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Gestion du risque de contrepartie PME Maroc

Cet article examine la prévention du risque de contrepartie pour les petites et moyennes entreprises (PME) au Maroc, qui représentent plus de 93 % des entreprises du pays et contribuent à plus de 40 % du PIB. Les banques marocaines mettent en œuvre diverses stratégies et outils de gestion des risques pour atténuer ce risque lors de l'octroi de prêts aux PME, tout en cherchant à renforcer la confiance des investisseurs. L'étude vise à identifier les facteurs de risque, évaluer les mesures préventives et proposer des améliorations pour la gestion du risque de contrepartie dans le secteur bancaire marocain.

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Gestion du risque de contrepartie PME Maroc

Cet article examine la prévention du risque de contrepartie pour les petites et moyennes entreprises (PME) au Maroc, qui représentent plus de 93 % des entreprises du pays et contribuent à plus de 40 % du PIB. Les banques marocaines mettent en œuvre diverses stratégies et outils de gestion des risques pour atténuer ce risque lors de l'octroi de prêts aux PME, tout en cherchant à renforcer la confiance des investisseurs. L'étude vise à identifier les facteurs de risque, évaluer les mesures préventives et proposer des améliorations pour la gestion du risque de contrepartie dans le secteur bancaire marocain.

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IOSR Journal of Business and Management (IOSR-JBM)

e-ISSN:2278-487X, p-ISSN: 2319-7668. Volume 26, Issue 4. Ser. 4 (April. 2024), PP 45-54
[Link]

Université Mohammed-V de Rabat


Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales – Agdal
Centre d’Etudes Doctorales en Droit et Economie (CEDOC)
Laboratoire d’Etudes et de Recherches en Sciences de Gestion (LERSG)

La prévention du risque de contrepartie des PME : Cas des


banques marocaines
Professeur Ali OUCHEKKIR
Enseignant chercheur en Economie et Finance à la Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et
Sociales de Salé –Université Mohammed V – Rabat - Maroc.
Laboratoire d’Etudes et de Recherches en Sciences de Gestion (LERSG) – FSJES – Agdal – Rabat

Pamphile MOUANDZIBI NDINGA


Doctorant
Laboratoire d’Etudes et de Recherches en Sciences de Gestion (LERSG) – FSJES – Agdal – Rabat
Résumé – Les petites et moyennes entreprises (PME) constituent une base essentielle de l'économie du Maroc,
formant plus de 93 % de l'ensemble des entreprises du pays et apportant une contribution significative au
produit intérieur brut (PIB) national, à hauteur de plus de 40 %. Toutefois, ces entreprises rencontrent souvent
des difficultés financières qui peuvent conduire à des retards de paiement ou à des faillites, augmentant ainsi le
risque de contrepartie pour les banques. Ce risque constitue l'un des principaux dangers pour les banques
marocaines lorsqu'elles octroient des prêts aux entreprises, en particulier aux PME. Afin de limiter les effets
négatifs de ce risque sur leur rentabilité, les banques marocaines ont mis en place des outils et des techniques
de gestion des risques efficaces pour prévenir les pertes potentielles et renforcer la confiance des investisseurs
et des épargnants.
Cet article se concentre sur l'examen des stratégies développées par les banques marocaines pour la maîtrise
du risque de contrepartie associé aux PME. Par le biais d'analyses de cas concrets, nous explorerons les
diverses politiques et stratégies adoptées par ces établissements financiers pour la gestion des risques de crédit
ou de contrepartie en lien avec les PME. A cet effet, la section initiale mettra en lumière les recherches
préexistantes sur le sujet, mettant ainsi en évidence les facteurs à l’origine et qui intensifient ce risque et les
diverses stratégies et techniques mises en ouvres par ces établissements pour le maîtriser. La section suivante
consistera en une analyse des informations recueillies auprès de la banque centrale, Bank Al Maghreb mais
également des banques commerciales marocaines. L'analyse de ces données aidera à identifier les procédures
les plus efficaces pour atténuer le risque de contrepartie lié aux PME et permettra de formuler quelques
suggestions, aux banques marocaines, pour peaufiner leur gestion du risque de contrepartie.
Mots clés : Prévention, Risque de contrepartie, PME, Gestion des créances, surveillances des débiteurs.
Abstract - Small and medium-sized enterprises (SMEs) constitute an essential basis of Morocco's economy,
forming more than 93% of all businesses in the country and making a significant contribution to the national
gross domestic product (GDP), amounting to more than by 40%. However, these companies often encounter
financial difficulties which can lead to payment delays or bankruptcies, thereby increasing counterparty risk for
banks. This risk constitutes one of the main dangers for Moroccan banks when granting loans to businesses,
particularly SMEs. In order to limit the negative effects of this risk on their profitability, Moroccan banks have
implemented effective risk management tools and techniques to prevent potential losses and strengthen the
confidence of investors and savers.
This article focuses on examining the strategies developed by Moroccan banks for controlling counterparty risk
associated with SMEs. Through analyzes of concrete cases, we will explore the various policies and strategies
adopted by these financial institutions for the management of credit or counterparty risks related to SMEs. To
this end, the initial section will highlight pre-existing research on the subject, thus highlighting the factors at
the origin and which intensify this risk and the various strategies and techniques implemented by these
establishments to control it. The following section will consist of an analysis of the information collected from
the central bank, Bank Al Maghreb, but also from Moroccan commercial banks. The analysis of this data will
help identify the most effective procedures for mitigating counterparty risk linked to SMEs and will make it
possible to formulate strategic recommendations to Moroccan banks to refine their counterparty risk
management.

DOI: 10.9790/487X-2604044554 [Link] 45 | Page


La prévention du Risque de contrepartie des PME : Cas des banques marocaines

Keywords: Prevention, counterparty risk, SMEs, receivables management, debtor monitoring.

