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SOMMAIRE

Ce document traite de l'amélioration de la situation des demandeurs de crédit, en mettant l'accent sur l'importance des garanties dans le processus d'octroi de crédit par les établissements financiers. Il examine les différentes garanties régies par le droit OHADA et leur rôle dans la sécurisation des prêts. Le rapport s'appuie sur une expérience de stage à CBC Bank, où l'auteur a pu observer les pratiques bancaires liées à l'octroi de crédit.

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SOMMAIRE

Ce document traite de l'amélioration de la situation des demandeurs de crédit, en mettant l'accent sur l'importance des garanties dans le processus d'octroi de crédit par les établissements financiers. Il examine les différentes garanties régies par le droit OHADA et leur rôle dans la sécurisation des prêts. Le rapport s'appuie sur une expérience de stage à CBC Bank, où l'auteur a pu observer les pratiques bancaires liées à l'octroi de crédit.

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

SOMMAIRE

SOMMAIRE ........................................................................................................................................... i
DEDICACE.............................................................................................................................................ii
LISTE DES PRINCIPALES ABREVIATIONS .....................................................................................iii
REMERCIEMENTS ............................................................................................................................. iv
AVANT PROPOS...................................................................................................................................v
RESUME ................................................................................................................................................ vi
INTRODUCTION ................................................................................................................................. 1
PREMIERE PARTIE : PRESENTATION GENERALE DE L’ENTREPRISE ET
DEROULEMENT DU STAGE ............................................................................................................ 4
CHAPITRE I : PRESENTATION GENERALE DE CBC BANK ................................................... 5
SECTION I : LA CBC BANK DANS SA GLOBALITE .......................................................... 5
SECTION II : STRUCTURE ORGANISATIONNELLE ET FONCTIONNELLE ...................... 6
CHAPITRE II : DEROULEMENT DU STAGE ............................................................................... 9
SECTION I : ACCUEIL, PRESENTATION ET TRAVAUX REALISES ..................................... 9
SECTION II : DIFFICULTES RENCONTRES ET APPORTS DU STAGE ............................... 10
DEUXIEME PARTIE : L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE
CREDIT ............................................................................................................................................... 13
CHAPITRE III : L’OSTENSIBLE DIVERSIFICATION DES GARANTIES REGIES PAR LE
DROIT OHADA FAVORABLE AU DEMANDEUR DE CREDIT ............................................... 14
SECTION I - LE RENFORCEMENT DU REGIME DE CERTAINES GARANTIES DU
SYSTEME DE L'OHADA .................................................................................................................. 14
SECTION 2 - L'EXTENSION DU PANEL DES SURETES REELLES MOBILIERES ............ 29
CHAPITRE IV : LA JUDICIEUSE ADAPTATION DES GARANTIES ISSUES DE LA
PRATIQUE BANCAIRE A LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT ......................... 39
SECTION I – L’ATTRACTIVITE DE CERTAINES GARANTIES CLASSIQUES ................. 39
SECTION 2 - L'USAGE METICULEUX DE CERTAINES GARANTIES SPECIFIQUES ...... 43
CONCLUSION DEUXIME PARTIE................................................................................................ 51
CONCLUSION GENERALE............................................................................................................. 51
BIBLIOGRAPHIE .............................................................................................................................. 51
TABLE DE MATIERES..................................................................................................................... 51

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page i
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

DEDICACE

LA FAMILLE DONGMO

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page ii
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

LISTE DES PRINCIPALES ABREVIATIONS

ADA : Appui au développement autonome.


Al. : Alinéa.
Art. : Article.
AU : Acte uniforme.
AU DCG : Acte uniforme portant sur le droit commercial général.
AU PCAP : Acte uniforme portant procédures collectives d'apurement du passif.
AU PSRVE : Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement
et voies d'exécution.
AUS : Acte uniforme portant organisation des sûretés.
C A : Cour d'Appel.
CCI : Chambre du Commerce Internationale.
C. civ. : Code civil.
CMP : Code des marchés publics.
C. proc. Civ. : Code de procédure civile.
LCS : Lettre de crédit standby.
OHADA : Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires.
Op. cit. : Operatumcitatum.
PTPI : Président du Tribunal de Première Instance.
PUA : Presses Universitaires d'Afrique.
RCCM: Registre du Commerce du Crédit Mobilier.
RPIS : Règles et Pratiques Internationales relatives aux Standby.
RUU : Règles et Usances Uniformes.
Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page iii
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

TGI : Tribunal de Grande Instance.


TPI : Tribunal de Première instance.

REMERCIEMENTS

L’activité de recherche est un travail de longue haleine, qui requiert des efforts
constants et assidus ainsi que la participation singulière des personnes ayant contribué à son
éclosion finale. Sous ce prisme, les remerciements ainsi adressées le sont en priorité au
SEIGNEUR, qui a permis un déroulement harmonieux du stage académique. Elles le sont
également à toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation de ce rapport, notamment :
 Monsieur Abbé JEAN MBARGA, Recteur de l’Institut Universitaire
Catholique Sainte Thérèse de Yaoundé pour l’encadrement, le bon suivi et la très haute
compréhension de ses étudiants ;
 Monsieur Léandre DJUIMO, Directeur Général de la CBC BANK, pour
m’avoir permis d’effectuer un stage au sein de sa prestigieuse entreprise ;
 Monsieur NGIE MAMBOU Paulin Arnault, mon encadreur professionnel,
Chef de département des affaires juridiques, qui m’a accueilli dans ses services ;
 Monsieur DATCHOUA Ulrich Dimitri, mon superviseur de stage, employé au
service de garantie, qui a su me guider et m’accompagner toute la période de mon stage ;
 Docteur MBOKE Anne, mon encadreur académique, qui a pu orienter les pans
d’analyse de la recherche scientifique ainsi menée ;
 Ma famille, dont l’immense assistance a été le pilier de la réalisation de ce
travail.

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page iv
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

AVANT PROPOS

L’Institut Universitaire Catholique Sainte Thérèse de Yaoundé (INUCASTY) est une


institution privée d’enseignement supérieur.
Placée sous la tutelle académique de l’Université de Yaoundé II Soa, il offre trois cycles
à savoir : le cycle BTS, Licence et Master.
Au cours de leur formation, les étudiants de Licence Professionnelle sont astreints à un
stage académique en entreprise pour trois mois. Ce stage a pour objectifs :
 L’application pratique des connaissances théoriques acquises au cours de la formation
académique ;
 L’immersion en milieu professionnel en vue d’acquérir et de consolider les qualités et
aptitudes requises pour un haut cadre de gestion et de commerce.
A l’issue du stage, l’étudiant produit un rapport qui est soutenu devant un jury. La note
de ce rapport est prise en compte dans l’évaluation de l’année académique en cours et de
l’examen final pour l’obtention du diplôme de licence Professionnelle.
C’est dans cet ordre d’idées que nous avons effectué un stage académique d’une durée
de trois mois au sein de la CBC-BANK. Le présent rapport axé sur «l'amélioration de la
situation du demandeur de crédit » est donc ce qui a retenu notre attention pendant notre
séjour en entreprise.

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page v
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

RESUME

Dans le processus de développement économique, la pratique du crédit s’est développée


dans l’ultime objectif de mettre des fonds à la disposition des opérateurs économiques servant
au financement de leurs activités. Ce crédit ne peut s'obtenir en principe qu'auprès des
institutions agréées que sont les établissements de crédit. Ces derniers comprennent les
banques, les établissements financiers, les caisses d'épargne postale, les sociétés financières
d'investissement et de participation. Pourtant, jusqu'à la conception extensive des
établissements de crédit, la pratique du crédit relevait du seul domaine des banques.
.Substantiellement, l'octroi du crédit est assortit de nombreux paramètres : d'une part, la
considération du crédit et sa finalité ; d'autre part, des possibilités prévisibles de l'emprunteur,
en considération de l'état de son outil de travail, son savoir-faire et sa détermination à former
un pronostic sur le remboursement ultérieur du crédit sollicité. De ce fait, pour favoriser un tel
remboursement, l’emprunteur recourt aux garanties protectrices du crédit. Cette sollicitation
des garanties permet à l’emprunteur de sécuriser sa créance et de se prémunir contre une
éventuelle insolvabilité du débiteur. Dans le domaine de la banque, l’application des garanties
englobe deux domaines respectifs à savoir : le droit des sûretés OHADA et les garanties
bancaires. Celles-ci regroupent les garanties personnelles et réelles, chacune d’elles jouant un
rôle indispensable de sécurisation du crédit.

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page vi
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

ABSTRACT

As part of the getting of technician's Patent the upper and to undergo a professional
training, the ministerial decree N°90 / E / MINEDUC of 12/25/1971 instituted an academic
internship as part of professional training. The student must inevitably perform an internship
in firm of a length of two or three at the end of the first year to put into practice his knowledge
acquired to the school. In the existent of this internship professional, he is called to write a
report which concerns a topic which drew its attention. To answer this obligation, the Institute
academic Catholic Sainte Theresa de Yaoundé is a professional establishment which gives to
the young Cameroonians and tenured foreigners of a baccalaureate of technical or general
education or then of an equivalent certificate for a training of three years.
In the course of this training, we had performed an internship to the Commercial
Bank-Cameroon under the behaviour of NGNIE MAMBOU Paulin which allowed us to
write a report on topic <<Improving the situation of the loan applicant>>.
Given that it is about a second job after that of the BTS in the field of research, and
much more that this report is to write with a lot of abnegation, it is first of all work human
being and as a result is far from being improved. We solicit the forgiveness of the
professionals of domain and of the jurors for the insufficiency which they will be able to
determine.

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page vii
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

INTRODUCTION

L'évolution du monde des affaires et le développement économique ne peuvent


s'effectuer aisément que si des opérateurs économiques ont la possibilité et la facilité d'avoir
accès aux crédits. Ce crédit ne peut s'obtenir qu'auprès des institutions agréées que sont les
établissements de crédit. Ces derniers comprennent les banques, les établissements financiers,
les caisses d'épargne postale, les sociétés financières d'investissement et de participations.
Jusqu'à la conception extensive des établissements de crédit, la pratique du crédit relevait du
seul domaine des banques. C'est dans la mesure du financement des opérations des entreprises
que le banquier est amené à prendre des garanties pour sûreté de sa dette.
L'idée de garantie a fait son chemin depuis le Moyen Age où, à l'heure de ses folles
entreprises des débuts de la guerre de cent ans, Edouard III avait gagé avec sa couronne d'or et
de pierres précieuses, les 45000 florins que lui prêtait l'archevêque de Trêves1. De nombreux
objets précieux furent remis aux banquiers et aux autres dispensateurs de crédit en gage pour
l'obtention du crédit. C'est surtout au début du 19ème siècle que le législateur a organisé le
régime des garanties en adoptant des textes y relatifs à travers quelques dispositions du Code
civil et du Code de procédure civile, et en mettant sur pied de nouvelles garanties. La garantie
permettant la couverture du crédit, le banquier est presque toujours assuré de recouvrer son
crédit. Le bien concédé vaut presque toujours plus que le crédit. L'on ne saurait donc négliger
les aléas qui peuvent survenir pour empêcher le remboursement normal du crédit. Qu'est-ce
donc le crédit ?
Dans son essence, le crédit suppose la mise d'une somme d'argent à la disposition d'un
client. Ce qui évoque à première vue la notion civiliste de prêt qu'il convient de faire. Le prêt
est un contrat par lequel l'une des parties, le prêteur, met à la disposition de l'autre,
l'emprunteur, une chose pour son usage, à charge de restitution. En effet, c'est un contrat réel
qui suppose la remise des fonds ou d'une chose à l'emprunteur. Il lui transfère la propriété de
la chose ou des fonds avancés. L'emprunteur a la libre disposition des fonds à lui remis et est
tenu tout juste de restituer l'équivalent à l'échéance. Le prêt peut être à titre gratuit ou onéreux.
Le prêt consenti par un banquier a une nature commerciale. Celui consenti à un non
commerçant a une nature mixte. Les prêts bancaires sont nécessairement onéreux, compte

1
J. FAVIER, De l'or et des épices, Naissance de l'homme d'affaires au Moyen Age, Fayard, 1997, p. 244.
Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 1
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

tenu de son statut de société commerciale. Il serait donc difficile de concevoir un prêt gratuit
provenant d'un banquier : d'où le sens d’un rapprochement avec le crédit.
Dans ce sillage, le banquier avant l’octroi d’un crédit s’assure généralement de ce que la
créance octroyée puisse être remboursée. Pour ce faire, la confiance n’excluant pas la
méfiance, il entoure le remboursement de celui-ci de nombreuses garanties. Néanmoins, il en
existe une règle selon laquelle « il importe de ne jamais consentir un crédit en fonction
uniquement des garanties ». Lorsqu'un crédit semble aléatoire, ou lorsque le client n'inspire
pas confiance, il importe de ne pas le consentir, alors même que les garanties les plus sûres
seraient proposées. Il peut paraître aussi que, même correctement prises, leur mise en jeu
heurte des obstacles infranchissables. Mais quel que soit le type de crédit que le banquier
consent à ouvrir, il exige toujours du demandeur la constitution d'une garantie. Qu'est-ce donc
une garantie ?
Le terme « garantie » est constamment utilisé par les textes législatif et réglementaire.
Pourtant aucun n'a songé à lui attribuer une définition précise, ni même le terme voisin «
sûreté ». Pour fixer ses règles pratiques, les tribunaux s'efforcent à les définir au cas par cas.
Seulement, le dictionnaire Larousse le conçoit comme « ce qui assure l'exécution, le respect
de quelque chose »2, avant de l'assimiler à un gage, une preuve ou une caution. Selon le
lexique des termes juridiques, la garantie est un ensemble de moyens juridiques permettant de
garantir le créancier contre le risque d'insolvabilité du débiteur. En ce sens, elle est synonyme
de sûreté. Quant à la sûreté, elle se rattache beaucoup plus à l'idée de sécurité. Par rapport à la
sûreté, la garantie recouvre un domaine plus large, car si toute sûreté est une garantie, toute
garantie n’est pas une sûreté. En réalité, la garantie implique le droit de gage général et
soumet le bénéficiaire à la loi de concours. Pour éviter cette situation, le banquier recourt
généralement aux sûretés : garanties spécifiques qui lui confèrent une plus grande sécurité
dans le recouvrement de sa créance. Le législateur OHADA définit la sûreté à l’article 1er de
l’acte uniforme portant organisation des sûretés, comme « l’affectation au bénéfice d’un
créancier d’un bien, d’un ensemble de biens ou d’un patrimoine afin de garantir l’exécution
d’une obligation ou d’un ensemble d’obligations, quelle que soit la nature juridique de celles-
ci et notamment qu’elles soient présentes ou futures, déterminées ou déterminables,
conditionnelles ou inconditionnelles, et que leur montant soit fixe ou fluctuant.». C'est de
l'appréciation de cette sécurité du banquier que nous sommes amenés à l'étude de l'intitulé «

2
Dictionnaire Larousse édition 2018, pages 159
Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 2
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

Les garanties de crédits bancaires au Cameroun ». A cet effet, quel peut être l'apport de la
garantie dans l'encadrement du crédit bancaire ? Cette question est le socle de
développements subséquents à l’analyse ainsi envisagée notamment : celle relative à
l'importance de la garantie dans une opération de crédit ; la consistance des garanties dont
dispose le demandeur de crédit ; les modalités de constitution et d'efficacité de réalisation et
éventuellement le souci de positionnement du banquier dans la distribution du prix de vente
des biens du débiteur.
De nombreuses garanties étaient déjà d'usage dans la pratique bancaire. L'avènement de
l'Acte uniforme portant organisation des sûreté n'a fait qu'ajouter dans le panel des garanties
ou dans le réaménagement de nombreuses d'entre elles : ce qui contribue à l'amélioration de la
situation du demandeur de crédit, dans la mesure où le réseau de choix se trouve diversifié. En
sus, les modalités de réalisation de ces sûretés confèrent au banquier une certaine sécurité
dans le recouvrement de ses fonds.
Au demeurant, la réalisation de ce travail a été précédée d’un stage académique à la
CBC BANK, dont il convient de faire l’économie relative à la présentation et au déroulement
de celui-ci (Première partie). De même, notre travail étant axée sur le droit des garanties, il
convient de s’appesantir sur l’amélioration de la situation du demandeur de crédit (Deuxième
partie).

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 3
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

PREMIERE PARTIE : PRESENTATION GENERALE DE


L’ENTREPRISE ET DEROULEMENT DU STAGE

Comme tout rapport de stage, l’enjeu majeur consiste à présenter l’entreprise où s’est
déroulé le stage, (Chapitre I) ainsi que du déroulement proprement dit de celui-ci (Chapitre
II).

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 4
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

CHAPITRE I : PRESENTATION GENERALE DE CBC BANK

Les analyses substantielles de ce chapitre consisteront à mettre l’accent sur la genèse de


l’évolution, la forme juridique ainsi que les principales activités menées au sein de cette
institution. De même, sera également invoquée sa structure organisationnelle et fonctionnelle.

