Simulation numérique du champ électrique
Simulation numérique du champ électrique
UNIVERSITE DE M'SILA
FACULTE DE TECHNOLOGIE
OPTION: AUTOMATIQUE
THEME
Chapitre I
Approche physique de la décharge couronne
Chapitre II
Les méthodes numériques en électromagnétisme
i
Sommaire
Chapitre III
Les propriétés électriques de fines particules
III.1 Introduction…….…………………………………………………………..................43
III.2 Mouvement des charges libres ………………………………………….…...............44
III.2.1 La mobilité dynamique ……..………………………………………...………….44
III.2.2 La mobilité électrique …………...………………………………………………46
III.2.3 Diffusion des particules dans un gaz ……………………………………………..48
III.3 Eléments théoriques sur les propriétés des ions …............………………………...49
III.3.1 La classification des ions……………………..…………….…………………...49
III.3.1.1 Les petits ions ……………...…….……………………………………...49
III.3.1.2 Les particules chargées…………...………………………...…………...50
III.3.2 Les méthodes de productions des petits ions………………….………………...50
III.3.2.1 Les rayonnements ionisants……….…………...………………………...50
ii
Sommaire
Chapitre IV
Modélisation de la décharge couronne
IV.1 Introduction…….…………………………………………………....……................. 78
IV.2 Description mathématique de la décharge couronne bipolaire.................................78
IV. 3 Hypothèse et approximation ....................................................................................81
IV.3.1 Mobilité ionique ……......................…………………………………..………..81
iii
Sommaire
iv
Introduction
générale
Introduction générale
Bien que les forces électriques et magnétiques aient été observées depuis plusieurs
siècles, la plupart des lois gouvernant ces forces ne furent découvertes qu’au XIXème siècle. À
ce jour, l’étude des implications théoriques de ces lois remarquables et le développement de
leurs applications pratique restent des domaines de recherche très actifs. Nous avons
différentes raisons d’étudier les propriétés des forces électriques et magnétiques en détail. Ces
forces représentent des lois naturelles fondamentales et elles sont responsables de la structure
et, en fait, de l’existence des atomes et des molécules. En conséquence, toute tentative
sérieuse de comprendre les propriétés d’atomes ou d’agrégats d’atomes dépend de la
connaissance de ces forces. Depuis prés d’un siècle de nombreux travaux ont été consacrés à
l’étude des décharges électriques dans l’air atmosphérique. Parmi celles-ci, on distingue des
décharges à interactions locales (décharge couronne) et des décharges à interactions non
locales (décharge de Townsend).
On peut considérer que le véritable pionnier de l’étude scientifique de l’effet couronne
est un chercheur américain, R. W. Peek, qui vers 1929, établit une loi empirique exprimant le
seuil d’apparition de la lueur, loi célèbre encore en usage de nos jours. Mais si la curiosité
scientifique fut sans doute la motivation originale des chercheurs, les premiers transports
d’énergie à haute tension montrèrent rapidement que l’effet de couronne était une source de
pertes, et ce furent alors des préoccupations d’ordre économique qui incitèrent à poursuivre
les recherches et approfondir les mécanismes liés à l’apparition d’une conductivité d’un gaz
dans l’environnement d’un conducteur porté à une haute tension ; c’est l’importance du
champ électrique à proximité de ce conducteur qui est à l’origine de l’ionisation du gaz, en
particulier au voisinage des régions de forte courbure ( effet de pointe ) .
La décharge couronne apparaît dans de nombreux phénomènes naturels tels que la
propagation de la foudre. Elle présente un aspect utile et recherché pour ses nombreuses
applications (dépôt de charge en reprographie, traitement de surfaces métalliques et isolantes,
textiles, physico-chimie, applications biologiques, dépoussiéreur électrique, …..) et un aspect
nuisible (pertes d’énergie sur les lignes de transmission, perturbations radioélectriques, défaut
d’isolement, …..).
Le travail que nous présentons dans ce mémoire fait partie d’un projet de recherche sur
les décharges électriques bipolaire. La géométrie la plus répondue dans la conception est le
système fil - plan. Le principe de fonctionnement est basé sur la décharge couronne. Cette
décharge est caractérisée par des champs électriques intenses mais non disruptifs. L’intervalle
1
Introduction générale
d’air inter électrodes commence à s’ioniser à partir d’une certaine valeur de la tension
appliquée à la nappe, dite tension seuil d’apparition de la décharge couronne.
Ce mémoire étudie et développe les modèles mathématiques et numériques destinés à
l’analyse de problèmes liés à la décharge électrique bipolaire. Ces modèles permettent de
calculer la distribution du champ électrique et de la densité de courant électrique dans la
configuration fil – plan. Nous nous sommes donc intéressés à l’étude de ce type de
configuration d’électrodes.
Le modèle numérique est basé sur la discrétisation du domaine de calcul en appliquant
la méthode des charges fictives pour déterminer la distribution du champ électrique et du
potentiel en absence de la charge d’espace. Pour l’estimation de la charge d’espace on utilise
la méthode simplifiée des caractéristiques. L’application de la méthode des éléments finis
nous permet de résoudre l’équation de Poisson en utilisant les éléments triangulaires. La
résolution se ramène à la minimisation d’une fonctionnelle liée à l’énergie emmagasinée dans
ces éléments.
Notre étude est présentée par quatre chapitres :
• Le premier est consacré aux rappels des phénomènes qui conditionnent le
processus de la décharge couronne notamment les mécanismes gouvernant la
formation des ions dans les gaz, le phénomène de la décharge couronne en
polarités positive et négative en géométrie non uniformes et les champs seuils et
critique.
• Le deuxième chapitre est réservé est consacré aux méthodes numériques
utilisées pour la résolution des équations aux dérivées partielles gouvernant la
décharge couronne. Nous présentons essentiellement la méthode des éléments
finis et la méthode de simulation de charges. Ces deux méthodes sont utilisées
pour les calculs du champ électrique et de la distribution de la charge d’espace.
• Le troisième chapitre est réservé à l’étude des propriétés électriques des
particules en étudiant la théorie de la décharge et les différents mécanismes de
migration.
• L’objet du quatrième chapitre est centré sur la résolution de l’équation de
poisson en utilisant la méthode des éléments finis en tenant compte de la
tension appliquée.
En fin, on termine par une conclusion générale où sera mise en évidence l’importance
du modèle numérique élaboré.
2
Chapitre I
Approche physique de la
décharge couronne
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
I.1. Introduction
3
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
I (A)
10-4
(III) Décharge couronne
10-6
10-8
Multiplication électronique
(II) Sans auto-entretien
De la décharge
10-10
10-12
Simple collecte
(I)
de charge
10-14
V0 VR U (kV)
0
4 8 12 16 20
Régime I : Le courant est très faible (≈ 10-12 A/cm2), dû à la présence d’ions issus de
la radioactivité naturelle ou rayonnement cosmique. Dans ce cas, le champ électrique
est trop faible pour assurer l’avalanche électronique.
4
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
Régime II : Lorsque la tension atteint une valeur seuil Vs , le champ est assez intense
Régime III : Ici la décharge ne s’éteint plus car la condition d’auto-entretient est
atteinte. La composante continue (représentative de la charge d’espace) augmente avec
la tension.
Régime IV : Les courants de décharges deviennent très importants car toute l’énergie
passe par un même canal préférentiel dans l’espace interélectrodes. C’est le régime des
décharges disruptives tel que les arcs électriques.
de collisions élastiques, dans le cas contraire où le bilan énergétique est retrouvé en faisant
intervenir des changements d’énergie interne d’une ou plusieurs particules, on parle de
collisions inélastiques.
Ce sont ces dernières qui expliquent les phénomènes se produisant dans l’effet
couronne, le tableau suivant résume les principales collisions inélastiques intervenants dans
les mécanismes d’effet couronne (Tableau 1.1):
5
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
A, B: Atomes neutres ; A*: Atome excite; A+, A- : ions positifs ou négatifs ; e- : électrons ; P: Photon.
Tableau 1.1 : Processus élémentaire dans les gaz.
La désexcitation peut résulter du choc avec une particule, celle-ci bénéficie alors, sous forme
d’énergie cinétique de la perte d’énergie interne subit par l’atome (Collision super-élastique).
A* + e- → A + e- + h ∂ (1.3)
6
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
Cette ionisation n’est possible que si l’énergie cinétique de l’électron incident est au
moins égale à l’énergie d’ionisation de l’atome :
1 ⋅me ⋅ve2 ≥e⋅vi (1.5)
2
où vi est le potentiel d’ionisations.
I.3.4 La recombinaison
a) La recombinaison entre ions
Ce phénomène est caractérisé par la présence de particules chargées différemment
(ions positifs et négatifs) qui échangent leurs charges pour y revenir à l’état neutre. Ces
réactions inverses des réactions d’ionisation, libèrent une certaine énergie, soit sous forme
d’énergie cinétique cédée à une molécule de gaz voisine
A+ + B-→ A B+ h ∂ (1.7)
Dans l’effet couronne, ces réactions se produiront dans les régions de champ électrique faible.
I.3.5 L’attachement
L’attachement d’un électron par un atome ou une molécule neutre conduit à la
formation d’un ion négatif. Ce processus ne peut avoir lieu si les électrons sont trop
énergétiques. Il s’avère qu’en champ électrique très faible et dans les conditions normales de
l’air, que l’attachement des électrons est alors extrêmement rapide et que le nombre
7
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
d’électrons libres par unité de volume diminue de moitié en quelques 10-10 secondes. Ce
mécanisme est exprimé par le coefficient d’attachement η.
Ces processus sont régis par les réactions suivantes :
A + e-→ A + h ∂
A + B + e-→ A + B*
I.3.6 Le détachement
C’est le processus inverse du précédent, l’énergie nécessaire pour provoquer le
Photon
- N0 +
i V
Cathode x dx Anode
Vs
R
8
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
0.5
4 ⎛ 2⋅e⎞ v1.5
J= ε0 ⎜ ⎟ ⋅ (1.8)
9 ⎝ m ⎠ d2
avec ε0 : permittivité du vide,
e : charge de l’électron,
m : masse de l’électron,
v : tension appliquée,
d : densité interélectrodes
Cette formule n’est valable que pour J< Js, tel que Js est la densité du courant de
saturation. Dans un gaz sous pression moyenne ou élevée, le mouvement de l’électron est
freiné par la présence des molécules. En admettant qu’il n’y a pas création de nouvelles
charges, la densité de courant devient :
v2
J = 4 ⋅ε ⋅μ ⋅ 3 (1.9)
9 d
où ε : la permittivité absolue ;
μ : la mobilité des électrons.
Dans les deux cas, les électrons émis par la cathode n’ont pas d’énergie pour arracher
un électron aux molécules de gaz. Au début, le courant croit quasi-linéairement avec la
tension appliquée aux électrodes, avant de se stabiliser à la valeur I0 qui correspond au
courant de saturation. Au delà d’une valeur V2 de la tension appliquée, le courant croit
rapidement (figure 1.1).
+ Anode
dx Les électrons à la
tête de l’avalanche
d + + + + +
+ + + +
++ + + Emission des
+ + + photons
x + + +
++ + Les ions positifs
++
+
+
- Cathode
9
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
dN = N ⋅ α ⋅ dx (1.10)
α est le nombre moyen de paires d’ion – électron formés par un électron sur un parcours de
1cm. α est appelé aussi le premier coefficient de Townsend. Il dépend de la nature et de la
pression du gaz et du champ local E. En intégrant l’équation (1.10) nous obtenons :
N = N 0 ⋅ eα ⋅ x (1.11)
I = I 0 ⋅ eα ⋅d (1.12)
Les mesures effectuées par Townsend ont montré qu’en réalité le courant électronique
croit plus rapidement que celui prévu par la formule précédente. Les travaux qu’il a entrepris,
dans ce sens l’ont amené à considérer et à tenir compte de plusieurs effets secondaires. Il
explique alors le phénomène par l’émission d’électrons secondaires résultants du
bombardement de la cathode par les ions positifs. En effet, l’expérience a montré que la
densité de courant de décharge dépend de la nature de la cathode. Townsend définit alors un
nouveau coefficient « γ », appelé deuxième coefficient de Townsend. Il est égal au rapport
du flux d’électrons secondaires au flux d’ions positifs incidents.