Date of Submission: 28-03-2024 Date of Acceptance: 08-04-2024

I. Introduction générale
Acteurs majeurs du tissu économique, les PME font l'objet d'une attention particulière de la part des
économistes depuis plusieurs années. Pour financer leurs activités, ces entreprises privilégient les emprunts
bancaires. Pourtant, ce mode de financement est générateur d'un risque de crédit, principalement lié à la
probabilité de défaillance de l'entreprise (Modrik, 2016). Ainsi, la question de la prévention du risque de
contrepartie pour les PME au Maroc revêt un intérêt particulier. En effet, dans l'économie marocaine, non
seulement le crédit bancaire est l'épine dorsale, mais surtout les PME représentent environ 93% des entreprises
(HCP, 2019) et occupent une place de choix en raison de leur participation effective à la promotion du
développement au niveau social et de l'économie nationale, en employant plus de 74% de la population active
(Sekkouri, 2023) et en contribuant à hauteur de 40% au produit national brut (El Fergui, 2023).
En raison de leur petite taille et de leurs ressources financières limitées, les PME sont souvent perçues
comme des emprunteurs à haut risque. Cependant, le financement et le soutien de ces entreprises restent
essentiels pour stimuler la croissance économique et créer des emplois au Maroc. Il est donc fondamental de se
prémunir contre les risques associés aux PME pour assurer la stabilité du secteur bancaire, ce qui, par
répercussion, stimule les investissements dans ces entreprises. Notre étude se concentrera, par conséquent, sur
les stratégies de prévention des défaillances bancaires relatives aux PME marocaines. Dès lors, la problématique
que nous souhaitons formuler pour ce travail de recherche est celle de savoir si : Les PME représentent-elles
un risque de contrepartie pour les banques marocaines ?

Une analyse approfondie de notre problème nous a amené à poser les questions subsidiaires suivantes :
Quelles sont les principales sources de risque de contrepartie auxquelles les banques marocaines sont
confrontées lorsqu'elles accordent des prêts aux PME ?
Comment les banques marocaines peuvent-elles évaluer la solvabilité des PME avant et après leur
avoir accordé des prêts afin de minimiser le risque de contrepartie ?
Quels sont les outils et techniques utilisés par les banques marocaines pour mesurer et gérer le risque
de contrepartie associé aux PME ?
Comment les banques marocaines peuvent-elles encourager les PME à adopter des pratiques de gestion
des risques plus rigoureuses afin de réduire le risque de défaillance ?
Quel est le rôle de la réglementation et de la supervision dans le renforcement du système de
prévention du risque de contrepartie des PME auprès du secteur bancaire marocain ?
Toutes ces questions trouveront des éléments de réponse dans le cadre de notre travail, à travers les
hypothèses suivantes :

Hypothèse 1 : Les facteurs économiques, financiers, organisationnels et stratégiques ont des


répercussions sur le risque de contrepartie des PME marocaines.
Les facteurs économiques, financiers, organisationnels et stratégiques ont un impact significatif sur la
réalisation du risque de crédit des PME marocaines. Ces facteurs tiennent, par exemple, à la morosité de la
conjoncture économique, qui peut altérer la situation économique et financière des PME, caractérisées pour la
plupart par une faiblesse de l'actif immobilisé, la prédominance de l'actif circulant et une sous-capitalisation
générale, quel que soit le secteur d'activité, par rapport aux grandes entreprises. Ainsi, en cas de perturbations
économiques, les PME marocaines ne disposent pas suffisamment des ressources financières nécessaires pour
faire face à leur engagement, notamment à l'égard des banques. De plus, les PME marocaines ayant un système
de gestion déficient et une fragilité en termes de compétitivité, ont plus de difficultés à compenser la baisse des
marges sur les marchés.

Hypothèse 2 : Les banques marocaines évaluent la solvabilité des PME avant et après leur avoir
accordé des prêts afin de minimiser le risque de contrepartie.
L'évaluation du risque de crédit d'une entreprise vise à mesurer, de manière plus ou moins formelle,
quantitative et/ou qualitative, la probabilité qu'elle rencontre des difficultés financières et ne soit pas en mesure
d'honorer ses engagements, c'est-à-dire la probabilité que son éventuelle défaillance financière génère un
incident de crédit. (Kharoubi et Thomas, 2016). Si les méthodes qualitatives permettent d'obtenir un score qui
traduit la qualité globale du crédit d'un emprunteur, les méthodes quantitatives permettent quant à elles de
détecter les risques et d'identifier les caractéristiques qui permettent de différencier les bons emprunteurs des
mauvais.

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La prévention du Risque de contrepartie des PME : Cas des banques marocaines

Hypothèse 3 : Les banques marocaines utilisent une combinaison d'outils et de techniques pour
mesurer et gérer le risque de contrepartie associé aux PME.
Les banques marocaines utilisent plusieurs outils et techniques pour mesurer et gérer le risque de
contrepartie associé aux PME, parmi lesquels l'analyse de la qualité du crédit, le scoring de crédit, la
surveillance continue, les modèles de risque et la collatéralisation. Ces techniques permettent de maintenir un
portefeuille de crédit sain et de minimiser les pertes liées aux défauts de paiement. Cela leur permet de
maintenir un portefeuille de crédit sain et de minimiser les pertes associées aux défauts de paiement.