SECTION I : LA CBC BANK DANS SA GLOBALITE

Paragraphe I : DEFINITION DE LA BANQUE


Oreka définit la banque comme un établissement de crédit qui a reçu un agrément
émanant du MINFI et de l’autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Le rôle principal
des banques consiste en générale à la gestion des moyens de payement et l’intermédiation
financière.
Le dictionnaire Larousse définit la banque comme un établissement financier qui
recevant des fonds du public les emploient pour effectuer des opérations de crédit et des
opérations financières.
Paragraphe II : GENESE-EVOLUTION-FORME JURIDIQUE
Créer en 1997 par l’opérateur économique Camerounais et étranger du groupe FOTSO,
la Commercial Bank-Cameroun a pour vocation d’offrir à l’ensemble de ces clients, un
service bancaire de qualité, couvrant la totalité des métiers de la banque commerciale. Dès sa
naissance, elle s’est donnée pour mission d’accompagner aussi bien les grandes entreprises
que les PME/PMI/EMF dans leurs opérations de financement et de placement. Animée d’une
vocation internationale, elle a étendu son réseau bancaire en moins de quatre ans après sa
naissance dans la sous-région Afrique Centrale à travers des banques filiales (Commercial
Bank-Tchad, Commercial Bank-Centrafrique). Suite à des difficultés, elle a été mise sous
administration provisoire en 2009, en vue d’une restructuration qui s’achève avec succès en
2016. Aujourd’hui, la Commercial Bank-Cameroun est un établissement bancaire avec un
capital social de 12 milliards. Sur le plan juridique, la CBC-BANK est une personne morale
de droit privé constitué sous forme de société anonyme avec conseil d’administration, le siège
social est situé à Douala 148, avenue de Gaule.
Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 5
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

SECTION II : STRUCTURE ORGANISATIONNELLE ET FONCTIONNELLE


Paragraphe I : Organisation de la CBC-BANK
Il s’agira de présenter les responsabilités de chaque type de services. La CBC-BANK
ayant une structure hiérarchico-fonctionnelle, on distinguera à cet effet l’organe de décision et
l’organe de gestion.
I- L’organe de décision
Les différents organes institutionnels de la CBC-BANK comprennent : l’assemblée
générale, le conseil d’administration et le comité de direction.
 L’assemblée générale
L’Assemblée Générale est l’organe suprême de la CBC-BANK. Elle se réunit chaque
année afin de faire le bilan général et expliquer au membre du quorum l’évolution de
l’entreprise, et les perspectives d’avenir. Lors de cette assemblée, les actionnaires ont le droit
de savoir les modalités de gestion de l’entreprise afin de poser les questions jugées utiles. Le
conseil d’administration
Le Conseil d’Administration est la haute instance interne de gestion de CBC-BANK. Le
Conseil d’Administration définit les grandes orientations de la CBC-BANK. Elle a se tête un
président (PCA). Il a pour compétence de :
 Faire appliquer la loi, les statuts et les règlements intérieurs ;
 Veiller à la bonne gestion du patrimoine de CBC-BANK ;
 Veiller à la tenue des comptes ;
 Nommer un Directeur Général et son adjoint ;
 Présenter à l’Assemblée Générale annuelle un rapport d’activité.
 Le comité de direction
Il s’agit de l’organe central du fonctionnement dans la mesure où, c’est dans le cadre de
ce comité que les responsables de chaque direction donnent l’état des travaux de la direction.
Cette approche permet ainsi d’analyser la performance des différentes divisions à travers les
suggestions et options divergentes venant des autres responsables.
II- L’organe de gestion
C’est l’organe exécutif. Il dispose de plusieurs directions :
 La direction du capital humain (DCA) ;
 La direction centrale du crédit et des affaires juridiques (DCCAJ) : elle regroupe deux
entité que sont la direction du crédit et la direction des affaires juridiques et du contentieux ;
Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 6
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

 La direction du contrôle et de gestion de la trésorerie (DCGT) : celle-ci regroupe


plusieurs services à savoir le service de la gestion de la trésorerie, le service de la
comptabilité, le service du contrôle et de l’audit ;
 La direction de l’investissement de la gestion des projets ;
 La direction de la formation, de la communication et du marketing ;
 La direction des systèmes d’exploitation et de la gestion des risques ;
 La direction des opérations ;
 La direction des moyens généraux.
Elles sont toutes chargées de mettre en œuvre la politique générale de l’entreprise.
Celle-ci a pour rôle de :
- Faire appliquer la politique définie par le Conseil d’administration ;
- Représenter la CBC-BANK vis-à-vis des tiers dans la limite des pouvoirs qui lui sont
délégués par le Conseil d’administration ;
- Etablir le budget de la CBC-BANK et les propositions d’investissements ;
- Gérer le personnel conformément à la législation en vigueur ;
- Etablir et soumettre à l’adoption du Conseil d’administration, la planification des
activités ;
- Coordonner le fonctionnement de chaque service ;
- Engager la société dans le respect des instructions du Conseil d’administration.
Paragraphe II : Fonctionnement
La CBC-BANK fonctionne grâce à des moyens diversifiés. En effet, cette immense
institution a mis sur pieds d’importants moyens nécessaires à son bon fonctionnement. A ce
propos, il convient d’invoquer notamment :
 Les moyens humains : la CBC-BANK dispose d’une équipe de professionnels
dynamique, diligente et pleine d’entrain, dont le travail se veut d’assurer sa réussite. Ce
capital humain, dévoué et acharné, veille au bon fonctionnement de l’entreprise, afin
d’accentuer son ascension.
 Les moyens matériels : la CBC-BANK s’est doté d’un ensemble de matériels et
mobiliers indispensables à son fonctionnement optimal, à l’instar des ordinateurs et autres
logiciels de gestion qui permettent de traiter des dossiers et opérations avec célérité.

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 7
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

 Les moyens financiers : les ressources financières de la CBC-BANK proviennent


entre autre des opérations bancaires, des bénéfices annuels, des fonds d’investissements, des
parts sociales des actionnaires.
L’environnement de la CBC-BANK sur le plan interne est constitué par ses différents
membres, mais aussi des certains prestataires de service qui livrent à cette entreprise le
matériel de travail à l’instar des programmes de formation.
Ce premier chapitre de notre travail nous a permis d’apprécier la genèse et l’évolution,
mais également le fonctionnement de la CBC-BANK. Il convient, dès lors, de relever les
activités ayant meublé notre séjour dans cette structure et les difficultés rencontrées.

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 8
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

CHAPITRE II : DEROULEMENT DU STAGE

Le déroulement du stage s’est fait dans l’environnement socio-professionnel de


l’entreprise. Au cours de celui-ci, des responsabilités ont été confiés, déifiant ainsi
l’organisation harmonieuse des rapports d’encadrement au sein de la structure. Pour ce faire,
il sera question de décrire la phase d’apprentissage à la CBC-BANK ainsi que les atouts
engrangés

SECTION I : ACCUEIL, PRESENTATION ET TRAVAUX REALISES

Le séjour au sein de la CBC-BANK s’est fait par l’accueil réservé, suivi d’une
présentation aux différents services du département juridique. Cette phase conviviale s’est
poursuivie par des tâches effectuées au cours du stage.
Paragraphe I : Accueil et présentation
Dès le premier saut dans l’entreprise, nous avons été chaleureusement reçus par un
agent de la direction du capital humain qui a tenu à nous entretenir sur le climat social, le
règlement intérieur, le déroulement du stage, et la conduite à tenir. Puis, il a été procédé à
notre présentation au Directeur des affaires juridiques et du contentieux ; celui-ci m’a conduit
auprès des employés de cette direction et a également effectué des présentations aux différents
services de l’entité juridique et contentieuse : le service des garanties, le service des voies
d’exécution et le service du recouvrement et du contentieux. Cette prise de contact s’est faite
de manière ponctuelle, car aussitôt nous avons pris connaissance des procédures à travers un
manuel communément appelé « livre de procédure », et avons été affecté dans un service
précis le service des garanties, en rapport avec notre thème de recherche.
Ce service assure le contrôle de la procédure de recueillement des garanties, la
conception des documents juridiques et les formalités liés à la sécurisation des garanties, la
signature des tickets pour l’autorisation de la mise en place des crédits, la comptabilisation
des celles-ci, le suivi des garanties recueillis jusqu’à leurs radiations ou leurs transferts au
contentieux en cas de non-exécution de l’obligation.
Paragraphe II : Les travaux réalisés

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

Durant notre séjour au sein de la CBC-BANK, nous avons parcouru plusieurs services
et y effectué quelques taches. Il s’agit essentiellement du :
- Service des garanties et contrats : dans cette entité nous devions recevoir les
documents du service d’analyse du crédit mentionnant les garanties que nous devions disposer
avant l’octroi d’un crédit, ainsi que les garanties dont le chargé de client s’est occupé à
recueillir auprès du client. Il s’agissait, en outre, de vérifier si elles ont été faites selon les
conditions de conformités et d’authenticités. Apres cela nous passions à l’établissement des
documents juridiques nécessaires au formalisme de la sécurisation de ces garanties ; puis nous
concevions des contrats entre la banque et les clients engagés, que nous soumettions au client
pour appréciation et signature.
Toutefois, il faut relever que ces actes peuvent être sous seing privé ou se faire par
devant notaire; cela dépend alors du type de garantie auquel nous avions à faire. Après toutes
ces procédures et signature du contrat par les différentes parties, nous préparions et faisions
signés par les personnes compétentes, les documents reçus du département de crédit pour la
mise en place de celui-ci; ceci étant fait, nous le transférions à l’entité en charge de cette
opération. Par la suite, nous étions chargés d’assurer la comptabilisation informatique et la
sécurisation de ces garanties. En réalité, le service des garanties est doté d’un coffre ou nous
rangions ces dernières ; ensuite nous nous chargions du suivi de ces garanties jusqu’à son
extinction.
- Service département du crédit : situé au backoffice ce service, il est chargé de la mise
en place du crédit. Ici, nous étions amenés à transmettre des documents nécessaires à la mise
en place du crédit après les avoir formalisés.
- Secrétariat de la direction générale et de celui de la direction régional : nous étions
chargés dans cette unité de déposer les documents juridiques pour transmission aux directeurs
afin qu’ils puissent apposés leurs signatures après appréciation.
Dans l’exercice annuel du service des garanties, il est amené à réaliser une activité, celle
de l’inventaire des garanties. Ces activités constituent une étude minutieuse de l’ensemble des
garanties détenues et recueillis au cours d’un exercice et d’en présenter le bilan. Dans cette
optique, nous avons été chargés d’effectuer les travaux nécessaires à la réalisation de cette
étude, lesquels consistaient au relèvement scrupuleux des garanties détenus par le service.

SECTION II : DIFFICULTES RENCONTRES ET APPORTS DU STAGE

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

La formation dans une structure entrepreneuriale est dans la majeure partie des cas, une
expérience enrichissante qui dynamise et galvanise l’amour pour le métier de banque quoique
parsemé de difficultés (Paragraphe I). Les réalités de l’Afrique obligent à vivre de façon
objective, à rechercher de nouvelles perspectives susceptibles d’enrichir nos connaissances.
De ce point de vue, nous avons pu obtenir plusieurs apports sur différents plans (paragraphe
II).

Paragraphe I : Les difficultés rencontrées

Notre séjour au sein de la CBC-BANK ne s’est pas fait sans difficultés. Il a fallu qu’on
s’adapte au monde professionnel en accélérant notre manière de travailler. A ce propos, trois
difficultés ont pu être relevées :
 La difficile imprégnation : la rupture entre l’ambiance académique et le climat
de l’entreprise nous a affectés. En effet, l’appréhension du climat professionnel nécessite un
moment d’adaptation et un accompagnement constant. Cependant avec la pression et le
travail, les employés sont stressés et cela rend difficile l’accès à certaines informations.
 Les intempéries : la saison qui régnait durant notre stage n’était pas favorable,
avec des pluies incessantes, toute chose qui occasionnait les retards en entreprise ;
 La distance : le lieu de stage étant loin de notre domicile, il était parfois
contraignant de s’y rendre. Bien plus, les embouteillages rencontrés sur le trajet rendaient
pénible notre habileté.

Paragraphe II : Les apports du stage


Le stage académique, étant un moment d’apprentissage, il a été relevé de nombreux
atouts dont nous avons bénéficié, en l’occurrence :
 Sur le plan professionnel, notre séjour à la CBC-BANK c’est soldé non
seulement par une découverte enrichissante du fonctionnement de la banque, mais également
par une expérience irrécusable du domaine bancaire. L’erreur n’étant pas permise en
entreprise, il a donc fallu apprendre une adaptation au système et surtout échanger avec le
personnel en cas de difficultés permettant ainsi de s’enrichir.
Par la visite dans les services de la banque, nous avons touché du doigt les réalités
qu’offre le monde professionnel ou monde de l’emploi. Considéré comme faisant partie
intégrante du personnel, nous avons bénéficié non seulement des conseils des professionnels
en la matière, mais également de leur savoir-faire, sans oublier l’esprit d’entreprise et de

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 11
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

management qui nous a permis de mieux nous imprégner de la gestion et du financement des
activités dans nos économies.
 Sur le plan social, nous sortons de ce stage ragaillardi et d’un sens plus poussé
du savoir vivre. En effet, nous avons appris non seulement à respecter les règles et à les
appliquer, mais aussi à vivre en harmonie, tout en acceptant les différences humaines. Cet
apprentissage a donc été l’occasion de découvrir les valeurs éthiques en entreprise.

Au terme de notre séjour à la CBC-BANK, nous pouvons retenir que la banque assure
une activité pluridimensionnelle et comporte un foisonnement d’intérêts nommément
présents, notamment les opérations bancaires et de crédit.

CONCLUSION PREMIERE PARTIE


L’insertion dans le monde du travail est un facteur important de développement socio-
économique. L’activité bancaire est attrayante. Elle l’un des moteurs de la croissance
économique et du monde des finances. L’une de ces principales activités est l’octroi de crédit.
Et pour faciliter cette activité, destiné à faciliter les activités économiques, au moyen des
garanties.

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

DEUXIEME PARTIE : L’AMELIORATION DE LA SITUATION


DU DEMANDEUR DE CREDIT

Tout opérateur économique doit pouvoir trouver du crédit auprès d'un investisseur.
Celui-ci doit mettre à sa disposition le crédit qui lui est nécessaire pour la poursuite de ses
activités. Pour ce faire, il est tenu de fournir au banquier dispensateur de crédit, les garanties
suffisamment convaincantes pour couvrir celui-ci. Les parties sont libres de convenir d'une
garantie qui satisfait à leurs exigences. Le banquier apprécie la garantie en tenant compte de
la valeur du crédit et de sa destination. Toutefois, la garantie reste un accessoire du crédit et
ne doit pas être une condition indispensable à son ouverture.
Il arrive fréquemment que pour protéger l'une des parties, le législateur impose que
certaines garanties soient constituées. Pour faciliter au demandeur l'accès au crédit, l'Acte
uniforme portant organisation des sûretés a diversifié les garanties pouvant être proposées au
banquier (Chapitre III). Bien plus, de nombreuses autres sûretés ayant échappé à la législation
de l'OHADA, la pratique bancaire s'efforce de les adapter à la situation du demandeur
(Chapitre IV).

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 13
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

CHAPITRE III : L’OSTENSIBLE DIVERSIFICATION DES


GARANTIES REGIES PAR LE DROIT OHADA FAVORABLE AU
DEMANDEUR DE CREDIT

La mondialisation de l'économie nécessite de grands investissements. L'investissement


ne peut être efficacement fait que si les potentiels investisseurs peuvent facilement se procurer
des crédits. Ces derniers doivent pouvoir accéder au crédit en toute sécurité, sans risque de
voir leurs opérations bloquées, faute de confiance à eux accordés par les opérateurs
économiques que sont les banques. Dans le cadre de leur mission de financement des
investissements, les banquiers doivent s'entourer d'un minimum de garanties leur assurant le
recouvrement de leurs créances. On comprend dès lors pourquoi le banquier requiert
généralement de ses clients la constitution des sûretés en vue de l'octroi du crédit.
A ce sujet, dans l'environnement juridique des affaires en Afrique, le législateur
OHADA a institué un large système permettant aux investisseurs de recourir au crédit. A ce
titre, outre le renforcement de certaines garanties (section 1), il sera question d’évoquer
l'extension du panel des sûretés réelles mobilières (section 2),

SECTION I - LE RENFORCEMENT DU REGIME DE CERTAINES


GARANTIES DU SYSTEME DE L'OHADA

La pratique des affaires, pour pouvoir s'adapter au mouvement sans cesse croissant des
capitaux et répondre aux exigences du marché, avait rendu indispensable l'usage de certaines
sûretés. Le législateur OHADA n'est pas resté indifférent face à cette innovation. Il s'est donc
efforcé non seulement de les intégrer dans la vie des affaires en Afrique, mais en plus de
réorganiser certaines sûretés et améliorer le régime juridique d'autres. L'apport de l'Acte
uniforme OHADA sur les sûretés est donc considérable si l'on prend en compte le
renforcement des garanties dites personnelles (paragraphe I) et le réaménagement du régime
des hypothèques (paragraphe II).

