BLOC 1 PRISE EN CHARGE DE L’ENFANT
Pr B. Thivichon-Prince
1- CROISSANCE DE L’ENFANT
La croissance est un processus biologique quantitatif par essence, puisqu’il correspond à
l’augmentation des dimensions, du poids ou du volume corporels. Elle s’accompagne du
phénomène de maturation des tissus ou des organes qui est de nature qualitative, correspondant
à l’acquisition des fonctionnalités.
La surveillance de la croissance est un temps important de la consultation pédiatrique. Elle doit
être intégrée à l’observation clinique. Elle porte normalement sur la taille, le poids, le périmètre
crânien jusqu’à 5 ans, et l'Indice de Masse Corporelle (IMC), dont les valeurs doivent être
consignées dans le carnet de santé.
Le retard de croissance peut être le premier signe d'un processus pathologique qui peut mettre
en jeu le pronostic vital ou fonctionnel de l'enfant.
En Orthopédie dento-faciale, la prévision de croissance est utile pour apprécier l’intérêt ou le
suivi d’un traitement.
I- Croissance staturo-pondérale physiologique
La croissance résulte de phénomènes cellulaires sous-jacent :
- Hyperplasie (augmentation du nombre de cellules)
- Hypertrophie (augmentation de la taille des cellules)
- Accrétion (augmentation des substances intercellulaires)
Cette multiplication entraîne l'augmentation en volume, en poids, en longueur des différentes
parties du corps.
I.1- Définitions
• Développement
Le développement est une série de stades par lesquels passent l’être vivant.
Le développement se fait en général selon des principes bien définis :
1- Le développement est un processus continu
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2- Le développement suit la même séquence chez tous les enfants
3- Le développement est intimement lié à la maturation du système nerveux
Les conditions physiologiques et socio-affectives peuvent influencer le développement.
• Développement staturo-pondéral
Le développement staturo-pondéral désigne la croissance en taille et en poids d'une personne.
Il constitue une partie de la croissance du corps humain.
L'étude du développement staturo-pondéral se base sur des normes fixées en fonction de l'âge
et du sexe.
Le développement staturo-pondéral est unique à chaque personne, et dépend aussi de caractères
héréditaires, comme la morphologie des parents, de l'alimentation, de l'état de santé, de
l’activité physique pratiquée.
Certaines pathologies ou certains traitements médicamenteux ont des conséquences sur le
développement staturo-pondéral.
• Maturation
La maturation est un caractère qualitatif. La maturation est l’ensemble des changements qui
surviennent au cours de l’enfance et de l’adolescence depuis la conception jusqu’à l’âge où la
maturité est atteinte.
La maturation squelettique n'est pas la formation de tissu nouveau, mais la consolidation du
tissu osseux dans sa forme définitive par ossification enchondrale. Des indicateurs de
maturation osseuse permettent d'en apprécier l'avancement : ossification des petits os du carpe
et du tarse, disparition de certains cartilages de croissance pour déterminer ce qu'il est convenu
d'appeler " âge osseux " mais qui est en fait le degré de maturation osseuse.
Le cartilage de croissance assure la croissance en longueur des os longs, alors que la croissance
en largeur est sous la dépendance de l’ossification périostée. A la puberté, les stéroïdes sexuels
entraînent une soudure de ces cartilages, arrêtant de ce fait la croissance.
Croissance et maturation se combinent pour le renouvellement incessant du tissu osseux, qui
dure toute la vie, de la vie intra-utérine à l'âge adulte.
I.2- Phases de la croissance
On a l’habitude de séparer la croissance staturale en 4 phases :
- fœtale.
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- nourrisson (0 à 4 ans) : La croissance du nourrisson (naissance à 3-4 ans) est rapide, mais
décroît rapidement (24 cm la première année, 12 cm la seconde, 8 cm la troisième). Elle est
sous la dépendance essentielle de la nutrition et des hormones thyroïdiennes.
- enfance (4 à 12 ans) : La croissance de l’enfance est plus lente et décroît progressivement
jusqu’à la puberté (7 cm/an à 4 ans et 4,5 cm/an à 12 ans). Elle est sous la dépendance
importante de la génétique (notion de couloir de croissance), de l’axe GH/IGF1 (hormone de
croissance/ insulin-like growth factor 1) et des hormones thyroïdiennes. C’est une phase de
croissance intermédiaire. Durant cette période la taille augmente au rythme de 5 à 6 cm par an
et le poids de naissance est multiplié par un facteur 8 à 10, pour se situer entre 25 kg et 35 kg à
10 ans. La vitesse de croissance atteint un minimum juste avant le démarrage du pic pubertaire.