Hypothèse 4 : Les banques marocaines ont un rôle clé à jouer pour encourager les PME à
adopter des pratiques de gestion des risques plus rigoureuses.
Les banques marocaines peuvent prendre plusieurs mesures pour encourager les PME à adopter des
pratiques de gestion des risques plus rigoureuses. Elles peuvent par exemple organiser des ateliers et des
séminaires pour sensibiliser les PME aux avantages de la gestion des risques, notamment en termes
d'amélioration de la rentabilité, de réduction des coûts et de consolidation de la position de l'entreprise sur le
marché. En vue d’aider les PME à comprendre les différents types de risques auxquels elles sont exposées et à
apprendre comment mettre en place des politiques et des procédures pour les gérer efficacement, les banques
marocaines peuvent proposer des formations spécifiques aux les dirigeants des PME ainsi qu’à leurs
collaborateurs. D’autres stratégies telle que le renforcement de la relation banques/PME et la fourniture de
produits adaptés à la structure des PME marocaines permettra de réduire leur risque de défaillance et à renforcer
leur position sur le marché.

Hypothèse 5 : La réglementation et la supervision jouent un rôle crucial dans le renforcement du


système de prévision du risque de contrepartie des PME dans le secteur bancaire marocain.
La réglementation et la supervision sont essentielles pour renforcer le système de prévision du risque
de contrepartie des PME dans le secteur bancaire marocain en établissant des normes et des règles claires, en
surveillant les activités des banques et en encourageant l'utilisation de pratiques de gestion des risques avancées.

L'objectif de cet article est de comprendre comment les banques marocaines gèrent le risque de
contrepartie lorsqu'elles accordent des prêts aux PME. Plus précisément, l'étude vise à :
Identifier les facteurs qui contribuent au risque de contrepartie des PME pour les banques marocaines.
Examiner les mesures préventives mises en place par les banques marocaines pour minimiser le risque
de contrepartie lorsqu'elles accordent des prêts aux PME.
Évaluer l'efficacité de ces mesures préventives et proposer des pistes d’amélioration.
Contribuer à l’enrichissement de la littérature sur la gestion des risques de crédit des PME par les
banques, en particulier dans le contexte marocain en perpétuelles mutations et dont les PME
constituent l’essentiel du tissu industriel.
Pour ce faire, nous tenterons d'apporter notre contribution en essayant de répondre aux questions de
notre problématique et de confirmer les hypothèses de notre étude.

II. Revue de littérature


Dans cette partie nous dressons un portrait de la littérature existante en sciences économiques et
gestion, en adéquation avec notre problématique. Cela permettra d'abord de mettre en lumière les complexités
liées à la définition du risque de contrepartie et de préciser son domaine d'application en fonction des buts fixés
pour cette recherche. Ensuite, nous chercherons à appréhender les différents facteurs déterminants du risque de
contrepartie des PME marocaines.

1. Définition du risque de contrepartie et de ses composantes


En collectant des dépôts et en accordant des prêts, les banques contribuent à la croissance économique.
Cependant, cette activité d’intermédiation financière, n’est exempte de risques. Ces derniers, se sont de plus
accrus en raison notamment de la mondialisation et de la globalisation. Le risque de contrepartie ou de crédit est
à la base de cette intermédiation financière.
On entend par risque de contrepartie ou de crédit, le risque qu’une contrepartie ne soit pas en mesure
d’honorer ses engagements à l’égard de l’établissement de crédit (BAM, 2007). Autrement dit, il s'agit du risque
qu'une contrepartie ne respecte pas ses engagements en matière de remboursement de dette (Baesens et Gestel,
2009). Intrinsèque à l'activité bancaire, ce risque se manifeste lorsque la banque court le risque de ne pas être
remboursée par l'emprunteur au terme du prêt (Karyotis, 2015). Cela peut se produire lorsque la situation
économique globale pèse sur les emprunteurs, parfois du fait d'un « risque pays » ; cas où l'insolvabilité est due
à la localisation géographique d'un emprunteur. Celui-ci, comprend un risque politique (souverain) et un risque
économique (situation monétaire empêchant le transfert des fonds). Ensuite, le risque professionnel qui est lié

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La prévention du Risque de contrepartie des PME : Cas des banques marocaines

aux difficultés du secteur économique auquel appartient le débiteur. Enfin, c’est le risque propre (Dongmo,
2019) à l'emprunteur en fonction de sa situation économique et financière spécifique (Kharoubi et Thomas,
2016).
Le risque de contrepartie est donc le risque de perte résultant du manquement de la contrepartie à ses
obligations contractuelles, peut-être parce qu'elle a fait défaut (Murphy, 2008). Dans ce cadre, le risque de crédit
est purement externe et lié à l'insolvabilité de l'emprunteur. Le risque de contrepartie peut également découler
de la manière avec laquelle la banque organise la fonction de distribution du crédit. Il peut donc être inhérent à :
La politique de crédit : objectifs, taux d'intérêts, délégations de pouvoir dans la prise de décision lors
d'un comité de crédit ;
Les procédures de traitement des dossiers de crédit : l'étude de la demande de crédit, le suivi du
dossier de crédit, le contrôle interne du risque de contrepartie.

Le système de gestion, contrôle et suivi du risque de contrepartie doit garantir que les risques encourus
par la banque en raison de la non-performance de ses clients sont précisément évalués et constamment
surveillés. Dans ce cadre, l'appréciation du risque de contrepartie prend en compte divers éléments, tels que le
domaine d'activité du solliciteur de prêt, sa santé financière, la solidité patrimoniale des actionnaires ou
partenaires majeurs, sa capacité de remboursement, et le cas échéant, les garanties offertes. Cela comprend
également toute donnée supplémentaire contribuant à une compréhension approfondie du risque, comme la
compétence des dirigeants et le milieu économique dans lequel le solliciteur de prêt opère (BAM, 2007). Une
gestion efficace du risque de crédit cherche ainsi à éviter de s'engager excessivement avec des contreparties
présentant un risque élevé. Généralement, le risque de contrepartie est caractérisé par trois composantes
principales : le risque de défaut, la perte en cas de défaut et l’exposition au défaut.

