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Opérations et propriétés des polynômes

Le chapitre 3 traite des polynômes dans l'anneau K[X], en définissant les opérations, le degré et la valuation des polynômes. Il aborde également les idéaux de K[X], démontrant que tout idéal est principal et établissant des théorèmes sur le pgcd et le ppcm. Enfin, le chapitre discute des racines des polynômes et des conditions pour qu'un polynôme ait des racines d'ordre donné.

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Opérations et propriétés des polynômes

Le chapitre 3 traite des polynômes dans l'anneau K[X], en définissant les opérations, le degré et la valuation des polynômes. Il aborde également les idéaux de K[X], démontrant que tout idéal est principal et établissant des théorèmes sur le pgcd et le ppcm. Enfin, le chapitre discute des racines des polynômes et des conditions pour qu'un polynôme ait des racines d'ordre donné.

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Chapitre 3

P OLYNÔMES

1 Généralités
1.1 Opérations dans K[X]

Dans tout le chapitre K désigne le corps R ou C (éventuellement Q).

D ÉFINITION 1.1.1 —
On définit les opérations suivantes dans K[X] :
X X
- Pour P = an X n ,Q = bn X n , λ ∈ K,
n∈N n∈N

X X n
X
λP + Q = (λan + bn )X n et P × Q = cn X n avec cn = ak bn−k
n∈N n∈N k=0

- (K[X], +, .) est un K-espace vectoriel et (K[X], +, ×) est un anneau commutatif.

1.2 degré, valuation

D ÉFINITION 1.2.1 —
X
Soit P = an X n . On définit :
n∈N
(
Max{k ∈ N | ak 6= 0} si P 6= 0
deg (P ) =
−∞ si P = 0
(
Min{k ∈ N | ak 6= 0} si P =
6 0
val (P ) =
+∞ si P = 0
CHAPITRE 3. POLYNÔMES

P ROPOSITION 1.2.1 —
- deg (P + Q) 6 Max(deg P, deg Q) avec = si deg P 6= deg Q et deg (P Q) = deg P + deg Q.
- val (P + Q) > Min(val P, val Q) avec = si val (P ) 6= val (Q) et val (P Q) = val (P ) + val (Q)

R EMARQUE —
- Soit P, Q ∈ K[X]. Alors
deg (P Q) > deg (P ) ⇐⇒ Q 6= 0
deg Q = 0 ⇐⇒ Q ∈ K∗ .
- K[X] est un anneau intègre.
- Les éléments inversibles de K[X] sont les constantes non nulles.
- Toute famille de polynômes à degrés ou valuations échelonnés est libre dans K[X].

P ROPRIÉTÉS 1.2.1 —
On note Kn [X] = {P ∈ K[X] | deg P 6 n}.

Alors Kn [X] est un K-ev de dimension (n + 1) de base canonique (1, X, X 2 , ..., X n )

P ROPOSITION 1.2.2 (Division euclidienne) —


Pour tout (A, B) ∈ K[X] × K[X] \ {0}, il existe un unique couple (Q, R) ∈ K[X]2 tel que :
(
A = BQ + R
deg R < deg B

1.3 Idéaux de K[X]

D ÉFINITION 1.3.1 —
Soit I une partie de K[X].

 I 6= ∅

I est un idéal de K[X] ⇐⇒ ∀P, Q ∈ I, P − Q ∈ I (I absorbant)

∀P ∈ I ∀A ∈ K[X], AP ∈ I

T HÉORÈME 1.3.1 (Anneau principal) —


Tout idéal I de K[X] s’écrit I = P0 K[X] = {AP0 | A ∈ K[X]}.

P0 est appelé un générateur de l’idéal I et K[X] est un anneau dit principal.

Démonstration:
Soit I un idéal non nul de K[X] et A = {deg P | P ∈ I \ {0}}
A est une partie non vide (car I non nul) de N donc admet un min m = deg P0 où P0 ∈ I \ {0}.
Montrons que I = P0 K[X].
— On a déjà P0 K[X] ⊂ I car P0 ∈ I et I idéal de K[X].
— Pour la réciproque, soit A ∈ I, la division euclidienne de A par P0 s’écrit A = P0 Q + R avec

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CHAPITRE 3. POLYNÔMES

deg R < deg P0 .


A − P0 Q ∈ I \ {0} donc deg R ∈ A.
On a R = 0 sinon, R = |{z}
|{z}
∈I ∈I
Or d◦ R < m = MinA contradiction. Donc R = 0 et A = P0 Q ∈ P0 K[X]
ce qui montre le résultat.

