A partir des résultats obtenus dans cette étude préliminaire
(figure II.l), un nouveau milieu de culture a été préparé (milieu M2) en ajoutant 1,0 g.I- 1 (~)2S04 au
lieu de 0,4 g.l-1• Une meilleure croissance des bactéries en suspension et surtout des rendements de
solubilisation du fer plus importants ont été obtenus grâce au milieu M2 tant pour les faibles que pour
les
forts apports initiaux en bactéries (figure ll.1).
Le milieu est stérilisé par autoclavage à 120°C pendant 20mn avant tout ajout de substrat minéral
ou avant tout inoculation.
II. 1. 3. Méthodes pour le suivi des populations bactériennes
Un ensemble de méthodes microbiologiques a été mis au point et utilisé pour le suivi des
populations bactériennes présentes dans les dispositifs de biolixiviation installés au laboratoire et en
site minier. Ceci afin d'évaluer l'oxydation des sulfures en fonction de la croissance et de l'activité
bactérienne.
La figure ll.2 montre les différentes techniques utilisées pour atteindre ces objectifs, ainsi que leur
champ d'application spécifique.
II. 1. 3. 1. Détermination de la concentration des bactéries en suspension
Le comptage direct des bactéries au microscope optique en cellule de Thoma a été la
technique la plus couramment utilisée pour déterminer la nombre des bactéries libres dans les
suspensions de biolixiviation. Le nombre des bactéries totales est obtenu à partir de la moyenne du
comptage de plusieurs champs (16) au microscope. Bien que cette technique soit légèrement moins
sensible et précise que les autres méthOdes de dénombrement (Dziurla, 1992, Rouas, 1988), elle
présente
deux avantages : (i) elle permet de connaître le résultat peu de temps après le prélèvement, et (ii) elle
est simple à mettre en oeuvre.
46
Bacté[Link]·l x 107 Bacté[Link]·l x 107
100

PJ!J lOOJ; s ~ 0

1!! ~ ~~i ~~ i•
~ i i ~ il 1;1
a• D 0,4 g.I-1 (NH4)2S04

10 is 10 • 1,0 g.I-1 (NH4)2S04

0 2,0 g.I-1 (NH4)2S04


A
• • 4,0g.I-1 (NH4)2S04

B
1
0 5 10 15 20 25 30 1
Temps (jours) 0 5 10 15 20 25 30
Fer en solution, mg.l·l Temps (jours) ~

Fer en solution, mgJ·l A = Bactéries en suspension


~
- 4000

~ 4000 pour un inoculum à !t


4.107 bacté[Link]-1 ~
B = Bactéries en suspension ~
3000; 1 30001 1 pour un inoculum à ir
40.107 bacté[Link]-1 ~
"'
C = Fer en solutionpour un

20001 • • 2000 t inoculum à 4.107

•8
Q bacté[Link]-1 D = Fer en solutionpour un e 0 ~ inoculum à 40.107
10001 ; 1000 ~ bacté[Link]-1

=i i e ~ • • • c D

o- . 0
0 5 10 15 20 25 30 0 5 10 15 20 25 30
Temps (jours) Temps (jours)
Figure II. 1. Evolution de la croissance des bactéries en suspension et de la solubilisation du fer, en fonction
de la
concentration initiale en azote dans le milieu nutritif, pour deux apports bactériens différents, au
cours de la biolixiviation d'une pyrite "pure" en réacteur (T=30°C, 2% de pyrite 32-53pm).
~
r-·--·--·----·-··----·-·------------··-·--·------, [--·-··--·---···-···---
·--·] r-··----·----····-----····-·-·-·-······-·-·--·-·············-···-·-··········-·-··········-····-·······-··:
j catégories de bactéries dans j but de l'étude ! moyens analytiques 1
:fj ···-..· ·--le...s. - d·-is·p-o·-si-t.i.· f-s· -d·-e· .b. -io-l..i· x-i-v-i·a·t·i.o ·n·
·········-----l: ........................................... ...... --.. -
·.......................................... . ::L - -···-·---··-·-·--··-·-···-·-··-·---··-··-····-·····-
··--··-·····--············-··-·······-·---··---~ ::

ii i i l comptage indirect par i ! Il 1 1

dosage des Protéines !


i ! i ! (méthode de Lowry modifiée) i
i 1i ! i
! 1! ! !
1 1: 1 d" . : ! 1 i comptage rrect au m1croscope !
1 bactéries libres dans la 1 ! 1 optique en cellule de Thoma l

1 1 d' b --+ 1 suspension percolante ~- ; enom rement . 11


1 ! 1 ~ dénombrement en milieux solides : !
j1
1
! 1 _g -milieu FeTSB de johnson (1987),.,. - !
! j ~ . - milieux N2K et N3K de Dziurla (1991) j
! 1 1 .9 bacténes i
1 ! 1 1 ~ oxydant le fer !
! ! l ! ~ (viables) numération en microplaques par !
i ! ! ! 5l la technique NPP (méthode Mac j
! ! 1 Crady modifiée par Rouas, 1987) j
i11i
1111
11 l-oi b acte, n.e s f 'bi t fi , t l'b 1 ! i at emen xees e 1 res 1 l _ . !
! dans les eaux interstitielles r- ! 1 ~ bactéries totales 1
1!i~!
i 1 i "::;:.1 !
1 1 1 1:: !
1111

11 1i 11 estimation du nombre i b é. d t ! ! act nes oxy an ---- - ! :! 1--1t- iî -e t d e 1a dis tri'b u tI' on d es 1:
le fer (viables) 1 1
Î 1 1 bactéries fixées sur les j 1
1 ! 1 € • ' al ..
1 1 1 sur1aces mmer es 1 .... i
i!i!~! i 1i i Q)E bactéries totales 1
• 1• • •
1 Il ! Cl) i

! 1 bactéries fortement fixées : · 1 : ~ l


1 1 estimation de '1 .b 1
! ! l'activitédesbactéries , 1 rmedei'ATPpor) i 1! 1 d't . ti' d . 1 .. b" 1 . . 1 par e ermma on e 1 1 to
ummescence 1
1 ! leur état énergétique ! 1! 1 1! ' lj

1'- ···--·---··-···----·-·-·---·--..... -··--·----·--·--·-.. -·--··· .. ---·""1 1- -·--·--·-·-·--·--·-·-·-


·-·----·-·..J! 1..... ....... -----.. -.... -----·-··--········--·-·-········----·-··----···-······--···-
··········--·-····-·---··!
Figure n. 2. Techniques utilisées pour le suivi des populations bactérienne dans les systèmes de biolixiviation
(,.,.milieu FeTSB, dont le TSB a été remplacé par K2HP04)
~
!l!
t
~

~
~
~
Matériel et Méthodes
Dans ce travail, nous avons pu bénéficier de la mise en place de techniques plus sensibles et
spécifiques aux bactéries acidophiles qui oxydent le fer (telles que Thiobacillus ferrooxidans),
largement développées dans le cadre de la thèse de M.A. Dziurla (Programme Lixiviation de l'ARC
PIRSEM). C'est ainsi que le dénombrement des bactéries libres se trouvant en faible concentration
( <1o6
bacté[Link]-1) est possible grâce à l'utilisation de milieux solides (milieu FeTSB de Johnson et al.,
1987
et milieux N2K et N3K de Dziurla, 1991), et de milieux liquides dans des micro plaques par la mesure
du NPP (le Nombre le Plus Probable, selon la technique de MacCrady, modifiée par Rouas, 1987).
Comme ces deux dernières techniques restent longues et coûteuses à mettre en oeuvre, nous ne les
avons
utilisées que pour déterminer les concentrations bactériennes dans les colonnes pilote, en fin de
biolixiviation (où la faible concentration des populations a exigé son utilisation).
Les milieux solides utilisés pour le dénombrement des suspensions bactériennes à faible
concentration (1.106 bacté[Link]-1) contenaient pour un litre:
Milieu FeTSB de Johnson et al. (1987) :
Milieu N2K de Dziurla (1991) :
Milieu N3K de Dziurla (1991) :
1,25 g
0,02g
O,SOg
7,00g
20,0g
0,25g
2,00g
0,02g
0,40g
S,OOg
20,0g
3,00g
0,02g
0,40g
S,OOg
20,0g
(NH4)2S04
KzHP04
MgS04.1HzO
Agarose Type 1 Low EEO (Sigma)
FeS04.7H20
TSB (Tryptone soya broth)
pH du milieu = 2,30
(NH4)zS04
KzHP04
MgS04.7H20
Agarose Type 1 Low EEO (Sigma)
FeS04.7H20
pH du milieu = 2,30
(NH4)2S04
K2HP04
MgS04.7H20
Agarose Type 1 Low EEO (Sigma)
FeS04.7H20
pH du milieu = 2,30
Le suivi indirect du nombre des bactéries totales en suspension par dosage des protéines est
réalisé par la méthode de Lowry, qui permet une estimation du nombre de bactéries en suspension à
des
concentrations supérieures de 1.1()8 bacté[Link]-1• Il s'agit d'un dosage spectrophotométrique de la
solution protéique (sur le lysat centrifugé en utilisant la réaction avec le réactif de Polin Ciocalteu) à
750nm (voir annexe II § [Link].1). L'élaboration d'une droite de Beer-Lambert, établissant le rapport
linéaire entre l'absorbance à 750 nm et la concentration de protéine (en [Link]-1) a fourni un
étalonnage
pour l'estimation de la croissance des bactéries en suspension (figure 11.3). En fait, la concentration en
protéines dans le lixiviat augmente d'une façon similaire à la concentration des bactéries en suspension
(figure 11.4).
Cette méthode a été finalement choisie pour suivre la croissance bactérienne au cours des
expériences de biolixiviation réalisées en pilote industriel, ceci en fonction du matériel et de
l'équipement disponibles en site minier, et en l'absence d'autres techniques de dénombrement.
49
Matériel et Méthodes
D0750nm
0,4 ...,------------------.....
0 20 40 60 80 100 120 140
protéine (~glml)
Figure II. 3. Lois de Beer-Lambert de la concentration en protéine pour la densité optique
mesurée à À.= 750nm (dosage des protéines dans NaOH/HCl 4N par la méthode de Lowry).
(Bactéries/ml)e+8 Protéines (~glml)
100T------------------------------------v1000
10
100
1
10
,1 -Il- Bactéries
-o- Protéines
,01 1
0 7 14 21 28 35
Temps (jours)
Figure II. 4. Evolution du nombre des bactéries en suspension et de la concentration des protéines
dans le lixiviat (après lyse des bactéries en suspension) au cours de la biolixiviation d'une pyrite
"pure" en réacteur agité (T=30°C, 2%[poids] solides, pyrite [Link]).
50
Matériel et Méthodes
II. 1. 3. 2. Estimation du nombre des bactéries fixées aux surfaces minérales
Une méthode de désorption mise au point au Centre de Pédologie Biologique (Picquot et
Berthelin, 1991, Dziurla, 1991) nous a permis d'estimer le nombre de bactéries fixées sur la surface
minérale, et de comparer leur viabilité et leur état énergétique avec les bactéries en suspension. TI est
ainsi possible de suivre l'évolution de l'adhésion des bactéries au cours des cinétiques de biolixiviation,
de constater l'influence de l'état de surface du minéral et l'influence de la fixation sur l'avancement de
la lixiviation, et d'étudier la distribution spatiale dans un lit minéral des différents types de bactéries
en fonction de leur force d'adhésion aux particules minérales.
Le protocole mis en place (voir annexe II§ [Link].2) permet d'abord de séparer les bactéries
faiblement fixées aux grains minéraux et les bactéries localisées dans les eaux interstitielles par simple
lavage avec le milieu de culture, et ensuite de "désorber" les bactéries fortement fixées aux surfaces
minérales par un traitement au Tween 80 à 10% [voL/vol.] et agitation au vortex. Les dénombrements
bactériens respectifs (sur les solutions de lavage et de "désorption") sont assurés par comptage direct
en
cellule de Thoma pour les populations supérieures à 106 bacté[Link]-1 et en milieux solides pour
celles
inférieures à ce nombre.
Les traitements au Tween accompagnés de l'agitation au vortex se sont révélés nécessaires
pour libérer les bactéries fortement fixées au minéral. En fait, dix à cent fois plus de bactéries ont été
désorbées par ce traitement chimique et physique en comparaison avec un simple lavage au milieu
minéral. Néanmoins, ce résultat n'est pas en accord avec les résultats obtenus par Southam et
Beveridge
(1992) qui ont trouvé que l'agitation au vortex est suffisante pour récupérer les bactéries attachées aux
surfaces minérales. Quoi qu'il en soit, cette méthode permet d'estimer le nombre de bactéries fixées
quand leur nombre est supérieur à 5.103 bacté[Link]-1 minéral.
II. 1. 3. 3. Détermination de l'état énergétique des bactéries
La quantification de l'A.T.P. par bioluminescence obtenue à partir de suspensions
bactériennes permet non seulement de déterminer l'état énergétique des bactéries, mais aussi d'estimer
le nombre des bactéries vivantes. La technique utilisée est fondée sur le système luciferine-luciferase,
dont la réaction enzymatique produit une émission lumineuse qui est mesurée à l'aide d'un
luminomètre
ou photofluorimètre (voir annexe II§ [Link].3).
II. 2. MINERAUX, CONCENTRES ET :MINERAIS SULFURES
Différents substrats minéraux ont été utilisés pour les expériences de biolixiviation mises en
place. L'emploi de phases minérales "pures" de pyrite et d'arsénopyrite s'est avéré nécessaire, d'une
part, pour mieux comprendre les phénomènes qui se produisent lors de la lixiviation des minerais ou
des
concentrés contenant ces deux sulfures, et d'autre part, pour évaluer le rôle des paramètres opératoires
lors de la biolixiviation statique des sulfures.
51
Matériel et Méthodes
En raison de l'impossibilité de disposer pour ce travail d'un stock de minerai sulfuré aurifère
réfractaire brut, les études de biolixiviation en laboratoire ont été réalisées en utilisant un minerai
sulfuré aurifère non réfractaire et quatre minerais "reconstitués" préparés par le mélange de concentrés
industriels (français et étrangers) ayant différent dégré du caractère réfractaire et de quartz. Par
contre, l'étude de la biolixiviation de sulfures en pilote industriel a été effectuée uniquement avec un
minerai sulfuré aurifèrenon réfractaire de même origine que celui utilisé en laboratoire. L'utilisation
de tels concentrés industriels a été bénéfique pour ce travail étant donné les teneurs et les natures de l'or
différentes dans chaque concentré.
II. 2. 1. Substrats minéraux "purs"
La pyrite (Fe~) utilisée comme modèle, correspond à des cristaux cubiques originaires du dépôt
sédimentaire de Logrofio, Espagne. Elle contient des impuretés mineures dont l'arsenic est la plus
importante (0,3% As, voir tableau 11.1). La composition chimique ponctuelle de la pyrite, déterminée à
la microsonde électronique, et la composition chimique de l'échantillon de pyrite après broyage et
homogénéisation sont regroupées dans le tableau II.l. La pyrite est utilisée après lavage acide (HCI
3N), pour éliminer des impuretés superficielles, broyage à sec dans un broyeur en carbure de tungstène, et
tamisage par voie humide. La fraction 32 - 53 [Link] est retenue pour la plupart des expériences de
biolixiviation en systèmes agités, et une fraction inférieure à 2,0 mm pour les expériences en colonnes.
Pyrite "Espagne" Arsénopyrite "Panasquera"
composition chimique composition chimique de composition chimique composition chimique de
ponctuelle obtenue à la la fraction broyée et ponctuelle obtenue à la la fraction broyée et
microsonde électronique hom<>S~ énéisée microsonde électronique homofl~éisée
Fe 46,51% Fe 43,66% Fe 33,03% Fe 29,8%
s 52,68% s 49,15% s 18,03% s 18,8%
As 0,40% As 0,33% As 48,97% As 47,7%
Sb <L.D. Sb 23ppm Sb <L.D. Sb 52ppm
Au 0,3ppm Au <L.D. Au 0,1ppm
Cu 15ppm Cu 9,0ppm
Co 127ppm Co 10ppm
Cr 105ppm Cr 33ppm
Ni 481ppm Ni 2ppm
Bi 30ppm Bi 489ppm
Pb 55ppm Pb 25ppm
Zn 241ppm Zn 49ppm
S04 3,70% S04 0,1%
Oxydes• 1,85% Oxydes• 0,28%
Total 99,61% Total 98,80% Total 100,09% Total 96,75%
Tableau 11.1. Composition chimique de la pyrite et de l'arsénopyrite "pures" utilisées comme
modèles pour les expériences de biolixiviation.
(Oxydes• = Si~+ Al~ + CaO+ K20 + MgO+ MnO + P20s + Tiû:l)
L. D. = Limite de détection de l'instrument sous les conditions analytiques utilisées (voir tableau
V.2)
52
Matériel et Méthodes
L'arsénopyrite (FeAsS) provient du gisement pegmatitique de Panasquera, Portugal. Les
cristaux sélectionnés sont à 98% de l'arsénopyrite, et le restant correspond à des inclusions de
bismuthinite, bismuth natif et lôllingite. Aucune zonation chimique au sein des grains n'est visible au
microscope électronique à balayage. L'arsénopyrite a subi le même protocole de préparation que la
pyrite. La composition chimique de l'arsénopyrite utilisée est notée dans le tableau IT.l. Le déficit de
fer (d'environ 3%) trouvé par l'analyse chimique de la fraction broyée est dû probablement à un erreur
analytique lors du dosage.
II. 2. 2. Concentrés sulfurés aurifères
Les quatre concentrés sulfurés sont d'origine et de nature différentes, le premier (concentré n° 1) ne
contenant que de l'or métallique facilement récupérable par cyanuration (voir tableau V.3). Les
concentrés n° 1, 4 et 5 correspondent à des concentrés obtenus par flottation industrielle. Le concentré n° 2
a été préparé au laboratoire par flottation d'un ancien rejet de cyanuration industrielle, suivie d'une
concentration par liqueurs denses. n est à noter l'absence de l'échantillon n° 3 car il n'a pas été utilisé
dans le cadre de cette étude. La composition chimique des concentrés sulfurés aurifères est résumée dans
le tableau IT.2.
Concentré Concentré Concentré Concentré
n°1 n°2 n°4 n°5
Au (ppm) 90,0 49,5 24,5 108,0
Fe (%) 22,57 27,52 36,90 16,50
As (%) 10,82 0,58 9,35 10,48
S total (%) 18,73 38,20 42,30 18,50
S sulfures (%) 18,73 37,84 41,70 18,48
504 (%) n.d. 1,08 1,87 0,05
Pb (ppm) 1456,0 375,0 5915,0 2160,0
Zn (ppm) 845,0 1650,0 7710,0 2600,0
01 (ppm) 297,0 450,0 555,0 670,0
Sb (%) n.d. 0,010 0,0795 4,700
Ag (ppm) 90,0 131,0 28,0 23,0
C03 (%) n.d. 0,40 0,40 1,71
C total (%) 1,08 0,08 0,20 0,98
Si02 (%) 27,20 21,30 4,10 27,30
Al203 (%) 7,60 4,12 0,44 6,14
Tableau 11.2. Composition chimique des concentrés aurifères sulfurés utilisés pour les expériences
de biolixiviation en réacteur et pour reconstituer les minerais sulfurés (n.d. = non déterminé).
Les distributions granulométriques des quatre concentrés sulfurés aurifères, ainsi que des deux
fractions d'un échantillon de pyrite "pure" broyée utilisée comme référence sont montrées dans la figure
IT.5. Ces courbes indiquent qu'au moins 90% des particules sont inférieures à [Link], ceci étant valable
pour tous les concentrés. Les deux concentrés avec la granulométrie la plus fine sont les concentrés n° 1 et
5
(Dso d'environ [Link]), tandis que pour les concentrés n° 2 et 4le Dso est d'environ 8o,.t.m. Quoi qu'il en
soit
la granulométrie fine de tous les concentrés doit permettre une oxydation optimale des sulfures, avec une
vitesse d'oxydation attendue plus rapide pour les concentrés n° 1 et S.
53
Matériel et Méthodes
1 10 100 1000
diamètre des particules (microns)
10000
pyrite "pure" <2mm
pyrite "pure" <[Link]
Figure II. 5. Distribution granulométrique des échantillons utilisés pour les essais de biolixiviation
(%cumulé).
Les deux minerais tout-venant disponibles utilisés, le premier pour les expériences en laboratoire
et le deuxième pour les essais en site industriel, proviennent du même gisement, d'où leur composition
minéralogique et chimique très similaire. Ces deux minerais correspondent aussi au concentré n° 1. Même
si ces deux minerais et le concentré n° 1 ne contiennent que de l'or métallique, leur présence ici est
nécessaire pour l'étude de l'influence de certains paramètres non disponibles dans les autres concentrés
(granulométrie et libération des sulfures, influence de la gangue, différents rapports [arsénopyrite] 1
[pyrite], ... ).
La plupart des expériences de biolixiviation en colonnes au laboratoire sont effectuées avec des
minerais "reconstitués" à partir des concentrés et de sable quartzeux de Fontainebleau de haute pureté
et de granulométrie comprise entre 100 et [Link] (PROLABO, France). Le tableau II.3 résume la
composition chimique des deux minerais tout-venant et des quatre minerais reconstitués.
Minerai Minerai Minerai Minerai Minerai Minerai
Tout-venant Tout-venant Reconstitué Reconstitué Reconstitué Reconstitué
(laboratoire) (site minier) n°l n°2 n°4 n°5
Au (ppm) 8,20 8,90 3,21 1,63 0,56 5,09
Fe (%) 2,87 2,70 0,806 0,904 0,839 0,777
As (%) 0,637 0,61 0,386 0,019 0,213 0,494
S total (%) 1,44 0,98 0,669 1,255 0,962 0,871
S sulfures (%) 1,40 0,96 0,669 1,243 0,945 0,870
Sb (%) 0,0059 0,0032 n.d. <0,001 0,002 0,221
C03 (%) 4,20 1,00 n.d. 0,013 0,009 0,081
Si02 (%) 59,50 72,75 =97,00 =97,00 =97,00 =97,00
Tableau II. 3. Composition chimique du minerai tout-venant et des minerais reconstitués utilisés
pour les expériences de biolixiviation en colonne (n.d. = non déterminé).
54
Matériel et Méthodes
Il est à noter la teneur relativement élevée en carbonates des minerais tout-venant disponibles.
Cette teneur en carbonates peut entrainer une consommation non négligeable en acide pour mettre en
place les conditions de pH nécessaires pour l'activité optimale des bactéries acidophiles oxydant le fer
(pH= 1,80).
Le chapitre V propose une étude minéralogique de détail pour chacun des concentrés et minerais
utilisés.
II. 3. DISPOSITIFS EXPERIMENTAUX
II. 3. 1. Dispositifs de Laboratoire
II. 3. 1. 1. Réacteurs
La plupart des cultures agitées de laboratoire ont été réalisées en réacteurs constitués par
un flacon sérum de SOOml contenant 400ml de pulpe minérale, agitée entre 400 et 500 rpm à l'aide
d'une
turbine en Téflon à double flux (figure II.6). Un ensemble de huit réacteurs était disposé à l'abri de la
lumière dans un bain thermostaté à 30°C.
Moteur
d'agitation
(500 tpm)
Figure II. 6. Coupe schématique du réacteur à turbine utilisé pour les expériences de biolixiviation
de sulfures en laboratoire.
55
Matériel et Méthodes
En général, ces expériences en réacteur se sont déroulées avec des pulpes de densité de 2% [poids]:
8g de sulfures (pyrite et/ou arsénopyrite et/ou concentré sulfuré) pour 400ml de milieu de culture. Le
flacon sérum du réacteur contenant le milieu de culture était stérilisé à l'autoclave pendant 20min à
l20°C avant l'inoculation et l'ajout du substrat minéral. L'oxygénation de la pulpe a été assurée par la
rotation de la turbine (Mustin, 1992).
D'autres réacteurs de grande capacité (1500ml) du type Sovirel (SVL 25) ont été utilisés afin
d'obtenir une plus grande quantité de résidu de biolixiviation de pyrite, d'arsénopyrite et d'un concentré
sulfuré aurifère nécessaires pour des études de caractérisation (spectroscopie Môssbauer) ou de
réactivité chimique (étude de l'interaction avec le cyanure). L'agitation de la pulpe (250 à 350 rpm)
était assurée par une hélice axiale à deux pales, fabriquée en verre et polypropylène, couplée à un
moteur (figure II.7). L'oxygénation a été régulée à 50 [Link]-1 de débit d'air à l'aide d'une pompe à
diaphragme et distribuée par tube de verre fritté vers la pulpe minérale après filtration (0,4Sf..[Link]). La
température a été maintenue à 30°C par circulation d'eau thermostatée dans une double enveloppe. Les
expériences réalisées dans ce deuxième type de réacteur contenaient à l'origine 40g de solides et
1400ml
de milieu de culture (milieu M2).
moteur ( 250 tpm)
aération fourni::e--==~===~
par une pompe
flltre 0,45pm
pH-mètre
électrode combinée
tube fritté ...,..__ réacteur type Sovirel
(1500 ml de capacité)
Figure II. 7. Coupe schématique du réacteur à hélice (de grande capacité) utilisé pour les
expériences de biolixiviation de sulfures en laboratoire.
56
Matériel et Méthodes
IL 3. 1. 2. Colonnes de percolation
La mise en place d'expériences de lixiviation en colonnes conduit à l'utilisation de
matériaux dont la granulométrie varie en fonction de la taille de la colonne, ce qui représente une
meilleure approche des applications industrielles .possibles. C'est ainsi que deux types de dispositifs
expérimentaux ont été utilisés en laboratoire pour les expériences de biolixiviation en systèmes
statiques, en fonction de la taille des colonnes.
ter Dispositif, colonnes PC (Petites Colonnes) : Ce sont des colonnes de verre de 50mm de
diamètre intérieur et de 300mm de haut. Elles sont remplies d'un minerai reconstitué par 300g de sable
et 6g de sulfure (pyrite "pure", arsénopyrite "pure" ou mélange pyrite + arsénopyrite sous forme de
concentré), ce qui représente une hauteur de lit de 100mm. Au-dessus du minerai, une couche de sable
de
40mm de hauteur (120g) assure une bonne répartition de la solution lors de la percolation. A la partie
inférieure est disposé un lit de sable de 30mm de hauteur (80g). Chaque couche est séparée par une
toile
filtrante en polyamide de 100J,Un de porosité (UGB, France). La solution percolante est reçue dans un

réservoir de verre contenant à l'origine 400ml de milieu de culture (figure ll.8) . ..


minerai 8 reconstitué 9
(306g) 9
::t:
Toile à bluter
porosité lOOprn
flacon contenant la solution
percolante (400 ml)
sable
(120g)

t
(80g)
sable

pompe péristaltique
Figure II. 8. Dispositif expérimental pour les colonnes percolées (PC = petite colonne en verre) de
laboratoire.
57
Matériel et Méthodes
Le débit d'arrosage de la solution sur la colonne est assuré par une pompe péristaltique
(ISMATEC), munie de tubes Manifold en Tygon et C-flex. Toutes les colonnes sont placées dans une
chambre thermostatée à 30°C à l'abri de la lumière.
2ème Dispositif, colonnes GC (Grandes Colonnes) : ll comportait des colonnes en PVC (Polyvinyl
Chloride) transparent de lOOmm de diamètre intérieUr et de SOOmm de haut. Elles ont été remplies de
bas en haut par SOOg de sable, 3,67kg de minerai reconstitué ou de tout-venant et Sg de laine de
verre.
L'ensemble du substrat solide avait une hauteur de 320mm (figure II.9). Avant de couler dans le
réservoir en Nalgène, la solution était filtrée par une toile en polyamide de lOOJ,Un de porosité, située
au-dessous du lit de sable. Le réservoir contenait à l'origine 2000ml de milieu de culture.
lO..,.O.. _ m__m_e_ __ .,..
...
minerai reconstitué ou
tout-venant
(3,60kg)
flacon contenant la solution
percolante (2000ml)
sable
(500g)
pompe
péristaltique

1
Figure II. 9. L'installation de laboratoire pour les colonnes percolées (GC = grandes colonnes de
laboratoire en P.V.C.).
58
Matériel et Méthodes
L'arrosage a été assuré par une pompe péristaltique Masterflex 1-100 tours, munie de tubes
Masterflex en C-flex. Toutes les colonnes ont été placées dans une chambre thermostatée à 30°C.
Étant données les deux principales difficultés techniques souvent rencontrées pour la mise en
place d'expériences de lixiviation en colonnes de laboratoire portant sur la durée des expériences et la
présence de zones à différent gradient physique ou chimique dans les profils, les colonnes PC ont été
utilisées (i) pour définir les conditions opératoires de la biolixiviation statique de sulfures, (ii) pour
suivre l'évolution et l'activité des populations bactériennes, et (iii) pour comparer les cinétiques de
biolixiviation des différents minerais (tout-venant et reconstitués). Les colonnes GC ont été mises en
place pour l'étude de la distribution de l'or et de la formation de précipités dans les lits statiques après
l'attaque bactérienne.
ll. 3. 2. Dispositifs en Pilote Industriel
n. 3. 2. 1. Culture agitée
La production des bactéries nécessaires pour inoculer les dispositifs de biolixiviation
statique en pilote industriel a été réalisée dans une cuve en PVC de 250 l de capacité contenant 200 1
de
pulpe minérale, agitée à 200 rpm à l'aide d'un système axial à double hélice, fabriqué en PVC.
L'ensemble a été thermostaté à 32°C et oxygéné par de l'air filtré et désinfecté.
n. 3. 2. 2. Colonnes percolées
Le dispositif utilisé pour les essais de lixiviation bactérienne en pilote industriel sur site
minier comprend des colonnes en PVC transparent de 0,24m de diamètre intérieur et de 1,80m de
haut. Le
fond des colonnes était muni d'une grille en acier inoxydable, d'un feutre Bidim (polyester) et d'une
toile de 1ÜÜJ.I.m de porosité permettant de retenir le minerai dans la colonne. Elles sont remplies de
119kg d'un minerai sulfuré aurifère tout-venant constituant un lit minéral avec une hauteur de 1,75m.
Le
réservoir en polypropylène de 30 l de capacité, au-dessous de la colonne, contenait à l'origine 10 l de
la
solution lixiviante. L'arrosage a été assuré par une pompe péristaltique à débit réglable. Toutes les
colonnes ont été placées dans une chambre sans régulation de température (la température a varié entre
15 et 25°C).
59
Matériel et Méthodes
II. 4. 1. Etude de la biolixiviation de sulfures en laboratoire
II. 4. 1. 1. En systèmes agités
La fraction minérale broyée non-stérile est introduite dans le réacteur disposant déjà du
milieu de culture stérile. Les bactéries utilisées pour l'inoculum proviennent de culture en pleine phase
exponentielle de croissance sous forme d'un concentré bactérien suffisant pour avoir un nombre initial de
bactéries égal à l.t07bacté[Link]-1. Des prélèvements périodiques du lixiviat ont permis de suivre la
concentration de fer, d'arsenic et de soufre totaux en solution, ainsi que le nombre de bactéries en
suspension au cours des cinétiques de lixiviation. A chaque prélèvement, 2ml de solution ont été
récupérés du réacteur pour les analyses chimiques et lOOJ,ll pour le dénombrement bactérien au
microscope optique en cellule de Thoma. Les pertes par évaporation de la solution du réacteur et par
prélèvement ont été compensées par ajout de milieu de culture stérile avant d'effectuer le prélèvement
de la solution. Ceci a été pris en considération pour corriger les concentrations réelles.
Pour caractériser la fraction minérale au cours de la biolixiviation (observation au
microscope électronique à balayage, étude des phases superficielles par spectroscopie Infrarouge,
détermination du nombre de bactéries fixées, ... ), entre 50 et 300~g de solide ont été prélevés
périodiquement dans quelques expériences (ou traitements expérimentaux).
Des mesures périodiques du pH et du potentiel d'oxydoréduction de la solution du réacteur
ont été réalisées à l'aide d'électrodes combinées de pH INGOLD (KCII AgCl saturées) et d'une
électrode de platine. En fin de biolixiviation (en général, après 60 jours d'attaque), le résidu solide a été
récolté par filtration et lavage à l'eau acidulée (pH=1,4) puis à l'eau distillée sur un préfiltre en fibre
de verre 1,0~ de diamètre de pores (MSI, U.S.A.). Des conditions strictes de stérilité n'ont pas été
adoptées, ceci en fonction des dispositifs expérimentaux et des conditions expérimentales mis en oeuvre.
Les bactéries autres que Thiobacilles ne représentaient que 2% du nombre total de bactéries en
suspension en fin de biolixiviation.
II. 4. 1. 2. En systèmes statiques
Les colonnes ont été remplies avec les minerais reconstitués ou tout-venant non stériles.
Dans tous les cas, le minerai a été versé doucement dans les colonnes afin de minimiser la ségrégation
des particules de sulfures dans le profil. Avant d'introduire les bactéries dans le dispositif, le milieu de
culture stérile a été placé dans le réservoir et mis en percolation pendant 24 ou 48 heures afin
d'homogénéiser les conditions d'humidité à l'intérieur du lit minéral. Dans le cas du minerai toutvenant,
un lavage acide du minerai par une solution diluée de H2S04 a été nécessaire pour dissoudre les
carbonates minéraux consommateurs d'acide, présents à l'origine dans le minerai (4,2% C0J). L'ajout de
H2S04 a été maintenu jusqu'au moment où la valeur du pH de la solution percolante est restée inférieure
à 2,0.
60
Matériel et Méthodes
Les bactéries sont apportées sur la partie supérieure du solide à l'intérieur de la colonne,
sous forme d'un concentré de suspension bactérienne à 1.1010 bacté[Link]-1, pour avoir un nombre
initial
de bactéries qui varie entre 1.1()6 et 1.109 bactéries.g-1 de substrat.
L'étude de l'oxydation bactérienne de minéraux sulfurés en colonnes de laboratoire a été
assurée par le suivi de la concentration des éléments en solution (fer, arsenic et soufre), du pH, du
potentiel d'oxydoréduction et du nombre des bactéries en suspension. Avant chaque prélèvement de la
solution, la perte par évaporation a été compensée par ajout de milieu de culture. Chaque expérience
en
colonne a été mise en place et suivie en double, sauf une expérience considérée comme "témoin",
réalisée
à 8 répétitions afin d'évaluer la répétitivité des résultats (voir chapitre IV).
II. 4. 2. Etude de la biolixiviation de sulfures en pilote industriel
II. 4. 2. 1. En systèmes agités
Les cultures agitées contenaient 20kg d'un concentré sulfuré (semblable chimiquement et
minéralogiquement au concentré n°1) provenant d'une usine de flottation et 200 1 de milieu de culture
(M2). Le milieu de culture à été stérilisé en deux étapes : d'abord une désinfection de 180 1 d'eau par
barbotage d'ozone, suivie de la stérilisation par ébullition de 20 1 du milieu de culture concentré 10x.
Les
bactéries sont apportées dans le milieu de culture ainsi "stérilisé", sous forme d'un concentré de
suspension bactérienne provenant de culture en pleine phase de croissance exponentielle pour avoir
une
concentration initiale dans le fermenteur de 1.107 bacté[Link]- 1. Les bactéries apportées à l'origine
dans le fermenteur correspondaient à des Thiobacillus ferrooxidans issus d'une souche préalablement
adaptée au concentré n°1.
La détermination du nombre de bactéries en suspension dans le réacteur pilote a été
effectuée par le suivi de la concentration en protéines dans le lixiviat (voir§ ll.1.3.1). Quand le nombre
de bactéries en suspension a atteint une valeur supérieure à 1.10S bacté[Link]-1, la suspension
bactérienne en "phase exponentielle de croissance" a été récupérée par décantation du substrat minéral.
La suspension bactérienne ainsi récupérée contenait, avant inoculation des systèmes percolés, environ
15% de bactéries autres que les Thiobacilles.
II. 4. 2. 2. En systèmes statiques
Avant de commencer l'oxydation bactérienne du minerai tout-venant, des lavages acides du
minerai par des solutions de H2S04 ont été réalisés afin de dissoudre les minéraux carbonatés
consommateurs d'acide, présents à l'origine dans le minerai (1% CO, dans le minerai). L'ajout de
H2S04
a été maintenu jusqu'au moment où la valeur du pH de la solution percolante est restée inférieure à 2,0.
61
Matériel et Méthodes
Le réservoir contenait à l'origine de la biolixiviation 10 1 de milieu provenant de la culture
agitée et contenant les bactéries en pleine phase exponentielle de croissance. La concentration
bactérienne initiale apportée est de 8.107 bacté[Link]-1.
Dans un premier temps, l'étude des systèmes de biolixiviation à l'échelle pilote a été
assurée par le suivi du pH et du potentiel d'oxydoréduction de la solution, de la concentration en
composés nutritifs (N~+, K+, Mg2+, P043-, ... ), des éléments solubilisés (Fe, As et 5), et de la
concentration bactérienne en suspension. La concentration des éléments nutritifs en solution a été
ajustée
au cours de l'expérience aux valeurs initiales du milieu de culture (milieu Mû. L'ajout périodique des
composants nutritifs en poudre dans la solution percolante assurait cette régulation.
Puis, en vue d'étudier la répartition des bactéries à l'intérieur des colonnes (1,75m de
profondeur) au cours de la biolixiviation du minerai, des essais de lavage et de désorption au Tween
80
à 10% [vol./vol.] ont été menés sur des échantillons prélevés à différents niveaux du profil d'une
colonne. En fin de biolixiviation, il était important de déterminer le développement de T.
ferrooxidans
par rapport à l'ensemble de la population bactérienne. Pour ce faire, nous avons recherché la présence
de ces bactéries dans les solutions percolantes et interstitielles, en utilisant les techniques de
dénombrement en milieux solides et liquides spécifiques aux bactéries acidophiles oxydant le fer.
II. 4. 3. Cyanuration en laboratoire
n. 4. 3. 1. Cyanuration dynamique des résidus de biolixiviation
Des expériences de cyanuration en flacon agité ont été effectués (i) pour évaluer l'extraction
de l'or en fonction de l'avancement de la biolixiviation des sulfures porteurs de l'or "invisible", et (ii)
pour déterminer la distribution de l'or dans les profils des colonnes après biolixiviation des minerais
reconstitués.
Les résidus biolixiviés ont été filtrés (préfiltre en fibre de verre 1J..1.m porosité + filtre en
polycarbonate 0,2J..I.m porosité) et lavés trois fois avec une solution acidulée à pH=1,40 afin
d'éliminer
le fer et l'arsenic restant en solution entre les grains minéraux. Ce lavage à pH acide a pour but d'éviter
la précipitation des métaux (Fe et As) en solution lors de la neutralisation et de prévenir la
consommation de cyanure par formation de complexes avec les ions métalliques en solution
(ferrocyanures, ferricyanures, ... ). Les résidus biolixiviés et lavés ont été ensuite séchés à 50°C. Les
essais de cyanuration ont été réalisés en flacons en polyéthylène de 500 ou 2000ml de capacité
pendant
48 heures, en utilisant une concentration initiale en NaCN (Merck, min. 96% NaCN) égale à 0,1 M.I-
1,
une pulpe à 20% de solides et une valeur initiale du pH entre 10,5 et 11,0, ce dernier ajusté avec une
solution de Ca(OH)z lN. L'oxygénation de la pulpe minérale a été assurée par l'agitation et par
l'ouverture régulière et momentanée du flacon. En fin de cyanuration, les résidus lixiviés ont été lavés
avec une solution à pH = 10,5, puis avec de l'eau distillée. Après filtration (préfiltre en fibre de verre
lfJ.m porosité ou double filtre en papier), les solutions et les résidus solides ont été analysés pour
calculer
les bilans d'extraction de l'or.
62
Matériel et Méthodes
II. 4. 3. 2. Cyanuration statique des résidus de biolixiviation
Le suivi des expériences de biolixiviation en petites colonnes de laboratoire sur des
minerais aurifères reconstitués à environ 2% de pyrite + arsénopyrite (dilution des concentrés sulfurés
aurifères dans du sable) a permis tout d'abord, d'évaluer les cinétiques de biolixiviation, et ensuite
d'estimer le rendement d'extraction de l'or déjà libre ou libéré, par le suivi de cyanuration en colonne.
La cyanuration statique (en colonnes percolées) a eu lieu pendant 12 jours sur les minerais
biolixiviés, après triple lavage du minerai par percolation d'une solution acidulée à pH = 1,40 pour
éliminer le fer et l'arsenic qui restent en solution à l'intérieur des colonnes, puis neutralisation de la
solution (pH initial de la cyanuration= 11,0). La concentration initiale de NaCN est égale à 0,1 M.I-1.
II. 5. METHODE POUR LE SUIVI DE LA CONCENTRATION EN CYANURE UBRE
II. 5. 1. Principe de la méthode
Pour suivre la concentration de cyanure libre en solution, nous avons utilisé un système de capteur à
membrane gazeuse pour des espèces sensibles au pH. Ce système est fondé sur le principe de la
diffusion
de composés volatils à travers de membranes microporeuses hydrophobes (Blet et al., 1989, Marion
et
al., 1990).
Dans notre cas, les espèces moléculaires à l'équilibre avec le cyanure dissout (CN- + HCN4q)
peuvent diffuser, à l'état gazeux (HCN8) au travers la membrane. Une solution de NaOH, utilisée
comme liquide vecteur (ou porteur), balaye les parois internes de la membrane en ionisant
complètement
le HCN8 diffusé, et transporte ainsi l'ion correspondant (CN-) jusqu'au système de détection ou
d'échantillonnage situé à l'extérieur du réacteur (figure 1!.10). Toute variation de la concentration en
cyanure libre, enregistrée par la membrane peut être rapportée principalement (i) à la complexation
par des ions métalliques, (ii) à la formation de thiocyanate (CNS-), et (iii) à la volatilisation de
HCN.
solution
du reacteur
pH>lO
liquide vecteur (NaOH) + CNliquide
vecteur (NaOH)
membrane
microporeuse
hydrophobe
Figure II. 10. Principe de la méthode utilisée pour le suivi de la concentration de cyanure libre en
solution à l'aide d'une membrane microporeuse.
63
Matériel et Méthodes
II. 5. 2. Dispositif expérimental
Les expériences sont menées à pH constant dans le réacteur (pH = 10,5) et avec une teneur initiale
en cyanure de 0,1 MJ-1. Le dispositif expérimental utilisé est le même que celui décrit par Marion et
al.
(1990) et possède une membrane qui est directement immergée dans un réacteur (figure [Link]). La
membrane utilisée est en PTFE (Poreflon™ fabriqué par Sumitomo Electric Ltd., Japan), [Link] de
diamètre de pores, 78% de porosité, 2mm de diamètre intérieur, 3mm de diamètre extérieur, et 120cm
de
longueur. La membrane est protégée contre les chocs des particules avec une toile en polyamide de
[Link]
de porosité (UGB, France).
Le réacteur est constitué par une cuve en verre avec une capacité maximale de 1600ml, dont
l'agitation et la température peuvent être régulées. L'agitation est assurée par une hélice axiale en
verre et polypropylène. La température est régulée à 25°C.
Le liquide vecteur correspond à une solution de NaOH à 0,25M qui circule avec un débit de 4
[Link]-1 à l'aide d'une pompe péristaltique (Masterflex de Cole Parmer, USA) couplée à un contrôleur
de
vitesse (Masterflex).
pompe
péristaltique
échantillon du
liquide porteur
(NaOH)+CN
moteur ( 250 rpm)
pH-mètre
électrode combinée
réacteur type Sovirel
(1500 ml de capacité)
membrane avec une
maille protectrice
pulpe minérale +
NaCN
Figure II. 11. Dispositif expérimental utilisé pour le suivi de la consommation de cyanure par les
produits bruts, synthétiques et biolixiviés.
Le pH de la pulpe à l'intérieur du réacteur (pH=10,5) est mesuré par une électrode combinée
avec protection (Ingold No. 9816), reliée à un pH-mètre à affichage numérique (Tacussel PHIT-
NUM).
Le pH du système a été maintenu sensiblement constant et surtout ajusté avant chaque prélèvement par
64
Matériel et Méthodes
ajouts de NaOH 1N et H2504 4N. En effet, le pH joue beaucoup sur la dissociation de HCN et est donc
une variable critique pour la bonne réalisation des mesures.
Les expériences qui concernent l'étude des interactions entre les solutions et les résidus de
biolixiviation et le cyanure (chapitre VII) ont été réalisées à l'aide de ce dispositif expérimental, en
utilisant un volume de 1400ml d'une solution de NaCN à 0,1 M.I-1 (pH= 10,5) et 40g de substrat
solide.
II. 5. 3. Détermination spectrophotométrique de la concentration en cyanure
Le dosage de CN- en solution dans le liquide sortant de la membrane a été réalisé par la méthode
classique pyridine - acide barbiturique décrite par Solomons et Dixon (1983), en utilisant un
spectrophotomètre U.V.-visible Phillips PU 8620. La méthode d'analyse consiste à convertir le CN- en
CNCl par réaction avec la chloramine T, suivie d'une réaction avec un mélange de pyridine et d'acide
barbiturique. La solution finale est de couleur violette qui doit ainsi rapidement être mesurée à 578nm.
Des concentrations de cyanure supérieures à 4,3.1o-6 MJ-1 (pour un échantillon de 1ml) ou de
2,1.10·7 M.I-1 (pour un échantillon de 20ml) peuvent être déterminées dans le liquide vecteur. Ces
concentrations dans le liquide vecteur permettent la détermination d'une concentration d'environ 6.1o-
7
M.I-1 (HCN+CN·) dans le réacteur (Marion, 1992).
II. 5. 4. Substrats solides pour l'étude de l'interaction entre les résidus de biolixiviation et le
cyanure
La pyrite et l'arsénopyrite "pures", utilisées comme modèles, correspondent aux mêmes minéraux
décrits au §TI. 2. 1, à une granulométrie comprise entre 50 et 8Û[Link].
Les résidus de biolixiviation de pyrite, d'arsénopyrite et du concentré sulfuré n° 1 ont été obtenus
après 30j d'oxydation bactérienne des substrats sulfurés par Thiobacillus ferrooxidans, en réacteurs
contenant à l'origine 40g de solides et 1400ml de milieu de culture (milieu Mû.
Le soufre cristallin est un réactif chimique de qualité analytique (soufre sublimé, Merck No.7982),
tandis que le soufre "colloïdal" a été précipité par voie chimique en deux étapes: d'abord, la formation
d'un polysulfure en portant à ébullition du soufre sublimé en présence d'une solution de soude, suivi de
la
précipitation du soufre "colloïdal" par ajout de H2S04.
L'arséniate ferrique (FeAs04) a été précipité aussi en deux étapes: d'abord, l'oxydation d'une
solution de FeS04.7H20 (dissout dans le milieu) avec du peroxyde d'hydrogène suivie de l'ajout d'acide
arsénieux (H3As04), dans des proportions molaires pour reconstituer le FeAs04. Tous les réactifs
utilisés sont de qualité analytique (Merck et Prolabo).
La pureté du soufre élémentaire et de l'arséniate ferrique précipités en laboratoire par voie
chimique a été contrôlée par diffraction de rayons-X, par spectrométrie de rayons-X en dispersion
65
Matériel et Méthodes
d'énergie couplé au M.E.B. et/ou par spectroscopie infrarouge (annexe 1, § A.l.l, § A.1.2 et chapitre
III§
III.2).
IT. 6. ANALYSES COMPLEMENTAIRES ET TRADmONNELLES
II. 6. 1. Analyses chimiques
II. 6. 1. 1. Analyses des solutions de biolixiviation
Les concentrations en Fe, As et S04 en solution dans les suspensions de biolixiviation sont
déterminées par analyse en spectrométrie d'émission ICP (Inductively Coupled Plasma, Jobin Yvon
JY32
du Centre de Pédologie Biologique- CN.R.S., Nancy), en utilisant un standard interne au strontium.
Les
précisions rélatives de dosage obtenues sont d'environ 0,5% pour le fer et 1,0% pour le soufre et
l'arsenic.
Le Feil a été dosé semi-quantitativement par colorimétrie au 2-2'bipyridyl ou par bandelettes
Merckoquant.
La solubilisation des sulfures est exprimée en Fe et As totaux en solution, tandis que celle du
soufre est exprimée en sulfates en déduisant la teneur initiale dans le milieu de culture.
II. 6. 1. 2 Analyses de solides
L'analyse des principaux métaux constituant les échantillons solides a été effectuée en deux
étapes (au S.E.P.A.- COGEMA, Bessines): d'abord, une mise en solution acide au four à micro-ondes,
suivie de l'analyse par spectrométrie d'émission ICP (Jobin Yvon JY70PLUS) pour Fe, As, Sb, et par
spectrophotométrie d'absorption atomique à four (Varian SpectrA 400) pour Au, Pb, Cu et Zn. Le
dosage
de soufre total dans les échantillons solides est effectué par un analyseur Carbone-Soufre (Leybold
Heraeus CSA 2003) après grillage à 450°C.
n. 6. 2. Microscopie électronique à balayage et microsonde électronique
Les phases minérales métalliques majeures et mineures constituant les différents concentrés
sulfurés étudiés ont été déterminées par observation au microscope métallographique des sections
polies
de chaque espèce minérale "pure" et de chaque concentré sulfuré. Ensuite, chaque préparation a été
examinée au microscope électronique à balayage (F.B. Cambridge Stereoscan du Service Commun
de
Microanalyse de la Faculté des Sciences, Université de Nancy D équipé d'un détecteur de
photons X par
dispersion d'énergie Si-Li (Princeton) et d'un détecteur d'électrons rétrodiffusés. Les sulfures majeurs
(pyrite et arsénopyrite) font l'objet d'images en électrons rétrodiffusés pour révéler des différences
dans
la distribution du numéro atomique moyen (Z). Des analyses systématiques à la microsonde
électronique
(SX Cameca du Service Commun de Microanalyse de la Faculté des Sciences, Université de
Nancy D
66
Matériel et Méthodes
sont pratiquées sur ces sulfures majeurs en utilisant une tension de 20 kV à 20 nA, avec des temps de
comptage de 10 secondes.
En vue d'observer au M.E.B. les figures de corrosion développées sur les grains de sulfures au cours
et en fin de l'attaque bactérienne, environ 50mg de· particules minérales ont été prélevés régulièrement
dans les dispositifs de biolixiviation et séchés sous une atmosphère d'azote. En présence de précipités
abondants, les échantillons ont été lavés avec une solution de HCl 6N avant toute observation
microscopique. D'autres échantillons minéraux prélevés dans les dispositifs de biolixiviation ont été
directement traités avec du tétraoxyde d'osmium pendant 14 jours afin d'examiner la présence de
bactéries fixées aux grains minéraux.
II. 6. 3. Spectroscopie Infrarouge
La spectroscopie infrarouge a été employée pour la caractérisation des phases précipitées
formées au cours de la biolixiviation des pyrites et des arsénopyrites. Dans le cadre de ce travail et
comme dans ceux de de Donato (1987), Kongolo (1991) et Mustin (1992), la spectroscopie infrarouge
à
transformée de Fourier (SIRTF) associée à la réflexion diffuse a permis de caractériser la nature des
phases superficielles alors que la spectrométrie infrarouge par transmission a été utilisée pour
caractériser uniquement les phases précipitées.
Les spectres ont été obtenus à l'aide d'un spectromètre infrarouge Bruker IFS88 (Laboratoire
"Environnement et Minéralurgie", ENSG Nancy), équipé d'un détecteur DTGS (Deuterium
Triglycine
Sulfide) pour l'obtention des spectres en Transmission et d'un détecteur MCT (Mercury-Cadmium
Telluride) pour les spectres en réflexion diffuse. Chaque spectre a été enregistré avec un nombre
d'accumulations de 200, entre 2000 et 600cm-1. Les analyses par réflexion diffuse ont été effectués sur
70mg de minéral (séché sous azote) dilué dans 370mg de bromure de potassium finement broyé, tandis
que pour les analyses par transmission seulement 2mg d'échantillon ont été dilués dans 150mg de
bromure de potassium.
Les avantages de l'utilisation de cette technique concerne d'une part sa capacité à caractériser
les produits néoformés dont la faible cristallinité ne permet pas l'identification par diffraction de
rayons-X, et d'autre part, la caractérisation possible des phases superficielles et précipitées puisque la
pyrite et l'arsénopyrite non-oxydées n'ont pas de bandes caractéristiques par spectroscopie infrarouge.
II. 6. 4. Spectroscopie Mtissbauer de 197 Au
Depuis quelques années, la spectroscopie Môssbauer a prouvé sa capacité à caractériser l'état
chimique et minéralogique de l'or contenu dans les minerais, les concentrés ou les produits de
traitement
chimique (Marion et al., 1986, Marion, 1988, Wagner et al., 1989, Friedl et al., 1992). Cette
technique
permet ainsi de savoir si l'or se trouve à l'état métallique (souvent finement divisé ou "invisible" et
donc difficilement identifiable par M.E.B.) ou s'il est lié chimiquement à d'autres éléments (atomes
d'or insérés dans le réseau cristallin des phases majeures, sulfures ou sulfosels), ceci grâce à
l'étude des
environnements électroniques des noyaux d'or et donc à la nature des liaisons formées par ces atomes
67
Matériel et Méthodes
ainsi que leur valence. Bien qu'à l'heure actuelle la nature de l'or chimiquement combiné aux pyrites et
aux arsénopyrites ne soit pas encore complètement éclaircie (Wagner et al.,1989), il est possible de
différencier l'or chimiquement combiné dans le réseau cristallin de la pyrite de celui combiné à
l'arsénopyrite (Marion et al., 1991a). De plus, la mesure sur le spectre des aires relatives des pics
d'adsorption de l'or métallique et de l'or chimiquement combiné, ainsi que la connaissance de la valeur
des facteurs Lamb-Môssbauer permettent le calcul des concentrations relatives de l'or métallique et
combiné dans les échantillons étudiés (Marion et al., 1991a, Remond et al., 1992).
Dans le cas présent, une étude a porté sur les concentrés aurifères avant et après l'attaque
bactérienne afin de caractériser l'état chimique de l'or libéré par l'oxydation du sulfure porteur. Les
analyses par spectroscopie Môssbauer de 197 Au ont été accomplies au Département de Physique de
l'Université de Munich. Le spectre du résidu biolixivié a été réalisé sur échantillon congelé après
récupération des solides par centrifugation à 18 000 rpmn et congélation à -20°C sous azote. Le même
spectre a été obtenu après lyophilisation du produit.
II. 6. s. Analyses granulométriques
Le contrôle de la granulométrie a été effectué au moyen du granulomètre MALVERN
MASTERSIZER (Laboratoire "Environnement et Minéralurgie", ENSG, Nancy). Cette appareil
opère
par diffraction laser et permet d'obtenir la distribution granulométrique en volume des particules
minérales. Le montage optique, comprenant une lentille de focale 300mm, permet d'observer la
distribution granulométrique des échantillons entre 2 et 600J,un.
II. 7. CONCLUSION
Il y a lieu de souligner que cet ensemble de méthodes expérimentales et analytiques mises en
oeuvre pour ce travail a un caractère pluridisciplinaire pour répondre aux questions pris par
ces études
des interactions "microorganismes - solution - minéraux". C'est là une des difficultés d'un tel
sujet mais
aussi une de ses richesses de faire appel à des démarches qui concernent la microbiologie, la
minéralogie, le traitement de minerais et la physico-chimie des systèmes "surface - solution".
68
COMPORTEMENT DES BACTERIES ET
INFLUENCE DE LA NATURE DU
MINERAL AU COURS DE L'OXYDATION
BACTERIENNE DE PYRITE ET
D'ARSENOPYRITE PAR
Thiobacillus ferrooxidans
69
70
Comportement des bactéries et influence du minéral
III. COMPORTEMENT DES BACTERIES ET INFLUENCE DE
LA NATURE DU MINERAL AU COURS DE L'OXYDATION
BACTERIENNE DE PYRITE ET D'ARSENOPYRITE PAR
Thiobacillus ferrooxidans
L'or "invisible" non récupérable par cyanuration présent dans les minerais sulfurés aurifères est
associé à la pyrite et/ou à l'arsénopyrite, les deux sulfures majeurs dans ce type de minerais. Le but de
la bioli:xiviation de ces minerais aurifères est donc d'oxyder ces deux sulfures afin de libérer l'or
"invisible". Les minerais sulfurés sont constitués, cependant, par plusieurs phases minérales autres que
pyrite et arsénopyrite, et donc la cinétique de la biolixiviation des minerais dépendra de l'ensemble
des phénomènes intervenant au cours des réactions des bactéries et des solutions avec le substrat
minéral. Pour mieux comprendre les phénomènes qui se produisent lors de la lixiviation bactérienne
de
ces "systèmes" mixtes à pyrite + arsénopyrite, l'étude préalable de la biooxydation d'échantillons
"purs" de pyrite et d'arsénopyrite est nécessaire.
En ce qui concerne la pyrite, par exemple, les mécanismes de l'oxydation par Thiobacillus
ferrooxidans ont été déjà largement étudiés par certains auteurs (Silverman, 1967, Bennett et
Tribusch,
1978, Chander et Briceno, 1987, Basaran et Tuovinen, 1987, Mustin et al., 1992, voir§ I.4.2).
Cependant,
les résultats obtenus sur l'intensité de l'adhésion bactérienne, sur l'avancement de la dissolution et sur
la formation de phases solides et solubles, différent parfois nettement. Les différences observées
dépendent, entre autres facteurs, de la pureté de la pyrite utilisée et des propriétés cristallochimiques
et physico-chimiques de celle ci. L'utilisation du mot "pyrite" ou "pyritique" n'implique pas dans la
plupart de ces travaux l'emploi d'un échantillon de pyrite "pure" mais, le plus souvent, correspond à
l'étude d'un produit où la pyrite est l'espèce minérale majeure ou une des espèces minérales majeures.
Ce
fait explique les différences observées, notamment sur le phénomène d'adhésion des bactéries au
minéral et sur l'évolution des phases solides et solubles formées au cours de la biooxydation du
sulfure.
ll a déjà été démontré que même deux exemplaires de pyrite minéralogiquement "pure" d'origines et
de
natures différentes ont un comportement distinct au cours de leur bioli:xiviation (Mustin, 1992).
De la même façon, peu de travaux concernent l'utilisation d'espèces minérales "pures" pour
l'étude de la biolixiviation de sulfures en systèmes statiques. La plupart des publications et des
rapports à ce sujet décrivent l'oxydation de minerais polymétalliques où la pyrite est accompagnée
d'autres sulfures de cuivre, de plomb, de zinc ou de nickel (Sanmugasunderam, 1986, Puhakka et
Tuovinen, 1986, Castillo et al., 1987, Ahonen et Tuovinen, 1989, Bhatti et al., 1989, Roy Chaudhury
et
al., 1990). Ce fait a entraîné l'acquisition de nombreux résultats valables uniquement pour le minerai
traité et qui sont peu comparables entre eux. L'emploi de dispositifs de lixiviation simplifiés ne
contenant que des phases minérales pures peut faciliter la compréhension du phénomène de
biooxydation de sulfures en systèmes percolés (statiques).
Dans le cadre de ce travail, l'étude de l'oxydation bactérienne d'espèces "pures" s'avère donc
nécessaire. Pour ce faire, le suivi des populations bactériennes, des cinétiques de solubilisation, ainsi
que de l'évolution des phases superficielles et précipitées a été initialement effectuée dans des
71
Comportement des bactéries et influence du minértd
systèmes de lixiviation agitée qui permettent d'étudier plus facilement les mécanismes de la
biolixiviation des sulfures. Les résultats ainsi obtenus ont été ensuite comparés avec l'évolution des
populations bactériennes et de la mise en solution du fer, du soufre et de l'arsenic au cours de la
biooxydation de minerais reconstitués (contenant 2% d'une pyrite et/ ou d'arsénopyrite "pures") dans
les
systèmes de percolation. La pyrite et l'arsénopyrite utilisées ici correspondaient à des cristaux
automorphes d'espèces "pures", dont la composition et l'origine sont indiquées dans le chapitre II §
II.2.1. L'ensemble des résultats obtenus est regroupé ci-dessous:
m. 1. BIOLIXIVIATION DE LA PYRITE
III. 1. 2. Biolixiviation d'une pyrite "pure" par Thiobacillus ferrooxidans en systèmes agités
Le processus de biolixiviation de cette pyrite a été déjà bien caractérisé par Mustin et al. (1991),
Mustin (1992), et Dziurla (1991). Ces auteurs ont distingué quatre étapes différentes au cours de la
biooxydation de la pyrite, qui sont caractérisées par des modalités biologiques et chimiques
particulières :
1ère étape
La phase de latence est distinguée par la réduction en fer ferreux des espèces ferriques
présentes en solution, la reduction du sulfate ferrique présent sur la surface de la pyrite en sulfate
ferreux et par une diminution sensible du nombre des bactéries en suspension après l'inoculation
(figure m.l.a). Au moins 50% des bactéries totales sont fixées sur la surface de la pyrite.
2ème étape
Cette période est associée à la croissance exponentielle des bactéries libres. La phase
exponentielle de croissance est accompagnée de l'amorçage de la mise en solution du fer et du
soufre (figure m.l.b), de l'oxydation bactérienne du Feil en solution et de l'acidification du
milieu (figure III.l.a). Même si le nombre de bactéries fixées reste identique au cours de la
biolixiviation, leur proportion diminue jusqu'à moins de 10% des bactéries totales. En fait, dans
cette étape, le cycle d'oxydation de la pyrite se met en place grâce à la combinaison :
0 de l'oxydation directe du minéral par les bactéries fixées,
8 de la réduction du Felll en Feil sur la surface de la pyrite,
(9 de l'oxydation bactérienne du Feil en Feil1 en solution par les bactéries libres et
0 de l'oxydation chimique de la pyrite par le Felii (Mustin, 1992).
L'attaque superficielle est dominée par l'apparition de fissures et de différentes phases
superficielles soufrées (5nS2-, Sg, 5042-). La phase de croissance des bactéries en suspension ne
dure que sept jours pour conduire à une population de 109 bacté[Link]-1, qui se maintient stable au
72
Comportement des bactéries et influence du minéral
cours de la période stationnaire. Dans cette étape, les bactéries contiennent en moyenne 2.10-7 ng
A.T.P. par bactérie.
pH (Bactéries/ml)e+7 Fer en solution Sulfate en solution
2,0
1
1,8
1,6
1,4
1,2
1,0
0
(mg/1) (mgll)
1000 5000

