Texte 3 : Michel Leiris, L’âge d’homme
Présentation du texte : Ce texte est extrait de l’autobiographie intitulée
L’âge d’homme écrite en 1939 par Michel Leiris. Il évoque ici une
opération qui l’a marqué par sa douleur et sa brutalité. L’extrait pourrait
s’intituler « un horrible souvenir ».
Problématique : en quoi ce souvenir a -t-il été horrible pour le narrateur ?
Comment un souvenir d’enfance peut-il changer une personne ?
1) Un horrible souvenir
- souvenir ? En quoi ce texte est-il un souvenir ?
- l’horreur ? Qu’est-ce qui montre que ce souvenir est horrible ?
2) L’attitude des adultes
- le mensonge ? Comment se comportent les adultes ?
- le piège ? Comment se met en place le piège ?
3) Le traumatisme (enfant/adulte)
- enfant. Quel est le ressenti de l’enfant ?
- adulte. Comment l’adulte vit-il cet événement ?
1) Un horrible souvenir.
a) En quoi ce texte est-il un souvenir ?
Le texte est écrit à la 1ère du singulier, comme nous le montre
l’emploi du pronom personnel « je » à la ligne 1. Il s’agit donc d’un
narrateur interne qui représente l’enfant dans le 1 er paragraphe, écrit au
passé simple « je fus victime » ligne 1, pour évoquer les actions
marquantes, brèves, et l’imparfait, « me réservaient » pour la description.
Par contre, dans le second paragraphe, c’est le narrateur interne adulte qui
parle au présent d’énonciation.
Le narrateur évoque un moment marquant de son enfance, mais ce
souvenir est imprécis comme l’indique le « âgé de 5 ans ou 6 ans »,
difficile à retrouver, « si mes souvenirs sont justes », ligne 4. Le champ
lexical du souvenir est ainsi présent dans tout le texte : ligne 15 ou ligne
12. Le lecteur peut donc penser que le souvenir est vague, voire
« transformé » mais involontairement.
En fait, le narrateur recherche son souvenir difficile à reconstruire : il
emploie ainsi des expressions qui marquent cette difficulté, « si mes
souvenirs sont justes », ligne 4, l’adverbe « sans doute » ligne 10, « je
crois » ligne 15 », comme s’il faisait un effort pour le retrouver. Il essaye
ainsi de rétablir la chronologie des événements, « cela se déroula point par
point » ligne 6, ou « voici comment les choses se passèrent » lignes 7-8.
Mais il a la volonté d’expliquer au lecteur les faits « je veux dire » ligne 1
et de dire la vérité, ce qui fait qu’il passe un pacte autobiographique avec
le lecteur.
2) L’attitude des adultes
a) Comment se comportent les adultes ?
Les adultes cachent à l’enfant la véritable raison de sa présence dans
les lieux, pour le protéger mais ils le trompent. Il croit d’ailleurs qu’il va
aller « au cirque » ligne 6. La tromperie est évoquée à travers les termes
suivants : « sans me dire » ligne 3, « tour sinistre » ligne 5, « coup monté »
ligne 6, « guet-apens » ligne 7. Il n’a pas le raisonnement pour comprendre
qu’il s’agissait de ne pas l’effrayer, de gagner sa confiance.
Les parents sont présentés comme coupables de ce qu’il a ressenti
comme une « agression ». Ils sont à l’origine du traumatisme « mes
parents avaient d’abord commis la faute » ligne 3. Il ressent une forme
d’abandon par sa mère surtout car elle reste « à côté » ligne 14. Mais on
comprend que la mère ne s’attendait à cette réaction de son enfant et elle
doit culpabiliser elle « fut effarée »