1.1. Le risque de défaut (Probability of Default : PD)


Le risque de défaut, également appelé probabilité de défaut (PD) correspond à la probabilité que le
débiteur ne respecte pas les termes convenus, que ce soit par un défaut de paiement ou par un retard dans le
respect des échéances prévues (Kharoubi et Thomas, 2016). Il s’agit d’un risque de pertes consécutives au
défaut d’un emprunteur sur un engagement de remboursement de dettes contractées auprès d’un établissement
bancaire. Ce risque survient lorsqu'un emprunteur ne respecte pas les conditions de remboursement convenues,
entraînant un défaut de paiement du capital et/ou des intérêts dus (Ooreka, 2021). Le défaut est établi sur la base
de l'un de ces trois critères principaux (Desmicht, 2007) :
L’existence de doutes sur la capacité de l’emprunteur à rembourser ses engagements ;
La constitution de provisions spécifiques, abandons de créances, restructurations ;
L’existence d’impayés constatés.
Ainsi, la probabilité qu'un événement de défaut se produise a des valeurs comprises entre 0 et 1, et un
événement de défaut est un retard de paiement d'au moins 3 mois (Baesens et Gestel, 2009).

1.2. La perte en cas de défaut (Loss Given Default : LGD)


Le risque de perte détermine la perte comme une fraction de l’exposition en cas de défaut, lui-même lié
à la situation du débiteur, à la législation et l'existence de garanties potentielles bénéficiant au prêteur financier
(Kharoubi et Thomas, 2016). Dans la terminologie Bâle II, ce paramètre est connu sous le nom de perte en cas
de défaut (LGD). En cas d'absence de perte, la LGD est égale à zéro. Quand on perd le montant total de
l'exposition, la LGD est égale à 100 %. Une LGD négative indique un profit (Baesens et Gestel, 2009).

1.3. L’exposition au défaut (Exposure At Default : EAD)


L’EAD est la valeur totale à laquelle une banque est exposée en cas de défaut de paiement d’un prêt
(Kharoubi et Thomas, 2016). Cela revient à évaluer le montant potentiel que la banque risque de perdre dans
l'éventualité où l'emprunteur ne parviendrait pas à honorer ses engagements financiers selon les conditions
préétablies du crédit. En somme, la perte attendue d'un prêt est le résultat d'une estimation basée sur des
probabilités et des montants de pertes attendues (Expected Loss, EL) égale à : EL = EAD x PD x LGD.

La perte attendue sur un crédit est une variable aléatoire qui, en conjonction avec l'incertitude sur la
période de défaut, constitue le risque de crédit. Un défaut de paiement se définit généralement comme un
événement objectif et quantifiable par le créancier financier : le non-respect d'un engagement de crédit,
l'emprunteur étant dans l'incapacité de régler une échéance de sa dette financière. Cependant, le défaut peut
également se référer à des situations plus larges telles que la violation d'un covenant, la restructuration de la
dette ou encore une baisse significative de la note de crédit d'une entreprise. Dans le sens strict, un défaut de
paiement est un événement confidentiel uniquement connu des débiteurs et des créanciers concernés (Kharoubi
et Thomas, 2016).

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2. Le risque de contrepartie des PME : Facteurs endogènes et exogènes


La défaillance des entreprises est sans aucun doute l'une des questions les plus importantes soulevées
dans le domaine des sciences économiques ces dernières années. Si l'accent a été mis sur la nécessité de
sauvegarder ces entreprises en tant qu'entité importante et génératrice d'emplois, le contexte international actuel
de la création et du développement des entreprises et des PME en particuliers, est conditionné par un certain
nombre de facteurs, plus ou moins spécifiques, liés à leur environnement de l’entreprise. Compte tenu de
l'ampleur et des conséquences désastreuses de la défaillance de ces entreprises, l'évaluation du risque de
contrepartie constitue un défi majeur pour les banques.
Cependant, la défaillance d'entreprise n'est pas un concept facile à définir, car il touche plusieurs
disciplines. En effet, la défaillance est une situation dans laquelle une procédure de redressement est engagée à
l’encontre d’une entreprise (Blazy et Combier, 1997). Il s’agit d’une situation dans laquelle les flux de trésorerie
générés par les entreprises ne leurs permettent pas de faire face à leurs engagements envers leurs partenaires
financiers et non financiers. Ainsi, la défaillance survient lorsque l'activité de l'entreprise est discontinue, ne
générant pas une rentabilité suffisante ou lorsque l'entreprise fait l'objet d'une procédure judiciaire
d'insolvabilité (Sharabany, 2004). La défaillance des entreprises, et plus particulièrement des PME, n'est donc
pas un événement spontané, mais le résultat d'un déséquilibre entre des facteurs internes, tels qu'une baisse des
performances financières ou une mauvaise gestion, et des facteurs externes liés à la mauvaise conjoncture
économique, qui contribuent à la vulnérabilité de l'entreprise.

Après, la crise des années 30, et surtout avec les travaux de Fitzpatrick (1932), la problématique de la
défaillance est devenue un champ d’investigation très important. De nombreux travaux effectués dans les
années 60 dans le domaine, plus particulièrement ceux de Beaver (1966, 1968) et Altman (1968), se sont
inscrits dans une perspective de prévision de la défaillance par l’utilisation de techniques issues de l’analyse des
données dans différentes disciplines, notamment les sciences, économiques, financières, stratégiques,
organisationnelles et managériales (Jabeur, 2011). Dans ce paragraphe, nous nous intéresserons au risque de
contrepartie des PME tel qu'il doit être examiné, résultant de facteurs internes et externes à l'entreprise, bien que
le cadre statistique, national et international, ne soit pas en mesure de fournir une bonne visibilité sur le
comportement des PME.

