Gestion des ressources forestières au Mali
Gestion des ressources forestières au Mali
FEVRIER 2025
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MODULE I : NOTION DU DROIT FORESTIER
1. Définition
Le droit forestier est l’ensemble des règles fixées par l’Etat en vue d’assurer la conservation,
l’exploitation et la restauration des richesses forestières. C’est un droit privé à caractère
spécial.
« Au plus profond des bois de la patrie à son cœur, un peuple sans forêt est un peuple qui
meurt » André THEURIET
Les services d’ordre social que rend la forêt à l’homme sont peut-être moins visible en
première vue. Ce sont tous les avantages que l’homme que peut tirer de la forêt pour sa
culture et sa protection.
- La conservation d’un climat (culture) et d’un régime de cours d’eau favorable
(maintien des sources et régularisation du débit des cours d’eau);
- La protection des sols contre les différentes formes d’érosion ;
- L’amélioration des sols (jachères forestières) ;
- La forêt procure du gibier pour la chasse et le tourisme ;
- La forêt servant à l’agréement, au délassement, au tourisme de plus en plus nécessaire
à la vie moderne.
L’ensemble des dispositions que l’homme doit entreprendre en vue de satisfaire ses
besoins tirés de la forêt constituent les bases politiques, et sociales du droit forestier.
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3. Les textes organiques
Avant 1986
1935 : Décret colonial (4 juillet 1935) fixant le régime forestier de l’Afrique
occidentale ;
1965 : loi 68-8 AN-RM (17 Février 1968) portant code forestier ;
1968 : convention d’Alger (convention sur la conservation de la nature et des
ressources naturelles).
Textes forestiers de 1986
loi 86-42 / AN-RM ( 24 mars 1986) portant code forestier ;
loi 86-42 / AN-RM ( 22 mars 1986) rendant obligatoire les foyers améliorés ;
loi 86-42 / AN-RM ( 26 juillet 1986) créant la taxe de défrichement ;
loi 86-42 / AN-RM ( 26 juillet 1986) portant code de feux.
Textes qui ont rendu impopulaire le service à cause des transactions collectives très
élevés
Les vrais coupables ne sont pas identifiés le plus souvent.
Points faibles :
La non prise en compte de l’exploitation minière dans le domaine protégé de
l’Etat avec ses effets corollaires de destruction de l’environnement, de pollution
des eaux de surfaces et les nappes souterraines ;
Les redevances par rapport aux produits forestiers non ligneux destinés au commerce a
été occultées
Par exigence de connaitre d’abord les richesses forestières dont on est chargé de la
préservation et de la gestion ; ensuite de déterminer les procédés de conservation de ces
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richesses et les méthodes d’exploitation les plus appropriées aux circonstances physiques et
économiques
De par les sanctions prévues à l’encontre de ceux qui violent les règles édictées.
Donc, le droit forestier est un droit pénal puisqu’il comporte l’application des peines et il est
spécial parce qu’il porte sur des questions qui ne sont pas traité dans le droit commun.
En tant que droit pénal, le droit forestier est d’application stricte, on doit s’en tenir
vigoureusement aux textes énoncés par les textes.
En tant que droit spécial, il comporte des règles dérogeant plus ou moins à celles du droit
commun (complice punis de la même peine que les auteurs principaux, cumul de peine,
origine du délai de prescription).
S’il produit des conflits de règle, c’est la règle spéciale qui l’emporte. Dans les affaires
contentieuses le droit forestier est le droit principal, le droit commun est le droit subsidiaire.
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De la constitution du domaine forestier national (cf. article 3).
- le domaine forestier protégé des Collectivités Territoriales constitué par les formations
végétales naturelles, les périmètres de protection, les périmètres de restauration, les
périmètres de reboisement, les ceintures vertes, les plantations forestières ainsi que les
espaces boisés protégés dans un but socioculturel, religieux ou esthétique d’intérêt
régional, d’intérêt de cercle et d’intérêt communal immatriculés au nom des
Collectivités Territoriales.
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Le patrimoine forestier des particuliers (cf. article 7).
Le patrimoine forestier des particuliers comprend : les forêts naturelles et les plantations
forestières qu’elles détiennent en vertu d’un titre régulier de jouissance sur le sol
conformément aux dispositions du Code Domanial et Foncier.
« Dans le domaine forestier de l’Etat et des Collectivités Territoriales des forêts peuvent être
classées, en vue d’assurer la constitution et le maintien d’un taux de classement d’au moins
15% du territoire nécessaire à la stabilisation ou l’amélioration du régime hydrique et du
climat ou pour la satisfaction des besoins du pays en bois ou tout autre produit forestier » (cf.
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article 16).
« L’Etat et les Collectivités Territoriales prennent toutes les mesures nécessaires pour mettre
en défens les terrains dénudés ou insuffisamment boisés sur lesquels s’exerce ou risque de
s’exercer une érosion grave et dont le reboisement ou la restauration est reconnue nécessaire.
Ces terrains sont temporairement classés en vue d’en assurer la protection, la reconstitution ou
le reboisement.
L’arrêté de mise en défens est pris par l’autorité administrative compétente sur proposition du
service chargé des ressources forestières. Il détermine la nature, la situation et les limites du
terrain à interdire. Il fixe en outre la durée de la mise en défens ».
Les périmètres de reboisement : terrains plantés ou forêts naturelles enrichies par des
travaux sylvicoles en essences forestières exotiques ou autochtones ;
« Les procédures de classement et de déclassement des forêts, des jardins botaniques, des
périmètres de protection, des périmètres de restauration, des périmètres de reboisement ainsi
que la procédure de création des espaces verts dans les domaines de l’Etat et des
Collectivités Territoriales sont fixées par décret pris en Conseil des ministres » (cf. article
30).
« Dans le domaine de l’Etat les forêts et les jardins botaniques sont classés par décret pris en
conseil des ministres. Dans le domaine des Collectivités Territoriales, les forêts et les jardins
botaniques sont classés par arrêté du président de l’organe délibérant de la Collectivité
Territoriale après approbation de l’autorité de tutelle » (cf. article 28).
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Exemples de raisons de la protection de certaines essences forestières:
- l’importance de leurs productions annuelles : fruits, graines, fleurs, feuilles, produits
d’exsudation. Il convient alors d’assurer la pérennité de la récolte des produits (palmier à
huile, karité, néré, gommier) en protégeant l’espèce ;
- la qualité de leur bois : bois d’œuvre et d’ébénisteries dont l’exploitation constitue une
véritable consommation nationale. Il importe donc d’éviter le gaspillage de ces bois et de
ménager pour les générations futures une part de cette richesse nationale exploitée par les
générations présentes (Lengue, Jala, Gwenou , Sebe, Bumu) ;
« Un décret pris en conseil des Ministres fixe la liste des essences forestières protégées et de
valeur économique sur toute l’étendue du territoire national ». (Décret n°10-387/P-RM du 26
juillet 2010 fixant la liste des essences forestières protégées et des essences forestières de
valeur économique sur toute l’étendue du territoire national).
« Par arrêté, les Gouverneurs de région ou du District de Bamako ainsi que les autorités
compétentes des Collectivités Territoriales peuvent prendre des dispositions pour la
protection intégrale ou partielle ou ajouter à la liste des essences de valeur économique, toutes
les espèces végétales qu’elles jugent utile de protéger dans leur ressort territorial, après avis
du Conseil de la Forêt et des Produits Forestiers ».
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L’interdiction de la production de bois énergie provenant d'essences forestières
protégées (cf. article 24).
Toutefois, des dérogations peuvent être faites dans les zones où l’essence constitue une des
principales ressources en bois pour les populations riveraines dans des conditions et modalités
fixées par arrêté de l’autorité compétente ».
Les principes généraux de l’exercice des droits d’usage (cf. article 37).
« Dans les domaines forestiers de l’Etat et des Collectivités Territoriales, les droits d’usage
portent sur :
- le sol forestier (droit de culture) ;
- les fruits et les produits de la forêt naturelle (droit de récolte) ;
- la circulation dans le périmètre classé ( droit de circuler dans une forêt classée);
- le pâturage et le parcours des animaux domestiques (droit de pacage du bétail).
Ces droits peuvent s’exercer sur certains produits dans des parcelles mises en exploitation,
sans que les exploitants puissent prétendre à des compensations.
Toutefois, la nature et la quantité de ces produits doivent être au préalable, précisées dans le
contrat et le cahier de charges de l’exploitation ».
- La circulation des produits issus de l’exercice des droits d’usage (cf. article 40).
« Les produits exploités dans le cadre de l’exercice des droits d’usage ne peuvent circuler hors
du lieu de résidence du bénéficiaire sans certificat d’origine ».
o L’exclusivité des communautés riveraines dans l’exercice des droits d’usage (cf.
article 42).
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« Dans le domaine forestier classé, les droits d’usage sont réservés exclusivement aux
communautés riveraines de la forêt conformément aux dispositions de l’acte de classement et
portent sur :
- le pacage du bétail domestique des villages riverains ;
- la coupe et le ramassage du bois mort ;
- le fauchage de la paille ;
- les fruits et les produits de la forêt naturelle à savoir : la cueillette de fruits mûrs, de fleurs,
de gommes, de résines, de plantes ou de parties de plantes alimentaires et médicinales sous
réserve que les récolteurs ne détruisent pas les végétaux producteurs.
L’exercice de la chasse et de la pêche ne peut être considéré comme droit d’usage dans les
forêts classées, sauf dans les cas prévus par leur plan de gestion ».
o Les règles du droit de pacage du bétail dans une forêt classée (cf. article 45).
« Le droit de parcours des animaux s’exerce sans intervention de l’homme et se fait sans
installation même provisoire du berger ou de sa famille dans le périmètre classé.
L’exploitation des pâturages sera exclusivement exercée par les troupeaux eux-mêmes. La
détention d’arme à feu et/ou de tout outil ou de moyen de coupe des végétaux sont interdites
dans le périmètre classé ».
o Les limites du droit de pacage du bétail dans une forêt classée (cf. article 46).
« Dans le domaine forestier classé, le pâturage et la circulation du bétail, en dehors des routes,
et pistes traversant ou longeant la forêt sont interdits dans les cas suivants :
- les forêts aménagées portant des plantations et/ou des régénérations de moins de cinq (05)
ans ;
- les périmètres de reboisement et de restauration ».
Les règles du droit de circulation à pied ou en véhicule dans une forêt classée (cf.
article 47).
