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Performance économique du plantain à Mbubu

Cette étude analyse la performance économique de la culture de banane plantain dans le village Mbubu en RD Congo, mettant en évidence son impact socio-économique sur les ménages agricoles. Les résultats montrent un coût total de production de 1 742,15 $ pour une recette de 2 226,92 $, générant une marge bénéficiaire de 484,77 $ et un ratio de profitabilité de 21,77%. Malgré une rentabilité modérée, la production ne couvre qu'environ 30% des besoins fondamentaux des exploitants, suggérant la nécessité d'intensifier la culture ou d'explorer d'autres cultures pour améliorer la satisfaction financière.

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Performance économique du plantain à Mbubu

Cette étude analyse la performance économique de la culture de banane plantain dans le village Mbubu en RD Congo, mettant en évidence son impact socio-économique sur les ménages agricoles. Les résultats montrent un coût total de production de 1 742,15 $ pour une recette de 2 226,92 $, générant une marge bénéficiaire de 484,77 $ et un ratio de profitabilité de 21,77%. Malgré une rentabilité modérée, la production ne couvre qu'environ 30% des besoins fondamentaux des exploitants, suggérant la nécessité d'intensifier la culture ou d'explorer d'autres cultures pour améliorer la satisfaction financière.

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ESI Preprints Not Peer-reviewed

Analyse de la performance économique de la production de


banane plantain et son impact socio-économique sur les
ménages agricoles dans le village Mbubu au Kongo central en
RD Congo
Mireille Kimanda Asha
Aiko Ikonso Mwengi, Msc
Alphonse Roger Ntoto M’Vubu, PhD
Département d’économie agricole, Faculté des Sciences Agronomiques,
Université de Kinshasa, République Démocratique du Congo

Doi: 10.19044/esipreprint.8.2024.p243

Approved: 14 August 2024 Copyright 2024 Author(s)


Posted: 15 August 2024 Under Creative Commons CC-BY 4.0
OPEN ACCESS

Cite As:
Kimanda Asha, M., Mwengi, A. I. I., & Ntoto M’Vubu, A. R. (2024). Analyse de la
performance économique de la production de banane plantain et son impact socio-
économique sur les ménages agricoles dans le village Mbubu au Kongo central en RD
Congo. ESI Preprints. [Link]

Résumé
La culture du bananier génère d’emplois au profit des acteurs du
monde rural, procure revenus substantiels pour les acteurs de cette filière et
contribue à l’amélioration de la sécurité alimentaire. Globalement, cette
étude a analysé la performance de la culture du bananier (d’un hectare) et
son impact socio-économique chez les ménages producteurs.
Spécifiquement, il est question de déterminer les différents paramètres de la
performance et le ratio de profitabilité, ainsi ressortir l’impact socio-
économique induit par cette culture. Choisis de façon aléatoire, 30 ménages
ont été enquêtés. Les statistiques descriptives ont permis de dégager les
tendances centrales et de dispersion, la comptabilité analytique a permis de
déterminer la performance économique et les effets induits sur le plan socio-
économique des ménages au moyen de calcul du ratio de satisfaction
financière. Il ressort des résultats que, l’exploitant dépense 1742,15$ comme
coût total pour produire et mettre sur le marché local 705 régimes de plantain
de ±10 Kg pour une recette après-vente correspondante de 2226,92$
dégageant ainsi une marge bénéficiaire de 484,77$, d’où résulte un ratio de

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ESI Preprints August 2024

profitabilité de 21,77%. Ce résultat prouve que la production et la vente des


bananes plantains dans le village Mbubu sont des activités moyennement
rentables et génératrices de revenus. Ratio de satisfaction financière étant de
346,08%, cela signifie que la production d’un hectare de banane ne contribue
qu’à peu près à 30% aux besoins fondamentaux de l’exploitant. D’où la
satisfaction financière des ménages, doit passer soit par l’intensification de la
culture, soit par l’exploitation d’autres cultures en parallèle.

Mots clés : Performance économique, Banane plantain, Impact socio-


économique

Analysis of the Economic Performance of Banana Production


and Its Socio-economic Impact on Agricultural Households in
Mbubu Village in Central Kongo in DR Congo
Mireille Kimanda Asha
Aiko Ikonso Mwengi, Msc
Alphonse Roger Ntoto M’Vubu, PhD
Département d’économie agricole, Faculté des Sciences Agronomiques,
Université de Kinshasa, République Démocratique du Congo

Abstract
Banana cultivation generates jobs for stakeholders in the rural world,
provides substantial income for stakeholders in this sector, and contributes to
improving food security. Overall, this study analyzed the performance of
banana cultivation (a one-hectare) and its socio-economic impact among
producing households. Specifically, it is a question of determining the
different performance parameters and the profitability ratio, highlighting the
socio-economic impact induced by this plant. Selected randomly, 30
households were surveyed. Descriptive statistics allowed identifying central
and dispersion tendencies, and analytical accounting allowed to determine
the economic performance and the induced effects on the socio-economic
level of households by means of calculating the financial satisfaction ratio.
The results show that the farmer spends $1,742.15 as a total cost to produce
and place on the local market 705 bunches of plantain of ±10 kg for
$2,226.92 corresponding after-sale revenue, thus generating a profit margin
of $484.77, resulting in a profitability ratio of 21.77%. This result proves that
the production and sale of plantains in Mbubu village are moderately
profitable and income-generating activities. The financial satisfaction ratio
being 346.08%, means that the production of one hectare of banana only

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contributes approximately 30% to the basic needs of the farmer. Hence the
financial satisfaction of households must come either through the
intensification of cultivation or through the exploitation of other crops in
parallel.