Les N0 électrons primaires, émis par la cathode donnent naissance à N 0 (eα ⋅d − 1) paires
d’ions électrons sur leur parcours. Les N 0 (eα ⋅d − 1) ions correspondants arrivent à leur tour
10
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
( )
sur la cathode et en extraient γ ⋅ N 0 eα ⋅d − 1 nouveaux électrons qui subiront le même sort que
les électrons primaires, le nombre d’électrons parvenant à l’anode devient :
N 0eα ⋅d
N= (1.13)
1 − γ (eα ⋅d − 1)
eα ⋅d
I = I0 (1.14)
1 − γ (eα ⋅d − 1)
N I eα ⋅d
M = = = (1.15)
N 0 I 0 1 − γ (eα ⋅d − 1)
Le critère de claquage de Townsend se traduit par l’existence d’une distance critique dc pour
laquelle M tend vers l’infini. Ce critère s’écrit :
(
1 − γ eα ⋅d c − 1 = 0 ) (1.16)
α ⋅d c
Comme e >> 1 , l’équation (1.16) devient :
γ ⋅ eα ⋅d = 1 c
(1.17)
Dans le cas où le champ électrique dans l’intervalle interélectrodes n’est pas uniforme, le
coefficient α n’est plus constant et le critère de claquage de Townsend s’exprime alors par la
relation :
⎛ c α ⋅ dx ⎞
d
⎜ ∫0 ⎟
γ ⎜e − 1⎟ = 1 (1.18)
⎜ ⎟
⎝ ⎠
Il y a lieu de noter dans les régions à faibles champ, l’attachement électronique ne peut
plus être négligé. Ce phénomène est caractérisé par le coefficient η qui s’oppose au processus
α. En présence de l’attachement, on définit un coefficient effectif d’ionisation α qui s’écrit
sous la forme suivante :
α = α −η (1.19)
11
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
La décharge de Townsend fait intervenir tout l’espace inter électrode. Cette théorie perd
sa validité pour des pressions élevées telle que la pression atmosphérique. En effet, les
travaux de Fletcher [7] ont montré qu’à des pressions élevées le temps de formation de la
décharge est très inférieur au temps de transit des ions positifs entre les électrodes. Ceci
permet donc d’écarter le processus γ du à la cathode. Cependant cette théorie garde sa
validité pour des valeurs du produit (P.d) inférieures à 200 [Link] [8].
Dans le cas des fortes pressions, les processus mis en jeu ne sont plus ceux de la
décharge de Townsend. Des études utilisant des techniques de photographie ultra-rapide ont
conduit à invoquer un nouveau mécanisme de claquage lié à l’existence de dards lumineux ou
Streamers.
12
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
dues à la photo-ionisation sont attirées par le canal, ce qui limite sa croissance. Ainsi, la
formation du steamer est possible lorsque le champ électrique E’ du a la charge d’espace est
plus importante que le champ extérieur, afin que les avalanches secondaires se dirigent vers le
sillon, on déduit un critère de formation s’écrivant :
e α ( E 0 )− x
E′ = e = E0 (1.20)
R2
13
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
s’opposent et dont la somme algébrique est égale au champ critique de minimum d’ionisation
E c tel que :
Es + Eρ = E c (1.23)
⎛ L ⎞
E s = E c ⋅ ⎜⎜1 + c ⎟⎟ (1.24)
⎝ R0 ⎠
Les expressions de Ec et de Lc en fonction de la pression P, de la température T et de
l’humidité absolu Ha sont données respectivement par les équations suivantes :
(
E c (δ, H a ) = E c (1,0).δ. 1 + α H H a ) (1.25)
(
avec : α H = 16,03.10−3 g / m3 )−1 / 2
À partir des équations (1.24), (1.25) et (1.26), l’expression du champ seuil sera sous forme :
14
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
⎡ ⎛ a0 B
⎞ 0 ⎤
⎢ ⎜ + Z0 ⎟ ⎥
⎢ A 0 ⎜ 2 Re 2R ⎟ .F(H )⎥
E s (2R , δ, H a ) = E c (δ, H a ). 1 + a ⎥ (1.27)
⎢ 2R ⎜ δ ⎟
⎢ ⎜ ⎟ ⎥
⎢⎣ ⎝ ⎠ ⎥⎦
⎡⎛ ⎤
avec : f (H a ) = 1 − ⎢⎜⎜1 +
1 ⎞
(
⎟⎟. α H − βH.(2R ) ⎥. H a ) (1.28)
⎣⎝ Δ(2R ) ⎠ ⎦
Dans la première zone, dite "d’ionisation", localisée près de la pointe et assimilée à une
sphère de rayon de quelques dizaines de micromètres, le champ électrique présente une
amplitude et un gradient élevé ce qui favorise les processus d’ionisation. Les particules
formées, en particulier les électrons qui sont plus légers et plus rapides, s’échauffent sous
15
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
l’action du champ électrique, et transfèrent de la chaleur aux molécules d’air lors des
collisions. Les particules neutres de l'air diffusent alors cette quantité de chaleur sous l'effet de
leur agitation thermique.
16
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
Attachement
Électrode haute
e +
tension (fil)
-
e
Plan collecteur
r0
+ + e +
e + +
e
+
+ e
+ +
e + e
Nouveau e e +
électron e e Ionisation
+ +
17
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
Les ions positifs ainsi créés sont repoussés par l’anode, sous l’effet des forces de
Coulomb, jusqu’à une distance de la pointe (inférieur au millimètre) au de là de laquelle le
champ électrique trop faible (< 30 kV/cm dans l’air à pression atmosphérique) ne permet plus
la création d’ions positifs.
Les ions positifs migrent donc vers la cathode (la plaque). Cette zone unipolaire,
puisqu’il n’y a que des ions positifs, est appelée région de « dérive ». Pour cette décharge, il
y’a avancement de streamers, qui se propage en quelque sorte comme une extension de
l’anode. D’après les modélisations de Loiseau et al. [14], la décharge est composée d’une
phase de propagation du streamer (durée de la propagation de 50 ns à la vitesse de 210 m/s) et
d’une phase de restauration pendant laquelle les ions dérivent. Ces deux phases forment un
cycle de fréquence de 10 kHz. Le courant de décharge n’est donc pas continu, mais
correspond à une succession de phénomènes transitoires.
Goldman et al. en 1985 [15] indique qu’un courant positif de 50 μA se décomposerait en un
courant unipolaire continu de 20 μA, distribué uniformément à la surface de la cathode, et de
streamers contribuant à 30 μA percutant la cathode à une fréquence de 10 kHz.
18
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
At
e -
tension (fil)
e -
Plan collecteur
r e -
- e
0
-
n
e
tio
+
e
e
sa
+ - - -
ni
+
e
Io
+ Attachement -
-
Électron -
secondaire Ion positive
19
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
polarité, alors les charges d’espace créées par une décharge auront quitté l’espace
interélectrode avant l’apparition de la décharge suivante. Le comportement élémentaire du
système consistera donc en une alternance de décharges positives puis négatives
indépendantes.
Si l’on augmente la fréquence du signal électrique, une charge d’espace résiduelle
persistera dans l’espace interélectrode, favorisant le déclenchement de la décharge suivante.
Ce phénomène peut se traduire par le maintien de la décharge avec une tension d’alimentation
légèrement inférieure à la tension de claquage de la décharge. Cette accumulation de charges
entraîne aussi une baisse de la tension de passage en régime d’arc.
Le courant de décharge présente trois composantes distinctes : le courant capacitif, le
courant synchrone et le courant impulsionnel (figure 1.7). Le courant capacitif est observé
lorsque le canal conducteur n’est pas établi. Le gaz qui se trouve dans l’espace interélectrode
se comporte alors comme un condensateur (ou “capacité” d’où le nom de ce courant).
20
Chapitre I Approche physique de la décharge couronne
continue et fluctuante, est due à l’afflux d’espèces chargées contre l’électrode lorsque le
champ électrique est élevé. Elle peut représenter, suivant la tension appliquée, la moitié du
courant total pendant la demi-période positive et pratiquement la totalité du courant pendant
la demi-période négative.
Nous pouvons aussi utiliser des décharges couronnes pulsées. Elles consistent à
appliquer des pics de forte tension mais pendant un très court instant (< 1 µs) pour limiter le
passage à l’arc. Dans ce cas, la valeur moyenne de la tension n’est pas nulle.
I.6 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté les phénomènes liés aux décharges électriques.
L’étude de ces décharges dans des intervalles d’air présente un intérêt de point de vue
technologique. Cette étude des mécanismes de la décharge électrique a montré que le
phénomène était d’une très grande complexité. Malgré les grandes avancées effectuées dans
les applications, beaucoup de processus physiques fondamentaux sont toujours sujets à des
investigations. Les mécanismes de développement de l’avalanche électronique et de
propagation des décharges ont été décrits.
Pour rendre compte des aspects de la décharge couronne, on a évoqué le champ seuil
déterminé la première fois par Peek et le champ critique du minimum d’ionisation. Un
modèle général incluant les paramètres physiques de l’air détermine ses champs, il est
applicable en polarité positive. L’étude de ces champs est nécessaire dans le calcul
numérique pour déterminer le potentiel à la frontière d’ionisation, mais le modèle décrit n’a
pas été vérifié dans le cas de la polarité négative ce qui nous a amené à effectuer des essais
de la tension seuil. Le champ critique étant considéré le même pour les deux polarités.
21
Chapitre II
Les méthodes numériques en
électromagnétisme
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
II.1 Introduction
Les progrès de l’informatique ont permis de développer des méthodes numériques de
calcul afin de déterminer de façon précise la distribution du champ et du potentiel électrique
[88]. Les méthodes numériques les plus connues et les plus utilisées dans ce type de problème
sont donc la méthode des différences finies (MDF), la méthode des éléments finis (MEF), la
méthode de simulation de charges (MSC) et la méthode des éléments finis de frontière
(MEFF), la méthode des volumes finis (MVF), … etc.
Dans ce chapitre, nous allons rappeler quelques méthodes numériques qui permettent de
résoudre les équations différentielles gouvernant les phénomènes de l’électrostatique. Nous
présenterons en particulier, la méthode des différences finies, la méthode des éléments finis,
la méthode de simulation de charges et la méthode des éléments finis de frontière.
22
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
23
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
Δy
Δx
Figure 2.1 Maillage carré
La méthode des différences finies exploite un maillage à pas constant (quelque soit
le type de coordonnées utilisées) et propose deux types de solutions : le premier est explicite,
c’est à dire que les inconnues aux nœuds du maillage sont données explicitement par les
équations. Le deuxième type est implicite, c’est – à – dire les inconnues constituent un
système linéaire qu’il convient d’inverser, ce dernier est basé sur une forme matricielle
« creuse ». Donc, on peut faire une approximation des opérateurs d’une équation différentielle
par des différences finies calculées aux nœuds d’un maillage. Aussi on peut faire une
approximation de la fonction inconnue d’une équation différentielle. Cette méthode est
connue sous l’appellation de Méthode des Eléments Finis (MEF).
donné par :
Φ i , j = Φ ( x0 + i ⋅ Δx, y 0 + j ⋅ Δy ) (2.2)
∂Φ
Comme sur la figure (2.2), l’approximation algébrique de la dérivée est donnée par :
∂x
∂Φ
⋅ (Φ i +1, j − Φ i , j )
1
≅ (2.3)
∂x Δx
24
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
∂ 2Φ
⋅ (Φ i +1, j − 2.Φ i , j − Φ i −1, j )
1
≅ (2.4)
∂x 2
Δx 2
Φ i , j +1
O
Φ i −1, j Φ i +1, j
Δx
Δy
Φi, j −1
Les expressions (2.3) et (2.4) sont exactes lorsque Δx tend vers 0. Mais dans l’analyse
numérique, Δx et Δy sont finis (d’où le terme de différences finies). De manière identique,
nous pouvons écrire les expressions équivalentes suivant la direction y, ce qui donne :
∂Φ
.(Φ i , j +1 − Φ i , j )
1
≅ (2.5)
∂y Δy
∂ 2Φ
.(Φ i , j +1 − 2.Φ i , j − Φ i , j −1 )
1
≅ (2.6)
∂y 2
Δy 2
L’utilisation de la notation indicielle permet une programmation et une évaluation
directe des expressions ainsi obtenues. Lorsque les équations (2.4) et (2.6) sont substituées
dans l’équation de Laplace, nous obtenons la formulation algébrique suivante :
⎛ ⎛ Δx ⎞ 2 ⎞ ⎛ Δx ⎞
2
25
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
Pour un maillage carré (Δx= Δy), l’équation (2.7) se simplifie comme suit :
Φ i , j ≅ .(Φ i , j +1 + Φ i , j −1 + Φ i −1, j + Φ i +1, j )
1
(2.8)
4
26
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
variationnelle. Au lieu de rechercher à satisfaire l’équation aux nœuds, nous décomposons ici
le domaine en sous domaines appelés éléments finis, et nous imposons la satisfaction des
équations par sous domaine. L’introduction d’une approximation locale par sous domaine (dit
élément fini), permet de contourner le problème de complexité des géométries car il suffit
alors de choisir une approximation ou une décomposition (maillage) qui respecte la
géométrie.
l’intervalle Ω en une dimension d’espace (figure 2.3). Un maillage Ω = ]ak , bk [ est une
collection indexée d’intervalle {I i = [x1,i , x 2,i ]}1≤i ≤ N tous de mesure non nulle et formant une
ma
partition de Ω .
