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Éléments propres des endomorphismes

Le chapitre traite des endomorphismes, en particulier des éléments propres et de leurs propriétés. Il définit les valeurs propres et les vecteurs propres, et présente des exemples illustrant ces concepts, ainsi que des propositions sur la structure des espaces propres. Enfin, il aborde les éléments propres de matrices carrées et des endomorphismes particuliers comme les homothéties et les projecteurs.

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Éléments propres des endomorphismes

Le chapitre traite des endomorphismes, en particulier des éléments propres et de leurs propriétés. Il définit les valeurs propres et les vecteurs propres, et présente des exemples illustrant ces concepts, ainsi que des propositions sur la structure des espaces propres. Enfin, il aborde les éléments propres de matrices carrées et des endomorphismes particuliers comme les homothéties et les projecteurs.

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Chapitre 3: Réduction des endomorphismes

Dans tout le chapitre K = R ou K = C et E désigne un K−ev.

I) Eléments propres

1) Eléments propres d’un endomorphisme:

Déf: Soit u ∈ L(E) et λ ∈ K.


1) On dit que λ est une valeur propre de u s’il existe x ∈ E non nul tel que u(x) = λx.
Ce vecteur non nul est appelé un vecteur propre de u associé à λ.
2) Un vecteur x ∈ E est dit un vecteur propre de u s’il est un vecteur propre de u associé à une valeur
propre de u.
   
x x+y
Ex1: Soit f : R3 −→ R3 ,  y  7→  x + y .
z z
1) Montrer que 1 et 2 sont des
 vp de
 f et donner des vecteurs propres a et b associés resp à 1 et 2.
1
2) Les vecteurs a + b et c =  −1  sont ils des − → de f .
vp
0
Réponse:      
0 0 0
1)Soit a =  0 , f (a) =  0  = 1a et a =  0  6= 0 donc 1 est une vp de f et a est un − → de f
vp
1 1 1
associé à 1.
     
1 2 1
*)Soit b =  1 , f (b) =  2  = 2b et b =  1  6= 0 donc 2 est une vp de f et b est un − → de
vp
0 0 0
f associé à 2.
   
1 2
2) a + b =  1 , f (a + b) =
  2  6= λ(a + b) pour tout λ ∈ R donc a + b n’est pas un − → de f .
vp
1 1
 
0
f (c) =  0  = 0c. De plus c 6= 0 donc c est un − → de f (associé à la vp 0 ).
vp
0
Ex2: Soit g : K[X] −→ K[X], P 7→ XP . L’endomorphisme g admet-il des valeurs propres?

Réponse: On suppose que g admet une vp λ. Alors ∃P ∈ K[X] non nul tel que g(P ) = λP .
On a XP = λP donc deg(P ) + 1 = deg(λP ) ≤ deg(P ). Absurde car deg(P ) ∈ N puisque P 6= 0.
D’où g n’admet pas des vp.

Ex3: Soit u ∈ L(E) et λ une vp de u. Montrer que ∀k ∈ N∗ , λk est une vp de uk .

Réponse: λ est une vp de u donc il existe x ∈ E non nul tel que u(x) = λx.
Montrons par récurrence que ∀k ∈ N∗ , uk (x) = λk x.
Pour k = 1 vrai.
Supposons que uk (x) = λk x.
uk+1 (x) = u(uk (x)) = u(λk x) = λk u(x) = λk+1 x.
Donc ∀k ∈ N, uk (x) = λk x.

1
et comme x 6= 0 alors ∀k ∈ N∗ , λk est une vp de uk .

Proposition: Soit u ∈ L(E) et λ ∈ K. Alors


λ est une vp de u si et ssi Ker(u − λid) 6= {0} si et sssi u − λid n’est pas injectif.
Lorsque ,E est de dimension finie, on a aussi
λ est une vp de u si et ssi u − λid n’est pas inversible si et ssi rg(u − λid) < dim E si et ssi
det(u − λid) = 0.

Déf: Soit u ∈ L(E) et λ une vp de u. Le sous espace Ker(u − λid) est appelé le sous espace propre
de u associé à λ. On le note Eλ (u).
Ex: Soit E = C +∞ (R, R) , ∀λ ∈ R, fλ : t 7→ eλt

et D :E −→ E,
f 7→ f 0

1) Soit λ ∈ R. Donner Ker(D − λid).


2) En déduire les éléments propres de D.

Réponse: 1) Ker(D − λid) = {f ∈ E, D(f ) = λf } = {f ∈ E, f 0 = λf } = V ect(fλ ).