2.1. Les déterminants endogènes à l'origine du risque de la contrepartie des entreprises


Les facteurs endogènes à l’origine du risque de contrepartie des PME marocaines sont divers et se
situent presque au niveau de toutes les fonctions. En effet, ces entreprises présentent des spécificités qui sont
souvent à la source de réelles contraintes financières (OMTPME, 2018) et les solutions apportées par le système
financier laissent subsister pour elles ce que l’on appelle un déficit de financement (Udell, 2013). Ces facteurs
sont directement liés à l'évolution des situations économiques nationales mais aussi aux spécificités et
caractéristiques des entreprises et des PME en particuliers. Il s'agit entre autres de la fragilité de la structure
financière (Colasse et Oxibar, 2021; Dietsch et Mahieux, 2014; Facon, 2019), managériale, stratégique et
organisationnelle des entreprises (Altman, 1983; Altman et al., 2008; Baldwin et al., 1997; Crutzen et Van
Caillie, 2007; Hall, 1994; Ooghe et Waeyaert, 2004). Afin de fournir une vision structurée des déterminants
endogènes influençant le risque de contrepartie des entreprises, le tableau ci-dessous catégorise et liste les
facteurs clés associés à chaque domaine.

Tableau 1 : Facteurs endogènes influant sur le risque de contrepartie des entreprises


Déterminants Facteurs clés
Finance d'entreprise Solvabilité, liquidité, endettement, rentabilité
Gouvernance d'entreprise Structure de propriété, conseil d'administration, prise de décision
Positionnement sur le marché, diversification des activités, planification
Stratégie d'entreprise
stratégique
Ressources humaines Compétence des employés, turnover, formation continue
Source : Construit par nous-mêmes.

Ce tableau met en évidence le caractère multidimensionnel du risque de contrepartie et l'importance de


prendre en considération plusieurs facteurs endogènes lors de l'évaluation du risque de contrepartie d’une
entreprise.

2.2. Les déterminants exogènes à l'origine du risque de contrepartie des entreprises


Un aspect fondamental de la planification stratégique en entreprise consiste à étudier le contexte dans
lequel l'entreprise opère. La démarche stratégique de l'entreprise est, en effet, orientée, contrainte ou facilitée
par les multiples déterminants de l'environnement. On peut envisager la question de l'environnement sous un
angle restreint. Dans ce cas, l'entreprise est amenée à analyser son marché, ses clients et ses concurrents.

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La prévention du Risque de contrepartie des PME : Cas des banques marocaines

Cependant, une perspective plus large peut également être adoptée, intégrant des éléments économiques,
juridiques, sociologiques, politiques, démographiques et technologiques. Le défi est d'évaluer tous ces différents
éléments et de mesurer leur impact sur la gestion et les performances de l'entreprise (Leroy, 2012). Ainsi, parmi
les facteurs externes à l'origine du risque de contrepartie pour les entreprises, on distingue les facteurs résultant
du macro-environnement ou l’environnement général et ceux liés au microenvironnement ou l’environnement
concurrentiel de l'entreprise.

2.2.1. Les facteurs résultant du macro-environnement de l’entreprise


Les entreprises font partie intégrante de leur environnement et sont contraintes par celui-ci. Le macro-
environnement, englobant les éléments extérieurs sur lesquels l'entreprise ne peut exercer de contrôle, est
susceptible d'influencer positivement ou négativement son activité. Selon Leroy (2012) ; Melbouci (2008) ;
Ooghe et Waeyaert (2004), les facteurs démographiques, économiques, sociologiques et technologiques peuvent
tous affecté les stratégies d'une entreprise. Il est donc important pour une entreprise d'identifier ces facteurs afin
de pouvoir anticiper les menaces potentielles et ajuster sa stratégie en conséquence.

2.2.2. Les facteurs micro-environnementaux de l’entreprise


Le microenvironnement, aussi connu sous le nom d'environnement direct ou de proximité, représente
l'environnement immédiat d'une entreprise. Cette dernière détient la capacité d'influencer son
microenvironnement, grâce à son pouvoir d'action sur les différents acteurs le constituant (Van der Feer, 2023).
L'examen des éléments constituant cet environnement facilite l'établissement d'un diagnostic des forces en jeu.
Cela permet également d'apprécier les opportunités et les risques pour l'entreprise, ainsi que d'identifier les
aspects négociables à son avantage. En se basant sur le modèle des cinq forces de M. Porter, le
microenvironnement comprend cinq facteurs qui influencent directement les performances de l'entreprise mais
sur lesquels l'entreprise peut agir à savoir : L'intensité concurrentielle, la capacité de négociation des clients et
des fournisseurs, ainsi que les risques posés par l'arrivée de nouveaux acteurs sur le marché et par les produits
substituables (Facon, 2021 ; Lemaitre, 2015).

Figure N°1 : Le modèle des 5 forces de Porter

Source : Lemaitre, 2015

3. Revue de littérature sur la prévention du risque de contrepartie des PME dans le contexte
bancaire marocain
Il existe plusieurs études antérieures qui se sont intéressées à la gestion et à la prévention du risque de
contrepartie des PME dans les banques marocaines. Dans son étude menée sur un échantillon de 34 TPE/PME
marocaines, dont la moitié était en activité et l'autre en redressement judiciaire, à l'aide de données comptables
et d'outils statistiques, Hassainate (2016) a montré que la liquidité et la rentabilité commerciale sont des facteurs
importants pour prédire la défaillance de ces entreprises. Ces travaux mettent en évidence non seulement les
limites de l'analyse comptable et l'importance de la prise en compte de données qualitatives pour une analyse
plus complète du risque de défaillance, mais également mettent en exergue le manque de données qualitatives
disponibles pour construire un modèle de risque de défaillance sur cette base. Les résultats de cette étude
indiquent que l'absence de culture de gestion d'entreprise chez les dirigeants de TPE/PME est une cause
importante de défaillance de ces entreprises.

