Règles BAEL 91 Révisées 99 en Béton Armé
Règles BAEL 91 Révisées 99 en Béton Armé
Document : Règles BAEL 91 (DTU P18-702) (mars 1992) : Règles techniques de conception et de calcul des ouvrages et constructions en béton armé
suivant la méthode des états limites + Amendement A1 (février 2000)
Sommaire
Deuxième partie règles applicables aux ossatures et éléments courants des structures en béton armé
Chapitre B.1 indications sur le choix des matériaux
B.1.1 indications sur le choix des bétons en fonction des résistances à obtenir et des
conditions de fabrication
B.1.2 aciers
Chapitre B.2 domaine d'application
B.2.1 les « constructions courantes »
B.2.2 les « constructions industrielles »
B.2.3 les « constructions spéciales »
B.2.4 caractéristiques d'exposition
Chapitre B.3 évaluation des sollicitations
B.3.1 actions
B.3.2 sollicitations
B.3.3 justifications de l'équilibre statique
Chapitre B.4 liaisons entre les divers éléments des constructions
Chapitre B.5 effets des variations dimensionnelles et des tassements différentiels
B.5.0 généralités
B.5.1 dimensions des blocs entre joints
B.5.2 effets des variations dimensionnelles dans le sens vertical
B.5.3 pourcentages minimaux d'armatures longitudinales dans les éléments exposés
Chapitre B.6 planchers et poutres
B.6.1 règles générales
B.6.2 cas des charges perpendiculaires à la fibre moyenne
B.6.3 état limite d'ouverture des fissures
B.6.4 condition de non-fragilité
B.6.5 état limite de déformation
B.6.6 armatures longitudinales
B.6.7 armatures transversales
B.6.8 règles particulières à certains éléments
Chapitre B.7 dalles sur appuis continus
B.7.0 prescriptions générales
B.7.1 détermination des sollicitations
B.7.2 dispositions constructives
B.7.3 état limite d'ouverture des fissures
B.7.4 condition de non-fragilité et section minimale d'armatures
B.7.5 état limite de déformation
B.7.6 planchers à prédalles
Chapitre B.8 poteaux
B.8.0 prescriptions générales
Annexe C notations
C.1 principes
C.1.1 majuscules romaines
C.1.2 minuscules romaines
C.1.3 majuscules grecques
C.1.4 minuscules grecques
C.1.5 indices
C.1.6 apostrophe
C.2 indices
C.2.1 majuscules romaines
C.2.2 minuscules romaines et abréviations
C.3 notations
C.3.1 notations en majuscules romaines
C.3.2 notations en minuscules romaines
C.3.3 notations en minuscules grecques
C.3.4 symboles spéciaux
Annexe D règles transitoires relatives à la définition des valeurs représentatives des actions et des
combinaisons d'actions dans les cas courants
D.1 valeurs représentatives des actions variables courantes dans le domaine des ponts-routes et
des bâtiments
D.1.1 ponts-routes
D.1.2 bâtiment
D.2 combinaisons d'actions
D.2.1 ponts-routes
D.2.2 bâtiments
Annexe E.1 méthode de calcul applicable aux planchers à charge d'exploitation modérée, dite « méthode
forfaitaire »
E.1.0 domaine d'application
E.1.1 principe de la méthode
E.1.2 conditions d'application de la méthode valeurs des coefficients
E.1.3 détermination de la longueur des chapeaux et arrêts des barres inférieures de second lit
Annexe E.2 méthode de calcul applicable aux planchers à charge d'exploitation relativement élevée, dite «
méthode caquot »
E.2.0 domaine d'application
Annexe E.3 calcul des panneaux de hourdis rectangulaires uniformément chargés articulés sur leur contour
Annexe E.4 méthode de calcul et dispositions constructives des planchers-champignons et des planchers-
dalles
E.4.0 dispositions générales définitions domaine d'application
E.4.0,1
E.4.0,2 piliers
E.4.0,3 chapiteaux
E.4.0,4 domaine d'application
E.4.1 méthode de calcul
E.4.1,0 méthodes de calcul
E.4.1,1 charges à prendre en compte dans les calculs
E.4.1,2 méthode générale de calcul des sollicitations
E.4.1,3 méthode approchée de calcul des sollicitations
E.4.2 vérification de la résistance de la dalle aux moments fléchissants
E.4.2,1 division des panneaux de la dalle en bandes
E.4.2,2 répartition des moments fléchissants entre les différentes bandes
E.4.2,3 vérification des conditions de résistance
E.4.3 vérification des conditions de résistance de la dalle aux efforts tranchants
E.4.4 résistance des piliers
E.4.5 trémies dans la dalle
E.4.6 conditions de non-fragilité
E.4.7 limitation des flèches
E.4.8 règles simplifiées spéciales à certains cas de planchers-dalles
E.4.8,0 domaine d'application
E.4.8,1 méthode de calcul
E.4.8,2 vérification aux moments fléchissants
E.4.8,3 vérification aux efforts tranchants
Annexe E.5 méthodes de calcul et dispositions d'armatures des parois fléchies (murs, cloisons ou voiles
formant poutres)
E.5.0 définition
E.5.1 domaine d'application
E.5.2 notations
E.5.3 épaisseur minimale
E.5.4 armatures
E.5.4,0 généralités
E.5.4,1 armatures principales
E.5.4,2 armatures réparties verticales et horizontales
E.5.5 cas des charges localisées
E.5.5,1 cas où les charges sont appliquées au droit des appuis
E.5.5,2 cas où les charges sont appliquées en travée
E.5.6 ouvertures dans les voiles porteurs
E.5.7 parois fléchies courbes
Annexe E.6 consoles courtes
E.6.0 définition
E.6.1 dispositions constructives
E.6.1,1
E.6.1,2
E.6.1,3
E.6.1,4
E.6.2 méthode de calcul
E.6.2,0 remarque liminaire
E.6.2,1 notations
E.6.2,2 limitation de la contrainte tangente conventionnelle
E.6.2,3 armatures supérieures tendues
E.6.2,4 amatures réparties
E.6.2,5 cas de voiles de très grande hauteur fonctionnant en console
E.6.2,6 prise en compte de forces horizontales
E.6.2,7 utilisation d'autres méthodes de calcul
Annexe E.7 état limite ultime de stabilité de forme méthodes simplifiées applicables aux cas les plus
courants
E.7.1 introduction
E.7.1,1 objet de l'annexe
E.7.1,2 principe des tables
E.7.1,3 domaine d'application directe des tables
E.7.2 poteaux isostatiques
E.7.2,1 poteau bi-articulé avec des excentricités différentes à ses deux extrémités
E.7.2,2 mât soumis à des charges telles que l'effort normal ne soit pas constant
E.7.2,3 poteau de section variable
E.7.3 structures hyperstatiques
E.7.3,1 analyse d'une structure hyperstatique
Annexe E.8 méthode de calcul des armatures d'une pièce en béton soumise à des pressions localisées au
sens de l'article A.8.4
E.8.0 domaine d'application
E.8.1 détermination du niveau de diffusion
E.8.2 vérifications à effectuer
E.8.2,1 généralités
E.8.2,2 pressions localisées (article A.8.4,1. du BAEL)
E.8.2,3 justifications dans les zones de première régularisation (prismes symétriques)
E.8.2,4 justification vis-à-vis de l'équilibre général de diffusion pure
Annexe F modifications apportées aux règles BAEL règles relatives à l'emploi de bétons à hautes
performances
modifications relatives à la PARTIE A
modifications relatives à la PARTIE B
modifications relatives à l'ANNEXE E
Liste des documents cités dans les Règles BAEL 91 révisées 99
Normes
Autres textes de référence
Civil (CICF)
W. JALIL, Ingénieur en Chef à la SOCOTEC
J. MATHEZ, représentant le CSTB
H. MATHIEU, Ingénieur Général des Ponts et Chaussées, Membre de la mission d'Inspection Générale des
Ouvrages d'Art
J. MATHIVAT, Directeur Technique du SNBATI, Ingénieur-Conseil
J.-P. MEROT, Directeur Scientifique à la SEEE
J. PERCHAT, Ingénieur à la Fédération Nationale du Bâtiment
L. PLISKIN, Professeur à l'Ecole Centrale, Directeur Délégué à l'ATILH
D. POINEAU, Ingénieur Divisionnaire des Travaux Publics de l'Etat au SETRA
M. REGNIER, Lieutenant-Colonel, Chef du Groupe Génie Civil au Ministère de la Défense
J. SCHMOL, Conseiller Technique au SNBATI, Rapporteur
H. THONIER, Directeur des Affaires Techniques à la FNTP
P. XERCAVINS, Gérant de P.X. Consultants
Secrétaire :
Mlle B. MAHUT, Ingénieur des Travaux Publics de l'Etat au SETRA
Avertissements
AVERTISSEMENT 1
Décision prise par la Commission Générale de Normalisation du Bâtiment-DTU lors de sa réunion du 12 septembre
1991
La Commission Générale de Normalisation du Bâtiment - DTU (CGNorBât-DTU) adopte comme Document Technique
Unifié les présentes Règles de calcul sous le nom de « Règles BAEL 91 », qui constituent la révision des règles
techniques de conception et de calcul des ouvrages et constructions en béton armé suivant la méthode des états
limites faisant l'objet du fascicule n° 62, titre Ier, section I du Cahier des Clauses Techniques Générales (CCTG).
Ces « Règles BAEL 91 » se substituent aux « Règles BAEL 83 ».
AVERTISSEMENT 2
Décision prise par la Commission Générale de Normalisation du Bâtiment-DTU lors de sa réunion du 15 septembre
1999
La Commission Générale de Normalisation du Bâtiment - DTU (CGNorBât-DTU), adopte comme modifications aux
présentes Règles de calcul les modifications apportées au fascicule n° 62, titre Ier, section I du Cahier des Clauses
Techniques Générales (CCTG).
La présente édition des « Règles BAEL 91 » inclut ces modifications.
ce qui permet d'avantager, conformément à l'expérience, l'utilisation des bétons haute résistance.
chapitre A.5 justifications vis-à-vis des sollicitations tangentes
L'expression des valeurs limites a été moditiee de façon à introduire explicitement le coefficient γb qui
dépend de la nature de la combinaison d'actions considérée.
Pour la prise en compte des charges voisines d'un appui (A.5.1,231), les prescriptions ont été alignées sur
celles du BPEL.
Dans la formule de A.5.1,232 le terme soustractif a été borné supérieurement, car il était trop élevé pour les
bétons de fcj > 45 MPa.
article A.5.4 torsion
Pour la justification du béton des sections pleines, le cumul des contraintes de torsion et d'effort tranchant a
été remplacé par une loi moins sévère plus conforme à l'expérience.
article A.7.1 protection des armatures
L'enrobage des armatures pour les ouvrages à la mer a été porté de 4 à 5 cm, sauf protection efficace des
armatures ou du béton.
Pour les parois soumises à des actions agressives, ou des intempéries, ou des condensations, ou encore
au contact d'un liquide, l'enrobage minimal a été porté à 3 cm. Cette valeur peut toutefois être ramenée à 2
cm lorsque le béton présente une résistance supérieure à 40 MPa.
article A.8.2,41
Il a été supprimé et reporté en partie B, car en fait il ne s'appliquait qu'aux bâtiments.
article A.8.4,1 pressions localisées
Il a dû être largement remanié pour mieux préciser le domaine d'application, s'aligner sur le BPEL et mieux
ajuster les formules (limitation du coefficient K, introduction des conditions de débord).
En outre, le calcul du ferraillage destiné à assurer la diffusion de l'effort concentré renvoie à une nouvelle
annexe E8 qui reprend les principaux résultats du BPEL.
1
Pour des risques moindres de détérioration du fait de la fissuration, sont aussi définis les cas « fissuration
préjudiciable » et « fissuration peu préjudiciable ».
De ce fait, des maîtres d'oeuvre ont fait une application biaisée des catégories prévues par le BAEL 91, et classé «
fissuration préjudiciable » des cas qui seraient normalement « fissuration très préjudiciable ».
La commission a donc étudié de nouvelles formules qui couvrent mieux l'ensemble des bétons, en vue de faire
revenir les utilisateurs à une appréciation normale des facteurs d'environnement et de risques liés à la fissuration.
Elle propose de les introduire dans les règles BAEL 91 en modifiant l'article A.4.5.3.
Le dosage ici indiqué n'est bien entendu valable que pour les ciments Portland habituels comportant peu de
constituants secondaires.
Sont considérées en béton armé les pièces qui sont encore aptes à jouer leur rôle dans la structure dont elle font
partie, lorsque la résistance à la traction par flexion de leur béton constitutif est supposée nulle.
Ceci conduit habituellement à prévoir un pourcentage minimal d'armatures, en application de la règle de non-
fragilité qui fait l'objet de l'article A.4.2.
Les règles du présent document ne s'appliquent pas toutes sans adaptation à des bétons de résistance
caractéristique supérieure à 60 MPa.
D'autre part certains ouvrages peuvent faire l'objet de règles particulières auxquelles il est alors fait référence.
Ces règles particulières peuvent concerner certains types d'ouvrages (par exemple cuvelages, cheminées,
canalisations, etc.), certains procédés de construction (par exemple les coffrages glissants), ou encore des
constructions non traditionnelles utilisées dans le bâtiment et dont les conditions de calcul sont fixées dans le cadre
des procédures ministérielles.
L'exposé de cette théorie ainsi que les définitions des termes utilisés se trouvent dans les « Directives communes
relatives au calcul des constructions de 1979 (D.C. 79) ».
Dans la liste des états limites, ne figure pas l'état limite de fatigue, qui n'a pas été pris en compte dans le cas
général. Toutefois, il peut être important de le considérer pour des pièces particulières soumises à des variations
d'actions importantes et fréquentes susceptibles de diminuer de façon sensible leur durabilité ou résistance.
Lorsqu'il y a lieu de le faire, le CCTP désigne les ouvrages ou parties d'ouvrages devant faire l'objet de vérifications
supplémentaires vis-à-vis de l'état limite de fatigue, et il précise les modalités du calcul (niveau des actions, leurs
combinaisons, valeurs des coefficients γ correspondants).
On distingue :
les « états limites ultimes » qui correspondent à la limite :
Il s'agit surtout d'états limites de déformation (instantanée ou différée) et d'ouverture des fissures.
Les chapitres qui suivent donnent les justifications théoriques qu'il convient d'apporter dans les cas les plus
généraux. Cependant la justification d'éléments d'ouvrages peut aussi résulter d'une expérimentation directe
scientifiquement conduite et interprétée ; des indications à ce sujet sont données à l'article A.8.5.
Le recours à l'expérimentation peut notamment être utilisé dans les cas suivants :
celui de pièces dont la justification échappe aux notions couramment admises, par exemple parce que
leurs formes sont particulièrement complexes ou encore que leur fonctionnement mécanique ne relève
pas de la longue expérience des constructeurs ;
celui d'éléments préfabriqués en série.
A.2.1 béton
A.2.1,1 résistance du béton
Les valeurs caractéristiques du présent article sont introduites dans les calculs compte tenu de coefficients de
sécurité spécifiques : voir notamment le γb de l'article A.4.3,4 et du chapitre A.5.
A.2.1,11
Pour l'établissement des projets, dans les cas courants, un béton est défini par une valeur de sa résistance à la
compression à l'âge de 28 jours, dite valeur caractéristique requise (ou spécifiée). Celle-ci, notée fc28, est choisie a
priori, compte tenu des possibilités locales et des règles de contrôle qui permettent de vérifier qu'elle est atteinte (*).
Les cas non courants sont ceux pour lesquels la vitesse de durcissement du béton s'écarte sensiblement des
valeurs les plus usuelles, par exemple en cas d'emploi de ciment alumineux ou de recours à un traitement
thermique. Il est alors nécessaire de préciser les résistances à différents âges avant et après 28 jours, les
éprouvettes étant soumises aux mêmes températures que le béton de l'ouvrage.
* Dans l'attente de la norme correspondante, il convient de se reporter aux règles de contrôle du fascicule 65 du
C.C.T.G..
Les modalités du contrôle doivent être fixées compte tenu de l'importance de la structure et des conséquences
économiques et humaines d'une défaillance éventuelle.
Pour le choix de la résistance caractéristique requise, on peut s'inspirer des résultats statistiques antérieurs obtenus
sur des chantiers comparables.
Lorsque des sollicitations s'exercent sur un béton dont l'âge de j jours (en cours d'exécution) est inférieur à 28, on se
réfère à la résistance caractéristique fcj obtenue au jour considéré.
On peut admettre que pour j ≤ 28 la résistance fcj des bétons non traités thermiquement suit approximativement les
lois suivantes :
Les bétons à haute résistance contenant des ultra-fines actives peuvent avoir une loi d'évolution intermédiaire entre
les deux précédentes. Pour les bétons traités thermiquement, on peut se reporter à l'annexe 6 du BPEL.
Pour justifier la résistance des sections, la valeur fcj est conventionnellement bornée supérieurement à f c28. Pour
d'autres types de vérifications, on peut admettre une valeur au plus égale à 1,10 f c28 lorsque l'âge dépasse 28 jours,
à condition que le béton ne soit pas traité thermiquement et que sa résistance fc28 atteigne au plus 40 MPa.
On peut alors évaluer la valeur de fcj par la première formule ci-dessus pour 28 < j < 60, avec fcj = 1, 1fc28 pour j ≥
60.
Dans tous les cas, la résistance à la compression est mesurée par compression axiale de cylindres droits de
révolution de 200 cm² de section et d'une hauteur double de leur diamètre.
Ces dimensions supposent une grosseur du granulat au plus égale à 40 mm, condition généralement satisfaite en
béton armé ; les éprouvettes, conformes à la norme NF P 18-400, sont confectionnées et essayées suivant le mode
opératoire des normes NF P18-404 et NF P18-406.
A.2.1,12
La résistance caractéristique à la traction du béton à j jours, notée ftj, est conventionnellement définie par la relation :
dans laquelle ftj et fcj sont exprimés en MPa (ou N/mm²). Cette formule est valable pour les valeurs de fcj ≤ 60 MPa.
Cette définition, conventionnelle, suffit pour les calculs ; elle n'exclut pas la réalisation d'essais de traction en
conformité avec les prescriptions du fascicule 65.
Cette relation établie entre résistances caractéristiques diffère de celle que l'on obtiendrait avec des valeurs
moyennes.
Si l'on exprime les résistances en bars, elle devient :
A.2.1,13
A défaut de précédents et d'études préalables, on peut admettre a priori, pour des bétons courants, lors de la
rédaction des projets, des valeurs de la résistance caractéristique à la compression dont la pratique a montré qu'elles
peuvent être normalement atteintes sur les chantiers.
D'autre part le dosage en ciment doit tenir compte du pourcentage en volume des armatures.
Pour assurer un bon enrobage et une bonne protection des armatures, le béton doit être d'autant plus dosé en
ciment que les armatures sont plus nombreuses et plus divisées. Dans le cas de pièces moyennement ou fortement
armées, les dosages usuels oscillent entre 350 et 400 kg de ciment par mètre cube de béton. On peut remarquer en
outre que l'augmentation du dosage en ciment constitue un moyen d'augmenter la résistance du béton.
A.2.1,21
Sous des contraintes normales d'une durée d'application inférieure à 24 heures, on admet, à défaut de mesures, qu'à
l'âge de j jours, le module de déformation longitudinale instantanée du béton Eij est égal à :
La formule donnant E ij n'est valable que pour les bétons habituels durcissant naturellement sur le chantier ; elle
n'est pas applicable pour les justifications de l'article A.4.4 qui donne à ce sujet des règles particulières.
Si on exprime les résistances en bars, la formule devient environ :
A.2.1,22
Les déformations différées du béton comprennent le retrait et le fluage ; on considère dans les calculs que les effets
de ces deux phénomènes s'additionnent sans atténuation.
Dans les cas où les règles simplifiées données ici paraîtraient insuffisantes ou incomplètes, il conviendrait de se
reporter aux règles du béton précontraint.
A défaut de mesures, on admet que sous contraintes de longue durée d'application, les déformations longitudinales
complémentaires dues au fluage du béton sont doubles de celles dues aux mêmes contraintes supposées de courte
durée et appliquées au même âge.
Cette règle revient à considérer un module de déformation différée Evj à j jours, qui permet de calculer la
déformation finale du béton (déformation instantanée augmentée du fluage). Si on exprime les résistances en MPa
(ou N/mm²), ce module est donné par la formule :
A défaut de mesures, on estime que le raccourcissement unitaire dû au retrait atteint les valeurs suivantes dans le
cas de pièces non massives à l'air libre :
1,5.10-4 dans les climats très humides,
2 .10-4 en climat humide, ce qui est le cas de la France sauf son quart sud-est,
3 .10-4 en climat tempéré sec, tel que le quart sud-est de la France,
4 .10-4 en climat chaud et sec,
5 .10-4 en climat très sec ou désertique.
Les valeurs données ici pour le retrait ne sont pas celles du béton seul, mais tiennent compte de la présence d'un
pourcentage moyen d'armatures.
A.2.2 aciers
A.2.2,1 prescriptions générales
Les armatures doivent être conformes aux textes réglementaires en vigueur.
Les textes actuellement en vigueur sont le titre I du fascicule 4 (et les textes qui s'y référent) pour les marchés
publics de travaux, l'article B.1.2 pour les bâtiments courants.
Le caractère mécanique servant de base aux justifications est la limite d'élasticité garantie, désignée par fe.
Cette valeur, ainsi que le diagramme de l'article qui suit, sont introduits dans les calculs compte tenu du coefficient
γ s défini en A.4.3,2.
Dans ce qui suit, le module d'élasticité longitudinale de l'acier Es est pris égal à 200 000 N/mm² (ou encore 2 000 000
bars).
L'attention est attirée sur le fait que la ductilité se caractérise par la valeur garantie de l'allongement uniformément
réparti Agt.
Cette valeur est fixée à 5 % pour les aciers de catégorie 3 de la norme NF A 35-016 et prise conventionnellement
égale à 2 % pour les treillis soudés.
Il est cependant loisible d'utiliser une forme de courbe se rapprochant du diagramme réel de l'acier employé à
condition de se référer à la valeur garantie de la limite d'élasticité f e et de contrôler la résistance prise en compte pour
l'allongement de 10 ‰.
Il convient en particulier de vérifier que l'augmentation escomptée de la résistance entre la limite élastique et la
valeur correspondant à l'allongement de 10 ‰ est effectivement obtenue.
A.3.1 actions
Il est rappelé que les actions sont les forces et couples dus aux charges appliquées (permanentes, climatiques,
d'exploitation, etc.) et aux déformations imposées (variations de température, tassements d'appuis, etc.).
A.3.1,1 généralités
Pour l'application de ce qui suit, on distingue :
les actions permanentes, notées G, dont l'intensité est constante ou très peu variable dans le temps, ou
varie toujours dans le même sens en tendant vers une limite ;
les actions variables, notées Q, dont l'intensité varie fréquemment et de façon importante dans le temps ;
les actions accidentelles, notées FA, provenant de phénomènes rares, tels que séismes ou chocs.
Il en résulte que les actions dues aux déformations différées du béton font partie des actions permanentes.
Les valeurs des actions ont généralement un caractère nominal (*). Elles sont définies soit par les textes
réglementaires et normatifs en vigueur (**), soit par le présent règlement (***), soit par les textes particuliers à
l'ouvrage (CCTP).
* Les valeurs nominales visées dans le présent texte sont des valeurs forfaitaires ou simplifiées qui tiennent lieu de
valeurs caractéristiques, telles que définies dans les Directives Communes.
** A la date de parution du présent document, les normes et règlement principaux définissant certaines actions sont
les suivants :
NF P 06-001 : Charges d'exploitation des bâtiments ;
DTU P 06-002 : Règles définissant les effets de la neige et du vent sur les constructions, dites Règles NV
65, complétées par les règles N 84 (DTU P 06-006) ;
P 06-004 : Charges permanentes et charges d'exploitation dues aux forces de pesanteur ;
CPC Fascicule 61, titre II : Programme de charges et épreuves des ponts-routes.
*** Il s'agit notamment des articles A.3. 1,2 à A.3.1,4 suivants, complétés par l'annexe D qui précise les valeurs
représentatives des actions à prendre en compte, en attendant la mise en cohérence de l'ensemble des textes avec
les Directives Communes 79.
Elles sont introduites dans les combinaisons visées en A.3.3 avec les valeurs dites représentatives, définies dans les
articles A.3.1,2 à A.3.1,3 ci-après.
Les actions permanentes comprennent notamment le poids propre de la structure, celui des équipements fixes de
toute nature (par exemple cloisons des bâtiments), les efforts (poids, poussées, pressions) dus à des terres ou
liquides dont les niveaux varient peu, les efforts dus aux déformations imposées en permanence à la construction.
A.3.1,21
En dehors du cas visé en A.3.1,22 ci-après, les actions permanentes sont introduites dans les calculs avec leurs
valeurs les plus probables (ou moyennes) ; à cet effet, les volumes sont évalués d'après les dimensions prévues sur
les dessins d'exécution.
Sauf circonstances spéciales, la masse volumique du béton armé est prise égale à 2,5 t/m³.
Ces circonstances spéciales peuvent se présenter lorsqu'il est fait usage de granulats de forte ou faible densité, ou
pour des pièces contenant une proportion d'armatures particulièrement forte ou faible.
A.3.1,22
Lorsqu'une action permanente est susceptible de subir des écarts sensibles par rapport à sa valeur moyenne, il
convient d'en tenir compte en introduisant dans les calculs la valeur escomptée la plus défavorable (maximale ou
minimale) eu égard au cas considéré.
Des exemples sont donnés en commentaires de l'article 4.1. des Directives Communes 79, auxquelles il convient
de se reporter. Ces exemples concernent notamment la masse volumique, les parois minces, les chapes et
revêtements de chaussée, les canalisations, les cloisons des bâtiments, les niveaux des liquides, les poussées des
terres.
A titre transitoire les valeurs des coefficients ψ sont précisées dans l'annexe D.
Le coefficient ψ0 intervient dans les combinaisons fondamentales (état limite ultime) et dans les combinaisons rares
(état limite de service).
Le coefficient ψ1 intervient dans les combinaisons accidentelles.
Le coefficient ψ2 intervient dans les combinaisons accidentelles et pour la vérification de la stabilité de forme.
Les valeurs introduites dans les calculs tiennent compte des effets dynamiques éventuels et des
emplacements réels possibles des charges.
les autres charges, dont on évalue les valeurs extrêmes à partir de ce qui est raisonnablement
envisageable, et qui sont introduites avec les mêmes modalités que les charges d'exploitation.
Font partie de cette catégorie les charges pouvant varier ou se déplacer au cours d'une même phase de
travaux.
Ces variations de température ont été fixées en supposant une température initiale comprise entre 5 °C et 15 °C
environ. Il convient de fixer les valeurs réellement subies par la structure compte tenu de l'inertie thermique des
pièces et de leur isolation éventuelle. Les dilatations linéaires peuvent être évaluées en admettant forfaitairement un
coefficient de dilatation du béton armé égal à 10-5.
Les sollicitations correspondantes sont évaluées en introduisant pour le béton des modules de déformation
longitudinale tenant compte de la durée d'application des actions considérées.
Ces sollicitations ne sont pratiquement prises en compte que pour les structures particulièrement sensibles aux
effets thermiques. On peut généralement considérer que les effets dus à la température comportent :
une partie rapidement variable correspondant à des variations de 10 °C qui est donc introduite avec le
module Ei ;
une partie lentement variable (égale au reste) qui est donc introduite avec le module Ev .
Dans le cas où il serait nécessaire de tenir compte des effets d'un gradient thermique, les valeurs représentatives de
cette action sont introduites conformément aux textes en vigueur ou à défaut aux stipulations du marché.
Les valeurs représentatives s'appuient généralement sur la notion de valeur caractéristique (lorsque les lois de
distribution sont suffisamment bien connues) ou à défaut sur celle de valeur nominale que l'on fixe à partir des
valeurs extrêmes connues ou de ce qui est raisonnablement envisageable. Elles sont introduites dans les
combinaisons d'actions compte tenu des coefficients présentés en A.3.1,31.
Comme exemples d'actions accidentelles, on peut citer les séismes, explosions, incendies, chocs de véhicules ou
bateaux sur les appuis des ponts. Pour les séismes, il y a lieu actuellement de se reporter au DTU P 06-003
(Règles parasismiques 69 complétées en 1982).
A défaut de textes réglementaires, il appartient au marché de fixer les valeurs représentatives de ces actions.
Il est rappelé que les sollicitations sont les efforts (effort normal, effort tranchant) et les moments (moment de
flexion, moment de torsion) calculés à partir des actions par des méthodes appropriées.
Les calculs sont conduits suivant des méthodes scientifiques appuyées sur des données expérimentales.
* Le modèle élastique et linéaire est cependant insuffisant pour certaines justifications ; il s'agit notamment de l'état
limite ultime de stabilité de forme (voir art. A.4.4). De plus, il ne permet pas de bien rendre compte de certains
phénomènes, par exemple pour le calcul des déformations et de la fissuration, ainsi que pour le comportement sous
les actions accidentelles.
L'attention est d'autre part attirée sur les redistributions d'efforts susceptibles de se produire (voir art A.3.2,4).
** Lorsque les procédés de la Résistance des Matériaux ne sont pas applicables et dans la mesure où le présent
texte ne donne aucune indication précise on peut :
soit adopter les schémas se rapprochant de structures connues, méthode applicable dans des cas
simples et faisant appel au bon sens et à l'expérience du projeteur ;
soit avoir recours à des modèles de calcul plus élaborés ;
soit procéder à une expérimentation probante sur modèle réduit, méthode applicable dans le cas de
pièces comportant des formes particulièrement complexes. Des indications à ce sujet sont données en
A.8.5, 1.
A.3.2,21
Lorsque les inconnues hyperstatiques ne dépendent pas de la valeur du module d'élasticité, il est loisible d'introduire
(dans les équations qui servent à leur détermination) les constantes mécaniques (aires et moments d'inertie par
exemple) calculées sur les sections du béton seul des pièces supposées non fissurées et abstraction faite de leurs
armatures ; cette approximation n'est cependant valable que dans la mesure où les rapports des déformabilités des
différentes pièces composant la structure ne sont pas fondamentalement changés.
Cette simplification est généralement admise pour une poutre continue sur appuis invariables. L'attention est
cependant attirée sur le fait que la fissuration peut modifier de façon très sensible la déformabilité de certaines
pièces. Par exemple, la déformabilité d'un tirant peut être voisine de celle des aciers nus.
A.3.2,22
Les sollicitations dites du second ordre peuvent souvent être négligées, sauf lorsqu'il s'agit de vérifier l'état limite
ultime de stabilité de forme (art. A.4.4).
Il est en outre rappelé que, moyennant certaines conditions (définies en A.4.3,5), les sollicitations du second ordre
sont prises en compte forfaitairement.
A.3.2,23
Pour les éléments dont les conditions d'encastrement sur appuis peuvent s'écarter notablement des conditions
correspondant au modèle élastique et linéaire, il est admis d'évaluer les moments d'encastrement à des fractions
forfaitaires des moments maximaux qui seraient supportés par la pièce si elle était articulée sur ses appuis.
Il s'agit en particulier de pièces de dimensions relativement faibles (dalles ou poutrelles) encastrées sur des pièces
plus massives ; il peut alors se produire au voisinage de l'encastrement des rotations non négligeables dues à la
déformation des scellements des armatures tendues. L'article A.8.2,32 constitue une application du présent alinéa.
A.3.2,24
Pour la vérification à l'état limite ultime, il est souvent possible de négliger les sollicitations dues aux déformations
imposées dans la mesure où la ductilité des pièces en cause et la souplesse de leurs attaches l'autorisent.
C'est notamment le cas de la température dont les effets sont généralement négligés pour le calcul des bâtiments,
dans la mesure où certaines dispositions constructives sont respectées (joints de dilatation par exemple).
A.3.2,25
Il est loisible d'avoir recours, en certains domaines, à des méthodes de calcul simplifiées.
On peut, par exemple, appliquer les méthodes de calcul définies dans les annexes E, dans les domaines spécifiés
qui leur sont propres.
L'exécution d'un ouvrage en plusieurs phases successives peut en effet conduire à des efforts différant
sensiblement de ce que l'on aurait obtenu avec une structure coulée en une seule fois. L'évaluation des efforts pour
chaque élément doit tenir compte du fait que les déformations résultant des phases successives s'additionnent, en
considérant pour chaque phase les fibres extrêmes des poutres.
En outre, les déformations différées du béton (retrait et fluage) peuvent produire des redistributions de sollicitations
ou contraintes, du fait qu'elles sont gênées par les liaisons hyperstatiques établies au cours des phases
successives. Le calcul de ces redistributions doit être conduit avec d'autant plus de prudence que les valeurs
numériques et lois du fluage et du retrait ne sont connues qu'avec une assez large imprécision.
Deux exemples d'ouvrages construits en plusieurs phases peuvent être cités :
les travées indépendantes à poutres préfabriquées comportant un hourdis de liaison coulé après mise en
place des poutres, d'où des redistributions de contraintes dues au fait que les déformations différées du
béton des poutres sont gênées par le hourdis ;
les travées indépendantes dont la continuité est réalisée par la suite ; il s'ensuit alors des redistributions
de sollicitations.
Cette non-concordance est le plus souvent due à la fissuration et à la plasticité du béton (y compris la non-linéarité
du fluage). L'article A.3.2,23en fournit un exemple pour les déformations locales de certaines pièces. Par contre, les
redistributions dues au fait que les déformations différées du béton peuvent être gênées par les liaisons établies
lors de phases successives de la construction relèvent de l'article A.3.2,3.
Les phénomènes visés dans le présent article ont un effet presque toujours globalement favorable, notamment au
voisinage des états limites ultimes ; en effet, ils se traduisent généralement par une atténuation des sollicitations
aux points où sous charges croissantes la condition d'état limite serait dépassée en premier lieu, avec en contre-
partie une augmentation des sollicitations en d'autres points.
Pour l'évaluation de ces redistributions, il convient cependant d'être très prudent, en raison de la très grande
variabilité des phénomènes en cause. Il y a donc lieu de s'appuyer dans la mesure du possible sur des bases
expérimentales probantes ; les articles A.3.2,24 et A.8.2,32 ainsi que la partie B donnent des exemples de
redistributions forfaitaires confirmées par la pratique. Il est déconseillé d'admettre des redistributions évaluées sur
des bases uniquement théoriques. De toute manière, les déformations résultant des redistributions admises doivent
être compatibles avec les états limites considérés.
A.3.2,5 dalles
D'une façon générale, les dalles sont calculées en utilisant un modèle élastique et linéaire. Il est cependant loisible
d'avoir recours à la méthode des lignes de rupture, à condition de satisfaire aux conditions de validité qui lui sont
propres.
L'attention est attirée sur le fait que la méthode des lignes de rupture est d'application d'autant plus délicate qu'elle
conduit souvent à des résultats apparemment plus favorables que d'autres méthodes. En particulier, elle n'est
applicable que vis-à-vis de l'état limite ultime de résistance et ne saurait donc valoir justification vis-à-vis des états
limites de service tels que la fissuration. Il faut notamment souligner que cette méthode laisse, en principe, une
liberté complète pour le choix des rapports des moments résistants ultimes dans différentes directions (en général
orthogonales). Il appartient donc de fixer suivant les règles de l'art le rapport des sections d'armatures dans deux
directions perpendiculaires : l'article A.8.2,41 donne des prescriptions sur les pourcentages minimaux qu'il y a lieu
de prévoir pour les aciers dits de répartition.
En outre, il est nécessaire de satisfaire aux règles suivantes :
ne prendre en compte aucun moment d'encastrement excédant le moment admissible au-delà de l'appui
(par exemple le moment admissible dans l'âme d'une poutre mince sur laquelle est encastré le bord d'un
hourdis) ;
dans une dalle longue chargée sur une partie seulement de sa longueur, envisager des mécanismes de
rupture n'intéressant qu'une partie de la longueur de la dalle ;
lorsque des charges concentrées sont proches des bords ou des angles de la dalle, envisager des
mécanismes de rupture spéciaux ;
d'une façon générale, prendre garde qu'un mauvais choix d'un mécanisme de rupture peut couramment
mener à une sous-évaluation importante des efforts ;
enfin, un mécanisme de rupture ne peut être valable que dans la mesure où la résistance de la dalle en
dehors des lignes de rupture est assurée. En particulier, en présence de charges concentrées, tout
mécanisme de rupture exige en tout point de la dalle, dans toute direction, un minimum des moments
résistants : par exemple, sous une charge unique concentrée Q, la somme des moments résistants de l'un
et l'autre signes doit, en moyenne, pour l'ensemble des directions être au moins égale à Q/2π (par unité
de longueur), compte non tenu des coefficients γ à appliquer en fonction de l'état limite considéré.
D'autre part, on admet qu'une force appliquée sur une aire à contour convexe à la surface d'une dalle agit
uniformément sur une aire du feuillet moyen dont le contour est parallèle à la projection du contour de l'aire
d'application de la charge sur ce feuillet et distant de cette projection de la demi-épaisseur de la dalle.