27
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
Les intervalles I i sont appelés les mailles (ou les éléments ou les cellules de maillage), et
{
et de poser x1,i = xi et x1, j = x j pour tout i ∈ {1....N ma }. Les points de l’ensemble xi ...x N ma +1 }
sont appelés les sommets du maillage. Nous désignons par N s 0 le nombre de sommets du
maillage en une dimension d’espace. On a donc :
N s 0 = N ma + 1 (2.12)
bi = xN ma +1 − xi et bk = MAX bi (2.13)
1≤ i ≤ N ma
On dit que le maillage est uniforme lorsque bk = bi pour tout i ∈ {1....N ma } par la suite, le
28
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
~
RM = ∇ 2 Φ( ) (2.15)
Parmi toutes les méthodes qui permettent d’annuler une grandeur dans un domaine Ω , la
méthode des résidus pondérés est bien connue et souvent utilisée. Elle consiste à choisir un
ensemble de fonctions linéairement indépendantes Wn , appelées fonctions de projection, et
annuler ainsi toutes les intégrales (2.15) sur chacun des éléments finis [21].
I n = ∫ Wn RdΩ (2.16)
Ω
∫ (gradΦ.n)W dS
~ ~
I n = − ∫ gradΦ.gradWn dΩ + n e (2.17)
Ωe Se
Pour chaque élément, on annule les n intégrales I n (2.17) qui correspondent aux n
{Φ e } : ses composantes sont les inconnues du potentiel aux nœuds du même élément ;
{be } : est le vecteur qui tient compte des éventuelles conditions aux limites présentées
sur certains nœuds de l’élément considéré.
La résolution du système final est simple puisque les équations obtenues sont linéaires et
les matrices ainsi formées sont symétriques. Pour déterminer la distribution du champ
électrique, il faut calculer la dérivée du potentiel par une méthode numérique adaptée. Pour
résoudre un problème par la méthode des éléments finis, on procède donc par les étapes
successives suivantes (figure 2.4) :
29
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
3. On divise Ω en sous domaines : C'est le maillage. Les sous domaines sont appelés
mailles.
4. On choisit la famille de champs locaux, c'est à dire à la fois la position des nœuds
dans les sous domaines et les polynômes (ou autres fonctions) qui définissent le champ
local en fonction des valeurs aux nœuds (et éventuellement des dérivées). La maille
complétée par ces informations est alors appelée élément.
7. On peut alors construire la solution approchée à partir des valeurs trouvées aux
nœuds et en déduire d'autres grandeurs : C'est le post-traitement.
La méthode des éléments finis utilise des approximations simples à variables inconnues
dans chaque élément pour transformer les équations aux dérivées partielles en équations
algébriques. Les noeuds et les éléments n’ont pas forcement de signification physique
particulière, mais sont basés sur des considérations de précision de l’approximation.
L’approximation peut fournir une solution approchée en tout point (x, y) d'une fonction
difficile à évaluer ou connue seulement en certains points et une solution approchée d'une
équation différentielle ou aux dérivées partielles. Lorsque la frontière du domaine est
constituée par des courbes ou des surfaces plus complexes que celles qui définissent les
frontières des éléments, une erreur est inévitable. Cette erreur est appelée "erreur de
discrétisation géométrique". Elle peut être réduite en diminuant la taille des éléments.
30
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
Système Physique
Ke , Fe
Assemblage
K , F
E, J, I
Figure 2.4 Organigramme simplifié de l’analyse par la méthode des éléments finis.
31
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
η y x2
x1
Ω1
Ω2 x3
0,1
3
x5 Ω3
x4
Ωr
1 2
x
0,0 1,0
ξ
32
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
x1 ∈ [-1,1]
0 1 -1 0 1 -1 -1/2 0 1/2 1
Linéaire (2 nœuds) quadratique (3 nœuds) cubique (4 nœuds).
x1 ≥ 0 ; x 2 ≥ 0 ; x1 + x 2 ≤ 1
0,2/3 1/3,2/3
0,1/2 1/2,1/2
0,1/3 2/3,1/3
x1 ∈ [−1,1] ; x 2 ∈ [−1,1]
33
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
η η
η -1/3,1 1/3,1
0,1
-1,1 -1,1 1,1 -1,1 1,1
-1,1/3 1,1/3
1,0
-1,0
ξ ξ ξ
1,-1 -1,-1/3 1,-1/3
-1,-1 -1,-1 -1,-1
0,-1 -1/3,-1 1/3,-1
1,-1 1,-1
1,1
x1 ≥ 0 ; x 2 ≥ 0 ; x3 ≥ 0 ; x1 + x 2 + x3 ≤ 1.
ξ
ξ ξ
0,0,1
0,1,0
0,0,0 η η η
1,0,0
ε ε ε
Linéaire quadratique cubique
34
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
-1,-1,1
1,1,1
1,-1,1
η η η
-1,-1,-1 -1,1,-1 ε ε ε
1,1,-1
1,-1,-1
ξ ξ ξ
0,0,1
0,1,1
1,0,1
η η η
0,0,-1 0,1,-1
ε ε ε
1,0,-1
- Une expression approchée en tout point (x, y) d’une fonction difficile à évaluer ou
Le polynôme d’interpolation d’ordre n à deux dimensions, est donné sous la forme [22]:
φ ( x, y ) = a1 + a 2 x + a3 y + a 4 x 2 + a5 y 2 + a 6 xy + ..... + a 2 n +1 y n (2.19)
Pour n=1, nous avons l’équation d’interpolation linéaire suivante (fig. 2.11) :
35
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
φ ( x, y ) = a1 + a 2 x + a3 y (2.20)
Φ1
Φ = α1 + α 2 x + α 3 y
Φ
Φ2
Φ3
X
P ( xp , y p ) t
( xt , yt )
Y
q
( xq , yq )
φ ( x, y ) = a1 + a 2 x + a3 y + a 4 x 2 + a5 y 2 + a 6 xy. (2.21)
Pour notre cas, nous utilisons l’élément triangulaire comme élément de référence.
Alors nous pouvons utiliser une équation d’interpolation linéaire de premier ordre.
La flexibilité est l’un des plus importants avantages de la MEF. Les éléments peuvent
avoir plusieurs formes variées et peuvent donc s’adapter facilement à n’importe
quelles formes géométriques complexes et aussi tenir compte des propriétés
inhomogènes et non linéaires des matériaux.
36
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
37
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
ρs
Φ=∫ GdS (2.22)
s
ε0
Soit un point situé sur une surface diélectrique – diélectrique Γij où la normale n est
⎛ ∂Φ ⎞ 1 ∂G
ε0⎜ ⎟ = − ρs + ∫ ρs dΓ (2.24)
⎝ ∂n ⎠ j 2 Γ
∂n
⎛ ∂Φ ⎞ 1 ∂G
ε0⎜ ⎟ = + ρs + ∫ ρs dΓ (2.25)
⎝ ∂n ⎠i 2 Γ
∂n
1
Le terme ± ρ s de (2.24) et (2.25) est dû à la discontinuité de la composante normale du
2
∂Φ
champ électrique à travers l’interface Γij à cause de la présence des charges de
∂n
polarisation.
L’équation (2.26) est valide pour tous les points situés sur l’interface diélectrique –
diélectrique. Donc, pour les points situés sur les électrodes, on utilise l’équation suivante :
ρs
Vi = ∫ GdΓ (2.27)
ε
Γ 0
38
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
En fin, nous pouvons dire que la résolution des équations intégrales (formulation directe
ou indirecte) se fait par la méthode des éléments finis sur la frontière du domaine étudie. La
frontière est discrétisée en éléments géométriques par une méthode numérique, en général par
quadrature de Gauss.
⎧1: P = M
δ ( M , P) = ⎨ (2.29)
⎩0 : P ≠ M .
C’est la solution de l’équation (2.28) qu’on appelle fonction de Green G (=G (M, P)) de
1 1 ⎛1⎞
l’équation de Laplace. Sa valeur est égale à G = en 3D et G = ln⎜ ⎟ en 2D avec
4Π R 2Π ⎝ R ⎠
R la distance entre les points M et P (R = |PM|).
39
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
potentiel résultant des charges ponctuelles tant que le point ( xi , yi ) n’est pas situé sur aucune
charge ponctuelle. L’équation prend la forme suivante :
n
Φ i = ∑ Cij .QJ (2.30)
j =1
Dans la MSC, les charges de simulation sont placées à l’extérieur de l’espace dans
lequel on veut connaître le champ électrique. Si le point ( xi , yi ) est situé sur la surface d’un
40
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
conducteur, alors Φ i en ce point sera égal au potentiel du conducteur. Lorsque cette procédure
est appliquée à m point situés sur le contour de l’espace considéré, nous obtenons un système
de m équations linéaires pour n charges connues, c’est - à - dire :
⎡ C11 C11 . . C1n ⎤ ⎡ Q1 ⎤ ⎡ Φ1 ⎤
⎢ . . . . . ⎥⎥ × ⎢⎢ . ⎥⎥ = ⎢⎢ . ⎥⎥ (2.31)
⎢
⎢⎣C m1 C m 2 . . C mn ⎥⎦ ⎢⎣QM ⎥⎦ ⎢⎣Φ m ⎥⎦
Le choix du type de charges dans l’utilisation de la MSC est un facteur très important.
De manière générale, les types de charges les plus couramment utilisés sont les charges
ponctuelles, les lignes chargées de longueur infinie ou semi – finie et les charges en anneau.
Ces nouveaux types de charges de simulation incluent des cylindres elliptiques, des charges
sphéroïdales, des disques chargés, des charges de volume, etc. Dans le but d’utiliser les
différents types de charge de simulation, il est essentiel de déterminer les coefficients de
champ et de potentiel associés à chaque type de charges. Donc, pour des configurations de
charges plus compliquées, les différents coefficients doivent être déterminés numériquement.
Il est possible d’utiliser une configuration de charges complexes afin de réduire le nombre
de charges utilisées pour un problème donné et ainsi diminuer le temps de calcul. L’utilisation
de charges complexes peut être recommandée pour :
41
Chapitre II Les méthodes numériques en électromagnétisme
La MSC est une méthode numérique d’expression simple, mais leur application est
très difficile. La précision requise dépend de nombreux paramètres (type de charges,
leur localisation, …etc.). Il est donc nécessaire d’effectuer un nombre assez
important d’essais par itération ou d’utiliser des procédés d’optimisation afin
d’atteindre la précision désirée. Ceci agit par conséquent sur le temps de calcul qui
devient de plus en plus long en fonction de la complexité du problème à traiter ;
Lorsque le problème à étudier présente plus de deux diélectriques, l’utilisation de
MSC devient alors complexe et la programmation d’un tel modèle s’en trouve
détériorée.
II.6 Conclusion
Le développement des méthodes numériques a ouvert des champs d'applications très divers
et plus particulièrement celui de la détermination des caractéristiques des précipitateurs
électrostatiques. La performance de ces méthodes numériques a été démontrée par plusieurs
chercheurs [102-106]. Les progrès de l’informatique ont permis de développer des méthodes
numériques de calcul afin de déterminer de façon précise la distribution du champ et du
potentiel électrique.
Pour notre étude, nous avons choisi la méthode des éléments finis et la méthode de
simulation de charges. Les deux méthodes sont associées à la méthode des caractéristiques.
Ces méthodes sont nécessaires et largement suffisantes pour résoudre les problèmes
d’électrostatique avec une grande précision.
42
Chapitre III
Les propriétés électriques
de fines particules
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
III.1 Introduction
Les aérosols jouent un rôle essentiel dans l’atmosphère et dans des processus
techniques. Souvent il est souhaitable d’extraire de l’aérosol des particules d’une grandeur
variable déterminée.
Les poussières fines en suspension dans les gaz sont formées par la désintégration de
liquides ou de solides ou par la conversion des gaz en particules. Ils peuvent aussi résulter de
la mise en suspension de poudre ou de désagrégation d’agglomérats. Ces particules en
suspension dans l’air, encore appelées aérosols, sont donc constituées de substances solides
et/ou liquides, présentant une vitesse de chute le plus sauvant négligeable. Les particules en
suspension constituent un ensemble extrême hétérogène de polluants divers, minéraux ou
organiques et ont une taille variant de quelques nanomètres à une centaine de micromètres. La
taille de particules est le paramètre le plus important pour caractériser le comportement des
aérosols.
Le problème de la charge acquise par une particule dans un champ électrique ionisé a
été en effet posé par la précipitation industrielle des poussières et des fumés. Mais il est
intéressant de l’étudier à un point de vue plus théorique en se plaçant dans des conditions
expérimentales qui permettent de pousser les calculs jusqu’au bout et de faire des contrôles
précis.
La charge électrique portée par des particules d’un aérosol est un paramètre important,
car elle peut fortement influencer son évolution. En effet, les forces électrostatiques sont
souvent largement supérieures aux autres forces exercées sur les particules. Or la plupart des
aérosols d’origines naturelle ou artificielle sont électriquement chargés, les mécanismes de
chargement étant très diversifiés. On peut citer, par exemple : la friction, la pulvérisation, la
diffusion d’ions, l’émission thermo-ionique ou photoélectrique ou bien l’émission de
fragments chargés dans le cas des aérosols radioactifs [25].