DOI: 10.9790/487X-2604044554 [Link] 50 | Page


La prévention du Risque de contrepartie des PME : Cas des banques marocaines

Pour leur part, Khaoula et Chouikhi (2017), ont exploré les stratégies préventives adoptées par les
banques marocaines pour atténuer le risque de crédit des PME. Ils ont constaté que ces banques appliquent une
variété de techniques pour évaluer le risque de crédit, y compris l'analyse financière et l'établissement de
garanties, visant ainsi à minimiser les risques liés aux prêts octroyés aux PME.
De même, en 2017 sur un échantillon de 112 PME marocaines, Chemlal et al.,(2017), ont démontré
que ces entreprises sont confrontées à de nombreux risques, tant internes qu'externes à leur structure, et que le
système de gestion des risques n'est souvent pas appliqué de manière complète et structurée. Pour une gestion
efficace des risques, ils recommandent de créer une fonction centrale de gestion des risques, directement
rattachée à la direction générale, et de mettre en place un comité de pilotage pour suivre la mise en œuvre de
cette fonction et la réalisation des objectifs. En outre, ils soulignent l’importance d'intégrer la gestion des
risques dans les processus de gestion stratégique et opérationnelle existants, afin qu'elle fasse partie intégrante
de la prise de décision et de la planification des activités. Selon ces auteurs, la gestion des risques ne consiste
pas à éliminer les risques, mais à mieux les contrôler au profit de l'organisation, et devrait faire partie intégrante
de la culture organisationnelle des PME marocaines.
Amine et Somoue (2018) ont quant à eux analysé plusieurs mécanismes tels que l'analyse
discriminante et le credit scoring, le rating au sens des agences de notation, l'estimation du taux marginal de
mortalité, la méthode RAROC et ses dérivés, la méthode des neurones, ainsi que les techniques de contrôle a
posteriori des engagements utilisés par l’établissement bancaire « Crédit du Maroc » pour prévenir la
défaillance des PME et agir en conséquence pour éviter les défaillances. Ces auteurs, estiment que ces
techniques d'analyse préventive du risque de contrepartie permettent d'assurer la solidité financière de la banque
tout en aidant les PME marocaines à se développer de manière soutenue.
A cet effet, Lotfi et Kouhlani (2018) ont souligné l'importance de la prévention du risque de crédit dans
les banques marocaines, en particulier pour les PME. Pour ces auteurs, le banquier doit anticiper les difficultés
de remboursement de son client et mettre en place les meilleures méthodes d'évaluation pour minimiser le
risque encouru. Des techniques et des méthodes spécifiques de calcul de la probabilité de défaillance sont donc
nécessaires pour classer les clients en bons ou mauvais risques.
Enfin, Bal et al., (2021) ayant évalué l'impact de la réglementation prudentielle sur l'octroi de crédit et
le rôle de la coordination intra-organisationnelle dans le contrôle du risque de contrepartie, concluent que la
réglementation du secteur bancaire peut être une arme à double tranchant. D'une part, les règles prudentielles
ont certainement renforcé la sécurité financière des banques, et d'autre part, elles ont eu un impact négatif sur la
distribution du crédit aux entreprises, un impact qui s'est implicitement traduit par de mauvaises retombées sur
la croissance économique de certains pays. Grâce à leurs études, ils ont également montré que la définition plus
restrictive des fonds propres donnée par les règles de Bâle et le durcissement des normes relatives au rapport
entre les fonds propres réglementaires et le risque peuvent effectivement exclure certaines entreprises,
notamment les PME des prêts bancaires afin d'éviter une crise.
Ces études montrent que le risque de contrepartie des PME est une préoccupation majeure pour les
banques marocaines, et que des mesures préventives peuvent être mises en place pour minimiser ce risque. En
effet, la responsabilité de ces institutions s'étend au-delà des simples allocations des prêts. Leur gouvernance,
englobant la gestion interne, les stratégies spécifiques dans ces domaines, les compétences des ressources
humaines ainsi que les techniques et méthodes d'évaluation des risques adoptées, impactent directement ce
risque. De même, une coordination et une communication insuffisantes avec les entités représentant les PME
peuvent exacerber le risque de contrepartie. Ce constat, met en évidence la nécessité d'une approche plus
intégrée et transparente de la part de ces établissements financiers. En mettant en œuvre ces actions, les banques
marocaines peuvent rendre le secteur financier à la fois plus robuste et inclusif, et en même temps plus
compétitif. Ce qui est essentiel pour mieux répondre aux besoins des PME et offrir à ces entreprises davantage
d’opportunités de financement.

III. Méthodologie de recherche


La principale source de données financières de notre étude est la base de données de Bank Al-Maghrib,
en tant que régulateur du système financier marocain. Afin d'apporter de nouveaux éléments pouvant compléter
notre étude, nous avons procédé à une analyse des rapports annuels, et autres documents d'informations
financières et de gestion des banques marocaines.