Si la force localisée est appliquée à la surface d'un revêtement de la dalle, on applique la même règle, la distance
entre contours parallèles étant augmentée de l'épaisseur du revêtement si ce dernier est constitué de béton ou d'un
matériau analogue, et des trois-quarts de l'épaisseur de ce revêtement s'il est moins résistant (asphalte coulé, béton
bitumineux, enrobés par exemple).
Les justifications produites doivent montrer pour les divers éléments d'une structure et pour l'ensemble de celle-ci,
que les sollicitations de calcul définies dans les sous-articles qui suivent ne provoquent pas le phénomène que l'on
veut éviter.
Pour les pièces soumises à un effort normal, il peut y avoir lieu en outre de tenir compte d'une excentricité
additionnelle de la force extérieure. Celle-ci est obligatoire lorsque l'effort normal est une compression (art. A.4.3,5
et A.4.4).
Dans une combinaison donnée, Gmax et Gmin désignent des actions d'origine et de nature différentes, ce qui exclut
de partager une même action permanente entre ces deux parties. En particulier le poids propre d'une poutre
continue est introduit avec le même coefficient sur toute sa longueur.
Par contre s'il s'agit de l'action d'un remblai dont le poids a un effet favorable et la poussée un effet défavorable, il
convient de prendre la valeur minimale du poids (Gmin) et la valeur maximale de la poussée (Gmax ) car les
incertitudes sur ces deux éléments ont des origines physiques différentes.
Chaque action est, bien entendu, introduite avec sa valeur la plus défavorable.
Les actions variables sont introduites de la façon la plus défavorable, c'est-à-dire soit avec la valeur de combinaison
indiquée, soit avec la valeur zéro.
Ces situations, définies dans les Directives Communes, s'opposent aux situations accidentelles pour lesquelles on
utilise les combinaisons de A.3.3,22.
expression dans laquelle γQ1 vaut 1,5 dans le cas général (*) et 1,35 dans les cas suivants :
la température
les charges d'exploitation étroitement bornées ou de caractère particulier (**)
les bâtiments agricoles à faible densité d'occupation humaine (***).
* Pour certaines constructions provisoires, le marché peut spécifier d'autres valeurs de γQ1, après analyse des
conditions de fonctionnement et d'exploitation ; voir A.3.1,32 pour les charges appliquées en cours d'exécution.
** Pour les ponts-routes, les charges de caractère particulier sont les convois militaires et les convois exceptionnels
définis dans le titre II du fascicule 61 du CPC ou dans le marché.
*** Il s'agit de bâtiments destinés à abriter des animaux ou produits, à l'exclusion de toute action humaine
permanente.
Il est rappelé qu'en cas d'actions accidentelles, les coefficients γs et γ b sont réduits (voir en A.4.3,2 et A.4.3,41).
Si elles ne sont pas définies par des textes spécifiques, les combinaisons d'actions à considérer sont les suivantes :
avec :
FA valeur nominale de l'action accidentelle ;
ψ11Q1 valeur fréquente d'une action variable ;
ψ2iQi valeur quasi permanente d'une autre action variable.
Il s'agit le plus souvent de cas délicats pour lesquels des analyses particulières doivent être conduites en s'inspirant
des Directives Communes.
Des indications relatives aux ouvrages et bâtiments courants sont données en B.3.3.
Le présent chapitre s'applique aux pièces prismatiques usuellement désignées par les termes de poutres ou de
dalles.
On entend par sollicitations normales celles qui peuvent être équilibrées par des contraintes normales développées
sur les sections droites des pièces. Les éléments de réduction de ces sollicitations sont dans les cas les plus
courants le moment fléchissant et l'effort normal : toutefois, dans le cas de pièces soumises à une torsion gênée et
notamment lorsque la section comporte des parois minces, les éléments de réduction des sollicitations normales
sont plus complexes et comportent le terme appelé « bi-moment » ; ce dernier (lorsqu'il existe) mérite un examen
particulier.
A.4.1 règles générales pour la justification des sections sous sollicitations normales
A.4.1,1 sections nettes
Les sections à prendre en compte sont les sections nettes obtenues après déduction de tous les vides, qu'ils soient
réservés au bétonnage ou créés par refouillement ; cette déduction subsiste, lorsque les vides sont remplis après
coup de béton, si des précautions spéciales ne sont pas prises pour le rebouchage.
Il convient donc de déduire (par exemple) le trou réservé dans la membrure de la poutre en Té ci-dessous, même
s'il est rempli après coup de béton.
Parmi les précautions spéciales on peut citer la qualité du béton et de sa mise en oeuvre, la qualité des surfaces de
reprise, la continuité des armatures.
L'article A.8.1 précise les règles applicables aux pièces comprimées (sections minimales d'armatures, dispositions
constructives).
Les règles données ici permettent d'évaluer les largeurs de hourdis à prendre en compte vis-à-vis du calcul des
contraintes s'exerçant sur le béton.
* Cette prescription ne fait pas obstacle à ce que l'on considère un hourdis comme lié dans son ensemble à
plusieurs nervures ainsi qu'on le fait dans le calcul des ponts à poutres sous chaussée.
** La travée peut être indépendante ou continue. Dans le cas d'une entretoise, la portée à considérer est la distance
entre axes des poutres de rive.
Cette règle tient compte forfaitairement de l'effet sur une membrure tendue de l'inclinaison des bielles dues à l'effort
tranchant ; elle conduit à décaler de 0,8 h, dans le sens défavorable, les courbes enveloppes des moments
fléchissants.
Dans le tracé du diagramme des moments résistants à l'état limite ultime, il est loisible d'adopter, pour simplifier,
une contrainte de l'acier égale à celle déterminée dans la section du moment maximal.
A.4.2,1 définition
Par définition est considérée comme non fragile, une section tendue ou fléchie telle que la sollicitation provoquant la
fissuration du béton dans le plan de la section considérée entraîne dans les aciers une contrainte au plus égale à leur
limite d'élasticité garantie.
La fragilité définie ici se réfère aux contraintes normales de traction ; elle n'exclut pas l'utilité de certaines
précautions à l'égard de la fragilité vis-à-vis de contraintes de cisaillement ou de compression.
La sollicitation provoquant la fissuration est en principe de même nature et de même sens que la sollicitation de
service qui résulte des actions prises en compte. Toutefois, la réalité peut être différente dans la mesure où
certaines actions auraient été considérées comme secondaires et négligées dans les calculs ; il peut être alors
opportun de disposer un minimum d'armatures vis-à-vis de types de sollicitations possibles bien que non pris en
compte. Parmi les actions trop souvent négligées, on peut citer le retrait du béton et les variations de température.
Dans le cas de pièces soumises à la traction simple, la condition de non-fragilité s'exprime alors par la condition
A.4.2,2
Les pièces fragiles au sens de la définition ci-dessus sont en dehors du domaine normal du béton armé et ne
sauraient donc être justifiées par les règles qui suivent, notamment celles qui concernent la fissuration (art. A.4.5,3).
De telles pièces peuvent cependant être admises à condition de s'appuyer sur les règles de l'art consacrées par
l'usage ; en particulier les pièces fragiles, soumises à des charges notables et chiffrables doivent être justifiées en
majorant (*) de 20 % les sollicitations du chapitre A.3.
Le risque des pièces fragiles est essentiellement un mauvais comportement vis-à-vis de la fissuration qui se traduit
le plus souvent par des fissures très peu nombreuses (voire par une fissure unique) mais d'ouverture très
prononcée pouvant aller dans des cas extrêmes jusqu'à la rupture brutale. Ce risque est effectif pour les pièces peu
sollicitées par les actions dues au poids propre et aux charges d'exploitation, pièces pour lesquelles le rôle du retrait
et de la température ainsi que d'effets secondaires divers devient prépondérant ; or l'évaluation exacte des actions
et sollicitations est rarement possible dans ce cas. Il convient alors de se référer à l'expérience ; en l'absence de
celle-ci, la prudence doit conduire à prévoir des sections non fragiles.
* Cette majoration est destinée à tenir compte forfaitairement du fait que lorsque les charges sont relativement
faibles, le rôle des déformations imposées et des efforts secondaires est accru.
Il s'agit de vérifier que le vecteur représentant la sollicitation demeure à l'intérieur d'un domaine limite établi à partir
des règles énoncées dans cet article.
* Les déformations des fibres sont ainsi proportionnelles à leur distance à l'axe neutre de la déformation et sont les
mêmes pour les deux matériaux béton et acier. Il est cependant rappelé que les sections ne restent pas planes
lorsque la sollicitation exercée comporte un bi-moment.
** Il est rappelé que les déformations totales des matériaux doivent tenir compte des déformations résultant des
phases successives de la construction (voir A.3.2,3).
*** L'attention est attirée sur le fait que la valeur fixée pour le coefficient γ s ne saurait couvrir, ni les défauts
importants dans le positionnement des armatures (excédant les tolérances contractuelles), ni les dommages subis
par certaines barres, notamment celles qui sont en attente.
Les diagrammes sont utiles pour le dimensionnement des sections ; il ne faut cependant pas les confondre avec
ceux qui correspondent aux déformations réelles de la section sous une sollicitation donnée.
Le domaine 1 (pivot A), conditionné par l'allongement de l'acier, est celui de la flexion (simple ou composée) sans
épuisement de la résistance du béton ; lorsque toute la section est située du côté des allongements, on est
évidemment dans le cas de la traction de faible excentricité.
Le domaine 2 (pivot B), conditionné par le raccourcissement du béton, est celui de la flexion (simple ou composée)
avec épuisement de la résistance du béton sur la fibre la plus comprimée ; les armatures voisines de la fibre
opposée peuvent alors être soit tendues, soit comprimées avec une petite partie de béton tendu (diagramme voisin
de B0).
Le domaine 3 (pivot C) est celui de la section entièrement comprimée.
A.4.3,41
Le diagramme déformations εb contraintes σb du béton pouvant être utilisé dans tous les cas est le diagramme de
calcul dit « parabole-rectangle ».
Il comporte un arc de parabole du second degré d'axe parallèle à l'axe des contraintes de compression σbc suivi d'un
segment de droite parallèle à l'axe des déformations εbc et tangent à la parabole en son sommet. Ce segment s'étend
entre les valeurs 2 ‰ et 3,5 ‰ de la déformation εbc . L'arc de parabole s'étend de l'origine des coordonnées jusqu'à
son sommet de coordonnées
Le coefficient γb vaut 1,5 pour les combinaisons fondamentales et 1,15 pour les combinaisons accidentelles.
Le coefficient γb est un coefficient γm (au sens des Directives Communes) qui a pour objet de tenir compte de la
dispersion de la résistance du béton ainsi que d'éventuels défauts localisés. Dans le cadre du présent règlement il
n'est utilisé que comme diviseur de fcj pour l'application des articles A.4.3, A.4.4, A.5 et A.8.4.
Pour les seules justifications relevant du présent article A.4.3, la valeur 1,5 peut être réduite jusqu'à 1,3 lorsque les
facteurs de dispersion agissent à coup sûr de façon beaucoup moins défavorable ce qui peut être le cas d'une part
de pièces suffisamment massives pour qu'un défaut local de béton soit sans conséquence, d'autre part de pièces
bétonnées en usine fixe et faisant l'objet d'une procédure de contrôle interne approuvée par un organisme officiel de
contrôle ou de certification comportant le rejet des pièces défectueuses. Dans ce dernier cas, il faut imposer pour le
coefficient k2, tel que défini dans l'annexe T 24.4 4 du fascicule 65 du C.C.T.G. et dans l'article [Link] du fascicule
65 A du C.C.T.G., une valeur au plus égale à 2 MPa.
Le coefficient θ est fixé à 1 lorsque la durée probable d'application de la combinaison d'actions considérée est
supérieure à 24 h, à 0,9 lorsque cette durée est comprise entre 1 h et 24 h, et à 0,85 lorsqu'elle est inférieure à 1 h.
Les coefficients 0,85 en numérateur et θ en dénominateur ont pour objet de tenir compte de ce que la résistance du
béton est fonction décroissante de la durée d'application de la charge.
Dans le cas des ponts-routes et sauf indications contraires du marché, les durées probables d'application des
charges d'exploitation ou des charges de vent, avec leurs valeurs caractéristiques, sont présumées inférieures à 1
heure.
A.4.3,42
Lorsque la section considérée n'est pas entièrement comprimée, il est loisible d'utiliser le diagramme rectangulaire
simplifié défini ci-dessous, dans lequel yu désigne la distance de l'axe neutre de la déformation à la fibre la plus
comprimée :
sur une distance 0,2 yu à partir de l'axe neutre, la contrainte est nulle :
sur la distance 0,8 yu restante, la contrainte vaut
pour les zones comprimées dont la largeur est croissante (ou constante) vers les fibres les plus comprimées
et
pour les zones comprimées dont la largeur est décroissante vers ces mêmes fibres.
Parmi les zones de largeur décroissante vers les fibres les plus comprimées, on peut citer le cercle, le triangle ou le
trapèze avec, du côté le plus comprimé, le sommet (dans le premier cas) ou la plus petite base (dans le second
cas) ; c'est aussi le cas de la section rectangulaire en flexion déviée.
La longueur de flambement est celle d'une pièce supposée élastique articulée aux deux extrémités, qui présenterait
même section et même contrainte critique d'Euler que la pièce supposée elle aussi élastique.
La valeur de ℓ f dépend de la nature des liaisons à chaque extrémité de la pièce qui peut être (par exemple) libre,
articulée ou encastrée. Il convient de l'évaluer avec prudence en raison des graves dangers que pourrait entraîner
une sous-évaluation de cette valeur ; il faut en particulier tenir compte de la plus ou moins grande souplesse des
encastrements (rarement parfaits) ainsi que des possibilités (fréquentes) de déplacements des extrémités
perpendiculairement à l'axe longitudinal de la pièce.
Les sections soumises à un effort normal de compression sont justifiées vis-à-vis de l'état limite ultime de stabilité de
forme conformément à l'article A.4.4 en adoptant une excentricité totale de calcul :
e = e1 + e2
Cependant il est possible de tenir compte des effets du second ordre de façon forfaitaire lorsque le rapport ℓf/h est
inférieur à la plus grande des deux valeurs 15 et 20 e1/h.
Pour ce faire, on procède aux justifications habituelles complétées comme suit :
ea la plus grande des deux valeurs 2 cm et ℓ/250
Les justifications habituelles concernent l'état limite ultime de résistance défini ci-avant (A.4.3,1 à A.4.3,4
A.4.3,1 à A.4.3,4 A.4.3,1 à A.4.3,4 A.4.3,1 à A.4.3,4) et l'équilibre statique.
Les calculs plus précis effectués suivant l'article A.44 permettent, dans certains cas, de réduire la section des
armatures par rapport à la méthode forfaitaire exposée ici.
Les excentricités additionnelles sont bien entendu à prendre dans la direction la plus défavorable ; en cas de flexion
déviée, il est loisible de composer les excentricités e obtenues suivant les deux axes principaux d'inertie.
Lorsque les actions variables figurant dans les combinaisons définies en A.3.3,21 et A.3.3,3comportent une partie
quasi-permanente (se reporter à A.3.1,31 et à l'annexe D pour la définition et la valeur du coefficient ψ 2), il convient
d'introduire celle-ci dans le numérateur du coefficient α.
Dans ce domaine, il est rappelé que l'article A.4.3,5 donne des règles forfaitaires pour évaluer les effets du second
ordre (pour des valeurs limitées du rapport ℓf /h).
Les justifications des sous-articles A.4.4,2 et A.4.4,3 sont à présenter vis-à-vis de l'état limite ultime. En outre, dans le
cas des pièces très déformables, il est nécessaire de vérifier les états limites de service.
Pour la justification des états limites de service, on tient également compte des effets du second ordre, évalués
dans l'hypothèse de l'élasticité linéaire des matériaux (aciers et béton) et en négligeant le béton tendu, le module de
déformation longitudinale du béton étant choisi en fonction de la durée des diverses actions concernées. Les
vérifications à apporter concernent la contrainte admissible du béton, la fissuration et les déformations.
Les règles qui suivent sont également applicables, moyennant adaptation, aux phénomènes d'instabilité plus
complexes, tels que cloquage des voiles plans ou courbes, déversement des poutres en flexion-torsion, flambement
des profils ouverts en compression-torsion.
Il s'agit d'un état d'équilibre qui est, le plus souvent, éloigné de l'état limite ultime de résistance des sections. La
divergence d'équilibre peut en effet se produire avant rupture de la section la plus sollicitée.
Compte tenu de ce principe, la justification peut être assurée, soit en calculant l'état de contraintes équilibrant les
sollicitations de calcul, soit par toute autre méthode permettant de démontrer qu'il existe un état d'équilibre.
Il est précisé que les sollicitations du second ordre résultent des déformations correspondant à l'état de contraintes
qui équilibre les sollicitations totales, qui incluent ces sollicitations du second ordre, calculées à partir des
diagrammes déformations-contraintes des matériaux.
A.4.4,31
Les sollicitations sont calculées à partir des combinaisons d'actions définies aux articles A.3.3,21 (pour l'état limite
ultime) et A.3.3,3 (pour l'état limite de service), en tenant compte en outre :
d'une imperfection géométrique initiale ayant un caractère conventionnel, définie de la façon la plus
défavorable en fonction du mode de flambement de la structure ; dans les cas courants, cette imperfection
consiste à prendre :
dans le cas d'une ossature, une inclinaison d'ensemble égale à :
0,01 radian s'il s'agit d'un seul étage avec une majorité de charges appliquées au niveau
supérieur,
0,005 radian pour les autres ossatures ;
dans le cas d'un élément isolé, une excentricité additionnelle des charges égale à la plus grande
des deux valeurs :
2 cm,
et ℓ/250, ℓ désignant la longueur de l'élément ;
Dans le cas de structures exceptionnelles et de grandes dimensions, le CCTP peut imposer une imperfection
géométrique légèrement différente, tenant compte des écarts de construction possibles, et de tous les phénomènes
susceptibles d'introduire des flexions parasites ou des excentricités additionnelles des charges.
A.4.4,32
Dans les cas courants, les déformations sont évaluées à partir des hypothèses suivantes :
les sections droites restent planes ;
le béton tendu est négligé ;
les effets du retrait du béton sont négligés ;
on adopte, pour les aciers, les mêmes diagrammes que pour les justifications vis-à-vis de l'état limite ultime
de résistance (art. A.4.3,2) ;
on adopte, pour le béton comprimé, un diagramme déformations-contraintes déduit de celui de l'article
A.4.3,41 par une affinité parallèle à l'axe des déformations, de rapport (1 + αø), expression dans laquelle les
coefficients α et ø ont la même signification qu'en A.4.3,5.
Dans le cas d'ouvrages exceptionnels, tels que ceux qui présentent de grandes dimensions, il est loisible d'admettre
des hypothèses plus représentatives du comportement réel de la structure, pour l'évaluation des déformations.
Celles-ci peuvent être alors calculées (y compris les effets du second ordre) en adoptant pour γ b une valeur réduite,
sans descendre au-dessous de 1,35.
Il appartient alors au CCTP de fixer les hypothèses de calcul en s'inspirant de ce qui suit :
1. on peut adopter pour le béton comprimé, sous charges de courte durée (vis-à-vis du fluage), un
diagramme déformations-contraintes plus conforme que la loi parabole-rectangle au comportement
physique du matériau. Ce diagramme, à définir en s'appuyant sur des essais représentatifs, peut être du
type ci-dessous en introduisant notamment :
la résistance de calcul du béton σbc figurant sur le diagramme de A.4.3,41 ;
le module tangent à l'origine, pris égal à
pour Eij0 on peut adopter une valeur supérieure d'environ 10 % au module sécant Eij défini en
A.2. 1,2 ;
la déformation E bc1 correspondant au maximum de contrainte (définie sur le schéma ci-dessous)
qui vaut environ 2.10-3 pour la plupart des bétons.
On peut, par exemple, s'inspirer de l'annexe 1 des Règles BPEL (article 2).
2. Pour le calcul des déformations, le coefficient γb peut être réduit jusqu'à 1,35 de façon à être plus
représentatif du comportement d'ensemble de la pièce, car lorsque celle-ci est de grandes dimensions, les
effets locaux sont susceptibles de se compenser partiellement. Par contre, il conserve sa valeur de 1.5
pour la justification des sections à l'état limite ultime.
En outre, lorsque la structure est soumise à plusieurs actions appliquées chacune à des temps différents, on peut
superposer les états successifs correspondants.
Une méthode consiste alors à opérer sur le diagramme ci-dessus une affinité parallèle à l'axe des déformations, de
rapport :
A.4.4,33
Dans les problèmes où intervient la torsion (par exemple le déversement des poutres), on ne tient compte de l'inertie
correspondante que dans les zones comprimées, avec un module de déformation transversale évalué à 0,4 fois le
module de déformation longitudinale déduit du diagramme déformations-contraintes adopté ci-dessus.
Il faut noter que cette hypothèse est plutôt optimiste pour les fortes valeurs de la contrainte longitudinale.
La liste des états limites indiqués ici ne saurait être considérée comme exhaustive. Il peut y avoir lieu de vérifier
d'autres états limites en fonction du rôle assumé par la structure.
* Ces hypothèses conduisent aux formules habituelles de la Résistance des Matériaux, à condition de considérer
des sections homogènes, c'est-à-dire dans lesquelles les aires des aciers sont comptées pour n fois leur surface
tout en gardant le même emplacement.
** La vérification se fait graphiquement, sur le diagramme des déformations.
Les fissures de largeur excessive peuvent compromettre l'aspect des parements, l'étanchéité des parois, la tenue
des armatures vis-à-vis de la corrosion. Il est cependant reconnu qu'il n'est pas possible de fixer a priori une largeur
de fissure à respecter, vu la très grande variabilité du phénomène ; en outre la durabilité des structures ne parait
liée qu'à un ordre de grandeur de l'ouverture des fissures (quelques dixièmes de millimètre pour les cas les plus
courants).
Les paragraphes suivants A.4.5,32 à A.4.5,34 donnent les prescriptions à appliquer en fonction du degré de nocivité
des ouvertures de fissures, qu'il appartient au maître d'oeuvre d'apprécier en l'absence de précisions figurant dans le
marché.
Compte tenu du commentaire ci-dessus, il est impossible de fixer des règles générales concernant le degré de
nocivité, d'autant plus que l'appréciation dépend de nombreux facteurs parmi lesquels :
l'environnement : à ce sujet, le fascicule de documentation de l'AFNOR P 18-011 donne une classification
des environnements agressifs ;
la nature de la structure : parmi les facteurs défavorables on peut citer les pièces minces (treillis) et la
multiplication des surfaces de reprise ;
l'utilisation de l'ouvrage avec comme facteurs défavorables l'importance des charges quasi permanentes
et des actions très fréquentes ainsi que le contact régulier avec des produits nocifs tels que les sels de
déverglaçage ;
la prise en compte dans les calculs d'une valeur de limite élastique supérieure à la valeur la plus courante
400 MPa ;
l'expérience acquise sur des ouvrages analogues qui doit englober le coût initial (compte tenu du ratio
d'armatures), le coût d'entretien et la durabilité effective très variable en fonction du site et de la qualité de
la construction.
En fonction de ces critères certains textes spécifiques fixent les règles applicables ; par exemple, le fascicule 74 du
C.C.T.G. traite des réservoirs et des châteaux d'eau. Pour les bâtiments et ouvrages assimilés la partie B (B.6.3 et
B.7.3) donne certaines indications. A défaut, il appartient au C.C.T.P. de fixer les règles applicables.
Pour les ponts routiers, on peut considérer que la fissuration est :
peu préjudiciable dans la plupart des cas où les ouvrages sont de formes simples, en milieu peu agressif
et dont les calculs prennent en compte une valeur de limite élastique au plus égale à la valeur la plus
courante 400 MPa ;
préjudiciable en milieu moyennement agressif, avec des ouvrages minces (treillis), ou de nombreuses
surfaces de reprise, ou encore des pièces soumises à traction peu excentrée (tirants) ;
très préjudiciable en milieu fortement agressif.
Les principaux paramètres qui interviennent dans la limitation de l'ouverture des fissures sont le pourcentage des
armatures tendues, les diamètres de celles-ci qu'il faut proportionner aux dimensions transversales des pièces, leur
répartition, et leur contrainte de traction sous les combinaisons de l'article A.3.3,3.
L'attention est attirée sur le fait que les prescriptions de l'article A.4.5,3 ne concernent que les dispositions
constructives des armatures. La durabilité des structures dépend en fait surtout du respect des enrobages et de la
qualité du béton en place, notamment sa compacité. Il est aussi rappelé que les surfaces de reprise peuvent
constituer un point faible lorsqu'elles sont mal exécutées.
Cependant, certaines actions de très courte durée peuvent ne pas être prises en compte pour les justifications de
contrainte des paragraphes A.4.5,33 et A.4.5,34.
En particulier, il est d'usage pour certaines structures de ne pas tenir compte de l'action du vent. On peut aussi se
référer aux combinaisons fréquentes, telles que définies dans leBPEL. Il appartient au CCTP de préciser, en tant
que de besoin, les actions et combinaisons à prendre en compte.
A.4.5,321
Pour éviter des fissurations abusives dans les pièces relativement sollicitées, il convient à défaut de règles
consacrées par l'expérience de concevoir des éléments non fragiles (au sens de l'article A.4.2) pour les parties ne
comportant pas de joint de dilatation, et de prévoir s'il y a lieu des armatures de peau conformément à l'article A.8.3.
Les éléments visés ici sont ceux qui ne font pas l'objet de règles spécifiques rappelées en A.4.5,322et qui sont
essentiellement soumis à des déformations imposées (notamment retrait, fluage et température) dont les effets sont
d'autant plus difficiles à appréhender que les structures sont plus hyperstatiques et les phases de bétonnage plus
complexes.
A.4.5,322
Certains éléments font l'objet de règles forfaitaires consacrées par l'expérience. Il s'agit notamment des dalles sur
appuis continus (A.8.2), des poutres (A.8.3) et de certaines parties de bâtiments courants (B.5).
A.4.5,323
Pour limiter la fissuration, il convient dans la mesure du possible :
de n'utiliser les gros diamètres que dans les pièces suffisamment épaisses,
d'éviter les très petits diamètres dans les pièces exposées aux intempéries,
de prévoir le plus grand nombre de barres compatible avec une mise en place correcte du béton, et avec la
règle ci-dessus relative aux petits diamètres.
A titre d'exemple, les dispositions telles que celles figurées en 1 et 2 sont nettement plus défavorables que les
dispositions 3 et 4 qui assurent une meilleure répartition des fissures. Les armatures de peau ne figurent pas sur
ces schémas.
dans laquelle :
f e désigne la limite d'élasticité des aciers utilisés, exprimée en MPa ;
f tj la résistance caractéristique à la traction du béton, exprimée en MPa ;
η un coefficient numérique, dit coefficient de fissuration, qui vaut 1,0 pour les ronds lisses y
compris les treillis soudés formés de fils tréfilés lisses et 1,6 pour les armatures à haute
adhérence, sauf le cas des fils de diamètre inférieur à 6 mm pour lesquels on prend 1,3 ;
le diamètre des armatures les plus proches des parois est au moins égal à 6 mm ;
dans le cas des dalles et des voiles faisant au plus 40 cm d'épaisseur, l'écartement des armatures d'une
même nappe est au plus égal à la plus petite des deux valeurs 25 cm et 2 h (h désignant l'épaisseur totale
de l'élément).
Cette prescription ne s'applique que dans la mesure où elle est plus sévère que A.8.2,42.
la contrainte de traction des armatures est limitée à la valeur 0,8 ξ (MPa), l'expression de ξ étant donnée en
A.4.5,33.
le diamètre des armatures les plus proches des parois est au moins égal à 8 mm ;
dans le cas des dalles et des voiles faisant au plus 40 cm d'épaisseur, l'écartement des armatures d'une
même nappe est au plus égal à la plus petite des deux valeurs 20 cm et 1,5 h (h épaisseur totale de
l'élément) (*) ;
les armatures de peau prévues en A.8.3 pour les poutres de grande hauteur, ont une section au moins
égale à 5 cm² par mètre de longueur de parement (**) ;
lorsque la membrure tendue d'une poutre est constituée de barres de diamètre supérieur à 20 mm,
l'écartement de celles-ci dans le sens horizontal est au plus égal à trois fois leur diamètre (**).
A.4.6 calcul des déformations ; état limite de service vis-à-vis des déformations
A.4.6,1 calcul des déformations
Le calcul des déformations est notamment effectué pour évaluer les flèches des poutres dans le but de fixer des
contre flèches à la construction, ou de limiter les déformations en service (voir A.4.6,2).
A.4.6,11
Le calcul des déformations globales doit tenir compte des phases successives de la construction et des différentes
sollicitations exercées.
L'attention est attirée sur le fait que les déformations obtenues lors de phases successives de la construction ne
sont pas automatiquement cumulables en raison du phénomène singulier constitué par la fissuration du béton.
Les déformations dues à la flexion sont obtenues par une double intégration des courbures le long des pièces. Les
déformations dues à l'effort tranchant sont obtenues par intégration (simple) des distorsions.
Une première intégration des courbures donne les rotations (ou déviations angulaires) ; l'intégration de ces
dernières donne les déformations normales à la fibre moyenne.
Compte tenu du but recherché, on tient compte, si nécessaire, des déformations différées du béton (retrait et fluage)
et de celles dues à la température.
Pour la conduite du calcul, on distingue deux cas suivant que la pièce est fissurée ou non.
L'attention est attirée sur la grande dispersion des phénomènes non linéaires ; en particulier la fissuration et les
déformations différées du béton présentent un caractère très aléatoire. Il convient donc de distinguer les
déformations probables (pour les compenser par des contre flèches) et les déformations possibles (pour les
comparer aux états limites de déformation).
A.4.6,12
Le calcul des courbures dans l'état non fissuré est conduit en rendant homogènes les sections de béton et d'acier, le
coefficient d'équivalence n ayant pour valeur conventionnelle 15.
Il est loisible de considérer les sections de béton seul, abstraction faite de leurs armatures, lorsque la section de la
pièce considérée est surabondante vis-à-vis du béton.
Le calcul des courbures dans l'état fissuré (*) est conduit à partir de la valeur de la courbure exprimée sous la forme :
où
1/r désigne la courbure de déformation ;
d la hauteur utile de la section ;
εbc le raccourcissement relatif du béton sur la fibre extrême comprimée ;
εs l'allongement relatif moyen de l'acier en traction compte tenu de l'effort exercé par l'adhérence du béton
tendu (**).
* A partir de l'état non fissuré, le chargement progressif d'une pièce se traduit par une phase de transition dans
laquelle des fissures se produisent en nombre croissant jusqu'à atteindre la « fissuration systématique ». Dans la
phase transitoire, le calcul des déformations est particulièrement aléatoire (voir le dernier commentaire de A.4.6,11
).
** L'action du béton tendu équivaut à une diminution de l'allongement de l'acier calculé à partir de la contrainte de
l'armature au droit d'une fissure. Lorsque la « fissuration systématique » est atteinte, cette diminution peut être
évaluée à la quantité :
Dans ces expressions, on désigne par σs la contrainte de l'acier à l'état limite de service, par ftj la contrainte de
rupture par traction du béton à l'âge de j jours et par ρ f le rapport de la section d'armatures tendues à une aire de
béton tendu limitée par le contour de la pièce et une parallèle à l'axe neutre déterminée par celle des deux
conditions suivantes qui donne la plus grande surface :
la hauteur du béton tendu, comptée à partir de la fibre extrême, est égale à 0.3 d (d désignant la hauteur
utile) ;
la surface de béton tendu a même centre de gravité que les armatures tendues.
Les déformations différées du béton augmentent la hauteur de la zone comprimée du béton, ce qui entraîne une
réduction de la contrainte de compression sur la fibre extrême et une légère augmentation de la contrainte de
traction de l'acier. Ces effets, qui peuvent avoir une certaine incidence sur une section rectangulaire, sont
généralement négligeables dans le cas des sections en T pour lesquelles il suffit de considérer les contraintes
obtenues avec le coefficient forfaitaire n = 15.
A.4.6,13
Le calcul des distorsions dans l'état non fissuré est conduit selon les hypothèses usuelles de la Résistance des
Matériaux en considérant la section du béton seul.
Le calcul des distorsions dans l'état fissuré est basé sur l'analogie du treillis : les allongements des armatures sont
convenablement réduits pour prendre en compte l'effet de l'adhérence.
Les déformations dues à l'effort tranchant sont en général négligeables par rapport à celles qui sont dues aux
moments fléchissants ; il n'en est plus de même dans le cas des âmes fissurées fortement sollicitées.
L'attention est d'autre part attirée sur ce que les déformations de torsion des pièces fissurées atteignent des valeurs
élevées.
A défaut de textes généraux, il appartient au CCTP de définir la limite des déformations ainsi que les combinaisons
d'actions correspondantes.
En général, les états limites de déformation s'expriment par des valeurs admissibles du déplacement d'un élément.
expression dans laquelle bo désigne la largeur de l'âme, d la hauteur utile de la poutre et Vu la valeur de calcul de
l'effort tranchant vis-à-vis de l'état limite ultime.
Dans cette expression conventionnelle, on a introduit la hauteur utile à la place du bras de levier, dans le but de
simplifier les calculs : τu ne représente donc pas la valeur réelle de la contrainte exercée, mais une fraction
comprise entre 0,8 et 0,9.
En cas de largeur variable sur la hauteur de la section, il convient d'adopter pour bo une valeur minimale, sauf
justification contraire. Dans le cas particulier des sections circulaires, on pourra adopter
La valeur de calcul de l'effort tranchant tient compte éventuellement de la réduction, dénommée « effet Résal », qui
peut se produire dans les poutres de hauteur variable.
Cependant, pour les pièces dont toutes les sections droites sont entièrement comprimées, il n'y a pas lieu d'appliquer
les prescriptions qui suivent à condition que la contrainte τu soit au plus égale à la plus basse des deux valeurs :
Le dimensionnement des armatures transversales de ces pièces relève des règles de construction des poteaux (art.
A.8.1,3).
Les armatures d'âme calculées en fonction des règles qui suivent règnent sur toute la hauteur de la poutre et sont
ancrées dans les membrures de celle-ci.
A.5.1,211
Dans le cas où les armatures d'âme sont droites (c'est-à-dire perpendiculaires à la fibre moyenne) et dans celui où
elles comportent à la fois des barres relevées et des armatures droites, la contrainte τu doit être au plus égale à la
plus basse des deux valeurs :
En cas de recours aux barres relevées il est conseillé de bien répartir les armatures en cause et de prévoir de petits
diamètres. De plus il est recommandé d'associer ces barres à des armatures droites susceptibles d'équilibrer au
moins la moitié de l'effort tranchant.
En outre, lorsque la fissuration est jugée préjudiciable, ou très préjudiciable, les contraintes ci-dessus sont
remplacées par les valeurs limites :
A.5.1,212
Dans le cas où les armatures d'âme sont inclinées à 45° sur l'axe de la poutre, la contrainte τu doit être au plus égale
à la plus basse des deux valeurs :
La même règle peut être appliquée dans le cas d'armatures d'âme droites accompagnées d'armatures parallèles à
l'axe de la poutre, réparties sur la hauteur de l'âme et convenablement ancrées sur les appuis, à condition que le
volume relatif de ces dernières armatures soit au moins égal à celui des armatures d'âme droites.
Ce volume relatif s'évalue en divisant la section des branches utiles des armatures par la section de béton
perpendiculaire à ces branches.
La disposition décrite dans cet alinéa est notamment recommandée en cas de fissuration préjudiciable ou très
préjudiciable.
A.5.1,213
Si les armatures sont disposées de façon intermédiaire entre les cas prévus en A.5.1,211 et A.5.1,212 il est loisible
de procéder à une interpolation linéaire pour fixer la valeur limite de τu.
Pour les poutres exceptionnellement hautes il est loisible d'augmenter cette dernière valeur (40 cm). Il est rappelé
d'autre part que le diamètre des armatures d'âme doit satisfaire à l'article A. 7.2,2.
Si on désigne par At la section d'un cours d'armatures transversales de limite d'élasticité fe, la quantité
Toutefois, pour les poutres larges dont la largeur d'âme bo est supérieure à la hauteur totale h, cette condition peut ne
pas être respectée, sauf au voisinage des parements de l'âme sur des largeurs égales à h/2.
Cette relation qui donne la section d'armatures d'âme nécessaire pour équilibrer l'effort tranchant, comporte deux
termes ; le premier résulte de la théorie du treillis de Ritter-Mörsch, le deuxième (terme soustractif) tient compte, par
l'intermédiaire du coefficient empirique k, de la partie de l'effort tranchant équilibrée par la membrure comprimée du
treillis.
Le coefficient 0,9 figurant au dénominateur constitue une approximation du rapport z/d.
L'expression 0,3 ftj tient compte de la définition conventionnelle de τu (en admettant z = 0,9 d), ce qui donne
finalement une formule équivalente à celle donnée dans les Règles BPEL.
en flexion composée avec compression, σcm désignant la contrainte moyenne de compression de la section
totale du béton, sous l'effort normal de calcul,
en flexion composée avec traction, σtm désignant la contrainte moyenne de traction de la section totale du
béton, sous l'effort normal de calcul.
