Performance économique du plantain à Mbubu
Performance économique du plantain à Mbubu
Doi: 10.19044/esipreprint.8.2024.p243
Cite As:
Kimanda Asha, M., Mwengi, A. I. I., & Ntoto M’Vubu, A. R. (2024). Analyse de la
performance économique de la production de banane plantain et son impact socio-
économique sur les ménages agricoles dans le village Mbubu au Kongo central en RD
Congo. ESI Preprints. [Link]
Résumé
La culture du bananier génère d’emplois au profit des acteurs du
monde rural, procure revenus substantiels pour les acteurs de cette filière et
contribue à l’amélioration de la sécurité alimentaire. Globalement, cette
étude a analysé la performance de la culture du bananier (d’un hectare) et
son impact socio-économique chez les ménages producteurs.
Spécifiquement, il est question de déterminer les différents paramètres de la
performance et le ratio de profitabilité, ainsi ressortir l’impact socio-
économique induit par cette culture. Choisis de façon aléatoire, 30 ménages
ont été enquêtés. Les statistiques descriptives ont permis de dégager les
tendances centrales et de dispersion, la comptabilité analytique a permis de
déterminer la performance économique et les effets induits sur le plan socio-
économique des ménages au moyen de calcul du ratio de satisfaction
financière. Il ressort des résultats que, l’exploitant dépense 1742,15$ comme
coût total pour produire et mettre sur le marché local 705 régimes de plantain
de ±10 Kg pour une recette après-vente correspondante de 2226,92$
dégageant ainsi une marge bénéficiaire de 484,77$, d’où résulte un ratio de
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Abstract
Banana cultivation generates jobs for stakeholders in the rural world,
provides substantial income for stakeholders in this sector, and contributes to
improving food security. Overall, this study analyzed the performance of
banana cultivation (a one-hectare) and its socio-economic impact among
producing households. Specifically, it is a question of determining the
different performance parameters and the profitability ratio, highlighting the
socio-economic impact induced by this plant. Selected randomly, 30
households were surveyed. Descriptive statistics allowed identifying central
and dispersion tendencies, and analytical accounting allowed to determine
the economic performance and the induced effects on the socio-economic
level of households by means of calculating the financial satisfaction ratio.
The results show that the farmer spends $1,742.15 as a total cost to produce
and place on the local market 705 bunches of plantain of ±10 kg for
$2,226.92 corresponding after-sale revenue, thus generating a profit margin
of $484.77, resulting in a profitability ratio of 21.77%. This result proves that
the production and sale of plantains in Mbubu village are moderately
profitable and income-generating activities. The financial satisfaction ratio
being 346.08%, means that the production of one hectare of banana only
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contributes approximately 30% to the basic needs of the farmer. Hence the
financial satisfaction of households must come either through the
intensification of cultivation or through the exploitation of other crops in
parallel.
Introduction
L'agriculture est la principale activité du monde rural. Elle joue le
rôle de fournir de matières premières à l'industrie, transférer de la main-
d’œuvre rurale à diverses activités des secteurs secondaire et tertiaire,
générer des ressources nécessaires au financement du développement du
pays (Ndonda, 2009).
En République Démocratique du Congo (RDC), de par l’importance
de son potentiel de développement et de sa population à plus de 70 % rurale,
les activités agricoles occupent une place de choix dans l’économie
Congolaise, et participe à hauteur de 45,7 % au Produit Intérieur Brut (PIB).
L’agriculture joue un rôle important dans l’économie nationale puisqu’elle
emploie actuellement 80 % de la main d’œuvre (DSCRP2, 2011 ;
MINAGRI, 2018) qui cultivent pour la plupart les cultures vivrières. Ces
dernières occupent annuellement une moyenne de 5 millions d’ha,
composées essentiellement de manioc, de maïs, de banane plantain, de riz,
d’arachide et de haricot et sont cultivées selon un système traditionnel
itinérant sur brulis (MINADER, 2010). Originaire d’Asie du Sud-Est, le
bananier plantain est cultivable dans les zones tropicales où les pluies
peuvent atteindre 1100 mm d’eau par an (Tassembedo, 2019).