Keywords: Economic performance, plantain, Socio-economic impact

Introduction
L'agriculture est la principale activité du monde rural. Elle joue le
rôle de fournir de matières premières à l'industrie, transférer de la main-
d’œuvre rurale à diverses activités des secteurs secondaire et tertiaire,
générer des ressources nécessaires au financement du développement du
pays (Ndonda, 2009).
En République Démocratique du Congo (RDC), de par l’importance
de son potentiel de développement et de sa population à plus de 70 % rurale,
les activités agricoles occupent une place de choix dans l’économie
Congolaise, et participe à hauteur de 45,7 % au Produit Intérieur Brut (PIB).
L’agriculture joue un rôle important dans l’économie nationale puisqu’elle
emploie actuellement 80 % de la main d’œuvre (DSCRP2, 2011 ;
MINAGRI, 2018) qui cultivent pour la plupart les cultures vivrières. Ces
dernières occupent annuellement une moyenne de 5 millions d’ha,
composées essentiellement de manioc, de maïs, de banane plantain, de riz,
d’arachide et de haricot et sont cultivées selon un système traditionnel
itinérant sur brulis (MINADER, 2010). Originaire d’Asie du Sud-Est, le
bananier plantain est cultivable dans les zones tropicales où les pluies
peuvent atteindre 1100 mm d’eau par an (Tassembedo, 2019).
La banane constitue un élément essentiel du régime alimentaire de
certains pays développés et constitue une nourriture de base pour 20 millions
de personnes dans ces zones où les densités démographiques sont très
élevées (Malin et Djomo, 1972 ; Perrier, 2020). Elle figure
incontestablement parmi les fruits tropicaux les plus importants et est
cultivée en général pour l’autoconsommation des ménages en vue d’assurer
la sécurité alimentaire des exploitants. La banane plantain joue un rôle
essentiel dans la sécurité alimentaire et il procure des revenus substantiels
pour les acteurs de cette filière. La croissance démographique et les
habitudes alimentaires des populations urbaines entrainent une forte
demande du plantain dans les marchés (Folefack, 2018).
En RDC, le plantain constitue actuellement, le troisième produit
vivrier après le manioc et le maïs, tandis que les bananes douces représentent
les fruits les plus importants du pays, soit 1/3 de la production fruitière totale
(Bangata et al, 2018). En 2016 par rapport aux productions attendues pour
les quatre principales cultures évaluées à savoir le riz, le manioc, le maïs et le

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ESI Preprints August 2024

plantain, seul le bananier plantain a atteint le seuil minimum de la production


attendue. Elle est passée de 4.076.704 à 4.097.589,61 tonnes entre 2015 et
2016, soit une augmentation de 0,51% (MINAGRI, 2017).
La culture du bananier constitue une source de revenus, génère de
nouveaux emplois au profit des acteurs du monde rural, contribue à
l’amélioration de la sécurité alimentaire et à la qualité nutritionnelle des
populations (Tassembedo, 2019 ; Briki et al, 2021). Elle est cultivée en
association avec d’autres cultures non seulement pour diversifier le revenu
(Hedegla, 2022), mais aussi pour fertiliser le sol, c’est pourquoi elle est plus
souvent associée aux légumineuses dans le village Mbubu au Kongo central.
Dans ce village sa culture se pratique dans de petites parcelles non loin du
village et de jardins de case autours du village pour une superficie allant de
0,01 hectare à 1 hectares par exploitant, réalité des bananeraies au Kongo
central soulignée aussi par Mpanzu (2012), superficie dans laquelle trois à
sept variétés des bananiers et bananiers plantains sont cultivées ensemble.
Cependant, six cultivars de bananier et plantain sont cultivées dans ce village
à cause de leur haut rendement et leur appréciation par les paysans
cultivateurs et par les commerçants acheteurs entre autres les plantains Bubi
et Ndongila (CFSI, 2017 ; Bangata et al, 2018).
Ces variétés de plantain sont les plus cultivées car elle donne
beaucoup de rendements, elles ont bon goût. La finalité du choix porté sur
ces variétés est tout d’abord commercial parce que l’exploitant espère avoir
des bénéfices susceptibles de lui permettre de couvrir toutes ses dépenses
domestiques, sociales, de loisir, bref, dépenses liées aux besoins
fondamentaux des ménages, en vue de garantir le bien-être de sa famille
(Ouedraogo, 2016). D’où, la production des bananes doit contribuer à réduire
la pauvreté rurale, réussir l’intégration de producteurs locaux dans les
marches locaux et régionaux et procurer revenus aux producteurs.
Ainsi, la vente de bananes plantains, est un secteur qui permet à une
franche de la population de survivre grâce aux revenus que génère cet emploi
(Ntacobasima et al, 2019). Globalement, les bananes plantains font l'objet
d'un commerce local pour approvisionner les villes. La plupart des
transactions s'effectuent sur les petits marchés de brousse qui peuvent être
plus ou moins permanents et se tiennent à jour fixe dans les villages. (Djomo
et Melin,1972). Les revenus générés par le commerce de la banane plantain
sont très attrayants (Boureima, 2019), mais l’absence de structure organisée
au sein des producteurs favorise une mainmise des commerçants urbaines sur
la formation des prix.
Les prix dans les champs sont en principe négociés entre les
producteurs et les commerçants urbains, mais au final ce sont les
commerçants qui imposent leur prix, en prenant en compte le coût des pertes
durant le trajet. Le manque de transport approprié et les mauvais états des