n m IV
100
10
2000
1
1000
,1 0
5 10 15 20 25 30 0 5 10 15 20 25 30
Temps (jours) Temps (jours)
-tl- pH -o- Fer
-o- Bactéries en suspension -tl- Sulfate
III. 1. a III. 1. b
Figure III. 1. Evolution du nombre de bactéries en suspension, du pH et des teneurs en fer
et soufre en solution au cours de la biooxydation d'une pyrite "pure" par Thiobacillus
ferrooxidans, en réacteur de laboratoire : fraction [Link].
3ème étape
20000
15000
10000
5000
0
Au cours de cette période, qui correspond à la phase stationnaire, le cycle d'oxydation
amorcé dans l'étape précédente est maintenu et accéléré (figure III.l.b). En dehors des bactéries
fixées qui oxydent le minéral par voie directe, la concentration élevée de bactéries en suspension
permet d'assurer l'oxydation du Feil en peJII qui pourra ainsi oxyder chimiquement le sulfure
(mécanisme d'oxydation indirecte, équations 36 et 37 § 1.4.2). L'oxydation de la pyrite est
caractérisée par l'attaque en profondeur et par l'apparition importante et continue de phases
oxydées superficielles (combinaison Felll - S04 - OH). Les figures de corrosion sont le résultat de
la propagation de pores qui est contrôlée principalement par la cristallochimie du sulfure
(Mustin, 1992). Durant cette phase, les bactéries contiennent 5 fois moins d'A.T.P. que dans la
phase de croissance (tableau III.l). En ce qui concerne les protéines dosées après lyse des bactéries
(voir§ II.l.3.1), leur teneur suit bien la croissance bactérienne et la solubilisation du fer (figure
III.2).
4ème étape
Enfin, la quatrième phase est caractérisée par la diminution de la concentration des
bactéries en suspension, l'apparition de Feil en solution et la présence d'une forte acidité. Au bout
73
Biolixi'Diation de Sulfures
de 25 jours on constate un ralentissement de la solubilisation du fer et du soufre, qui pourrait être
lié d'une part à la diminution de l'activité bactérienne et d'autre part, à la précipitation de
composés du type jarosite, malgré la forte acidification (équation 39 § 1.4.2). A partir de cette
période, la forte acidification du milieu (pH ~ 1,0) peut être responsable de la diminution du
nombre de bactéries. La disponibilité de nutriments minéraux est peut être aussi en cause. Les
bactéries en suspension constituent entre 85 et 95% du nombre total des bactéries, en fin de
biolixiviation.
Protéines
(IJ.g/ml)
(Bactéries/ml)e+S Protéines
(IJ.g/ml)
Fer en solution
(mg/l)
100~------------------------~ 1000 400 ,--------------------------,.~
10
1
,1
,01
0

--
300
100
--o - Protéines Fer

200
10

100 --
--o- Protéines
Bactéries

1
5 10 15 20 25 30 0 5 10 15 20 25 30
Temps (jours) Temps (jours)
III. 2. a III.2. b
Figure III. 2. Courbes d'évolution des bactéries, des protéines en solution (protéines totales
après lyse des bactéries en suspension) et du fer en solution au cours de la biooxydation
d'une pyrite pure en réacteur agité : fraction 32-53f,.Lm.
4000
3000
2000
1000
Ill. 1. 2. Bioli:xiviation d'une pyrite "pure" (minerai reconstitué) par Thiobacillus ferrooxidans
dans les systèmes statiques
Les phénomènes biologiques et chimiques qui se manifestent lors de l'oxydation bactérienne d'une
pyrite pure dans les systèmes agités sont aussi observés au cours de la lixiviation statique d'un minerai
reconstitué avec du sable et la même pyrite (voir dispositif expérimental des colonnes percolées dans
le
chapitre II § [Link]).
Au départ, le nombre de bactéries en suspension subit une diminution sensible 24 heures après
inoculation du minerai avec des bactéries provenant d'une culture en phase exponentielle de
croissance.
Cette diminution est associée à la fixation des bactéries au substrat minéral(= 8.1o6 bacté[Link]- 1 de
minerai, figure ill.3). Au bout de ces 24 heures, les bactéries adhérant aux surfaces minérales
constituent
98% des bactéries totales dans le système (figure III.4, figure 1 planche l). En fait, dans les systèmes
statiques à fluide recirculé, les bactéries colonisent rapidement les surfaces minérales. Ce fait est
principalement dû à la valeur élevée du rapport surface de minéral 1 volume du percolat et à la bonne
74
Biolixi11iation de Sulfures
accessibilité aux surfaces des minéraux, plutôt qu'aux interactions existantes entre les bactéries et les
particules minérales (van Loosdrecht et al., 1989). La phase de latence n'est évidente ni pour les
bactéries libres dans la solution percolante ni pour les bactéries fixées.
nombre de
bactéries
10 8 ~------------------------~
0 10 20 30 40 50
Temps (jours)
-o- bactéries libres dans le lixiviat/ml
60
-Q- bactéries dans les interstices/mg de minerai
--l!r- bactéries fixées/mg de minerai
Figure III. 3. Suivi des populations
bactériennes (fixées et libres) au cours de la
biooxydation d'un minerai reconstitué à 2%
pyrite, en colonne de laboratoire (T=30°C,
débit=90 l.h-1. m -2 , granulométrie pyrite
<2mm, inoculum=5.107 bactéries.g-1 de
minerai, 306g de minerai).
Fréquence
(%)
100~-=~--------------------~
80
60
40
20
1 5 8 12 22 40 60
Temps (jours)
• Bactéries libres dans la suspension percolante
Il Bactéries libres dans les eaux interstitielles
[] Bactéries fixées
Figure III. 4. Distribution des trois catégories
de bactéries au cours de la biooxydation d'un
minerai reconstitué à 2% pyrite, en colonne
de laboratoire <T=30°C, débit=90 I.h-l.m-2 ,
granulométrie pyrite <2mm, inoculum=5.107
bactéries.g·1 de minerai, 306g de minerai).
Entre 5 et 8 jours après l'inoculation, le nombre des bactéries libres (en suspension) dans la solution
percolante et celui des bactéries faiblement fixées sur le minéral ou libres dans les eaux interstitielles
augmente sensiblement. Ceci s'accompagne d'une forte acidification du milieu, de l'augmentation du
potentiel d'oxydoréduction (entre 550 et 630 mY /ECS), ainsi que du début de la solubilisation du fer
(figure III.5). Cette période correspond au développement de la "phase exponentielle de croissance"
des
bactéries libres dans la suspension percolante, et de mise en solution du fer et du soufre. La phase
exponentielle est ici peu marquée pour arriver à une population de 2.107 bactéries.m1-1 dans le lixiviat
à
8 jours, de 5.107 bacté[Link]-1 après 40 jours et jusqu'à 8.107 bacté[Link]-1 à 60 jours. Cette étape
correspond au moins en partie à la deuxième étape de l'oxydation bactérienne d'une pyrite, définie par
l'étude en système agité.
La mise en solution du fer est marquée non seulement par le début de la croissance des bactéries
libres dans le lixiviat, mais surtout par l'augmentation du nombre (et parallèlement du pourcentage)
des bactéries libres dans les eaux interstitielles à l'intérieur du lit de minerai (figure III.5.b).
75
Biolixiuiation de Sulfures
Bactéries libres 1 Fer en solution
ml de solution percolante (mg/1)
~----------------------~~1200
7e+7
1 ()()()
6e+7
Se+7
800
4e+7 600
3e+7
400
2e+7
200
1e+7
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
III. 5. a
Bactéries fixées 1 Fer en solution
mg de minerai (mg/1)
Se+S 1200
7e+5
1 ()()()
6e+5
800
Se+S
4e+5 600
3e+5
400
2e+5
200
1e+5
1e+3 0
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
III. s. c
Bactéries libres dans les eaux Fer en solution
interstitielles 1 mg de minerai (mg/1)
3e+5,_------------------------~1200
3e+5 1 ()()()
2e+5 800
2e+5 600
1e+5 400
200
1e+3 0
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)

---c.-- Bactéries Fer en solution


III. S. b
Figure III. 5. Evolution de la solubilisation du
fer et de la croissance des trois catégories de
bactéries (bactéries libres dans la solution
percolante, bactéries faiblement fixées et
libres dans les eaux interstitielles, et
bactéries fortement fixées) au cours de la
biooxydation d'un minerai reconstitué à 2%
pyrite, en colonne de laboratoire (T=30°C,
débit=90 l.h-lm -2, granulométrie pyrite
<2mm, inoculum=5.107 bactéries.g·1 de
minerai, 306g de minerai).
La solubilisation du fer, qui ne commence que lorsque la phase de croissance exponentielle des
bactéries libres dans la solution percolante et libres dans les eaux interstitielles (ou faiblement
fixées)
est amorcée suggère le rôle majeur de cette catégorie de bactéries pour les systèmes de lixiviation
statique ou au moins leur rôle comme indicateur de la biolixiviation. Le dosage de l'A.T.P. des
bactéries
dans le système encourage cette hypothèse : les bactéries en suspension (libres dans la solution
76
Biolixiviation de Sulfures
percolante et dans les eaux interstitielles) possèdent en phase exponentielle de croissance plus d'A.T.P.
que les bactéries fixées (tableau III.l).
La concentration élevée des bactéries
libres permet sans doute comme en réacteur
d'assurer l'oxydation du Feil en Feiii,
favorisant ensuite le mécanisme d'oxydation
indirecte des sulfures. Néanmoins, une
participation des bactéries fixées à
l'oxydation de la pyrite n'est pas négligeable
car elles contribuent sans doute à la
propagation des pores au sein des grains de
pyrite (figure 2, planche I). Au bout de cette
étape d'attaque bactérienne, la corrosion des
grains de pyrite développe une porosité
intragranulaire importante sans diminution
granulométrique (figure 3, planche I).
Dans cette troisième étape, le nombre
des bactéries fixées reste constant (environ
3.105 bacté[Link]·l de minerai) mais leur
pourcentage diminue de 95 à 75%. Cette
évolution correspond à l'augmentation du
nombre de bactéries libres dans les eaux
interstitielles.
pH Eh (mV!ECS)
650
2,3
600
2,1
550
1,9
500
1,7
450
1,5
400
1,3 350
1,1 300
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
Figure III. 6. Evolution du pH et du potentiel
d'oxydoréduction au cours de la biooxydation
d'un minerai reconstitué à 2% pyrite (T=30°C,
débit = 90 I.h-1.m-2, granulométrie pyrite
<2mm, inoculum=5.107 bactéries.g-1 de
minerai, 306g de minerai).
A.T. P. ([Link]érie·l)
=
Catégorie de bactéries t =
20 jours t 60 jours
fin de phase exponentielle fin de phase stationnaire
de croissance
bactéries libres 1,04.10·9 2,75.10·10
bactéries fixées 5,49. 10-10 6,51. 10-10
Tableau III. 1. Concentration en A.T.P. des populations bactériennes (T. ferrooxidans) au cours
de la biolixiviation en colonne d'un minerai reconstitué à 2% pyrite (T=30°C, débit = 90 I.h-
1.m-2, granulométrie pyrite <2mm, inoculum=5.107 bactéries.g·1 de minerai, 306g de minerai).
77
p 1.1.
PI.2.
PI. 3.
PI.4.
PI. 5.
PI. 6.
PI. 7.
PI. 8.
Biolixivûztion de Sulfures
PLANCHE!
Bactéries (Thiobacillus ferrooxidans) fixées à la surface d'un grain de pyrite
provenant d'une expérience de biolixiviation en colonne. Image par électrons
secondaires au M.E.B.
Bactéries (Thiobacillus ferrooxidans) fixées à la surface d'un grain de pyrite
provenant d'une expérience de biolixiviation en colonne. L'activité oxydante des
bactéries est montrée par la présence des figures de corrosion. Image par électrons
secondaires au M.E.B.
Figures de corrosion en fin de cycle d'oxydation bactérienne sur un grain de pyrite
provenant d'une expérience de biolixiviation en colonne. Image par électrons
secondaires au M.E.B.
Bactéries (Thiobacillus ferrooxidans) enrobées par l'amalgame de précipités
(arséniates ferriques et soufre élémentaire) formés au cours de l'oxydation
bactérienne d'une arsénopyrite en cuve agitée. Image par électrons secondaires au
M.E.B.
Bactéries (Thiobacillus ferrooxidans) enrobées par l'amalgame de précipités
(arséniates ferriques et soufre émémentaire) en fin de cycle d'oxydation
bactérienne d'une arsénopyrite en colonne de percolation. Image par électrons
secondaires au M.E.B.
Bactéries (Thiobacillus ferrooxidans) enrobées par l'amalgame de précipités
(arséniates ferriques et soufre émémentaire) en fin de cycle d'oxydation
bactérienne d'un minerai reconstitué à pyrite - arsénopyrite en colonne de
percolation. Image par électrons secondaires au M.E.B.
Particule minérale (sable) encapsulée par le précipité formé lors de la
biolixiviation en colonne d'un minerai reconstitué avec un rapport [arsénopyrite] 1
[pyrite] = 1,3. Image par électrons secondaires au M.E.B.
Grain d'arsénopyrite en fin de cycle de biolixiviation en colonne du minerai
reconstitué n° 1. L'oxydation bactérienne est contrôlée par la composition chimique
au sein du grain. Image par électrons secondaires au M.E.B.
78

Biolixivüztion de Sulfures
Enfin, le ralentissement de la solubilisation du fer à compter du 40ème jour dans les résultats
présentés (figure III.5) est surtout marqué par la diminution de l'activité bactérienne : les trois
_catégories de bactéries sont déjà en pleine phase stationnaire, ce qui est confirmé par des teneurs en
A.T.P. très similaires. Le Feil apparaît en solution au cours de cette étape.
La distribution spatiale des bactéries fortement fixées est homogène dans tout le profil du lit de
minerai, avec de légères variations de la concentration bactérienne au cours de la cinétique de
biolixiviation (entre 3 et 8.10S bacté[Link]-1 de minerai, figure III.7). Cette valeur est aussi observée
pour le lit de sable au-dessous du minerai reconstitué ce qui explique la distribution homogène des
bactéries fixées. En effet, une grande partie des bactéries fixées semble adhérantes aux grains de sable.
Cependant, le phénomène d'adhésion n'est pas encore expliqué. Grishin et Tuovinen (1989) estiment
que
l'adhésion de Thiobacillus sur des substrats autres que les sulfures est peu importante. En revanche,
DiSpirito et al. (1983) ont déjà observé l'adhésion de ces bactéries à d'autres substrats différents des
sulfures tel que le verre, et Solari et al. (1992) ont même estimé que l'intensité de l'adhésion de T.
ferrooxidans au quartz est seulement trois à quatre fois moins importante que celle à la pyrite.
Par ailleurs, le nombre des bactéries en suspension dans les eaux interstitielles du lit de minerai,
diminue sensiblement avec la profondeur du profil (figure III.7), ceci étant sans doute associé à la
diminution de la concentration en oxygène. Mais leur nombre augmente en fonction du temps de
percolation.
Bactéries libres dans les eaux
interstitielles
Profondeur
(cm)
0
2
4
6
8
10
12
1o4

•• •
sable
couche de

1 1 li 1 \ '! l
'!
1\ ,,

1 \ 1 i 11 \1 11!! J_m . ,. -- 11 ,' i. reconstitué à

;' 1 11 2%pyrite

1 •• .1 11

1 11 111

tOS 106
éfi 1 1 ..
Bacté[Link]·1 solide
Bactéries fortement fixées
Profondeur
(cm)
0
2 couche de

sable l 4

t 6 lit de minéral
reconstitué à
2%pyrite
8
10
12
1o4

,.,.,.,
1I l • : 11 1: 1
1• i1
1ii 1
1•:1

·~· 1 •: '

\11'
'\ 11 1: ''

'· ! ' .W'


tOS

Bacté[Link]-1 solide
106
1--ljour --8 jours -----J.2 jours -----40 jours ·----.. 60 jours
Figure III. 7. Distribution et évolution des bactéries à l'intérieur du lit de minerai en
fonction du temps, au cours de la biooxydation d'un minerai reconstitué à 2% pyrite, en
colonne de laboratoire <T=30°C, débit=90 I.h-l.m-2, granulométrie pyrite <2mm,
inoculum=5.107 bactéries.g-1 de minerai, 306g de minerai).
80
Biolixiviation de Sulfures
Le nombre des bactéries adhérentes aux surfaces minérales est 10 à 100 fois plus grand dans les
systèmes de biolixiviation statique que dans les systèmes agités. Néanmoins, c'est la croissance des
bactéries en suspension et libres ou faiblement fixées dans les eaux interstitielles qui semble le mieux
associé aux cinétiques d'oxydation de la pyrite.
m. 2. BIOLIXIVIATION DE L'ARSENOPYRITE
Bien que le phénomène de lixiviation bactérienne de concentrés sulfurés contenant de
l'arsénopyrite ait été bien étudié en systèmes agités (Karavaiko et al., 1986, Morin et al., 1987,
Groudev et Groudeva, 1988, entre autres), peu de résultats ont été obtenus sur l'évolution des produits
néoformés lors de l'oxydation d'une arsénopyrite pure, et sur l'intensité de l'adhésion spécifique des
bactéries aux surfaces d'arsénopyrite en rapport avec l'oxydation de ce minéral. Dans le cadre de ce
travail, l'obtention de résultats sur l'adhésion bactérienne au cours de la biolixiviation en systèmes
agités d'une arsénopyrite et sur l'évolution des produits solubles et solides néoformés permettra de
mieux comprendre les phénomènes de biooxydation des minerais et concentrés sulfurés contenant de
l'arsénopyrite. Les résultats obtenus sont ensuite comparés à ceux obtenus par la biolixiviation en
systèmes statiques.
m. 2.1. Oxydation bactérienne de l'arsénopyrite en systèmes agités
La biooxydation de l'arsénopyrite en systèmes agités non-continus est caractérisée par les trois
étapes de la croissance d'une population bactérienne :
1ère étape
A la différence de la pyrite, le début de l'oxydation bactérienne d'une arsénopyrite n'est
pas marquée par une diminution du nombre des bactéries en suspension après inoculation avec des
bactéries récoltées en pleine phase exponentielle de croissance, (figure III.8). Bien que la
concentration de bactéries en suspension reste constante(= 1.107 bacté[Link]-1), le nombre de
bactéries fixées (faiblement et fortement) augmente sensiblement à partir du quatrième jour(=
1.106 bacté[Link]-1 de solide). A ce stade de l'étude, il est bon de rappeler que la terminologie
employée quant à la force de l'adhésion bactérie- minéral ("fortement" et "faiblement" fixée) ne
fait réference qu'au nombre de bactéries extraites par désorption à l'eau (bactéries faiblement
fixées) et au Tween (bactéries fortement fixées). Il est plus délicat de donner un réel sens
physique à cette notion. En effet, il n'est pas évident que cela traduise deux populations
réellement différentes de bactéries dans les systèmes agités.
Le nombre de bactéries fixées atteint rapidement une valeur maximale ce qui peut
correspondre à une phase exponentielle de croissance rapide ou à une adhésion lente des bactéries
en suspension, tandis que les bactéries en suspension restent en nombre constant ce qui peut être
considéré comme une phase de latence jusqu'au septième jour. Ceci conduit à une forte diminution
du pourcentage de bactéries en suspension par rapport au nombre total de bactéries, tandis que les
bactéries fixées constituent jusqu'à 85% du nombre total de bactéries à la fin de cette étape (figure
81
BiolixiTliation de Sulfures
III.9). L'adhésion des bactéries à la surface de l'arsénopyrite s'accompagne à la fois d'une forte
et rapide augmentation du potentiel d'oxydoréduction (de 430 à 595 mV /ECS), d'une légère
acidification du milieu (figure [Link]), et d'une faible mise en solution du fer, du soufre et de
l'arsenic (figure [Link]).
Bactéries
1010~--~----~--------------~
1
05
n rn
10 15 20 25 30
Temps (jours)
Bactéries en suspension/ml
Bactéries faiblement fixées/mg
Bactéries fortement fixées/mg
Figure III. 8. Evolution des populations
bactériennes au cours de la biolixiviation en
réacteur d'une arsénopyrite ([Link], pulpe à
2%, T=30"0.
Fréquence
(%)
lOO,.r-----------------------~
80
60
40
20
0 4 7 11 19 30
Temps (jours)
• Bactéries en suspension
• Bactéries faiblement fixées
CJ Bactéries fortement fixées
Figure III. 9. Evolution des populations
bactériennes au cours de la biolixiviation en
réacteur d'une arsénopyrite (53-80j!m, pulpe
à 2%, T =30°0.
Ce fait marque ainsi le début de l'oxydation du sulfure par voie directe. La meilleure
croissance des bactéries fixées est attribuable à leur possibilité de catalyser directement
l'oxydation du sulfure (équations 40 et 41, § 1.4.2), tandis que les bactéries en suspension ne
bénéficient pas encore d'un apport suffisant de Feil en solution. A la fin de cette étape, les
premières figures de corrosion apparaissent dans les zones de fragilité du cristal (marges et
fractures) et se développent suivant les différentes orientations cristallines (macles et zones de
surcroissance, figure 1, planche Il).
2ème étape
A la fin de la première étape, le grand nombre de bactéries fixées a amorcé l'oxydation
directe de l'arsénopyrite, conduisant à la mise en solution d'ions Feil et S042-. La croissance des
bactéries en suspension s'accélère fortement (grâce à la présence de Feil que les bactéries peuvent
oxyder en Fefll) et s'accompagne d'une augmentation du pH, de la mise en solution rapide du fer,
du soufre et de l'arsenic, avec une vitesse de solubilisation plus importante pour l'arsenic (figure
[Link]). Le nombre de bactéries en suspension constitue alors 60% du nombre total de bactéries au
llème jour. L'oxydation accélérée de l'arsénopyrite résulte de la combinaison de deux processus :
l'oxydation directe du minéral par les bactéries fixées et l'oxydation indirecte de l'arsénopyrite
82
Bioli:rivüztion de Sulfures
par le Felll produit par les bactéries en suspension (équations 43 et 44, § !.4.2). Dans cette étape,
la corrosion se développe de façon uniforme sur toute la surface des grains, avec parfois la
présence d'un grand nombre de pores jointifs de section ovoïde (figures 5 et 6, planche II).
pH Eh (mV/ECS)
2,1 650
2,0 600
1,9 550
1,8 500
1,7 450
-c- pH
--.- Eh
1,6 -+--r---r---r--r--.-r---r-or-..,.--,--.-+ 400
0 5 10 15 20 25 30
Temps (jours)
Figure III" 10. Evolution du pH et du potentiel
d'oxydoréduction au cours de la biolixiviation
en réacteur d'une arsénopyrite (53-SO!J.m,
pulpe à 2%, T=30°C).
3ème étape
Espèces dissoutes
(mg/l)
2500

-o- Fe(mg/1) --.- As

2000 -c- S04


1500
0 5 10 15 20 25 30
Temps (jours)
Figure III. 11. Solubilisation du fer, du sulfate et
de l'arsenic au cours de la biolixiviation en
réacteur d'une arsénopyrite (53-SO!J.m, pulpe
à 2%, T =30°0.
Puisque l'oxydation du Feil en Feiii est assurée en grande partie par les bactéries en
suspension (environ 5.10S bacté[Link]-1), l'oxydation indirecte du minéral est largement
favorisée au cours de cette étape. La concentration de Felll, d'Asiii et d'AsV en solution est
sensiblement augmentée. La solubilité du Felll dans la solution de biolixiviation reste toutefois
dépendante de la concentration des autres ions présents (Aslll, As V,~+, S042-, HS04- ... ),de
la température, du potentiel d'oxydoréduction et du pH (Lindstrôm et al., 1992). Les conditions
chimiques de la solution (pH>2,0, Eh= 600 mV /ECS, [Fesolutionl et [ASsolutionl > lg.l- 1) contribuent
ainsi à la précipitation d'arséniates ferriques (équation 45 § !.4.2), dont la composition précise
est une fonction du rapport [Felll]j[AsV] et du pH du lixiviat (Robins, 1988, Krause et Ettel, 1989,
Carlson et al., 1992). L'activité des bactéries fixées est pratiquement inhibée puisqu'une grande
partie de celles-ci est enrobée par les précipités qui recouvrent complètement la surface des
grains (figure 4, planche I et figure 3, planche II). Les bactéries en suspension sont largement
majoritaires et constituent environ 95% du nombre total de bactéries.
A ce stade de la lixiviation, les dénombrements effectués pour les bactéries fixées
(faiblement et fortement) sont considérés avec beaucoup de précautions. En effet, l'interface
solution - minéral est totalement modifiée : les phases oxydées, initialement peu abondantes,
83
Biolixiuüztion de Sulfures
atteignent un développement tridimensionnel important et enrobent de nombreuses bactéries qui
peuvent, au bénéfice d'une légère solubilisation des précipités, être de nouveau libérées dans la
solution.
Bien que les courbes de solubilisation du fer, du sulfate et de l'arsenic atteignent un plateau
en raison de la formation des précipités, la mise en solution du sulfure continue encore lentement.
L'apparition des précipités marque un ralentissement de l'oxydation bactérienne de
l'arsénopyrite (figure Ill. 12). Ce phénomène peut s'expliquer par une diminution du pouvoir
oxydant à la fois de la solution (forte diminution de la concentration de Felll en solution, figure
111.13), le ralentissement et la stagnation de la croissance bactérienne (enrobage par les phases
précipitées) et le développement de phases oxydées et précipitées en surface.
A la fin de cette étape, la teneur en Asiii dans la solution devient importante, tandis que
celle en AsV est faible (analyse effectuée par spectroscopie Raman du lixiviat, Labbé, 1992). Ce
résultat paraît normal si on considère que l'AsV solubilisé a été précipité et l'Asiii n'est plus
oxydé par les faibles concentrations de Felll en solution ou par les bactéries. Durant toute cette
période, la corrosion isotrope des grains est largement favorisée, occasionnant une diminution de
la taille des particules les plus attaqués (figure 7, planche II et figure III. 14).
Total oxydé
(%)
30~------------------------~

-o- Fer
--1&- Arsenic
0 5 10 15 20 25 30
Temps (jours)
Figure III. 12. Pourcentage d'oxydation totale
(quantité en solution + quantité précipitée)
du fer et de l'arsenic au cours de la
biolixiviation en réacteur d'une arsénopyrite
(53-SOjJ.m, pulpe à 2% T=30°Q.
84
Fer en solution
(mgll)
~~------------------------~
2000
0
--a- Fer total
-.- Fer ferreux
10 20 30 40 50
Temps (jours)
Figure III. 13. Evolution du fer total et du fer
ferreux en solution au cours de la
biolixiviation en réacteur d'une arsénopyrite
([Link], pulpe à 2% T =30°C).
Fréquence (%)
35
30
25
20
15
10
5 j
0
1 10
Fréquence (%)
35
30
25
20
15

J
~
10
5
0 . ...
1 10
Fréquence (%)
35
30
25
20
15
10
...... .J
5
0 ....
1 10
Biolixiviation de Sulfures
A
l~

L
100 1000
Taille, J.l.m

c
J
~

~-
100 1000
Taille, J.l.m
E
q
w
100 1000
Taille, J.l.m
85
Fréquence (%)
35
B
30
25
~
20
~
15
10
~
'""
.J \._ .... .
5
0
1 10 100 1000
Taille, J.l.m
Fréquence (%)
35
D
30
25
20
f~
f ~~
15
10
lll'l ....d ~ \_, 5
0
1 10 100 1000
Taille, J.l.m
Figure III. 14. Distribution de la taille des
particules d'arsénopyrite et des produits
solides néoformés au cours de la
biolixiviation en réacteur (fraction 53 -
80J!m, pulpe à 2%, T = 30°0.
A. Arsénopyrite avant bio lixiviation
B. Arsénopyrite biolixiviée pendant 11 jours
C. Arsénopyrite biolixiviée pendant 19 jours
D. Arsénopyrite biolixiviée pendant 30 jours
E. Arsénopyrite biolixiviée pendant 30 jours
et après dissolution acide des phases
précipitées.
Biolixiviation de Sulfures
PLANCHE II
EVOLUTION DE L'ARSENOPYRITE OBSERVEE AU MICROSCOPE ELECTRONIQUE A
BALAYAGE AU COURS DE L'OXYDATION BACTERIENNE
P II. 1. 4 jours de biolixiviation : apparition de fissures.
P II. 2. 11 jours de biolixiviation : apparition de petits trous.
P II. 3. 11 jours de biolixiviation : développement d'une phase superficielle amalgamée
d'arséniates ferriques et de soufre élémentaire.
P II. 4. 10 à 20 jours de biolixiviation : apparition des orientations cristallines (macles)
par le développement de la corrosion.
P II. 5. 10 à 20 jours de biolixiviation : combinaison du développement d'une porosité
intragranulaire importante et de la corrosion contrôlée par les orientations
cristallines.
P II. 6. 10 à 20 jours de bio lixiviation : pores ovoïdes développés par une corrosion
contrôlée par l'orientation cristalline de l'arsénopyrite.
P II. 7. 30 jours de biolixiviation : diminution de la taille des grains d'arsénopyrite et
formation des précipités (arséniates ferriques et soufre élémentaire).
P II. 8. Mélange pyrite - arsénopyrite après 30 jours de biolixiviation en cuve agitée : les
grains de pyrite ont été protégés galvaniquement par l'arsénopyrite, dont la
diminution de taille est très évidente.
86

Biolixiviation de Sulfures
Étude des phases précipités néoformées
Les équations chimiques proposées par les différents auteurs pour représenter l'oxydation
bactérienne de l'arsénopyritè (équations 40 à 45, § 1.4.2) mettent en évidence la présence en solution
de
As042-, AsÜ2-, S042-, Fe2+, Fe3+, ainsi que la précipitation d'arséniate ferrique FeAs04 et de soufre
élémentaire 5°. Cependant, il n'a pas été établi de façon exacte la nature des états de surface
de
l'arsénopyrite lors de l'oxydation bactérienne et l'évolution des produits solides néoformés.
L'utilisation conjointe de la spectroscopie infra-rouge à transformée de Fourier (SIRTF), en réflexion
diffuse et en transmission, de la spectroscopie ultraviolette associée à la chromatographie liquide
haute pression et de la microscopie électronique à balayage a permis de suivre l'évolution de l'état de
surface des grains d'arsénopyrite au cours de la biolixiviation. Cet ensemble de techniques a été
préalablement utilisé pour l'étude de l'oxydation bactérienne des pyrites (Mustin, 1992, de Donato et
al., 1993a, b , Mustin et al., 1993).
La nature des phases oxydées présentes sur la surface de l'arsénopyrite peut être décrite par
l'évolution des spectres infra-rouge de réflexion diffuse montrés dans la figure III.15. Après broyage à
sec et tamisage humide, le profil plat du spectre infra-rouge traduit un faible état d'oxydation
superficielle du sulfure. Après mise en contact avec le milieu de culture (t = Oj) aucun changement
significatif n'est décelable sur le spectre. A quatre jours de biolixiviation, deux massifs apparaissent
sur le spectre infra-rouge centrés respectivement sur 1640 et 1040 cm-1. Ces deux massifs
s'intensifient au
cours du cycle. C'est à partir du 19ème jour qu'ils deviennent parfaitement identifiables. Les massifs à
1040 et 830- 850 cm-1 peuvent être attribués au mélange de deux phases d'une même espèce chimique
unique du type arséniate ferrique FeAs04, à savoir : une forme majoritaire de formule FeAs04.xH20
(x=2) et une forme minoritaire de formule FeAs04.xH20 (x>4). Ces deux espèces constituent sûrement
la
phase pelliculaire visible sur la surface de l'arsénopyrite dès le quatrième jour {figure, planche Il). En
effet, la présence des arséniates ferriques a été confirmé dans ces spectres par étalonnage qualitatif en
utilisant des espèces minéralogiquement "pures" naturelles et synthétiques dont la pureté a été
controlée par diffraction de rayons-X et par spectrométrie de rayons-X en dispersion d'énergie couplée
au M.E.B. (figure III.16).
La bande à 1640 cm-1 attribuable à la vibration de déformation de l'eau structurale traduit
l'état hydraté de l'arséniate ferrique. A 30 jours de biolixiviation, la même observation peut être faite,
mais la comparaison des rapports des intensités intégrées A1040 1 At640 indique une prépondérance
de la
phase plus hydratée de formule FeAs04.xH20 (x>4) qui a une nature amorphe ou à faible cristallinité.
Ce résultat est confirmé par les diffractogrammes de rayons-X (annexe I § !.1.3). La largeur à
mihauteur
du massif à 840 cm-1 peut suggérer la contribution d'une bande supplémentaire liée à une autre
espèce chimique, par exemple le soufre élémentaire dont la bande principale se situe à 846 cm-1.
Enfin,
le massif à 1440 cm-1 apparu à 19 jours correspond à une phase carbonatée apparue sûrement au cours
du
séchage.
La comparaison entre les spectres infra-rouge réalisés par réflexion diffuse et par transmission
renseigne sur l'origine et la localisation des phases chimiques identifiées. Les spectres infra-rouge en
transmission confirment à la fois la composition des phases précipitées, leur rapport d'hydratation et
leur nature de précipité "bien individualisé" non caractéristique d'une phase superficielle (figure
III.17).
88
/3ioli:riviation de Sulfures
Absorbance (AU)
0,92 ----l---------+--------_.,...--------.--
t = 30 jours
0,62
t = 11 jours
t = 7 jours
t = 4 jours
t = 0 jours
~,~.~
sec (t = Oj) ,
0,32 ---1'----------,----------r'---------L-
2000 1500 1000
Nombre d'onde, cm-1
Figure III. 15. Evolution des spectres infra-rouge en réflexion diffuse au cours du cycle de
biolixiviation de l'arsénopyrite (fraction 53- 80 [Link]).
89
Biolixiviation de Sulfures
Absorbance (AU)
2,45 ---if----------1----------';--------,..._
1,45
B
A
0,45 -f------------..---------r---------'...-
2000 1500 1000
Nombre d'onde, cm-1
Figure III. 16. Spectres infra-rouge en réflexion diffuse : (a) de arséniate ferrique
synthétique, (b) de scorodite, (c) de pharmacosiderite et (d) d'arsenic natif dont la
surface est oxydée en scorodite.
90
13iolixiuiation de Sulfures
Absorbance (AU)
0,17
t = 30 jours
t = 19 jours
t = 11 jours
t = 7 jours
2000 1500 1000
Nombre d'onde, cm-1
Figure III. 17. Evolution des spectres infra-rouge en transmission au cours du cycle de
biolixiviation de l'arsénopyrite (fraction 53- 80 J..lm).
91
Biolixiviation de Sulfures
Le profil plat des spectres en transmission après 7 et 11 jours de biolixiviation traduit la nature
superficielle des espèces observées. En revanche, les spectres à 19 et 30 jours indiquent que le signal
observé par réflexion diffuse provient d'une phase d'arséniate ferrique précipitée et non plus
superficielle. La présence de ces phases particulaire.s précipitées dans le lixiviat est confirmée par les
observations au M.E.B. (figure 7, planche ll) et par l'apparition de deux classes granulométriques
supplémentaires dans la pulpe (les particules <[Link]\ correspondant à des particules individualisées du
précipité et les particules entre 8 et [Link]\ à des agrégats de précipités, figure III.14).
En complément à la spectroscopie infra-rouge, la chromatographie liquide haute pression,
couplée à une détection U.V., permet le suivi de la phase soufrée suggérée par l'analyse infra-rouge et
présente à la surface des sulfures (de Donato et al., 1993). Ces auteurs ont montré que le soufre
élémentaire pouvait être extrait sélectivement par le méthanol et quantifié parU. V. en utilisant une
gamme étalon proposée par Mustin (1992). Cette analyse montre déjà à l'origine, la présence d'une
quantité importante de soufre élémentaire sur l'arsénopyrite, comparable à celle mesurée après 50 jours
de biolixiviation d'une pyrite (Qads Ss = 1.10-6 moi.g-1). Dès la mise en contact de l'arsénopyrite
dans
le milieu de culture, la quantité de soufre en surface augmente et s'accroît constamment au cours de la
cinétique de lixiviation (figure III.18). Après 30 jours d'attaque bactérienne, la quantité de soufre
élémentaire ainsi formé est 500 fois plus importante que celle initialement présente. Ce résultat est en
accord avec les observations faites par Buckley et Walker (1988-89), Richardson et Vaughan (1989),
Papangelakis et Demopoulos (1990) et relative à la formation de soufre élémentaire sur la surface de
l'arsénopyrite lors de l'oxydation chimique en milieu acide.
Qads S8
(mol/g)
1,0e-4 .....-------------~1"1
7,5e-5
5,0e-5
2,5e-5
0 5 10 15 20 25 30
Temps (jours)
Figure III. 18. Evolution du film de soufre
superficiel quantifié par chromatographie
liquide et spectroscopie U.V. au cours de la
bio lixiviation en réacteur d'une arsénopyrite
([Link], pulpe à 2%, T=30°Q.
Q précipitée
(mglg)
92
~.....----------------~
30
20
10
0 5 10 15 20 25 30
Temps (jours)
Figure III. 19. Evolution du fer, de l'arsenic et
du soufre superficiels et précipités, néoformés
au cours de la biolixiviation en réacteur d'une
arsénopyrite ([Link], pulpe à 2%, T=30°0.
Biolixiviation de Sulfures
Bien que la quantité de fer et d'arsenic précipitée continue d'augmenter au cours de la cinétique
de lixiviation, celle du soufre atteint un plateau à partir de 19 jours (figure III.19). Ce fait n'est pas
attribuable à l'arrêt de l'oxydation de l'arsénopyrite puisque la solubilisation (faible) et la
précipitation de fer et d'arsenic se poursuivent. Ceci s'explique plutôt par la difficulté d'extraire la
totalité du soufre élémentaire présent, car une fraction de celui-ci se trouve finement mélangé avec les
arséniates ferriques précipités, tel que l'analyse des précipités en spectrométrie de dispersion d'énergie
couplée au M.E.B. l'a montré. De plus, l'abondance de phases superficielles et précipitées (soufre
élémentaire et arséniates ferriques) augmente la surface spécifique de la fraction solide, qui passe
d'une
valeur initiale inférieure à 0,06 m2.g-1 à environ 1 m2.g-1 après 30 jours de biolixiviation.
En résumé, une phase superficielle de type scorodite FeAs04.2H20 se développe en début de
cycle
d'oxydation bactérienne de l'arsénopyrite. Elle est suivie de la précipitation progressive dans
la
solution d'un composé amorphe d'arséniate ferrique très hydraté, favorisée par les fortes
concentrations
en Fefii et Asv. Le développement de ces phases oxydées du fer et de l'arsenic (d'origine
superficielle
et/ou précipitée) est concomitant de l'apparition croissante d'une phase superficielle soufrée
(type 58),
qui en fin de cycle de biolixiviation se trouve amalgamée avec les précipités d'arséniates. Le
tableau
III. 2 résume l'évolution des populations bactériennes, des espèces en solution, des phases
superficielles
et des précipités néoformés au cours de la biolixiviation de l'arsénopyrite.
m. 2. 2. Oxydation bactérienne de l'arsénopyrite en systèmes statiques
L'évolution chimique et biologique mise en évidence lors de la biolixiviation de l'arsénopyrite
dans les systèmes agités, est une fois de plus observée durant l'oxydation bactérienne en colonne de
minerais reconstitués avec du sable et la même arsénopyrite.
Deux résultats restent cependant à souligner dans le cas de la biolixiviation statique d'un minerai
reconstitué contenant uniquement de l'arsénopyrite comme sulfure :
<D La concentration initiale des bactéries en suspension ne subit qu'une faible diminution
au cours de la phase de latence, dont la durée n'est que de quelques jours. La phase
exponentielle de croissance des bactéries en suspension est peu intense et à la fin de
celle-ci, la concentration bactérienne diminue sensiblement, n'étant plus décelable à
la cellule de Thoma (figure III.20.a).
® La chute de la concentration des bactéries en suspension est associée à la
précipitation d'arséniates ferriques et de soufre élémentaire à l'intérieur du lit de
minerai. Ces précipités néoformés non seulement recouvrent les surfaces minérales y
compris celles des sulfures (la formation de précipités est abondante dans le tiers
supérieur du profil de la colonne), mais aussi entraînent la précipitation des
composés nutritifs restant en solution (Nt4+, K+, P043-, 5042-, ... ) en réduisant ainsi
leur concentration dans le lixiviat. De plus, ces précipités constituent une barrière qui
empêche la diffusion de l'oxygène à l'intérieur du lit (Harries et Ritchie, 1981).
93
Minéral
Etape 1 Solution 1 Bactéries 1 Phases
superficielles et 1 Corrosion
précipitées
Fe2+ (+) Phase de latence des Ss (+) Apparition de
Fe3+ (+-) bactéries libres

~
FeAs04.xH20 (x=2) figures de oorroeion
11
Asm (+) Adhésion non immédiate (+) orientées selon zones
As v (+-) àt=4jours: [Link]:P (X>4) de fragilité (marges

pH (-) rlA Bactéries libres < 20% amorphe (-) et fractures} et

Eh (+++) Bactéries fixées • 80% cristallinité


1 Il
t:I:S
Phase exponentielle
§:
Fe2+ (-) mw)Wt§§ li
Propagation de j:j•
Ss (++) (j•
Fe3+ de croissance des pores de section s·

(+++) .. FeAs04.xH20 (x=2) s· loC 1

1 Asill bactéries libres M ovoïde et de :&

(+++) II As v Bactéries libres distribution fi-


""' (+)
(+++) [Link]:P (X>4) Ill
•15à55% homogène selon a:
pH (++) amorphe (+) ?
Eh (=)
Bactéries fixées orientation .~..
·85à45% cristalline
Fe2+ (+++)

Fel+
(+)
F·T· Début de phase oc:; Ss (+++) Corrosion
stationnaire FeAs04.xH20 (x=2) des grains -+ Asm· (++)