La banane constitue un élément essentiel du régime alimentaire de
certains pays développés et constitue une nourriture de base pour 20 millions
de personnes dans ces zones où les densités démographiques sont très
élevées (Malin et Djomo, 1972 ; Perrier, 2020). Elle figure
incontestablement parmi les fruits tropicaux les plus importants et est
cultivée en général pour l’autoconsommation des ménages en vue d’assurer
la sécurité alimentaire des exploitants. La banane plantain joue un rôle
essentiel dans la sécurité alimentaire et il procure des revenus substantiels
pour les acteurs de cette filière. La croissance démographique et les
habitudes alimentaires des populations urbaines entrainent une forte
demande du plantain dans les marchés (Folefack, 2018).
En RDC, le plantain constitue actuellement, le troisième produit
vivrier après le manioc et le maïs, tandis que les bananes douces représentent
les fruits les plus importants du pays, soit 1/3 de la production fruitière totale
(Bangata et al, 2018). En 2016 par rapport aux productions attendues pour
les quatre principales cultures évaluées à savoir le riz, le manioc, le maïs et le
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routes limite l’accès aux marchés et aggravent les blessures subies depuis la
récolte et augmente du coup les pertes physiques post-récolte. (IICA, 2012 ;
PAM, 2017).
Ainsi, l’objectif de la tenue d’une bananeraie est une production de
bananes durable, rentable pour le producteur. Se fondant sur les différents
enjeux liés aux exploitations agricoles, il est pertinent d’analyser la
performance économique (rentabilité) des petites exploitations de banane
(Kimwanga, 2021). La banane étant essentiellement cultivée de manière
informelle par des petits agriculteurs (FAO, 2020), la connaissance de la
rentabilité reste une préoccupation.
C’est dans ce contexte que s’inscrit cette étude afin de déterminer la
performance de cette culture dans le village Mbubu, qui consiste à évaluer la
performance des ressources investies par la rentabilité. Elle est comme étant
la différence entre le revenu perçu et les coûts payés par un agent
économique au prix du marché (Kroma et Lamien, 2017). La rentabilité
(profitabilité) est couramment définie comme l’aptitude générale de
l’exploitation à dégager une marge bénéficiaire, elle donne un niveau
potentiel de performance qui souvent posé comme le différentiel entre prix
de vente et prix de revient (Maniriho et al, 2021).
Cependant, deux questions principales sont posées à savoir, quelle est
la performance économique de la culture de banane ? Quelle est son impact
socio-économique sur le ménage producteur ? Au regard de la littérature sur
la production de banane, Mpanzu (2012), MINAGRI (2017), Briki et al
(2021) etc., il est évident que cette culture soit rentable mais les prix offerts
aux producteurs permettent sans doute difficilement de couvrir les frais d'une
culture intensive (Djomo et Melin,1972), par conséquent ses retombés sont
positifs sur le plan socio-économique des ménages.
C’est pourquoi, le but poursuivi est d’analyse la performance de la
culture du bananier dans le village Mbubu ainsi que son impact socio-
économique chez le ménage producteur. Spécifiquement, il s’agit de
déterminer différents paramètres de la performance et d’estimer les
déterminants de la rentabilité économique et enfin ressortir l’impact socio-
économique induit par cette culture. Comme finalité, cette étude permettra de
mettre à la disposition, d’une part, des exploitants une référence sur la
performance de la culture de banane ainsi que son avantage socio-
économique et d’autre part, des partenaires socio-économiques, une
référence en matière de production de banane et du niveau de vie des
paysans de ce coin du pays.
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Méthodes
Collecte et analyse de données
Outre la méthode documentaire qui nous a permis de réaliser la partie
théorique, les enquêtes ont permis la collecte de données sur le terrain. Notre
échantillon est constitué de 30 ménages sélectionnés de manière aléatoire,
selon la disponibilité de la population dans le village et de l’intérêt qu’elle
porte sur le développement agricole. Les données ont été collectées entre
2018 et 2020, actualisées et complétées en 2023. Moyennant un
questionnaire, ont été collectées les informations relatives aux coûts et
recettes, susceptibles de calculer les déterminants de rentabilité mais aussi
toutes les informations socio-économiques des ménages.