« La circulation à pied ou en véhicule dans un périmètre classé est interdite en dehors des
zones ouvertes pour l’exercice des droits d'usage, des routes reconnues d'utilité économique et
sociale et dans les limites de 10 mètres de chaque côté de la route ».
Le droit de cueillette (cf. article 49) : Il concerne la récolte des produits de la forêt
naturelle :
- la récolte des fruits notamment des plantes alimentaires et médicinales et autres
produits de la forêt naturelle sous réserve que les récolteurs ne détruisent pas les végétaux
producteurs;
- L’exploitation des pâturages par les animaux domestiques sans endommager les
végétaux ;
- la coupe et le ramassage du bois mort;
- la coupe de bois verts nécessaires à la construction des habitations (bois de service) en
milieu rural soumise à l'autorisation préalable du service chargé des forêts dont relève la
zone de coupe ;
Le droit de saignée : un aspect particulier de cet usage est représenté par la récolte des
produits d'exsudation (le plus souvent provoquée), récolte ayant un caractère plus ou
moins traditionnel (vin de palme) ou mercantile (gomme) ;
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Le droit de culture (défrichements agricoles) :
« Dans le domaine forestier de l’Etat ou des Collectivités Territoriales les droits sur le sol
forestier s’exercent conformément aux dispositions du Code Domanial et Foncier, de la
présente loi » (cf. article 50).
La procédure de défrichement:
« Tout défrichement dans le domaine forestier protégé est subordonné à l’obtention préalable
d’une autorisation écrite délivrée par l’autorité compétente dont relève la zone, conformément
aux dispositions des textes en vigueur.
Dans le domaine forestier de l’Etat, la procédure de défrichement est fixée par décret pris en
conseil de ministre et dans celui des collectivités territoriales, elle est fixée par un arrêté du
président de l’organe délibérant après approbation de l’autorité de tutelle.
En outre, le défrichement peut faire l’objet d’une Etude d’Impact Environnemental et Social
conformément aux dispositions des textes en vigueur » (cf. article 51).
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Code Domanial et Foncier et de la législation forestière en vigueur.
Les particuliers propriétaires de terrains boisés ou de forêts y exercent tous les droits résultant
de leur titre de propriété, pourvu que leurs pratiques ne présentent pas de menace pour la
conservation des eaux et des sols et la protection de l’environnement.
« Les particuliers désirant exploiter à des fins commerciales ou industrielles des produits de
leurs forêts naturelles ou artificielles en feront la demande au service chargé des forêts dont
relève la zone concernée. La délivrance du titre d’exploitation sera faite après constat d’un
agent du service compétent. Ils sont tenus de se munir d’un titre de transport pour les produits
issus d’arbres ébranchés, abattus, ou exploités dans leur propriété. Toutefois la gratuité n’est
accordée que dans les cas de forêt immatriculée au nom du demandeur ».
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« L’aménagement et la gestion des aires de conservation des ressources forestières peut être
confiée à un service rattaché de l’administration forestière ou un organisme de droit privé
dans le cadre d’un contrat conclu avec les autorités compétentes de l’Etat ou des Collectivités
Territoriales ».
4.2. Des titres délivrés dans le cadre de l’exploitation commerciale des produits
forestiers.
La carte d’exploitant forestier
« L’exercice de la profession d’exploitant forestier à titre temporaire ou permanent est
subordonné à l’acquisition préalable d’une carte d’exploitant forestier » (cf. article 69).
Les types et la durée de validité de la carte d’exploitant forestier
« Les cartes d’exploitant forestier comprennent :
- la carte d’exploitant de bois -énergie ;
- la carte d’exploitant de bois de service ;
- la carte d’exploitant de bois d’œuvre ;
- la carte d’exploitant de produits forestiers non ligneux.
« Les produits forestiers destinés à être stockés en un lieu différent du lieu d’exploitation
doivent faire l’objet d’un permis de dépôt.
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transport aux versos desquels mention est faite des quantités mises en dépôt.
Lorsqu’une partie ou la totalité des produits stockés, doit être acheminée à un autre lieu, les
quantités déplacées doivent être accompagnées d’un nouveau titre de transport. Mention des
quantités remises en circulation est faite au verso du permis de dépôt qui est retiré lorsque les
quantités prélevées correspondent à celles dont le dépôt avait été autorisé » (cf. article 78).
« Sont intégralement protégées sur toute l'étendue du territoire national, les essences
forestières énumérées ci-après » (cf. article 2) :
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Butyrospermum paradoxum Si Karité
Parkia biglobosa Nèrè Néré
Adansonia digitata Zira, sira Baobab
Tamarindus indica Ntomi, domi tamarinier
Cordyla pinnata Dugura Poire du cayor
Acacia senegal Donkori, patugu Gommier blanc
Acacia albida Balanzan Balazan
Elaeis guineensis N’ten Palmier à huile
Comnifora africana Barakanté
Spondias monbin Minkon
Fagara xantalinioîdes Wô
« Sur toute l'étendue du territoire national, les espèces ci-après énumérées sont classées
essences forestières de valeur économique » (cf. article 4) :
2.1. De la délivrance et des conditions d’exercice des droits conférés par les titres
délivrés dans le cadre de l’exploitation des produits forestiers
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« La carte d’exploitant forestier est délivrée aux personnes physiques sur demande écrite et
timbrée, par le Chef de Poste des Eaux et Forêts du lieu d’exercice de la profession,
conformément aux dispositions des textes en vigueur.
Elle est délivrée aux personnes morales par le chef de Cantonnement des Eaux et Forêts dont
relève la zone d’exercice de la profession, sur demande écrite et timbrée, portant la raison
sociale, l’adresse au Mali, le motif et la catégorie de la carte demandée ».
Personne physique :
- être âgée de 18 ans au moins ;
- être immatriculé au registre du commerce et du crédit mobilier;
- être enregistré auprès du service chargé des forêts du lieu où elle désire exercer
principalement la profession d’exploitant ;
- avoir la qualité de résident au Mali pour les personnes de nationalité étrangère.
Personne morale :
- pour une société commerciale, une coopérative ou un Groupement d’Intérêt Economique,
être immatriculé au registre du commerce et du crédit mobilier ;
- pour une entreprise Agricole être enregistrée auprès de la Chambre d’Agriculture du Mali;
- la personne mandatée par la société pour l’organisation de l’exploitation doit être âgée de
18 ans au moins et avoir la qualité de résident au Mali pour les personnes de nationalité
étrangère ».
Des droits conférés au titulaire de la carte d’exploitant forestier (cf. article 3).
« La carte d’exploitant confère au titulaire le droit d’exercer la profession d’exploitant
forestier sur toute l’étendue de la région administrative de délivrance, dans le respect des
dispositions des textes en vigueur.
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collectivités territoriales (soit directement par le service chargé des forêts; soit dans le
cadre de contrats de concessions forestière; suspension et du retrait des contrats
d’exploitation forestier, la résiliation du contrat de gestion forestière, reprise ou de la
réduction de la concession forestière pour cause d’utilité publique, arrêt de l’exploitation
forestière).
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Lorsque la superficie est comprise entre vingt-cinq (25) et cinq cent (500) hectares, le
propriétaire ou le gestionnaire peut s'en tenir à un plan simple de gestion ».
« La transformation du bois et des produits forestiers non ligneux exploités en forêt ou dans
les plantations forestières est faite exclusivement par les unités industrielles ou artisanales
autorisées
Du quota d'exploitation du bois.
De la fixation du quota annuel d'exploitation du bois (cf. article 29).
« La fixation du quota annuel d'exploitation du bois est faite par une commission ad' hoc créée
au niveau de chaque Cercle et présidée par le Préfet du Cercle et composée comme suit:
un représentant de bénéficiaire(s) de contrat par forêt concernée ;
un représentant de la Collectivité Territoriale dont relève la zone d'exploitation ;
un représentant du service chargé des forêts ».
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« L'aménagement forestier doit prévoir la mise en place, notamment au niveau des villages
riverains, des structures ou organisations pouvant participer aux opérations de surveillance et
de protection des forêts et des massifs forestiers, de prévention et de lutte contre les feux de
brousse. Ces structures et organisations doivent être régulièrement déclarées ou agréées par
l'autorité compétente conformément aux dispositions des textes en vigueur ».
« L'implantation d'unités industrielles ou artisanales est interdite dans les forêts ou les massifs
forestiers exploités et en dehors des centres urbains et semi-urbains ».
Toutefois les produits forestiers ainsi achetés doivent provenir exclusivement des forêts
aménagées ou de plantations forestières autorisées et être accompagnés de titres de circulation
en cours de validité conformémen1 aux dispositions des textes en vigueur ».
De la gestion de l'exploitation forestière par le service chargé des forêts (cf. article
43).
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« Dans le domaine forestier aménagé, la gestion de l'exploitation commerciale des produits
forestiers peut être faite par le service chargé des forêts par vente de coupe, par contrat
d'exploitation forestière ou par la délivrance de permis de coupe de produits forestiers
ligneux, de permis de récolte ou de collecte de produits forestiers non ligneux.
Dans ce cas, le service chargé des forêts assure l'élaboration et la mise en œuvre du plan
d'aménagement forestier ».
De la concession du droit d'exploitation des produits forestiers (cf. article44).
« La concession forestière peut être constituée d'une ou plusieurs forêts, massifs ou unités
d'aménagement. Toutefois la superficie totale des forêts ou massifs forestiers pouvant être
accordée à un même concessionnaire pour l'exploitation du bois d'œuvre est fonction du
potentiel biologique des zones concernées ainsi que de la capacité des unités industrielles
existantes ou à mettre en place par le concessionnaire. Elle ne peut, en aucun cas excéder
deux cent mille (200 000) hectares ».
« Les concessions forestières sont attribuées par un avis d'appel d'offres public qui précise
leurs localisations, leurs limites, leurs superficies, le potentiel exploitable et les actions
sociales envisagées au profit des communautés riveraines.
L'avis d'appel d'offres est rendu public par voie de presse, d'affichage ou par toute autre voie
autorisée, au niveau du Cercle, dans les Communes riveraines et les services de
l'Administration chargée des forêts ».
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sous-traitance entre le bénéficiaire du contrat de gestion forestière et des personnes physiques
ou morales de droit privé agréées à cet effet ».
« Les bénéficiaires de contrat de gestion forestière sont soumis aux charges financières
suivantes :
- la carte annuelle d'exploitant forestier ;
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- la redevance forestière annuelle assise sur la superficie de la concession ;
- la redevance d'abattage du bois, de récolte ou de collecte de produits forestiers non ligneux ;
- la contribution à la réalisation des œuvres sociales au profit des populations riveraines ».