- puberté : La croissance pubertaire est largement dépendante des stéroïdes sexuels mais
nécessite l’ensemble des facteurs nécessaires à la croissance de l’enfance pour se dérouler
normalement. Elle se caractérise par une accélération de la vitesse de croissance. C’est une
phase de croissance rapide, qui n’est pas homogène mais suit un ordre particulier : d’abord les
extrémités (mains et pieds), puis les membres, et enfin le rachis. Le pic de croissance pubertaire
correspond à une augmentation de la hauteur des vertèbres. Plus que dans les phases
précédentes, il existe des différences notables suivant le sexe et elle est normalement associée
à la maturation sexuelle :
– Elle démarre plus tôt chez les filles (10,5-11 ans) que chez les garçons (12,5-13 ans)
– La vitesse de croissance et le gain final est plus important chez les garçons.
– Chez les filles, le pic de croissance pubertaire pondérale est postérieur au pic de croissance
statural (PCS) ; alors que chez les garçons, les 2 pics sont synchrones.
Ces phases ne sont évidemment ni indépendantes ni clairement séparées et la croissance est un
phénomène continu.
La croissance normale doit répondre aux critères suivants :
* régularité de la croissance et de la vitesse de croissance
* concordance entre courbe pondérale et courbe staturale ;
* concordance (± 1,5 DS = déviation standard) avec la taille cible génétique (voir I.3.1).
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I.3- facteurs influençant la croissance post-natale
La croissance postnatale est contrôlée par plusieurs facteurs :
- génétiques (taille des parents, polymorphismes génétiques),
- hormonaux (hormone de croissance, hormones thyroïdiennes, hormones sexuelles),
- nutritionnels (apports)
- et psychoaffectifs.
I.3.1- Facteurs génétiques
Le patrimoine génétique d’une personne a une influence sur sa taille définitive. Les scandinaves
sont par exemple en moyenne plus grands que les méditerranéens. Cette différence se maintient
chez les personnes atteintes d’une même maladie affectant la croissance. Néanmoins de très
nombreux facteurs interfèrent avec l’effet des gènes : l’environnement, la santé, le moment de
la puberté et l’alimentation peuvent contrebalancer les effets de la génétique.
La taille des parents a une influence évidente sur celle de l’enfant, cette notion est abordée en
pratique par le calcul de la taille cible génétique. Plusieurs formules sont disponibles pour la
calculer. La plus populaire est la formule de Tanner :
➔ La taille cible génétique se calcule avec la formule :
(Moyenne des tailles du père et de la mère) + 6,5 cm si garçon ou – 6,5 cm si fille.
Cette taille cible représente la taille pour laquelle est « programmé » un enfant mais elle est
précise à +/-8 cm.
Très souvent, cette taille cible génétique est corrigée d’un facteur correspondant au gain de
taille d’une génération à la suivante :
➔ Taille cible corrigée =Taille cible génétique + 2,5 cm.
La taille cible, est donc une mesure statistique du potentiel de croissance d’un individu. Les
études de populations indiquent que la taille adulte de 95 % des enfants se situe à ± 1,5 DS de
leur taille cible.
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I.3.2- Facteurs endocriniens
La croissance est sous la dépendance d’un équilibre hormonal très complexe dont les facteurs
activateurs sont représentés par l’hormone de croissance (Growth Hormone), l’IGF-1 (Insulin
Growth Factor 1) ou somatomédine C, les hormones sexuelles (testostérone, progestérone,
oestrogènes), les hormones thyroïdiennes, le cortisol et l’insuline. L’estomac produit aussi une
hormone (ghreline) qui régule à la fois la faim et la production d’hormones de croissance.