2) On a ∀λ ∈ R, Ker(D − λid) 6= {0} donc λ est une vp de D.
D’où l’ensemble des vp de D est R.
Pour λ ∈ R, Eλ (D) = Ker(D − λid) = V ect(fλ ).

2) Propriétés des éléments propres:


p
P
Proposition 1: Soit u ∈ L(E) et λ1 , ..., λp des vp deux à deux distinctes de u. Alors Eλk (u)
k=1
est directe.
Preuve: On utilise le théorème de décomposition des noyaux (à voir).

Conséquence: Soit λ etβ deux vp distinctes de u alors Eλ (u) ∩ Eβ (u) = {0}.

Proposition 2: Soit u ∈ L(E). Toute famille (x1 , ..., xp ) des − → de u associés à des vp deux à deux
vp
distinctes est libre.
Preuve:
Soit (x1 , .., xp ) une famille des −
→ de u associés à des vp deux à deux distinctes.
vp
Pour chaque 1 ≤ i ≤ p, soit λi la vp associé à xi .
Pp
Soit α1 , .., αp ∈ K tel que αk xk = 0.
k=1
On pose yi = αi xi . Alors yi ∈ Eλi (u) ∀1 ≤ i ≤ p.
Pp Pp
yk = 0 et Eλk (u) est directe.
k=1 k=1
Donc yi = 0 ∀1 ≤ i ≤ p autrement αi xi = 0.
Or xi 6= 0 ∀1 ≤ i ≤ p et donc αi = 0 ∀1 ≤ i ≤ p.

Ex: Soit E = C +∞ (R, R) , ∀k ∈ N, fk : t 7→ cos(kt)

et D :E −→ E,
f 7→ f 00

1) Montrer que∀k ∈ N, D(fk ) = −k 2 fk .


2) En déduire que ∀n ∈ N, la famille (f0 , ..., fn ) est libre.

2
Réponse:
1) fk0 (t) = −ksin(kt), fk00 (t) = −k 2 cos(kt) donc fk00 = −k 2 fk et donc D(fk ) = −k 2 fk .
2) Soit n ∈ N.
On a ∀k ∈ N, D(fk ) = −k 2 fk et fk 6= 0E donc fk est un − → de D associé à la vp −k 2 .
vp
Donc la famille (f0 , ..., fn ) est libre car famille des −
→ de D associés à des vp deux à deux distinctes.
vp

3) Eléments propres des endomorphismes particuliers


*) Cas d’une homothétie:
Soit h = α id avec α ∈ K.
∀x ∈ E, h(x) = αx. Donc α est l’unique vp de h et Eα (h) = E.

*) Cas d’un projecteur et d’une symétrie:


L
Soit F et G deux sev de E tel que E = F G.
a) On note p le projecteur sur F parallèlement à G.
F = Im(p) = Ker(p − id) et G = Ker(p).
1er cas: Si F 6= {0} et F 6= E.
Ker(p − id) = F 6= {0} et Ker(p) = G 6= {0} donc 0 et 1 sont des vp de p.
E1 (p)F et E0 (p)L= G.
Comme E = F G, il n y a pas des autres vp.
2ème cas: Si F = E ( autrement p = id ) alors 1 est l’unique vp de p.
3ème cas: Si F = {0} alors G = E (autrement p = 0) et donc 0 est l’unique vp de p.

b) On note s la symétrie par rapport à F parallèlement à G.


F = Ker(s − id) et G = Ker(s + id).
1er cas : Si F 6= {0} et F 6= E.
Ker(s − id) 6= {0} et Ker(s + id) = G 6= {0} donc 1 et −1 sont des vp de s.
E1 (s) = F et E−1 (s) = G.
Il n y a pas des autres vp.

Ex: Soit n ≥ 2
ϕ :Mn (K) −→ Mn (K)
et .
M 7→t M
Montrer que ϕ est une symétrie et déduire ses vp.

Réponse: Soit M ∈ Mn (K), ϕ2 (M ) = ϕ(t M ) =t (t M ) = M donc ϕ2 = id et ϕ est une symétrie.


Comme ϕ est une symétrie alors les vp possibles de ϕ sont 1, −1.
Ker(ϕ − id) = {M ∈ Mn (K),t M = M } = Sn (K) 6= {0} donc 1 est une vp.
Ker(ϕ + id) = An (K) 6= {0} car n ≥ 2 donc −1 est une vp.
Conclusion: Les vp de ϕ sont 1 et −1.