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ESI Preprints August 2024

routes limite l’accès aux marchés et aggravent les blessures subies depuis la
récolte et augmente du coup les pertes physiques post-récolte. (IICA, 2012 ;
PAM, 2017).
Ainsi, l’objectif de la tenue d’une bananeraie est une production de
bananes durable, rentable pour le producteur. Se fondant sur les différents
enjeux liés aux exploitations agricoles, il est pertinent d’analyser la
performance économique (rentabilité) des petites exploitations de banane
(Kimwanga, 2021). La banane étant essentiellement cultivée de manière
informelle par des petits agriculteurs (FAO, 2020), la connaissance de la
rentabilité reste une préoccupation.
C’est dans ce contexte que s’inscrit cette étude afin de déterminer la
performance de cette culture dans le village Mbubu, qui consiste à évaluer la
performance des ressources investies par la rentabilité. Elle est comme étant
la différence entre le revenu perçu et les coûts payés par un agent
économique au prix du marché (Kroma et Lamien, 2017). La rentabilité
(profitabilité) est couramment définie comme l’aptitude générale de
l’exploitation à dégager une marge bénéficiaire, elle donne un niveau
potentiel de performance qui souvent posé comme le différentiel entre prix
de vente et prix de revient (Maniriho et al, 2021).
Cependant, deux questions principales sont posées à savoir, quelle est
la performance économique de la culture de banane ? Quelle est son impact
socio-économique sur le ménage producteur ? Au regard de la littérature sur
la production de banane, Mpanzu (2012), MINAGRI (2017), Briki et al
(2021) etc., il est évident que cette culture soit rentable mais les prix offerts
aux producteurs permettent sans doute difficilement de couvrir les frais d'une
culture intensive (Djomo et Melin,1972), par conséquent ses retombés sont
positifs sur le plan socio-économique des ménages.
C’est pourquoi, le but poursuivi est d’analyse la performance de la
culture du bananier dans le village Mbubu ainsi que son impact socio-
économique chez le ménage producteur. Spécifiquement, il s’agit de
déterminer différents paramètres de la performance et d’estimer les
déterminants de la rentabilité économique et enfin ressortir l’impact socio-
économique induit par cette culture. Comme finalité, cette étude permettra de
mettre à la disposition, d’une part, des exploitants une référence sur la
performance de la culture de banane ainsi que son avantage socio-
économique et d’autre part, des partenaires socio-économiques, une
référence en matière de production de banane et du niveau de vie des
paysans de ce coin du pays.

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ESI Preprints August 2024

Milieu d’étude et Méthodes


Milieu d’étude
Mbubu est un village qui se trouve dans le groupement Kyende,
Secteur Gombe Sud, Territoire Mbanza ngungu, District de Cataracte dans la
Province du Kongo central (ex Bas-Congo) située à l’Ouest de la République
Démocratique du Congo, des coordonnées 05,76573 de latitude Sud,
14,82355 de longitude Est et 477 m d’altitude. Ce village a une population
de 231 ménages avec une moyenne de 6 personnes par ménages. Quant à ce
qui concerne le climat, il sera question de se référer au travail de Muku et al
(2020) travail réalisé sur le village M’vuazi. Suivant la classification de
Köppen, le climat est de type Aw4 (climat tropical avec 4 mois de saison
sèche) avec deux saisons, une saison pluvieuse de 7 mois (mi-octobre à mi-
mai) et une saison sèche de 5 mois (mi-mai à mi-octobre) (Onotamba, 2007).
La saison culturale A commencé en octobre et se clôture en février tandis
que la saison culturale B couvre la période allant de mars à mai. L’humidité
relative moyenne journalière est de 75% avec une légère diminution en
saison sèche. Les températures oscillent entre 20 et 28°c, avec des
températures moyenne annuelle de ±28 (Diyabanza et al., 2020). La
pluviométrie moyenne annuelle varie entre 1 400 et 1 600 mm. Selon
Denisoff et Devred (1954) cité par Muku et al, (2020), les sols sont
alluvionnaires formés sur l’esquisse géologique d’argile résiduelle et
présentent de bonnes propriétés (fertilité et résistance à l’érosion). La
végétation est du type guinéo-congolaise, avec une prédominance de savane
boisée par semée par endroit de galeries forestières, vu la présence de
plusieurs cours d’eau qui traversent le milieu.

Méthodes
Collecte et analyse de données
Outre la méthode documentaire qui nous a permis de réaliser la partie
théorique, les enquêtes ont permis la collecte de données sur le terrain. Notre
échantillon est constitué de 30 ménages sélectionnés de manière aléatoire,
selon la disponibilité de la population dans le village et de l’intérêt qu’elle
porte sur le développement agricole. Les données ont été collectées entre
2018 et 2020, actualisées et complétées en 2023. Moyennant un
questionnaire, ont été collectées les informations relatives aux coûts et
recettes, susceptibles de calculer les déterminants de rentabilité mais aussi
toutes les informations socio-économiques des ménages.
Pour les analyses, nous avons utilisé des méthodes : la statistique
descriptive, qui a permis de dégager les tendances centrales et de dispersion
(Moloba et al., 2019), ainsi que de la comptabilité analytique pour la
détermination de la rentabilité sur un champ d’un hectare de superficie.

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ESI Preprints August 2024

Dans cette étude tout comme celle de Hamadou et Bouyer (2005),


trois ressources sont capitales dont leur combinaison détermine le système de
production. Il s’agit de la terre, du travail et du capital. Leur évaluation a
permis de déterminer le coût de production. Outre les analyses sur la
production, d’autres analyses ont porté sur la commercialisation ainsi que sur
les aspects socio-économiques du ménage de l’exploitant. Pour l’ensemble
des calculs effectués, toutes les données ont été ramenés à une moyenne
annuelle afin de permettre la comparaison. Les logiciels : EpiData 3.1, Excel
10, SPSS 20, ont été utilisés pour les analyses.