R EMARQUE —
- Il n’y a pas unicité du générateur en général.
- AK[X] = BK[X] ⇐⇒ ∃λ ∈ K | A = λ.B.
- Il y a unicité du générateur si on lui impose d’être unitaire.

C ONSÉQUENCES 1.3.1 —
Soit I idéal non nul de K[X]. Alors :

∃ ! P0 ∈ K[X] unitaire | I = P0 .K[X].

P0 est appelé générateur unitaire de I : c’est LE polynôme unitaire de I de degré minimal.

E XERCICE 1.3.1 —
Montrer que Z[X] n’est pas principal

T HÉORÈME 1.3.2 (PGCD, PPCM) —


Soient (A1 , A2 , . . . , An ) ∈ K[X]n :
- Il existe un unique polynôme D unitaire tel que
n
X
Ai K[X] = D K[X]
i=1

n
^
D est par définition le pgcd de (A1 , A2 , . . . , An ) , noté D = A1 ∧ ... ∧ An = Ai
i=1
- Il existe un unique polynôme M unitaire tel que
n
\
Ai K[X] = M K[X]
i=1

n
_
M est par définition le ppcm de (A1 , A2 , . . . , An ), noté D = A1 ∨ ... ∨ An = Ai .
i=1

Démonstration:
n
X n
\
En effet, on vérifie sans difficulté que Ai K[X] et Ai K[X] sont deux idéaux de K[X], qui sont donc
i=1 i=1
principaux d’où le résultat.

P ROPOSITION 1.3.1 —

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CHAPITRE 3. POLYNÔMES


 D unitaire
n


^
- D= Ai ⇐⇒ ∀i ∈ Nn , D divise
 Ai 
 ∀D0 ∈ K[X], ∀i ∈ Nn , D0 divise Ai =⇒ D0 divise D

i=1 

 M unitaire

_n 
- M= Ai ⇐⇒ ∀i ∈ Nn , Ai divise
 M 
 ∀M 0 ∈ K[X], ∀i ∈ Nn , Ai divise M 0 =⇒ M divise M 0

i=1 

Démonstration:
[Pour le pgcd (idem pour ppcm)]
n
^ n
X
- Supposons D = Ai , on a donc DK[X] = Ai K[X] donc pour tout i, Ai ∈ Ai K[X] ⊂ D K[X] d’où D
i=1 i=1
divise Ai .
Soit maintenant D0 ∈ K[X] tel que ∀i ∈ Nn , D0 divise Ai , on a donc Ai K[X] ⊂ D0 K[X] et (stabilité par +),
Xn
Ai K[X] ⊂ D0 K[X] soit D K[X] ⊂ D0 K[X] ie D0 divise D. D’où l’implication.
i=1
n
X
- Réciproque : D’après l’hypothèse, D divise chaque Ai donc Ai K[X] ⊂ DK[X] et Ai K[X] ⊂ D K[X].
i=1
n
X
Pour l’autre inclusion, comme Ai K[X] est un idéal principal de K[X], il s’écrit D0 K[X]. On a donc (de
i=1
même que ci-dessus) chaque Ai K[X] ⊂ D0 K[X], donc D0 divise Ai . Par hypothèse, on en déduit D0 divise
Xn
D ie D K[X] ⊂ D0 K[X] = Ai K[X] ie l’autre inclusion.
i=1
n
X
- On obtient donc D K[X] = Ai K[X] et, D étant unitaire, D est bien le pgcd des Ai .
i=1

P ROPRIÉTÉS 1.3.1 (Théorème de Bézout) —


_n n
X
Ai = 1 ⇐⇒ ∃ (U1 , U2 , . . . , Un ) ∈ K[X]n | Ai U i = 1
i=1 i=1

Démonstration:
n
X
- Pour le sens direct, remarquons que 1 ∈ K[X] = Ai K[X] d’où l’existence des Ui .
i=1
n
X
- Pour la réciproque, on écrit 1 = Ai Ui . Alors pour tout polynôme P ∈ K[X], on a P = P × 1 =
i=1
n
X n
X n
X n
X n
_
P× Ai Ui = Ai .(P Ui ) ∈ Ai K[X]. Donc K[X] = Ai K[X] soit Ai = 1 (1 étant unitaire).
i=1 i=1 i=1 i=1 i=1

P ROPRIÉTÉS 1.3.2 (Théorème de Gauss) —


Si A ∧ B = 1 et A|BC, alors A|C

Démonstration:
Il existe P ∈ K[X] tel que BC = AP et il existe U, V ∈ K[X] tels que AU + BV = 1 vu la relation de Bézout.
Alors C = C ×1 = C ×(AU +BV ) = ACU +(BC)V = ACU +AP V = A(CU +P V ) avec CU +P V ∈ K[X].
Donc A divise C.