Paragraphe I - Le renforcement des sûretés personnelles


Les sûretés personnelles ont été renforcées avec la réforme OHADA à travers l'Acte
uniforme relatif aux sûretés. Il y a sûretés personnelles lorsque deux ou plusieurs personnes

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 14
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

sont tenues au paiement d'une dette unique. Les sûretés personnelles jouent un rôle d'une
grande importance dans la pratique du crédit. L’AUS aborde la notion de sûreté personnelle
en son article 4 comme « l’engagement d’une personne de répondre de l’obligation de
débiteur principal en cas de défaillance de celui-ci ou à première demande du bénéficiaire de
la garantie ».
Ainsi, face au recul du cautionnement pour satisfaire l'exigence de rapidité dans l'action
en remboursement caractérisant l’état des lieux de la pratique des affaires, le législateur
OHADA a intégré dans son environnement juridique les garanties et contre garantie
autonomes. Dès lors, dans les pays Africains, il est permis de parler de « sûretés personnelles
». Ainsi l'acte uniforme a consacré le cautionnement (A) et garantie autonome et contre
garantie autonome (B).

A- Le cautionnement

Généralement, pour accorder un crédit à un client, le banquier demande à ce dernier de


lui fournir une caution. Cette caution peut être soit une personne physique, soit une personne
morale. Le cautionnement peut être utilisé comme garantie tant sur le plan interne que sur le
plan international. C'est en effet « un contrat par lequel la caution s'engage, envers le
créancier qui accepte, à exécuter l'obligation du débiteur si celui-ci n'y satisfait pas lui- même
». (article 13 AUS)

Cette reprise de l'article 201 1du C. civ. laisse transparaître quelques observations : le contrat de
cautionnement suppose un accord conclu entre le banquier et la caution; c'est un engagement de
satisfaire à une obligation dont le débiteur principal est tenu et dont il n'a pas exécuté ; et enfin il peut
prévoir un paiement d'une somme d'argent entre les mains d'un banquier. L'engagement peut aussi
prévoir un paiement en nature. Or, il est difficile de concevoir qu'un banquier puisse accepter un
paiement en nature, sauf en cas de convenance d'une caution réelle. Ainsi, le cautionnement, « qui
pendant longtemps avait été dans une certaine mesure, délaissé, est de plus en plus utilisé aujourd'hui
3
». Il sera donc question d'analyser tour à tour les types de cautionnement, les caractères du
cautionnement et enfin le régime applicable au cautionnement.

1- Les types de cautionnement applicables au crédit


Dans le domaine de garantie de crédit, le cautionnement peut poursuivre deux objectifs :
garantir un crédit consenti par un établissement financier, et, lorsqu'il est accordé par un

3
J. MONDINO et Y. THOMAS, Droit du crédit, AENGDE, 5ème éd., 1994, p. 90
Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 15
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

établissement de crédit pour garantir diverses obligations du client : ceci s'appelle lui-même
crédit par signature; la distinction cautionnement civil et cautionnement commercial est
classique, mais cette distinction n'est pas assez convaincante dans la mesure où le
cautionnement peut être accordé de manière occasionnelle, même par un commerçant. C'est
pour cela que la pratique distingue entre le cautionnement non professionnel et le
cautionnement professionnel ou cautionnement bancaire.
- Le cautionnement non professionnel
Le cautionnement non professionnel est une sûreté qui est généralement utilisée pour
garantir toutes sortes d'obligations. En matière bancaire il s'agit pour la caution de garantir
l'exécution des engagements que le débiteur du crédit souscrit vis à vis de la banque. La
caution sera donc tenue de payer d'abord les intérêts et des commissions, et procédera enfin au
remboursement de la somme prêtée. Il peut être ainsi de la garantie d'un compte courant.
Généralement dans les petites entreprises, où le capital social appartient au dirigeant, ce
dernier se porte le plus souvent caution de tous les engagements de sa société. Aussi, il est
fréquent que les sociétés mères se portent caution des engagements de leurs filiales. Mais
toutefois, cette couverture doit s'effectuer dans le cadre des limites fixées par le droit des
sociétés. A titre d'exemple, aucune société ne doit se porter caution pour une somme qui
dépasse son objet social ou les limites fixées par le conseil d'administration.
La faiblesse de l'efficacité de ce type de cautionnement réside dans le fait que, par
rapport aux sociétés, il ne peut être accordé par une société à une autre que si les deux
appartiennent à un même groupe. Ce qui signifie que pour des sociétés isolées, elles recourent
généralement soit aux cautions, personnes physiques, soit aux cautionnements bancaires.
- Le cautionnement bancaire ou cautionnement professionnel
C'est une forme d'engagement par signature. La banque par sa signature s'engage envers
un tiers ou une autre banque en faveur de son client sans mettre les fonds à disposition de ce
dernier. Le cautionnement est à double objectif : soit, il constitue lui-même indirectement une
opération de crédit à côté de celui de son débiteur ; elle engage de ce fait son crédit et peut
être amenée à faire l'avance du paiement de la dette, quitte à se retourner ensuite contre son
débiteur défaillant ; soit il constitue la garantie pure et simple d'une opération de crédit auprès
d'une entreprise financière, soit de garantir l'exécution d'un engagement. C'est cette seconde
acception qui constitue l’ossature de notre travail.
De nos jours, le cautionnement bancaire est très largement pratiqué. « La solvabilité de
la banque ou de l'entreprise financière, son obligation de s'exécuter ponctuellement en font
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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

une garantie très prisée des créanciers »4. Dans la pratique, n'importe quel créancier peut
exiger de son débiteur la fourniture d'une caution bancaire, mais bien de cas existent dans
lesquels la loi est intransigeante à ce sujet : il s'agit des cautionnements fiscaux - contributions
indirectes ou douanières - ou en matière de marchés publics, etc.
Le banquier qui s'est engagé à couvrir les engagements de son client court un double
risque en cas d'inexécution par son client de ses engagements : le premier est celui du
décaissement des fonds pour désintéresser le créancier, et le second est celui de l'insolvabilité
de son client. Le risque de décaissement peut être négligeable dans la mesure où le
cautionnement bancaire étant un acte à titre onéreux, l'intervention du banquier tient compte
de ce risque pour déterminer les commissions.
Pour limiter le risque d'insolvabilité, le banquier est amené parfois « à exiger une contre
garantie du débiteur principal pour sûreté d'un remboursement éventuel ». Il peut être question
d'un gage, d'un nantissement, d'une hypothèque, etc.
Le cautionnement bancaire étant un acte de commerce, le principe étant celui de la
liberté de la preuve en matière commerciale5, un écrit n'est pas toujours nécessaire. Le
cautionnement verbal n'existant pas, la forme cambiaire est quelquefois utilisée. Comme le
cautionnement non professionnel, celui-ci est greffé à l'engagement principal du débiteur dont
il convient d'analyser les caractères.

2 - Les caractères du cautionnement


La caution, compte tenu du fait que son engagement est greffé à l'existence de
l'obligation du débiteur envers le créancier, est de prime à bord accessoire, c'est du moins ce
qui ressort de l'article 17 de l'Acte uniforme sur les sûretés selon lequel « le cautionnement ne
peut exister que si l'obligation principale garantie est valablement constituée. ». En plus,
l'engagement de la caution ne peut être contracté à des conditions plus onéreuses que
l'obligation principale, sous peine de réduction à celle-ci. Aussi, le débiteur principal ne peut
aggraver l'engagement de la caution par une convention postérieure à celle-ci. De ce texte, il
ressort que l'obligation de la caution dépend exclusivement de l'obligation principale. Parfois,
il est possible que le contrat entre la caution et le créancier ne fasse naître d'obligations qu'à la
charge de ce dernier. Il sera donc tenu d'une obligation d'information de la caution. Ainsi, le

4
J.L. RIVES-LANGE et M. CONTAMYNE-RAYNAUD, op. cit., p. 556, n° 605.

5
Il est d'usage en matière commerciale que la preuve peut être fournie par tout moyen écrit ou
non.
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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

créancier l'informe de toute défaillance du débiteur et ne peut entreprendre de poursuites


contre elle qu'après une mise en demeure faite au débiteur restée sans effet. Il en découle le
caractère subsidiaire du cautionnement.
Un autre caractère et pas le moindre, est le caractère solidaire du cautionnement. En
principe « le cautionnement est réputé solidaire. Il est simple lorsqu'il en est ainsi décidé
expressément par la loi ». En fait, ce n'est qu'une pratique très répandue du monde des affaires
que l'Acte uniforme a consacrée. Il est possible qu'un cautionnement civil soit simple. En ce
qui concerne celui dans lequel intervient un commerçant en l'occurrence le banquier, le
cautionnement devient solidaire. Dans le cautionnement solidaire « la caution accepte d'être
poursuivie avant même que le débiteur principal le soit et sans qu'il soit nécessaire de
démontrer la carence de celui-ci ». C'est ainsi la forme de cautionnement la plus adaptée au
cautionnement professionnel, ou bien de celui conclu entre commerçants car « le
cautionnement est commercial si la dette garantie est commerciale et si la caution a un intérêt
personnel à l'opération.
Le cautionnement solidaire est celui que mettent généralement en pratique les banquiers
pour garantir les fonds prêtés à leurs clients. La mise en œuvre paraît plus facile si l'on prend
en compte la spontanéité de paiement de la caution. Mais Il reste à déterminer le régime
juridique du cautionnement.
3-Le régime juridique du cautionnement
L'existence du cautionnement suppose un accord entre le créancier et la caution. Au
moment de l'engagement, la caution doit être capable, pour s'engager de manière expresse.
Les juges ne peuvent pas déduire son consentement de simples attitudes, par exemple : de la
présence à l'acte de cautionnement d'une tierce personne aux côtés des parties contractantes ;
de la seule signature par un tiers ou par un gérant du contrat de crédit. Le consentement de la
caution doit être exempt de tout vice.
Dans le cadre du droit des sociétés, le président du conseil d'administration ne peut
valablement se porter caution d'une dette même de sa propre entreprise que s'il y a été autorisé
préalablement par ledit conseil d'administration, mais cette mesure ne s'applique pas aux
établissements de crédit puisque les actes de caution rentrent dans le cadre normal des
opérations habituellement effectuées par l'entreprise.
L'issue de la garantie est à deux niveaux : d'abord, en cas de paiement du débiteur à
l'échéance, la caution est déchargée ; ensuite, lorsqu'il est défaillant, le banquier se dirige vers

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

la caution qui ne peut invoquer ni le bénéfice de discussion, ni celui de division. En plus, il ne


peut se prévaloir du délai de grâce ou moratoire accordé par le juge au débiteur principal.
Le mécanisme de mise en jeu de la garantie dépendra selon que son patrimoine est
affecté et si le cautionnement est réel ou personnel. Lorsque le cautionnement est réel et porte
sur un ou plusieurs biens déterminés de la caution, la mise en œuvre répond aux modalités de
saisie mobilière ou immobilière. Lorsque le cautionnement est personnel, cela signifie qu'il
porte sur la totalité du patrimoine de son débiteur et dont le banquier n'est à son égard qu'un
simple créancier chirographaire. Il fera donc appel à l'art. 28 de l'Acte uniforme portant
organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d'exécution, et
commencera par réaliser les biens meubles. Dans l’hypothèse d’une insuffisance, il poursuivra
sa créance sur les immeubles.
La caution qui a payé le banquier conserve son recours contre les autres cautions
lorsqu'elles sont tenues d'une même dette et est subrogé dans les droits du banquier contre le
débiteur principal.
Lorsque la caution reçue par le banquier devient insolvable, le débiteur doit en fournir
une autre à défaut il encourt la déchéance du terme : c'est ce qui ressort de l'article 2020 du
Code civil, repris par l'article 16 de l'Acte uniforme portant organisation des sûretés.
Compte tenu du fait que la caution appelée est obligée de payer en cas de défaillance du
débiteur principal, il ne faut pas confondre cautionnement et la lettre de garantie, qui a fait son
entrée dans le jargon juridique Africain à travers l'acte uniforme sur les sûretés.

B- Les garanties et contre-garanties autonomes

Le législateur OHADA a organisé l'une des garanties autonomes les plus répandues
dans le monde des affaires. Le droit des garanties à première demande est né de la pratique, et
par la suite, consacré par la jurisprudence. La chambre de commerce internationale de Paris a
favorisé l'émergence des règles propres à cette garantie, proposées par les organismes
professionnels (en 1978). Malheureusement, ces règles n'ont pas été reçues unanimement dans
le monde du commerce international. Les règles uniformes de la CCI relatives aux garanties
sur demande intervenues en 1992 devraient en principe connaître un plus grand succès. C'est à
partir des règles empruntées à ce texte que les auteurs de l'acte uniforme ont eu l'inspiration
pour régir les « garantie et contre-garantie autonomes » dans le droit des affaires en Afrique.
De ce texte, il ressort un régime propre aux garanties sur demande (1) et un mécanisme de
mise en jeu particulier (2).

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

1- La notion de garantie et contre-garantie autonomes


La garantie autonome encore appelée « garantie à première demande » est une
convention par lequel le garant s'oblige, en considération d’une obligation souscrite par le
donneur d’ordre et sur instructions de ce donneur d’ordre, à payer une somme déterminée au
bénéficiaire, soit sur première demande de la part de ce dernier, soit selon des modalités
convenues. Tandis que, la contre-garantie autonome est un engagement par lequel le contre-
garant s'oblige, en considération d’une obligation souscrite par le donneur d’ordre et sur
instructions de ce donneur d’ordre, à payer une somme déterminée au garant, soit sur
première demande de la part de ce dernier, soit selon des modalités convenues. Cette garantie
est surtout employée dans le domaine des contrats internationaux où elle a fait son apparition.
L'alinéa 1 er de l'article 40 de l'Acte uniforme portant organisation des sûretés prévoit que
seules les personnes morales peuvent souscrire aux garantie et contre-garantie. A ce sujet, la
lettre de l'A.U. est suffisamment large pour y laisser inclure toutes sortes de personnes
morales de droit public ou une société dans laquelle l'Etat est associé.
Les garantie et contre-garantie autonomes mettent aux prises une banque qui s'engage à
indemniser le cocontractant de son client sur simple demande de celui-ci. En conséquence,
c'est un « engagement autonome » et dont distinct des obligations garanties. Selon la Cour de
cassation, le banquier s'engage de ce fait à payer sur simple demande du donneur d'ordres «
une somme à concurrence d'un montant convenu, sans que l'établissement financier puisse
différer le paiement ou soulever une contestation pour quelque motif que ce soit ».
Les garantie et contre-garantie autonomes crées une multiplicité de rapports
d'obligations. Le premier est celui entre le bénéficiaire et le donneur d'ordres. En fait, c'est le
contrat de base ou contrat fondamental qui donne naissance à la lettre de garantie.
Le deuxième rapport existe entre le garant et le donneur d'ordre. En effet, il n'existe
aucun contrat entre eux. Mais seulement, sur son engagement, le banquier est tenu de lui
payer la somme portée à la lettre de garantie. Dès lors, le banquier se fait autoriser à débiter le
compte de son client au cas où la garantie est mise en j eu.
Le troisième rapport est celui existant entre le garant et le bénéficiaire. C'est celui qui
incite la création des garantie et contre-garantie autonomes qui sera susceptible de provoquer
l'appel en garantie et justifiera le paiement par le banquier : c'est celui qui constitue en réalité
l'engagement bancaire à première demande.

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

Le quatrième rapport est celui qui met en exergue la banque du donneur d'ordre et celle
du bénéficiaire. Le banquier du donneur d'ordre est de ce fait le garant au second rang ou
contre garant. Dans la pratique, le mécanisme est que la banque du bénéficiaire - banque
garante - émet elle-même la garantie sur ordre et obtient la contre garantie de la banque du
donneur d'ordre. C'est une autre garantie, toute aussi autonome et indépendante de la
première.
Les garantie et contre-garantie autonomes ne se présument pas. De manière à attirer
l'attention des parties sur la nature et la portée des engagements pris, l'acte uniforme assortit la
convention d'un formalisme d'ordre public. L'acte de garantie et de contre garantie doit donc
comporter à peine nullité certaines mentions obligatoires ainsi qu'il ressort de l'article 41 de
l'acte uniforme sur les sûretés (la dénomination de garantie ou de contre-garantie autonome ;
le nom du donneur d’ordre ; le nom du bénéficiaire ; le nom du garant ou du contre-garant ; la
convention de base ; le montant minimum de la garantie ou de la contre-garantie autonome ;
la date ou le fait entraînant l’expiration de la garantie ; les conditions de la demande de
paiement, s’il y a lieu).
Aussitôt ces précisions faites, il y a lieu d'étudier le mécanisme de mise en jeu de la
garantie à première demande.