Pour les analyses, nous avons utilisé des méthodes : la statistique
descriptive, qui a permis de dégager les tendances centrales et de dispersion
(Moloba et al., 2019), ainsi que de la comptabilité analytique pour la
détermination de la rentabilité sur un champ d’un hectare de superficie.
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Résultats
Dans cette partie sont présenté les résultats de l’étude concernant le
profil du répondant, les différents coûts, de la production à la vente, des
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exploitent la terre sous contrat locatif et 10, 53% de don du chef du village,
situation qui n’est pas fonction d’âge. Quant à l’ancienneté dans la culture,
47,37% des répondants cultivent la banane depuis plus de 9 ans et 57,8%
cultivent la banane sur des petites parcelles ayant une superficie inférieure à
0,1 ha, parmi lesquels 55,56% et 45,45% ont plus de 55 ans respectivement.
En outre, il existe une très faible corrélation (6,3%) entre l’ancienneté dans la
production de banane et la superficie emblavée, pour α = 5%, ce qui veut
dire que la dépendance entre ces deux variables est très faible.
Tableau 3 : Commercialisation de la banane à Mbubu (en %, N=19)
Niveau d'éducation du chef de ménage Valeurs et
Signification de
Variables Modalités Pas Niveau Niveau Niveau Total
Khi carré au seuil
d'éducation primaire secondaire supérieur
de 0,05
Maman 15,38 15,38 69,23 - 68,42
La personne qui
Papa - 14,29 85,71 14,29 36,84
s'occupe de la
Enfant - - 100 10,53 15,002 (0,241)
vente
En groupe 16,67 0 66,67 16,67 31,58
Total 10,53 10,53 73,68 5,26 100
Moyen de Pied 10,53 10,53 76,68 5,26 100
transport utilisé Vélo 0 0 100 0 5,26
pour se rendre au Véhicules 11,11 22,22 55,56 11,11 47,37 19,528 (0,077)
marché Moto 11,11 11,11 72,22 5,56 94,74
Total 10,53 10,53 73,68 5,26 100
Luvaka 16,67 27,78 88,89 5,56 94,74
Kwuilu ngongo 16,67 16,67 100 - 31,58
Nkiende 13,33 33,33 93,33 6,67 78,95
Lieu de vente Au champ - - 100 - 5,26
33,527 (0,030)
Kinshasa - - - 100 5,26
Sur place au
- - 100 - 5,26
village
Total 10,53 10,53 73,68 5,26 100
Grosseur de
0 11,76 82,35 5,88 89,47
fruits
Déterminants du
Saisonnalité - - 80 20 26,32
prix de vente 12,878 (0,116)
Taille du
22,22 11,11 66,67 - 47,37
régime
Total 10,53 10,53 73,68 5,26 100
Mode d’accès à Voisins 8,33 8,33 75 8,33 63,16
l’information sur Correspondants 6,67 13,33 80 - 78,95
10,076 (0,260)
le prix de vente Commerçants 11,11 11,11 72,22 5,56 94,74
Total 10,53 10,53 73,68 5,26 100
Source : Enquête 2020 actualisé en 2023
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sont les pieds (100%) et la moto (94,74%), mais le véhicule (47,37%) l’est
pour la vente à Kinshasa. Les marchés locaux les plus fréquentés sont
Luvaka (94,74%) et Nkiende (78,95%), tandis que la vente sur place ou au
camp ne concerne que des petites quantités destinées à la consommation
locale. Le prix de vente est influencé à 94,74% par les commerçants
acheteurs qui dictent le prix auquel acheter. Selon les exploitants, le prix du
régime est déterminé par la grosseur des fruits (89,47%), la taille du régime
(47,37%) et de la saisonnalité (26,32%). Selon le test d’indépendance de χ2
au seuil de 5%, seulement le choix du lieu de vente (sign=0,030) est
influencé à 33,527% par le niveau d’instruction de l’exploitant, tandis que
les autres variables sont indépendantes du niveau d’instruction.
