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Crédit Islamique : Cas de la Banque Al Baraka

Ce mémoire de fin d'étude présente une étude sur le crédit islamique en Algérie, en se concentrant sur la Banque Al Baraka à Mostaganem. Il aborde les principes de la finance islamique, les modes de financement disponibles et analyse la situation actuelle du crédit islamique dans le pays. L'objectif est d'évaluer si le crédit islamique constitue une alternative viable au crédit conventionnel en Algérie.

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Crédit Islamique : Cas de la Banque Al Baraka

Ce mémoire de fin d'étude présente une étude sur le crédit islamique en Algérie, en se concentrant sur la Banque Al Baraka à Mostaganem. Il aborde les principes de la finance islamique, les modes de financement disponibles et analyse la situation actuelle du crédit islamique dans le pays. L'objectif est d'évaluer si le crédit islamique constitue une alternative viable au crédit conventionnel en Algérie.

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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA

RECHERCHE SCIENTIFIQUE

FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES, COMMERCIALES ET DES


SCIENCES DE GESTION

DEPARTEMENT DES SCIENCES ECONOMIQUES

MEMOIRE DE FIN D’ETUDE EN VUE DE L’OBTENTION DU DIPLOME DE


MASTER ACADEMIQUE

FILIERE : SCIENCES ECONOMIQUES

SPECIALITE : BANQUES ET MARCHES FINANCIERS

LE CREDIT ISLAMIQUE EN ALGERIE


ETUDE DE CAS BANQUE ALBARAKA AGENCE DE
MOSTAGANEM

Présenté par : Sous la direction du :

Mr. BOUBEGRA Djihad Abdellah Dr. BOUROUBA Elhadj

Membres du jury :

JURY Nom et Prénom Grade Université


Président Mr. Brahimi M.A.A Mostaganem
Encadreur Mr. Bourouba M.C.A Mostaganem
Examinateur Mr. Benchenni M.C.B Mostaganem

Année Universitaire : 2016/2017


MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA
RECHERCHE SCIENTIFIQUE

FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES, COMMERCIALES ET DES


SCIENCES DE GESTION

DEPARTEMENT DES SCIENCES ECONOMIQUES

MEMOIRE DE FIN D’ETUDE EN VUE DE L’OBTENTION DU DIPLOME DE


MASTER ACADEMIQUE

FILIERE : SCIENCES ECONOMIQUES

SPECIALITE : BANQUES ET MARCHES FINANCIERS

LE CREDIT ISLAMIQUE EN ALGERIE


ETUDE DE CAS BANQUE ALBARAKA AGENCE DE
MOSTAGANEM

Présenté par : Sous la direction du :

Mr. BOUBEGRA Djihad Abdellah Dr. BOUROUBA Elhadj

Année Universitaire : 2016/2017


Dédicaces
Je dédie cet humble travail :

A ma mère qu’elle repose en paix, elle qui m’a mis au monde,


élevé, éduqué et tant donner.
A mon père qui est mon modèle dans la vie, et qui a fait en
sorte que j’arrive la où je suis.
A mes sœurs.
A mes camarades.
Remercîments
Je remercie tout d’abord Allah le très miséricordieux de
m’avoir donné le courage de finir ce travail.
Je remercie ensuite mon encadreur Mr. Bourouba Elhadj pour
m’avoir dirigé et apporté de précieux conseils.
Je remercie aussi tout mes professeurs de l’université.
Et pour finir je remercie l’ensemble de mes camarades, amis et
tout ceux qui m’ont encouragé et aidé à finir ce travail.

Merci à tous.
SOMMAIRE :
TABLEAU DES FORMES

GLOSSAIRE

INTRODUCTION GENERALE ………………………………….…………01

Premier chapitre : La finance islamique.


Introduction ……………………………………………...………………… 04

Première partie : Notions de base sur la finance islamique …………….. 05

Deuxième partie : Principes de la finance islamique ……….……………. 14


Conclusion ……………………………………………….…………….…… 26

Deuxième chapitre : Crédit islamique (modes de financement).

Introduction ………………………………………………………………... 28
Les produits islamiques de financements ……………………….……...… 29
Autres instruments de financement islamique …...………….……….….. 47
Conclusion …………………………………………………….……….…… 52

Troisième chapitre : Etude du Crédit Islamique en Algérie


(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

Introduction ……………………………………………………………….. 54

Première partie : La Banque Al Baraka d’Algérie ……………………… 55

Deuxième partie : Etude d’un dossier de crédit islamique (Mourabaha)..66

Troisième partie : L’actualité des produits islamique en Algérie ...…….. 74

Conclusion ………………………………………………………………...…77

CONCLUSION GNERALE ……………………………………………….. 78

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES

I
TABLEAU DES FORMES

N* Forme/Illustration/Carte/Tableau Page
1 Croissance et développement de la finance islamique 09
2 Cycle de développement du secteur de la finance islamique 12
3 Carte de répartition géographique de la finance islamique 13
4 Tableau des chiffres des banques islamiques 13
5 Les principes de la finance islamique 15
6 Illustration Riba 18
7 Les principaux produits financiers islamiques 29

8 Le contrat Moudharaba 31
9 Répartition de l’activité selon le type de produits 32
10 Le contrat Moucharaka 33
11 Le contrat Mourabha 36
12 Le contrat Salam 40
13 Le contrat Istisnaa 42
14 Le contrat Ijara 45
15 Contrat Soukouk 48

16 Tableau des différences entre soukouk et obligations 49


17 Volume d’émission de soukous 50
18 Organigramme général de la banque Al Baraka 57
19 Tableau chiffres clés de la banque Al Baraka 58
20 Organigramme de l’agence 206 de la banque Al Baraka 59
21 Les secteurs de financements de la banque Al Baraka 66
22 Cas exemple de financement par mourabha 69
23 Tableau comparatif entre Mourabaha et crédit classique 73

II
GLOSSAIRE

A
AAOIFI Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial
Institutions
ABS Asset-Backed Securities, valeurs mobilières adossée à un actif
Asset Backing Adossement à un actif tangible

C
Calpers California Employees’ Retirement System
CDO Collaterilazed Debt Obligation, obligation adossée à des actifs

F
FCC Fonds commun de Créances

G
Gharar Incertitude

H
Haram Illicite, passible d’un châtiment

I
Ijmaa Consensus de jurisconsultes
I.C.G.M International Corpoate Governance Network
I.F.S.B Independence Federal Savings Bank
I.I.F.M International Islamic Financial Market
I.S.R Investissement Socialement Responsable

M
Mayssir Spéculation

Q
Qiyass Raisonnement par analogie
O.C.D.E Organisation de Coopération et Développement Economique

R
Riba Intérêt usuraire

III
S
Saint Coran Parole de Dieu
Salam Equivalent islamique d’un contrat à terme
Sharia Loi islamique révélée au prophète Mohammed (pbsl) et inscrite dans le
Coran
Sharia Board Conseil de jurisconsultes musulmans chargé de certifier et de
contrôler la conformité à la Sharia des produits bancaires et financiers
Sounna Paroles et actes du prophète Mohammed (pbsl)
Sukuk Equivalent islamique d’une obligation

IV
INTRODUCTION GENERALE

Il n'existe pas de définition unique de la finance islamique mais ce terme


est aujourd'hui largement utilisé pour désigner les activités financières et
commerciales qui respectent les principes du droit et de la jurisprudence
islamiques, plus communément désignés sous le vocable "Charia". Le
respect de tels principes permet ainsi d'investir et de réaliser des profits en
conformité avec les règles du droit musulman.

Le crédit islamique, outil de cette finance islamique sers à financer les


divers besoins des particuliers et des entreprises (Biens, matériels,
équipements, habitats …. Etc.). Ce type de produits a vu le jour en
1991dans notre pays avec l’ouverture de la première banque islamique
algérienne Al Baraka.

Malgré l’attrait de ce type de financement, cette finance éthique peine


toujours à trouver ses marques en Algérie. En effet la part du marché pour
les produits islamiques n’est que de 3 à 4 %.

Le choix de ce thème est motivé par des convictions personnelles, mais


plus encore par l’alternative que représente ce type de financement à
l’égard de la finance et des crédits conventionnels.

- La problématique abordée dans ce travail est la suivante :

Est-ce que le crédit islamique représente une alternative au crédit


conventionnel (dit avec intérêt)en Algérie ?

Pour traiter cette problématique nous devons répondre aux questions


secondaires suivantes :

1- Qu’est ce que la finance islamique ?


2- Quels sont les modes de financements islamiques ?
3- Est-ce que le crédit islamique est disponible en Algérie et quelles
sont les banques qui le proposent ?
4- Quelle est la différence entre le crédit islamique et le crédit
classique ?

-1-
Les hypothèses :

1- La finance islamique est régit par un code et des principes relatifs à


la religion musulmane, de plus cette finance prohibe le recours à
certaines pratiques.
2- Les modes de financement islamiques sont soit participatif ou non.
3- Le crédit islamique est présent et proposé par quelques banques en
Algérie mais il peine à trouver ses marques.
4- Le crédit islamique est un crédit sans intérêt et le crédit classique est
avec intérêt.

Pour traiter la problématique posée si dessus, on a suivi le plan suivant :

Le premier chapitre sera réservé à la finance islamique. Ce chapitre sera


divisé en deux parties la première sera pour l’historique de la finance
islamique (apparition et développement), la seconde partie quand à elle
traitera des principes de cette finance.

Le deuxième chapitre sera réservé à l’étude des modes de financement


islamiques, (principes et conditions) des contrats avec ou sans participation
de la banque.

Le troisième chapitre sera réservé à l’étude de cas et sera divisé en trois


parties, la première présentera la banque Al Baraka d’Algérie, la deuxième
partie présentera un exemple de crédit islamique par Mourabaha et enfin la
troisième partie concernera l’actualité des produits islamique en Algérie,
les freins qui les bloquent et les solutions proposées.

-2-
Premier chapitre :
La finance islamique
Premier Chapitre La Finance Islamique

Introduction

L’industrie de la finance islamique s’est développées fortement au cours de


ces trente dernières années, cependant son origine est très ancienne.
Les pratiques financières se basent sur les textes sacrés, en conséquence
elles existaient dès leur élaboration, en temps du prophète Mohamed
(S.B.L). Ce n’est que tardivement qu’elles se sont formalisées.
Nous présentons son histoire en deux grandes phases :
Premièrement, nous rappelons les origines de la finance islamique, par la
suite, sa renaissance avec ses pratiques actuelles. Ce dernier point, est
développé en deux périodes ; Celle antérieur a l’an 2000 : durant laquelle
les activités financières islamiques croissent fortement mais restent
cantonnées dans les pays musulmans, puis celle du début du 21ème siècle
durant laquelle la finance islamique devient alors un phénomène mondial.

-4-
Premier Chapitre La Finance Islamique

I)- Première partie : Notions de base sur la finance islamique :

1. LES ORIGINES DE LA FINANCE ISLAMIQUE

La finance islamique, sous sa forme actuelle, n’existait pas véritablement aux


premiers temps de l’islam. Il y avait plutôt des contrats et des transactions régis
par les règles du Coran et les pratiques du prophète.

Et même si la plupart des historiens de l’économie s’étendent à dire que la


finance islamique est un phénomène moderne, il n’en reste pas moins qu’entre le
VIII siècle et le XII siècle de notre ère on observe une forme précoce
d’économie que certain1 qualifient de « capitalisme islamique ». Dans son
article de 1969, du Journal of Economic History, Subhi Labib rappelle aussi que
pendant l’Âge de l’or de l’Islam, on pouvait détecter dans les territoires des
khoulafa (du VIII au XII siècle) les premières formes de capitalisme et
d’économie de marché ; avec une économie monétaire basée sur une monnaie
forte et stable : le dinar.

Le commerce a était l’une des principales activités économiques des cités arabes
dans le passé et a fait la richesse de ces provinces qui entretenaient des relations
commerciales avec les Etats voisins. La course à la richesse conduisait, par la
suite, les gens a adopté dans leurs activités commerciales des conduites
contraires aux principes de l’Islam.

La présence occidentale due à la colonisation, dans les pays musulmans, a laissé


des traces sur le plan économique et social. Cette colonisation qui s’est étendu
jusqu’aux années 1900 a favorisé l’installation de banques classiques dans ces
pays à majorité musulmane. Le système bancaire classique a largement dominé
l’activité économique pendant cette période malgré l’interdiction par l’Islam des
activités liées à l’intérêt. Les musulmans ne se reconnaissant pas dans ce
système bancaire qui pourtant est indispensable à l’activité économique,
devaient donc trouver une alternative à ce système.

2. LA RENAISSANCE DE LA FINANCE ISLAMIQUE

Ce n’est qu’à partir de l’année 1940 environ que quelques expériences


d’utilisation des techniques traditionnelles par des économistes et des banquiers,
on vu le jour en Malaisie et au Pakistan, puis en Egypte.1

1
Maxime Rodinson, « Islam et capitalisme », Paris. Éditions du Seuil, 1966.

-5-
Premier Chapitre La Finance Islamique

La première expérience est celle de « Piligrim's Management Fund »


TabungHaj2i, impulsé et influencé par les autorités publiques Malaisiennes,
était dédié à investir les ressources publiques auprès d’un grands nombre de
petits épargnants dans de grands projets industriels,
agricoles ou de construction. Au fait, l’objectif constructif de TabungHaji était
de faciliter l’épargne pour le voyage sacré à la Mecque à travers l’investissement
dans des projets compatible avec la Shari’a.

Nous citerons comme deuxième exemple, le Mit Ghamr3; L’expérience qui a eu


lieu en Egypte en 1963 est souvent présentée comme le point de départ du
système. Cette dernière relevait d’une expérience entièrement privée, était
composé de petites coopératives d’épargne/investissement qui opéraient dans les
régions agricoles du nord de l’Egypte.
L’objectif de leur fondateur « Ahmed Al-Najar »4, étant d’assurer
l’intermédiation des ressources financières entre épargnants et petits
investisseurs locaux. On se basant sur le principe de partage des bénéfices et non
des produits ; ces fonds récoltés étaient destinés à financer des projets agricoles
sauf que cette expérience n’a duré que quatre ans et semble avoir pris fin pour
des raisons purement politiques. En 1972, le gouvernement socialiste du
président Nasser nationalisa cette banque qui devient la Nasser Social Bank.
Elle perdit sa spécificité.

