PTSD
Plan du cours
I. Introduction-Definition
II. Intérêt
III. Historique
IV. Épidémiologie
V. Définition des concepts
A. Événement stressant
B. Réaction de stress adaptée
C. Réaction de stress dépassée
D. Événement traumatique
VI. Clinique
A. Suites immédiates
B. Periode de latence
C. Motif de consultation
D. Phase d'état : TSPT constitué
1. Syndrome de répétition ou reviviscence
2. Conduites d’évitement
3. Syndrome d'hyper-vigilance, des manifestations anxieuses et neurovégétatives
4. Altérations négatives des cognitions et de l’humeur
E. Forme de PTSD chez l’enfant
VII. Diagnostic positif selon DSM-5
VIII. Diagnostic différentiel
A. Trouble de l’adaptation
B. État de stress aigu
C. TOC
D. Simulation
E. Troubles perceptifs vs flashbacks
IX. Echelles d'évaluation
A. PCLs
B. CAPS
C. PrimaryCare PTSD
X. Évolution
A. Spontanée
B. Evolution si traité précocement
C. Modification durable de la personnalité
D. Complications / comorbidités
1. Troubles anxieux
2. Troubles dépressifs
3. Troubles des conduites
4. Troubles psychotiques
5. Répercussions familiales et professionnelles
E. Facteurs de mauvais pronostic
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XI. Etiopathogénie
A. Événement traumatique
B. Vulnérabilité personnelle
1. Prédisposition
2. Conjoncture
3. Résonnance
C. Neurobiologie
1. Noradrénaline, Cortisol et axe HHS
a) Réaction de stress normale
b) Dans le PTSD
2. Sérotonine
3. GABA
D. Neuro-anatomie
1. Systeème limbique
2. Cortex temporal
E. Théorie cognitive et comportementale
1. L’assimilation
2. Le conditionnement
3. La metacognition
F. Théorie psychanalytique
G. Approche phénoménologique
XII. Prise en charge
A. Objectifs
B. Traitement général aux urgences
C. PEC médico-psychologique
1. Phase immédiate : defusing
2. Phase poste immédiate
a) Debriefing
b) Traitement médicamenteux non systématique
3. Phase différée: ESPT constitué
a) Psychothérapie
(1) De soutien
(2) TCC centrée sur le trauma
(a) Expo. En Imagination
(b) Expo. Graduée
(c) Restructuration cognitive
(3) EMDR
(4) Relaxation
(5) Hypnose
(6) Cure psychanalytique
(7) Approche systémique
b) Traitements pharmacologiques
(1) Antidépresseur
(2) Anxiolytiques
D. Stratégies selon les recommandations
1. Les psychothérapies
2. Les médicaments
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E. Cas particulier de l’enfant : TCC
F. Prise en charge sociale
1. Personnes ressources
2. Réinsertion sociale et professionnelle
3. Cellules d’écoute et associations
G. Prise en charge juridique
XIII. Conclusion
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I. Introduction-Definition
L’état de stress post-traumatique ou PTSD selon la dénomination anglo-saxonne (post traumaic stress
disorder) est un trouble mental qui se caractérise par le développement d’un ensemble de symptômes
spécifiques faisant suite à l’exposition à un événement traumatique. Ce traumatisme constitue un
événement hors du commun dépassant les expériences habituelles, et prenant le sens d’une rencontre
manquée avec la mort.
C’est une notion introduite par le DSM 3 sous ce terme de « état de stress post-traumatique », dans l‘édition
actuelle du DSM 5, il fait partie du groupe des « troubles liés à un trauma ou stresseur ».
Il est actuellement question de psychotrauma, qui est constitué par l’ensemble des manifestations exprimées à
la suite d’un événement traumatique manquant, qu’il soit physique et / ou psychologique.
II. Intérêt
- Souci de reconnaître le TSPT qui est un phénomène de société contemporain des périodes d'après-guerre et
de conjonctures de violence.
- En Algérie, du fait du terrorisme, des catastrophes naturelles, le TSPT est un problème de santé publique.
- Maladie chronique, grave et invalidante: difficulté diagnostique et complexité de la p.e.c
- Intérêt de l’intervention rapide et de la prévention.
III. Historique
- Hippocrate (400 ans avant J.C.) description des rêves traumatiques (Traité des songes)
- Pinel cite le cas du philosophe pascal (cauchemars de répétition après un accident sur la seine)
- Oppenheim (1884) : névrose traumatique », pour décrire les suites d'accidents de chemins de fer.