« Les taux des redevances forestières perçues dans le cadre de la concession du domaine
forestier de l'Etat sont fixés par décret pris en Conseil des Ministres ».
« Dans le domaine forestier de l'Etat les contrats de gestion du domaine forestier classé sont
signés par le Directeur national du service chargé des forêts et par les représentants habilités
des parties contractantes.
En ce qui concerne le domaine forestier protégé de l'Etat les contrats de gestion du domaine
forestier protégé sont signés par le Directeur régional du service chargé des forêts et par les
représentants habilités des Parties contractantes ».
« Dans le domaine forestier des Collectivités Territoriales les contrats de gestion forestière
sont établis sur proposition du service chargé des forêts dans le respect des dispositions des
textes régissant la décentralisation ».
« Dans le domaine forestier classé de l'Etat, l'arrêt de l'exploitation forestière est prononcé par
arrêté du ministre chargé des forêts sur proposition du Directeur national du service chargé
des forêts.
Dans le domaine forestier protégé de l'Etat, l'arrêt de l'exploitation forestière est prononcé par
décision du Gouverneur de Région, sur proposition du Directeur régional des Eaux et Forêts »
(cf. article 84).
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« Les Collectivités Territoriales sont habilitées à soustraire de l'exploitation forestière tout ou
partie de leur domaine forestier.
4.1. DU CLASSEMENT
Toute personne physique ou morale ayant des droits autres que ceux d'usage
ordinaire pourra faire opposition, dans le délai d'un mois à partir du jour où le projet de
classement a été publié par l’autorité compétente. Les réclamations seront inscrites sur un
registre tenu au chef-lieu de cercle (art 4).
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Une commission de classement est mise en place par le Délégué du
Gouvemement au niveau du cercle,
Dans les trente jours qui suivent le dépôt du projet de classement au chef-lieu
de cercle, le Délégué du Gouvemement réunit sous sa présidence la commission de
classement.
- examine le bien - fondé des réclamations éventuelles qui ont été formulées
sur la zone ;
- fixe les limites de la zone à classer ;
- constate l'existence des droits grevant la zone ;
- fixe les limites des zones de compensation éventuelle pour l’exercice des
droits d'usage courant à l’extérieure de l’aire à classer.
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Les forêts sont classées par décret pris en Conseil des Ministres.
4.2. DU DECLASSEIMENT
Le déclassement des forêts ainsi classées ne peut intervenir que par un processus semblable.
Une commission dite de déclassement remplace la commission dite de classement.
A l'initiative du Délégué du Gouvemement ou à la demande de la collectivité
territoriale concernée, il peut être procédé au déclassement des aires du domaine forestier de
l’état citées à l'article 1 du présent décret dans les circonstances suivantes :
- erreurs techniques commises pendant la procédure de classement ;
- recasement des populations déplacées par suites de grands travaux ;
- changement de statut de I’ aire classée ;
- besoins de la défense nationale ;
- raisons de salubrité publique.
Le déclassement des forêts, les périmètres de protection et des périmètres de reboisement
dans le domaine forestier de l’état s’effectue suivant la procédure décrite au présent
article.
Le chef du service chargé de la Conservation de la Nature informe par écrit L’autorité
administrative compétente de l'opportunité de classer un périmètre comme forêt, périmètre
de protection ou périmètre de reboisement.
Cette formalité est suivie d'u constat, par les représentants des populations
concernées et ceux du Service de la Conservation de la Nature, des circonstances
invoquées.
Un projet de déclassement est remis au Délégué du Gouvemement au niveau du cercle
qui le porte à la connaissance des populations concernées par tous les moyens de
publication conformes aux règlements et usages locaux,
L'accomplissement de cette formalité est constaté par un procès-verbal.
Le projet de déclassement et le procès-verbal de constat sont transmis au Haut-
Commissaire.
Toute personne physique ou morale pourra faire opposition, dans le délai
d'un mois à partir du jour où le projet de déclassement a été publié par l'autorité
compétente.
Les oppositions seront inscrites sur un registre tenu au chef-lieu de cercle.
Dans les trente jours qui suivent le dépôt du projet de déclassement, le Haut-
Commissaire convoque sous sa présidence une commission de déclassement.
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La commission de déclassement :
- examine le bien-fondé des oppositions ;
- statue sur I ‘opportunité du déclassement ;
- propose éventuellement les limites du classement compensatoire.
La commission de déclassement est composée comme suit :
Président : le Haut-Commissaire ou son représentant ;
Membres
- le Directeur Régional de la Conservation de la Nature ;
- le Directeur Régional des Impôts ;
- le Directeur Régional de la Réglementation et du Contrôle du Secteur du
Développement Rural ;
- le Directeur Régional de I ‘Appui au Monde Rural ;
- le Directeur Régional de I’ Aménagement et de l'Equipement Rural ;
- le (e) député (s) de la circonscription concernée ;
- un représentant de I’Assemblée Régionale ;
- le Président de la Chambre Régionale d'Agriculture.
Le procès-verbal issu des travaux de la commission de déclassement est
transmis par le Haut-Commissaire au Directeur National de la Conservation de la Nature
qui, au vu des recommandations de ladite commission, transmet le dossier au ministre
chargé des Ressources forestières.
Les forêts sont déclassées par décret pris en Conseil des Ministres.
Tout défrichement dans le domaine forestier de l’Etat est soumis à une autorisation écrite
du Représentant de l’Etat, après avis conforme de la Commission de Défrichement(art.2).
Le Requérant formule une demande écrite adressée au Représentant de l’Etat
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territorialement compétent, dans laquelle il porte la localisation de la parcelle, la superficie et
les activités à y entreprendre.
La Commission de Défrichement examine le bien fondé du défrichement et donne une
suite au requérant dans les trente jours qui suivent le dépôt de la demande.
La Commission de Défrichement est composée comme suit :
Président :
- le représentant de l’Etat au niveau de la commune ;
Membres :
- le Chef d’antenne de la Conservation de la Nature ;
- le Chef de poste de la Réglementation et du Contrôle du Secteur du Développement
Rural ;
- le Chef d’antenne de l’Appui Conseil de l’Aménagement et de l’Equipement Rural ;
- le représentant de la Chambre Régionale d’Agriculture.
L’autorisation de défrichement est portée sur un registre spécial par l’administration
forestière et comportant les mentions ci-après :
- l’identité et l’adresse complète du requérant ;
- le nom du village le plus proche du lieu de défrichement ;
- la superficie de la parcelle à défricher ;
- la localisation de la parcelle à défricher ;
- le but du défrichement.
L’autorité qui délivre l’autorisation de défrichement est tenue d’expliquer au requérant les
règles afférentes au mode de défrichement requis à savoir(Art 7) :
- le respect des essences protégées conformément aux textes en vigueur. Toutefois, le
maintien d’un minimum de dix (10) pieds d’essences protégées par hectare est obligatoire ;
- la coupe de toutes les autres essences rez-terre ;
- l’interdiction formelle de détruire les arbres, les arbustes ou leurs souches en mettant le
feu à leur pied.
Toutefois, pour le défrichement en vue de la culture attelée ou mécanisée et de l’exécution
des grands travaux, des dérogations peuvent être apportées aux dispositions de l’article 7 ci-
dessus et seront mentionnées sur l’autorisation de défrichement.
Tout défrichement dans le domaine forestier de l’Etat est soumis au paiement de la
redevance de défrichement.
Les taux de redevance perçus à l’occasion de la délivrance des autorisations de
défrichement dans le domaine forestier de l’Etat sont fixés par décret pris en Conseil des
Ministres.
Les produits issus des défrichements en vue d’installer des productions agricoles ou
industrielles sont exonérés de toutes taxes d’exploitation (art 11).
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DECRET N°2018-0662/P-RM DU 08 AOUT 2018
PORTANT REGLEMENTATION DE L’EXPLOITATION
DES PRODUITS FORESTIERS DANS LE DOMAINE
FORESTIER NATIONAL
Le présent décret règlemente l’exploitation des produits forestiers dans le domaine forestier
national. Il fixe les principes généraux de l’aménagement et de l’exploitation forestière
(principes de l’aménagement forestier: règles de l’aménagement forestier, plans
d’aménagement forestier, et principes de l’exploitation forestière: règles de l’exploitation
forestière, zones interdites à l’exploitation du bois, fixation et de l’attribution du quota
d’exploitation du bois, procédure d’exploitation des p
Le présent décret réglemente l'exploitation des produits forestiers dans le domaine forestier
national. Il fixe les principes généraux de l'aménagement et de l'exploitation forestière
(principes de l'aménagement forestier: règles de l'aménagement forestier, plans
d'aménagement forestier, et principes de l'exploitation forestière: règles de l'exploitation
forestière, zones interdites à l'exploitation du bois, fixation et de l'attribution du quota
d'exploitation du bois, procédure d'exploitation des produits forestiers); la promotion, de la
valorisation et de la commercialisation des produits forestiers; et l'organisation de
l'exploitation forestière dans les domaines forestiers de l'Etat ou des collectivités territoriales
(soit directement par le service chargé des forêts; soit dans le cadre de contrats de concessions
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forestières; suspension et du retrait des contrats d'exploitation forestière, la résiliation du
contrat de gestion forestière, reprise ou de la réduction de la concession forestière pour cause
d'utilité publique, arrêt de l'exploitation forestière).