Dans les années 70 éclata la guerre du Kippour qui opposait l’Israël à un certain
nombre de pays arabe défendant la cause Palestinienne, cette crise a eu pour
conséquence le premier choc pétrolier (le prix du pétrole fut multiplié par
douze). Le choc pétrolier a contribué à l’enrichissement rapide des pays du golf
exportateurs de pétrole. L’afflux de pétrodollars dans ces pays accentuait la
nécessité de la création d’institutions financières pour une gestion durable de ces
fonds et surtout une gestion conforme aux valeurs de l’Islam. Ainsi les pays
concernés, regroupés au sommet de Lahore au Pakistan en 1974 décidèrent la
création de la banque islamique de développement (BID). La Banque Islamique
de Développement (BID) est implantée a Djeddah, elle fut créée par quatre pays
membres fondateurs : l’Arabie Saoudite, la Libye, Les Émirats Arabes Unis et le
Koweït, sous les auspices de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI).

2
Tabung Haji or LembagaTabung Haji (Malay Jawi: ‫غ ج‬ ; Arabic ‫ ) وق ا‬is the Malaysian hajj
pilgrims fund board.(source : [Link] )
3
Le Mit-Ghamr est une communauté rurale du delta du Nil en Egypte.
4
L’économiste Egyptien Hamed Al Naggar qui est réputé être un grand admirateur du mouvement coopératif
Allemand. C’est après un voyage d’étude en Allemagne sur les institutions d’épargne locales et les coopératifs
qu’Hamed Al Najjar décida d’adapter ce modèle à la société musulmane dans laquelle il vit.

-6-
Premier Chapitre La Finance Islamique

Son objet est d’être la banque de développement pour le monde musulman et à


ce titre elle participe à de grands projets.

La création de la BID ouvrit la voie aux banques et autres institutions


financières islamiques. La DubaiIslamic Bank(DIB) créée en 1975 fut la toute
première banque privée islamique, puis la Koweit Finance House (KFH) en
1977, la BahreinIslamic Bank (BIB) en 1979, la Qatar Islamic Bank (QIB) en
1982.

La première implantation qui attira l’attention de certains banquiers occidentaux


fut la création à Genève, en 1981, du groupe Dar al Maal al Islami(DMI) par
différents fondateurs, dont le prince Mohamed Ben Fayçal. Le DMI enregistré
aux Bahamas, dont le capital était équivalent a environ un milliard de dollars US
avait une dimension a la fois financière, politique et religieuse. A côté du conseil
d’administration, un conseil de la Charia était chargé d’assurer la conformité de
l’activité de l’établissement aux préceptes de l’Islam. Le groupe DMI implanta
un réseau d’agences dans une vingtaine de pays. Ses actifs lui permettaient
d’avoir des projets ambitieux, notamment celui de mise en place d’un système
mondial de finance islamique comportant des banques, des sociétés
d’investissement, des compagnies d’assurances.

Mais rapidement deux autres groupes, créés en Arabie saoudite, sont venus le
concurrencer :
le groupe Al Rajhi et le groupe Al Baraka. Le premier, spécialisé dans les
opérations de change et de transfert de fonds, obtient le statut de banque en
1984. Elle devient alors surtout la banque de financement des PME en Arabie
Saoudite. A contrario le groupe Al Baraka déployé dès la départ une activité
internationale en implantant un réseau dans les pays musulmans du sud de l’ex-
URSS, du Moyen Orient et du Maghreb.

L’introduction de la finance islamique en Afrique surtout dans la zone UEMOA


fut une initiative du groupe financier saoudien DMI qui, dans les années 1980 a
signé des accords avec les gouvernements des pays de la sous-région pour
l’ouverture de banques islamiques.
Ainsi fut créée la Banque Massraf Fayçal Al Islami (MFIN) du Niger le 22
Février 1983, la Société Islamique d’Investissement du Niger (SIIN) le 9 Mars
1983, la Banque Massraf Fayçal Al Islami du Sénégal (MFIS) le 22 Février
1983, la Société Islamique d’Investissement du Sénégal (SIIS) le 9 Mars 1983.
Aujourd’hui on trouve des banques islamiques dans beaucoup de pays africains
comme la Guinée Conakry, la Gambie, l’Afrique du Sud…

Nous ajoutons que, au début des années 80 certains Etats ont entamé
l’islamisation de tout leur système financier. En 1979, le Pakistan fut le premier
-7-
Premier Chapitre La Finance Islamique

Etat à appliquer cette politique d’islamisation des banques mais de manière


progressive. Aujourd’hui toutes les banques au Pakistan sont islamiques. Après
le Pakistan, l’Iran emboita le pas et profita de sa révolution islamique pour
islamiser une fois pour toute, toutes les banques présentes sur son territoire.
Ainsi le Pakistan, l’Iran et le Soudan sont les premiers Etats au monde qui ont
islamisé entièrement leur système financier.

Dans les années 1990, on assiste à un autre évènement marquant : l’ouverture de


départements spéciaux ou « fenêtres islamiques » par les banques
conventionnelles implantées dans les pays musulmans, par exemple, dans l’Arab
Banking Corporation (ABC) et la Gulf International Bank, toutes deux basées à
Bahreïn. Ces banques entendaient également attirer la clientèle musulmane en
offrant des produits et services islamiques. Puis d’autres banques de la région
ont suivi la même voie.

A la suite de cela, les banques occidentales présentes dans le monde musulman


ont également créé des fenêtres islamiques, comme la banque néerlandaise ABN
AMRO et la City Bank au Bahreïn.

Notons que pendant cette période la finance islamique est peu présente, voire
absente des pays du Maghreb, sauf une banque de Mauritanie (la BAMIS) et une
filiale d’Al Baraka en Algérie.

Cette croissance se poursuit au cours des années 2000, mais, plus important,
l'intérêt pour la Finance Islamique dépasse pour la première fois les frontières
géographiques du monde musulman pour devenir un enjeu mondial.

-8-
Premier Chapitre La Finance Islamique

Jusqu’en 2000 le système financier islamique était plutôt considéré par le monde
de la finance conventionnelle comme une « niche de marché », à la fois exotique
et peu compétitive. On ne lui destinait pas un avenir radieux. Puis vint le 11
septembre 2001 que l’on peut considérer comme une date charnière.
L’évènement du 11 septembre a été un déclencheur car les ressortissants des
pays du golfe, qui avaient déposé leurs fonds dans des pays étrangers, craignant
le gel de leurs avoirs, les ont en parties rapatriés. De mouvement de fond a
coïncidé avec une augmentation du prix du pétrole – le prix a triplé entre 1999 et
2005- et une augmentation du volume de sa production. L’effet conjugué de ces
évènements fut l’accumulation d’une masse de liquidités qui a été à l’origine de
la progression de la finance islamique5.

L’internationalisation s’est traduite d’abord par la création de départements


islamiques par les banques occidentales dans les pays musulmans. Les grandes
banques occidentales (HSBC, Deutsche Bank, City Groupe, Crédit Agricole,
BNP Paribas, Calyon, Société Générale) ont voulu profiter des capitaux
disponibles dans les pays du Golfe.
6

5
Geneviève Causse-Broquet, « La finance islamique », édition Revue Banque, 2009, Paris.

-9-
Premier Chapitre La Finance Islamique

HSBC Amanah, établit en 1998 est l’entité bancaire islamique du groupe ; destiné au
Moyen-Orient, l’Asie du sud-est, l’Europe et Amérique, elle représente la plus
importante division bancaire islamique occidentale ;
Citigroup, a créé des départements spécialisés : Citi Islamic Investement Bank
filiale du groupe a été créé en 1996 au Royaume du Bahreïn. Elle exerce ses activités
dans plusieurs pays comme la Turquie, l’Egypte, le Pakistan, l’Inde ou le Bangladesh;
BNP Paribas Nejmah, filiale islamique du groupe BNP Paribas, établit en 2003 au
Bahreïn.

3. L’OCCIDENTALISATION DE LA FINANCE ISLAMIQUE

La finance islamique se mondialise. Elle semble fasciner l’occident et inspirer la


curiosité des financiers, qui y voit un creusé d’innovations financières. La
première banque islamique créé à l’occident fut l’Islamic Bank of Britain (IBB),
créée au Royaume-Uni en 2004, est entièrement consacrée à la finance
islamique. Suivie d’autres banques tels que :
European Islamic Investment bank, Bank of London and Middle East…Londres
est devenu le pôle occidental de la finance islamique. D’autres pays
occidentaux, surtout ceux dont la population comporte une forte proportion de
musulmans, comme les USA, la France, désirent suivre la voie. Les Etats-Unis
créent la banque Larida. Alors qu’en 2008, la France fait une tentative dans
l’Ile de la Réunion où la Société Générale a proposé un produit financier en
accord avec la Charia, avec succès. En 2009, l’Institut Français de finance
Islamique est créé avec comme objectif de promouvoir et d’accompagner la
finance islamique en France7.

Ajoutons que depuis la crise financière de 2008, le monde occidental s’intéresse


de près à la finance islamique, fuyant la crise financière et les dérives des
marchés financiers conventionnels et surtout l’immoralité du capitalisme
occidental.

En effet, au-delà d’une crise financière, on note une crise de confiance des
peuples vis-à-vis du système capitaliste mondial.
8

7
Aldo Lévy, « Finance islamique », édition Lextenso, 2012, Paris.

- 10 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

Maintenant, le monde de la finance doit soit maintenir le système actuel et faire


face à des révolutions sporadiques, soit comme le tente l’Europe, retrouver les
fondamentaux commune : pas d’opérations financières sans actifs sous-jacents,
comme en finance islamique.

La finance scientifique atteints ses limites et sont mis à l’index le manque de


transparence, la voracité de ses supports, l’absence d’éthique des affaires et de
morale des dirigeants.

La finance islamique a permis la prise de conscience de la nécessité d’intégrer la


morale et le légitime.

4. LA TAILLE ACTUELLE DU SYSTEME FINANCIER


ISLAMIQUE

4.1. La finance islamique en chiffre d’affaire

La finance islamique connait une croissance remarquable est considérable a


deux chiffre, soit, entre 15% et 20% annuellement (Elle pesait 700 milliards de
dollars en 2008 et 1 100 milliards de dollars en 2011). Son taux de croissance est
au moins deux fois supérieur au taux de croissance de la finance classique.

Selon un rapport de 2012 de l’Islamic Finance Working Group (IFWG) de la


Toronto Financial Services Alliance, les actifs des 500 plus grandes banques
islamiques dépassent désormais le milliard de dollars9.10

9
Cependant, le poids global de la finance islamique ne dépasse guère le 1% de la finance mondiale. Ce secteur
est donc encore marginal mais avec une marge de progression énorme.

- 11 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

4.2. La répartition géographique de la finance islamique

Les banques islamiques sont éparpillées un peu partout dans le monde, elles sont
présentes sur les cinq continents. D’une banque en 1960, on est passé à plus de
300 institutions financières islamiques réparties dans 75 pays en 2007.

Standard &Poor’s publiait en 2007 un classement des régions selon la taille du


marché bancaire islamique, où l’Afrique Sub-saharienne occupait la 15ème
place sur 16 et l’Afrique du Nord la 5ème place.

- 12 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

Les principales banques islamiques dans le monde sont, par ordre de taille
décroissante :
Al Rajhi Bank (Arabie saoudite),
la Kuwait Finance House (Koweït),
la Qatar Islamic Bank (Qatar)
Dubai Islamic Bank (Dubaï, Émirats arabes unis),
l'Abu Dhabi Islamic Bank (Abou Dhabi, Émirats arabes unis),

Source: Bloomberg, Zawya, chiffres au 03 janvier 2010.

- 13 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

II)- Deuxième partie : Principes de la finance islamique :

La finance islamique autorise et même encourage les échanges commerciaux et


la participation dans des investissements liés à l’économie dite productive ou
réelle. Néanmoins, tout profit doit provenir de contrats prévoyant un partage des
risques, des profits et des pertes et par conséquent, l’Islam enseigne que l’argent
n’est qu’un moyen de paiement et ne peut faire en soi l’objet d’un principal /
unique contrat.

Dans son éthique englobant, l’islam s’est intéressé ainsi aux comportements
commerciaux, il imposa le respect de certains principes de bases (qui découlent
entre autre des grands principes islamiques de la justice, de l'équité, de la
transparence et du consentement mutuel des contractants) : Ce sont ces principes
qui fondent désormais les banques et assurances dites islamiques ou plus
généralement la finance islamique.

Les contrats de financement islamique ne doivent pas aller à l’encontre des


principes fondamentaux de la Charia. Les produits ou principes autorisés sont
communément appelés halal, ceux qui sont interdits sont désignés par le terme
haram.

Les principales interdictions et exigences de la Charia incluent :


l’interdiction du Riba (usure) ;
l’interdiction du Gharar (spéculation) ;
l’interdiction du Maysir (incertitude) ;
l’interdiction d’investir dans les secteurs illicites ;
l’obligation de partage des profits et des pertes (principe des 3P) ;
le principe d’adossement des investissements à des actifs tangibles de
l’économie réelle.
L’exigence de la Zakat.

11

11
Herbert Smith, « Guide de la finance islamique », 2009, paris, p 2.

- 14 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

Source : BENLEKHAL Nawel, Mémoire de magister ‘’la gouvernance de la banque islamique’’, université
d’oran, année 2014.

