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Droits électoraux au Takanda : Cas Gassama-Oudrogo

Le rapport du Comité national des droits de l’homme du Takanda dénonce l'absence d'indépendance et d'impartialité de la Commission électorale indépendante, dominée par le parti au pouvoir. Les journalistes Edouard Gassama et Mwangi Oudrogo, menacés par le gouvernement, saisissent la Cour africaine des droits de l’homme pour violation de leurs droits à des élections justes et à la liberté d'expression. Le document examine également la recevabilité de leur requête et les critères d'indépendance des organes électoraux selon les normes internationales.

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Droits électoraux au Takanda : Cas Gassama-Oudrogo

Le rapport du Comité national des droits de l’homme du Takanda dénonce l'absence d'indépendance et d'impartialité de la Commission électorale indépendante, dominée par le parti au pouvoir. Les journalistes Edouard Gassama et Mwangi Oudrogo, menacés par le gouvernement, saisissent la Cour africaine des droits de l’homme pour violation de leurs droits à des élections justes et à la liberté d'expression. Le document examine également la recevabilité de leur requête et les critères d'indépendance des organes électoraux selon les normes internationales.

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R3 — « Edouard Gassama et Mwangi Oudrogo» c.

République du Takanda
Le droit de bénéficier d’organes électoraux indépendants et impartiaux et droit à la liberté
d’expression
Olivia GALLOT et Myriam DAHHAN — Institut international des droits de l’homme (15è
session — Dakar 2024)

Le 30 septembre 2024, le Comité national des droits de l’homme du Takanda (ci-après «


CNDHT ») a publié un rapport accablant sur la Commission électorale indépendante
takandaise (ci-après «CEIT»), l’accusant de manquer d’indépendance et d’impartialité.
Selon le rapport, sur les quinze membres de la CEIT, onze sont affiliés au parti du Président
Omar Diobaye, compromettant l’intégrité des élections. De plus, la nomination des membres
s’est faite sans transparence, via des décrets présidentiels non publiés. En mars 2024, la
modification des statuts de la CEIT a permis la révocation des membres par simple décret,
accentuant la dépendance au pouvoir exécutif. Le journal indépendant « Takandais Libre » a
révélé que la CEIT a vu ses ressources réduites et que son personnel est désormais nommé
par le gouvernement. Ces révélations ont provoqué des manifestations de masse, les
citoyens exprimant leur colère face à un système électoral perçu comme corrompu. En
réponse, le gouvernement a justifié son action par la nécessité de protéger l’ordre public de
la nation, a suspendu la plateforme Oiseau Bleu et a annoncé que les journalistes Edouard
Gassama et Mwangi Oudrogo seraient recherchés et jugés. Après plusieurs mois de silence,
de peur des représailles, les journalistes Edouard Gassama et Mwangi Oudrogo ont décidé
de saisir la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples sans épuiser les voies de
recours internes estimant que celles-ci ne leur offriraient pas de recours effectif. Ils
invoquent la violation du droit de bénéficier d’organes électoraux indépendants et impartiaux
et du droit à la liberté d’expression.

Examen préliminaire
Sur la compétence ratione materiae : invocabilité des instruments régionaux et
internationaux spécifiques de protection des droits de l’Homme


•••
Article 3 du Protocole : « 1. La Cour a compétence pour connaître de toutes les affaires et
de tous les différends dont elle est saisie concernant l’interprétation et l’application de la
Charte, du présent Protocole, et de tout autre instrument pertinent relatif aux droits de
l’homme et ratifié par les Etats concernés. 2. En cas de contestation sur le point de savoir si
la Cour est compétente, la Cour décide. »
Article 7 du Protocole : « La Cour applique les dispositions de la Charte ainsi que tout
autre instrument pertinent relatif aux droits de l’homme et ratifié par l’État concerné ».
Pour aller plus loin :
PIDCP : Bocoum c. Mali (provisional measures) (2020) 4 AfCLR 773 ;
PIDESC : Ajavon c. Benin (judgment) (2020) 4 AfCLR 133 ;
Convention contre la torture et les TID : Mugesera c. Rwanda (judgment) (2020) 4 AfCLR
834

Examen préliminaire
Sur la compétence ratione materiae
••

En l’espèce, devant la Cour, Edouard Gassama et Mwangi Oudrogo invoquent :
D’une part, Charte africaine de la démocratie des élections et de la gouvernance et le
Protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance. L’invocation de ces
instruments ne fait pas débat.
D’autre part, Le Pacte international des droits civils et politiques. Les éléments du greffe
indiquent que l’Etat Takandaisa bien ratifié cet instrument. L’invocation de ces instruments
ne fait pas débat.