(+) diminution
Hi III 1 As v ~Fr· Bactéries libres > 90%

(+}
·~'--- .)!/'. Hactêrlt.'!l flxét.'!l < 10% [Link]:P (x>4) granulométrtquc de11
pH (=}
~··~B·:·B=~:?Jamorphe (+++) particules
Eh (=)
Tableau lll. 2. Description synthétique des différentes phases de l'oxydation d'une arsénopyrite par
Thiobacillus ferrooxidans.
BiolixiTJiation de Sulfures
La diminution de la concentration des bactéries en suspension (libres dans la solution percolante et
dans les eaux interstitielles) ralentit fortement l'oxydation du sulfure : les bactéries de cette catégorie
n'étant plus capables de maintenir la concentration de Feiii dans la solution (augmentation de la
concentration en Feil et diminution de celle en Felli), le mécanisme d'oxydation indirecte est aussi
réduit.
(Bactéries/ml)e+7
0 10
Fer en solution
(mg/1)
20 30 40 50 60
Temps (jours)
III. 20. a
4000 ....... -------------.,
3000
2000
1000
0 10 20
49,03%Fe total solubilisé
30 40 50 60
Temps (jours)
III. 20. c
95
pH
0 10
-o-
-lt-
20 30 40 50 60
Temps (jours)
minerai à 2% pyrite
minerai à 2% arsénopyrite
III. 20. b
Figure III. 20. Comparaison des cinétiques de
biolixiviation en colonne percolée de
minerais reconstitués avec une pyrite "pure"
ou une arsénopyrite "pure" (T=30°C, débit=90
I.h-l.m-2, granulométrie pyrite et arsénopyrite
<2mm, inoculum=5.107 bactéries.g·1 de
minerai, 306g de minerai).
Biolixiviation de Sulfures
m. 3. BIOLIXIVIATION DE SYSTEMES MIXTES A PYRITE+ ARSÉNOPYRITE
III. 3. 1. Biolixiviaüon de systèmes mixtes à pyrite + arsénopyrite en systèmes agités
L'oxydation bactérienne de mélanges constitués de pyrite et d'arsénopyrite montre, en général, la
même évolution des paramètres biologiques et chimiques que la biolixiviation de la pyrite, tout en
distinguant en même temps l'influence de l'arsénopyrite (figure III.21).
(Bactéries/ml)e+7
1000 -------------.....
100
10
1
0 5 10 15 20 25 30
Temps (jours)
III. 21. a
Fer en solution
(mg/1)
6000
5000
4000
3000
2000
1000
0
0 5 10 15 20 25 30
Temps (jours)
III. 21. c
96
pH
0 5 10 15 20 25 30
Temps (jours)
--D- Pyrite "pure"
-- 63,9% Py + 19,7% Aspy
III. 21. b
Figure III. 21. Comparaison des cinétiques de
biooxydation en réacteur de laboratoire d'une
pyrite "pure" et du concentré n° 4 (63,94%
pyrite + 19,73% arsénopyrite) (T=30°C, 32 -
53f.1m, inoculum=5.107 bacté[Link]-1 , pulpe
minérale à 2%).
Biolixiviation de Sulfures
La phase de latence est caractérisée par le maintien du même nombre de bactéries en suspension
tout au long de cette phase. L'absence apparente d'une fixation rapide des bactéries aux particules de
sulfure du concentré peut être expliquée par la présence de Feil en solution dès la mise en contact du
substrat minéral avec le milieu de culture, ce qui doit stimuler la croissance rapide des bactéries en
suspension. TI n'est pas exclu que l'adhésion des bactéries sur les surfaces minérales puisse être
progressive, mais ce phénomène n'est pas observé sur la courbe de croissance des bactéries en
suspension
en raison de l'apparition rapide de la phase exponentielle de croissance.
Bien que la croissance bactérienne soit similaire au cours de l'oxydation de la pyrite et de celle
du mélange sulfuré, la mise en solution du fer et du soufre est non seulement plus rapide mais aussi
plus
importante pour les mélanges de pyrite + arsénopyrite (figure III.21.c et III. 22). En effet, en présence
de
pyrite, l'oxydation de l'arsénopyrite est rapide et complète, ceci pouvant être expliqué par l'oxydation
préférentielle de l'arsénopyrite par effet galvanique CKaravaiko et al., 1986), même en absence de
contact direct permanent entre les grains (Lawrence, 1990). Cette oxydation préférentielle est bien
visible dans nos expériences, que ce soit par contrôle en analyseur d'images (tableau III. 3), ou bien
par
observation au M.E.B. (figure 8, planche II). Après 30 jours de biooxydation, les grains d'arsénopyrite
montrent une forte diminution granulométrique produite par l'intense corrosion des grains (figure
III.23),
tandis que les grains de pyrite ne montrent que des traces du début de l'attaque bactérienne (figure 8,
planche II).
Fer en solution
mgll
0 5 10 15
-tl- 100% arsénopyrite
20 25 30
Temps (jours)
-D- 50% arsénopyrite + 50% pyrite
Figure III. 22. Solubilisation du fer au cours de la
biolixiviation en réacteur d'une arsénopyrite et
d'un mélange arsénopyrite + pyrite (53-80~m,
pulpe à 2%, T=30°Q.
97
Fréquence (%)
ro~------------------------~
45
30
15
0
0 30 60 90 120
Taille des Particules (microns)
11 Arsenopyrite
• Pyrite
Figure III. 23. Analyse granulométrique par
analyseur d'images du résidu biolixivié d'un
mélange 50% pyrite + 50% arsénopyrite
(granulométrie initiale = 53 - 80~).
Biolixiviation de Sulfures
Reconstitution minérale, %
50% arsénopyrite + 50% 50% arsénopyrite +
pyrite, sans régulation 50% pyrite
du pH (pH régulé = 1,70)
(pH de 1,8 à 0,9)
Arsénopyrite biooxydée 48,83 36,77
Arsénopyrite non biooxydée 1,17 13,28
Pyrite biooxydée 18,28 18,86
Pyrite non biooxydée 31,73 31,14
Total 100,00 100,00
Tableau III. 3. Reconstitution des résidus biolixiviés par analyse d'images, après 30 jours d'attaque
bactérienne en réacteur ([Link], pulpe à 2%, T=30°C).
Dans le cas des résultats du tableau III.3, il ne semble pas utile d'invoquer l'effet galvanique
pour expliquer l'oxydation préférentielle de l'arsénopyrite : d'une part, ce minéral est, à toute valeur
de pH, plus oxydable que la pyrite (Gonzalez, 1987), et d'autre part, une augmentation de l'acidité du
milieu à partir de pH = 2,0 se traduit par une oxydabilité accrue de l'arsénopyrite alors que celle de la
pyrite reste inchangée (courbes intensité - potentiel non publiées : Marion, P., communication
personnelle).
Les concentrations en fer, soufre et arsenic en solution sont déjà "stationnaires" en fin de phase
exponentielle de croissance, résultat de la précipitation de soufre élémentaire et des arséniates
ferriques (figures III.21.c et III. 22), même si l'acidité du milieu est très similaire à celle de la
biolixiviation de la pyrite (figure III.21.b). A la différence de la biolixiviation de l'arsénopyrite pure,
une concentration plus importante de fer ferrique reste toujours en solution lors de la biolixiviation des
mélanges pyrite + arsénopyrite, même après précipitation des arséniates ferriques (figure III. 24).
Le suivi de l'état de surface des grains minéraux au cours de la biolixiviation par spectroscopie
infra-rouge en réflexion diffuse montre l'apparition importante d'une phase superficielle d'arséniate
ferrique dès les premiers jours de l'attaque bactérienne d'un mélange à pyrite+ arsénopyrite (figure
III.26). La comparaison des rapports des intensités intégrées At040 1 At640 indique la prépondérance
de
la phase superficielle peu hydratée, de formule similaire à la scorodite FeAs04.xH20 (x"" 2), dans les
premières étapes de la biolixiviation, et de la phase amorphe plus hydratée de formule FeAs04.xH20
(x > 4) en fin de biolixiviation. D'une façon similaire à la biolixiviation de l'arsénopyrite, l'espèce
amorphe correspond à une phase précipitée d'arséniate ferrique dont la nature particulaire est
confirmée par observation au M.E.B. et par analyse granulométrique (figure III. 25). La production de
soufre élémentaire est constante tout au cours de la cinétique de biolixiviation, et à la fin de celle-ci, la
concentration de soufre élémentaire est suffisante pour être observée sur diffractogramme de rayons-
X.
98
BiolixiTJiation de Sulfures
Fer en solution
(mg/1)
0 10 20
-a-- Fer total
-.- Fer ferreux
30 4{) 50
Temps (jours)
Figure III. 24. Evolution du fer total et du fer
ferreux au cours de la biolixiviation en
réacteur d'un mélange arsénopyrite +pyrite
([Link], pulpe à 2%, T=30°Q.
Fréquence (%)
25,--------r------~--------,
1 10 100 1000
Taille des particules, J.l.m
-a-- Pyrite "pure"
--e- Conoentré à 63,9% Py + 19,7% Aspy
Figure III. 25. Analyse granulométrique des
pulpes minérales après 30 jours de
biolixiviation en réacteur d'une pyrite "pure"
et d'un concentré sulfuré contenant à
l'origine 63,9% de pyrite et 19,7%
d'arsénopyrite (granulométrie initiale = 53 -
80J.!.m).
En résumé, une oxydation préférentielle de I'arsénopyrite est observée en présence de pyrite
ce qui
entraîne une rapide formation de phases superficielles et précipitées d'arséniates ferriques et
de soufre
élémentaire. Bien que la formation de précipités conduise au ralentissement des cinétiques
oxydatives,
la présence de pyrite favorise une continuité de la bio lixiviation grâce au mécanisme
d'oxydation
indirecte par le fer ferrique.
En effet, la stoechiométrie de la précipitation des arséniates ferriques étant la même que celle
de
FeAsS dissous, l'oxydation de la pyrite ne peut que dégager un excédent de [Link] soluble dans
les
conditions de pH de travail (pH < 1,80). L'effet galvanique du couplage intermittent de pyrite
-
arsénopyrite et la présence de [Link] en solution sont deux éléments qui viennent renforcer
l'oxydation de
l'arsénopyrite par rapport aux expériences où celle-ci est seule.
99
Biolixiviation de Sulfures

Absorbance (AU)
0,87--~----------------~----------------~~------------~--

t = 35 jours
t =17 jours
t = 7 jours
t = 0 jours
0,07--~--------------~--------------~~----------~.
2000 1500 1000
Nombre d'onde, cm-1
Figure III. 26. Evolution des spectres infra-rouge en réflexion diffuse au cours du cycle de
biolixiviation d'un mélange 50% pyrite + 50% arsénopyrite (fraction 32 - 53 JJ.m).
100
Biolixiviation de Sulfures
III. 3. 2. Biolixiviation d'un système mixte pyrite-arsénopyrite par Thiobacillus ferrooxidans en
systèmes statiques
Des expériences de biolixiviation en colonnes réalisées à partir de minerais reconstitués avec des
mélanges de pyrite et d'arsénopyrite "pures" à différentes teneurs (dilués dans du sable), nous ont
révélé que l'avancement de la biolixiviation et la formation de précipités à l'intérieur du lit minéral
est une fonction du rapport initial [arsénopyrite] 1 [pyrite] (figure III. 27).
(Bactéries/ml)e+7
0 10
Fer en solution
(%)
0 10
20 30 40 50 60
Temps (jours)
III. 27. a
20 30 40 50 60
Temps (jours)
III. 27. b
101
Arsenic en solution
(%)
00~----------------------~
0 10 20 30 40 50 60
-a- 2% Py Temps (jours)
-- 1,6%Py+0,4%Aspy: [Aspy]/[Py]=0,25
--l!r- 1,4%Py+0,6%Aspy: [Aspy]/[Py]=0,43
--...- 0,4%Py+1,6%Aspy: [Aspy]/[Py]=4,00
-Q- 2%Aspy
III. 27. c
Figure III. 27. Comparaison des cinétiques de
biolixiviation en colonne percolée de
minerais reconstitués avec différentes
proportions de pyrite et d'arsénopyrite
<T=30°C, débit=90 Lh·1.m-2, granulométrie
pyrite et arsénopyrite <2mm,
inoculum=5.107 bactéries.g-1 de minerai,
306g de minerai).
Bioli:rîviation de Sulfures
En effet, des valeurs du rapport [arsénopyrite]/[pyrite] < 0,25 contribuent à des phases de latence
plus longues, caractérisées par une adhésion plus importante des bactéries sur les surfaces minérales,
et
à des cinétiques de solubilisation plus lentes (figure III.27). Cette évolution est similaire à celle
observée pour les minerais où la pyrite est le seul sulfure présent(§ III.1.2). Même si la néoformation
de
précipités est pratiquement négligeable, de longues. périodes d'attaque bactérienne seront nécessaires
pour obtenir des taux convenables d'oxydation de sulfures.
Dans les cas où le minerai est reconstitué avec une valeur du rapport [arsénopyritel 1 [pyrite]
comprise entre 0,25 et 1,00, l'oxydation de l'arsénopyrite et de la pyrite est significativement
favorisée, tandis que la précipitation du fer et de l'arsenic reste faible (tableau III.4). Ce fait facilite
le développement des bactéries libres, assurant ainsi la continuité de l'attaque. Il est évident que plus
la valeur du rapport [arsénopyrite} 1 [pyrite} est grande, plus l'arséniate ferrique et le soufre
élémentaire précipitent sur les surfaces minérales. Dans le cas du minerai à [Aspy} 1 [Py} = 0,818 les
précipités néoformés ne constituent cependant qu'un film de 1 à 3 J..[Link] d'épaisseur.
Bien que des valeurs du rapport [arsénopyrite]/[pyrite] > 1,0 accélèrent au départ l'oxydation de
l'arsénopyrite, la mise en solution rapide de Felll et de AsV facilite la formation de précipités
d'arséniates ferriques, ralentissant ainsi les cinétiques d'oxydation. Les faibles valeurs du rendement
de la biolixiviation sont expliquées par la rapide formation de précipités qui non seulement recouvrent
les surfaces minérales mais aussi enrobent les bactéries, inhibant ainsi leur activité oxydante (figures 5
et 6, planche 1). De plus, les précipités néoformés, de nature amorphe, recouvrent complètement la
surface des grains (figure 7, planche 1), en constituant une couche indurée caractéristique de la
biolixiviation statique de l'arsénopyrite dans la partie supérieure de la colonne. Les analyses par
diffraction de rayons-X et par spectrométrie de dispersion d'énergie couplée au M.E.B. révèlent la
présence d'un mélange de soufre élémentaire et d'un arséniate ferrique (figure III.28).
Rapport %oxydé [Q précipitée]/[Q initiale] x 100
[Aspy]/(Py] Pyrite Arsénopyrite Fe As so

0,000 22,65 - <O,OS <0,10 1,94


0,111 23,55 38,92 o,os 0,10 2,07
0,250 29,25 61,70 0,09 0,20 3,34
0,429 30,12 58,55 0,30 0,61 3,62
0,666 24,29 49,63 0,34 0,46 5,26
0,818 33,09 53,60 0,46 0,50 6,88
1,500 21,68 40,34 0,37 0,31 8,00
4,000 - 50,65 3,74 2,53 12,26
Tableau III. 4. Influence de la valeur du rapport [Aspy] 1 [Py] sur l'avancement de la biolixiviation
de la pyrite et l'arsénopyrite en systèmes statiques et sur la précipitation d'arséniates ferriques
et de soufre élémentaire.
En fin de biolixiviation, le pourcentage de bactéries libres dans la suspension percolante et dans
le lixiviat imprégnant l'intérieur du lit minéral ne dépasse en aucun cas 5% des bactéries totales. De
plus, le nombre de bactéries associées aux eaux interstitielles varie en fonction de la nature du substrat
102
Biolixiviation de Sulfures
et de l'homogénéité de la percolation. La figure III.29 montre que plus il y a de précipités dans la
colonne, moins les bactéries libres ou peu fixées sont présentes dans les eaux interstitielles.
Vert •
0
C Fe
As
Auto-VS ds
205 counts Disp• 1
Preset• Off
Elapsed• 24 secs
Photo 551
Precipite sur colonne de biolixiviation
Minerai reconstitue Concentre No.5
s
Ranse• keY
Fe
Fe
Integral B =
9
10.1H11l 2-93·
Figure III. 28. Analyse par dispersion d'énergie couplée au M.E.B. du précipité formé lors de la
biolixiviation en colonne d'un minerai reconstitué avec un rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] = 1,33.
(Cette analyse correspond au précipité qui encapsule la particule minérale (sable) de la figure 7,
planche !).
composition
[arsénopyrite]/[pyrite] = 0,84 du précipité [arsénopyrite]/[pyrite] = 1,33
(mg/gde
profondeur, cm minerai) profondeur, cm
10
20
30
32
0,65 Fe
0,41As 10
<0,10 5°
0,55 Fe
0,37As 20
<0,10 5°
0,50Fe
0,36As
<0,105°
30
32
1()4 10S 1()6
bacté[Link]-1 de minerai bacté[Link]-1 de minerai
bactéries libres dans les ri bactéries fixées
=== eaux interstitielles L___j
107
composition
du précipité
(mg/gde
minerai)
4,65 Fe
4,30As
1,20 5°
2,30 Fe
2,20As
1,50 5°
2,15 Fe
2,05 As
1,60 5°
Figure III. 29. 1 nfluence des précipités néoformés sur la distribution des bactéries fixées et des
bactéries faiblement fixées ou associées aux eaux interstitielles dans le profil de la colonne en
fin de biolixiviation de minerais reconstitués (T=30°C, débit =50 I.h- 1.m-2, inoculum=2.107
bactéries.g-1 de minerai, 3,5kg de minerai, =-2% de pyrite+ arsénopyrite dans le minerai).
103
Biolixiviation de Sulfures
m. 4. CONCLUSIONS
Contrairement à la pyrite, les bactéries (T. ferrooxidans) n'adhèrent pas immédiatement à
l'arsénopyrite. Ce n'est qu'après quelques jours "d'adaptation" à l'état de surface du minéral que les
bactéries se fixent en grand nombre. Les bactéries fixées constituent alors 80% des bactéries totales.
Les
bactéries fixées oxydent directement le sulfure entraînant l'apparition de Feil, Aslii, As v en solution,
la
formation d'une phase superficielle de soufre élémentaire, ainsi que l'apparition des premières figures
de corrosion qui suivent les zones de fragilité et les orientations cristallines. La phase exponentielle de
croissance des bactéries libres accompagne la mise en place du cycle d'oxydation où le Fel 1 est oxydé
en
Felii par les bactéries libres, tandis que l'arsénopyrite est oxydée préférentiellement par le Felii.
L'oxydation chimique et bactérienne simultanées conduit alors à la mise en solution de Feil et d'As v,
au
développement concomitant d'une phase superficielle de FeAs04.xH20 (x=2) et de la phase
superficielle de soufre élémentaire, ainsi qu'à la propagation de pores de section ovoïde avec une
distribution homogène sur les grains. Enfin, dans la phase stationnaire, les fortes concentrations de
Feiii
et d'AsV entraînent dans les conditions physico-chimiques de la solution, la précipitation de
FeAs04.xH20 (x>4) amorphe. La cinétique d'oxydation est par la suite ralentie en raison d'une
diminution de la concentration en Felll et de l'enrobage des grains et des bactéries fixées par les phases
précipitées amalgamées de soufre et d'arséniates ferriques. Cependant, la corrosion isotrope des grains
est largement avancée conduisant à une diminution de la taille des particules d'arsénopyrite en fin de
bio lixiviation.
L'oxydation bactérienne de substrats minéraux constitués par des mélanges de pyrite et
d'arsénopyrite montre une évolution des paramètres biologiques et physico-chimiques fonction de
l'espèce majoritaire. Néanmoins, l'arsénopyrite est oxydée préférentiellement en présence de pyrite
par effet galvanique. Ce fait conduit au développement rapide des phases superficielles et précipitées
de soufre élémentaire et d'arséniates ferriques. La présence de pyrite favorise cependant une continuité
de la biolixiviation des sulfures grâce à la mise en solution continue de fer ferrique.
Dans les systèmes de biolixiviation statique, on distingue trois catégories de bactéries en
fonction de leur adhésion aux surfaces minérales: (a) bactéries libres dans la solution percolante, (b)
bactéries faiblement fixées et/ou libres dans les eaux interstitielles, et (c) bactéries fortement fixées.
Quelques heures après l'inoculation, 98% des bactéries totales apportées sont adhérentes aux particules
minérales, et au moins 75% des bactéries restent fixées au cours de la biolixiviation d'un minerai
contenant 2% de pyrite. Dans le cas d'un minerai contenant 2% d'arsénopyrite, 95% des bactéries
restent
fixées mais l'adhésion initiale sur l'arsénopyrite est plus lente (1 à 4 jours). Le nombre de bactéries
fixées est assez homogène tout au long de la biolixiviation et dans le profil de la colonne percolée :
entre
lOS et 1o6 bacté[Link]-1 de solide, quelque soit le substrat minéral. La mise en solution du fer et du
soufre
lors de l'oxydation bactérienne d'un minerai contenant 2% de pyrite, est fortement liée à la croissance
et
sans doute à l'activité des bactéries libres dans les eaux interstitielles à l'intérieur de la colonne.
Celles-ci constituent 25% des bactéries totales en fin de biolixiviation.
Enfin, l'avancement de la solubilisation des sulfures par biolixiviation de minerais à pyrite et
arsénopyrite en systèmes statiques est déterminé par la valeur du rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] du
minerai. Plus la valeur du rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] est grande, plus la vitesse d'oxydation de
l'arsénopyrite est importante. Cependant, des valeurs du rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] > 1,00
104
Biolixivilltion de Sulfures
provoquent la formation abondante d'arséniates ferriques et de soufre élémentaire qui recouvrent les
surfaces minérales et encapsulent les bactéries, entraînant un fort ralentissement des cinétiques
d'oxydation. De plus, ces précipités constituent une couche indurée dans la partie supérieure du profil,
qui empêche une bonne percolation du lixiviat et l'accessibilité des bactéries aux minéraux. Des
valeurs
du rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] entre 0,25 et 1,00 peuvent, par conséquent, être considérées
comme les
plus favorables à la biolixiviation de minerais sulfurés à pyrite + arsénopyrite, et 0,25 semble être une
valeur particulièrement intéressante.
Ces résultats ont confirmé l'importance de l'utilisation de phases minérales "pures" pour
l'étude de la biolixiviation de pyrite et d'arsénopyrite en systèmes agités et statiques. Puisque la
libération de l'or par biolixiviation des minerais sulfurés dépend de l'avancement de l'oxydation des
sulfures porteurs, c'est la valeur du rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] qui va déterminer finalement cette
libération. L'étude de la libération et de la récupération du métal précieux en fonction de l'avancement
de la biolixiviation et du type de substrat s'avère donc nécessaire. Cette étude est développée dans le
chapitre VI.
105
Biolixi-oiation de Sulfures
106
ETUDE DES PARAMETRES IMPLIQUES
DANS LA BIOLIXIVIATION DE
MINERAIS SULFURES A PYRITEARSENOPYRITE
EN COLONNES :
DEFINITION DES CONDITIONS
OPERATOIRES
107
108
Définition des conditions opératoires
IV. ETUDE DES P ARAMETRES IMPLIQUES DANS LA
BIOLIXIVIATION DE MINERAIS SULFURES A PYRITEARSENOPYRITE
EN COLONNES:
DEFINITION DES CONDmONS OPERATOIRES
Les tas de minerai ou les stériles miniers constituent des environnements très variables et
extrêmement complexes, dont les propriétés physiques, chimiques et minéralogiques peuvent
influencer
la croissance et l'activité bactérienne ainsi que les vitesses de solubilisation des constituants minéraux.
Dans le chapitre précèdent, l'influence de la minéralogie du minerai, et surtout l'influence du rapport
[arsénopyrite] 1 [pyrite], sur l'avancement de la biolixiviation des sulfures en systèmes statiques ont
été
clairement démontrées. Mais, des paramètres autres que minéralogiques ont aussi une influence sur la
vitesse de l'oxydation bactérienne des sulfures dans ce type de systèmes. En fait, ces paramètres sont
principalement liés aux facteurs limitants de la croissance bactérienne : température, pH, potentiel
d'oxydoréduction, granulométrie et disponibilité du substrat, ... (Kelly et Tuovinen, 1988). Peu de
renseignements précis existent sur l'influence de ces paramètres considérés comme des conditions
opératoires sur la biooxydation des minerais aurifères contenant de la pyrite et de l'arsénopyrite.
Plusieurs modèles ont été proposés pour essayer de caractériser et de prédire les phénomènes
réactionnels qui ont lieu lors de l'oxydation de sulfures à l'intérieur d'un tas ou d'un terril minéral. Mais
ceci seulement pour des minerais de cuivre ou pour des stériles sulfurés. La plupart des modèles
considèrent que l'oxydation des sulfures dépend seulement des cinétiques de réaction à l'échelle
microscopique, c'est à dire celle de la particule minérale (Bartlett, 1973). lls négligent les mécanismes
macroscopiques en estimant que la concentration de l'élément oxydant est homogène à l'intérieur du
tas
en entier. En revanche, d'autres modèles prennent aussi en compte les facteurs macroscopiques, tels
que
la distribution granulométrique (Davis et Ritchie, 1987) ou l'effet de transport par convection des gaz
et
des solutions due aux variations de température (Pantelis et Ritchie, 1990). Quoi qu'il en soit,
l'influence de paramètres tels que la granulométrie, le débit de percolation et la température sur
l'oxydation statique de sulfures est reconnue, mais doit être précisée.
Dans le cadre de ce travail, l'étude des paramètres impliqués dans la biolixiviation des minerais
sulfurés a pour objectif de définir le mode opératoire indispensable pour assurer (i) le bon
fonctionnement d'un dispositif statique en colonnes de percolation et à titre prévisionnel, celui d'un tas
réel, (ii) la croissance optimale et une bonne activité des bactéries, et (iii) l'oxydation optimale des
sulfures. Néanmoins, même si les expériences en colonnes de laboratoire décrivent plus facilement
l'influence des paramètres opératoires, les résultats quantitatifs obtenus, comme par exemple pour le
débit de percolation, ne pourront que difficilement être transposés à l'échelle du tas en raison des
difficultés de mise en oeuvre.
Le suivi de cinétiques de biolixiviation statique réalisées sur des minerais reconstitués à partir de
la pyrite pure (2%) et de mélanges de pyrite et arsénopyrite dilués dans du sable, a permis de préciser
les valeurs de plusieurs paramètres impliqués dans l'oxydation des sulfures par des bactéries de
l'espèce Thiobacillus ferrooxidans.
109
Définition des conditions opératoires
La plupart des résultats présentés ci-dessous ont été obtenus au cours d'expériences réalisées dans
des conditions similaires tant du point de vue biologique (bactéries provenant de la même souche
adaptée, utilisée en pleine phase de croissance exponentielle pour inoculer les colonnes) que physique
(même débit, même taille des colonnes, même granulométrie, ... ) et chimique (même pH initial, même
milieu de culture, ... ). Ce fait permet de comparer la totalité des résultats dans des systèmes où la
difficulté de mise en place et la durée des expériences ne permettent pas un nombre élevé de
répétitions.
Bien que chaque traitement n'ait été réalisé qu'en double, la validité et la reproductibilité des
résultats présentés ici a été démontré par la mise en place d'une expérience "témoin" répétée en double
pendant trois périodes différentes (figure IV.l). Cette expérience "témoin" correspond à la
biolixiviation en colonne percolée d'un minerai reconstitué à 2% pyrite et dont les résultats ont été
largement développés dans le chapitre m § lll.1.2.
Malgré une évolution similaire de la croissance bactérienne, du pH et de la solubilisation du fer
au cours des six expériences de biolixiviation "témoin", deux remarques peuvent être faites à propos
des
deux différences majeures observées :
La première concerne la croissance bactérienne et plus particulièrement, l'intensité de l'adhésion
initiale des bactéries au substrat minéral qui est différente pour chacune des trois séries mises en place
(figure IV.l.a). Ce fait peut être expliqué par des différences de l'état physiologique de la population
bactérienne apportée. Bien qu'une population en phase exponentielle de croissance ait été utilisée pour
inoculer chacune des trois séries, celle-ci pouvait varier en fait du début de la phase exponentielle dans
une des séries à la fin de cette même phase pour une autre série, ce qui fait varier le nombre de
bactéries
en suspension dès les premiers jours, ainsi que leur capacité à adhérer. En revanche, dans chacune des
trois séries, les deux répétitions montrent la même évolution.
En second lieu, la solubilisation du fer montre aussi des différences évidentes, surtout à la fin du
cycle d'oxydation (figure IV.l.c). L'avancement de la solubilisation du fer et de l'oxydation de la
pyrite est sans doute à associer plus précisement au nombre de bactéries initialement fixées et au
nombre
de bactéries libres (dans la solution percolante et dans les eaux interstitielles) au cours de l'attaque
bactérienne.
Mais les résultats regroupés ci-dessous et concernant l'étude de paramètres de la lixiviation ont
été obtenus au cours d'une seule série d'expériences pour chacun des paramètres évalués au
laboratoire.
Les différences observées ne dépendent donc pas de dissimilitudes dans la mise en place des colonnes
et
des conditions expérimentales initiales comme l'état de l'inoculum par exemple.
Certaines conditions opératoires ne peuvent pas être évaluées ou difficilement évaluées en
laboratoire en raison de la dimension des dispositifs expérimentaux mis en place. ll s'agit de l'étude de
l'influence des bactéries autochtones sur un inoculum de Thiobacillus ferrooxidans et surtout, de
l'étude
de l'influence de la constitution du lit minéral (boulettage). Mais ces deux paramètres opératoires ont
été étudiés en dispositifs de plus grande taille de type pilote installés en site industriel (S.E.P.A. -
COGEMA, Bessines).
110
Définition des conditions opératoires
Bactéries/ml e+7
100~-------------------------,
10
1
0 10 20
Fer en solution
(mgll)
30 40 50 60
Temps (jours)
Figure IV. 1. a
3500 ....--------------------....
3000
2500
2000
1500
1000
500
0
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
Figure IV. 1. c
IV.l. INFLUENCE DE LA TE:M:PERATURE
pH
2,5 ..,-------------,
. 2,0
1,5
1,0
0 10 20 30 40 50 60
-o- Colonne 1 série 1
Temps (jours)
--.- Colonne 2 série 1
--l!tr- Colonne 1 série 2
--.- Colonne 2 série 2
-a-- Colonne 1 série 3
-.- Colonne 2 série 3
Figure IV. 1. b
Figure IV. 1. Evolution de la croissance des
bactéries en suspension, du pH et de la
solubilisation du fer au cours de la
biolixiviation d'un minerai reconstitué à 2%
pyrite : expérience "témoin" (T=30°C,
granulométrie pyrite < 2mm, granulométrie
du sable 110 - [Link], inoculum initial = 5.107
bactéries.g-1 de minerai, débit = 90 I.h-l.m-2,
306g de minerai).
On compare les cinétiques de croissance bactérienne et de solubilisation du fer lors de l'attaque à
deux températures différentes : la première, 30°C, considérée comme permettant une activité optimale
pour la souche de Thiobacillus ferrooxidans utilisée, la seconde, 17°C, considérée comme la valeur
111
Définition des conditions opératoires
moyenne qui serait rencontrée dans quelques sites miniers. Evidemment, la population bactérienne se
développe mieux à 30°C, avec une plus courte phase de "latence", caractérisée par une rapide et forte
fixation des bactéries sur le substrat solide, suivie d'une croissance rapide des bactéries en suspension
entre 4 et 10 jours (figure IV.2). Par ailleurs, le nombre de bactéries en suspension reste plus ou moins
constant pendant 50 jours.
A 17°C, une phase de croissance exponentielle est à peine évidente ou est très lente. En fait, on
peut considérer qu'à cette température, la durée de la phase de latence pour les bactéries en suspension
est largement augmentée et la phase d'adhésion n'est pas apparente. La solubilisation du fer est aussi
largement ralentie à basse température, à tel point que seulement 10% de la pyrite est solubilisé au
bout
de60jours.
Bien que la baisse de la température ait diminué sensiblement l'activité oxydante des bactéries,
cette activité n'a pas été complètement inhibée. Les températures testées restent très au-dessus de la
température minimale tolérée par Thiobadllus ferrooxidans pour observer sa croissance et son
activité
oxydante du fer (entre 2 et 4°C, d'après Ferroni et al., 1986, Ahonen et Tuovinen, 1989).
(Bactéries/ml) e+ 7
100~-------------------------,
Fer en solution
(mg/1) o~~ee
10
0 10
-D- T=17"C
-Il- T = 30"C
20 30 40 50
Temps (jours)
Figure IV. 2. a
60
3000 ..,...--------------,
--Q- T = 17"C
2500 -tl- T =30"C
2000
1500
1000
500
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
Figure IV. 2. b
Figure IV. 2. Influence de la Température sur la croissance et l'activité de Thiobacillus
ferrooxidans au cours de la biolixiviation en colonnes percolées d'un minerai reconstitué avec
"pyrite pure" (débit=90 I.h-l.m-2, granulométrie pyrite <2mm, inoculum=5.107bactéries.g-1 de
minerai, 306g de minerai).
35,3%
9,1%
La température de 30°C reste cependant légèrement inférieure à la valeur moyenne rencontrée à
l'intérieur profond des tas de lixiviation et des stériles miniers (32 à 37°C), où les températures
maximales mesurées peuvent atteindre jusqu'à 80°C (Kelly et Tuovinen, 1988). En effet, ces
températures
élevées sont produites par l'oxydation de la pyrite, dont la réaction est exothermique (Harries et
Ritchie, 1981). Bien que des températures égales ou supérieures à 40°C puissent limiter la distribution
112
Définiticm des conditions opératoires
de bactéries mésophiles à l'intérieur du tas, elles ne seraient pas un facteur limitant pour l'oxydation
statique des sulfures. En effet, les températures supérieures à 40°C favorisent la présence et l'activité
d'autres bactéries oxydant le fer :les bactéries thermophiles modérées et les thermophiles extrêmes,
déjà isolées dans ce type d'environnements. De plus, les températures élevées conduisent à la
formation
de phénomènes de convection de l'air à l'intérieur du tas, ce qui augmente la vitesse de transport de
l'oxygène atmosphérique dans le tas, favorisant ainsi le phénomène d'oxydation de sulfures dans le tas
en entier (Pantelis et Ritchie, 1991). Mais, l'influence des températures supérieures à 40°C sur la
biolixiviation des minerais pyriteux ne peut pas être étudiée en colonnes de laboratoire car le
phénomène de convection de l'air est négligeable. A cette échelle, le phénomène de transport de l'air
est le résultat d'un processus en deux étapes : d'abord, la diffusion de l'air au travers les pores du profil
minéral, suivi de la diffusion de l'air à l'intérieur des sites de réaction à l'échelle des particules
(Davis et Ritchie, 1986 et 1987).
IV. 2. INFLUENCE DE LA GRANULOMÉTRIE ET DE L'ACCESSmiLITÉ DES SULFURES
Le suivi de l'attaque bactérienne sur deux minerais reconstitués avec la pyrite broyée à deux
granulométries différentes, a permis d'évaluer l'influence de la taille des particules. Les résultats
obtenus sont en accord avec les prévisions. Le nombre de bactéries en suspension pour la pyrite plus
fine
(< 250 [Link]) est légèrement inférieur à celui observé avec la pyrite< 2 mm (figure IV.3). Le nombre de
bactéries fixées à la surface de la pyrite est effectivement plus élevé quand les surfaces disponibles
sont
plus importantes, et la concentration des bactéries en suspension devient relativement plus faible. A ce
phénomène d'adhésion plus important associé aux particules plus fines correspond une solubilisation
du
fer initialement plus rapide car après cette phase de latence plus longue les vitesses d'oxydation
deviennent voisines. Après 60 jours, les concentrations en fer des solutions se rapprochent. Une
granulométrie des sulfures plus fine va donc permettre d'accélérer les cinétiques de solubilisation.
Cependant, cette constatation n'est valable que si les sulfures sont complètement libérés, c'est à dire,
complètement accessibles aux solutions et aux bactéries.
Il était nécessaire de comparer des cinétiques d'oxydation pour évaluer l'effet de la maille de
broyage sur un minerai réel. La biolixiviation d'un minerai sulfuré tout-venant concassé < 20 mm ( où
seulement un faible pourcentage de la pyrite et de l'arsénopyrite est libéré) est comparée avec l'attaque
d'un minerai reconstitué avec du sable et du concentré sulfuré (<15ÜJ.I.m) préparé à partir du même
minerai (où la presque totalité des sulfures est libérée). Après 80 jours de fonctionnement, la
croissance
bactérienne et la solubilisation du fer sont respectivement faible et nulle pour les minerais avec les
sulfures non libérés (figure IV.4). Une croissance significative des bactéries n'est décelable qu'après le
SOème jour pour le minerai tout-venant.
Evidemment, le paramètre "granulométrique" va toujours dépendre de la maille de broyage
nécessaire pour libérer le maximum de sulfures et les rendre accessibles aux suspensions bactériennes.
Une réduction granulométrique assez poussée restera donc nécessaire pour rendre les sulfures
accessibles
aux bactéries. Toutefois, les fines particules minérales, générées lors du concassage, peuvent ensuite
empêcher la percolation optimale des solutions lixiviantes. Dans ces conditions, le boulettage du
minerai peut assurer une bonne percolation du lixiviat. L'influence du boulettage sur la biolixiviation
des sulfures a été étudié dans des dispositifs de percolation de plus grande taille en site industriel (§
IV.9)
113
Définition des conditions opératoires
(Bactéries/ml)e+7 Fer en solution
(mgfl)
Pyrite
oxydée
100~------------------------,
10
1
,1 0
0 10 20 30 40 50 60 0 10 20 30 40 50 60

Temps (jours) Temps (jours) --


--tr- Minerai reconstitué à 2% pyrite <250!Jm
Minerai reconstitué à 2% pyrite <2nun

Figure IV. 3. a Figure IV. 3. b


Figure IV. 3. Influence de la granulométrie du sulfure libéré sur la croissance et l'activité de
Thiobacillus ferrooxidans au cours de la biolixiviation en colonnes percolées, d'un minerai
reconstitué avec 2% de "pyrite pure" (f=30°C, débit=90 l.h·1.m·2, inoculum=5.107bactéries.g·l
de minerai, 306g de minerai).
(Bactéries/ml)e+7 Fer solubilisé
(%)
100~------------------------~
10
1
,1
,01
0 20 40 60 80 0 20 40 60 80
Temps (jours) Temps (jours)
-CJ- Minerai tout-venant< 20mm
-Il- Minerai reconstitué avec conc. n°1 < 150!Jm
Figure IV. 4. a Figure IV. 4. b
51,0%
49,0%
Figure IV. 4. Influence de la libération des sulfures et de la granulométrie sur la croissance et
l'activité de Thiobacillus ferrooxidans au cours de la biolixiviation en colonnes percolées, de
minerais sulfurés tout-venant et reconstitué (T=30°C, débit=90 l.h·1.m·2, inoculum=5.107
bactéries.g-1 de minerai, 3,5kg de minerai, 6,37% Py+Aspy).
114
Définition des conditions opératoires
IV. 3. INFLUENCE DU NOMBRE INITIAL DE BACTÉRIES
Des colonnes de biolixiviation ont reçu des concentrations croissantes d'inoculum bactériens (3) et
des colonnes "témoin" n'ont reçu aucun inoculum (figure IV.S.a). Les bactéries ensemencées à la plus
faible concentration (1.106 bactéries.g-1 de substrat solide) montrent une courbe de croissance
exponentielle dès le début de la percolation. Ceci peut être attribué à l'état énergétique de l'inoculum
(déterminé par dosage de l'A.T.P.) et au petit nombre de bactéries initiales. En fait le nombre de
bactéries en suspension est pratiquement le même pour les inoculum à 1.1o6 et 5.107 bactéries.g-1 de
substrat à partir du quatrième jour de la biolixiviation. Puis pour ces deux concentrations bactériennes
les courbes de croissance en suspension sont complètement similaires tout au long des cinétiques. Pour
l'inoculum à fort apport de bactéries (1.109 bactéries.g-1 de substrat), le nombre de bactéries en
suspension diminue au départ mais reste plus ou moins constant, pour ensuite diminuer à compter du
SOèmejour.
(Bactéries/ml)e+7
1000 -------------.....
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
Figure IV. 5. a
Fer en solution
(mg/l)
3500
3000
2500
2000
1500
1000
500
10 20 30 40 50
Pyrite
oxydée
60
48,4%
40,5%
38,8%
31,3%
sans inoculation
Temps (jours)
inoculum=1e+6 bact./g de substrat
inoculum=5e+7bact./g de substrat
inoculum=1e+9 bact./g de substrat
Figure IV. 5. b
Figure IV. 5. Influence de l'Inoculum sur la croissance et l'activité oxydante de Thiobacillus
ferrooxidans, au cours de la biolixiviation en colonnes percolées, d'un minerai reconstitué avec
2% de "pyrite pure" <T=30°C, débit=90 I.h-1.m-2, granulométrie pyrite <2mm, 306g de minerai).
En ce qui concerne le témoin sans inoculation, on observe l'apparition de bactéries décelables en
suspension à partir du 15ème jour, et dès le 25ème jour le nombre de bactéries en suspension est
pratiquement le même que pour les deux autres inoculum. Il s'agit très certainement de bactéries déjà
présentes dans le substrat minéral (pyrite) et qui se révélent efficaces.
115
Définition des conditions opératoires
Compte tenu du résultat obtenu sur les bactéries en suspension, on peut considérer que le nombre de
bactéries dans tout le système (bactéries en suspension dans les eaux percolantes, bactéries libres dans
les eaux interstitielles et bactéries fixées) doit être pratiquement le même pour les deux inoculum les
plus faibles quelques jours après l'ensemencement puisque le substrat minéral est exactement le même.
Toutefois, il y aura lieu de vérifier cette fixation en fonction du nombre de bactéries présentes et de
l'inoculum apporté. En ce qui concerne l'inoculum important, la diminution initiale des bactéries en
suspension, sensiblement plus importante et se manifestant plus tardivement (figure IV.5.a) qu'avec
l'inoculum 5.107 bactéries.g-1 de substrat, est attribuée à la fixation des bactéries sur les surfaces
minérales. Le nombre des bactéries en suspension est sans doute toujours limité par la disponibilité des
nutriments, ce qui ne se manifeste qu'à partir du 50ème jour.
Le nombre final des bactéries en suspension n'est pas trop différent malgré des apports bactériens
initiaux différents, mais leur activité révèle plus de différences, en particulier au cours de la phase de
latence. Les courbes de solubilisation du fer ont la même allure sauf en début de percolation où la
vitesse
de dissolution du fer est plus rapide pour les inoculum les plus importants (figure IV.5.b). TI semble
aussi
qu'on pourrait améliorer le rendement d'extraction du fer par un apport plus grand de nutriments pour
les concentrations initiales de bactéries plus élevées. Par ailleurs, la solubilisation initiale plus lente
pour le témoin non inoculé est bien sûr à associer au nombre et à l'état énergétique des bactéries,
puisque
les inoculum provenaient de cultures en pleine phase de croissance pour les traitements inoculés tandis
que pour le témoin non inoculé les bactéries étaient à l'état de repos et en nombre plus faible.
Les résultats obtenus ici sont en accord avec ceux de Rouas (1987), qui considère comme nécessaire
d'introduire des suspensions bactériennes suffisamment abondantes pour que le nombre de bactéries
libres soit dès le départ élevé puisque ces bactéries semblent jouer un rôle majeur à partir de la phase
de
croissance exponentielle. Les fortes concentrations bactériennes apportées vont réduire la durée de la
phase de "latence" de l'oxydation du fer et de la dissolution des sulfures.
IV. 4. INFLUENCE DU DÉBIT D'ARROSAGE
Puisque des valeurs du débit de percolation très importantes sont nécessaires pour maintenir une
homogénéité des réactions lixiviantes dès le sommet jusqu'au fond de la colonne (Auck et Wadsworth,
1973), trois débits d'arrosage différents ont été comparés (figure IV.6). La dissolution du fer est
largement améliorée à des débits compris entre 90 et 180 I.h-l.m-2 (3 à 6 [Link]-1 pour les dispositifs
de
laboratoire utilisés), assez importants en comparaison avec le débit moyen utilisé pour l'arrosage d'un
tas industriel (25 à 30 I.h-l.m-2) dans les systèmes de lixiviation chimique. Ce résultat pourrait
sembler
normal si l'on considère que les valeurs de débits plus importants facilitent l'apport de l'oxygène
dissout à l'intérieur de la colonne : pourtant, dans la mesure où le transport de l'oxygène est fait
principalement par diffusion à l'intérieur de la colonne (Harries et Ritchie, 1981), le facteur débit ne
devrait pas avoir une importance majeure. Par contre, les cinétiques de solubilisation similaires
obtenues pour les deux débits les plus importants peuvent aussi être expliqués en fonction du degré de
saturation de liquide dans les colonnes : au moins 50% des pores y sont saturés de liquide dès le
départ.
Plus le film d'eau existant entre les surfaces réactives et les pores intergranulaires est important, plus le
transport des réactifs et produits de réactions est assuré, et plus les cinétiques de solubilisation sont
rapides (Auck et Wadsworth, 1973, van Grinsven et van Riemsdijk, 1992).
116
Définition des conditions opératoires
Cependant, les courbes de croissance des bactéries en suspension ne montrent pas la même
évolution que les cinétiques de solubilisation du fer. La phase de latence la plus longue est obtenue
pour
le débit à 180 I.h-1.m-2. Des débits d'arrosage proches de 90 I.h-1.m-2 sont retenus pour les
expériences
puisqu'ils favorisent la croissance bactérienne et la solubilisation du fer.
(Bactéries/ml)e+7 Fer en solution
(mgll)
~te
oxydée

100~------------------------~ 3500 .----------------------on 51,0%


10
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
Figure IV. 6. a
3000
2500
2000
1500
1000
500
0~~~~-T-r~~~~~
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
--<>-- débit d'arrosage= ISO l/h.m2
- +- débit d'arrosage::90 l/h.m2
__,._ débit d'arrosage=30 l/h.m2
Figure IV. 6. b
Figure IV. 6. Influence du débit d'arrosage sur la croissance et l'activité oxydante de Thiobacillus
ferroo:ridans, au cours de la biolixiviation en colonnes percolées, d'un minerai reconstitué avec
2% de "pyrite pure" (T=30°C, granulométrie pyrite <2mm, inoculum=5.107 bactéries.g-1 de
minerai, 306g de minerai).
IV. 5. INFLUENCE DE LA RÉGULATION DU pH
40,5%
20,3%
De nombreux travaux rapportent que la croissance bactérienne sur la pyrite est favorisée pour des
cultures dont le pH initial varie entre 1,80 et 2,00, et que la régulation du pH à ces valeurs favorise le
développement des bactéries (Rouas, 1987, Collinet-Latil, 1989). Dans nos expériences en colonne, le
nombre de bactéries en suspension pour les milieux dont le pH est régulé à 1,80, reste toujours
inférieur
par rapport aux systèmes sans régulation du pH (figure IV.7). Cependant, l'avancement de l'oxydation
bactérienne du fer est très voisin pour les deux cas, au moins pendant les 30 premiers jours, jusqu'au
moment où la concentration en Felll et S042- en solution est suffisante pour entraîner la précipitation
de
composés du type jarosite à pH 1,80. A partir de ce moment, une partie du fer solubilisé est
immédiatement précipitée, entraînant le recouvrement des particules minérales dans la colonne et
limitant l'accessibilité des bactéries aux grains de sulfures.
117
Définition des conditions opérlltoires
(Bactéries/ml)e+7
100~------------------------~
10
1
0 10
Fer en solution
(mg/l)
20 30 40 50 60
Temps (jours)
Figure IV. 7. a
4000 -r--------------,
3000
2000
1000
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
Figure IV. 7. c
pH
2,0 ....---------------,
1,6
1,4
1,2
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
--[]- sans regulation du pH
--e- pH=1,80
Figure IV. 7. b
Figure IV. 7. Influence de la régulation du pH:
biolixiviation en colonnes percolées de
minerais reconstitués avec une pyrite pure
(T=30°C, débit=90 I.h-1m-2, granulométrie
pyrite <2mm, inoculum=5.107 bactéries.g·1 de
minerai, 306g de minerai).
Par ailleurs, on observe qu'un nombre important de bactéries est entraîné et encapsulé par les
précipités (jusqu'à 5.107 bacté[Link]-1 de précipité). On ne peut donc pas considérer que la
régulation du
pH favorise la croissance des bactéries et la solubilisation du fer, comme l'on avancé d'autres auteurs
mais dans des dispositifs en cuve différents des conditions expérimentales adoptées ici. Il y a lieu de
118
Définition des conditions opératoires
souligner qu'à compter de la formation de précipités, cette régulation devient néfaste pour la
biolixiviation en raison du recouvrement des particules minérales et des bactéries, et de la perte des
nutriments par leur précipitation avec les composés ferriques néoformés, et de la barrière qu'ils
forment
pour la diffusion de l'oxygène.
Bien que ces résultats nous indiquent qu'une régulation du pH n'est pas nécessaire dans les
conditions adoptées pour améliorer l'oxydation statique des sulfures, il semble important de maintenir
le pH initial en fonction du substrat minéral et de considérer l'effet du pH sur la consommation de
l'oxygène à l'intérieur du lit minéral. Il est en effet établi qu'au fur et à mesure que le pH diminue, la
consommation en oxygène augmente considérablement, avec un rapport fonction de la minéralogie du
minerai (Auck et Wadsworth, 1973). De telles paramètres qui n'ont pas pu être mesurés dans le cadre
de
ce travail meriteraient aussi d'être pris en considération et étudiés.
Enfin, une forte acidité du milieu minimise l'oxydation chimique du Feil et assure ainsi une source
supplémentaire en Feil pour la croissance bactérienne (Kelley et Tuovinen, 1988), mais elle peut aussi
inhiber l'activité des bactéries (Rouas, 1987).
IV. 6. INFLUENCE DE LA TENEUR EN SULFURES
Atkins et al. (1986) ont observé un ralentissement de l'oxydation de la pyrite en dispositif
statique si le pourcentage du sulfure contenu dans le minerai reconstitué augmente. En fait, le temps de
séjour nécessaire pour oxyder la même quantité de pyrite, est deux fois plus important si on passe de
2,7 à
5,4% de pyrite.
Les premières expériences effectuées pour évaluer l'influence de ce paramètre, ont confirmé ces
résultats. En effet, la solubilisation du fer et de l'arsenic lors de l'oxydation bactérienne d'un minerai
reconstitué à 1,90% de sulfures (pyrite + arsénopyrite) est par rapport aux teneurs initiales, trois fois
plus grande que celle obtenue par l'attaque d'un minerai reconstitué à 6,37% de sulfures (figure
IV.8.b).
Le premier effet de l'augmentation du pourcentage de sulfures semblerait concerner la croissance
bactérienne, puisqu'on observe une forte diminution du nombre de bactéries en suspension pour le
pourcentage le plus élevé (10 fois moins de bactéries, figure IV.8.a).
L'effet inhibiteur de l'augmentation de la teneur en sulfures sur la croissance et l'activité
oxydante des bactéries est une fois de plus associée à la formation de précipités. Le tableau IV.1 nous
montre qu'au moins 6 fois plus d'arséniate ferrique (les valeurs entre parenthèses correspondant aux
quantités de précipités néoformés, précisent ce rapport) et 20 fois plus de soufre élémentaire sont
formés
au cours de la biooxydation du minerai contenant 6,37% de sulfures. Même si ces précipités ne
forment
pas une couche indurée dans la partie supérieure de la colonne, ils constituent une fine pellicule de
précipité sur la surface des grains tout au long du profil de la colonne, qui peut empêcher la diffusion
de
l'oxygène et le passage des solution au travers du profil minéral. La précipitation en particulier de
soufre avec l'arsénopyrite se manifesterait très tôt comme l'indiquerait aussi les courbes de croissance
bactérienne (figure IV .8.a).
119
Définition des conditions opératoires
(Bactéries/ml)e+7
0

--
Temps
--o - 20 40 60

minerai à 6,56% Py+Aspy


minerai à 2,03% Py+Aspy
Figure IV. 8. a
% solubilisé
80
(jours)
100~--------------------------,
80
60
40
20
0~~~~~~~~~
0
-c-

--tr-
20 40 60
- --
- - . -
Temps
Fe: minerai à 6,14% Py + Aspy
Fe :minerai à 1,90% Py + Aspy
As: mineraià6,14% Py + Aspy
As : minerai à 1,90% Py + Aspy
Figure IV. 8. c
80
(jours)
Fe et As en
solution (mgll)
15000 .,-------------...,
12000
9000
6000
3000
0
0 20 40
Fe: minerai à 6,14% Py + Aspy
As :minerai à 6,14% Py + Aspy
Fe : minerai à 1,90% Py + Aspy
As : minerai à 1,90% Py + Aspy
60 80
Temps (jours)
Figure IV. 8. b
Figure IV. 8. Influence du pourcentage de
sulfures sur la croissance et l'activité oxydante
de Thiobacillus ferrooxydans, au cours de la
biolixiviation en colonnes percolées, d'un
minerai reconstitué avec un concentré sulfuré
(T=30°C, débit=SO th·1.m-2, inoculum=2.107
bactéries.g-1de minerai, 3,5kg de minerai).
minerai à 6,14% Py + Aspy = 3,33% pyrite +
2,81% arsénopyrite, [arsénopyritel/[pyrite]
=0,84
minerai à 1,90% Py + Aspy = 1,03% pyrite +
0,87% arsénopyrite, [arsénopyrite]/[pyrite]
=0,84
Puisque le pourcentage de sulfures est une caractéristique propre du minerai qu'on ne peut pas
modifier, son influence sur un procédé de bioli:xiviation - cyanuration statique impliquera la
détermination du temps de séjour nécessaire à l'oxydation bactérienne optimale des sulfures en
rélation
avec la diminution de la surface active des sulfures, de la diffusion de l'oxygène et de la
concentration
120
Définition des conditions opértJtoires
des nutriments en solution. La récupération ultérieure de l'or (recouvrement éventuel des particules
d'or
par le précipité, consommation du cyanure par complexation avec le soufre élémentaire) sera aussi
influencée par ce paramètre.
% restant dans le résidu solide après 80 jours de
biolixiviation en colonnes (par rapport à la teneur
initiale en sulfures)
Minerai reconstitué à Minerai reconstitué à
1,03% Py + 0,87% Aspy 3,33% Py + 2,81% Aspy
Fer - Sulfures 20,48 49,17
Arsenic - Sulfures 0 42,71
Fer- Précipités 7,03 13,72
As - Précipités 9,78 18,80
so précipité <0,5 8,93
Tableau IV. 1. Influence du pourcentage initial de sulfures du minerai sur l'avancement de la
biolixiviation et la formation de précipités.
IV. 7. INFLUENCE DU MODE OPÉRATOIRE: PERCOLATION OU ENNOYAGE
Les premières expériences réalisées pour évaluer l'influence du mode opératoire sur la
biolixiviation statique des minerais sulfurés nous ont montré que l'ennoyage en continu du lit de
minerai
ne favorise ni la croissance bactérienne ni l'oxydation des sulfures (figure IV.9). En effet, une adhésion
initiale des bactéries plus importante est observée dans les systèmes percolés, suivie d'une croissance
des bactéries en suspension et d'une solubilisation du fer plus significatives que dans les systèmes
ennoyés en continu. L'ajout d'air dans le lixiviat du système ennoyé en continu (3 l.h- 1 pendant 2h
toutes
les 6h) contribue à une augmentation de la croissance et de l'activité oxydante des bactéries, mais les
valeurs obtenues n'ont pas atteint celles des systèmes percolés en continu (figure IV.9). Il apparaît
vraiment que la percolation du milieu nutritif accélère dès le départ les cinétiques d'oxydation
bactérienne des sulfures par un meilleur apport en oxygène.
De nouvelles expériences ont été effectuées, avec des systèmes ennoyés, mais en assurant cette
fois-ci un apport suffisant en oxygène à l'intérieur de la colonne dès le départ, par le mantien du
système
sous percolation jusqu'à la fin de la phase exponentielle de croissance des bactéries libres et le début de
la solubilisation du fer. Des cinétiques similaires ont été obtenues à la suite, pour la croissance
bactérienne et la mise en solution du fer, dans les deux systèmes (figure IV.10). Une percolation
initiale
en système bien drainé et aéré est donc bien indispensable puisqu'elle fournit l'oxygène nécessaire
pour
la croissance et l'activité oxydante des bactéries. En présence de Felll en solution, l'oxydation
chimique
du sulfure peut ensuite se mettre en place en absence d'oxygène.
Enfin, une légère augmentation du rendement de solubilisation du fer est obtenue par une opération
en cycles "percolation- ennoyage". Ceci permet d'une part, le mantient d'une concentration en oxygène
suffisante à l'intérieur de la colonne et d'autre part, une cinétique de lixiviation plus homogène. La
121
Définition des conditions opératoires
valeur du potentiel d'oxydoréduction peut nous signaler le moment favorable pour changer de mode
opératoire (figure IV.10). Ce dernier résultat reste encore à être validé pour les dispositifs en tas.
(Bactéries/ml)e+7 Fer en solution
(mg/1)
% Pyrite
oxydée
0 10 20 30 40 50 60 0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
-D- percol.ée en continu
Temps (jours)
--b:- ennoyée en continu
---.- ennoyée aérée en continu
Figure IV. 9. a Figure IV. 9. b
Figure IV. 9. Influence du mode opératoire (percolation et ennoyage) sur la biolixiviation en
colonnes de laboratoire, d'un minerai reconstitué avec 2% de pyrite pure <T=30°C, débit=90
I.h-1.m-2 granulométrie pyrite <2mm, inoculum=5.107 bactéries.g-1 de minerai, 306g de
minerai).
40,5%
30,8%
28,1%
IV. 8. INFLUENCE DES POPULATIONS AUTOCHTONES SUR LA CROISSANCE ET L'ACTIVITE
D'UN INOCULUM DE T. ferrooxidans DANS UN SYSTEME DE LIXIVIATION PILOTE
Dans un premier temps, des bactéries (Thiobacillus ferrooxidans adaptés au concentré n° 1) qui
n'étaient pas encore en pleine phase exponentielle de croissance dans le fermenteur pilote ont été
utilisées pour inoculer les colonnes de percolation en site industrielle. 24 jours après l'inoculation, les
mesures concernant les paramètres chimiques et biologiques de l'ensemble du système de lixiviation
indiquaient une faible activité des bactéries apportées : aucune diminution de l'acidité du milieu
lixiviant, valeur du potentiel d'oxydoréduction (350 à 400 mV /ECS) au dessous du domaine marqué
par
la présence du pefll en solution et très faible mise en solution du fer (figures [Link] à IV.14).
Suite à cette faible activité bactérienne, un deuxième inoculum en pleine phase de croissance
exponentielle a été préparé et introduit dans les colonnes de lixiviation 30 jours après la première
inoculation. Le nombre de bactéries apportées lors de ce deuxième ensemencement, était de 4,2.107
bactéries.g-1 de minerai, ce qui correspond à la valeur moyenne nécessaire pour obtenir une oxydation
optimale des sulfures (§ IV .3).
122
Définition des conditions opératoires
(Bactéries/ml)e+7
100~------------------------~
10
1
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
Fer en solution
(mg/l)
Figure IV. 10. a
%Pyrite
oxydée
3000 ...------------~
2500
2000
1500
1000
500
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours) -o- percolée en continu