- 15 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

1. LES INTERDICTIONS DE LA CHARI’A

1.1. L’interdiction du Riba (usure)

L’interdiction du riba est une règle fondamentale de l’Islam. La Charia


considère l’argent comme un simple moyen d’échange. L’argent ne peut par
conséquent, à lui seul, faire l’objet d’un contrat ou être utilisé comme un moyen
de réaliser un profit. Cette prescription interdit de percevoir tout intérêt en
contrepartie de la mise à disposition d’une somme d’argent. En vertu de la
Charia, la perception et la réception d’intérêts (fixes ou variables) sont ainsi
strictement prohibées et toute obligation de verser des intérêts est réputée nulle.9

Ar-Ribâ : étymologiquement veut dire surplus, usufruit. Il est traduit au sens de


la loi islamique par usure, intérêt : il est Haram(illicite) en Islam par le Coran et
la Sunna: en Islam l'investisseur se comporte comme un entrepreneur et partage
les risques et les rendements.
Le terme Ribâ désigne, dans le fiqh (droit musulman), l'avantage qui est perçu
par l'un des contractants sans contrepartie acceptable et légitime du point de
vue dela Charia.

Le Nombre de versets qui traitent du Ribâ est de 8 (sourate 2 : Versets : 275,


276, 278, 279 et 280 ; sourate 3 : Verset 130 et sourate 30 : Verset 39).

Certains savants optent pour une classification beaucoup plus vaste et


distinguent deux types de Ribâ:

Riba an- nasîah(à terme) : c’est le surplus perçu lors de l'acquittement


d'un dû (et dont le paiement a été posé comme condition de façon explicite
ou implicite dans le contrat) en raison du délai accordé pour le
règlement différé.
Riba-An-nasîah est le type le plus répandu dans la société, notamment à
travers les crédits, des prêts et des placements proposés par les
établissements bancaires et les organismes de financement traditionnels.12

12
Herbert Smith, « Guide de la finance islamique », op. cit., p2.

- 16 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

Allah (Gloire à Lui) dit dans le Coran à ce propos :

« Ceux qui pratiquent (mangent) l'intérêt ne se lèvent qu'à la manière de


celui qui, frappé de folie, est rossé à tord et à travers par le Diable. Et ce
parce qu'ils ont dit que le commerce n'était rien d'autre qu'une forme
d'intérêt. Or Dieu a permis le commerce et a interdit l'intérêt… »
« … O vous qui avez cru! Craignez Dieu et abandonnez le restant de l'intérêt
si vous êtes croyants. Si vous ne le faites pas, acceptez alors une guerre de la
part de Dieu et de Son Messager. Si vous revenez au droit chemin, vous avez
droit à vos capitaux. Vous ne commettez pas d'injustice et vous n'en subissez
point. »
Sourate 2, verset 275, 278 et 279.

Ribâ al Fadl : vente ou échange d'un bien contre un autre de même


nature avec un surplus.

Sous l’autorité d’Abu Said Al-khudri, Le Prophète (Salut et bénédiction de dieu


sur lui) a dit :
"De l'or contre de l'or, de l'argent contre de l'argent, du blé contre du blé, de
l'orge contre de l'orge, des dattes sèches contre des dattes sèches, du sel contre
du sel : quantité égale contre quantité égale, main à main. Celui qui donne un
surplus ou prend un surplus tombe dans l'intérêt…"(Rapporté par Muslim,
n°1584).

Sous l’autorité d’Abu Said Al-khudri, Muslim raconte l’histoire d’un homme,
Bilal, qui avait offert au Prophète (Salut et bénédiction de dieu sur lui) des
dattes de très bonne qualité. Le Prophète (Salut et bénédiction de dieu sur lui)
lui demande alors si toutes les dates de sa région étaient aussi bonnes et
l’homme lui répondit : « Non, nous échangeons un volume de dattes de bonne
qualité en échange de deux à trois volumes de dattes de moindre qualité ».
Le Prophète (Salut et bénédiction de dieu sur lui) lui dit : « Ceci est exactement
le riba. Ne fais pas ceci ! Vends plutôt des dattes de qualité moyenne et utilise
ces revenus pour acheter des dattes de meilleure qualité ».

Le premier hadith énumère six matières premières qui sont susceptibles de


constituer le riba. Etant donné que le troc (tel que l’échange de dattes repris dans
le second hadith) n’est pas une pratique courante aujourd’hui, nous nous
concentrerons sur le riba impliquant l’or et l’argent, monnaies (respectivement
romaines et perses) en circulation à l’époque du Prophète (Salut et bénédiction
de dieu sur lui). A l’exception des écoles de jurisconsultes, telles que les
- 17 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

Zahirites, qui refusent à considérer le raisonnement par analogie (qiyas) comme


étant une source législative ainsi que certains détracteurs contemporains, la
plupart des écoles de jurisprudence islamique jugent que l’or et l’argent repris
dans le premier hadith visent l’argent de manière générale en ce compris la
monnaie.
A cet égard, lors de sa troisième réunion en l’an 1407 après l’hégire (A.H), soit
en 1990 de notre ère, l’Académie Fiqh de l’Organisation de la Conférence
islamique juge que :
« Après avoir lu les études relatives à ce sujet et présentées à cette instance, cette
dernière a estimé que la monnaie fiduciaire était une forme d’argent à part
entière qui, en matière de riba, zakah et salam, devait être traitée au même titre
que l’or et l’argent étant donné que les prix s’établissent sur la base (al-
thamaniyyah) ».

Le premier hadith cité spécifie très clairement qu’il existe deux conditions pour
échanger de l’argent contre de l’argent :

Un échange contractuel de monnaies (« aqd al-sarf ») s’effectue au taux de


change en vigueur au moment de la transaction. Toute violation du hadith
conduit à l’une des deux formes de riba suivantes :
1. Riba al-fadl : l’argent est échangé en mains propres mais en quantités
différentes.
2. Riba al-nasi’ah : les sommes d’argent ne sont pas échangées au moment
de la transaction mais à un moment ultérieur (existence d’un facteur
temporel).

Sous l’autorité d’ibn Mas’ud, Abu Dawud mentionne que « le Prophète (Salut et
bénédiction de dieu sur lui) a banni celui qui consomme le riba, celui qui le
paie, celui qui en est témoin et celui qui en fait le contrat » (Des traditions
similaires au langage légèrement différent ont été reprises par Muslim, Al-
Bukhari et Al-Tirmidhi).

Un autre hadith qui décrie véhément le riba et qui a été mentionné par Ibn
Majahet Al-Hakim sous l'autorité d'Ibn Mas`ud rapporte que le Prophète (sbsl)
aurait dit :

- 18 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

« Il existe soixante-treize sortes de riba dont la moins dangereuse est


équivalente (en péché) à commettre un inceste et dont la pire est équivalente (en
péché) à détruire l'honneur d'un musulman ».

Enfin, il convient de souligner que, l'interdiction du riba est sans équivoque.

1.2. L’interdiction du Maysir (spéculation)

L’interdiction du Maysir et du Qimâr est explicitement citée dans le Coran :


« O vous qui avez cru ! Le vin, la divination par les entrailles des victimes
ainsi que le tirage au sort (jeu de hasard : May sir) ne sont qu’un acte impur
de ce que fait Satan. Évitez-le !....Le diable ne cherche qu’à introduire parmi
vous les germes de la discorde par l’animosité et par la haine à travers le v in
et le jeu (de hasard) et à vous détourner de l’invocation de Dieu et de la prière.
Allez – vous donc y mettre fin ? »(Coran, Sourate 5, versets 90 et 91).

Etymologiquement le Maysir était un jeu de hasard (sourate 2 verset 2 1 9 et


sourate 5 versets 90 et 91), Maysir vient de l’adjectif arabe Yasîr: qui veut dire
facile : avant l'avènement de l’Islam, les arabes considéraient ces jeux comme
moyen facile de gagner l’argent…

Le Qimâr et le Maysir se définissent comme toute forme de contrat dans lequel


le droit des parties contractantes dépend d'un événement aléatoire. C'est
notamment ce principe que l'on trouve dans les jeux de hasard et les pariages
avec mise.

1.3. L’interdiction du Gharar (incertitude, aléa)

En Islam, désigne toute vente à caractère aléatoire ou possédant un élément


vague, imprécis, ambigu, incertain, caché ou dépendant d’autre événement.
Relatif notamment à l’objet de la vente, au prix ou à la livraison.

Al-Gharar reprend ainsi les activités qui ont un élément d'incertitude,


d'ambiguïté ou de déception. Dans un échange commercial, il se réfère à une
tromperie ou à une ignorance sur l'objet du contrat (l'incertitude sur les matières,
le prix des matières).

- 19 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

De nombreux hadiths interdisent les ventes contenant du gharar. À ce titre, l'un


des principaux hadiths qui a été repris par Muslim, Ahmad, Abu Dawud, Al-
Tirmidhi, Al-Darami et Ibn Majah sous l'autorité d'Abu Hurairah, précise que (la
traduction est à attribuer à Muslim) : « Le Prophète interdit toute vente
contenant du gharar ».

L’interdiction est tirée notamment du hadith suivant :

Ahmad et Ibn Majah mentionnent sous l'autorité d'Abu Sa'id Al-Khudri : « Le


prophète a interdit l’achat d’un animal non né dans la matrice de sa mère, la
vente du lait dans la mamelle sans mesure, l’achat d’un butin de guerre avant
sa distribution, l’achat des dons de charité avant leur réception, et l’achat de
ce qu’a péché un pécheur avant sa pêche. »

De nombreux exemples de gharar ont été donnés dans le hadith et visent la vente
de poissons de mer non encore pêchés, d'oiseaux non encore capturés, de veaux
non encore nés, d'animaux provenant de la chasse future, de fruits non encore
mûrs, etc.

Tous ces exemples concernent des objets dont la véritable existence n'est pas
encore déterminée. En effet, le poisson peut ne jamais être pêché, le veau peut
être mort-né et les fruits peuvent ne jamais mûrir. Dans tous ces cas, il est dans
l'intérêt propre du vendeur et de l'acheteur d'être le plus précis possible quant à
l'objet et au prix de la vente.

Dans la finance conventionnelle, le gharar est surtout présent dans les contrats
d'assurance et les produits dérivés.

La présence de gharar dans les contrats de vente à terme tels que les « forwards
» et les « futures », les contrats d'options et dans d'autres produits dérivés,
prohibent le recours à ce genre d'instruments financiers. Les forwards et les
futures contiennent un gharar certain étant donné que l'objet de la vente peut ne
pas exister au moment où la transaction est effectuée. Comme nous le verrons
ultérieurement, la Loi islamique tolère certaines exceptions à cette règle en
autorisant les contrats salam et istisna.

Cependant, l'essence de ces contrats dérivés rend leur interdiction non


équivoque. Les juristes classiques qualifient de al-bay' al-mudaf, c'est-à-dire non
conclus et donc invalides, ces contrats où tant le prix que les biens sont livrés à
une date future (« Je vous vends cette voiture pour tel montant au début du mois
prochain »).
- 20 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

Les contrats d'options (« Je vous vends ma maison pour tel montant si mon père
revient ») ont également été abordés par les juristes traditionnels qui les ont
qualifiés de vente conditionnelle suspendue (al-bay' al-mu allaq) et les ont
interdits en raison de la présence de gharar.

1.4. Interdiction des investissements illicites

La Charia exige également que tout musulman ne peut traiter des biens jugés
illicites ou Haram. En effet, il existe des exigences quant à la nature de l’activité
dans laquelle un investissement demeure conforme aux impératifs moraux et
religieux tels que dictés par l’Islam. Ainsi, les jeux de hasard, les activités en
relation avec l’alcool, avec l’élevage porcin ou encore avec l’armement. On
retrouve ce principe d'exclusion dans la finance éthique en faveur du
développement durable et dans l'investissement socialement responsable.

Du point de vue financier, les sous-jacents de tout type de contrats doivent


également être conformes à la Charia. Typiquement, dans le cadre d’une prise de
participation sous la forme d’actions, un certain nombre de secteurs dont les
activités sont considérées comme illicites sont à exclure de l’univers
d’investissement.

1.5. interdiction de la thésaurisation

Dans la mesure où la Charia considère l’argent comme un simple moyen


d’échange sans valeur intrinsèque, la thésaurisation est fortement déconseillée,
voire condamnée ; parce que l’argent ainsi retiré du circuit économique réduit la
croissance des richesses de la communauté. La sourate 104 « le calomniateur »
Al-Humaza rappelle : « malheur au calomniateur acerbe qui a amassé une
fortune et qui l’a compté et recompté. Qu’il prend garde ! il pense que sa
fortune l’a rendu immortel. Qu’il prenne garde ! il sera précipité dans le feu
d’Allah » (sourate 104, 1-6) 11.

Un musulman peut accumuler de la richesse légitimement acquise, mais il doit


veiller à dépenser ou investir cette richesse de façon judicieuse. Lorsqu’un
musulman dispose d’un 13revenu annuel supérieur à un certain montant, il a
l’obligation d’en reverser une partie à une catégorie définie de la population

13
Dominique de Courcelles, la finance islamique a la française « la finance islamique est-elle aujourd’hui une
chance pour l’éthique », Secure Finance, édition Bruno Leprince, novembre 2008, France, P22.

- 21 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

incluant notamment les nécessiteux. Il se conforme ainsi à l’obligation de


paiement de la zakat, l’un des cinq piliers de l’Islam.

2. LES RECOMMANDATIONS (EXIGENCES DE LA CHARIA)

2.1. le principe de partage des profits et des pertes (principe des 3P)

Connu aussi sous le principe d’équité et de justice sociale ; de sorte que au


niveau des opérations de financement le risque doit être partagé entre le
détenteur de fonds (l’investisseur) et l’utilisateur de ces fonds (l’entrepreneur) ;
de sorte que le risque sera répartit équitablement selon des proportions
déterminées à l’avance entre l’investisseur et l’entrepreneur.

La clé de répartition doit être fixé dans une proportion et non par un bénéfice à
la signature du contrat (Partage des pertes et des profits).