I.3.3- Facteurs environnementaux
Les facteurs environnementaux jouant un rôle dans les phénomènes de croissance sont
représentés par :
➢ L’exposition au soleil (indispensable pour la synthèse de la vitamine D),
➢ La pollution (perturbateurs endocriniens, tabac…),
➢ Les saisons (nutrition et mauvaises conditions climatiques),
➢ L’hypoxie (notamment en haute montagne, où les individus sont de plus petite taille),
➢ Une alimentation équilibrée : La croissance exige des apports alimentaires adéquats,
aussi bien quantitativement que qualitativement. Les apports azotés (acides aminés) ont
un rôle fondamental car ils ne peuvent être synthétisés par l’organisme. Le calcium,
quant à lui, est indispensable à l’ossification. Son absorption intestinale est sous la
dépendance de la vitamine D qui doit être apportée systématiquement chez l’enfant.
➢ Les facteurs socio-économiques : le développement staturo-pondéral est statistiquement
lié aux conditions socio-économiques. Les enfants uniques habitant une grande ville,
issus de milieux aisés, sont en moyenne plus grands et plus lourds que les enfants de
familles nombreuses, habitant la campagne, issus de milieux défavorisés.
➢ Les facteurs psycho-affectifs : ils interviennent dans les cas de carences graves où l’effet
délétère de ces mauvaises conditions semble être médié par une insuffisance de
sécrétion de l’hormone de croissance. Ce nanisme psycho-social ou nanisme de détresse
ou de frustration ou par carence psychoaffective est l’expression de difficultés
relationnelles entre l'enfant et son entourage. Il est souvent difficile à diagnostiquer
initialement car il est souvent associé à des perturbations biologiques. Il est résistant aux
traitements par l’hormone de croissance mais peut être amélioré lorsque l’on peut agir
sur le milieu de vie.
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II- Moyens d’étude et de surveillance de la croissance
La surveillance de la croissance représente un temps important de la consultation pédiatrique.
Elle doit être intégrée à l’observation clinique.
Cette surveillance comprend des :
• éléments quantitatifs dont les valeurs doivent être consignées dans le carnet de santé : la
taille, le poids, le périmètre crânien jusqu’à 5 ans, l’Indice de Masse Corporelle (rapport du
poids en kg sur le carré de la taille en m2),
* éléments qualitatifs où sont appréciées des modifications des tissus. Il s’agit d’évaluer le
degré de maturation dentaire (= âge dentaire), osseux (âge osseux) et sexuelle (stades de
Tanner).
La qualité de l’apport nutritionnel peut ainsi être indiqué par l’observation de la peau, des
muqueuses, de l’épaisseur du panicule adipeux (mesure des plis cutanés), du développement
des masses musculaires, de l’état des os.
II.1- Moyens quantitatifs d’étude de la croissance
L’évaluation de la croissance comprend deux grandes familles de paramètres : les paramètres
mesurés et les paramètres calculés.
II.1.1- Les paramètres mesurés
Les paramètres mesurés sont représentés par :
* La taille : elle est mesurée en position couchée (longueur) jusqu’à l’âge de 2 - 3 ans puis
debout (hauteur). Il existe de petites variations entre plusieurs mesures successives (faire trois
mesures et retenir la moyenne). La taille adulte dite « normale » correspond à la taille atteinte
par les individus d'une population en bonne santé. Celle-ci est en France actuellement pour les
hommes de 175 cm en moyenne (environ 95% de la population) avec un écart, compris entre
163 cm et 187 cm. Pour les femmes, la taille moyenne est de 163 (écart de 152 cm à 174 cm).
* Le poids : sujet déshabillé, au 1/10 de kilogramme (kg)
* Le périmètre crânien : à l’aide d’un ruban métrique gradué en millimètre (mm) mesurant le
périmètre céphalique maximal. Chez l'être humain, l'essentiel du développement cérébral, dont
le périmètre crânien est un reflet, se fait durant les premières années de vie. Le gain est de
6
15 cm durant les 3 premières années et de 5 - 7 cm ensuite jusqu'à l'âge adulte. Schématiquement
entre 0 et 12 mois le périmètre crânien est égal à la moitié de la taille + 10 cm.
La croissance du périmètre crânien diffère également entre les filles et les garçons et le comité
d’expertise a considéré nécessaire son suivi au moins jusqu’à l’âge de 5 ans depuis 2018. Les
courbes du périmètre crânien sont donc représentées depuis l’âge d’un mois et jusqu’à cinq ans
(et non trois ans comme avant), et séparément chez les filles et les garçons. L’interprétation des
mesures doit prendre en compte les périmètres crâniens des parents, c’est pourquoi des abaques
de périmètres crâniens adultes (exprimés en écarts-types pour la mère et le père de l’enfant)
sont représentées en haut à droite de chaque courbe de périmètre crânien.