Détermination du coût total de production


Le coût de production d'une exploitation agricole est la somme des
dépenses réalisées pour l’obtention de produits agricoles de consommation et
de semences. Il représente la valeur de toutes les ressources et tous les
services utilisés dans le processus de production (Maniriho et al., 2021).
• Ressource foncière
Le statut foncier de chaque parcelle est très important à connaître, car de la
sécurité foncière dépend le choix des cultures et des investissements qui sont
opérés (Hamadou et Bouyer 2005). A Mbubu, la terre est tout d’abord régie
du droit coutumier et est repartie en différents clans autochtones du village,
tandis qu’elle est régie du titre foncier (pour le migrant national) ou du
métayage pour tout migrant. Le coût foncier s’élève alors à 10% de la
production annuelle brute. La banane est cultivée souvent sur de petites
superficies allant de 0,01 à ±1 ha.
• Ressource en travail
Il s’agit de toutes les mains d’œuvre utilisées dans l’exploitation pour la
production de banane qu’elle soit extérieure ou familiale et sont toutes
considérées comme les travailleurs temporaires dont la rémunération du
travail selon la tâche est en espèces (Hamadou et Bouyer 2005). Les travaux
lourds (préparation du sol, trouaison, etc.) sont faits par les hommes et les
légers (sarclage, transport de rejet et récoles, etc.) surtout par les femmes et
les enfants (CFSI, 2015). Toutes les tâches sont rémunérées à 3$ chaque
20m2, de la préparation du terrain au sarclage tandis que les activités telles
que l’œilletonnage, la récolte et le transport sont rémunérées à 20$ l’hectare
deux fois l’an.
• Ressource en capital
Il s’agit des équipements. Les exploitants de Mbubu n’ont que quelques
outils aratoires tels que la machette, la houe et la pelle ou bêche. Pour trouver
la valeur résiduelle de ces outils il sera question de prendre en compte
l’amortissement basé sur la méthode linéaire (Boulet et Lebel, 2007).

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ESI Preprints August 2024

• Coût de commercialisation (CC)


Le coût hors production est la somme de toutes les charges liées à la
commercialisation de productions, depuis la récolte jusqu’à la vente. Il est
composé : des frais de transport, des taxes, impôts, dépenses durant le séjour
de vente, frais d`entreposage, frais de manutention, etc. Ainsi le prix moyen
de 3,5$ /régime de 10 Kg seront utilisés pour les calculs pour un rendement
moyen de 705 régimes l’an.
• Calcul du coût total de production ou coût d’exploitation (CE)
Coût de production total (CPT) inclut les coûts variables (CV) qui est la
somme des consommations intermédiaires et la main d’œuvre, coûts de
commercialisation (CC) ainsi que les coûts fixes (CF). Ce dernier est la
somme de coûts foncier et de l’amortissement (FAO, 2016 ; Maniriho, et al.,
2021). Les intrants sont constitués que des rejets, achetés au prix unitaire de
0,3$/rejet +0,1$ de transport. D’où : CPT = CV+CF+CC

Détermination de la performance économique de la culture de la banane


La comptabilité est le langage censé traduire ou rendre compte de la
compétitivité de produits agricoles. Elle devrait également être utilisée par
l'exploitant dans sa gestion courante et comme outil d'aide à la prise de
décision (Altukhova-Nys et al., 2017). Dans cette étude, il était question de
déterminer les indicateurs de la rentabilité tels que : le coût de revient, le
résultat analytique, la valeur ajoutée brute et le ratio de marge bénéficiaire
nette. Par ailleurs, l’impact de la rentabilité sur le social des ménages sera
déterminé par le ratio de satisfaction financière.
- Valeur ajoutée brute (VAN) = Produit brut – Consommations
intermédiaires (consommations de biens ou services de durée annuelle)
- Amortissement. Elle est donc la valeur totale créée sur l'exploitation
qui sera ensuite partagée pour rémunérer les trois facteurs de
production. Il est un meilleur indicateur de l’activité interne que le
chiffre d’affaire (Morvan, 1974 Nahas, 2007).
- Résultat analytique (e) = Il s’agit des résultats globaux ou unitaires
réalisés sur la vente de chaque catégorie de production, etc. Un résultat
analytique est égal à la différence entre un produit analytique relatif au
produit vendu (chiffre d’affaires) et le coût de revient correspondant,
qui désigne tout simplement le coût d’exploitation. Un produit
analytique est un flux positif de valeur qui vient s’ajouter au
patrimoine de l’entreprise. Ou simplement, il est égal au bénéfice.
e = CA – CR. Ce résultat peut être :
o Nul : CA = CR
o Positif =bénéfice : CA > CR

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ESI Preprints August 2024

o Négatif = perte : CA < CR, D’où le résultat peut être


bénéfice ou perte (Garcia, 2001 ; Bessah et Hamnane,
2016 ; Antraigue, 2021)
- Ratio de marge bénéficiaire nette ou ratio de la profitabilité=
Résultat net/Chiffre d’affaires x 100. Ce ratio calcule le pourcentage
du chiffre d’affaires conservé par l’exploitation après l’ensemble de
coûts couverts. C’est un bon indicateur de la rentabilité de
l’exploitation (FAO, 2016), car il mesure la rentabilité de l’exploitation
en fonction de son chiffre d’affaire, en mettant en évidence sa
profitabilité. L’exploitation est rentable lors que le ratio est > 0.

Indicateurs socio-économiques des ménages


La détermination de différents indicateurs socio-économiques
permettra d’obtenir la structure des charges domestiques de l’exploitant. Ceci
permet de comprendre différents postes des dépenses des ressources issues
de leurs activités en vue de répondre aux besoins ponctuels du ménage, tels
que : l’alimentation, le soin de santé, la scolarisation des enfants, le loyer,
l’habillement, le tabac, l’alcool, transport, la communication, etc., bref des
besoins socio-économiques de base (Ouedraogo, 2016).