---l:r- percolée (1')-ennoyée (E) en cycles -o- ennoyée (E) en continu•


•percolation initiale pour la colonne ennoyée
Figure IV. 10. c
Eh
(mV/ECS)
~5-r-------------------------~
575
525
475
425
375
0 10 20 30 40 50 60
-o- Temps (jours) peroolée en oontinu
---b:- peroolée - ennoyée par cycles
-o- ennoyée en oontinu
123
Figure IV. 10. b
Figure IV. 10. Influence du mode opératoire
(percolation et ennoyage) sur la
biolixiviation en colonnes de laboratoire,
d'un minerai reconstitué avec 2% de pyrite
pure (T=30°C, débit = 90 I.h-1. m -2
granulométrie pyrite < 2mm, inoculum =
5.107bactéries.g·1 de minerai, 306g de
minerai).
Mise en oeuvre d'une biolixiation expérimentale pilote
Bien que ce deuxième apport bactérien ait entraîné une activité oxydante plus importante, la
mesure des paramètres chimiques et biologiques après 125 jours de biolixiviation n'indique qu'un très
faible avancement de la biooxydation. En effet, le potentiel d'oxydoréduction n'a commencé à
augmenter qu'à partir du 50ème jour, pour atteindre des valeurs proches de 450 mV /ECS entre le
50ème
et le 100ème jour, et de 600 mV /ECS seulement à 125 jours. En parallèle, une régulation du pH a été
nécessaire pendant les 50 premiers jours et ce n'est qu'à partir du 50ème jour qu'une augmentation de
l'acidité a été constatée. L'augmentation du potentiel d'oxydoréduction et l'acidité de la solution
lixiviante semblaient donc indiquer une meilleure activité bactérienne à partir du 50ème jour (figure
[Link]).
pH Eh (mVIECS)
2,2 ,---------------------------------r700
2,1
-ir- pH
-a- Eh
2,0 600
1,9
500
1,8
1,7
400
1,6
1,5
0 25 50 75 100 125
Temps (jours)
Figure IV. 11. Evolution du pH et du potentiel d'oxydoréduction au cours de la biolixiviation d'un
minerai sulfuré en colonne percolée pilote (120kg d'un minerai sulfuré tout-venant, T=l7°C,
débit= 20 I.h-l.m-2, minerai <8m.m non bouletté).
Bien que le nombre de bactéries en suspension ait été aussi sensiblement amélioré dès le 50ème
jour, pour atteindre 1o6 bacté[Link]-1 et finalement 107 bacté[Link]-1 (figure IV.12.a), cette
catégorie
de bactéries ne constitue que 0,1% du total de la population bactérienne en fin de biolixiviation (figure
IV.12.b). Les bactéries adhérant aux surfaces minérales constituent dès le début de la cinétique
oxydative jusqu'à plus de 95% du total, mais de la même façon que dans les systèmes statiques au
laboratoire, leur courbe de croissance ne montre aucune évolution significative au cours du temps (107
bacté[Link]-1 de minerai sont fixées en moyenne). Enfin, le nombre des bactéries faiblement fixées et
associées aux eaux interstitielles varie entre 0,5 et 2,0.10S bacté[Link]-1 de minerai, ce qui
correspond à
7% du nombre total de bactéries en fin de biolixiviation. Leur nombre initial n'étant que de 2,0 à
3,0.1o3
bacté[Link]-1 de minerai.
Cependant, la totalité de la population bactérienne adhérante et non adhérante ne correspond
pas uniquement à des Thiobacillus ferrooxidans en fin de biolixiviation. D'une part, l'examen
microscopique du lixiviat montre la présence d'au moins deux catégories de bactéries autres que des
Thiobacilles: l'une correspondant à des bactéries coccoïdes d'environ [Link] de diamètre, parfois assez
abondantes; et la deuxième, à des gros bacilles de taille deux fois supérieure à celle de Thiobacilles,
124
Mise en oeuvre d'une biolixilltion expérimentale pilote
Concentration
bactérienne
10 8 ~-------------------,
0 25 50 75 100 125
Temps (jours)
::::1[: Bactéries en suspension/ml
-...-- Bact. dans les eaux interstitielles/mg
--tl- Bactéries fixées/mg de minerai
IV.12.a
Fréquence
%
100
10
1
,1
,01
,001
.,
.,
.,
.,
1J ~ ~
2 X~ G G ~ ~ ~ 100US
Temps (jours)
• Bactéries en suspension m Bactéries libres dans les eaux interstitielles
Cl Bactéries fortement fixées
IV. 12. b
Figure IV. 12. Suivi des populations bactériennes (fixées et libres) au cours de la biolixiviation d'un
minerai sulfuré en colonne percolée pilote (120kg d'un minerai sulfuré tout-venant, T=l7°C,
débit = 20 I.h-l.m-2, minerai <8mm non bouletté).
Bactéries en suspension Bactéries libres dans les Bactéries fixées
dans la solution eaux interstitielles et aux surfaces
percolante bactéries faiblement minérales
(bacté[Link]-1) fixées (bacté[Link]·1 de (bactéries .mg·1
Caractéristiques minerai) de minerai)
des Bactéries Bactéries
colonnes Bactéries acidophiles Bactéries acidophiles
totales oxydant le totales oxydant le Bactéries totales
fer "viables" fer "viables"
Minerai <8mm non bouletté, 1,7xlo7 0 8,9x10S 10,9xlo4 22,9xlo6
débit= 20 I.h-1.m-2, T ... l7°C (12,23%*) (n.d.)
Minerai <8mm non bouletté, l,Sxlcf 6,9x10S 2,2xlo7 10,2xlo4 47 ,5xlo6
débit= 20 I.h-1.m-2, T...00°C (3,8%*) (0,45%*) (n.d.)
Minerai <8mm bouletté, 3,4xlo7 2,6x10S 8,4x10S (n.d.) 11,4xlo6
débit= 20 I.h-1.m-2, T=l7°C (1,7%*) (n.d.)
Tableau IV. 2. Détermination du nombre des bactéries totales et des bactéries oxydant le fer pour les
bactéries libres (dans la solution percolante par ml de solution, et dans les eaux
interstitielles par mg de minerai) et des bactéries totales pour les bactéries adhérantes
aux surfaces minérales par mg de minerai, dans les colonnes pilote en fin de
biolixiviation.
(* = pourcentage des bactéries oxydant le fer par rapport aux bactéries totales de la catégorie
correspondante)
n.d. = non déterminé
125
Mise en oeuwe d'une biolixiation expérimentale pilote
parfois très mobiles. D'autre part, les dénombrements en microplaques par la technique NPP (Rouas,
1987) et en milieux solides ont montré que les bactéries "viables" oxydant le fer ne constituent que
12,2%
du nombre total de bactéries faiblement fixées et associées aux eaux interstitielles et 0% des bactéries
en suspension! (tableau IV.2).
Malheureusement, de telles techniques de dénombrement spécifique des bactéries oxydant le fer
ne peuvent pas être appliquées aux bactéries adhérantes puisque celles-ci ne sont plus viables après
leur
désorption au Tween à 10%. En effet, les bactéries fixées aux surfaces minérales et traitées au Tween
80
à 10% ne sont plus capables de se développer ni d'oxyder le Feil aussi bien en milieux solides qu'en
milieux liquides. Le pourcentage de T. ferrooxidans fixées aux surfaces minérales n'a donc pas été
déterminé.
Le faible nombre de bactéries oxydant le fer "viables" peut expliquer le faible pourcentage de
fer solubilisé(< 5%) après 125 jours d'attaque (figure IV.13). Toutefois, la mise en solution du fer est
une
fois de plus associée au nombre des bactéries faiblement fixées et libres dans les eaux interstitielles
(figure IV.13.b). Cette observation semble confirmer le rôle déterminant de cette catégorie de bactéries
dans la lixiviation statique des minerais sulfurés ou leur comportement en tant qu'indicateur de
l'efficacité de la lixiviation. Le rôle des bactéries fixées semble aussi à préciser, même si aucune
corrélation n'a été observée entre la solubilisation du fer et l'évolution de la croissance des bactéries
fixées (figure IV.13.c). Les variations du nombre de bactéries adhérant aux surfaces minérales,
observées au cours du temps n'ont pas eu apparemment une influence significative sur la cinétique
d'oxydation des sulfures. Mais, il y a lieu de considérer que les bactéries oxydant le fer ne sont
sûrement
aussi présentes dans cette dernière catégorie de bactéries qu'en faible pourcentage et que, dans ce cas,
leur influence sur l'oxydation du fer ait été limitée.
En ce qui concerne la distribution spatiale des bactéries à l'intérieur du lit minéral, une légère
diminution du nombre de bactéries faiblement fixées et libres dans les eaux interstitielles a été
observée
vers le bas de la colonne, tandis qu'une distribution homogène au long du profil est observée pour les
bactéries fixées (figure IV.14). Ce résultat confirme les observations déjà faites dans les dispositifs de
laboratoire (voir figure III.7).
Les faibles solubilisation du fer obtenues, ont été surement le résultat d'une faible activité des
Thiobacillus ferrooxidans introduits. Ce fait peut être causé par : (i) la compétition des
Thiobacillus
ferrooxidans introduits avec les bactéries autochtones présentes dans le minerai dès le départ, ou bien
(ii) par l'inhibition de leur croissance sous l'influence de conditions physiques et chimiques non
favorables. En effet, une température moyenne de 1f'OC a été mesurée à l'intérieur des colonnes au
cours
des expériences pilote, et une acidité favorable à la croissance des Thiobacilles (pH < 2,0) n'a été
assurée qu'à partir du 50ème jour. Quoi qu'il en soit, des résultats similaires ont été obtenus pour une
colonne thermostatée à 30°C. Ceci semblerait donc favoriser l'hypothèse d'une inhibition importante
des Thiobacilles introduites avec l'inoculum dans les systèmes de lixiviation statique par la présence
de bactéries autochtones apportées par le minerai brut et étant déjà adaptées au substrat minéral.
126
Mise en oeuvre d'une biolixiation expérimentale pilote
Bactéries libres dans
la suspension percolante
Bactéries libres dans
les eaux interstitielles
Fer en solution (%) Bactéries/rn Fer en solution (%) Bactéries/mg

5 ....--------------r'üH-7 5 -.---------------r-2e+5
4
3
2
1
0 25 50 75
Temps (jours)
IV. 13. a
Bactéries fixées
1e+7
9e+6
6e+6
3e+6
100 125
Fer en solution
(%) Bactéries/mg

5 -.--------------r 4e+7
4
3e+7
3
2e+7
2
1e+7
0 25 50 75 100 125
Temps (jours)
IV. 13. c
4
2e+5
3
le+5
2
0 25 50 75 100 125
-D- Fer en solution
Temps (jours)
-- Bactéries
127
IV. 13. b
Figure IV. 13. Evolution de la solubilisation du
fer et de la croissance des trois catégories de
bactéries, au cours de la biolixiviation d'un
minerai sulfuré en colonne percolée pilote
(120kg d'un minerai sulfuré tout-venant,
T=17°C, débit = 20 t.h·1.m-2, minerai <8mm
non bouletté).
Mise en oeuwe d'une bioli:xiation expérimentale pilote
Profondeur, m Profondeur, m
0,00
0,25
0,50
0,75
1,00
1,25
1,50
1
Bactéries faiblement fixées et libres
dans les eaux interstitielles

~
l 1 '/
l 1 1
l1

~
10 100
(Bacté[Link]·l de minerai)x1o4
0,00
0,25
0,50
0,75
1,00
1,25
1,50
Bactéries fortement fixées

:1 ',. .. 1 \

+
1
1

1
1
1
1
... 1 1

... ~
1H
1K
11

-~
,. 1 1
,/' 1 1

11
11
11

~
1,75 -1---....-.............. ....-...... ---.--r-,.--y-.-.I"T"ft
1000 1 10 100
(Bacté[Link]·l de minerai)x1o6
• 2jours --B-·24jours () 35jours -·-49jours

-6-78jours --0-- 109jours ····•·125jours


Figure IV. 14. Distribution et évolution des bactéries à l'intérieur du lit de minerai, au cours de la
biolixiviation d'un minerai sulfuré en colonne percolée pilote (120kg d'un minerai sulfuré toutvenant,
T=17°C, débit= 20 t.h·1.m·2, minerai <8mm non bouletté).
IV. 9. ETUDE DE LA CONSTITUTION DU UT DE MINERAI DANS UN SYSTEME DE
UXIVIATION
PILOTE: INFLUENCE DU BOULEITAGE
Puisqu'une diminution granulométrique du minerai assez poussée reste nécessaire pour rendre les
sulfures accessibles aux suspensions bactériennes(§ IV.2), un boulettage du minerai ainsi finement
broyé
apparaît donc indispensable pour faciliter la percolation des solution lixiviantes au travers le lit
minéral. En dehors de l'influence des populations bactériennes apportées et autochtones(§ IV.8) et de
l'influence d'autres paramètres opératoires (température, débit de percolation,. .. ), des premiers
resultats ont été obtenus sur l'influence du boulettage lors d'une opération de biolixiviation d'un
minerai
sulfuré.
Deux granulométries différentes ont été testées(< 8mm et< 2mm) et comparées en l'absence et en
présence de l'agglomération des fractions ainsi concassées. Le choix de ces granulométries de
concassage
a été faite en fonction de la maille de libération des minéraux sulfurés (pyrite et arsénopyrite) présents
dans le minerai.
La technique de boulettage adde utilisée id est celle mise en oeuvre par Videau et Roche (1989),
et déjà pratiquée pour les opérations de lixiviation chimique en tas des minerais uranifères (voie
acide). Le boulettage du minerai concassé a été réalisé dans un pneu équipé d'un axe de rotation
128
Mise en oeuwe d'une bioli:ciation expérimentale pilote
horizontal et mû par un moteur muni d'un variateur de vitesse. Du silicate de soude est utilisé comme
liant et de l'acide sulfurique comme polymérisateur du silicate.
pH
2)~----------------------~
2,1
2,0
1,9
1,8
1,7
0 20 40 60 80 100 120
Temps (jours)
IV. 15. a
Arsenic en solution
(%)
15,0
12,5
10,0
7,5
5,0
2,5
0,0
0 20 40 60 80 100 120
Temps (jours)
IV. 15. c
Fer en solution
(%)
0 20 40 60
-D- minerai non bouletté
---- minerai bouletté
IV. 15. b
80 100 120
Temps (jours)
Figure IV. 15. Evolution du pH et de la mise en
solution du fer et de l'arsenic au cours de la
biolixiviation d'un minerai sulfuré de
granulométrie < 8mm, bouletté et non
bouletté, en colonne percolée pilote (120kg
d'un minerai sulfuré, T=l7°C, débit = 20 I.h·
l.m-2).
Après boulettage du minerai concassé, le d8odes deux fractions granulométriques testées n'a pas
subi de différences significatives (pour le minerai concassé à< 8mm le d8o est passé d'environ 6mm à
Smm, tandis que pour celui à < 2mm, de 1 à 3mm). Cependant, les fractions fines, inférieures à 0,2mm
(8,6% pour le < 8mm et 30,0% pour le < 2mm, après concassage), ont été complètement "éliminées"
par
129
Mise en oeuure d'une biolixiation expérimentale pilote
leur agglomération. Cette "élimination" des particules fines par boulettage a tout d'abord, amélioré la
percolation des solutions lixiviantes au travers du lit minéral. Par ailleurs, la présence d'acide
sulfurique dans les boulettes a favorisé une légère augmentation de l'acidité de la solution percolante
(figure IV.15), et sûrement aussi celle du milieu à l'intérieur de la colonne.
pH
2,2 -------------,
2,1
2,0
1,9
1,8
1,7
0 20 40 60 80 100 120
Fer en solution
%
0 20 40 60 80 100 120
Temps (jours) Temps (jours)
--Q- minerai <8mm bouletté
--fr- minerai <2mm bouletté
IV. 16. a IV. 16. b
Arsenic en solution
%
0 20 40 60 80
Temps (jours)
IV. 16. c
100 120
130
Figure IV. 16. Evolution du pH et de la mise en
solution du fer et de l'arsenic au cours de la
biolixiviation en colonne percolée pilote d'un
minerai sulfuré concassé à deux
granulométries différentes et bouletté (<
8mm, et < 2mm) et ensuite bouletté (120kg
d'un minerai sulfuré, T=l7°C, débit = 20 [Link].
m-2)
Définition des conditions opératoires
Bien que des faibles rendements de solubilisation aient été obtenus par l'attaque bactérienne du
minerai sulfuré lors de l'opération expérimentale pilote, les courbes d'extraction du fer et de l'arsenic
démontrent, dans le cas du minerai concassé (à < 8mm), que le boulettage a favorisé l'oxydation
bactérienne du minerai (figure IV.15). Néanmoins, des pourcentages de solubilisation légèrement plus
faibles sont observés pour le minerai < 2mm bouletté par rapport à celui à < 8mm aussi bouletté
(figure
IV.16). Ceci suggère que les particules de sulfures libérées par le concassage fin< 2mm, sont ensuite
encapsulées par l'agglomération d'un grand nombre de particules fines avec le liant. Cette hypothèse
reste cependant à confirmer pour des cinétiques d'oxydation où l'influence des bactéries autochtones et
de la température seraient limitées.
IV. 10. CONCLUSIONS
Plusieurs paramètres ont une influence sur la biolixiviation statique des minéraux sulfurés par
Thiobacillus ferrooxidans et sont liés aux propriétés des minerais (taille des particules, teneurs en
sulfures); des solutions (pH du milieu); de la bactérie (qualité de l'inoculum, présence et compétition
de
microflore autochtones); et aux conditions opératoires (température, débit, mode de percolation).
Il est nécessaire d'utiliser des minerais d'une granulométrie suffisamment fine (de préférence
inférieure à 8 mm et même à 2 mm) pour rendre les sulfures accessibles aux bactéries. Une diminution
granulométrique assez poussée est certainement nécessaire pour la plupart des minerais. Le boulettage
acide devient alors obligatoire dans ce cas. Le boulettage acide des minerais sulfurés finement
concassés, réalisé avec du silicate de soude et de l'acide sulfurique, s'avère nécessaire pour améliorer
la
percolation des solutions lixiviantes au travers du lit minéral. De meilleurs rendements d'oxydation du
fer et de l'arsenic ont été obtenus pour un minerai concassé à des tailles inférieures à 8mm et bouletté
par
rapport au même minerai non bouletté.
Les teneurs en sulfures jouent un rôle important car il a été observé que des teneurs supérieures à
5% de sulfures (pyrite+ arsénopyrite) dans le minerai ralentissent fortement les cinétiques d'oxydation
bactérienne. n s'agit en fait de la formation de précipités en effet, plus la quantité de sulfures est
grande, plus d'arséniate ferrique et/ ou de jarosite et/ ou de soufre élémentaire sont précipités, et plus la
croissance et l'activité bactérienne sont diminuées par enrobage des grains et des bactéries, ainsi que
par
la formation d'une barrière à la diffusion de l'oxygène et à l'adhésion au minéral.
La qualité et l'importance de l'apport initial de bactéries et le risque de compétition avec des
populations autochtones apparaissent comme des facteurs biologiques importants. Des inoculum
compris
entre 5.107 et 1.109 bactéries.g-1 de substrat solide semblent nécessaires pour accélérer l'attaque des
sulfures par Thiobacillus ferrooxidans. Mais pour maintenir la croissance et l'activité bactérienne
(solubilisation du fer entre autre) il faut assurer un apport suffisant en nutriments minéraux solubles.
Les
faibles rendements d'oxydation des sulfures (entre 5 et 15%), obtenus après 125 jours de biolixiviation
d'un minerai sulfuré tout-venant en colonnes de grande dimension, semblent pouvoir être associés au
ralentissement ou à l'inhibition de la croissance et de l'activité des bactéries introduites par la
présence de bactéries autochtones dans le minerai mais aussi à la température.
Quoi qu'il en soit, les trois catégories de bactéries (bactéries fortement fixées, bactéries
faiblement fixées et libres dans la solution interstitielle et bactéries en suspension dans la solution
131
Définition des conditions opératoires
percolante) montrent lors de la biolixiviation statique à l'échelle pilote une évolution similaire, en
distribution et en nombre, à celle observée en laboratoire : les bactéries adhérant aux surfaces
minérales
constituent jusqu'à 95% des bactéries totales, tandis que les bactéries libres dans les eaux interstitielles
du lit statique ne représentent jamais plus de 7% en fin de biolixiviation, mais elles sont toujours un
bon
indicateur de l'activité biolixiviante des bactéries.
La solubilisation du fer et de l'arsenic peut être associée à la croissance des bactéries libres dans
les eaux interstitielles du lit statique (= 7% de solubilisation du fer et 15% de solubilisation de l'arsenic
sont obtenus pour un minerai où les bactéries acidophiles "viables" oxydant le fer ne représentaient
qu'environ 1% des bactéries totales, en fin de biolixiviation). Une connaissance plus precise des
relations entre l'activité de ces bactéries et/ ou celle des bactéries fixées fortement aux minéraux reste à
établir. De meilleurs rendements d'oxydation des sulfures seront certainement obtenus pour des
minerais
inoculés avec un nombre plus important de bactéries capables d'oxyder le fer parfaitement adaptées au
substrat minéral.
La régulation du pH à de valeurs voisines de 1,80, accélère la croissance initiale des bactéries et
la solubilisation du fer. Mais à ce pH des fortes concentrations en Feiii et S042- en solution favorisent
la
formation de précipités, qui recouvrent les surfaces minérales et encapsulent les bactéries en diminuant
sensiblement la vitesse d'oxydation des sulfures. Alors qu'un pH regulé seulement en début de
biolixiviation et qui décroît ensuite permet une bonne activité inhibe et limite aussi la formation de ces
précipités.
Comme dans tous les dispositifs de biolixiviation, la température joue un rôle determinant. Des
températures extérieures comprises entre 25 et 32°C vont évidemment favoriser l'activité des bactéries
mésophiles du genre Thiobacilles, en améliorant les cinétiques de dissolution des sulfures. Un
ralentissement important des cinétiques d'oxydation est observé à 17°C, considérée comme la valeur
moyenne qui serait rencontrée dans quelques sites miniers.
Le débit d'arrosage optimum, determiné au laboratoire, se situe à une valeur d'environ 100
l.h-l.m-2. Elle est nécessaire pour augmenter significativement le rendement d'oxydation des sulfures.
Le débit moyen d'arrosage utilisé pour les installations de lixiviation chimique en tas (environ 30
l.h-l.m-2) diminue sensiblement la dissolution du fer.
Des dispositifs de lixiviation avec arrosage sans saturation des volumes libres des colonnes de
percolation par les solutions lixiviantes permettent d'obtenir une biooxydation efficace des sulfures
comparativement à des dispositifs d'ennoyage. Mais le système de percolation-ennoyage en cycles
semble toutefois favoriser légèrement l'attaque des sulfures par voie statique. Une percolation initiale
en dispositif non saturé reste de toutes façons nécessaire pour accélérer la croissance bactérienne et la
mise en solution du fer et/ ou de l'arsenic.
Ces premiers résultats obtenus en laboratoire et à l'échelle pilote permettent de choisir des
conditions opératoires précises pour assurer une oxydation optimale de la pyrite et de l'arsénopyrite en
systèmes statiques. Cependant, les paramètres propres de la constitution du lit minéral (granulométrie
et boulettage) et ceux qui sont une fonction du mode opératoire et du contrôle des solutions
percolantes
(débit de percolation, percolation et/ ou ennoyage) doivent être encore validés en tas de lixiviation.
132
CARACTERISATION CHIMIQUE ET
MINERALOGIQUE DES MINERAIS
ET CONCENTRES SULFURES
AURIFERES
133
134
Caractérisation minéralogique
V. CARACTERISATION OIIMIQUE ET MINERALOGIQUE
DES MINERAIS ET CONCENTRES SULFURES AURIFERES
Il a été observé dans le chapitre rn que l'avancement de la biolixiviation d'un minerai sulfuré à
pyrite - arsénopyrite est influencé, entre autres, par la composition minéralogique du minerai et plus
précisément par la valeur du rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite]. De plus, une oxydation préférentielle de
l'arsénopyrite est obtenue en présence de pyrite, même en l'absence de contact direct permanent entre
les
grains. La présence de pyrite favorise non seulement l'oxydation préférentielle de l'arsénopyrite par
l'établissement d'un effet de pile mais elle permet aussi la continuité du cycle de biolixiviation grâce à
la mise en solution ininterrompue de fer ferrique. La valeur du rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite]
détermine donc l'avancement de l'oxydation des sulfures porteurs d'or (pyrite et/ou arsénopyrite) et par
conséquent, la libération de l'or inclus ou chimiquement combiné dans le réseau des sulfures. Puisque
l'or
"invisible" non récupérable par cyanuration est surtout associé à l'arsénopyrite, l'oxydation
préférentielle de ce minéral peut entraîner la libération rapide et complète de l'or "invisible", même si
la totalité des sulfures n'est pas oxydée. Cependant, cette observation n'est valable que si l'or
"invisible" est associé uniquement à l'arsénopyrite.
Différents travaux ont aussi démontré que la cristallinité et la présence d'hétérogeneités
chimiques et texturales au sein des grains peuvent avoir une influence sur la vitesse d'oxydation des
sulfures (Southwood et Southwood, 1986, Marion et al., 1991c et 1991d, Oaassen, 1991). En effet, les
zonations chimiques et texturales présentes au sein des cristaux de pyrite et d'arsénopyrite provenant
des minerais aurifères (chapitre I § !.1.1.1) sont préférentiellement oxydées par les bactéries. En fait,
les zones riches en arsenic et les zones à faible cristallinité (de texture collomorphe ou
cryptocristalline) sont plus facilement oxydables, conduisant ainsi à la rapide propagation des figures
de corrosion dont la distribution est une fonction de la zonation (figures 5 et 6, planche III). Ce fait
entraine la rapide libération de l'or combiné aux zones riches en arsenic ou bien de celui souvent
cryptocristallin dispersé dans les zones à faible cristallinité.
Hansford et Drossou (1987) ont aussi montré une propagation préférentielle des figures de
corrosion au travers des zones de dislocation dans les grains de sulfures. En effet, la présence d'or
métallique inclus ou finement disseminé au sein des cristaux de pyrite et d'arsénopyrite peut être
souvent associée aux zones de dislocation. L'attaque bactérienne plus rapide de ces zones pourrait
donc
favoriser la libération de l'or. De plus, la dissolution de la pyrite est accélérée au tour des particules
d'or métallique due à l'interaction galvanique entre celui-ci et la pyrite. Ce fait est le résultat du
transfert d'électrons de l'anode (pyrite, qui est rapidement solubilisée) vers la cathode (or) (figure 7,
planche III) (Marion et al., 1991c).
Tous ces résultats et observations démontrent que la vitesse et l'avancement de la libération de
l'or "invisible" par l'oxydation bactérienne des sulfures porteurs peuvent être influencés par trois
paramètres minéralogiques :
135
Caractérisation minéralogique
0 la valeur du rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite],
8 la distribution de l'or dans la pyrite et 1 ou l'arsénopyrite,
$ la distribution et le statut chimique de l'or contenu à l'intérieur des grains.
Bien que la plupart des minerais sulfurés aurifères soient chimiquement et minéralogiquement
voisins, des différences importantes peuvent être observées en ce qui concerne ces trois derniers
facteurs
minéralogiques (tableaux !.2 et !.6). Par conséquent, le comportement des minerais et concentrés
sulfurés
aurifères vis à vis de la bio lixiviation peut être différent pour chaque substrat minéral. Avant
d'évaluer la biolixiviation de ce type de minerais et concentrés, il est donc nécessaire d'identifier les
caractéristiques minéralogiques et chimiques du substrat afin de faire une estimation préalable de
l'application de ce procédé d'oxydation.
Le but de ce chapitre est donc de décrire les caractéristiques minéralogiques et chimiques de
chaque substrat minéral utilisé dans cette étude, ainsi que le statut chimique de l'or. Les propriétés
observées seront ensuite utilisées pour faire des prévisions sur la biolixiviation de ces concentrés et de
leurs minerais reconstitués. Enfin, des prévisions sur la récupération de l'or sont établies par la
comparaison de courbes d'extraction de l'or en fonction de l'oxydation chimique des sulfures porteurs.
L'étude de cinétiques de lixiviation chimique oxydante des quatre concentrés par HNÜ3 (à 2,5N
et T=30°C), suivie de la cyanuration du résidu oxydé, a permis de établir la relation entre l'avancement
de l'oxydation des sulfures (pyrite et arsénopyrite) et l'extraction ultérieure de l'or par cyanuration.
Cette étude est utilisée d'abord pour faire les premières prévisions sur la biolixiviation des sulfures
aurifères, et ensuite, pour expliquer les résultats obtenus lors de la biolixiviation des concentrés et des
minerais reconstitués respectifs.
La caractérisation chimique et minéralogique des minerais et concentrés sulfurés aurifères est le
résultat de l'application d'une démarche qui combine l'utilisation du microscope métallographique, du
microscope électronique à balayage, de la microsonde électronique, de la microsonde ionique et de la
spectrométrie Mossbauer (Marion, 1988, Marion et al., 1991a). Dans le cadre de ce travail, des études
à
caractère minéralogique et chimique ont été menées sur les échantillons du minerai sulfuré aurifère et
des quatre concentrés sulfurés aurifères disponibles pour les essais de biolixiviation, en utilisant une
grande partie de la démarche analytique montrée dans la figure V.l. Les trois premières techniques de
la démarche proposée dans la figure V.1 ont permis d'identifier la composition minéralogique des
quatre concentrés sulfurés (tableau V.1). Comme dans la plupart des minerais et concentrés sulfurés
provenant des gisements aurifères réfractaires, les deux sulfures les plus importants, contenus dans les
concentrés disponibles, sont la pyrite et l'arsénopyrite. La combinaison de cette identification
minéralogique avec les analyses chimiques quantitatives et les analyses ponctuelles à la microsonde
électronique, a rendu ensuite possible la détermination de la teneur des sulfures majeurs dans chaque
substrat minéral (tableau V.2). On peut signaler l'absence d'arsénopyrite dans le concentré n° 2, une
teneur en sulfures très élevée pour le concentré n° 4 (83,67% de pyrite+ arsénopyrite) et la teneur en
sulfures la plus faible pour le concentré n° 5 (41,51% de pyrite+ arsénopyrite). A noter aussi un
rapport
[arsénopyrite] 1 [pyrite] différent pour chaque concentré disponible. Une description plus détailleé sur
la caractérisation minéralogique de chaque concentré est donnée dans les paragraphes qui suivent.
136
t-l
~
t··--····-·-·····-·-·-·-···-··-·····-·---·-···-..... ··-·-·---··----....
1 catégories de minéraux dans le concentré!
.! ou le minerai sulfuré aurifère .i
r·············-···· .. ··--·-----·-···-······ .. -· .. ·-·····-····-·-··············--····-···-1 f····--·-·······-·-----
········································--·-········-······-··1
! but de l'étude ! ! moyens analytiques j
r--·--·-·--··-·---·--··-·--------·-···-1
1 1· •l minéraux de gangue 1 l
r····-·-·-·-·-·-·-··----·-·---····--··---·-··--·--·-·1 t····-···-····-···········--·-····-
········-················-·········-·-········1
l identification des i i 1
l minéraux majeurs 1 1 !
~

~ t'Il

'lU 1 'lU

~ QI g
u g
·;
.ts
a
i
Ill

QI g.
3
Ill
'lll a

'S .s a
Ill
'lU

QI !
1 .... sulfures majeurs
1 1 •l phas~s minérales
mineures
minéraux aurifères
~~--- identificationde-;-------~~~ 1