Dans ce chapitre, nous présentons essentiellement les caractéristiques électriques des
particules en suspension dans l’air. Nous étudierons particulièrement la situation dans laquelle
la diffusion des petits ions positifs et négatifs conditionne la charge électrique des aérosols.
Cette partie concerne l’état de charge électrique des aérosols en milieu fortement ionisé. Dans
ce cas, les propriétés des petits ions présents dans le gaz vont jouer un rôle important, et leur
étude est indissociable de celle des charges électriques portées par les particules d’aérosols.
C’est pourquoi, nous consacrons également une partie de ce chapitre à l’étude des petits ions.
43
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
est la suivante:
Cu
μd = , avec Cu = 1 + K n .(1,142 + 0,558. exp(−0,999 / K n )) (3.2)
3π .μ v .d p
44
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
fluide ( μ v = 1,832 × 10 −5 Pa.s pour l’air dans les conditions STP), d p le diamètre de la
Le nombre de Knudsen est défini par le rapport entre le libre parcours moyen des
molécules du gaz et le rayon des particules. Ce nombre permet de caractériser le régime
continu ou moléculaire des interactions entre le gaz et les particules. La figure 3.1 montre les
variations du nombre de Knudsen en fonction du diamètre dp des aérosols.
0.35
0.3
0.25
Nom bre de k nuds en
0.2
0.15
0.1
0.05
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2
Diamètre des particules (m) -6
x 10
45
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
charge élémentaire (1,6 × 10 −19 C ) . La figure 3.2 montre les variations de la mobilité électrique
en fonction du diamètre dp des aérosols.
-14
x 10
9
Mobilité électrique(m 2.V - 1.s - 1)
6
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2
Diamètre des particules (m) -6
x 10
L’expression (3.3) qui définit la mobilité µ n’a de sens que si l’énergie acquise par l’ion
→
entre deux chocs sous l’effet du champ électrique E est négligeable devant l’énergie
46
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
moyenne d’agitation thermique, ce qui est réalisé si le module E du champ électrique est tel
que :
1
⎛ m ⎞ 2
qd .k B .T + ⎜1 + + ⎟
E ⎝ M ⎠
≤ (3.4)
n ⎛m M⎞
e⎜⎜ + + ⎟⎟
⎝ M m+ ⎠
avec n : nombre par unité de volume, des molécules du gaz porteur à la température T(K),
k B : constante de Boltzmann,
m+ : masse d’un ion,
M : masse d’une molécule du gaz,
qd : section droite de collisions ion- molécules [26].
La mobilité d’un ion varie en raison inverse de la masse volumique du gaz porteur
et, à température constante, en raison inverse de la pression. De la sorte, on définit la
mobilité réduite μ0 qui correspond à une température T = 273 K sous la pression de 760
mm de Hg par la relation :
760 T
μ = μ0 (3.6)
P 273
avec µ : mobilité à T(K),
P : pression (mm de Hg).
Généralement, les forces d’origines électriques sont bien supérieures aux forces de
pesanteur, de diffusion ou bien de thermophorèse. Le tableau 1.1 montre l’importance de
la force électrique par rapport à la sédimentation d’un aérosol.
47
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
Nous avons calculé pour chaque diamètre de particule, la vitesse limite de chute dans l’air
(vs ) ainsi que le nombre de charges électriques nécessaire pour obtenir la même vitesse dans
un champ électrique égal à 300 kVm-1. Dans ce calcul, la particule est supposée sphérique et
de densité unité, les conditions de pression et de température sont standard (STP : P=1013
hPa, T=293,15 °K). Les valeurs des champs électriques utilisées sont des moyennes
respectives du champ électrique terrestre par beau temps au niveau du sol, ou du champ
électrique de rupture rencontré pendant un orage.
∂n
Γx = − D (3.7)
∂x
Le coefficient de proportionnalité D est le coefficient de diffusion, et la vitesse Γ / n , la vitesse
de diffusion.
48
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
de mobilité correspond à un diamètre d’environ 1,5 × 10 −9 m . Ces petits ions sont également
appelés petits ions primaires, car ils sont formés par excitation des molécules gazeuses.
49
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
Plusieurs auteurs ont étudies en détail les mécanismes de formation des petits ions positifs et
négatifs [27].
Les ions positifs se forment lorsqu’un électron est arraché d’une molécule tandis que les
ions négatifs résultent de la diffusion d’électrons libres sur des molécules neutres, qui ont des
affinités électronégatives. La taille et la mobilité des ions peuvent évoluer en fonction des
conditions environnantes, par exemple, la nature du gaz porteur, la présence de vapeur d’eau
ou bien la présence d’impuretés gazeuses. Dans le cas des petits ions créés dans l’atmosphère,
la mobilité moyenne des ions positifs est μ + = 1,14 × 10 −4 m 2V −1s −1 et celle des ions négatifs est
μ − = 1,25 ×10 −4 m 2V −1s −1 , dans le cas des ions produits dans l’air « pur » les mobilités
moyennes sont respectivement μ + = 1,33 ×10 −4 m 2V −1s −1 pour les ions positifs et
. Le rayonnement alpha
Les parcours des rayonnements alpha dans l’air sont très faibles (quelques centimètres),
plusieurs relations donnent le parcours du rayonnement alpha en fonction de son énergie.
Morgan et Turner [28] proposent les relations suivantes pour les conditions standards de
pression et de température :
50
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
. Le rayonnement bêta
Le processus d’ionisation de l’air par les émetteurs bêta est plus complexe que celui des
émetteurs alpha. En effet, les émissions bêta ne sont pas mono-énergitiques, mais il existe un
spectre d’énergie de l’émission pour chaque radioélément. Le parcours des électrons bêta est
également plus complexe que celui des alpha, l’électron étant dévié de sa trajectoire lors des
chocs avec les molécules du gaz.
Le parcours du rayonnement bêta est caractérisé par le coefficient d’absorption linéaire
μ a définit par :
μ a = 1,7.ρ g .Emax
−1,14
(3.13)
Le flux d’électron à une distance x de la source est alors déterminé par la relation :
ψ e ( x) = ψ e 0 . exp(− μ a .x) (3.14)
51
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
milieu par sa masse volumique et Emax l’énergie maximale du rayonnement bêta (Mev).
Pendant le parcours d’un électron bêta dans un matériau, il peut céder son énergie par
l’ionisation des molécules rencontrées ou bien par la création de rayonnement de freinage. Le
transfert d’énergie par rayonnement de freinage entraîne la production de photons, ce
phénomène étant négligeable pour les électrons de faibles énergies ( Ei < 1 Mev) ou pour les
matériaux de faibles nombres atomiques.
Par ailleurs, comme le spectre d’énergie des émetteurs bêta est continu, nous devons
utiliser une valeur moyenne de l’énergie des émissions bêta afin de pouvoir calculer le
nombre moyen de paires d’ions créées à chaque désintégration. Si on néglige la perte
d’énergie par rayonnement de freinage, l’énergie moyenne disponible Ei (eV) pour
l’ionisation du matériau est définie par la relation:
1
Ei ≅ Emax (3.16)
3
où Emax représente l’énergie maximale du spectre d’émission du radioélément (eV).
52
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
. Le rayonnement gamma
Le processus d’ionisation de l’air par un rayonnement gamma est lui aussi complexe. En
effet, le rayonnement gamma est indirectement ionisant : les photons incidents vont produire
des électrons énergétiques capables d’ioniser le milieu. Il existe trois principaux types
d’interactions entre les photons incidents et la matière : l’effet photo-électrique, l’effet c
ompton et la création de paires. Selon l’énergie du rayonnement incident et le numéro
atomique du matériau, un des trois effets peut prédominer les interactions.
Il est possible de définir de façon analogue aux émetteurs bêta un coefficient
d’absorption linéaire ( μ a ). Cependant, l’expression d’un tel coefficient est complexe car il
faut tenir compte de l’importance relative des trois types d’interactions. De plus, le calcul
analytique de la production d’ions dans un gaz sous l’action d’un rayonnement gamma est
difficile, et nécessaire l’utilisation d’un logiciel de calcul de débit de dose.
L’unité de dose est le Gray (Gy) correspondant à des [Link]-1. Toutefois, afin de calculer le
taux d’ionisation dans un gaz, il est plus commode d’utiliser une ancienne unité historique
appelée Roentgen (R). Cette unité représente la quantité de charges électriques positives ou
négatives produites par unité de masse ( 1R = 2,58 × 10 −4 [Link] −1 ).
La correspondance entre le Gray et le Roentgen, s’exprime à l’aide de la relation
suivante : [Link] −1 ⇔ 33,8Gy . L’intensité d’ionisation dans l’air I γ ( p.i.m −3 s −1 ) en fonction du
Iγ = 6,189 × [Link] .
53
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
54
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
III.3.3.1 La recombinaison
Le processus de recombinaison des ions s’apparente à la coagulation d’un aérosol. Les
petits ions de signes opposés peuvent se rencontrer sous l’action de la diffusion ou bien des
attractions électrostatiques. Dès lors, leurs charges électriques se neutralisent et ils
disparaissent en tant qu’ions. La variation des concentrations en ions positifs et négatifs due à
la recombinaison est symétrique, puisque les ions se recombinent par paires. Ce processus est
décrit par la relation:
dn±
= −α .n+ .n− (3.19)
dt
où n± représentent les concentrations en ions positifs ou négatifs (m-3) et α le coefficient de
recombinaison (m3 s-1).
En présence d’un taux de production de paires d’ions τ q (m-3 s-1), si la recombinaison est
le seul mécanisme à intervenir dans la disparition des ions, la concentration en ions positifs
est égale à celle des négatifs, et atteint un équilibre déterminé par la relation :
τq
n∞ = (3.20)
α
où n∞ représente la concentration en ions positifs ou négatifs à l’équilibre (m-3). Cette
55
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
β =ψ i n (3.21)
∞
En présence d’un aérosol fortement concentré, la fixation des ions sur les particules peut
devenir le mécanisme dominant leur disparition. Ce mécanisme intervient par exemple dans la
détermination des concentrations des petits ions atmosphériques. Si on néglige la
recombinaison des ions, la concentration en ions positifs ou négatifs à l’équilibre s’exprime
alors par :
τq
n∞ = (3.22)
β .Ct
où n∞ représente la concentration en ions positifs ou négatifs à l’équilibre (m-3), q le taux de
production de paires d’ions (p.i.m-3.s-1) et Ct la concentration de l’aérosol (m-3).
où λi représente le libre parcours moyen des ions dans l’air (pour les petits ions
Ainsi, lorsque K n > 0,25 : le régime est dit continu et la particule est considérée comme
immobile par rapport aux ions environnants. Dans ce cas, nous pouvons appliquer l’équation
classique de diffusion (loi de Fick).
Lorsque K n << 1 : le régime est moléculaire et la vitesse d’agitation thermique de la
particule n’est plus négligeable devant celle des ions. Entre ces deux valeurs de K n nous se
trouvons dans le régime intermédiaire.
Nous expliciterons par la suite le calcul du coefficient de fixation dans le régime
continu, pour déterminer la distribution des charges électriques d’un aérosol en milieu
bipolaire.
56
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
τ r ≅ 1α .n (3.24)
57
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
En revanche, lorsque la fixation des petits ions sur l’aérosol est prépondérante sur leur
recombinaison, la constante de temps du processus est déterminée par la relation:
négatifs (m2 V-1 s-1), n+ et n− les concentrations respectives en ions positifs et négatifs (m-3), D
Dans le cas de la diffusion sur les parois, la constante de temps du processus est
déterminée par :
Sp
τD = D
(3.26)
Dans l’atmosphère, la durée de vie moyenne d’un petit ion varie en fonction de la
pollution, donc en fonction de la concentration de l’aérosol. Cette durée de vie peut aussi
varier entre 10 s (forte pollution) et 10 min (faible concentration).
III.4 Théorie de la charge électrique des aérosols par diffusion d’ions bipolaires
Considérons maintenant un aérosol constitué par un ensemble de particules, initialement
chargées ou neutres, soumises à l’action des petits ions des deux signes. On suppose, pour
établir la théorie, que les particules sont immobiles par rapport aux petits ions qui, eux, sont
animés du mouvement brownien, et on admet que leur nombre est suffisamment faible pour
que la concentration ionique au voisinage d’une particule ne soit pas perturbée par la présence
des autres.
Ce phénomène est important du point de vue pratique, puisqu’il intervient toutes les fois
qu’on charge un aérosol avec une source radioactive, technique utilisée dans un certain
nombre d’appareils permettant d’obtenir la granulométrie des aérosols.