Impact de l’activité de production sur le budget des ménages


Il est déterminé en quelque sorte par le coefficient de satisfaction
financière : C’est le rapport, en pourcentage, du total dépenses du ménage et
du total bénéfice réalisé sur la culture du bananier. Ce ratio détermine la part
de bénéfice de vente de production consommée par le ménage pour leur
dépenses domestiques. Le calcul de ce ratio a permis de déterminer la
contribution des revenus issus de la vente des bananes sur le social du
producteur et de son ménage. Cela est calculé par la formule suivante :
𝑇𝑜𝑡𝑎𝑙 𝑑é𝑝𝑒𝑛𝑠𝑒𝑠 𝑑𝑜𝑚𝑒𝑠𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒𝑠
𝑥 100
𝑇𝑜𝑡𝑎𝑙 𝑏é𝑛é𝑓𝑖𝑐𝑒
CD/RA <1 : le revenu gagné couvre toutes les dépenses, dans ce ça le
producteur peut seulement se concentrer sur la culture porteuse de
bénéfices ;
CD/RA =1 : le revenu gagné est égal aux dépenses, le producteur se décide
soit d’associer la banane à d’autres cultures, soit d’augmenter la production
de ladite culture ;
CD/RA >1 : le revenu gagné ne couvre pas les dépenses, le producteur risque
d’abandonner la culture pour d’autres plus rentables.

Résultats
Dans cette partie sont présenté les résultats de l’étude concernant le
profil du répondant, les différents coûts, de la production à la vente, des

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ESI Preprints August 2024

recettes ainsi que les caractéristiques socio-économiques des producteurs.


Ensuite, seront présentés la performance de la culture de banane ainsi que
son impact socio-économique chez le ménage producteur.

Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés


Il sera question de présenter les résultats permettant de segmenter les
exploitants en fonction de leur sexe, leur âge, leur statut matrimonial, le sexe
du chef de ménage, leur niveau d’instruction et la taille de leur ménage.
Tableau 1 : caractéristiques sociodémographiques des enquêtés
Variables Modalités Effectif Pourcentage
Homme 16 53,3
Sexe du répondant Femme 14 46,7
Total 30 100,0
Marié 27 90,0
Statut marital du Divorcé 2 6,7
répondant Célibataire 1 3,3
Total 30 100,0
Homme 28 93,3
Sexe du chef de
Femme 2 6,7
ménage
Total 30 100,0
Sans instruction 3 10,0
Primaire 5 16,7
Niveau d'instruction Secondaire 21 70,0
du chef de ménage Supérieur ou 1 3,3
universitaire
Total 30 100,0
Moins de 25 ans 3 10,0
25 - 35 ans 5 16,7
Tranche d'âge du 36-45 ans 11 36,7
répondant 46-55 ans 5 16,7
Plus de 55 ans 6 20,0
Total 30 100,0
Moins de 3 personnes 4 13,3
De 3 à 6 personnes 17 56,7
Taille des ménages De 7 à 10 personnes 8 26,7
Plus de 10 personnes 1 3,3
Total 30 100,0
Source : enquête individuelle 2020

Il ressort de ce tableau 1 que, notre échantillon est constitué de 53,3%


des femmes et 46,7% des hommes, représentant chacun un ménage dont
93,3% des chefs de ménages sont des hommes. Il ressort en plus que, 90,0%
des répondants sont mariés et plus de 60% ont un âge variant entre 18 et 45
ans avec une moyenne d’âge de 42,82±14,869 ans ; 70,0% ont un niveau
d’étude secondaire et 10,0% de non instruits. Environ 56% de ménages ont 3

[Link] 252
ESI Preprints August 2024

à 6 personnes et 26,7 % des ménages ont plus de 7 personnes, un nombre


moyen des 4 actifs agricoles par ménage moyen de 6 ±2 personnes.

Le coût total de production


Ici seront présentées toutes les activités liées à la production et la
vente, puis le coût total de production. Cela revient à déterminer quelques
paramètres tels que : le nombre de personnes exploitant la banane, le mode
d’acquisition de la terre, la superficie exploitée, l’ancienneté dans le domaine
ainsi que le déterminant de la commercialisation.
Tableau 2. Mode d’acquisition de la terre et superficie emblavée pour la culture du bananier
et ancienneté dans la culture (en %, N=19)
Age de répondant
Variables Modalités < 25 25 - 35 36-45 46-55 > 55 Total
ans ans ans ans ans
Culture de
Yes 10,53 15,78 21,05 21,05 31,58 100
bananes
Total 10,53 15,78 21,05 21,05 31,58 100
Propriété
- - 40 60 - 26,32
familiale
Propriété de
Mode - - - 25 75 21,05
l'époux(se)
d'acquisition du
Louer 33,33 - 33,33 - 33,33 15,79
terrain
Héritage - 100 - - - 10,53
Donné - 50 - - 50 10,53
Acheter 33,33 - 33,33 - 33,33 15,79
Total 10,53 15,79 21,05 21,05 31,58 100
Moins de
18,18 9,09 9,09 18,18 45,45 57,89
1000 m2
De 1000 à
- 50 - 50 - 10,53
3000 m2
Superficie
De 3001 à
- 33,33 66,67 - - 15,79
6000 m2
Plus de 6000
- - 33,33 33,33 33,33 15,79
m2
Total 10,53 15,79 21,05 21,05 31,58 100
Moins de 3
33,33 16,67 33,33 16,67 - 31,58
ans
Ancienneté
De 3 à 6 ans - 25 - 50 25 21,05
Plus de 9 ans - 11,11 22,22 11,11 55,56 47,37
Total 10,53 15,79 21,05 21,05 31,58 100
Source : Enquêtes individuelles 2020, données actualisées en 2023

Ce tableau 2 renseigne que, 63,33% des enquêtés cultivent la banane


parmi lesquels un tier (32,58%) a plus de 55 ans. De ces exploitants, 73,68%
sont d’une façon ou d’une autre propriétaire de la terre exploitée, appartenant
soit à la famille, soit aux conjoints soit reçu en héritage ou acheté, dont plus
de trois quart (78,57%) ont plus de 35 ans. Outre le propriétaire, 15,79%