Au sens du présent décret et des textes pris pour son application on entend par :
- concession forestière : territoire sur lequel s’exerce un contrat de gestion du
domaine forestier ;
- essences exotiques : espèces végétales vivantes introduites ou à introduire
dans un écosystème naturel différent de leur milieu écologique d’origine ;
exploitation forestière : coupe, récolte ou collecte de produits forestiers dans
un but lucratif et relatif à l’achat, à la vente, à l’importation et à l’exportation de
ces produits ;
- exploitant forestier : personne physique ou morale, agréée par
l’Administration forestière pour couper, récolter ou collecter des produits
forestiers dans un but lucratif ;
- forêt de protection : périmètre destiné à la protection d’écosystème fragiles ;
- forêt de production : périmètre destiné à la production soutenue et durable de
bois d’œuvre, de bois de service ou de tout autre produit forestier ;
- forêt sous aménagement : périmètre dont l’exploitation et l’utilisation des
ressources forestières se fait conformément à des objectifs précis, sur la base
d’un plan d’aménagement et de gestion ou d’un plan simple de gestion approuvé
par l’autorité compétente conformément aux dispositions des textes en vigueur ;
- galerie forestière ou forêt galerie : formation forestière qui borde les plans et
cours d’eau permanent et semi – permanent ;
- gestion durable des forêts : gestion et utilisation des ressources forestières de
manière et à une intensité telle qu’elles maintiennent leur diversité biologique,
leur productivité, leur capacité de régénération, leur vitalité et leur capacité à
satisfaire, actuellement et pour le futur, les fonctions écologiques, économiques
et sociales pertinentes aux niveaux local, national et mondial, et qu’elles ne
29
causent pas de préjudices à d’autres écosystèmes ;
- plan d’aménagement et de gestion : document contenant la description, la
programmation et le contrôle de l’aménagement et de la gestion d’une forêt ou
d’un massif forestier de façon cohérente dans le temps et dans l’espace ;
- plan simple de gestion : document contenant de façon sommaire, la définition
des objectifs, le programme des coupes à exploiter et des travaux d’amélioration
sylvicole, la localisation, le plan de la forêt ou du massif forestier et le
parcellaire ;
- produits forestiers : produits provenant des formations végétales, d’arbres et
d’arbustes ou autres végétaux tels que le bois, les exsudats, le miel, les feuilles,
les herbes, les fruits, les écorces, les racines ;
- unité d’aménagement : subdivision d’une forêt ou d’un massif forestier sous
aménagement ;
- inventaire forestier : évaluation des ressources forestières en vue d’en
planifier la gestion ;
- inventaire d’aménagement : évaluation quantitative et qualitative de la
richesse des peuplements forestiers qui composent une forêt ou un massif donné,
en vue d’élaborer un plan d’aménagement ;
- inventaire d’exploitation : évaluation sur une aire géographique déterminée,
en énumérant de manière exhaustive toutes les essences forestières de valeurs
commerciales en vue de leur récolte conformément aux normes fixées par les
textes en vigueur ;
- rives des plans d’eau et cours d’eau : bandes de terre bordant les lits des
fleuves, des rivières, des lacs, des mares, des marigots, des étangs et des îles et
îlots sur une largeur de 25 mètres ;
- commerce de produits forestiers : toute activité faite dans un but lucratif et
relative à l’achat, la vente, la mise en vente, l’importation et l’exportation des
produits forestiers ;
30
- industrie forestière : transformation de tous produits forestiers en produits
semi-finis ou finis.
CHAPITRE I : DES PRINCIPES DE L’AMENAGEMENT
FORESTIER
SECTION 1 : Des règles de l’aménagement forestier
Article 3 : Le domaine forestier de l’Etat ou des
Collectivités territoriales doit faire l’objet de prospections
et d’inventaires en vue d’une meilleure connaissance des
ressources forestières disponibles pour son aménagement.
Article 4 : L’aménagement forestier comporte un ensemble
de techniques, de conduite et de traitement des forêts et
des massifs forestiers, aux fins de les pérenniser et d’en
tirer le maximum de profit.
Il doit tenir compte des conditions écologiques et des
conditions socioéconomiques et comprendre des actions
de régénération, d’amélioration sylvicole, de délimitation,
d’inventaire, de protection, de reboisement, de traitement
sanitaire et d’exploitation.
Article 5 : L’aménagement forestier doit prévoir la mise
en place, notamment au niveau des villages riverains, des
structures ou organisations pouvant participer aux
opérations de surveillance et de protection des forêts et
des massifs forestiers, de prévention et de lutte contre les
feux de brousse. Ces structures et organisations doivent
être régulièrement déclarées ou agréées par l’autorité
compétente conformément aux dispositions des textes en
vigueur.
Article 6 : Le service chargé des forêts de l’Etat ou des
Collectivités territoriales, ainsi que les bénéficiaires de
31
contrats de gestion forestière et les particuliers possédant
des forêts ou plantations forestières privées doivent établir
des pare-feu, notamment sous la forme de bande
débroussaillées ou plantées d’espèces résistant au feu.
Article 7 : Tous les travaux, activités ou opérations réalisés
dans une forêt ou un massif forestier doté d’un plan
d’aménagement doivent être menés conformément aux
prescriptions dudit plan.
Article 8 : Tous les travaux d’aménagement susceptibles
de porter atteinte à l’intégrité physique ou à l’équilibre
écologique de la forêt doivent préalablement à leur
réalisation, être précédés d’une ‘’Étude d’Impact
Environnemental et Social’, conformément aux dispositions
des textes en vigueur.
SECTION 2 : Des plans d’aménagement forestier
PARAGRAPHE 1 : Des types de plan d’aménagement
forestier
Article 9 : Le plan d’aménagement et de gestion est requis
pour l’exploitation de toute forêt ou massif forestier dont
la superficie est supérieure à cinq cents (500) hectares.
Lorsque la superficie est comprise entre vingt-cinq (25) et
cinq cent (500) hectares, le propriétaire ou le gestionnaire
peut s’en tenir à un plan simple de gestion.
Article 10 : Le plan d’aménagement et de gestion consiste
en une programmation de l’aménagement dans le temps et
dans l’espace pour la réalisation de profits aux plans
économique, social, culturel et environnemental.
Article 11 : Le plan d’aménagement comporte notamment :
- la création d’infrastructures de protection telles que
32
routes, pare-feu, pistes forestières de surveillance, maisons
et bâtiments d’exploitation ;
- le tracé du parcellaire ;
- la localisation des zones de protection naturelle et les
mesures tendant à la protection de la faune, de la flore, à la
conservation des eaux et des sols ;
- le programme sylvicole détaillant pour des périodes
déterminées les traitements sylvicoles prévus, en particulier
les possibilités annuelles de coupe de chaque parcelle.
Article 12 : Le plan d’aménagement fixe :
- la vocation principale des peuplements, ainsi que les
objectifs principaux et secondaires ;
- les volumes maxima de bois sur pied qui peuvent être
coupés chaque année en fonction de la capacité de
régénération des peuplements.
Article 13 : Le plan de gestion constitue la partie du plan
d’aménagement qui contient les décisions sur le découpage
de la forêt et le calendrier des coupes. Il contient les
principales prescriptions de l’aménagement concernant le
programme des exploitations, ainsi que le programme des
travaux pendant la durée d’application de l’aménagement.
Article 14 : Le plan simple de gestion est un document
qui comprend les trois parties suivantes :
- la définition des objectifs ;
- le programme des coupes à exploiter : nature, assiette,
périodicité et quotité en volume ou en surface, ainsi que
les travaux de régénération ;
- le programme des travaux d’amélioration sylvicole :
nature, assiette, importance, estimation et période de
33
réalisation.
Il comprend également, en annexe, un plan de localisation,
un plan de la forêt et le parcellaire.
JOURNAL OFFICIEL DE LA 1470 REPUBLIQUE DU MALI
Article 15 : Dans le domaine forestier de l’Etat le plan
simple de gestion est approuvé par décision du Préfet du
Cercle sur proposition du chef de service de Cercle chargé
des forêts dont relève le massif.
Dans le domaine forestier des Collectivités territoriales le
plan simple de gestion est adopté par l’organe délibérant
sur proposition du service chargé des forêts dans le respect
des dispositions des textes régissant la décentralisation.
PARAGRAPHE 2 : Des unités d’aménagement
Article 16 : L’aménagement des forêts ou des massifs
forestiers s’effectue sur la base d’unités d’aménagement
qui sont déterminées dans le plan d’aménagement forestier.
Pour chaque unité d’aménagement, il peut être établi un
plan d’aménagement forestier. Plusieurs unités
d’aménagement peuvent faire l’objet d’un même plan
d’aménagement forestier.
Le plan d’aménagement fixe la possibilité annuelle de
coupe de chaque unité. En aucun cas, le prélèvement des
produits forestiers ne doit dépasser 50% de la possibilité
annuelle de coupe.
Article 17 : La matérialisation des limites de chaque unité
est faite par des pare-feu, des balises, des bornes ou par
tout autre moyen approprié.
PARAGRAPHE 3 : Des modèles de plans d’aménagement
forestiers
34
Article 18 : Les modèles de plan d’aménagement sont fixés
par arrêté du ministre chargé des forêts.
PARAGRAPHE 4 : De l’élaboration et de la mise en
oeuvre du plan d’aménagement forestier
Article 19 : Le plan d’aménagement d’une forêt est élaboré
par le service chargé des forêts de l’Etat ou des Collectivités
territoriales ou éventuellement par le gestionnaire, lorsque
la forêt fait l’objet d’un contrat de gestion forestière.
Article 20 : La mise en oeuvre des plans d’aménagement
des forêts et des massifs forestiers du domaine forestier
protégé de l’Etat ou des Collectivités territoriales peut être
confiée à un service rattaché de l’administration forestière
ou un organisme de droit privé dans le cadre d’un contrat
conclu avec les autorités compétentes de l’Etat ou des
Collectivités territoriales.
Article 21 : L’aménagement et la gestion des forêts et des
massifs forestiers du domaine forestier protégé de l’Etat
ou des Collectivités territoriales peuvent être confiés à un
service rattaché de l’administration forestière ou un
organisme de droit privé dans le cadre d’un contrat de
gestion forestière conclu avec les autorités compétentes
de l’Etat ou des Collectivités territoriales.
PARAGRAPHE 5 : De la durée du plan d’aménagement
Article 22 : La durée d’application d’un aménagement
forestier est comprise entre cinq et dix ans.
CHAPITRE II : DES PRINCIPES DE L’EXPLOITATION
FORESTIERE
SECTION 1 : Des règles de l’exploitation forestière
PARAGRAPHE 1 : Des zones interdites à l’exploitation
35
du bois
Article 23 : L’exploitation commerciale du bois est
interdite :
- dans les galeries forestières ;
- dans les périmètres de protection classés ou non ;
- dans les zones protégées pour raison de salubrité
publique ;
- dans les zones protégées dans l’intérêt de la défense
nationale.
Paragraphe 2 : Du sciage des bois en Forêt
Article 24 : Dans le cadre de l’exploitation du bois d’oeuvre
dans le domaine forestier de l’Etat ou des Collectivités
territoriales, le sciage des bois est interdit en forêt.
PARAGRAPHE 3 : De l’institution du marteau
forestier
Article 25 : Pour le marquage du bois il est institué le
marteau forestier dont l’empreinte certifiée est déposée au
greffe du tribunal du ressort.