Dans le cas courant de la flexion simple avec α = 90° (armatures d'âme droites), la relation s'écrit :
Les contraintes σcm et σtm se calculent conventionnellement sur la section de béton supposée non fissurée et non
armée.
Dans le cas de la flexion composée avec traction, le coefficient k doit être pris avec sa valeur algébrique qui est
négative dès que σtm > 0. 1 fcj. La résistance des pièces tendues à l'effort tranchant est en effet médiocre.
Sauf traitement particulier, une reprise de bétonnage constitue un point faible et doit donc être traitée conformément
à la règle des coutures donnée en A.5.3, ce qui revient à prendre k = 0. L'attention est attirée sur le fait que lorsque
la surface de reprise se situe à un niveau différent de celui de la fibre neutre, la justification doit être faite à ce
niveau avec la valeur correspondante du cisaillement qui diffère de la valeur conventionnelle τu.
En cas d'indentations, cette précision doit être portée sur les dessins.
A.5.1,311
A l'appui simple d'about d'une poutre on admet que les charges sont transmises par l'intermédiaire d'une bielle
unique, dite « bielle d'about », inclinée à 45° sur l'axe de la poutre.
Lorsque l'inclinaison réelle de la bielle risque d'être sensiblement inférieure à 45°, il convient d'en tenir compte ; ce
cas peut se produire en particulier lorsque les sollicitations prépondérantes d'une poutre sont dues à une charge
unique voisine du milieu de la poutre.
A.5.1,312
On doit prolonger au-delà du bord de l'appui (côté travée) et y ancrer une section (*) d'armatures longitudinales
inférieures suffisante pour équilibrer l'effort tranchant Vu.
Lorsque la poutre repose par l'intermédiaire d'un appareil d'appui (plaques de néoprène, rouleaux, pendules, etc.)
c'est le bord de cet appareil qui doit être considéré.
* La section visée ici est au moins égale à :
quelle que soit la valeur de V u, il est de bonne construction d'ancrer une nappe d'armatures (la plus basse) avec sa
longueur de scellement ℓ s s'il s'agit d'un ancrage rectiligne, avec une sécurité équivalente s'il s'agit d'un ancrage
avec courbure ; la valeur ℓs est définie en A.6. 1,22.
Lorsque par sa nature, l'appui est susceptible de transmettre une réaction inclinée, on ajoute à la section visée ci-
dessus, celle qui est nécessaire pour transmettre la composante horizontale éventuelle de la réaction d'appui.
A.5. 1,313
Dans le cas d'une poutre à nervure rectangulaire, d'épaisseur bo avant l'appui (côté travée), on doit vérifier la
condition suivante (*) :
a désigne la longueur d'appui (**) de la bielle d'about, évaluée au niveau des armatures inférieures et mesurée
parallèlement à l'axe longitudinal de la poutre. La valeur de a est prise au plus égale au bras de levier de la poutre
évalué à 0,9 d.
Si la poutre comporte un talon, la valeur de a est évaluée au niveau supérieur de celui-ci.
* Le coefficient minorateur 0,8 figurant dans le second membre tient compte du fait que la bielle d'about est soumise
à des moments de flexion secondaires et que son inclinaison peut s'écarter de la valeur théorique 45°.
Cependant il est possible de renforcer la résistance de la bielle d'about en prévoyant un ferraillage suffisamment
dense, par exemple analogue à celui des poteaux de façon à constituer un « montant d'about ». Il est possible aussi
de renforcer l'appui de la bielle en frettant la zone voisine de l'appui. Dans ces derniers cas, le coefficient 0,8 peut
être augmenté sans pouvoir dépasser la valeur 1,2.
** Les figures ci-dessous indiquent les valeurs à utiliser pour a dans les cas les plus courants :
Poutre à nervure rectangulaire reposant sur un poteau dont elle est solidaire
Dans ce dernier cas, l'attention est attirée sur le fait que l'adjonction d'un montant d'épaisseur égale à la largeur de
l'appui permet d'augmenter la sécurité vis-à-vis de la bielle d'about.
A.5.1,314
Les armatures visées en A.5.1,312 doivent être disposées de telle sorte qu'il n'y air pas de risque de fendage d'un
coin au voisinage de l'arête extrême de la poutre.
Ce risque peut exister par exemple (figure ci-dessous) lorsque des armatures de gros diamètre sont ancrées avec
un grand rayon de courbure. Dans ce cas, des armatures supplémentaires doivent armer le coin extrême de la
poutre.
Il est également possible de disposer à plat (dans un ou plusieurs plans horizontaux) les ancrages des armatures.
A.5.1,315
Dans le cas d'appuis de faible longueur, on peut superposer des bielles avec des armatures inférieures dans chacune
d'elles. Les armatures situées en partie basse de la poutre doivent pouvoir équilibrer un effort au moins égal à Vu/3 et
être ancrées à cet effet.
A.5.1,321
Lorsque la valeur absolue du moment fléchissant de calcul vis-à-vis de l'état ultime Mu est inférieure à 0,9 V ud, on
doit prolonger au-delà du bord de l'appareil d'appui (côté travée) et y ancrer une section d'armatures suffisante pour
équilibrer un effort égal à :
Dans cette expression, on admet un bras de levier égal à 0,9 d. Le moment Mu, normalement négatif sur appui avec
les conventions de signe usuelles, est pris en valeur algébrique. Pour Vu, il s'agit de la valeur (normalement
positive) à droite de la ligne d'appui.
A.5.1,322
Sur un appui intermédiaire d'une poutre continue, on vérifie pour chacune des travées adjacentes la condition de
l'article A.5.1,313.
Si la poutre comporte un talon symétrique, l'étendue transversale de l'appui ne peut être estimée supérieure à
l'épaisseur de l'âme augmentée de la hauteur du talon, à moins que la poutre ne comporte un montant d'appui.
En outre, la contrainte moyenne de compression de l'aire d'appui sous la valeur de calcul ultime de la réaction doit
être au plus égale à
La limitation indiquée ici n'est pas valable (elle serait trop restrictive) en cas de frettage de la zone concernée
(voir art. A.8.4). Il est d'autre part possible de satisfaire cette limitation en interposant entre l'intrados et l'appareil
d'appui une surépaisseur de béton (formant bossage) suffisante pour répartir les efforts de telle sorte qu'au niveau
de l'intrados la contrainte moyenne soit ramenée au taux admissible.
Cette prescription s'applique en particulier aux croisées de poutres, pour lesquelles l'ensemble des suspentes doit
équilibrer la réaction mutuelle d'appui. En ce cas, les suspentes peuvent être constituées par les armatures d'âme
de la poutre la plus haute (en général la poutre porteuse) disposées dans le volume commun aux deux poutres ou
dans son voisinage immédiat.
Elle est aussi applicable aux poussées au vide développées par des éléments courbes ou à tracé anguleux, dont il
y a lieu de justifier l'attache sur les structures dont ils font partie.
Dans le cas où l'effort appliqué est réparti (par exemple hourdis suspendu aux âmes d'une poutre en U ou caisson), il
faut s'assurer que les armatures d'âme dimensionnées vis-à-vis de l'effort tranchant sont suffisantes pour équilibrer
les charges suspendues, en les renforçant s'il y a lieu.
Dans le cas où l'effort appliqué est concentré (croisement de poutres), les suspentes s'ajoutent aux armatures
nécessaires pour équilibrer l'effort tranchant présent à l'amont du croisement dans la poutre porteuse.
On appelle ici direction d'un moment de flexion la direction des contraintes normales qui lui correspondent. La
comparaison des moments résistants principaux résulte de la comparaison des sections d'armatures par unité de
longueur dans les deux directions.
Il s'agit des armatures nécessaires (éventuellement) vis-à-vis de l'effort tranchant ; celles-ci correspondent aux
armatures d'âme des poutres ; elles sont normalement perpendiculaires au feuillet moyen de la dalle.
Il convient, en outre, de respecter les dispositions de l'article A.8.2,4.
Dans le cas des poutres-dalles, auxquelles l'article A.8.2,4 n'est pas applicable, il est recommandé de disposer des
armatures d'effort tranchant avec un volume relatif au moins égal à 0,0001, cette proportion devant être portée à
0,001 au voisinage des bords libres, conformément au dernier alinéa del'article A.5.1,22.
En cas de surface de reprise ménagée dans l'épaisseur de la dalle considérée, on applique l'article A.5.3.
Dans les autres cas, on dimensionne les armatures d'effort tranchant de la manière indiquée pour les poutres en
A.5.1,23.
Aucune règle n'est donnée pour h ≤ 0, 15 m étant donné que les éléments minces ne comportent usuellement pas
d'armatures d'effort tranchant.
D'autre part, pour les éléments d'épaisseur comprise entre 0,15 m et 0,30 m, il convient de n'utiliser que de petits
diamètres pour les armatures d'effort tranchant qui pourraient être (éventuellement) localement nécessaires.
A.5.2,41
Sous l'action de forces localisées, il y a lieu de vérifier la résistance des dalles au poinçonnement par effort tranchant.
Cette vérification s'effectue comme suit :
Une force est localisée lorsque les dimensions de son impact sont petites par rapport aux portées de la dalle. La
méthode indiquée n'est évidemment valable que pour des contours suffisamment ramassés.
A.5.2,42
Dans le cas d'une charge localisée éloignée des bords de la dalle, on admet qu'aucune armature d'effort tranchant
n'est requise, si la condition suivante est satisfaite :
Cette limite ne tient pas compte de l'effet favorable dû à la présence d'un ferraillage horizontal. Elle peut être
majorée sous réserve des justifications correspondantes. La valeur limite peut être portée à :
A.5.2,43
Si la condition de A.5.2,42 n'est pas satisfaite, on considère le contour u parallèle à uc le plus éloigné de celui-ci
(donc avec u > uc ) pour lequel
On dispose des armatures d'effort tranchant dans toute la zone intérieure à ce périmètre, en appliquant les règles
édictées en A.5.1,23 et A.5.2,3.
Dans le cas le plus général, il convient de considérer des contours intermédiaires de façon à adapter les armatures
d'effort tranchant aux valeurs du cisaillement évaluées sur ces contours.
A proximité des bords de la dalle, on remplace certaines parties des contours visés ci-dessus par des
perpendiculaires aux bords des dalles, lorsqu'il en résulte un raccourcissement des périmètres concernés.
Eventuellement les contours considérés peuvent inclure plusieurs charges localisées voisines, lorsque cette manière
de procéder conduit à des effets plus défavorables.
Les figures ci-dessous donnent des exemples de forces localisées à proximité des bords de la dalle.
A.5.3 actions tangentes exercées sur des éléments autres que les âmes : coutures
d'attache
Les justifications à présenter sont toutes relatives à l'état limite ultime.
A.5.3,11
Cette règle a pour but de justifier certains plans intérieurs du béton sur lesquels s'exerce un effort tangent et pour
lesquels il n'est pas prévu par ailleurs de justification spécifique (*). Il s'agit notamment :
des surfaces de reprise de bétonnage,
* Echappent en particulier à la règle des coutures les âmes des poutres, qui font l'objet de l'article A.5.1.
** Dans la même catégorie entrent certains plans susceptibles d'être soumis à un effort tangent important du fait
d'un changement de section ; plus généralement, il faut coudre toute section jugée critique vis-à-vis d'une rupture
éventuelle par cisaillement. L'attention est attirée cependant sur le fait que la règle des coutures ne doit pas être
utilisée de façon abusive lorsqu'en un point donné le choix du plan à justifier ne s'impose pas pour les raisons
constructives déjà citées ; dans ce dernier cas, il convient en général de considérer soit le plan qui découpe la plus
petite section de béton, soit, si cela est plus défavorable, celui qui supporte les contraintes tangentes les plus
fortes.
Ces plans doivent être traversés d'armatures d'attache (dites également armatures de couture) convenablement
ancrées de part et d'autre : sont prises en compte en tant qu'armatures d'attache, les armatures faisant un angle d'au
moins 45° avec le plan sollicité et inclinées en sens inverse de la direction probable des fissures du béton.
Lorsqu'un plan est soumis à des actions tangentes susceptibles de changer de sens, il y a lieu de disposer les
armatures de couture perpendiculairement au plan sollicité.
Pour être efficaces, les armatures de couture doivent être disposées dans les zones directement concernées par la
diffusion des efforts ; une approximation courante consiste à supposer que cette diffusion s'effectue à 45°.
A.5.3,12
La justification consiste, en l'absence de résultats expérimentaux fournissant des bases sûres de calcul, à appliquer
l'inégalité suivante :
avec (*) :
At somme des aires des sections droites des aciers constitutifs d'un cours d'armatures d'attache ;
St espacement de ces armatures parallèlement au plan sollicité ;
bo épaisseur du béton prise en compte pour évaluer les contraintes s'exerçant sur le plan considéré, c'est-à-
dire la contrainte tangente τu et la contrainte normale σ u, cette dernière étant comptée positive pour les
compressions et négative pour les tractions (**) ;
f e limite d'élasticité garantie des armatures d'attache ;
α angle de ces armatures (compris entre 45° et 90°) avec le plan sollicité ;
γ s coefficient défini en A.4.3,2.
** L'attention est attirée sur le fait que la résistance au cisaillement des pièces tendues est médiocre.
On peut admettre que l'effort de glissement (par unité de longueur) relatif à une largeur b1 de hourdis comprimé est
égal à :
A s étant la section totale d'armatures tendues. Dans les expressions ci-dessus, on peut évaluer le bras de levier du
couple des forces internes à la valeur z = 0,9 d. L'attention est en outre attirée sur le fait qu'il convient d'augmenter
la section des coutures dans les zones où des armatures sont en cours de scellement.
La contrainte tangente τu est limitée aux mêmes valeurs que celles indiquées pour les âmes en A.5.1,21.
Les armatures propres des hourdis peuvent être considérées comme armatures de couture indépendamment du rôle
qu'elles jouent dans la résistance à la flexion du hourdis lui-même.
Ces armatures sont à compter en fonction de leur longueur d'ancrage de part et d'autre de la section à justifier.
indentations de liaison ;
la contrainte tangente calculée sous sollicitation ultime n'excède pas 0,35 MPa (ou N/mm²) ;
la contrainte normale éventuelle est une compression.
C'est à ces conditions que (par exemple) des dalles réalisées à partir de prédalles préfabriquées surmontées d'une
épaisseur de béton coulé en place peuvent être considérées comme constituant un ensemble monolithique.
Il est rappelé d'autre part qu'en application de la formule donnée en A.5.3, 12, la présence d'armatures de couture
n'est pas exigée lorsque la contrainte normale est une compression de valeur au moins égale à la contrainte de
cisaillement.
A.5.4 torsion
Les justifications à présenter sont relatives à l'état limite ultime. Les règles qui suivent sont applicables aux pièces
linéaires (poutres et caissons).
Il est cependant possible de s'inspirer de ces règles pour la justification des dalles élégies, ainsi que pour celle des
poutres-dalles étroites.
A.5.4,1 généralités
Les sollicitations de torsion sont généralement évaluées dans l'hypothèse de déformations des matériaux élastiques
et linéaires ; il convient cependant d'avoir recours à des modèles tenant compte de la fissuration du béton, lorsque le
comportement du béton fissuré est suffisamment connu par les résultats expérimentaux dont on dispose.
L'étude de la rupture par des sollicitations comportant un couple de torsion est encore trop peu avancée pour
qu'une théorie de la fissuration air pu être établie en ce cas. Le recours à un modèle tenant compte de la fissuration
ne peut donc reposer que sur des essais. Il convient cependant de signaler que la fissuration diminue dans des
proportions très importantes la rigidité de torsion. En conséquence, la sécurité consiste généralement à sous-
estimer la rigidité de torsion par rapport à la rigidité de flexion quand on a recours à une analyse linéaire. De plus,
lorsque la rigidité de torsion est prise en compte dans le calcul des sollicitations, il est indispensable de justifier les
sections vis-à-vis des moments de torsion calculés.
A titre de simplification, il est souvent possible de négliger la rigidité de torsion, notamment lorsque celle-ci n'est pas
nécessaire pour assurer l'équilibre de la structure. Dans le cas contraire (efforts de torsion prépondérants), des
méthodes plus précises doivent être recherchées.
Les règles données visent les sections creuses et les profils pleins de forme convexe. Dans le cas de sections
pleines composées de profils minces, ceux-ci ne peuvent équilibrer que de faibles couples de torsion, tout en
subissant des déformations importantes ; il est souvent préférable de négliger les contraintes d'origine hyperstatique
dues à la torsion, et de prendre en compte les efforts de flexion entraînés sur les différents profils par la rotation de
la section autour du point appelé centre de torsion.
dans laquelle Tu est le moment de torsion, bo l'épaisseur de la paroi au point considéré et Ω l'aire du contour tracé à
mi-épaisseur des parois.
La formule donnée est obtenue par application de la théorie des poutres tubulaires à section fermée à parois
minces.
Si l'épaisseur bo des parois est supérieure à l'épaisseur fictive définie en A.5.4,22 il convient d'appliquer la règle de
calcul des sections pleines.
Les essais montrent que le noyau d'une section pleine ne joue pas de rôle à l'état limite ultime de torsion.
La méthode qui vient d'être exposée n'est pas susceptible d'être étendue aux sections de forme complexe.
On peut cependant appliquer la règle du premier alinéa de l'article A.5.4,22 aux sections décomposables en
rectangles en considérant séparément chacun des rectangles juxtaposés, puis en supprimant les éléments de paroi
des rectangles composants qui ne suivent pas le contour extérieur de la section ; on obtient ainsi une paroi continue
qui suit le contour extérieur de la section et n'entoure qu'un alvéole. Ce mode de détermination n'est applicable qu'à
la condition que les rapports des côtés des rectangles composants soient tous compris entre 1/3 et 3. Il est loisible
de considérer des sections fictives obtenues par troncature de certains rectangles de façon à respecter les
proportions indiquées.
Les figures ci-dessous explicitent la méthode utilisée, le trait tireté indiquant la limite de la section creuse
équivalente.
Ceci conduit en général à prévoir deux systèmes d'armatures respectivement parallèle et orthogonal à l'axe de la
pièce. Ils sont déterminés par les formules :
Lorsqu'il s'agit d'une âme de poutre ou d'une membrure de caisson, les armatures ainsi dimensionnées viennent
s'ajouter à celles résultant de A.5.1,23.
Le pourcentage minimal d'armatures prescrit en A.5.1,22 pour les âmes des poutres soumises à un effort tranchant
s'applique aux pièces soumises à des moments de torsion. Lorsque le ferraillage est constitué (cas le plus courant)
par des armatures longitudinales et transversales, le pourcentage minimal doit être respecté par chacun de ces deux
systèmes d'armatures.
Cette règle est valable pour les pièces soumises uniquement à des efforts tangents. En cas de compression
concomitante, il convient de se reporter à la règle des coutures.
L'attention est attirée, en outre, sur le fait que la qualité de la liaison acier-béton est liée à la stricte observation des
dispositions constructives de l'article A.7.2.
où dF/dx est la variation par unité de longueur de l'effort axial exercé sur l'armature et u le périmètre utile de
l'armature, confondu avec le périmètre nominal lorsqu'il s'agit d'une barre isolée.
Les valeurs à prendre pour les paquets sont précisées enA.6. 1,221 pour les ancrages et enA.6. 1,3 pour les
armatures soumises à des efforts d'entraînement.
L'efficacité d'une barre du point de vue de l'adhérence est caractérisée par son coefficient de scellement ψs qui est
pris égal à l'unité pour les ronds lisses bruts de laminage et à la valeur fixée par la fiche d'identification pour les
autres types d'armatures.
Pour les armatures à haute adhérence, la valeur du coefficient ψs est généralement égale à 1,5.
Il en résulte que dans un paquet de trois barres au plus, les longueurs d'ancrage de chacune des barres ne doivent
pas se chevaucher ; les paquets de plus de trois barres ne doivent être composés que d'éléments d'une seule
longueur ancrés par épanouissement à leurs extrémités.
Sur la longueur d'un ancrage, la contrainte d'adhérence est supposée constante et égale à sa valeur limite ultime :
Le tableau ci-dessous donne les valeurs de τsu pour quelques valeurs de fc28 appartenant au domaine couvert par
le présent règlement ; on a considéré le cas des ronds lisses (ψs = 1) et celui des barres à haute adhérence les plus
courantes pour lesquelles (ψs = 1. 5).
En outre, dans les parties courbes, en l'absence de contact avec une autre barre, il est admis de tenir compte d'un
effort axial de frottement égal à la réaction de courbure de la barre multipliée par le coefficient de frottement de l'acier
sur le béton, pris égal à 0,4.
La réaction de courbure par unité de longueur est égale au quotient de l'effort axial de la barre par le rayon de
courbure au point considéré.
La zone d'ancrage d'une barre ou d'un groupe de barres doit être armée transversalement par des aciers de couture
tracés et dimensionnés pour équilibrer les efforts tendant à faire éclater le béton par mise en jeu de l'adhérence. Les
articles A.6.1,23 et A.6.1,254 donnent les règles à appliquer. Les armatures qui auraient été prévues à d'autres fins
peuvent jouer ce rôle d'armatures de couture vis-à-vis des efforts d'adhérence, dans la mesure où leur tracé est
correct à cet égard (*). Il y a lieu aussi de tenir compte de l'existence (éventuelle) d'un effort de direction
perpendiculaire à l'axe de l'armature ancrée (**).
* La zone d'ancrage est le volume de béton qui entoure la partie de barre ancrée et qui peut être mécaniquement
affecté par la mise en jeu de l'ancrage. Lorsque la zone d'ancrage se situe au voisinage des parois, les armatures
de couture peuvent être bouclées au contact des armatures ancrées.
** Un effort perpendiculaire à l'armature ancrée augmente l'adhérence s'il s'agit d'une compression, mais la diminue
s'il s'agit d'une traction. Dans ce dernier cas, les ancrages courbes sont recommandés.
A.6.1,221
Les barres rectilignes de diamètre Ø et de limite d'élasticité fe sont ancrées sur une longueur ℓs dite « longueur de
scellement droit ». A défaut de calcul précis, on adopte les valeurs forfaitaires suivantes pour le rapport ℓs /Ø :
40 pour les aciers à haute adhérence Fe E 400 de ψs au moins égal à 1,5 ;
50 pour les aciers à haute adhérence Fe E 500 de ψs au moins égal à 1,5 et pour les aciers lisses Fe E 215
et Fe E 235.
avec :
Dans le cas d'une barre faisant partie d'un paquet de trois on adopte :
Les valeurs indiquées ci-dessus pour ℓs sont valables à la fois pour les barres tendues et pour les barres
comprimées. Elles doivent être multipliées par 1,5 dans le cas d'une barre faisant partie d'un paquet de trois.
A.6.1,222
Lorsque l'aire réelle A de la section droite d'une barre est plus grande que la section A cal strictement nécessaire par
le calcul, la longueur d'ancrage peut être réduite dans le rapport Acal/A sans pouvoir être inférieure à 10 fois le
diamètre de la barre.
A.6.1,223
La jonction de deux barres parallèles identiques est assurée par recouvrement si leurs extrémités se chevauchent sur
une longueur au moins égale à leur longueur d'ancrage augmentée de la distance entre axes de ces barres, lorsque
cette distance est supérieure à cinq fois leur diamètre.
En cas d'utilisation de paquets de barres, il faut également tenir compte des articles A.6. 1,21 et A.6.1,221.
La jonction mécanique de deux barres peut être réalisée par d'autres procédés, notamment par des manchons ou par
soudure (bout à bout ou par recouvrement), dans la mesure où des essais probants ont permis de vérifier la
résistance du système utilisé.
Il en résulte que, pour coudre l'ancrage d'une armature de section A s et de limite d'élasticité fe, il faut une section
totale d'armatures de couture ΣAt (de limite d'élasticité fet) telle que :
ΣA tf et ≥ As f e
Dans le cas le plus général où on peut trouver, dans une même zone de jonctions par recouvrement, des barres
arrêtées et des barres continues, il convient d'adapter la règle de l'alinéa précédent compte tenu des positions
respectives des armatures et de la proportion de barres ancrées.
Dans le cas du recouvrement de deux barres, il s'agit de transmettre l'effort total d'une barre dans une seule
direction. Dans d'autres cas où le même effort se transmet dans plusieurs directions, la couture nécessaire dans
une direction donnée est égale à une fraction de l'effort total, comprise entre le quart et l'unité, suivant le cas
particulier à considérer. Il convient de choisir cette fraction d'autant plus forte que la proportion de barres ancrées
est plus élevée.
Pour les poutres, on peut se dispenser de la vérification des armatures de couture, à condition que la longueur
d'ancrage des barres arrêtées soit égale à leur longueur de scellement droit et que la proportion de barres ancrées ne
dépasse pas 25 % sur l'étendue d'une longueur d'ancrage.
Pour les poutres les plus usuelles, les armatures d'âme ou de talon sont généralement suffisantes pour assurer le
rôle de couture vis-à-vis des efforts développés aux ancrages.
Pour les dalles et voiles courbes, il n'y a généralement pas lieu de fournir des justifications relatives aux armatures de
couture, à condition d'appliquer la disposition suivante :
la proportion de barres intéressées par un recouvrement rectiligne dans une nappe donnée ne doit pas dépasser le
tiers si cette nappe est la plus proche d'une paroi et la moitié si ladite nappe est séparée de la paroi par une nappe de
direction différente. Cette disposition n'est cependant pas applicable aux treillis soudés pour lesquels on se réfère à
l'article A.6.2.
Cette règle a pour but d'éviter le feuilletage des dalles, c'est-à-dire la fissuration continue dans le plan d'une nappe
d'armatures. Les risques de feuilletage augmentent avec la proportion de barres scellées et le rapport de leur
diamètre à l'épaisseur de la dalle. Il est possible de s'affranchir de cette règle à condition de prévoir des ancrages
munis de crochets normaux dont les plans sont perpendiculaires au feuillet moyen de la dalle.
* Il est rappelé que les barres en attente rectilignes ont donné lieu sur les chantiers à des accidents corporels et
qu'il convient donc de prendre des dispositions pour assurer la sécurité du personnel (voir fascicule 65 article 33.23
et DTU 21).
** Les valeurs forfaitaires données en A.6.1,221 deviennent alors :
24 pour les aciers à haute adhérence Fe E 400 de ψs au moins égal à 1,5,
30 pour les aciers à haute adhérence Fe E 500 de ψ s au moins égal à 1,5 et pour les ronds lisses Fe E
215 et Fe E 235.
L'attention est d'autre part attirée sur le fait qu'une barre ne peut pas être considérée comme toujours comprimée si
la pièce dont elle fait partie est soumise à des chocs importants (pieux battus par exemple).
Les jonctions de barres comprimées, non susceptibles d'être tendues, peuvent se faire par aboutement des barres au
contact, sous réserve que la préparation à donner aux faces en contact et le dispositif à employer pour maintenir les
barres pendant le bétonnage aient donné lieu à des vérifications expérimentales probantes.
A.6.1,251
Outre la condition de non-écrasement du béton formulée ci-après en A.6.1,252, les ancrages par courbure doivent
être réalisés suivant les rayons minimaux qui suivent.
Les valeurs données pour les rayons de courbure visent la distance du centre de courbure à l'axe de la barre.
On ne doit jamais avoir recours à des courbures d'un rayon inférieur au triple du diamètre de la barre ployée, sauf
pour les cadres, étriers et épingles transversaux des poutres et des poteaux.
Le rayon de courbure de trois diamètres est admis pour les ronds lisses des nuances Fe E 215 et Fe E 235. Pour ces
mêmes ronds et pour le façonnage des cadres, étriers et épingles susvisés, on peut réduire le rayon de courbure à
deux diamètres.
Les rayons de courbure de deux et trois diamètres correspondent respectivement à des ployures sur des mandrins
de trois et de cinq diamètres.
La figure ci-contre explicite la terminologie utilisée.
Pour les barres à haute adhérence les rayons de courbure sont au moins égaux aux valeurs fixées par les textes
réglementaires en vigueur.
A.6.1,252
Dans toute partie courbe de barre de diamètre Ø, le rayon de courbure r satisfait à l'inégalité suivante, dite condition
de non-écrasement du béton :
où e r désigne la distance du centre de courbure de la barre à la paroi dont la proximité augmente le danger
d'écrasement du béton (*) ;
σs la contrainte de calcul évaluée à l'origine de la courbure, sous sollicitation ultime ;
ν un coefficient numérique égal à l'unité lorsque la barre est isolée ou fait partie d'un ensemble de barres
courbées disposées en un seul lit (**) ; sa valeur est portée à 5/3, 7/3 ou 3 respectivement lorsque la barre
courbée fait partie d'un ensemble disposé en deux, trois ou quatre lits, sous réserve que les distances libres
entre lits successifs soient au moins égales au diamètre des plus grosses barres.
* La situation la plus dangereuse est celle d'une barre dont le tracé est parallèle à une paroi. On augmente donc la
sécurité en inclinant la zone courbe vers la masse de béton (quand cela est possible, circonstance qui se présente
fréquemment aux ancrages). Cependant, en raison des conditions d'exécution (imprécisions du chantier), il est
recommandé de conduire les justifications comme si le tracé de la barre était parallèle à la paroi.
** Il est indiqué que, dans le cas de barres disposées en un seul lit, la condition de non-écrasement du béton est
généralement satisfaite avec des rayons de courbure de 3 Ø pour les ronds lisses en acier Fe E 215 ou Fe E 235 et
de 5,5 Ø pour les barres à haute adhérence en acier Fe E 400 ou Fe E 500.
En outre, dans les parties où l'armature de traction tout entière d'une poutre est courbe, ou dans les boucles de
jonction des barres tendues d'une poutre ou d'un tirant, le rayon de courbure r de chaque barre satisfait à l'inégalité :
Cette deuxième condition de non-écrasement du béton, plus sévère que la première, s'applique d'une part lorsque
toutes les armatures de traction sont en courbe (origine d'une console par exemple), d'autre part aux
recouvrements effectués suivant des tracés en forme d'épingles à cheveux.
Il est indiqué que, dans le cas de barres disposées en un seul lit, cette condition est généralement satisfaite avec
des rayons de courbure de 7 Ø pour les ronds lisses en acier Fe E 215 ou Fe E 235 et de 11 Ø pour les barres à
haute adhérence en acier Fe E 400 ou Fe E 500.
Enfin, il est loisible d'introduire dans la formule la contrainte de calcul σs lorsque celle-ci est nettement inférieure à
f e.
A.6.1,253
Par définition, le « crochet normal » comporte une partie en demi-cercle suivie d'un retour rectiligne d'une longueur
égale à deux fois le diamètre de la barre. Le rayon de la partie courbe est égal à trois diamètres pour les barres lisses
de classe Fe E 215 ou Fe E 235 ; pour les barres à haute adhérence de classe Fe E 400 ou Fe E 500, il doit être au
moins égal à 5,5 diamètres sauf prescription contraire des fiches d'identification.
Il résulte de cette définition que les longueurs ancrées mesurées hors crochet visées plus bas ne peuvent être
prises inférieures à 5,5 Ø pour les barres lisses et 8 Ø pour les barres à haute adhérence.
A défaut de calcul plus précis, on peut admettre que l'ancrage d'une barre rectiligne terminée par un crochet normal
est assuré lorsque la longueur de la partie ancrée mesurée hors-crochet est au moins égale à :
0,6 ℓs s'il s'agit d'une barre lisse de classe Fe E 215 ou Fe E 235 ;
0,4 ℓs s'il s'agit d'une barre à haute adhérence de classe Fe E 400 ou Fe E 500.
La jonction de deux barres de même diamètre, parallèles et munies de crochets normaux, est assurée lorsqu'elles se
chevauchent sur une longueur au moins égale aux valeurs ci-dessus, augmentée de l'écartement transversal des
centres de courbure de leurs crochets, si celui-ci est supérieur à cinq fois le diamètre des barres.
Les figures ci-après illustrent les dispositions à prendre en cas de recouvrements de barres terminées par des
crochets normaux.
Le respect des prescriptions concernant le crochet normal dispense de vérifier la condition de non-écrasement du
béton.
A.6.1,254
Les plans comportant des ancrages par courbure doivent être cousus pour parer aux risques de fissuration du béton
suivant ces plans. Il est cependant possible de se dispenser de prévoir des armatures de couture pour les dalles et
voiles courbes, si les ancrages par courbure sont noyés dans la masse du béton.
Dans le cas de recouvrements munis de crochets normaux, les coutures présentent une section au moins égale à la
moitié de celle qui serait nécessaire pour un scellement droit.
Dans le cas d'ancrages par courbure concentrés dans une même zone et pouvant comporter plusieurs lits
d'armatures, il est recommandé que la résistance de calcul de l'ensemble des armatures de couture ne soit pas
inférieure au quart de celle des barres courbes d'une même file.
A.6.1,255
On admet que les ancrages des extrémités des barres façonnées en cadres, étriers et épingles sont assurés par
courbure suivant le rayon minimal, si les parties courbes sont prolongées par des parties rectilignes de longueur au
moins égale à :
cinq diamètres à la suite d'un arc de cercle de 180° ;
Il est rappelé que V u désigne la valeur de calcul de l'effort tranchant vis-à-vis de l'état limite ultime : le bras de levier
est pris forfaitairement égal à la hauteur utile d multipliée par 0,9.
Quand toutes les barres sont de même diamètre et, soit isolées, soit groupées en paquets égaux, la formule devient
:
Le périmètre utile ui est pris égal au périmètre minimal circonscrit à la section droite du paquet.
Cette justification ne s'impose en général que pour les barres « en chapeaux » disposées au-dessus des appuis
des poutres hyperstatiques, lorsque celles-ci sont soumises à des efforts très concentrés. Elle s'impose aussi en
cas d'utilisation de paquets de plus de deux barres.
sauf pour les armatures de dalles séparées de la paroi la plus proche par une nappe d'armatures orthogonales, pour
lesquelles on adopte :
A défaut de calculs plus précis, il est loisible d'adopter comme valeur de ψs ftj :
2 MPa (ou N/mm²) pour les ronds lisses,
3 MPa (ou N/mm²) pour les barres à haute adhérence telles que ψs ≥ 1.5.
A.6.2,1 ancrage des treillis soudés formés de fils ou de barres à haute adhérence
Pour un treillis soudé constitué de fils ou de barres à haute adhérence, il y a lieu de se référer à l'article A.6.1,2 relatif
à l'ancrage des aciers en barres.
Lorsque les armatures transversales (en forme de cadres, étriers ou épingles) sont constituées de treillis soudé, les
ancrages d'extrémité de ces armatures peuvent être assurés par courbure à condition de modifier l'article A.6.1,255
de la façon suivante :
la longueur minimale de la partie rectiligne est portée à quinze diamètres à la suite d'un arc de cercle de
180°, à vingt diamètres à la suite d'un arc de cercle de 135° ;
la partie rectiligne prolongeant un arc de cercle de 90° doit être soudée à un fil perpendiculaire.
A.6.2,3 entraînement
L'effort d'entraînement (par unité de longueur) g exercé (vis-à-vis de l'état limite ultime) sur un fil de treillis soudé brut
de tréfilage, de section As et de limite d'élasticité garantie fe doit satisfaire à l'inégalité :
Il n'est pas admis de cumuler la résistance à l'entraînement procurée par l'adhérence propre du fil avec celle qui
pourrait être due aux ancrages par soudure sur les fils transversaux.
L'enrobage est défini comme la distance de l'axe d'une armature à la paroi la plus voisine diminuée du rayon
nominal de cette armature. L'attention est attirée sur le fait que les règles données ici sont valables pour toutes les
armatures, qu'elles soient principales ou secondaires. Les enrobages minimaux fixés en A.7.2,4 doivent en outre
être respectés. Il convient enfin de prévoir l'enrobage minimal compte tenu de la dimension maximale des granulats
et de la maniabilité du béton.
* Cet enrobage de 5 cm peut être réduit à 3 cm si, soit les armatures, soit le béton sont protégés par un procédé
dont l'efficacité a été démontrée.
** La valeur de 3 cm peut être ramenée à 2 cm lorsque le béton présente une résistance caractéristique supérieure
à 40 MPa. En effet, l'efficacité de la protection apportée par l'enrobage est fonction de la compacité du béton,
laquelle croît avec sa résistance.
Les enrobages des armatures doivent être strictement assurés à l'exécution, c'est-à-dire qu'ils ne comportent aucune
tolérance en moins par rapport à la valeur nominale ; ceci implique qu'il faut tenir compte des enlèvements éventuels
de matière postérieurs à la mise en place du béton. D'autre part, il y a lieu de s'assurer par des dessins de détail
comportant toutes les armatures secondaires non calculées que ces conditions d'enrobage peuvent être satisfaites.
Le respect de l'enrobage exige une densité convenable de cales ou écarteurs entre les armatures et le coffrage,
ainsi que des carcasses rendues suffisamment rigides par l'adjonction d'armatures secondaires qui ne résultent pas
forcément des calculs réglementaires.
Ces prescriptions s'ajoutent à celles qui font l'objet de l'article A.7.1 (protection des armatures) ; leur respect
s'impose pour assurer un bon enrobage des barres et par conséquent une adhérence convenable.