[Link] 253
ESI Preprints August 2024

exploitent la terre sous contrat locatif et 10, 53% de don du chef du village,
situation qui n’est pas fonction d’âge. Quant à l’ancienneté dans la culture,
47,37% des répondants cultivent la banane depuis plus de 9 ans et 57,8%
cultivent la banane sur des petites parcelles ayant une superficie inférieure à
0,1 ha, parmi lesquels 55,56% et 45,45% ont plus de 55 ans respectivement.
En outre, il existe une très faible corrélation (6,3%) entre l’ancienneté dans la
production de banane et la superficie emblavée, pour α = 5%, ce qui veut
dire que la dépendance entre ces deux variables est très faible.
Tableau 3 : Commercialisation de la banane à Mbubu (en %, N=19)
Niveau d'éducation du chef de ménage Valeurs et
Signification de
Variables Modalités Pas Niveau Niveau Niveau Total
Khi carré au seuil
d'éducation primaire secondaire supérieur
de 0,05
Maman 15,38 15,38 69,23 - 68,42
La personne qui
Papa - 14,29 85,71 14,29 36,84
s'occupe de la
Enfant - - 100 10,53 15,002 (0,241)
vente
En groupe 16,67 0 66,67 16,67 31,58
Total 10,53 10,53 73,68 5,26 100
Moyen de Pied 10,53 10,53 76,68 5,26 100
transport utilisé Vélo 0 0 100 0 5,26
pour se rendre au Véhicules 11,11 22,22 55,56 11,11 47,37 19,528 (0,077)
marché Moto 11,11 11,11 72,22 5,56 94,74
Total 10,53 10,53 73,68 5,26 100
Luvaka 16,67 27,78 88,89 5,56 94,74
Kwuilu ngongo 16,67 16,67 100 - 31,58
Nkiende 13,33 33,33 93,33 6,67 78,95
Lieu de vente Au champ - - 100 - 5,26
33,527 (0,030)
Kinshasa - - - 100 5,26
Sur place au
- - 100 - 5,26
village
Total 10,53 10,53 73,68 5,26 100
Grosseur de
0 11,76 82,35 5,88 89,47
fruits
Déterminants du
Saisonnalité - - 80 20 26,32
prix de vente 12,878 (0,116)
Taille du
22,22 11,11 66,67 - 47,37
régime
Total 10,53 10,53 73,68 5,26 100
Mode d’accès à Voisins 8,33 8,33 75 8,33 63,16
l’information sur Correspondants 6,67 13,33 80 - 78,95
10,076 (0,260)
le prix de vente Commerçants 11,11 11,11 72,22 5,56 94,74
Total 10,53 10,53 73,68 5,26 100
Source : Enquête 2020 actualisé en 2023

Le résultat de ce tableau 3 montre que, la commercialisation de


banane fait intervenir tous les membres du ménage ayant à 66,67%-73,68%
un niveau d’étude secondaire. Dans la plupart de cas les mamans (68,42%)
mais quelquefois les exploitants s’organisent en groupe (31,58%), délégant
une ou deux personnes à qui sont confié toutes les productions et les
acheminent à Kinshasa. Les moyens de transport utilisés pour la vente locale

[Link] 254
ESI Preprints August 2024

sont les pieds (100%) et la moto (94,74%), mais le véhicule (47,37%) l’est
pour la vente à Kinshasa. Les marchés locaux les plus fréquentés sont
Luvaka (94,74%) et Nkiende (78,95%), tandis que la vente sur place ou au
camp ne concerne que des petites quantités destinées à la consommation
locale. Le prix de vente est influencé à 94,74% par les commerçants
acheteurs qui dictent le prix auquel acheter. Selon les exploitants, le prix du
régime est déterminé par la grosseur des fruits (89,47%), la taille du régime
(47,37%) et de la saisonnalité (26,32%). Selon le test d’indépendance de χ2
au seuil de 5%, seulement le choix du lieu de vente (sign=0,030) est
influencé à 33,527% par le niveau d’instruction de l’exploitant, tandis que
les autres variables sont indépendantes du niveau d’instruction.
Tableau 4 : Evaluation du coût d’exploitation annuel en $
Rubriques Coût total % sur le coût total
Coût variables
1. Consommation intermédiaires (CI)
Achat rejet + transport 620
Total CI 620 35,59
2. Main d’œuvre (HJ)
Préparation du sol (défrichage et labour) 75 4,31
Trouaison 75 4,31
Plantation 75 4,31
Sarclage 150 8,61
Œilletonnage et tuteurage 40 2,30
Récolte 50 2,87
Transport de récoltes du champ au village 40 2,30
Total MO 505 28,99
[Link]ût de commercialisation (CC)
Transport du village au lieu de vente (Moto) 582,13 33,41
Taxe 0,34 0,02
Frais transport pour le retour au village 1,28 0,07
Autres frais et charges (droit d'étalage) 1,2 0,07
Frais de séjours 1,7 0,10
Total CC 586,65 33,67
Total coût variable= CI + MO + CC (1) 1711,65 98,25
Coûts fixes
Houe 6,5 0,37
Pèle 4 0,23
Machette 12 0,69
Brouette 8 0,46
Total coût fixe (2) 30,5 1,75
Total coût de production= (1) +(2) 1742,15 100,00
Calcul sur base de données du terrain 2020, actualisées en 2023

Dans ce tableau 4, est calculé le coût total de production. Les coûts


variables sont très importants, ils représentent 98,25% du coût de production
car le coût fixe n’est constitué que de quelques houes, machettes, pèles et