~ 11 j!phases minérales 1 l 11 1
-.....I l1 • l:'.. 01
~~~
r : :lI l
t l l

.9 il
tl '1
1
.., répér~&: de grains __ __.
mmeraux
1 1. ~~
~~ Ïl
! r:: i 1
lixiviation chimique et/ou
?bservation de l'avancement de la j!
•lbiolixiviation en réacteur de
dissolution des particules minérales • i laboratoire
•01 ! ·.x:: ji
l= il
! ,~ Il Lquantification ponctuelle
1 ~ '1 et distribution élémentaire 1

! j1 au sein des grains 11


j jL-----------------11
i j-----------------1
!i ii l caracte' n.s ati.o n d e l'e' tat 11!.
ij 1 chimique de l'or 1 1
! ji j i
..--.....!. analyses quantitatives à la
1
... microsonde électronique
i i 1 détermination du caractère réfractaire __
'---------;-. +-tr; ....,. du minerai ou du concentré ---+1+-1 +-~---·+~ _)
i 1 1: 1 il 1 ! !

il 11 i
[Link] des courbes.<~ oxydation des ,,, .. r n- sulfures porteurs)-(%liberation de l'or) 1 i l
lixiviation acide oxydante du
sulfure porteur
: 1i • 1
!I ________________ J!! 1
l ............... ______________ ...... ..... _ .. _____________________________ ........... ..-.... ._ .. :. ........................... - ......... ----···-··-···-·-
·········--·-··-·-····-······-···••••••• .. -·•••·_: L-·-··-·•••···-·-•••-••••·•-·····--·-··-·······-·-··-·-··-··••'"•-••--••••1
Figure V. 1. Techniques d'analyse minérale utilisées pour la caractérisation des minerais et concentrés sulfurés aurifères
Q
il
~
!;;.;.;
·
5· ;:1
;t
;;·
!..;-
~
~-
"'
Caractérisation minéralogique
Proportion Concentré Concentré Concentré Concentré
estimée n°l n°2 n°4 n°5
Majeure quartz, pyrite pyrite (riche en pyrite quartz
Arsenic)
Moyenne arsénopyrite quartz arsénopyrite arsénopyrite,
pyrite
galène, sphalérite, sphalérite, quartz, sphalérite, stibine,
Mineure chalcopyrite, mica, feldspath galène galène, sphalérite
berthiérite
cuivre gris, chalcopyrite, chalcopyrite, pyrrhotite,
boulangerite galène, pyrrhotite, boulangerite chalcopyrite,
et/ou jamesonite, marcassite, et/ou cuivre gris,
Traces pyrrhotite, or natif goethite, oxydes jamesonite, cuivre bornite,
(électrum) de Mn, or natif, gris, graphite, magnetite,
proustite covellite et boulangerite
stannite et/ou jamesonite
covellite et
goethite
Tableau V. 1. Minéralogie des concentrés aurifères sulfurés utilisés pour les expériences de
biolixiviation en colonnes et en réacteurs.
Espèce Minerai Concentré Concentré Concentré Concentré
Minérale Tout-venant no 1 no 2 no 4 no 5
%cil %de %du %de %du %de %cil %de %cil %de
minéral l'élément minéral l'élément minéral l'élément minéral l'élément minéral l'élément
dans le dans le dans le dans le dans le dans le dans le dans le dans le dans le
minerai minéral concentre minéral concentre minéral concentré minéral concentre minéral
45,95 Fe 45,95 Fe 46,30 Fe 46,44 Fe 46,12 Fe
(30*) (30*) (100*) (15•) (**)
Pyrite 2,47 53,05 s 28,92 53,05 s 59,06 52,40 s 63,94 51,48 s 17,81 52,4 s
0,55 As 0,55 As 0,81 As 1,33 As 1,49 As
32,44 Fe 32,44 Fe 34,56 Fe 34,63 Fe
21,64 s 21,64 s 22,31 s 21,97 s
Arsénopyrite 1,14 02*) 24,33 {12*) 0,0 19,73 (23*) 23,70 (10*)
43,75 As 43,75 As 43,15 As 43,02 As
0,04 Sb 004 Sb 0,05 Sb 0,13 Sb
28,32 s
Stibine 6,51 71,68 Sb
0,46 0,84 0,00 0,31 1,33
Tableau V. 2. Pourcentage de sulfures majeurs dans le minerai et les concentrés sulfurés aurifères:
composition chimique des minéraux (les pourcentages sont des %masse).
(•) = nombre d'analyses ponctuelles réalisées à la microsonde électronique
(••) = d'après Marion et al., 1985.
Conditions d'analyses à la microsonde électronique : Temps de comptage = 10sec. pour les pics et
Ssec. pour le bruit de fond, 20nA, 20kV, La As, Ka Fe, KaS, La Sb.
Intervales de confiance pour les arsénopyrites : ± 0,43% Fe, ± 0,36% S, ± 0,47% As, ± 0,21% Sb.
Intervales de confiance pour les pyrites:± 0,53% Fe,± 0,53% S, ± 0,07% As,± 0,19% Sb.
138
Caractérisation minéralogique
Bien que la caractérisation par spectroscopie Môssbauer de l'or dit "invisible" contenu dans les
concentrés disponibles était déjà exécutée pour les concentrés n° 2 et 5 (Marion, 1988, Marion et al., 1991 a
et b), et que des études complémentaires aient été menées pour les concentrés n° 1 et 4, le caractère
réfractaire des différents substrats utilisés a été aussi déterminé par des essais de cyanuration directe
en flacons agités (tableau V.3). Il est à noter la distribution de l'or et leur caractère réfractaire
différentes pour chaque concentré étudié. Cette différence, couplée aux valeurs variables du rapport
[arsénopyrite] 1 [pyrite] de chaque concentré, fait de l'ensemble de substrats une source favorable pour
l'étude de l'influence de la minéralogie sur la biolixiviation des minerais aurifères sulfurés.
Minerai concentré n° tout- venant 1 concentré n° 2 concentré n° 4 concentré n° 5
Teneur Or 8,2 90,0 49,5 24,5 108,0
(ppm)
%Or chimiquement 0,0% 0,0% 78% 100% (dans 87 ,5%.(dans
combiné(") (dans la Pyrite) r arsénopyrite) l'arsénopyrite)
%Or 99,6% 99,6% 5,8% 5,4% 11,6% cyanura ble
Tableau V. 3. Teneur en or et pourcentage d'or chimiquement combiné dans le réseau du sulfure
et cyanurable contenus dans le minerai et les concentrés sulfurés aurifères.
(•) =en fonction de l'interprétation du spectre Môssbauer
V.l. MINERAI TOUT-VENANT ET CONCENTRE n° 1
Le minerai tout-venant utilisé (en laboratoire et en site minier) provient d'un gisement de type
filon hydrothermal de quartz aurifère associé à une "shear-zone". L'encaissant est constitué par une
roche schisteuse de couleur gris-vert à muscovite, chlorite et quartz. La roche est très fissurée et
brêchifiée, avec des nombreuses textures de remplissage par du quartz microsaccharoïde et des
carbonates (calcite et siderite) en quantité mineure. Des cristaux de pyrite et d'arsénopyrite sont
présents dans la roche, suivant principalement les zones de remplissage mais quelques cristaux
disséminés sont aussi observés. Les cristaux de pyrite et d'arsénopyrite sont généralement bien
cristallisés, avec une taille très variable (de quelques dizaines de microns jusqu'à 3mm). Les cristaux
disséminés sont en général plus grands que ceux observés dans le quartz microsaccharoïde.
Le concentré n° 1 correspond au concentré industriel fabriqué par flottation à partir du minerai
tout-venant. Ce concentré est constitué principalement par :
Pyrite (28,92%) :les grains de pyrite sont en grande partie libérés. Une faible proportion des grains
libérés contient des inclusions d'un minéral de gangue, de la sphalérite, du cuivre gris ou de la galène.
Les particules mixtes les plus abondantes résultent d'un contact simple entre la pyrite et la gangue
(quartz ou carbonates). Seul un petit pourcentage des mixtes correspond à l'association pyrite -
arsénopyrite. On distingue clairement une zonation dans quelques grains de pyrite, qui correspond à des
139
Caractérisation minéralogique
bandes de surcroissance en fonction de la teneur en arsenic qui peut remplacer le soufre jusqu'à une teneur
maximale de 1,57%.
Arsénopyrite (24,33%) : les grains libérés (à 95%) gardent encore la géométrie externe des cristaux
(subidiomorphes à idiomorphes de section losangique). Une zonation à l'intérieur des grains est même
évidente au microscope métallographique, en fonction de l'anisotropie du minéral. Les images au
M.E.B. par électrons rétrodiffusés, révèlent la présence de zonations suivant des bandes de surcroissance
paralleles aux faces cristallines (figure 3, planche Ill). La composition des arsénopyrites est
relativement enrichie en soufre tandis que la teneur en fer est globalement déficitaire surtout à la
périphérie des cristaux, là où la teneur en soufre est en général plus élevée. L'antimoine se distribue
préférentiellement dans le coeur des cristaux.
V. 1. 1. Statut chimique et minéralogique de l'or
99,60% de l'or contenu dans le concentré n° 1 est facilement récupérable par cyanuration directe,
puisqu'il se trouve principalement sous forme métallique, en particules libres. En effet, le spectre
Môssbauer montre deux pics à -0,62 et +3,41 mm.s-1 qui ne correspondent ni à la pyrite ni l'arsénopyrite
contenant de l'or chimiquement combiné dans le réseau cristallin (figure V.2.A). Le pic principal à -0,62
mm.s-1 correspond à de l'or métallique en alliage avec l'argent (électrum), dont la teneur en argent peut
être estimée par le déplacement du pic par rapport à la position du pic de l'or métallique pur (à -1,23
mm.s-1, Friedl et al., 1992). Les analyses à la microsonde électronique ont révélé des teneurs en argent
aussi élevées que 50% dans les particules d'or.
Le deuxième pic situé à +3,41 mm.s-1 pourrait correspondre à un tellurure aurifère. La position de
ce pic est très similaire à celles reportées pour la composante la plus positive du doublet de la petzite
Ag3AuT~ (+3,47 mm.s-1, Wagner et al., 1992) et la nagyagite PbsAu(Te,Sb)4Ss-6 (+3,45 mm.s-1, Friedl et
al., 1992). Les positions enregistrées pour toutes les autres espèces aurifères connues (tellurures,
seleniure, antimoniure ou autres alliages) sont distinctes de celle du deuxième pic trouvé dans ce
concentré (Wagner et al., 1992 ,Friedl et al., 1992, Wagner et al., à paraitre). Cependant, il reste à
démontrer le dégrée de solubilisation de ces tellurures aurifères dans les solutions alcalines de cyanure
pour confirmer qu'il s'agit effectivement d'une de ces espèces minérales.
Enfin, l'or métallique est aussi associé en faible proportion à la pyrite et à l'arsénopyrite, sous
forme d'inclusions (figure 3, planche III) ou en remplissage de fractures au sein des cristaux.
V. 1. 2. Oxydation chimique du concentré n° 1
Dans le cas du concentré n° l,la figure V.3.A prouve qu'aucune relation n'existe entre l'oxydation
du sulfure et l'extraction de l'or. Ce résultat était attendu puisque ce concentré ne contient pas d'or
associé aux sulfures et 99,6% de l'or est facilement récupérable par cyanuration. Quel que soit
l'avancement de la biolixiviation de ce concentré, l'extraction de l'or doit rester donc similaire. Il est
important de rappeler ici que bien que ce concentré ne contienne pas d'or "invisible" non cyanurable, son
utilisation dans ce travail s'avère important en raison de sa valeur distincte du rapport [arsénopyrite] 1
[pyrite].
140

Caractérisation minéralogique
PLANCHElli
P Ill.l. Grain de pyrite poreuse avec de fines inclusions disséminées(< [Link]) d'or natif et
de proustite (AgsAsS3) et de concentrations complexes en arsenic. Image du
concentré n° 2 par électrons rétrodiffusés au M. E. B.
P Ill. 2. Grain de pyrite avec une forte zonation chimique en fonction de la concentration
en arsenic. Image du concentré n° 4 par électrons rétrodiffusés au M. E. B.
P Ill. 3. Grain d'arsénopyrite avec une zonation suivant des bandes de surcroissance et
contenant une inclusion d'or métallique (Au0
). Image du concentré n° 1 par
électrons rétrodiffusés au M. E. B.
Pm. 4. Grain d'arsénopyrite aurifère avec une zonation suivant des bandes de
surcroissance. Image du concentré n° 5 par électrons rétrodiffusés au M. E. B.
P III. 5. Grain de pyrite aurifère constitué par un "noyau" de pyrite entouré par une
deuxième phase de pyrite plus riche en arsenic de texture collomorphe. Image du
concentré n° 2 par électrons rétrodiffusés au M. E. B.
P Ill. 6. Figures de corrosion développées sur la phase de pyrite plus riche en arsenic de
texture collomorphe du même grain de pyrite montré dans l'image P ID.5. Image
du concentré n° 2 par électrons rétrodiffusés au M. E. B.
P Ill. 7. Particule d'or métallique (Au0
) libérée par l'oxydation bactérienne d'une pyrite
aurifère similaire à celle de l'image Pm. 1. Image du concentré n° 2 par électrons
secondaires au M. E. B.
Pm. 8. Image après dissolution de la particule d'or de l'image P III. 7 à l'aide du
cyanure. Image du concentré n° 2 par électrons secondaires au M. E. B.
142
Transmission (%)
100
99,97
0
~0 0 0 0
00
<><>
0
0
0
A. Concentré no 1
-5
Transmission (%)
100
99,92 C. Concentré no 4
-5
Transmission (%)
8
00
100
<>
00
0
0 99,92
0 +5 -5 0
Vitesse (mm.s-1)
Transmission (%)
100
0 99,92 D. Concentré no 5
0 +5 -5 0
Vitesse (mm.s-1)
Figure V. 2. Spectres Môssbauer (197 Au) des quatre concentrés aurifères sulfurés de départ
+5
Vitesse (mm.s·1)
0
+5
Vitesse (mm.s·1)
Q
;.:l
~
."..' ' o;·
~
ë•
;::!
::! ;s·
";.:'l '
,%
...<;·
):!
"'
....
t
oxydation de pyrite
et d'arsénopyrite, %
100~------------------------------~~
concentré no 1
80
60
40
20
lb
1
1
1
1
lA
01 1 i 1 .., 1

0 20 40 60 80 100
oxydation de pyrite extraction de l'or, %
et arsénopyrite, % ~
100 1 .... ... 1
concentré n ° 4
80
60
40
20
0 .............
0
,./ / .... Dp ;
/1
/1
/ "' / pz1
,/' / /
1/
1///
/ ,.....'LJ 1 /
//
20 40 60 80
/
c
100
extraction de l'or, %
oxydation de pyrite, %
100---------------------------------------,;'~
concentré no 2
80
60
40
20
/
/
JLl/
20
/
,.......-d
ç:v/
40
/
/
/
Jd,;'
,.....{]
,;'
B
60 80 100
extraction de l'or, %
oxydation de pyrite
et d'arsénopyrite, %
100
80
60
40
20
concentré no 5 ~-tt--
, /[fI
[]
11
/1
, ~ / /.
__ Ji{/ q
// rJ..,
0
1 __ ,,,. n---u
., -----t..::l
01
1 1 1 11
D
20 40 60 80 100
extraction de l'or, %
Figure V. 3. Extraction de l'or par cyanuration en fonction de l'oxydation chimique acide par HN03 ( 0 pyrite,. arsénopyrite).
Q
i:l :::.
"...'. ' <;;·
1:!.

;:t
~ ;s·
i":l' '
~ ..;:;·
s::
"'
Caractérisation minéralogique
V. 2. CONCENTRE n° 2
La pyrite constitue 59,06% du concentré, dont 95% des particules sont libérées. Les 5% restants
correspondent à des mixtes "simples" avec la gangue ou la sphalérite. Celle-ci est le deuxième sulfure le
plus abondant. Quelques grains de pyrite contiennent des inclusions de chalcopyrite, sphalérite,
pyrrhotite ou galène, et d'autres révèlent une forte altération à marcassite. On distingue différents
types de grains de pyrite, dont les plus importants sont ceux qui contiennent l'or:
(i) de gros grains (250 à 750f.I.I11) de pyrite libérée, très poreuse, avec de fines inclusions ( < 5f.I.I11)
d'or métallique et de proustite (A~As~). ils montrent au microscope métallographique une
nette anisotropie résultant de concentrations complexes en arsenic. Celles-ci varient de 0,1 à
0,3% de As dans les zones les plus sombres des images en électrons rétrodiffusés au M.E.B., et
jusqu'à 6% de As dans les zones les plus claires (figure 1, planche ill).
(ii) des grains de taille moyenne, dont une partie correspond à des particules fortement zonées,
constituées aussi par des enrichissements complexes en arsenic. Une deuxième partie
correspond à des grains constitués par un "noyau" de pyrite entouré par une deuxième phase
de pyrite plus riche en arsenic, parfois de texture collomorphe (voir figure 5, planche ill).
Des études plus récentes effectuées par Benzaazoua (1992) en utilisant le M.E.T. ont montré que
les paramètres de maille des pyrites constituant ce concentré sont distincts de ceux d'une pyrite "pure".
La distorsion de la maille cristalline pourrait être le résultat de l'incorporation d'arsenic et
expliquerait l'anisotropie optique observée. Il s'agit pourtant bien de pyrite identifiable en diffraction
de rayons-X ou en spectroscopie Mëssbauer de 57Fe.
V. 2. 1. Statut chimique et minéralogique de l'or
L'étude par spectroscopie Môssbauer montre que le concentré n° 2 contient une faible concentration
d'or métallique et une concentration plus importante d'une deuxième phase non métallique et qui
correspond surement à un état chimiquement combiné dans le réseau cristallin d'un sulfure (figure
V.2.B). En effet, le pic majeur présent dans le spectre Mëssbauer correspond à une phase à or
chimiquement combiné, dont la position (à environ +2,49 mm.s-1) est décalée par rapport à la position
bien connue de l'or chimiquement combiné dans le réseau cristallin de l'arsénopyrite (entre +3,28 et
+3,62 mm.s-1, Marion et al., 1986). Ce fait indique clairement que dans cet échantillon, l'or "invisible"
n'est pas associé à des fines inclusions d'arsénopyrite aurifère disséminée dans la pyrite comme dans
beaucoup d'autres minerais sulfurés aurifères, mais il est uniquement associé à la pyrite (Marion et al.,
1991a). D'après l'interprétation du spectre Mëssbauer, 78% de l'or est chimiquement combiné dans le
réseau cristallin de la pyrite. Le reste est surtout sous forme de micro et nano-inclusions d'or métallique,
finement disséminées dans les grains de type [i] (Marion et al., 1991a, Monroy et al., 1992, Benzaazoua,
1992). Ces résultats confirment la faible récupération de l'or obtenue par cyanuration directe (5,8%).
Les images par microsonde ionique révèlent que l'or "invisible" est surtout concentré dans les zones
enrichies en arsenic des grains de type (i) et (ii) (Marion et al., 1991b). Des analyses réalisées à la
microsonde électronique sur les zones aurifères riches en arsenic ont révelé que le prolongement de la
droite de corrélation As (% atomique)-Au (% masse) obtenue coïncide avec celle des arsénopyrites
145
Caractérisation minéralogique
aurifères à or invisible (Benzaazoua, 1992), ce qui pourrait faire penser à la présence de microinclusions
d'arsénopyrite aurifère au sein des grains de pyrite. Cependant, le spectre obtenu par spectroscopie
Mossbauer démontre l'absence d'or combiné chimiquement à l'arsénopyrite.
V. 2. 2. Oxydation chimique du concentré n° 2
Bien que tout l'or (chimiquement combiné dans le réseau cristallin du sulfure et métallique) soit
essentiellement associé à la pyrite, la relation entre l'avancement de l'oxydation de ce sulfure et
l'extraction de l'or n'est pas linéaire (figure V.3.B). Dans le cas de ce concentré, la relation non-linéaire
est due principalement à la distribution hétérogène de l'or à l'intérieur des grains de pyrite. En effet, la
présence d'or combiné dans des zones riches en arsenic à l'intérieur des grains présentant une zonation
par surcroissance (zonation similaire à celle de la figure 2, planche rn correspondant au concentré no 4)
fait que cette fraction d'or est plus difficilement libérée puisque les zones pauvres en arsenic qui les
entourent sont protégées de l'oxydation probablement par l'effet galvanique. De plus, la libération des
particules d'or métallique finement disséminées dans la pyrite dépend de la propagation de la
corrosion au travers les zones de grande porosité ou de faible cristallinité. L'oxydation complète de la
pyrite est donc nécessaire pour atteindre l'extraction totale de l'or.
V. 3. CONCENTRE no 4
Il s'agit du concentré le plus riche en sulfures, dont la pyrite (63,94%), l'arsénopyrite (19,73%)
et la sphalérite (1,34%) sont les plus abondants. La plupart des grains de ces trois espèces sont libérés,
et dans presque tous les cas ils correspondent à des particules monocristallines. Les rares particules
polycristallines sont marquées par une porosité assez importante et par une fissuration bien développée
tout au long des joints de grains. Les particules de ces trois espèces minérales contiennent parfois des
inclusions de galène, de chalcopyrite, de cuivre gris ou de boulangerite, étant cette dernière sous forme
d'inclusions aciculaires et/ ou tabulaires.
Deux types de grains de pyrite sont différenciés au M.E.B. en électrons rétrodiffusés : l'un avec
une forte zonation chimique en fonction de la concentration en arsenic (figure 2, planche III), et le
deuxième sans traces de la zonation. La teneur en arsenic des pyrites varie entre 0,01% pour les zones
pauvres en arsenic et 3,85% pour les zones les plus riches.
L'arsénopyrite montre aussi une zonation importante mais de nature plus complexe. En effet,
cette zonation met en évidence une cristallisation en deux étapes :dans un premier temps, avec des
fluctuations des teneurs en arsenic, puis intervient un enrichissement marginal en arsenic. Les zones les
plus riches peuvent attendre jusqu'à 44,74% As pour 21,01% Set 34,11% Fe.
V. 3. 1. Statut chimique et minéralogique de l'or
Le spectre Mossbauer révèle l'absence d'or métallique dans le concentré n° 4, et la combinaison
chimique de tout l'or à l'arsénopyrite (pic centré à environ +3,68 mm.s-1, figure V.2.C). Bien que la
146
Caractérisation minéralogique
récupération de l'or obtenue par cyanuration directe indique qu'une partie de l'or n'est pas
chimiquement combinée ou "invisible" (5,4%), cette valeur est justifiée par la limite de détection de la
spectroscopie Mossbauer (= 5%). La teneur en or dans les cristaux d'arsénopyrite est au-dessous de la
limite de détection de l'analyse à la microsonde électronique (400 ppm à 30 kV, 50 nA et 200 secondes de
temps de contage), même pour les zones les plus riches en arsenic.
V. 3. 2. Oxydation chimique du concentré n° 4
Pour le concentré n° 4, aucune relation linéaire n'est observée entre l'oxydation des sulfures (pyrite
et arsénopyrite) et l'extraction de l'or (figure V.3.C). TI est clair que l'oxydation de l'arsénopyrite est
accélérée par rapport à celle de la pyrite. Néanmoins, contrairement aux prévisions, des extractions
convenables de l'or requièrent la mise en solution importante non seulement de l'arsénopyrite mais aussi
de la pyrite. Ceci peut être expliqué par l'éventuelle présence d'or "invisible" associé à la pyrite. Bien
que l'étude par spectroscopie Mossbauer indique que tout l'or "invisible" non cyanurable est associé à
l'arsénopyrite, une fraction de celui-ci peut être sous forme de micro et nano-inclusions d'arsénopyrite
aurifère finement disséminées dans les grains de pyrite. Ce type de minéralisation aurifère a été déjà
observée dans d'autres gisements aurifères réfractaires, comme celui du Châtelet (Creuse, France) où des
cristaux d'arsénopyrite aurifère sont inclus dans des grains de pyrite dépourvue d'or (Benzaazoua,
1992). Quoi qu'il en soit, l'extraction de l'or semble dépendre de l'oxydation de la pyrite et de
l' arsénopyrite.
V. 4. CONCENTRE n° 5
Les sulfures de ce concentré sont presque entièrement libérés et une grande partie d'entre eux
garde encore la géométrie du cristal : la pyrite (17,81 %) de forme cubique ou octaédrique, l'arsénopyrite
(23,70%) typiquement losangique allongée, et la stibine (5~53) - le troisième sulfure majeur : 6,51% -
typiquement aciculaire. D'autres minéraux constituant le concentré - pyrrhotite, sphalérite, galène,
boulangerite et magnétite- sont aussi presque complètement libérés. Des zonations sont assez bien
visibles à l'intérieur des grains de pyrite et d'arsénopyrite, et correspondent à des fluctuations
rythmiques de la concentration en arsenic (figure 4, planche III). Les arsénopyrites de ce concentré
contiennent dans leurs zones riches en arsenic une concentration similaire à celle rapportée pour les
grains du concentré n° 4 (44,75% As pour 21,28% 5).
V. 4. 1. Statut chimique et minéralogique de l'or
L'étude par spectroscopie Mossbauer montre la présence de 87,5% de l'or combiné chimiquement
dans le réseau cristallin de l'arsénopyrite (pic centré à environ +3,62 mm.s-1, figure V.2.D) et de
seulement 12,5% d'or métallique. Ces valeurs ont été confirmés puisque 11,6% de l'or est récupérable par
cyanuration directe. Les données obtenues par sonde électronique révèlent à nouveau la présence de l'or
dans les zones les plus riches en arsenic de l'arsénopyrite. En ce qui concerne l'or métallique, il est
présent sous forme de particules libérées.
147
Caractérisation minéralogique
V. 4. 2. Oxydation chimique du concentré n° 5
De la même façon que dans le cas du concentré n° 4, aucune relation linéaire n'existe entre
l'oxydation des sulfures et l'extraction de l'or du concentré n° 5 (figure V.3.D). L'arsénopyrite est à
nouveau préférentiellement oxydée par rapport à la pyrite, mais ceci ne favorise pas davantage la
rapide libération de l'or "invisible". En fait, trois observations peuvent être constatées lors de cette
lixiviation chimique. Premièrement, une oxydation rapide de l'arsénopyrite est associée, au départ, à
l'avancement accéléré de la libération de l'or. Ensuite, l'oxydation de l'arsénopyrite n'entraîne plus un
avancement de l'extraction de l'or. Enfin, l'oxydation de l'arsénopyrite conduit à nouveau à la rapide
récupération de l'or. Ce fait, peut être expliqué par la présence des zonations rythmiques au sein de
grains d'arsénopyrites, dont l'alternance de zones riches en arsenic et or avec des zones pauvres en
arsenic et non aurifères détermine la vitesse d'extraction de l'or. Comme prévu, l'oxydation totale de
l'arsénopyrite est donc nécessaire pour extraire tout l'or du concentré, et celle ci est accompagnée d'une
oxydation partielle de la pyrite.
V. 5. PREVISIONS SUR L'AVANCEMENT DE LA BIOLIXIVIATION DES SULFURES PORTEURS
DE L'OR ET LA RECUPERATION DE L'OR EN FONCTION DE LA MINERALOGIE DES
CONCENTRES
La minéralogie des quatre concentrés est similaire. Dans tous les cas, la pyrite et/ ou
l'arsénopyrite sont les sulfures majeurs, ce qui pourrait favoriser leur oxydation par voie bactérienne.
Cependant, l'avancement et la vitesse de la réaction dépendront entre autres de quelques
caractéristiques minéralogiques observées, telles que :
*le rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] :la biolixiviation des concentrés n° 1, 4 et 5 peut être largement
favorisée par l'abondance relative de l'arsénopyrite sur la pyrite. En présence de pyrite, l'arsénopyrite
sera oxydée préférentiellement par effet galvanique, même en l'absence de contact direct permanent
entre les deux sulfures. Dans le cas où tout l'or non cyanurable ou "invisible" est associé à l'arsénopyrite,
en présence de pyrite (concentrés n° 4 et n° 5), la libération totale de l'or "invisible" pourrait être donc
facilitée même en l'absence de biooxydation complète des sulfures. La vitesse d'oxydation du concentré
n° 5 devrait être plus importante par rapport à celle du concentré n° 4. Cependant, la valeur du rapport
[arsénopyrite] 1 [pyrite] du concentré n° 5 pourrait conduire à la formation de précipités pouvant
ralentir possiblement la cinétique d'oxydation.
* la composition chimique interne : la présence de zones riches en arsenic contribue au développement
hétérogène ou anisotrope de figures de corrosion au sein des cristaux de pyrite et d'arsénopyrite. Puisque
l'or "invisible" est principalement distribué dans les zones arsenieuses, la libération du métal précieux
doit en être largement améliorée. Dans notre cas, la biolixiviation des zones riches en arsenic des
pyrites aurifères du concentré n° 2 et des arsénopyrites aurifères des concentrés n° 4 et 5 pourrait être
favorisée par ce phénomène.
* la crlstallinité des sulfures porteurs : la présence de défauts cristallins (fracturation, dislocation ou
distorsion de la structure cristalline, faible cristallinité exprimée par des textures collomorphes, ... )
148
Caractérisation minéralogique
favorise aussi l'attaque préférentielle de sites. C'est ainsi que les zones marginales très riches en
arsenic au sein des grains de pyrite du concentré n° 2 (avec des paramètres de maille distincts) seront
plus facilement biolixiviées.
• la granulométrie et la libération des sulfures .: ces deux paramètres déterminent évidemment
l'accessibilité des sulfures aux suspensions bactériennes. Dans les quatre concentrés, au moins 90% de la
pyrite et de l'arsénopyrite sont libérés et facilement accessibles.
Cependant, la relation qui existe entre le pourcentage d'oxydation des sulfures (par lixiviation
chimique), et la récupération de l'or après cyanuration a démontré qu'il est nécessaire de solubiliser
pratiquement la totalité des sulfures porteurs de l'or "invisible" afin de récupérer l'or complètement. En
relation avec les deux premiers paramètres minéralogiques, Lawrence et Bruynesteyn (1983) et
Hansford et Miller (1991) avaient démontré l'existence d'un rapport linéaire entre le pourcentage
d'oxydation des sulfures (pyrite et arsénopyrite), et la récupération de l'or après cyanuration.
Évidemment la relation linéaire n'existe que si l'or est inclus dans une seule phase de sulfures, si celle-ci
est la seule espèce présente et si l'or est distribué de manière homogène (Lawrence, 1990). Dans le cadre
de cette étude, aucun substrat minéral ne montre cette relation linéaire.
D'après ces observations, on peut constater que la nature physique et chimique des sulfures
porteurs de l'or chimiquement combiné peut déterminer la libération de l'or par oxydation bactérienne.
L'or non combiné chimiquement (métallique) peut être (concentré n° 2) ou non (concentré no 1) dépendant
de l'oxydation des sulfures pour sa libération. Ces prévisions pourraient être confirmées dans les
chapitres qui suivent.
V. 6. CONCLUSIONS
Un minerai sulfuré et quatre concentrés aurifères seront utilisés comme substrats pour les
expériences de biolixiviation. Leurs principales caractéristiques chimiques et minéralogiques se
résument comme suit :
Distribution de l'or Teneur en sulfures
Substrat Teneur (%) m~eurs (%)
Or Or récupéré Or Or
(ppm) par métallique chimiquement pyrite arsénopyrite
cyanuration rombiné
Concentré n° 1 90,0 99,6 100,0 0 28,92 24,33
Concentré n° 2 49,5 5,8 22 78 59,06 0
Concentré n° 4 24,5 5,4 0 100 63,94 19,73
Concentré n° 5 108,8 11,6 12,5 87,5 17,81 23,70
Minerai 8,2 99,6 100 0 2,47 1,14
Les images au microscope électronique à balayage et les analyses à la microsonde électronique,
ont révélé la présence d'hétérogénéité chimiques au sein des grains de pyrite et d'arsénopyrite. Dans les
149
Caractérisation minéralogique
quatre cas étudiés, des enrichissements en arsenic pourraient contribuer au développement préférentiel
de sites de corrosion bactérienne.
La spectroscopie Môssbauer a montré que la pyrite et l'arsénopyrite ne contiennent pas
seulement des inclusions de minéraux aurifères (or métallique notamment) mais aussi de l'or
chimiquement combiné dans le réseau cristallin du sulfure, qui est non récupérable par cyanuration
directe.
Les analyses à la microsonde électronique et surtout l'imagerie à la microsonde ionique ont
révélé que l'or "invisible" est surtout concentré dans les zones enrichies en arsenic. La dissolution
préférentielle de ces zones pourrait favoriser la libération de l'or"invisible", même pour une faible
oxydation des sulfures.
L'oxydation chimique des concentrés sulfurés aurifères réfractaires, suivie de la cyanuration des
résidus a mis en évidence un rapport non-linéaire entre l'oxydation du sulfure porteur de l'or et la
lixiviation du métal précieux.
150
BIOLIXIVIATION - CYANURATION
STATIQUE DES MINERAIS SULFURES :
BILAN DE L'AVANCEMENT DE
L'OXYDATION ET DE L'EXTRACTION DE
L'OR EN FONCTION DE LA
MINERALOGIE
151
152
Biolixi'Diation-Cyanuration statique de minerais sulfurés
VI. BIOLIXIVIATION- CYANURATION STATIQUE DES
MINERAIS SULFURES : BILAN DE L'AVANCEMENT DE
L'OXYDATION ET DE L'EXTRACTION DE L'OR
EN FONCTION DE LA MINERALOGIE
Au chapitre III, il a été observé d'abord que l'avancement de la biooxydation d'un minerai à
pyrite - arsénopyrite dépend surtout : (i) de la valeur du rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite], (ii) de la
présence d'hétérogénéités physiques ou chimiques au sein des grains de sulfures, et (iii) de la
cristallinité des sulfures. n a été ensuite constaté au chapitre V que la libération de l'or par oxydation
des minerais sulfurés dépend : (i) de l'avancement de l'oxydation du sulfure porteur de l'or, (ii) de la
distribution de l'or dans les sulfures, et (iii) de la présence d'hétérogénéités physiques ou chimiques au
sein des grains porteurs d'or.
La libération de l'or par biolixiviation d'un minerai sulfure doit donc dépendre de l'ensemble de
ces paramètres, qui déterminent à la fois l'avancement de la biolixiviation et la libération de l'or, et
ceci doit être valable aussi bien pour la lixiviation en système agité qu'en système statique. Néanmoins,
peu de certitudes existent au sujet de l'influence réelle de ces paramètres minéralogiques sur l'extraction
de l'or par un procédé combiné de biolixiviation -cyanuration statique.
L'objectif de ce chapitre est donc de montrer l'influence de la composition minéralogique des
concentrés sulfurés et minerais reconstitués respectifs sur l'avancement de la biolixiviation des sulfures.
Enfin, un bilan entre l'avancement de la biooxydation des sulfures porteurs et le rendement d'extraction
de l'or par cyanuration y est présenté.
Pour ce faire, l'étude préalable de la biolixiviation des quatre concentrés aurifères en systèmes
agités a été nécessaire pour mieux comprendre les phénomènes qui se produisent lors de la lixiviation
des systèmes mixtes en colonnes et pour comparer les rendements obtenus par les deux systèmes.
VI.l. BIOLIXIVIATION EN SYSTEMES AGITES
La biooxydation des concentrés sulfurés en réacteur montre une évolution des paramètres
biologiques et chimiques similaire à celle observée lors de l'oxydation bactérienne des systèmes mixtes
à espèces minérales pures (chapitre III§ III.3.1). Une faible diminution initiale du nombre de bactéries
en suspension est constatée pour les quatre concentrés (figure VI.l.a). L'absence apparente d'une fixation
rapide des bactéries aux particules minérales est expliquée par (i) la présence d'arsénopyrite et de
zones marginales riches en arsenic dans les grains de pyrite, qui stimule la croissance rapide des
bactéries en suspension, et (ii) la présence résiduelle de tensioactifs utilisés lors de la flottation des
concentrés, qui doit inhiber l'adhésion des bactéries aux surfaces minérales. C'est surtout le premier
facteur qui doit influencer cette évolution puisque plus le concentré contient d'arsénopyrite (rapport
[arsénopyrite] 1 [pyrite] plus important), plus la croissance des bactéries en suspension est accélérée
(figure VI.l.a).
153
Biolixit~i4tion statique de minerais sulfurés
(Bactéries/ml)e+7 pH
1,1
0 3 6 9 12 15 18 0 3 6 9 12 15 18
Temps (jours) -a- conoentrén°1
Temps (jours) ---- concentré n° 2
-o- concentré n° 4 --.- concentré n° 5
VI. 1. a VI.l. b
Figure VI. 1. Evolution de la croissance des bactéries en suspension et du pH au cours de
l'oxydation bactérienne des quatre concentrés sulfurés en systèmes agités <T=30°C,
inoculum=107 bacté[Link]-1, pulpe à 2%).
Seuls les premiers 18 jours d'attaque sont montrés dans cette figure.
L'évolution du pH au cours de la biolixiviation reflète aussi l'influence de la composition du
concentré (figure VI.l.b). En effet, l'oxydation des concentrés à plus faible valeur de [arsénopyrite] 1
[pyrite] (concentrés n° 2 et n° 4) entraine une constante augmentation de la acidité de la solution, étant
celle-ci similaire à celle enregistrée pour la biooxydation d'une pyrite pure (figure III.l.a). Par contre,
une augmentation du pH de la solution est constatée au début de l'oxydation des concentrés à plus forte
valeur de [arsénopyrite] 1 [pyrite] (concentrés n° 1 et n° 5), reflétant ainsi l'influence de l'arsénopyrite.
En ce qui concerne l'oxydation des sulfures, il est constaté que plus la valeur du rapport
[arsénopyrite] 1 [pyrite] est grande, plus la vitesse de solubilisation de l'arsenic est importante lors de
la biolixiviation (figure VI.2.b). En effet, l'oxydation bactérienne du concentré n° 5 conduit à une mise en
solution rapide de l'arsenic et à une lente solubilisation du fer (figure VI.2.a). L'arsénopyrite est ainsi
préférentiellement oxydée par rapport à la pyrite.
Des concentrations de Fem et d'As v en solution supérieures à 1500 mg.I-1 et des valeurs de pH
supérieures ou proches de 2,0 au cours de la biolixiviation du concentré n° 5, entraînent la précipitation
d'arséniates ferriques aussi bien sur la surface des grains que sous forme de particules en suspension de
taille < 51Jlll. La formation de ces précipités est accompagnée d'une acidité croissante de la solution
(figure VI.l.b).
154
Biolixif1Îiltion statique de minerais sulfurés
La solubilisation de l'arsenic est aussi accélérée par rapport à celle du fer pour les concentrés n°
1 et n° 4, mais à une vitesse plus faible par rapport au concentré n° 5 (figure VI.2). L'augmentation
initiale du pH et la mise en solution rapide de Feiii et d'As V lors de l'oxydation du concentré n° 1
conduit aussi à la néoformation d'arséniates ferriques, dont la quantité précipitée est inférieure à celle
du concentré n° 5. Dans le cas du concentré n° 4, la concentration en solution plus importante du Felii par
rapport à celle d'AsV favorise la faible précipitation d'une phase différente, plus probablement d'un
mélange d'arséniates et sulfates ferriques.
Fer en solution
(g/l) 7-r---------------,
6
5
4
3
2
1
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
VI. 2 a
Arsenic en solution
(g/l)
0,0
0 10 20
-a- oonoentré n° 1 --- ooncentré n° 2
---o-- oonoentré n° 4 oonoentré n° 5
30 40 50 60
Temps (jours)
VI. 2b
Figure VI. 2. Comparaison des cinétiques de solubilisation du fer et de l'arsenic au cours de la
biolixiviation des quatre concentrés sulfurés <T=30°C, inoculum=107 bacté[Link]·1, pulpe à 2%).
En fait, la composition du précipité est différente suivant le rapport [Feiii] 1 [AsY] (Krause et
Ettel, 1989). Si [Felll] 1 [As Y]= 1,0, c'est FeAs04 qui se forme. Par contre, si 1 < [Felll] 1 [As V] < 4, ce sont
des arséniates ferriques basiques qui se forment ([Link](OH)3), 100 à 1000 fois moins solubles que
FeAs04. Dans ce dernier cas, Robins (1988) considère plutôt la formation d'un arséniate ferrique
hydraté FeAs04.xH20 à pH< 2,0 et [ASsolution1 > 150 mg.l-1, et d'un hydroxyde ferrique FeOH3 avec
arsenic adsorbé à pH> 2,0 et [ASsolution1 < 150 mg.I-1.
L'avancement de l'oxydation bactérienne du concentré n° 2 n'est pas influencé par la présence de
l'arsénopyrite ([arsénopyrite] 1 [pyrite] = 0), mais par la présence des hétérogéneités physiques et
chimiques au sein des grains du sulfure. Bien que les zones marginales riches en arsenic et les zones
poreuses ou à faible cristallinité soient préférentiellement oxydées (figure 6, planche Il), le
155
Biolixi11iation statique de minerais sulfurés
pourcentage de solubilisation du fer et de l'arsenic est similaire au cours de la cinétique de
biolixiviation. Néanmoins, l'oxydation totale du sulfure porteur est plus lente par rapport à celle des
trois autres concentrés.
%Sulfures
% solubilisé par Formation
Concentré Rapport bio lixiviation de
pyrite arsénopyrite [Aspy]/[Py] Fe As précipités
n°l 28,9 24,3 0,84 98,2 100,0 ++
n°2 59,1 0,0 0,0 88,6 94,9 0
n°4 63,9 19,7 0,31 ==95,0 ==98,0 +
n°5 17,8 23,7 1,33 =65,0 100,0 ++++
Tableau VI. 1. Solubilisation du fer et de l'arsenic par biolixiviation en systèmes agités des
quatre concentrés aurifères sulfurés (T=30°C, pulpe minérale à 2%, inoculum = 1.107
bacté[Link]-1).
L'avancement de la biolixiviation des sulfures porteurs de l'or observé en systèmes agités
confirme les prévisions établies par l'oxydation chimique (§ V.S). L'oxydation de l'arsénopyrite
porteuse de l'or des concentrés n° 4 et n° 5 est largement favorisée, ainsi que celle des zones marginales
riches en arsenic du concentré n° 2 (figure VI.3). Des prévisions sur la récupération de l'or par
cyanuration peuvent alors s'établir à l'aide de graphiques de corrélation similaires à ceux de la figure
V.3. En effet, des récuperations élevées de l'or sont attendues après biolixiviation des quatre concentrés
aurifères (figure VI.3). Cependant, le recouvrement de l'or par les précipités néoformés pourrait limiter
son extraction. Marion et al. (1991d) ont démontré que les récupérations de l'or obtenues par un procédé
combiné de biolixiviation - cyanuration en système agité sont généralement inférieures à celles
attendues, en présence des précipités dans la pulpe.
VI. 2. BIOLIXIVIATION EN SYSTEMES STATIQUES
Les expériences de biolixiviation en colonnes de laboratoire ont été réalisées sur des minerais
reconstitués à environ 2% de pyrite + arsénopyrite (dilution des concentrés sulfurés dans du sable). Cette
étude a permis d'évaluer les cinétiques de dissolution en fonction de leur minéralogie.
VI. 2. 1. Minerai reconstitué n° 2 : à 1,94% de pyrite (riche en arsenic), en absence d'arsénopyrite
(dilution du concentré n° 2 dans du sable)
Les courbes de dissolution du fer et de l'arsenic suivent une augmentation constante : 42,59% du fer
sont en solution après 60 jours d'attaque, tandis que pour l'arsenic cette valeur atteint 81,74%. La vitesse
de solubilisation est ralentie à partir de 50 jours, mais aucune formation de précipités apparait. La
solubilisation de l'arsenic plus rapide que celle du fer est attribuée à l'oxydation préférentielle des
zones marginales riches en arsenic dans les grains de pyrite (Marion et al., 1991c). En ce qui concerne la
156
20
% en solution
~ 100 Diil so
• 1 1 ~ 1 60
•1 1'
/'1 1 40
1 1 20
-%-%F~e - e;x;~ttt;•;;•.;--;------------------------------------- -------------------- A ~·~.:~~~~~ __ ...-::t:::r'"" ---- 1 ......... - ........... .-; 1
Je•..... r::::r" 1 •
A //7..3. /-LI 1 j
ll fi"' ., ...... "" ~, .,- 111 1•1
l
_......-u •1
/ ré,c u pe' ration ! 1 v dmaOtond~'
ét / lA 1
• 0 ~ ~ ' 1 'Con~entr~ no ~ ' 1 ' 1 J B
80
récupération
d'or attendue •
100 0 20 40 60 80 100
Extraction de l'or(%)
% en solution
100 >== -
%As extrait•••
Concentré no 5
80
60 %Fe extrait"•
40
20
Ol IBJ 1 1 1 • ,C • • oJ, ~~~~.J 0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100
Extraction de l'or(%) Extraction de l'or(%)
Figure VI. 3. Prévisions sur l'extraction de l'or en fonction de la solubilisation du fer, de l'arsenic et de l'antimoine par oxydation
bactérienne des concentrés sulfurés
aurifères en systèmes agités : comparaison avec la lixiviation chimique par HN03 à 2,5N
• récupération estimée en fonction de l'avancement de la biolixiviation
0 FER /).. ARSENIC Q ANTIMOINE
1:1::1
5"
iar· fô•
6· ;t
i"i'
t•
~
3
§"
li:"
"J:'
?
~
Biolixiuiation statique de minerais sulfurés
croissance bactérienne (figure VI.4.a), l'évolution du pH (figure VI.4.b) et du potentiel
d'oxydoréduction, le comportement de ce minerai aurifère est similaire à celui d'un minerai reconstitué
avec de la pyrite pure, dont les principales caractéristiques sont : (i) une fixation importante des
bactéries sur le substrat minéral après inoculation, (ii) une diminution croissante du pH, et (iii) une
augmentation rapide du potentiel d'oxydoréduction de la solution percolante - valeurs comprises entre
570 et 600 mV /ECS. Bien qu'une grande partie des zones riches en arsenic soit solubilisée, seulement
42,5% de la pyrite totale sont oxydés (tableau VI.2). Ces faibles valeurs d'oxydation peuvent entraîner
des faibles valeurs de récupération de l'or: environ 40% de l'or d'après la figure VI.5.B.
%Sulfures
%oxydé par Formation
Minerai Rapport bio lixiviation de
reconstitué pyrite arsénopyrite [Aspy]/[Py] pyrite arsénopyrite précipités
n°2 1,94 0,0 0,0 42,5 - 0
n°4 1,45 0,45 0,31 56,0 94,2 +
n°1 1,03 0,87 0,84 35,2 99,5 ++
n~ 1,03 0,87 0,84 48,9 96,5 ++
n°S 0,84 1,12 1,33 38,7 100,0 ++++
n°S 0,84 1,12 1,33 49,8 100,0 ++++
Tableau VI. 2. Avancement de l'oxydation bactérienne des quatre minerais aurifères
sulfurés reconstitués en colonnes percolées <T=30°C, débit=90 l.h-1.m-2, inoculum=5.107
bactéries.g·l de minerai, 306g de minerai, environ 2% pyrite + arsénopyrite dans le
minerai).
VI. 2. 2. Minerai reconstitué n° 4 : à 1,4S% de pyrite et 0,4S% d'arsénopyrite (dilution du concentré
n° 4 dans du sable :rapport [arsénopyrite]/[pyrite] = 0,31)
Les solubilisations du fer et de l'arsenic sont respectivement de 63,42% et 90,82% après 60 jours de
biolixiviation statique (figure VI.4). L'oxydation de l'arsénopyrite est donc favorisée en présence de
pyrite et des bactéries, telle qu'il l'a été déjà constaté lors de la biooxydation en réacteur. Le nombre de
bactéries fixées au substrat minéral est faible après inoculation de la colonne. Les courbes d'évolution du
pH et du potentiel d'oxydoréduction sont très similaires à celles du minerai pyriteux précédent et du
minerai à pyrite pure. Le phénomène de précipitation apparaît très faible lors de l'attaque bactérienne
de ce minerai reconstitué, et il n'existe que sous la forme d'une fine pellicule déposée sur la surface des
grains. Puisque 94% de l'arsénopyrite et 56% de la pyrite sont oxydés au bout de 60 jours de
biolixiviation, une récupération de l'or d'environ 65% est attendue après cyanuration du résidu
biolixivié (figure VI.S.C).
VI. 2. 3. Minerai reconstitué n° 1 :à 1,()3% de pyrite et 0,87% d'arsénopyrite (dilution du concentré
n° 1 dans du sable :rapport [arsénopyrite)/[pyrite] = 0,84)
La teneur plus grande en arsénopyrite contribue à la mise en solution initiale plus rapide du fer et
de l'arsenic. Cependant, la cinétique de solubilisation est fortement ralentie dès le 20ème jour. Après 60
jours d'attaque bactérienne, 61,5% du fer et 98,6% de l'arsenic sont en solution. Ceci indique bien une
158
Biolixi'oiation statique de minerais sulfurés
(Bactéries/ml) e+7
100~--------------------------,
10
1
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
pH
FORMATION DE PRECll'ITES
AL 'INTERIEUR DE LA COLONNE
2,5 ..,---+---------
2,2
1,9
1,6
1,3
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
--a- minerai n° 1 (1,03% Py + 0,87% Aspy)
--11"- minerai n° 2 (1,94% Py) -o- minerai n° 4 (1,45% Py + 0,45% Aspy)
--e- minerai n° 5 (0,84% Py + 1,12% Aspy)
V1.4.a VI.4. b
Fer en solution
(mg/l)
5000 -.------------------,
4000
3000
2000
1000
0 10 20 30 40 50
Temps (jours)
V1.4.c
60
Arsenic en solution
(mg/l)
0 10 20 30 40 50 60
Temps (jours)
VI. 4. d
Figure V1. 4. Evolution du pH, de la croissance des bactéries en suspension, et de la solubilisation
de Fer et d'Arsenic au cours de la biolixiviation de minerais sulfurés aurifères en colonnes
percolées de laboratoire <T=30°C, débit=90 t.h·1.m·2, inoculum=5.107 bactéries.g·1 de minerai,
306g de minerai, environ 2% pyrite + arsénopyrite dans le minerai).
159
Biolixit1iation statique de minerais sulfurés
oxydation quasi-totale de l'arsénopyrite (99,5%) et l'oxydation partielle de la pyrite (35,21%). Par
contre, la courbe de croissance des bactéries en suspension manifeste la forte adhésion des bactéries aux
grains dès le départ, suivie d'une "longue" phase exponentielle de croissance (figure VI.4.a). La courbe
d'évolution du pH montre bien l'effet tampon produit par la présence de l'arsenic en solution, tandis que
celle du potentiel d'oxydoréduction (à des valeurs non supérieures de 500 mV /ECS) reflète la
complexité chimique de la solution (Lindstrôm et al., 1992). Même si la formation de précipités n'est
pas très évidente sur la surface des grains à l'intérieur de la colonne, les analyses des résidus font
apparaître leur présence (environ 40% de l'arsenic oxydé n'est plus en solution, figure VI.4.c et surtout
tableau VI.3). La distribution de ces précipités semble être assez homogène dans le profil de la colonne,
avec une production plus importante de précipités (soufre élémentaire et arséniates ferriques) quand on
augmente la teneur en sulfures dans le minerai au départ (tableaux VI.3 et V1.4).
quantités dans le résidu solide
Sulfures Précipités
Profondeur Pyrite Arsénopyrite FeAs04 so
([Py résidu] 1 [Py] ([Aspy résidu] 1 [Aspy] ([FeAsO<iJ 1 [Py+Aspy] ([5°]/[Soufre de
initial) x 100 initial) x 100 initial) x 100 sulfures] initial) x 100
0-10 CID** 14,60 0 2,83 <0,5
10-20 CID** 20,85 0 2,45 <0,5
20-30 CID** 9,12 0 2,28 <0,5
TOfAL 44,57 0 7,55 <1,00
Tableau VI.3. Analyse du résidu d'un minerai sulfuré reconstitué à 1,03% de pyrite et 0,87%
d'arsénopyrite en fin de biolixiviation statique.
Biolixiviation en colonne percolée en présence de Thiobacillus ferrooxidans pendant 80j :
T=30°C, débit= 50 I.h-l.m-2, inoculum = 2.107 bactéries.g·1 de minerai, colonne avec 3,672kg de
minerai reconstitué à partir du concentré n° 1.
**=chaque fraction du lit minéral reconstitué correspond au même poids sec
quantités dans le résidu solide
Sulfures Précipités
Profondeur Pyrite Arsénopyrite FeAs04 so
([Py résidu] 1 [Py] ([Aspy résidu] 1 [Aspy] ([FeAsO<iJ 1 [Py+Aspy l ([5°] 1 [Soufre de
initial) x 100 initial) x 100 initial) x 100 sulfures] initial) x 100
0-10cm 17,49 6,88 5,23 2,98
10-20cm 15,20 17,84 4,79 3,42
20-30cm 13,% 18,69 5,02 2,68
TOfAL 46,65 43,41 15,05 9,08
Tableau VI. 4. Analyse du résidu d'un minerai sulfuré reconstitué à 3,46% de pyrite et 2,91%
d'arsénopyrite en fin de biolixiviation statique.
Biolixiviation en colonne percolée en présence de Thiobacillus ferrooxidans pendant 80j :
T=30°C, débit= 50 I.h-l.m-2, inoculum = 2.107 bactéries.g-1 de minerai, colonne avec 3,672kg de
minerai reconstitué à partir du concentré n° 1.
**=chaque fraction du lit minéral reconstitué correspond au même poids sec
160
~"""
oxydation de pyrite
et d'arsénopyrite,%
lOO~f------~--~-~-~-~----~-~-~-~---------------------~-~-~-~-~-~--~~~-
arsénopyrite oxydée,...,.
80 1 minerai n° 1
oxydation de pyrite, %
100-r-----
minerai no 2
80
Jd,.. .......... IB
//{J
60
40 1···--·-··-·-··-.. -·-·-·-·-----·······---··--··-.. ·-·-·-··-··!-1
pyrite oxydée•••
20
o+-----~----~~----~----~
0 20 40 60
oxydation de pyrite extraction de l'or, %
et d'arsénopyrite, %
60
pyrite oxydée ,...,.
... ---.. -···---·-r-1~
40
20
//
/;:a
/
0
oxydation de pyrite
et d'arsénopyrite, %
//
/_,fj
/
extraction de l'or, %
100 .;.:f_ _-_... .;.._ __ -__- __- __- __- _- ----Àtr-_-_: Ji=_,.___.,,. ,. - ----.1 c
arsénopyrite oxydée"*
100 r . ~-~-•----&-- ., 1
/ ~nopynteoxydée,.,.,.
80 minerain° 4
01
,C1 80 minerain° 5
60
40
20
0~
0
·--.... _.._ .. _ 1
11
·--~---.....L
1
_, 1 i , 1 •
/1l
/ 1.
1!
• / 1 1 / 1!
/ 1 ' /_...//'(] E.0.~1.~
20 40 60~ioe 80 100
extraction de l'or, %
60
40 1············. . J?~t-e·· -o··x-y-·d-·é··e·,·.·,·.·,·.· ·-···-yL······· .. ·f.
20
0
extraction de l'or, %
Figure VI. 5. Prévisions sur l'extraction de l'or par cyanuration en fonction de l'oxydation chimique acide par HN03 et de
l'avancement de la biolixiviation statique des minerais sulfurés reconstitués ( D pyrite, .. arsénopyrite). lfll Extraction de l'Or Attendue en
fonction . .*~*.%_extrait_ par
""''· de l'avancement de la biolixiviation blOliXlVlatlon stauque des
E.O.A. minerais sulfurés reconstitués
D
tl:!
[
r.ë"
;;·
E' g.
;:&
â"'
~..-
~
:!
~-
l;;•
I"l:'
'?
~
Biolixiviation statique de minerais sulfurés
VI. 2. 4. Minerai reconstitué no 5: à 0,84% de pyrite et 1,12% d'arsénopyrite (dilution du concentré
5 dans du sable :rapport [arsénopyrite]/[pyrite] = 1,33).
La solubilisation de l'arsenic est très rapide, et dès le 30ème jour pratiquement toute
l'arsénopyrite est déjà oxydée. C'est le résultat de l'oxydation préférentielle de l'arsénopyrite en
présence des bactéries et de la pyrite. Des concentrations de Felll et As V en solution supérieures à 1500
mg.I-1, et des valeurs de pH supérieures de 2,0 entraînent la formation de soufre élémentaire et
d'arséniates ferriques précipités à l'intérieur de la colonne, surtout dans la partie supérieure de celle-ci.
Les précipités néoformés recouvrent complètement la surface des grains minéraux, en constituant
la couche indurée caractéristique de la biolixiviation statique de l'arsénopyrite dans la partie
supérieure de la colonne (voir§ III.3.2). Une forte et constante diminution du nombre de bactéries en
suspension est constatée à partir de la formation de précipités (figure VI.5.a). Le tableau VI.5 montre à
titre d'exemple que la biolixiviation totale de l'arsénopyrite entraîne la formation abondante de
précipités (arséniates ferriques et soufre élémentaire, voir § III.3.2). La distribution des précipités à
l'intérieur de la colonne n'est pas homogène : la couche supérieure de 10cm (pour une profondeur totale
du profil de 30cm) contient 11,2 mg FeAs04.g-1 de minerai, et 1,2 mg so .g-1 de minerai, tandis qu'en bas de
la colonne les valeurs de la concentration correspondent à 4,31 et 1,6 respectivement. L'oxydation totale
de l'arsénopyrite porteuse de l'or (tableau VI.2) doit entraîner une récupération de l'or très élevée
(d'environ 95%, figure VI.3.d). Cependant il reste à évaluer l'influence des arséniates ferriques et du
soufre élémentaire, précipités abondament à l'intérieur du profil minéral.
quantités dans le résidu solide
Sulfures Précipités
Profondeur Pyrite Arsénopyrite FeAs04 so
([Py résidu] 1 [Py] ([Aspy résidu] 1 [Aspy] ([FeAsO,.J 1 [Py+Aspy J ([S0]/[Soufre de
initial) x 100 initial) x 100 initial) x 100 sulfures] initial) x 100
0-10 cm 9,81 0 23,29 4,60
10-20cm 17,85 0 11,01 5,75
20-30cm 18,41 0 11,15 6,13
TOTAL 46,07 0 45,45 16,47
Tableau VI. 5. Analyse du résidu d'un minerai sulfuré reconstitué à 0,84% de pyrite et 1,12%
d'arsénopyrite en fin de biolixiviation statique.
Biolixiviation en colonne percolée en présence de Thiobacillus ferrooxidans pendant 80j :
T=30°C, débit= 50 I.h-1.m·2, inoculum = 2.107 bactéries.g·1 de minerai, colonne avec 3,672kg de
minerai reconstitué à partir du concentré n° 5.