Le marteau forestier est utilisé par l’Administration
forestière pour marquer les sciages, les grumes, les perches
et les souches d’arbres abattus.
Les caractéristiques et l’utilisation du marteau forestier sont
règlementées par arrêté du ministre chargé des forêts.
PARAGRAPHE 4 : De la saignée des essences
forestières
Article 26 : La saignée du palmier à huile et du rônier
pour la production à des fins commerciales du vin n’est
autorisée que dans les plantations industrielles agréées par
les autorités compétentes conformément aux dispositions
36
des textes en vigueur.
Article 27 : L’usage de produits chimiques toxiques pour
l’exsudation d’essence forestière est prohibé. Toutefois
l’utilisation de stimulant homologué par l’autorité
scientifique compétente est autorisée conformément aux
dispositions des textes en vigueur.
19 Octobre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DU
MALI 1471
Article 28 : La saignée du gommier, du Sterculia setigera
et du Commiphora africana est autorisée dans les conditions
suivantes :
- la saignée doit s’effectuer sur des sujets ayant une
circonférence minimum de 30 cm à hauteur de 1,50 m du
sol ;
- l’opération doit être effectuée sans que le bois soit
attaqué ;
- la longueur de la bande d’écorce pouvant être enlevé
chaque année sur un même sujet est de 50 cm de long et
une largeur de 3 cm.
SECTION 2 : De la fixation et de l’attribution du quota
d’exploitation du bois
Article 29 : La fixation du quota annuel d’exploitation du
bois est faite par une commission ad’ hoc créée au niveau
de chaque Cercle et présidée par le Préfet du Cercle et
composée comme suit :
- un représentant de bénéficiaire de contrat par forêt
concernée ;
- un représentant de la Collectivité territoriale dont relève
la zone d’exploitation ;
37
- un représentant du service chargé des forêts.
Article 30 : Le quota annuel d’exploitation des forêts de
l’Etat est attribué aux bénéficiaires de contrat
d’exploitation, titulaires de carte d’exploitant forestier en
cours de validité, par décision de l’autorité d’approbation
du plan d’aménagement forestier.
En ce qui concerne le domaine forestier des Collectivités
territoriales, le quota annuel d’exploitation est attribué par
décision du Président du Conseil de la Collectivité
territoriale dont relève la forêt ou le massif forestier.
SECTION 3 : De la procédure d’exploitation des
produits forestiers
Article 31 : Toute personne physique ou morale désireuse
d’exploiter des produits forestiers à des fins commerciales,
industrielles ou artisanales dans le domaine forestier de
l’Etat ou des Collectivités territoriales, doit en faire la
demande à l’autorité compétente dont relève la zone
convoitée.
Article 32 : A la demande de chaque exploitant forestier,
il sera attribué une forêt, un massif forestier ou une parcelle
d’exploitation forestière aménagé ou délimité par le service
chargé des forêts.
Les exploitations se feront toujours suivant un contrat et
un cahier de charges conformément aux dispositions du
présent décret.
Article 33 : Un arrêté du ministre chargé des forêts
détermine le détail de la procédure d’exploitation des forêts
et des massifs forestiers des domaines forestiers de l’Etat
et des Collectivités territoriales.
38
TITRE III : DE LA PROMOTION, DE LA
VALORISATION ET DE LA COMMERCIALISATION
DES PRODUITS FORESTIERS
CHAPITRE I : DE LA PROMOTION ET DE LA
VALORISATION DES PRODUITS FORSTIERS
Article 34 : La transformation du bois et des produits
forestiers non ligneux exploités en forêt ou dans les
plantations forestières est faite exclusivement par les unités
industrielles ou artisanales autorisées.
Article 35 : L’implantation d’unités industrielles ou
artisanales est interdite dans les forêts ou les massifs
forestiers exploités et en dehors des centres urbains et semiurbains.
Article 36 : Toute personne physique ou morale désirant
exploiter une unité industrielle ou artisanale de première
transformation de produits forestiers est tenue d’en faire
la déclaration aux Administrations chargées des forêts et
de l’industrie, avant l’entrée en activité de son unité.
Article 37 : Les propriétaires d’unités de transformation
de produits forestiers ne disposant pas de concessions
forestières peuvent s’approvisionner sur le marché régulier
des produits légalement exploités ou importés au Mali.
Toutefois les produits forestiers ainsi achetés doivent
provenir exclusivement de forêts aménagées ou de
plantations forestières autorisées et être accompagnés de
titres de circulation en cours de validité conformément aux
dispositions des textes en vigueur.
Article 38 : Les modalités d’application des dispositions
du présent chapitre sont précisées par un arrêté conjoint
du ministre chargé des forêts et du ministre chargé des
39
industries.
CHAPITRE II : DE LA COMMERCIALISATION
DES PRODUITS FORESTIERS
Article 39 : L’exportation du bois d’oeuvre, du bois de
services, du bois de chauffe, des bambous, des raphias à
l’état brut et du charbon de bois est interdite sur toute
l’étendue du territoire national.
Article 40 : Les modalités d’exportation et de réexportation
du bois transformé sont déterminées par un arrêté conjoint
du ministre chargé de la normalisation, du ministre chargé
du commerce et du ministre chargé des forêts.
JOURNAL OFFICIEL DE LA 1472 REPUBLIQUE DU MALI
Article 41 : Nonobstant la présentation de documents
relatifs au commerce, le transit ou l’importation de tout
bois à l’état brut d’une essence forestière non inscrite à
une des annexes de la CITES est subordonnée à la
présentation préalable d’un certificat d’origine forestier ou
d’une pièce ou tout autre document équivalent émanant
des autorités chargées de la gestion des forêts du pays
d’origine ou de provenance et justifiant la légitimité de sa
possession et de l’exportation dudit spécimen.
TITRE IV : ORGANISATION DE L’EXPLOITATION
FORESTIERE DANS LES DOMAINES FORESTIERS DE
L’ETAT OU DES COLLECTIVITES TERRITORIALES
CHAPITRE I : DISPOSITIONS GENERALES
Article 42 : Dans le domaine forestier aménagé de l’Etat
ou des Collectivités territoriales la gestion de l’exploitation
forestière peut être faite :
- soit directement par le service chargé des forêts ;
40
- soit dans le cadre de contrats de concessions forestière.
Dans les deux cas, l’exploitation des produits forestiers
doit se faire conformément aux prescriptions des plans
d’aménagement forestier approuvés par l’autorité
compétente et sous le contrôle technique de
l’Administration forestière.
SECTION 1 : De la gestion de l’exploitation forestière
par le service chargé des forêts
Article 43 : Dans le domaine forestier aménagé, la gestion
de l’exploitation commerciale des produits forestiers peut
être faite par le service chargé des forêts par vente de coupe,
par contrat d’exploitation forestière ou par la délivrance
de permis de coupe de produits forestiers ligneux, de permis
de récolte ou de collecte de produits forestiers non ligneux.
Dans ce cas, le service chargé des forêts assure l’élaboration
et la mise en oeuvre du plan d’aménagement forestier.
SECTION 2 : De la concession du droit d’exploitation
des produits forestiers
PARAGRAPHE 1 : Des principes de la concession
Article 44 : Dans le domaine forestier de l’Etat ou des
Collectivités territoriales, le droit d’exploitation des
produits forestiers dans une forêt ou un massif forestier
sous aménagement ou proposé à l’aménagement peut être
concédé à des personnes physiques ou morales de droit
privé pour une durée déterminée.
Article 45 : La concession confère à son bénéficiaire
l’exclusivité de l’exploitation des produits forestiers pour
lesquels la forêt ou le massif forestier lui a été concédé,
conformément aux dispositions du présent décret et des
41
clauses du contrat et du cahier de charges de concession.
Article 46 : Le concessionnaire en rapport avec le service
chargé des forêts dans un délai fixé par l’acte de concession,
a l’obligation d’assurer la surveillance et la protection de
la zone objet de la concession ainsi que l’élaboration et/ou
la mise en oeuvre du plan d’aménagement forestier de ladite
zone.
Article 47 : Les actes de concession forestière déterminent
les techniques susceptibles de garantir l’exploitation
durable des produits forestiers et autres ressources
biologiques de la zone concédée.
Article 48 : Les droits et obligations des parties
contractantes sont fixés en tenant compte des conditions
écologiques, économiques et socioculturelles des sites
concernés.
Article 49 : La concession forestière peut être constituée
d’une ou plusieurs forêts, massifs ou unités d’aménagement.
Toutefois la superficie totale des forêts ou massifs forestiers
pouvant être accordée à un même concessionnaire pour
l’exploitation du bois d’oeuvre est fonction du potentiel
biologique des zones concernées ainsi que de la capacité
des unités industrielles existantes ou à mettre en place par
le concessionnaire. Elle ne peut, en aucun cas excéder deux
cent mille (200 000) hectares.
Article 50 : Toute prise de participation majoritaire ou
création d’une société d’exploitation par un exploitant
forestier ayant pour résultat de porter la superficie totale
détenue par lui au-delà de deux cent mille (200 000)
hectares est interdite.
42
Article 51 : Les concessions forestières sont attribuées par
un avis d’appel d’offres public qui précise leurs
localisations, leurs limites, leurs superficies, le potentiel
exploitable et les actions sociales envisagées au profit des
communautés riveraines.
L’avis d’appel d’offres est rendu public par voie de presse,
d’affichage ou par toute autre voie autorisée, au niveau du
Cercle, dans les Communes riveraines et les services de
l’Administration chargée des forêts.
Article 52 : Les concessions forestières sont accordées en
priorité aux organismes et sociétés agréés riverains des
forêts et massifs forestiers sous aménagement ou proposés
à l’aménagement.
PARAGRAPHE 2 : Des contrats de concession
forestière
Article 53 : Dans le domaine forestier de l’Etat ou des
Collectivités territoriales, les contrats de concession
forestière comprennent :
- le contrat provisoire ;
- le contrat de gestion ;
- la convention de sous-traitance ;
- le contrat d’exploitation.
19 Octobre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DU
MALI 1473
Article 54 : L’aménagement et la gestion des forêts classées
ou la mise en oeuvre des plans d’aménagement forestiers
en vue de l’exploitation commerciale des produits
forestiers peuvent être confiés à des services ou sociétés
de droit privé dans le cadre d’un contrat de gestion
43
forestière conclus avec les autorités compétentes de l’Etat
ou des Collectivités territoriales.