4) Eléments propres d’une matrice carrée


Déf: Soit A ∈ Mn (K) et λ ∈ K.
1) On dit que λ est une valeur propre de A s’il existe X ∈ Mn,1 (K) non nul tel que AX = λX.
Dans ce cas,
*)le vecteur X est appelé un vecteur propre de A associé à λ.
*) le sous espace Ker(A − λIn ) = {X ∈ Mn,1 (K), AX = λX} est appelé le sous espace propre de A
associé à λ.
2) L’ensemble des vp de A est appelé le spectre de A. On le note Sp(A).

Propriétés: Soit A ∈ Mn (K) et λ ∈ K.


λ ∈ Sp(A) si et ssi Ker(A − λIn ) 6= {0}
si et ssi rg(A − λIn ) < n

3
si et ssi A − λIn ∈ / GLn (K)
si et ssi det(A − λIn ) = 0.
 
1 ... 1  
 .. ..  1
Ex1 Soit J =  . . 
 ∈ Mn (R) avec n ≥ 2 et U =  . . .  ∈ Mn,1 (R).

 (1) 
1
1 ... 1
1) Calculer JU et déduire que n est une vp de J.
2) Montrer que 0 ∈ Sp(J) et préciser dim E0 (J).
3) Vérifier que J 2 = nJ et déduire que Sp(J) = {0, n}.
 
1 ... 1    
 .. ..  1 n
Réponse: JU =  . . 
  . . .  =  . . .  = nU .

 (1) 
1 n
1 ... 1
On a JU = nU et U 6= 0 donc n ∈ Sp(J).
2) On a rg(J) = 1 < 2 ≤ n donc 0 ∈ Sp(J).
dim E0 (J) = dim Ker(J) =n− rg(J) = n − 1.   
1 ... 1 1 ... 1 n ... n
 .. ..   .. ..   .. .. 
3) J 2 =  . . 
 . . = . . 
 = nJ.
  
 (1)  (1)   (n) 
1 ... 1 1 ... 1 n ... n
On a d’après 1), {0, n} ⊂ Sp(J).
Soit λ ∈ Sp(J) alors il existe X ∈ Mn,1 (R) non nul tel que JX = λX.
J 2 X = JλX = λJX = λ2 X.
Or J 2 = nJ donc nJX = λ2 X c-à-d nλX = λ2 X ou encore λ(λ − n)X = 0.
Or X 6= 0 donc λ(λ − n) = 0.
D’où Sp(J) ⊂ {0, n}.
On déduit que Sp(J) = {0, n}.

Ex2 Soit A ∈ Mn (K) tel que (A − In )(A − In )2 = 0 (∗) et A 6= In .


Montrer que 2 ∈ Sp(A).
Réponse: Par absurde.
On suppose que 2 ∈/ Sp(A). Alors A − 2In ∈ GLn (K) et donc (A − 2In )2 ∈ GLn (K).
On multiplie par ((A − 2In )2 )−1 dans (*), alors A − In = 0 Absurde.
D’où 2 ∈ Sp(A).
P
Ex3: Soit A = (aij ) ∈ Mn (K) tel que ∀1 ≤ j ≤ n, |ajk | = 1,
  k=1
x1
λ ∈ Sp(A) et X =  ...  un − → de A associé à λ.
vp
 

xn P
Montrer que ∀1 ≤ i ≤ n, |λxi | ≤ |aik ||xk | puis déduire que |λ| ≤ 1.
k=1
Réponse:
n
 
P
   a1k xk 
a11 . . . a1n x1 
 k=1 
AX =  ... .. ..   ..  =  ..
.
 
. .  .   .
n
 
an1 . . . ann xn  P
ank xk

k=1
Pn n
P
On a AX = λX donc ∀1 ≤ i ≤ n, |λxi | = | aik xk | ≤ |aik ||xk |.
k=1 k=1

4
L’ensemble {|x1 |, ..., |xn |} est fini non vide donc il existe 1 ≤ i0 ≤ n tel que |xi0 | = max1≤i≤n |xi |.
Pn
Pour i = i0 , |λxi0 | ≤ | |ai0 k ||xk |.
k=1
n n
P |xk | P
De plus |xi0 | > 0 car X 6= 0 donc |λ| ≤ |ai0 k | |x i |
≤ |ai0 k | = 1.
0
k=1 k=1

Remarque: Soit A ∈ Mn (K). Les éléments propres de A sont ceux de l’endomorphisme fA :


Mn,1 (K) −→ Mn,1 (K), X 7→ AX (c’est l’endomorphisme de Mn,1 (K) canoniquement associé à A).

Déf: Si E est de dimension finie et u ∈ L(E), l’ensemble des vp de u est appelé spectre de u. On
le note Sp(u).

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