A.7.2,1
Le diamètre des barres employées comme armatures de dalles ou de voiles courbes doit être au plus égal au dixième
de l'épaisseur totale de ces éléments.
Il y a toujours intérêt du point de vue de l'adhérence à employer des barres de diamètre aussi réduit que possible.
La règle donnée ici ne concerne que les armatures nécessaires vis-à-vis des sollicitations agissant sur la dalle en
tant que telle. Lorsque l'élément considéré joue un autre rôle (par exemple membrure tendue d'une poutre), la règle
ne s'applique pas aux armatures correspondantes.
A.7.2,2
Le diamètre des armatures d'âme d'une poutre est au plus égal à h/35 (h étant la hauteur totale de la poutre), ainsi
qu'au diamètre des barres longitudinales et au dixième de la largeur de l'âme.
A.7.2,3
Les armatures peuvent être groupées en paquets à condition de les disposer de façon compacte et d'opposer le
minimum de gêne à la mise en place du béton. Dans tous les cas, la hauteur du paquet doit être au plus égale au
double de sa largeur.
Les figures ci-dessous indiquent les dispositions recommandées dans le cas de paquets de deux ou trois
armatures. En cas d'utilisation de paquets groupant plus de deux armatures, l'attention est particulièrement attirée
sur la nécessité de vérifier l'entraînement des aciers (art. A.6. 1,3).
D'autre part, les paquets de plus de trois barres ne peuvent être utilisés que s'ils ne sont soumis à aucune sollicitation
d'entraînement.
A.7.2,4
L'enrobage de chaque armature est au moins égal à :
son diamètre si elle est isolée ;
la largeur du paquet dont elle fait partie dans le cas contraire.
L'enrobage est défini en commentaire de l'article A.7.1. La présente prescription ne joue que dans la mesure où elle
est plus sévère que l'article A. 7.1.
A.7.2,5
Entre deux armatures voisines, la distance libre doit être au moins égale, dans toutes les directions, à :
leur diamètre si elles sont isolées ;
la largeur des paquets dont elles font partie dans le cas contraire.
Le calcul des distances libres s'effectue conventionnellement sur les sections nominales (comme si les barres à
haute adhérence étaient lisses) et non sur les sections d'encombrement.
En outre, cette même distance libre doit être au moins égale à c g dans la direction verticale, et à 1,5 cg dans la
direction horizontale, cg désignant la grosseur du plus gros granulat utilisé.
Il y a toujours intérêt à adopter des distances supérieures aux valeurs minimales indiquées, particulièrement dans le
cas où les armatures ne sont pas aisément accessibles au bétonnage.
Cependant la mise en place du béton doit être appréciée compte tenu des moyens de serrage mis en oeuvre ; en
particulier, les problèmes peuvent être différents suivant qu'il s'agit de coulage sur chantier ou en usine.
La figure ci-dessous résume les principales dispositions concernant l'enrobage et les distances entre armatures
voisines dans le cas le plus général de paquets de largeur a et de hauteur b ≤ 2 a.
A.7.2,6
Les mailles des grilles formées par les armatures doivent être assez larges pour ne pas affecter l'homogénéité du
béton frais lors de sa mise en place.
Dans le cas des poutres, les règles données à l'article A.7.2,5 sont valables pour l'espacement des armatures
longitudinales tant que l'espacement des cours successifs d'armatures transversales est au moins égal à deux fois la
distance libre entre armatures longitudinales. Quand il n'en est pas ainsi, il convient de s'attacher à ce que le rayon
moyen r g des mailles des arilles satisfasse aux inégalités suivantes :
si les gros éléments du granulat sont roulés ;
si les gros éléments du granulat sont concassés,
c g étant la grosseur du granulat et rg étant défini comme le quotient de l'aire par le périmètre du vide intérieur d'une
maille de grille.
A.7.2,7
On doit éviter les entassements excessifs d'armatures. Si l'entassement est inévitable et exige un béton spécial à
granulat moins gros, mention en est faite sur les dessins d'exécution et la zone intéressée y est exactement définie.
De tels entassements peuvent se produire par exemple dans les zones frettées ou dans les zones de croisement ou
de jonction de deux éléments de la structure. Il est alors vivement recommandé de dessiner à grande échelle (avec
toutes coupes utiles) la zone concernée.
Un tel entassement pouvant compromettre la qualité du béton par effet de paroi, il convient que, dans la région la
plus ferraillée, le rayon moyen du moule r m soit au moins égal à la grosseur c g du granulat. Le rayon moyen du
moule est défini comme le quotient du volume du moule par la surface de ses parois (y compris les surfaces des
armatures).
A.7.2,8
Quand le béton doit être vibré par aiguilles dans la masse, il y a lieu de ménager des intervalles suffisamment larges
pour livrer passage à ces aiguilles, et à des distances telles que la vibration de la totalité du béton soit assurée.
Il convient donc de tenir compte dans les dessins d'exécution du diamètre des aiguilles utilisées et de leur rayon
d'action.
A.7.2,9
Pour les pièces de très grandes dimensions, il convient de régler les espacements des armatures de manière à
permettre aux ouvriers de pénétrer à l'intérieur des moules et d'atteindre tous les points où le béton doit être mis en
place.
Le dimensionnement des armatures de couture de reprise s'effectue conformément aux règles de l'article A.5.3.
Il est recommandé d'orienter les surfaces de reprise de telle sorte qu'elles soient de préférence soumises à des
efforts de compression. Lorsqu'une surface de reprise est cisaillée ou (et) tendue, une bonne transmission des
efforts exige d'exécuter cette surface en y ménageant des redans convenablement disposés.
On peut citer par exemple le hourdis inférieur courbe d'une poutre caisson de hauteur variable. La poussée au vide
s'exerçant sur ce hourdis équivaut à une pression perpendiculaire à son plan moyen. Il en résulte un fléchissement
du hourdis dans le sens transversal, d'où des sollicitations de flexion composée sur les âmes.
A.7.4,2
Lorsque la poussée au vide d'une barre courbe est dirigée vers un parement, cette barre est attachée par des
ligatures normales à elle, l'embrassant, et ancrées dans la masse du béton. Ces ligatures donnent lieu à vérification
de résistance vis-à-vis de l'état limite ultime et sont fixées à la barre de façon qu'elles ne puissent se déplacer par
rapport à elle lors de la mise en oeuvre du béton.
La réaction de courbure, égale par unité de longueur de barre au quotient de l'effort normal dans cette barre par son
rayon de courbure, est située dans le plan de courbure et dirigée vers la concavité de la courbure si la barre est
tendue, vers la convexité si la barre est comprimée.
Quel que soit le procédé de fixation des ligatures transversales, il est préférable d'éviter les fortes courbures au
voisinage d'une paroi. En particulier au voisinage du contour d'un angle rentrant, il est hautement recommandé de
recourir au croisement d'armatures droites parallèles aux côtés de l'angle.
Dans les voiles courbes trop minces pour que des ligatures puissent y être prévues, on peut accepter la poussée au
vide d'armatures courbes pourvu que leur rayon de courbure r satisfasse à l'inégalité :
Ø étant le diamètre nominal d'une barre et Cs la distance de son axe à la paroi du côté de la poussée au vide.
A.7.4,3
Les poussées au vide qui pourraient résulter de la mise en jeu mécanique d'ancrages par courbure doivent être
équilibrées par des armatures de tracé et de section appropriés.
La mise en jeu mécanique d'un ancrage par courbure tend à faire fléchir la barre ancrée là où sa courbure change ;
il peut en résulter des poussées au vide susceptibles parfois de faire éclater le béton de couverture.
L'ancrage le plus dangereux à cet égard est celui qui comporte un retour rectiligne parallèle à une paroi et à son
voisinage immédiat. Il convient soit de disposer une ligature reliant ce retour à la masse du béton, soit (solution la
meilleure) d'incliner les retours rectilignes des ancrages vers la masse du béton.
Les quantités d'armatures résultant des paragraphes A.8. 1,2 et A.8.1,3 constituent des valeurs minimales
applicables en particulier aux poteaux et colonnes soumis à des compressions axiales ou excentrées. Il s'agit donc
de dispositions constructives ne dispensant pas de calculer le ferraillage nécessaire pour équilibrer les sollicitations
du chapitre A.3. Il convient d'autre part de se conformer aux règles du présent article pour le ferraillage de la partie
comprimée des poutres fléchies.
A.8.1,21
La section d'armatures longitudinales est au moins égale à 4 cm² par mètre de longueur de paroi mesurée
perpendiculairement à la direction de ces armatures.
Les armatures longitudinales des pièces comprimées peuvent être indifféremment constituées de ronds lisses, de
barres à haute adhérence ou de treillis soudés. Il est recommandé d'utiliser des aciers de limite d'élasticité au moins
égale à 400 MPa (ou N/mm²).
D'autre part, la section d'armatures longitudinales est au moins égale à 0,2 % de la section totale du béton comprimé,
sans pouvoir dépasser 5 % en dehors des zones de recouvrement de ces barres.
A.8.1,22
Les armatures longitudinales sont réparties dans la section au voisinage des parois de façon à assurer au mieux la
résistance à la flexion de la pièce dans les directions les plus défavorables. En particulier, dans une pièce de section
rectangulaire, la distance maximale de deux armatures voisines sur une même face est au plus égale à :
la longueur du petit côté du rectangle augmentée de 10 cm ;
40 cm.
Pour les pièces de formes diverses, cette règle doit être adaptée. Il est recommandé de prévoir :
pour les sections polygonales, une armature (au moins) dans chaque angle ;
pour les sections circulaires, au moins six armatures également réparties sur tout le contour.
Conformément à l'article A.6.1,24, les ancrages et recouvrements d'armatures longitudinales sont rectilignes.
Cependant si la pièce est susceptible d'être tendue sous certains cas de charge, il faut calculer la longueur de
scellement des armatures, compte tenu de la contrainte de traction maximale exercée.
Il est donc loisible de ne pas entourer par des armatures transversales les armatures longitudinales de diamètre
inférieur à 20 mm et qui ne se trouvent pas dans des angles. Il est cependant rappelé que, conformément à
A.4. 1,2, on ne doit pas prendre en compte dans les calculs de résistance les armatures comprimées qui ne sont
pas ligaturées tous les 15 diamètres au plus par des armatures transversales.
Le tracé de l'armature constituant la ceinture visée ci-dessus ne comporte ni angle rentrant ni recouvrement parallèle
à la paroi.
Les prescriptions relatives au tracé des armatures transversales sont essentiellement valables pour les poteaux et
colonnes ; elles ne sauraient être appliquées à des éléments tels que les murs.
Le diamètre des armatures transversales est au moins égal à la valeur normalisée la plus proche du tiers (1/3) du
diamètre des armatures longitudinales qu'elles maintiennent. Leur espacement est au plus égal à :
15 fois le diamètre des barres longitudinales prises en compte dans le calcul ;
40 cm ;
la plus petite dimension de la pièce (mesurée sur la section) augmentée de 10 cm.
En outre, il est rappelé qu'en cas d'effort tranchant notable exercé sur la section transversale, il convient d'appliquer
la règle A.5.1,22.
Dans les zones où la proportion des armatures longitudinales présentant des jonctions par recouvrement est
supérieure à un demi, le nombre des cours d'armatures transversales disposés sur le recouvrement de deux barres
longitudinales est au moins égal à trois.
L'attention est attirée sur la meilleure disposition de ces trois armatures qui consiste à en mettre une à chaque
extrémité du recouvrement et la troisième au milieu.
Les hourdis reposant sur appuis quasi-ponctuels (planchers-champignons ou planchers-dalles sans champignons)
sont traités dans l'annexe E.4.
Les dalles solidaires de leurs appuis sont considérées comme appuyées au droit des parements des éléments
porteurs, si ceux-ci sont d'épaisseur constante.
Il est loisible de tenir compte de la présence de goussets : à ce sujet, on peut se référer à l'annexe 12 B (§ 2.1) des
Règles BPEL.
Il est rappelé que, suivant les errements, on traite le hourdis de compression d'une poutre indépendamment de son
rôle en tant que dalle. Cependant, dans les zones où un hourdis associé à une nervure peut être mis en traction du
fait de la flexion de cette dernière, il convient de renforcer les armatures du hourdis parallèles à la nervure par
rapport à ce qu'exigerait son utilisation en tant que dalle.
A.8.2,31
Les dalles rectangulaires appuyées sur leurs quatre côtés dont le rapport des portées est inférieur à 0,4 (ou supérieur
à 2,5) et qui ne sont soumises qu'à des charges réparties, peuvent être calculées à la flexion comme des poutres
dans le sens de la petite portée. On doit tenir compte cependant de ce que les moments d'encastrement sur les petits
côtés atteignent des valeurs du même ordre que sur les grands côtés.
A.8.2,32
Les dalles rectangulaires encastrées (totalement ou partiellement) peuvent être calculées à la flexion sur la base des
efforts qui s'y développeraient si elles étaient articulées sur leur contour.
La règle donnée dans cet alinéa est applicable quel que soit le rapport des portées et la nature des charges
(réparties ou concentrées).
Les moments de flexion maximaux calculés dans l'hypothèse de l'articulation peuvent être réduits de 15 % à 25 %
selon les conditions d'encastrement. Les moments d'encastrement sur les grands côtés sont évalués respectivement
au moins à 40 % et 50 % des moments fléchissants maximaux évalués dans l'hypothèse de l'articulation. On doit
cependant tenir compte de ce que les moments d'encastrement sur les petits côtés atteignent des valeurs du même
ordre que sur les grands côtés.
Par exemple, dans un pont à poutres sous chaussée dont le hourdis de couverture déborde en encorbellement, on
peut prendre une réduction de 20 % pour les dalles de rive et de 25 % pour les dalles centrales. Dans tous les cas,
on adopte pour les moments d'encastrement au moins 50 % des moments maximaux en travée calculés dans
l'hypothèse de l'articulation.
Lorsqu'il s'agit de la portée principale, si on désigne par Mo le moment maximal calculé dans l'hypothèse de
l'articulation, par Mw et Me les valeurs absolues prises en compte pour les moments sur appuis (de gauche et de
droite) et par Mt le moment maximal considéré en travée, on doit vérifier l'inégalité :
A.8.2,41
Les armatures disposées suivant deux directions perpendiculaires sont telles (en chaque point) que le rapport de la
section armant la direction la moins sollicitée (armatures de répartition) à celle armant la direction orthogonale (la plus
sollicitée) est au moins égal à :
1/3 si les charges appliquées comprennent des efforts concentrés,
1/4 dans le cas contraire.
Lorsque la dalle est armée sur ses deux faces, la règle est valable séparément pour chacune de celles-ci.
Lorsque les nappes sont constituées d'aciers n'ayant pas la même limite d'élasticité, les rapports doivent être pris
entre résistances de calcul et non plus seulement entre sections.
A.8.2,42
L'écartement des armatures d'une même nappe ne doit pas dépasser les valeurs du tableau ci-dessous, dans lequel
h désigne l'épaisseur totale de la dalle.
Dans chaque case du tableau, il convient de retenir la plus basse des deux valeurs indiquées.
En outre dans les cas où la fissuration est considérée comme préjudiciable ou très préjudiciable, il y a lieu
d'appliquer les règles données en A.4.5.33 et A.4.5,34.
Lorsqu'une dalle est soumise à la fois à des charges réparties et à des charges concentrées, il appartient au
projeteur d'apprécier le cas dont il doit se rapprocher, ou l'interpolation qu'il convient de faire entre les deux cas
extrêmes indiqués.
A.8.2,43
Les aciers armant à la flexion la région centrale d'une dalle sont prolongés jusqu'aux appuis :
dans leur totalité, si la dalle est soumise à des charges concentrées mobiles ;
à raison d'un sur deux au moins dans le cas contraire.
Les arrêts des barres doivent être déterminés compte tenu de la règle de l'article A.4. 1,5.
Les armatures prolongées jusqu'aux appuis y sont ancrées au-delà du contour théorique de la dalle. Dans le cas de
treillis soudés cet ancrage peut ne comporter qu'une soudure à condition que la dalle ne soit pas soumise à des
charges concentrées mobiles provoquant des effets dynamiques sensibles ou un poinçonnement important.
A titre d'exemple, cette dernière disposition constructive peut être adoptée pour les dalles ne supportant que des
véhicules légers de poids au plus égal à 3,5 t.
Sur les parties du contour d'appui où pourraient se développer des moments d'encastrement partiels, on doit prévoir
des armatures « en chapeaux » capables d'équilibrer un moment de signe contraire au moment de flexion maximal de
la région centrale et d'une valeur au moins égale aux quinze centièmes (0,15) de ce dernier.
L'article A.8.2,32 donne les moments d'encastrement à considérer dans le cas des dalles rectangulaires.
En effet, dans le cas des âmes de grande hauteur, on risquerait en l'absence d'armatures de peau, d'avoir des
fissures relativement ouvertes en dehors de la zone efficacement armée par les armatures disposées au voisinage
de la fibre extrême. Pour ces armatures les barres à haute adhérence sont plus efficaces que les ronds lisses.
Lorsque la membrure tendue d'une poutre est constituée de barres de diamètre supérieur à 20 mm, l'écartement de
celles-ci dans le sens horizontal est au plus égal à 4 fois leur diamètre.
En outre, dans les cas où la fissuration est considérée comme très préjudiciable, ces prescriptions sont modifiées par
C'est par exemple le cas d'un appareil d'appui sur un chevêtre ou celui d'un poteau métallique sur une semelle.
A.8.4,11
Les justifications sont effectuées vis-à-vis de l'état limite ultime. Elles comportent la limitation de l'effort de
compression locale (A.8.4,12) et le dimensionnement d'armatures de diffusion (A.8.4,13). En outre, la géométrie de
l'élément doit permettre une diffusion de l'effort de compression telle, qu'en dehors de la zone de diffusion, la
résistance de l'élément et en particulier la compression du béton satisfassent aux règles du chapitre A.4 (Justification
des pièces prismatiques soumises à des sollicitations normales).
Les ruptures du béton ont lieu le plus souvent soit par éclatement (charge pas trop près des bords libres) soit par
glissement (charge près d'un bord libre) ou par fendage (charge linéique). Elles sont plus fréquentes que sa rupture
par écrasement local (cas limite du massif semi-infini).
Toutefois, des efforts supérieurs à ceux résultant de l'article A.8.4,12 peuvent être admis dans certains cas faisant
l'objet de règles particulières visées en A.8.4,14 et en A.8.4,3.
A.8.4,12
Lorsqu'une pièce d'aire B est soumise à une pression uniforme sur une partie de sa surface d'aire Bo, la contrainte de
compression admissible sur Bo est égale à K 0,85 fcj/θγb , sous
réserve que l'élément porteur ne comporte pas d'évidements et que son épaisseur h soit au moins égale au double du
quotient de la surface Bo par son périmètre. En outre, il y a lieu de respecter un débord minimal et de plafonner la
valeur de K.
Dans le cas où les surfaces Bo et B sont des rectangles de mêmes axes (donc concentriques) et de dimensions
respectives (ao, b o) et (a,b) :
L'article concerne des pièces suffisamment rigides pour que la pression exercée sur le béton puisse être considérée
comme uniforme ; les pièces minces sont traitées en A.5.2,4 (poinçonnement).
Dans le cas des rectangles concentriques figurés ci-après, le critère traduisant la massivité de l'élément s'écrit h ≥
(a obo/(ao + bo)
Dans tous les cas, il convient de ne pas charger une pièce trop près de ses parements, le béton d'enrobage étant
particulièrement vulnérable (risques d'épaufrures) ; en outre, les armatures doivent être ancrées au-delà de la zone
chargée. La condition de débord minimal est destinée à vérifier que la pièce peut fournir une étreinte transversale
suffisante pour majorer la contrainte de compression admissible ; si elle n'est pas satisfaite il faut prendre K = 1
(d'où l'introduction du rapport 4/3 dans la formule). D'autre part l'influence du débord plafonne lorsque a/ao et b/bo
atteignent la valeur 10, d'où la limitation à 3,3 du coefficient K ; dans ce cas, la rupture a lieu par écrasement local.
Dans le cas où les surfaces Bo et B sont homothétiques et ont même centre de gravité
Lorsque B o est un cercle de diamètre d et B un rectangle concentrique, on applique la formule qui précède en
remplaçant ao et bo par 0,88 d.
Lorsque les surfaces Bo et B n'ont pas le même centre de gravité, on remplace le contour de B par un contour
intérieur B1 de façon à se ramener à l'un des cas précédents. On applique alors aux aires Bo et B 1 les formules ci-
dessus, en remplaçant B par B1.
S'il y a lieu, les contours Bo considérés doivent inclure plusieurs charges localisées voisines lorsque cette manière de
procéder conduit à des effets plus défavorables.
Lorsque la surface d'aire B o n'est pas soumise à une pression uniforme, on peut remplacer celle-ci par une aire B'o
chargée uniformément telle que les résultantes générales des pressions appliquées aux deux surfaces soient égales
et aient même point de passage sous réserve que les variations de contraintes restent modérées.
Dans un tel cas, le ferraillage doit être étendu à toute la surface chargée.
A.8.4,13
Le béton dont une face est chargée dans les conditions visées en A.8.4,12 est armé parallèlement à cette face et
jusqu'à la profondeur convenable, de façon à éviter la rupture du béton sous les efforts de diffusion dus à la charge.
Pour déterminer le ferraillage destiné à assurer la diffusion de l'effort concentré, on peut utiliser des règles
contenues dans l'annexe E.8 au présent texte qui sont transposées de celles du chapitre 8 et de l'annexe 4 des
Règles BPEL (ces formules transposées permettent d'effectuer directement le calcul à l'état limite ultime).
Les armatures sont convenablement ancrées au-delà de la zone d'application de la charge de façon à prévenir les
ruptures de type a, b ou c visées par le commentaire de l'article A.8.4, 11.
On peut aussi avoir recours aux procédés en usage, parmi lesquels on peut citer le tracé approché des
isostatiques.
L'attention est, d'autre part, attirée sur le fait qu'en cas de pressions localisées élevées, il y a toujours intérêt à
fretter la zone directement soumise aux efforts.
A.8.4,14
Il est loisible d'admettre, après étude, sur un élément en béton armé soumis à des pressions localisées des
contraintes de compression supérieures à celles visées en A.8.4,12 sans toutefois dépasser la contrainte limite visée
en A.8.4,3 (*) lorsque les dispositions constructives (**) permettent de considérer que le mode de rupture serait du
type par écrasement total.
* Il s'agit de la contrainte limite du noyau d'une articulation en béton dont la valeur est très proche de la contrainte
de rupture par écrasement du béton qui vaut 3,3 f cj.
** Dans le cas où la charge est centrée sur l'élément de béton, celui-ci doit être fretté en s'inspirant des dispositions
de l'article A.8.4,323. Il doit également comporter les armatures de diffusion visées en A.8.4,13.
Dans le cas où la charge est excentrée, les armatures de frettage doivent en outre empêcher une rupture par
glissement.
Ces armatures peuvent être dimensionnées par la formule de l'équilibre du coin de l'annexe 4 du BPEL.
Suivant la place disponible pour l'ancrage des frettes, celles-ci peuvent être :
plates et bouclées
en hélice
soudées sur un plat métallique formant ancrage...
A.8.4,2 frettage
Les règles indiquées ici ne visent que les pièces comprimées de courte longueur. Le frettage peut cependant aussi
être utilisé dans le but d'obtenir :
la résistance aux chocs (par exemple pieux battus) ;
la résistance aux efforts localisés (articulations en béton notamment) lorsque ceux-ci sont particulièrement
concentrés.
A.8.4,21
Les prescriptions du présent article ne sont applicables qu'aux pièces prismatiques comprimées et, éventuellement,
légèrement fléchies.
Le frettage n'est efficace que pour des colonnes très courtes et des excentricités minimes
A.8.4,22
La dimension transversale minimale de la pièce frettée est au moins égale à 25 cm.
L'exécution parfaite, qui est nécessaire pour une pièce frettée, ne serait pas obtenue dans un volume trop exigu.
Dans tous les cas, les dimensions doivent être suffisantes pour disposer les armatures de frettage définies en
A.8.4,24.
Le rapport de la longueur de la partie frettée de la pièce parallèlement à l'effort de compression, à sa plus petite
dimension transversale, n'excède pas deux.
Cette limitation tient compte du fait que la grande déformabilité du noyau fretté à l'état de plastification crée un
danger de flambement.
A.8.4,23
Le calcul de l'effort de compression admissible ne prend en compte que la section du noyau fretté et non la section
totale de la pièce. Les justifications sont effectuées vis-à-vis de l'état limite ultime en multipliant les résistances de
calcul du béton de l'article A.4.3,4 par le coefficient de frettage suivant :
A.8.4,24
Il est fait exclusivement usage des formes d'armatures transversales ou frettes désignées ci-après :
dans le cas de sections circulaires ou octogonales, les frettes sont constituées de cerces fermées ou
d'hélices circulaires continues ;
dans les autres cas, on utilise des quadrillages formés de barres repliées en « épingles à cheveux »
alternées, disposées alternativement dans deux directions perpendiculaires.
A.8.4,25
Les extrémités des barres constitutives d'une frette sont convenablement ancrées par courbure dirigée vers l'intérieur
du noyau fretté.
En particulier, les jonctions de spires d'hélices circulaires ne doivent pas comporter un simple recouvrement, mais
bien un recouvrement de l'ordre de 15 à 20 diamètres suivi de deux ancrages par courbure avec retours dirigés vers
le coeur du noyau fretté. Les ancrages d'extrémité de spires comportent en outre des retours parallèles à l'axe du
cylindre d'enroulement des frettes.
A.8.4,26
L'écartement des frettes successives ne doit pas dépasser le cinquième de la plus petite dimension transversale de la
pièce ; l'armature de frettage a un diamètre au moins égal à 5 mm.
A.8.4,311
Le présent article vise les articulations obtenues par l'intermédiaire d'un noyau de béton rétréci.
Les efforts transmis par une articulation se réduisent à une force de compression dont l'inclinaison sur la normale au
plan de l'articulation est au plus égale à un quart. Les prescriptions de l'article A.8.4,11 ne sont pas applicables
comme étant trop restrictives.
Ces articulations, dites « articulations Freyssinet », n'équilibrent ni effort de traction ni couple de torsion même si
des aciers les traversent. Cependant, la présence d'aciers peut permettre d'équilibrer un complément d'effort
tranchant : il convient à ce sujet de se reporter à des résultats expérimentaux.
Il est précisé d'autre part que pour obtenir le glissement de deux surlaces, il est indispensable d'intercaler des
appareils d'appui spéciaux (à base de téflon par exemple) ; des déplacements relatifs entre deux pièces peuvent
aussi être obtenus par l'intermédiaire de pendules (colonnes courtes) en béton, articulés à leurs deux extrémités.
Les pièces articulées sont frettées conformément aux articles A.8.4,323 et A.8.4,333 ; ces aciers de frettage ne
dispensent pas des armatures indispensables pour assurer la diffusion des efforts visée en A.8.4,13.
A.8.4,312
Les faces en regard de deux pièces articulées par section rétrécie forment une fente, soit à bords parallèles de
largeur égale à l'épaisseur du noyau, soit de largeur croissante à partir du noyau, la pente relative des bords de la
fente n'excédant toutefois pas 5 %.
L'épaisseur du noyau est au plus égale au huitième de sa plus petite dimension transversale ; ce rapport peut être
porté au cinquième si l'épaisseur qui en résulte ne dépasse pas 2 cm.
A l'état limite ultime, la contrainte moyenne du noyau est au plus égale à 3 fcj.
A.8.4,313
A défaut de résultats expérimentaux significatifs, on limite les déplacements angulaires relatifs d'une articulation (état
limite de service) à 1/20.
A.8.4,321
Une articulation est dite linéaire si les mouvements de rotation relatifs qu'elle permet s'effectuent autour d'une droite
fixe par rapport aux pièces articulées.
A.8.4,322
Une articulation linéaire est comprimée sur toute sa longueur.
On peut supposer que l'effort de compression par unité de longueur varie linéairement le long de l'articulation.
La largeur des pièces articulées normalement à l'axe d'articulation est au moins égale à trois fois la largeur du noyau
constituant la section rétrécie.
La longueur de l'articulation prise en compte (parallèlement à son axe) est inférieure à la dimension correspondante
des pièces articulées, de telle manière que les armatures de frettage définies ci-après en A.8.4,323 puissent être
considérées comme efficaces sur toute la longueur de l'articulation.
A.8.4,323
Les pièces articulées comportent un frettage constitué « d'épingles à cheveux » alternées dans deux sens
perpendiculaires.
Aucune prescription n'est donnée sur la nuance et l'adhérence des armatures de frettage, les essais montrant que
ces paramètres n'ont pas d'influence sensible.
Le frettage s'étend sur une largeur (perpendiculaire à l'axe de l'articulation) au moins égale à trois fois la largeur
(comptée dans le même sens) du noyau. Le volume relatif des frettes est au moins de 1 % normalement à l'axe de
l'articulation et de 0,8 % parallèlement à cet axe.
La profondeur frettée est égale à la largeur définie ci-dessus, le volume relatif des frettes pouvant être réduit de 40 %
au-delà des 6/10 de cette profondeur.
A.8.4,331
Une articulation est dite ponctuelle si elle permet des mouvements de rotation relatifs des éléments articulés autour
d'un axe de rotation quelconque dans le plan de contact de ces éléments.
A.8.4,332
Le noyau de la section rétrécie est circulaire ; son diamètre est au plus égal au tiers de la plus petite dimension
transversale des pièces articulées.
A.8.4,333
Les pièces articulées sont frettées, soit par des « épingles à cheveux » alternées dans deux sens perpendiculaires,
soit par des hélices ou des cerces.
Le frettage s'étend sur une zone circulaire de diamètre au moins égal à trois fois le diamètre du noyau. Le volume
En cas de frettage par quadrillage, le volume relatif est dans chaque sens de 1 %.
La profondeur frettée est égale au diamètre fretté, le volume des frettes pouvant être réduit de 40 % au-delà des six
dixièmes de cette profondeur.
A.8.5,1
Il est possible de justifier par l'expérimentation les sollicitations à prendre en compte. La méthode la plus générale
consiste à opérer sur des modèles (souvent réduits) constitués de matériaux ayant un comportement élastique sous
charges instantanées.
L'intérêt éventuel d'un modèle en béton est que l'étude peut être conduite au-delà de la phase élastique. Sinon,
l'évaluation des sollicitations ne peut guère se faire que dans le domaine élastique, donnant alors des résultats
comparables à ceux qu'on obtient par analyse numérique avec un programme de calcul approprié.
Le choix du modèle doit faire l'objet d'une étude préalable destinée à vérifier la représentativité de celui-ci (conditions
de similitude) et à établir le programme d'essais.
Les tolérances d'exécution du modèle doivent être spécifiées. Il importe de prévoir l'obtention de résultats en
surnombre de façon à rectifier les erreurs éventuelles de mesure ou de report. La précision des essais doit être
comparable à celle des calculs courants de structures.
L'interprétation des essais conduit à l'évaluation des sollicitations (y compris celles dues aux réactions d'appuis) et
des déformations qui sont utilisées de la même manière et avec les mêmes coefficients de sécurité que les valeurs
calculées suivant les procédés de la Résistance des Matériaux.
A.8.5,2
Il est possible de justifier par l'expérimentation le comportement de tout ou partie de la structure, à condition de
procéder à un nombre d'essais représentatif, compte tenu de la dispersion du phénomène en cause.
Le cas des distributions multimodales échappe presque toujours aux possibilités pratiques d'essai.
A.8.5,21
De façon générale, les sollicitations résistantes déterminées par l'essai doivent être supérieures aux sollicitations
agissantes résultant des combinaisons d'actions de l'article A.3.3 sous réserve d'appliquer les coefficients γ
convenables. Cependant, ces justifications ne dispensent pas de respecter les règles de bonne construction (voir en
particulier la condition de non-fragilité de l'article A.4.2 et les dispositions constructives du chapitre A.7).
A.8.5,22
On opère sur des corps d'épreuve représentatifs des structures réelles vis-à-vis du (ou des) caractère(s) concerné(s).
Cette représentativité nécessite en principe que les corps d'épreuve soient constitués de matériaux de même nature
qui ceux de la structure. On peut expérimenter soit sur des élément prélevés dans une fabrication correspondant
aux conditions réelles de l'exécution, soit sur des pièces confectionnées en laboratoire.
On peut limiter les corps d'épreuve à une partie de la structure, à condition que l'enlèvement des autres parties n'ait
pas d'influence sur l'objectif de l'essai.
Les états de surface des reprises de bétonnage et des joints doivent être conformes à ce qui est prévu pour les
structures définitives.
Aucune simulation n'étant possible dans ce domaine, le corps d'épreuve doit être sur ce point strictement identique
à la structure concernée.
Le système de forces appliquées doit correspondre à la configuration la plus défavorable, eu égard à l'effet étudié.
Cette configuration peut être déterminée par le calcul ; la grandeur des forces est bien entendu fixée compte tenu
de l'échelle du corps d'épreuve.
Généralement les forces appliquées sont d'abord prises équivalentes aux combinaisons de service puis poussées
jusqu'à rupture.
A.8.5,23
Une étude préalable doit être conduite dans le but de :
définir les corps d'épreuve compte tenu des conditions ci-dessus et notamment de l'article A.8.5,22 (*) ;
définir de façon détaillée le programme d'essais (**) ;
fournir les bases de l'interprétation des essais.
* Il faut notamment spécifier l'échelle, les conditions de prélèvement, de confection et de conservation, l'âge au
moment des essais.
** En particulier, la vitesse et la durée d'application des forces lors des essais doivent être spécifiées.
A.8.5,24
Les deux cas le plus fréquemment rencontrés sont examinés ci-dessous ; il s'agit des corps d'épreuve provenant
d'une fabrication courante (A.8.5,241) et de ceux fabriqués en laboratoire (A.8.5,242).
Les possibilités ne se limitent pas aux deux cas cités ; on peut en particulier considérer des cas intermédiaires entre
A.8.5,241 et A.8.5,242.
A.8.5,241
Le cas examiné ci-après vise des corps d'épreuve provenant d'une fabrication courante et qui sont donc identiques
aux éléments réels ; les essais portent généralement sur l'ensemble du comportement.
Ce cas est pratiquement celui d'éléments d'assez petites dimensions prélevés parmi des pièces fabriquées en
grande série.
Le nombre d'essais doit être suffisamment grand pour que l'on puisse procéder à une interprétation statistique des
résultats et en déduire notamment des sollicitations résistantes caractéristiques correspondant à des fractiles et
niveaux de confiance au moins égaux à ceux qui correspondent à la définition de la résistance caractéristique du
matériau en cause.
Il en résulte que le nombre d'essais doit être au moins égal à celui des essais de contrôle du matériau dont la
résistance conditionne le dimensionnement. L'attention est cependant attirée sur ce que la détermination des
sollicitations résistantes correspond à des lois moins bien connues et plus dispersées que celles qui intéressent les
résistances des matériaux.
Ces sollicitations résistantes sont directement utilisées dans les justifications vis-à-vis des états limites de service.
Pour en déduire les valeurs de calcul des sollicitations résistantes ultimes, des appréciations sont généralement
nécessaires.
Les appréciations doivent tenir compte des coefficients habituels (γs et γb pour les matériaux, γ Q pour les
sollicitations) et des dispersions constatées (qui interviennent par la valeur de l'écart type). Lorsque nécessaire, les
coefficients γ Q sont décomposés conformément aux règles des Directives Communes.
A.8.5,242
Le cas examiné ci-après vise des corps d'épreuve fabriqués en laboratoire, les essais pouvant porter sur tout ou
partie du comportement.
L'échelle peut être réduite (*) et on peut (éventuellement) faire varier certains paramètres géométriques (**).
Le nombre des essais peut être restreint (voire unique) compte tenu de la faible dispersion liée à la confection des
corps d'épreuve en laboratoire. On obtient directement par la moyenne des résultats (ou par la valeur unique) la
valeur de service du caractère étudié à condition que les corps d'épreuve aient même résistance caractéristique. Par
contre, l'évaluation d'une valeur de calcul ultime donne lieu à appréciation et de toute façon il faut tenir compte du fait
que les lois de dispersion et les coefficients de variation ne sont pas les mêmes lorsqu'on passe de la construction
réelle au laboratoire.
B.1.1 indications sur le choix des bétons en fonction des résistances à obtenir et des
conditions de fabrication
L'article A.2.1,13 des présentes règles stipule qu'« à défaut de précédents et d'études préalables, on peut admettre, a
priori, pour des bétons courants, lors de la rédaction des projets, des valeurs de la résistance caractéristique à la
compression dont la pratique a montré qu'elles peuvent être normalement atteintes sur les chantiers ». Les projets
sont donc établis à partir d'une résistance caractéristique spécifiée qu'il y a lieu d'obtenir à l'exécution et, au stade de
leur élaboration, les compositions des bétons ne sont fournies qu'à titre indicatif à moins que l'on air effectué des
études préalables complètes ou que l'on dispose soit de références précises, soit de garanties comme c'est le cas
pour les bétons prêts à l'emploi à caractéristiques normalisées (B.C.N.) soumis à un autocontrôle surveillé.