1. Analyse et discussion des résultats


Le secteur bancaire est au cœur de la croissance économique des nations et, au Maroc, cela ne fait pas
exception. Cependant, malgré leur contribution à la stabilité et au dynamisme économique, les PME se heurtent
encore à d'importants défis pour accéder aux financements nécessaires. Or selon Berger et Udell (1998), la
principale préoccupation des banques est justement le risque de contrepartie associé à ces PME, qui peut être
influencé par plusieurs facteurs, qu'ils soient endogènes ou exogènes. Le risque de contrepartie représente le

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risque qu’une contrepartie ne soit pas en mesure d’honorer ses engagements à l’égard de l’établissement de
crédit (BAM, 2007). Il s’agit du risque de perte résultant du manquement de la contrepartie à ses obligations
contractuelles, peut-être parce qu'elle a fait défaut (Murphy, 2008). Pour les banques marocaines, la question de
l'évaluation et de la gestion de ce risque vis-à-vis des PME est d'autant plus pertinente que ces entreprises jouent
un rôle moteur dans l'économie nationale. Dans cette section, nous entreprenons une analyse approfondie des
données relatives au risque de contrepartie des PME dans le contexte des banques marocaines. L'objectif
principal de notre étude est d'analyser la nature et l'étendue de ce risque, tout en étudiant les différentes mesures
préventives et stratégies mises en œuvre par les banques marocaines pour en réduire l'impact.

1.1. La gestion proactive du risque de contrepartie des PME par les banques marocaines
Au Maroc, les PME sont essentielles à la dynamique économique. Pourtant, leur interaction avec les
banques est complexe, principalement en raison des préoccupations liées au risque de contrepartie. Dans cette
partie nous nous penchons sur la manière dont les banques marocaines gèrent ce risque spécifique aux PME.

1.1.1. Évaluation du risque de contrepartie des PME


Selon les données recueillies auprès des banques marocaines, celles-ci utilisent une approche combinée
comprenant des modèles quantitatifs basés sur les données financières des entreprises, en particulier des PME,
et une évaluation qualitative basée sur leur positionnement sur le marché, leur réputation et d'autres facteurs non
financiers tels que les caractéristiques de l'emprunteur, l'analyse du secteur, l'analyse de l'environnement de
l'entreprise, l'analyse de la gestion, l'analyse du plan d'affaires ainsi que les garanties requises.

1.1.2. Mesures préventives contre le risque de contrepartie des PME


A la lecture, des rapports financiers et de gestions annuelles des banques marocaines, ces banques ont
mis en place des systèmes de contrôle interne rigoureux qui évaluent régulièrement la solvabilité des
emprunteurs, notamment des PME. Ces mécanismes de prévention sont généralement axés sur la surveillance
continue et les efforts de communication pour construire et maintenir des relations de prêt solides et gérer de
manière proactive le risque de contrepartie.

1.1.3. Expérience dans la gestion du risque de contrepartie des PME


En termes de volume et de croissance de l'encours des créances en souffrance au Maroc, le portefeuille
de celle-ci s'est ralenti mais reste en hausse de 4%, contre 6,7% un an plus tôt, pour s'établir à 88,8 milliards de
dirhams contre 85,1 milliards de dirhams en 2021, pour une couverture moyenne de 68%. Il en résulte un taux
de sinistralité des banques de 8,4%, marquant une baisse de 0,2 point après une hausse de 0,3 point enregistrée
en 2021 (BAM, 2022). Ce ralentissement est tiré principalement par les PME, suite à la dissipation des effets de
la crise pandémique de 2019. Ceci indique que les banques marocaines dans leur ensemble ont fait face à des
situations où les PME ont rencontré des difficultés financières inattendues. Cependant, ces banques ont dû
travailler en étroite collaboration avec les PME pour restructurer leur dette ou élaborer des plans de paiement
flexibles, en mettant l'accent sur la préservation des relations à long terme.

1.1.4. La conformité à la réglementation bancaire


La réglementation bancaire marocaine impose aux banques marocaines de maintenir des réserves de
fonds propres en adéquation avec les risques liés à leurs portefeuilles de crédits. À cet effet, ces institutions, via
les fonctions de crédit, veillent à respecter et à rester toujours en conformité avec ces exigences, tout en veillant
à répondre aux besoins de financement des PME.

1.1.5. Les outils et technologies utilisées


Les banques marocaines utilisent des systèmes intégrés de gestion des risques qui combinent des
données internes et externes pour évaluer le risque de contrepartie. À cet effet, elles consultent régulièrement les
systèmes d'information sur le crédit du Bureau Central des Incidents de Paiement (BCIP), afin de connaître
l'historique de crédit des emprunteurs potentiels. Ces banques investissent non seulement dans l'acquisition de
logiciels spécifiques, comme le système de gestion du risque de crédit (GRS), qui permet à certaines banques
qui en disposent de suivre, d'analyser et de gérer le risque de crédit sur l'ensemble de leur portefeuille, mais
aussi dans la formation continue de leur personnel afin de le maintenir en phase avec les technologies et les
méthodologies les plus récentes.

1.1.6. Les perspectives futures


Compte tenu des prévisions économiques, avec une augmentation du PIB en 2024 de 0,3 point à 3,6 %
contre 3,3 % en 2023, et des tendances du marché marocain (HCP, 2023), nous prévoyons une augmentation de
la demande de financement de la part des PME. A cet effet, nous suggérons aux banques d'envisager d'ajuster

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leurs critères d'évaluation des risques pour tenir compte de ces changements, tout en maintenant un équilibre
entre la croissance et la gestion des risques.

1.2. Limites, difficultés et perspectives des banques marocaines dans la prévention du risque de
contrepartie des PME
Cette partie, examine les limites et les difficultés rencontrées par les banques marocaines dans la
prévention du risque de contrepartie, tout en envisageant les perspectives de recherches futures.