Article 55 : Les contrats de gestion forestière portant sur
le domaine forestier de l’Etat ou des Collectivités
Territoriales sont conclus avec toute personne morale privée
agréée à cet effet et présentant des garanties
professionnelles techniques et financières jugées
suffisantes.
Article 56 : La durée du contrat de gestion forestière est
fonction des investissements nécessaires à la mise en oeuvre
du plan l’aménagement forestier.
Article 57 : Le contrat de gestion forestière précise
obligatoirement la durée de la concession forestière qui ne
peut être inférieure à cinq ans, ni excéder dix ans,
renouvelable.
Article 58 : Le bénéficiaire d’une concession forestière est
tenu de conclure avec l’administration chargée des forêts
un contrat provisoire préalablement à la signature du contrat
définitif.
Article 59 : Le contrat provisoire a une durée maximale
de trois (3) ans au cours de laquelle le concessionnaire est
tenu de réaliser certains travaux notamment l’élaboration
du plan d’aménagement et la mise en place d’unité (s)
industrielle (s) de transformation des bois en ce qui
concerne le bois d’oeuvre.
Article 60 : Dans le cadre de la mise en oeuvre des contrats
de gestion forestière, la mise en oeuvre de certaines
prescriptions du plan d’aménagement forestier peut faire
l’objet d’une convention de sous-traitance entre le
44
bénéficiaire du contrat de gestion forestière et des
personnes physiques ou morales de droit privé agréées à
cet effet.
Article 61 : La convention de sous-traitance établie entre
le concessionnaire et toute autre structure privée ou
publique doit être au préalable approuvée par
l’administration forestière compétente sous peine de nullité.
Article 62 : En cas d’autorisation, le gestionnaire de la
forêt fait parvenir au responsable à l’Administration
forestière une copie de la convention de sous-traitance
dûment signé par les intéressés, et enregistré au service
des domaines.
Article 63 : Le bénéficiaire du contrat de gestion forestière
demeure l’unique responsable vis-à-vis de l’Administration
forestière de la bonne exécution de ses obligations.
Article 64 : Dans les forêts ou massifs forestiers aménagés
et gérés par le service chargé des forêts de l’Etat ou des
Collectivités territoriales, ou dans les zones sous contrat
de gestion forestière, l’exploitation de certains produits
forestiers ou de certaines unités d’aménagement ou de
parcelles peut être accordée à des personnes physiques ou
morales, titulaires de cartes d’exploitant forestier en cours
de validité dans le respect des prescriptions du plan
d’aménagement forestier.
Article 65 : Le contrat d’exploitation forestière est assorti
d’un cahier de charges qui précise la nature et les conditions
d’exploitation des produits forestiers, les obligations des
parties ainsi que les avantages accordés aux populations
riveraines.
45
SECTION 3 : Des obligations des bénéficiaires de
contrats de concession forestière
Article 66 : Les bénéficiaires de contrats de gestion du
domaine forestier aménagé de l’Etat ou des Collectivités
Territoriales prennent en charge les travaux d’amélioration
sylvicoles prévus par le plan d’aménagement forestier
approuvé par l’autorité compétente.
Article 67 : Les titulaires de contrats d’exploitation de bois
d’oeuvre sont tenus de récupérer toutes les grumes
provenant des arbres abattus, sauf celles jugées inutilisables
par les agents du service chargé des forêts. Lorsqu’un arbre
abattu est abandonné en forêt, le motif de l’abandon est
mentionné dans le carnet de chantier.
Article 68 : Les bénéficiaires de contrats de gestion
forestière et de contrat d’exploitation, les adjudicataires
de vente de coupe dans le domaine forestier aménagé
doivent ouvrir et entretenir des pare-feu d’au moins dix
mètres de large pour la protection de la forêt ou des massifs
forestiers exploités.
Article 69 : Les bénéficiaires de contrat de gestion
forestière sont soumis aux charges financières suivantes :
- la carte annuelle d’exploitant forestier ;
- la redevance forestière annuelle assise sur la superficie
de la concession ;
- la redevance d’abattage du bois, de récolte ou de
collecte de produits forestiers non
ligneux ;
- la contribution à la réalisation des oeuvres sociales au
profit des populations riveraines.
46
Article 70 : Les taux des redevances forestières perçues
dans le cadre de la concession du domaine forestier de l’Etat
sont fixés par décret pris en Conseil des Ministres.
Article 71 : Dans le cadre de l’exercice de son droit de
gestion, le concessionnaire à l’obligation de créer une
société de gestion forestière ou d’établir une convention
de sous-traitance avec une société agréée à cet effet.
JOURNAL OFFICIEL DE LA 1474 REPUBLIQUE DU MALI
SECTION 4 : De l’élaboration et de la signature des
contrats
Article 72 : Les contrats de gestion forestière sont élaborés
conjointement par le service chargé des forêts de l’Etat ou
des Collectivités territoriales et les parties concernées.
Article 73 : Dans le domaine forestier de l’Etat les contrats
de gestion du domaine forestier classé sont signés par le
Directeur national du service chargé des forêts et par les
représentants habilités des parties contractantes.
En ce qui concerne le domaine forestier protégé de l’Etat
les contrats de gestion du domaine forestier protégé sont
signés par le Directeur régional du service chargé des forêts
et par les représentants habilités des parties contractantes.
Article 74 : Dans le domaine forestier des Collectivités
territoriales les contrats de gestion forestière sont établis
sur proposition du service chargé des forêts dans le respect
des dispositions des textes régissant la décentralisation.
CHAPITRE II : DE LA SUSPENSION ET DU
RETRAIT DES CONTRATS D’EXPLOITATION
FORESTIERE
Article 75 : Sans préjudice des sanctions pénales prévues
47
par la législation en vigueur, les sanctions administratives
suivantes peuvent être infligées aux titulaires de contrats
d’exploitation forestière :
- le retrait temporaire du contrat qui ne doit pas excéder
six mois ;
- le retrait définitif du contrat.
Article 76 : La suspension ou le retrait du contrat est
prononcé par l’autorité de délivrance. Il doit être motivé et
notifié au mis en cause.
La suspension ne peut être levée qu’après la cessation de
la cause qui l’a entraînée.
Article 77 : Les contrats d’exploitation et les titres
d’exploitation des sociétés dissoutes ou mises en liquidation
sont retirés de plein de droit.
Article 78 : Le retrait du contrat d’exploitation est
prononcé de plein droit, en cas de non levée de la
suspension pendant la période indiquée par l’acte de
suspension, ou dans l’un des cas suivants :
- poursuite des activités après notification de la suspension;
- constat d’une nouvelle infraction à l’encontre du mis en
cause, au cours des douze (12) mois suivant la commission
d’une seconde infraction ayant entraîné sa suspension ;
- non-exécution des travaux prévus par le cahier de charges.
Article 79 : Le retrait du contrat d’exploitation entraine :
- l’arrêt définitif des activités liées audit contrat et des
titres d’exploitation forestière ;
- le règlement de tous les droits, taxes et redevances dus.
Ces droits, taxes et redevances peuvent, le cas échéant,
faire l’objet d’un recouvrement forcé.
48
CHAPITRE III : DE LA RESILIATION DU
CONTRAT DE GESTION FORESTIERE
Article 80 : En cas de non-respect des obligations du
concessionnaire, les mesures et sanctions que
l’Administration forestière est en droit de prendre
unilatéralement peuvent consister dans :
- la suspension ou l’arrêt, pour un temps déterminé, des
activités et travaux contraires aux clauses du contrat ;
- l’exécution d’office des travaux prescrits par le plan
d’aménagement forestier, aux frais du contractant, lorsque
celui-ci ne réalise dans les délais impartis, le paiement de
pénalités, dont le montant est stipulé au contrat, par jour
de retard dans l’exécution des obligations contractuelles ;
- la résiliation du contrat, sans indemnité, dans les cas
où les manquements par le contractant à ses obligations
sont de nature à compromettre la bonne exécution du plan
d’aménagement forestier.
Article 81 : L’exercice du droit de résiliation du contrat
par l’Administration forestière pour un motif d’intérêt
général ouvre droit pour le concessionnaire à une
indemnisation dont le montant est convenu d’un commun
accord entre les parties.
Faute d’un accord amiable, la partie qui s’estime lésée peut
porter l’affaire devant la juridiction compétente.
CHAPITRE IV : DE LA REPRISE OU DE LA
REDUCTION DE LA CONCESSION FORESTIERE
POUR CAUSE D’UTILITE PUBLIQUE*
Article 82 : La reprise ou la réduction de la concession
pour cause d’utilité publique s’effectue dans les conditions
49
suivantes :
- l’Administration se réserve le droit de reprendre à tout
moment tout ou partie des forêts ou massifs concédés, pour
besoins de travaux d’utilité publique qui sont exécutés par
l’Administration ou pour son compte conformément aux
dispositions des textes en vigueur ;
- le concessionnaire devra subir cette réduction ou reprise
sans avoir droit à indemnité. Toutefois si la reprise ou la
réduction porte sur des parties de la concession déjà mise
en valeur par le concessionnaire, il lui sera accordé par
accord à l’amiable entre les parties une indemnité
représentative de la valeur des réalisations existantes.
19 Octobre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DU
MALI 1475
A défaut d’accord amiable, le montant de l’indemnité est
fixé par une commission dont la composition sera
déterminée par un arrêté conjoint du ministre chargé des
forêts et du ministre chargé des domaines.
En cas de reprise partielle de la forêt concédée, le cahier
de charges et éventuellement la mention relative aux
montants des redevances devront être modifiés en
conséquence.
Article 83 : Les forêts ou massifs forestiers aménagés
concédés restent grevés de toutes les servitudes dont ils
sont affectés au moment de la concession.
En outre ces forêts ou massifs forestiers aménagés sont
soumis aux servitudes que l’Administration jugerait bon
d’y constituer postérieurement à l’acte de concession, sous
réserve de l’attribution d’une indemnité déterminée
50
conformément aux dispositions des textes en vigueur. Dans
tous les cas la concession n’est donnée que sous réserve
des emprises du domaine public existant ou à venir.
CHAPITRE V : DE L’ARRET DE L’EXPLOITATION
FORESTIERE
Article 84 : Dans le domaine forestier de l’Etat ou des
Collectivités territoriales l’exploitation commerciale du
bois peut être suspendue ou arrêtée lorsque l’état de
dégradation ou d’appauvrissement de la forêt l’exige.
Dans le domaine forestier classé de l’Etat, l’arrêt de
l’exploitation forestière est prononcé par arrêté du ministre
chargé des forêts sur proposition du Directeur national du
service chargé des forêts.