* L’envergure : sujet debout, bras en croix, de l’extrémité d’un médius à l’autre.
* Le segment supérieur : hauteur cumulée du tronc, du cou et de la tête, correspondant
approximativement à la mesure de la taille assise.
* Le segment inférieur : différence entre la taille et le segment supérieur.
II.1.2- Les paramètres calculés
Les paramètres calculés sont représentés par :
* La vitesse de croissance (cm/an) : nombre de cm acquis en une année. Elle peut se calculer
sur une période plus réduite (mais d’au moins 6 mois).
* Le poids par rapport à la taille : s’obtient en comparant le poids par rapport au poids moyen
pour la taille de l’enfant (âge statural). Il s’exprime en déviation standard (DS) par rapport à la
taille ou mieux en pourcentage.
* L’indice de corpulence ou indice de Quetelet (kg/m2) : rapport du poids sur la taille au carré,
s’exprime en percentile et reflète au mieux l’état nutritionnel et la masse grasse.
Ces paramètres mesurés ou calculés sont comparés à ceux de valeurs de référence.
Ces courbes de croissance considèrent comme normale une croissance entre – 2 DS et + 2 DS
(déviations standards) ou entre le 3e et le 97e percentile. Par définition, 95 % de la population
se situe entre ces intervalles.
Un enfant dont les paramètres se situent hors de ces courbes peut avoir une croissance normale
(par définition statistique), mais le risque de pathologie entravant la croissance est plus élevé
que dans le reste de la population.
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Les rapports entre les différents facteurs quantitatifs (Pois/âge ; Taille/âge ; Poids/taille)
représentent des indicateurs, c’est-à-dire des témoins d’une croissance normale ou
pathologique.
L’analyse de la courbe de poids est importante et permet de déterminer l’existence d’un excès
ou d’un déficit pondéral, en comparant la taille et le poids en DS et en calculant le poids
théorique pour la taille (poids moyen correspondant à l’ « âge statural »).
De façon simple, un poids insuffisant pour la taille ou un ralentissement pondéral précédant
celui de la taille orientent vers une cause nutritionnelle ou digestive. Un excès pondéral
s’accompagne en principe d’une accélération staturale et donc l’association d’un excès pondéral
à un ralentissement de la croissance orientent vers un hypercorticisme ou vers un
hypopituitarisme.
II.1.3- Représentations graphiques des paramètres quantitatifs
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Une taille adulte est considérée comme « normale » entre 163 cm et 187 cm pour un homme
(175 cm en moyenne) et entre 152 cm et 174 cm pour une femme (163 cm en moyenne). Des
courbes de croissance, une pour les filles et une autre pour les garçons, permettent de vérifier
qu’un enfant grandit normalement et atteint cette taille cible. Elles ont été établies, en France,
par les Pr Sempé et Pédron, à partir du suivi d'enfants français en bonne santé, de la naissance
à l'âge adulte (1960, et actualisée en 1997). Ces courbes sont en réalité des « couloirs »,
délimités par des lignes supérieures et inférieures qui représentent les tailles extrêmes,
observées chez moins de 3 % des enfants. En 2018 ces courbes ont été de nouveau actualisées
(INSERM 1153/CRESS (Centre de Recherche Épidémiologie et Statistique Sorbonne
Paris Cité) à partir de mesures sur 261 000 enfants de 0-18 ans.
On considère qu’un enfant présente un trouble de la croissance lorsque sa taille est inférieure à
la limite basse de la courbe de référence. Néanmoins, celui-ci peut être ponctuel : un suivi très
régulier permet de voir si un rattrapage s’effectue dans les mois qui suivent. Par exemple, 90 %
des enfants qui naissent avec un retard de croissance intra-utérin rattrapent la taille normale des
enfants de leur âge au bout d’un ou deux ans.
La courbe de croissance permet aussi de mettre en évidence certains troubles de la croissance
qui se manifestent plus tardivement par un ralentissement, puis une stagnation de la croissance
Le suivi idéal consiste à mesurer (et peser) son enfant tous les 3 mois jusqu'à 1 an, puis tous les
6 mois jusqu'à 4 ans, puis chaque année afin de vérifier que sa taille s’inscrit bien dans le «
couloir » de la courbe de référence et qu’elle suit une progression régulière.