2- La mise en jeu des garanties et contre-garantie autonomes


A l'appel en garantie fait par le bénéficiaire, le banquier doit uniquement vérifier que les
conditions de mise en jeu telles que prévues dans la lettre d'engagement sont respectées. Le
bénéficiaire ne sollicite le banquier en paiement que si et dans la mesure où le donneur d'ordre
ne s'est pas exécuté. Dès l'approche de la date limite de paiement, le bénéficiaire place
souvent le banquier devant l'alternative de «payer ou de proroger la garantie ». Le banquier,
compte tenu de sa profession de commerçant oriente son choix presque toujours en faveur de
la prorogation. A défaut de la liberté de choix du banquier, ce dernier doit suivre les directives
de son client.
Selon l'article 45 de l'acte uniforme portant organisation des sûretés, la demande de
paiement doit résulter d'un écrit fait par le bénéficiaire accompagné des documents prévus
dans la lettre de garantie. Cette demande doit préciser que le donneur a manqué à ses
obligations envers le bénéficiaire et en quoi consiste ce manquement. Aussi, toute demande de
contre-garantie doit être accompagnée d'une déclaration écrite du garant selon laquelle ce

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

dernier a reçu une demande de paiement émanant du bénéficiaire, conforme aux stipulations
des lettres de garanties et de contre-garanties.
En théorie et dans l'esprit de la garantie, le banquier est tenu de payer immédiatement
dès l'appel en garantie. Mais dans la pratique, il ne le fera pas automatiquement car souligne
l'article 46 de l'A.U, « le garant ou le contre disposent chacun de cinq jours ouvrés pour
examiner la conformité de la demande en paiement aux termes de la garantie ou de la contre
garantie autonome ». Il est tenu aussi de transmettre, avant tout paiement et sans retard, la
demande au bénéficiaire et tous documents accompagnant celle-ci au donneur d'ordre pour
information ou, le cas échéant, au contre garant pour transmission au donneur d'ordre aux
mêmes fins. Cette mesure d'information permet au mieux de réguler les rapports entre
donneur d'ordre et garant tant il est vrai que, souligne le professeur J. M. MOUSSERON « le
donneur d'ordre est mieux placé que personne pour apprécier le caractère abusif ou frauduleux
susceptible de paralyser le jeu de la garantie en dépit de l'autonomie ».
Après les investigations et les contrôles, le banquier doit payer ce qui est dû au
bénéficiaire. L'article 44 de l'acte uniforme précise que le garant ou le contre garant ne sont
obligés qu'à concurrence de la somme stipulée dans la lettre de garantie ou de contre garantie
sous déduction des paiements antérieurs faits par le garant ou le donneur d'ordre non
contestées par le bénéficiaire.
Pour éviter tout paiement, le banquier ne peut invoquer des exceptions tirées soit du
rapport de base, soit de tout autre rapport inhérent au contrat. Toutefois, l'acte uniforme lui
permet de ne pas payer suivant deux modalités : tout d'abord, il peut lui même constater
l'obstacle. Ainsi, il peut estimer que la demande est faite hors délai ou que les documents
transmis ne sont pas conformes aux prévisions du contrat de base. Il doit donc rejeter la
demande et en aviser le donneur d'ordre et le bénéficiaire dans les meilleurs délais et mettre à
la disposition de ces derniers tous documents présentés.
Ensuite, l'autre obstacle au paiement peut provenir du donneur d'ordre. En effet, selon
l'article 36 AUS, le donneur d'ordre peut valablement faire obstacle au paiement s'il estime
que la demande de paiement est « manifestement abusive et frauduleuse ». De cette
disposition ressort la consécration du principe fondamental de la jurisprudence qui érige la
mauvaise foi en obstacle au paiement. De la validation de ce principe, le juge devra être
méticuleux du point de vue de son application, car il y va de la survie de cette « sûreté ». Car
l'affirme le professeur F. ANOUKAHA, « il va sans dire que tout le contentieux de la lettre de
garantie tournera autour de cette notion ».
Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 22
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

Selon l'application qu'en feront les juges, soit la garantie sera complètement ruinée, soit
elle redorera de toute son efficacité. Il paraît souhaitable de n'appliquer le cas de la mauvaise
foi que dans les cas où elle sera véritablement déterminante, ceci permettra à coup sûr de
renforcer la fiabilité de cet instrument capital de commerce international, tout en sauvegardant
les recours du banquier en vue du recouvrement de son dû.
En fait, le banquier qui a exécuté la garantie, peut demander au donneur d'ordre le
remboursement du versement qu'il a effectué pour son compte. Il procédera par le débit du
compte de son client. Une clause allant dans ce sens est généralement prévue dans la lettre
d'ordre. A défaut d'une telle autorisation, le principe de l'affectation de la généralité des
créances au compte, l'autorise tout de même à opérer une telle garantie. Dans tous les cas, le
législateur OHADA a prévu à l'article 48 que le garant ou le contre garant qui a fait un
paiement utile au bénéficiaire dispose des mêmes recours que la caution contre le donneur
d'ordre.
L'utilisation de cet instrument juridique dans le système OHADA facilite sans doute
l'intégration des pays Africains membre dans le vaste mouvement de mondialisation
économique. Nul doute que de nombreux investisseurs étrangers trouvent en lui un instrument
fiable et facilement réalisable pour la sécurité de leurs transactions.

Paragraphe II - Le régime des hypothèques


Dans la mouvance de la modernisation du droit des affaires en Afrique, le législateur
OHADA a réorganisé les sûretés immobilières et consacré une seule sûreté réelle portant sur
les biens immeubles : il s'agit de l'hypothèque. A ce titre, l'antichrèse n’a pas été consacrée.
L'hypothèque peut ainsi être conçue comme un droit réel accessoire grevant un immeuble et
constitué au profit d'un créancier en garantie du paiement de la dette. L’hypothèque selon
l’AUS en son article 190, « est l’affectation d’un immeuble déterminé ou déterminable
appartenant au constituant en garantie d’une ou plusieurs créances, présentes ou futures à
condition qu’elles soient déterminées ou déterminable ». L'hypothèque n'implique pas un
dessaisissement actuel de son propriétaire. Le créancier faute de paiement à l'échéance de la
dette, saisit l'immeuble entre les mains du débiteur, ou même si celui-ci a aliéné l'immeuble,
entre les mains d'un tiers pour le faire vendre afin de se faire payer en premier sur le prix de la
vente. Mais avant d'étudier le régime juridique applicable aux hypothèques, il est impérieux
de voir au préalable la typologie des hypothèques.

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

A- La typologie des hypothèques

Pour faciliter l'accès au crédit, le législateur a imprimé la liberté de choix des garanties à
la volonté des parties. Relativement à l'hypothèque, il appartient au banquier et son débiteur
de marquer leur choix sur l'immeuble à grever : c'est l'hypothèque conventionnelle. Ce choix
s'opère toutefois sous réserve de certaines situations imposées par le législateur. D'autre part,
la pratique impose d'autres formes d'hypothèques dont il conviendra d’en établir la
quintessence. Il sera alors question des hypothèques classiques de l'OHADA (1) et ensuite des
dérivés de la pratique d'hypothèque (2).

1- Les hypothèques classiques de l'OHADA


L'Acte uniforme a prévu deux types d'hypothèques : ce sont les hypothèques
conventionnelles et les hypothèques forcées.
Les hypothèques conventionnelles résultent de la volonté des parties. Elles sont
instituées par une convention conclue entre le titulaire d'une créance et un constituant, qui
affecte un immeuble à la garantie de cette créance. Ce constituant est en général le débiteur,
mais parfois un tiers, qualifié alors de caution réelle.
Toute dette peut être garantie par une hypothèque conventionnelle. Il peut en être ainsi
du solde débiteur d'un compte courant ou de tout autre concours ou découvert accordé à un
client. L'hypothèque conventionnelle est très usitée par les parties car elle permet de garantir
tout crédit. En revanche, elle est appréciée des banquiers « en raison de sa stabilité et en
l'absence de dépossession, elle ne gêne guère le constituant ». Selon l'article 203 de l'AUS,
l'hypothèque conventionnelle ne peut être consentie que par celui qui est titulaire d'un droit
réel immobilier régulièrement inscrit et capable d'en disposer.
Pour ce qui est de l'hypothèque légale, l'AUS n'a organisé que l'hypothèque légale de la
masse des créanciers en la renvoyant à l'Acte uniforme sur les procédures collectives
d'apurement du passif. L'hypothèque légale de la masse est classique. Elle est organisée par
l'article 74 de l’AUPCAP. Cette forme d'hypothèque n'entrant pas dans le champ de nos
développements, nous ne nous y attarderons que très peu.
Aussi, l’AUS a synthétisé les privilèges immobiliers prévus jadis par le Code civil à
l'article 2013 et mutés par la réglementation foncière en hypothèque légale. Il est fait allusion
ici au privilège du vendeur d'immeuble et du prêteur de deniers pour l'acquisition de
l'immeuble sur lequel porte la vente.

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

Dès lors que le banquier réunit toutes les conditions requises par la loi, le juge est obligé
d'ordonner qu'une inscription d'hypothèque soit faite sur l'immeuble en question. Mais cette
obligation est relative, en ce qui concerne les hypothèques judiciaires.
En ce qui concerne l'hypothèque judiciaire, c'est une mesure conservatoire pouvant
porter, avec l'autorisation du juge, sur un immeuble du débiteur. Ainsi, aux termes de l’article
213 et suivant de l'AUS, le banquier peut obtenir du juge l'autorisation d'inscrire
préventivement l'hypothèque judiciaire sur les biens immeubles de son débiteur. Ainsi, dès le
début d'une action en paiement, une hypothèque judiciaire provisoire peut être prise par le
banquier après accord du juge. Il en résulte que, le juge n'est pas obligé de donner avis
favorable à la prise d'hypothèque. Il peut l'ordonner ou la refuser, « il lui suffit tout
simplement de motiver sa décision »6.
Cette mesure conservatoire, prise de manière unilatérale par le banquier, aurait pour but
d'éviter que le débiteur n'ait à aliéner tous les biens dont il dispose pour échapper au
remboursement à l'échéance et à l'exécution forcée. A travers cette mesure, le banquier
prépare une action au fond qu'il mènera contre le débiteur. C'est pour s'entourer de l'efficacité
et de la sécurité que confère une inscription hypothécaire que le banquier n'hésite pas à
recourir au juge pour s'enquérir de cette protection. Toutefois, la pratique bancaire a imprimé
les dérivés des hypothèques.

2- Les dérivés des hypothèques issues de la pratique bancaire


L'AUS est resté muet sur ces formes de sûretés. Il s'agit en effet du quitus donné par le
débiteur de maintenir sa solvabilité tant que sa dette n'est pas payée. Il en est ainsi de la
promesse d'hypothèque et de l'engagement de ne pas hypothéquer.
- La promesse d'hypothèque est une invention de la pratique bancaire. Elle permet dans
l'immédiat de préserver le crédit du client et d'éviter la constitution longue et coûteuse d'une
hypothèque, tout en assurant au banquier le bénéfice de la sûreté, en capacité d'emprunt du
débiteur. Le banquier dispose uniquement droit d'exiger du client cette garantie, en temps
utile, lorsque la solvabilité de ce dernier semble menacée.
Généralement, la promesse d'hypothèque est faite sous seing privé. Mais au fur et à
mesure de l'évolution du monde des affaires, et pour plus de sécurité, le banquier exige de son
client un mandat qu'ils concluent sous forme authentique. Dès lors qu'il y a carence du

6
F. ANOUKAHA, op. cit., p. 32, n° 73.

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

débiteur, le banquier demande au juge l'inscription d'une hypothèque judiciaire. En fait cette
promesse est très fragile car elle n'empêche pas le débiteur de consentir une hypothèque sur ce
même immeuble au profit d'un autre créancier, qui pourrait l'inscrire avant le banquier, ni
n'accorde à ce dernier aucun droit de suite en cas d'aliénation de l'immeuble en violation de la
promesse. Tout au plus, le banquier peut agir en responsabilité civile contre son débiteur.
Cependant, elle constitue tout de même un moyen véritable de pression sur le débiteur.
- Le dépôt libre du titre foncier en est également une innovation. Elle facilite au débiteur
l’obtention d’un crédit dans de bref délais ; en effet vue les procédures parfois longue liées à
l’inscription hypothécaire, ce moyen permet le contournement de ces procédures pour
permettre au banquier de sécurisé sa créance. Cela se manifeste par le dépôt d’un titre foncier
par le débiteur titulaire d’un immeuble en couverture d’une obligation. Elle se fait
généralement sous seing privé. Toutefois, cette technique bancaire n’est pas toute de même
fiable mais elle est de plus en plus prisée dans les banques.
Cependant il faut relever que la diversité des hypothèques ne conditionne pas ipso facto
le régime juridique applicable.

B - Le régime applicable aux hypothèques


L'hypothèque, droit réel immobilier, ne peut porter que sur un immeuble ou un droit
immobilier dont est titulaire le constituant car une hypothèque portant sur un bien d'autrui est
frappée de nullité. Elle doit donc, pour être valable et opposable, s'entourer de certaines
modalités, pour pouvoir par la suite, produire certains effets.

1 - Les modalités de validité d'une hypothèque


Que l'hypothèque soit conventionnelle ou forcée, elle doit pour être valable s'entourer de
certaines modalités. Ainsi, seuls les immeubles immatriculés peuvent faire l'objet
d'hypothèque, souligne l'article 192 de l'AUS, sous réserve des textes particuliers autorisant
l'inscription provisoire d'un droit réel au cours de la procédure d'immatriculation, à charge
d'en opérer l'inscription définitive après l'établissement du titre foncier. La constitution
d'hypothèque étant un acte d'aliénation, le constituant doit avoir la capacité requise. Compte
tenu de la gravité de l'acte qui atteint le patrimoine du débiteur, l'acte de constitution
d'hypothèque doit être solennel c'est à dire passé par devant notaire.
L'hypothèque ayant pour objet de garantir le crédit, la créance sur laquelle elle est
consentie doit être certaine, déterminée. Ainsi, l'hypothèque « ne peut porter en bloc sur
l'ensemble des dettes du débiteur, mais seulement sur telle ou telle dette en particulier ».
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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

Parallèlement, elle ne saurait porter sur tous les immeubles du débiteur. L'immeuble grevé
doit être individualisé car l'hypothèque n'est valable que si elle est soumise à l'indication
précise de la nature et de la situation de chaque immeuble hypothéqué dans l'acte constitutif,
ou dans un acte postérieur, avec indication de la commune où ils sont situés. En pratique, la
question de la validité d'une hypothèque ne se pose pas lorsqu'il s'agit d'une hypothèque
forcée. L'hypothèque conventionnelle au contraire, doit pour être opposable aux tiers être
inscrite au livre foncier c'est à dire publier.
De manière générale, il ressort de la législation foncière que l'hypothèque doit être
inscrite à la conservation foncière. Toute personne intéressée peut y procéder. Mais en
pratique, c'est le notaire par devant lequel l'acte constitutif a été conclu qui en fait
l'inscription, mais l'acte n'impose aucune obligation à ce dernier de le faire. Etant donné que
l'acte d'hypothèque est un acte authentique et aucun délai n'étant prévu pour la publication
d'une hypothèque, il revient au banquier de faire le nécessaire pour que l'acte soit inscrit au
plus tôt car souligne l'article 206 AUS « tant que l'inscription n'est pas faite, l'acte
d'hypothèque est inopposable aux tiers et constitue, entre les parties, une promesse
synallagmatique qui les oblige à procéder à la publicité ». En plus, seule la date d'inscription
du privilège détermine le rang auquel le banquier sera payé. Il a donc intérêt à y procéder au
plus vite.
Exceptionnellement, l'Acte uniforme a prévu deux cas dans lesquels l'inscription peut
être différée. Le premier concerne un immeuble en cours d'immatriculation où le législateur
admet une « inscription provisoire » à charge de prendre « une inscription définitive » après
l'entreprise du titre foncier.
L'ouverture d'une procédure collective interdit toute inscription de sûreté sur le
patrimoine du débiteur en difficultés. A défaut, lorsqu'elle est régulièrement inscrite, elle
produit certains effets.