Le commentaire du même article A.2.1,13 indique des valeurs susceptibles d'être normalement atteintes en fonction
de certaines conditions de fabrication. Mais, fréquemment, ces conditions ne sont pas remplies sur les chantiers où
sont exécutés des ossatures et éléments courants de structures et il est souvent difficile, pour ces mêmes chantiers,
de disposer d'informations précises sur les bétons susceptibles d'être mis en oeuvre au lieu de l'exécution.
Le tableau ci-après fournit, à titre indicatif, les dosages en kg de ciment par m³ de béton permettant d'obtenir dans la
grande majorité des cas les résistances caractéristiques requises. Les indications correspondent à des bétons
présentant un affaissement de l'ordre de 10 cm à l'essai normalisé.
L'autocontrôle surveillé intervient essentiellement par la rigueur accrue qu'il introduit dans le processus de fabrication.
Il est loisible également d'envisager l'utilisation de bétons présentant des résistances supérieures à celles indiquées
ci-dessus. De tels bétons présentent en outre l'avantage d'une plus grande durabilité. Toutefois les limites données
au chapitre A.2 doivent être respectées.
B.1.2 aciers
Les projets sont établis à partir d'armatures dont les caractéristiques sont spécifiées dans les textes réglementaires
en vigueur.
Il s'agit du Titre I du fascicule 4 du C.C.T.G., du DTU 21 et des DTU particuliers qui s'y réfèrent.
Les armatures doivent faire l'objet d'une fiche d'homologation délivrée par la Commission Inter-ministérielle
d'Homologation et de Contrôle des armatures pour béton armé.
Toutefois, l'emploi d'aciers non homologués reste possible sous réserve de dérogation motivée.
Il s'agit habituellement de structures constituées de poteaux verticaux, de dalles et de poutres. L'application de ces
règles aux ponts n'est pas envisagée.
Les domaines d'application de ces différentes règles sont définis aux paragraphes les concernant.
Cependant on distingue conventionnellement dans la suite du texte trois catégories de constructions.
De plus, les charges localisées appliquées à un élément quelconque de plancher (dalle, poutrelle, poutre) et
généralement associées implicitement aux charges réparties doivent être inférieures à la plus grande des deux
valeurs : 2 000 N et le quart de la charge d'exploitation totale susceptible d'être appliquée à cet élément.
Ce sont, par exemple, des charges mobiles de faible intensité l'action d'un cric, les charges de meubles, de
cloisonnements ou d'autres équipements de faible poids (appareils ménagers canalisations).
Entre, par exemple, dans cette catégorie, une construction comportant des parkings de véhicules légers, couverte
par un plancher sous chaussée.
B.3.1 actions
Les constructions, dont les dimensions et les dispositions constructives sont telles que, conformément aux indications
de l'article B.5, il est loisible de ne pas tenir compte des effets du retrait et des variations de la température
extérieure, peuvent, dans les cas usuels, être soumises aux actions (*) mentionnées ci-après, avec leur désignation
symbolique :
G action des charges permanentes - évaluées à partir des volumes définis par les dessins d'exécution ;
QB action des charges d'exploitation (**) évaluées à partir des valeurs nominales de celles-ci ;
W action du vent (***),
Sn action de la neige.
* Les normes et règlements principaux définissant certaines actions sont mentionnés en A.3. 1,1.
** Il est rappelé que les normes en vigueur prévoient que les éléments porteurs supportant une surface importante
de planchers peuvent, si les conditions réelles d'exploitation le justifient, être calculés pour une charge d'exploitation
unitaire inférieure à celle servant de base aux calculs des éléments secondaires (hourdis, poutrelles). A défaut de
précisions dans les textes réglementaires ou normatifs, le Cahier des Clauses Techniques Particulières (CCTP)
indique dans quelles conditions une telle réduction de la charge d'exploitation peut être envisagée.
Les mêmes normes prévoient que les éléments porteurs supportant un grand nombre de niveaux peuvent, dans
certains cas, être calculés pour une charge d'exploitation inférieure à celle ayant servi de base aux calculs des
planchers.
Il est également rappelé que dans les constructions industrielles et dans les garages, il convient d'étudier les effets
de charges localisées sur les éléments secondaires. A défaut de textes réglementaires ou normatifs, ces charges
doivent être définies par le CCTP
*** Conformément à l'article D 1.2,21 de l'annexe D, la valeur nominale du vent est prise égale à :
1,2 fois la « charge normale » des Règles NV 65 révisées vis-à-vis des états limites ultimes de résistance
;
la « charge normale » vis-à-vis des états limites de service, éventuellement à considérer.
La valeur nominale définie au demier paragraphe ci-dessus peut cependant être réduite pour certains états limites
de service non susceptibles de mettre en cause la durabilité des constructions.
L'action QB des charges d'exploitation est ou n'est pas prise en compte dans les différentes travées, par travées
entières, lorsqu'il s'agit de charges réparties, suivant indications données en B.6.1,2. Les cloisons sont à compter
dans la valeur de G, sauf disposition contraire des documents particuliers du marché.
Des règles particulières sont données pour la vérification de la résistance à l'effort tranchant dans les zones des
poutres autres que celles voisines des appuis (B,6.7,1).
B.3.2 sollicitations
Les sollicitations de calcul sont obtenues, par application de la Résistance des Matériaux, en envisageant
successivement les diverses combinaisons d'actions et les différents cas de charge.
On peut admettre en outre d'appliquer le principe de superposition aux sollicitations évaluées par les diverses
méthodes de calcul indiquées dans les présentes règles. Les courbes enveloppes des sollicitations de calcul peuvent
en être déduites.
Par exemple, les sollicitations d'un plancher dues aux charges pesantes peuvent être évaluées par la méthode «
forfaitaire » (B.6.2,21) alors que les sollicitations dues au vent sont évaluées par le calcul simplifié en portique défini
au paragraphe B.8.1,2.
Le cas de charge à considérer est le quatrième évoqué en B.6.1,21 sauf que l'on place sur la travée adjacente au
porte-à-faux la charge permanente 0,9 G au lieu de G.
Il suffit généralement d'appliquer les combinaisons d'actions de l'article B.6.1,2 mais les charges stabilisantes doivent
être évaluées avec le maximum de précision. On retient, par exemple, pour le béton le poids volumique résultant de
sa densité moyenne d'armatures ; on retient le poids minimal des cloisons et des revêtements, valeurs qui peuvent
être inférieures à celles admises par simplification pour le calcul des planchers et poteaux.
Des textes spécifiques traitent de certains ouvrages particuliers. Par exemple : cuvelages, réservoirs surélevés,
cheminées...
L'étude de la transmission des efforts entre les divers éléments des constructions et de la réalisation d'un chaînage
général de chaque bâtiment doit être un des soucis essentiels de l'ingénieur. Les dispositions qui en résultent sont
susceptibles de limiter l'ampleur des désordres pouvant résulter de sollicitations exceptionnelles non prises en
compte dans les calculs telles que séismes, bombardements ou explosions accidentelles.
L'efficacité des chaînages dépend non seulement de la résistance à la traction de leurs armatures. mais aussi des
conditions d'ancrage de celles-ci.
Dans les bâtiments à murs porteurs, on se réfère aux DTU correspondants : 20. 1 pour les maçonneries et 23.1
pour les murs banchés.
Dans le cas de bâtiments à ossature, les liaisons destinées à assurer le chaînage général sont en principe prévues
dans certains éléments de l'ossature, normalement dans les poteaux et les poutres au droit des poteaux. Pour les
poutres, la section de ces armatures formant chaînage ne doit pas être inférieure à 0.5 5 cm² par mètre de largeur
de plancher affectée au chaînage, pour les aciers de classe au moins égale à Fe E 400. Ces armatures doivent en
particulier être ancrées sur les appuis de rive. Pour les poteaux, on se réfère aux dispositions constructives les
concernant (article B.8).
B.5.0 généralités
Les effets des variations dimensionnelles qui peuvent habituellement être négligés dans les vérifications d'état limite
ultime sont en principe à envisager dans les états limites de service. Mais il est loisible de ne pas les prendre en
compte dans les calculs sous réserve de respecter certaines dispositions constructives faisant l'objet des
paragraphes suivants.
En effet, les variations dimensionnelles sont généralement petites par rapport aux déformations à l'état limite ultime.
Entre les valeurs limites de 25 et de 50 m, on peut retenir, pour un bâtiment de situation géographique déterminée,
une valeur intermédiaire justifiée. A titre d'exemple, pour la France métropolitaine, on peut admettre, comme
dimensions entre joints, des longueurs de :
25 m dans les départements voisins de la Méditerranée ;
30 à 35 m dans les régions de l'Est, les Alpes et le Massif Central ;
40 m dans la région parisienne ;
50 m dans les régions de l'Ouest.
Quand ces distances limites sont dépassées, on tient compte dans les calculs des effets du retrait et des variations
de température extérieure à moins que des dispositions spéciales ne soient prises pour pallier ces effets. On admet
cependant qu'un léger dépassement des limites précédentes permet de ne prendre en compte qu'une fraction des
effets du retrait et des variations de température. Si ℓmax est la distance maximale entre joints autorisée et ℓ la
distance entre joints prévue au projet et si Sr+T représente l'une des sollicitations provoquées dans la construction
projetée par le retrait et la température, on admet de ne conserver que la fraction α définie ci-après, de cette
sollicitation :
La tolérance, consistant à négliger les effets du retrait et des variations de température pour des éléments de
construction compris entre joints distants au maximum des longueurs fixées ci-dessus, ne s'applique qu'aux éléments
d'une ossature complète en béton armé reposant sur des supports normalement flexibles. Cette tolérance ne vise pas
le cas des poutres de grande longueur reposant sur des appuis en maçonnerie pour lequel il convient de prendre
toutes dispositions nécessaires pour que les effets du retrait et des variations thermiques ne produisent pas de
désordres dans les maçonneries ni éventuellement des efforts anormaux dans les poutres.
Dans le cas fréquent de bâtiments présentant en plan une forme rectangulaire allongée, la présence aux deux
extrémités de palées, destinées à assurer le contreventement longitudinal et rendues pratiquement indéformables
par des triangulations, des voiles en béton armé ou des remplissages en maçonnerie, est très défavorable en ce qui
concerne les effets des variations dimensionnelles ; il est bien préférable, lorsque cela est possible, de disposer de
telles palées de contreventement au voisinage du milieu de la longueur des bâtiments.
On constate souvent dans les angles aux extrémités des planchers des fissures sensiblement inclinées à 45° par
rapport à l'axe longitudinal des bâtiments, même lorsque la longueur de ceux-ci n'atteint pas les distances
maximales entre joints tolérées dans le présent article. Pour limiter l'ouverture de telles fissures, il convient de
disposer dans les travées extrêmes soit des armatures parallèles aux bissectrices des angles, soit des armatures
dans deux directions orthogonales, de section suffisante.
Les joints prévus dans les ossatures en élévation ne sont pas obligatoirement à prolonger dans les parties enterrées
et les fondations où il peut être préférable de n'en pas prévoir afin notamment d'éviter les fondations excentrées (à
moins que des coupures totales ne soient nécessaires en raison de conditions de fondation différentes). Toutefois
dans les étages de sous-sols présentant de grandes dimensions en plan, il convient de prolonger les joints prévus en
élévation afin de limiter les effets des variations dimensionnelles qui peuvent y être très sensibles compte tenu des
conditions d'ambiance (ventilation, température).
Il est précisé que les effets thermiques sont habituellement plus sensibles dans les étages sous terrasse pour
lesquels il convient normalement de prévoir entre le dernier plancher et la terrasse des joints supplémentaires,
appelés joints « diapason », permettant de diviser au moins par deux les distances entre joints principaux.
On constate également que les effets thermiques sont peu sensibles entre des niveaux soumis, du fait de leur
destination, aux mêmes conditions de chauffage ou de climatisation. C'est principalement dans les niveaux de
transition (entre infrastructure et superstructure par exemple) que les effets des variations dimensionnelles sont les
plus sensibles.
C'est le cas de certains immeubles dont les poteaux sont placés à l'extérieur des façades ou lorsque l'isolation
thermique des pignons se trouve placée du côté intérieur du bâtiment.
Les tassements différentiels de fondations peuvent également intervenir de façon semblable dans le comportement
des structures et des remplissages. On admet dans les cas de « constructions courantes » et de « constructions
industrielles » de ne pas tenir compte, pour la structure et pour les remplissages, de l'ensemble de ces effets sous
réserve que la dénivellation prévisible dans les vérifications aux états limites de service, reste inférieure à la plus
petite des valeurs suivantes :
1/300 de la portée (distance entre les éléments porteurs intérieurs et extérieurs) ;
1/500 de cette portée lorsqu'interviennent seuls les effets de tassements ;
1 cm dans le cas de cloisonnements rigides et fragiles bloqués dans l'ossature ;
2 cm dans les autres cas.
Ces règles conduisent approximativement à une hauteur, hors infrastructure, de 40 m dans le cas de cloisons
rigides et fragiles, et de 100 m dans le cas contraire sous réserve que les portées soient au moins égales à 6 m.
Les phénomènes thermiques envisagés dans le présent paragraphe ont des conséquences d'autant plus sensibles
que l'on se trouve dans les étages plus élevés. C'est donc dans les niveaux supérieurs qu'il faut, à défaut de
dispositions particulières, examiner les conséquences des dénivellations d'appuis sur la structure et sur les
cloisonnements bloqués par celle-ci, du fait de leur mise en parallélogramme.
Le respect des valeurs limites indiquées ci-dessus pour les variations dimensionnelles et pour les tassements ne
saurait garantir l'absence totale de fissurations dans les cloisonnements, mais a pour conséquence de limiter ces
fissurations dans des conditions normalement acceptables.
Les balcons dont la largeur excède 1,50 m ne sont pas considérés comme rentrant dans cette catégorie et le
projeteur doit, outre le respect de conditions au moins équivalentes à celles prévues pour les ouvrages de
dimensions courantes, examiner, cas par cas, les dispositions de coffrage et de ferraillage à prévoir en vue du
comportement satisfaisant de ces ouvrages.
B.5.3,1
Lorsque la longueur des éléments en béton armé extérieurs aux bâtiments est limitée à :
6 m dans les régions humides et tempérées,
4 m dans les régions sèches ou à forte opposition de température (telles la région littorale méditerranéenne
et certaines régions de l'Est à climat relativement continental),
la section des armatures longitudinales est au moins égale à :
0,002 de la section de béton lorsque le béton a une résistance caractéristique à la traction ft28 au moins
égale à 2,4 MPa (ou N/mm²) et que des précautions sont prises pour éviter une dessiccation trop rapide
pendant les premiers jours du durcissement ;
0,0025 de la même section lorsque les conditions ci-dessus ne sont pas satisfaites.
B.5.3,2
Lorsque les longueurs des éléments dépassent :
B.5.3,3
Pour des longueurs comprises entre 6 m et 12 m d'une part, et 4 m et 8 m d'autre part, suivant les régions, la section
minimale des armatures longitudinales est obtenue par interpolation linéaire entre les valeurs précédentes.
Les armatures dont la section minimale est fixée ci-dessus doivent être disposées de telle sorte que l'espacement
entre deux barres voisines n'excède pas la plus petite des deux valeurs 25 cm et 2,5 fois l'épaisseur du béton ; elles
comportent en outre une barre de plus gros diamètre ou éventuellement un groupe de barres :
au voisinage de l'extrémité des éléments en saillie (bandeaux saillants, balcons) ;
à la partie haute des garde-corps.
Les barres de trop gros diamètre placées à l'extrémité d'un élément mince exposé aux intempéries sont à éviter, en
raison du risque de corrosion de l'acier et d'éclatement du béton. L'armature de renfort à prévoir à l'extrémité des
éléments saillants ne doit pas avoir un diamètre supérieur à 10 mm.
Pour éviter que des fissures ne se propagent dans le prolongement des joints transversaux lorsque de tels joints
existent, il faut prévoir en fond de joint et au voisinage de la coupure, des armatures dont la section est du même
ordre de grandeur que celle disposée dans l'élément coupé.
Pour les murs en béton banché, on se réfère au DTU 23.1.
Pour les parois et murs de façade en maçonnerie, on se réfère au DTU 20.1.
B.6.1,1 portée à prendre en compte dans les calculs et sections d'encastrement à vérifier
La portée à prendre en compte dans les calculs est mesurée entre points d'application des résultantes des réactions
d'appui :
dans le cas de poutres munies d'appareils d'appui ;
dans le cas de poutres reposant sur des massifs ou des murs en maçonnerie.
Dans ce dernier cas, pour fixer les points d'application de ces résultantes, on peut admettre une répartition
triangulaire des pressions, la valeur maximale étant égale à la contrainte admissible sur la maçonnerie.
Il y a souvent intérêt, pour éviter les épaufrures des arêtes des appuis en maçonnerie, à adopter une disposition qui
ne charge pas les murs ou massifs au droit des arêtes, mais en retrait de celles-ci.
Dans les autres cas, et notamment dans celui très fréquent où les éléments de planchers reposent sur des appuis en
béton (poutres, poteaux ou voiles), la portée à prendre en compte dans les calculs est mesurée entre nus des appuis.
Les sections d'appui dont on justifie la résistance aux moments d'encastrement sont alors celles des nus intérieurs
des appuis, sous réserve de la vérification des effets des réactions sur les appuis ou sur les noeuds qui doivent
équilibrer les moments correspondants.
Il arrive, lorsque le schéma de calcul des sollicitations fait nécessairement intervenir les portées entre axes des
appuis (par exemple, calcul en portique), et que les appuis ont une grande rigidité, que les moments de continuité
(M' ) au nu intérieur des appuis soient notablement plus faibles que ceux (M) obtenus dans l'axe de ces appuis. On
effectue alors le calcul de la travée concernée avec la portée entre nus en la supposant parfaitement encastrée sur
ses appuis ; on obtient ainsi un moment d'encastrement (M'' ) au nu de l'appui. La justification d'état limite ultime est
à effectuer avec la plus grande des deux valeurs (M' ) et (M''' ) ; (M''' ) représente ici la plus petite des deux valeurs
(M) et (M'' ).
B.6.1,21 cas des éléments de planchers soumis uniquement aux actions des charges permanentes et des
charges d'exploitation, à l'exclusion de toute action climatique
Les seules combinaisons à considérer vis-à-vis des états limites ultimes sont :
En général, la combinaison (2) n'est pas déterminante si l'on tient compte de l'adaptation qui permet un décalage de
la courbe enveloppe des moments sous réserve qu'une partie de la section des aciers inférieurs soit prolongée
jusqu'aux appuis. Par contre, dans le cas d'une travée prolongée par un porte-à-faux, la combinaison (2) doit être
prise en considération (4e cas).
Dans le cas d'une poutre sur deux appuis simples prolongée par un porte-à-faux, les différents cas de charge à
considérer sont les suivants :
Le quatrième cas de charge est déterminant pour le calcul de la longueur des armatures en chapeaux du côté de la
travée. Il doit être pris en considération pour la justification de l'équilibre statique, mais avec 0,9 G dans la travée
entre appuis (art. B.3.3,1).
Le cinquième cas de charge est éventuellement déterminant pour la vérification du moment positif en travée.
B.6.1,22 cas des éléments de planchers susceptibles d'être soumis aux actions des charges permanentes,
des charges d'exploitation et du vent
Les combinaisons suivantes sont, en principe, à considérer :
Suivant les valeurs respectives des actions QB et W et suivant leur signe, certaines combinaisons d'actions ne sont,
de toute évidence, pas à retenir. Les combinaisons (1) et (2) peuvent être considérées comme incluses dans (3) et
(4) avec W = 0. Les combinaisons (2) et (4) appellent la même remarque que (2) au paragraphe précédent. Les
deux combinaisons (3) et (4), dans le cas des travées déchargées, sont incluses dans (5) et (6).
Dans les différentes travées d'un portique soumis à l'action des charges d'exploitation et du vent, les charges
d'exploitation peuvent ou non être appliquées par travées entières (B.3.1) dans les conditions les plus défavorables,
mais le vent est à prendre en compte, dans un sens ou dans l'autre, sur l'ensemble des travées.
Dans la grande majorité des cas, on aura normalement à retenir, pour la vérification aux moments de flexion tant
sur appuis qu'en travée, la plus défavorable des deux combinaisons :
La combinaison G + 1,5 W est éventuellement à prendre en considération dans la vérification aux moments positifs
sur appuis.
Lorsque l'action de base est la neige, pour une altitude supérieure à 500 m, dans le cas de locaux autres que
archives et parcs de stationnement, la valeur de ψo est à majorer de 10 %.
Sur les toitures-terrasses, il est d'usage de prendre en compte, soit la charge d'exploitation QB, soit la charge de
neige Sn mais non les deux simultanément, sauf dans certains cas particuliers comme les parkings en terrasse où il
convient de se référer aux textes spécifiques à ces ouvrages.
B.6.2,20
Dans le cas de planchers comportant des poutres (secondaires et principales) surmontées par une dalle générale à
laquelle elles sont liées, il est légitime d'utiliser, pour le calcul des poutres, les méthodes de calcul simplifiées
indiquées ci-après dont le domaine d'application est essentiellement défini en fonction du rapport de la charge
d'exploitation aux charges permanentes et limité éventuellement par des conditions complémentaires.
Ces méthodes s'appliquent aussi bien aux vérifications aux états limites ultimes qu'à celles éventuellement à faire aux
états limites de service.
Ces méthodes simplifiées tiennent compte des redistributions admissibles des efforts.
Elles ne s'appliquent pas au calcul de poutres n'appartenant pas à un plancher telles, par exemple, les poutres sous
chemins de roulement de ponts roulants où il est d'usage d'appliquer les méthodes de calcul en continuité théorique
ou de calcul en portiques, au moins sous l'action des charges mobiles.
L'application des méthodes de calcul en continuité théorique aux poutres appartenant à un plancher avec dalle
générale conduit souvent à des résultats d'une précision illusoire, en raison des incertitudes qui règnent sur la loi de
variation des moments d'inertie des sections transversales à prendre en compte et des effets de solidarité avec les
poteaux.
B.6.2,21 méthode de calcul applicable aux planchers à charge d'exploitation modérée dite « méthode
forfaitaire »
D'où les dénominations de « méthode forfaitaire » ou « règles forfaitaires » pour désigner cette méthode et les
règles qui en résultent. On peut se référer aux indications de l'annexe E. 1.
B.6.2,22 méthode de calcul applicable aux planchers à charge d'exploitation relativement élevée
Elle peut également s'appliquer à des planchers à charge d'exploitation modérée, notamment lorsque l'une des
conditions complémentaires du domaine d'application n'est pas remplie. Il est alors loisible d'apporter aux valeurs
des moments sur appuis dus aux charges permanentes les réductions indiquées à l'article B.6.2,210.
B.6.2,30
Les courbes enveloppes des sollicitations de calcul s'obtiennent, dans le cas général, en envisageant les divers cas
de charge pour les diverses combinaisons d'actions. Dans le cas d'éléments de planchers uniquement sollicités par
des charges permanentes (G) et par des charges d'exploitation (QB), les combinaisons à considérer sont les
combinaisons (1) définies en B.6.1,21 compte tenu des indications données en B.3.1 relativement à la prise en
compte de (G) et de (QB).
Il est rappelé que, dans le cas de travées prolongées par un porte-à-faux, il faut également considérer la
combinaison (2).
Dans certaines conditions restrictives d'application de la « méthode forfaitaire », conditions d'ailleurs fréquemment
rencontrées, on peut se dispenser du tracé précédent en appliquant les règles forfaitaires définies dans l'annexe
E.1 pour fixer les longueurs des armatures supérieures et des armatures inférieures de second lit.
Les courbes enveloppes résultent du choix effectué des moments sur appuis et en travée.
Leur tracé a posteriori peut être effectué ; il suffit d'affecter à chaque cas de charge (charge permanente seule ou
charge permanente et charge d'exploitation) la part des moments sur appuis qui lui correspond - dans les hypothèses
des travées adjacentes soumises ou non à la charge d'exploitation - par une règle proportionnelle appliquée aux
moments retenus.
C'est le cas, par exemple, des réservoirs et cuves (fascicule n° 74 du C.C.T.G), des cuvelages dans les parties
immergées de bâtiment (DTU 14.1).
Le pourcentage minimal de 0,001 correspond sensiblement à la section d'acier de classe Fe E 400 équilibrant, sous
une contrainte égale à la limite d'élasticité, le moment de fissuration de la section droite - moment correspondant à
un diagramme de Navier en matériau homogène, la contrainte de traction maximale étant égale à la résistance
caractéristique à la traction.
On peut se dispenser de la vérification de la condition de non-fragilité dans les sections sur appuis des poutres
continues sous réserve que la section des armatures tendues prévue en travée et respectant cette condition de non-
fragilité, équilibre le moment relatif à la poutre considérée sur appuis simples ou que la section des armatures
tendues en travée, majorée de la demi-somme des sections des armatures sur appuis, soit au moins égale à 0,002
de la section droite de la poutre. Une telle dérogation n'est pas admise sur les appuis d'équilibrage des porte-à-faux.
La majoration de 20 % des aciers calculés en flexion dispense de l'application de la condition de non-fragilité.
* Une telle éventualité se rencontre, par exemple, dans le cas de planchers flexibles reposant en façade sur des
maçonneries porteuses, par suite de la rotation sur appui.
** Parmi les incidents auxquels ont donné lieu les constructions en béton armé, un grand nombre a pour cause la
déformation excessive des éléments fléchis. Ces incidents ne mettent généralement pas en cause le bon
comportement des ouvrages en béton armé eux-mêmes ; ils affectent, le plus souvent, les revêtements de sols ou
de plafonds et surtout les cloisons ; les réparations qu'ils nécessitent entraînent des frais importants. Les exigences
formulées par certains maîtres d'oeuvre, relativement à la retombée des poutres ou à l'épaisseur des planchers,
l'accroissement des contraintes sous charges de service, la réduction des délais de construction sont autant de
facteurs susceptibles d'aggraver l'importance de ces incidents.
S'il y a lieu de se prémunir contre l'un des risques précédents, on doit justifier de l'état limite de déformation par un
calcul de flèche, qui peut être conduit suivant les principes exposés en B.6.5,2.
Toutefois, on peut admettre qu'il n'est pas indispensable de procéder à ce calcul pour des poutres dont le rapport h/ℓ
de la hauteur de section à la portée libre est au moins égal à
, Mt étant le moment fléchissant maximal en travée, sous réserve que la section A d'armatures tendues soit telle que
l'on ait
,bo étant la largeur de la nervure, d la hauteur utile de la poutre et fe la limite d'élasticité de l'acier exprimée en MPa
(ou N/mm²). La tolérance visée ci-dessus n'est applicable qu'à des poutres, associées à un hourdis, pour lesquelles le
rapport h/ℓ est au moins égal à 1/16 quelle que soit la valeur relative de Mt.
Le domaine d'application de cette tolérance est limité aux constructions courantes dont les planchers supportent
éventuellement des cloisons, mais sous réserve, dans ce dernier cas, que la portée des éléments fléchis soit limitée
à 8 m.
On peut utiliser les formules données ci-dessous ; les valeurs des coefficients qui interviennent ont été « ajustées »
en fonction de résultats de mesures de flèches au cours d'essais, généralement sous chargement instantané.
On peut admettre que I f est défini par la relation :
si la valeur de µ résultant de cette expression est positive et zéro dans le cas contraire.
Dans ces expressions :
I o désigne le moment d'inertie de la section totale rendue homogène calculé avec n = 15 ;
f t28 la résistance caractéristique du béton à la traction exprimée en MPa (ou N/mm²) ;
σs la contrainte de traction effective de l'armature correspondant au cas de charge considéré ;
ρ le « pourcentage » ou rapport de l'aire A de la section de l'armature tendue à l'aire de la section utile de
la nervure
M étant le moment fléchissant qui sollicite la section considérée sous la combinaison d'état limite de service
envisagée.
A défaut d'une justification basée sur l'évaluation des déformations à partir des valeurs des courbures, on peut
admettre que les flèches fi et fv sont égales à :
ces expressions approchées étant applicables aux cas des poutres simplement appuyées ou continues et aux
bandes de dalles continues ou non, dirigées dans le sens de la petite portée. Dans tous les cas, ℓ désigne la portée
mesurée entre nus d'appuis de la travée considérée et M le moment fléchissant maximal produit dans cette travée
par le cas de charge envisagé. Ce moment ne doit pas être inférieur aux valeurs données par application de la
méthode forfaitaire (annexe E. 1).
Pour les consoles, à défaut de justifications plus précises, on peut également admettre que les flèches fi et f r de
l'extrémité de la console correspondant aux déformations instantanées et de longue durée, ont respectivement pour
valeurs :
Il convient d'ajouter à ces valeurs le déplacement résultant de la rotation de la section d'encastrement, si cette
rotation ne peut être considérée comme négligeable.
Pour de faibles valeurs de σs , c'est-à-dire sous de faibles sollicitations, le coefficient µ est nul ; le moment d'inertie I f
est ainsi égal au moment d'inertie I o de la section totale homogène, ce qui est justifié par le fait que, sous de faibles
charges, la poutre n'est pas fissurée, sous réserve que ces charges soient les premières à intervenir.
Ceci met en évidence le fait qu'il est nécessaire de tenir compte dans le calcul des déformations de l'ordre dans
lequel interviennent les diverses charges dont on veut évaluer les effets.
En particulier, la détermination de la part de la flèche totale qui est susceptible d'affecter le bon comportement des
cloisons doit être effectuée de la façon suivante :
En prenant en compte, dans l'évaluation de µ, la valeur de σs correspondant au cas de charge envisagé, on calcule
:
les flèches fgi et fgv dues à l'ensemble des charges permanentes ;
la flèche fji due aux charges permanentes appliquées au moment de la mise en oeuvre des cloisons ;
la flèche fpi due à l'ensemble des charges permanentes et d'exploitation supportées par l'élément
considéré.
La part de la flèche totale Δ ft qui doit être comparée aux limites admissibles a pour valeur :
Dans le cas de mise en place tardive des cloisons ou de revêtements fragiles, il est loisible de ne pas tenir compte
dans la formule précédente de la flèche de fluage antérieur à cette mise en place.
L'attention est attirée sur le caractère aléatoire du processus de déformation des poutres qui est étroitement lié à la
formation et au développement de la fissuration, non seulement dans l'élément considéré, mais dans les éléments
voisins qui n'ont pas été pris en compte dans l'estimation de la résistance mais qui peuvent concourir au
renforcement de la rigidité de l'ensemble.
En conséquence, il serait vain de rechercher une identité entre la flèche Δft calculée et la flèche Δf t constatée en
oeuvre. La méthode de verification exposée ci-dessus ne constitue donc qu'un ensemble d'opérations ayant pour
but de s'assurer qu'en fonction des paramètres essentiels de la déformation, la structure présente une raideur
acceptable eu égard aux fonctions qu'elle doit remplir. Pour limiter l'importance des déformations, il convient de
mettre en oeuvre des bétons de bonne qualité, ayant en particulier une résistance à la traction élevée, et de leur
appliquer, le plus tard possible, les charges des cloisons et des revêtements.
Ce peut être le cas, dans certaines installations industrielles, de conditions imposées par le bon fonctionnement de
machines ou d'appareils.
Celles qui sont liées au bon comportement des revêtements et des cloisons dépendent de la plus ou moins grande
fragilité de ces éléments et, en ce qui concerne les cloisons notamment, de la présence éventuelle d'ouvertures ou de
raidisseurs.
A défaut de données plus précises, on peut admettre que la part de flèche qui est susceptible de mettre en cause le
bon comportement des cloisons et des revêtements de sols ou de plafonds ne doit pas dépasser :
pour les éléments supports reposant sur deux appuis, les valeurs :
ℓ/500 si la portée ℓ est au plus égale à 5 m ;
0.5 cm + ℓ/1 000 si la portée ℓ est supérieure à 5 m.
et pour les éléments supports en console, la valeur :
ℓ/250 si la portée ℓ de la console est au plus égale à 2 m.
Il paraît cependant difficile dans le cas de cloisons non superposées et dans celui de grandes portées de réduire les
risques de fissuration des cloisons en maçonnerie traditionnelle mises en oeuvre sans précautions particulières. De
telles précautions peuvent consister par exemple, à relier les planchers superposés entre eux, à prévoir des
raidisseurs incorporés ou des semelles compressibles, ces dernières étant de toute façon requises pour éviter la
mise en compression de certaines cloisons légères (DTU 20 et DTU 25-31). La superposition peut être un élément
favorable sous réserve que les cloisons soient fondées et assez résistantes, comme le justifient les constatations
faites dans certains bâtiments scolaires.
Dans les cas de flexion composée, il s'agit des moments rapportés au centre de gravité des aciers tendus.
Cet article s'applique en particulier aux poutres dont la portée n'excède pas une longueur de l'ordre de 25 m et dont
la largeur de l'âme n'est pas inférieure à 15 cm.
On rappelle que le fait d'appliquer les charges variables sur une partie seulement d'une travée conduit
généralement dans les sections autres que celles des appuis, à des efforts tranchants plus importants que ceux
obtenus en chargeant la totalité de la travée. Lorsque les charges sont uniformément réparties ou peuvent être
considérées comme telles, on peut, par simplification, tenir compte de la variation de l'effort tranchant en
maintenant à mi-travée une densité d'armatures transversales par unité de longueur égale au quart de celle
calculée au voisinage des appuis dans la même travée. Lorsque les poutres supportent des charges concentrées
importantes, la répartition des armatures transversales tient compte de la variation réelle de l'effort tranchant le long
de la ligne moyenne.
Les dispositions de ferraillage résultant de ces conditions conduisent habituellement à prévoir des épingles de liaison
entre les diverses files d'étriers lorsqu'il n'est pas disposé de cadre général ou de systèmes de cadres se recouvrant.
Le ferraillage doit être également conçu de telle sorte que toute partie de la section droite nécessaire au
fonctionnement de la poutre se trouve entourée convenablement par les armatures et liée efficacement au reste de la
section.
En dérogation aux prescriptions de l'article A.5.1 et à celles du présent article, on peut admettre de ne pas prévoir
d'armatures d'âme dans la partie centrale des poutres secondaires de plancher et des nervures de plancher à
nervures croisées et lorsque l'utilisation des locaux concernés ne peut conduire à des efforts dynamiques notables en
particulier à des chocs provenant de l'application usuelle des charges variables, sous réserve que les conditions
suivantes se trouvent respectées.
La dérogation ne peut également être admise dans des ouvrages pour lesquels le CCTP impose l'application des
Règles de calcul parasismiques.
Le fait de considérer qu'une poutre est secondaire ou non est à apprécier pour chaque construction en fonction de
la conception de sa structure, des reports de charges éventuels et du schéma de stabilité. Par exemple :
les poutrelles courantes d'un plancher ne supportant que quelques mètres carrés de hourdis (poutrelle
courante d'un parking grande trame) peuvent habituellement être considérées comme secondaires ;
les poutres supportant une autre poutre ou un poteau et les poutres participant à un portique de stabilité
ou constituant un tirant principal d'une voûte ou d'un arc ne peuvent pas être habituellement considérées
comme secondaires.
La zone concernée par la dérogation est la plus grande de ℓ/2 et ℓ-4h si ℓ est la portée entre nus et h la hauteur de la
poutre et en tout point de cette zone la contrainte tangente de calcul ne doit pas excéder 0,03 fc28,
cas des nervures de plancher à nervures croisées
La zone concernée par la dérogation est toute la portée et en tout point de cette zone la contrainte tangente de calcul
ne doit pas excéder 0,03 fc28.
* Une maçonnerie est de bonne qualité si elle satisfait aux conditions suivantes :
ses matériaux constitutifs, éléments assemblés et mortier, sont de résistance suffisante eu égard aux
efforts équilibrés ;
tous ses joints, quelle que soit leur direction, sont complètement remplis de mortier en contact intime avec
les éléments assemblés, ce qui exclut la possibilité de formation de voûte de décharge dans les
maçonneries à perforation horizontale ;
si elle est assisée, ses joints verticaux sont en découpe d'une assise à l'autre ;
si elle est à joints incertains, ces joints sont disposés de manière à ne pas former de « coups de sabre »
de quelque étendue ;
si les éléments assemblés ne présentent pas individuellement l'épaisseur totale de la maçonnerie, un
nombre convenable d'éléments formant boutisses de toute l'épaisseur est prévu à l'unité de surface ;
la résistance à la compression de la maçonnerie, définie par la norme la concernant, est au moins de 10
MPa ou N/mm² (100 bars).
** Les lignes moyennes des voûtes, tracées suivant un funiculaire des charges appliquées, et les épaisseurs de ces
voûtes de décharge, doivent être telles que :
d'une part, les contraintes normales dans les maçonneries soient exclusivement des compressions dont
les valeurs maximales de calcul (compte tenu des coefficients de majoration des actions) ne dépassent
pas les limites admissibles (compte tenu des coefficients minorateurs des résistances des matériaux),
soit, en principe et sauf justifications spéciales. 2 MPa ou N/mm² (20 bars) pour les maçonneries et fc28/2
(fc28/3 dans le cas de fissuration très préjudiciable) pour le béton non armé respectant les prescriptions de
l' article A.2. 1.1. On peut toutefois admettre de dépasser les limites précédentes sur dispositions et
justifications spéciales (armatures, frettage...) et sous réserve que l'étendue de la zone de la voûte
concernée soit limitée ;
d'autre part, les poussées des voûtes puissent être reprises par d'autres éléments ou transmises aux
poutres grâce au frottement de la maçonnerie sur le béton ou grâce à des dispositifs spéciaux. De tels
dispositifs peuvent en particulier être nécessaires au droit des appuis de rive et au droit des appuis des
travées isolées. Le coefficient de frottement de la maçonnerie sur le béton peut généralement être pris
égal à 0,50.