Tableau 4 : Evaluation du coût d’exploitation annuel en $
Rubriques Coût total % sur le coût total
Coût variables
1. Consommation intermédiaires (CI)
Achat rejet + transport 620
Total CI 620 35,59
2. Main d’œuvre (HJ)
Préparation du sol (défrichage et labour) 75 4,31
Trouaison 75 4,31
Plantation 75 4,31
Sarclage 150 8,61
Œilletonnage et tuteurage 40 2,30
Récolte 50 2,87
Transport de récoltes du champ au village 40 2,30
Total MO 505 28,99
[Link]ût de commercialisation (CC)
Transport du village au lieu de vente (Moto) 582,13 33,41
Taxe 0,34 0,02
Frais transport pour le retour au village 1,28 0,07
Autres frais et charges (droit d'étalage) 1,2 0,07
Frais de séjours 1,7 0,10
Total CC 586,65 33,67
Total coût variable= CI + MO + CC (1) 1711,65 98,25
Coûts fixes
Houe 6,5 0,37
Pèle 4 0,23
Machette 12 0,69
Brouette 8 0,46
Total coût fixe (2) 30,5 1,75
Total coût de production= (1) +(2) 1742,15 100,00
Calcul sur base de données du terrain 2020, actualisées en 2023
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Discussion
Bien que notre échantillon soit constitué de 53,3% des femmes et
46,7% des hommes, la production de la banane est exclusivement sous la
responsabilité des hommes comme le montre le résultat selon lequel 93,3%
des chefs de ménages sont des hommes. Ce résultat est conforme à ce qui a
été trouvé par le Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI) en
Côte d’Ivoire (2015), selon lequel les producteurs de banane à destination
commerciale sont presque exclusivement des hommes, étant donnée la
division sexuelle du travail cultures de rente (réservées aux hommes) /
cultures vivrières (dominées par les femmes). La population productrice est
jeune dont plus de 63% de répondants ont un âge variant entre 18 et 45 ans,
résultat au-dessus de la moyenne de la province qui se situe à 53% selon
Institut National de Statistique (INS), direction provinciale (2015). L’accès à
la terre est une condition sine qua non de la production agricole. A Mbubu,
73,68% d’exploitants sont de propriétaires terriens, et de manière générale
cultivent la banane sur des petites surfaces comprises entre 0,01 à 2 hectares
de superficie. Ces résultats totalement différents de ce qu’avaient trouvé
Briki et al. (2021) dans son étude sur la rentabilité de la culture de bananier à
Luki, car, dans ce village, les terres serraient réparties entre les tributs
autochtones. En plus, 47,4% des producteurs ont une ancienneté de plus de 9
ans dans la culture, expérience nécessaire pour une bonne maîtrise de la
production, des coûts, des débouchés ainsi que des avantages tirés de cette
culture. La taille moyenne des ménages agricoles de Mbubu est de 6 ±2
personnes par ménage avec un nombre moyen des 4 actifs agricoles par
ménage.
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les commerçants qui l’utilisent pour fixer les prix au détriment des
agriculteurs. De tous les déterminant du prix, la grosseur des fruits constitue
un indicateur clé. De l’analyse sur l’influence du niveau d’instruction sur ces
indicateurs commerciaux, découle que, il y a dépendance seulement avec le
choix du lieu de vente (sign=0,030), cela veut dire que le niveau
d’instruction influence positivement (22,373) le choix du marché, qui
implique la recherche de bénéfice.