[Link] 255
ESI Preprints August 2024

d’une brouette, étant donné que la majorité d’exploitants sont propriétaires


terriens. Par ailleurs, il sied de signaler que le transport et les rejets
représentent à eux seuls environ 69% du coût total.
Tableau 5 : Tableau synthèse de l’analyse de la rentabilité (les valeurs sont évaluées en $)
Rubriques Valeur totale Valeur unitaire
Recette après-vente 2226,92
Coût de production 1742,15 2,55
Résulta analytique total (RA) 484,77 0,76
Consommation Intermédiaire (CI) 620
Recette brut 2467,5
Valeur Ajoutée Brute 1847,5 2,62
Profitabilité 21,77%
Calcul personnel 2023 à partir des données des enquêtes

Analyse de la rentabilité de la production des bananes


De ce tableau 5 découlent les résultats suivants :
Moyennement, les exploitants dépensent 1742,15$ comme coût total
(exploitation d’un hectare) pour une recette après-vente de 2226,92$ et une
marge bénéficiaire de 484,77$. Autrement dit, il faut 2,55$ pour produire et
mettre sur le marché local un régime de plantain de ±10 Kg et dégager un
ratio de profitabilité de 21,77%, ce qui représente plus d’un cinquième du
chiffre d’affaires.

Impact de l’activité de production sur le budget des ménages


Tableau 6 : Tableau synthèse de l’évaluation du coût total de dépenses domestiques
annuelles du ménage producteur des bananes (en $), et le Résultat du ratio de satisfaction
financière
Poste de dépense Montant Part dans la dépense totale
Alimentation 842,55 50,22%
Logement 120 7,15%
Transport 114,89 6,85%
Téléphone 84,43 5,03%
Habillement 70,92 4,23%
Combustible 11,06 0,66%
Education 340,43 20,29%
Remboursement dette 4,26 0,25%
Soins de santé 39,79 2,37%
Tabac et alcool 40,85 2,43%
Epargne 8,51 0,51%
Total dépenses domestiques (DD) 1677,69 100,00%
Résultat analytique total (e) 484,77
Ration de satisfaction financière 346,08%
Calcul personnel 2023

Le tableau 6 donnent les résultats suivants : L’alimentation est la


dépense la plus importante des ménages, suivi des dépenses d’éducation. Elle

[Link] 256
ESI Preprints August 2024

représente 50% de la dépenses totale. Ainsi, un exploitant dépense en


moyenne 2,31$ par jour pour l’alimentation d’un ménage moyen de 6 ±2
personnes, un loyer mensuel de 10$/mois. L’épargne est insignifiante et
parfois elle sert à payer les cotisations sociales. Le ratio de satisfaction
financière se fixe à 346,08%.

Discussion
Bien que notre échantillon soit constitué de 53,3% des femmes et
46,7% des hommes, la production de la banane est exclusivement sous la
responsabilité des hommes comme le montre le résultat selon lequel 93,3%
des chefs de ménages sont des hommes. Ce résultat est conforme à ce qui a
été trouvé par le Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI) en
Côte d’Ivoire (2015), selon lequel les producteurs de banane à destination
commerciale sont presque exclusivement des hommes, étant donnée la
division sexuelle du travail cultures de rente (réservées aux hommes) /
cultures vivrières (dominées par les femmes). La population productrice est
jeune dont plus de 63% de répondants ont un âge variant entre 18 et 45 ans,
résultat au-dessus de la moyenne de la province qui se situe à 53% selon
Institut National de Statistique (INS), direction provinciale (2015). L’accès à
la terre est une condition sine qua non de la production agricole. A Mbubu,
73,68% d’exploitants sont de propriétaires terriens, et de manière générale
cultivent la banane sur des petites surfaces comprises entre 0,01 à 2 hectares
de superficie. Ces résultats totalement différents de ce qu’avaient trouvé
Briki et al. (2021) dans son étude sur la rentabilité de la culture de bananier à
Luki, car, dans ce village, les terres serraient réparties entre les tributs
autochtones. En plus, 47,4% des producteurs ont une ancienneté de plus de 9
ans dans la culture, expérience nécessaire pour une bonne maîtrise de la
production, des coûts, des débouchés ainsi que des avantages tirés de cette
culture. La taille moyenne des ménages agricoles de Mbubu est de 6 ±2
personnes par ménage avec un nombre moyen des 4 actifs agricoles par
ménage.

La commercialisation de banane fait intervenir tous les membres du ménage


la commercialisation de banane fait intervenir tous les membres du ménage
ayant à ±66,67% un niveau d’étude secondaire, surtout les mamans pour la
vente au détail, ce qui est conforme à ce que PAM (2017) a signalé dans son
étude des marchés des céréales en relation avec la sécurité alimentaire menée
dans certaines provinces de la RDC. Les moyens de transport utilisés pour la
vente locale sont les pieds et la moto vue la proximité des marchés. De
manière générale, les commerçants urbains sont ceux qui dictent le prix de
vente (94,74%) comme l’ont aussi signalé Briki et al. (2021), PAM (2017)
qui signale que l’information est asymétrique sur les marchés, contrôlée par

