Lycée Jean Bart Physique-Chimie MP 2020 − 2021
DS 2 (4 heures)
Thermodynamique, Physique statistique
La plus grande importance sera apportée au soin de la copie ainsi qu’à la clarté des raisonnements. Si vous
repérez ce qui vous semble être une erreur d’énoncé, signalez-le sur votre copie et poursuivez votre composition
en expliquant les raisons des initiatives que vous avez été amené à prendre.
Les résultats doivent être encadrés , la calculatrice est autorisée.
Les exercices sont complètement indépendants et peuvent être traités dans n’importe quel
ordre.
Exercice 1 : Capacité thermique des solides
Afin de pouvoir calculer la capacité thermique d’un solide, on utilise le modèle d’Einstein (établi en 1907).
Dans le cas unidimensionnel, les atomes sont alignés selon un axe (par exemple Ox) et effectuent de petits
mouvement de vibration autour de leurs positions d’équilibre respectives. Chaque atome se comporte comme
un oscillateur hamonique de pulsation propre ω. En théorie quantique (voir en fin d’année), l’énergie d’un
oscillateur hamonique est quantifiée et les différents niveaux d’énergie ont pour expression :
1
εk = ~ω k + , k∈N
2
Le solide considéré ici est en équilibre thermique avec un thermostat à la température T .
Q.1 Exprimer la probabilité pk pour qu’un atome soit dans l’état d’énergie εk .
Q.2 Montrer que l’énergie moyenne d’un atome est :
~ω ~ω
e= coth
2 2kB T
(coth est la cotengente hyperbolique). On donne :
∞
1
ne−αn = pour α > 0
X
α
n=0 4 sinh 2
2
Q.3 Évaluer la capacité thermique molaire Cv,m du solide.
Q.4 Quelle est la limite de Cv,m à haute température ? Quelle loi retrouve-t-on ?
Q.5 Quelle est la limite de Cv,m à basse température ? Commenter.
Q.6 Tracer l’allure de Cv,m en fonction de T .
1
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Exercice 2 : Procédé Linde-Hampson pour la liquéfaction du diazote
La figure ci-dessous représente le schéma de principe du procédé Linde-Hampson utilisé pour produire de
l’azote liquide.
• L’azote entre dans le compresseur C dans l’état 1 (P1 = 1,0 bar et T1 = 290 K) pour y subir une compres-
sion isotherme qui l’amène à l’état 2 (P2 = 100 bar et T2 = T1 = 290 K)
• Il est alors refroidi à pression constante (P3 = P2 ) dans l’échangeur E jusqu’à T3
• Il est ensuite détendu jusqu’à la pression atmosphérique (P4 = P5 = P6 = P1 = 1,0 bar) dans le détendeur
D. L’azote sortant du détendeur D est un mélange de gaz et de liquide.
• Le liquide est extrait au niveau du séparateur S, qui renvoie la vapeur sèche saturante (état 6) dans
l’échangeur thermique E. C’est ce fluide froid 6 − 1 qui permet de refroidir le fluide chaud 2 − 3.
On note Dm le débit massique dans le circuit 2 − 3 − 4, Dm0 le débit massique dans le circuit 6 − 1 et D le débit
`
massique d’azote liquide qui sort du séparateur S en 5. L’étude de ce procédé de liquéfaction est effectuée en
utilisant les propriétés thermodynamiques réelles lues sur le diagramme enthalpique fourni en annexe, à rendre
avec la copie.
Dans tout le problème, on néglige les variations d’énergie cinétique macroscopique et d’énergie potentielle de
pesanteur. L’installation fonctionne en régime stationnaire.
Préliminaires
Q.1 Considérons une machine en régime stationnaire. Quand elle est traversée par un fluide, celui-ci y échange
le travail utile wu avec les parties mobiles de la machine et la chaleur q. On note he et hs les valeurs
de l’enthalpie massique du fluide à l’entrée et à la sortie de la machine. Par quelle relation entre ces
grandeurs se traduit le premier principe ?