Quand les conditions ainsi précisées sont remplies, on peut considérer que les poutres sont sollicitées par le seul
poids de la maçonnerie au-dessous de l'intrados des voûtes et par les charges éventuellement appliquées dans
cette région ainsi que par les poussées de ces voûtes.
Il peut se faire que les retombées des voûtes débordent des appuis ; il en résulte alors dans les poutres des efforts
tranchants importants dont il faut tenir compte.
soit d'un hourdis coulé en place sur un coffrage qui peut être perdu (entrevous léger,...) ou ne restant pas
en oeuvre ;
soit d'un hourdis coulé en place sur une prédalle en béton armé (cf. pour les prédalles l'article B.7.6) ;
soit d'un hourdis préfabriqué sur toute son épaisseur, liaisonné avec les poutrelles par des clavetages
coulés en place.
Il existe d'autres types de planchers à poutrelles préfabriquées. Ceux qui ne rentrent pas dans le domaine des
systèmes traditionnels font l'objet soit de documents spécifiques, soit d'Avis Techniques.
B.6.8,411
La liaison entre éléments préfabriqués et béton coulé en place doit assurer le monolithisme de l'ensemble pour les
efforts à transmettre, ce qui implique que toute surface de reprise soit traversée par des aciers de couture,
conformément à l'article A.5.3.
B.6.8,412
Les poutrelles préfabriquées doivent être justifiées en phase de construction compte tenu de leurs dispositifs
d'étaiement. Lorsqu'il est prévu des étais intermédiaires, on admet couramment de ne pas tenir compte de ces
phases de construction dans la justification de l'ouvrage terminé. Pour la justification des poutrelles préfabriquées en
phase de construction, on considère l'effet des poids des ouvriers, des matériaux (en place ou avant régalage) et des
appareils de service.
Dans les cas les plus courants, on peut prendre, outre le poids des matériaux et des coffrages, une charge
localisée au centre de chaque portée entre étais dont l'intensité est la plus grande des deux valeurs 1 000 N et 500
N par mètre de portée entre étais.
B.6.8,413
Les justifications d'effort tranchant dans la poutrelle sont à effectuer conformément aux prescriptions des
articles A.5.1 et B.6.7 en tenant compte uniquement des dimensions de la section de la poutrelle.
Ceci exclut la prise en compte des surépaisseurs latérales de béton qui pourraient résulter des dispositions de
clavetage.
B.6.8,414
En dehors des cas où le calcul des efforts internes résulte de la succession des phases de construction, les moments
à prendre en compte sur appuis sont ceux donnés à l'article B.6.2,2.
Les poutrelles posées sans étais intermédiaires sont à étudier en tenant compte de la succession des phases de
construction.
Dans tous les cas, même si les planchers sont calculés comme s'ils reposaient sur des appuis simples, c'est-à-dire
pour un moment maximal en travée égal à Mo, des armatures supérieures doivent être disposées sur appuis pour
équilibrer un moment égal à -0,15 Mo.
B.6.8,415
Les armatures inférieures doivent être suffisantes pour équilibrer au nu de l'appui un effort de traction qui, sauf
justification particulière, est pris égal à l'effort tranchant, et être ancrées pour cet effort (A.5.1,312).
La réalisation de liaisons correctes et efficaces constitue la difficulté majeure de l'utilisation d'éléments préfabriqués.
Il est cependant essentiel que de telles liaisons existent si l'on veut que les techniques de la préfabrication
permettent de réaliser des ossatures monolithes comme le sont les ossatures traditionnelles de béton armé. Les
règles données ont donc pour objet d'obliger les constructeurs à étudier avec attention ces liaisons.
B.6.8,416
Aux appuis, la transmission des efforts de compression entre nervures opposées doit être assurée, soit que les
poutrelles puissent être alignées, soit que les chaînages soient suffisants à cet égard.
Dans le cas d'entrevous en béton ou en terre cuite, aucune vérification n'est nécessaire pour les entre-axes ne
dépassant pas 60 cm et les largeurs de chaînage usuelles.
Sans entrevous, aucune vérification n'est nécessaire si le décalage entre poutrelles opposées n'est pas supérieur à
la largeur du béton coulé entre les extrémités de celles-ci.
B.6.8,417
En dehors du cas des hourdis sur entrevous de terre cuite ou béton, on applique aux hourdis les prescriptions
relatives aux dalles sur appuis continus (B.7).
On doit veiller tout particulièrement à la transmission du glissement entre hourdis préfabriqués et béton de clavetage
ainsi qu'à la transmission des moments positifs et négatifs sur appuis.
Par exemple, la liaison entre hourdis préfabriqués peut être envisagée comme représenté sur la figure ci-dessous.
B.6.8,418
Les déformations des poutrelles préfabriquées doivent rester suffisamment faibles pour ne pas nuire à l'aspect et à
l'utilisation de la construction et pour que les revêtements, les cloisons ou autres ouvrages supportés par l'ossature
en béton armé, s'il en existe, ne soient pas endommagés d'une façon inadmissible par suite de déformations
excessives de leurs supports.
Pour évaluer les flèches des poutrelles préfabriquées, on peut utiliser les méthodes indiquées pour les poutres
(B.6.5). L'attention des constructeurs est appelée sur les trois points suivants :
il convient d'être prudent en ce qui concerne les effets des liaisons avec les éléments voisins (par
exemple, continuité sur appui, solidarisation transversale entre poutrelles) ;
il faut extrapoler avec circonspection les résultats des mesures de flèches faites sous charges rapidement
croissantes à la détermination des déformations probables sous charges permanentes ou de longue durée
;
lorsque les poutrelles préfabriquées sont posées sans étais intermédiaires, il y a lieu d'examiner les
incidences de leur déformation sous le poids propre du plancher.
B.6.8,42 règles particulières à certains planchers avec hourdis sur entrevous de terre cuite ou béton
Les règles de l'article B.6.8,41 s'appliquent compte tenu des aménagements indiqués ci-après :
B.6.8,421
En dérogation à l'article B.6.8,411, il est possible de ne pas prévoir d'armatures de couture entre les poutrelles
préfabriquées et le béton coulé en place et, corrélativement, d'armatures d'effort tranchant dans les poutrelles sous
* Un cas de blocage largement expérimenté est celui qui résulte de la pénétration du béton entre les entrevous et
les poutrelles dont les âmes sont élargies vers le haut et dont la face supérieure présente une rugosité marquée.
** Lorsque les entrevous sont plus hauts que les poutrelles, la forme des entrevous doit permettre un bétonnage
aisé du blocage, ce qui nécessite un évasement de la section de béton coulé d'autant plus grand que la différence
de hauteur est plus grande.
B.6.8,422
Dans le cas de poutrelles comportant des talons munis d'aciers principaux (de flexion), on s'assure que la contrainte
de glissement de calcul dans les plans verticaux de jonction du talon à l'âme ne dépasse pas 0,02 f c28. Dans le cas
contraire, il y a lieu d'appliquer à ces plans verticaux la règle des coutures (A.5.3,1).
B.6.8,423 hourdis
Le hourdis doit avoir une épaisseur minimale de 4 cm. Il est armé d'un quadrillage de barres dont les dimensions de
mailles ne doivent pas dépasser :
20 cm (5 p.m.) pour les armatures perpendiculaires aux nervures,
33 cm (3 p.m.) pour les armatures parallèles aux nervures.
Les sections des armatures doivent normalement satisfaire aux conditions définies ci-après :
Quand l'écartement entre axes des nervures est au plus égal à 50 cm, la section des armatures perpendiculaires aux
nervures exprimée en centimètres carrés par mètre linéaire doit être au moins égale à 200/fe, f e étant la limite
d'élasticité de l'acier utilisé exprimée en MPa ou N/mm² (ou 2 000/fe, fe étant exprimée en bars).
Quand l'écartement ℓ entre axes des nervures est compris entre 50 et 80 cm, la section A des armatures
perpendiculaires aux nervures doit être au moins égale à :
Il est utile de prévoir des armatures dans les hourdis sur entrevous pour :
limiter les risques de fissuration par retrait, qui sont eux-mêmes aggravés par l'utilisation de ciments à fort
retrait ;
résister aux effets des charges appliquées sur des surfaces réduites ;
réaliser un effet de répartition, entre nervures voisines, des charges localisées, notamment de celles
correspondant aux cloisons.
La mise en oeuvre de certains revêtements relativement fragiles peut accentuer les inconvénients des fissurations
éventuelles.
Le fait de fixer une section minimale pour les armatures perpendiculaires aux nervures ne dispense pas de vérifier
l'état limite ultime de résistance du hourdis dans le cas particulier d'application de charges localisées d'intensité
notable.
B.6.8,424 déformations
Pour calculer les flèches des poutrelles de planchers à entrevous, on peut utiliser les méthodes indiquées pour les
poutres à l'article B.6.5. Lorsqu'il est prévu des étais intermédiaires, pour tenir compte du supplément de rigidité
résultant de la présence des entrevous, il est loisible d'appliquer à la valeur calculée de la flèche totale une réduction
forfaitaire de 20 % pour h ≤ 20 cm et de 10 % pour h ≥ 30 cm avec interpolation linéaire entre les deux valeurs en
fonction de h.
Lorsqu'il est prévu des étais intermédiaires, on peut cependant se dispenser de donner une justification de la
déformabilité des planchers à entrevous à condition que le rapport h/ℓ de la hauteur totale de section des nervures
(épaisseur de dalle comprise) à la portée libre soit au moins égal à Mt/15Mo, Mt étant le moment fléchissant
maximal en travée sous réserve que le pourcentage d'armatures ρ o = A/bod soit au plus égal à 3,6/fe avec f e en
MPa ou N/mm² (36/fe avec fe en bars), bo désignant la largeur des nervures et fe la limite d'élasticité des armatures
tendues.
De plus, cette tolérance, autorisant à ne pas justifier la rigidité, n'est valable que pour des poutrelles pour lesquelles
le rapport h/ℓ est au moins égal à 1/22,5.
B.6.8,425 entrevous
Les entrevous doivent avoir des caractéristiques convenables. En particulier, l'attention est attirée sur la nécessité
d'utiliser des entrevous en terre cuite présentant une dilatation à l'humidité adaptée aux constructions où les
planchers sont mis en oeuvre.
Les inclinaisons des bielles comprimées et des diagonales tendues armées peuvent être choisies arbitrairement en
tout point de la poutre par le projeteur. Toutefois, l'inclinaison des bielles comprimées doit être d'au moins 30° sur
l'horizontale sauf justification particulière.
L'application de cette méthode s'avère d'autant plus délicate et fait d'autant plus appel à l'adaptation qu'on s'écarte
du schéma de distribution des contraintes internes avant fissuration.
La poutre peut être évidée en respectant le schéma du treillis et la contrainte limite du béton dans les éléments
comprimés et en prévoyant les renforts éventuellement nécessaires autour des ouvertures. On doit en particulier
justifier de la contrainte du béton dans les éléments comprimés, de la section d'armatures dans les éléments tendus
et de l'ancrage de ces armatures aux noeuds du treillis.
En outre, les dispositions constructives suivantes doivent être respectées.
appui intermédiaire d'une poutre continue
Les aciers armant la partie centrale de la poutre en partie basse sont prolongés jusqu'aux appuis dans la proportion
d'au moins 10 % de leur valeur.
appui de rive
Il faut s'assurer que les aciers calculés selon le schéma du treillis et arrivant sur l'appui en partie basse de la poutre
équilibrent une force de traction au moins égale au tiers de l'effort tranchant et sont ancrés à cet effet.
Dans le cas de schéma de treillis ne conduisant pas à l'obligation d'aciers en partie basse de la poutre au voisinage
de l'appui, il est nécessaire à défaut d'appliquer la règle du paragraphe précédent d'adopter des dispositions de
coffrage en conformité avec le schéma de treillis retenu.
Les planchers sur appuis ponctuels, planchers-champignons et planchers-dalles, font l'objet de l'annexe E.4.
B.7.2,11
Lorsque la ligne de soudures en cause est disposée entre les nus des appuis et les armatures des éléments en béton
armé d'appui (armatures d'âme des poutres ou armatures verticales des voiles), la condition d'ancrage requise ne
peut être considérée comme satisfaite que dans les cas suivants :
les distances entre appuis des dalles sont choisies, au projet, en fonction des dimensions des mailles des
panneaux de treillis soudé utilisés et les procédés d'exécution permettant de remplir la condition de distance
fixée plus haut.
ou plus couramment, le ferraillage comporte des panneaux de treillis soudé disposés, en recouvrement, au
centre des plaques (« panneaux en tiroir ou en portefeuille »), ce qui permet un certain réglage de
positionnement sur appuis.
B.7.2,12
Lorsque la ligne de soudures est disposée à l'intérieur du contour des cadres, ceci implique :
soit de disposer les panneaux de treillis soudé inférieurs avant le façonnage complet des cadres ;
soit de couper le fil parallèle au plan moyen de la poutre au droit des cadres pour permettre la pénétration
de la première ligne de points de soudure des fils à ancrer.
Il peut souvent être indiqué de prévoir des armatures en barres, convenablement ancrées, venant en recouvrement
avec le treillis soudé, en principe sur une longueur comportant trois soudures ; ces armatures en barres peuvent être
façonnées pour servir d'armatures supérieures sur appuis afin de résister aux moments d'encastrement ou de
continuité (B.6.8,417).
Si, exceptionnellement, une proportion inférieure à la moitié de la section en travée des armatures du panneau est
prolongée jusqu'aux appuis, les dispositions adoptées sont à justifier par le tracé du diagramme des moments
résistants et des courbes enveloppes des moments fléchissants et par la vérification des conditions d'ancrage sur les
appuis (nombre de soudures pour les treillis soudés formés de fils lisses et longueurs d'ancrage pour les barres et les
Certaines constructions ou parties de constructions dans lesquelles les dalles sont particulièrement exposées aux
phénomènes de variation linéaire contrariée doivent en outre faire l'objet de dispositions constructives
complémentaires telles que joints provisoires, joints définitifs, préfabrication, appuis à glissement, etc. A défaut la
section minimale d'armatures dans le sens principal porteur des dalles doit être augmentée. L'attention est
cependant attirée sur le fait que la maîtrise des phénomènes et de l'aspect par la seule notion de « section minimale
d'armatures » conduit alors à des valeurs très importantes et inhabituelles.
Les parkings enterrés, fortement ventilés sur l'extérieur et dont les parois périphériques sont réalisées
préalablement sont, par exemple, concernés par ce problème.
* ρo est le rapport du volume des aciers à celui du béton.
Les taux minimaux d'acier ρx dans le sens « x » et ρy dans le sens « y » doivent satisfaire les inégalités suivantes :
On peut se dispenser de la vérification des conditions de non-fragilité et de section minimale pour les armatures sur
appuis des dalles continues sous réserve que la section d'armatures prévue en travée et respectant ces conditions
équilibre le moment relatif au panneau de dalle considéré comme articulé sur son contour ou que la section des
aciers en travée majorée de la demi-somme des sections des aciers sur appuis soit au moins égale au double du
taux défini ci-dessus. Une telle dérogation n'est pas admise sur les appuis d'équilibrage des porte-à-faux.
On associe généralement aux « chapeaux » des aciers perpendiculaires. Ces derniers doivent être considérés
comme aciers de montage et de ce fait ne sont pas justiciables des règles de section minimale et d'espacement.
Cependant, dans le cas de « chapeaux » en treillis soudé lisse, ils interviennent dans les conditions d'ancrage et
doivent être justifiés en conséquence.
On peut se dispenser de l'application des conditions précédentes pour autant que l'on majore de 20 % les aciers
calculés en flexion (§ A.8.2,3) ainsi que les aciers de répartition (§ A.8.2,41).
Le respect de certaines dispositions de coffrage peut même dispenser de la mise en place d'armatures de flexion
dans certaines dalles. C'est, par exemple, sur justifications particulières, le cas de dalles de petites dimensions
(portée de l'ordre du mètre) et d'élancement géométrique suffisamment faible (inférieur à 20), ceinturées par des
butées efficaces et en l'absence de charges concentrées fixes ou mobiles importantes.
Les planchers ainsi réalisés peuvent avoir deux, trois ou quatre bords appuyés. Ils peuvent aussi constituer les
hourdis de planchers nervurés.
Les prescriptions qui suivent ne concernent pas :
les éléments formant seulement coffrage de dalle ou de hourdis pendant la construction ;
les prédalles comportant des nervures en béton importantes et les éléments préfabriqués dont l'épaisseur
totale de béton excède la moitié de l'épaisseur du plancher fini, qui peuvent néanmoins être utilisés de
façon satisfaisante.
Certaines indications de cet article peuvent cependant leur être appliquées, en particulier pour la deuxième
catégorie citée ci-dessus, celles relatives au monolithisme d'ensemble et aux glissements à l'interface. Le
fonctionnement monolithique qui suppose la transmission d'efforts internes de glissement à l'interface de la prédalle
et de la dalle implique des surfaces rugueuses et propres.
Les conditions d'enrobage des armatures conduisent en pratique à une épaisseur de 5 cm, sauf pour les prédalles
de petites dimensions pour lesquelles une épaisseur de 4 cm peut être envisagée.
La hauteur utile intervenant dans les justifications en phase provisoire est évaluée compte tenu de la présence
B.7.6,2 justifications
B.7.6,20
Les règles générales relatives aux dalles sur appuis continus (B.7.0 à B.7.5) s'appliquent compte tenu des
aménagements indiqués ci-après.
B.7.6,211
Les prédalles doivent être justifiées en phases de manutention, de stockage et de mise en place, compte tenu des
dispositifs d'appui et de levage prévus dans ces opérations.
B.7.6,212
Les prédalles doivent être justifiées en phase d'exécution du plancher du fait de leur rôle de coffrage et compte tenu
de leur dispositif d'étaiement.
Les charges à prendre en compte par mètre linéaire de largeur de prédalle peuvent être estimées comme indiqué
au commentaire de l'article B.6.8,412
En cas d'indentations marquées de profil géométrique défini, des contraintes plus élevées que celles
fixées en A.5.3.3 peuvent être adoptées sur justifications.
si les conditions de l'article A.5.3,3 ne sont pas respectées, il y a lieu de prévoir des armatures de couture.
Celles-ci doivent être déterminées à partir de la force totale de glissement ultime s'exerçant sur les tiers
extrêmes et être disposées dans ces zones. Le pas des files d'armature de couture n'excède pas la hauteur
de plancher et l'intervalle entre ces files n'excède pas trois fois cette hauteur.
L'ancrage des armatures de couture dans la prédalle nécessite des dispositions spécialement étudiées comme, par
exemple, le soudage d'une barre filante en partie inférieure des coutures. Pour assurer la stabilité lors de leur pose
et la non-détérioration ultérieure, le dispositif doit être complété par des tronçons d'armatures soudés
perpendiculairement à la barre filante, de façon à former un pied.
Sur justifications et dans certaines limites, il peut être admis de ne prévoir des aciers de couture que localement,
par exemple, au voisinage des trémies et réservations de faible importance.
B.7.6,4 poinçonnement
A défaut de justifications particulières, les règles définies à l'article A.5.2,4 s'appliquent sous réserve de substituer le
coefficient 0,030 au coefficient 0,045 de la formule de l'article A.5.2,42.
La règle ci-dessus a été admise par souci de simplification ; pour les poteaux intermédiaires, elle ne conduit pas à
des charges très notablement différentes de celles que donneraient des calculs plus complexes ; elle conduit à
surestimer les charges des poteaux de rive, ce qui compense dans une certaine mesure, quant à la sécurité, la non-
prise en compte des sollicitations de flexion de ces poteaux. L'attention est attirée sur le fait que négliger les
moments de flexion dans les poteaux de rive n'est légitime que si le rapport de la raideur des planchers à la raideur
des poteaux est, soit suffisamment grand (cas le plus fréquent), soit suffisamment petit (cas exceptionnel)
(cf.B.8.2,10).
Dans le cas d'éléments de rive prolongés par des parties en porte à faux, il est tenu compte de l'effet de console dans
l'évaluation des charges transmises aux poteaux, en admettant la discontinuité des travées au droit des poteaux
voisins des poteaux de rive.
* Il est bien évident que la méthode proposée ne saurait être considérée comme définissant un fonctionnement des
ossatures rigoureusement conforme à la réalité ; on peut la remplacer par tout autre schéma logique de
fonctionnement. Si l'ossature est déterminée pour résister aux sollicitations résultant d'un tel schéma, on peut
admettre que la sécurité vis-à-vis de l'état limite ultime de résistance ne dépend pas du schéma employé, sous
réserve que la ruine du système ne puisse survenir par une rupture de caractère fragile ou par instabilité de forme
d'un ou de plusieurs de ses éléments, mais bien par la formation d'articulations à caractère plastique.
Il convient, d'ailleurs, de noter que le contreventement des bâtiments à grand nombre d'étages en considérant des
portiques superposés pour résister aux actions du vent est une solution généralement onéreuse, qui n'est pas
toujours compatible avec les déformations que peuvent subir sans désordre les remplissages.
Il est alors préférable de constituer des pans verticaux de contreventement dont la rigidité est assurée par des
triangulations, des voiles en béton armé, des panneaux en maçonnerie porteuse ou même des panneaux de
remplissage de résistance suffisante.
** Dans la hauteur de l'étage inférieur, il n'a pas paru possible de fixer des règles précises concernant la position
des points de moment nul dans les poteaux. Celle-ci dépend des liaisons avec les poutres du premier plancher et
avec les fondations et des conditions de déformation des fondations. Le projeteur est souvent conduit à faire
successivement deux hypothèses dont il est assuré qu'elles « encadrent » la réalité. Il convient de remarquer que,
dans les circonstances les plus courantes, la liaison des poteaux à leur fondation se rapproche davantage d'une
articulation que d'un encastrement.
B.8.2,10 définition
Un poteau est réputé soumis à une compression « centrée » s'il n'est sollicité en plus de l'effort normal de
compression que par des moments dont l'existence n'est pas prise en compte dans la justification de la stabilité et de
la résistance des éléments qui lui sont liés et qui ne conduisent par ailleurs qu'à de petites excentricités de la force
extérieure.
Par contre, les poteaux formant portique de contreventement ne peuvent évidemment être rangés dans cette
catégorie. En outre, les poteaux plus rigides que les poutres dont ils sont solidaires ne peuvent être justifiés par le
présent article que si l'excentricité que provoqueraient les moments de continuité des poutres reste petite, par
exemple de l'ordre de grandeur de la moitié de la dimension du noyau central.
L'attention est attirée sur le cas des poteaux d'angle ou de rive dans les étages supérieurs des bâtiments. Il peut
être nécessaire de justifier le ferraillage sous l'effet des moments de continuité compte tenu de l'effort normal réduit.
B.8.2,11 poteaux soumis uniquement aux actions dues à des charges permanentes et à des charges
d'exploitation
Les combinaisons d'actions sont celles définies pour les poutres à l'article B.6.1,21.
QB représente alors l'action des charges d'exploitation évaluée au niveau considéré en faisant application s'il y a lieu
de la loi de dégression dans les bâtiments à étages.
Il est rappelé que la loi de dégression dans les bâtiments à étages ne cumule pas ses effets avec ceux de la règle
de réduction des charges d'exploitation des éléments supportant une grande surface de plancher.
Sauf exception, sur la terrasse d'un immeuble, QB peut représenter, soit la charge d'exploitation, soit la neige
(Commentaire B.6.1,23).
Dans les cas les plus courants, l'unique combinaison d'actions à considérer est :
1.35 G + 1.5 QB
Les autres combinaisons peuvent être rencontrées notamment dans le cas où des porte-à-faux importants sont
susceptibles de provoquer des efforts de soulèvement dans certains poteaux.
B.8.2,12 poteaux soumis aux actions dues à des charges permanentes, des charges d'exploitation et au vent
L'action du vent sur des poteaux soumis à une compression « centrée » ne peut se présenter que lorsque ces
poteaux constituent membrure comprimée ou tendue d'un dispositif de contreventement.
Les combinaisons d'actions sont celles définies pour les poutres à l'article B.6.1,22, QB étant défini à l'article B.8.2,11.
Dans les cas les plus courants, les quatre combinaisons d'actions à considérer sont :
1. 1,35 G + 1,5 QB
2. 1,35 G + 1,5 QB + W
3. 1,35 G + 1,5 W + 1,3 ψ o QB
4. G + 1,5 W
où le produit 1,3 ψo prend les valeurs indiquées à l'article B.6.1,22.
L'attention est attirée sur le fait que les encastrements sont rarement parfaits en pratique et que, dans ces
conditions, les longueurs de flambement sont plus grandes que les longueurs théoriques mentionnées ci-dessus.
B.8.3,31
Pour les bâtiments à étages qui sont contreventés par un système de pans verticaux (avec triangulations, voiles en
béton armé ou maçonnerie de résistance suffisante) et où la continuité des poteaux et de leur section a été assurée,
la longueur ℓf est prise égale à :
0,7 ℓo si le poteau est à ses extrémités :
soit encastré dans un massif de fondation ;
soit assemblé à des poutres de plancher ayant au moins la même raideur que lui dans le sens
considéré et le traversant de part en part ;
ℓo dans tous les autres cas.
B.8.3,32
Pour les autres bâtiments dont le contreventement est assuré par des ossatures, l'état limite ultime de stabilité de
forme est à justifier cas par cas.
Il n'est plus alors habituellement possible de se référer aux valeurs de longueur de flambement telles qu'elles
résultent des paragraphes précédents. Des indications complémentaires sont données à l'annexe E. 7.
L'élancement λ d'une pièce comprimée de section constante est le rapport de sa longueur de flambement ℓf définie
en B.8.3 au rayon de giration i de la section droite du béton seul calculé dans le plan de flambement.
Les valeurs de α sont à diviser par 1,10 si plus de la moitié des charges est appliquée avant 90 jours.
Les valeurs données pour le coefficient α ont été choisies en tenant compte du durcissement du béton entre 28 et
90 jours ainsi que de la diminution de la susceptibilité au fluage dans le cas d'un chargement tardif.
Il convient d'appliquer une réduction complémentaire lorsque la majeure partie des charges est appliquée avant 28
jours (on prend la contrainte fc au lieu de fc28 et le coefficient de réduction est de 1,20 au lieu de 1,10).
Lorsque l'élancement est supérieur à 35, il ne peut, sans justifications plus précises, être tenu compte que des
armatures disposées de façon à augmenter le plus efficacement possible la rigidité du poteau dans le sens où son
moment d'inertie est le plus faible.
Dans les poteaux carrés, il s'agit des aciers disposés dans les angles.
Dans les poteaux rectangulaires dont le rapport des côtés est compris entre 0,9 et 1,1, on applique la règle des
poteaux carrés.
Dans les autres poteaux rectangulaires, il s'agit des aciers disposés le long des grands côtés de la section.
Il est rappelé que les règles BAEL ne traitent pas des poteaux en béton non armé (Se référer à l'article A.1.1. ).
B.8.4,3 justification des poteaux chargés de façon excentrée ou soumis à des couples de flexion importants
Il s'agit des poteaux visés au paragraphe B.8.2,2. La justification de ces éléments est conduite en application des
articlesA.4.3,4,A.4.3,5 et A.4.4.
Il n'a pas été tenu compte dans ces articles de l'accroissement de la résistance du béton après 28 jours. Dans
certains cas, il est loisible, sur justifications, d'en tenir compte.
B.8.5,2
D'une façon plus rigoureuse, la méthode suivante, résultant également de l'application de l'article A.4.4 peut être
utilisée :
Les sollicitations du deuxième ordre peuvent être calculées avec les hypothèses de l'élasticité linéaire en prenant
pour les rigidités (EI) des différents éléments des valeurs judicieusement choisies.
La stabilité est démontrée si, sous les sollicitations totales, les différentes sections (définies par le béton et les
armatures) des divers éléments, présentent un état de contraintes (équilibrant les sollicitations appliquées)
compatible avec les rigidités choisies.
Si l'on prend l'exemple de la compression-flexion, on doit donc avoir, en toute section du poteau, pour la courbure
1/r :
Figure A
Figure B
La liaison poteau-plancher doit être conçue également de façon à réaliser des conditions favorables de transmission
des charges verticales (voir fig. C). Il convient en particulier d'éviter des cheminements d'efforts faisant intervenir des
éléments de natures ou d'âges différents, ou des parties fragiles.
Figure C
La figure D ci-dessous donne un exemple où les charges verticales sont transmises en partie par un prolongement
du poteau inférieur (avec un seul joint de mortier) et en partie par la poutre (avec deux joints de mortier).
Figure D
La liaison poteau-plancher doit être conçue également de telle sorte que les aciers de chaînage prévus dans le
plancher s'opposent à tout déplacement horizontal de la tête du poteau inférieur ou du pied du poteau supérieur.
Figure E
Compte tenu des coefficients minorateurs des résistances des matériaux (béton ou mortier), la contrainte de
compression ultime est fixée à 0,4 fc28.
* Il est possible de réaliser des épaisseurs plus importantes à l'aide de béton coulé dans une réservation formant
cuvette et assurant un certain frettage de ce béton (fig. F 1 ).
B.8.6,231
Il est tenu compte des liaisons entre poteaux et planchers et entre poteaux superposés dans l'estimation de la
longueur de flambement ℓf permettant la justification du poteau en zone courante. Sauf dispositifs spéciaux, la
longueur de flambement ℓf est prise égale à ℓo, ℓo étant définie à l'article B.8.3,1. La participation des poteaux
préfabriqués au contreventement d'un bâtiment ne peut être envisagée que sur justification spéciale des liaisons.
B.8.6,232
Les dispositions de stockage, transport, levage et mise en place, doivent, le cas échéant, faire l'objet de justifications.
Par exemple, le stockage à plat de poteaux fraîchement démoulés et de grande longueur conduit, sauf précautions
particulières, à des courbures initiales dont il convient de tenir compte.
B.8.6,233
Les aciers comprimés du poteau ne traversant pas habituellement les joints, il y a lieu de resserrer les cadres et
épingles aux extrémités concernées du poteau considéré.
On peut, par exemple, doubler les armatures transversales sur une hauteur au moins égale à la plus petite
dimension transversale du poteau.
B.9.0 généralités
Les éléments de fondation ont pour objet de transmettre au sol les efforts apportés par les éléments de la structure
(poteaux, murs, voiles,...).
Cette transmission peut être directe (cas des semelles reposant sur le sol ou cas des radiers) ou être assurée par
l'intermédiaire d'autres organes (par exemple, cas des semelles sur pieux).
La détermination des ouvrages de fondation en fonction des conditions de résistance et de tassement liées aux
caractères physiques et mécaniques des sols relève de disciplines et de techniques qui ne peuvent être traitées dans
le cadre des présentes règles.
Les questions abordées dans ce chapitre ne concernent que la détermination des dimensions des éléments de
fondation en tant qu'éléments de béton armé.
Dans le cas le plus général, un élément déterminé de la structure peut transmettre à sa fondation (supposée
horizontale) (*) :
un effort normal : charge verticale centrée dont il convient en principe de connaître les valeurs extrêmes (**)
;
une force horizontale, résultant par exemple de l'action du vent, qui peut être variable en grandeur et en
direction ;
un couple qui peut être de grandeur variable et s'exercer dans des plans différents.
* Ces forces et ces couples ultimes et de service doivent notamment être expressément notifiés au projeteur chargé
de l'étude des fondations lorsque la structure en élévation est étudiée par un ingénieur différent.
** La valeur minimale peut, éventuellement, correspondre à un soulèvement.
B.9.1,2 transmission des efforts des points d'appui aux éléments de fondation
Aux jonctions des points d'appui avec les semelles de fondation, on vérifie les conditions de transmission des efforts
des points d'appui aux semelles et notamment les conditions d'ancrage des barres.
Dans le cas où les poteaux de la structure sont sollicités au niveau supérieur des semelles par des moments
fléchissants susceptibles de déterminer des efforts de traction sur une ou plusieurs faces, on est souvent conduit à
retourner horizontalement les barres longitudinales des poteaux en les croisant à la partie inférieure des semelles.
Lorsque les fondations supportent une structure répondant aux critères de l'article B.2, mais réalisée en d'autres
matériaux structurels, il est admis de les vérifier pour les combinaisons d'actions à considérer en application de
règles de calcul propres aux matériaux de la structure, sous réserve que les sollicitations les plus défavorables pour
les fondations aient été déterminées.
Dans le cas général, les combinaisons d'actions à considérer pour déterminer les efforts transmis par les points
d'appui sont celles définies pour les poteaux à l'article B.8.2,2 et pour les poutres à l'article B.6.1,2. Dans le cas
particulier de points d'appui soumis à une charge réputée centrée, les combinaisons d'actions sont celles définies à
l'article B.8.2,1, et lorsque le point d'appui n'intervient pas dans la stabilité sous l'action du vent, la combinaison
d'actions à considérer est essentiellement :
1,35 G + 1,5 QB
Il est tenu compte, éventuellement, dans QB de la dégression des charges d'exploitation aux différents niveaux de
bâtiments à étages.
Les difficultés que peut présenter l'étude d'un radier résultent surtout des lois de répartition des pressions sur le sol
qu'il convient d'adopter compte tenu des déformabilités du sol et du radier lui-même. L'hypothèse de la répartition
uniforme des réactions de pression est, en règle générale, défavorable.
Dans l'assimilation d'un radier à un plancher renversé, il importe de justifier pour chaque point d'appui la
concordance entre les charges appliquées et les réactions d'appui résultant des lois retenues pour la répartition des
pressions du sol.
Lorsque les radiers doivent assurer l'étanchéité des ouvrages d'infrastructure, on applique les règles particulières
concernant les cuvelages (DTU 14.1).
les fondations par semelles peuvent, dans de nombreux cas, être justifiées en utilisant la « méthode des bielles » qu'il
s'agisse :
de semelles continues sous murs, reposant sur le sol ;
de semelles sous points d'appui isolés, reposant sur le sol ;
de semelles sur pieux, ces derniers étant en nombre limité sous un même point d'appui.
Annexe C notations
L'annexe C constitue une annexe aux commentaires.
Il est recommandé de faire usage des notations ci-après qui énumèrent l'essentiel de ce qui est utilisé en béton armé.
Dans la mesure où cette liste n'est pas exhaustive, il convient de la compléter en se référant à la norme NF P 06-005.
C.1 principes
C.1.5 indices
Les indices sont employés pour distinguer des grandeurs de même nature, représentables par le même symbole mais
se rapportant à des matériaux, à des âges ou à des rôles mécaniques différents.
Les indices sont constitués, sauf exceptions, par une ou plusieurs minuscules romaines ou une majuscule romaine
éventuellement suivie de minuscules ou de chiffres.
Un indice ou une suite d'indices peuvent être omis dans le but d'alléger l'écriture s'il ne risque pas d'en résulter de
confusion.
C.1.6 apostrophe
L'apostrophe peut servir à distinguer deux grandeurs de même nature différant par leur emplacement géométrique.
On peut ainsi repérer les fibres (ou membrures) supérieures et inférieures, ou encore les armatures comprimées ou
tendues d'une même section.
C.2 indices
C.3 notations
La signification des principales notations est la suivante :
2
Contrairement aux errements actuels, il est ainsi prévu de désigner par d la hauteur utile et par h la
hauteur totale. Pour éviter des confusions éventuelles, la notation ht peut être maintenue à titre provisoire
pour la hauteur totale.
e : Excentricité de la résultante des contraintes normales par rapport au centre de gravité de la section
(comptée positivement vers les compressions).
f : Résistance d'un matériau, indicée quand il y a lieu ; flèche.
le : Limite d'élasticité de l'acier.
f cj : Résistance caractéristique à la compression du béton âgé de j jours, ou fj quand il n'y a pas de
confusion possible.
f tj : Résistance caractéristique à la traction du béton âgé de j jours.
f c28, ft28 : Résistances caractéristiques à la compression et à la traction du béton âgé de 28 jours (quand il
3
Cette notation conforme aux errements actuels est plus simple que Yser.
τs : Contrainte d'adhérence.
τse : Contrainte d'adhérence d'entraînement.
j : Coefficient de fluage.
ψ : (avec indices) coefficients définis dans les Directives Communes.
ψs : Coefficient de scellement relatif à une armature.
D.1 valeurs représentatives des actions variables courantes dans le domaine des ponts-
routes et des bâtiments
D.1.1 ponts-routes
D.1.1,1 valeurs nominales des charges d'exploitation
Les valeurs nominales à considérer sont celles du titre II du fascicule 61 du CPC (arrêté ministériel du 28-12-71),
multipliées par les coefficients du tableau ci-après qui dépendent de l'état limite (ultime ou de service) et de la nature
de la charge pour laquelle il est référé aux articles de ce titre II du fascicule 61.
