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Comprendre l'état quantique

L'état d'un système quantique décrit toutes les informations nécessaires pour prévoir les résultats de mesures, mais contrairement à la mécanique classique, il ne détermine pas les résultats de manière absolue, seulement des probabilités. En mécanique quantique, les grandeurs physiques ne possèdent pas de valeurs définies avant la mesure, et l'état du système est influencé par les mesures précédentes. Ainsi, l'état quantique représente une description probabiliste des résultats possibles, et des concepts comme la décohérence quantique et les états propres sont essentiels pour comprendre ces phénomènes.

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Comprendre l'état quantique

L'état d'un système quantique décrit toutes les informations nécessaires pour prévoir les résultats de mesures, mais contrairement à la mécanique classique, il ne détermine pas les résultats de manière absolue, seulement des probabilités. En mécanique quantique, les grandeurs physiques ne possèdent pas de valeurs définies avant la mesure, et l'état du système est influencé par les mesures précédentes. Ainsi, l'état quantique représente une description probabiliste des résultats possibles, et des concepts comme la décohérence quantique et les états propres sont essentiels pour comprendre ces phénomènes.

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État quantique

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Pour les articles homonymes, voir état (homonymie) et Quantique.
L'état d'un système physique décrit tous les aspects de ce système, dans le but de prévoir les
résultats des expériences que l'on peut réaliser. Le fait que la mécanique quantique soit non
déterministe entraîne une différence fondamentale par rapport à la description faite en mécanique
classique : alors qu'en physique classique, l'état du système détermine de manière absolue les
résultats de mesure des grandeurs physiques, une telle chose est impossible en physique quantique
et la connaissance de l'état permet seulement de prévoir, de façon toutefois parfaitement
reproductible, les probabilités respectives des différents résultats qui peuvent être obtenus à la suite
de la réduction du paquet d'onde lors de la mesure d'un système quantique. Pour cette raison, on a
coutume de dire qu'un système quantique peut être dans plusieurs états à la fois. Il faut en réalité
comprendre que le système est dans un état quantique unique, mais que les mesures peuvent donner
plusieurs résultats différents, chaque résultat étant associé à sa probabilité d'apparaître lors de la
mesure.
L'état doit donc être vu comme représentant toute l'information disponible sur le système : une
description de l'histoire du système permettant de calculer les probabilités de mesure. Dans le débat
philosophique concernant l'interprétation de la mécanique quantique, certaines approches telles que
l'interprétation de Copenhague considèrent d'ailleurs que l'état quantique n'est pas un élément de
réalité au sens qu'Einstein donnait à ce terme, mais simplement un intermédiaire de calcul utile pour
prévoir les mesures ; d'autres approches font appel à la notion de décohérence quantique pour
décrire le processus mis en œuvre lors d'une mesure quantique.
L'une des conséquences de la nature aléatoire des mesures quantiques est que l'état ne peut être
assimilé à un ensemble de propriétés physiques qui évoluent au cours du temps. En mécanique
quantique, l'état et les grandeurs physiques sont deux concepts séparés et sont représentés par deux
objets mathématiques différents. Dirac a montré qu'il était équivalent de faire porter l'évolution
temporelle sur l'état quantique ou sur les grandeurs physiques, appelées observables en mécanique
quantique.

La notion d'état en mécanique classique


En mécanique classique, l'état d'un système est représenté par un ensemble de grandeurs
physiques à partir duquel on peut déterminer toutes les propriétés du système concerné. Par
exemple dans le cas d'un point matériel, l'état est complètement décrit par la donnée du vecteur
position et de la quantité de mouvement . Autrement dit, l'état du système est repéré par un point
dans l'espace des phases, qui est de dimension 6 pour un point matériel. Une fois l'état du système
déterminé par la mesure, on peut d'une part calculer toutes les grandeurs mesurables sur le système
comme l'énergie cinétique et potentielle, mais également calculer l'état du système à un instant
ultérieur grâce à l'équation fondamentale de la dynamique.
L'espace des états dépend du système considéré : si l'on considère non plus un mais N points
matériels, l'état du système sera repéré par un point dans un espace vectoriel de dimension 6N, car il
faut garder la trace de la position et de l'impulsion de chacun des N points matériels ; dans le cas
d'un milieu continu, comme un fluide ou un solide déformable, ou encore dans le cas du champ
électromagnétique, l'état du système est décrit par des champs formant un espace vectoriel de
dimension infinie : potentiel scalaire et potentiel vecteur, champ de déformation, de densité
massique, de vecteurs vitesse, … Là encore, d'autres grandeurs physiques mesurables peuvent être
dérivées (champ de pression, forces exercées sur un objet), et l'état du système à l'instant peut se
déduire de l'état du système à l'instant à partir de lois dynamiques (Équations de Navier-Stokes,
Équations de Maxwell). De manière générale, lorsque le système obéit à la mécanique lagrangienne,
son état peut être décrit à l'aide des coordonnées généralisées.
Le déterminisme de l'évolution des états en mécanique classique est décrit de manière
particulièrement claire par Laplace :
« Nous devons envisager l'état présent de l'univers comme l'effet de son état antérieur, et
comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui, pour un instant donné,
connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres
qui la composent, si d'ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à
l'analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de
l'univers et ceux du plus léger atome : rien ne serait incertain pour elle, et l'avenir,
comme le passé, serait présent à ses yeux. »

— Pierre-Simon de Laplace, Essai philosophique sur les probabilités (1814)


En mécanique statistique, l'état est décrit différemment : comme une distribution de probabilité sur
l'espace des états. Il est toutefois compris que cette description n'est qu'une approximation liée à
notre incapacité de mesurer parfaitement l'état d'un système contenant un grand nombre de degrés
de liberté.