**=chaque fraction du lit minéral reconstitué correspond au même poids sec
VI. 3. LE STATUT OIIMIQUE DE L'OR UBÉRÉ PAR BIOLIXIVIATION DES SULFURES PORTEURS
D'après Plyusnin et al. (1981), l'oxydation des sulfures porteurs d'or entraîne la libération de
l'or "invisible" sous forme de fines particules d'or métallique de taille <[Link] qui restent disséminées au
sein des particules de sulfures oxydés. La spectroscopie Môssbauer de 197 Au a permis d'obtenir et de
comparer des spectres correspondant à l'état chimique initial de l'or dans le concentré n° 5 et l'état
162
BiolixiTJûztion statique de minerais sulfurés
obtenu après l'étape de biolixiviation (figure VI.6). Malgré la mauvaise résolution du spectre, due à un
phénomène d'absorption non spécifique des photons y jusqu'à présent mal compris, l'or contenu dans ce
concentré est typiquement combiné à l'arsénopyrite et est accompagné d'un peu d'or métallique (12,5%,
voir chapitre V § V .4).
Transmission(%)
100
99,92
-5
0
0
0
0
100
0 o o Oo
000
0
99,99
00
B
-5
0
0
0
+5
Vitesse (mm.s·l)
0
0
0
0
+5
Cl
0
oeo
0
8
0
0
0 Cl)
0
0
Vitesse (mm.s-1)
Figure VI. 6. Spectre Mossbauer (197 Au) du concentré n° 5 de départ (A) et du même concentré
ayant subi une biolixiviation partielle (B). Le spectre A montre une composante dominante d'or
chimiquement combiné à l'arsénopyrite (vert) et une composante à faible intensité d'or
métallique (jaune). (Le spectre B a été obtenu après biooxydation en réacteur pendant 30jours,
sur échantillon congelé après récupération par centrifugation à 18000 t.p.m. et mise à
congélation à -20°C sous azote).
163
Biolixiviation statique de minerais sulfurés
La biolixiviation partielle conduit à la transformation d'une partie de l'or chimiquement
combiné en or métallique, la fraction restante étant chimiquement combinée à l'arsénopyrite non oxydée
: l'estimation quantitative donne 56% d'or combiné et donc 44% d'or métallique dont 31,5% d'or converti
par biooxydation. Ces résultats sont confirmés par le rendement de cyanuration dynamique qui est de
45%. Le passage de l'or d'un état microdispersé (combiné probablement au sein du réseau de
l'arsénopyrite) à un état métallique (obligatoirement finement divisé), exclut donc un possible
transport en solution. TI peut être la cause d'une mobilité et d'une redistribution de l'or dans les colonnes.
Nous avons donc porté une attention particulière au profil de concentration des colonnes, comme nous
l'avons fait pour les phases précipités de l'arsenic, fer et soufre (voir § VI.2.3 et VI.2.4). En effet, en cas
de migration, on peut craindre des pertes en or dans l'ensemble du dispositif de lixiviation.
VI. 4. DISTRIBUTION DE L'OR LIBRE ET LIBÉRÉ À L'INTÉRIEUR DES COLONNES
Des expériences de biolixiviation en grandes colonnes de laboratoire (= 3,5kg de minerai
reconstitué) nous ont permis d'évaluer la distribution de l'or métallique déjà libre et de celui libéré par
l'attaque bactérienne des sulfures. Dans les trois cas étudiés, les solutions de biolixiviation ne
contiennent pas d'or (:s;0,05 mg.I·1 après filtration de la solution à 0,2J.1Ill) et la distribution est très
homogène au long du profil (tableaux VI.6, VI.7, et VI.8). Aucune migration de l'or n'est donc observée,
que l'or soit initialement métallique ou chimiquement combiné au sulfure avant biolixiviation. Ce
résultat doit être comparé aux migrations d'or observés dans des profils naturels, où la mobilité est liée
à un pH plus élevé (et donc des complexations possibles par l'ion thiosulfate par exemple).
Distribution de ([FeAs04 ([S élémentaire
Distribution de l'or dans le ([restant dans le résidu de précipité dans précipité dans
Profondeur l'or dans le résidu biolixiviation] 1 [teneur le résidu] 1 le résidu] 1
résidu biolixivié initiale]) x 100 [pyrite+ [Soufre de
biolixivié, % (l) dépourvu des arsénopyrite] sulfures]
précipités, % (2) initial) x 100 initial)
pyrite arsénopyrite x lOO
0 -10cm <3> 29,4 32.4 9,8 0 23,9 4,6
10 -20cm (3) 31,3 31,9 17,9 0 11,0 5,8
20 -30cm <3> 30,3 32,3 18,4 0 11,2 6,1
Total 91,0 %,6 46,1 0 46,1 16,5
Tableau VI. 6. Distribution de l'or, des sulfures majeurs et des précipités néoformés (quantités par
tranche) dans une colonne en fin de biolixiviation: minerai reconstitué à 0,84% pyrite+ 1,12%
arsénopyrite aurifère, à partir du concentré n° 5, [arsénopyrite] 1 [pyrite] = 1,331, 87,5% d'or
combiné (Biolixiviation en colonne en présence de Thiobacillus ferrooxidans pendant 60j :
T=30°C, débit= 50 I.h-1.m-2, inoculum = 2.107bactéries.g-1 de minerai).
<U Récupération de l'or du résidu biolixivié par cyanuration en flacon agité pendant 48h : [CN·]initial
= 0,1 M.I-1, pulpe à 20% de solides.
(2) Récupération de l'or par cyanuration en flacon agité après solubilisation des précipités formés au
cours de la biooxydation (lavage à l'HCl 3N + méthanol)
(3) chaque fraction du lit de minéral correspond au même poids sec.
164
Biolixi'Diation statique de minerais sulfurés
Distribution de ([FeAs04 ([S élémentaire
Distribution de l'or dans le ([restant dans le résidu de précipité dans précipité dans
Profondeur l'or dans le résidu biolixiviation] 1 [teneur le résidu] 1 le résidu] 1
résidu biolixivié initiale]) x 100 [pyrite+ [Soufre de
biolixivié, % (1) dépourvu des arsénopyrite] sulfures]
précipités, % (2) initial) x 100 initial)
pyrite arsénopyrlte x lOO
0-10 cm <3> 33,0 32,4 14,6 0 2,8 <0,5
10-20cm <3> 31,8 32,6 20,9 0 2,5 <0,5
20-30 cm <3> 32,8 31,8 9,1 0 2,3 <0,5
Total 97,6 96,8 44,6 0 7,6 <1,5
Tableau VI. 7. Distribution de l'or, des sulfures majeurs et des précipités néoformés (quantités par
tranche) dans une colonne en fin de biolixiviation: minerai reconstitué à 1,03% pyrite+ 0,87%
arsénopyrite, à partir du concentré n° 1, [arsénopyrite] 1 [pyrite] = 0,841, 100% d'or métallique
(Biolixiviation en colonne en présence de Thiobacillus ferrooxidans pendant 60j : T =30°C, débit =
50 l.h-l.m-2, inoculum = 2.107 bactéries.g·1 de minerai).
(1) Récupération de l'or du résidu biolixivié par cyanuration en flacon agité pendant 48h : [CN·]initial
= 0,1 M.I-1, pulpe à 20% de solides.
(2) Récupération de l'or par cyanuration en flacon agité après solubilisation des précipités formés au
cours de la biooxydation (lavage à l'HCl 3N + méthanol)
(3) chaque fraction du lit de minéral correspond au même poids sec.
Distribution de ([FeAs04 ([S élémentaire
Distribution de l'or dans le ([restant dans le résidu de précipité dans précipité dans
Profondeur l'or dans le résidu biolixiviation] 1 [teneur le résidu] 1 le résidu] 1
résidu biolixivié initiale]) x 100 [pyrite+ [Soufre de
biolixivié, dépourvu des arsénopyrite] sulfures]
% (1) précipités, % (2) initial) x 100 initial)
pyrite arsénopyrlte x100
0-10 cm <3> 31,9 31,7 17,5 6,9 5,2 3,0
10-20cm <3> 31,9 31,7 15,2 17,8 4,8 3,4
20-30cm (3) 30,7 31,4 14,0 18,7 5,0 2,7
Total 94,5 94,8 46,7 43,4 15,0 9,1
Tableau VI. 8. Distribution de l'or, des sulfures majeurs et des précipités néoformés (quantités par
tranches) dans une colonne en fin de bio lixiviation : minerai reconstitué à 3,46% pyrite + 2,91%
arsénopyrite, à partir du concentré n° 1, [arsénopyrite] 1 [pyrite] = 0,841, 100% d'or métallique
(Biolixiviation en colonne en présence de Thiobacillus ferrooxidans pendant 60j : T=30°C, débit=
50 l.h·1.m·2, inoculum = 2.107 bactéries.g·1 de minerai).
(1) Récupération de l'or du résidu biolixivié par cyanuration en flacon agité pendant 48h : [CN·]initial
= 0,1 M.I-1, pulpe à 20% de solides.
(2) Récupération de l'or par cyanuration en flacon agité après solubilisation des précipités formés au
cours de la biooxydation (lavage à l'HO 3N + méthanol)
<3> chaque fraction du lit de minéral correspond au même poids sec.
165
Biolixi'Dilltion statique dt minerais sulfurés
VI. 5. RÉCUPÉRATION DE L'OR EN FONCTION DE L'AV AN CEMENT DE LA BIOUXIVIATION ET
LA MINÉRALOGIE DU MINERAI
Les résultats obtenus après cyanuration (tableau VI. 9) des résidus de biolixiviation statique de
minerais sulfurés aurifères reconstitués (voir§ VI.2) nous montrent que:
Pour le minerai reconstitué à 1,94% de pyrite aurifère riche en arsenic (à partir du concentré n°
2), l'extraction de l'or après biooxydation et cyanuration statiques est de 37,7%. Cette valeur correspond
exactement à la valeur attendue de la récupération de l'or, estimée en fonction de l'avancement de la
biooxydation de la pyrite (figure VI.7.B). En fait, la faible récupération de l'or obtenue est expliquée
par : (i) l'oxydation incomplète (=80%) des zones riches en arsenic, qui contiennent la fraction
chimiquement combinée de l'or; et (ü) la faible oxydation du reste de la pyrite, qui contient la fraction
finement disséminée de l'or métallique.
Dans le cas où le minerai est reconstitué à 1,45% pyrite et 0,45% arsénopyrite (à partir du
concentré n° 4, rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] = 0,309), la récupération de l'or obtenue (66,7%) est plus
satisfaisante. Bien que l'oxydation incomplète de l'arsénopyrite (porteur de l'or "invisible") suffise à
expliquer le relativement faible rendement de récupération obtenu (d'après la figure VI.7.C), ce
résultat semble confirmer la possible distribution d'une fraction de l'or "invisible" dans la pyrite
(malgré le spectre Môssbauer qui montre un seul pic d'or "invisible" associé à l'arsénopyrite).
%oxydépar Formation Récupération de l'or Récupération
am centré Sulfures porteurs Rapport Q: biolixiviation de par cyanuration de l'or par
no
2
4
1
1
5
5
% [Aspy]/ am biné statique précipités statique (%) cyanuration
Pv Aspy [Py] % Py Aspy obtenue attendue dynamique
1,94 0 - 78 42,5 - 0 37,7 35à60 n.d.
1,45 0,45 0,309 94,6 56,0 94,2 + 66,7 60à70 n.d.
1,ü3 0,87 0,841 0 35,2 99,5 +t 42,6 99,6 56,8
1,ü3 0,87 0,841 0 48,9 96,5 +t 74,2 99,6 80,3
0,84 1,12 1,331 87,5 38,7 100 +t++ 27,9 65à95 n.d.
0,84 1,12 1,331 87,5 49,8 100 +t++ 92,2 65à95 96,2
Tableau VI. 9. Extraction de l'or après biolixiviation statique des quatre minerais sulfurés aurifères
reconstitués.
n.d. = non déterminé.
Pour le minerai reconstitué à 1,03% pyrite et 0,87% arsénopyrite (à partir du concentré n° 1,
rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] = 0,841), la récupération de l'or obtenue n'est pas seulement non
reproductible mais aussi au dessous de la valeur attendue (figure VI.7.A). Puisque ce concentré ne
contient que de l'or métallique, sa libération ne dépend pas de l'avancement de l'attaque des sulfures,
mais des phénomènes qui ont lieu lors de la cyanuration. Dans ces conditions, les faibles récupérations
de l'or obtenues peuvent être expliquées par la présence de précipités (soufre élémentaire et
oxyhydroxydes ferriques) qui peuvent enrober la surface des grains d'or libre. De plus, des travaux
166
~"""'
oxydation de pyrite
et d'arsénopyrite, %
100 F-----------------
~nopyriteoxydéeM*
oxydation de pyrite, % .,... .,... 1 B
minerain° 2 100 1 .Jd/
80 1 minerai n° 1
60
40 1····---·-··--··-···---·-··---·-·----·-···-····---·-1-·1
pyrite oxydée***
20
ol , ,· , ·a~·
0 20 40 60
oxydation de pyrite extraction
et d'arsénopyrite, %
J À Ê- 00
J
80 ~nopyriteoxydée*M
minerain°4
60 , __ pynte oxy~:e--=.~--··----·-···...1•. ::::./
40
20
40
D ;/
}1
1
80 100
extraction de l'or, %
c
80
60
1
pyrite oxydée M*
40r·-··
/
20 -t
}21/
/
0 1 _,/
/
/..{j
/
/
/
...... n
oxydation de pyrite
et d'arsénopyrite, %
extraction de l'or, %
100~r-----------~~;~~~~~---_~Jt---~-~
1 1 []
/ 1! 1 .,
·-·-·-····-·······--··--·---·--------····/.···-1·
40 1·············-··P.~~=-~~d~:: ... -... )~-----· 1 E.O.O/ 9
__ -eji
-[3- l
80
arsénopyrite oxydéeminerai
no 5
60
E.0.0. 1
20
00 40 60 80
extraction de l'or, %
Figure VI. 7. Extraction de l'or par cyanuration en fonction de l'oxydation chimique acide par HNOJ O pyrite,. arsenopyrite), en
comparaison avec les récupératios de l'or attendue et obtenue après biolixiviation statique des minerais sulfurés reconstitués.
E.O.O. !ltJ . . *** ·
~ Extraction de l'Or Obtenue par ~'iM Extracuon de l'Or Attendue en fonction . . . . %_ extrait_ par
cyanuration statique après biolixiviation E (j"' A de l'avancement de la biolixiviation ?toli~lVlallon statique ~es
· · · mmeralS sulfurés reconsutués
D
.O.A.
tx:l s·
ia..f·.
6· ;t
"à'
~-
"' ;:,.
"' ::!
if
~
fA•
1":'
'?
~
Bioli:ci'Oiation statique de minerais sulfurés
réalisés par Lorenzen et van Deventer (1992), montrent que la présence de pyrite peut réduire la
récupération de l'or métallique lors de la cyanuration (i) par l'effet d'une interaction galvanique en
présence de contact direct entre les grains de pyrite et d'or métallique (40% de diminution du rendement
d'extraction de l'or), et (ii) par la formation d'un précipité sur la surface des grains d'or (27% de
diminution du rendement d'extraction de l'or). En. effet, au cours de la biolixiviation de ce minerai,
l'arsénopyrite est presque complètement oxydée tandis que plus de 50% de la pyrite est restée dans le
résidu (tableau VI.9).
Dans le cas extrême, pour le minerai à 0,84% pyrite et 1,12% arsénopyrite (à partir du concentré
n° 5, rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] = 1,331), l'extraction de l'or est aussi non reproductible, avec une
valeur (27,9%) largement inférieure à la valeur attendue (65 à 95%). Le résultat obtenu lors d'une
deuxième série d'expériences est par contre, en accord avec l'extraction attendue. Vu que l'oxydation
bactérienne de l'arsénopyrite (aurifère à or chimiquement combiné) était complète et rapide (§ VI.2.4)
on devait attendre des bonnes récupérations de l'or. Le dernier résultat a confirmé cette prévision (figure
VI.7.D). La faible récupération obtenue pour la première expérience n'a pas pu jusqu'à présent recevoir
d'explications satisfaisantes si ce n'est que la dissolution - réformation de précipités dans la colonne
lors de la remontée du pH doit être un phénomène relativement difficile à maîtriser. La présence de
précipités n'entraîne pas automatiquement des mauvais résultats, mais il est probable que leur nouvelle
distribution (aux échelles macro- et microscopiques) puisse, dans certains cas, devenir un obstacle à la
circulation des solutions cyanurées et au contact de celles-ci avec les grains d'or.
Le rôle néfaste des précipités sur l'extraction de l'or est surtout démontré pour le minerai
reconstitué n° 5, pour lequel la formation de précipités lors de la biolixiviation est la plus importante.
L'élimination des précipités en préalable à la cyanuration (par dissolution du fer et de l'arsenic avec
HCl, suivie d'un lavage et de la dissolution du soufre élémentaire avec du méthanol), a entraîné des
récupérations en accord avec les valeurs attendues (entre 88 et 92%).
VI. 6. CONCLUSIONS
Il a été confirmé qu'en dehors de l'influence des populations bactériennes et des paramètres
opératoires impliqués dans la biooxydation statique des sulfures, l'avancement de la biolixiviation des
minerais sulfurés est influencé par leur minéralogie (hétérogénéités chimiques et cristallines à
l'échelle du grain) et particulièrement par leur rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite].
Le rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] détermine, d'une part, la vitesse de solubilisation de
l'espèce contenant l'or et donc la vitesse de libération de l'or, et d'autre part, l'éventuelle formation de
précipités qui peuvent recouvrir les surfaces minérales. En fait, la libération de l'or "invisible" est
proportionnelle à l'avancement de l'oxydation bactérienne du sulfure porteur, sauf si celle-ci entraîne
la formation de précipités.
L'or libéré par l'oxydation des sulfures porteurs, reste sous forme métallique à l'intérieur du lit
de minerai biotraité. La distribution homogène de l'or métallique libre et libéré dans les profils de
biolixiviation statique, a mis en évidence l'absence de migrations de l'or à l'intérieur du lit aux
échelles de temps et d'espace considérés pour les expériences.
168
Biolixiviation statique de minerais sulfurés
Une valeur de [arsénopyrite] 1 [pyrite] comprise entre 0,3 et 0,5 favorise significativement la
vitesse de solubilisation de l'arsénopyrite (espèce pouvant contenir de l'or chimiquement combiné).
Pour un minerai où tout l'or non cyanurable est associé à l'arsénopyrite et avec une valeur du rapport
[arsénopyrite] 1 [pyrite] entre 0,3 et 0,5, l'oxydation du sulfure porteur par voie bactérienne permettra
une récupération optimale de l'or. Par contre, des valeurs de [arsénopyrite] 1 [pyrite] < 0,3 ralentissent
fortement les cinétiques d'oxydation des sulfures. Dans le cas où l'or est associé à la pyrite, sa libération
est largement retardée par rapport à celui qui est associé à l'arsénopyrite.
La formation de précipités (mélange fin d'arséniates ferriques et de soufre élémentaire) qui est
déjà observée pour le rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] > 0,5, devient importante à des valeurs de
[arsénopyrite] 1 [pyrite] > 1,3. Ces précipités recouvrent les surfaces minérales surtout dans la partie
supérieure de la colonne. Pour un minerai où tout l'or "invisible" est associé à l'arsénopyrite et avec une
valeur du rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] > 1,3, la biolixiviation du sulfure porteur de l'or sera
accélérée, mais la récupération de l'or dépendra de l'intensité du recouvrement des particules d'or par
les précipités.
169
BiolixiTJiation statique de minerais sulfurés
170
ETUDE DES INTERACTIONS ENTRE
LES SOLUTIONS ET LES RESIDUS DE
BIOLIXIVIATION DE MINERAIS
SULFURES ET LE REACTIF DE
COMPLEXATION DE L'OR
171
172
Réacti-oité du cyanure a-oec les produits de biolixi-oiation
VII. ETUDE DES INTERACTIONS ENTRE LES SOLUTIONS ET LES
RESIDUS DE BIOLIXIVIATION DE MINERAIS SULFURES ET LE
REACTIF DE COMPLEXATION DE L'OR
Il a été montré qu'au cours de la biolixiviation statique de minerais sulfurés à pyrite et
arsénopyrite, des arséniates ferriques et du soufre élémentaire sont précipités à l'intérieur du profil
minéral. En fait, plus la valeur du rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] dans le minerai de départ est
grande, plus les précipités néoformés recouvrent les surfaces minérales. En fin de biolixiviation, ils
peuvent enrober la plupart des grains minéraux, surtout dans la partie supérieure du profil. Les solutions
alcalines de cyanure utilisées pour lixivier l'or entrent alors en réaction avec ces précipités ou avec leurs
produits néoformés par l'ajustement du résidu biolixivié à pH alcalin (pH = 10,5 - 11,0, nécessaire pour
la mise en place de la cyanuration). Des travaux réalisés par d'autres auteurs ont montré une réaction du
cyanure libre avec les résidus obtenus par biolixiviation de concentrés à pyrite et arsénopyrite en
systèmes agités. Ces auteurs ont attribué la réaction du cyanure libre à la présence des sulfures nonoxydés
(Lindstrôm et al., 1992), du soufre élémentaire (Barret et al., 1988) et des arséniates ferriques
(Komnitsas and Pooley, 1990), mais, à notre connaissance, aucun travail n'a véritablement démontré
l'influence de chaque espèce sur la réactivité du résidu biolixivié vis à vis du cyanure.
A la suite de ces résultats, l'intensité de la réaction du cyanure avec les résidus de
biolixiviation statique a été mésurée, ceci en relation avec la teneur en fer, arsenic et soufre précipités
(tableau VII.1). ll apparaît évident que plus la valeur de [arsénopyrite] 1 [pyrite] est grande, plus il y a
d'arséniates ferriques, d'oxyhydroxydes ferriques et de soufre élémentaire précipités, et plus de
cyanure libre est consommé.
Rapport
% oxydé par [([Link]écipité) 1 ([Link])] • 100
biolixiviation [HCN+CW]
[Aspy]/(Py] Py Aspy Fe As so 1 [CN]initial
0,000 22,65 - <0,()5 <0,10 1,94 0,974
0,111 23,55 38,92 0,()5 0,10 2,07 0,909
0,250 29,25 61,70 o,oe 0,20 3,34 0,915
0,429 30,12 58,55 0,30 0,61 3,62 0,823
0,666 24,29 49,63 0,34 0,46 5,26 0,830
0,818 33,09 53,60 0,46 0,50 6,88 0,810
1,500 21,68 40,34 0,37 0,31 8,00 0,735
4,000 <20,0 50,65 3,74 2,53 12,26 0,656
Tableau VII. 1. Avancement de la biolixiviation, quantité de précipités néoformés et consommation du cyanure
après biolixiviation statique de minerais sulfurés en fonction du rapport [Aspy]/[Py].
173
Réacti'uité du cyanure auec les produits de biolixiuiation
A la suite de ces résultats, l'interaction entre les éléments solubilisés et précipités formés au
cours de la biolixiviation de sulfures et le cyanure (NaCN)- agent complexant de l'or- a été évaluée
par le suivi des teneurs du complexant libre en solution (HCN + CN-). Pour ce faire, des cinétiques de
disparition du cyanure libre en solution ont été suivies au cours de la cyanuration en réacteur (voir
dispositif expérimental en chapitre II§ ll.S) d'espèces minérales pures et de différents produits bruts,
biooxydés et synthétiques. Les résultats acquis sont regroupés ci-dessous :
VTI. 1. REACTION AVEC LES SULFURES MAJEURS NON OXYDES
La pyrite et l'arsénopyrite n'ayant pas subi un procédé d'oxydation ont une légère réactivité
avec le cyanure (figure Vll.l), ce qui est en accord avec d'autres résultats publiés (Hedley et
Tabachnick, 1958, Marion et al., 1990).
Dans le cas du concentré n° 1, dont les sulfures majeurs sont la pyrite (28,9%) et l'arsénopyrite
(24,3%), la réactivité est aussi légère (figure Vll.2). La faible teneur en sulfures "consommateurs" de
cyanure, tels que la chalcopyrite (0,08%), la galène (0,19%) ou la stibine {<0,10%) ne paraît pas jouer
de rôle significatif. Les ions 52- solubilisés lors de la mise en milieu alcalin de la pyrite et la présence
du soufre élémentaire sur la surface de l'arsénopyrite peuvent expliquer les faibles consommations
observées, par la formation de CNS- {Lorenzen et van Deventer, 1992).
[HCN +CN)/( CN]initial
0,00 2,00 4,00
""··o-- sans minéral
--o- pyrite
--e- arsénopyrite
6,00 8,00 10,00
Temps, heures
Figure VII. 1. Réactivité du cyanure avec la pyrite et l'arsénopyrite (masse de solides = 40g,
granulométrie 50 - lOOJ.l.m, volume du réacteur = 1,4 1, [CN]initial = 0,1 M.I-1, longeur de la
membrane= 123cm).
174
Rtsactiuité du cyanure auec les produits de biolixiuiation
[HCN + CN]/[CN]initial
1,00 ·---------------.
0,96
0,92
0,88
0,84
024
"-0 .. " sans minéral
--e-- arsénopyrite
--e-- oonoentrén° 1
6 8 10
Temps, heures
Figure VII. 2. Réactivité du cyanure avec l'arsénopyrite et le concentré n° 1 (masse de solides =
40g, granulométrie 50- lOOflm, volume du réacteur= 1,4 1, [CN]initial = 0,1 M.l-1, longeur de la
membrane = 123cm).
VU. 2. REACTION AVEC LA PYRITE BIOOXYDEE
Aucune réaction est observée en présence de solutions et du résidu solide de biolixiviation d'une
pyrite "pure". La neutralisation du pH, en préalable à l'ajout du réactif (passage de pH 1,3 à 10,5)
favorise la précipitation d'une grande partie des ions Feil et Feiii en solution sous forme
d'oxyhydroxydes de fer et elle empêche la perte du cyanure par formation de complexes du type ferroou
ferricyanure. Les oxyhydroxydes de fer précipités peuvent aussi empêcher toute réaction du cyanure
avec le sulfure restant ou avec les produits de surface néoformés, comme le soufre élémentaire. Dans le
cas du résidu de pyrite biolixiviée, filtrée et lavée, une faible réaction est de nouveau observée, comme
dans le cas de la pyrite non biooxydée : la réaction avec le soufre pelliculaire précipité sur la surface
(Mustin et al., 1992) et la réaction avec 52-libéré peuvent en être les causes (figure VII.3).
Ce résultat confirme la très faible perte du cyanure observée en présence du résidu de
biolixiviation en colonne d'un minerai reconstitué contenant 2% pyrite {minerai à [Aspy]/[Py] = 0 du
tableau VII.l). La réactivité des minerais sulfurés biolixiviés avec le cyanure n'est donc attribuable
qu'aux produits de biolixiviation de l'arsénopyrite.
175
Réacti'oité du cyanure aTJec les produits de biolixiTJiation
[HCN + CN]/(CN]initial 1,00-----------------.
~-q
0,95
\ bq
~ ......
D·--a -·'Cl·-.. - ......
0,90
0,85
0,80
0,75 -t---.,.---.---.,.---.---.--.---.--.---.--1
0 2 4 6 8 10
-a-- sans minéral Temps, jours
--o- pyrite
--e- pyrite biolixiviée, filtrée et lavée
Figure VII. 3. Réactivité du cyanure avec la pyrite et les produits de sa biolixiviation (masse de
solides= 40g, granulométrie 50 -100~m, volume du réacteur= 1,41, [CN]initial = 0,1 M.I-1, longeur
de la membrane = 123cm).
VTI. 3. REACTION AVEC LES RESIDUS DE BIOLIXIVIATION DE L'ARSENOPYRITE
La figure VII.4 montre la réactivité du cyanure avec l'arsénopyrite et son résidu de
biolixiviation. Il a été déjà montré que l'arsénopyrite non-oxydée a une légère réactivité initiale avec
le cyanure ce qui est en accord avec des résultats publiés (Marion et al., 1990). Une perte importante du
réactif est par contre observée en présence des phases solides et solubles formées au cours de la
biolixiviation de l'arsénopyrite (figure VII.4). D'une part, la perte de cyanure libre d'environ 50%
après 24heures, par réaction avec le résidu sec, filtré et lavé, ne peut être attribuée qu'aux espèces
solides formées lors de la biolixiviation. D'autre part, la perte rapide d'environ 70% de cyanure libre
après lheure de réaction avec le résidu biolixivié "frais" (solide + solution) indique aussi l'influence
des ions en solution. Même si au cours de la neutralisation du pH, une grande partie du fer solubilisé
précipite sous forme d'oxyhydroxydes, il reste toujours du Feil (plus important lors de la biolixiviation
de l'arsénopyrite que lors de la biooxydation de la pyrite) et un peu de Fern en solution pour complexer
le cyanure sous forme ferrocyanure Fe(CN)64- et eventuellement, ferricyanure Fe(CN)63- ou ferrocyanure
ferrique Fe4(Fe(CN)6h· L'élimination de la solution de biolixiviation, suivie du lavage du résidu
solide est donc au moins nécessaire en préalable à la neutralisation du pH et à la cyanuration du résidu
solide biolixivié.
Lors de la neutralisation du pH, les arséniates ferriques précipités se transforment en
oxyhydroxydes ferriques amorphes et en arsenic passé en solution. La figure VII.S permet de comparer
les cinétiques de réaction pour chaque espèce issue de la biolixiviation de l'arsénopyrite. Chaque espèce
solide a été préparée par voie chimique et leur pureté a été contrôlée par diffraction de rayons-X, par
176
Réacti'Dité du cytmure a'Oec les produits de biolixi'Diation
[H CN +CN]/[ CN]initial
1,0 Ql;;;:o:zkL----------,
0,8
0,6
0,4
0,2
0
'""'0UU ---o----
-o-
2
Sans mineral
arsénopyrite
4 6 8 10
Temps, heures
arsénopyrite biolixiviée + solution de biolixiviation
arsénopyrite biolixiviée, filtrée et lavée
Figure VII. 4. Réactivité du cyanure avec l'arsénopyrite et les produits de sa biolixiviation (masse
de solides = 40g, granulométrie 50- 100~m, volume du réacteur= 1,4 1, [CN]initial = 0,1 M.I-1,
longeur de la membrane = 123cm).
[HCN +CN]/[ CN]initial [HCN+CN]/[CN]initial
1,0 1,0
0,8 0,9
0,6 0,8
0,4 0,7
0,2 '-... 0,6
A ...........
~ 0,0
0 5 10 15 20 25 0,0 2,0 4,0 6,0 8,0 10,0
Temps, heures Temps, heures
"''"'a-- Sans minéral • S0 élémentaire
--o- FeAs04 précip. tJr As (V) aq.
• Fe (Til) précip. + As (V) aq.
Figure VII. 5. Réactivité du cyanure avec les espèces solubles et solides issues de la biolixiviation
de l'arsénopyrite (masse de solides = 40g, granulométrie 50 - 100~m, volume du réacteur = 1,4 l,
[CN)initial = 0,1 M.I-1, longeur de la membrane= 123cm).
177
Réactiuité du cyanure auec les produits de biolixiuiation
spectrométrie de rayons-X en dispersion d'énergie couplée au M.E.B. et/ou par spectroscopie infrarouge.
L'AsV en solution montre un caractère inerte vis à vis du cyanure (figure VII.S.A). Un
comportement similaire est obtenu pour l'Aslii en solution (cette réaction n'est pas montrée dans cette
figure). Les précipités amorphes d'arséniates ferriques et d'oxyhydroxydes ferriques provoquent une
faible mais réversible perte initiale de cyanure libre en solution (figure VII.S.A). Osseo-Asare et al.
(1984) ont démontré que des ions ferriques peuvent être temporairement libérés des oxyhydroxydes de
fer, entrainant ainsi la perte des ions eN- par formation de complexes du type ferricyanure.
L'hydrolyse de ces derniers complexes est cependant possible, libérant à nouveau du CN- en solution.
Le soufre élémentaire a, par contre, une réaction rapide avec le cyanure, consommant 90% de
celui-ci après lheure de réaction par formation de thiocyanate CNS- (figure VII.S.B). Cette réactivité
a été mesurée pour un produit synthétique dont la cristallinité doit être voisine de celle du produit
formé par biooxydation. Les résultats montrés dans la figure VILS démontrent que, parmi les phases
solides précipités, le soufre élémentaire est le responsable majeur de la perte du cyanure libre en
solution.
La figure VII.6 permet de comparer la réactivité d'un résidu de biolixiviation d'arsénopyrite
contenant 2,95g de soufre élémentaire et celle mesurée pour la même masse de soufre élémentaire
synthétique.
[H CN +CN]/( CN]initial
0,8
0,6
0,4
0,2
uo~~--,-~--,-~--~~--~~~
0 5 10 15 20 25
Temps, heures
·-o- sans mineral
--o- arsénopyrite biolixiviée (dont 2,95g 5°)
---.- soufre élémentaire (2,95g)
Figure VII. 6. Réactivité du cyanure avec l'arsénopyrite biolixiviée et le soufre élémentaire (masse
de solides = 40g, granulométrie 50 - [Link], volume du réacteur = 1,4 1, [CN]initial = 0,1 M.I-1,
longeur de la membrane = 123cm).
178
Réacti'Oité du cyanure a.'Oec les produits de biolixi'Oiation
L'intensité de la réaction vis à vis du cyanure est similaire pour les deux produits. La réactivité
légèrement plus importante pour le produit synthétique peut être attribuée à sa complète accessibilité à
la solution de cyanure, tandis que dans le cas du résidu biolixivié, tout le soufre n'est pas en contact
direct avec la solution de cyanure puisqu'il constitue un mélange intime avec les autres espèces
néoformés (d'après les observations au M.E.B.).
Des valeurs similaires ont été obtenues pour le résidu de biolixiviation du concentré n°1 (figure
VII.7). La présence d'arsénopyrite dans ce concentré (24,3%) favorise la précipitation de soufre
élémentaire au cours de la biolixiviation (1,5% de soufre élémentaire dans ce résidu en fin de
bio lixiviation).
La perte de cyanure libre en solution va donc dépendre de l'abondance du soufre élémentaire
précipité : plus il y a de soufre élémentaire précipité sur la surface des grains, plus le cyanure libre est
consommé par formation de thiocyanate.
[HCN +CN]/[CN]initial
0,9
0,7
0,5
0 5 10 15 20 25
Temps, heures
'""'0"" sans mineral -o- arsénopyrite biolixiviée, filtrée et lavée
--- concentré sulfuré n°1, biolixivié, filtré et lavé
Figure VII. 7. Réactivité du cyanure avec l'arsénopyrite et le concentré n° 1 biolixiviés (masse de
solides= 40g, granulométrie 50 -100J.1.m, volume du réacteur= 1,41, [CN)initial = 0,1 M.I-1, longeur
de la membrane= 123cm).
VII. 4. REACTIVITE AVEC LES RESIDUS DE BIOLIXIVIATION STATIQUE DES MINERAIS
SULFURES
Dans les systèmes statiques, la perte de cyanure libre en solution va donc principalement
dépendre de l'abondance et de la répartition spatiale du soufre élémentaire précipité lors de la
biolixiviation des minerais sulfurés.
179
Réactir1ité du cyanure avec les produits de biolixivilltion
Le tableau VII.2 montre l'intensité de la réaction du cyanure avec les résidus de biolixiviation
en colonnes de minerais sulfurés reconstitués, ceci en relation avec la répartition spatiale du soufre
élémentaire néoformé.
!HCN+CN1 Soufre élémentaire
Profondeur [CN) initial dans le résidu de
(cm) résidu de 1 résidu de biolixiviation biolixiviation
biolixiviation dépourvu des précipités• %
Minerai reconstitué à 0,84% pyrite+ 1,12% arsénopyrite
0 -10** 0,184 0,872 0,12
10-20 .... 0,328 0,889 0,15
20-30** 0,344 0,896 0,16
30-32 ...... 0,777 0,995 n.d.
Moyenne 0,344 0,899 0,14
Perte Totale Calculée=
16,07kgNaCN 1
Tonne minerai biolixivié
Minerai reconstitué à 1,03% pyrite + 0,87% arsénopyrite
0-10** 0,886 1,001 <0,01
10-20 .... 0,947 1,009 <0,01
20-30 .... 0,906 0,936 <0,01
30-32 ...... 1,067 1,047 n.d.
Moyenne 0,931 0,990 <0,01
Perte Totale Calculée=
1,88 kg NaCN 1
Tonne minerai biolixivié
Minerai reconstitué à 3,46% pyrite + 2,91% arsénopyrite
0-10 .... 0,184 0,885 0,20
10-20 .... 0,201 0,957 0,23
20-30 ... 0,204 0,902 0,18
30-32 ...... 0,906 1,022 n.d.
Moyenne 0,282 0,927 0,20
Perte Totale Calculée =
17,(1J kg NaQ.J 1
Tonne minerai biolixivié
Tableau VII. 2. Consommation du cyanure libre par les résidus de biolixiviation en colonnes de
minerais sulfurés aurifères reconstitués (voir aussi tableaux VI.3 à VI.8).
Les essais de cyanuration ont été réalisés en flacon agité pendant 48h: [CN initial] = 0,1 M.I-1, 20%
solides.
• lavage du résidu de biolixiviation par HO 3N puis méthanol
•• chaque fraction du lit de minerai reconstitué correspond au même poids sec
,..... couche de sable inférieure
n.d. = non déterminé
Il apparaît évident que plus il y a de soufre élémentaire précipité sur la surface des grains, plus
de cyanure libre est consommé par formation de thiocyanate. Par ailleurs, si on élimine les précipités de
la surface des grains (par dissolution à l'HCI 3N puis au méthanol) la réaction du cyanure avec le soufre
élémentaire devient très réduite. La faible réaction encore observée ((HCN + CN-]!(CNinitiail == 0,90) est
attribuée à la présence de stibine dans le résidu biolixivié du minerai reconstitué à 0,84% de pyrite et
180
RéJictivité du cytmure avec les produits de biolixiviation
1,12% d'arsénopyrite (à partir du concentré n° 5) et à la présence de Feil, Felll et S2- restant en solution
dans le cas du résidu biolixivié et lavé du minerai reconstitué à 3,46% de pyrite + 2,91% d'arsénopyrite
(à partir du concentré n° 1). Enfin, des teneurs moyennes de soufre élémentaire entre 0,14 et 0,20% dans
les résidus de biolixiviation entraînent une perte totale de NaCN entre 16,1 et 17,6 kg par tonne de
minerai biolixivié. D'après ces valeurs et d'après la· stoechiométrie de la réaction du soufre élémentaire
avec le cyanure, les pertes totales de cyanure obtenues ne correspondent qu'à la formation de CNS- mais
aussi probablement à la formation de ferrocyanures, ferricyanures ou ferrocyanures ferriques due à la
présence des ions ferreux et ferrique en solution dans les eaux interstitielles acides résiduelles, ainsi
qu'à la formation de HCN, malgré le lavage des résidus solides après biolixiviation.
VII. 5. CYANURATION DffiECTE EN COLONNE: ASPECTS CINETIQUES
A partir de ces résultats, on a réalisé des expériences pour déterminer la consommation de
cyanure au cours de la cyanuration statique d'un minerai sulfuré biolixivié. En présence de précipités et
au bout de 12 jours de lixiviation, on constate une perte de 50% de cyanure libre par rapport à la
concentration initiale (figure VII.8). La consommation de cyanure est de nouveau favorisée par la
présence des précipités et donc par la présence du soufre élémentaire.
[CN libre]/[CN initial]
1,ov.--------------------------------~
[CN initial] = 0,1 Mil
0,9
0,8
0,7
0,6
0,5
0,4 +---.~--.---r--....,.--r---.-----r--....,.---1
0 3 -o-
--/:r-
69
avec précipités•
dépourvu des précipités ....
12 15 jows
Figure VII. 8. Consommation de cyanure au cours de la cyanuration statique d'un minerai sulfuré
biolixivié (reconstitué à 0,84% pyrite+ 1,12% arsénopyrite à partir du concentré n° 5) .
.. lavage du lit minéral par arrosage d'une solution de H2S04 à pH 1,40
.... lavage du lit minéral par arrosage d'une solution HCl 3N, rinçage à l'eau, puis lavage au
méthanol
Après élimination des précipités de biolixiviation, préalablement à la cyanuration, la
consommation de cyanure libre diminue, mais elle est toujours importante au bout de 12 jours ([CN
libre]/[CN initial] = 0,65). Dans ce dernier cas, on peut considérer le rôle cyanicide de la stibine
présente dans le minerai. La stibine n'a pas ou peu été oxydée par voie bactérienne (d'après
l'observation du résidu de biolixiviation au M.E.B.). Hedley et Tabachnick (1958) et Marion et al.
181
Réacti'Oité du cyanure a'Oec les produits de biolixi'Oiation
(1990), rapportent des consommations importantes de cyanure en présence de stibine par formation de
thiocyanate. La spectroscopie Môssbauer de 121Sb montre une apparition importante de Sblll et Sb V
lorsqu'on fait la cyanuration directe du concentré n° 5 (Marion et Wagner, résultats non publiés).
Cependant une telle opération de dissolution de l'arséniate ferrique et du soufre élémentaire
précipités lors de la biolixiviation de minerais sulfurés n'est pas faisable à l'échelle industrielle. On
pourrait éviter la précipitation par diminution de la concentration de Felii, Feil et 5042- en solution, en
renouvelant le lixiviat, mais ceci entraîne alors un ralentissement des cinétiques d'oxydation des
sulfures (désamorçage de l'attaque chimique par le Feiil).
VII. 6. CONCLUSIONS
Une faible réaction du cyanure est observée avec les sulfures porteurs non oxydés (pyrite et
arsénopyrite) : la mise en solution d'ions 52-lors de la remise des sulfures à pH alcalin peut expliquer la
consommation du cyanure par formation de CNS-.
Les résidus de biolixiviation d'un minerai ou d'un concentré contenant de l'arsénopyrite à
l'origine, réagissent rapidement avec le cyanure libre (formation de CNS- par réaction avec le soufre
élémentaire précipité) : un résidu d'arsénopyrite biolixivié contenant 5,6% de soufre élémentaire,
consomme jusqu'à 89% du cyanure libre!, tandis que le concentré n° 1 biolixivié, contenant 1,5% de soufre
élémentaire, ne consomme que 42%. Aucune réaction n'est constatée avec les arséniates ferriques
coprécipités avec le soufre élémentaire lors de la biooxidation des sulfures, ni avec leurs produits
néoformés lors de la neutralisation. Par contre, le lavage des résidus à pH acide avant cyanuration est
recommandé, pour éviter l'influence du fer dissout.
Dans les systèmes de biolixiviation-cyanuration statiques, la consommation en cyanure libre
dépendra de la quantité de soufre élémentaire précipité lors de la biolixiviation des sulfures, ceci étant
lié à la minéralogie du minerai traité (teneur en sulfures, rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite], ... )et de la
présence de solutions acides interstitielles résiduelles chargées en ions ferreux et ferrique non éliminées
par le lavage du minerai biolixivié. Des pertes totales entre 16,1 et 17,6kg [Link]-1 de minerai ont
été mesurées pour des résidus de biolixiviation contenant en moyenne entre 0,14 et 0,20% de soufre
élémentaire.
182
CONCLUSION
GENERALE ET
PERSPECTIVES
183
184
Conclusion Générale
CONCLUSION GENERALE
ET PERSPECfiVES
Les objectifs visés à l'origine de ce travail portaient sur la mise en oeuvre, le contrôle et les
applications d'une oxydation bactérienne autotrophe par Thiobacillus ferrooxidans réalisée dans des
conditions d'une lixiviation statique sur des minerais aurifères sulfurés réfractaires. Le programme de
recherche comportait trois étapes concernant (i) la mise en oeuvre de techniques permettant la
caractérisation et le choix des matières premières minérales et des bactéries, (ii) la mise en place
d'expériences de biolixiviation de concentrés et minerais sulfurés, reconstitués et tout-venants,
essentiellement en colonnes percolées, et (iii) la caractérisation des produits solides et solubles formés
lors de l'attaque bactérienne des sulfures, ainsi que leur réaction avec l'agent complexant de l'or. La
réalisation de ce programme a conduit à divers résultats dont les principaux peuvent être résumés en
trois grandes rubriques.
I. Ces résultats soulignent d'abord l'importance des propriétés des minerais et l'intérêt du suivi
des différentes populations bactériennes :
0 L'utilisation d'une démarche analytique qui combine les analyses à la microsonde électronique et à
la microsonde ionique, ainsi que les observations au microscope électronique à balayage et au
microscope métallographique, ont permis de déterminer les caractéristiques chimiques et
minéralogiques ayant une influence sur l'oxydation bactérienne des minerais et concentrés sulfurés
aurifères. La présence d'hétérogénéités chimiques au sein des grains de pyrite et d'arsénopyrite,
produites par des enrichissements en arsenic, contribuent au développement de sites préférentiels de
corrosion bactérienne. L'or sous forme chimiquement combinée à la pyrite et/ou à l'arsénopyrite,
étant surtout concentré dans les zones enrichies en arsenic, est ainsi libéré en favorisant une
récupération optimale du métal précieux, même pour une faible oxydation des sulfures.
@Dans les systèmes de biooxydation de minerais sulfurés par Thiobacillus ferrooxidans en lit statique,
on distingue trois catégories de bactéries en fonction de leur adhésion aux surfaces minérales : (a)
bactéries libres en suspension, (b) bactéries faiblement fixées et/ou libres dans les eaux
interstitielles, et (c) bactéries fortement fixées. Au moins 75% des bactéries restent fixées aux
surfaces minérales au cours de la lixiviation du minerai, quel que soit le substrat. La distribution des
bactéries fixées est assez homogène tout au long du profil minéral (entre lOS et 1o6 bacté[Link]-1 de
solide). Cependant, la mise en solution du fer et du soufre lors de la biolixiviation statique est
fortement liée à la croissance et à l'activité des bactéries libres dans les eaux interstitielles du lit de
lixiviation. Les résultats obtenus indiquent que ces bactéries seraient au moins un bon indicateur de
l'activité globale de l'oxydation des sulfures (pyrite et arsénopyrite) en systèmes statiques. Les
bactéries libres dans les eaux interstitielles constituent jusqu'à 25% des bactéries totales en fin de
185
Conclusion Générale
biolixiviation. Le nombre de bactéries libres en suspension semble aussi être un bon indicateur de
l'activité oxydante des bactéries car leur nombre suit la courbe d'oxydation des sulfures.
40 L'oxydation bactérienne de l'arsénopyrite est caractérisée par la formation d'une phase
superficielle de composition similaire à la scorodite FeAs04.2H20, qui se développe dès le début du
cycle d'oxydation. Ensuite, les fortes concentrations en Feiii et AsV favorisent la précipitation
progressive d'un composé amorphe d'arséniate ferrique très hydraté FeAs04.xH20 (x> 4). Le
développement de ces phases précipitées d'arséniate ferrique suit l'apparition croissante d'une
phase superficielle soufrée (soufre élémentaire) qui en fin de cycle de biolixiviation se trouve
"amalgamée" avec les précipités d'arséniates. Les résidus biooxydés d'arsénopyrite contiennent
entre 3 et 9% de soufre élémentaire en fin de biolixiviation pour une pulpe minérale à 2%
d'arsénopyrite.
0 Une oxydation préférentielle de l'arsénopyrite est obtenue en présence de pyrite ce qui entraîne une
formation rapide de phases superficielles et précipitées d'arséniates ferriques et de soufre
élémentaire. Bien que la formation de précipités conduise au ralentissement des cinétiques
oxydatives, la présence de pyrite favorise une continuité de la biolixiviation des sulfures par voie
chimique puisque l'oxydation de la pyrite dégage un excédent de Feill soluble.
II. L'avancement de la bio lixiviation des minerais sulfurés par voie statique est le résultat de
l'interaction de l'ensemble de paramètres biologiques, minéralogiques, physico-chimiques et
opératoires impliqués dans l'oxydation des sulfures par Thiobadllus ferrooxjdans et dont l'influence se
manifeste par les résultats suivants :
4& Des inoculum compris entre 5.107 et 1.109 bactéries.g-1 de substrat solide sont nécessaires pour
accélérer l'attaque bactérienne des sulfures. Une bonne adaptation de la souche utilisée au substrat
minéral reste indispensable pour diminuer les effets non-négligeables d'une compétitivité entre les
bactéries apportées et les microorganismes autochtones. Par ailleurs, pour maintenir les vitesses de
croissance bactérienne et de solubilisation du fer, il faut assurer un apport suffisant en nutriments tout
au long de la cinétique d'oxydation. Le mode de régulation en nutriments reste cependant difficile à
maîtriser car d'une part, l'apport continu de composés nutritifs dans la solution lixiviante chargée en
Felii entraîne leur précipitation sous forme de sulfates et/ ou phosphates ferriques, en augmentant
ainsi sensiblement la consommation en nutriments; et d'autre part, le renouvellement de la solution
nutritive entraîne le ralentissement de l'oxydation chimique des sulfures en diminuant la
concentration de Felll en solution après remplacement du milieu nutritif.
0 L'avancement de la dissolution et de l'altération des minerais sulfurés est aussi influencé par les
caractéristiques propres du minerai : hétérogénéités chimiques et cristallines à l'échelle du grain,
valeur du rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] et teneur en sulfures. Plus la valeur du rapport
[arsénopyrite] 1 [pyrite] est grande, plus la vitesse de solubilisation de l'arsénopyrite (espèce
contenant de l'or chimiquement combiné) est importante. Cependant, des valeurs du rapport
[arsénopyrite] 1 [pyrite] > 1,00 entraînent la formation abondante d'arséniates ferriques et de soufre
élémentaire, qui recouvrent les surfaces minérales y compris celles de l'or, surtout dans la partie
186
Conclusion Générale
supérieure de la colonne. Des valeurs supérieures à 5% de sulfures (pyrite + arsénopyrite) dans le
minerai, ralentissent fortement les cinétiques d'oxydation bactérienne. Plus la quantité de sulfures est
grande, plus d'arséniate ferrique et/ou de jarosite et/ou de soufre élémentaire sont précipités. En
présence de précipités, la croissance et l'activité des bactéries liées aux eaux interstitielles sont
sensiblement diminuées.
8 Les premiers résultats obtenus en laboratoire et à l'échelle pilote permettent de choisir des
conditions opératoires précises pour assurer une oxydation optimale des sulfures porteurs de l'or. Les
paramètres opératoires impliqués dans la biolixiviation statique des minerais sulfurés comportent,
tout d'abord, les paramètres propres de la constitution du lit minéral, puis ceux qui sont une fonction
du mode opératoire et du contrôle des solutions percolantes (régulation du pH, débit d'arrosage,
percolation et/ ou ennoyage, ... ).
En premier lieu et étant donné que les sulfures doivent être accessibles aux bactéries et aux
solutions lixiviantes, une diminution assez poussée de la taille des particules suivie d'un boulettage
acide sont nécessaires pour la plupart des minerais sulfurés, afin de favoriser les rendements
d'oxydation des sulfures en lits percolés.
En ce qui concerne l'arrosage, un débit d'environ 100 I.h-1.m-2 est nécessaire pour augmenter
significativement le rendement d'oxydation des sulfures. La valeur moyenne utilisée pour les
installations de lixiviation chimique en tas (environ 30 I.h-l.m-2) est trop faible et diminue
sensiblement la dissolution du fer. Bien que le système d'arrosage par percolation-ennoyage en cycles
semble favoriser légèrement l'attaque des sulfures par voie statique, les difficultés techniques qui
peuvent être rencontrées pour sa mise en oeuvre sont autant de contraintes qui privilégient
l'utilisation d'un système percolé en continu. Dans tous les cas de systèmes ennoyés, une percolation
initiale dans de bonnes conditions de drainage reste obligatoire pour aérer le milieu et accélérer ainsi
la croissance bactérienne et la mise en solution du fer et/ou de l'arsenic.
Enfin, si la régulation du pH (1,80) des solutions lixiviantes accélère la croissance initiale des
bactéries et la solubilisation du fer, la formation de précipités à des fortes concentrations en Felii et
S042- en solution (précipitation de jarosites), ralentit fortement l'oxydation des sulfures.
Ill. Le suivi des cinétiques de biolixiviation de minerais sulfurés aurifères reconstitués a permis
d'établir des bilans d'avancement de l'oxydation bactérienne des sulfures porteurs de l'or et de les
comparer aux rendements de solubilisation de l'or dans les systèmes statiques:
0 L'or libéré par l'oxydation des sulfures porteurs reste sous forme métallique à l'intérieur du lit de
minerai biotraité, avec une distribution homogène dans le profil minéral percolé. Aucune migration
de l'or n'est observée pour les dispositifs expérimentaux utilisés. La libération de l'or "invisible" est
proportionnelle à l'avancement de l'oxydation bactérienne du sulfure porteur, sauf si celle-ci entraîne
la formation de précipités. Pour des minerais où tout l'or "invisible" est associé à l'arsénopyrite et
avec une valeur du rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] égale ou supérieure à 0,25, l'oxydation du sulfure
porteur par voie bactérienne sera accélérée et permettra une récupération optimale de l'or.
187
Conclusion Générale
Cependant, à des valeurs du rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] > 1,00 la récupération de l'or dépendra
de l'intensité du recouvrement des particules du métal précieux par les précipités (arséniates
ferriques et soufre élémentaire) et de la réactivité de ceux-ci avec l'agent complexant de l'or.
Q) Dans les systèmes de biolixiviation-cyanuration statiques, la consommation en cyanure libre dépend
de la quantité de soufre élémentaire formé lors de la biolixiviation des sulfures. La réactivité vis à
vis du cyanure des arséniates ferriques précipités, de l'arsenic en solution et des oxyhydroxydes de fer
précipités est négligeable par rapport à celle du soufre élémentaire. Des pertes totales entre 16 et
17,6kg [Link]-1 de minerai ont été mesurées pour des résidus de biolixiviation contenant en
moyenne entre 0,14 et 0,20% de soufre élémentaire (minerais à 0,84% arsénopyrite + 1,12% pyrite et à
3,46% arsénopyrite + 2,91% pyrite, respectivement).
PERSPECTIVES
Ces résultats montrent que dans les dispositifs de lixiviation statique les bactéries Tbjobacillus
fmooxjdans sont en majorité étroitement fixées à la surface du minéral et que les bactéries peu fixées ou
dans les eaux interstitielles et libres en suspension dans les eaux de percolation (beaucoup moins
nombreuses) sont des bons indicateurs de l'activité biooxydante. Le rôle de ces différentes classes de
bactéries est encore à préciser mais leur croissance et leur activité sont liées à divers paramètres
minéralogiques et opératoires. L'oxydation des minerais sulfurés aurifères réfractaires par voie
bactérienne en lit statique est possible et techniquement envisageable. Cependant, le passage d'une
telle opération à une exploitation industrielle exige encore des travaux pour évaluer sa faisabilité sur
le plan technico-économique.
Dans cette perspective de développement industriel, les travaux envisagés devront porter
d'abord, sur l'étude de la biolixiviation de minerais aurifères réfractaires tout-venants en pilote semiindustriel.
L'avancement des cinétiques d'oxydation doit être évalué en fonction de la maille de
libération des sulfures porteurs et de la granulométrie de broyage nécessaire pour obtenir un compromis
entre l'accessibilité des sulfures et le boulettage du minerai broyé.
En ce qui concerne les perspectives à caractère fondamentale, trois volets de recherche doivent
être ciblés : En premier lieu, la recherche doit porter sur la quantification de 1 'activité oxydante pour
chaque catégorie de bactérie (bactéries libres en suspension, bactéries libres dans les eaux interstitielles
et bactéries fixées) dans un milieu poreux hétérogène. En effet, la mise en place d'une méthode qui
permette de mesurer et de suivre l'activité des bactéries acidophiles qui oxydent le fer in situ est
nécessaire. Deuxièmement, l'étude de la colonisation des bactéries introduites dans les systèmes poreux
hétérogènes avec l'inoculum et leur compétition avec les bactéries autochtones apportées par le
minerai. Le troisième volet doit concerner l'utilisation des bactéries autochtones oxydant le fer afin de
diminuer la compétition avec les bactéries apportées et d'améliorer par conséquent les rendements
d'oxydation des sulfures.
188
REFERENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
189
190
Références Bibliographiques
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Adam, K., Stefanakis, M. and Kontopoulos, A., 1989. Bacterial oxidation of the Olympias arsenical
pyrite concentrate. S.M.E. Annual Meeting, Las Vegas, U.S.A.: Sp.
Ahonen, L. and Tuovinen, O. H., 1989. Effect of temperature on the microbiologicalleaching of sulfide
ore material in percolators containing chalcopyrite, pentlandite, sphalerite and pyrrhotite
as main minerais. Biotechnology Letters, 11 (5) : 331-336.
Ahonen, L. and Tuovinen,O. H., 1992. Bacterial Oxidation of Sulfide Minerais in Column Leaching