Dans le domaine forestier protégé de l’Etat, l’arrêt de
l’exploitation forestière est prononcé par décision du
Gouverneur de Région, sur proposition du Directeur
régional des Eaux et Forêts.
Article 85 : Les Collectivités territoriales sont habilitées à
soustraire de l’exploitation forestière tout ou partie de leur
domaine forestier.
La décision de suspension ou d’arrêt de l’exploitation
forestière est adoptée par l’organe délibérant de la
Collectivité territoriale sur proposition du service chargé
des forêts conformément aux dispositions des textes
régissant la décentralisation.
51
MODULE III : LES DISPOSITIONS DE LA LOI N°2018-036 DU 27 JUIN
2018 FIXANT LES PRINCIPES DE GESTION DE LA FAUNE ET DE
SON HABITAT
Les aires protégées et leurs zones tampon, les corridors de migration, les zones humides,
les parcs zoologiques publics, les zones cynégétiques villageoises ;
Les zones de chasse libre constituées par les domaines forestiers protégés de l’Etat et des
Collectivités Territoriales ouverts à la chasse.
Les zones de chasse libre constituées par les domaines forestiers protégés d’intérêt
national immatriculés au nom de l’Etat.
Les aires de refuges régionaux et locaux et leurs zones tampon, les ranchs de faune, les
zones d’intérêt cynégétiques, les corridors de migration, les parcs zoologiques publics
d’intérêt régional, de cercle ou communal classé au nom d’une Collectivité
Territoriale ;
Les zones de chasse constituées par les domaines forestiers protégés d’intérêt régional,
d’intérêt de cercle et d’intérêt communal immatriculés au nom des Collectivités
Territoriales ;
52
Les zones cynégétiques villageoises créées par les communautés locales dans le territoire
d’une Collectivité Territoriale conformément aux dispositions de la présente loi et de ses
textes d’application.
« Le patrimoine faunique des particuliers comprend : les fermes d’élevage de la faune, les
parcs zoologiques privés ainsi que tout autre type d’aire de conservation ou de valorisation de
la faune, implantés sur des terrains qu’ils détiennent en vertu d'un titre foncier transféré à leur
nom conformément aux dispositions du Code domanial et foncier ».
2. LA PROTECTION DES ANIMAUX
Des espèces peuvent être classées dans la catégorie des espèces intégralement ou
partiellement protégées dans le cadre de l’application de conventions, traités ou accords
régionaux ou internationaux auxquels le Mali est Partie ».
« La capture des espèces intégralement protégées est interdite sauf dérogations accordées aux
titulaires de permis scientifiques de capture et aux exploitants de ranchs et de fermes
d’élevage de faune dûment autorisés. Cette protection s’étend le cas échéant à leurs nids, œufs
et couvées ».
« La chasse des espèces intégralement protégées ne peut avoir lieu que sur autorisation
expresse du Ministre chargé de la faune sur avis technique du Directeur national du service
chargé de la faune.
L’autorisation n’est accordée que dans des circonstances exceptionnelles soit pour
sauvegarder l'existence de l’espèce, soit dans un but scientifique soit pour la protection des
personnes et des biens.
Dans tous les cas, les femelles d’antilope d’espèces partiellement protégées qui ne portent pas
de cornes font l’objet d’une protection intégrale ».
53
« Les animaux appartenant aux espèces partiellement protégées ne peuvent être chassés,
abattus ou capturés que dans les limites des latitudes et quotas d’abattage et de capture
autorisés par les dispositions de la présente loi et de ses textes d’application ».
« Les titres de chasse donnent le droit d'abattre par jour, un nombre d’animaux non protégés
dans les limites des quotas journaliers fixés par les textes en vigueur. Ces quotas sont
journaliers mais ne peuvent se cumuler » (cf. article 79).
Les droits d’usage en matière de chasse dans le domaine forestier protégé ( cf. article
86)
« Dans les limites de leurs zones d’habitation et de leurs exploitations agricoles, il est reconnu
aux nationaux le droit de chasser dans le domaine forestier protégé, certains animaux non
protégés en vue de satisfaire des besoins alimentaires et thérapeutiques, individuels, familiaux
et ne donnant lieu à aucune vente, cession, transaction commerciale ou échange ».
L’exercice des droits d’usage en matière de chasse dans le domaine forestier des
particuliers ( cf. article 87)
«Les particuliers propriétaires de patrimoine forestier ou faunique non clôturé ont libre
exercice du droit d’usage en matière de chasse dans les limites de leurs entités.
Toutefois ils sont tenus de respecter les dispositions en vigueur en matière de chasse et de
protection de la faune ».
La chasse rituelle
«La chasse rituelle est celle autorisée dans le cadre exclusif des cérémonies rituelles
organisées par les organisations des chasseurs »( cf. article 88).
Les règles de l’exercice des droits d’usage en matière de chasse et de la chasse rituelle
( cf. article 91).
54
4. LA PROTECTION DES PERSONNES ET DES BIENS
«L'abattage des animaux dans le cadre de la protection des personnes et des biens, peut faire
l'objet d’une battue administrative organisée sous le contrôle du service chargé de la faune ou
confié à des titulaires de permis sportifs de chasse. Dans ce dernier cas, le chasseur garde les
trophées et dépouilles de l'animal abattu et s'acquitte de la taxe d'abattage correspondante. Il
fait en outre inscrire sur son carnet de chasse les références de l'autorisation d'abattage ainsi
que les caractéristiques de l'animal abattu ».
« Dans les cas de battues administratives organisées par l’administration chargée de la faune,
en vue d’éloigner ou d’éliminer des animaux sauvages qui représentent un danger pour les
personnes et/ou leurs biens ou leur causent des dommages, la viande des animaux abattus est
cédée aux populations des villages ayant subi des dommages, aux personnes ayant participé à
la battue et aux établissements d'assistance publique ».
Les responsabilités des accidents au cours de la battue administrative ( cf. article 95).
« En aucun cas, dans les battues, l'Administration ne pourra être tenue responsable des
accidents qui arriveraient aux bénéficiaires des autorisations de poursuite et de destruction des
animaux ».
« Aucune infraction ne peut être retenue contre quiconque a fait acte de chasse dans la
nécessité absolue de sa défense, de celle d'autrui ou de ses biens.
Toutefois en cas d'abattage d'un animal protégé, la preuve de la légitime défense doit être
produite.
Les dépouilles avant d'être déplacées doivent être constatées dans le plus bref délai par un
agent des Eaux et Forêts compétent ou un agent de l'Administration la plus proche » ( cf.
article 96).
55
5. LA CHASSE ET LA CAPTURE DES ANIMAUX SAUVAGES
La chasse sportive est exercée par les nationaux et les étrangers résidents et non-résidents ou
touristes à des fins récréatives ou sportives dans le respect des dispositions de la présente loi
et ses textes d’application( cf. article 110).
« La chasse sportive peut être exercée dans tous les lieux où elle n’est expressément interdite
à l’exception des routes, des voies ferrées et navigables, des agglomérations urbaines, ainsi
que des zones d’habitation ou d’activités où elle est incompatible avec la sécurité publique ».
«Le droit de chasse exclut tout droit de construction de campement ou d’installation de gîte
d’étape à titre individuel dans une zone de chasse.
Toutefois des sociétés de tourisme cynégétique agréées peuvent construire des établissements
hôteliers dans les zones de chasse dans le respect des dispositions des textes régissant le
tourisme au Mali ».
«Nul ne peut capturer dans un but commercial un animal sauvage vivant sans être titulaire
d’un permis de capture commerciale délivré par le service chargé de la faune » (cf. article
113).
«Les permis de capture commerciale ne donnent aucun des droits rattachés à un permis de
chasse et ne peuvent donner lieu à l’utilisation d'armes à feu »(cf. article 114).
« La chasse et la capture scientifiques des animaux sauvages sont exercées par des organismes
scientifiques nationaux ou internationaux connus, à des fins scientifiques précises
conformément aux dispositions de la présente loi et ses textes d’application ».
« Aucun animal sauvage protégé ou non ne peut être abattu ou capturé à des fins scientifiques
sans titre de chasse ou de capture scientifique ».
Les autorités de délivrance des permis scientifiques de chasse et de capture (cf. article
117).
56
«Les permis scientifiques de chasse et de capture d’animaux protégés sont accordés par le
Ministre chargé de la faune.
En ce qui concerne les animaux non protégés, les permis sont délivrés par le Directeur
national du service chargé de la faune ».
«Les périodes d'ouverture et de fermeture annuelles de la chasse sont déterminées par arrêté
du Ministre chargé de la faune en tenant compte de la situation et de la diversité écologique de
chaque région administrative.
Toutefois des dérogations pourront être établies pour la chasse aux oiseaux d’eau et pour la
recherche scientifique ainsi que la protection des personnes et de leurs biens ».
« Dans les ranchs de faune, le régime de la chasse est fixé conformément à leur plan
d’exploitation ».
« La chasse peut être fermée pour une période plus ou moins longue sur tout ou partie du
territoire national pour l’ensemble ou une partie des espèces de la faune sauvage par décret
pris en Conseil des Ministres » ( cf. article 120).
« Le décret de fermeture totale de la chasse précise la durée de l’interdiction qui dans tous
les cas, ne peut excéder trois saisons de chasse de suite.
En outre, il détermine les conditions d’exercice de la chasse dans le cadre de la protection des
personnes et des biens pendant la période de fermeture totale de la chasse » ( cf. article 121).
«La capture commerciale d’animaux protégés est interdite pendant la période de fermeture de
la chasse » ( cf. article 122).
« Le ministre chargé de la faune fixe par arrêté et pour chaque saison cynégétique, les quotas
prudents annuels de chasse et de capture des animaux partiellement protégés, accordés aux
directions régionales chargées de la faune pour la délivrance des autorisations d'abattage ou
de capture d’animaux partiellement protégés.