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CHAPITRE 3. POLYNÔMES

1.4 Polynôme dérivé

D ÉFINITION 1.4.1 —
n
X
Pour P = ak X k , on définit
k=0

n
X n−1
X
P0 = [Link] X k−1 = (k + 1).ak+1 X k
k=1 k=0

T HÉORÈME 1.4.1 (Formule de Taylor) —

n
X P (k) (a)
P = (X − a)k
k!
k=0

i.e
n
X P (k) (a)
P (X + a) = Xk.
k!
k=0

Démonstration:
- On vérifie le résultat sur la base canonique, ie pour les Pn = X n , n ∈ N. Soit k ∈ [[0, n]].

n!
Pn(k) = n(n − 1)...(n − k + 1)X n−k = X n−k
(n − k)!

donc
n (k) n  
X Pn (a) k
X n n−k
(X − a) = a (X − a)k = X n = Pn
k! k
k=0 k=0

et le résultat est vrai.


- Les deux membres étant linéaires par rapport au polynôme P , la relation reste vraie pour tout polynôme
P puisque P est combinaison linéaire des Pn .

R EMARQUE —
Cela donne la décomposition de P sur la base (1, X − a, (X − a)2 , ..., (X − a)n )

E XERCICE 1.4.1 —
Déterminer les polynômes P ∈ K[X] tels que P 0 divise P

2 Racines

T HÉORÈME 2.0.1 —

C1 a ∈ K est racine de P ssi (X − a)|P ssi Pe(a) = 0.

C2 a ∈ K est racine d’ordre r de P ssi
(
(X − a)r |P
(X − a)r+1 6 |P

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CHAPITRE 3. POLYNÔMES

ssi (
Pe(a) = Pe0 (a) = . . . = Pe(r−1) (a) = 0
Pe(r) (a) 6= 0

a ∈ K est racine d’ordre > r de P ssi (X − a)r |P ssi



C3

Pe(a) = Pe0 (a) = . . . = Pe(r−1) (a) = 0.



C4 Tout polynôme non nul de degré n admet au plus n racines distinctes.

C5 Tout polynôme qui a une infinité de racines est nul.

Démonstration:

C1 Si (X − a) divise P alors P (a) = 0. Réciproquement, si P (a) = 0, la division euclidienne de P par
X − a s’écrit P = (X − a)Q + λ avec λ ∈ R ie R constant. Comme P (a) = 0, il vient λ = 0 ie P = (X − a)Q.

C2
r
a est une racine d’ordre r de P ⇐⇒ ∃Q ∈ Rn−r [X] tel que Q (a) 6= 0 et P = (X − a) Q
∃ (q0 , . . . , qn−r ) ∈ Rn−r+1 tel que q0 6= 0
n−r
⇐⇒ r
X i
et P = (X − a) qi (X − a)
i=0

∃ (q0 , . . . , qn−r ) ∈ Rn−r+1 tel que q0 6= 0


n−r
⇐⇒ X r+i
et P = qi (X − a)
i=0

∃ (q0 , . . . , qn−r ) ∈ Rn−r+1 tel que q0 6= 0


n
⇐⇒ X k
et P = qk−r (X − a)
k=r

n
D’après la formule de Taylor et l’unicité de la décomposition de P dans la base (1, (X − a) , . . . , (X − a) )
de Rn [X], on obtient :

a est une racine d’ordre r de P ⇐⇒ ∀k ∈ {0, . . . , r − 1} P (k) (a) = 0 et P (r) (a) 6= 0

R EMARQUE —
Soit P scindé. Alors P divise Q ssi toute racine de P l’est pour Q avec un ordre supérieur.

E XERCICE 2.0.1 —
Soit P ∈ R[X] scindé. Montrer que si z est racine de P d’ordre de multiplicité r alors z aussi.