Experiments at Suboptimal Temperatures. Appl. Environm. Microbiol., 58 (2) : 600-606.
Ahonen, L., Hietanen, P. and Tuovinen, O. H., 1990. Temperature Relationships of Iron-Oxidizing
Bacteria. In Karavaiko, G. I., Rossi, G. and Avakyan, Z. A. (Editors) : "International Seminar
on Dump and Underground Bacterial Leaching of Metals from Ores". Centre for International
Projects, USSR State Committee for Environmental Protection, Moscow: 21-28.
Anonyme, 1989. Goldstrike Mine. Mining Magazine, 161 (4): 269-272.
Atkins, A. S., 1978. Studies on the oxidation of Sulphide minerais (Pyrite) in the presence of Bacteria.
In Murr, E. L., Torma, A. E. and Brierley, J. A. (Editors) : "Metallurgical Applications and
Bacterial Leaching and Related Microbiological Phenomena". Academie Press : 403-426.
Atkins, A. S., Pooley, F. D. and Townsley, C. C., 1986. Comparative mineral sulphide leaching in
shake flasks, percolation columns, and pachuca reactors using Thiobacillus ferrooxidans.
Process Biochemistry, Feb.,1986 : 3-10.
Attia, Y. A. and El-Zeky, M., 1989. Bioleaching of Gold Pyrite Tailings with adapted Bacteria.
Hydrometallurgy, 22 : 291-300.
Attia, Y. A. and El-Zeky, M., 1990. Effects of galvanic interactions of sulfide on extraction of precious
metals from refractory complex sulfides by bioleaching. Int. J. Min. Proc., 30: 99-111.
Auck, Y. T. and Wadsworth, M. E., 1973. Physical and Chemical Factors in Copper Dump Leaching. In
Evans, D. J. I. and Shoemaker, R. S. (Editor) : "International Symposium On
Hydrometallurgy", A.I.M.E., New York : 645-700.
Bache, J. J., 1982. Les gisements d'or dans le monde : Essais de typologie quantitative. Mémoire
B.R.G.M. no 118 : 101p.
Bakken, B. M., Hochella, M.F., Marchal, A. F. and Turner, A. M., 1989. High resolution microscopy of
Gold in unoxidised ore from the Carlin mine, Nevada. Economie Geology, 84: 171-179.
Barret, J., Hughes, M. N., Ewart, K., Nobar, A. M., O'Reardon, D. J. and Poole, R. K., 1988. The
Biooxidation of Gold-Bearing Arsenical Minerais. In "New Technology and Gold Mining", W.
A. School of Mines, Kalgoorlie : 275-278.
Barret, J., Hughes, M. N., Ewart, K. and Robert., 1988. The Isolation and Characterization of a
Moderately Thermophilic Mixed Culture of Autotrophic Bacteria : Application to the
Oxidation of Refractory Gold Concentrates. In "Perth International Gold Conference 1988",
Golden, Colorado, U.S.A., Randol International: 148-150.
191
Références Bibliographiques
Bartlett, R. W., 1973. A combined pore diffusion and chalcopyrite dissolution kinetics model for in situ
leaching of a fragmented copper porphyry. In Int. Symp. on Hydrometallurgy, A. I. M. E.,
New York: 331-374.
Basaran, A. H. and Tuovinen, O. H., 1987. Iron Pyrite Oxidation by Thiobacillus ferrooxidans : Sulfur
intermediates, soluble end products and changes in biomass. Coal Preparation, 5 : 39-55.
Belin, D. D., Bartlett, R. W. and Prisbrey, K. A., 1991. The Influence of Mineralogy on Biocuring
Refractory Gold Ores in Heaps. In Proceedings 1991 SME Annual Meeting, Colorado, U.S.A.
Bennett, J. C. and Tribu tseh, H., 1978. Bacterial Leaching Patterns on Pyrite Crystal Surfaces. Journal of
Bacteriology, 134 (1) : 310-317.
Benzaazoua, M., 1992. Caractérisation de l'or contenu dans les sulfures (pyrites et arsénopyrites) par
microscopie électronique en transmission. D.E.A. de l'Ecole Nationale Supérieure de Géologie,
IN PL.
Berezowsky, R. M. G. S., Collins, M. J., Kerfoot, D. G. E. and Torres, N., 1991. The Commercial Status of
Pressure Leaching Technology. Journal of Metals, February 1991: 9-15.
Berger, B. R., 1986a. Descriptive model of carbonated hosted Au-Ag, In Cox, D. P. and Singer, D. A.
(Editors) : "Mineral Deposit Models". U.S. Geolog. Surv. Bull. 1693 : 175.
Berger, B. R., 1986b. Descriptive model of hot-spring Au-Ag, In Cox, D. P. and Singer, D. A. (Editors):
"Mineral Deposit Models". U.S. Geolog. Surv. Bull. 1693 : 143-144.
Berger, B. R. and Singer, D. A., 1992. Grade and Tonnage Model of Hot Spring Au-Ag, In Bliss, J. D.
(Editor) : "Developments in Mineral Deposit Modeling". U.S. Geolog. Surv. Bull. 2004 : 23-25.
Berry, V. K. and Murr, L. E., 1978. Direct observations of Bacteria and Quantitative Studies of their
catalytic role in the leaching of low-grade, copper-bearing waste. In Murr, E. L., Torma, A. E.
and Brierley, J. A. (Editors) : "Metallurgical applications and bacterial leaching and related
microbiological phenomena". Academie Press : 103-136.
Berthelin, J., 1987. Des bactéries pour extraire des métaux. La Recherche, 18 (188): 720-724.
Bhappu, R. B., Johnson, P. H., Brierley, J. A. and Reynolds, D. H., 1969. Theoretical and practical
studies on dump leaching. Trans. Soc. Min. Eng. AIME, 244 : 307-320.
Bhatti, T. M., Malik, K. A. and Khalid, A. M., 1989. Microbial Leaching of Low-Grade Sandstone
Uranium Ores : Column Leaching Studies. In Malik, K. A., Naqvi, S. H. M. and Aleem, M. I.
H. (Editors) : "Froc. Int. Symp. Biotechnology for Energy", Publ. NIAB/NIBGE, Faisalabad,
Pakistan : 329-340.
Blet, V., Marion, P., Pons, M. N. and Rouillier, M. C., 1989. Développement de Capteurs à Membrane
Gazeuse pour des Espèces Sensibles au pH. 2ème Congrès Français de Génie des Procédés,
Toulouse, France, Récents Progrès en Génie des Procédés, 3 (7): 291-295.
Boyle, R. W., 1979. The Geochemistry of Gold and its Deposits. Géol. Surv. Canada, 280 : 584p.
Braddock, J. F., Luong, H. V. and Brown, J. E., 1984. Growth kinetics of Thiobacillus ferrooxidans
isolated from Arsenic Mine Drainage. Appl. Environm. Microbiol., 48 (1): 48-55.
Bryunesteyn, A., 1989. Mineral biotechnology. Journal of Biotechnology, 11 : 1-10.
192
Références Bibliographiques
Buckley, A. N. and Walker, G. W., 1988-89. The Surface Composition of Arsenopyrite Exposed to
Oxidizing Environments. Applied Surface Science, 35: 227-240.
Cabri, L. J., Chryssoulis, S. L., de Villiers, J. P. R., Laflamme, J.H. G. and Busek, P. R., 1989. The nature
of "invisible" gold in arsenopyrite. Canadian Mineralogist, 27 : 356-362.
Cabri, L. J., 1992. The distribution of trace precious metals in minerais and mineral products.
Mineralogical Magazine, 56 (384) : 289-308.
Carlson, L., Lindstrôm, E. B., Hallberg, K. B. and Tuovinen, O. H., 1992. Solid-Phase Products of
Bacterial Oxidation of Arsenical Pyrite. Appl. Environm. Microbiol., 58 (3) : 1046-1049.
Castillo, J., Herrera, M., Herrera, L., Neuburg, H., Vargas, T., Wiertz, J. and Badilla-Ohlbaum, R.,
1987. Kinetic Column Leaching Model for Copper-Containing Ores. In Norris, P. R. and Kelly,
D. P. (Editors) : "Biohydrometallurgy". Proceedings of the Int. Symp. Warwick, U.K. : 211-
221.
Cathelineau, M., Boiron, M. C., Holliger, P., Marion, P. and Denis, M., 1989. Gold-rich arsenopyrites:
crystal-chemistry, location and state, physical and chemical conditions of crystallization. In
Keays, R., Ramsay, R. and Groves, D. (Editors) : "The Geology of Gold Deposits : The
Perspective in 1988", Economie Geology, Monograph 6: 328-341.
Chander, S. and Briceno, A., 1987. Kinetics of Pyrite Oxidation. Min. Met. Proc. August 1987: 171-176.
Chen, J. R., Chao, E. C. T., Minkin, J. A., Back, J. M., Bagby, W. C., Rivers, M. L., Sutton, S. R., Gordon,
B. M., Hanson, A. L. and Jones, K. W., 1987. Determination of the Occurrence of Gold in an
Unoxidized Carlin-Type ore Sample using Synchrotron Radiation. Nucl. Instrum. Meth.: 24p.
Chryssoulis, S. L. and Cabri, L. J., 1990. Significance of gold mineralogical balances in mineral
processing. Trans. Instn. Min. Metall. (Sect. C: Mineral Process. Extr. Metall.), 99: C1-C10.
Oassen, R., 1991. Mineralogical controls on the bacterial oxidation of refractory barbeton gold ores. In
Cardoso Duarte & Lawrence (Editors) : "Biohydrometallurgy'91" Book of Proceedings.
Forbitec, Portugal : 5.4.60-5.4.61.
Collinet-Latil, M. N., 1989. Lixiviation bactérienne par Thiobacillus ferrooxidans et Thiobacillus
thiooxidans d'un concentré de flottation arsenopyriteux aurifère (refractaire à la cyanuration
directe). Thèse Docteur Université de Provence Aix-Marseille I.
Collinet, M. N. and Morin, D., 1990. Characterization of arsenopyrite oxidizing Thiobacillus.
Tolerance to arsenite, arsenate, ferrous and ferric iron. Antonie van Leeuwenhoek, 57: 237-244.
Cook, N. J. and Chryssoulis, S. L., 1990. Concentrations of "invisible gold" in the common sulfides.
Canadian Mineralogist, 28 : 1-16.
Davis, G. B. and Ritchie, A. I. M., 1986. A model of oxidation in pyritic mine wastes : part 1 : equations
and approximate solution. Appl. Math. Modelling, 10 : 314-329.
Davis, G. B. and Ritchie, A. I. M., 1987. A model of oxidation in pyritic mine wastes: part 3: import of
particle size distribution. Appl. Math. Modelling, 11 : 417-422.
de Donato, P., 1987. Etude des mécanismes d'adsorption du n-amylxanthate de potassium sur la galène
et la pyrite. Thèse de doctorat d'Université, INPL, Nancy : 205p.
193
Références Bibliographiques
de Donato, P., Mustin, C., Benoit, R. and Erre, R., 1993a. Spatial distribution of iron and sulphur species
on the surface of pyrite. Applied Surface Science : in press.
de Donato, P., Mustin, C., Benoit, R. and Erre, R., 1993b. Surface Oxidized Species. A Key Factor in the
Study of Bioleaching Processes. Part I : An approach to spatial distribution of iron and
sulphur species present on pyrite surface. In "Biohydrometallurgy'93" Book of Proceedings.
Jackson Hole, Wyoming, U.S.A.: in press.
Demopoulos, G. P. and Papangelakis, V. G., 1989. Recent Advances in Refractory Gold Processig. C.I.M.
Bulletin, Nov. 1989 : 85-91.
DiSpirito, A. A., Silver, M., Voss, L. and Tuovinen, O. H., 1982. Flagella and pili of iron-oxidizing
thiobacilli isolated from a uranium mine in northem Ontario, Canada. Appl. Environm.
Microbiol., 43 : 1193-1200.
DiSpirito, A. A., Dugan, P. R. and Tuovinen, O. H., 1983. Sorption of Thiobacillus ferrooxidans to
Particulate Material. Biotechnol. Bioeng., 25: 1169-1173.
Dry, M. J. and Coetzee, C. F. B., 1986. The Recovery of Gold from Refractory Ores. In "GOLD 100,
Proceedings of the International Conference on Gold", Volume 2 : Extractive Metallurgy of
Gold. SAIMM : Johannesburg, South Africa : 259-273.
Dziurla, M. A., 1991. Etude des réactions à l'interface bactérie-minéral, au cours de différentes phases
de la lixiviation de minéraux sulfurés par Thiobacillus ferrooxidans .. Rapport du Centre de
Pédologie Biologique - C.N.R.S. Nancy : 23p.
Dziurla, M. A., 1992. Etude des réactions à l'interface bactérie-minéral, au cours de différentes phases
de la lixiviation de minéraux sulfurés par Thiobacillus ferrooxidans .. Rapport du Centre de
Pédologie Biologique - C.N.R.S. Nancy : 14p.
Dziurla, M. A., Monroy, M., Lam, B.T., Picquot, S. and Berthelin, J., 1992. A Method to Estimate the
Acidophilic (Thiobacillus ferrooxidans) Attached to Pyrite and their Comparison to nonadhering
Bacteria on Solid Media. In Proceed. Sixth Int. Symp. on Microbial Ecology (ISME -
6), Barcelona: 288.
Edvardsson, U., 1988. The use of a rotating barrel to deternine bacterial leaching of
arsenopyrite/pyrite concentrates. Biorecovery, 1 : 43-50.
Ewart, D. E. and Hughes, M. N., 1991. The Extraction of Metals from Ores using Bacteria. Advances in
Inorganic Chemistry, 36: 103-135.
Feather, C.E. and Koen, G. M., 1978. The significance of the mineralogical and surface characteristics
of gold grains in the recovery process. Tourn. South Afric. Inst. Min. Metall. : 223-234.
Ferreira, P. M., I<nott-Craig, K. and Boydell, D. W., 1989. Roasting of Refractory Au Concentrates at
New Consort. Enginn. & Min. Journ., Dec. 1989:26-32.
Ferroni, G. D., Leduc, L. G. and Todd, M., 1986. Isolation and Temperature Characterization of
Psychrotrophic Strains of Thiobacillus ferrooxidans from the Environment of a Uranium Mine.
Journal of General and Applied Microbiology, 32 : 169-175.
Fleet, M. E., MacLean, P. J. and Barbier, J., 1989 : Oscillatory-zoned As-bearing pyrite from stratabound
and stratiform gold deposits : an indicator of ore fluid evolution. In Keays, R., Ramsay,
R. and Groves, D. (Editors) : "The Geology of Gold Deposits : The Perspective in 1988",
Economie Geology Monograph 6 : 356-362.
194
Références Bibliographiques
Fleming, C.A., 1992. Hydrometallurgy of precious metals recovery. In Cooper, W.C. and Dreisinger, D.
B. (Editors) : "Hydrometallurgy, Theory and Practice". Hydrometallurgy, 30 (1-3) : 127-162.
Friedl, J., Wagner, F. E., Sawiki, J. A., Harris, D. C., Mandarine, J. A. and Marion, P., 1992. 197 Au, 57pe
and 121Sb Môssbauer study of gold minerais and ores. Hyperfine Interactions, 70 : 945-948.
Gasparrini, 0., 1983. The Mineralogy of Gold and its significance in metal extraction. CIM Bull., 851 :
144-153.
Gilbert, S. R., Bounds, C. O. and lee, R. R., 1988. Comparative economies of bacterial oxidation and
roasting as a pre-treatment step for gold recovery from an auriferous pyrite concentrate. CIM
Bulletin, 81 (910) : 89-94.
Gonzâlez, Ch. J. L., 1987. Influence des conditions de potentiel et de complexation sur les mécanismes de
flottation des minéraux sulfurés : Application à la séparation arsénopyrite 1 pyrite. Thèse
Université Nancy 1, Docteur d'Etat ès-Sciences Physiques: 174 p.
Grishin, S. I., Bigham, J. M. and Tuovinen, O. H., 1988. Characterization of Jarosite Formed upon
Bacterial Oxidation of Ferrous Sulfate in a Packed-Bed Reactors. Applied and Environmental
Microbiology, 54 (12) : 3101-3106.
Grishin, S. I. and Tuovinen, O. H., 1989. Scanning electron microscopie examination of Thiobacillus
ferrooxidans on different support matrix materials in packed bed and fluidized bed
bioreactors. Applied Microbiology Biotechnology, 31 : 505-511.
Groudev, S. N., 1981. Oxidation of Arsenopyrite by pure and mixed cultures of Thiobacillus
ferrooxidans and Thiobacillus thiooxidans. Comptes Rendus de l'Academie Bulgare des
Sciences, 34 (8) : 1139-1142.
Groudev, S. N. and Groudeva, V. I., 1988. Bacterialleaching of Sulphides Concentrates. In Durand, G.,
· Bobichon, L., and Florent, J. (Editors) : "8th Intern. Biotechnology Symp." Proceedings, vol. II,
Paris : 1146-1157.
Guay, M. J., 1980. How Carlin treats gold ores by Double Oxidation. World Mining: 47-49.
Hackl, R. P. and Wright, F. R., 1989. Scaleup Experiences in Bio-oxidation of Refractory Gold Ores and
Concentrates. In RANDOL - Sacramento 89 : 58-62.
Hackl, R. P., 1990. Operating a commercial-scale bioleach reactor at the Congress gold property.
Mining Engineering, (Dec.,1990) : 1325-1326.
Hansford, G. S. and Drossou, M., 1987. A Propagating-Pore Model for the Batch Bioleach Kinetiks of
Refractory Gold-Bearing Pyrite. In Norris, P. R. and Kelly, D. P., (Editors).
"Biohydrometallurgy", Proceedings of the Intem. Symp. Warwick. Great Britain : 345-358.
Hansford, G.S. and Miller, D. M., 1991. Biooxidation of a gold-bearing pyrite-arsenopyrite concentrate.
In Cardoso Duarte & Lawrence (Editors) : "Biohydrometallurgy'91". Book·of Proceedings.
Forbitec, Portugal: 5.1.55.
Haque, K. E., 1987. Gold Leaching from Refractory Ores : Literature Survey. Mineral Processing and
Extractive Metallurgy Review, 2 : 235-253.
Haque, K. E., 1992. The Role of Oxygen in Cyanide Leachinguf Gold Ore. CIM Bulletin, 85 (963): 31-38.
195
Références Bibliographiques
Harris, L. and Krol, L. G., 1989. Newmont's Mines and Mills along the Carlin Trend. Mining Magazine,
Oct., 1989 : 279-288.
Harries, J. R. and Ritchie, A. I. M., 1981. The Use of Temperature Profiles to Estimate the Pyritic
Oxidation Rate in a Waste Rock Dump from an Opencut Mine. Water, Air and Soil, 15: 405-
423.
Harris, D. C., 1990. The Mineralogy of gold and its relevance to gold recoveries. Mineral. Deposita, 25:
53-57.
Harris, L. and Krol, L. G., 1989. Newmont's Mines and Mills along the Carlin Trend. Mining Magazine,
October 1989:279-288.
Harris, L. and Brierley, J. A., 1989. Biotechnology. Mining Magazine, (october 1989): 301-303.
Harrison, A. P. Jr., 1978. Microbial succession and mineralleaching in an artificial coal spoil. Appl.
Environm. Microbiol., 36 : 861-869.
Harrison, A. P. Jr., 1982. Genomic and Physiological Diversity amongst strains of Thiobacillus
ferrooxidans and genomic comparison with Thiobacillus thiooxidans. Arch. Microbiol., 131 :
68-76.
Harrison, A. P. Jr., 1984. The acidophilic thiobacilli and other acidophilic bacteria that share their
habitat. Ann. Rev. Microbiol., 36 : 861-869.
Hausen, D. M., 1981. Process mineralogy of select refractory Carlin-type gold ores. CIM Bulletin, 78
(881) : 84-94.
Hedley, N. and Tabachnick, H., 1958. Chemistry of cyanidation: Mineral Dressing Notes of American
Cyanamid Company. No. 23. New York, U.S.A.: 54p.
Holmes, D. S., 1988. Biotechnology in the Mining and Metals Processing Industries: Challenges and
Opportunities. Minerais and Metall. Processing, 5 (2) : 49-56.
Hutchins, S. R., Davidson, M. S., Brierley, J. A. and Brierley, C.A., 1986. Microorganisms in
Reclamation of Metals. Ann. Rev. Microbiol., 40: 311-336.
Hutchins, S. R., Brierley, J. A. and Brierley, C. A., 1988. Microbial pretreatment of refractory sulfide
and carbonaceous ores improves the economies of gold recovery. Mining Engineering, April
1988: 249-252.
Ingledew, J. W., 1982. Thiobacillus ferrooxidans. The Bioenergetics of an acidophilic chemolithotroph.
Biochimica et Biophysica Acta, 683 : 89-117.
Ingledew, J. W., 1986. Ferrous Iron Oxidation by Thiobacillus ferrooxidans. In Ehrlich, H. L. and
Holmes, D. S. (Editors) : "Biotechnology for the Mining, Metal-Refining, and fossil Fuel
Processing Industries". Biotechnology and Bioengeneering Symp. No. 16, John Wiley & Sons.
New York : 23-34.
Ivarson, K. C., Ross, G. J. and Miles, N. M., 1979. The Microbiological formation of Basic Ferric Sulfates
: II. Crystallization in Presence of Potassium-, Ammonium-, and Sodium-Salts. Soil Sei. Soc.
Am., 43 : 908-912.
196
Références Bibliographiques
Jara, J.O. and Bustos, A. A., 1992. Effect of oxygen on gold cyanidation: laboratory results. In Cooper,
W. C. and Oreisinger, O. B. (Editors) : "Hydrometallurgy, Theory and Practice".
Hydrometallurgy, 30 (1-3) : 195-210.
Jha, M. C., 1987. Refractoriness of Certain Gold Ores to Cyanidation :Probable Causes and Possible
Solutions. Mineral Processing and Extractive Metallurgy Review, 2 : 331-352.
Johnson, B. 0., Macvicar, J. H. M. and Rolfe, S., 1987. A new solid medium for the isolation and
enumeration of Thiobacillus ferrooxidans and acidophilic heterotrophic bacteria. Journal of
Microbiological Methods, 7 : 9-18.
Karamanev, O. G. and Nikolov, L., 1988. Influence of sorne physicochemical parameters on bacterial
activity of biofilm : Ferrous iron oxidation by Thiobacillus ferrooxidans. Biotechnol. Bioeng.,
31 : 295-299.
Karavaiko, G. I., Chuchalin, L. K., Pivovarova, T. A., Yemel'Yanov, B. A. and Oorofeyev, A. G., 1986.
Microbiological Leaching of Metals from Arsenopyrite containing Concentrates. In Lawrence,
R. W., Branion, R. M. and Ebner, H. G .. (Editors) : "Fundamental and Applied
Biohydrometallurgy". Process Metallurgy No. 4 . Elsevier : 115-126.
Karavaiko, G. I., Golovacheva, R. S., Pivovarova, T. A., Tzaplina, I. A. and Vartanjan, N. S., 1988.
Thermophilic bacteria of the genus Sulfobacillus. In Norris, P. R. and Kelly, O. P., (Editors).
"Biohydrometallurgy" : Proceedings of the Intem. Symp. Warwick. Great Britain : 29-42.
Kelly, B. C. and Tuovinen, O. H., 1988. Microbiological Oxidations of Minerais in Mine Tailings. In W.
Salomons and U. Fôrstner (Editors) : "Chemistry and Biology of Solid Waste : Dredged
Material and Mine Tailings". Springer-Verlag, Berlin : 33-53.
King, J. A. and Knight, O. A., 1992. Autoclave operations at Porgera, Hydrometallurgy, 29 : 493-511.
Komnitsas, C. and Pooley, F. 0., 1990. Bacterial oxidation of an arsenical gold sulphide concentrate
from Olympias, Greece. Minerais Engineering, 3 (3 1 4) : 295-306.
Kongolo, M., 1991. Interactions de l'amylxanthate de potassium avec la galène et la pyrite finement
broyées : conséquence sur la flottation. Thèse de doctorat d'Etat, INPL, Nancy : 407p.
Konishi, Y., Asai, S. and Katoh, H., 1990. Bacterial dissolution of pyrite by Thiobacillus ferrooxidans.
Bioprocess Engineering, 5 : 231-237.
Koslides, T. and Ciminelli, V. S. T., 1992. Pressure oxidation of arsenopyrite and pyrite in alkaline
solutions. In Cooper, W. C. and Dreisinger, O. B. (Editors) : "Hydrometallurgy, Theory and
Practice". Hydrometallurgy, 30 (1-3) : 87-106.
Krause, E. and Ettel, V. A., 1989. Solubilities and stabilities of ferric arsenate compounds.
Hydrometallurgy. Elsevier, 22 : 311-337.
Labbé, F., 1992. Etudes par Spectroscopie RAMAN de la lixiviation bactérienne des pyrites et des
arsénopyrites. Université de Nancy I - Rapport de Stage au CREGU : 46p.
Ladeira, E. A., 1991. Genesis of gold in Quadrilatero Ferrifero : A remarkable case of permanency
recycling and inheritance - A tribute to Ojalma Guimaraes, Pierre Routhier and Hans
Ramberg, In Ladeira, E. A. (Editor): "Brazil Gold'91". Balkena, Rotterdam: 11-30.
Lawrence, R. W., 1990. Biotreatment of Gold Ores. In Ehrlich, H. L. and Brierley, C. L. (Editors) :
"Microbial Mineral Recovery" : McGraw-Hill, Inc., New York: 127-148.
197
Références Bibliographiques
Lawrence, R. W. and Marchant, P. B., 1987. Comparison of mesophilic and therrnophilic oxidation for
the treatrnent of refractory gold ores and concentrates. In Norris, P. R. and Kelly, D. P.
(Editors) : "Biohydrometallurgy, Proc. Intern. Symp., Warwick", Science et Technology
Letters, Kew (U.K.) : 525-527.
Lawrence, R. W. and Bruynesteyn, A., 1983. Biological pre-oxidation to enhance gold and silver
recovery from refractory piritic ores and concentrates. QM Bulletin, 76 (857): 107-110.
Libaude, J., 1992. Lixiviation en Tas des Minerais d'Or. Mines et Carrières -Industrie Minérale, 74: 89-
95.
Lindstrom, B. E., Gunneriusson, E. and Tuovinen, O. H., 1992. Bacterial Oxidation of Refractory Sulfide
Ores for Gold Recovery. Critical Reviews in Biotechnology, 12 (1/2): 133-155.
Liu, X., Lindstrom, B. E. and Peterson, S., 1991. Bioleaching of refractory arsenical pyrite concentrates
to enhace gold extraction. Scand. J. Metallurgy, 20 : 346-350.
Lorenzen, L. and van Deventer, J. S. J., 1992. Electrochemical interactions between gold and its
associated minerais during cyanidation. Hydrometallurgy. Elsevier., 30 (1/2) : 177-194.
Lundgren, D. and Tano, T., 1978. Structure-Function Relationships of Thiobacillus relative to FerrousIron
and Sulfide Oxidations. In Murr, E. L., Torrna, A. E. and Brierley, J. A. (Editors) :
"Metallurgical Applications and Bacterial Leaching and Related Microbiological"
Phenomena. Academie Press: 152-166.
Marion, P., 1988. Caractérisation de minerais sulfurés aurifères: mise en oeuvre de méthodes classiques
et nouvelles. Thesis ès Sciences, INPL, Nancy: 401p.
Marion, P., 1992. On-line monitoring of cyanide concentration via a gas membrane system in extractive
metallurgical processes. In Joussemet, R. (Editor), Seminaire 1991 "Mecanismes et Procédés".
Laboratoire "Environnement et Minéralurgie". Nancy: 15-19.
Marion, P., Regnard, J. R. et Wagner, F. E., 1986. Etude de l'état chimique de l'or dans des sulfures
aurifères par spectroscopie Mossbauer de 197 Au: premiers résultats. C. R. Acad. Sc. Paris, 302,
II (8) : 571-574.
Marion, P., Rouillier, M. C., Blet, V. and Pons, M. N., 1990. On-line monitoring of cyanide concentration
via a gas membrane system in extractive metallurgical processes. Analytica Chimica Acta,
Elsevier Sei. Pub., Amsterdam, 238 : 117-127.
Marion, P., Holliger, P., Boiron, M. C., Cathelineau, M. and Wagner, F., 1991.a. New improvements in
the characterization of refractory gold in pyrites : An electron microprobe, Mossbauer
spectrometry and ion rnicroprobe study. In E. A. Ladeira (Editor) : "Brazil Gold '91", Balkena,
Rotterdam : 389-395.
Marion, P., Monroy, M., Holliger, P., Boiron, M. C., Cathelineau, M., Wagner, F. and Friedl, J., 1991.b.
Gold-bearing pyrites : a combined ion microprobe and Mossbauer spectrometry approach. In
Pagel & Leroy (Editors) : "Source, Transport and Deposition of Metals", Balkena, Rotterdam :
677-680.
Marion, P., Mustin, C., Monroy, M. and Berthelin, J., 1991.c. Effect of auriferous sulfide minerais
structure and composition on their bacterial weathering. In Pagel & Leroy (Editors) :"Source,
Transport and Deposition of Metals", Balkena, Rotterdam : 561-564.
198
Riférences Bibliographiques
Marion, P., Monroy, M., Berthelin, J., and Mustin, C., 1991.d. Mineralogical factors governing the
recovery of gold in a biooxidation-cyanidation process. In Cardoso Duarte & Lawrence
(Editors): "Biohydrometallurgy'91". Book of Proceedings. Forbitec, Portugal : 5.57.
Mason, P. G., 1990. Energy Requirements for the Pressure Oxidation of Gold- Bearing Sulfides. Journal
of Metals. Sept., 1990 : 15-18.
McFarland, C. E. and Kirshenbaum, N. W., 1991. The Cortez Story : 125 years of evaluation and
innovation. Minerais and Metallurgical Processing, 8 (2): 57-64.
McNulty, T. P. and Thompson, D. L., 1990. Economies of Bioleaching. In Ehrlich, H. L. and Brierley, C.
L. (Editors) : "Microbial Mineral Recovery" : McGraw-Hill, Inc. -New York: 171-182.
McQuinston, F. W. and Shoemaker, R. S., 1980. Gold and Silver Cyanidation Plant Practice. A.I.M.E.,
New York, U.S.A.: Tome 2.
Monroy, M., Picquot, S., Berthelin, J., Marion, P. et Videau, G., 1991. Biolixiviation statique des
minerais sulfurés aurifères : I. Etude de l'activité bactérienne; II. Bilans de l'avancement de la
biodégradation et récupération de l'or en rélation avec la minéralogie des minerais sulfurés.
Communications Journées Valorisation des Ressources Minérales 1991, Ministère Français de la
Recherche et de l'Espace: 287-312.
Monroy, M., Berthelin, J., Marion, Ph., Rouillier, M. C. et Videau, G., 1992. Biolixiviation statique des
minerais sulfurés aurifères : bilan d'avancement de la biodégradation et récupération de l'or
en rélation avec la minéralogie. In Joussemet, R. (Editor), Seminaire 1991 "Mecanismes et
Procédés". Laboratoire "Environnement et Minéralurgie". Nancy: 27-34.
Monroy, M., Berthelin, J., Marion, P., Videau, G., Rodriguez, B., Rouillier, M. C., Lam, B. T. et Picquot,
S., 1992. Utilisation des Techniques Biohydrometallurgiques pour la Mise en Valeur par
Lixiviation Statique de Petits Gisements Aurifères Sulfurés Réfractaires. Rapport C.P.B. -
M.R.T. N° 89-R-06704, Nancy : 93p.
Monroy, M., Marion, P., Berthelin, J. and Videau, G., 1993. Heap-bioleaching of simulated refractory
sulfide gold ores by Thiobacillus ferrooxidans : a laboratory approach on the influence of
mineralogy. In Biohydrometallurgy'93. Book of Proceedings. Jackson Hole, Wyoming, U.S.A.:
in press.
Morin, D., Collinet, M. N., Ollivier, P., El-Kaliobi, F. and Livesey-Goldblatt, E., 1987. Etude de la
lixiviation bactérienne de concentré sulfuré arsenié d'or refractaire en pilote de laboratoire.
Congrès de l'Industrie Minerale. Marrakech 1987.
Morin, D. et Ollivier, P., 1991. Réacteurs Dynamiques de Biolixiviation : Colonne à liquide et gaz
moteurs & Réacteurs Mecaniquement Agités. Communications Journées Valorisation des
Ressources Minérales 1991, Ministère Français de la Recherche et de l'Espace: 313-367.
Mozier, D. L., Singer, D. A., Bagby, W. C., Menzie, W. D., 1992. Grade and Tonnage Model of SedimentHosted
Au-Ag, In Bliss, J. D. (Editor) : "Developments in Mineral Deposit Modeling". U.S.
Geolog. Surv. Bull. 2004 : 26-28.
Murr, L. E. and Berry, B. K., 1976. Direct observations of Selective Attachment of Bacteria on LowGrade
Sulfide Ores and Other Mineral Surfaces. Hydrometallurgy, 2: 11-24.
Murthy, D. S. R., 1990. Microbially enhaced thiourea leaching of gold and silver from lead-zinc
sulphide flotation tailings. Hydrometallurgy, 25: 51-60.
199
Références Bibliographiques
Murthy, K. S. N. and Natarajan, K. A., 1992. The role of surface attachment of Thiobacillus
ferrooxidans on the biooxidation of pyrite. Minerais & Metallurgical Processing, 9 (1) : 20-24.
Mustin, C., 1992. Approche physico-chimique et modélisation de l'oxydation bactérienne de la pyrite
par Thiobacillus ferrooxidans : Rôle déterminant de la phase minérale. Thèse Université de
Nancy I, Nancy : 222p.
Mustin, C., Marion, Ph., Berthelin, J., de Donato, Ph. et Monroy, M., 1991. Une technique originale pour
suivre l'oxydation bactérienne d'une pyrite: les électrodes en sachets. C. R. Acad. Sei. Paris,
t. 312, Série II, 1991 : 1197-1203.
Mustin, C., Berthelin, J., Marion, Ph. and de Donato, Ph., 1992. Electrochemical and Physical
Weathering of Pyrite by Thiobacillus ferrooxidans .. [Link]. Microbiol., 58 : 1175-
1182.
Mustin, C., de Donato, Ph., Berthelin, J. and Marion, Ph., 1993. Surface sulphur as promoting agent of
pyrite leaching by Thiobacillus ferrooxidans. FEM'S Microb. Rev.: in press.
Mustin, C., de Donato, P. and Berthelin, J., 1993. Surface Oxidized Species. A Key Factor in the Study
of Bioleaching Processes. Part II : Investigation of superficial oxidized species developped
during the bacterial oxidation of pyrite by Thiobacillus ferrooxidans. In
Biohydrometallurgy'93. Book of Proceedings. Jackson Hole, Wyoming, U.S.A.: in press.
Nagy, I., Mrkusic, P. and McCulloch, H. W., 1966. Chemical Treatment of Refractory Gold Ores.
Literature Survey. National Institute for Metallurgy, Report No. 38, Randburg, South Africa :
87p.
Natarajan, K. A., 1990. Electrochemical aspects of Bioleaching of Base-Metals sulfides. In Ehrlich, H.
L. and Brierley, C. L. (Editors) : "Microbial Mineral Recovery" McGraw-Hill, Inc., New York:
79-106.
Nicolau, M. and Kokonis, D., 1980. Geology and development of Olympias Mine, eastern Chalkidiki,
Macedonia, Greece. In Jones, M. J. (Editor) : "Complex Sulphide Ores", I.M.M. Conference
Proceedings, London 1980 : 260-270.
Norris, P. R., 1988. Bacterial Diversity in Reactor Mineral Leaching. In Durand, G., Bobichon, L. and
Florent, J., (Editors) : "8th International Biotechnology Symposium" Proceedings, Vol. II :
Societé Française de Microbiologie, Paris: 1119-1130.
Norris, P. R., 1990. Acidophilic Bacteria and their Activity in Mineral Sulfide Oxidation. In Ehrlich,
H. L. and Brierley, C. L. (Editors) : "Microbial Mineral Recovery" : McGraw-Hill, Inc. - New
York: 3-28.
Norris, P. R. and Barr, D. W., 1985. Growth and iron oxidation by acidophilic moderate thermophiles.
FEMS Microbiology Letters, 28: 221-224.
Olson, G. J. and Kelly, R. M., 1986. Microbiological Metal Transformations : biotechnological
Applications and potential. Biotechnology Progress, 2 (1) : 1-15.
Osseo- Assare, K., Xue, T. and Ciminelli, S. T., 1984a. Solution Chemistry of Cyanide Leaching
Systems. Kudryk, V., Corrigan, D. A. and Liang, W. W. (Editors): "Precious Metals: Mining,
Extraction and Processing". TM5-AIME, Warrendale, U.S.A. : 173-196.
Osseo- Assare, K., Afenya, P. M. and Abotsi, G. M. K., 1984b. Carbonaceous Matter in Gold Ores:
Isolation, Characterization and Adsorption Behavior in Aurocyanide Solutions. Kudryk, V.,
200
Références Bibliographiques
Corrigan, D. A. and Liang, W. W. (Editors) : "Precious Metals : Mining, Extraction and
Processing". TM5-AIME, Warrendale, U.S.A. : 125-144.
Panin, V. V., Karavaiko, G. I. and Polkin, S. I., 1985. Mechanism and Kinetics of Bacterial Oxidation
of Sulphide Minerais. In Karavaiko, G. ). and Groudev, N. S. (Editors) : "International
Seminar on Modern Aspects of Microbiological Hydrometallurgy and International Training
Course on Microbiological Leaching of Metals from Ores". Cent. Intem. Projects GKNT, Moscow
: 197-215.
Pantelis, G. and Ritchie, A. I. M., 1991. Macroscopic transport mechanisms as a rate-limiting factor in
dump leaching of pyritic ores. Appl. Math. Modelling, 15 : 136-143.
Papangelakis, V. G. and Demopoulos, G. P., 1990. Acid Pressure Oxidation of Arsenopyrite : Part I,
Reaction Chemistry. Canadian Metallurgical Quaterly, 29 (1): 1-12.
Papangelakis, V. G. and Demopoulos, G. P., 1990. Acid Pressure Oxidation of Arsenopyrite: Part II,
Reaction Kinetics. Canadian Metallurgical Quaterly, 29 (1) : 13-20.
Picquot, S. et Berthelin, J., 1991. Méthodes pour le suivi de la croissance et de l'activité de Thiobacillus
ferrooxidans. Rapport Centre de Pédologie Biologique- C.N.R.S., Nancy: 43p.
Pivovarova, T. A. and Golovacheva, R. S., 1985. Microorganisms Important for Hydrometallurgy :
Cytology, Physiology, and Biochemistry, In Karavaiko, G. I. and Groudev, S. N. (Editors) :
"International Seminar on Modern Aspects of Microbiological Hydrometallurgy and
International Training Course on Microbiological Leaching of Metals from Ores". Cent. Intem.
Projects, GKNT, Moscow : 259-265.
Plyusnin, A. M., Pogrelnyak, F., Mironov, A. G. and Zhmodik, S. M., 1981. The behavior of gold in the
oxidation of Gold-bearing Sulfides. Geokhimiya, 6: 841-949.
Pol'kin, S. I., adamov, E. V., Panin, V. V., Karavaiko, G. I., Yudina, I. N., Aaslanukov, R. Ya. and
Grishin, S. I., 1985. Bacterial Leaching of Metals in Tanks. Non Ferrous Concentrate
Treatment. Technology and Flow Sheets. In Karavaiko, G.I. and Groudev, N. S. (Editors):
"International Seminar on Modern Aspects of Microbiological Hydrometallurgy and
International Training Course on Microbiological Leaching of Metals from Ores". Cent. Intem.
Projects GKNT, Moscow : 239-258.
Puhakka, J. and Tuovinen, O. H., 1986. Biologicalleaching of Sulfide Minerais with the Use of Shake
Flask, Aerated Column, Air-Lift Reactor, and Percolation Techniques. Acta Biotechnol., 6 (4):
345-354.
Radtke, A. S., 1985. Geology of the Carlin Gold Deposits, Nevada, U. S. Geol. Surv. Bull. 1267: 124 p.
Radtke, A. S. and Scheiner, B. J., 1970. Studies on Hydrothermal Gold Deposition I. Carlin Gold
Deposit, Nevada : The Role of Carbonaoeous Materials in Gold Deposition. Economie Geology,
65:87-102.
Radtke, A. S., Rye, R. O. and Dickson, F. W., 1980. Geology and stable isotope studies of the Carlin
Gold Deposit, Nevada. Economie Geology, 75: 641-672.
Remond, G., Batel, A. et Marion, P., 1992. Mise au point de méthodes analytiques pour la localisation et
le dosage de l'or dans des produits dérivés de minerais d'or à faible teneur. Communications
Journées Valorisation des Ressources Minérales 1991, Ministère Français de la Recherche et de
l'Espace : 56-88.
201
Références Bibliographiques
Richards, J. P., Chappell, B. W., Mc Culloch, M. T., and McDougall, I., 1991. The Porgera Gold Deposit,
Papua New Guinea, 1 : Association with alkalic magmatism in a continent-island-arc
collision zone, In Ladeira E. A. (Editor): "Brazil Gold'91". Balkena, Rotterdam : 11-30.
Richardson, S. and Vaughan, D. J., 1989. Arsenopyrite : a spectroscopie investigation of altered
surfaces. Mineralogical Magazine, 53 : 223-229.
Ritcey, G. M., 1989. Tailings Management: Problems and Solutions in the Mining Industry. Process
Metallurgy 6, Elsevier Science Pub. , The Netherlands : 950p.
Robins, R. G., 1988. Arsenic Hydrometallurgy. In Reddy, G. R., Hendrix, J. L., and Queneau, P. B.,
(Editors) : Arsenic Metallurgy, Fundamentals and Applications: A.I.M.E., New York: 215-
247.
Rossi, C. and Castro, L., 1991. Biooxidation in columns of a Refractory Gold Ore. In Cardoso Duarte &
Lawrence (Editors) : Biohydrometallurgy'91. Book of Proceedings. Forbitec, Portugal : 5.7.65-
5.7.66.
Rouas, C., 1987. Production de solutions de sulfate ferrique par Thiobacillus ferrooxidans à partir de
pyrite : application à la lixiviation d'un minerai d'uranium. Thèse Université d'Aix -
Marseille I : 164p.
Roy Chaudhury, G., Sukla, L. B., Das, R. P., Sharma, R. S. and Bhanawar, S. C., 1991. Percolation
bacterial leaching of Rajpura Dariba ore in small columns. Scandinavian Journal of
Metallurgy, 19 : 269-272.
Sanmugasunderam, V., 1986. Bacterially Assisted Column Leaching. In Ehrlich, H. L. and Holmes, D.
S. (Editors) : "Biotechnology for the Mining, Metal-Refining, and Fossil Fuel Processing
Industries". Biotechnology and Bioengineering No. 16, John Wiley & Sons, New York : 73-81.
Silver, M., 1978. Metabolic Mechanisms of Iron-Oxidizing Thiobacilli. In Murr, E. L., Torma, A. E. and
Brierley, J. A. (Editors) : Metallurgical Applications and Bacterial Leaching and Related
Microbiological Phenomena, Academie Press: 3-17.
Silverman, M. P., 1967. Mechanism of Bacterial Pyrite Oxidation. Journal of Bacteriology, 94 (4): 1046-
1051.
Solari, J. A., Huerta, G., Escobar, B., Vargas, T., Badilla-Ohlbaum, R. and Rubio, J., 1992. Interfacial
phenomena affecting the adhesion of Thiobacillus ferrooxidans to sulphide mineral surfaces.
Colloids and Surfaces, 69 : 159-166.
Solomons, M. and Dixon, K., 1983. The Determination of Total Cyanide in Solutions Containing
Uranium and Gold. Report M67, Mintek, Randburg: 8p.
Spencer, P. A., Budden, J. R. and Barrett, J., 1991. Pilot-plant bio-oxidation of gold-bearing
arsenopyrite concentrates. Trans. Instn. Min. Metall. (Sect. C: Mineral. Process. Extr. Metall.),
100: C21-C24.
Southam, G. and Beveridge, T. J., 1992. Enumeration of Thiobacilli within pH-Neutral and Acidic
Mine Tailings and their Role in the Development of Secondary Mineral Soils. Appl.
Environm. Microbiol., 58 (6): 1904-1912.
Southwood, M. J. and Southwood, A. J., 1986. Mineralogical observations on the Bacterialleaching of
Auriferous Pyrite : A New Mathematical model and implications for the release of Gold. In
202
Références Bibliographiques
Lawrence, R. W., Branion, R. M. and Ebner, H. G., (Editors) : Fundamental and Applied
Biohydrometallurgy. Process Metallurgy No. 4, Elsevier : 98-113.
St. John, J., 1984. Les Métaux Précieux. Editions Time-Life, Amsterdam: 176p.
Thomas, K. G., 1991. Alkaline and Acidic Autoclaving of Refractory Gold Ores. Journal of Metals, Feb.,
1991 : 16-19.
Torrna, A. E., 1988. A review of Gold Biohydrometallurgy. In Durand, G., Bobichon, L., and Florent, J.,
(Editors): 8th Intem. Biotechnology Syrnp. Proceedings, vol. II: 1158-1168.
Tonna, A. E., 1989a. The Microbiological Extraction of less cornrnon Metals. Journal of Metals, June 1989:
32-36.
Torrna, A. E., 1989b. Microbiological Metal Extraction Processes. In Malik, K. A., Naqvi, S. H. M. and
Aleen, M. I. H. (Editors) : Proc. Int. Syrnp. Biotechnology for Energy, Pub. NIAB/NIBGE,
Faisalabad, Pakistan : 263-312.
Tuovinen, O. H., 1990. Biological Fundamentals of Mineral Leaching Processes. In Ehrlich, H. L. and
Brierley, C. L. (Editors): Microbial Mineral Recavery: McGraw-Hill, Inc.- New York: 55-78.
van Aswegen, P. C., Godfrey, M. W., Miller, D. M. and Haines, A. K., 1991. Developments and
innovations in bacterial oxidation of refractory ores. Minerais and Metallurgical Processing
(novernber 1991): 188-191.
van Aswegen, P. C., Haines, A. K. and Marais, H. J., 1988. Design and Operation of a Commercial
Bacterial Oxidation Plant at Fairview. Proceedings Randol Perth Gold 88 : 144-147.
van Grinsven, J. J. M. and van Riernsdijk, W. H., 1992. Evaluation of batch and colurnn techniques to
measure weathering rates in soils. Geoderma, Elsevier, 52: 41-57.
van Loosdrecht, M. C. M., Lyklema, J., Norde, W. and Zehnder, A. J. B., 1989. Bacterial Adhesion : A
Physicochemical Approach. Microbial Ecology, 17: 1-15.
Veamcombe, J. R., Barley, M. E., Eisenlohr, B. N., Groves, D. I., Houstoun, S. M., Skwamecki, M. S.,
Grigson, M. W., Partington, G. A., 1989. Structural Controls of Mesothermal Gold
Mineralization : Examples from the Archean Terranes of Southem Africa and Western
Australia, Economie Geology Mon. 6 : 124-134.
Videau, G. et Roche, M., 1989. Développement industriel d'un nouveau procédé d'agglomération de
minerai uranifère par boulettage avant traitement par lixiviation en tas (voie acide) :
application au minerai très argileux de Nord-Aquitaine. Congrès de l'Industrie Minérale,
Ales (France): 26p.
Wagner, F. E., Marion, P. and Regnard, J. R., 1986. Môssbauer Study of the Chemical State of Gold in
Gold Ores. Gold 100. Proceedings of the International Conference on Gold. Vol. 2 : Extractive
Metallurgy of Gold. Johannesburg (RSA) : 435-443.
Wagner, F. E., Swash, P. M. and Marion, P., 1989. A 197 Au and 57fe Môssbauer study of the roasting of
refractory gold ores. Hyperfine Interactions, 46: 681-688.
Wagner, F. E., Sawicki, J. A., Friedl, J., Mandarino, J. A. and Harris, D. H., 1992. Môssbauer
Spectroscopy of the Ag - Au Chalcogenides Petzite, Fischesserite and Uytenbogaardtite.
Canadian Mineralogist, 30 : 327-333.
203
Références Bibliographiques
Wagner, F. E., Sawicki, J. A., Fried.l, J., Mandarino, J. A., Harris, D. H. and Cabri, L. J., 1993. 197 Au
Môssbauer Study of the Gold - Silver Ditellurides Sylvanite, Krennerite and Calaverite.
Canadian Mineralogist, in press.
Wang, X. and Forssberg, K. S.E., 1990. The Chemistry of Cyanide- Metal Complexes in Relation to
Hydrometallurgical Processes of Precious Metal. Mineral Processing and Extractive
Metallurgy Review, 6 : 81-125.
Wells, J. D. and Mullens, T. E., 1983. Gold-bearing arsenian pyrite determined. by microprobe analysis,
Cortez and Carlin Gold Mines, Nevada. Economie Geology, 68: 187-201.
Yehn, Y. T., Godshalk, J. R., Oison, G. J. and Kelly, R. M., 1987. Use of Epifluorescence Microscopy for
Characterizing the Activity of Thiobacillus ferrooxidans on Iron Pyrite. Biotechnology and
Bioengineering, 30 : 138-146.
204
1 ANNEXE I ~
205
206
Annexer
1 ANNEXE!
A. 1. 1. Minéraux Aurifères
(d'après Harris, 1990)
Minéral
Or métallique Au
Electrum Au, Ag
Alliage Au, Cu Au, Cu
Cala verite A uT~
Krennerite Auo,2Ago,sT~
Sylvanite AuAgTe4
Kostovite AuCuTe4
Montbrayite (Au,SbhTf!:3
Petzite ~g,[Link]~
Uytenbogaardtite AS3AuS:z
Liujinyinite AS3AuSz
Fischesserite AS3Au~
Penzhinite AS4Au(S,Se)4
Petrovskaite AgAu(S,Se)
Nagyagite PbsAu(Te,Sb)45s-s
Criddleite TlAg2Au~b10S10
Aurostibite AuSb2
Maldonite Au2Bi
Auricuprite Cu~u
T etraauricuprite CuAu
Amalgame aurifère Au2HS3
Rozhkovite (Cu,Pd)~u2
Weishanite (Au,Ag)~g2
Zvyagintsevite (Pd,Pt,Au~(Pb,Snh
Bogdonovite Au:;(Cu,Fe~(Te,Pb)2
Bezsmertnovite [Link]~
Bilibinsldte [Link]~
Muthmannite (Au,Ag)Te
espèce sans nom Auo,~go,25
espèce sans nom AuPb2
espèce sans nom AuPb2BiT~5.3
2(17
Annexe!
A. I. 2. Paramètres obtenus par spectroscopie Mossbauer de 197 Au de quelques minéraux aurifères
et de plusieurs échantillons différents contenant de l'or combiné à la pyrite ou à l'arsénopyrite
(d'après Marion, 1988, Wagner et al., 1992, Friedl et al., 1992, Wagner et al., 1993)
Paramètres Mossbauer
Minéral I. s. (1) Q. s.<21 P. P. P.<3J
mm.s·1 mm.s-1 mm.s-1
Or métallique Au -1,22 - -
Electrum Atto,o1 Ago,99 +0,68 - -
Alliage Au, Cu Attoo1 Ctto99 +2,76 - -
Cala verite A uT~ +1,34 2,40 +2,54
Krennerite Auo,2Ago,sT~ +1,57 2,74 +2,94
Sylvanite AuAgTe4 +1,68 2,78 +3,07
Kostovite AuCuTe4 +1,61 2,56 +2,89
Montbrayite (Au,Sb)zTes +1,48 2,31 +2,63
Petzite AgsAuT~ +1,19 4,56 +3,47
Fischesserite AgsAuSe:l +1,20 4,% +3,68
Uytenbogaardtite ASJAuS:l +1,59 5,36 +4,27
Nagyagite PbsA u(T e,Sb) 45s-8 +1,67 3,56 +3,45
Aurostibite AuSb2 +2,33 - -
Criddleite TIAgzAus$b1oS1o +2,36 - -
Maldonite Au2Bi +0,07 3,31 +1,72
Or réfractaire associé à la pyrite +2,49 - -
Or réfractaire associé à la pyrite +3,13 - -
Or réfractaire associé à la pyrite +3A9 - -
Or réfractaire associé à la pyrite +4,01 - -
Or réfractaire associé à l'arsénopyrite +3,28 - -
Or réfractaire associé à l'arsénopyrite +3,53 - -
Or réfractaire associé à l'arsénopyrite +3,62 - -
Or réfractaire associé à l'arsénopyrite +3,62 - -
I.S. =déplacement isomérique par rapport à l'or métallique dans source de platine et au centre du doublet
Q.S. = écartement quadrupolaire
P.P .P. =position du pic correspondant à la partie la plus positive du doublet par rapport à l'or métallique
a. s.
P.P.P ... I.S. + (Q.S./2)
208
Annexe!
A. 1. 3.
Difractogrammes de rayons - X
209
.t.-.J..
0
Aspy
2,674
29 28 27 26 2.5 24 23 22 21 20 19 18 17 16 15 14 13 12 11 Hl 9
Arsénopyrite biolixiviée
Biolixiviation en cuve agitée pendant 60 jours
87654
),.
:.
:.
~ ~,
,h...J.. ,.....
1,633
Py 2,712
P-v· !
!
2,424
1,915 2,212 Pv
1,156 Py Py , 3,133
Py Py 386
Î ' . ~~'"' .~... fi ~w V V
\ A • .• so A
~ ....... "'- N~~~ \.IJ ... } V~~N ·~v"~w ·vv~hN \.\IN~~MI~
30 29 28 27 26 25 24 23 22 2'1 20 19 18 17 '16 15 14 13 12 11
Résidu biolixivié d'un mélange pyrite+ arsénopyrite ([Aspy]/[Py] = 1,0)
Biolixiviation en cuve agitée pendant 60 jours
1() 9 8 7 6 5
1-.J ......
I.J
so
so 1,622
1,606
1 !1 1
~
30 29
1,698
1 689 sa
28
sa 1,782
1,725 sa
so
1,75 1,822
sa
1
1
~v
27 26
1,903
so
v
.'_):>2,116
sa
sa
so 1 ,99
1,979~ v V v
~ - --
24 23 22
3,22 3,45 3,87 sa sa sa
3, 116, so
sa f,34
1
2,852 sa
2,674
2,4 27 so
sa so
2,376, 2,503 so l'- 3,57
sa
2,29 so
2149 •
v~ ~ ~ ~ v w v
21 20 19 18 17 16 15 14 13 12
Soufre élémentaire synthétique*
* diffractograme R-X réalisé après 10 jours de la préparation du soufre synthétique
(l'expérience de cyanuration du soufre synthétique a été réalisée après 12 heures de sa préparation)
4,07
so
\~N
11 10 9 8
5,76 so
\\
7
{
~~ ~
--
65
:::,.
"n",.,'_'
"'
t.J .......
(.,J
- ···------- -----------
29 28 27 26 25 24 23 22 21 20 19 18 17 16 15 14 13 12 11 "JO 9 8 7 6 5 4
Arséniate ferrique synthétique
••
;::,.
;:!
"><'
~-
Annexe[
214
ANNEXE II
215
216
Annexe II
ANNEXE II. METHODES DE SUIVI
DES POPULATIONS BACfERIENNES
A. ll. 1. MÉTHODE POUR LE DOSAGE DES PROTÉINES D'UNE SUSPENSION BACTÉRIENNE
La méthode de dosage des protéines a été choisie pour suivre la croissance bactérienne au cours
des expériences de biolixiviation réalisées en pilote industriel, ceci en fonction du matériel et de
l'équipement disponibles en site minier. La méthode de dosage choisie correspond à une modification de
la méthode de Lowry, qui permet une estimation du nombre de bactéries en suspension à des
concentrations supérieures de 1.10S bacté[Link]-1.
Protocole utilisé : il comporte deux étapes : d'abord, une lyse alcaline des bactéries, suivie du dosage de
la solution protéique. L'étude comparative de différentes techniques de lyse des bactéries (par l'action
d'une sonde à ultra-sons, par l'action du chloroforme, par l'action de l'acide déoxycholique, par l'action
de l'acétone, par l'action de la soude, ... ) et de différentes méthodes de dosage de la solution protéique
(par la méthode de Bradford, par la méthode de Lowry, ... ) a permis d'adopter le protocole analytique
suivant:
1. Lyse des bactéries: lyse alcaline (NaOH 4N) à chaud. Après d'avoir ajouté 1,5ml de NaOH 4N à
1ml de la suspension bactérienne*, laisser la suspension pendant 15 minutes dans un bain-marie
bouillant. Refroidir dans un bain glacé et ajouter ensuite 1ml HO 4N. Cette technique correspond à
la meilleure lyse observée de toutes les méthodes testées pour des concentrations bactériennes se
situant aux environs de 10s. Aux concentrations~ 109, il est nécessaire de diluer la suspension
bactérienne car la lyse est moins efficace.
* les solutions de biolixiviation, récupérées du
fermenteur ou des colonnes, sont filtrées à 5,[Link] avant
la lyse alcaline.
2. Dosage de la solution protéique: méthode de Lowry adaptée. Le lysat ainsi obtenu est centrifugé
pendant 10min à 5000 rpm pour éliminer les déchets cellulaires non solubles. Après centrifugation
prélever 1ml du surnageant (solution protéique) et ajouter Sml d'une solution A+B** (mélange réalisé
extemporanément). Attendre 10mn. Ensuite, ajouter 5ÜÜ)J.l de réactif de Folin Ciocalteu dilué 2X,
agiter immédiatement et vigoureusement. Laisser reposer au moins 30mn et lire par la suite
l'absorbance à 750nm.
** Solution A+B = 25ml de solution A + O,Sml de solution B
A= Na2COs 2% dans H20 distillée
B = CuS04, SH20 0,5% dans une solution de Tartrate de K et Na 1%
(Préparer extemporanément)
217
Annexe II
Ce même protocole a été utilisé pour le dosage d'une série de dilutions en cascade obtenues à
partir d'une solution mère de Thiobacillus ferrooxidans (2 x 1010 bacté[Link]-1 ), et ainsi obtenir la
courbe étalon qui relie la lecture de la densité optique à 750nm et le nombre "estimé" de bactéries.
Préalablement, une courbe d'étalonnage a été tracée à partir de concentrations connues d'une protéine
standard (Protéine Standard 2 - BIORAD : Serum Albumine Bovine (S.A.B.) Fraction , Référence No. 5
000 007 de BIORAD S.A.)
Finalement, un échantillon de la même suspension bactérienne, filtrée à 0,[Link] (pour éliminer
les particules minérales et les bactéries), subit le même protocole analytique afin d'obtenir un témoin
(blanc) de lecture de la solution.
A. II. 2. MÉTHODE POUR ESTIMER LE NOMBRE DE BACTÉRIES FIXÉES AUX SURFACES
MINÉRALES
Une méthode de désorption mise au point au Centre de Pédologie Biologique (Picquot et Berthelin, 1991,
Dziurla, 1991, Dziurla et al., 1992) nous a permis d'estimer le nombre de bactéries fixées sur la surface
minérale, et de comparer leur viabilité et leur état énergétique avec ceux des bactéries en suspension. Il
est ainsi possible de suivre l'évolution de l'adhésion des bactéries au cours des cinétiques de
biolixiviation, et de constater l'influence de l'état de surface du minéral et l'influence de la fixation
elle-même sur l'avancée de la lixiviation.
Protocole proposé. L'etude comparative de différents traitements de désorption - en fonction du réactif
(Tween, Urée, ... ), de la concentration en Tween (0,1%, 1,0% et 10,0%), et du type de traitement
(Ultrasons, Vortex, traitements successifs, ... )- a permis d'établir le protocole suivant:
1. Prélèvement d'une fraction du substrat minéral (pyrite ou arsénopyrite "pures", ou sulfures + gangue)
à l'aide d'une spatule (entre 300 et lOOOmg) et disposition de l'échantillon dans un tube en
polypropylène préalablement taré (tube eppendorf pour les granulométries"' lOOJJ.m). Deux à trois
essais (répétitions) sont réalisés par prélèvement.
2. Cette fraction minérale est lavée avec du milieu de culture (fractions. de 1 à 3ml) en agitant
vigoureusement en vortex. Ce lavage est poursuivi de façon à avoir dans la dernière fraction de
lavage une concentration bactérienneS 1.1()6 bacté[Link]-1. La totalité de la solution de lavage est
alors filtrée sur un préfiltre en fibre de verre l,[Link] de diamètre de pores* (MSI, U.S.A.). La
concentration des bactéries en suspension est déterminée par comptage microscopique en cellule de
Thoma pour les concentrations> 1.1()6 bacté[Link]-1 et par dénombrement en milieux solides pour les
concentrations< 1.1()6 bacté[Link]-1. L'ensemble des bactéries obtenues par lavages correspond aux
bactéries faiblement fixées et libres dans les eaux interstitielles du lit minéral biolixivié.
3. La fraction minérale lavée, disposée encore dans le tube, subit ensuite deux traitements successifs de
lOmn par 1 à 3ml de Tween 80 à 10%. Deux mélanges au vortex sont réalisés : l'un après ajout du
Tween, l'autre au cours du contact avec le tensioactif. La fraction minérale ainsi traitée est
finalement lavée par 3 à 6ml de milieu de culture. L'ensemble de la solution récupérée du traitement
au Tween est filtrée sur un préfiltre en fibre de verre l,[Link] de diamètre de pores. Les bactéries
218
Annexe II
"désorbées" sont dénombrées au microscope en cellule de Thoma. Cette catégorie correspond aux
bactéries fixées à la surface minérale.
Les concentrations ainsi obtenues pour les deux catégories de bactéries sont rapportées au poids
sec de minéral traité.
* Des essais de filtration réalisés ont confirmé que le préfiltre utilisé (en fibre de verre 1,01J.m de diamètre de
pores), permet le passage de la totalité des Thiobacilles.
A. TI. 3. MÉTHODE POUR DÉTERMINER L'ÉTAT ÉNERGÉTIQUE DES BACTÉRIES
La mesure de l'ATP par bioluminescence permet de définir l'état énergétique des bactéries
(période stationnaire ou de croissance exponentielle). Elle peut également donner une idée de la
concentration bactérienne à partir de courbes d'étalonnage réalisées aux différents stades de la
croissance.
Etalonnage du luminomètre : L' étalonnage de l'appareil (Dynatech, France) a été réalisé avec de
l'ATP standard fourni dans un kit de dosage Lumac. Ce dosage ne nécessite pas l'action du réactif
d'extraction de l'ATP (NRBR) et du bain à ultra-sons. Pour obtenir la courbe d'étalonnage, une solution
"mère" a été préparée à partir de l'ATP lyophilisé repris avec 1ml de H20 distillée stérile puis diluée
dans le tampon Tris-EDTA. Les dosages sont réalisés en trois exemplaires minimum (plus si l'écart entre
les valeurs est trop significatif). n est préférable d'utiliser de l'ATP standard {10J.1g) fraîchement
reconstitué avec un volume minimal d'eau bidistillée stérile pour l'établissement de la courbe
d'étalonnage. Les plus faibles concentrations (;5;;1J.1g/ml) doivent être préparées juste avant le dosage car
elles sont instables à température ambiante.
Protocole proposé : Différents protocoles ont été testés en raison de la faible stabilité de l'ATP en