Examen préliminaire
Sur la compétence ratione materiae : Le cas de la DUDH
••
La Déclaration universelle des droits de l’homme, de part sa nature, ne permet pas de
ratification. La question qui se pose alors est celle de la compétence de la CourADHP à
mobiliser cette source dans le cadre de son contrôle.
Cette situation s’est produite dans l’affaire Frank David Omary et al c République-Unie de
Tanzanie 001/2012 (28 mars 2014), §72 dans laquelle l’Etat partie soutenait que les
requérants ont fondé leur requête sur les articles 7, 8, 23, 25 et 30 de la Déclaration
universelle des droits de l’homme.
✓ De facto, la requête ne relevait pas selon l’Etat partie du champ d’application de l’article
3(1) du Protocole et la Cour devrait se déclarer incompétente ratione materiae.
✓ CADHP, Frank David Omary et al c République-Unie de Tanzanie, §73 & Thomas
Mang’ara Mango et Shukurani Masegenya Mango c République-Unie de Tanzanie,
005/2015, 11 mai 2018, § 33 : « même si la Déclaration n’est pas un traité qui nécessite une
ratification par les États pour entrer en vigueur, elle a été élevée au statut de droit
international coutumier et de norme incontournable » et, par conséquent, « la Cour [...] est
donc tenue de l’interpréter et de l’appliquer ».

Examen préliminaire
Sur la recevabilité : le délai de saisine
• Article 56 de la Charte : “Les communications visées à l'article 55 reçues à la Commission
et relatives aux droits de l'homme et des peuples doivent nécessairement, pour être
examinées, remplir les conditions ci-après : délai raisonnable courant depuis l’épuisement
des recours internes et depuis la date retenue par la Commission comme faisant
commencer à courir le délai de sa propre saisine ”

Sauf que cet article 56 de la Charte ADHP n’est pas, en tant que tel, totalement
transposable à la procédure devant la Cour, puisqu’elle retient que le calcul du « délai
raisonnable » peut commencer à courir à partir de 2 moments différents :
• Soit, de l’épuisement des recours internes : Cela est transposable à la procédure devant la
Cour ADHP, puisque les voies de recours internes doivent également être épuisées par le
requérant avant de pouvoir saisir la Cour ADHP ;
• Soit « depuis la date retenue par la Commission comme faisant commencer à courir le
délai de sa propre saisine » : là, on nous parle de Commission et non de Cour, ce qui
semble exclure que la transposition de cette deuxième option puisse être opérée en l’état.

Examen préliminaire
Sur la recevabilité : le délai de saisine
On peut alors se tourner vers le Règlement de la Cour ADHP, qui a vocation à préciser les
règles de procédures posées de manière générale de la Charte et le Protocole. Et celui-ci
précise, en son article 50§ 2, que les requêtes devant la Cour doivent être « introduites dans
un délai raisonnable courant ».
••
Deux questions : Il y a donc deux questions auxquelles il faut répondre pour savoir si la Cour
ADHP a été saisie dans un délai raisonnable ?
••
Soit « depuis l’épuisement des voies de recours internes »
Soit « depuis la date où la Commission a été saisie de l’affaire »
Déterminer le point de départ de calcul du délai de saisine, pour établir quelle a été la durée
du délai qu’a pris le requérant pour saisir la Cour ;
Examiner si ce délai présente un caractère « raisonnable ».

Deux questions : Il y a donc deux questions auxquelles il faut répondre pour savoir si la
Cour ADHP a été saisie dans un délai raisonnable ?
1. Déterminer le point de départ de calcul du délai de saisine, pour établir quelle a été la
durée du délai qu’a pris le requérant pour saisir la Cour ;

