Chapitre 1: Méthodes de
caractérisation des matériaux par
des essais mécaniques
Pourquoi des essais mécaniques ?
L’ingénieur ne peut calculer une pièce, ni déterminer les charges
admissibles sans connaître les caractéristiques mécaniques du
matériau qu’il compte utiliser.
Entre autre, il doit savoir à partir de quelle charge la pièce
commence à se déformer de façon irréversible, entraînant ainsi une
modification de sa géométrie, et à partir de quelles charges il y a
risque de rupture.
Le but de ces essais matériaux est d’obtenir des valeurs des
propriétés qui seront utilisables dans les calculs de RdM. Ces
essais sont normalisés par des organismes nationaux ou
internationaux (AFNOR, ISO) afin d’en assurer la reproductibilité.
La norme repose aussi bien sur le mode opératoire que sur la forme
et la taille des éprouvettes ainsi que sur les machines d’essais.
Cours EC431: Chapitre 1
Contrainte dans un matériau
Sollicitation Mécanique 2
Sollicitation Mécanique 1
Sollicitation Mécanique 3
dF
C(M, x) C(M, x)
dS
C(M, x)
C(M, x) : Vecteur contrainte (Mpa=1N/mm2)
x : Vecteur contrainte normale / contrainte de traction (ou compression)
: Vecteur contrainte tangentielle / contrainte de cisaillement
Cours EC431: Chapitre 1
Traction simple (suite)
F F
L
L Déformation longitudinale L 0 : Longueur initiale de la poutre (mm)
L0 m/m=10-6
D
T Déformation transversale D0 : Diamètre initiale de la poutre (mm2)
D0 pour une section circulaire
L L L0 Allongement longitudinal
D D D0 Allongement transversal
Loi de Hooke (en état de contrainte uniaxiale):
E L E : Module d'Young (Mpa)
T L : Coefficient de Poisson
Cours EC431: Chapitre 1
Essai de traction
Éprouvette normalisée Machine de traction
Cours EC431: Chapitre 1
Essai de traction
OA: Domaine élastique à déformation réversible.
AB : Domaine de déformation permanente homogène ou de déformation
plastique répartie.
BC : Domaine de striction ou de déformation plastique localisée (instable).
Cours EC431: Chapitre 1
Caractéristiques de la courbe conventionnelle de traction
Module d'Young
E tg Rm
Limite d'élasticité
Re
Limite d'élasticité
après écrouissage
Re'
Résistance à la
traction
Rm
L'allongement à la Coefficient de striction
rupture
A%= 100(Lu-L0)/L0 Z%= 100(S0-Su)/S0
Cours EC431: Chapitre 1
Remarque importante !
Par écrouissage, on augmente la limite d'élasticité d'un matériau ductile.
(a) Matériau fragile (céramiques, béton, craie …)
(b) Matériau ductile (métaux, plastiques thermodurcissables …)
Cours EC431: Chapitre 1
Rupture ductile
• formation de micro-cavités
• pas de plan de rupture
• déformation en coupelle
Cours EC431: Chapitre 1
Rupture fragile
Si la rupture est fragile, on observe une surface de rupture
nette sans amincissement visible (pas de striction). Les
plans de rupture dépendent des mécanismes mis en jeu
(rupture inter-granulaire et/ou trans-granulaire), ils sont
orientés soit suivant le plan de cisaillement maximale (+ ou
- 45° par rapport à l’axe de traction) soit suivant des plans
cristallographiques de clivage …
La rupture fragile ne prévient pas !
(contrairement à la rupture ductile).
Cours Mx52: Chapitre 1
Rupture fragile
Suivant les conditions de sollicitation (température, vitesse de chargement,
environnement) ou les traitement thermiques préalables, un même alliage
peut se comporter de différentes manières.
Par exemple une acier austéno-ferritique à un comportement ductile à
température ambiante par contre après traitement thermique (trempe à
eau ou à l’huile) qui conduit à une précipitation dans la ferrite, ce qui durcit
et fragilise le matériau. L’austénite demeure ductile et la ferrite rompt par
clivage.
Dans le cas du TP (Aluminium AU4G), le matériau est semi-fragile (ou
semi-ductile) car il y a un léger phénomène de striction (il y a donc des
déformations plastiques) par contre la rupture est nette et s’effectue autour
de 45° (mécanisme de rupture intergranulaire).