2 - Les effets d'une hypothèque


Pour qu'une hypothèque soit efficace et opposable aux tiers, elle doit nécessairement
être inscrite. L'inscription conserve les droits du banquier jusqu'à la date fixée par la
convention ou la décision de justice : son effet cesse si elle n'est pas renouvelée, avant
l'expiration de ce délai, pour une date déterminée. Etant donné que plusieurs hypothèques
peuvent être inscrites sur un même immeuble, le problème ne se posera que faute de paiement

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du débiteur. Ainsi, il faudra procéder à la réalisation de l'immeuble. Cette mesure obéit aux
règles relatives à la procédure de saisie immobilière.
L'hypothèque confère au banquier qui en est bénéficiaire un droit de préférence et un
droit de suite. En cas de non-paiement à l'échéance, il fait mettre en œuvre la procédure de
saisie immobilière pour se faire payer sur le prix. Il ne peut par convention avec son débiteur
décider de passer outre la procédure judiciaire de réalisation de l'immeuble. C'est dans le cas
où la valeur de l'immeuble devient insuffisante pour le règlement de sa créance qu'il poursuit
le paiement sur d'autres immeubles de son débiteur.
L'hypothèque, comme toutes autres sûretés, peut s'éteindre. Cette extinction est prévue à
l'article 201 al. 2 de l’AUS. De ce texte, il résulte que l'hypothèque conventionnelle ou forcée
s'éteint avec l'extinction de l'obligation principale, de la renonciation du créancier à
l'hypothèque, de la péremption de l'inscription attestée, de la purge de l'hypothèque. Ainsi,
l'extinction d'une hypothèque peut être totale ou partielle.
L'extinction totale résulte le plus souvent du paiement satisfaisant de la créance. En
revanche, un paiement partiel de la créance fait subsister la totalité de l'hypothèque sauf
réduction ordonnée par le juge sur demande du débiteur justifiant « de motifs sérieux et
légitimes ». L'hypothèque s'éteint aussi parfois alors que subsiste la créance. C'est notamment
le cas lorsque le banquier renonce au bénéfice de l'hypothèque. L'extinction dans ce cas est
absolue sauf lorsque la renonciation a eu pour objet de permettre au débiteur de contracter un
prêt. L'hypothèque reste opposable aux autres créanciers. La purge éteint aussi totalement la
créance. Faute par le banquier de renouveler son hypothèque au délai requis, celle-ci peut être
périmée.
L'extinction partielle intervient dans deux circonstances : en cas de réduction, lorsque le
débiteur fait un paiement partiel à la demande du banquier ou en cas de disparition du droit de
suite, notamment après la purge des hypothèques, pesant sur un immeuble à l'occasion de sa
vente ou par suite d'expropriation pour cause d'utilité publique car le banquier n'a plus alors
qu'un droit de préférence sur l'indemnité d'expropriation.
L'hypothèque est une sûreté d'une importance capitale. Elle peut permettre l'accès à
toute forme de crédits. Mais son apport est considérable dans les crédits à long terme et
certains crédits à court terme. Elle est notamment prisée dans le domaine de la garantie du
solde des comptes courants. L'acte uniforme n'a véritablement pas allégée la procédure
d'élaboration des hypothèques, ce qui n'est pas le cas des sûretés réelles mobilières dont le
panel semble avoir été élargi.
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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

SECTION 2 - L'EXTENSION DU PANEL DES SURETES REELLES


MOBILIERES

Tout crédit important doit être nécessairement subordonné à la constitution ou la


reconnaissance d'une sûreté. La constitution d'une sûreté réelle permet au banquier, entre
autres d'échapper à la loi de concours ou d'égalité caractérisant le créancier ordinaire.
A travers de nombreux choix conférés aux donneurs de crédits, le législateur OHADA a
augmenté la gamme des garanties disponibles pour faciliter l'octroi du crédit. De ce fait, « les
parties peuvent alors plus librement exprimer leurs choix ». Le gage qui représente une place
importante porte sur un meuble corporel (gage) ou incorporel (nantissement). Ainsi, il sera
question d'étudier tour à tour le gage et le régime des nantissements.

Paragraphe I - L’usage du gage

Depuis la réforme de 2010, le législateur OHADA circonscrit le gage aux meubles


corporels. Défini à l'article 92 de l’A.U.S, il s’agit d'un « contrat par lequel le constituant
accorde à un créancier le droit de se faire payer par préférence sur un bien corporel ou un
ensemble de biens meubles corporels, présents ou futurs » Il est important de savoir quelles
sont les modalités du gage avant le régime juridique qui lui est applicable et les effets qui
dérivent d'un contrat de gage.

A- Les modalités du gage

La dépossession du débiteur a pour objet de manifester aux yeux des tiers et notamment
d'autres créanciers que le banquier a un droit sur le meuble mis en gage. Cette dépossession
dure aussi longtemps que peut durer le gage lui-même, tant que le banquier n'est pas
entièrement payé. La créance garantie peut donc, de ce fait, être soit à terme, soit
conditionnelle, soit éventuelle.
En ce qui concerne le bien remis en gage, le constituant doit être propriétaire dudit bien.
Il peut être soit le débiteur lui-même, soit un tiers. Et dans ce dernier cas, le tiers est tenu en
tant que « caution réelle ». Le bien objet du gage doit être forcément un meuble. Ce bien
mobilier peut être corporel ou incorporel. Il doit s'agir d'un bien aliénable, car en cas de
défaillance du débiteur lors du remboursement, le banquier pourra le vendre librement pour se

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faire payer sur le prix ou dans la situation où le législateur le prévoit, il peut se le faire
attribuer.
En ce qui concerne la remise de la chose, le débiteur doit se dessaisir de la chose donnée
en gage et en transmettre la possession au banquier ou à un tiers convenu. En principe, la
chose doit être remise au banquier qui se charge de sa garde. Mais pour lui éviter l'entretien et
la conservation des biens qui nécessitent des soins sérieux, les parties peuvent convenir de
confier le bien à un tiers. C'est le mécanisme de l'entièrement.

Par le phénomène de l'entièrement, l'avantage que peut se procurer le débiteur est qu'il
peut consentir d'autres sûretés sur ces biens. La substitution à l'objet déposé d'un bien de
même valeur peut intervenir dans deux circonstances : en cas de perte de la chose, le gage se
reporte sur l'indemnité d'assurance ; lorsque l'objet est une marchandise susceptible de perdre
sa valeur, en se détériorant ou en se démodant, on admet qu'une autre marchandise analogue
la remplace pour permettre la réalisation du gage. La chose nouvelle étant placée dans la
même situation juridique que la chose originelle, il s'agit là d'une subrogation réelle. Mais
pour que le gage soit efficace, il doit satisfaire à certaines règles.
Les gages sur meubles corporels concernent d'une part le matériel professionnel et des
véhicules automobiles, et d'autre part celui relatif aux stocks.

1- Le gage du matériel professionnel et des véhicules automobiles


Pour faciliter l'équipement des entreprises, le législateur a organisé la possibilité pour
l'acheteur à crédit de constituer un gage sur l'outillage et le matériel d'équipement
professionnel objet de la vente. Aussi, ce gage peut également profiter à celui qui a prêté les
fonds nécessaires à l'acquisition de ce matériel.
Les biens pouvant être nantis sont ceux servant à l'équipement du débiteur pour
l'exercice de sa profession. Peu importe qu'il soit neuf ou usagé, le caractère professionnel
doit être avéré. Cependant, il importe peu qu'il serve à un usage civil ou commercial.
En fait, que gage porte sur le matériel professionnel ou sur le véhicule automobile, il
doit être constitué par écrit, passé en forme authentique ou sous seing privé et dûment
enregistré. La publicité est faite par une inscription au RCCM, à la diligence du créancier
nanti qui est le banquier. L'inscription a pour effet de conserver les droits du banquier pour
une durée de cinq années à compter de sa date. Son effet cesse si elle n'a pas été renouvelée
avant l'expiration de ce délai.

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

Dans la pratique, le matériel professionnel fait normalement partie d'un fonds de


commerce. De ce fait il doit être compris dans le privilège du vendeur du fonds de commerce
dont il doit être juridiquement séparé. Pour sécuriser la sûreté bénéficiant au créancier nanti,
sous la pression de la doctrine, le législateur français a admis l'apposition d'une plaque sur les
meubles engagés, plaque que le débiteur n'a pas le droit d'enlever. L'apposition de la plaque
produit donc un double effet : l'opposabilité aux tiers du gage et l'interdiction faite au débiteur
de procéder en toute liberté à la disposition des biens gagés. En l'absence de paiement à
l'échéance, le banquier peut lui-même provoquer la vente des biens nantis. La publicité
effectuée lui confère un droit de suite. En l'absence de dépossession du débiteur, il est difficile
d'envisager un droit de rétention, fut-il fictif.

En ce qui concerne la vente des véhicules automobiles gagés, du fait qu'il reste à
disposition du débiteur, le banquier devra au préalable obtenir la remise du véhicule en
pratiquant au besoin la saisie-attribution telle que prévue aux articles et suivants de l'acte
uniforme relatif aux voies d'exécution. Dès qu'il l'aura appréhendé, il pourra le faire vendre
pour se faire payer sur le prix. Mais la vente forcée ne pourra intervenir qu'après échec de la
vente amiable initiée par le débiteur et imposée par l'acte uniforme. Le droit de préférence du
banquier se reporte sur le prix de vente.
Quant au droit de suite, il pourra heurter le principe posé par l'article 2279 du code civil.
Aussi, le banquier peut se baser sur la lettre de l'article 104 de l'acte uniforme relatif aux
sûretés se faire attribuer les biens gagés par le juge jusqu'à concurrence du montant de la
créance et à dire d'expert.

2 - Le gage des stocks


Pour élargir les possibilités offertes au débiteur candidat à une demande de crédit
bancaire, le législateur OHADA a regroupé les divers warrants des législations antérieures
sous le vocable de nantissements des stocks. Mais la question peut être discutée concernant le
warrant hôtelier dans la mesure où l'article 120 de l'acte uniforme sur les sûretés dispose que
seules les matières premières, les produits d'une exploitation agricole ou industrielle, les
marchandises destinées à la vente, peuvent être gagés sans dépossession par l'émission d'un
bordereau de nantissement, à condition de constituer un ensemble déterminé de choses

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

fongibles avant l'émission du titre. Il serait à notre avis difficile d'insérer les produits destinés
à une exploitation hôtelière à une de ces catégories.
Comme le gage du matériel professionnel et les véhicules automobiles, le gage des
stocks est constitué par un acte sous seing privé ou authentique dûment enregistré qui doit à
peine de nullité contenir les mentions de l'article 96 AUS. Il ne peut produire des effets que
s'il est inscrit au RCCM et conserve les droits du banquier pendant une période d'un an à
compter de sa date. Selon l'article 98, son effet cesse si elle n'est pas renouvelée avant
l'expiration de ce délai.
Après inscription du gage, le bordereau doit être remis au banquier à la diligence du
débiteur par voie d'aval ou d'endossement. Pour la sécurité de la sûreté, le stock de
marchandises doit être maintenu au même niveau jusqu'au complet paiement de la créance. Ce
qui impose au débiteur de remplacer chaque fois les choses de genre après-vente. Et pour
accroître cette sécurité, un compte bancaire est ouvert auprès d'un établissement de crédit pour
recueillir le produit de la vente et la livraison ne peut s'effectuer qu'après consignation du prix
chez le banquier domiciliataire. A défaut de remboursement à l'échéance, le banquier peut
procéder à la réalisation des biens en stocks en respectant les dispositions de l'acte uniforme
relatif aux voies d'exécution.
Le gage des stocks est une sûreté fiable, achevée et facilement réalisable. Garantissant
les droits du banquier pour une durée d'un an, le bordereau qui le représente a une validité de
trois ans renouvelable. Relativement à la protection du banquier et à la possibilité offerte au
débiteur, c'est une sûreté très adaptée aux crédits à court terme, notamment pour faire face à
des crises de trésoreries généralement passagères. Le banquier pouvant soit réaliser le stock
confié au magasin général, soit se faire attribuer les sommes consignées chez le banquier
domiciliataire.

B - Le régime du gage

Le banquier doit convenir avec son client du bien que ce dernier doit lui donner en gage.
Quelle que soit la nature de la créance garantie, le gage doit être constaté par écrit pour être
opposable aux tiers. Cet écrit directement enregistré contient l'indication de la somme due
ainsi que l'espèce, la nature et la quantité des biens meubles donnés en gage. La créance
bancaire étant une créance commerciale, aucun écrit n'est exigé pour sa validité, l'écrit étant

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

tout simplement pour servir de preuve, bien que la preuve en matière commerciale puisse se
faire par tout moyen.

Pour ce qui est du gage portant sur une créance, le débiteur constituant doit, en plus d'un
écrit constatant ledit gage, le signifier à son propre débiteur. S'il ne le fait pas, le banquier
peut lui-même procéder à cette signification. Sur la demande du banquier, le débiteur
transféré peut s'engager par écrit de lui payer directement ce qu'il doit à son créancier. Cet
écrit est exigé à peine de nullité. Un tel engagement interdit du débiteur transféré d'opposer
les exceptions fondées sur ses rapports personnels avec son propre créancier. S'il ne s'engage
pas à payer directement, il est néanmoins tenu de payer si, au jour de l'échéance, il n'a aucune
exception à opposer à son propre créancier ou au banquier. Le paiement effectué dans de
telles conditions constitue l'un des effets du gage.

C - Les effets du gage


Le gage permet au banquier de retenir le bien gagé jusqu'à complet paiement de sa dette
en principal, intérêts et frais. Il dispose donc d'un droit de rétention sur la chose. Au cas où le
débiteur ne paie pas la dette à l'échéance, le banquier muni d'un titre exécutoire peut faire
procéder à la vente forcée de la chose gagée. Pour ce faire, il est tenu de requérir l'autorisation
du juge compétent. En plus et selon l'article 104 alinéa 2 de l'acte uniforme la juridiction
compétente peut autoriser l'attribution du gage au banquier jusqu'à due concurrence et d'après
estimation suivant les cours et à dire d'expert. Il est donc interdit toute entente - clause de voie
parée ou pacte commissoire -, qui permettrait à tout créancier de disposer du gage ou de se
l'attribuer sans recourir à l'autorisation judiciaire. C'est donc un texte d'ordre public. Lorsque
le gage constitué est une créance, le banquier dispose pour le réaliser de deux moyens : si
l'échéance de la créance donnée en gage est antérieure à celle de la créance garantie, le
créancier gagiste est admis à en percevoir le montant en capital et intérêt, sauf clause contraire
; et si l'échéance de la créance garantie est antérieure à celle de la créance donnée en gage, le
banquier est tenu d'attendre l'échéance de cette dernière pour en percevoir le montant. Cette
seconde mesure, bien que toute aussi bénéfique et quelque peu sécurisante, constitue une
forme indirecte de prorogation du terme de la créance. Mais peu importe ; elle permet au
banquier de se faire payer par priorité.
Le banquier détient du gage un droit de préférence : c'est le droit de se faire payer par
préférence aux autres créanciers. Son droit au paiement s'étend aux autres dettes nées entre la
même débitrice et lui, postérieurement à la mise en gage et devenues exigibles avant le
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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

paiement de la première dette, même en l'absence de toute stipulation contractuelle allant dans
ce sens.
La réalisation du bien gagé obéit aux règles prévues par l'A.U.V.E. Il peut être procédé
soit à la vente amiable, soit à la vente forcée. La réalisation ne prendra fin que si le prix
obtenu est suffisant pour payer le banquier en principal, frais et intérêt, et aussi, si toutes les
charges du gage et de la réalisation peuvent être payées. Une fois le paiement effectué, le gage
s'éteint et le rapport d'obligation entre le banquier et le débiteur disparaît. Si non, tant qu'il
n'est pas entièrement payé, le banquier peut exercer à titre régulier le droit de rétention auquel
l'acte uniforme a consacré un certain nombre de dispositions.

Paragraphe II - L'extension du régime des nantissements


Dans le souci de simplifier la situation du demandeur de crédit, le législateur OHADA a
unifié le régime des « nantissements sans dépossession ». Aucun acte uniforme ne définit de
manière claire ce qu'est un nantissement. Seulement, aux termes de l'art. 2071 du code civil, «
le nantissement est un contrat par lequel un débiteur remet une chose à son créancier pour
sûreté de sa dette ».
Ces biens peuvent constituer de véritables garanties pour le paiement des créances. En
raison de la fonction qu'ils rendent dans l'activité de leurs propriétaires, ils ne peuvent donc
être dessaisis, et restent à la disposition de ces derniers. Ce qui laisse transparaître l'étude du
nantissement des biens meubles incorporels.
Par le nantissement des meubles incorporels, on désigne les droits d'associés et des
valeurs mobilières, et le fonds de commerce.