• En cas d’absence d’EVRI, CADHP, décision du 21 juin 2013 sur les exceptions
préliminaires, Ayants droit de feus Norbert Zongo, Abdoulaye Nikiema dit Ablasse, Ernest
Zongo et Blaise Ilboudo & le Mouvement bukinabé des droits de l’homme et des peuples c.
Burkina Faso, req. n° 013/2011, §116 : « La Cour considère qu’il convient d’écarter
immédiatement cette thèse selon laquelle le délai de saisine n’aurait pas encore commencé
à courir, au motif que l’affaire serait toujours pendante devant les juridictions internes. Cette
position est intenable parce qu’elle signifierait que dans tous les cas où les requérants
n’auraient pas eu à épuiser les voies de recours internes (parce qu’ils ne sont pas efficaces,
ou parce que la procédure y relative se prolonge de façon anormale), le délai de saisine de
la Cour ne commencerait jamais à courir. »
2. Examiner si ce délai présente un caractère « raisonnable » : Quels sont ces éléments de
la situation du requérant qui sont pertinents pour déterminer si le délai de saisine est
raisonnable ou non ?
Il s’agit seulement d’un faisceau d’indices : il n’est pas nécessaire que tous ces éléments se
matérialisent dans la situation du requérant, mais seulement que plusieurs d’entre eux
expliquent pourquoi la durée mise par le requérant pour saisir la Cour n’était pas excessive.
EVRI
Le caractère raisonnable du délai s’apprécie sur la base d’un faisceau d’indices, que
sont l’état du requérant, l’accès au savoir
juridique, le déroulé de la procédure et le contexte dans le pays.

DISCUSSION

Question 1 : Quel est le point de départ du calcul du délai de saisine ?


A la suite des révélation relatives à la CEIT, le porte parole du gouvernement indique que les
deux journalistes représentaient un danger substantiel pour le Takanda et que par
conséquent, ils seraient recherchés et jugés pour menace à l’ordre public et à la sécurité de
la nation. Cela implique que tout recours introduit par les journalistes serait vain. Dès lors, il
n’y a aucune possibilité d’épuiser les voies de recours internes. Or, selon la jurisprudence il
serait intenable que le délai de saisine de la Cour ne commencerait jamais à courir car les
voies de recours interne n’ont pas été épuisées. Au surplus, la date de départ du délai de
saisine de la Cour est celle de la prise de connaissance, par les requérants, de la disposition
contestée, moment auquel il ressent les effets du préjudice. Partant, nous pouvons retenir le
17 octobre 2023.
Question 2 : Le délai de saisine de 6 mois et trente jours présente-t-il un caractère «
raisonnable » ?
1. Sur l’état du requérant : Les requérants sont réfugiés dans l’état voisin du Minoria et
ont passé plusieurs mois de silence de peur de représailles ;
2. Sur l’accès au savoir juridique : Le requérants étant deux journalistes au fait des
procédures internes de leur pays, nous pouvons présumer qu’ils ont un accès au savoir
juridique.
3. Sur le déroulé de la procédure : Le terme « enfin » indique qu’après des mois de fuite les
requérants ne sont parvenus qu’avec beaucoup de difficultés, à saisir la Cour ADHP le 17
mai 2024 .

Examen du fond
Sur le droit de bénéficier d’organes électoraux indépendants et impartiaux


L’article 17 de la CADEG dispose : « Les États parties réaffirment leur engagement à tenir
régulièrement des élections transparentes, libres et justes conformément à la Déclaration de
l’Union sur les Principes régissant les élections démocratiques en Afrique. À ces fins, tout
État partie doit : 1. Créer et renforcer les organes électoraux nationaux indépendants et
impartiaux, chargés de la gestion des élections. [...] ».
L’article 3 du Protocole de la CEDEAO sur la démocratie prévoit que : « Les organes
chargés des élections doivent être indépendants ou neutres et avoir la confiance des
acteurs et protagonistes de la vie politique. En cas de nécessité, une concertation nationale
appropriée doit déterminer la nature et la forme desdits organes ».
✓ L’indépendance : Le fait pour une personne ou une entité de ne dépendre d’aucune autre
autorité que la sienne propre ou, tout le moins, de ne pas dépendre de l’Etat sur le territoire
duquel elles exercent leurs fonctions.
✓ L’impartialité : L’absence de parti pris, de préjudice et de conflit d’intérêt.