D.1.2 bâtiment
D.1.2,1 valeurs nominales des charges d'exploitation
Les valeurs nominales à considérer sont celles définies dans la norme NF P 06-001.
D.2.1 ponts-routes
Les combinaisons d'actions à considérer sont les suivantes :
D.2.2 bâtiments
Les combinaisons d'actions à considérer en situation d'exploitation figurent dans les tableaux suivants en précisant
que :
en situation d'exécution, il est loisible de se reporter aux dispositions indiquées pour les ponts-routes ;
les combinaisons faisant intervenir la neige et le vent dépendent des conditions de compatibilité indiquées
en D.1.2,22 ; elles sont d'ailleurs rarement défavorables pour les toitures, les sollicitations dues au vent
étant en général de sens contraire à celles dues à la neige ;
pour les halles équipées de ponts roulants, les actions variables de base et d'accompagnement sont
déterminées en tenant compte des conditions de service simultané de ces ponts roulants
(norme NF P 22-615).
Il est rappelé que les combinaisons à considérer dépendent de la définition des états limites de service. En général
les actions de base sont seules à intervenir, par exemple, pour les états limites de déformation.
Les effets des variations dimensionnelles (notamment dues à la température) peuvent être négligés sous réserve de
respecter certaines dispositions constructives relatives aux distances entre joints, à la flexibilité des appuis et aux
pourcentages minimaux d'armatures (cf. en B.5).
1.
2.
3.
1.
le second membre de l'inégalité n'étant pas inférieur à 1,05 Mo.
2. Le moment maximal en travée Mt n'est pas inférieur à :
( (1 + 0,3α) / 2 ) Mo dans le cas d'une travée intermédiaire ;
( (1,2 + 0,3α) / 2 ) Mo dans le cas d'une travée de rive.
3. La valeur absolue de chaque moment sur appui intermédiaire n'est pas inférieure à :
0,60 Mo dans le cas d'une poutre à deux travées ;
0,50 Mo dans le cas des appuis voisins des appuis de rive d'une poutre à plus de deux travées ;
0,40 Mo dans le cas des autres appuis intermédiaires d'une poutre à plus de trois travées.
De part et d'autre de chaque appui intermédiaire, on retient pour la vérification des sections la plus grande des
valeurs absolues des moments évalués à gauche et à droite de l'appui considéré.
Si les calculs font intervenir un moment d'encastrement sur un appui de rive, la résistance de cet appui sous l'effet du
moment pris en compte doit être justifiée.
Lorsque la charge d'exploitation est au plus égale à la charge permanente et lorsque ces charges peuvent être
considérées comme uniformément réparties, on peut se dispenser du tracé des courbes enveloppes sous réserve
que les dispositions suivantes soient adoptées :
En tout état de cause, l'attention des projeteurs est appelée sur les points suivants :
a. Dans une poutre continue comportant des travées inégales ou inégalement chargées, les chapeaux
doivent s'étendre dans les travées les plus courtes et les moins chargées sur une longueur plus grande
que dans les travées les plus longues et les plus chargées.
b. La disposition des ancrages des chapeaux et des barres inférieures de renfort doit être telle qu'elle ne
favorise pas la formation de fissures sensiblement inclinées à 45°. Il est donc recommandé d'adopter la
disposition de la figure lorsqu'on emploie des crochets. Dans le cas de barres arrêtées par scellement
droit, il n'y a pas habituellement de prescriptions particulières à respecter par suite du décalage imposé
pour le tracé de la courbe enveloppe des moments (art. A.4.1,5).
Si l'on prend pour les moments sur appuis les valeurs absolues minimales définies en E.1.2 alinéa 3 ci-avant, à moins
de justifications plus précises, la longueur des chapeaux, à partir du nu des appuis, est au moins égale :
à 1/5 de la plus grande portée des deux travées encadrant l'appui considéré s'il s'agit d'un appui
n'appartenant pas à une travée de rive ;
à 1/4 de la plus grande portée des deux travées encadrant l'appui considéré s'il s'agit d'un appui
intermédiaire voisin d'un appui de rive.
La moitié au moins de la section des armatures inférieures nécessaires en travée est prolongée jusqu'aux appuis et
les armatures de second lit sont arrêtées à une distance des appuis au plus égale à 1/10 de la portée.
Une charge concentrée Pw sur la travée de gauche ou Pe sur la travée de droite à la distance a du nu de
l'appu donne un moment d'appui égal en valeur absolue à :
L'échelle fonctionnelle ci-dessous donne les valeurs du coefficient k (échelle de gauche) en fonction de a/ℓ'.
Dans le cas des poutres à « goussets normaux » suivant figure 1, les valeurs des moments d'appui s'obtiennent :
pour les charges réparties, par substitution du coefficient 7,7 au coefficient 8,5 ;
pour les charges concentrées, par substitution au coefficient k du coefficient k1 donné à droite de l'échelle
fonctionnelle en fonction de a/ℓ'.
La méthode est encore applicable aux poutres appuyées à une extrémité et encastrées à l'autre, en faisant ℓ'w = 0 (ou
ℓ' e = 0) dans les formules et aux poutres encastrées aux deux extrémités en faisant ℓ' w = 0,8 ℓw et ℓ' e = 0 (ou ℓ' w = 0 et
ℓ'e = 0,8 ℓe).
Figure 1
Une charge uniformément répartie (pw et p e) par unité de longueur donne un moment d'appui égal en valeur
absolue
à:
Une charge concentrée Pw ou P e à la distance a du nu de l'appui donne un moment d'appui égal, en valeur
absolue
à:
E.2.4,0 principes
Les moments de continuité agissant dans les sections des nus d'un appui, considérées comme sections à
vérifier, sur les éléments qui se rencontrent en formant un noeud, peuvent être évalués en ne tenant compte
que des charges des travées encadrant l'appui considéré (travée de gauche, indice « W », et travée de
droite, indice « e ») et de la résistance offerte par les tronçons inférieur et supérieur des poteaux
aboutissant au noeud considéré (tronçon inférieur, indice « s », et tronçon supérieur, indice « n ») (fig. 2)
On détache, de chaque côté des appuis, des travées fictives dont les longueurs (désignées ℓ' par avec
indices « W » ou « e ») sont précisées ci-après en E.2.4,1 et E.2.4,2 pour les travées intermédiaires et les
travées de rive.
On détache de même au-dessus et au-dessous de chaque appui des tronçons fictifs de poteaux, de
hauteurs h'n et h's , h'n étant égal :
aux neuf dixièmes de la hauteur hn (0,9 h n) si le noeud considéré appartient à l'avant-dernier
plancher ;
et à 0,8 hn dans les autres cas.
h's étant égal à 0,8 hs , hormis le cas où les poteaux sont articulés sur leurs fondations, et où il faut alors
prendre h's = hs .
les valeurs de k (kw ou ke) étant données, pour les poutres à section constante, par l'échelle fonctionnelle de
l'article E.2.2,1 en fonction du rapport :
I w, Ie, Is et In désignant respectivement- les moments d'inertie de la travée de gauche, de la travée de droite, du
poteau inférieur et du poteau supérieur, ces moments étant évalués suivant les prescriptions de l'article A.3.2,1, on
pose encore :
E.2.4,11
Les moments dans les sections dangereuses (nus des appuis) sont, en valeur absolue :
au nu de l'appui dans la travée de gauche :
Figure 3
Les quantités relatives au noeud de rive sont affectées de l'indice 1, celles du noeud voisin de l'appui de rive de
l'indice 2, celles du noeud suivant de l'indice 3. Ainsi ℓw1 désigne la longueur libre d'une console éventuelle.
La poutre est supposée avoir dans chaque travée une section constante.
avec :
La longueur ℓ' e2 de la travée fictive à droite de l'appui 2, si elle n'est pas une travée de rive, est prise égale à
0,8 ℓe2. Dans le cas contraire, le noeud 3 est un noeud de rive, et la longueur ℓ'e2 de la travée fictive de
droite est prise égale à c3ℓe2 avec :
Ensuite dans les formules données à l'article E.2.4,1, on remplace M'w par :
avec
et
Si l'on néglige la solidarité avec les poteaux, les K s et Kn sont nuls (et les c 1 = c3 = 1).
les valeurs de k étant données par l'échelle fonctionnelle ci-dessous en fonction du rapport a/ℓ.
E.2.4,8 efforts tranchants dans les poteaux, efforts normaux dans les poutres
Par simplification, on ne fait pas état, dans les calculs, des efforts tranchants dans les poteaux ni des efforts normaux
dans les poutres.
sont données en fonction du rapport α = ℓ x/ℓy par le tableau de valeurs numériques ci-dessous :
E.4.0,1
La présente annexe concerne les bâtiments à un ou plusieurs étages dont les planchers sont constitués par des
dalles continues sans nervures supportées directement par des piliers, sauf éventuellement sur leurs rives, le long
desquelles peuvent exister des murs porteurs ou des poutres en saillie au-dessous des dalles. Les dalles peuvent
éventuellement être prolongées en porte à faux au-delà des piliers de rive.
Sur le plan de la face supérieure d'un plancher quelconque, supposée horizontale, les traces des axes verticaux des
piliers sont les points d'intersection de deux séries de droites orthogonales X1, X2 ... Xi, Y1, Y2 ... Yj situées dans ce
plan, dont les directions sont repérées respectivement par les lettres X et Y, et qui divisent ledit plan en rectangles de
dimensions ℓx et ℓy (fig. 1) les valeurs de ℓx (ou ℓy) pouvant être différentes pour deux travées successives suivant la
direction X (ou Y).
Les dalles sont pleines, d'épaisseur constante h et pourvues d'armatures inférieures et de chapeaux disposées dans
les directions X et Y ; elles peuvent également être munies d'armatures supérieures en dehors des zones voisines
des appuis. En général, l'armature des dalles ne comporte pas d'étriers.
Les piliers peuvent être ou non pourvus, à chaque étage, de têtes épanouies, en forme générale de troncs de cônes
ou de pyramides renversés, appelés « chapiteaux ». Lorsque les chapiteaux existent, les planchers sont dits «
planchers-champignons » ; dans le cas contraire, on a des « planchers-dalles ».
Si les dalles ne sont pas prolongées en porte à faux au-delà des piliers de rive, les épanouissements de têtes des
piliers de rive et des piliers d'angle n'existent que dans les zones voisines de ces têtes et intérieures au bâtiment.
E.4.0,2 piliers
Tous les piliers intérieurs sont supposés identiques, de section transversale rectangulaire a × b (fig. 2). Si les
sections transversales des piliers d'aire B sont circulaires ou polygonales régulières, on prend dans les calculs
effectués comme il est indiqué dans ce qui suit,
Les piliers le long d'une rive (tous identiques à l'exception des piliers d'angle) ont des sections transversales
rectangulaires au moins égales à a/2b ou ab/2, a et b étant, soit les dimensions réelles d'un pilier intérieur, soit les
dimensions fictives déterminées comme il vient d'être dit dans le cas où les sections des piliers de rive sont des demi-
cercles ou des demi-polygones réguliers.
Les piliers d'angle ont des sections transversales rectangulaires identiques, d'aire au moins égale à a/2 × b/2.
E.4.0,3 chapiteaux
Le chapiteau d'un pilier intérieur est un tronc de pyramide ou un tronc de cône dont la petite base est la section
supérieure de la partie prismatique du pilier. La hauteur h 2 du chapiteau est la distance du plan de la petite base à la
face inférieure du plancher.
Dans les calculs de résistance, on ne retient, comme volume utile du chapiteau, que la partie comprise à l'intérieur du
tronc de pyramide ou du tronc de cône construit sur la petite base du chapiteau et défini par des plans ou des
génératrices faisant un angle de 45° avec le plan horizontal (fig. 3).
Si la grande base du volume utile est constituée par un rectangle de dimensions a' et b', on doit avoir :
ℓx1 et ℓy1 désignant les dimensions de celui des quatre panneaux entourant le pilier considéré qui a la plus faible
surface ou, si elles sont pour tous les mêmes, les dimensions desdits panneaux.
Si la grande base du volume utile est constituée par une section polygonale ou circulaire d'aire B1, les calculs de
ℓx1 désignant la plus petite dimension de celui des quatre panneaux entourant le pilier considéré qui a la plus faible
surface, ou, si elle est pour tous la même, la plus petite dimension desdits panneaux.
Dans le cas où la dalle est surépaissie au voisinage de ses appuis grâce à des panneaux en retombée tels que
CDEF (fig. 4) les dimensions a' et b' à introduire dans les calculs de résistance sont celles indiquées sur la figure :
si les points A et B se trouvent entre les points C et D.
a' (ou b') = AB
dans le cas contraire,
a' (ou b') = CD
géométriques déjà définies à l'article E.4.0, les méthodes faisant l'objet des articles ci-après.
pour un portique de rive X (ou Y). les traverses sont les éléments de plancher définis par la figure 5, de
largeur :
ℓyo et ℓxo désignant, quand ils existent, les porte-à-faux de la dalle au-delà des piliers de rive. Les calculs de
résistance sont effectués comme si le plan médian des traverses d'un portique intermédiaire ou de rive était
confondu avec le plan contenant les axes verticaux de ses montants.
Figure 5
Les sollicitations de chaque portique peuvent être déterminées au moyen des méthodes classiques de la
Résistance des Matériaux, les déformations dues aux efforts normaux et aux efforts tranchants étant
négligées, les portées des traverses étant comptées entre les axes de leurs appuis et les hauteurs des
poteaux étant les distances entre faces supérieures des planchers consécutifs.
La hauteur des poteaux de l'étage inférieur est comptée du dessus des semelles de fondation au-dessus du
premier plancher.
Il y a lieu de tenir compte des déplacements horizontaux des noeuds des portiques à deux travées dans les
bâtiments non pourvus de palées de contreventement rigides, plus particulièrement dans le cas où les
planchers sont des planchers-dalles.
En outre, pour tenir compte du fait que la solidarité des poteaux et de la dalle n'est assurée que localement par
l'intermédiaire des chapiteaux, on doit admettre, dans le calcul des sollicitations que :
le facteur de rigidité des poteaux est égal au facteur de rigidité théorique multiplié par le coefficient :
le facteur de transmission des traverses est égal au facteur de transmission théorique multiplié par le
coefficient :
le moment d'encastrement des traverses sur l'appui est égal au moment théorique multiplié par le coefficient
:
-
pour un portique X ou
-
pour un portique Y.
Si dans une poutre AB non directement chargée, MAB et MBA désignent les couples respectivement exercés par la
poutre AB sur le noeud A et sur le noeud B (¹), ces couples étant comptés positivement s'ils tendent à faire tourner
le noeud A ou le noeud B dans le sens trigonométrique et les rotations θA et θB des extrémités A et B étant
également comptées positivement dans le sens trigonométrique, on appelle :
facteurs de rigidité KAB et KBA les deux quantités :
la déformation des chapiteaux est négligeable en regard de celles des parties des dalles extérieures aux
chapiteaux et de celles des tronçons prismatiques des piliers ;
les sollicitations des portiques résultant, en l'absence de contreventement, de l'action du vent, peuvent être
évaluées en application de l'article B.8.1,2.
E.4.1,32 notations
On désigne par :
ℓt la portée (avec indice x ou y) du panneau entre axes des piliers dans le sens X ou Y ;
c' la dimension du chapiteau (a' ou b') mesurée suivant la même direction que ℓt ;
h2 la hauteur du chapiteau, définie à l'article E.4.0,3 ; h l'épaisseur de la dalle ;
hs , h n les hauteurs des piliers inférieurs et supérieurs mesurées entre faces supérieures des planchers ;
p la charge évaluée par mètre linéaire de bande de dalle constituant la traverse horizontale du portique et
définie aux articles E.4.1,1 et E.4.1,2.
I le moment d'inertie de cette même bande ;
I s , In les moments d'inertie de la section courante des piliers inférieurs et supérieurs ;
λ h, λℓ les paramètres géométriques définis par les relations :
L'attention est appelée sur le fait qu'il faut prendre en compte dans les calculs la portée entre axes des piliers et non
la portée libre entre nus des appuis comme dans la méthode exposée à l'annexe E.2.
Les moments aux noeuds sont exclusivement dus à l'action des charges verticales puisque la résistance aux efforts
horizontaux est supposée assurée par une structure rigide distincte du plancher.
En particulier, les longueurs ℓ'e, ℓ' w, h's , h'n sont déterminées à partir de ℓe, ℓw, hs , hn en utilisant les coefficients de
Dans ces relations, λℓw et λℓe, p w et pe représentent les valeurs de λ ℓ et p relatives aux travées de gauche et de droite
du noeud considéré.
Les moments dans les sections situées dans les axes des piliers intermédiaires et de rive sont évalués à partir des
valeurs de Kw, Ke, Ks , Kn, M' w et M'e ci-dessus définies en utilisant les relations correspondantes données à
l'article E.2.4.
pour l'évaluation de la résistance de la dalle aux moments en travée (ℓ'yt), à la plus grande des deux
dimensions :
Figure 8
Dans le sens de la portée ℓy, les largeurs ℓ' xa et ℓ'xt sont définies de la même manière en substituant x à y et a à b
dans les expressions précédentes.
Figure 9
Les moments fléchissants dus à la charge permanente et à la charge d'exploitation appliquée affectés à la demi-
bande d'appui d'un panneau dont un côté est une rive le long de laquelle existe une poutre, sont répartis entre la
poutre et la demi-bande sur les appuis de rive du panneau au prorata de leurs moments d'inertie respectifs.
Pour l'évaluation de ces moments d'inertie, la largeur de la demi-bande sur appui à prendre en compte est la largeur
en travée. On doit de plus vérifier que la somme des moments équilibrés par cette demi-bande et par la poutre n'est
pas inférieure au moment indiqué dans le tableau dans le cas de la rive non supportée.
L'attention est appelée sur le fait que l'ordre de pose des lits d'armatures dans les panneaux d'un plancher-
champignon ou d'un plancher-dalle est l'ordre inverse de pose des lits d'armatures dans une dalle reposant sur son
contour.
sont les efforts tranchants à l'état limite ultime dans les sections II des portiques X et Y définis aux articles
précédents, on admet que les efforts tranchants à prendre en compte dans ces conditions ont pour valeurs :
dans la section II à la distance a'/2 de l'axe du poteau pour le sens porteur X, avec :
dans la section II à la distance b'/2 de l'axe du poteau pour le sens porteur Y, avec :
Il n'y a pas lieu de prévoir d'armatures transversales, si les conditions suivantes sont satisfaites :
Le coefficient de fc28 tient compte notamment de l'approximation admise dans les évaluations de V IIoxu et VIIoyu à
partir de VIIxu et VIIyu.
Si les conditions précédentes ne sont pas satisfaites, on augmente l'épaisseur de la dalle ou les dimensions du
chapiteau, ou bien on dispose des armatures transversales conformément à l'article A.5.1,23.
Quelle que soit la section des armatures transversales,
la contrainte tangente
Les armatures supérieures traversant la section II sur une largeur b' + 2 h (ou a' + 2 h) doivent équilibrer un effort de
traction égal à 1,2 VIIoxu (ou 1,2 VIIoyu) sous une contrainte égale à fe/γs .
Figure 10
En ce qui concerne la charge transmise par un étage donné, on doit retenir comme valeur de la réaction d'appui, la
réaction la plus élevée de l'une et l'autre traverses de direction X et Y qui se croisent au droit du poteau considéré.
Entre deux trémies, il doit y avoir une zone pleine au moins égale, dans le sens X ou le sens Y, à trois fois la plus
grande dimension des trémies.
Dans la zone commune à une bande centrale et à une bande sur appuis, les trémies ne peuvent avoir plus de ℓx/10
dans le sens X ou ℓy/10 dans le sens Y suivant leur plus grande dimension.
Le cas de trémies dans les zones communes à deux bandes sur appuis doit en tout état de cause faire l'objet de
justifications spéciales, notamment en ce qui concerne la résistance à l'effort tranchant.
Dans tous les cas, les sections de béton restantes doivent être suffisantes pour que l'état limite ultime ne soit pas
atteint et au besoin elles doivent être renforcées par des armatures appropriées (longitudinales et transversales).
Dans le cas des planchers-dalles, on peut en particulier utiliser la méthode décrite à l'article B.6.5,2 en désignant
par :
I o le moment d'inertie de la section rendue homogène de la bande ou de la demi-bande sur appuis dont la
largeur est déterminée suivant les indications données à l'article E.4.2,1 en ce qui concerne l'évaluation de
la résistance aux moments en travée ;
M le moment de flexion agissant en travée de la bande ou de la demi-bande considérée, déterminé
suivant les indications de l'article E.4.2,2.
cette condition est très généralement satisfaite dans les bâtiments d'habitation ;
le nombre des travées suivant les directions X et Y est au moins égal à 2 ;
le rapport des portées de deux panneaux voisins, mesurées suivant une même direction, est compris entre
0,5 et 2 ;
les dimensions a et b de la section droite des poteaux vérifient les inégalités :
où ℓx1 et ℓy1 mesurent les plus faibles portées dans le sens X et Y des panneaux voisins du poteau
considéré ;
s'il existe sur un panneau des charges localisées, chacune d'elles ne dépasse pas le dixième de l'ensemble
des charges appliquées au panneau.
Les moments sur les lignes d'appui et en travée doivent être au moins égaux à ceux déterminés par l'application des
« règles forfaitaires » de l'annexe E.1. mais sur toute ligne d'appui intermédiaire le moment de continuité est au moins
égal à la moitié du moment Moxu calculé dans la travée la plus sollicitée voisine de l'appui considéré.
Les appuis de rive, et en particulier les poteaux, sont capables d'équilibrer un moment d'encastrement au moins égal
à 0,20 Moxu, si la dimension a des poteaux est inférieure au double de l'épaisseur h de la dalle et à 0,40 Moxu dans
les autres cas.
pour l'évaluation de la résistance de la dalle aux moments en travée, sa largeur ℓ'yt est égale à :
De plus ℓ'ya et ℓ' yt doivent être inférieurs à 0,25 ℓy, sauf dans le cas de panneaux très allongés (ℓx > 2ℓy) où on peut
admettre que ℓ'ya et ℓ'yt atteignent 0,3 ℓy.
L'indication « rive supportée » correspond au cas où il existe, le long de la rive considérée, soit un mur suffisamment
résistant, soit une poutre ayant une hauteur totale au moins égale à deux fois l'épaisseur de la dalle.
Si la rive est supportée par une poutre, on peut admettre que celle-ci est soumise, outre les charges directement
appliquées, à une charge égale au quart de l'ensemble des charges agissant sur le panneau de rive correspondant.
Les valeurs des coefficients de répartition indiquées sur la figure 13 sont à adopter, éventuellement, pour les
moments à l'état limite de service.
on détermine comme à l'article E.4.8,23, les moments fléchissants au droit du prolongement des lignes d'appuis et
dans les sections équidistantes de celles-ci ; ces derniers moments peuvent être répartis entre la demi-bande sur
appuis et la bande extérieure en les multipliant par les coefficients définis par le schéma ci-dessous (fig. 14) qui sont
aussi à appliquer, éventuellement, aux moments à l'état limite de service.
Les moments sur appuis dans les panneaux perpendiculaires (dirigés suivant Y), déterminés en tenant compte de
l'existence du porte-à-faux, sont répartis entre les demi-bandes sur appuis et la bande centrale en utilisant les
coefficients relatifs à la répartition des moments sur les appuis de rive et définis dans le tableau de l'article E.4.8,23.
Si la dalle est supportée par une poutre située au droit de la file de poteaux de rive, on peut admettre que cette
poutre est soumise, outre les charges définies au paragraphe précédent, à l'ensemble des charges permanentes et
des charges d'exploitation appliquées au porte-à-faux et multipliées par le coefficient :
(1 - ℓo/ℓx)
Dans le cas d'un panneau supportant une charge uniforme répartie d'intensité p, sur un appui autre que le premier
appui intermédiaire, on a, suivant la direction X :
Si cette condition n'est pas satisfaite, on doit augmenter h ou prévoir des armatures transversales calculées comme il
est indiqué à l'article A.5.1,232. Ces armatures sont disposées dans une bande dont la largeur au voisinage du
poteau est égale à b + 2 h.
On peut admettre que ces armatures transversales sont nécessaires jusqu'à une section IV distante de b" de la
section II telle que :
Dans le cas où le panneau supporte une charge uniformément répartie d'intensité p, on peut admettre, à défaut de
justifications plus précises,
Le cas de trémies situées dans les zones communes à deux bandes sur appuis doit faire l'objet de justifications
spéciales supplémentaires, notamment en ce qui concerne la résistance à l'effort tranchant.
Si la trémie présente les caractéristiques définies sur la figure 17 l'effort tranchant 1,2 VIIou qui ne peut être
directement transmis au poteau par la bande sur appuis parallèle à X doit être équilibré par la bande perpendiculaire.
Il en résulte que l'effort tranchant dans la bande dirigée suivant Y doit être augmenté de chaque côté du poteau de la
moitié de l'effort tranchant 1,2 VIIou.
En outre, la transmission de cet effort au poteau, qui est effectuée par la bande parallèle à Y, produit un
accroissement du moment sur appui dans cette bande ; on peut admettre que cet accroissement est égal à 0,6
VIIoub.
E.5.0 définition
Sont considérées comme « parois fléchies » les poutres droites de section constante dont la hauteur de section est
au moins égale à la moitié de la portée.
Les parois fléchies peuvent être continues ou ne comporter qu'une seule travée.
les poutres cloisons dans lesquelles les charges sont apportées par des planchers à différents niveaux
(type II) (fig. 2) ; c'est, par exemple, le cas de voiles porteurs de bâtiments à étages comportant une «
transparence » à certains niveaux ;
les parois de silos où une partie importante des charges est suspendue à la partie inférieure de la poutre
(type III) (fig. 3).
Elles peuvent également se rencontrer dans les murs de cave (type IV) (fig. 4) chargés localement par des poteaux
ou des trumeaux et dont la raideur est suffisante, eu égard au module de réaction du sol, pour que l'on puisse
admettre une répartition uniforme des réactions du terrain sur le mur. Il est à noter cependant que ces murs ne sont
justiciables des présentes règles que si les charges verticales apportées par les poteaux et trumeaux ont les
mêmes valeurs que les réactions d'appui de la poutre inversée supposée appuyée sur ces poteaux et trumeaux
considérés comme appuis fixes et chargée par la réaction du sol supposée uniformément répartie ; dans ce cas, le
type IV est statiquement identique au type I.
Les règles sont directement applicables aux types I, II et III définis à l'article précédent. Elles sont également
applicables au type IV à condition de remplacer dans le texte le mot « inférieur » par « supérieur » et
réciproquement.
Des éléments fléchis de faibles dimensions (tels que linteaux, chevêtres, etc.) même si leur hauteur de section
dépasse la moitié de leur portée, ne sont pas nécessairement à calculer et à armer selon les règles spéciales aux
parois fléchies.
En revanche, des éléments de grandes dimensions ou fortement chargés peuvent être justiciables de ces règles,
même si leur hauteur de section n'atteint pas exactement la moitié de la portée, notamment s'il s'agit de travées
continues.
Dans le cas de bâtiments à voiles porteurs, on peut rencontrer des parois comportant des parties en porte à faux ;
celles-ci sont alors à calculer et à armer selon les règles spéciales aux « consoles courtes » qui font l'objet de
l'annexe E.6.
Elles s'appliquent essentiellement à des parois supportant des charges uniformément réparties ; le cas des charges
localisées nécessite en principe une étude spéciale, toutefois, à défaut d'autres justifications, on peut utiliser les
règles données à l'article E.5.5.
Si une paroi fléchie, par son rôle dans la construction, est appelée à supporter des efforts transversaux de flexion ou
de compression dans son plan ou à intervenir dans la stabilité sous l'action des forces horizontales, il en est tenu
compte.
E.5.2 notations
On désigne par :
ℓt : la portée de la paroi entre axes des appuis,
ℓo : la portée entre nus des appuis,
ℓ : la portée de calcul, qui est prise égale à la plus petite des deux dimensions ℓt et 1,15 ℓo,
h : la hauteur totale de la paroi,
bo : son épaisseur,
z : le bras de levier du couple des forces internes à prendre en compte dans la détermination des armatures
principales,
p : la charge appliquée par unité de longueur de la paroi sous la combinaison d'actions prise en compte
dans le calcul à l'état limite ultime,
Par exemple, dans le calcul d'une paroi soumise uniquement à des charges permanentes et à des
charges d'exploitation de bâtiment, la sollicitation de calcul à retenir est représentée symboliquement par
1,35 G + 1,5 QB, la charge d'exploitation tenant compte éventuellement d'une dégression si une telle
hypothèse est admissible.
La première condition fixée pour bo correspond à une limitation de τou à la valeur (4/30)fc28 (soit très sensiblement
1,6 ft28 si ft28 = f c28/12 ce qui correspond à fc28 = 25 MPa environ), la seconde à une vérification au déversement
d'une paroi dont la fixité des sections d'appui est seule assurée.
Des nervures de raidissement convenablement liées à l'âme et aux membrures peuvent également contribuer à
assurer la stabilité transversale des parois fléchies.
Les essais mettent par ailleurs en évidence des contraintes de compressions inclinées très élevées dans les zones
d'appui. Dans les poutres minces fortement chargées, la rupture survient souvent par écrasement du béton dans
ces zones.
Si la paroi fléchie est efficacement raidie par des membrures longitudinales supérieures et inférieures solidaires des
montants d'appui, la première condition
E.5.4 armatures
E.5.4,0 généralités
Les parois fléchies sont munies :
d'un système d'armatures principales,
d'un système d'armatures réparties constituées par des cadres verticaux, complétés éventuellement par des
étriers, et par des armatures horizontales disposées sur les deux faces de la paroi complétées
éventuellement par des armatures intérieures.
Les sections des armatures sont déterminées à partir du moment ultime et de l'effort tranchant ultime de référence,
Mou et Vou.
Les méthodes de la Résistance des Matériaux ne sont pas applicables aux poutres de faible élancement
correspondant à la définition des parois fléchies. La présente méthode tient compte implicitement de phénomènes
de redistributions. Il doit être entendu :
que le moment et l'effort tranchant ultimes de référence Mou ou V ou ne constituent, dans le cas des parois
fléchies, que des paramètres commodes pour la détermination des sections d'armatures ;
que le terme « armatures principales » a une signification conventionnelle, car le système d'armatures
réparties tant verticales qu'horizontales joue un rôle très important non seulement dans le comportement à
la fissuration mais aussi dans la résistance des parois fléchies.
Il convient de noter que les dispositions comportant des barres relevées, préconisées dans certains cas par les
textes réglementaires antérieurs, ne sont pas à conseiller car les essais ont remis en cause l'efficacité qui leur était
attribuée.
Les prescriptions qui suivent dispensent, dans les cas usuels, des justifications aux états limites de service.
Dans les cas contraires, où les parois sont susceptibles d'être en contact avec l'eau ou avec des milieux agressifs,
on peut appliquer les règles suivantes sous réserve de prendre en compte les sollicitations Mo et Vo de service et
de remplacer fe/γs par la contrainte limite de service (art. A.4.5,33).
Ces armatures sont disposées sur une hauteur de l'ordre de la plus petite des dimensions 0,15 h ou 0,15 ℓ au-dessus
de la face inférieure de la poutre (fig. 5 et 7).
Les barres en cause - de diamètre aussi réduit que possible - sont normalement ancrées par des boucles ou des
crochets à long retour disposés à plat. S'il n'y a pas de raidisseurs, il convient de prévoir des étriers sur les parties en
retour des crochets (fig. 6).
Ces dispositions sont recommandées car elles assurent un certain effet de frettage du béton aux appuis des
poutres dans des parties qui sont très intensément sollicitées.
Les essais ont d'ailleurs montré que les ancrages par crochets disposés dans des plans verticaux pouvaient être à
l'origine de désordres dans des poutres fortement chargées.
Les armatures inférieures sont disposées sans réduction de section sur toute la longueur de la travée, dans une
bande dont la hauteur est de l'ordre de la plus petite des dimensions 0,15 h ou 0,15 ℓ. Elles sont totalement ancrées
au droit des appuis, à partir de l'axe de ceux-ci. Aux appuis extrêmes des travées de rive, on prévoit normalement les
dispositions indiquées à l'article E.5.4,11 (boucles ou crochets à plat).
Les armatures sur appuis sont en principe « filantes » et disposées :
dans une bande de hauteur 0,10 h au-dessous de la face supérieure de la paroi, si h ≤ ℓ ;
dans une bande de hauteur 0,10 ℓ dans la zone supérieure de la partie réputée active de la paroi, c'est-à-
dire entre les niveaux 0,90 ℓ et ℓ à partir du niveau inférieur de la paroi, si h > ℓ.
Dans ce dernier cas, il convient néanmoins, pour limiter les risques de fissuration, de disposer des armatures
horizontales filantes au-dessus de la partie réputée active, entre les niveaux ℓ et 1,5 ℓ, où la section totale de ces
armatures doit être au moins égale au quart de celle déterminée en application du paragraphe précédent en tant
qu'armatures sur appuis. Mais s'il existe entre les niveaux ℓ et 1,5 ℓ des armatures horizontales filantes prévues en
fonction d'autres conditions, par exemple celles de l'article E.5.4,220, leur section peut être prise en compte.
Il est loisible de ne disposer comme « armatures filantes », c'est-à-dire sur toute l'étendue des travées adjacentes,
qu'une proportion au moins égale à la moitié de la section totale, le complément étant alors constitué de barres
arrêtées à la distance 0,4 ℓ du nu de l'appui (ℓ étant la plus grande des portées des deux travées encadrant l'appui
considéré).
D'autres dispositions d'armatures peuvent également être adoptées : on peut, par exemple, prévoir dans une bande
supérieure de hauteur 0,20 h (ou 0,20 ℓ si h ≥ ℓ) une fraction de la section totale égale à ℓ/4 h, avec minimum de 1/4
pour h ≥ ℓ, et disposer la section complémentaire sous forme de barres horizontales filantes réparties sur une
hauteur égale à 0,50 h (ou 0,50 ℓ si h ≥ ℓ) c'est-à-dire entre les niveaux 0,30 h et 0,80 h (ou 0,30 ℓ et 0,80 ℓ si h ≥ ℓ) ;
ces armatures sont en supplément de celles visées à l'article E.5.4,22.
Lorsque h > ℓ, un cadre sur deux est prolongé dans la partie de la paroi comprise entre les niveaux ℓ et 1,5 ℓ à partir
de la face inférieure de la paroi (fig. 7), à moins que les armatures verticales prévues dans cette zone aient une
section au moins égale à la moitié de celle des cadres disposés dans la partie inférieure et qu'il y air recouvrement
entre les armatures verticales de la partie supérieure et les cadres de la partie inférieure.
E.5.4,211 cas des parois chargées en tête (ou au-dessus de la partie réputée active si h > ℓ)
On désigne par :
Av la section d'un cours d'armatures verticales (cadre et étriers éventuels) ;
Sv l'espacement de deux cours successifs ;
ρv le « pourcentage » des armatures verticales :
τou la contrainte tangente conventionnelle correspondant à l'effort tranchant ultime de référence : Vou = pℓ/2
soit
et
On vérifie la condition :
De plus, quelle que soit la valeur de τou le « pourcentage » ρv minimal est fixé à 0,8/fe.
E.5.4,220
Ces armatures sont disposées entre les armatures principales inférieures et les armatures supérieures filantes (cas
de travées continues) ou la face supérieure de la paroi (cas d'une travée unique, avec h ≤ ℓ).
On distingue :
un réseau inférieur constitué d'armatures horizontales réparties sur une hauteur égale à 0,40 h (ou 0,40 ℓ si
h > ℓ), c'est-à-dire entre les niveaux 0,15 h et 0,55 h (ou 0,15 ℓ et 0,55 ℓ si h > ℓ) de pourcentage ρ h défini ci-
après ;
un réseau supérieur constitué d'armatures horizontales réparties dans la zone réputée active de la partie
supérieure de la paroi, c'est-à-dire entre les niveaux 0,55 h et 0,90 h (ou 0,55 ℓ et 0,90 ℓ si h > ℓ) s'il s'agit de
travées continues et 0,55 h et h (ou 0,55 ℓ et ℓ si h > ℓ) s'il s'agit de travée unique.
Les armatures des deux réseaux s'étendent sur toute la longueur de la travée, sauf, éventuellement, pour une partie
de celles du réseau inférieur lorsque le pourcentage ρh dépasse une valeur fixée ci-après.
Sur les appuis de rive toutes les armatures sont ancrées totalement, de préférence par boucles ou crochets disposés
à plat comme indiqué à l'article E.5.4,11.
Sur les appuis intermédiaires des travées continues, les armatures des deux réseaux de deux travées encadrant un
appui se recouvrent sur une longueur au moins égale à la longueur de scellement droit ℓs .
Comme pour les armatures verticales réparties, les pourcentages ρ h et ρ'h minimaux sont fixés 0,8/f e quelle que soit
la valeur de τou.