1 - Le nantissement des droits d'associés et des valeurs mobilières


Les valeurs mobilières peuvent être des titres négociables représentant des droits
d'associés (actions ou parts sociales) ou de prêteurs à long terme (obligations). Les droits sont
représentés par le titre qui les matérialise. Ils peuvent être au porteur ou nominatif. A ce titre,
les droits que détient un associé ou un actionnaire dans une société, peuvent lui permettre de
recourir au crédit. Il devra de ce fait donner ces titres en nantissement.
Le nantissement des droits d'associés et des valeurs mobilières permet de garantir
auprès d'un banquier diverses modalités de crédits : en général, ce sera une avance sur titres.
Non seulement il pourra bénéficier d'un prêt d'un montant déterminé, ou d'une ouverture en
compte courant dont le nantissement garanti le solde débiteur, mais en plus, il peut aussi avoir

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

droit à un crédit d'escompte, ou s'il faut être précis, le paiement à l'échéance des effets
escomptés.
Les parties peuvent convenir par elles-mêmes des modalités de leur contrat de
nantissement. Le nantissement conventionnel doit être constitué par acte authentique ou sous
seing privé dûment enregistré.
Qu'il soit judiciaire ou conventionnel, il doit à peine de nullité contenir les mentions
relatives aux noms, prénoms et domiciles du débiteur et du constituant si celui-ci est un tiers,
le siège social et le numéro d'immatriculation au RCCM de la personne émettrice desdits titres
; le nombre et le cas échéant les numéros des titres nantis ; le montant de la créance garantie ;
les conditions d'exigibilité de la dette en principal et intérêt ; et enfin l'élection du domicile du
créancier dans le ressort de la juridiction où est tenu le RCCM du lieu d'immatriculation de la
société. L'actionnaire qui nanti ses actions pour obtenir du crédit auprès d'un banquier est tenu
d'en informer la société « par une déclaration datée et signée. Cette déclaration contient le
montant de la somme due ainsi que le montant et la nature des titres constitués en gage ». La
société ouvre donc un compte spécial au nom du titulaire desdits titres dans lequel sont virés
les titres nantis et tenus par la personne morale émettrice ou l'intermédiaire selon le cas. Dès
lors, une attestation de constitution du gage est délivrée au créancier gagiste.
En pratique, le nantissement des droits sociaux et des valeurs mobilières conduit à une
distinction : lorsque le titre est au porteur, le nantissement est constaté par une déclaration du
titulaire de compte sur lequel ils sont inscrits. Le compte spécial est tenu par le banquier ou
par la société émettrice et une attestation de nantissement est donnée au banquier créancier.
Et lorsque le titre est à ordre, le nantissement s'opère par voie d'endossement indiquant
que les valeurs ont été émises en garantie (endossement pignoratif) ; et lorsque le titre est
nominatif, le nantissement s'effectue par transfert à titre de garantie sur les registres du
débiteur.
Aux termes de l'article 165 AUS, le nantissement valablement constitué ne produit effet
que s'il est inscrit au RCCM. A ce titre, il conserve les droits du créancier nanti pendant cinq
années à compter de sa date. Son effet cesse si elle n'a pas été renouvelée avant l'expiration de
ce délai. De cette disposition, il ressort que le nantissement des droits d'associés et de valeurs
mobilières peut constituer un moyen efficace de garantie de crédit à moyen terme. Ceci est
d'autant efficace que la réalisation de cette sûreté à l'échéance, en cas de défaillance du
débiteur retrouve la simplicité et la facilité de réalisation des biens mobiliers corporels.

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

Ainsi le banquier qui ne sera pas payé à l'échéance va recourir au juge pour l'exécution
forcée à travers soit la vente amiable du débiteur, soit la vente forcée.
Un autre moyen efficace de recouvrement réside dans le fait que, si la société a donné
son consentement au projet de nantissement d'actions, ce consentement emporte agrément du
cessionnaire en cas de réalisation forcée des actions nanties, à moins que la société ne préfère
racheter ces actions sans délai en vue de réduire le capital.
Cette mesure de rachat prévue par le législateur permet aux sociétés - surtout celle
dominée par l'intuitu personae - d'éviter que des personnes non désirées n'acquièrent la qualité
d'associé ou d'actionnaire. La société devra pour ce faire, racheter les actions et par là,
favoriser le remboursement du banquier. Cette sécurité est-elle aussi perceptible lorsqu'il
s'agit d'un fonds de commerce ?

2 - Le nantissement du fonds de commerce


Le fonds de commerce peut être conçu comme un ensemble de biens meubles qu'un
commerçant organise et assemble pour conquérir la clientèle. C'est en fait un ensemble de
moyens utilisés pour attirer et fidéliser la clientèle. Le fonds de commerce est un élément
important du crédit commercial. Le banquier prêtera d'autant plus volontiers au commerçant
qui disposera sur son fonds d'une garantie. Cette garantie s'apprécie en termes denantissement,
gage sans dépossession, parfois désigné sous le vocable d'« hypothèque mobilière ». En fait,
ce nantissement est parenté à une hypothèque, puisque le commerçant reste à la tête de son
activité mais seulement affecte tout simplement sa valeur économique au remboursement de
la dette contractée.
Le nantissement du fonds de commerce porte sur la clientèle, l'enseigne, le nom
commercial, le droit au bail et les licences d'exploitation. Il peut aussi porter sur les éléments
incorporels du fonds de commerce tels que les brevets d'invention, marques de fabrique et de
commerce, dessins et modèles et d'autres droits de la propriété intellectuelle ainsi que le
matériel. L'extension du nantissement à ces derniers éléments doit faire l'objet d'une clause
spéciale désignant les biens engagés et d'une mention particulière au RCCM

Le nantissement du fonds de commerce peut être conventionnel ou judiciaire. Le


nantissement judiciaire est accordé par le juge, à la demande du créancier qui risque de perdre
son crédit. En l'espèce, cette mesure est subordonnée à la réunion de deux conditions :
d'abord, le recouvrement de sa créance doit être mis en péril par la situation du débiteur

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 36
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

commerçant : et ensuite il doit avoir urgence. Dès lors, le juge autorise au créancier de
prendre une inscription provisoire qui deviendra définitive avec la décision de validation
passée en force de chose jugée. Avec le nantissement provisoire, le fonds reste aliénable. Mais
seulement, le prix éventuel reste consigné au bénéfice du créancier dans l'attente du titre
exécutoire. Le contrat de nantissement résulte d'une convention passée entre un établissement
de crédit et le débiteur commerçant. Il doit être écrit et enregistré. L'écrit doit être constitué
par acte authentique ou sous seing privé contenant obligatoirement les mentions de l'article
165 de l'AUS à peine de nullité. Qu'il soit conventionnel ou judiciaire, il doit être inscrit au
RCCM pour produire des effets.
Lorsque le fonds de commerce est un bien commun, étant donné que le nantissement
d'un fonds de commerce constitue un acte grave pour le patrimoine du débiteur, le
consentement des deux époux est nécessaire.
Lorsque le nantissement conventionnel ou judiciaire porte sur des brevets d'invention,
marques de fabrique, de service et de commerce, des dessins et modèles et autres droits de
propriété intellectuelle, ainsi que sur le matériel, il doit en dehors de l'inscription de la sûreté
au RCCM, être satisfait aux dispositions relatives à la production intellectuelle et aux règles
de l'acte uniforme sur le nantissement du matériel faisant partie du fonds de commerce.
La faiblesse de cette sûreté réside dans le fait qu'elle n'admet pas le droit de rétention, ni
la faculté d'attribution du fonds gagé. Puisque la sûreté ne recouvre que la valeur du bien sur
lequel elle est assise, la créance du banquier peut ne pas être couverte à l'échéance si le fonds
perd de sa valeur et devient très faible pour couvrir les créances nanties. Ainsi, cette sûreté est
donc prise lorsqu'il n'y en a pas de meilleure.
Le banquier s'inscrira toujours au RCCM pour éviter que quelqu'un d'autre ne le fasse à
sa place ou bien qu'un autre créancier ne le devance à l'inscription.

L'inscription conserve les droits du banquier pendant une durée de cinq années à
compter de sa date. Son effet cesse si elle n'a pas été renouvelée avant l'expiration de ce délai.
C'est donc une sûreté garantissant les crédits à moyen terme. Elle garantit aussi relativement
au principal, les intérêts pour deux années.
La vente du fonds de commerce, qu'elle soit amiable ou judiciaire, ne peut avoir lieu
que si le vendeur ou l'auxiliaire de justice chargé de la vente, a produit au préalable un état
descriptif des inscriptions prises sur le fonds. Cette mesure vise à avertir tous les candidats à
l'acquisition du fonds de l'état des inscriptions.
Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 37
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

Les créanciers inscrits peuvent exercer un droit de surenchère qui leur est accordé par le
législateur. Ils peuvent également exercer leurs droits de suite et de réalisation conformément
aux dispositions prévues pour la réalisation des biens mobiliers. Aussi, sur le prix de vente, le
droit de préférence leur est accordé.
En définitive, le régime des nantissements prévu par l'acte uniforme OHADA est propre
à l'octroi des crédits uniquement à court terme (nantissement des stocks) ou à moyen terme
(véhicules, matériels, droits d'associés et valeurs mobilières, fonds de commerce). Le
banquier qui prend le risque à long terme pourra facilement perdre sa créance. Au total, les
garanties de crédit de l'OHADA permettent un accès facile au crédit compte tenu de la
diversité, de l'unification des régimes de publicité, l'inscription de toutes les sûretés au
RCCM, pour les rendre opposable, et surtout, la célérité des procédures de réalisation. La
faveur est celle du demandeur de crédit qui saura tout simplement adapter une sûreté au type
de crédit qu'il sollicite. C'est là une des grandes innovations de l'OHADA.
Le législateur a également pensé aux sûretés pouvant intervenir dans un système de
crédit à l'international. On peut à juste titre citer la lettre de garantie à côté du cautionnement.
A l'ère de la mondialisation économique, il fallait bien s'y attendre. Mais l'acte uniforme n'a
pas organisé toutes les garanties dont de nombreuses restent applicables et qui dérivent de la
pratique des affaires.

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

CHAPITRE IV : LA JUDICIEUSE ADAPTATION DES GARANTIES


ISSUES DE LA PRATIQUE BANCAIRE A LA SITUATION DU
DEMANDEUR DE CREDIT

Les banques pratiquent toutes sortes de sûretés, qu'elles soient réelles ou personnelles.
Cette distinction est classique en matière de garanties. Mais la pratique bancaire emploie
d'autres types qui n'intègrent pas facilement ces catégories : ce sont les sûretés spécifiques.
Généralement, les garanties constituées s'adaptent aux caractères généraux du crédit.
Ceci évite qu'un obstacle se dresse à la mobilisation éventuelle ou à la circulation de la
créance garantie. La garantie peut être liée à l'opération financée ou être indépendante de
ladite opération. De ce fait, il est tenu compte des risques encourus, de la simplicité de
constitution et la facilité de réalisation.
Le domaine des garanties en usage dans la pratique est vaste. L'étude de toutes ces
sûretés relève d'une mission sérieusement difficile. Ce qui nous amène à orienter notre
réflexion autour de la pratique prisée de certaines sûretés classiques (section I) et l'usage
méticuleux de certaines garanties spécifiques (section 2).

SECTION I – L’ATTRACTIVITE DE CERTAINES GARANTIES


CLASSIQUES

De nombreuses sûretés sont utilisées dans la pratique bancaire. Nul doute qu'il est tenu
compte, de la simplicité de constitution et de la facilité de réalisation. De la sorte, le banquier
tient compte des divers moyens qui sont mis à sa disposition pour assurer le remboursement
du crédit qu'il consent à son client.
Entre autres garanties attractives que peut exiger un banquier dans l'octroi des crédits,
l'on peut évoquer la pratique des assurances (paragraphe I), la domiciliation bancaire des
salaires (paragraphe II) et enfin.

Paragraphe I - La pratique des assurances


L'assurance-crédit est aussi connue sous le nom de couverture de la garantie de crédit.
Elle est née en Europe au milieu du 19ème siècle. Née après la première guerre mondiale, elle

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 39
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

a servi à encourager les exportations vers des pays jugés risqués pour les échanges en compte
ouvert.
L'assurance-crédit connaît un succès sans cesse croissant tant ses applications sont
diverses. En effet, c'est un contrat par lequel un assureur garantit un créancier contre le risque
de non recouvrement de sa créance. La garantie est due contre le versement d'une
rémunération ou prime à l'assureur, dont le montant est fonction non seulement de
l'importance et de la durée du crédit, mais aussi de la nature du risque. Ce qui nous conduit
d'une part à étudier la technique des assurances (A) et ensuite le mécanisme de l'assurance-
crédit (B).

A- La technique des assurances

La pratique des assurances, dans ce contexte, concerne essentiellement l'assurance-


crédit. La technique des assurances est de manière indéniable une pratique usitée dans le
commerce international, où elle couvre des risques divers et variés. Son expansion sur le plan
interne laisse apparaître que c'est un moyen permettant au banquier de sécuriser même les
petits crédits qu'il accorde soit aux entreprises, soit aux ménages.
L'assurance-crédit demeure une opération d'assurance couvrant les risques engendrés
par l'octroi du crédit. Contrairement à la France où des organismes spécialisés garantissent les
banques contre les risques de non-paiement à l'échéance à l'instar de la COFACE7, il n'existe
pas, à notre connaissance, de structure pareille au Cameroun.
Ainsi peuvent être couverts par l'assurance-crédit les risques commerciaux d'une part, et
les risques politiques d'autre part. En ce qui concerne les risques commerciaux, il s'agit
principalement de la défaillance et de l'insolvabilité du débiteur au moment du paiement. La
défaillance concerne le non-paiement de la créance à l'échéance. A la demande du créancier,
l'assureur garantit le paiement de la créance à l'échéance par le débiteur. Cette garantie est
transmise au tiers porteur de la traite, et prend la forme cambiaire de l'aval.
Le risque d'insolvabilité du débiteur peut être constaté par une procédure collective
ouverte à l'encontre du débiteur ou simplement par l'écoulement d'un délai de carence prévu
dans la police d'assurance. « L'assurance insolvabilité » est une technique financière encore en
pleine expansion. Pour l'instant et sur le plan interne, elle ne concerne que les opérations de
crédit à court terme entre commerçants.

7
Compagnie Française d'Assurance au Commerce International.
Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 40
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

En ce qui concerne les risques politiques, ils sont liés à des événements naturels, à des
troubles, guerre ou changements politiques remettant en cause les relations avec l'étranger. La
conception des risques de guerre est large. Il s'agit en effet de toute situation ou tout
événement susceptible de causer une instabilité dans un Etat. D'autres risques politiques
peuvent être liés au transit ou au transport, et également au transfert.

B - La mise en œuvre de l'assurance-crédit


Les échanges commerciaux nationaux et internationaux étant pour la plupart financés
par les banques, la sécurité des fonds décaissés doit être mise en avant. Ainsi, une police
d'assurance est souscrite pour l'ensemble des créances en jeu. Elle est souscrite par le
créancier ou le fournisseur, et transmise au banquier au moment où celui-ci décide de
mobiliser la créance de son client. En pratique, ce qui est transmis au banquier, ce n'est point
la police, mais le droit à indemnité qui y est rattaché. Ce qui fait que l'assurance ne couvre que
le risque d'insolvabilité définitive et laisse le souscripteur - fournisseur ou client de la banque
- supporter une partie du non-paiement.
Dès que survient le sinistre, l'assureur est tenu de payer l'indemnité due au banquier.
L'assureur qui a effectué un paiement est par priorité, subrogé dans les droits et actions de
l'assuré, notamment ceux dérivés du contrat. Ainsi, il dispose d'un recours contre le débiteur
défaillant. L'assurance-crédit peut servir en définitive trois objectifs : permettre de s'assurer
que le paiement a toute les chances d'être effectué sans problème ; rassurer la banque sur le
fait que l'emprunteur est prudent et conscient de la nécessité de protéger son investissement
contre des événements qui risquent d'empêcher le remboursement ; enfin et surtout, faire
office de garantie pour l'obtention d'un prêt.
Une autre forme non moins importante des assurances concerne les assurances-vie. Elle
est utilisée surtout dans le crédit aux particuliers, en particulier immobilier. Elle est souscrite
par le débiteur au bénéfice du banquier et garantit non pas le risque d'insolvabilité, mais celui
de décès. Elle protège à la fois les héritiers et les banquiers, exposés à une renonciation à la
succession. Dans le cas typiquement camerounais, l'assurance-vie est le plus souvent utilisée
pour l'obtention du crédit destiné à l'habitat social, acquisition des terrains et, amélioration de
l'habitat. Il est prévu que les parties - banquier et client - peuvent conclure d'un commun
accord, le remboursement trimestriel ou semestriel d’un prêt, n'entraînant aucune charge
supplémentaire pour le client. Mais il n'est prévu aucun organisme spécial chargé de veiller à
la bonne marche de cette technique de garantie ou de sa mise en œuvre. Un effort se doit

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

d'être fait à ce niveau comme c'est le cas du FOGAPE 8 pour les petites et moyennes
entreprises.
En dehors des assurances, les parties peuvent convenir d'utiliser aussi comme garantie,
la domiciliation bancaire des salaires

Paragraphe II - La domiciliation bancaire des salaires


La domiciliation bancaire des salaires s'applique beaucoup plus aux crédits consentis
aux particuliers. Il s'agit d'une « attestation de virement irrévocable des salaires ou des
revenus ». La domiciliation consiste en la désignation du domicile où un effet est payable. Il
peut s'agir d'une banque ou d'une bourse. Le domiciliataire étant ici la banque.
En général, la banque demande au client emprunteur de faire virer son salaire ou son
traitement au compte ouvert dans ses livres et à maintenir cette domiciliation tant que le crédit
n'est pas remboursé. En application de la décision à caractère général numéro 6/76 du 30 août
1976 fixant les modalités d'octroi des petits crédits d'équipement et d'investissement, modifiée
par la décision à caractère général numéro 2/83 du 9 août 1983, les crédits accordés par les
banques et établissements financiers pour l'acquisition des véhicules automobiles, du petit
équipement et de terrain, pour amélioration de l'habitat ainsi que pour obligations familiales et
(...), sauf disposition réglementaire contraire, peuvent être garantis par une attestation de
virement irrévocable des salaires ou des revenus.
Lorsque le prêt est accordé au ménage, les revenus du conjoint peuvent également entrer
dans le calcul de la quotité cessible du demandeur. Il s'agit en effet de ses salaires et autres
revenus. En outre, les parties peuvent aussi convenir d'un remboursement trimestriel ou
semestriel du prêt sans que cela n'entraîne des charges supplémentaires pour le client.
Le banquier trouve dans cette pratique une sécurité appréciable. La domiciliation des
salaires et certaines créances lui confèrent une quasi-certitude d'être remboursé : les
mensualités dues au titre du prêt sont généralement prélevées quelques jours seulement après
le virement au compte du salaire ou du traitement, si bien que le compte présente un crédit
suffisant pour permettre le prélèvement.