Cours EC431: Chapitre 1
Plan de cisaillement maximale (+/- 45 °)
S
S0 F
F cos( ) θ
S0 Ft Fn
n Sθ
t
Ft
t
S
Fsin ( ) Fsin ( )cos( ) Fsin (2 )
avec
S S0 2S0
F F
max pour = 45°
2S0
Cours EC431: Chapitre 1
Mesure de la limite d'élasticité
Limite conventionnelle d’élasticité Limite supérieure et inférieure d’élasticité
Cours EC431: Chapitre 1
Exercice d'application
On réalise un essai de traction sur une éprouvette d’un matériau de section
circulaire (D = 6 mm, l0 = 100 mm). Voici quelques données expérimentales
enregistrées au cours de cet essai de traction :
Sous une force F1 de 5 kN, la distance entre les points de référence est égale à
100,6 mm; Si la force est supprimée, la distance entre les points de référence
est égale à 100,2 mm (soit 0,2 % d’allongement);
Au maximum de la courbe expérimentale de traction, la force Fmax est égale à
7 kN et la distance entre les points de référence est égale à 112 mm;
La rupture se produit sous une force Fr de 6,5 kN et, après la rupture de
l’éprouvette, la distance entre les points de référence est égale
à 114 mm; À partir de ces données, on vous demande caractériser le
comportement en traction de ce matériau et de calculer
(on tracera l’allure de la courbe conventionnelle de traction) :
a) Sa limite conventionnelle d’élasticité Re0,2 (en MPa).
b) Son module d’Young E (en GPa).
c) Sa résistance à la traction Rm (en MPa).
Son allongement après rupture A (en %).
La déformation AM (en %) qui est la borne supérieure du domaine de
déformation plastique homogène de ce matériau (avant la striction).
Cours EC431: Chapitre 1
Limite d'élasticité
F (kN) L (mm) = F/S0 (Mpa) L/L0 (%)
A 5 0,6 176,86 0,6
B 6,5 ? 229,99 ?
C 7 12 247,61 12
d 02
S0 28, 27 mm 2
4
A partir du point A, lorsque l'on enlève la force, on trouve une déformation
permanente de 0,2 % , ce qui implique que:
Re0,2= 176,86 Mpa
Cours EC431: Chapitre 1
Module d'young
A
176,86 Mpa
0,2% 0,6%
176,86
E 44210 Mpa 44, 21Gpa
0, 004
Cours EC431: Chapitre 1
Résistance à la traction
C
247,58 Mpa
A
176,84 Mpa
Rm= 247,58 Mpa
0,2% 0,6% 12%
Cours Mx52: Chapitre 1
A% et déformation AM %
C
247,61 Mpa
A
176,86 Mpa
AM% =12%-100 m/E
= 12%-100x247,61/44210
=11,44 %
0,2% 0,6% 12%
AM%
A%=100x (114-100)/100=14%
Cours Mx52: Chapitre 1
Essai de flexion
(pour des tester la rupture de matériaux fragiles )
Essai de flexion à 3 points
3 FL
max 2
2 bh
Essai de flexion à 4 points
3 F (L l)
max
2 bh 2
Cours EC431: Chapitre 1
Essai de dureté
La dureté, de symbole général H, caractérise la capacité d’un
matériau à résister au marquage (empreinte, rayure …) à
l’usure et à l’érosion.
La dureté peut être évaluée en mesurant une empreinte
laissée en surface par un poinçon agissant sous l’action d’une
force connue (essais de Brinell, Vickers et Rockwell).
Dans le cas des plastiques et élastomères, on utilise l’essai de
Shore qui consiste à mesurer la hauteur de rebondissement
d’un objet très dur sur la surface à tester.
Cours EC431: Chapitre 1
Essai de dureté (suite)
• Dureté de Brinell (HB)
Le pénétrateur est une bille en acier très dur. On applique une force F et on
mesure le diamètre d apparent de l’empreinte. La durée d’application est de
15s à 20 s. Essai usuel F= 3000 daN, diamètre d= 10 mm. Cet essai convient
à tous les types de métaux
• Dureté de Vickers (HV)
Principe identique à Brinell mais le pénétrateur est une pointe pyramidale en
diamant à base carrée dont l’angle au sommet est 136°. Cet essai convient à
tous les métaux.
• Dureté de Rockwell (HR)
C’est l’essai le plus connu sur le plan international. La dureté est obtenue par
une lecture directe d’une longueur d’enfoncement d’un pénétrateur, bille en
acier ou cône en diamant. Une précharge f permet de faire une empreinte
initiale et par là d’éliminer les incertitudes propres aux défauts de surface.
Cours EC431: Chapitre 1
Essai de dureté (suite)
Cours EC431: Chapitre 1
Essai de dureté (suite)
Dans le cas du TP c’est l’essai de dureté Rockwell avec cône de
diamant (HRC) qui est mis en œuvre. La dureté est directement lu sur le
cadran de l’appareil de mesure.
Il faut veiller à ce que les surfaces testées soient bien préparées
(propres et poncées) pour éviter toute altération. Il ne doit y avoir
aucune marque au dos de la pièce.