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Comme recommandé par la Haute Autorité de Santé, le repérage du surpoids et de l’obésité de
l’enfant doit reposer sur le suivi de la courbe de corpulence (c’est-à-dire de l’IMC) et non de la
courbe de poids.
Entre 0 et 12 mois, l’IMC augmente, l’enfant s’arrondit. De 1 à 6 ans, l’enfant s’affine et l’IMC
diminue. De 6 ans à l’âge adulte, l’enfant s’étoffe de nouveau avec une augmentation de l ’IMC,
appelée rebond d’adiposité physiologique. ATTENTION : Un rebond d’adiposité avant l’âge
de 6 ans est un marqueur prédictif d’obésité.
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II.2- Moyens qualitatifs d’étude de la croissance
- La maturation dentaire s’évalue par le calcul de l’âge dentaire d’éruption et de l’âge dentaire
de maturation.
- La maturation osseuse est appréciée selon l’apparition des centres d’ossification des cartilages
épiphysaires ou des os courts à partir de radiographies. Par convention on examine les os du
squelette gauche.
L’évaluation de l’âge osseux se pratique ainsi habituellement après radiographie du poignet
gauche et examen des os longs (radius, ulna), des os du poignets et des métacarpiens qui seront
comparés à un atlas de référence.
- La puberté représente l'ensemble des phénomènes physiques, psychiques, mentaux, affectifs
qui caractérisent le passage de l'état d'enfant à l'état d'adulte aboutissant à la fonction de
reproduction.
La puberté est définie par la maturation sexuelle manifestée par :
- la croissance des gonades,
- le développement des caractères sexuels secondaires,
- une accélération de la vitesse de croissance staturale.
La maturation sexuelle est appréciée par l’observation de l’apparition des caractères sexuels
secondaires qui correspondent aux stades de Tanner. Ces caractères sont différents entre la fille
et le garçon.
Cette série de changements étalée sur plusieurs années se caractérise sur le plan auxologique
par une poussée de croissance étroitement contemporaine de l'apparition des caractères sexuels
secondaires. Les différents stades du développement pubertaire sont cotés de 1 (stade
prépubère) à 5 (stade adulte) selon la classification de Tanner.
II.3- Le carnet de santé et examens de santé obligatoires
La surveillance de la croissance est donc une démarche essentielle et doit porter au minimum
sur la taille, le poids et le PC jusqu’à 5 ans. A partir de ces données, l’indice de corpulence est
calculé.
Après l’âge de 3 ans, la fréquence des mesures doit être au mieux, 2 fois par an. Les résultats
doivent être reportés sur le carnet de santé.
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Reprenant l’initiative de l’ordonnance du 2 novembre 1945, la loi du 18 décembre 1989 relative
à la protection et à la promotion de la santé de la famille et de l’enfance prévoit la délivrance
pour tout enfant d’un carnet de santé lors de la déclaration de naissance (art L.2132-1 du CSP).
L’article L.2132-2 prévoit 20 examens obligatoires chez l’enfant de moins de 6 ans dont
certains donnent lieu à l’établissement de certificats de santé. Outil du suivi de la santé de
l’enfant et de l’adolescent, le carnet de santé doit être le support du dialogue régulier noué entre
les professionnels de santé et les familles, au service de la prévention et de l’éducation à la santé
des enfants et des adolescents. Les 3 certificats de santé obligatoires (8ème jour ; 9ème mois et
24ème mois) sont un support de suivi individuel et épidémiologique des enfants. Ils doivent
obligatoirement être adressés par le médecin qui les remplit au service départemental de
Protection Maternelle et Infantile (PMI).
Le carnet de santé est un document qui contient les éléments d'information médicale nécessaires
au suivi de la santé de l'enfant (développement staturo-pondéral et psychomoteur) et sa
surveillance médicale (pathologies et traitement, vaccinations…) jusqu'à ses 16 ans. Son
utilisation est réservée aux professionnels de santé et sa consultation soumise à l'accord des
parents. En effet, le carnet de santé est un document confidentiel, les informations qui y figurent
sont couvertes par le secret médical. Il est délivré gratuitement soit par l'hôpital, soit par la
mairie lors de la déclaration de naissance de l'enfant ou à défaut, par les centres de protection
maternelle et infantile (PMI).