Ainsi lorsque le banquier "islamique" doit participer au financement d’un projet,


il a l’obligation de le faire sans au préalable fixer de taux d’intérêt par rapport au
capital investi mais, de discuter avec l’entrepreneur (son associé) des modalités
de partage des bénéfices futurs. On remarque ici une petite confusion liée au
fait que les bénéfices de la banque sont calculés selon la même formule que
l’intérêt classique. L’Islam ne condamne pas les formules de calcul basées sur
un intérêt, seulement ici, la différence est que le prêt n’est pas rémunéré en
fonction du temps écoulé mais selon un mode de répartition des profits réalisés.
Cependant, l’entrepreneur reste propriétaire de son projet sauf s’il décide de
cédé son droit de propriété à la banque et devenir un simple participant au
projet. Dans ce cas la rémunération de l’associé et sa responsabilité en cas de
faillite seront en fonction de sa participation. Nous pouvons bien constater la
grande différence entre cette opération et l’opération financière conventionnelle
qu’est le crédit comme pratiqué par les autres banques. En effet le banquier
"classique" fixe dès le départ le taux d’intérêt avant de libérer les fonds. Et
l’entrepreneur est seul responsable des fonds donc assume seul tous les risques
mais aussi garde tout le bénéfice excepté la partie destinée au paiement des
intérêts.

Le principe du partage des risques ou le principe des 3P (participation, profit,


perte) est le plus souvent appliqué grâce au contrat de Moudaraba et de
Moucharaka.

- 22 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

2.2. Principe d’adossement à un actif tangible

Toute transaction financière doit être sous-entendue par un actif pour être valide
selon la Charia. La tangibilité de l’actif signifie que toute opération doit être
obligatoirement adossée à un actif tangible, réel, matériel et surtout Détenu.

Ce principe de l’« Asset Banking » permet de renforcer le potentiel en termes de


stabilité et de maîtrise des risques et rassure notamment quant aux
problématiques de déconnexion de la sphère financière à la sphère réelle.

Le principe de la tangibilité des actifs est également une manière pour la finance
islamique de participer au développement de l'économie réelle par la création
d’activité économique dans les autres domaines.

2.3. Le principe de la Zakat

Le modèle économique islamique est différent du capitalisme et du


communisme. L’argent en Islam est à Dieu (comme dépôt chez l’homme qui est
Son vicaire) et non pas à l’individu ni à l’Etat. Néanmoins, l'islam reconnaît
bien la propriété privée, la respecte et la protège, il déclare sacré l'Homme, sa
vie, ses biens et son honneur.

L'islam prône un juste milieu entre l'individualisme exagéré du capitalisme et le


collectivisme injuste du communisme.

L’Islam a mis en place la zakât (l’aumône purificatrice légale) comme pilier de


l’Islam pour mieux distribuer les richesses et subvenir aux besoins des
pauvres…

La zakât traduit par « purification », est le troisième des piliers de l'islam, et son
essence même révèle l'importance de la participation sociale dans l'univers
musulman. Le musulman est tenu de calculer chaque année lunaire (hégire) ce
montant et de le donner aux plus pauvres. Ce prélèvement "purifie" sur le plan
religieux, sacré et moral le bien de celui qui le possède.12

Celui qui s’acquitte de la zakât protège son argent et le bénie. Il purifie par là
son coeur, élève son âme et fait fructifier ses biens. Dieu lui multiplie les
mérites.14

14
Site internet : [Link] , consulté le 07/04/2017.

- 23 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

Ibn ‘Umar a dit : « Toute richesse sur laquelle on prélève la zakât n’est pas
considérée comme thésaurisée, même si elle est enfouie au fin fond du sol. Mais
toute richesse sur laquelle la zakât n’est pas prélevée est considérée comme
thésaurisée même si elle n’était pas cachée ».
Celui qui thésaurise les biens (et ne donne pas la zakât prescrite) est concerné
par le châtiment promis par Dieu dans le Coran à ceux « qui thésaurisent l’or et
l’argent ».

L’Islam a encouragé les aumônes volontaires, les actes de charité et a mis en


place le Waqf (la fiducie) tout ceci pour amener la société à la solidarité, à la
compassion, la générosité et même à l’altruisme et arriver ainsi à l’équilibre et la
justice social et par là à la sécurité et la paix. Le Coran contient plus de 80
versets concernant la zakât et l'obligation de s'en acquitter.

Le but de la zakât (l’aumône purificatrice légale) est de réaliser l’équilibre et la


justice sociale, d’empêcher le monopole de l’argent par les riches et encourager
la circulation des biens.

Comment calculer la zakat pour un particulier

Le musulman doit s’acquitter de la Zakât al mâl (aumône légale) dès lors que le
montant de son épargne dépasse un certain seuil que l’on appelle le « nissab ».
Ce nissab est indexé sur le cours de l’or ou de l’argent. Concrètement, il
correspond à la valeur monétaire de 85 grammes d’or (595 grammes d’argent
pour l’école hanafite). Ainsi une personne devient imposable si le montant de
l’épargne cumulée tout au long d’une année lunaire est supérieur ou égal au
nissab. Quant à l'argent qui a été épargné pendant moins d'un an, c'est-à-dire que
la personne l'a dépensé avant ce délai, il n'y a pas de zakat à payer dans ce cas.

La zakat constitue 2,5 % du chiffre annuel épargné + Métaux précieux

Soumis à la zakat

Avoirs/biens et fortune (espèces, métaux précieux, carnets d’épargne, ou


dépôts en banque)
Titres bancaires
Les récoltes et le bétail
Revenus divers (location de biens immobiliers par exemple)
Honoraires
Salaires

- 24 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

Primes, gratifications et bonifications


Héritages

Non soumis à la zakat

Terrain, immeuble, bâtiment (non soumis à la vente)


Maison privée principale ou secondaire
Mobiliers, vêtements, voitures, etc.
Hypothèque
Bijoux personnels (pour les femmes suivant l'école Chafiite leurs parures
en or sont exemptés de zakat, dans les trois autres écoles, tous les bijoux
sont exemptés de zakat sauf l'or et l'argent).

- 25 -
Premier Chapitre La Finance Islamique

Conclusion

Ce chapitre nous a résumé les principes de base de la finance islamique -


ce qui est autorisé et ce qui est prohibé - .
Nous remarquons que la finance islamique est basée sur une économie
réelle, qu’elle banni l’intérêt, la spéculation (maysir) et l’incertitude
(gharar); ce sont ces principes qui ont mis les banques islamiques à l’abri
des pertes et dommages colossales aux quelles ont été mis les banques
islamiques lors de la crise financière de 2008. Ce qui nous pousse à dire,
que si le monde occidentale aurait respecté les règles de la finance
islamique, la crise des subprimes et la crise financière 2008 n’aurait jamais
vu le jour. Et c’est ce qui a poussé les pays occidentaux à étudier cette
finance éthique de prés et d’étudier ces mécanismes. Et afin de comprendre
les mécanismes et les instruments de la finance islamique, nous vous
proposons d’étudier notre prochain chapitre.

- 26 -
Deuxième chapitre :
Crédit islamique
(Modes de
financement)
Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

Introduction

Tout financement reposant sur le consentement mutuel est autorisé. Toutefois,


étant donné que la plupart des musulmans ne connaissent pas suffisamment les
différentes conditions qui valident une opération de vente, les juristes
contemporains aidés par les financiers ont limité l'étendue de la finance
islamique à quelques contrats nommés.

Ces derniers sont des contrats qui ont été extensivement étudiés, au cours des
siècles, par des juristes et dont la licéité est établie par les propres actions du
prophète (sunnah) ou par le consensus des premières communautés musulmanes
et des juristes (ijmaa).

Au niveau de ce deuxième chapitre, nous essayerons de citer les principaux


contrats de financement islamique.

- 28 -
Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

1. LES PRODUITS ISLAMIQUES DE FINANCEMENT

Les produits de financement peuvent être classés ainsi :

Les produits basés sur un financement participatif,


Les produits non basés sur un partage des profits et pertes (non PPP) que
l’on appelle couramment les opérations commerciales,
Les opérations sans contrepartie.

- 29 -
Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

1.1. Les modes de financement participatifs

De nombreuses formes de partenariats peuvent constituer des méthodes directes


de financement. Dans les débuts de la finance islamique, ces différentes formes
étaient regroupées sous le terme de « partage des profits et des pertes » pour se
distinguer des modes de financement reposant sur des structures de dettes. Selon
certains, ces méthodes de partage des profits et des pertes représentent l'idéal
islamique.

1.1.1. Le contrat Moudharaba

Le contrat Moudharaba est dérivé d’une pratique ancienne, existant au temps du


prophète, selon laquelle une personne, détenteur de fonds, s’associe avec une
autre personne, entrepreneur-commerçant. L’un apporte les fonds, l’autre son
activité. A l’issue de l’opération, ils se partagent les bénéfices qui en résultent.
Cette pratique a été reprise par les banques islamiques qui peuvent ainsi assurer
leur fonction d’intermédiation en prêtant des fonds à leurs clients, sans
utilisation de l’intérêt.

C’est un contrat conclu entre un (ou des) investisseur(s) qui apporte(nt) des
fonds (rab-el-mal) – en l’occurrence la banque- et un entrepreneur qui assure le
travail nécessaire et apporte son expertise pour faire fructifier ces fonds
(moudharib), dans une opération conforme à la Charia.

En cas de profit, le moudharib est rémunéré pour son travail et son expertise, le
rab-el-mal pour son apport en capital. La rémunération a lieu selon la proportion
fixée dans le contrat.
Elle intervient après retenue de frais de gestion par le moudharib et
remboursement du capital au rab-el-mal. Le moudharib ne reçoit pas de salaire.
En cas de perte, l’un perd le fruit de son travail et ses frais de gestion, l’autre
ses fonds.

Les conditions de validité du contrat

Au moment de la signature, le contrat doit :

Stipuler la forme du contrat : contrat « limité » ou « illimité » ;


Indiquer le montant du capital ;
Préciser clairement le mode de répartition du profit, la répartition ne
pouvant avoir lieu selon une somme fixe prédéterminée, le moudharib ne
peut garantir ni le remboursement du capital, ni la réalisation d’un profit ;

- 30 -
Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

1.1.2. Le contrat Moucharaka

La Moucharaka est une sorte de société en participation pouvant prendre la


forme d’une société de personne ou de capitaux. La différence avec la
moudharaba est que tous les partenaires (moucharik) participent à la fois au
capital et au travail, ou à la gestion. Dans le cas de société de capitaux, les
banques islamiques peuvent siéger au conseil d’administration et exercer leur
droit de vote.

Les acteurs qui s’engagent dans ce type de relation contractuelle partagent


autant les profits que les pertes potentielles du projet d’investissement au prorata
de leur participation. Si les apports sont égaux et le partage des pertes et des
profits à égalité entre les partenaires, le contrat est appelé moucharaka
moufawadah. Les partenaires gèrent conjointement le projet ou l’entreprise, sauf
s’ils ont décidé autrement. Si les apports sont différents et les droits diffèrent, il
s’agit d’une moucharaka anan, chacun s’engage, en principe, à hauteur de sa
participation.

- 31 -
Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

Chaque partenaire peut participer à la gestion du projet ou désigner une tierce


personne à cet effet. Il agit comme un commanditaire. Les salaires versés seront
considérés comme des charges du projet.

Si ces deux techniques (Mourabaha et Moucharaka) sont plus fidèles à la


philosophie de la loi coranique, elles restent, pourtant, beaucoup moins
utilisées.15

Les formes de Moucharaka

Deux formes sont possibles : la moucharaka définitive (moucharaka tabita) et la


moucharaka dégressive (moucharaka moutanakissa).
1

Dans la moucharaka définitive la banque islamique et le(s) client(s) sont


partenaires jusqu’à la fin du contrat qui, en général, correspond à la fin du
projet. Toutefois, un partenaire peu vendre ses parts à une tierce personne
pour un montant équivalent à la valeur actuelle de sa part.

Krassimira Gecheva, Olivier Pastré, Revue d'économie financière, Année 2008, Volume 92, Numéro 92,
15

p197- p213.

- 32 -
Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

La moucharaka dégressive est une formule intéressante pour la banque.


L’un des partenaires, généralement la banque, accepte de vendre
progressivement ses parts à l’autre partenaire (ou à une autre partie)
contre une somme d’argent. La banque reprend progressivement son
apport en fonction de l’état d’avancement du projet, en conséquence, le
client devient progressivement propriétaire unique du projet. La part du
profit de la banque diminue alors dans la même proportion.

- 33 -
Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

1.2. Les opérations commerciales (sans PPP)

1.2.1. Le contrat Mourabaha

Cette opération constitue l’activité la plus importante des banques islamiques.


Elle prend le nom de muajjalen Asie.

Dans une telle transaction, l'acheteur connaît le prix auquel le vendeur a obtenu
l'objet et accepte de payer une prime. Selon Ibn Mas`ud :

« Il n'y a aucun mal à percevoir des marges bénéficiaires, qu'elles soient


mentionnées en termes de pourcentage ou de somme fixe ».

Toute personne peut donc demander à une institution financière islamique


d'acheter un objet à son nom à un prix convenu en échange d'une marge
bénéficiaire de 10000 DA ou encore d'acheter un objet à son nom en échange
d'une marge bénéficiaire de 10 %
.
Le fait que la marge bénéficiaire puisse être perçu comme le paiement d'un
pourcentage ou d'un intérêt n'est pas un problème étant donné que les
transactions qui remplissent les conditions des ventes Mourabaha ne
contiennent pas le riba.

L'usage erroné du terme « intérêt » en tant que traduction du mot « riba » a


conduit à de nombreuses fausses idées. Les intérêts bancaires constituent sans
aucun doute le riba interdit ; Toutefois, le seul fait que la marge bénéficiaire
d'une vente licite soit précisée en pourcentage, ne signifie pas qu'il s'agisse du
riba. Un pourcentage n'est que la division de la marge bénéficiaire par le prix
initial suivie d'une multiplication par 100.

Il convient de soulever que, dans ce contrat, la banque ou l'institution financière


islamique doit posséder l'objet au moment où le client le lui rachète avec la
marge bénéficiaire précisée.