Examen du fond
Sur le droit de bénéficier d’organes électoraux indépendants et impartiaux
Suy Bi Gohoré et autres c. Côte d’Ivoire (fond et réparations) (2020) 4 RJCA 411, §§170-171
: « La Cour constate en outre qu'il existe en Afrique une grande diversité quant à la nature et
à la forme des organes électoraux indépendants et impartiaux. D’une manière générale, ces
caractéristiques dépendent de la spécificité de chaque pays, au regard de son histoire
juridique, administrative et politique. La Cour en conclut qu'il ne lui appartient pas d'imposer
une solution uniforme concernant la nature et la forme des organes électoraux sur le
continent.
Toutefois, la Cour doit encore s’assurer que la nouvelle loi adoptée par l’État défendeur a
cessé d’être contraire aux instruments relatifs aux droits de l’homme. En conséquence, La
Cour examinera ci-après les différents critères susceptibles de porter atteinte à
l'indépendance et à l'impartialité de l'organe électoral. Ensuite, dans les paragraphes
suivants, elle examinera l’indépendance institutionnelle et la crédibilité de cet organe telles
qu'elle apparaît dans le processus de réforme.»

Examen du fond
Sur le droit de bénéficier d’organes électoraux indépendants et impartiaux
1. S’agissant de l’organe électoral
➡La composition de l’organe électoral peut comprendre une représentation des partis
politiques toutefois celle-ci doit
observer un équilibre ;
➡La procédure de désignation des membres de l’organe électoral doit être piloté par une
entité, sur la base de critères prédéterminés, et jouissant du pouvoir de s'organiser, de se
consulter, de tenir des élections si nécessaire et de soumettre les nominations requises ;
➡La récusation discrétionnaire des membres de l’organe électoral doit être fondée sur des
critères qui dénotent d'un parti pris injustifiable de la part du Gouvernement ;
➡Le renouvellement discrétionnaire des membres de l’organe électoral doit observer
certaines garanties dont la limitation et le non-renouvellement.
2. S’agissant de l’indépendance institutionnelle de l’organe électoral
➡L’organe électoral doit bénéficier d’une autonomie administrative et financière ;
➡L’organe électoral doit bénéficier de la confiance et être perçu par le public comme
indépendant et impartial.

DISCUSSION

Examen du fond
1. S’agissant de l’organe électoral
➡La composition de l’organe électoral : La composition de l’organe est dominée de manière
excessive par un groupe
politique et n’est donc pas équilibrée.
➡La procédure de désignation des membres : La procédure de nomination n’assure pas ni
la confiance du public, ni la transparence dans la gestion des affaires publiques, et encore
moins la participation effective des citoyens aux processus démocratiques.
➡La récusion discrétionnaire & Le renouvellement discrétionnaire : La récusation est fondée
sur des critères qui dénotent d'un parti pris injustifiable de la part du Gouvernement et tend à
porter de fait atteinte à l'indépendance de l'organe électoral.
2. S’agissant de l’indépendance institutionnelle de l’organe électoral
➡L’organe électoral doit bénéficier d’une autonomie administrative et financière : Absence
totale d’autonomie
administrative et financière.
➡L’organe électoral doit bénéficier de la confiance et être perçu par le public comme
indépendant et impartial : L'absence des garanties procédurales telles que l’inclusion, la
participation et la transparence au cours des différentes étapes de la mise en place d’un
organe électoral, y compris l’élaboration de son cadre juridique, la nomination de ses
membres et de son personnel, ainsi que son fonctionnement tout au long du processus
électoral a pour conséquence une perte de crédibilité de la CEIT auprès des citoyens.

Examen du fond Sur la liberté d’expression


Situation n°1 : Restriction de la liberté d’expression en ligne : « Ensuite, le porte-parole a
indiqué une suspension provisoire de la plateforme « Oiseau Bleu » pour les mêmes
raisons,
tout en insistant sur le fait que la liberté d’expression était la clé de voute de toute société
démocratique et que celle-ci n’a jamais été mise en demeure sous la présidence d’Omar
Diobaye. »
Situation n°2 : Restriction de la liberté d’expression des journalistes : « Enfin, le porte-parole
a démenti le contenu de l’article paru dans le « Takandais Libre » et a indiqué que les deux
journalistes représentaient un danger substantiel pour le Takanda et que par conséquent, ils
seraient recherchés et jugés pour menace à l’ordre public et à la sécurité de la nation.»