58
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
détermine l’état de charge électrique des aérosols en milieu bipolaire. Nous nous intéressons
ici surtout au cas du régime contenu pour lequel le mouvement brownien des particules est
négligeable devant la vitesse d’agitation thermique des ions.
où β ± représentent le coefficient de fixation des petits ions positifs ou négatifs (m3 s-1) sur
une particule neutre, D± le coefficient de diffusion des ions positifs ou négatifs (m2 s-1) et rp le
Lorsque la particule est conductrice et électriquement chargée, il faut alors tenir compte
de l’image électrique de l’ion et de l’action du champ électrostatique. Si nous supposons que
la particule est sphérique, de rayon ( rp ) supérieur au libre parcours moyen des ions dans l’air,
plusieurs auteurs [33, 34], ont montré qu’on peut écrire les coefficients de fixation sous la
forme :
4π .D+ .rp 4π .D− .rp
β1q = et β −1q n = (3.28)
n
ς ( D+ , rp , qn ) ς ( D− , rp , qn )
où β1qn et β −1qn représentent respectivement le coefficient de fixation (m3 s-1) d’un ion positif
fixation d’un ion négatifs sur une particule portant j charges, D+ et D− représentent
respectivement les coefficients de diffusion des ions positifs et négatifs (m2 s-1) et rp le rayon
des particules (m). ς ( D, rp , qn ) est une intégrale qu’on peut calculer graphiquement ou
numériquement, elle exprime l’effet de la force coulombienne et de la force image sur les flux
d’ions à la surface d’une particule.
59
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
Lorsque l’action de l’image électrique est négligeable, Gunn [35] établit une expression
analytique des coefficients de fixation qui est fonction des coefficients de diffusion.
Toutefois, les formules couramment utilisées sont exprimées en fonction des mobilités
électriques des ions positifs et négatifs et sont définies par les relations :
qn .e.μ + qn .e.μ −
β1q = et β −1q n = (3.29)
n
ε 0 .[exp(2λ.qn ) − 1] ε 0 .[1 − exp(−2λ.qn )]
e2
Avec λa = (3.30)
8π .ε 0 .rp .k B .T
négatifs (m2 V-1 s-1), ε 0 la permittivité du vide ( ε 0 = 8,85 × 10 −12 Fm-1) et λa un paramètre
adimensionnel de l’aérosol correspondant au rapport entre l’énergie électrostatique de la
particule et le facteur d’énergie de Boltzmann ( k B .T ).
Les expressions précédentes sont valables seulement dans le régime continu, c'est-à-dire
pour des particules de diamètres supérieurs à 0,1μm. Pour des diamètres inférieurs, nous ne
pouvons pas utiliser la théorie de la diffusion en milieu continu.
60
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
montré que le rapport entre les fractions chargées positivement et négativement dépend des
propriétés des ions bipolaires. Toutefois, les auteurs indiquent que la théorie de Fuchs décrit
correctement les résultats expérimentaux si on tient compte des différences des propriétés
entre les ions positifs et négatifs.
Bricard [33] a calculé les coefficients de fixation en supposant que le trajet des ions est
rectiligne à l’intérieur de la sphère limite, tandis que Fuchs a pris en compte la courbure de la
trajectoire de l’ion due à la force image. Plus récemment, Hoppel et Frick [38] ont introduit
un processus de capture par rencontre avec un troisième corps ("three-body trapping") dans le
calcul des coefficients de fixation, leurs calculs tenant compte également de la force image.
Cependant, ces auteurs soulignent le fait qu’il existe peu de résultats expérimentaux où la
métrologie est suffisamment précise pour permettre la validation des différentes théories.
Il existe plusieurs façons de décrire l’évolution de la charge électrique d’un aérosol lorsqu’il
est en présence d’ions bipolaires. Nous pouvons considérer, en première approximation, que
toutes les particules portent le même nombre moyen de charges électrique ( qm ), et calculer
les flux d’ions positifs et négatifs sur ces particules. Cette approche peut être affinée en tenant
compte des l’évolution des concentrations en ions positifs et négatifs dans le milieu. Une
deuxième approche plus réaliste, consiste à décrire de façon individuelle l’évolution des
fractions de particules portant un nombre donné ( qn ) de charges élémentaires. Nous obtenons
alors un système d’équations d’autant plus important que le nombre maximum de charges
rencontré est grand
61
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
Cependant, dès 1954, Gunn propose déjà une modélisation plus générale de l’évolution
de la charge moyenne d’un aérosol monodispersé. En effet, son modèle prend en compte une
asymétrie entre les mobilités et les concentrations des petits ions positifs et négatifs. L’auteur
exprime ainsi l’évolution du nombre moyen de charges électriques en fonction des
coefficients de fixation et obtient donc la relation suivante :
dqm
= β1qm .n+ − β −1qm .n− (3.33)
dt
où β1qm et β −1qm représentent respectivement les coefficients de fixation des petits ions
positifs et négatifs sur des particules portant un nombre de charges moyen qm (m3 s-1) et n+
62
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
dCqn
= β1qn −1.n+ .Cqn −1 + β −1qn +1.n− .Cqn +1 − β −1,qn .n− .Cqn (3.34)
dt
où Cqn représente la concentration de particules portant qn charges élémentaires (m-3), β1q n −1
le coefficient de fixation d’un ion positif sur une particule portant qn − 1 charges (m3 s-1),
β −1q +1 le coefficient de fixation d’un ion négatif sur une particule portant qn + 1 charges
n
(m3.s1) et n+ puis n− les concentrations respectives des ions positifs et négatifs (m-3).
disparition des particules portant qn charges par fixation d’un ion positif ou négatif.
dCqn
Lorsque qn varie entre − ∞ et + ∞ , le système d’équations ( ) obtenu permet de
dt
décrire complètement l’évolution de la distribution des charges d’un aérosol monodispersé.
En fait, la modélisation correcte des flux d’ions positifs et négatifs sur les particules nécessite
de coupler le système d’équations précédent avec l’évolution des concentrations en ions
positifs et négatifs dans le milieu. Si nous supposons qu’il existe un terme source pour les
ions égal à si , et que la disparition des ions est seulement due à leurs recombinaison ou à la
fixation sur l’aérosol, les équations d’évolution des concentrations en ions positifs et négatifs
dans le milieu sont alors:
+∞
dn+
= si − α .n+ .n− − ∑ β1qn .n+ .Cqn (3.35)
dt qn =−∞
+∞
dn+
= si − α .n+ .n− − ∑ β1qn .n− .Cqn (3.36)
dt qn =−∞
où si représente la source d’ions ( m-3 s-1) et α le coefficient de recombinaison des petits ions
(m3 s-1).
Si nous voulons déterminer la fraction de particules portant qn charges, il est nécessaire
de résoudre simultanément l’ensemble des équations. Cependant, il n’existe pas de solution
63
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
analytique de l’ensemble de ces équations en fonction du temps. Leur résolution a été étudiée
numériquement par plusieurs auteurs.
Dès 1940, Lissowski [37] suggère que la répartition des charges d’un aérosol exposé à
des ions bipolaires s’effectue suivant une loi normale, en s’appuyant sur ses mesures de la
charge électrique d’un nuage de gouttelettes d’huile exposées à des ions bipolaires. C’est en
1959 que Keefe et al. [36] évoquent la loi de distribution de Boltzmann pour décrire la
répartition exponentielle des charges électriques sur un aérosol. En supposant que l’aérosol est
en équilibre électrique et thermodynamique avec les ions, les auteurs proposent d’inclure
l’énergie électrique des particules dans la loi de distribution de Boltzmann.
Cj ⎛ δE ⎞ j 2 .e 2
= exp⎜⎜ − ⎟⎟ , avec δE = (1.37)
C0 p ⎝ k B .T ⎠ 8π .ε 0 .rp
64
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
la particule (J).
Nous pouvons mettre la relation précédente sous la forme d’une loi normale centrée sur
zéro et d’écart type σ , ce qui donne :
Cqn 1 ⎛ − q2 ⎞ k .T .r
= . exp⎜⎜ n2 ⎟⎟ , avec σ d2 = 4πε 0 . B 2 p (3.38)
Ct 2π .σ d ⎝ 2σ d ⎠ e
2
suggèrent alors, que l’énergie électrostatique de ces particules ne peut pas être exprimée à
partir de l’énergie électrostatique d’une sphère chargée de diamètre équivalent. Dés lors, de
nombreuses études ont été conduites en physique des aérosols pour rechercher le fondement
de cet équilibre.
Matsoukas [42] a argumenté la validité de l’équilibre de Boltzmann par des
considérations énergétiques. Il montre que, lorsque le régime est continu, le travail nécessaire
à la désorption d’un ion de la surface de la particule est équivalent au travail de la force
électrostatique nécessaire pour capture d’un ion de signe opposé à celui de la particule.
En revanche, dans le cas du régime moléculaire, l’approche à partir du travail de la force
électrostatique n’est plus valable, car les effets électrostatiques sont négligeables devant la
vitesse d’agitation thermique (sauf au voisinage de la surface de particule où la force image
est importante). Matsoukas a également établi un critère afin de délimiter un domaine
d’application de l’équilibre de Boltzmann. D’après ce critère, l’équilibre de Boltzmann peut
65
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
être utilisé pour des particules de diamètre supérieur à 0,12 μm (dans les conditions standard
de pression et de température).
Malgré ces controverses, la loi de Boltzmann reste très utilisée du fait de sa simplicité.
Plusieurs études montrent qu’il est également d’utiliser cette loi pour décrire la distribution
des charges sur des aérosols composés de fibres ou bien d’agglomérats de particules, pourvu
que nous utilisons un diamètre équivalent approprié.
Cqn
La figure 3.3 illustre les variations de en fonction de rp . Nous obtenons des
Ct
1.5
rp=0,1 µm
rp=0,3 µm
rp=0,9 µm
rp=1,2 µm
rp=2,5 µm
1
rp=5 µm
Cq n
Ct
C j/ / C t
0.5
0
-5 -4 -3 Nombre
-2 -1de charges
0 élémentaires
1 2 q
n
3 4 5
Nombre de charges élémentaires j(C)
66
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
Gunn [35] a montré que le temps nécessaire pour atteindre l’équilibre de Boltzmann
dans le cas d’un aérosol dont toutes les particules sont initialement neutres, s’exprime par la
relation :
ε0
τe = _
(3.39)
4π .[Link] . μ
Par la suite, Cooper et Reist [43] montrent que ce temps de mis à l’équilibre peut être
considéré comme un temps caractéristique de charge ou de neutralisation d’un aérosol par
diffusion des ions. En effectuant une analogie avec les propriétés dynamiques des aérosols, ce
temps peut de définir comme un temps de relaxation électrique.
67
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
68
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
III.5.2 Triboélectrisation
La triboélectrisation regroupe deux causes d’électrisation : le frottement et le contact.
Dans la charge par frottement, c'est-à-dire quand deux particules différentes frottent l’une
contre l’autre, il y a un transfert d’électrons (charges) à partir de la surface d’une particule
vers celle de l’autre. Ce processus utilise la différence de structure électronique des deux
surfaces en fonction desquelles une des particules devient positivement chargée et l’autre
négativement chargée. Ce phénomène fait que dans les nuages de particules entraînées par un
flux d’air, une forte proportion des particules est chargée par contact avec les parois ou par
collisions.
La charge par contact se produit pendant la séparation de particules sèches et non
conductrices de surfaces solides [44, 45]. Dans ce processus, quand une particule touche une
surface, des charges sont transférées, si bien que la particule acquiert une charge nette positive
ou négative quand elle se sépare de la surface. La polarité de la particule chargée et le nombre
de charges sur celle-ci dépendent des matériaux et de leurs positions relatives dans les séries
triboélectriques. Le frottement augmente le nombre de charges acquises. Parce qu’il requiert
des surfaces sèches, le phénomène de charge par contact devient inefficace en conditions
d’humidité relative plus grande que 65% environ.
69
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
la charge mixte
Quel que soit le mécanisme, la charge électrique acquise par une particule est le résultat
des interactions entre celle-ci et les ions résultant de la décharge couronne. Les deux
mécanismes de décharge interviennent ensemble et leur importance relative est déterminée
principalement par les dimensions des particules et l’intensité du champ électrique.
(figure 3.4).