Pour résumer, le contrat Mourabaha fait intervenir trois acteurs : le client de la


banque qui désire se procurer des biens, un vendeur et la banque islamique.
C’est un contrat par lequel la banque, sur ordre de son client, achète un bien
(marchandises ou matières premières, ou produits semi-finis) et le revend à son

- 34 -
Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

client au coût de revient majoré d’une marge. Le paiement peut être immédiat
ou différé. Le plus souvent le paiement est différé.

Etapes de l’opération

1) Le client-acheteur prend contact avec le fournisseur, négocie et définit les


caractéristiques des marchandises dont il a besoin. Il communique les
informations à sa banque qui lui fixe un prix.
2) Le client-acheteur signe une promesse d’achat à la banque islamique,
assortie ou non d’un dépôt de garantie.
3) La banque islamique et le fournisseur s’engagent dans un contrat d’achat.
Dans ce contrat sont précisées les modalités d’achat. La banque peut
charger un agent, voire le client-acheteur d’effectuer ce travail.
4) La livraison est effectuée au profit de la banque.
5) Un contrat Mourabaha est signé entre la banque islamique et son client
acheteur pour un prix comprenant le coût de revient plus une marge.

Condition de validité

Comme les autres contrats, il doit être en conformité avec les règles de la
Charia. De plus :

Les biens faisant l’objet du contrat doivent exister au moment de la


signature du contrat ;
Les objets livrés doivent être conformes à ceux indiqués dans le contrat ;
Les conditions de la transition doivent être précisées clairement : la
marge, les conditions de livraison, les conditions de paiement ;
L’achat des biens doit précéder le contrat puisque la marge de la banque
est justifiée par la réalisation de l’opération commerciale qui procède ce
contrat ;
La banque peut prendre une garantie en cas de paiement différé (gage,
hypothèque).

La banque ne peut pas inclure dans le contrat une clause prévoyant des intérêts
de retard en cas de paiement hors délai.

- 35 -
Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

Dans une opération de vente Mourabaha, la banque Al-Baraka Algérie ne peut


établir sa qualité de premier acheteur, condition sine qua non de validité
«chariatique » de la transaction, qu’à travers une facture libellée en son nom
pour le compte du client. Cependant ce dernier la traite comptablement et
fiscalement comme s’il en était lui-même l’acheteur initial. La banque est tenue,
pour sa part et réglementation bancaire oblige, de la consigner en tant que
simple opération de crédit. La justification de la revente de la marchandise au
client réside dans le seul contrat de Mourabaha.

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Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

LES VENTES A CREDIT (BAY’BITHAMAN AJIL)

Il est très rare que, dans le cadre d'une transaction Mourabaha, les banques
islamiques demandent à leurs clients de régler le prix immédiatement. En effet,
dans un tel cas, il n'y aurait aucun financement de la part de la banque et cette
dernière serait un intermédiaire ou encore un agent appelé simsar. Lorsqu'un
client approche une institution financière islamique pour financer l'achat d'un
bien par une structure Mourabaha, le prix n'est payé qu'ultérieurement et
généralement de manière échelonnée.

En se plaçant à la fin de l'opération, nul ne résiste à la tentation de regarder le


résultat final et de se demander s'il ne s'agit pas simplement d'une ruse juridique
pour éviter le riba. Cela n'est évidemment pas le cas étant donné que la structure
Mourabaha détermine la marge bénéficiaire (même en tant que pourcentage du
prix initial) et que le paiement différé assure que le profit soit récolté tout au
long de la transaction. Le taux de rendement est donc garanti sur une période de
temps fixée d'avance.

Les fausses idées qui existent depuis plus de vingt ans dans la littérature traitant
du secteur bancaire islamique avancent que les profits bancaires sont une forme
de riba.

L'essence de cette confusion repose peut-être sur la conjonction du paiement


différé et du taux de rendement. En effet, même s'il n'est pas difficile de
déterminer le taux d'intérêt implicite annuel d'un tel contrat, les juristes
islamiques traditionnels ont autorisé, au fil des siècles, la combinaison du
paiement différé et du rendement.

Nous mentionnerons certaines références pour illustrer que l'augmentation du


prix initial se justifie par l'existence d'un paiement différé :

- Al-Kasani dans Badai AI-Sanai (oeuvre principale de l'école hanafite) :


« le prix peut être augmenté sur la base de report ».

- Hashiyat Ibn Abidin (compendium de jurisprudence hanafite) :


« un prix est augmenté s’il est différé ».

- Ibn Rushd (Malékite) dans Bidayat al-Mujtahid wa Nihayat al-Muqtasid :


« le temps est reflété dans le prix».

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Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

Dans al-Majmu d’al--Imam al--Nawawi et Taqiyuddin al—Subki (chef-d’œuvre


chaféite) : le report reflète une partie du prix », également dans Hashiyat EI—
Gamal alaSharh AI--Manhaj(Chaféite) et Fatawa Ibn Taymiyyah (Hanbalite).

La confusion contemporaine est récente. Dans l'ouvrage Ahkam Al-Qur'an, Ibn


Al-Arabi mentionne un argument souvent invoqué par les Arabes au temps du
Prophète afin de soutenir que « le commerce est similaire au riba». Le verset
275 de la deuxième Sourate contient une réponse sans équivoque : « Allah a
autorisé le commerce mais a interdit le riba ».

La différence juridique qui existe entre les deux situations est évidente : l'une est
une vente pour laquelle le prix est augmenté en fonction du report tandis que
l'autre est une augmentation de la dette en raison du report. La première est
autorisée et se permet de répondre aux besoins de financement qui sont
généralement rencontrés avec les prêts à intérêts. La seconde est toutefois
strictement interdite. L'autorisation de la première situation et la prohibition de
la seconde sont toutes les deux évidentes et sans équivoque.

Les ventes à crédit peuvent donc être utilisées en tant que moyen de financement
alors que les prêts à intérêt sont à proscrire.

1.2.2. Le contrat Salam

C’est un contrat de vente avec livraison différée et paiement comptant. La


banque intervient comme acheteur d’une marchandise. Elle lui sera livrée à
terme pour son client.

La vente de biens non existants est généralement interdite en raison de la


présence de gharar. Toutefois, afin de faciliter certaines affaires commerciales,
quelques exceptions ont été permises par le biais des contrats de Salam et
d'istisna'. Le hadith suivant a été repris sous l'autorité d'Ibn Abbas mentionnent :

« En se rendant à Médine, le Prophète a rencontré des habitants qui concluaient


des contrats de Salam (dont le prix était payé d'avance) relatifs à des fruits et
pour une durée de un, deux ou trois ans. Il a dit : "Quiconque conclut un
contrat de Salam doit spécifier le volume ou le poids ainsi que le terme fixe" ».

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Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

Il a donc permis ce genre de transaction pour laquelle le prix est payé


entièrement et immédiatement et dont le bien spécifiquement défini est livré à
une date future déterminée à l'avance. Ce prépaiement a ainsi permis à de
nombreux paysans d'acheter des semences, de subvenir à leurs besoins, etc., afin
de produire les fruits.

Ce mode de financement a été ensuite utilisé dans tous les secteurs de l’activité
marchande, mais ce rappel permet de comprendre les conditions de validité
imposées.

Les différentes étapes

Le cas général, est celui où le contrat Salam est assorti d’un contrat Salam
parallèle (Salam mouwazi) et où vendeur et acheteur, parties prenantes de deux
contrats successifs avec la banque, se concertent préalablement.

1. Acheteur et vendeur s’entendent préalablement sur les caractéristiques de


la marchandise.
2. Signature d’un contrat Salam d’achat entre la banque et le vendeur et
paiement du prix convenu. Dans ce contexte, la banque peut autoriser à
livrer à une tierce personne, l’acheteur final par exemple.
Lors de la signature du contrat Salam avec le vendeur, la banque peut
signer un contrat Salam parallèle (Salam mouwazi) avec l’acheteur,
notamment pour se prémunir d’une baisse de prix.
3. Livraison de la marchandise.
4. Paiement par l’acheteur du prix indiqué dans le contrat Salam parallèle,
c'est-à-dire le cout de revient auquel s’ajoute une marge.

Condition de validité

• Les marchandises faisant l’objet du contrat doivent être des marchandises


courantes (produits agricoles, matières premières…) dont les unités sont
interchangeables
• Les marchandises ne doivent pas exister au moment du contrat.
• L’objet du contrat doit être bien précisé : sa nature, sa qualité, la quantité,
le prix.
• Le délai de livraison ainsi que le lieu de livraison doivent être fixés, dans
son contrat.
• Le prix doit être précisé et payé comptant par le client acheteur.

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Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

Si à la date prévue pour la livraison le vendeur n’est pas en mesure de livrer la


marchandise, la solution admise par la plupart des jurisconsultes est que
l’acheteur (en l’occurrence la banque) se fasse remboursé du prix payé, sans
majoration, ou attente de livraison, sans indemnité de compensation.

La banque islamique peut assortir le contrat de garanties pour se prémunir :

D’une part vis-à-vis du vendeur, contre le défaut de livraison à


l’échéance,
D’autre part vis-à-vis de l’acheteur final, contre le défaut de paiement.

Ce mode de financement peut être rapproché des modes de financement du


besoin de fonds de roulement existant dans le système conventionnel : facilités
de caisse, découvert, crédit de compagne, etc.

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Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

Remarque :

Le contrat avec le vendeur peut prévoir la livraison des marchandises dans


un magasin général et donner lieu à émission de warrants dont la banque
dispose comme garantie.
La vente des marchandises entreposées peut être assurée par la banque ou
par le client vendeur.

1.2.3. Le contrat istisna’ (bien à fabriquer)

Le contrat istisna’ ressemble au contrat Salam puisqu’il est également relatif au


financement d’un bien qui n’existe pas au moment de la signature du contrat
mais il porte non sur la livraison de produits marchands courants mais sur la
livraison de biens à manufacturer ou à construire selon les spécifications
fournies par l’acheteur.

C’est un contrat par lequel l’une des parties (le moustasni’) demande à l’autre
partie (le sani’) de lui fabriquer ou construire un bien moyennant une
rémunération fixée par différence avec la vente Salam, le prix n’a pas à être payé
en totalité au moment de la vente ; le prix est payé de manière échelonnée au fur
et à mesure que les travaux de construction ou de production de biens
progressent.

Ce produit fait donc intervenir deux parties, l’acheteur et le vendeur. Toutefois,


dans le cas de financement par une banque islamique, l’opération prend la forme
d’un double contrat istisna’ et trois parties sont concernées : le client de la
banque, acheteur d’un bien pour lequel il cherche un financement, la banque et
le vendeur, maitre d’ouvrage. Les deux contrats portent sur le même bien mais
sont indépendant, notamment les prix sont différents, l’écart représente la marge
de la banque.

Les étapes de l’opération

1. Le client acheteur et le fournisseur se concertent pour déterminer les


spécifications du bien à réaliser.
2. La banque passe un contrat istisna’ avec le producteur. Dans ce contrat
sont précisées les spécifications du bien, la date de livraison, le lieu de
livraison et les modalités de paiement.

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Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

3. La banque et le client acheteur s’engagent par un contrat istisna’, qui


reprend les spécifications du bien à réaliser, la date de livraison et précise
les modalités de paiement propres à ce deuxième contrat.
4. La banque reçoit livraison du bien, ou plus généralement, directement le
client acheteur s’il en a été convenu ainsi. Ce dernier peut alors contrôler
la conformité des biens livrés.

Condition de validité

- Le contrat doit porter sur la réalisation de biens à manufacturer selon les


indications de l’acheteur.
- La banque intervient comme entrepreneur, c’est ce qui justifie sa
rémunération, qu’elle intervienne directement ou par l’intermédiation
d’un sous-traitant.
- Le contrat doit préciser la nature, la quantité, la qualité, et autres
spécificités des biens à fabriquer, ceci afin d’éviter le gharar.

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Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

1.2.4. Le contrat ijara (crédit-bail)

D’un point de vue légal le contrat de leasing n'est pas la vente d'un bien mais la
vente de son usufruit à savoir le droit de l'utiliser, pour une période de temps
déterminée La vente de l'usufruit est autorisée par l'Islam comme en témoignent
les versets suivants (leur interprétation revient à Yusuf Ali (1991)) :

« Et si elles allaitent [l'enfant né] de vous, donnez-leur leurs salaires » (al


Quran, 65:6).

« L'une d'elles dit : «Ô mon père, engage-le [à ton service] moyennant salaire,
car le meilleur à engager c'est celui qui est fort et digne de confiance ».
Il dit : « Je voudrais te marier à l'une de mes deux filles que voici, à condition
que tu travailles à mon service durant huit ans. Si tu achèves dix [années], ce
sera de ton bon gré ; je ne veux cependant rien t'imposer d'excessif. Tu me
trouveras, si Allah le veut du nombre des gens de bien » (al-Qur'an, 28:26-27).

Le hadith suivant, repris par Ahmad Abu Dawud et al-Nasa'i sous l'autorité de
Saad, le prouve également :

« C'est avec de l'eau et des graines que les fermiers du temps du Prophète
payaient pour l'usage de la terre. Il leur a interdit de faire cela et leur a ordonné
de payer leur loyer en or et en argent».

Ahmad, Al-Bukhari et Muslim ont aussi mentionné sous l'autorité d'Ibn 'Abbas,
que le Prophète a engagé un homme pour lui tirer son eau et qu'Il lui payait un
salaire.

Dans la banque islamique, l’Ijara est une sorte de crédit-bail à moyen et long
terme qui fait intervenir trois acteurs : le client de la banque, locataire du bien, la
banque et le fabricant, vendeur du bien. Les secteurs concernés sont
essentiellement : les transports, l’immobilier et l’équipement.

La banque islamique achète un actif qu’elle loue à une entreprise cliente pour
une période du contrat. Il peut être revu en cours de contrat.

Dans ce contrat, il peut être prévu l’achat du bien par le locataire, en cours de
contrat ou en fin de contrat. En conséquence, il s’agit soit d’un contrat de
location simple, soit d’un contrat de crédit-bail avec option d’achat.