8
Fonds d'Aide et de Garantie des Petites et Moyennes Entreprises. C'est un organisme régi au
Cameroun par le Décret n° 84/5 10 du 13 juin 1984 portant création et organisation du
FOGAPE.

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

Le client demandeur de crédit est-il tenu exclusivement de « domicilier » ses salaires et


revenus chez ce banquier ? Plus clairement, commet-il une faute s'il domicilie ses salaires et
traitements chez un autre banquier ? Dans la pratique, une clause allant dans ce sens est
insérée dans le contrat de crédit. Et en cas de violation par le client, le banquier est admis à
invoquer la déchéance du terme et à exiger un remboursement immédiat au motif que la «
dignité du crédit est altérée ». D'où la révocation du crédit. Mais la solution est incertaine
lorsqu'il n'existe pas de clause expresse prévoyant une telle éventualité.
En général, cette garantie est prisée pour les crédits à moyen terme (48 mois pour le
crédit automobile, pour l'acquisition du terrain, amélioration de l'habitat) et à court terme (24
mois pour le petit équipement et 12 mois pour enveloppe familiale). Ainsi, les clients ayant
fait domicilier leurs salaires bénéficient-ils généralement d'une ouverture de crédit. Il en va de
même des effets de commerce déposés pour escompte.

SECTION 2 - L'USAGE METICULEUX DE CERTAINES GARANTIES


SPECIFIQUES
Le banquier, à raison de la position qu'il occupe dans le circuit économique, est libre ou
non de fournir du crédit à ceux qui en font la demande. Cette fourniture de crédit tient compte
généralement de la qualité et de l'importance de l'opération à financer, de la capacité à
rembourser et des risques pouvant survenir au cours de l'opération.
Diverses entreprises et autres prestataires de services ont recours au banquier pour le
financement de leurs activités. Dans tous les cas, le banquier appréciera toujours le bien fondé
du financement. Il mesurera aussi la portée du risque qu'il peut encourir et à partir de là,
examiner avec minutie le dossier du crédit pour se décider sur la garantie proposée par le
demandeur de crédit.
En guise de garantie pour son prêt, le demandeur de crédit peut offrir la créance
résultant de l'ouvrage réalisé ou la marchandise, ou le plus souvent l'opération dont le prêt
aura servi à la réalisation. Le banquier trouvera de ce fait comme sûreté soit la totalité, soit
une partie du marché qu'il a financé. Le domaine de cette forme de garantie est vaste. Ainsi ne
pourront retenir notre attention, que quelques-unes de ces sûretés. Ce qui nous conduit à nous
attarder sur la garantie des garanties de financement des marchés (paragraphe1) et enfin,
celles liées au financement du commerce extérieur (paragraphe2).
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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

Paragraphe I - Les avances liées au financement des marchés

L'ouverture du crédit dépend très fortement de la nature de l'opération à financer. De la


sorte, un crédit bancaire peut trouver sa sûreté dans un bien lié à l'opération de crédit. Le
crédit dont il s'agit peut servir soit à l'achat des marchandises ou l'avance des fonds pour son
acquisition, soit pour financer la réalisation de certains travaux. Il est donc question des
avances sur marchandises (A) et des avances sur marchés (B).

A- Les avances sur marchandises


L'avance sur marchandises est une ouverture de crédit qui bénéficie à toute personne
physique ou morale exerçant une activité commerciale ou industrielle, parfois saisonnière,
nécessitant un stockage de matières premières ou de produits finis. Elle facilite de ce fait le
financement de l'achat des marchandises et la constitution des stocks, et son montant est
déterminé selon les besoins réels, la valeur de la marchandise et la capacité de stockage.
Le crédit en lui-même est garanti par un stock de marchandises. Il peut s'agir soit d'une
constitution de gage réel, soit d'avance sur titre représentatif de la marchandise. Relativement
à la constitution du gage réel, le dessaisissement du débiteur est assuré par le dépôt chez un
tiers détenteur, entrepositaire ou consignataire. La mise des marchandises entre les mains d'un
tiers permet la création d'un titre appelé « bordereau de nantissement » qui peut circuler de
mains à mains par le moyen de l'endossement. A l'échéance, le dernier porteur du bordereau
est supposé être le propriétaire de la marchandise car il est probable qu'il ait remboursé au
banquier les sommes qu'il a avancées pour financer l'acquisition des marchandises ou sa
production. En cas de vente de marchandises, l'éventuel acquéreur ne pourra prendre
possession qu'en ayant payé le prix aux mains du porteur du titre. A défaut, le créancier nanti
peut, au terme de l'article 93 al. 1er du Code de commerce, faire procéder à la vente publique
des marchandises nanties, huit jours après une simple mise en demeure faite au débiteur.
Toutefois, souligne l'AUS, cette vente forcée ne peut avoir lieu qu'après échec de la vente
amiable du débiteur. Mais à notre avis, cette dernière mesure ne peut profiter au banquier, tant
il est certain qu'il est rare de s'attribuer un gage si ce n'est en vue de la vente pour son propre
compte. Ce qui est favorable à une perte inutile du temps, puisque le banquier veut recouvrer
aussi rapidement que possible ses fonds.
L'avance sur marchandises est une garantie usitée dans le domaine des crédits à court
terme, facilement réalisable. Elle permet autant au demandeur de crédit de financer ses
Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 44
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

opérations dans un laps de temps relativement court pour une rentrée des fonds proche, qu'au
banquier assuré de recouvrer ses débours dès l'opération réalisée.

B - Les avances sur marches


De nombreuses entreprises font de la réalisation des marchés, un secteur d'activité
important. Le marché à réaliser peut être un marché public ou privé. Il en est ainsi des
entreprises du bâtiment ou de travaux publics, mais aussi d'un grand nombre d'entreprises
industrielles ou de services de toutes branches. Le soumissionnaire dudit marché peut donc
donner la créance y résultant en gage à son banquier en garantie du crédit qui lui est consenti.
Les règles imposées par les entreprises de crédit peuvent entraîner pour les entreprises
demanderesses, des problèmes de trésorerie à raison de la complexité des procédures et la
lourdeur administratives. Dans de nombreuses hypothèses, la résolution de ces problèmes
passe par des avances octroyées par des banques, moyennant remise en nantissement de la
créance née de ce marché.
L'avance de fonds peut être faite soit sous forme de crédit en compte, soit sous forme de
découvert. Dans tous les cas, la garantie est assurée par la remise d'un « exemplaire spécial de
marché » pour servir et valoir de nantissement. Le nantissement ainsi constitué est signifié au
« comptable chargé du paiement ». Cette signification a pour but de rendre le nantissement
opposable tant aux tiers qu'au bénéficiaire du crédit lui-même. Ainsi le titulaire du marché ne
peut prétendre au paiement, ni tout autre créancier de ce dernier. Sauf empêchement de payer,
le comptable chargé du paiement, règle directement au créancier nanti le montant de la
créance ou de la part de la créance qui lui a été donnée en nantissement.
Dans le cas où le nantissement a été constitué au profit de plusieurs créanciers, chacun
d'eux encaisse la part de la créance qui lui a été affectée dans le bordereau dont les mentions
sont notifiées ou signifiées au comptable chargé du paiement.
Le nantissement pris avant le dépôt de bilan d'une entreprise en redressement judiciaire,
dans la période suspecte est inopposable à la masse des créanciers. Par contre, le nantissement
pris antérieurement dans les conditions normales de constitution prime tous les autres
créanciers. Le redressement judiciaire du débiteur ne suspend pas le droit pour le banquier de
recevoir le paiement des sommes dues au titre du marché objet du nantissement régulièrement
conclu.
A travers le nantissement, le banquier a le droit de surveiller la créance, c'est-à-dire la
possibilité de recevoir du comptable chargé du paiement toutes informations sur le

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 45
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

déroulement du marché. Il a, en outre, le droit de recevoir tout paiement effectué au titre du


marché dans la limite du nantissement. En présence de plusieurs nantissements sur le même
marché, les créanciers seront payés par ordre de signification, sous réserve de certains
privilèges qui priment le nantissement.
De la primauté de ces créanciers, ressort la faiblesse du nantissement, s'il s'y ajoute
l'absence du droit de rétention sur la créance. En effet, ni le juge français, ni le législateur
n'ont admis pour le compte du créancier, l'exercice du droit de rétention. Pourtant, on peut
bien penser que la remise de l'exemplaire spécial du marché vaut dessaisissement du débiteur,
auquel cas, à notre avis, le banquier devrait le conserver aussi longtemps que possible tant
qu'il n'est pas entièrement payé.
Le droit de rétention peut porter sur toutes choses mobilières. Il est donc indifférent que
la chose soit corporelle ou incorporelle. La créance de nantissement étant un bien meuble
incorporel, il est nécessaire de lui appliquer le droit de rétention. Aussi, proposons-nous de
reconnaître au banquier les mêmes droits que celui du banquier escompteur d'un effet de
commerce. On peut dès lors s'interroger sur les garanties du commerce international.
Paragraphe II - La garantie de financement des opérations du commerce
international
Le phénomène de mondialisation des affaires a toujours mis en présence des opérateurs
économiques de nationalités différentes. De nos jours, les échanges sur l'échiquier
transfrontalier sont multiples et s'accroissent au fil du temps. Ce qui incite la pratique des
opérations du commerce international à mettre en place des instruments tout à fait singuliers.
Cette création tient notamment au fait que, très souvent l'exportateur ne connaît pas ou
connaît limitativement son partenaire et hésite à expédier la marchandise sans être payé, ou
avoir l'assurance de l'être. Parallèlement, l'acheteur qui n'a pas meilleure connaissance de son
vendeur, répugne à payer sans être livré ou aussi assuré de l'être. Il se crée ainsi une forme de
méfiance voire de prudence les uns vis à vis des autres. Ce qui conforte l'idée de garantie dans
ce domaine.
Mais notre tâche ne consiste pas à analyser les garanties de paiement relatif au
commerce international. Seule constitue l’ossature de la présente analyse, la situation du
banquier en cas d'émission de la lettre de crédit ou accréditif pour le paiement du vendeur
exportateur. Ceci étant constitutif d'une ouverture de crédit, le banquier doit s'entourer d'un
certain nombre de garanties. Entre autres garanties pratiquées en droit international, existent
le crédit documentaire (A) et aussi et la création de la lettre de crédit-standby (B).
Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 46
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

A- Le crédit documentaire

Le crédit documentaire est une opération par laquelle le vendeur de marchandises


transportées sur un navire tire une traite sur son acheteur et remet en garantie à son banquier
pour faciliter l'escompte de sa traite, divers documents, parmi lesquels le connaissement, qui
représente la marchandise transportée. Le crédit documentaire fait intervenir automatiquement
le système bancaire. C'est un instrument de règlement du prix de prestation commerciale.
L'ouverture du crédit documentaire met en présence quatre partenaires : l'acheteur et sa
banque, le vendeur et une banque établie dans son pays. D'ordinaire, c'est une technique de
crédit qui a pour base première la fonction de paiement. La diversification de son usage a
permis d'en faire une « opération de crédit même si, évidemment le produit en sert à assurer le
paiement de la transaction commerciale »et une garantie de crédit, seul point qui retiendra
notre attention, du point de vue de sa mise en place (1) et de sa réalisation (2).

1 - La mise en place de la garantie de crédit documentaire


La garantie de crédit documentaire ne peut être mise en place qu’à partir du moment où
le rapport donneur d'ordre et banquier vis à vis de son client est constitutif d'une ouverture de
crédit. Cette ouverture de crédit est faite sur demande du donneur d'ordre à son banquier selon
les termes convenus dans le contrat de base. Ce dernier fournit à son client un formulaire
comportant les éléments d'information indispensables à ce sujet.
Ainsi, lorsque le banquier ouvre le crédit, la nature révocable ou irrévocable du crédit
doit être déterminée. Il est également déterminé les conditions du crédit et vérification des
documents exigés à cet effet. En cas de conformité des modalités de crédit, le banquier
adresse un accréditif au bénéficiaire- vendeur exportateur. Il est à noter que ce dernier ne peut
en aucun cas se prévaloir des rapports contractuels existant entre les banques ou entre le
donneur d'ordre et la banque émettrice.
L'ouverture du crédit constitue l'un des droits fondamentaux du banquier. Ce dernier
doit s'entourer d'un certain nombre de garanties pour s'assurer du remboursement. Il peut
s'entourer des garanties telles l'obligation pour le donneur d'ordre de lever les documents, de
rembourser la banque, le paiement des diverses commissions, le remboursement des avances
qu'il a été amené à faire et, également, à fournir d'autres garanties exigées par la banque.
Pour honorer son engagement, le banquier est tenu au préalable par lui-même de lever
les documents qui lui sont présentés. La réalisation du crédit par lui effectuée peut se faire soit

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

par paiement à vue, par acceptation - comme une lettre de change - soit par paiement différé,
soit par négociation. Le banquier qui fait toutefois un paiement utile doit mettre en œuvre les
garanties constituées pour le remboursement.

2 - La réalisation de la garantie de crédit documentaire


Les documents remis au banquier lors de la réalisation du crédit documentaire lui
confèrent une sécurité indéniable. En effet, sa garantie est principalement constituée par le
droit de gage sur la marchandise que lui reconnaissent les usages dès que les documents lui
sont remis. Aussi, le dépôt de garantie exigé par le banquier à son client peut lui être d'un
bénéfice incommensurable.
En pratique, le problème des garanties constituées ne se pose que lorsque le client ne
procède pas au remboursement des fonds mis à sa disposition par le banquier. Le banquier qui
a payé, le vendeur détient les documents représentatifs de la marchandise. Ces documents lui
transfèrent de plein droit la propriété des marchandises.
Le banquier peut aussi demander au donneur d'ordre de lever les documents ayant
permis l'ouverture de crédit. En contrepartie, ce dernier peut lui proposer les traites émises sur
ses acquéreurs, ses propres clients et acceptées par eux. Ainsi, le banquier remplace son droit
de gage sur les marchandises par le droit personnel contre les tirés accepteurs. En cas
d'entêtement du donneur d'ordres, le banquier est admis à procéder aussi à la réalisation des
garanties constituées lors de l'ouverture du crédit.
De cette analyse, le crédit documentaire est un moyen efficace permettant tant au
vendeur exportateur qu'à l'acheteur importateur de mobiliser la créance marchandise et
d'obtenir du crédit. L'immédiateté de cette mobilisation leur permettant de faire face à des
difficultés financières qui se posent dans l'entreprise en attendant les résultats des marchés.
C'est donc un moyen rapide et fiable pour l'obtention de crédit de courte durée.
Le banquier dispensateur de crédit trouve aussi cette garantie sûre car, s'il n'est pas
remboursé, les documents lui donnent la pleine propriété de la marchandise, en plus du dépôt
de garantie qui peut être constitué et toutes autres sûretés qui l'entourent. D'où le souci de
stimuler les opérateurs économiques transfrontaliers pour qu'ils y recourent fréquemment pour
ne pas immobiliser d’importants fonds en attendant le paiement qui pourra être fait par leurs
correspondants. Le crédit documentaire remplit alors une triple fonction celle de paiement, de
financement et de garantie. Sa fonction première est le paiement contrairement à la lettre de
crédit-standby.

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

B - La lettre de crédit stand-by

La lettre de crédit standby (LCS) est un instrument pratiqué dans le commerce


international. Elle est née à la fin du vingtième siècle et sa pratique gagne du terrain dans les
opérations du financement du commerce international. A cet effet, est considérée comme
lettre de crédit standby, un engagement pris par une personne appelée « émetteur » - en
général une banque - de payer sur instruction d'une autre appelée « donneur d'ordre », une
certaine somme d'argent contre remise par le bénéficiaire de documents conformes en
apparence aux stipulations de la lettre de crédit. A cet effet, nous pouvons rechercher d'une
part les caractéristiques de la LCS et d'autre part, ses fonctions.

