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La classification botanique de la pomme de terre
La classification de la pomme de terre a également connu des changements au fil du temps,
reflétant les progrès de la botanique et de la génétique.
Au début, la pomme de terre était classée dans le genre Solanum, comme la tomate. Cette
décision était basée sur les caractéristiques visibles des plantes, telles que leurs fleurs et leurs
fruits.
Cependant, au fil du temps, les botanistes ont réalisé que la pomme de terre présentait des
différences significatives par rapport aux autres espèces de Solanum. Ils ont donc créé un
nouveau genre, Solanum tuberosum, pour distinguer la pomme de terre.
Récemment, les taxonomistes ont encore reclassé la pomme de terre, la plaçant dans le genre
Solanum (comme initialement). Cette décision a été prise sur la base des informations
découvertes sur les gènes de la pomme de terre, à l'aide de méthodes de recherche génétique.
Cronquist (1981), Gaussen et al. (1982) rappellent que la pomme de terre appartient à la
classification suivante:
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Sous-classe Asteridae
Ordre Solonales
Famille Solanaceae
Genre Solanum
Espèce tuberosum L
3. Répartition géographique
3.1 Origine et historique d'introduction
L'origine du Solanum tuberosum remonte aux races locales des Andes et du Chili qui furent
mises au point par des agriculteurs précolombiens. Ces races locales présentent une
extraordinaire diversité morphologique et génétique et sont présentes dans toute la cordillère
des Andes, depuis l'ouest du Venezuela jusqu'au nord de l'Argentine, de même que dans le
sud du Chili. L'identité des espèces sauvages à l'origine de ces races locales est depuis
longtemps débattue, mais toutes les hypothèses tournent autour d'un groupe d'environ 20
espèces morphologiquement semblables, appelé « complexe du Solanum brevicaule » (Correll
1962; Grun 1990; Miller and Spooner 1999; Ugent 1968; van den Berg et al. 1998).
Le S. tuberosum subsp. andigena a été signalé pour la première fois à l'extérieur de
l'Amérique du Sud en 1567, aux îles Canaries (Hawkes and Francisco-Ortega 1993; Ríos et al.
2007); peu de temps après, en 1573, cette sous-espèce était signalée en Espagne continentale
(Hawkes 1990; Hawkes and Francisco-Ortega 1992; Romans 2005). Le S. tuberosum subsp.
andigena a été adapté, par sélection, aux jours plus longs et au climat des latitudes
européennes (OECD 1997). Les formes ainsi obtenues sont aujourd'hui connues sous le nom
de S. tuberosum subsp. tuberosum (ou S. tuberosum).
Depuis l'Europe, le S. tuberosum a été transporté jusqu'en Amérique du Nord. Il pourrait avoir
été transporté initialement de l'Angleterre aux Bermudes en 1613, puis des Bermudes au
continent nord-américain en 1621, selon l'hypothèse privilégiée par Laufer (1938) et Hawkes
(1990). Le S. tuberosum était présent en Inde en 1610 et en Chine continentale en 1700 (Sauer
1993). Il a été apporté en Nouvelle-Zélande par le capitaine Cook en 1769, et présentait un
intérêt agricole pour les indigènes Maori en 1840 (Sauer 1993). Les missionnaires pourraient
avoir joué un rôle crucial dans la dissémination mondiale du S. tuberosum depuis l'Europe
(Laufer 1938; Sauer 1993).
3.2 Aire d'indigénat
Amérique du Sud Argentine, Chili, Venezuela
3.3 Aire d'introduction
Le Solanum tuberosum se classe au quatrième rang mondial des cultures vivrières, derrière le
maïs, le riz et le blé (FAO 2014). Il est cultivé dans plus de cent pays d'Afrique, d'Asie,
d'Australie, d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Amérique du Sud (USDA-ARS 2014). Les
races locales introduites à l'ère postcolombienne sont toujours maintenues à l'extérieur de leur
aire de répartition naturelle, au Mexique, en Amérique centrale, dans les collines Shimla, en
Inde, et dans les îles Canaries (Spooner and Knapp 2013). Le S. tuberosum s'échappe
rarement de culture (Simon et al. 2010).
Le Canada est l'un des premiers producteurs de pommes de terre dans le monde. Sa
production s'est élevée à plus de 4,5 millions de tonnes métriques en 2012 (Statistics Canada
2012). On cultive la pomme de terre dans toutes les provinces du Canada, principalement à
l'Île-du-Prince-Édouard, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick, en Alberta, au Québec et en
Ontario (Statistics Canada 2012). La pomme de terre est également cultivée à petite échelle au
Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest (Statistics Canada 2012). Au Canada, le S.
tuberosum est considéré comme une espèce éphémère (non établie en permanence, mais qui
revient presque chaque année, habituellement sous forme de sujets spontanés issus de
cultures) au Manitoba, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et à l'Île-du-Prince-Édouard
(Brouillet et al. 2013).
3.4 Aire potentielle en Amérique du Nord
Comme il est mentionné précédemment, le Solanum tuberosum est cultivé dans chaque
province du Canada ainsi qu'au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest (Statistique
Canada 2012). L'espèce est également cultivée dans l'ensemble des États-Unis (Bohl and
Johnson 2010). Elle peut pousser partout où l'on trouve de la terre arable, y compris dans les
régions subarctiques et même arctiques, où l'on utilise souvent des variétés adaptées aux
conditions locales (Dearborn 1957; Dearborn 1964; Dearborn et al. 1953; Merzlaya et al.
2008). Bien que le S. tuberosum produise des sujets spontanés, l'espèce ne subsiste
habituellement pas hors culture. Seulement deux populations persistantes de S. tuberosum ont
été signalées : l'une en Afrique du Sud et l'autre à Hawaï (Simon et al. 2010). Par conséquent,
bien que le S. tuberosum puisse être cultivé dans toute l'Amérique du Nord, il est peu
probable que l'espèce puisse y pousser hors culture.