La notion d'état en mécanique quantique – état et mesure


En mécanique quantique, il n'est pas possible de supposer que les grandeurs physiques telles que la
position ou la vitesse aient une valeur définie que l'on puisse mesurer sans perturber le système. Au
lieu de cela, les observations effectuées sur un système vont modifier son état, de sorte que les
résultats des mesures ultérieures vont dépendre de l'ensemble des mesures effectuées
précédemment. L'état du système doit donc être défini indépendamment des grandeurs physiques
observables et plutôt être vu comme une description de ce qui a été fait sur le système ainsi que des
résultats obtenus lors des mesures. Pauli qualifiait « d'idéalisation de l'observateur détaché » le
point de vue selon lequel l'état se résume à une liste de grandeurs physiques préexistant à la
mesure1. Mathématiquement, cette distinction se traduit par l'utilisation de deux objets différents
pour représenter l'état et les observables du système.
De plus, on doit composer avec la nature irréductiblement aléatoire des résultats de mesure en
mécanique quantique. Considérons par exemple l'équivalent quantique d'un point matériel, c’est-à-
dire une particule sans spin. Les grandeurs physiques observables, ou plus simplement les
observables sont en effet les mêmes dans les deux cas : la position, l'impulsion, l'énergie cinétique,
l'énergie potentielle, l'énergie totale, ... Supposons que l'on soit capable de préparer notre particule
dans un état i bien déterminé. On peut concevoir une expérience permettant de mesurer la position,
par exemple en éclairant la particule, qui donnera comme résultat : 'la particule est en r1'. On
pourrait alors en conclure que la position d'une particule préparée dans l'état i est r1. Cependant, si
l'on réitère l'expérience en plaçant à nouveau la particule dans l'état i, on obtient une autre position
r2 ≠ r1 " Sauf cas particulier", il en serait de même avec toute autre grandeur observable.
Au cours du temps, les physiciens ont acquis la conviction que ce fait expérimental n'était pas dû à
une incertitude expérimentale lors de la mesure, ou encore à une préparation aléatoire d'une fois sur
l'autre (dans un état i' i), mais plutôt que l'état ne détermine pas les résultats de mesure de manière
certaine. Ceci est particulièrement illustré lors d'expériences mettant en évidence la
complémentarité quantique, où malgré des mesures permettant de préparer un état précis, les
résultats des mesures ultérieures restent aléatoires.
En traitant statistiquement les valeurs r1, r2, ... obtenues lors de mesures répétées de la position,
comme dans la première figure ci-dessous, il apparaît cependant que certaines sont obtenues plus
fréquemment que d'autres. Ainsi, si la valeur obtenue à l'issue de chaque mesure individuelle n'est
pas connue, l'état détermine la distribution de probabilité associée à chacune des observables du
système, et sa connaissance nous permet de faire des prévisions probabilistes sur les résultats de
mesure. Il est alors possible de définir des grandeurs statistiques telles que la valeur moyenne de la
position ou encore l'écart type de la position (notées et respectivement dans le cas de la position,
et et dans le cas d'une observable O quelconque, étant également appelée incertitude sur la
grandeur O lorsque la particule est dans l'état i).
Un cas particulier intéressant correspond à des états pour lesquels l'incertitude ΔO est nulle pour
une des observables O. On retrouve alors la prévision de la mécanique classique : dans un de ces
états, la mesure de O donnera toujours le même résultat. Pour distinguer ces états là des autres états,
ils sont appelés états propres de l'observable O. Les états propres de l'énergie totale présentent
l'intérêt de ne pas évoluer au cours du temps : si une particule est dans un état d'énergie donnée, elle
restera dans cet état par la suite.
Enfin, un dernier cas particulier permet de préciser ce qui est sous-entendu lorsque l'on dit qu'une
particule est dans deux états simultanément. On peut imaginer un état où la distribution de
probabilité de la grandeur O est piquée sur deux valeurs. En fait, la particule n'est en réalité que
dans un seul état, mais cet état quantique donnera deux résultats possibles lors d'une mesure de O.


Histogramme : statistique des résultats de N=5000 mesures de la position d'un ensemble de
N particules toutes préparées dans le même état. Courbe : densité de probabilité de présence
mise à la même échelle.

Mesure de la position d'un ensemble de particules dans une superposition d'états.

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