Au sens de la présente loi, on entend par : - Faune sauvage : l’ensemble des espèces animales
vivant en liberté dans leur milieu naturel ;
- Flore sauvage : l’ensemble des espèces végétales croissant dans le milieu naturel ;
- «C I T E S » : la Convention sur le Commerce International des Espèces de Faune et de
Flore Sauvages Menacées d’Extinction, conclue à Washington, D.C, le 03 mars 1973 ;
- « Partie CITES « : un pays à l’égard duquel la Convention CITES est entrée en vigueur ;
- « Organe de gestion CITES » : l’autorité administrative nationale compétente pour délivrer
les permis et certificats CITES ;
- « Autorité scientifique » : une institution scientifique nationale désignée dans le cadre de
l’application des dispositions de la CITES ;
- « Pays d’origine » : le pays dans lequel un spécimen a été capturé ou prélevé dans son
milieu naturel, élevé en captivité ou reproduit artificiellement ou introduit en provenance de la
mer ;
- « Pays de provenance » : le pays d’où les spécimens ont été réexportés avant d’entrer au
Mali :
- « Commerce national » : toute activité commerciale de spécimens d’espèces animales ou
végétales sauvages se pratiquant dans les limites du territoire national et soumises aux
dispositions de la présente loi ;
- « Commerce international » : toute exportation, réexportation, importation ou introduction
en provenance de la mer de spécimens appartenant aux espèces animales et végétales
protégées de la présente loi ;
- « Vente » : toute forme de vente, la location, le troc ou l’échange sont assimilés à la vente,
les expressions analogues sont interprétées dans le même sens ;
- ‘’ Mise en vente » : toute action pouvant raisonnablement être interprétée comme telle, y
compris la publicité directe ou indirecte en vue de la vente et l’invitation à faire des offres ;
58
- « Exportation » : l’opération par laquelle un spécimen originaire du pays, partie ou produit,
appartenant à une des espèces visées par la présente loi est envoyé hors de la juridiction
nationale ;
- « Importation » : l’opération par laquelle un spécimen, partie ou produit, appartenant à une
des espèces visées par la présente loi est introduit dans la juridiction nationale en provenance
d’un pays étranger ; - ‘’ Réexportation ‘’ : l’exportation de tout spécimen qui a été importé
précédemment ;
- « Quota d’exportation » : le nombre maximal de spécimens appartenant à une espèce qui
peut être exporté par le pays sur une période d’un an ;
- « Confiscation » : une peine ou une mesure ordonnée par une autorité compétente à la suite
d’une procédure portant sur une ou des infractions à la présente loi, peine aboutissant à la
privation permanente du spécimen objet de l’infraction ;
- « Centre de sauvegarde » : l’institution désignée par l’organe de gestion pour prendre soin
des spécimens vivants, particulièrement de ceux qui ont été confisqués ;
- « Contrôle à l’introduction, à l’exportation, à la réexportation et au transit » :
vérification documentaire portant sur les permis ou certificats prévus par la présente loi, y
compris l’examen des spécimens, accompagné éventuellement d’un prélèvement
d’échantillons en vue d’une analyse ou d’un contrôle approfondi ;
- « Délivrance « : l’exécution de toutes les procédures nécessaires à la préparation et à la
validation d’un permis ou d’un certificat et sa remise au demandeur ;
- « Elevé en ranch » : l’élevage en milieu contrôlé de spécimens prélevés dans la nature ;
- « Espèce » : toute espèce, sous-espèce ou une de leurs populations géographiquement
isolées ;
- « Fins principalement commerciales » : toutes les finalités dont les aspects commerciaux
sont manifestement prédominants ;
- « Introduction en provenance de la mer » : l’introduction directe sur le territoire national
de tout Spécimen prélevé dans le milieu marin n’étant pas sous la juridiction d’un Etat.
- « Milieu contrôlé » : un milieu intensivement manipulé par l’homme pour produire une
espèce sélectionnée et qui comporte des barrières physiques empêchant que des animaux, des
œufs ou des gamètes de cette espèce soient introduits dans le milieu contrôlé ou en sortent ;
- « Ministre chargé de la faune et de la flore sauvages » : le ministre responsable de la
conservation de la faune et de la flore sauvages ;
- « Objets personnels ou à usage domestique » : les spécimens morts, les parties de
spécimens et les produits dérivés appartenant à une personne et faisant partie ou devant faire
partie de ses biens et effets normaux ;
- « Produits de chasse » : les animaux capturés, la viande, les œufs et les trophées ;
- « Produits Forestiers » : le bois, les résines, la gomme, les fleurs, les fruits, les feuilles, les
écorces, les racines, les herbes et tout autre produit d’origine végétale sauvage ;
- Produits de cueillette » : les produits forestiers autre que le bois ;
- « Produits de pêche » : le poisson, les mollusques, les crustacés sous toutes les formes,
péchés dans les eaux nationales ou internationales ;
- « Permis ou Certificat » : le document officiel délivré par l’Organe de gestion afin
d’autoriser l’importation, l’exportation, la réexportation ou l’introduction en provenance de la
mer de Spécimens d’espèces visées par la présente loi ;
- « Spécimen » : tout animal ou toute plante, soit vivant ou mort appartenant aux espèces
visées par la présente loi, ou toute partie ou tout produit obtenu à partir de ceux-ci, incorporés
ou non dans d’autres marchandises ainsi que toute autre marchandise dans le cas où il ressort
d’un document justificatif, de l’emballage ou d’une marque ou étiquette ou de tout autre
élément qu’il s’agisse de parties ou de produits d’animaux ou de plantes de ces espèces ;
59
- ‘’Spécimen pré-convention ‘’ : un spécimen d’une espèce n’étant pas inscrite à une des
annexes de la CITES soit, parce que le pays d’origine n’est pas partie à ladite Convention, soit
que le spécimen en question a fait l’objet d’une réserve formulée par le pays d’origine à
l’égard de l’espèce concernée.
- « Spécimen sauvage » : un spécimen d’origine sauvage ou produit dans un environnement
contrôlé qui n’est pas élevé en captivité comme défini par les résolutions de la Conférence des
Parties CITES ;
- « Transbordement » : le transfert de spécimens entre deux véhicules (navire, avion, train,
camion etc.) amarrés, accouplés ou bien avec dépôt intermédiaire à terre ou sur un véhicule ;
- « Transit » : le transport par voie terrestre, aérienne ou maritime des spécimens expédiés à
un destinataire donné via le territoire national entre deux points situés en dehors du territoire
national, les seules interruptions de la circulation étant liées aux arrangements nécessaires
dans cette forme de transport ;
- « Tribunal » : l’instance judiciaire compétente pour connaître des litiges ou infractions
relatifs aux dispositions de la présente loi. L’expression » Elevé en captivité » se réfère à la
descendance, œufs y compris, née ou autrement produite en milieu contrôlé, soit de parents
qui s’accouplent ou transmettent autrement les gamètes dans un milieu contrôlé, en cas de
reproduction sexuée, soit des parents vivants en milieu contrôlé au début du développement
de la descendance, en cas de reproduction asexuée. La population parentale utilisée pour la
reproduction doit être établie et maintenue de manière à ne pas compromettre la survie de
l’espèce dans la nature ; L’expression ‘’Reproduites artificiellement » fait seulement référence
aux plantes vivantes issues de graines, boutures, divisions, tissus calleux ou autres tissus
végétaux, spores ou autres propagules dans des conditions contrôlées. La population parentale
cultivée, utilisée pour la reproduction doit être établie et maintenue de manière à ne pas
compromettre la survie de l’espèce dans la nature et gérée de manière à garantir le maintien à
long terme de cette population parentale (art 7).
II. AUTORITES
Les autorités sont, l’organe de gestion CITES et l’autorité scientifique CITES (art.8)
L’organe de gestion CITES est chargé de :
a) assurer la mise en application effective de la CITES conformément à l’article IX, paragraphe 1
(a) de la Convention ;
b) délivrer les permis et certificats conformément aux dispositions de la CITES et attacher à tout
permis ou certificat toute condition qu’il juge nécessaire ;
c) coopérer avec les autres autorités compétentes pour mettre en vigueur la législation nationale
concernant la conservation des espèces de faune et de flore sauvages ;
d) tenir les registres de commerce international des spécimens et préparer un rapport annuel
concernant le commerce conformément à l’article VIII alinéa 7 (a) de la CITES. Ledit rapport doit
être soumis au Secrétariat CITES au plus tard le 31 octobre de l’année suivante, à laquelle il fait
référence ;
e) ajouter ou supprimer toute espèce locale protégée par la législation nationale ;
f) conseiller le ministre chargé de la faune et de la flore sauvages sur toute action qui doit être
prise pour la mise en application de la CITES ;
g) fixer des quotas nationaux pour l’exportation de spécimens d’espèces inscrites à l’annexe I à
des fins non commerciales et/ou aux annexes II et III de la CITES après avis de l’autorité
scientifique ;
h) établir un ou plusieurs centres de sauvegarde pour les spécimens vivants saisis ou confisqués,
en consultation avec l’autorité scientifique ; i) assurer toutes les tâches tendant à la protection des
espèces soumises aux dispositions de la présente loi.
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L’autorité scientifique CITES est chargée de :
a) émettre des avis sur la délivrance des permis d’exportation ou des certificats d’introduction en
provenance de la mer pour les espèces inscrites aux annexes I ou II de la CITES, en indiquant si ces
transactions nuiraient ou non à la survie de ces espèces en question ;
b) émettre des avis sur la délivrance des permis pour l’importation des espèces inscrites à l’annexe I de
la CITES en indiquant si les objectifs de l’importation nuiraient ou non à la survie de ces espèces ; c)
vérifier l’aptitude du destinataire à conserver et traiter avec soin les spécimens vivants d’espèces
inscrites à l’annexe I de la CITES importés ou introduits en provenance de la mer, ou recommander à
l’organe de gestion de procéder à cette vérification avant que celui-ci ne délivre les permis ou
certificats ;
d) surveiller de façon continue et appropriée la situation des espèces autochtones inscrites à l’annexe II
de la CITES et les données relatives aux exportations et si nécessaire recommander les mesures
correctives à prendre pour limiter l’exportation de spécimens afin de conserver chaque espèce, dans
toute son aire de répartition à un niveau qui soit à la fois conforme à son rôle dans les écosystèmes et
nettement supérieur à celui qu’entraînerait son inscription à l’annexe I de la CITES ;
e) conseiller l’organe de gestion CITES sur la destination finale des spécimens confisqués ;
f) conseiller l’organe de gestion CITES sur toute matière que l’autorité scientifique considère pertinent
dans la sphère de protection des espèces de faune et de flore sauvages ;
g) exécuter toutes les tâches prévues dans les résolutions de la conférence des Parties CITES.
ARTICLE 11 : Un arrêté du ministre chargé de la faune et de la flore sauvages désigne l’organe de
gestion CITES et l’autorité scientifique CITES. L’organe de gestion est distinct de l’autorité
scientifique.
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