solution à température ambiante. Le protocole retenu (L. Zelles, 1. Scheunert and F. Korte, 1985. ATPMeasurements
in soil: a combination between the TCA and NRBR extraction methods. Chemosphere, 14
(1): 139-148) est décrit ci-dessous:
1. La suspension bactérienne se trouvant à pH acide, il est nécessaire de la diluer dans un tampon
Tris (50mM) - EDTA (4mM) à pH de 7,75
2. 100Jll d'échantillon+ 900J.1l Tris-EDTA 1/10
3. Vortexer vigoureusement
4. 100J.1l de la dilution +100Jll de NRBR (il faut prévoir de le sortir du frigo 1/4 havant le dosage
afin qu'il n'y ait pas de variations de température)
5. Laissez agir 10 à 15 secondes dans le bain à ultra-sons
6. Placez le tube dans le luminomètre préréglé
7. Injectez 100J.1l de Lumit PMR (Luciferase+luciferine) reconstitué avec le tampon LumitR et
conservé à l'abri de la lumière (Prévoir également de le sortir à l'avance).
8. Déclenchez immédiatement l'appareil (intégration 10 sec)
La valeur obtenue (U.L) correspond à une quantité d'ATP estimée d'après la courbe d'étalonnage
établie précédemment.
219
Annexe II
Remarques : Le Lumit PMR est stable 8h à température ambiante après reconstitution. Il peut être
congelé, immédiatement après sa solubilisation dans le tampon LumitR, pendant 4 semaines à -22°C (une
seule fois). Sa stabilité après décongélation n'est plus que de 6h. Sous forme lyophilisée, il se conserve 1
an à 4°C. n vaut mieux le conserver à l'abri de la lumière. Dans notre cas l'extraction au TCA proposée
dans le protocole initial de Zelles et al., 1985 a été jugée inutile puisque les bactéries se trouvent dans un
milieu [Link] favorable à l'A.T.P. libre.
Mesure de l'ATP au cours de la biolixiviation de sulfures par Thiobacillus ferrooxidans: La mesure
d'ATP s'est avérée impossible sur les bactéries en suspension dans le milieu de lixiviation: Une
précipitation de sulfate ferrique est visible dans l'essai. Toutes les valeurs obtenues sont nulles ou
proches de zéro. Plusieurs hypothèses sont envisageables: l'enzyme est inhibée dans ce milieu, l'ATP
est détruit, l'extraction au NRB n'est plus efficace ou bien encore, les photons émis sont absorbés. Cette
mesure n'est donc possible que sur des bactéries lavées dans le milieu de culture (M2 ou MJ).
Dosage de l'ATP. Etat énergétique des différents inoculum: La mesure de l'ATP permet de définir l'état
énergétique des bactéries (phase de croissance exponentielle ou période stationnaire) dans un système
de biolixiviation. Cette mesure nous a permis donc de caracteriser les bactéries qui sont utilisées pour
ensemencer les différentes expériences de biolixiviation.
Les mesures sont realisées sur des bactéries récuperées des expériences de biolixiviation en
réacteur, après filtration, concentration et lavage (3 lavages avec du Mt> par centrifugation, et remise
en milieu M 1 stéril.
BACTERIES POUR L'INOCULATION DES EXPERIENCES DE BIOLIXIVIATION EN REACTEUR ET
EN COLONNE (Bactéries supposées en pleine phase de croissance):
Inoculum ng ATP/Bactérie
Bactéries adaptées à l'arsénopyrite 3,2 x lQ-7 ± 1,4 x lQ-8
Bactéries adaptées au concentré n° 1 5,9 x lo-B± 0,6 x lo-B
Bactéries adaptées au concentré n° 2 1,8 x lQ-7 ± 0,2 x 1o-8
Bactéries adaptées au concentré n° 4 2,9 x lQ-7 ± 0,2 x lQ-7
Bactéries adaptées au concentré n° 5 5,0 x lo-B± 0,7 x 1o-8
Le suivi de la croissance bactérienne par denombrement direct à la cellule de Thoma indique que
les bactéries adaptées à l'arsénopyrite et aux concentrés n° 2 et n° 4 correspondent effectivement à des
bactéries en pleine phase de croissance exponentielle, tandis que celles adaptées aux concentrés n° 1 et n°
5 correspondent à des bactéries au début de la période stationnaire.
220
Annexe II
BACTERIES EN PERIODE STATIONNAIRE (30jours): Mêmes culots bactériens, restés pendant 30jours
en milieu M1, sous agitation à T=300C.
Inoculum ng ATP/Bactérie
Bactéries adaptées à l'arsénopyrite 2,5 x lo-8 ± 0,5 x lo-8
Bactéries adaptées au concentré n° 1 2,1 x lo-B ± 0,5 x lo-B
Bactéries adaptées au concentré n° 2 6,7 x lo-7 ± 2,1 x lo-B
Bactéries adaptées au concentré n° 5 2,5 x 1o-s ± 1,1 x lo-B
BACTERIES RECUPEREES APRES 14 JOURS DE L'INOCULATION: Bactéries récuperées en pleine
phase de croissance (réacteurs de biolixiviation des concentrés sulfurés aurifères).
Inoculum ng ATP/Bactérie
Bactéries adaptées à la pyrite 1,3 x lo-7 ± 2,2 x lo-8
Bactéries adaptées à l'arsénopyrite 5,0 x lo-7 ± 9,9 x lo-B
Bactéries adaptées au concentré n° 1 2,3 x lo-7 ± 2,0 x lo-8
Bactéries adaptées au concentré n° 2 3,4 x lo-7 ± 7,2 x lo-B
Bactéries adaptées au concentré n° 4 5,0 x lo-7 ± 3,1 x lo-B
Bactéries adaptées au concentré n° 5 1,1 x lo-7 ± 0,2 x lo-8
221
Annexe II
222
Figure 1. 1.
Figure 1. 2.
Figure 1. 3.
Figure II. 1.
Figure II. 2.
Figure II. 3.
Figure II. 4.
Figure II. 5.
Figure II. 6.
Figure II. 7.
Figure II. 8.
Figure II. 9.
Figure II. 10.
Figure II. 11.
Figure III. 1.
Figure III. 2.
Liste des Figures
LISTE DES FIGURES
Schéma d'un circuit C. 1. P. pour le traitement de minerais aurifères non réfractaires en
cuves agitées
Schéma du procédé de lixiviation en tas de minerais aurifères
Schéma d'un procédé de biolixiviation dynamique (d'après van Aswegen et al., 1991).
Evolution de la croissance des bactéries en suspension et de la solubilisation du fer en
fonction de la concentration initiale en azote dans le milieu nutritif, pour deux apports
bactériens différents, au cours de la biolixiviation d'une pyrite "pure" en réacteur (T=30°C,
2% de pyrite [Link]).
Techniques utilisées pour le suivi des populations bactériennes dans les systèmes de
biolixiviation.
Lois de Beer-Lambert de la concentration en protéine pour la densité optique mesurée à À. =
750nm (dosage des protéines dans Na0H/HC14N par la méthode de Lowry).
Evolution du nombre des bactéries en suspension et de la concentration des protéines dans
le lixiviat (après lyse des bactéries en suspension) au cours de la biolixiviation d'une pyrite
"pure" en réacteur agité (T=30°C, 2%[poids] solides, pyrite [Link]).
Distribution granulométrique des échantillons utilisés pour les essais de biolixiviation (%
cumulé).
Coupe schématique du réacteur à turbine utilisé pour les expériences de biolixiviation de
sulfures en laboratoire.
Coupe schématique du réacteur à hélice (de grande capacité) utilisé pour les expériences
de biolixiviation de sulfures en laboratoire.
Dispositif expérimental pour les colonnes percolées (PC = petite colonne en verre) de
laboratoire.
L'installation de laboratoire pour les colonnes percolées (GC = grandes colonnes de
laboratoire en P.V.C.).
Principe de la méthode utilisée pour le suivi de la concentration de cyanure libre en solution
à l'aide d'une membrane microporeuse.
Dispositif expérimental utilisé pour le suivi de la consommation de cyanure par les produits
bruts, synthétiques et biolixiviés.
Evolution du nombre de bactéries en suspension, du pH et des teneurs en fer et soufre en
solution au cours de la biooxydation d'une pyrite "pure" par Thiobacillus ferrooxidans, en
réacteur de laboratoire : fraction [Link].
Courbes d'évolution des bactéries, des protéines en solution (protéines totales après lyse
des bactéries en suspension) et du fer en solution au cours de la biooxydation d'une pyrite
pure en réacteur agité : fraction [Link].
223
Figure III. 3.
Figure III. 4.
Figure III. 5.
Figure III. 6.
Figure III. 7.
Figure III. 8.
Figure III. 9.
Figure III .• 10.
Figure III. 11.
Figure III. 12.
Figure III. 13.
Figure III. 14.
Figure III. 15.
Figure III. 16.
Figure III. 17.
Liste des Figures
Suivi des populations bactériennes (fixées et libres) au cours de la biooxydation d'un
minerai reconstitué à 2% pyrite, en colonne de laboratoire (T=30°C, débit=90 I.h-1.m-2,
granulométrie pyrite <2mm, inoculum=5.107 bactéries.g-1 de minerai, 306g de minerai).
Distribution des trois catégories de bactéries au cours de la biooxydation d'un minerai
reconstitué à 2% pyrite, en colonne de laboratoire <T=30°C, débit=90 I.h-1.m-2, granulométrie
pyrite <2mm, inoculum=5.107 bactéries.g-1 de minerai, 306g de minerai).
Evolution de la solubilisation du fer et de la croissance des trois catégories de bactéries
(bactéries libres dans la solution percolante, bactéries faiblement fixées et libres dans les
eaux interstitielles, et bactéries fortement fixées) au cours de la biooxydation d'un minerai
reconstitué à 2% pyrite, en colonne de laboratoire <T=30°C, débit=90 I.h-1m-2, granulométrie
pyrite <2mm, inoculum=5.107 bactéries.g-1 de minerai, 306g de minerai).
Evolution du pH et du potentiel d'oxydoréduction au cours de la biooxydation d'un minerai
reconstitué à 2% pyrite <T=30°C, débit = 90 I.h-1.m-2, granulométrie pyrite <2mm,
inoculum=5.107 bactéries.g-1 de minerai, 306g de minerai).
Distribution et évolution des bactéries à l'intérieur du lit de minerai en fonction du temps,
au cours de la biooxydation d'un minerai reconstitué à 2% pyrite, en colonne de laboratoire
<T=30°C, débit=90 I.h-1.m-2, granulométrie pyrite <2mm, inoculum=5.107 bactéries.g-1 de
minerai, 306g de minerai).
Evolution des populations bactériennes au cours de la biolixiviation en réacteur d'une
arsénopyrite (53-80!lill, pulpe à 2%, T=30°C).
Evolution des populations bactériennes au cours de la biolixiviation en réacteur d'une
arsénopyrite (53-80!lill, pulpe à 2%, T=300C).
Evolution du pH et du potentiel d'oxydoréduction au cours de la biolixiviation en réacteur
d'une arsénopyrite (53-80f.J.m, pulpe à 2%, T=30°C).
Solubilisation du fer, du sulfate et de l'arsenic au cours de la biolixiviation en réacteur d'une
arsénopyrite (53-80!lill, pulpe à 2%, T=30°C).
Pourcentage d'oxydation totale (quantité en solution + quantité précipitée) du fer et de
l'arsenic au cours de la biolixiviation en réacteur d'une arsénopyrite (53-80f.J.m, pulpe à 2%
T=30°0.
Evolution du fer total et du fer ferreux en solution au cours de la biolixiviation en réacteur
d'une arsénopyrite (53-80!lill, pulpe à 2% T=30°C).
Distribution de la taille des particules d'arsénopyrite et des produits solides néoformés au
cours de la biolixiviation en réacteur (fraction 53- 80f.J.m, pulpe à 2%, T = 30°C).
Evolution des spectres infra-rouge en réflexion diffuse au cours du cycle de biolixiviation de
l'arsénopyrite (fraction 53 - 80 f.J.m).
Spectres infra-rouge en réflexion diffuse : (a) de arséniate ferrique synthétique, (b) de
scorodite, (c) de pharmacosiderite et (d) d'arsenic natif dont la surface est oxydée en
scorodite.
Evolution des spectres infra-rouge en transmission au cours du cycle de biolixiviation de
l'arsénopyrite (fraction 53 - 80 J.l.m).
224
Figure III. 18.
Figure III. 19.
Figure III. 20.
Figure III. 21.
Figure III. 22.
Figure III. 23.
Figure III. 24.
Figure III. 25.
Figure III. 26.
Figure III. 27.
Figure III. 28.
Figure III. 29.
Figure IV. 1.
Figure IV. 2.
Figure IV. 3.
Liste des Figures
Evolution du film de soufre superficiel quantifié par chromatographie liquide et
spectroscopie U.V. au cours de la biolixiviation en réacteur d'une arsénopyrite ([Link],
pulpeà2%, T=30°C).
Evolution du fer, de l'arsenic et du soufre superficiels et précipités, néoformés au cours de la
biolixiviation en réacteur d'une arsénopyrite ([Link], pulpe à 2%, T =30°C).
Comparaison des cinétiques de biolixiviation en colonne percolée de minerais reconstitués
avec une pyrite "pure" ou une arsénopyrite "~ure" <T=30°C, débit=90 I.h-1.m-2, granulométrie
pyrite et arsénopyrite <2mm, inoculum=5.10 bactéries.g-1 de minerai, 306g de minerai).
Comparaison des cinétiques de biooxydation en réacteur de laboratoire d'une pyrite "pure"
et du concentré n° 4 (63,94% pyrite + 19,73% arsénopyrite) (T=30°C, 32 - [Link],
inoculum=5.107 bacté[Link]-1 , pulpe minérale à 2%).
Solubilisation du fer au cours de la biolixiviation en réacteur d'une arsénopyrite et d'un
mélange arsénopyrite +pyrite (53-BOj.l.m, pulpe à 2%, T=300C).
Analyse granulométrique par analyseur d'images du résidu biolixivié d'un mélange 50%
pyrite+ 50% arsénopyrite (granulométrie initiale= 53- 80j.l.m).
Evolution du fer total et du fer ferreux au cours de la biolixiviation en réacteur d'un mélange
arsénopyrite +pyrite ([Link], pulpe à 2%, T=30°C).
Analyse granulométrique des pulpes minérales après 30 jours de biolixiviation en réacteur
d'une pyrite "pure" et d'un concentré sulfuré contenant à l'origine 63,9% de pyrite et 19,7%
d'arsénopyrite (granulométrie initiale = 53 - [Link]).
Evolution des spectres infra-rouge en réflexion diffuse au cours du cycle de biolixiviation
d'un mélange 50% pyrite + 50% arsénopyrite (fraction 32 - 53 [Link]).
Comparaison des cinétiques de biolixiviation en colonne percolée de minerais reconstitués
avec différentes proportions de pyrite et d'arsénopyrite (T=30°C, débit=90 I.h-1.m-2,
granulométrie pyrite et arsénopyrite <2mm, inoculum=5.107 bactéries.g-1 de minerai, 306g
de minerai).
Analyse par dispersion d'énergie couplée au M.E.B. du précipité formé lors de la
biolixiviation en colonne d'un minerai reconstitué avec un rapport [arsénopyritel 1 [pyrite}=
1,33. (Cette analyse correspond au précipité qui encapsule la particule minérale (sable) de
la figure, planche l).
Influence des précipités néoformés sur la distribution des bactéries fixées et des bactéries
faiblement fixées ou associées aux eaux interstitielles dans le profil de la colonne en fin de
biolixiviation de minerais reconstitués <T=30°C, débit = 50 I.h-1.m-2, inoculum=2.107
bactéries.g-1 de minerai, 3,5kg de minerai, =2% de pyrite+ arsénopyrite dans le minerai).
Evolution de la croissance des bactéries en suspension, du pH et de la solubilisation du fer
au cours de la biolixiviation d'un minerai reconstitué à 2% pyrite : expérience "témoin"
<T=30°C, granulométrie pyrite< 2mm, granulométrie du sable 110 -[Link], inoculum initial
= 5.107 bactéries.g-1 de minerai, débit= 90 l.h-1.m-2, 306g de minerai).
Influence de la Température sur la croissance et l'activité de Thiobacillus ferrooxidans au
cours de la biolixiviation en colonnes percolées d'un minerai reconstitué avec "pyrite pure"
(débit=90 I.h-1.m-2, granulométrie pyrite <2mm, inoculum=5.107bactéries.g-1 de minerai,
306g de minerai).
Influence de la granulométrie du sulfure libéré sur la croissance et l'activité de Thiobacillus
ferrooxidans au cours de la biolixiviation en colonnes percolées, d'un minerai reconstitué
225
Figure IV. 4.
Figure IV. 5.
Figure IV. 6.
Figure IV. 7.
Figure IV. 8.
Figure IV. 9.
Figure IV. 10.
Figure IV. 11.
Figure IV. 12.
Figure IV. 13.
Figure IV. 14.
Figure IV. 15.
Figure IV. 16.
Liste des Figures
avec 2% de "pyrite pure" (f=30°C, débit=90 I.h·1.m·2, inoculum=5.107 bactéries.g·l de
minerai, 306g de minerai).
Influence de la libération des sulfures et de la granulométrie sur la croissance et l'activité de
Thiobacillus fe"ooxidllns au cours de la biolixiviation en colonnes percolées, d'un minerai
sulfuré (tout-venant et reconstitué, T=30°C, débit=90 I.h·l.m-2, inoculum=5.107 bactéries.g·1
de minerai, 3,5kg de minerai, 6,37% Py+Aspy).
Influence de l'lnoculum sur la croissance et l'activité oxydante de Thiobacillus fe"ooxidans,
au cours de la biolixiviation en colonnes percolées, d'un minerai reconstitué avec 2% de
"pyrite pure" (f=30°C, débit=90 I.h·1.m·2, granulométrie pyrite <2mm, 306g de minerai).
Influence du débit d'arrosage sur la croissance et l'activité oxydante de Thiobacillus
ferrooxidans , au cours de la biolixiviation en colonnes percolées, d'un minerai reconstitué
avec 2% de "pyrite pure" (f=30°C, granulométrie pyrite <2mm, inoculum=5.107 bactéries.g·l
de minerai, 306g de minerai).
Influence de la régulation du pH : biolixiviation en colonnes percolées de minerais
reconstitués avec une pyrite pure (f=30°C, débit=90 I.h-1m·2, granulométrie pyrite <2mm,
inoculum=5.107bactéries.g-1 de minerai, 306g de minerai).
Influence du pourcentage de sulfures sur la croissance et l'activité oxydante de Thiobacillus
ferrooxydans , au cours de la biolixiviation en colonnes percolées, d'un minerai reconstitué
avec un concentré sulfuré (f=30°C, débit=SO I.h-l.m-2, inoculum=2.107bactéries.g·1 de
minerai, 3,Skg de minerai).
Influence du mode opératoire (percolation et ennoyage) sur la biolixiviation en colonnes de
laboratoire, d'un minerai reconstitué avec 2% de pyrite pure (f=30°C, débit=90 I.h·1.m·2
granulométrie pyrite <2mm, inoculum=5.107bactéries.g-1 de minerai, 306g de minerai).
Influence du mode opératoire (percolation et ennoyage) sur la biolixiviation en colonnes de
laboratoire, d'un minerai reconstitué avec 2% de pyrite pure (f=30°C, débit=90 I.h·1.m·2
granulométrie pyrite <2mm, inoculum=5.107bactéries.g-1 de minerai, 306g de minerai).
Evolution du pH et du potentiel d'oxydoréduction au cours de la biolixiviation d'un minerai
sulfuré en colonne percolée pilote (120kg d'un minerai sulfuré tout-venant, T==l7°C, débit=
20 I.h·1.m·2, minerai <8mm non bouletté).
Suivi des populations bactériennes (fixées et libres) au cours de la biolixiviation d'un
minerai sulfuré en colonne percolée pilote (120kg d'un minerai sulfuré tout-venant, T==l7°C,
débit = 20 I.h·1.m-2, minerai <8mm non bouletté).
Evolution de la solubilisation du fer et de la croissance des trois catégories de bactéries, au
cours de la biolixiviation d'un minerai sulfuré en colonne percolée pilote (120kg d'un
minerai sulfuré tout-venant, T•osl7°C, débit= 20 I.h·1.m·2, minerai <8mm non bouletté).
Distribution et évolution des bactéries à l'intérieur du lit de minerai, au cours de la
biolixiviation d'un minerai sulfuré en colonne percolée pilote (120kg d'un minerai sulfuré
tout-venant, T=17°C, débit= 20 I.h·l.m-2, minerai <8mm non bouletté).
Evolution du pH et de la mise en solution du fer et de l'arsenic au cours de la biolixiviation
d'un minerai sulfuré de granulométrie < 8mm, bouletté et non bouletté, en colonne
percolée pilote (120kg d'un minerai sulfuré, T=l7°C, débit= 20 I.h·l.m-2).
Evolution du pH et de la mise en solution du fer et de l'arsenic au cours de la biolixiviation
en colonne percolée pilote d'un minerai sulfuré concassé à deux granulométries différentes
et bouletté (< 8mm, et< 2mm) et ensuite bouletté (120kg d'un minerai sulfuré, T==l7°C, débit
= 20 I.h·1.m-2)
226
Figure V. 1.
Figure V. 2.
Figure V. 3.
Figure VI. 1.
Figure VI. 2.
Figure VI. 3.
Figure VI. 4.
Figure VI. S.
Figure VI. 6.
Figure VI. 7.
Figure VII. 1.
Figure VII. 2.
Figure VII. 3.
Figure VU. 4.
Figure VII. s.
Liste des Figures
Techniques d'analyse minérale utilisées pour la caractérisation des minerais et concentrés
sulfurés aurifères.
Spectres Môssbauer (197 Au) des quatre concentrés aurifères sulfurés de départ.
Extraction de l'or par cyanuration en fonction de l'oxydation chimique acide par HN03 (0
pyrite, A arsénopyrite).
Evolution de la croissance des bactéries en suspension et du pH au cours de l'oxydation
bactérienne des quatre concentrés sulfurés en systèmes agités <T=30°C, inoculum=107
bacté[Link]-1, pulpe à 2%)."
Comparaison des cinétiques de solubilisation du fer et de l'arsenic au cours de la
biolixiviation des quatre concentrés sulfurés <T=30°C, inoculum=107 bacté[Link]-1• pulpe à
2%).
Prévisions sur l'extraction de l'or en fonction de la solubilisation du fer, de l'arsenic et de
l'antimoine par oxydation bactérienne des concentrés sulfurés aurifères en systèmes agités:
comparaison avec la lixiviation chimique par HN03 à 2,5N.
Evolution du pH, de la croissance des bactéries en suspension, et de la solubilisation de Fer
et d'Arsenic au cours de la biolixiviation de minerais sulfurés aurifères en colonnes
percolées de laboratoire (T=30°C, débit=90 l.h-1.m·2, inoculum=5.107 bactéries.g·1 de
minerai, 306g de minerai, environ 2% pyrite+ arsénopyrite dans le minerai).
Prévisions sur l'extraction de l'or par cyanuration en fonction de l'oxydation chimique acide
par HN03 et de l'avancement de la biolixiviation statique des minerais sulfurés reconstitués
(0 pyrite, A arsénopyrite).
Spectre Môssbauer (197 Au) du concentré n° 5 de départ (A) et du même concentré ayant
subi une biolixiviation partielle (B). Le spectre A montre une composante dominante d'or
combiné à l'arsénopyrite (vert) et une composante à faible intensité d'or métallique (jaune).
(Le spectre B a été obtenu après biooxydation en réacteur pendant 30jours, sur échantillon
congelé après récupération par centrifugation à 18000 t.p.m. et mise à congélation à -20°C
sous azote).
Extraction de l'or par cyanuration en fonction de l'oxydation chimique acide par HN03 (0
pyrite, A arsénopyrite), en comparaison avec les récupérations de l'or obtenue et attendue
après biolixiviation statique des minerais sulfurés reconstitués.
Réactivité du cyanure avec la pyrite et l'arsénopyrite (masse de solides = 40g, granulométrie
50 - 100~m, volume du réacteur = 1,4 1, [CN]initial = 0,1 M.I-1, longeur de la membrane =
123cm).
Réactivité du cyanure avec l'arsénopyrite et le concentré n° 1 (masse de solides = 40g,
granulométrie 50- 100~m, volume du réacteur= 1,4 1, [CNlinitial = 0,1 M.I-1, longeur de la
membrane = 123cm).
Réactivité du cyanure avec la pyrite et les produits de sa biolixiviation (masse de solides =
40g, granulométrie 50 -1~m, volume du réacteur= lA 1, [CNlinitial = 0,1 M.I-1, longeur de la
membrane= 123cm).
Réactivité du cyanure avec l'arsénopyrite et les produits de sa biolixiviation (masse de
solides= 40g, granulométrie 50- 100~m, volume du réacteur = 1,4 1, [CN]initial = 0,1 M.I-1,
longeur de la membrane = 123cm).
Réactivité du cyanure avec les espèces solubles et solides issues de la biolixiviation de
l'arsénopyrite (masse de solides = 40g, granulométrie 50 - 100~m, volume du réacteur = 1,4 l,
[CNlinitial = 0,1 M.l-1, longeur de la membrane= 123cm).
227
Figure VII. 6.
Figure VII. 7.
Figure VII. 8.
Figure PI. 1
Figure PI. 2
Figure PI. 3
Figure P 1. 4
Figure PI. 5
Figure PI. 6
Figure PI. 7
Figure P 1. 8
Figure P II. 1
Figure P II. 2
Figure P II. 3
Liste des Figures
Réactivité du cyanure avec l'arsénopyrite biolixiviée et le soufre élémentaire (masse de
solides = 40g. granulométrie 50 - 100J.I.m, volume du réacteur = 1,4 l, [CN]lnitial = 0,1 M.I-1,
longeur de la membrane= 123cm).
Réactivité du cyanure avec I'arsénopyrite et le concentré n° 1 biolixiviés (masse de solides =
40g, granulométrie 50 -10ÜJ.I.m, volume du réacteur= 1,4 l, [CNJwtial = 0,1 MJ-1, longeur de la
membrane = 123cm).
Consommation de cyanure au cours de la cyanuration statique d'un minerai sulfuré
biolixivié (reconstitué à 0,84% pyrite+ 1,12% arsénopyrite à partir du concentré no 5).
HGURESENPLANCHES
Bactéries (Thiobacillus ferrooxidans) fixées à la surface d'un grain de pyrite provenant
d'une expérience de biolixiviation en colonne. Image par électrons secondaires au M.E.B.
Bactéries (Thiobacillus ferrooxidans) fixées à la surface d'un grain de pyrite provenant
d'une expérience de biolixiviation en colonne. L'activité oxydante des bactéries est montrée
par la présence des figures de corrosion. Image par électrons secondaires au M.E.B.
Figures de corrosion en fin de cycle d'oxydation bactérienne d'un grain de pyrite provenant
d'une expérience de biolixiviation en colonne. Image par électrons secondaires au M.E.B.
Bactéries (Thiobacillus ferrooxidans) enrobées par l'amalgame de précipités (arséniates
ferriques et soufre élémentaire) formés au cours de l'oxydation bactérienne d'une
arsénopyrite en cuve agitée. Image par électrons secondaires au M.E.B.
Bactéries (Thiobacillus ferrooxidans) enrobées par l'amalgame de précipités (arséniates
ferriques et soufre élémentaire) en fin de cycle doxydation bactérienne d'une arsénopyrite
en colonne de percolation. Image par électrons secondaires au M.E.B.
Bactéries (Thiobacillus ferrooxidans) enrobées par l'amalgame de précipités (arséniates
ferriques et soufre élémentaire) en fin de cycle doxydation bactérienne d'un minerai
reconstitué à pyrite - arsénopyrite en colonne de percolation. Image par électrons
secondaires au M.E.B.
Particule minérale (sable) encapsulée par le précipité formé lors de la biolixiviation en
colonne d'un minerai reconstitué avec un rapport [arsénopyrite] 1 [pyrite] = 1,3. Image par
électrons secondaires au M.E.B.
Grain d'arsénopyrite en fin de cycle de biolixiviation en colonne du minerai reconstitué n° 1.
L'oxydation bactérienne est contrôlée par la composition chimique au sein du grain. Image
par électrons secondaires au M.E.B.
Evolution de l'arsénopyrite observée au microscope électronique à balayage au cours de
l'oxydation bactérienne. 4 jours de biolixiviation : apparition de fissures.
Evolution de l'arsénopyrite observée au microscope électronique à balayage au cours de
l'oxydation bactérienne. 11 jours de biolixiviation : apparition de petits trous.
Evolution de l'arsénopyrite observée au microscope électronique à balayage au cours de
l'oxydation bactérienne. 11 jours de biolixiviation : développement d'une phase superficielle
amalgamée d'arséniates ferriques et de soufre élémentaire.
228
Figure P II. 4
Figure P II. 5
Figure P II. 6
Figure P II. 7
Figure P II. 8
Figure P III. 1.
Figure P III. 2.
Figure P III. 3.
Figure P III. 4.
Figure P III. 5.
Figure P III. 6.
Figure P III. 7.
Figure P III. 8.
Liste des Figures
Evolution de l'arsénopyrite observée au microscope électronique à balayage au cours de
l'oxydation bactérienne. 10 à 20 jours de biolixiviation : apparition des orientations
cristallines (macles) par le développement de la corrosion.
Evolution de l'arsénopyrite observée au microscope électronique à balayage au cours de
l'oxydation bactérienne. 10 à 20 jours de biolixiviation : combinaison du développement
d'une porosité intragranulaire importante et de la corrosion contrôlée par les orientations
cristallines.
Evolution de l'arsénopyrite observée au microscope électronique à balayage au cours de
l'oxydation bactérienne. 10 à 20 jours de biolixiviation : pores ovoïdes développés par une
corrosion contrôlée par l'orientation cristalline de l'arsénopyrite.
Evolution de l'arsénopyrite observée au microscope électronique à balayage au cours de
l'oxydation bactérienne. 30 jours de biolixiviation : diminution de la taille des grains
d'arsénopyrite et formation des précipités (arséniates ferriques et soufre élémentaire).
Mélange pyrite - arsénopyrite après 30 jours de biolixiviation en cuve agitée : les grains de
pyrite ont été protégés galvaniquement par l'arsénopyrite, dont la diminution de taille est
très évidente.
Grain de pyrite poreuse avec de fines inclusions disséminées (< SJ.!m) d'or natif et de
proustite (AS3As5:;) et de concentrations complexes en arsenic. Image du concentré n° 2 par
électrons rétrodiffusés au M. E. B.
Grain de pyrite avec une forte zonation chimique en fonction de la concentration en arsenic.
Image du concentré n° 4 par électrons rétrodiffusés au M. E. B.
Grain d'arsénopyrite avec une zonation suivant des bandes de surcroissance et contenant
une inclusion d'or métallique (Au0
). Image du concentré no 1 par électrons rétrodiffusés au
M.E.B.
Grain d'arsénopyrite aurifère avec une zonation suivant des bandes de surcroissance.
Image du concentré n° 5 par électrons rétrodiffusés au M. E. B.
Grain de pyrite aurifère constitué par un "noyau" de pyrite entouré par une deuxième phase
de pyrite plus riche en arsenic de texture collomorphe. Image du concentré n° 2 par
électrons rétrodiffusés au M. E. B.
Figures de corrosion développées sur la phase de pyrite plus riche en arsenic de texture
collomorphe du même grain de pyrite montré dans l'image P III.S. Image du concentré n° 2
par électrons rétrodiffusés au M. E. B.
Particule d'or métallique (Au0
) libérée par l'oxydation bactérienne d'une pyrite aurifère
similaire à celle de l'image P III. 1. Image du concentré n° 2 par électrons secondaires au M.
E. B.
Image après dissolution de la particule d'or de l'image P III. 7 à l'aide du cyanure. Image du
concentré n° 2 par électrons secondaires au M. E. B.
Liste des Figures
230
Tableau I. 1.
Tableau 1. 2.
Tableau 1. 3.
Tableau 1. 4.
Tableau 1. 5.
Tableau 1. 6.
Tableau II.1.
Tableau II.2.
Tableau II. 3.
Tableau III. 1.
Tableau III. 2.
Tableau III. 3.
Tableau III. 4.
Tableau IV. 1.
Tableau IV. 2.
Tableau V. 1.
Liste des Tableaux
LISTE DES TABLEAUX
Types de minéralisations auxquelles sont associées les minerais sulfurés aurifères
réfractaires, ainsi que les principaux dépôts types.
Principales opérations minières pour le traitement des minerais aurifères sulfurés
Constants de stabilité des complexes d'Au(I} et d'Au (IID (D'après Fleming, 1992).
Caractéristiques des principales bactéries acidophiles oxydatrices du fer et du soufre
(sources: Norris, 1990, Ritcey, 1989, Pivovarova et Golovacheva, 1985).
Tolérance de Thiobacillus ferrooxidans aux métaux (d'après Ritcey, 1989).
Etudes de lixiviation bactérienne réalisées en laboratoire et à l'échelle pilote pour
l'extraction de l'or à partir de concentrés sulfurés aurifères.
Composition chimique de la pyrite et de l'arsénopyrite "pures" utilisées comme modèles
pour les expériences de biolixiviation.
Composition chimique des concentrés aurifères sulfurés utilisés pour les expériences de
biolixiviation en réacteur et pour reconstituer les minerais sulfurés (n.d. = non déterminé).
Composition chimique du minerai tout-venant et des minerais reconstitués utilisés pour les
expériences de biolixiviation en colonne (n.d. = non déterminé).
Concentration en A.T.P. des populations bactériennes (T. ferrooxidans) au cours de la
biolixiviation en colonne d'un minerai reconstitué à 2% fyrite (T=30°C, débit= 90 l.h·1.m-2,
granulométrie pyrite <2mm, inoculum=5.107 bactéries.g- de minerai, 306g de minerai).
Description synthétique des différentes étapess d'oxydation d'une arsénopyrite par
Thiobacillus ferrooxidans.
Reconstitution des résidus biolixiviés par analyse d'images, après 30 jours d'attaque
bactérienne en réacteur (53-80J.1m, pulpe à 2%, T=30°C).
Influence de la valeur du rapport [Aspyl 1 [Py] sur l'avancement de la biolixiviation de la
pyrite et l'arsénopyrite en systèmes statiques et sur la précipitation d'arséniates ferriques et
de soufre élémentaire.
Influence du pourcentage initial de sulfures du minerai sur l'avancement de la biolixiviation
et la formation de précipités.
Détermination du nombre des bactéries totales et des bactéries oxydatrices du fer pour les
bactéries libres (dans la solution percolante par ml de solution, et dans les eaux interstitielles
par mg de minerai) et des bactéries totales pour les bactéries adhérantes aux surfaces
minérales par mg de minerai, dans les colonnes pilote en fin de biolixiviation.
Minéralogie des concentrés aurifères sulfurés utilisés pour les expériences de biolixiviation
en colonnes et en réacteurs.
231
Tableau V. 2.
Tableau V. 3.
Tableau VI. 1.
Tableau VI. 2.
Tableau VI.3.
Tableau VI. 4.
Tableau VI. 5.
Tableau VI. 6.
Tableau VI. 7.
Tableau VI. 8.
Tableau VI. 9.
Tableau VII. 1.
Tableau VII. 2.
Liste des Tableaux
Pourcentage de sulfures majeurs dans le minerai et les concentrés sulfurés aurifères
composition chimique des minéraux (les pourcentages sont des %masse).
Teneur en or et pourcentage d'or réfractaire et cyanurable contenus dans le minerai et les
concentrés sulfurés aurifères.
Solubilisation du fer et de l'arsenic par biolixiviation en systèmes a§ités des quatre
concentrés aurifères sulfurés <T=30°C, pulpe minérale à 2%, inoculum=1.10 bacté[Link]-1).
Avancement de l'oxydation bactérienne des quatre minerais aurifères sulfurés reconstitués
en colonnes percolées <T=30°C, débit=90 l.h-1.m-2, inoculum=5.107 bactéries.g-1 de minerai,
306g de minerai, environ 2% pyrite + arsénopyrite dans le minerai).
Analyse du résidu d'un minerai sulfuré reconstitué à 1,03% de pyrite et 0,87% d'arsénopyrite
en fin de biolixiviation statique.
Analyse du résidu d'un minerai sulfuré reconstitué à 3,46% de pyrite et 2,91% d'arsénopyrite
en fin de biolixiviation statique.
Analyse du résidu d'un minerai sulfuré reconstitué à 0,84% de pyrite et 1,12% d'arsénopyrite
en fin de biolixiviation statique.
Distribution de l'or, des sulfures majeurs et des précipités néoformés (quantités par
tranche) dans une colonne en fin de biolixiviation : minerai reconstitué à 0,84% pyrite +
1,12% arsénopyrite aurifère, à partir du concentré n° 5, [arsénopyrite] 1 [pyrite] = 1,331, 87,5%
d'or combiné (Biolixiviation en colonne en présence de Thiobacillus ferrooxidans pendant
60j
Distribution de l'or, des sulfures majeurs et des précipités néoformés (quantités par
tranche) dans une colonne en fin de biolixiviation : minerai reconstitué à 1,03% pyrite +
0,87% arsénopyrite, à partir du concentré n° 1, [arsénopyrite] 1 [pyrite] = 0,841, 100% d'or
métallique
Distribution de l'or, des sulfures majeurs et des précipités néoformés (quantités par
tranches) dans une colonne en fin de biolixiviation : minerai reconstitué à 3,46% pyrite +
2,91% arsénopyrite, à partir du concentré n° 1, [arsénopyrite] 1 [pyrite] = 0,841, 100% d'or
métallique
Extraction de l'or après biolixiviation statique des quatre minerais sulfurés aurifères
reconstitués.
Avancement de la biolixiviation, quantité de précipités néoformés et consommation du
cyanure après biolixiviation statique de minerais sulfurés en fonction du rapport
[Aspy]/[Py].
Consommation du cyanure libre par les résidus de biolixiviation en colonnes de minerais
sulfurés aurifères reconstitués (voir aussi tableaux VI.3 à VI.8).
232
TABLE DE MATIERES
INTRODUCTION GÉNÉRALE
CHAPITREI:
ETAT DES CONNAISSANCES SUR LE TRAITEMENT DES
MINERAIS SULFURES AURIFERES REFRACTAIRES
1. 1. MINERAIS AURIFÈRES RÉFRACTAIRES
1
8
<D Nature du minéral porteur de l'or 8
® Nature des minéraux accompagnateurs 9
® Présence de matière carbonée 10
@ Formation de films sur la surface des particules d'or 10
® Or physiquement emprisonné dans une gangue siliceuse 11
® Or "invisible" associé aux minerais sulfurés (minerais sulfurés aurifères
réfractaires) 11
1. 1. 1. Minerais sulfurés aurifères réfractaires 11
L 1. 1. 1. Arsénopyrites et pyrites aurifères 12
1. 2. PRÉTRAITEMENTS POUR L'OXYDATION DES SULFURES PORTEURS DE L'OR 15
1. 2. 1. Grillage oxydant 15
1. 2. 2. Fusion pour matte 17
1. 2. 3. Oxydation sous pression 17
1. 2. 4. Chloruration 19
1. 2. 5. Oxydation bactérienne 20
L 3. DISSOLUTION COMPLEXANTE DE L'OR 21
1. 3. 1. Cyanuration dynamique (en cuves agitées) 22
I. 3. 2. Cyanuration statique (en tas) 23
1. 3. 3. Lixiviation de l'or par d'autres réactifs 26
I. 4. BIOUXIVIATION DE MINERAIS SULFURES 27
I. 4. 1. Bactéries 27
I. 4.1.1. Bactéries mésophiles 29
Thiobacillus ferrooxidans 29
Thiobacillus thiooxidans 30
233
Leptospirillum ferrooxidans
Cultures mixtes
1. 4. 1. 2. Bactéries thermophiles modérées
1. 3. 1. 3. Bactéries thermophiles extrêmes
1. 4. 2. Mécanismes réactionnels de l'oxydation bactérienne des sulfures
1. 4. 3. Biolixiviation de sulfures en systèmes agités
I. 4. 4. Biolixiviation de sulfures en systèmes statiques
CHAPITRE II :
MATERIEL ET METHODES
II. 1. BACTERIE, MILIEUX DE CULTURE ET METHODES POUR LE SUIVI DES
31
31
32
32
33
36
39
POPULATIONS BACTERIENNES 45
II. 1. 1. Bactérie 45
II. 1. 2. Milieu de culture 46
II. 1. 3. Méthodes pour le suivi des populations bactériennes 46
IL 1. 3. 1. Détermination de la concentration des bactéries en suspension 46
II.1. 3. 2. Estimation du nombre des bactéries fixées aux surfaces minérales 51
II. 1. 3. 3. Détermination de l'état énergétique des bactéries 51
II. 2. MINERAUX, CONCENTRES ET MINERAIS SULFURES 51
II. 2. 1. Substrats minéraux "purs" 52
II. 2. 2. Concentrés sulfurés aurifères 53
II. 3. DISPOSITIFS EXPERIMENTAUX 55
II. 3. 1. Dispositifs de Laboratoire 55
II. 3. 1. 1. Réacteurs 55
II. 3. 1. 2. Colonnes de percolation 56
II. 3. 2. Dispositifs en Pilote Industriel 59
II. 3. 2. 1. Culture agitée 59
II. 3. 2. 2. Colonnes percolées 59
II. 4. PROTOCOLES EXPERIMENTAUX 60
II. 4. 1. Etude de la biolixiviation de sulfures en laboratoire 60
II. 4. 1. 1. En systèmes agités 60
II. 4. 1. 2. En systèmes statiques 60
II. 4. 2. Etude de la biolixiviation de sulfures en pilote industriel 61
II. 4. 2. 1. En systèmes agités 61
II. 4. 2. 2. En systèmes statiques 61
II. 4. 3. Cyanuration en laboratoire 62
II. 4. 3. 1. Cyanuration dynamique des résidus de biolixiviation 62
II. 4. 3. 2. Cyanuration statique des résidus de biolixiviation 63
234
TI. S. MIITHODE POUR LE SUIVI DE LA CONCENTRATION EN CYANURE LIBRE 63
II. S. 1. Principe de la méthode 63
II. s. 2. Dispositif expérimental 64
TI. 5. 3. Détermination spectrophotométrique de la concentration en cyanure 6S
II. S. 4. Substrats solides pour l'étude de l'interaction entre les résidus de
biolixiviation et le cyanure 6S
TI. 6. ANALYSES COMPLEMENTAIRES ET TRADmONNELLES 66
n. 6. 1. Analyses chimiques 66
n. 6. 1. 1. Analyses des solutions de biolixiviation 66
TI. 6. 1. 2. Analyses de solides 66
TI. 6. 2. Microscopie électronique à balayage et microsonde électronique 66
TI. 6. 3. Spectroscopie Infrarouge 67
TI. 6. 4. Spectroscopie M&sbauer de 197 Au 67
TI. 6. S. Analyses granulométriques 68
TI. 7. CONCLUSION 68
CHAPITRE III:
COMPORTEMENT DES BACTERIES ET INFLUENCE DE LA
NATURE DU MINERAL AU COURS DE L'OXYDATION
BACTERIENNE DE PYRITE ET D'ARSENOPYRITE PAR
Thiobacillus ferrooxidans
m.1. BIOLIXIVIATION DE LA PYRITE 72
III. 1. 2. Biolixiviation d'une pyrite "pure" par Thiobacillus ferrooxidans en
systèmes agités 72
III. 1. 2. Biolixiviation d'une pyrite "pure" (minerai reconstitué) par
Thiobacillus ferrooxidans dans les systèmes statiques 74
m. 2. BIOLIXIVIATION DE L'ARSENOPYRITE 81
m. 2.1. Oxydation bactérienne de l'arsénopyrite en systèmes agités 81
Étude des phases précipités néoformées 88
m. 2. 2. Oxydation bactérienne de l'arsénopyrite en systèmes statiques 93
m. 3. BIOLIXIVIATION DE SYSTEMES MIXTES A PYRITE+ ARSÉNOPYRITE 96
III. 3. 1. Biolixiviation de systèmes mixtes à pyrite+ arsénopyrite en systèmes
agités 96
Ill. 3. 2. Biolixiviation d'un système mixte pyrite-arsénopyrite par Thiobacillus
ferrooxidans en systèmes statiques 101
235
m. 4. CONCLUSIONS
CHAPITRE IV :
ETUDE DES PARAMETRES IMPLIQUES DANS LA
BIOLIXIVIATION DE MINERAIS SULFURES A PYRITEARSENOPYRITE
EN COLONNES :
DEFINITION DES CONDITIONS OPERATOIRES
104
IV. 1. INFLUENCE DE LA TE:MPERATURE 111
IV. 2. INFLUENCE DE LA GRANULOMÉTRIE ET DE L'ACCESSIBILITÉ DES
SULFURES 113
IV. 3. INFLUENCE DU NOMBRE INITIAL DE BACTÉRIES 115
IV. 4. INFLUENCE DU DÉBIT D'ARROSAGE 116
IV. 5. INFLUENCE DE LA RÉGULATION DU pH 117
IV. 6. INFLUENCE DE LA TENEUR EN SULFURES 119
IV. 7. INFLUENCE DU MODE OPÉRATOIRE: PERCOLATION OU ENNOYAGE 121
IV. 8. INFLUENCE DES POPULATIONS AUTOCHTONES SUR LA CROISSANCE ET
L'ACTIVITE D'UN INOCULUM DE T. ferrooxidans DANS UN SYSTEME DE
uxnnATIONPnOTE 1ll
IV. 9. ETUDE DE LA CONSTITUTION DU LIT DE MINERAI DANS UN SYSTEME DE
uxnnATION PnOTE: INFLUENCE DU BOULETTAGE
IV. 10. CONCLUSIONS
CHAPITRE V:
CARACTERISATION CHIMIQUE ET MINERALOGIQUE DES
MINERAIS ET CONCENTRES SULFURES AURIFERES
V.1. MINERAI TOUT-VENANT ET CONCENTRE no 1
V.1.1. Statut chimique et minéralogique de l'or
V. 1. 2 Oxydation chimique du concentré n° 1
V. 2. CONCENTRE n° 2
236
128
131
139
140
140
145
V. 2. 1. Statut chimique et minéralogique de l'or
V. 2. 2. Oxydation chimique du concentré n° 2
V. 3. CONCENTRE n° 4
V. 3. 1. Statut chimique et minéralogique de l'or
V. 3. 2. Oxydation chimique du concentré n° 4
V. 4. CONCENTRE n° 5
V. 4.1. Statut chimique et minéralogique de l'or
V. 4. 2. Oxydation chimique du concentré n° 5
V. 5. PREVISIONS SUR L'AVANCEMENT DE LA BIOLIXIVIATION DES
SULFURES PORTEURS DE L'OR ET LA RECUPERATION DE L'OR EN
FONCTION DE LA MINERALOGIE DES CONCENTRES
V. 6. CONCLUSIONS
CHAPITRE VI :
BIOLIXIVIATION- CYANURATION STATIQUE DES MINERAIS
SULFURES: BILAN DE L'AVANCEMENT DE
L'OXYDATION ET DEL 'EXTRACTION DEL 'OR
EN FONCTION DE LA MINERALOGIE
145
146
146
146
147
147
147
148
148
149
VI.1. BIOLIXIVIATION EN SYSTEMES AGITES 153
VI. 2. BIOLIXIVIATION EN SYSTEMES STATIQUES 159
VI. 2. 1. Minerai reconstitué n° 2 : à 1,94% de pyrite (riche en arsenic), en absence
d'arsénopyrite (dilution du concentré n° 2 dans du sable) 159
VI. 2. 2. Minerai reconstitué n° 4 : à 1,45% de pyrite et 0,45% d'arsénopyrite
(dilution du concentré n° 4 dans du sable :rapport [arsénopyrite]/[pyrite] =
0,31) 161
VI. 2. 3. Minerai reconstitué n° 1 : à 1,03% de pyrite et 0,87% d'arsénopyrite
(dilution du concentré n° 1 dans du sable: rapport [arsénopyrite]/[pyrite] =
0,84) 161
VI. 2. 4. Minerai reconstitué n° 5 : à 0,84% de pyrite et 1,12% d'arsénopyrite
(dilution du concentré 5 dans du sable : rapport [arsénopyrite]/[pyrite] =
1,33) 161
VI. 3. LE STATUT CHIMIQUE DE L'OR LIBÉRÉ PAR BIOLIXIVIATION DES
SULFURES PORTEURS 164
VI. 4. DISTRffiUTION DE L'OR LmRE ET LmÉRÉ À L'INTÉRIEUR DES COLONNES 165
237
VI. 5. RÉCUPÉRATION DE L'OR EN FONCTION DE L'AVANCEMENT DE LA
BIOLIXIVIATION ET LA MINÉRALOGIE DU MINERAI
VI. 6. CONCLUSIONS
CHAPITRE VII:
ETUDE DES INTERACTIONS ENTRE LES SOLUTIONS ET LES
RESIDUS DE BIOUXIVIATlON DE MINERAIS SULFURES ET LE
REACTIF DE COMPLEXATlON DEL 'OR
VII. 1. REACTION AVEC LES SULFURES MAJEURS NON OXYDES
VII. 2. REACTION AVEC LA PYRITE BIOOXYDEE
VII. 3. REACTION AVEC LES RESIDUS DE BIOLIXIVIATION DE
167
170
174
175
L'ARSENOPYRITE 176
VII. 4. REACTIVITE AVEC LES RESIDUS DE BIOLIXIVIATION STATIQUE DES
MINERAIS SULFURES 179
VII. 5. CYANURATION DIRECTE EN COLONNE: ASPECTS CINETIQUES 181
VII. 6. CONCLUSIONS 182
CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES 185
REFERENCES BffiLIOGRAFIQUES 191
ANNEXE I 207
ANNEXE II 217
USTE DES FIGURES 223
USTEDESTABLEAUX ~1
RESUME
Une étude en laboratoire des cinétiques de biolixiviation par Thiobacillus ferrooxidans de
minerais sulfurés, tout-venants et reconstitués, en colonnes de percolation à permis de comparer
l'influence et le rôle des paramètres biologiques, minéralogiques et opératoires sur l'oxydation de la
pyrite et de l'arsénopyrite en vue d'utiliser un procédé de biolixiviation - cyanuration en tas pour
extraire l'or des gisements sulfurés aurifères réfractaires à faible teneur et/ ou à faible tonnage.
Les principaux paramètres biologiques qui controlênt l'oxydation statique des sulfures sont : (1)
la présence de populations autochtones dans le minerai et leur compétition avec des bactéries
apportées, (2) le nombre initial de bactéries apportées (Thiobacillus ferrooxidans), et (3) la
distribution des différentes catégories de bactéries dans le lit minéral (bactéries fixées, bactéries libres
dans les eaux interstitielles et bactéries libres dans la solution percolante). La mise au point d'une
méthode de désorption au tween a permis de déterminer qu'entre 80 et 90% des bactéries totales restent
fixées au substrat minéral au cours du cycle de biolixiviation, avec un nombre et une distribution
homogènes au long du profil. Le nombre de bactéries libres dans les eaux interstitielles est un bon
indicateur de la biooxydation statique de pyrites et d'arsénopyrites.
Les paramètres opératoires impliqués dans l'oxydation bactérienne des sulfures aurifères en lit
statique comportent les paramètres propres de la constitution du lit minéral, les paramètres qui sont une
fonction du mode opératoire (régulation du pH, débit d'arrosage et percolation ou ennoyage), et les
paramètres qui dépendent des conditions extérieures au système (température principalement).
Une étude détaillée des minerais et concentrés sulfurés aurifères et de leurs produits biooxydés
par microscopie électronique à balayage, spectroscopie Môssbauer et analyse d'images a mis en
évidence les quatre principaux paramètres minéralogiques qui ont une influence sur la biooxydation des
sulfures aurifères et par conséquent la libération de l'or : (1) la valeur du rapport [arsénopyrite] 1
[pyrite], (2) la teneur en sulfures dans le minerai, (3) la composition chimique et la cristallinité des
sulfures aurifères, et (4) la distribution et l'état chimique de l'or dans les sulfures.
La récupération de l'or par cyanuration statique est proportionnelle à l'avancement de la
biolixiviation sauf si celle-ci entraîne la formation de précipités. L'amalgame d'arséniates ferriques et
de soufre élémentaire précipité est caractérisé grâce à l'utilisation conjointe de techniques
spectroscopiques (SIRTF, UV et Diffraction - X) et de la microscopie électronique à balayage. Les
précipités peuvent recouvrir les particules d'or libérées et provoquent la consommation rapide et
constante du cyanure libre en solution. Le suivi des teneurs du complexant libre en solution à l'aide d'une
membrane microporeuse a montré que la consommation en cyanure est due principalement à la présence
de soufre élémentaire et non aux composés du fer ou de l'arsenic.
Les résultats obtenus en laboratoire prouvent qu'un procédé combiné de biolixiviation -
cyanuration en tas est envisageable pour le traitement de minerais sulfurés aurifères réfractaires à
faible teneur et/ ou à faible tonnage.
Mots-clés : Thiobacillus ferrooxidans, Sulfures, Or, Minerais, Biolixiviation, Cyanure, Colonnes,
Biohydrométallurgie.

ABSTRACT
A laboratory study in percolation columns containing sulfide ores (crude ores and simulated
ores) allow to compare the influence and the role of biological, mineralogical and operational
parameters goveming pyrite and arsenopyrite oxidation by Thiobacillus ferrooxidans in order to use a
bioleaching - cyanidation process in heaps to remove precious metals from small or low - grade
refractory sulfide gold ores.
The major biological factors governing the sulfide oxidation in percolation columns are: (1) the
presence of indigenous bacteria and their competitition with inoculed bacterial populations
(Thiobacillus ferrooxidans), (2) the initial bacterial concentration, and (3) the temporal and spatial
distribution of the three classes of bacteria (bacteria adhering strongly, bacteria located in the
interstitial medium and non-adhering bacteria) in the percolation columns. A Tween treatment has
allowed to estimate that 80 to 90% of bacteria are fixed to mineral surfaces throughout the bioleaching
process. The distribution and the number of bacteria adhering strongly are homogeneous along the
mineral profile and during aU the bioleaching process. The number of bacteria located in the
interstitial medium provided an indicator of the pyrite and arsenopyrite oxidation.
The operational conditions controlling gold-bearing sulfides biooxidation in heaps involve: (1)
mineral properties and mineralogical own factors (sulfides ratio, particle size, ... ), (2) factors which
depend on the operational practice (pH regulation, flow- rate, ... ), and (3) parameters depending on
extemal conditions (temperature principally).
A detailed study by scanning electron microscopy, Môssbauer spectroscopy and image analysis
of gold-bearing sulfide concentrates and ores, and of their bacterialleaching residues has pointed out
the mineralogical factors controlling the sulfide oxidation and the gold release : (1) [Arsenopyrite] 1
[Pyrite] ratio, (2) sulfide content of the ore, (3) chemical composition and cristallinity of gold-bearing
sulfides, and (4) distribution and chemical state of gold within the sulfides.
Gold recoveries by cyanidation in columns are proportional to sulfide bioleaching except if the
sulfide biooxidation promotes ferric arsenates and elemental sulfur precipitation. Precipitates
characterization was possible by coupling spectroscopie methods (DRIFI'S, X- R Diffraction, UV) and
scanning electron microscopy. Effects of the presence of precipitates on gold extraction could be
associated to coatings of the gold grains and to a fast cyanide consumption. The determination of free
cyanide concentration via a microporous gas membrane has allowed to prove that the free cyanide loss
is principally due to the elemental sulfur and not to iron or arsenic compounds.
This laboratory scale study proves the feasibility of refractory sulfide gold ores heap-leaching
by a combined bioleaching - cyanidation process.
Key·Words : Thiobacillus ferrooxidans, Sulfides, Gold, Ores, Bioleaching, Cyanide, Columns,
Biohydrometallurgy.

AUTORISATION DE SOUTENANCE DE THESE


DU DOCTORAT DE L'INSTITUT NATIONAL POLYTECHNIQUE DE LORRAINE
oOo
VU LES RAPPORTS ET ABLIS PAR :
Monsieur COLIN Fabrice, Directeur de Recherche, Université Aix-Marseille,
Monsieur HERBILLON Adrian, Professeur, Centre de Pédologie Biologique
Vandoeuvre.
Le Président de l'Institut National Polytechnique de Lorraine, autorise:
Monsieur MONROY FERNANDEZ Marcos Gustavo
à soutenir devant l'INSTITUT NATIONAL POLYTECHNIQUE DE LORRAINE, une thèse
intitulée:
"Biolixiviation - cyanuration de minerais sulfurés aurifères dans des dispositifs de
percolation : comportement des populations de thiobacillius ferroxidans et
influence de la minéralogie et des conditions opératoires"
en vue de l'obtention du titre de :
DOCTEUR DE L'INSTITUT NATIONAL POLYTECHNIQUE DE LORRAINE
Spécialité: "GEOSCIENCES & MATIERES PREMIERES"
Fait à Vandoeuvre le, 8 Juin 1993
Le Pré ident de l'I.N.P.L.,
lUS
'.~;.. ;;/'~
'~/
2, avenue de la Forêt de Haye - B.P. ~-~"5"4501 VANDOEUVRE CEDEX
Téléphone : 83. 59. 59. 59· Télex: 961 715 F ·Télécopie: 83_. 59. 59. 55

RESUME
Une étude en laboratoire des cinétiques de biolixiviation par Thiobacillus ferroo xidans de'
minerais sulfurés, tout-venants et reconstitués, en colonnes de percolation à permis de comparer
l'influence et le rôle des paramètres biologiques, minéralogiques et opératoires sur l'oxydation de la
pyrite et de l'arsénopyrite en vue d'utiliser un procédé de biolixiviation - cyanuration en tas ~ur
extraire l'or des gisements sulfurés aurifères réfractaires à faible teneur et/ ou à faible tonnage. ·
Les principaux paramètres biologiques qui controlênt l'oxydation statique des sulfures sont : "(1)
la présence de populations autochtones dans le minerai et leur compétition avec des bactéries
apporté~s, (2) le nombre initial de bactéries apportées (Thiobacillus ferrooxidans), et (3) la
distribution des différentes catégories de bactéries dans le lit minéral (bactéries fixées, bactéries libres
dans les eaux interstitielles et bactéries libres dans la solution percolante). La mise au point d'une
méthode de désorption au tween a permis de déterminer qu'entre 80 et 90% des bactéries totales restent
fixées au substrat minéral au cours du cycle de biolixiviation, avec un nombre et une distribution
homogènes au long du profil. Le nombre de bactéries libres dans les eaux interstitielles est un bon
indicateur de la biooxydation statique de pyrites et d'arsénopyrites.
Les paramètres opératoires impliqués dans l'oxydation bactérienne des sulfures aurifères en lit
statique comportent les paramètres propres de la constitution du lit minéral, les paramètres qui sont une
fonction du mode opératoire (régulation du pH, débit d'arrosage et percolation ou ennoyage), et les
paramètres qui dépendent des conditions extérieures au système (température principalement).
Une étude détaillée des minerais et concentrés sulfurés aurifères et de leurs produits biooxydés
par microscopie électronique à bala}'age, spectroscopie Môssbauer et analyse d'images a mis en
évidence les quatre principaux paramètres minéralogiques qui ont une influence sur la biooxydation des
sulfures aurifères et par conséquent la libération de l'or : (1) la valeur du rapport [arsénopyrite] 1
[pyrite], (2) la teneur en sulfures dans le minerai, (3) la composition chimique et la cristallinité des
sulfures aurifères, et (4) la distribution et l'état chimique de l'or dans les sulfures.
La récupération de l'or par cyanuration statique est proportionnelle à l'avancement de la
biolixiviation sauf si celle-ci entraîne la formation de précipités. L'amalgame d'arséniates ferriques et
de soufre élémentaire précipité est caractérisé grâce à l'utilisation conjointe de techniques
spectroscopiques (SIRTF, UV et Diffraction - X) et de la microscopie électronique à balayage. Les
précipités peuvent recouvrir les particules d 'or libérées et provoquent la consommation rapide et
constante du cy~nure libre en solution. Le suivi des teneurs du complexant libre en solution à l'aide d'une
membrane microporeuse a montré que la consommation en cyanure est due principalement à ~a présence
de soufre élémentaire et non aux composés du fer ou de l'arsenic.
Les résultats obtenus en laboratoire prouvent qu'un procédé combiné de biolixiviation
cyanuration en tas est envisageable pour le traitement de minerais sulfurés aurifères réfractaires à
faible teneur et/ou à faible tonnage.
Mots-clés : Thiobacillus ferrooxidans, Sulfures, Or, Minerais, Biolixiviation, Cyanure, Colbnnes,
Biohydrométallurgie.
·.

Vous aimerez peut-être aussi