T HÉORÈME 2.0.2 (Relations coefficients racines) —


Soit P = an X n + an−1 X n−1 + ... + a1 X + a0 scindé sur K. On pose
n
X X n
Y
σ1 = xi , σ2 = xi xj , ... , σn = xi .
i=1 16i<j6n i=1

an−p
Alors x1 , x2 , . . . , xn sont les racines de P ssi ∀ p = 1, . . . , n, σp = (−1)p
an

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CHAPITRE 3. POLYNÔMES

Démonstration:
Par développement,
n
Y
an (X − xi ) = an (X n − σ1 X n−1 + σ2 X n−2 + ... + (−1)n σn )
i=1

et x1 , x2 , . . . , xn sont les racines de P ssi

an X n + an−1 X n−1 + ... + a1 X + a0 = an (X n − σ1 X n−1 + σ2 X n−2 + ... + (−1)n σn )

d’où le résultat par identification.

E XERCICE 2.0.2 —
Soit P ∈ K[X] de degré n.
Démontrer que la suite des sommes des racines de P , P 0 ,...,P (n−1) est arithmétique.

3 Polynômes d’interpolation de Lagrange

D ÉFINITION 3.0.1 —
Soient (x0 , x1 , . . . , xn ) ∈ Kn+1 distincts et (y0 , y1 , . . . , yn ) ∈ Kn+1 Alors :

∃!P ∈ Kn [X] | ∀ k ∈ [[0, n]], P (xk ) = yk .

P est le polynôme de Lagrange associé aux 2 suites (x0 , x1 , . . . , xn ) et (y0 , y1 , . . . , yn ).

Démonstration:
L’application ϕ : Kn [X] −→ Kn+1 est bien définie, elle est linéaire et injective car si
P 7−→ (P (x0 ), ..., P (xn ))
P (x0 ) = ... = P (xn ) = 0, P est un polynôme de degré 6 n qui admet n + 1 racines distinctes (au moins)
donc P = 0.
Avec les dimensions, ϕ est un isomorphisme d’espace vectoriel ie conclusion.

P ROPRIÉTÉS 3.0.1 —
- Les polynômes élémentaires de Lagrange sont les polynômes Li définis pour i = 0, 1, ...n par :
Y
(X − xj )
(X − x0 ) . . . (X − xi−1 )(X − xi+1 ) . . . (X − xn ) j6=i
Li = = Y
(xi − x0 ) . . . (xi − xi−1 )(xi − xi+1 ) . . . (xi − xn ) (xi − xj )
j6=i

- ∀i, j ∈ [[0, n]], Li (xj ) = δi,j


- (L0 , L1 , . . . , Ln ) forme une base de Kn [X].
Xn
- ∀A ∈ Kn [X], A = A(xk )Lk
k=0

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CHAPITRE 3. POLYNÔMES

Démonstration:
- L’image de la base canonique B = (e0 , ...en ) de Kn+1 par l’isomorphisme ϕ−1 est une base C = (L0 , ..., Ln )
de Kn [X].
- Par définition de ϕ, on a donc pour tout i ∈ {0, ...n}, ϕ(Li ) = ei ie pour tout i, j ∈ {0, 1, ..., n}, Li (xj ) =
δi,j . Y
Donc les xj pour j 6= i sont racines de Li donc Li (X) = λ. (X − xj ).
j6=i
1
De plus Li (xi ) = 1 donc λ = Y ce qui donne la valeur cherchée pour Li .
(xi − xj )
j6=i
n
X
- Si A ∈ Kn [X], on a ϕ(A) = (A(x0 ), ..., A(xn )) = A(xi )ei d’où
i=0

n
X n
X
A= A(xi )ϕ−1 (ei ) = A(xi )Li .
i=0 i=0

4 Irréductibilité

D ÉFINITION 4.0.1 —
- P ∈ K[X] irréductible sur K ssi
(
P non constant (deg(P ) > 1)
∀U ∈ K[X], U |P =⇒ (U constant ou U proportionnel à P ).

- P ∈ K[X] est réductible sur K[X] ssi



P constant ou il existe U, V ∈ K[X] non constants | P = U V .

P ROPOSITION 4.0.1 —
Soit P irréductible sur K[X] et U, V ∈ K[X]. Alors

C1 P |U ou (exclusif) P ∧ U = 1

C2 P |U V =⇒ P |U ou P |V

Démonstration:

C1 On pose D = P ∧ U divise P qui est irréductible donc D = 1 ou D = λP . Or D divise U donc D = 1
ou P |U .

C2 Si P |U V alors soit P |U soit P ∧ U = 1 mais alors P |V en vertu du théorème de Gauss.

P ROPOSITION 4.0.2 —
Cas de R ou C :
- Les irréductibles unitaires de C[X] sont les X − a, a ∈ C
- Les irréductibles unitaires de R[X] sont les X − a, a ∈ R et les X 2 + 2pX + q avec p, q ∈
R | p2 − q < 0.