Dans le cas de parois où h > ℓ, des armatures horizontales réparties sont disposées entre les niveaux ℓ et 1,5 ℓ ; leur
pourcentage n'est pas inférieur à la moitié de celui ρ' h requis pour le réseau supérieur dans la partie réputée active de
la paroi et au pourcentage minimal fixé ci-dessus.
Lorsque des charges sont appliquées à la partie inférieure de la paroi, la contrainte tangente τou à faire intervenir
dans les calculs est évaluée à partir d'un effort tranchant ultime égal à Vous + 2 Voui où Vous et Voui sont
respectivement les efforts tranchants ultimes dus aux charges appliquées à la partie supérieure et à la partie
inférieure de la paroi.
Lorsque des charges sont appliquées à un niveau y à partir du parement inférieur, dans la hauteur h de la partie
active de la paroi (h ≤ ℓ), le coefficient de Vouy est pris égal à 2 - y/h.
En désignant par Ah la section des armatures horizontales d'un même lit et par Sh l'espacement de deux lits
successifs, les « pourcentages » des armatures horizontales Ah/bos h ont les valeurs suivantes.
avec minimum de
Ces armatures de longueur réduite peuvent, par exemple, être disposées sous forme de « barres intercalaires »
entre les armatures du réseau qui s'étendent sur toute la longueur de la travée.
p étant la charge unitaire de calcul à l'état limite ultime dans le voile au niveau supérieur de l'ouverture.
b. armatures verticales
Elles doivent assurer la suspension des charges appliquées dans une zone de hauteur 3 ℓ/4 mesurée à
partir de l'ouverture ; elles doivent entourer les armatures du tirant.
La section correspondante ne se cumule pas avec celle existant en partie courante du mur et déterminée
par d'autres considérations.
Ces armatures viennent en supplément de celles déterminées par d'autres considérations de résistance ;
elles doivent être totalement ancrées à partir des plans verticaux limitant l'ouverture et sur une longueur au
moins égale à ℓ/3.
Ces poussées au vide qui sont équivalentes aux couples de torsion de la théorie classique des poutres courbes
peuvent, le plus souvent, être équilibrées par la résistance à la flexion transversale de poutres noyées dans la paroi
ou de raidisseurs de celle-ci.
E.6.0 définition
Sont considérées dans la présente annexe comme « consoles courtes » les consoles dans lesquelles la hauteur utile
d dans la section d'encastrement est au moins égale à la plus grande des deux dimensions suivantes :
a distance du point d'application de la résultante de la charge au nu de la section d'encastrement
(fig. 1 et 1 bis).
ℓ longueur sur laquelle la charge appliquée est répartie.
En particulier pour une charge répartie uniformément sur une longueur ℓ = 2 a à partir de la section d'encastrement,
la console est considérée comme « console courte » si d > ℓ ou d > 2a (fig. 2 et 2 bis).
Les consoles peuvent être de hauteur constante ou de hauteur variable ; dans ce dernier cas, elles comportent une
face inclinée (fig. 1 bis et 2 bis).
On rencontre essentiellement dans la pratique :
des consoles dans lesquelles le rapport d/a n'est pas très grand et la contrainte tangente est relativement
faible ; de telles consoles peuvent notamment constituer les appuis de poutres préfabriquées ou recevoir
des poutres au droit de joints de dilatation ;
des consoles dans lesquelles le rapport d/a peut être grand et la contrainte tangente élevée ; ce peut être
notamment le cas de consoles supportant des poutres sous chemins de roulement de ponts roulants ou
celui de voiles porteurs de bâtiments à étages comportant des parties en porte à faux.
E.6.1,1
Sauf impossibilité absolue, nécessitant des dispositions et précautions particulières, les charges ne sont pas
appliquées à l'extrémité (« au nez ») des consoles.
En particulier, quand les consoles servent d'appui à des poutres dont le plan moyen vertical coïncide avec celui des
consoles, la surface d'appui est en retrait de quelques centimètres par rapport au nez des consoles (fig. 3).
Faute de prendre cette précaution, on risque des désordres aux extrémités des consoles par écrasement du béton
ou par fissuration, la rotation d'appui des poutres pouvant déterminer des pressions excessives au voisinage de
l'arête extrême des consoles.
E.6.1,2
Les consoles comportent nécessairement (fig. 4) des armatures supérieures tendues disposées comme indiqué à
l'article E.6.1,3 et de section totale A déterminée suivant l'article E.6.2,3. Dans tous les cas, on dispose des
armatures parallèlement au parement inférieur (horizontal ou incliné) de la console et au voisinage de ce parement ;
leur section est au moins égale à A/10.
Dans les conditions indiquées à l'article E.6.2,4 les consoles comportent aussi des armatures de section totale ΣA r,
réparties sur la hauteur de la section d'encastrement ou sur une partie de cette hauteur dans le cas de consoles très
hautes (voir E.6.2,4 et E.6.2,5) ; ces armatures s'étendent jusqu'au parement extrême de la console et sont ancrées
totalement au-delà de la section d'encastrement. La section des armatures parallèles au parement inférieur peut,
dans la limite de A/10, être prise en compte dans ΣAr.
Enfin, on dispose normalement dans les consoles des cadres verticaux ; ceux-ci ne sont pas calculés pour équilibrer
l'effort tranchant, étant de ce point de vue inefficaces ; ils ont pour objet :
de résister aux efforts de torsion qui peuvent se produire si les charges ne sont pas appliquées
rigoureusement dans le plan de symétrie des consoles ;
de servir de coutures de fendage lorsque des barres supérieures de diamètre relativement important sont
terminées par des ancrages courbes disposés dans les plans verticaux ;
de maintenir en place l'ensemble des armatures horizontales (supérieures, réparties ou inférieures).
De tels cadres, renforcés éventuellement par des étriers, sont nécessaires lorsque, les charges étant appliquées en
partie inférieure ou dans la hauteur des consoles, elles doivent être transmises à la partie supérieure de celles-ci.
C'est en général le cas des consoles supportant les poutres sous chemins de roulement des ponts roulants et
souvent celui de voiles porteurs comportant des parties en console.
E.6.1,3
Les armatures supérieures sont disposées de façon que les extrémités des consoles soient correctement et
efficacement armées ; cette condition implique d'utiliser, pour la constitution de tout ou partie de ces armatures, des
aciers de diamètre relativement réduit, bouclés à plat, parallèles au contour de la partie supérieure des consoles à
une distance des parements égale à l'enrobage minimal (fig. 4).
Ces armatures bouclées à plat ont pour objet d'éviter des fissures ou des épaufrures aux extrémités des consoles ;
trop souvent, on s'est contenté de disposer dans des consoles des armatures supérieures de diamètre relativement
important. terminées par des ancrages courbes dans des plans verticaux ; il en résultait que l'angle supérieur du
nez des consoles n'était pas armé et qu'il s'est souvent fissuré. Ces armatures bouclées sont particulièrement
indispensables dans le cas où une charge localisée importante est appliquée près du bord.
La section d'armatures supérieures requise, déterminée comme indiqué aux articles suivants peut bien entendu
comporter, en complément d'armatures bouclées à plat, des barres avec ancrages courbes dans des plans
verticaux, disposées à l'intérieur des armatures bouclées.
E.6.1,4
Lorsque les consoles servent d'appui à des éléments dont les variations dimensionnelles sous l'effet du retrait et de la
température donnent lieu à des forces de frottement non négligeables au niveau des appuis sur les consoles, il est
tenu compte des effets de ces forces.
Les appuis à glissement béton sur béton, métal sur métal, et même ceux avec feutre bitumineux entre des plaques
de métal qui ont pu être préconisées faute de mieux à certaines époques, donnent lieu à des forces de frottement
notables, de l'ordre des charges verticales.
Sauf impossibilité, il convient de disposer :
soit des appuis en caoutchouc synthétique dont la capacité de déformation par distorsion permet de
réduire les forces horizontales appliquées en tête des consoles ;
soit des appuis glissants.
Contrairement à ce qui se passe normalement dans une poutre, une erreur absolue de faible valeur sur cette
distance a, en effet, une répercussion relative importante sur la valeur du moment d'encastrement.
E.6.2,1 notations
On désigne par :
Mu : le moment de flexion à l'état limite ultime dans la section d'encastrement ;
Vu : l'effort tranchant à l'état limite ultime dans la même section ;
a : la distance de la résultante de la charge au nu de la section d'encastrement ; a = Mu/Vu ;
d : la hauteur utile, c'est-à-dire la distance du centre de gravité des armatures supérieures de section A au
parement le plus comprimé ;
δ : le rapport d/a ;
τu : la contrainte tangente conventionnelle à l'état limite ultime τu = V u/bod, b o étant l'épaisseur de la
console, d étant plafonné à 4a dans le cas d'une charge concentrée et à 4 ℓ dans le cas d'une charge
répartie.
La première valeur correspond au cas où d < 5/3 a (environ), la seconde au cas où d > 5/3 a.
Il est rappelé que la section des armatures disposées au voisinage du parement inférieur peut être prise en compte
dans ΣAr, dans la limite de A/10, mais lorsque λ > 1/10, il convient de disposer des armatures intermédiaires.
De plus, dans les formules des articles E.6.2,2 et E.6.2,4, on remplace τu par τu1 tel que :
E.7.1 introduction
4
Tables d'états limites ultimes des poteaux en béton armé, par P. Faessel, J.-R. Robinson et A. Morisset, Société de
diffusion des techniques du bâtiment et des travaux publics, Paris. 1971.
- Flambement des poteaux en béton armé soumis à des forces horizontales (Abaques de calcul), par A. Capra,
Annales de l'I.T.B.T.P., Paris (Théories et méthodes de calcul, n° 174, janvier 1975)
E.7.1,22
Les calculs qui ont servi à l'établissement de ces tables ont été faits sur la base des hypothèses données à
l'article A.4.4 :
les sections droites restent planes (hypothèse de Bernoulli) ;
il n'y a pas de glissement relatif des aciers par rapport au béton ;
on néglige la résistance du béton tendu ;
on adopte pour les aciers le diagramme conventionnel des aciers naturels ;
on adopte, pour le béton comprimé, une loi déformations-contraintes proposée par MM. Desayi et Krishnan,
et donnée par la formule :
où
Le texte de l'article A.4.4 prévoit le recours, dans les cas courants, à la loi parabole-rectangle classique,
éventuellement modifiée par une affinité, parallèlement à l'axe des déformations, pour tenir compte du fluage, et
non à la loi de MM. Desayi et Krishnan.
En pratique, ces deux lois déformations-contraintes conduisent à des résultats extrêmement voisins.
A ces hypothèses ont été ajoutées les deux hypothèses simplificatrices suivantes :
on suppose le flambement plan (*) ;
on assimile la déformée finale à un arc de sinusoïde d'équation :
* Si le poteau est comprimé et fléchi dans son plan de plus faible rigidité, la méthode assure la stabilité. Dans le cas
contraire, l'instabilité peut survenir par déversement, phénomène qui n'es pas couvert par les méthodes décrites ici.
** On peut faire des hypothèses légèrement différentes. reve nant à imposer a priori une forme réaliste de la
déformée, pou qu'elle ne dépende plus que d'un paramètre.
Grâce à ces hypothèses simplificatrices, l'étude du poteau se ramène à celle de sa section médiane, dans laquelle le
moment total s'écrit :
où e o est l'excentricité de la force extérieure aux deux extrémités, représentant l'excentricité du premier ordre dans la
section médiane , et où 1/r est la courbure du poteau déformé, dans la section médiane. L'expression
E.7.1,23
On considère que la justification de la stabilité d'un poteau, soumis à un effort normal N, avec une excentricité e o aux
deux extrémités, est assurée dès que l'on a :
Nu(e o) étant la charge ultime donnée dans les tables pour ce poteau, correspondant à l'excentricité eo.
La section la plus sollicitée est alors la section d'encastrement dans laquelle le moment total s'écrit :
représente l'excentricité du second ordre, (1/r) étant la courbure du poteau déformé dans cette même section.
La méthode n'est directement applicable que si le poteau est de section constante (aussi bien en ce qui concerne le
béton que les armatures), et soumis à des charges telles que l'effort normal soit constant, et que l'excentricité du
premier ordre soit de signe constant, et maximale en valeur absolue dans la section d'encastrement.
E.7.2,1 poteau bi-articulé avec des excentricités différentes à ses deux extrémités
Dans le cas d'un poteau articulé à ses deux extrémités, soumis à des charges telles que l'excentricité du premier
ordre varie linéairement en prenant des valeurs différentes aux deux extrémités, e oA et e oB, on peut admettre que la
déformée est un arc de sinusoïde. La section la plus sollicitée varie alors avec l'effort normal.
On peut cependant, dans les cas courants, admettre de se ramener au cas d'un poteau chargé avec une excentricité
du premier ordre constante, définie par :
où e"o est la plus grande en valeur absolue des deux excentricités eoA et eoB, et e' o la plus petite.
Il est à noter que la justification vis-à-vis des états limites ultimes de stabilité de forme, qui est faite dans la section
médiane compte tenu du principe adopté, n'assure pas la résistance des autres sections. Il reste donc nécessaire de
justifier vis-à-vis des états limites ultimes de résistance la section dans laquelle l'excentricité du premier ordre est la
plus forte.
E.7.2,2 mât soumis à des charges telles que l'effort normal ne soit pas constant
Lorsqu'un mât est soumis à plusieurs charges normales Pi, i variant de 1 à n, appliquées aux abscisses x i, on peut se
ramener au cas d'un effort normal appliqué en tête, donné par :
L'évaluation de la souplesse du tablier, vis-à-vis des efforts à la coupure, doit être éventuellement corrigée en
fonction des efforts effectivement obtenus, de façon à être compatible avec les déplacements du tablier.
En toute rigueur, il faudrait faire un calcul du tablier, en tenant compte des lois réelles de déformation des matériaux -
bien évidemment affectées des coefficients de minoration réglementaires - et corriger la matrice de souplesse jusqu'à
ce que les déplacements soient compatibles avec les efforts à la coupure, ce qui reviendrait à faire un calcul complet
de la structure selon la méthode générale.
On ne peut donc, dans un but de simplification, qu'évaluer la souplesse de la liaison. La méthode est d'autant plus
correcte que le reste de la structure est peu sensible aux efforts à la coupure, et que son comportement est proche
de celui de l'élasticité linéaire. Dans le cas contraire, il est prudent de sous-évaluer la rigidité des liaisons.
On peut considérer que tout se passe comme si chaque poteau était bi-articulé et avait une longueur ℓ.
En pratique, les choses ne sont pas aussi simples, et il n'est pas toujours facile de déterminer la longueur du poteau
bi-articulé équivalent.
En effet, en élasticité linéaire, la longueur de flambement d'un poteau - faisant partie d'une structure hyperstatique -
dépend du cas de charge étudié, mais non du niveau du chargement. Dès que l'on tient compte des lois réelles de
déformation des matériaux, cette propriété disparaît, et la notion même de longueur de flambement s'estompe, sauf
dans des cas particuliers, comme celui du mât isostatique ou du portique analysés précédemment.
Il est donc nécessaire, en général, de faire un calcul complet, par la méthode générale et par conséquent sur
ordinateur, pour connaître la position réelle des points de moment nul.
On ne peut donc, dans un but de simplification, qu'évaluer la longueur du poteau bi-articulé équivalent. On adopte, en
général, la longueur de flambement de l'élasticité linéaire correspondant au cas de charge étudié, mais il ne s'agit que
d'une approximation.
Compte tenu de l'importance considérable de cette longueur sur le niveau des charges ultimes, il est nécessaire de
faire l'analyse avec soin et de se placer du côté de la sécurité. Si le schéma de fonctionnement n'est pas évident et
s'il n'est pas possible de faire un calcul plus précis sur ordinateur, il est prudent d'introduire un coefficient de sécurité
sur la longueur retenue.
Il est possible d'établir, à l'aide d'un programme de calcul donnant la déformée d'un poteau isostatique sous l'effet des
charges extérieures qui lui sont appliquées, la courbe donnant le déplacement horizontal en tête, yi, du poteau i, de
hauteur ℓi, soumis à un effort normal Ni en donnant successivement différentes valeurs à l'effort horizontal en tête Hi.
L'effort normal repris par chaque poteau est pratiquement indépendant de la flexion, car le raccourcissement
longitudinal est toujours faible devant les déplacements transversaux. On peut donc considérer, sauf au voisinage
de la divergence d'équilibre, que l'effort normal Ni est une constante. On se situe ainsi du côté de la sécurité.
On peut ensuite, à partir de ces courbes, déterminer l'effort horizontal total H repris par l'ensemble des poteaux pour
une valeur donnée, y, du déplacement horizontal en tête, supposé identique pour tous les poteaux en négligeant le
raccourcissement longitudinal de la poutre :
On peut alors, en donnant successivement à y différentes valeurs, tracer la courbe donnant H en fonction de y
(fig. 8).
Il ne reste plus qu'à rechercher la valeur yo de y, correspondant à la valeur réelle, Ho, de l'effort horizontal transmis
par la poutre à l'ensemble des poteaux (fig. 9).
Il n'est pas possible d'utiliser les abaques ou les tables existants, car ils ne donnent que les efforts et les
déplacements ultimes, et non les déplacements correspondant à des charges quelconques.
Les problèmes de flambement qui peuvent se poser sont alors limités à ceux des éléments constitutifs de la structure.
Le problème est par exemple celui du flambement d'un poteau AB (fig. 11), sous l'effet d'un effort normal, en tenant
compte de ses liaisons avec le reste de la structure.
On peut alors admettre, pour se ramener au cas d'un poteau isostatique, les hypothèses simplificatrices définies à
l'article B.8 des présentes règles :
on considère que le poteau n'est soumis qu'à un effort normal, majoré conformément aux dispositions de
l'article B.8.1,1 ;
on introduit les excentricités additionnelles prévues à l'article A.4.4 ;
on considère que tout se passe comme si le poteau était articulé à ses deux extrémités, et avait une
longueur égale à :
0,70 ℓ si le poteau est encastré dans un massif de fondation, ou s'il traverse de part en part un
niveau de plancher ayant une rigidité au moins égale à la sienne,
ℓ dans les autres cas.
Le problème qui se pose est un problème de flambement d'ensemble. Il est nécessaire de faire une étude globale de
la structure, qui ne peut en général être abordée qu'à l'aide d'un ordinateur.
Nv étant l'effort normal de longue durée d'application, et N i l'effort normal de courte durée d'application, car il n'est pas
toujours possible de définir correctement le moment du premier ordre.
Lorsqu'on utilise des tables numériques ou des abaques existants, on ne dispose de la valeur de l'effort normal
ultime, pour une excentricité e o fixée, que dans les deux cas particuliers suivants :
toutes les actions sont de courte durée d'application (α = 0), soit Nui ;
toutes les actions sont de longue durée d'application vis-à-vis du fluage (α = 1), soit Nuv .
Une interpolation linéaire, pour une valeur quelconque de α, n'est pas admissible, car elle donnerait un résultat
systématiquement dans le sens de l'insécurité, mais on peut admettre la relation approchée :
On doit enfin introduire dans les calculs les éventuelles déformations imposées. Mais, en général, elles n'ont pas une
incidence déterminante vis-à-vis de la stabilité de forme.
où
Next est l'effort normal agissant,
Mext le moment fléchissant dû aux actions appliquées à la structure, y compris l'effet du second ordre
évalué à partir des déformations que l'on s'est données a priori,
les sollicitations internes - intégrales des contraintes - développées par la déformation, la stabilité est alors
justifiée.
où M1ext est le moment du premier ordre, et où les autres termes ont la même signification que précédemment.
où Mext est le moment fléchissant total agissant dans la section considérée, tenant compte des effets du second
ordre évalués dans l'hypothèse de l'élasticité linéaire et à partir des rigidités choisies a priori, N ext l'effort normal
correspondant, 1/r la courbure correspondant aux sollicitations Next et Mext et
El la rigidité choisie dans la zone du poteau ou de la structure correspondant à la section considérée.
E.8.2,1 généralités
Les vérifications à effectuer vis-à-vis de l'état limite ultime sous les combinaisons fondamentales ou accidentelles
sont résumées ci-après. Les unes font directement référence aux articles A.8.4,1. et A.8.4,2. du BAEL et les autres
sont issues du cas de la post-tension, lorsque S A est section d'about, qui est traité par l'annexe 4 du BPEL (zones de
première régularisation et d'équilibre général de diffusion pure).
Toutes les vérifications sont à effectuer dans les deux plans perpendiculaires Δ et Δ'. Cette simplification permet de
tenir compte du caractère tridimensionnel de la diffusion.
Dans le cas où les charges ne sont pas parallèles à la fibre moyenne, il y a lieu d'en tenir compte (se reporter à
l'annexe 4 du BPEL).
Lorsque l'effort concentré est centré (c'est le cas dans le plan Δ' pour la figure 2 ci-dessus, l'équilibre de la pièce
exige la mise en place d'un ferraillage équivalent à la somme du frettage de surface As et du ferraillage d'éclatement
Ae au sens de l'annexe 4.
Lorsque l'effort concentré est excentré (c'est le cas dans le plan Δ), l'équilibre de la pièce peut nécessiter, en plus du
ferraillage défini ci-dessus, un ferraillage complémentaire Ag pour assurer l'équilibre général (se reporter aux articles
1.1,11 et 1.1,12 de l'annexe 4 du BPEL).
Pour chaque charge concentrée, et pour chaque plan, on calcule une section d'acier d'éclatement :
Ces armatures sont placées, à partir de SA, sur une longueur totale égale à max (dj).
Remarque Dans le plan Δ', les charges étant centrées, il n'y a pas lieu de faire l'étude de l'équilibre général.
a. justification des contraintes :
Dans le plan Δ, la longueur de régularisation ℓ r vaut :
ℓr = b
L'équilibre de l'élément ABCD conduit aux efforts internes suivants, sur le plan de coupure BC parallèle à la
fibre moyenne de la pièce.
Vx = Ru1 - X
Mt = (sans objet)
Nt = 0 (dans le cas de la figure 5)
b. La contrainte conventionnelle de cisaillement de diffusion pure vaut :
A chaque niveau t, cette contrainte doit être cumulée avec la contrainte de cisaillement la plus défavorable,
si elle existe, qui résulte de l'équilibre, selon la résistance des matériaux, de l'ensemble des sollicitations.
La contrainte globale maximale de cisaillement s'en déduit et l'on doit vérifier que celle-ci reste inférieure à
la contrainte limite de cisaillement de la pièce considérée.
Remarque Dans le cas de la figure 5 : τ = 0
c. armatures d'équilibre général Les armatures d'équilibre général doivent satisfaire globalement à la règle des
coutures, l'effort tranchant étant écrété à la valeur :
L'incidence d'une faible proportion volumique de granulats (moins de 66 %) doit être prise en compte comme
indiqué au § 1 de l'Annexe 1 modifiée des règles BPEL ; elle conduit en effet à une déformabilité nettement
supérieure, notamment en termes de déformations différées.
A.2.1 béton
A.2.1,12
Pour f cj ≥ 60 MPa, la résistance caractéristique à la traction s'exprime par :
Il convient de vérifier, lors de l'étude du béton, que la résistance caractéristique en traction (estimée à partir d'essais
de fendage), notamment pour j = 28 jours, est supérieure à celle que l'on calcule à partir de la résistance
caractéristique en compression par la formule ftj = 0.275 fcj2/3. Cette formule rend compte d'une réalité moyenne sur
un grand nombre de données et intègre un coefficient de sécurité lié à la dispersion des résultats. Mais la variabilité
du rapport ftj/fcj devient importante pour les bétons à hautes performances, en fonction notamment du type de
granulats utilisés, et une valeur trop faible de ftj conduirait à ne plus être suffisamment en sécurité vis-à-vis de
formules (notamment de résistance à l'effort tranchant) paramétrées uniquement par fcj
A.2.1,13
L'obtention de BHP exige l'emploi de matériaux appropriés (granulats de qualité, ciment de classe 42,5 -
anciennement 55 - ou plus, présentant une compatibilité satisfaisante avec les adjuvants) et d'une installation de
fabrication précise et fiable. En outre, les résistances les plus élevées (B70/B80) exigent le plus souvent l'utilisation
d'additions minérales particulières telles que la fumée de silice.
A.2.1,22
Pour les BHP sans ou avec fumée de silice, avec fc28 ≥ 60 MPa, les déformations complémentaires dues au fluage
du béton sont égales à 1,5 fois ou 0,8 fois les déformations instantanées, respectivement.
L'expression du module de déformation différée (sous réserve de se trouver dans les limites de composition
précisées en A. 1.1) est alors :
Pour les bétons à hautes performances, remplacer « Ce segment s'étend entre les valeurs 0,2 % et 0,35 % de la
déformation εbc » par « Ce segment de droite s'étend entre les valeurs εbc1 = 2.10-3 et εbc2 de la déformation ».
A.4.3,42
La hauteur 0,8 y u du diagramme rectangulaire simplifié est remplacée par λ yu, le coefficient λ étant fonction de la
résistance selon la relation :
Dans le 3e commentaire, après la définition de φ j on ajoute : « Il convient de prendre pour φj la valeur du coefficient
de fluage définie par l'annexe 14 des règles BPEL, relative aux bétons à hautes performances. »
La loi de Sargin est définie sur la figure 2 et par les expressions suivantes :
Lorsque la fissuration est préjudiciable ou très préjudiciable, la contrainte τu doit être au plus égale à :
A.5.1,212
La contrainte τu doit être au plus égale à :
Le remplacement de
rend compte de la diminution de l'influence du terme fixe lorsque la résistance du béton s'accroît.
En flexion simple, et pour α = 90°, la relation s'écrit :
au lieu de
Dans le cas de la flexion composée avec traction le coefficient k doit être pris avec sa valeur algébrique qui est
négative dès que σtm > 1,33 f ti
L'effet favorable des armatures est pris en compte en prenant pour valeur limite :
A.5.3 actions tangentes exercées sur les éléments autres que les âmes : coutures d'attache
A.5.3,3 surfaces de reprise
La contrainte tangente limite sous sollicitation ultime devient 0,055f cj1/2.
A.6.1 adhérence des aciers en barres
A.6.1,25 ancrage par courbure de barres tendues
A.6. 1,252
La condition de non-écrasement du béton devient :
Quand l'armature de traction est entièrement courbe, ou dans les boucles de jonction des barres tendues d'une
poutre, la condition devient :
Dans l'évaluation du coefficient de frettage du béton, la limite élastique de l'armature est prise au maximum égale à f e
= 500 MPa.
Les faibles déformations latérales des BHP rendent difficile la mobilisation de valeurs plus élevées de la contrainte
de l'acier.
respectivement.
B.6.8,42 règles particulières à certains planchers avec hourdis sur entrevous de terre cuite ou béton
B.6.8,421 alinéa e)
La valeur limite de 0,02fc28 pour τu est remplacée par 0,13fc281/2.
B.7.4 condition de non-fragilité et section minimale d'armatures
La quantité ρ0 prend pour les BHP les valeurs suivantes :
0,0004 ftj s'il s'agit de ronds lisses (Fe E 215 ou Fe E 235) ;
0,0003 ftj s'il s'agit de barres ou fils à haute adhérence de classe Fe E 400 ou de treillis soudés à fils lisses
de diamètre supérieur à 6 mm ;
0,0002 ftj s'il s'agit de barres ou fils à haute adhérence de classe Fe E 500 ou de treillis soudés à fils lisses
de diamètre supérieur à 6 mm.
B.8.4 justification des poteaux
B.8.4,1
Pour les bétons sans fumée de silice de résistance supérieure à 40 MPa, et en fonction de l'âge auquel la majorité
des charges est appliquée, les valeurs de α sont à diviser par :
1,05 (au lieu de 1,1)
1,10 (au lieu de 1,2)
Pour les bétons avec fumée de silice, la valeur de α ne subit aucune réduction.
La première condition correspond à la limitation de τ0u à la même valeur que τu dans l'article A.5.1,211 dans le cas
des armatures d'âmes droites, sans fissuration préjudiciable. La seconde condition correspond à une vérification
élastique au déversement d'une paroi dont la fixité des sections d'appui est seule assurée.
(suite du commentaire inchangée)
Normes
Référence du document/Statut 5 /Publication 6
Titre du document/Article concerné du BAEL 91
5
HOM : homologuée
ENR : enregistrée
EXP : expérimentale
FD : fascicule de documentation
RE : document de référence.
6
Référence de publication :
dans le Bulletin Officiel, pour les fascicules du CCTG
dans les cahiers du CSTB, pour les DTU
à l'AFNOR, pour les normes et les fascicules de documentation
les Editions EYROLLES pour certains DTU.
A - METALLURGIE
A 35 - Produits longs - Comparaison des nuances d'acier françaises et étrangères
NF A 35-015/ HOM/ AFNOR Oct. 1996
Armatures pour béton armé. Ronds lisses soudables/B.1.2 Comm.
NF A 35-016/ HOM/ AFNOR Oct. 1996
Armatures pour béton armé. Barres et couronnes soudables à verrous de nuance FE 500. Treillis soudés
constitués de ces armartures/ A.2.2,2 Comm./ B.1.2 Comm.
NF A 35-018/ HOM/ AFNOR Juil. 1984
Armatures pour béton armé. Aptitude au soudage/ B.1.2 Comm.
P - BATIMENT ET GENIE CIVIL
P 06 - Bases de calcul des structures
NF P 06-001/ HOM/ AFNOR Juin 1986
Bases de calcul des constructions - Charges d'exploitation des bâtiments/ A.3.1,1 Comm.**/ B.2.2 Comm./
Annexe D.1.2,1/ Annexe D.1.2,3
DTU P 06-002/ RE/ AFNOR/ Mars 1998/ et CSTB Cahier n° 3182 Déc. 1999
Règles NV 65 -Règles définissant les effets de la neige et du vent sur les construction et annexes (Partie
relative à la neige remplacée par Règles N 84 - DTU P 06-006 et complément annexe 1)/ A.3.1,1 Comm. **/
B.3.1 Comm./ Annexe D.1.2,21/ Modificatif relatif à la carte Vent
NF P06-013/ HOM/ AFNOR Déc. 1995
Régles PS 92 Règles de construction parasismique/ A.3.1,4 Comm.
NF P 06-014/ HOM/ CSTB Cahier n° 2798 Mars 1995
Règles PS Ml 89 révisées 92 Construction parasismique des maisons individuelles et des bâtiments assimilés/
P 06-004/ FD/ AFNOR Mai 1977
Charges permanentes et charges d'exploitation dues aux forces de pesanteur/ A.3.1,1 Comm.**
NF P 06-005/ HOM/ AFNOR Juil. 1988
Notations - Symboles généraux/ Annexe C
NF P 06-006/ RE/ CSTB Cahier n° 2906 Sept. 1996
Règles N 84 - Actions de la neige sur les constructions ( et complément annexe 1)/ A.3.1,1 Comm. ** Annexe
D.1.2,22
P 15 - Liants
NF P 15-300/ HOM/ AFNOR Déc. 1981
Liants hydrauliques. Vérification de la qualité des livraisons - Emballage - Marquage/ B.1.1
NF P 15-301/ HOM/ AFNOR Juin 1994
Liants hydrauliques. Définitions, classifications et spécifications des ciments/ B.1.1
P 18 - Bétons - Granulats
NF P 18-011/ HOM/ AFNOR Juin 1992
Bétons. Classification des environnements agressifs/ A.4.5,31 2e Comm.
NF P 18-400/ HOM/ AFNOR Déc. 1981
Bétons. Modules pour éprouvettes cylindriques et prismatiques/ A.2.1,11 4e Comm.
NF P 18-404/ HOM/ AFNOR Déc. 1981
Bétons. Essais d'étude, de convenance et de contrôle. Confection et conservation des éprouvettes/ A.2.1,11 4 e
Comm.
NF P 18-406/ HOM/ AFNOR Déc. 1981
Bétons. Essai de compression/ A.2.1,11 4e Comm.
P 22 - Structures métalliques
NF P 22-615/ ENR/ AFNOR Oct. 1978
Poutres de roulement de ponts roulants - Déformations en service et tolérances/ Annexe D.2.2
Figure de l'article : E.1.3 détermination de la longueur des chapeaux et arrêts des barres inférieures de second lit
Figure de l'article : E.2.2,1 moments d'appuis
Figure 1
Figure de l'article : E.2.4,0 principes
Figure 3
Figure de l'article : E.2.4,4 cas d'une seule travée (ossature symétrique et symétriquement chargée)
Figure de l'article : E.4.0,1
Figure de l'article : E.4.0,2 piliers
Figure de l'article : E.4.0,3 chapiteaux
Figure de l'article : E.4.0,3 chapiteaux
Figure 5
Figure de l'article : E.4.1,2 méthode générale de calcul des sollicitations
Figure de l'article : E.4.1,2 méthode générale de calcul des sollicitations
Figure de l'article : E.4.1,2 méthode générale de calcul des sollicitations
Figure 8
Figure 9
Figure 10
Figure de l'article : E.4.8,21 moments fléchissants à prendre en compte dans les panneaux
Figure de l'article : E.4.8,22 division des panneaux en bandes
Figure de l'article : E.4.8,23 répartition des moments fléchissants entre les différentes bandes
Figure de l'article : E.4.8,24 cas des porte-à-faux
Figure de l'article : E.4.8,31 efforts tranchants à prendre en compte
Figure de l'article : E.4.8,4 trémies dans la dalle
Figure de l'article : E.4.8,4 trémies dans la dalle
Figure de l'article : E.5.0 définition
Figure de l'article : E.5.0 définition
Figure de l'article : E.5.0 définition
Figure de l'article : E.5.0 définition
Figure 5 Paroi fléchie à une travée h < ℓ ℓ = min(ℓt ; 1, 15 ℓo)
Figure de l'article : E.5.4,11 parois fléchies reposant sur deux appuis
Figure 7 Paroi fléchie à une travée h > ℓ
Figure de l'article : E.5.6 ouvertures dans les voiles porteurs
Figure 1 / Figure 1 bis
Figure 2 / Figure 2 bis
Figure de l'article : E.6.1,1
Figure de l'article : E.6.1,2
Figure de l'article : E.7.1,21
Figure de l'article : E.7.1,32 extension au cas d'un « mât »
Figure de l'article : E.7.2,2 mât soumis à des charges telles que l'effort normal ne soit pas constant
Figure de l'article : E.7.3,12 calcul d'un élément isolé
Figure de l'article : E.7.3,13 cas où l'on peut se ramener à un poteau isostatique
Figure de l'article : E.7.3,14 cas où l'on peut traiter directement le problème hyperstatique
Figure de l'article : E.7.3,14 cas où l'on peut traiter directement le problème hyperstatique
Figure de l'article : E.7.3,14 cas où l'on peut traiter directement le problème hyperstatique
Figure de l'article : E.7.3,14 cas où l'on peut traiter directement le problème hyperstatique
Figure de l'article : E.7.3,21 ossatures à noeuds fixes
Figure de l'article : E.7.3,21 ossatures à noeuds fixes
Figure de l'article : E.7.3,22 ossatures à noeuds déplaçables
Figure de l'article : E.8.1 détermination du niveau de diffusion
Figure de l'article : E.8.2,1 généralités
Figure de l'article : E.8.2,3 justifications dans les zones de première régularisation (prismes symétriques)
Figure de l'article : E.8.2,3 justifications dans les zones de première régularisation (prismes symétriques)
Figure de l'article : E.8.2,4 justification vis-à-vis de l'équilibre général de diffusion pure
Figure de l'article : modifications relatives à la PARTIE A
Figure de l'article : modifications relatives à la PARTIE A
Liste des tableaux
Tableau de l'article : A.6.1,21 conditions d'équilibre
Tableau de l'article : A.6.1,221
Tableau de l'article : A.8.2,42
Tableau de l'article : B.1.1 indications sur le choix des bétons en fonction des résistances à obtenir et des conditions
de fabrication
Tableau de l'article : B.6.1,21 cas des éléments de planchers soumis uniquement aux actions des charges
permanentes et des charges d'exploitation, à l'exclusion de toute action climatique
Tableau de l'article : B.6.1,22 cas des éléments de planchers susceptibles d'être soumis aux actions des charges
permanentes, des charges d'exploitation et du vent
Tableau de l'article : D.1.1,1 valeurs nominales des charges d'exploitation
Tableau de l'article : D.1.1,3 autres valeurs représentatives des actions d'exploitation ou climatiques
Tableau de l'article : D. 1.1,41 actions dues aux chocs de bateaux
Tableau de l'article : D.1.1,42 actions dues aux chocs de véhicules routiers
Tableau de l'article : D.1.2,3 autres valeurs représentatives des actions d'exploitation ou climatiques
Tableau de l'article : D.2.1,1 pour la vérification des états limites ultimes de résistance
Tableau de l'article : D.2.1,2 pour la vérification des états limites de service
Tableau de l'article : D.2.2,1 pour la vérification des états limites ultimes de résistance
Tableau de l'article : D.2.2,2 pour la vérification des états limites de service
Tableau de quelques valeurs numériques
Tableau de l'article : Annexe E.3 calcul des panneaux de hourdis rectangulaires uniformément chargés articulés sur
leur contour
Tableau de l'article : E.4.2,2 répartition des moments fléchissants entre les différentes bandes
Tableau de l'article : modifications relatives à la PARTIE A
Tableau de l'article : modifications relatives à la PARTIE A