1 - Les caractéristiques de la lettre de crédit standby


L'émission d'une LCS met en jeu un triple rapport juridique : au titre de rapport
fondamental, le donneur d'ordres prend envers le bénéficiaire l'engagement de faire émettre
une LCS par sa banque. Cette lettre contient les mentions relatives à la durée, le montant, le
choix et le contenu des documents qui déterminent la mise en jeu de la garantie. Par la suite,
le donneur d'ordre donne l'instruction à sa banque au moyen d'une lettre d'ordre, d'émettre une
LCS conformément aux stipulations du rapport fondamental. Enfin, la LCS est émise par le
banquier au profit du bénéficiaire.
Les parties qui s'entendent pour la création d'une LCS doivent être attentives à la nature
des documents susceptibles d'apporter la preuve de la défaillance du donneur d'ordre. En
pratique, l'engagement du banquier est irrévocable, indépendante et documentaire. Ce qui
suppose que le banquier appelé en paiement ne peut opposer les exceptions tirées de son
rapport avec le donneur d'ordres.
La mise en jeu de l'obligation du banquier résulte tout simplement en pratique, d'une
simple demande de paiement. Tout dépend, dans ce cas, des prescriptions contenues dans les
documents. Il est possible que la LCS désigne une personne - tiers, expert, juridiction arbitrale
ou judiciaire - de constater la mise en jeu de la garantie, selon les attributions qui lui ont été
dévolues. Les conditions d'acceptation des documents sont prévues dans les Règles et
Pratiques Internationales relatives aux Standby (RPIS) de la Chambre du Commerce
Internationale.
Le banquier n'est pas tenu d'informer le donneur d'ordres en cas d'appel à garantie. De
même, il n'est pas tenu à la vérification des documents qui lui sont présentés. Sauf cas de
fraude, il doit payer le montant de la LCS. En cas de refus de paiement, il doit notifier au

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bénéficiaire les irrégularités constatées dans un délai raisonnable. Dès qu'il a payé, il dispose
d'un recours en remboursement contre le donneur d'ordre.

2 - Les fonctions de la lettre de crédit standby


La LCS peut remplacer, dans certaines circonstances certaines garanties bancaires ou
constituer en elle-même une véritable garantie. Elle recouvre des fonctions multiples
notamment servir comme garantie de paiement du prix d'une vente internationale. A ce titre,
elle est envisagée d'un point de vue analogue à celui du crédit documentaire. A cet effet,
garantie délivrée à la suite de l'ordre de l'acheteur ou du débiteur, elle porte sur l'intégralité du
prix à payer et sert de parachute de sécurité pour l'exportateur du fait que, la garantie sera
mise en jeu en cas de défaillance de l'acheteur à l'échéance
Pareillement, c'est un instrument de garantie d'une obligation de faire. Ainsi, le banquier
qui s'engage, le fait dans l'optique de rassurer l'exportateur que l'importateur - son client -
réglera ses obligations au terme convenu. Elle est à ce titre proche d'une lettre de garantie car
le banquier s'engage du même coup à s'exécuter en cas de défaillance du débiteur.
Enfin et surtout, c'est un instrument de remboursement du capital et / ou des intérêts
d'un emprunt. Elle confère de ce coup au banquier le droit de maintenir les documents des
marchandises tant qu'il n'est pas remboursé par le donneur d'ordre. Les documents constitutifs
représentent la créance marchandise qui lui est acquise dès le paiement du vendeur, et la
garantie du prix qu'il a déboursé pour désintéresser le bénéficiaire. En vertu de ce titre, il peut
imposer au débiteur de lui remettre toutes les traites tirées sur ses propres clients notamment,
celles relatives à la vente des marchandises en question.
Ainsi, la LCS emprunte de nombreuses règles au crédit documentaire. De la sorte,
lorsque les parties ne prévoient pas expressément l'application des RPIS, seules seront
appliquées les RUU relatives au crédit documentaire. Ceci dénote largement l'autonomie de la
volonté énoncée par les RPIS entrées en vigueur le 1er Janvier 1999.
En filigrane, l'intérêt de la lettre de crédit réside dans sa souplesse d'utilisation et sa
célérité de réalisation. Tendant de plus en plus à concurrencer le crédit documentaire, son
autonomie et son indépendance font d'elle une garantie usitée ces derniers temps dans le
domaine international et surtout pour des crédits bancaires. Il convient donc, dans le cadre du
Cameroun, où elle est quasi inconnue, de faire une très large publicité à ce sujet afin de
permettre aux divers opérateurs économiques, de s'imprégner de cet outil dont l'utilité et la
sécurité ne sont plus à décrire ou démontrer.

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

Ainsi, l'institution des procédures de l'OHADA a mis en place des moyens de


sécurisation du banquier dispensateur de crédit. Ce sera également le lieu d'analyser la
position du banquier par rapport aux autres créanciers du débiteur lors de la distribution du
prix de vente des biens mis en garantie.

CONCLUSION DEUXIME PARTIE

La pratique des garanties dans le domaine bancaire s’inspire d’une part du législateur
OHADA, et d’autre part de la pratique bancaire elle-même. Elles constituent un moyen
incontournable de sécurisation du crédit. Toutefois, il existe d’autres garanties régis par
l’AUS, telles que : le droit de rétention et le droit de la propriété cédée ; ainsi que celle qui
sont nées de la pratique bancaire telle que : le crédit-bail. Cependant, durant notre séjour au
sein de la CBC-BANK nous avons remarqués que ces garanties ne sont pas usitées dans le
domaine bancaire, car pour les banquiers elles entraînent un certain nombre de risques. Par
ailleurs, certains établissements de crédit s’y sont adonnés et s’y sont spécialisés notamment.
des micro-finances.

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CONCLUSION GENERALE

Les garanties dans la pratique bancaire en droit cambiaire camerounais sont celles régies
par le législateur OHADA et aussi celle propre à la pratique bancaire.
Le législateur OHADA régie ces garanties à travers l’Acte Uniforme portant
organisation des Sûretés, elle distingue cela en sûreté réelle et personnelle, ainsi que en sûreté
réelle mobilière. L’application de ces sûretés en droit bancaire est pour la plus part
complémentaire, car dans la pratique cambiaire, le banquier dispensateur de crédit aime
s’entouré de plusieurs garanties pour sécuriser sa créance.
Dans ce même ordre idée, le banquier est amené à faire appel à certaines garanties
autres que les garanties de l’AUS ; ces garanties sont celles propres à la pratique. Nous
parlions ici des garanties de crédit classique. Qui ajoute une certitude profonde au banquier
dans le recouvrement de sa créance, elles sont parfois catégorisées de garanties accessoires.
Dans l’exercice de notre travail, il nous a été amené d’étudier tour à tour ces garanties
dans leurs applications en couverture d’une obligation. En pinçant tour à tour les différents
types de garantie de l’AUS et de la pratique bancaire. Nous relevons que la pratique des
garanties est un moyen important de facilitation d’octroi de crédit. Elle facilite : les
financements des marchés, les échanges dans le cadre du commerce international,
l’acquisition des crédits moyen et court terme.
Cependant, il se pose le problème de savoir si cette application des garanties par le
banquier dispensateur de crédit est un moyen fiable de sécurisation d’un crédit. Cela soulève
une importante réflexion étant donné que le banquier dans son activité ne peut se permettre de
perdre une créance, il se préoccupe souvent du caractère fiable et certains de la garantie. De
ce fait, le législateur a tenu une réflexion plus poussé sur la question et y apporté des
alternative à travers : l’Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de
recouvrement et voies d’exécution.

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BIBLIOGRAPHIE

I) OUVRAGES GENERAUX, TRAITES, ET MANUELS


ANCEL (P.), Droit des sûretés, 7e éd., Litec, Paris, 2014, 250 p.
ANOUKAHA (F.), Le droit des sûretés dans l’Acte Uniforme OHADA, PUA,
Yaoundé, 1998, 54 p.
ANOUKAHA (F.), CISSE (A.), DIOUF (N.), NGUEBOU TOUKAM (J.),
POUGOUE (P-G.), SAMB (M.), OHADA : Sociétés Commerciales et G.I.E, Bruylant,
Bruxelles, Coll. Droit Uniforme Africain, 2002, 589 p.
ANOUKAHA (F.), TJOUEN (A. D.), Les procédures simplifiées de recouvrement et
les voies d’exécution en droit OHADA, PUA, Yaoundé, 1999, 193 p.
ATIAS (Ch.), Droit civil, Les biens, 12e éd., LexisNexis, Paris, 2014, 386 p.
AYNES (L.), CROCQ (P.), Les sûretés, la publicité Foncière, 8e éd., Defrénois, Paris,
2014, 452 p.
BADJI (P. S. A.), Réforme du droit des sociétés commerciales OHADA, L’Harmattan,
Paris, 2016, 211 p.
.
ISSA-SAYEGH (J.),
 Répertoire quinquennal OHADA 2006-2010, Tome 1 et 2, Association
pour l’unification du droit en Afrique, Niamey, 2011, 132 p ;
 OHADA Sûretés, Bruylant, Bruxelles, 2002, 279 p ;
 OHADA, Harmonisation du droit des affaires, Bruylant, Bruxelles,
2002, 245 p.

II) OUVRAGES SPECIAUX

ANDREU (L.), Du changement de débiteur, Dalloz, Paris, 2010, 303 p.


ARZALIER (S.), La connexité en droit civil, l’Harmattan, Paris, 2002, 374 p.
AUDIT (P.-E.), La naissance des créances : Approche critique du conceptualisme
juridique, Dalloz, Paris, 2015, 562 p.

Rapport de stage rédigé et présenté par DONGMO TONFACK Cédric Francis Page 53
L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

AYNES (A.), Le droit de rétention : Unité ou Pluralité, Economica, Paris, 2005, 345 p.
AZIBER (S. A.), Contrats et droit OHADA des procédures collectives : Etude à la
lumière du droit français, l’Harmattan, Paris, 2009, 370 p.
BERGER-TARARE (C.), Le fiduciaire défaillant : Regards croisés en droit des biens
et droit des obligations, LGDJ, Paris, 2015, 543 p.
BLANDIN (Y.), Sûretés et biens circulants : Contribution à la réception d’une sûreté
réelle globale, LGDJ, Paris, 2016, 320 p.
BLANLUET (G.), Essai sur la notion de propriété économique en droit privé français,
Recherches au confluent du droit français et du droit fiscal et du droit civil, LGDJ, Paris,
1999, 492 p.

III) DICTIONNAIRES ET LEXIQUES

BITSAMANA (H.), Dictionnaire du droit OHADA, Pointe-Noire, IPC, 2008, 398 p.


CORNU (G.), Vocabulaire juridique, Association Henri Capitant, 11e éd., Paris, PUF,
2016, 1101 p.
DUNAL (J.-P), PICHONNAZ (P.), Lexique de droit romain, Bruylant, Bruxelles,
2006, 196 p.
GUINCHARD (S.), DEBARD (T.), Lexique des termes juridiques, 22e éd., Dalloz,
Paris, 2015, 1057 p.
SCARANO (J.-P.), Dictionnaire du droit des obligations, Ellipses, Paris, 2004, 334 p.
SALMON (J.) (dir.), Dictionnaire de droit international public, Bruylant, Bruxelles,
2001, 1200 p.

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L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT

TABLE DE MATIERES

SOMMAIRE ........................................................................................................................................... i
DEDICACE.............................................................................................................................................ii
LISTE DES PRINCIPALES ABREVIATIONS .....................................................................................iii
REMERCIEMENTS ............................................................................................................................. iv
AVANT PROPOS...................................................................................................................................v
RESUME ................................................................................................................................................ vi
INTRODUCTION ................................................................................................................................. 1
PREMIERE PARTIE : PRESENTATION GENERALE DE L’ENTREPRISE ET
DEROULEMENT DU STAGE ............................................................................................................ 4
CHAPITRE I : PRESENTATION GENERALE DE CBC BANK ................................................... 5
SECTION I : LA CBC BANK DANS SA GLOBALITE ................................................................... 5
Paragraphe I : DEFINITION DE LA BANQUE........................................................................ 5
Paragraphe II : GENESE-EVOLUTION-FORME JURIDIQUE ............................................ 5
SECTION II : STRUCTURE ORGANISATIONNELLE ET FONCTIONNELLE ...................... 6
Paragraphe I : Organisation de la CBC-BANK ......................................................................... 6
I- L’organe de décision ............................................................................................................. 6
II- L’organe de gestion ........................................................................................................... 6
Paragraphe II : Fonctionnement .................................................................................................. 7
CHAPITRE II : DEROULEMENT DU STAGE ............................................................................... 9
SECTION I : ACCUEIL, PRESENTATION ET TRAVAUX REALISES ..................................... 9
Paragraphe I : Accueil et présentation ........................................................................................ 9
Paragraphe II : Les travaux réalisés ........................................................................................... 9
SECTION II : DIFFICULTES RENCONTRES ET APPORTS DU STAGE ............................... 10
Paragraphe I : Les difficultés rencontrées ................................................................................ 11
CONCLUSION PREMIERE PARTIE ......................................................................................... 12
DEUXIEME PARTIE : L’AMELIORATION DE LA SITUATION DU DEMANDEUR DE
CREDIT ............................................................................................................................................... 13
CHAPITRE III : L’OSTENSIBLE DIVERSIFICATION DES GARANTIES REGIES PAR LE
DROIT OHADA FAVORABLE AU DEMANDEUR DE CREDIT ............................................... 14
SECTION I - LE RENFORCEMENT DU REGIME DE CERTAINES GARANTIES DU
SYSTEME DE L'OHADA .................................................................................................................. 14
Paragraphe I - Le renforcement des sûretés personnelles ....................................................... 14

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A- Le cautionnement ....................................................................................................................... 15
1- Les types de cautionnement applicables au crédit ............................................................ 15
2 - Les caractères du cautionnement ......................................................................................... 17
3-Le régime juridique du cautionnement .................................................................................. 18
B- Les garanties et contre-garanties autonomes ........................................................................... 19
1- La notion de garantie et contre-garantie autonomes ....................................................... 20
2- La mise en jeu des garanties et contre-garantie autonomes ............................................ 21
Paragraphe II - Le régime des hypothèques ............................................................................. 23
A- La typologie des hypothèques ............................................................................................. 24
1- Les hypothèques classiques de l'OHADA.......................................................................... 24
2- Les dérivés des hypothèques issues de la pratique bancaire............................................ 25
B - Le régime applicable aux hypothèques.................................................................................... 26
1 - Les modalités de validité d'une hypothèque ........................................................................ 26
2 - Les effets d'une hypothèque .................................................................................................. 27
SECTION 2 - L'EXTENSION DU PANEL DES SURETES REELLES MOBILIERES ............ 29
Paragraphe I - L’usage du gage ................................................................................................ 29
A- Les modalités du gage ................................................................................................................ 29
1- Le gage du matériel professionnel et des véhicules automobiles ..................................... 30
2 - Le gage des stocks .................................................................................................................. 31
B - Le régime du gage...................................................................................................................... 32
C - Les effets du gage ...................................................................................................................... 33
Paragraphe II - L'extension du régime des nantissements ..................................................... 34
1 - Le nantissement des droits d'associés et des valeurs mobilières ........................................ 34
2 - Le nantissement du fonds de commerce............................................................................... 36
CHAPITRE IV : LA JUDICIEUSE ADAPTATION DES GARANTIES ISSUES DE LA
PRATIQUE BANCAIRE A LA SITUATION DU DEMANDEUR DE CREDIT ......................... 39
SECTION I – L’ATTRACTIVITE DE CERTAINES GARANTIES CLASSIQUES ................. 39
Paragraphe I - La pratique des assurances ............................................................................... 39
A- La technique des assurances ............................................................................................... 40
B - La mise en œuvre de l'assurance-crédit................................................................................... 41
Paragraphe II - La domiciliation bancaire des salaires ........................................................... 42
SECTION 2 - L'USAGE METICULEUX DE CERTAINES GARANTIES SPECIFIQUES ...... 43
Paragraphe I - Les avances liées au financement des marchés ............................................... 44
A- Les avances sur marchandises ............................................................................................ 44
B - Les avances sur marches ....................................................................................................... 45

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A- Le crédit documentaire ....................................................................................................... 47


1 - La mise en place de la garantie de crédit documentaire ..................................................... 47
2 - La réalisation de la garantie de crédit documentaire ......................................................... 48
B - La lettre de crédit stand-by ...................................................................................................... 49
1 - Les caractéristiques de la lettre de crédit standby .............................................................. 49
2 - Les fonctions de la lettre de crédit standby.......................................................................... 50
CONCLUSION DEUXIME PARTIE................................................................................................ 51
CONCLUSION GENERALE............................................................................................................. 51
BIBLIOGRAPHIE .............................................................................................................................. 51
TABLE DE MATIERES..................................................................................................................... 51

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