Une première théorie concernant la charge par champ a été développée en 1923 par
Rohmann et elle a été complétée par Pauthenier en 1932. Ces deux auteurs montrent que les
ions arrivent sur une particule tant que la charge de celle-ci n’est pas suffisante pour les
repousser, on parle alors d’une charge limite par champ qs . Pauthenier a montré qu’à cause du
phénomène de répulsion électrostatique, seule une partie réduite de la surface des particules
est atteinte par les ions. Continuant dans le même esprit, d’autres auteurs ont apporté des
contributions complémentaires. D’après McDonald [46], ce mécanisme de charge acquise par
les particules dépend de leur diamètre, du champ électrique, de la densité d’ions présents, du
temps de présence des particules dans le champ électrique, de la mobilité des ions et de la
constante diélectrique ε r de la matière constituant les particules. Ce processus de charge par
champ cesse lorsque la particule porte une charge de saturation qui s’écrit [47]:
70
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
εr
q sp = 3πε 0 d p2 .E (3.42)
εr + 2
où ε 0 la permittivité du vide ( ≈ 8.85 × 10−12 F/m), ε r la permittivité relative de la matière
-19
x 10
1.2
Charge de saturation par champ (C)
0.8
0.6
0.4
0.2
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
Diamètre de la particule (m) x 10
-6
La quantité de charge d’une particule sphérique est donnée par l’équation de la charge
par champ de Pauthenier [48] :
t
τc
q pc (t ) = q s
p (3.43)
1+ t
τc
4ε 0 4ε 0 4ε .E
avec : τ c = = = 0 (3.44)
ρi .μi [Link] .μ J
charge par champ (s), J la densité de courant (A/m2), ρ i la densité de charges (C/m3), μ la
71
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
-19
x 10
1.2
C h a rg e d e la p a rtic u le p a r c h a m p (C )
1
0.8
0.6
0.4
0.2
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Temps de charge (s)
Figure 3.5 Variation de la charge de la particule par champ dans l’air atmosphérique
Nous constatons que la charge de particules par champ peut atteindre la charge
maximale de saturation pour un temps de charge suffisamment grand (figure 3.6)
1
Charge de la particule /Charge de saturation
0.95
0.9
0.85
0.8
0.75
0.7
0.65
0.6
0.55
0.5
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Rapport: temps de charge / constante du temps de la charge par champ
Figure 3.6 Caractéristique du rapport de charge sur le rapport du temps pour la charge
des particules par champ
72
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
d p .k B .T ⎡ ⎛ 2π ⎞ 12 ⎤
q(t ) = ln ⎢1 + ⎜⎜ ⎟⎟ .d p .e 2 .n+ .t ⎥ (3.45)
2e 2 ⎢ ⎝ m+ .k B .T ⎠ ⎥
⎣ ⎦
où n+ est la concentration des ions, k B est la constante de Boltzmann, m+ est la masse des
ions, T est la température et t est le temps de charge.
La charge acquise est proportionnelle à d p2 pour le mécanisme de charge par champ et à
d p pour la charge par diffusion. La charge par champ est le phénomène dominant pour les
particules plus grandes que 1μm, et la charge par diffusion est le mécanisme dominant pour
les particules plus petites que 1μm, même en présence d’un champ électrique. Entre 0,1 et
1μm, ces deux mécanismes fonctionnent en même temps et la situation est beaucoup plus
compliquée.
L’expression de la charge par diffusion q pd (t ) d’une particule donnée par White [49]
est :
q pd (t ) = qds . ln(1 + t
τd ) (1.46)
2π .ε 0 .d p .k B .T
avec qds = (1.47)
e
73
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
1
8ε 0 .k B .T ⎡ mi .k B .T ⎤ 2 ⎡ μ .E ⎤
τd = = 8ε .
0 ⎢ .⎢ ⎥ (3.48)
d p .vth .ni .e 2 ⎣ 3 ⎥⎦ ⎢⎣ d p .J .e ⎥⎦
Où qds est la charge maximale par diffusion ou constante de charge (C), τ d la constante de
d’agitation thermique des ions (m/s), ni la concentration des ions dans l’espace (m−3), mi la
masse d’un ion (kg) et μ la mobilité d’un ion (m2/V .s).
-18
x 10
1.6
1.4
Charge maximale par diffusion (C)
1.2
0.8
0.6
0.4
0.2
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
Diamètre de la particule (m) x 10
-6
Figure 3.7 Variation de la charge maximale par diffusion en fonction du diamètre des
particules (T = 293 K, ε r = 4,5 )
-18
x 10
7
Charge de la particule par diffusion (C)
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Temps de charge (s)
74
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
Nous constatons que la charge de particules par diffusion n’est pas limité par une charge
maximale de saturation quelque soit le temps de charge. C’est le cas inverse pour la charge
par champ (figure 3.9).
5
Charge de la particule /Charge de saturation
4.5
3.5
2.5
1.5
0.5
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Rapport: temps de charge/ constante du temps de la charge par diffusion
Figure 3.9 Caractéristique du rapport de charge sur le rapport du temps pour la charge
des particules par diffusion
75
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
deux mécanismes. Pour cela il distingue deux régimes de charge : un régime où la charge par
champ et la charge par diffusion sont présentes en même temps. Un autre où la particule a
atteint la charge limite par champ et où seule la charge par diffusion intervient. Les relations
établis par Fjeld conduisent à des valeurs de charges cohérentes avec les résultats
expérimentaux obtenues en 1957 par Hewitt mais seulement dans le cas où le champ
électrique extérieur est faible.
Lawless et Altman [52] ont amélioré le modèle de Fjeld en modifiant les lois de charge
qui, cette fois-ci, conduisent à de bons résultats même dans le cas où le champ électrique
extérieur est important. A partir d’arguments physiques, ils obtiennent des relations assez
simples qui prennent en comptent les interactions des mécanismes de charge.
En définitive, pour relier la vitesse de migration wE à la taille des particules on utilise
la relation (3.44). Elle donne la charge limite d’une particule qui se trouve dans un champ
électrique d’intensité E en tenant compte de manière indirecte de l’effet de la charge par
diffusion (elle offre une bonne corrélation avec les résultats expérimentaux pour d p > 0,3 μm :
⎡ 2 ⎛ ⎞ ⎤
⎢⎛⎜ 2λ ⎞⎟ ⎜ 2 ⎟⎛ ε p − 1 ⎞⎥
⎜ ⎟ πε .d 2 .E
q = ⎢ 1+
l
+ (3.44)
p ⎜ d ⎟ ⎜ 1 + 2λ ⎟⎜ ε + 2 ⎟⎥ 0 p
⎢⎝ p ⎠ ⎜ d p ⎟⎠⎝ p ⎠⎥
⎣ ⎝ ⎦
avec λ le libre parcours moyen des molécules et ε 0 la permittivité du vide. La figure 3.10
présente les variations de la charge limite en fonction du diamètre des particules ( ε p = 4,5 ) en
E = 16 kV
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
Diamètre de la particule (m) x 10
-6
76
Chapitre III Les propriétés électriques de fines particules
III.6 Conclusion
Nous avons vu qu’il existe beaucoup d’études sur les petits ions, que ce soit sur les ions
atmosphériques, ou sur ceux créés artificiellement et utilisés en métrologie des aérosols. Nous
remarquons de plus, qu’il existe une assez grande variabilité des résultats, donc des
caractéristiques des petits ions. Cette variabilité provient des divers mécanismes complexes,
intervenant dans la création et dans l’évolution des ions, ces mécanismes étant sensibles aux
conditions environnementales.
En revanche, nous avons trouvé très peu d’études expérimentales où les propriétés des
ions sont étudiées conjointement avec la charge électrique des aérosols. Pourtant, les études
théoriques montrent que la charge électrique d’un aérosol est sensible aux propriétés des ions
présents dans le milieu et que cette sensibilité peut être importante lors de la métrologie fine
de la charge d’un aérosol.
Nous pouvons remarquer que le nombre moyen de charges est fonction d’un "paramètre
d’asymétrie des ions". Ce paramètre représente le rapport entre les conductibilités électriques
unipolaires dues aux ions positifs et négatifs, et donc l’asymétrie entre les flux d’ions positifs
et négatifs sur une particule. Signalons que lorsque ce rapport est égal à 1, nous retrouvons la
distribution définie par l’équilibre de boltzmann.
L’équilibre de Boltzmann peut décrire la distribution des charges électriques d’un
aérosol en milieu bipolaire. Toutefois cette loi ne tient pas compte des propriétés physiques
des petits ions présents dans le gaz (coefficients de diffusion, mobilités électriques,
concentrations).
A l’heure actuelle, les principaux développements des moyens de métrologie des
particules ultrafines concernant notamment les mesures de granulométrie en temps réel, les
mesures de surfaces et la détection de particules de natures spécifiques (chimique,
biologique).
Quoiqu’il en soit, l’augmentation des connaissances au sujet des propriétés électriques
des aérosols tend à confirmer leur rôle majeur dans la précipitation électrostatique et une
meilleure connaissance de leurs propriétés électriques paraît aujourd’hui indispensable.
77
Chapitre IV
Modélisation de la décharge
couronne
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
IV.1 Introduction
L’usage des ordinateurs de toutes puissances a conduit à l’émergence d’une discipline
nouvelle : la modélisation. Elle consiste à représenter l’évolution des paramètres les plus
importants d’un système par un ensemble d’équations n’admettant généralement pas de
solution analytique mais pouvant être résolues numériquement. L’intérêt considérable de ces
modèles est qu’ils permettent de simuler le fonctionnement d’un système dans une très vaste
plage de conditions expérimentales à un coût très inférieur à celui des expériences en
vraie grandeur.
En vue du passage d’un problème exact et continu au problème discret et approché,
nous disposons de plusieurs techniques concurrentes. A priori, nous allons susciter un aperçu
général sur les techniques numériques largement utilisées soit pour le calcul du potentiel
électrique soit pour l’évaluation de la densité de la charge d’espace, par la suite, nous
présenterons une étude détaillée de la méthode des éléments finis et son application aux
calculs de la répartition du potentiel électrique et de la distribution de la charge d’espace.
-V +V
R R
r (ρ − ρ − )
∇.E = + (4.1)
ε0
r − R i ⋅ ρ+ ⋅ ρ−
∇.J + = (4.2)
qe
r R ⋅ρ ⋅ρ
∇.J − = i + − (4.3)
qe
r r
J + = ρ + .μ + .E − D + ⋅ ∇ ⋅ ρ + (4.4)
r r
J − = ρ − .μ − .E + D − ⋅ ∇ ⋅ ρ − (4.5)
L’espace inter-électrodes est rempli d’ions des deux polarités positive et négative tel
que : ρ = ρ + − ρ −
Avec : ρ + et ρ − sont respectivement, les densités de charge d’espace des ions positifs et
des ions négatifs;
qe : la charge de l’électron;
E : est le champ électrique ;
ε 0 : est la permittivité de l’air ;
Dans le cas de la décharge couronne monopolaire, l’effet couronne est gouverné par un
ensemble d’équations qui représentent une forme réduite des équations de Maxwell [53, 54] :
79
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
r ρ
∇.E = ± (4.10)
ε0
r
∇.J = 0 (4.11)
r r
J = ±ρ.μ.E + D ⋅ ∇ρ (4.12)
r
E = −∇φ (4.13)
où ρ : est la densité de la charge d’espace;
μ : est la mobilité moyenne des ions;
D : coefficient de diffusion ionique ici nous ne tenons pas compte de diffusion (D = 0).
En remplaçant (4.13) dans (4.10), nous obtenons l’équation de poisson dans le cas de la
décharge couronne monopolaire sous la forme suivante :
ρ
∇ 2φ = m (4.14)
ε0
En remplaçant (4.13) et (4.12) dans (4.11), nous obtenons l’équation aux dérivées partielles
suivante :
− ∇(ρ ⋅ ∇ϕ) = 0 (4.15)
( )
− ∇(ρ ⋅ ∇ϕ) = − ∇ρ ⋅ ∇ϕ + ρ ⋅ ∇ 2ϕ = 0 (4.16)
En remplaçant (4.14) dans (4.16), nous obtenons :
ρ2
∇ρ ⋅ ∇ϕ = (4.17)
ε0
Les équations aux dérivées partielles couplées doivent être résolues par rapport au
potentiel électrique ϕ et la densité de charge ρ , qui sont fonctions de la position dans
l’espace inter- électrodes.
La substitution de ρ dans l’équation (4.15) nous conduit à décrire le problème par l’équation
générale des champs ionisés suivante :
( )
∇((∇∇ϕ∇ϕ)) = ∇ ∇ 2 ϕ + ∇ 2 ϕ = 0 (4.18)
80
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
81
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
Y
Frontières artificielles
Y1
Ligne de symétrie
+V
D/2
X1 X
O
82
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
q ⎛R R ⎞
ϕ= ln⎜⎜ 2 3 ⎟⎟ (4.19)
2πε 0 ⎝ R1R4 ⎠
Avec :
R3 = ( xq − x1 ) 2 + ( yq + y1 ) 2 (4.22)
R4 = ( xq + x1 ) 2 + ( yq + y1 ) 2 (4.23)
83
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
Où xq et yq sont les coordonnées de la charge linéique q. P1(x1,y1) est le point sur la surface
Y
+V
-V
-q +q
R3 R1
Pi (xi,yi)
R4
R2
+q -q
Les composantes Ex1 et Ey1 , du champ électrique sont données par la relation suivante :
84
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
Une fois que nous avons determiner le potentiel et le champ électrique au point P1(x1,y1)
considéré comme point de depart, nous cherchons les coordonnées du point P2(x2 ,y2), à un
incrément de distance Δr du point P1(x1,y1), et cela se fait par itération jusqu’à l’atteinte de la
frontiere figure(4.4).