Examen du fond Sur la liberté d’expression


Article 19 DUDH (non-contraignant) : « Tout individu a droit à la liberté d'opinion et
d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de
chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et
les idées par quelque moyen d'expression que ce soit »
Article 19 du PIDCP (TRIPLE TEST) : « Nul ne peut être inquiété pour ses opinions. Toute
personne a droit à la liberté d'expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de
recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération
de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen
de son choix L’exercice des libertés prévues au paragraphe 2 du présent article comporte
des devoirs spéciaux et des responsabilités spéciales. Il peut en conséquence être soumis à
certaines restrictions qui doivent toutefois être expressément fixées par la loi et qui sont
nécessaires:(a) Au respect des droits ou de la réputation d’autrui; (b) À la sauvegarde de la
sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publiques. ».
•CADHP, Article 9 § 2 : « Toute personne a le droit d'exprimer et de diffuser ses opinions
dans le cadre des lois et règlements.»

DISCUSSION

Examen du fond Sur la liberté d’expression


Situation n°1 : Restriction de la liberté d’expression en ligne : « Ensuite, le porte-parole a
indiqué une suspension provisoire de la plateforme « Oiseau Bleu » pour les mêmes
raisons, tout en insistant sur le fait que la liberté d’expression était la clé de voute de toute
société démocratique et que celle-ci n’a jamais été mise en demeure sous la présidence
d’Omar Diobaye. »
Base légale : La mesure ne se fonde sur aucune loi + absence de régime de dérogation.
But légitime : le but invoqué par l’Etat peut être considéré comme légitime : la sécurité et la
pérennité de la nation
nécessitait certains ajustements provisoires afin de protéger l’ordre public de la nation.
Nécessaire et proportionnée : l’ingérence dans la liberté d’expression des internautes
semble proportionnée dans la mesure où elle est provisoire mais elle n’est pas nécessaire et
porte atteinte à la substance même de la liberté d’expression.

Examen du fond Sur la liberté d’expression


Situation n°2 : Restriction de la liberté d’expression des journalistes : « Enfin, le porte-parole
a démenti le contenu de l’article paru dans le « Takandais Libre » et a indiqué que les deux
journalistes représentaient un danger substantiel pour le Takanda et que par conséquent, ils
seraient recherchés et jugés pour menace à l’ordre public et à la sécurité de la nation. »
Base légale : La mesure ne se fonde sur aucune loi.
But légitime : le but invoqué par l’Etat peut être considéré comme légitime : la sécurité et la
pérennité de la nation
nécessitait certains ajustements provisoires afin de protéger l’ordre public de la nation.
Nécessaire et proportionnée : l’ingérence dans la liberté d’expression des internautes
semble proportionnée dans la mesure où elle est provisoire mais elle n’est pas nécessaire et
porte atteinte à la substance même de la liberté d’expression.

Réparations

Réparations
1. S’agissant du premier grief : l’indépendance et l’impartialité de l’organe
✓La Cour pourrait constater que l'État défendeur ne s'est pas pleinement acquitté de ses
obligations d'assurer la confiance du public et la transparence dans la gestion des affaires
publiques ainsi que la participation effective des citoyens aux processus démocratiques
conformément à l’article 3(7), à l'article 3(8) et à l’article 13 de la CADEG, ni de son
obligation de veiller à ce que l’organe électoral ait la confiance des acteurs et protagonistes
de la vie politique, comme le prescrit l'article 3 du Protocole de la CEDEAO sur la
démocratie.
✓La Cour pourrait conclure à une violation de ces dispositions et ordonner en conséquence,
à l'État défendeur de prendre les mesures nécessaires avant toute élection pour garantir que
le processus de nomination des membres de l’organe électoral proposés par les partis
politiques, notamment les partis d'opposition, soit piloté par des entités neutres, sur la base
de critères prédéterminés, avec le pouvoir de s'organiser, de se consulter, de tenir des
élections si nécessaire et de présenter les candidats nominés appropriés.
✓La Cour pourrait ordonner à l'État défendeur de prendre les mesures nécessaires pour
garantir que de nouvelles élections du Bureau fondées sur la nouvelle composition de
l’organe électoral.
1. S’agissant du second grief : liberté d’expression
Sur la liberté d’expression des internautes :
✓La Cour devrait constater une violation qui implique de demander à l’Etat partie de lever la
suspension provisoire. ✓Matérialisation sur le plan de la réparation : Cessation du
comportement illicite + Assurance de garanties de non-répétition.
Sur la liberté d’expression des journalistes :
✓La Cour devrait constater une violation qui implique de d’enjoindre à l’Etat partie
d’abandonner la procédure de recherche et de ne pas condamner les
requérants.
✓Matérialisation sur le plan de la réparation : Indemnisation et satisfaction équitable.

DISCUSSION

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