Q.2 En notant se et ss les valeurs de l’entropie massique du fluide à l’entrée et à la sortie de la machine, par
quelle relation se traduit le second principe ?
Sur le diagramme fourni en annexe :
Q.3 Identifier la grandeur conservée le long de la courbe C1 . En justifiant votre réponse, déterminer l’allure
de l’asymptote de cette courbe à basse pression.
Q.4 Identifier la grandeur conservée le long de la courbe C2 . Justifier qualitativement le sens de variation de
cette courbe.
Q.5 Identifier et nommer les états possibles du diazote sur la courbe C3 .
Q.6 Identifier la grandeur conservée le long de la courbe C4 . On considère la transformation amenant le diazote
de l’état représenté par le point M1 à celui représenté par le point M2 suivant le segment [M1 M2 ]. Décrire
l’état du diazote en M .
2
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Compresseur
La compression de l’azote s’y effectue de façon isotherme et réversible de l’état 1 jusqu’à l’état 2. Pour ce
faire, les parois du compresseur sont en contact avec un thermostat qui en maintient la température constante.
Celle-ci sera prise égale à celle de l’azote comprimé, soit T1 = 290 K.
Q.7 Placer les points 1 et 2 sur le diagramme de l’azote et déterminer leurs enthalpies et entropies massiques
Q.8 Calculer le transfert thermique fourni par le thermostat par kilogramme d’azote comprimé.
Q.9 Calculer le travail utile massique wu,C reçu par l’azote dans le compresseur.
Pour les questions suivantes, on admettra que le détendeur D, le séparateur S et l’échangeur E sont parfaitement
calorifugés et ne contiennent aucune pièce mécanique mobile.
Détendeur
Q.10 Déterminer, en la justifiant, la nature de la transformation dans le détendeur D.
Q.11 En déduire, en utilisant le diagramme, que la température T3 dans l’état 3 doit être inférieure à une
valeur T3,max pour que le fluide dans l’état 4 puisse être un mélange de liquide et de gaz. Toujours avec
le diagramme, estimer la valeur de T3,max .
Séparateur
Celui-ci comporte une entrée et deux sorties. En 5, on extrait l’azote liquide saturant et en 6 la vapeur d’azote
sèche saturante.
Q.12 Placer les points 5 et 6 sur le diagramme et déterminer leurs enthalpies et entropies massiques.
Q.13 On note y la fraction massique d’azote liquide en 4 et x la fraction massique d’azote gazeux en 4. Quelle
est la relation entre x et y ?
Q.14 En appliquant un bilan enthalpique au séparateur (qui est parfaitement calorifugé et ne contient aucune
partie mobile), montrer que l’on obtient la relation : h4 = yh5 + (1 − y)h6 .
Échangeur thermique
On rappelle que le débit massique d’azote dans le circuit 2 − 3 − 4 est noté Dm et celui dans le circuit 6 − 1 est
noté Dm
0 . On note Φ la puissance échangée entre les circuits 2 − 3 et 6 − 1.
Q.15 Exprimer le débit massique Dm
0 en fonction de y et de D .
m
Q.16 Exprimer les transferts thermiques massiques q et q 0 reçus par le fluide respectivement dans les circuits
2 − 3 et 6 − 1. En déduire que Dm (h3 − h2 ) + Dm
0 (h − h ) = 0.
1 6
Q.17 Déduire des deux questions précédentes une relation entre h1 , h2 , h3 , h6 et y.
h1 − h2
Q.18 Montrer alors que : y = . Faire l’application numérique.
h1 − h5
Q.19 Calculer les valeurs de h3 et h4 et placer les points 3 et 4 sur le diagramme.
Q.20 Calculer le travail wu,C
0 fourni au niveau du compresseur par kilogramme d’azote liquide produit.