Y1
Δr
1
2 (x1,y1)
N (x2,y2)
on (x3,y3)
X
-X1 X1
85
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
E x1
x2 = x1 + Δr (4.28)
Er1
E y1
y 2 = y1 + Δr (4.29)
E r1
Cette démarche est répetée selon le nombre de lignes de champ que nous désirons à tracer.
Les lignes de champ émanent de N nœuds de la circonférence du conducteur, sont localisés
chacune par l’angle θ j (figure 4.5):
θj θ2
1
j
θN R
N
D/2
H
Pour la ieme ligne de champ qui a son jeme nœud équipotentiel à l’extérieur des limites
artificielles (figure 4.6), une interpolation linéaire entre les coordonnées des nœuds (i , j-1) et
(i , j) est effectué pour déterminer les coordonnées appropriées du nouveau nœud sur cette
frontière [58].
86
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
ancien
Y nouveau nœud (i,j)
nœud (i,j)
Y1
nœud (i-1,j)
Contours
équipotentiels
Axe de
référence
θ-
Lignes de
champ
X1 X
Pour commettre moins d’erreurs, on est amené à réestimer le champ électrique Ei(1, j) aux
⎛ π − θi ⎞
ρ+1, j = ρe . cos⎜ ⎟, j=1 :N (4.30)
⎝ 2 ⎠
87
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
Sachant que N est le nombre total de lignes de champ, et Nc le nombre de lignes de champ
dans la région bipolaire. ρe est la valeur de ρ+ (1, j) à θ j = π .
E yD
ρe = 8ε0 V0 (V - V0 ) [D 2V(5 - 4V0 V)] (4.32)
E crit R
ou Ey est le champ électrique Laplacien au point se trouvant sur l’axe y à une distance H du
plan, V0 et Ecrit sont respectivement la tension seuil et le champ critique de l’apparition de
l’effet couronne.
En remplaçant les équations (4.4) et (4.5) respectivement, dans les équations (4.2) et
(4.3) et après réarrangement nous obtenons en chaque nœud (i, j) :
∂ρ+i, j
=−
(
ρ+ i, j ⎡ ρ−i, j ρ+i, j − ρ−i, j ⎤
+
) (4.33)
⎢R i ⎥
∂l E ⎣ ek + ε0 ⎦
∂ρ −i, j
=
(
ρ −i, j ⎡ ρ + i, j ρ + i, j − ρ −i, j ⎤
−
)
⎢R i ⎥ (4.34)
∂l E ⎣ ek − ε0 ⎦
où ℓ est la longueur mesurée le long de l’axe du tube de flux.
Pour la résolution des équations (4.33) et (4.34), nous avons utilisé la méthode d’Euler
corrigé qui est décrite par l’organigramme suivant :
• Donner ρe ;
• Calculer h ;
• Pour i allant de o à n-1 ;
⎡ ρ (i, j) ⎛ ρ− (i, j) ρ+ (i, j) − ρ− (i, j) ⎞⎤
ρ+ (i + 1, j) = ρ+ (i, j) + h ⎢− + ⎜ Ri
⎜ + ⎟⎥
⎟ (4.35)
⎣⎢ E(i, j) ⎝ ek + ε0 ⎠⎦⎥
• Les valeurs corrigées :
⎡ ρ + (i, j ) ⎛ ρ − (i, j ) ρ + (i, j ) − ρ − (i, j ) ⎞⎤
ρ + (i + 1, j ) = ρ + (i, j ) + h ⎢ ⎜⎜ Ri + ⎟⎟⎥ −
⎢⎣ E (i, j ) ⎝ ek + ε0 ⎠⎥⎦
⎡ ρ (i + 1, j ) ⎛ ρ − (i + 1, j ) ρ + (i + 1, j ) − ρ − (i + 1, j ) ⎞⎤
h⎢ + ⎜⎜ Ri + ⎟⎟⎥ (4.36)
⎣⎢ E (i + 1, j ) ⎝ ek + ε0 ⎠⎦⎥
88
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
• Fin.
Comparant les deux dernières estimations du potentiel aux nœuds ϕi(,mj ) et ϕi(,mj +1) , en
( nm +1)
e n = ϕi(,nm )
j − ϕi, j ϕmoy (4.37)
(
avec : ϕmoy = ϕi(,nm ) ( nm +1)
j + ϕi, j 2) (4.38)
Si le maximum de en le long de l’axe du jéme tube de flux excède la valeur spécifiée, une
correction de la densité de la charge d’espace positive et négative sur la surface du conducteur
sera effectuée.
[
ρ±1, jnew = ρ±1, jold 1 + ω. max(ϕi(,nm
j
+1)
− ϕi(,nm )
]
j ) / ϕmoy , i =1, M (4.39)
89
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
Début
⎛ π −θ j ⎞
ρ + = ρ e cos⎜⎜ ⎟⎟ ; ρ − = 0 .1 ρ +
⎝ 2 ⎠
∂ρ + ρ ⎡ ρ− ρ+ − ρ− ⎤
= − + ⎢ Ri +
∂l E ⎣ ek + ε 0 ⎥⎦
∂ρ − ρ − ⎡ ρ + ρ + − ρ − ⎤
= Ri −
∂l E ⎢⎣ ek − ε 0 ⎥⎦
φ k −φ k +1 NON
pε 1
φ moy
Oui
Non ρ NV − ρ AN pε 2 Oui
90
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
∂ 2 Φ ( x, y ) ∂ 2 Φ ( x, y ) ρ ( x, y )
+ +
∂x 2 ∂y 2 ε0 = 0 (4.40)
1 ∂ 2Φ ∂ 2Φ
W = ∫∫ [ [ 2 + 2 ] − ρ ]dxdy (4.41)
2 ∂x ∂y ε0
Ω
L’intégrale est étendu à un ensemble du domaine de calcul, que l’on subdivise en petits
éléments par maillage triangulaire où chaque triangle est repéré par ses trois sommets (nœuds)
Les polynômes d’interpolations du potentiel aux sommets du triangle sont donnés par le
système d’équations suivant :
φ1 = α 1 + α 2 x1 + α 3 y1
φ 2 = α1 + α 2 x2 + α 3 y 2 (4.42)
φ 3 = α 1 + α 2 x3 + α 3 y 3
1
α3 = [ c1 .φ 1 + c 2 .φ 2 + c 3 .φ 3 ]
2Δ e
91
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
Avec : a1 = x 2 . y 3 − x3 y 2 b1 = y 2 − y 3 c1 = x3 − x 2
a 2 = x3 . y1 − x1 y 3 ; b2 = y 3 − y1 ; c 2 = x1 − x3 (4.44)
a3 = x1 . y 2 − x 2 y1 b3 = y1 − y 2 c3 = x 2 − x1
1 x1 y1
2.Δ e = 1 x 2 y 2 = b1c 2 − b2 c1 : L’aire de l’élément triangulaire. (4.45)
1 x3 y3
Le potentiel en tout point d’un élément (e) est exprimé par la relation:
3
⎡φ1 ⎤
Φ ( x, y ) = ∑ φ i .N i ( x, y ) = [ N 1 N 2 N 3 ] ⎢⎢φ 2 ⎥⎥ (4.46)
i =1
⎢⎣φ 3 ⎥⎦
1
Avec: N i ( x, y ) = (ai + bi x + ci y ) ; i=1, 2, 3 . (4.47)
2.Δ e
Les fonctions N i sont appelées fonctions de formes. Elles doivent vérifier la condition
suivante :
0 Si i ≠ j
N i ( x j , y j ) = δ ij = (4.48)
1 si i= j
La minimisation de la fonctionnelle W est réalisée quand les dérivées partielles par
∂W
rapport à tous les potentiels des nœuds sont nulles, c'est-à-dire : = 0 . Avec {φ } est le
∂{φ }
vecteur potentiel pour tous les nœuds du système.
L’équation (4.41) montre que nous pouvons restreindre l’intégrale double au domaine
formé des n éléments (ei ) n comportant le sommet i. Nous déduisons:
∂W ⎡⎛ b b jφ j ci c jφ j ⎞ ρ ⎤
= ∑ ∫∫ ⎢⎜⎜ i ∑ + ∑ ⎟ − N i ⎥ [Link]
⎟ ε (4.50)
∂φi n ( ei ) n ⎢
⎣⎝ 2 Δ j 2 Δ 2 Δ j 2 Δ ⎠ 0 ⎥⎦
92
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
K .Φ = F (4.51)
avec : K : Matrice de raideur ;
Le terme K ij se calcule par intégration sur les triangles comportant les nœuds i et j, soit :
bi b j + ci c j 1 ∂N ∂N j ∂N i ∂N j
K ij = ∑ ∫∫ [Link] = ∑ (bi b j + ci c j ) = ∫∫ [ i + ]dxdy (4.52)
n ( ei ) n 4Δ2 4Δ n Δe
∂x ∂y ∂y ∂x
ρ ρ Δ
Fi = ∑ ∫∫ ε N i [Link] = ∑ (4.53)
n ( ei ) n 0 n ε0 3
La matrice K comporte un fort pourcentage de termes nuls, car K ij n’est calculé que si le
l!m!n!
∫∫Δe
( N 1 ) l ( N 2 ) m ( N 3 ) n dxdy =
(l + m + n + 2)
; i,j = 1, 2, 3. (4.54)
IV.6.2 Assemblage
La phase d’assemblage consiste à construire la matrice globale K et le vecteur global F
de la structure complète à partir de la matrice et de vecteur caractéristiques des différents
éléments Ke, Fe préalablement calculés. L’assemblage s’effectue en additionnant bloc à bloc
les sous – matrices nodales de chaque élément, les indices de ligne et colonne correspondant à
la numérotation des nœuds de cet élément dans la matrice globale [K] et le vecteur
global {F }. Avec :
93
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
IV.7.1 Le maillage
0.25
0.2
0.15
0.1
0.05
0
-0.2 -0.15 -0.1 -0.05 0 0.05 0.1 0.15 0.2
94
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
de la charge d’espace, en une équation différentielle ordinaire dans le temps et le long d’une
ligue caractéristique qui correspond à la trajectoire d’une charge électrique. La loi du
mouvement d’une charge (ion lourd) dans un gaz neutre s’écrit :
v = μ⋅E (4.56)
ρ2
E ⋅ ∇ρ = − (4.58)
ε0
Les résultats de la résolution numérique de l’équation (4.58) sont représentés sur les
figures (4.9 et 4.10).
5,0
Densitédelacharged'espace(.10 C/m)
3
4,5
-5
4,0
3,5
3,0
2,5
2,0
1,5
10 15 20 25
Tension appliquée ( kV )
95
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
-4
x 10
1.2
0.8
0.6
0.4
0.2
0
0.4
0.3 0.2
0.2 0.15
0.1
0.1 0.05
0 0
dρ ρ2
= −μ ⋅ (4.59)
dt ε0
96
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
-5
x 10
2
Densité de charge au plan (C/m3)
U = 15 kV
1.8 U = 20 kV
U = 25 kV
1.6 U = 30 kV
1.4
1.2
0.8
0.6
0.4
0.2
0 -3 -2 -1 0
10 10 10 10
Temps (s)
6
Densité de courant (mA/m)
2
0
10 15 20 25
97
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
-3
x 10
2
Numerical
1.5 Experimental [53]
1
0.5
J (A/m2)
0
-0.5
-1
-1.5
-2
-2.5
-3
-0.2 -0.15 -0.1 -0.05 0 0.05 0.1 0.15 0.2
X (m)
Nous remarquons que le champ électrique sur le plan n’est pas sensible à la variation de
la mobilité ionique. Les distributions du champ électrique sont représentées sur les figures
(4.13 – 4.15).
7
x 10
1.5
0.5
0
0.4
0.3 0.2
0.2 0.15
0.1
0.1 0.05
0 0
98
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
1,5
Mesuré [53]
1
Calculé
0,5
E(Kv/m)x10²
0
-30 -20 -10 0 10 20 30
-0,5
-1
-1,5
X(cm )
7
x 10
12
11
Champ électrique (V/m)
10
2
1.2 1.4 1.6 1.8 2 2.2 2.4 2.6 2.8 3
4
Tension appliquée (V) x 10
99
Chapitre IV Modélisation de la décharge couronne
0
10
-1
10
-2
10
-3
10
-8 -7 -6 -5 -4
10 10 10 10 10
La variation de la vitesse wth en fonction du diamètre des particules passe par une
valeur minimale pour dp ≅ 0, 25 μm. Une faible vitesse de migration diminue le transport des
particules vers les plaques collectrices et par conséquent l’efficacité de collecte. Ainsi donc, la
vitesse de migration des particules étant à son plus bas niveau pour les tailles de particules
comprises entre 0,1 μm et 1μm, il en est de même en ce qui concerne l’efficacité de collecte.
IV.8 Conclusion
Le calcul numérique que nous avons proposé élimine la boucle permettant de vérifier
la constance du champ électrique à la limite de la zone d’ionisation (équivaut au champ
critique du minimum d’ionisation). En effet cette condition a été illustrée par la grandeur du
potentiel électrique correspondant et est introduite dans la formulation en éléments finis et les
résultats sont d’autant plus fiables que les contours équipotentiels sont tracés avec une bonne
précision.