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Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

S’il s’agit d’un contrat de location simple, en fin de contrat si la situation est
l’une des suivantes :

Le locataire rend le bien à la banque,


Le locataire achète le bien à la banque et un contrat de vente est alors
signé entre la banque et son acheteur,
Le client locataire renouvelle le contrat de location.

S’il s’agit d’un contrat de location-vente, chaque versement effectué par le


locataire comprend le loyer et une partie du prix d’achat du bien. Ces montants
complémentaires successifs sont placés dans un compte d’investissement, ce qui
permettra au locataire le rachat du bien en fin de contrat. Les profits générés par
les montants déposés sur le compte sont au bénéfice du client. Enfin, La durée
du leasing ainsi que les redevances peuvent être déterminées de manière à ce
que le paiement final ne soit que symbolique.

La principale différence entre les contrats de leasing permis par l'Islam et les
leasings conventionnels est que le bailleur doit posséder le bien tout au long de
la période couverte par le contrat. L’institution financière islamique achète le
bien financé et maintient son droit de propriété tout au long de la durée du
contrat.

Les étapes de l’opération

1) Le futur locataire – ou encore futur acheteur- négocie avec le vendeur et


définit les spécifications du bien.
2) Le futur locataire prend contact avec la banque. Ils définissent les
modalités du contrat ijara qu’ils signent ensuite.
3) La banque achète le bien au vendeur. Elle peut désigner un agent pour le
représenter, son client par exemple.
4) Le vendeur livre le bien.
5) La banque (propriétaire) loue le bien à son client.
6) A maturité le dénouement de l’opération dépend du type de contrat.

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Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

Condition de validité

Hormis les conditions qui relèvent des règles de la Charia, notamment que
l’usage des biens loués soit une activité licite, les conditions suivantes doivent
être respectées :

La location doit porter sur des biens durables, non destructibles du fait de
l’utilisation ou de la jouissance ;
Les mentions suivantes doivent être indiqué dans le contrat : le montant
du loyer, la périodicité, la date de début de location, la durée de location,
le délai de paiement ;
Le montant du paiement du loyer doit être précisé : soit d’avance, soit à
terme.

La révision du contrat de location sera ultérieurement possible (modification du


prix, de la durée, etc.). En cas de dégradation, le locataire est responsable sauf si
la cause est indépendante de sa volonté. La banque doit effectuer les travaux
d’entretien, de réparation, dans le but de maintenir le bien en état se servir. La
banque supporte toutes les charges locatives jusqu’au début de la période de
location, ensuite elles sont à la charge du locataire.
La sous-location n’est pas possible sauf convention spéciale.

La banque peut souscrire une assurance pour se couvrir contre les risques qu’elle
encourt.

- 45 -
Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

Remarque

La banque peut également louer au vendeur un bien lui appartenant. Il


faut évidemment que la vente soit effective. Dans ce cas, le contrat ne fait
intervenir que deux personnes.
Le propriétaire du bien, en l’occurrence la banque, peut vendre le bien au
cours du contrat de location. Dans ce cas, les droits et obligations
découlant du contrat sont transférés au nouveau propriétaire.
Le contrat est similaire au contrat de crédit-bail. Notons toutefois que la
banque islamique supporte tous les risques du propriétaire alors que dans
les contrats classiques des clauses visent généralement à faire supporter
les risques du bien loué au locataire.

1.3. Les opérations sans contrepartie

C’est un prêt sans contrepartie, effectuée dans un but humanitaire ou de


bienfaisance. Il est accordé occasionnellement à des particuliers dans le besoin,
à des clients en difficulté, etc. il peut être utilisé pour financer des projets dans le
domaine social, économique, éducatif et religieux.

Modalités d’octroi et de remboursement

Les fonds peuvent provenir de placement de bienfaisance ou de fonds de la


zakat.

Les modalités de remboursement sont prévues par les parties au moment de


l’octroi du prêt.
La banque peut facturer à l’emprunteur des frais de service couvrant les charges
administratives.

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Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

2. AUTRES INSTRUMENTS DE FINANCEMENT ISLAMIQUE

2.1. Définition de Soukouk

Le mot arabe Soukouk est le pluriel du mot Sakk qui signifie « document
financier permettant au titulaire de bénéficier de la somme d’argent indiqué sur
celui-ci ».
Le contrat Soukouk correspond à une obligation islamique adossé à un actif
tangible. Les Soukouk représentent un droit de créance pendant une période
prédéfinie. Les contrats Soukouk sont liés au fond d’investissement.
Le propriétaire du Soukouk reçoit une part du profit attaché au rendement de
l’actif sousjacent et non un intérêt fixe. Les produits sous-jacent des Soukouk
peuvent être représentés par des contrats comme les Ijara, Moucharaka ou
Moudharaba, Salam, Istisna’ ou encore Mourabaha.
On distingue les émissions de type souverain par un Etat et celles de type
corporate par une société ou une banque.

Remarque :
Les Soukouk constituent une opération de titrisation, ce sont plutôt des produits
assimilables aux Asset-Backed Securities (ABS)16, sauf que la titrisation en islam
ne peut se faire que par rapport à un actif tangible et surtout ne peut se faire
qu’une seule fois.

2.2. Description de l’opération

Le propriétaire d’actif, qui a besoin d’argent, cède ses actifs à une structure
juridique indépendante appelé Spécial Purpose Vehicul (SVP), ou fonds
commun de Créances (FCC), qui agit comme administrateur pour le compte des
souscripteurs. En accord avec ces derniers, il peut passer un contrat Moudaraba,
ou tout autre contrat2, avec un manager qui, en tant que moudharib, se chargera
de la gestion du projet. Dans ce cas, les profits du projet sont partagés entre les
souscripteurs et le moudharib, la plus-value éventuelle ne revenant qu’aux
souscripteurs.

16 ABS ; que l’on traduit par « valeurs mobilières adossée à un actif ».

- 47 -
Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

2.3. Différence entre Soukouk et obligations classiques

Chaque Soukouk est considéré comme représentant une part de capital qui, en
cas de faillite, confère à son propriétaire un remboursement prioritaire par
rapport à l’actionnaire. Mais elle ne donne pas droit à participer au management.
En conséquence, ce n’est équivalent ni à une action, ni a une obligation.
Durant la vie des Soukouk, les souscripteurs ont droit à une rémunération qui
dépend de la performance des actifs ayant servi de base de financement et de la
part de capital souscrit. Les souscripteurs assument donc un risque proportionné
à la part qu’ils détiennent. La valeur des Soukouk évolue selon l’offre et la
demande sur le marché. En conséquence elle peut évoluer différemment de la
valeur des biens sous-jacents.
A la maturité des Soukouk les actifs sont vendus, généralement à l’acheteur qui,
par contrat indépendant du contrat de vente initial, a pu s’engager à les racheter,
par exemple par un contrat Ijarawaiktinaa (crédit-bail avec option d’achat). Les
recettes subséquentes servent à rembourser les souscripteurs.

Soukouk les plus répandus sont :

• Les Soukouk al Ijara (à partir de contrat de leasing)


• Les Soukouk al Moucharaka (fondé sur des contrats de copropriété)

- 48 -
Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

• Les Soukouk al Moudaraba (fondé sur des contrats de gestion de sous-


jacent)

- Actuellement les Soukouk représentent le produit financier le plus


répondu. Si, au départ les émissions étaient essentiellement des émissions
souveraines, ces dernières ne représentent plus que 20% environ du
marché des Soukouk.

Au-delà de la décennie, elles étaient considérées comme un produit purement


islamique. Désormais elles sont utilisées par des organismes non musulmans,
notamment les Etats occidentaux, qui ont repris la technique des Soukouk.

Les stocks d’obligations islamiques étaient évalués à 47 milliards de Dollars US


en 2006 par le FMI. Ce chiffre reste important même s’il est très faible par
rapport aux 4700 milliards de Dollars d’émissions d’obligations d’entreprises
dans le monde la même année.

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Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

2.4. Développement des Soukouk dans le monde

Le marché de la dette demeure le secteur le plus florissant de la finance


islamique, la banque mondiale a émis en 2005 son premier Soukouk pour un
montant de 760 millions de Ringgit (monnaie Malaisienne) soit 200 millions de
Dollars à l’époque. Et au mois de Juin de la même année, la BID émettait un
emprunt obligataire (Soukouk) de 500 milliards de Dollars US.173

L’Afrique est quasiment absente sur ce marché alors que ce dernier pourrait lui
permettre de lever d’importants fonds et financer son développement.

En effet, le marché des Soukouk n’est pas exclusivement réservé aux Etats
arabo- islamiques comme on pourrait le croire. Des émissions de Soukouk ont
été enregistrées aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Les autorités des Etats
africains doivent trouver les moyens pour intervenir sur ce marché surtout ceux
qui possèdent déjà une banque islamique. Ces Etats peuvent se servir de ces
banques islamiques pour lever des fonds au niveau national et international et
par la même occasion favoriser le développement de la finance islamique sur
leur territoire.

17 Bulletin du FMI, n°12, Octobre 2007

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Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

Concernant le marché des fonds d’investissement, le rapport Vernimmen 2006


soutient qu’en 2005, il y avait environ 100 fonds islamiques de private equity
dont le total des actifs excédait 5 milliards de Dollars. En 2004, en Malaisie on
enregistrait 71 fonds de placement.
Concernant les actions, en 1999 deux indices ont été lancés pour servir de repère
aux investisseurs des institutions financières islamiques, on peut citer le GIIS
(Global Islamic Index Service) du Financial Times Stock exchange et le DJIM
(Dow Jones Islamic Market index) au Barhaim. Le Standard &Poor’s a lancé en
2006 une série d’indices islamiques sous la marque S&P, on peut citer : le
S&P500, le S&PME Europe 350, S&P Japan 500…

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Deuxième Chapitre Crédit Islamique (Modes de Financement)

Conclusion

Après avoir étudié les modes de financements islamiques, nous constatons que
les banques islamiques disposent d’une panoplie de produits pour répondre aux
exigences de leur clientèle particulière et professionnelle.
Bien élaborés et régis par la Charia islamique, ces modes de financement sont
caractérisés par l’éthique, le légitime et surtout la morale : ce qui a fasciner
l’occident et inciter sa curiosité à étudier cette finance de plus prés.

Dans le prochain chapitre nous allons voir si ce crédit islamique fait le poids
face au crédit classique à travers notre étude de cas à la banque Al Baraka
d’Algérie.

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Troisième chapitre :
Etude du Crédit
Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la
Banque Al Baraka -
Mostaganem)
Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

Introduction

La finance islamique a fait son apparition en Algérie en 1991 avec la création de


la banque Al Baraka, sensée apporter une alternative à la finance classique et des
solutions à la crise économique connue en 1986. Or elle peine toujours à trouver
ses repères.

La banque Al Baraka n’est désormais plus le seul acteur de la finance islamique


en Algérie, Al Salam banque a fait son apparition en 2008 offrant la majorité des
produits islamique proposé par sa concurrente, de plus les banques classiques
plus particulièrement celle du secteur privé envisagent et certaines commencent
même à offrir des services islamiques flairant le potentiel croissant de ces
produits dans l’avenir.

La part de la finance islamique en Algérie ne représente que 3 à 4 % du marché


financier algérien, ce qui est certainement considéré comme insuffisant dû aux
problèmes que rencontrent les banques islamiques à s’imposer et à poser des
bases solides.

Dans cette étude de cas nous allons étudier le crédit islamique en Algérie, la part
du marché qu’il représente et nous allons comparer le produit phare des banques
islamiques (Mourabaha) avec le crédit classique.

Pour cela nous avons divisé notre étude de cas en 3 parties :

La 1ère concerne la présentation de l’un des principaux acteurs de la finance


islamique en Algérie la banque Al Baraka.

La 2ème partie concernera le mode de financement par mourabaha qui est le


crédit islamique le plus utilisé en Algérie, avec un exemple de dossier pris en
charge par l’agence Al Baraka de Mostaganem.

La 3ème et dernière partie parlera de l’actualité des produits islamique en Algérie,


de leurs freins et des solutions susceptible d’y remédier.

- 54 -
Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

Première partie : La Banque Al Baraka d’Algérie

1- Présentation de la banque Al baraka d’Algérie :

La Banque Al Baraka d'Algérie est le premier établissement bancaire à capitaux


mixtes (publics et privés). Créée le 20 mai 1991, avec un capital de 500.000.000
DA, la Banque a entamé ses activités bancaires proprement dites durant le mois
de septembre 1991.

Ses actionnaires sont la Banque de l'Agriculture et du Développement Rural


(Algérie) et le Groupe ABG. Régie par les dispositions de la Loi n° 03-11 du 26
Aout 2003 relative à la Monnaie et le Crédit, elle est habilitée à effectuer toutes
les opérations bancaires, de financement et d'investissement, en conformité avec
les principes de la charia islamique.

Les faits saillants ayant marqué l'histoire de la Banque Al Baraka d'Algérie sont
les suivants:

• 1991 : Création de le Banque Al Baraka d'Algérie.


• 1994 : Stabilité et équilibre financier de la Banque.
• 1999 : Participation à la création de la société d'assurance Al Baraka Oua
al Amane.
• 2000 : Classement au premier rang parmi les Etablissements Bancaires à
capitaux privés.
• 2002 : Redéploiement de la Banque sur de nouveaux segments de marché
en l'occurrence ceux des professionnels et des particuliers.
• 2003 : Creation de la filiale promotion "Dar al Baraka" au capital social
de [Link] DA
• 2006 : Augmentation du capital de la banque a [Link] DA.
• 2009 : Deuxième augmentation du capital de la banque a [Link]
DA.
• 2015 : Création de l'Institut de Recherche et de Formation en
Financement Islamique (IRFI).
• 2015 : Création de la filiale "SATEC IMMO" avec un capital social de
15.000.000 DA.1

1
Site de la banque Al Baraka : [Link] , consulté le 02/05/2017.

- 55 -
Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

1-1- La mission de la banque Al Baraka :

Répondre aux besoins financiers des communautés à travers le monde par


l'éthique des affaires, conformément à la foi et à la charia musulmane, mettre en
application les plus hauts standards professionnels, et partager les bénéfices avec
les clients, le personnel et les actionnaires qui, tous, contribuent au succès de la
banque.