Outre tous les éléments relatifs à la surveillance médicale de l’enfant (évolution du poids et de
la taille, examens buccodentaires, éventuelles hospitalisations, vaccinations, maladies
infectieuses, allergies, antécédents familiaux …), ce carnet contient également :
- des conseils sur les conduites à tenir devant un enfant malade (fièvre, vomissements, diarrhées,
gêne respiratoire...)
- des informations sur la détection précoce des troubles sensoriels (vue et audition), du langage
et de la relation
- de nombreux messages de prévention adaptés aux différentes périodes de la vie de votre enfant
(repères sur les étapes de son développement, conseils sur son alimentation, sur la façon de le
coucher, de lui faire prendre son bain et même de l’attacher en voiture)
- des messages centrés sur l’alcool, le tabac, les drogues et la sécurité routière à destination des
adolescents
- les certificats de santé obligatoires à remplir par le médecin dans les huit premiers jours après
la naissance, au neuvième mois et au 24e mois
- les certificats de vaccinations
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En plus des examens obligatoires donnant lieu à un certificat, il existe d’autres examens
individualisés donnant lieu à un bilan complet au cours de la scolarité de l’enfant :
- un examen obligatoire entre 5 et 6 ans réalisé par un médecin de l’éducation nationale (entrée
au cours préparatoire),
- un examen entre 10 et 13 ans (début de l’adolescence)
- et un entre 14 et 18 ans (poursuite de la puberté, fin de la période de scolarité obligatoire,
orientation scolaire à déterminer).
Dans le domaine dentaire, il s’agit des examens de prévention bucco-dentaires, pris en charge
en totalité par les caisses d’assurance maladie (Programme M’Tdents) à 3,6,9,12,15 ans. Par la
suite, 3 autres examens bucco-dentaires sont aussi pris en charge à 18, 21 et 24 ans pour le
jeune adulte.
III- Retards de croissance
On parle de retard de croissance staturo-pondérale si :
• taille inferieure a – 2 DS ou indice de masse corporelle (IMC) < 3e percentile ;
• ralentissement de la vitesse de croissance ;
• croissance staturale ≤ – 1,5 DS par rapport a la taille cible génétique.
Les retards de croissance peuvent être d’ordre primitifs ou secondaires.
III.1- Retards de croissance primitifs
Les causes constitutionnelles de retard statural sont de loin les plus fréquentes. Typiquement,
les causes constitutionnelles de retard statural donnent un déficit statural stable dans le temps,
parfois à début anténatal.
Il s’agit le plus souvent :
- d’un retard de croissance intra-utérin,
- d’anomalies et syndromes génétiques (trisomie 21, syndrome de Turner, syndrome de Gi
George…)
- ou de maladies osseuses constitutionnelles (achondroplasie…),
- de pathologies placentaires
III.2- Retards de croissance acquis ou secondaires.
Ils sont globalement rares mais potentiellement graves (tumeurs) et en principe accessibles à un
traitement étiologique. Ils sont donc une priorité dans la démarche d’évaluation d’une petite
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taille. Ils se caractérisent typiquement par une diminution franche de la vitesse de croissance
avec ralentissement ou cassure de la courbe et par une diminution de la taille par rapport à la
taille cible.
On décrit des retards de croissance qui sont la conséquence :
- d’une pathologie psychogène (nanisme psycho-social, anorexie),
- de pathologies chroniques digestives (maladie coeliaque, maladie de Crohn,
malabsorption…), rénales (insuffisance rénale chronique…), endocriniennes (hypothyroïdie,
hypopituitarisme, résistance à la GH…), hématologiques (anémie...), cardiaques
(cardiopathies), infectieuses, métaboliques (rachitisme…), inflammatoires (arthrite juvénile)
- d’un défaut d’alimentation (soit par carence d’apport, phénomène d’anorexie ou bien par
défaut d’absorption intestinale)
- d’un défaut des fonctions hormonales (déficit en GH, hypothyroïdie, hypercorticisme,
insensibilité à l’hormone de croissance)
- d’une carence énergétique à la suite d’une maladie chronique
A l’issu de ce cours, je dois pouvoir :
- Citer les facteurs influençant la croissance post-natale
- Décrire les moyens quantitatifs permettant d’évaluer la croissance d’un enfant
- Citer les principales causes de retard de croissance chez l’enfant
- Citer l’âge des examens de prévention bucco-dentaire pris en charge
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