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CHAPITRE 3. POLYNÔMES

R EMARQUE —
- P n’a pas de racine dans K 6⇒ P irréductible sur K[X]
- Toute racine dans K d’un polynôme irréductible sur K[X] est simple.
- Si P irréductible sur K[X] de degré > 2, alors P n’a pas de racine dans K.

E XERCICE 4.0.1 —
Soit P ∈ R[X] irréductible sur R[X]. Montrer que toute racine complexe de P est simple.

T HÉORÈME 4.0.1 (Décomposition en facteurs irréductibles) —


Y
A non constant unitaire s’écrit P vP (A)
P irréd. unitaire
La décomposition est unique à l’ordre près.
vP (A)= valuation P -adique de A vérifie vP (AA0 ) = vP (A) + vP (A0 ).

E XERCICE 4.0.2 —
Montrer que :
n−1
Y   
2n 2 (2k + 1)π
X +1= X − 2X cos +1
2n
k=0

P
5 D.E.S de
Q
P ROPOSITION 5.0.1 —
 
p p αi
Y P X X λ i,ki
Pour Q = bn (X − xi )αi , =E+  
Q (X − xi )ki
i=1 i=1 ki =1
E = partie entière de F = quotient de la div eucl de P par Q.

P ROPRIÉTÉS 5.0.1 —

P1 Cas des pôles simples :
λ h i Pe(a)
Pour F = + . . . , on a λ = (X^ − a).P (a) =
X −a e 0 (a)
Q

P2 Cas des pôles doubles :
λ µ h
^
i
2 .P (a)
Pour F = + + . . ., on a λ = (X − a)
(X − a)2 (X − a)
 P0
P3 D.E.S de :
P
p p
Y P 0 X αi
Pour P = an (X − xi )αi , =
P X − xi
i=1 i=1

Démonstration:
Pour P 0 /P :
p
Y p
Y
Soit P = an (X − xi )αi alors pour tout x ∈
/ {x1 , ..., xp }, |P (x)| = |an | |x − xi |αi donc ln |P (x)| =
i=1 i=1

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CHAPITRE 3. POLYNÔMES

p
X
ln |an | + αi ln |x − xi | ce qui donne par dérivation :
i=1

p
P 0 (x) X αi
= .
P (x) i=1
x − xi

Cette égalité étant vraie pour une infinité de valeurs, elle est vraie en tant que fraction rationnelle ie
p
P0 X αi
=
P i=1
X − xi

E XERCICE 5.0.1 —

1 Déterminer la dérivée n-ième de Arctan .
 X ω+1
2 Calculer
X −ω
ω∈Un

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Savoir-faire

 a est racine de P se traduit par P (a) = 0 mais aussi par (X − a)|P .


 a est racine d’ordre de P d’ordre k ssi P (a) = P 0 (a) = ... = P (k−1) (a) = 0 et P (k) (a) 6= 0.
 Si P ∈ R[X] et z ∈ C est racine de P alors z est aussi racine de P avec le même ordre de multiplicité.
 Si P ∈ R[X] est de degré impair, il admet au moins une racine réelle.
 Tout polynôme de C[X] est scindé.
 Pour un calcul de reste dans une division euclidienne, donner la forme du reste et évaluer en les racines du
quotient (en tenant compte des ordres de multiplicité).
an−1
 Retenir que la somme des racines d’un polynôme scindé an X n + an−1 X n−1 + ... + a0 est − .
an
 Pour justifier qu’un polynôme est nul, on montre qu’il a plus de racines (strictement) que son degré.
 Un polynôme irréductible sur K[X] se comporte sur K[X] comme un nombre premier dans Z. Les propriétés
sont analogues.
p p
Y P0 X αi
 Si P = an (X − xi )αi alors =
i=1
P i=1
X − xi
P0
 La quantité P P 00 − P 02 fait penser à la dérivée de .
P
Exercices
Exercice 3.1
Justifier que P = n X n+2 − (n + 2) X n+1 + (n + 2) X − n est divisible par (X − 1)2 .
Déterminer le quotient Q de P par (X − 1)2

Exercice 3.2
Soit (Pn ) la suite de polynômes définis par P1 = X − 2 et pour n > 1, Pn+1 = Pn2 − 2.
Quel est le coefficient de X 2 dans Pn ?