1-2- Les valeurs de la banque Al Baraka :

• Partenariat
Conviction partagée : créer des liens solides et des relations durables avec
les clients et le personnel.
• Persévérance
Avoir l’énergie et la persévérance nécessaires pour améliorer la vie des
clients, pour le plus grand bien de la société.
• Proximité
Apprécier et respecter les communautés que la banque sers. Les portes
demeurent toujours ouvertes, les clients sauront apprécier l’hospitalité, et
la chaleur de l’accueil des agents.
• Quiétude
Les clients peuvent être surs que leurs affaires sont gérées par les soins
d’agents qualifiés selon les plus hauts standards éthiques.
• Contribution sociale
En faisant appel aux services d’Al Baraka, les clients contribuent
positivement à une société meilleure ; leur croissance et celle de la banque
profitent au monde qui nous entoure.

- 56 -
Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

1-3- L’organigramme de la banque Al Baraka Algérie :

Source : Documents Al Baraka Banque Algérie.

- 57 -
Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

1-4- Evolution des chiffres clés de la banque :

Source : le site de la banque : [Link] , consulté le 10/05/2017.

2- Présentation de l’agence Al Baraka N : 206 ( Mostaganem ) :

L’agence 206 de la banque Al Baraka a ouvert ses portes en mars 2015 dans la
ville côtière Mostaganem, cette agence a pour but de renforcer la position de la
banque à l’ouest du pays.

A l'instar des différentes Agences d'Exploitation de la Banque, l’Agence de


Mostaganem réalise toutes les Opérations Bancaires, notamment :

1. Gestion de comptes (compte de chèque, compte courant, compte devises


...etc.).
2. Placements (compte d'épargne, compte d'investissement ...etc.).
3. Financements de l'Investissement et de l'Exploitation (Mourabaha,
Leasing, Istisn'à, Salam, Moucharaka ...etc.).
4. Commerce Extérieur (Crédit Documentaire, Rapatriement, change manuel
...etc.).
5. Prestations Diverses (Monétique, Virement ARTS, Compensation
Electronique, Conseil et assistance, Mise en Relation d'affaires ...etc.). 2

2
Le directeur de l’agence et mon superviseur durant mon stage Mr. Kacher Belkacem.

- 58 -
Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

Toutes les opérations de la Banque sont conformes aux principes de la sainte


Charia Islamique et certifiées par un Comité d'Audit Charia externe à
l'Etablissement.

2-1- Organigramme de l’agence 206 :

Source : Le directeur d’agence Mr. Kacher.

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

2-2- Les produits proposés par la banque Al Baraka (Agence 206) :

2-2-1- Gestion de comptes :

a- Les comptes courants :

Ces comptes sont quasiment identiques à ceux des banques conventionnelles.


Les droits et obligations respectives du déposant et de la banque sont les suivant.

La banque, gardienne des fonds :


- Ne verse aucune rémunération,
- Utilise les fonds selon son gré,
- Exige un solde toujours positif,
- Jouit des profits retirés du placement des fonds déposés, en contrepartie
assume les pertes éventuelles.

Le client :
- Peut retirer son argent à tout moment,
- Est assuré de pouvoir récupérer le montant déposé,
- Ne perçoit aucune rémunération mais la banque ne prélève pas de frais de
gestion,
- Peut bénéficier des services classiques des banques : carnet de chèques,
opérations de virement, etc.
Ces comptes sont parfois considérés comme des prêts qard hassan effectués par
les déposants.

b- Les comptes d’épargne :

Ce sont des comptes de dépôts à terme, basés sur le principe de la participation.


L’objectif de ces comptes est d’inciter les gens à épargner.
Ces comptes sont peu répandus. Les modalités de fonctionnement sont
différentes d’une banque à l’autre. Elles sont généralement les suivantes :

Le client :
- Ne reçoit pas d’intérêt, la banque ne lui garantit ni un remboursement
déterminé, ni le remboursement du capital déposé,
- N’a aucun droit de regard sur la manière dont la banque gère les fonds,
- Doit prévenir la banque s’il désire retirer des fonds, le détail de préavis étant
préalablement précisé.

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

La banque :
- Gère les fonds contre des frais de gestion,
- Verse une partie de son résultat selon le taux de répartition convenu et solde
moyen du compte,
- Est responsable en cas de négligence de sa part dans la manière de gérer les
fonds.

Condition de la banque Al-Baraka Algérie pour ouverture d’un livret


d’épargne:

Particularités de la solution :
• Accessible aux clients et non clients de la Banque ayant la qualité de
personne physique.
• Un compte rémunéré sur la base du solde moyen annuel à travers des
profits générés par les opérations de financement engagées par la Banque.
• Une solution pour gérer librement vos opérations de dépôts et de retraits
d’espèces.
• Un compte libellé exclusivement en Dinars.
• Un produit concrétisé par un carnet.

Avantages de la solution :
• Un produit rentable et conforme aux principes de la Sainte Charia.
• Une autre solution pour gérer efficacement vos opérations en espèces
(dépôt/retraits).
• Une rentabilité de vos économies sans aucune contrainte.
• Une souplesse d’utilisation par le client ou par une tierce personne ayant
procuration.

c- Les comptes d’investissement :

Ils constituent la principale source de fonds des banques islamiques. Leurs


modes de fonctionnement est tout à fait conforme aux principes de la Charia
puisqu’ils sont basés sur le principe du PPP et associent le facteur capital et le
facteur travail ;

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

- Caractéristiques :

Ils s’apparentent plus à un achat d’actions qu’a un dépôt de type conventionnel.


En effet, il n’y a pas de garantie de remboursement à la valeur nominale, les
déposants n’ont pas de rémunération fixe, leur rémunération est basée sur le
principe du partage des profits et des pertes de la banque.

Par un contrat, le client autorise la banque à investir les fonds dans des projets.
Le contrat doit contenir toutes les modalités relatives aux opérations envisagées:
objet, échéance, règles de partage, etc. la période de dépôt est généralement
comprise entre 6 mois et 3 ans, voire plus, elle peut être renouvelable.

La banque touche une commission de gestion, les « dividendes » sont donc


calculés après déduction de la commission.

- Différents comptes d’investissement :

On peut distinguer deux grandes catégories de comptes : les comptes standards


et les comptes « affectés ».

1) Les comptes standard s’appellent encore dépôts d’investissement


illimités (ou non restrictifs). Les fonds sont alors intégrés dans ceux de la
banque pour constituer un pool d’investissement. La rémunération a lieu
en fin d’année. La banque intervient successivement comme moudharib,
puis comme rab-el-mal. Ces comptes sont, en principe, moins risqués
pour le client puisque l’investissement porte sur plusieurs opérations.

2) Les comptes « affectés » s’appellent encore des dépôts d’investissement


limités (ou restrictifs). La banque dispose des fonds selon les indications
du dépositaire. Les fonds déposés ne peuvent alors être mélangés avec
ceux de la banque. La rémunération a lieu en fin d’opération.

Selon la banque Al-Baraka Algérie, les dépôts d’investissement sont régis


contractuellement par le contrat de moudharaba, donc concourant aux risques en
contrepartie de la perception d’une part des bénéfices des opérations de
financement au prorata de leur contribution et affiché dans les conditions
générales de banque. D’un point de vue légal, ces comptes ne peuvent être
analysés par la loi autrement que comme des fonds empruntés par la banque à

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

charge de les restituer et de les rémunérer indépendamment des résultats des


opérations financées. Ceci dit, l’autorité de supervision tolère que les conditions
générales de banque des banques régies par les règles de la charia prévoient un
mode de rémunération variable basé sur la participation aux résultats des
financements consentis par ces établissements. Elle admet aussi, tacitement, que
les conventions d’ouverture des comptes d’investissement se réfèrent aux
principes de la moudharaba fondée sur le partage du risque.

- Les placements de la banque Al-Baraka Algérie sont de deux sortes :

Des bons de caisse ;


Des comptes de dépôts participatifs non affectés.

Les bons de caisse :

Particularités de la solution
Accessible aussi bien aux personnes morales que physiques (Entreprises,
professionnels et particuliers).
L'argent est investi dans des opérations et des projets divers sans
affectation préalable.
Le Bon de Caisse est rémunéré à la fin de chaque période en fonction des
profits générés par les investissements engagés.
La souscription des Bons peut être nominative ou anonyme.
Les Bons de caisses peuvent être souscrits pour une durée de 3 mois à 60
mois et plus.

Avantages de la solution
• Une solution pour rentabiliser votre Capital ou vos excédents de
Trésorerie dans le cadre des principes de la Sainte Charia.
• Possibilité de libérer votre argent avant l’expiration de l’échéance.
• Possibilité de nantissement des Bons pour l’obtention d’un financement.
• Un dépôt fructifié en toute sécurité.3

3
Informations fournies par l’agence.

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

2-2-2- Financements de l'Investissement et de l'Exploitation :

La banque Al Baraka propose à sa clientèle deux sortes de financements :

I)- Les financements participatifs : Ce sont des financements qui reposent sur le
principe des 3P, la banque alors partage les pertes et les profits de ses clients.

a- Contrat Moucharaka.
b- Contrat Moudarabah.

II)- Les financements non-participatifs (commerciales):

Ces financements concernent essentiellement les opérations à caractère


commerciale.

a- Contrat Mourabaha.
b- Contrat Salam.
c- Contrat Istisnaa.
d- Contrat Idjara.

III)- Le cofinancement :

Le cofinancement est l’opération de financement qui fait appel aux deux


catégories de financements classique et islamique utilisés dans le cadre des
grands projets exigeant des montants considérables.

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

2-2-3- Les autres services bancaires :

Les banques islamiques comme leurs homologues conventionnels fournissent


des prestations de services de différentes sortes à leurs clients.

a- Encaissements d’effet de commerce.


b- Virements.
c- Règlements par chèques.
d- Opérations de change.

Chaque opération est soumise à une commission (frais de service) connue et


acceptée par le client.

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

Deuxième partie : Etude d’un dossier de crédit islamique (Mourabaha) :

Le financement par Mourabaha est le produit phare de l’agence Al Baraka


Mostaganem, en effet il représente à peu prés 80% des financements globaux4.

Source : Moi même avec les données fournies par l’agence.

Depuis 2016 le crédit à la consommation a fait son retour en Algérie.


Réintroduit par l'article 88 de la loi de finances 2015, ce crédit est destiné
exclusivement aux produits fabriqués ou assemblés localement.

Les produits concernés sont :

L’électroménager, téléphonie, mobilier/bureautique, matériaux de construction


et enfin l’automobile.

4
Chiffres donnés par le directeur adjoint de l’agence.

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

La banque Al Baraka a su flairer l’opportunité, c’est la raison pour laquelle c’est


l’une des premières banques à avoir réintroduit le crédit à la consommation en
suivant les règles de la Charia.

Les produits les plus demandés pour le financement avec Mourabaha sont les
automobiles nous allons présenter une demande de financement par Mourabaha
pour l’acquisition d’une Renault Symbole.

1- Documents constitutifs du dossier de financement d’achat de


véhicule Renault par Mourabaha (pour salariés) :

- Demande de financement à la consommation, selon le modèle de la


banque à remplir. (Se référer aux annexes)
- Facture Pro forma du véhicule à acquérir délivrée par le fournisseur
établie au nom de la banque Al Baraka d’Algérie pour le compte du client
(Nom/Prénom), attestant l’origine nationale du véhicule.
- 02 copies de C.N.I ou P.C du demandeur.
- 02 extraits de naissance.
- 02 certificats de résidence.
- 02 fiches familiales.
- 01 acte de mariage (en cas de conjoint).
- 02 copies de la carte d’immatriculation à la sécurité sociale (Photocopie
carte CNAS).
- 02 attestations de travail (contrat CDI).
- Les trois dernières fiches de paie + 02 relevés annuels des émoluments.
- 01 relevé de compte bancaire ou CCP des six derniers mois + 01 chèque
barré.
- Calendrier de remboursement du crédit bancaire (si le client est endetté
auprès d’autres banques.
- Autres justificatifs de revenue (s’il y’a lieu).
- 02 photos d’identité.
- 02 timbres fiscaux (20 DA).

NB- Si le conjoint porte caution, son revenu sera pris en compte. Dans ce cas de
figure, il est demandé de joindre les mêmes documents (du conjoint) au dossier.

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

Conditions de l’octroi de financement :

- Revenu minimum 50 000, 00 DA mensuel.


- Etre titulaire et confirmé au poste de travail (Contrat CDI).
- Age limite 64 ans.

2- Etapes demande/octroi du crédit :

2-1- Présentation de la demande de financement par Mourabaha


au conseiller clientèle :

Le client se présente à l’agence de la banque au préalable informé du concept de


Mourabaha pour demander un financement d’automobile Renault Symbole DZ.

Muni du formulaire de demande (imprimé fourni par l’agence), d’une facture


pro forma du bien à acquérir (en l’occurrence la voiture) au nom de la banque Al
Baraka d’Algérie pour le compte du client et des documents demandés cités ci-
dessus.

2-2- Etude de la demande :

Le chargé de crédit étudie la demande du client, il examine les pièces fournies et


s’assure de la solvabilité du demandeur.

Ceci fait il re-convoque le client pour lui faire signer l’ordre d’achat qui
contient la demande d’achat de la voiture, les informations relatives au modèle
souhaité, la garantie du sérieux (considéré comme un apport initial).

Ainsi que le contrat de procuration qui confère la mission d’achat à la banque


pour le compte du client, ce document contient le numéro de la facture pro
forma (avec le montant de la facture pro forma est calculé le montant de la
mourabha).

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

2-3- Présentation de l’offre de financement au client :

Apres l’étude de la demande et l’accord pour le financement, une offre est


soumise au client pour le financement de la voiture qu’il souhaite acquérir, cette
offre contient les détails de la demande, le montant du bien, la marge
bénéficiaire, l’apport initial, la durée du crédit et la mensualité net.