Le coût total de production trouvé dans cette étude (1742,15$) est
près que le double de ce qu’avaient trouvé Briki et al. (2021), cela se justifie
par le fait que le coût des matériels de plantation n’était pas incorporé dans
sa structure de coût. Le mauvais état de routes influence à la hausse le coût
de transport qui représente 33,41% du coût total, ce qui coïncide avec le
résultat de Mpanzu (2012). La marge bénéficiaire du plantain est
particulièrement faible, le fait expliqué par Melin et Djomo (1972)
concernant les bénéfices réalisés, expliquant que, elles sont souvent très
faibles au stade du producteur, mais font plus que doubler, voire tripler, en
gros et au détail dans les grands centres urbains. Cette marge avoisine 22%
contre 13 % trouvé par Briki et al. (2021). Bien qu’attestant la rentabilité de
la production des bananes plantains dans la région, cette différence est due
au coût de transport de la production de champs au village, qui vient alourdir
le coût de commercialisation pour son étude et diminue ainsi le bénéfice.
Quant à Mbubu, le champ sont derrières les cases et/ou à moins de 200
mètres du village.
L’exploitant vit des revenus agricoles et de revenus non agricoles.
L’alimentation constitue le poste le plus important de dépenses domestiques,
ce qui correspond au résultat de Ouedraogo (2016) ; PAM (2017). La part de
l’alimentation dans les dépenses totales des ménages (50,22%) est inférieure
à celle de l’ensemble de la province qui se situe à 69,2% selon INS, direction
provinciale (2015). Cela constituerait un indice de la pauvreté dans ce
village, conséquence de la situation de semi-enclavement du coin due au
mauvais état des routes (surtout pendant la saison pluvieuse), rendant ainsi la
vie difficile. Par ailleurs, le ratio de satisfaction financière montre que le
surplus de ventes des bananes ne contribue qu’à la hauteur de près d’un tier
aux dépenses domestiques des ménages avec un ratio de 346,08%.
Au regard de ce qui précède, il sied de signaler que la culture de banane
est moyennement rentable. L’exploitant, pour la satisfaction financière de
son ménage, doit, soit intensifier la culture, soit cultiver d’autre cultures en
parallèle car, le revenu issu de la vente de banane (production d’un hectare)
ne représente que près de 30% de besoins fondamentaux de l’exploitant.
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Conclusion
La production de banane est exclusivement sous la responsabilité des
hommes avec 93,3% des chefs de ménages dont plus de 63% de répondants
sont jeunes. De manière générale, la banane est cultivée sur des petites
surfaces comprises entre 0,01 à 2 hectares de superficie où 73,68%
d’exploitants sont de propriétaires terriens. Dans ce village, la taille moyenne
du ménage agricoles est de 6±2 personnes avec un nombre moyen des 4
actifs agricoles par ménage.
Concernant la performance de la culture, moyennement l’exploitant
dépense 1742,15$ comme coût total pour produire et mettre sur le marché
local 705 régimes de plantain de ±10 Kg et une recette après-vente
correspondante de 2226,92$ dégageant ainsi une marge bénéficiaire de
484,77$, d’où résulte un ratio de profitabilité de 21,77%. Ce résultat prouve
que la production et la vente des bananes plantains dans le village Mbubu
sont des activités moyennement rentables et génératrices de revenus, mais
que le mauvais état de routes secondaires, rendant ainsi le trafic très difficile,
engendre des coûts colossaux ayant pour conséquence la réduction de la
marge bénéficiaire.
Au regard de cette marge et face aux besoins fondamentaux des
manages, il ressort le résultat tel que la culture de banane ne contribue qu’à
peu près un tier aux dépenses domestiques de l’exploitant. Pour une
population dont la banane est la principale culture, il est évident que les
paysans de ce coin du pays mènent une vie en deçà du seuil de pauvreté.
Mais pour assurer une bonne sécurité sociale de sa famille, l’exploitant doit
produire plus qu’un hectare des bananes, sinon, ensemble avec sa famille,
seront obligés à survivre qu’aux dépend d’activités extérieures à la culture de
banane et la satisfaction des besoins de la famille passerait par un
endettement et par abandon de ladite culture pour d’autres activités plus
rémunératrices.
Aux autorités tant provinciales que centrales, d’aménager, de
réhabiliter les routes secondaires pour permettre aux personnes et à leurs
biens de circuler aisément, ce qui aurait pour conséquence l’augmentation de
la production ainsi l’amélioration de conditions de vie de paysans de ce coin
du pays.
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