Exercice 3.3
Factoriser P (X) = (X + i)n − (X − i)n . En déduire pour m > 1, la valeur de
2m  
Y kπ
cotan
2m + 1
k=1

Exercice 3.4
Soit P ∈ R[X] tel que ∀ x ∈ R, P (x) > 0 et on pose E = {A2 + B 2 | A, B ∈ R[X]}.

1. Montrer que E est stable par produit.


2. Donner la forme de la décomposition en facteurs irréductibles de P sur R[X]. En déduire que P ∈ E.

Exercice 3.5

1. Déterminer une CNS sur les trois affixes a, b, c de A, B, C pour que le triangle ABC soit équilatéral
direct, puis une CNS pour qu’il soit équilatéral (1)
2. Déterminer une CNS liant les trois nombres complexes p, q, r pour que l’équation x3 +3 p x2 +3 q x+r =
0 ait pour racines dans C les affixes des trois sommets d’un triangle équilatéral.

Exercice 3.6
On note x1 , x2 , x3 les trois racines dans C de x3 + a x2 + b x + c = 0.
Déterminer une CNS pour que cette équation admetteX 2 racines opposées.
xi
Lorsque cette condition n’est pas réalisée, calculer .
xj + xk
(i,j,k) 2 à 26=

(1). Traduire "équilatéral" par une rotation.


Exercice 3.7
On suppose que P et Q sont deux polynômes réels de degré n = 2p − 1 et qu’il existe p réels distincts x1 , . . . , xp
tels que ∀ k ∈ {1, . . . , p}, P (xk ) = Q(xk ) et P 0 (xk ) = Q0 (xk ). Que peut-on dire de P et Q ?

Exercice 3.8
Déterminer le reste de la division euclidienne de Pn = (ch α + X sh α)n par X 2 − 1 et par (X 2 − 1)2 .

Exercice 3.9
Soit P un polynôme réel de degré 2p + 1 tel que ∀k ∈ [[0, 2p + 1]], P (k) (0) < 0.
Montrer que P admet des racines réelles et que ses racines réelles sont toutes strictement négatives.

Exercice 3.10
Soit P ∈ R[X] un polynôme scindé à racines simples. Montrer que tous ses polynômes dérivés le sont aussi.

Exercice 3.11
Déterminer m de sorte que les 3 racines complexes a, b, c de l’équation x3 +2x2 −7x+m = 0 vérifient la relation
a2 = b2 + c2 .

Exercice 3.12
n
Soit P ∈ Q[X] | d◦ P = n. On suppose que P admet une racine complexe z d’ordre > . Montrer que z ∈ Q (2) .
2

Exercice 3.13
Déterminer les polynômes P ∈ Z[X] unitaires qui ont toutes leurs racines complexes de module < 1 (3) .

Exercice 3.14
Soit P ∈ C[X]. Montrer que les racines de P 0 sont barycentres à coefficients positifs des racines de P (4) .

Exercice 3.15
2X 2 + 1
Décomposer en éléments simples F = dans C[X].
(X 2 − 1)2
4
X 2zi2 + 1 4
Calculer S =
(z 2 − 1)2 où les zi sont racines complexes du polynôme P = X − X + 1.
i=1 i

(2). Utiliser la décomposition en irréductibles.


(3). Utiliser les relations coefficients/racines.
P 0 (z)
(4). Écrire sous forme barycentrique l’expression .
P (z)
Exercice 3.16
 
1
n 1 (5)
Montrer que ∀n ∈ N, ∃!Pn ∈ R[X] | X + n = Pn X + .
X X
1
Déterminer les racines de Pn et décomposer en éléments simples .
Pn

Exercice 3.17
Soit α > 0 et P, Q scindés sur R. Prouver qu’il en est de même pour le polynôme R = P 0 Q + αP Q0 (6) .

Exercice 3.18
Soit n > 2. Montrer que pour tout polynôme P ∈ C[X], il existe Pn ∈ C[X] tel que
X
P (ωX) = Pn (X n ).
ω∈Un

Exercice 3.19
X p−1
Soit P = (X − 1)p (X − 2)p ...(X − n)p .
(p − 1)!
(X i )(r)
1. Montrer que pour tout i > p − 1 et r > p, ∈ Z[X] et que tous les coefficients sont multiples de
(p − 1)!
p.
2. Montrer que pour tout r > p, P (r) ∈ Z[X] et que tous les coefficients sont multiples de p.

(5). Le faire par récurrence.


R
(6). Considérer la fraction rationnelle F = , trouver des racines entre les asymptotes avec TVI, puis les autres par la
PQ
décomposition en irréductibles.

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