3
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Exercice 3 : Le combustible nucléaire (d’après CCP MP I 2012)
Le combustible de certains type de centrales nucléaires est constitué de petites sphères multicouches appelées
particules TRISO (voir figure suivante). Le cœur, constitué de matériau fissile, est entouré de plusieurs couches
successives ayant pour rôles d’assurer la protection du noyau et le confinement des produits de fission. Le cœur
de la particule est constitué de carbure d’uranium UC et la couche de céramique et faite de carbure de zirconium
ZrC.
Le tableau suivant récapitule les propriétés et dimensions des différentes couches (les rayons sont donnés en
micromètres et les conductivités thermiques en W · m−1 · K−1 ) :
Couche Position Rayon extérieur Conductivité thermique λ
Carbure d’uranium (UC) r < r1 r1 = 250 12
Carbone poreux r1 < r < r2 r2 = 345 0,5
Carbone pyrolytique (PyC) dense r2 < r < r3 r3 = 385 4
Carbure de zirconium (ZrC) r3 < r < r4 r4 = 420 20
Carbone pyrolytique (PyC) dense r4 < r < r5 r5 = 460 4
La puissance par unité de volume produite sous forme d’énergie thermique dans le matériau fissile UC sera
notée σQ . La conductivité thermique de la couche numérotée i sera notée λi (i allant de 1 à 5).
Q.1 Donner la loi de Fourier en indiquant les unités des différentes grandeurs.
Q.2 L’équation de la chaleur pour le centre de la particule en tenant compte du terme de production s’écrit :
∂u
= −div~jQ + σQ
∂t
Que traduit cette équation ? Interpréter physiquement les différents termes.
Q.3 En régime stationnaire, à quoi se réduit cette équation ?
On se place en régime stationnaire dans la suite de cet exercice. On donne l’expression du Laplacien en coor-
données sphériques d’un champ scalaire ψ(r, θ, φ) :
1 ∂ ∂ψ 1 ∂ ∂ψ 1 ∂2ψ
∆ψ = r2 + sin θ +
r2 ∂r ∂r r2 sin θ ∂θ ∂θ r2 sin2 θ ∂φ2
Q.4 Déterminer T (r) pour r < r1 . On notera T0 la température en r = 0.
Q.5 Calculer numériquement la variation de température entre les abscisses r = 0 et r = r1 si la puissance
volumique σQ vaut 5,0 × 109 W · m−3 .
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Afin de calculer la température dans les différentes couches de la particule TRISO, nous allons utiliser le concept
de résistance thermique.
Q.6 Donner la définition de la résistance thermique Rth d’un matériau soumis à un écart de température
T1 − T2 (avec T1 > T2 ) impliquant un flux thermique Φth .
Q.7 Déterminer le flux thermique en coordonnées sphériques et le mettre sous la forme :
dT
Φth = B
1
d
r
où la constante B est à exprimer en fonction des données du problème. On rappelle que le gradient d’un
champ scalaire ψ(r, θ, φ) s’écrit en coordonnées sphériques :
~ = ∂ψ e~r + 1 ∂ψ e~θ + 1 ∂ψ e~φ
∇ψ
∂r r ∂θ r sin θ ∂φ
Q.8 Exprimer la résistance thermique Rth,12 d’une coque comprise entre un rayon r1 et r2 (avec r1 < r2 ).
Q.9 Calculer numériquement les résistances thermiques des 4 coques Rth,12 , Rth,23 , Rth,34 , Rth,45 .
Q.10 En déduire les températures aux interfaces T1 , T2 , T3 et T4 si la température extérieure T5 vaut 1300 K.
La centrale nucléaire a une puissance thermique Pth = 600 MW et une puissance électrique Pe = 300 MW. On
considère que les particules TRISO sont disposées dans le réacteur suivant un empilement cubique simple (par-
ticules aux sommets de la maille cubique). On rappelle que la puissance volumique dégagée par le combustible
nucléaire est σQ = 5,0 × 109 W · m−3 .
Q.11 Déterminer le nombre de particules TRISO nécessaires au fonctionnement du réacteur. Quel volume en
m3 cela représente-t-il ? Pour cette question, toute démarche de recherche, même incomplète, sera prise
en compte.
• • • FIN • • •