Bien que ce modèle nous a épargné d’une étape de résolution, mais l’estimation de la
densité de la charge d’espace sur la frontière de la zone d’ionisation reste à vérifier. En effet,
pour le premier de cette dernière, nous l’avons pris au hasard et nous l’avons ajusté en
comparant aux travaux antérieurs. Une fois, l’erreur est acceptable, l’estimé est ajusté, il sera
utilisé dans les procédures qui suivent et est maintenu constant.
A vrai dire, la résolution numérique de la décharge couronne n’est qu’à son premier
âge et beaucoup de travail reste à faire pour améliorer les modèles.
100
Conclusion
générale
Conclusion générale
Théoriquement, un gaz constitue un isolant parfait puisqu’il ne contient que des atomes
ou des molécules neutres. Pour qu’il puisse devenir conducteur, il est donc nécessaire
qu’apparaisse, à l’intérieur, un certain nombre de particules chargées. En pratique, un gaz
contient toujours un certain nombre de particules chargées. Celles-ci proviennent
principalement des cascades d’électrons et d’ions résultant du rayonnement cosmique ou bien
de la désintégration des gaz radioactifs émis par le sol. L’application d’une tension, même très
faible, aux bornes d’électrodes plongées dans le gaz se traduit par l’apparition d’un courant
dans le circuit extérieur consécutif au déplacement des charges à l’intérieur du gaz. Une
augmentation importante de la tension appliquée entraîne une croissance rapide de ce courant,
le gaz passant ainsi d’un état quasi isolant à un état plus ou moins conducteur. Le gaz est alors
le siége d’une décharge électrique.
Le travail numérique développé dans ce mémoire a donné des résultats satisfaisants pour
des tensions supérieures aux tensions seuil d’apparition de la décharge couronne sur la
distribution du champ électrique, de la densité de courant et de la densité de charges d’espace.
Nous avons utilisé une méthode hybride basée sur la technique des éléments finis et la
méthode des charges fictives. Les conditions aux limites considérées dans ces algorithmes
sont de deux types : conditions de Neumann homogènes sur les frontières de symétries et
conditions de Dirichlet sur les autres limites. Dans ces dernières, en plus de la tension
appliquée sur le fil et la mise à la terre de l’électrode passive, nous avons considéré le champ
critique du minimum d’ionisation, dont la valeur est bien connue dans l’air, comme condition
aux limites indirectes sur la convergence de la charge d’espace sur la frontière séparant la
zone d’ionisation de la zone de dérive.
Notre étude numérique est basée sur un modèle séparant le domaine de calcul en deux
zones : la zone d’ionisation où la charge d’espace est considérée nulle et la zone de dérive des
ions positifs produits par les divers mécanismes de développement de la décharge couronne.
La précision dans les calculs peut être améliorée si on arrive à déterminer avec une
grande précision la frontière séparant la zone d’ionisation de la zone de dérive ainsi que la
mobilité moyenne des ions positifs. Les résultats que nous avons obtenus peuvent constituer
un solide support pour les recherches futures.
Ce modèle peut être adapté non seulement dans le transport d’énergie en bipolaire, mais
aussi dans les différents cas très utiles en pratique notamment pour traitement des surfaces, le
fonctionnement des électrofiltres et peinture électrostatique. Le calcul numérique par
ordinateur offre la possibilité de limiter les expériences. Cette étude est consacrée à la
résolution numérique des équations gouvernant la décharge couronne bipolaire. Nous avons
101
Conclusion générale
vu que cette décharge peut être décrite mathématiquement par un ensemble d’équations
dérivant de celles de Maxwell, sont calculés par la résolution de l’équation de poisson, par la
technique des éléments finis, et de l’équation de la continuité du courant à l’aide de la
méthode des caractéristiques.
L’évolution spatio-temporelle du champ électrique au sein de l’espace inter-électrode
montre prépondérant d’interactions entre les particules chargées et neutres du gaz ionisé.
Dans la première zone dite « d’ionisation » localisée prés de l’électrode active la où le champ
électrique présente une amplitude et un gradient élevé favorisant le processus d’ionisation. La
seconde zone, dite zone de « dérive », occupe le reste de l’espace inter-électrode et le champ
électrique y est plus faible.
L’hypothèse de Deutsch n’a pas été retenue. En effet, la comparaison entre les lignes de
champ tracées en absence de la charge d’espace (champ Laplacien) et les lignes de champ
tracées en présence de celle-ci (champ Poissonnien), montre clairement que la charge
d’espace affecte réellement la direction des lignes de champ, ce qui démontre que cette
hypothèse n’est pas vérifiée.
102
Références
bibliographiques
Bibliographie
[2] J. M. Meek, A theory of spark discharge. Physical Review, Vol. 57, pp. 722-728, 1940.
[3] L. Parissi, Etude d’un procédé de traitement d’air chargé en composé organiques volatiles
par décharge moyenne fréquence avec barrière diélectrique : mécanisme mis en œuvre et
recherche d’optimisation”, Thèse doctorat de l’université Paris VI, France, 1999.
[4] A. Vincent, Conception et simulation d’un réacteur fil-cylindre à décharge couronne avec
barrière diélectrique adapté au traitement des oxydes d’azote dans des effluents marqués par
un isotope. Thèse de doctorat de l’université Paris VI, France, 2002.
[6] D. Dubois, Réalisation et caractérisation d’un réacteur plasma de laboratoire pour des
études sur la dépollution des gaz d’échappement. Thèse de doctorat de l’université de
Toulouse III, France, 2005.
[8] C. Gary, «les propriétés diélectriques de l’air dans les liantes et très liantes tensions»,
Eyrolles, 1984.
[9] F.W. Peek, «Dielectric phenomena in H.V Engineering», [Link] Hill, pp.52-80, 1929.
[10] G. Hartmann, Theoretical evaluation of Peek’s law. IEEE Trans. Ind. App., 20 (6),
PP.1647-1651, 1984.
[11] Y. Zebboudj, G. Hartmann, Current and electric field measurements in coaxial system
during the positive DC corona in humid air. Eur. Phys. J. AP 7, 167-176, 1999.
[12] P. Bérard, Contrôle d’écoulement par décharge plasma à pression atmosphérique. Thèse
de doctorat de l’école central de Paris, France, 2008.
[13] Junhong C. (2002) Direct current corona-enhanced chemical reactions. Thèse de doctorat
de l’université Minnesota, Etats-Unis.
103
Bibliographie
[15] M. Goldman, A. Goldman, R.S. Sigmond, The corona discharge, its properties and
specific uses. Pure and Appl. Chem. 57, n°9, pp. 1353-1362, 1985.
[16] M. Goldman, R.S. Sigmond, Corona insulation. IEEE Trans. Elec. Ins., EI. 12/2, pp. 90-
105, 1982.
[19] K.J. Binns and P.J. Lawrenson, Analysis and computation of electric and magnetic field
problems. Pergamon Press ltd, 1973.
[21] G. Dhatt, G. Touzot, Une présentation de la méthode des éléments finis. Maloine S. A.
Editeur, Paris, pp. 199-271,1981.
[24] R. G. Olsen, Integral equations for electrostatics problems with thin dielectric or
conducting layers. IEEE Trans. on electrical insulation, Vol. EI-21, pp. 565-573, 1986.
104
Bibliographie
[25] Gensdarmes F. (2000) Les processus de charge électrique : Des aérosols non radioactifs
en milieu fortement ionisé- des aérosols radioactifs artificiels émetteurs bête, thèse de
doctorat, université Paris 7.
[27] Loeb L. B. (1961) Basic processes of gaseous electronics, University of California Press,
Berkeley and Los Angeles
[28] Morgan K. Z. and Turner J. E. (1967) Principles of Radiation Protection. Wiley ed.,
NewYork.
[29] Burtscher H, Reis A. and Schmidt-Ott A. (1986) Particle charge in combustion aerosols.
J. Aerosol Science. 17-1, 47 – 51.
[30] Billard F., Bricard J., Madelaine G. et Pradel J. (1965) Etude expérimentale de la charge
électrique des aerosols ultra fins par marquage radioactive. Journal de Physique appliquée.
26-5, 169 – 176.
[31] Bricard J., Cabane M., Madelaine G. et Vigla D. (1970) Spectre de mobilité des petits
ions de l’air. J. de recherche atmospheriques, 107 – 113.
[32] Reed L. D., Jordan H. and Gieseke J. A. (1977) Charging of radioactive aerosols. J.
Aerosol Science. 8, 457 – 463.
[33] Bricard J. (1962) La fixation des petits ions atmosphériques sur les aérosols ultra fins.
Geophys. Pura. Appl. 51, 237 – 242.
[34] Fuchs N. A. (1963) On the stationary charge distribution on aerosol particles in a bipolar
ionic atmosphere, Geophys. Pura. Appl. 56, 185 – 193.
[35] Gunn R. (1954) Diffusion charging of atmospheric droplets by ions and the resulting
combination coefficients, Journal of meteorology, 11, 339 – 349.
[36] Keefe D., Nolan P. J. and Rich T. A. (1959) Charge equilibrium in aerosols according to
the Boltzmann law. Proc. Royal Irish Acad. 60, 27- 45.
[37] Lissowski P. (1940) Das laden von aerosolteilchen in einer bipolaren ionenatmosphäre.
Acta physicochimica URSS Vol XIII N°2, 157 – 192.
105
Bibliographie
[38] Pollak L. W. and Metnieks A. L. (1962) On the validity of the Boltzmann’s distribution
law for the charges of aerosol particles in electrical equilibrium. Geofis. Pura. App. 53, 111-
132.
[40] Poluektov P. P., Emets E. P. and Kascheev V. A. (1991) On steady – state distribution of
aerosol particle electric charges. J. Aerosol Science. 22, Suppl. 1, s237– s240.
[41] Nolan P. J. and Kennan E. L. (1949) condensation nuclei from hot platinum: size
coagulation coefficient and charge- distribution. Proceeding of the Royal Irish Academy.
52A, 171 – 190.
[43] Cooper D. W. and Reist P. C. (1973) Neutralizing charged aerosols with radioactive
sources. J. of Colloid and Interface Science. 45- 1, 17- 26.
[45] Sternovsky Z., Sickafoose A., Colwell J., Robertson S. and Horányi M. (2002) Contact
charging of Lunar and Martian dust simulants. J. of Geophysical Research, Vol. 72, N°E11,
5105.
[46] McDonald J. R., Smith W. B. & Spencer H. W. (1978) A mathematical model for
calculating electric conditions in wire-duct electrostatic precipitation devices. J. of Applied
physics, 48, N°6, 2231 – 2243.
[47] Mizuno A., “Electrostatic precipitation”, IEEE Trans. Dielectr. Electr. Insul., Vol. 7,
pp.615-624, 2000
[48] Pauthenier M. and Moreau-Hanot M. (1932) La charge des particules sphériques dans un
champ ionisé. J. de Physique et le Radium, 3, 590- 613.
106
Bibliographie
[50] Smith W. B. & McDonald J. R. (1976) Development of a theory for the charging of
particles by unipolar ions. J. Aerosol Science. 7, 151- 166.
[51] Fjeld R. A. & McFarland (1989) Evaluation of select approximations for calculating
particle charging rates in the continuum regime. Aerosol Science and Technology. 10, 535-
549.
[57] M. Abdel Salam, Z. Al-hamouz, 1993, IEEE, «A universal finite-element analysis of the
bipolar ionized field ».
[59] Kuffel E.(1984) High Voltage enginéering, Pergamon presse, Oxford, pp. 266 – 277.
[60] Pérez J.-P., Carles R., Fleckinger R. (1990) Electromagnitisme. Edition Masson, p.p.
628-639.
107
Bibliographie
108
MEMOIRE DE FIN D'ETUDES EN VUE DE L'OBTENTION DU DIPLÔME
DE MASTER EN GENIE ELECTRIQUE
OPTION: AUTOMATIQUE
Thème :
Simulation numérique du champ électrique dans une décharge couronne par la
méthode des éléments finis
Résumé :
Un certain nombre d’applications électrostatiques, notamment les dépoussiéreurs électrostatiques,
mettent en œuvre le phénomène de décharge couronne dans les gaz à partir d’électrodes ayant une forte
courbure. Ces électrodes injectent des charges dans le gaz et la charge d’espace qui en résulte modifie la
distribution du champ électrique.
Le but de ce travail est de développer un code numérique pour déterminer les distributions du
champ électrique et de la densité de courant. La validation du modèle se réalise par la comparaison à des
travaux réalisés.
L’utilisation de la méthode des éléments finis permet de résoudre l’équation de Poisson et la
méthode des caractéristiques pour résoudre l’équation de la conservation de charges. La redéfinition du
maillage est la partie la plus importante du travail.
Mots Clés: Simulation, densité de courant, champ électrique, potentiel électrique, méthode des
éléments finis.
2011/2012