[Link] 257
ESI Preprints August 2024

les commerçants qui l’utilisent pour fixer les prix au détriment des
agriculteurs. De tous les déterminant du prix, la grosseur des fruits constitue
un indicateur clé. De l’analyse sur l’influence du niveau d’instruction sur ces
indicateurs commerciaux, découle que, il y a dépendance seulement avec le
choix du lieu de vente (sign=0,030), cela veut dire que le niveau
d’instruction influence positivement (22,373) le choix du marché, qui
implique la recherche de bénéfice.
Le coût total de production trouvé dans cette étude (1742,15$) est
près que le double de ce qu’avaient trouvé Briki et al. (2021), cela se justifie
par le fait que le coût des matériels de plantation n’était pas incorporé dans
sa structure de coût. Le mauvais état de routes influence à la hausse le coût
de transport qui représente 33,41% du coût total, ce qui coïncide avec le
résultat de Mpanzu (2012). La marge bénéficiaire du plantain est
particulièrement faible, le fait expliqué par Melin et Djomo (1972)
concernant les bénéfices réalisés, expliquant que, elles sont souvent très
faibles au stade du producteur, mais font plus que doubler, voire tripler, en
gros et au détail dans les grands centres urbains. Cette marge avoisine 22%
contre 13 % trouvé par Briki et al. (2021). Bien qu’attestant la rentabilité de
la production des bananes plantains dans la région, cette différence est due
au coût de transport de la production de champs au village, qui vient alourdir
le coût de commercialisation pour son étude et diminue ainsi le bénéfice.
Quant à Mbubu, le champ sont derrières les cases et/ou à moins de 200
mètres du village.
L’exploitant vit des revenus agricoles et de revenus non agricoles.
L’alimentation constitue le poste le plus important de dépenses domestiques,
ce qui correspond au résultat de Ouedraogo (2016) ; PAM (2017). La part de
l’alimentation dans les dépenses totales des ménages (50,22%) est inférieure
à celle de l’ensemble de la province qui se situe à 69,2% selon INS, direction
provinciale (2015). Cela constituerait un indice de la pauvreté dans ce
village, conséquence de la situation de semi-enclavement du coin due au
mauvais état des routes (surtout pendant la saison pluvieuse), rendant ainsi la
vie difficile. Par ailleurs, le ratio de satisfaction financière montre que le
surplus de ventes des bananes ne contribue qu’à la hauteur de près d’un tier
aux dépenses domestiques des ménages avec un ratio de 346,08%.
Au regard de ce qui précède, il sied de signaler que la culture de banane
est moyennement rentable. L’exploitant, pour la satisfaction financière de
son ménage, doit, soit intensifier la culture, soit cultiver d’autre cultures en
parallèle car, le revenu issu de la vente de banane (production d’un hectare)
ne représente que près de 30% de besoins fondamentaux de l’exploitant.

[Link] 258
ESI Preprints August 2024

Conclusion
La production de banane est exclusivement sous la responsabilité des
hommes avec 93,3% des chefs de ménages dont plus de 63% de répondants
sont jeunes. De manière générale, la banane est cultivée sur des petites
surfaces comprises entre 0,01 à 2 hectares de superficie où 73,68%
d’exploitants sont de propriétaires terriens. Dans ce village, la taille moyenne
du ménage agricoles est de 6±2 personnes avec un nombre moyen des 4
actifs agricoles par ménage.
Concernant la performance de la culture, moyennement l’exploitant
dépense 1742,15$ comme coût total pour produire et mettre sur le marché
local 705 régimes de plantain de ±10 Kg et une recette après-vente
correspondante de 2226,92$ dégageant ainsi une marge bénéficiaire de
484,77$, d’où résulte un ratio de profitabilité de 21,77%. Ce résultat prouve
que la production et la vente des bananes plantains dans le village Mbubu
sont des activités moyennement rentables et génératrices de revenus, mais
que le mauvais état de routes secondaires, rendant ainsi le trafic très difficile,
engendre des coûts colossaux ayant pour conséquence la réduction de la
marge bénéficiaire.
Au regard de cette marge et face aux besoins fondamentaux des
manages, il ressort le résultat tel que la culture de banane ne contribue qu’à
peu près un tier aux dépenses domestiques de l’exploitant. Pour une
population dont la banane est la principale culture, il est évident que les
paysans de ce coin du pays mènent une vie en deçà du seuil de pauvreté.
Mais pour assurer une bonne sécurité sociale de sa famille, l’exploitant doit
produire plus qu’un hectare des bananes, sinon, ensemble avec sa famille,
seront obligés à survivre qu’aux dépend d’activités extérieures à la culture de
banane et la satisfaction des besoins de la famille passerait par un
endettement et par abandon de ladite culture pour d’autres activités plus
rémunératrices.
Aux autorités tant provinciales que centrales, d’aménager, de
réhabiliter les routes secondaires pour permettre aux personnes et à leurs
biens de circuler aisément, ce qui aurait pour conséquence l’augmentation de
la production ainsi l’amélioration de conditions de vie de paysans de ce coin
du pays.

Conflit d'intérêts : Les auteurs n'ont signalé aucun conflit d'intérêts.

Disponibilité des données : Toutes les données sont incluses dans le


contenu de l'article.

Déclaration de financement : Les auteurs n'ont obtenu aucun financement


pour cette recherche.

[Link] 259
ESI Preprints August 2024

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Sociale et Solidaire (MEGEES)
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sécurité alimentaire, les programmes de transfert monétaires dans les
provinces du Kasaï Central, du Kasaï, du Kasaï Oriental, Haut-
Katanga. Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM).
Siège social : Via C.G. Viola 68, Parco de Medici, 00148, Rome,
Italie. 31p.
37. Perrier X., Jenny C., Bakhri F., 2020 : Les bananes en Afrique, une
longue tribulation depuis l’Asie. 4p.
38. Tassembedo B., 2019 : Introduction de la culture de la banane
plantain au Burkina Faso. 4p.
39. Yabi A. J., 2010 : Analyse des déterminants de la rentabilité
économique des activités menées par les femmes rurales dans la
commune de Gogounou au Nord-Bénin. Annales des Sciences
Agronomiques 14 (2) 221-239, ISSN 1659-5009.
40. Yabi A. J., Bachabi F. X., Labiyi I. A., Ode C. A. et Ayena R. L.,
2016 : Déterminants socio-économiques de l’adoption des pratiques
culturales de gestion de la fertilité des sols utilisées dans la commune
de Ouaké au Nord-Ouest du Bénin.

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