1.2.1. Limites et difficultés


Les banques marocaines, tout en cherchant à soutenir la croissance et le dynamisme des PME, se
heurtent à un certain nombre d'obstacles complexes lorsqu'elles tentent de prévenir le risque de contrepartie.
L'une des principales difficultés réside tout d'abord dans l'accès limité à des informations exhaustives et fiables
sur ces entreprises. En effet, contrairement aux grandes entreprises qui disposent d'une comptabilité bien
structurée, les PME pêchent souvent par leur manque de transparence, ce qui rend l'évaluation des risques plus
délicate. Cette difficulté est encore plus aiguë pour les jeunes entreprises ou les start-ups qui, sans historique de
crédit clairement établi, représentent une véritable perplexité pour les analystes financiers. En outre, la
spécificité intrinsèque des PME avec leurs flux de trésorerie irréguliers et généralement l'absence d'actifs
tangibles en guise de garantie, rajoute une couche supplémentaire d'incertitude. Par ailleurs, le dynamisme et
l'imprévisibilité des marchés sur lesquels ces PME évoluent influencent également leur capacité de
remboursement. Malgré les avancées du Maroc dans la mise en place d'un cadre réglementaire rigoureux et
cohérent, des insuffisances persistent, rendant la prise de décision encore plus délicate pour les banques. Enfin,
dans un paysage bancaire concurrentiel, la pression exercée pour accroître la clientèle peut parfois conduire à
des décisions de financement moins exigeantes, augmentant ainsi l'exposition au risque.

1.2.2. Les perspectives de recherche futures


L'étude sur la prévention du risque de contrepartie des PME, qui se concentre spécifiquement sur les
banques marocaines, bien qu'approfondie, présente certaines limites intrinsèques. Tout d'abord, le contexte
économique, réglementaire et culturel du Maroc peut rendre les résultats moins généralisables à d'autres
marchés émergents ou développés. Les données utilisées pour cette étude peuvent ne pas être exhaustives, étant
donné la nature souvent opaque des PME et l'accès limité à des informations financières complètes. En outre,
l'évolution rapide des technologies et des règles financières pourrait rendre certaines de nos conclusions
rapidement obsolètes.
Quant aux perspectives de recherche futures, il serait pertinent pour nous d'explorer l'impact des
innovations technologiques, telles que l'intelligence artificielle et la blockchain, sur la gestion du risque de
contrepartie. Une comparaison interculturelle, juxtaposant le cas marocain à d'autres pays d'Afrique
subsaharienne ou du Moyen-Orient, pourrait apporter un éclairage intéressant sur les meilleures pratiques
régionales. En outre, l'analyse des stratégies adoptées par les PME, elles-mêmes, pour améliorer leur éligibilité
au financement bancaire pourrait fournir une vision bilatérale de cette question. Enfin, l'intégration de données
qualitatives, par le biais d'entretiens ou d'études de cas, permettrait d'approfondir notre compréhension des
nuances et des complexités de la relation entre les banques et les PME au Maroc.

2. Les implications pour les banques marocaines et recommandations pour l'avenir


Dans cette sous-section, nous explorerons les implications majeures pour les banques marocaines et
formulerons des recommandations pour naviguer avec succès dans ce paysage.

2.1. Les implications


La gestion efficace du risque de contrepartie des PME est essentielle à la bonne santé financière et à la
crédibilité des banques marocaines. En effet, si cette question n'est pas prise en compte, des défaillances
massives peuvent survenir, affectant ainsi la liquidité et la solvabilité des banques. Qui plus est, une gestion
inefficace de ce risque peut compromettre le rôle primordial des banques dans le financement des PME, qui sont
le fer de lance de la croissance économique et de l'emploi au Maroc. Le fait de ne pas pouvoir satisfaire
convenablement les besoins des PME peut aussi entraîner des pertes de relations d'affaires précieuses et une
dégradation de la confiance des marchés.

2.2. Recommandations et suggestions


Pour mieux gérer le risque de contrepartie des PME, nous estimons que les banques marocaines
doivent adopter les mesures suivantes :

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La formation continue : Il est essentiel que les banques investissent dans la formation continue de
leur personnel, en mettant l'accent sur les meilleures pratiques en matière de gestion du risque de
contrepartie, sur les innovations technologiques et sur l'évolution constante de la réglementation.
Technologie et innovation : Adopter des outils technologiques avancés, tels que les solutions basées
sur l'intelligence artificielle, pour améliorer l'évaluation du risque. Ces outils peuvent aider à détecter
les signaux d'alarme précoces et à prendre des décisions plus éclairées.
Collaboration avec les PME : Établir des canaux de communication ouverts avec les PME, pour
mieux comprendre leurs besoins, leurs défis et leurs perspectives. Cela peut également aider à éduquer
les PME sur les meilleures pratiques financières.
Diversification : Il est prudent pour les banques de diversifier leur portefeuille crédits pour réduire les
expositions au risque sectoriel ou régional.
Revues réglementaires : Travailler en étroite collaboration avec les organismes régulateurs pour
s'assurer que les cadres réglementaires sont à jour et adaptés à la réalité changeante du risque de
contrepartie des PME.
Évaluations régulières : Conduire des audits et des évaluations internes réguliers pour mesurer
l'efficacité des stratégies de gestion du risque en place.

IV. Conclusion générale


Le monde bancaire est en constante évolution, et le rôle fondamental que tiennent les banques dans le
financement des PME met en évidence la nécessité absolue de gérer plus efficacement le risque de contrepartie.
Soucieuses de concilier soutien aux entreprises et prudence financière, les banques marocaines se trouvent à un
carrefour stratégique. Cette étude a mis en évidence les nombreux défis auxquels elles sont confrontées dans la
prévention du risque de contrepartie pour les PME. Cependant, ces défis offrent également des opportunités. En
adoptant une approche proactive, en s'armant des dernières innovations technologiques et en travaillant en
étroite collaboration avec les régulateurs et les PME, elles-mêmes, les banques peuvent non seulement
minimiser les risques mais aussi renforcer leur position de partenaires de confiance dans le développement
économique du Maroc. En fin de compte, réussir à prévenir le risque de contrepartie des PME permet non
seulement d'éviter les pertes financières, mais aussi de créer une base saine pour un avenir économique prospère
et inclusif pour le Royaume.

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