Le client peut alors accepter ou refuser l’offre.

S’il accepte l’ordre d’achat pourra alors être transmis.

NB : En passant l’ordre d’achat la banque exige une attestation de disponibilité


auprès du fournisseur qui est dans ce cas le concessionnaire Renault
Mostaganem, il faut rappeler que la mourabaha est un contrat d’achat vente et
que d’après la Charia le bien doit exister lors de la transaction.

Source : Cas fourni par l’agence Al Baraka Mostaganem.

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

2-4- Dépôt de la garantie de sérieux (apport initial) et déblocage


des fonds pour le financement :

Des qu’il accepte l’offre le client est prié de verser auprès de la caisse de
l’agence ou sur son compte le montant de la garantie exigée.

NB : Le montant de la garantie ne servira pas à l’achat du bien, seul les fonds de


la banque sont utilisés pour la transaction.

Apres le dépôt de la garantie, la banque verse 10% du montant du bien au


fournisseur comme avance sur l’achat jusqu'à la livraison de la voiture.

2-5- Livraison de la voiture du fournisseur à la banque puis au


client :

Des que la voiture est prête chez le concessionnaire, la banque est convié à
verser les 90% restants.

La banque convoque à nouveau le client pour signer le contrat final de


financement par mourabaha (qui contient les 14 articles fondamentaux de la
mourabha).

La banque verse le montant restant au fournisseur.

Dés réception de la carte jaune du fournisseur, la voiture est assurée aux frais du
client.

Ceci fait le fournisseur livre la voiture à la banque (pour le cas de la banque Al


Baraka, le client est invité à récupérer son achat de chez le concessionnaire pour
vérification).

NB : La carte grise contiendra la mention ‘’en gage’’ pour la durée du


financement.

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

2-6- Paiement des mensualités (Tranches) :

Dés réception de la voiture le client doit commencer à régler ses mensualités.

La mensualité est soit prélevé directement du compte du client s’il est domicilié
à l’agence, soit par dépôt à la caisse.

Un rappel et avertissement est envoyé en cas de non-paiement de la mensualité


au client. Le paiement d’une amende peut être exigé par la banque, si non
réponse aux avertissements au bout de 3 mois.

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

3- Comparaison entre crédit islamique (contrat mourabaha) et crédit


classique :

Certains prétendent que l’opération de financement Mourabaha n’est qu’une


opération de crédit à un terme classique et qu’au delà de quelques différences de
formes sans importance, il n’y aurait aucune différence de fonds : même
méthode de calcul, même échéancier et même finalité.

Cette confusion rappelle une autre citée dans le saint Coran :

«… Cela, parce qu’ils disent :’’Rien d’autre : le commerce c’est comme


l’intérêt !’’ Alors que Dieu a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt …»
(II ; 275).

Il existe bien une différance entre la vente et l’intérêt même si elle n’est pas très
évidente pour certains. Elle est importante et comporte de nombreuses
implications.

Malgré la ressemblance apparente entre les deux modes de financements


beaucoup de points de divergences peuvent être identifiés.

Le tableau suivant commente les principaux aspects de divergence entre les


deux modes de financements :

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

Troisième partie : L’actualité des produits islamique en Algérie :

L’Algérie, à l’instar des pays dont l’économie dépend fortement des


hydrocarbures, passe par une conjoncture économique difficile qui
interpelle les pouvoirs publics pour entreprendre des réformes profondes,
notamment au niveau du secteur financier désormais appelé à bancariser
l’épargne et à adopter de nouveaux instruments pour financer la
diversification de l’économie.

Très peu d’études ont été réalisées pour mesurer l’appétence des algériens
envers les produits islamiques mais les résultats du sondage publié par l’institut
Gallup en 2013 sont assez parlants. L’étude réalisée sur plusieurs pays de la
zone MENA, dont l’Algérie, a révélé que seulement 3% des algériens utilisent
des produits financiers islamiques et que 35% en ont déjà entendu parler.

Ce qui sous-entend que 2 algériens sur 3 ne connaissent pas les produits


financiers islamiques et que seulement 1 sur 33 en consomme. Selon la même
étude, 1 algérien sur 2 (49%) accepterait de payer plus cher pour avoir des
financements islamiques plutôt que conventionnels5.

Les freins

Il faut rappeler qu’en Algérie, deux banques islamiques se partagent 3 à 4% des


parts de marché. Ce faible taux de pénétration pourrait s’expliquer par trois
facteurs :

• Absence d’un cadre réglementaire et légal adéquat

La contrainte la plus forte est certainement l’absence d’un cadre réglementaire et


légal adéquat. Cette carence freine le développement de ce marché et n’attire pas
de nouveaux entrants.

Les banques islamiques ont des spécificités, par rapports aux banques
conventionnelles, qui font que la fiscalité en vigueur ne permette pas le
développement de produits islamiques et la réglementation prudentielle pénalise
ce type d’institutions. Sans parler du problème de refinancement auquel elles
font face en l’absence de mécanismes interbancaires de refinancements
appropriés.

5
Source : Le Journal de la Finance Islamique

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

• Un problème d’image

Les diverses parties prenantes ont une mauvaise perception des banques
islamiques qu’elles accusent de déguiser les produits conventionnels en produits
islamiques.

Cette perception est entretenue par le recours abusif des banques islamiques au
benchmark de leurs produits avec les produits conventionnels et par le recours
quasi-automatique aux ressources humaines issues des banques
conventionnelles.

• Un problème de confiance

La crise de confiance, qu’a connue le secteur bancaire algérien, suite à la


disparition des banques privées à capitaux nationaux (Khalifa, BCIA, ARCO
BANK, etc.), fait qu’il y ait une certaine réticence à traiter avec tout ce qui n’est
pas étatique.

Les deux banques islamiques actives en Algérie sont des banques privées, même
si l’une d’elle a dans son capital une participation minoritaire d’une grande
banque publique.

Que faire ?

La Finance Islamique peut être un levier important pour bancariser une frange
de la population restée en marge du système bancaire, collecter l’épargne
domestique des ménages et des entreprises, financer la diversification de
l’économie, et pour lever des fonds en devises à l’international par l’émission de
Soukouk.

Sur le plan opérationnel, cette démarche, visant à mettre en place une industrie
de la Finance Islamique, nécessiterait les 5 actions suivantes :

• Engager des réformes légales et réglementaires à même de fournir les


instruments nécessaires au développement de la Finance Islamique,
notamment celles relatives aux mécanismes de fonctionnement des Sukuk
ainsi qu’aux banques islamiques ;
• Faire développer, dans une première phase, par les banques publiques des
filières islamiques en interne (Fenêtres Islamiques) pour tester le marché,

- 75 -
Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

puis leur filialisation dans une seconde phase, si la première phase est
probante ;

• Mettre en place un cadre de supervision et de régulation adéquat, tant sur


le plan financier qu’éthique, afin de mettre en place la confiance dans
cette industrie et d’en assurer la pérennité ;
• Innover de nouvelles institutions financières comme les compagnies
Takaful et Re-takaful ainsi que les sociétés de gestion de fonds et société
d’investissement ;
• Créer, au sein des organismes universitaires ou d’enseignement
professionnel, des filières et spécialités en lien avec l’industrie de Finance
Islamique.

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Troisième Chapitre Etude du Crédit Islamique en Algérie
(Etude de Cas de la Banque Al Baraka - Mostaganem)

Conclusion :

Pour conclure cette étude de cas, les produits de la finance islamique sont
présents en Algérie depuis 26 ans, comme vu au sein de l’agence d’Al Baraka le
consommateur algérien est attiré par le financement des produits de
consommation par Mourabaha et particulièrement l’automobile.

La banque Al Baraka propose plusieurs produits alléchants mais la mourabaha


domine le lot à plus de 80% des financements.

Ce dernier chapitre qui représente une étude de cas nous a donné une idée sur la
finance islamique et ses produits en Algérie et l’un des principaux acteurs de
cette finance éthique dans notre pays Al Baraka.

- 77 -
CONCLUSION GENERALE

A travers ce travail, j’ai essayé d’en savoir plus sur la finance islamique, en
énumérant ses principes et ses instruments.
Apres avoir fait le point sur les différents modes de financements
islamique, je suis arrivé à la conclusion que cette finance est en plein essor
au niveau mondial vu l’intérêt que lui portent différents acteurs
économiques.
En Algérie, les produits islamiques ont fait leur apparition depuis 1991
avec l’arriver de la banque Al Baraka.
En étudiant le crédit islamique de plus prés au sein de la banque Al Baraka
agence de Mostaganem, j’ai pu me faire une idée sur ce produit et juger de
ses avantages nombreux donc je peux répondre à ma problématique :
Oui, le crédit islamique représente une bonne alternative au crédit classique
mais il lui reste du chemin à faire avant d’arriver à cette finalité.

Résultats de la recherche :

- La finance islamique est une finance éthique est morale régit par les
préceptes de la Charia.
- La finance islamique à travers les banques islamiques propose des
produits de financements très intéressants et adéquats aux besoins
des clients.
- Le financement par Mourabaha est le produit islamique le plus
consommé au monde et en Algérie.
- La banque Al Baraka d’Algérie offre la majorité des produits
islamiques, mais elle est obliger de se conformer à la réglementation
en vigueur dans ce pays.
- Les banques islamiques (Al Baraka, Asalama et d’autres banques
privées tels qu’AGB) représentent 3 à 4 % des parts du marché
financier Algérien.
- 78 -
- Les banques islamiques peinent à s’imposer en Algérie à causes
de l’absence d’un cadre réglementaire et légal adéquat (la fiscalité
en vigueur freine le développement de ces produits).

Propositions :

• Engager des réformes légales et réglementaires à même de fournir les


instruments nécessaires au développement de la Finance Islamique,
notamment celles relatives aux mécanismes de fonctionnement des
Sukuk ainsi qu’aux banques islamiques ;
• Faire développer, dans une première phase, par les banques
publiques des filières islamiques en interne (Fenêtres Islamiques)
pour tester le marché, puis leur filialisation dans une seconde phase,
si la première phase est probante ;
• Mettre en place un cadre de supervision et de régulation adéquat, tant
sur le plan financier qu’éthique, afin de mettre en place la confiance
dans cette industrie et d’en assurer la pérennité ;
• Innover de nouvelles institutions financières comme les compagnies
Takaful et Re-takaful ainsi que les sociétés de gestion de fonds et
société d’investissement ;
• Créer, au sein des organismes universitaires ou d’enseignement
professionnel, des filières et spécialités en lien avec l’industrie de
Finance Islamique.

- 79 -
BIBLIOGRAPHIE
Livres

[Link]-GAMAL Mahmoud, « LA BANQUE ET LA FINANCE ISLAMIQUE », édition


de boeck, 2012, Belgique.

ALWI Syed & SULTAN Mohamed « LA COMPTABILITE POUR LES PRODUITS


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2009, Paris.
CHEHRITI, Kamel « LE BANKING ISLAMIC » Collection Guides-Plus, édition
Grand-Alger-Livre (G.A.L), 2007, Alger.

JOUINI Elyès et PASTRE Olivier « LA FINANCE ISLAMIQUE une solution à la


crise », édition ECONOMICA, 2009, Paris.

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LARAMEE Jean Paul « La finance islamique à la française », édition Secure


Finance/graffic-Edition Bruno Leprince, novembre 2008, Union Européenne.

LEVY Aldo, « Finance islamique », édition lextenso, 2012, Paris.

[Link] Clement & WILSON Rodney, « The Politic’s of Islamic Finance »,


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édition REVUE BANQUE, 2006, France.

Smith Herbert, « Guide de la finance islamique », 2009, paris, p 2. Herbert


Smith, « Guide de la finance islamique », 2009, paris, p 2.

Revues

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islamique est-elle aujourd’hui une chance pour l’éthique », Secure Finance,
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Gecheva Krassimira, Pastré Olivier, Revue d'économie financière, Année 2008,


Volume 92, Numéro 92, p197- p213.

- 80 -
Mémoires

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mémoire de magister en école doctorale –Economie, option : Commerce internationale
Université d’Oran, 2010 – 2011.

YABRE Moussa, « Les principes de base et les modes de financement islamiques


proposés aux PME (la BIS en exemple) », Master finance 2007-2008.

BENLAKHEL Nawel, « la gouvernance des banques islamiques », mémoire de


magister en école doctorale –Economie, option : Finance, Université d’Oran, 2013-
2014.

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d’aujourd’hui», Master : Droit, Université d’Oran, 2011/2012.

Articles

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Webographie

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- 81 -
Annexes
Annexe 01 : Documents à fournir pour une demande de financement (Mourabaha).
Annexe 02 : Formulaire de demande de financement (Mourabaha).
Annexe 03 : Ordre d’achat pour financement (Mourabaha).
Annexe 04 : Contrat de procuration pour financement (Mourabaha).
Annexe 05 : Offre de financement (Mourabaha).
Annexe 06 : Demande d’achat pour le compte du client adressée au fournisseur.
Annexe 07 : Contrat final de financement par Mourabaha Page (1/3)
Page (2/3)
Page (3/3)
Résumé

La finance islamique est une finance éthique et morale régit par les
principes de la Charia islamique. En effet elle prohibe le recours à certaines
pratiques comme l’usure, la spéculation, la thésaurisation et le financement
de produits illicites. Par contre elle recommande le recours à d’autres
pratiques comme l’adossement à un actif tangible, le partage des pertes et
profits et la zakat (l’aumône).
Les produits islamiques sont variés et bien étudiés, ils se divisent en
financements avec participation (Moucharaka et Moudharaba) et d’autres
sans participation (Mourabaha, Idjara, salma, Istisnaa).
En Algérie la finance islamique est ses produits peinent à s’imposer face
aux produits des banques classiques, en effet la part du marché détenu par
les banques islamiques n’est que de 3%.
Cette recherche va essayer de démontrer si le crédit islamique représente
une alternative au crédit classique.

Mots clés : Finance islamique, charia, islam, mourabaha, moudharaba,


moucharaka, salam, istisnaa, idjar, riba, intérêt, principe 3p, crédit.

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