Pour des essais successifs, la distance entre les centres de deux
empreintes voisines doit être au moins égale à 4 fois le diamètre de
l’empreinte (mais avec un minimum de 2 mm). La distance du centre
d’une empreinte au bord de la pièce doit être égale à 2,5 le diamètre de
l’empreinte (avec un minimum de 1 mm).
Cours EC431: Chapitre 1
Essai de dureté (suite)
Dans le cas des aciers au carbone et des aciers faiblement alliés, il existe des
corrélations empiriques entre la dureté et la résistance à la traction (Rm). Une
augmentation de la résistance à la traction s’accompagne d’une augmentation
de la dureté.
Cours EC431: Chapitre 1
Autres types d'essai…
La connaissance des caractéristiques mécaniques déduites de l’essai de
traction peut être insuffisante, puisque des ruptures peuvent être obtenues en
dessous de la limite d’élasticité dans des conditions particulière qui rendent le
métal fragile.
Les facteurs fragilisants sont :
• les concentrations de contrainte
• l’abaissement de la température.
• l’augmentation de la vitesse de déformation.
• les chargements variables
Cours EC431: Chapitre 1
Autres types d'essai…
• Essai de résilience
Un des moyens, le plus classique et le plus ancien, pour caractériser la
fragilisation d’un matériau est l’essai de Charpy qui consiste à rompre d’un
seul coup de mouton du pendule une éprouvette entaillée reposant sur deux
appuis. Les éprouvettes sont normalisées et les entailles peuvent être en U
ou en V
Cours EC431: Chapitre 1
Autres types d'essai…
• Essai de résilience
La résilience est caractérisée par un nombre K (KU ou KV mesuré en Joule) qui
caractérise la capacité d’un matériau à absorber les chocs sans se rompre. On
mesure pour cela la perte d’énergie cinétique du pendule qui a été absorbée par
le choc : K=P(h0-h1).
On peut ramener cette énergie absorbée sur la section S au droit de l’entaille ce
qui donne le paramètre KC=K/S (en joule par centimètre carré).
Certains métaux présente une zone de transition ductile-fragile à très basse
température (<-40°C) lorsqu’on les refroidit (métaux Cubique Centré).
Cours EC431: Chapitre 1
Autres types d'essai…
• Essai de fluage
Aux températures élevées, un matériau soumis à une contrainte, inférieure ou
supérieure à la limite d’élasticité, présente une déformation plastique évoluant
au cours du temps, pouvant conduire éventuellement à la rupture. Ce
phénomène est appelé fluage. L’essai de fluage est un essai de traction à effort
constant, à chaud ou non, souvent de très longue durée (milliers d’heures).
0 < T < 0,25 Tf
Tf température de fusion
(1535°C pour le fer)
0
t
0,25Tf < T < 0,6 Tf
t (103 heures) x rupture
Cours EC431: Chapitre 1
Autres types d'essai…
• Essai de fluage (suite)
On détermine la résistance au fluage en imposant une déformation limite 0 :
0
3
2
1
t1 t2 t3 t
t
Cours EC431: Chapitre 1
Autres types d'essai…
• Essai de fatigue
Le phénomène de fatigue est de première importance sur les structures
aéronautiques et dans de nombreux d’autres domaines (roulements,
engrenages, arbres de transmission …).
La rupture peut se produire après un certain nombre de cycles, sous des
efforts bien inférieurs aux limites usuelles du matériau (Re, Rm).
Le principe de l’essai consiste à soumettre une éprouvette normalisée à une
sollicitation périodique d’amplitude donnée. On mesure le nombre
d’alternances supportées par l’éprouvette. C’est un essai statistique dans la
mesure où des éprouvettes identiques donnent des résultats différents. Il y a
une répartition statistique du nombre de cycle autour d’une valeur moyenne.
C’est cette valeur moyenne qui est choisie comme valeur représentative de
la capacité du matériau.
Cours EC431: Chapitre 1
Autres types d'essai…
• Essai de fatigue
Plusieurs types de sollicitation sont possibles comme la traction/compression,
la torsion alternée ou la flexion alternée.
D’une manière générale on sollicite l’éprouvette par une contrainte définie
autour de sa valeur moyenne m par = m :a .
a
t t t
Sollicitation alternée : Sollicitation répétée : Sollicitation ondulée :
m=0, a=max m= max/2, a=max/2 m= (max+min )/2
a= (max-min )/2
Cours EC431: Chapitre 1
Autres types d'essai…
• Essai de fatigue
On détermine la résistance à la fatigue à partir de la courbe de Whöler et
du diagramme de Goodman. 106 étant ici le nombre de cycles à ne pas
dépasser.
a
a
Sollicitation alternée Rupture
D
D
a
106 Nb de cycles m Re m
Courbe de Whöler Diagramme de Goodman
Cours EC431: Chapitre 1