- Freud (1893) classe la névrose traumatique dans les névroses actuelles. Il proposa la méthode
‘cathartique’ pour la guérison de ces troubles.
- Névrose de guerre : les troubles observés chez les officiers russes lors de la guerre russo – japonaise.
- Un regain d’intérêt après les 2 grandes guerres mondiales et la guerre du Vietnam et le développement
de la psychopathologie des victimes de viols et d'enlèvement ainsi que des catastrophes naturelles.
- Enfin le terme de « névrose traumatique » est remplacé par celui de PTSD ou ESPT dans le DSM III.
- Le DSM-V classe le PTSD dans Les “troubles liés à un trauma ou stresseur”
IV. Épidémiologie
- Prévalence sur vie entière, en population générale : 1 à 2%.
- Le sex-ratio est de 2 femmes pour 1 homme.
- Le risque de développer un TSPT à la suite d'un événement traumatique est estimé à environ 10 %.
V. Définition des concepts
Le traumatisme psychique doit être différencié du stress
- Événement stressant : c'est un événement banal, habituel, commun (examens, divorce, décès …). On peut
parler de facteur stressant.
- Réaction de stress : réaction biologique, physiologique et psychologique d’alarme, de mobilisation et de
défense. Elle est automatique, utile et d’exception, due aux décharges d’adrénaline et de cortisol.
- Réaction de stress dépassée : lorsque le stress devient intense, trop prolongé ou se répète à de courts
intervalles.
- Événement traumatique : C’est un événement hors du commun, dépassant les expériences habituelles,
vécu avec terreur et qui prend le sens d’une rencontre manquée avec la mort.
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VI. Clinique
A. Suites immédiates
Les troubles aigus peuvent s’observer dans les suites immédiates de l'événement :
- effroi, anxiété, tristesse, agitation, stupeur ...
- manifestations psychosomatiques : vomissements, diarrhée, HTA, dyspnée, troubles neuro-végétatifs.
A ce stade, il n’existe aucun indice de pronostic individuel.
B. Période de latence ou de médiation ou d’incubation.
C’est une phase constante dans tout syndrome de répétition post-traumatique. Elle est variable, allant de
quelques heures à quelques jours, à plusieurs mois voire des années.
C’est un temps qui semble silencieux, mais qui peut se manifester par divers signes :
- replis sur soi, difficulté d’adaptation
- symptômes anxieux, insomnies
- troubles du caractère, euphorie paradoxale
- syndromes neuro-végétatifs, somatisation
Ces symptômes peuvent être assez semblables à ceux de la phase d’état mais il y manque toujours la
marque spécifique de la maladie qui est le syndrome de répétition traumatique.
C. Motif de consultation
Rarement, il fait état du syndrome de répétition traumatique, le plus souvent ils consultent pour les motifs
suivants :
- Troubles du sommeil.
- Manifestation dépressive.
- Conduite toxicomaniaque
- Conduites anti-sociales.
- Réactions caractérielles.
D. Phase d'état : TSPT constitué
Dans la phase d’état, le patient présente une multitude de signes dits envahissants ou intrusifs qui, pour
parler de TSPT constitué, doivent durer au moins un mois :
1. Syndrome de répétition ou reviviscence
Pathognomoniques, lorsqu’elles surviennent, les reviviscences induisent la réaction de désarroi initial qui a
été vécu lors de l'événement traumatique.
Elles apparaissent de façon :
a. soit spontanée : intrusions répétitives, involontaires, à forte composante sensorielle
⇒diurnes : réaction dissociative type flashbacks. Qui peut être très fugace ou plus durable avec un
sentiment que l'événement va se reproduire. Son comportement variant de la stupeur sidérante à la fuite
angoissée ; ou bien des conduites automatiques de la réaction initiale.
⇒nocturnes : dominées par des cauchemars rappelant la scène traumatique, parfois véritable terreur
nocturne avec réveil brutal du patient.
b. soit réactionnelle à des indices internes ou externes rappelant la situation traumatique :
⇒images, bruits, odeurs, lieu, personnes, conversations, qui engendrent des reviviscences diurnes et de
fortes réactions de sursaut.
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2. Conduites d’évitement
Le patient fait des efforts pour éviter les souvenirs, pensées ou sentiments et se détourne de tout indice
rappelant la situation initiale redoutée.
Il renonce à certains trajets, lieux, activités, programmes de télévision, films .. mais aussi il limite ses
relations professionnelles et amicales. Ces contraintes entraînent un handicap social important.
3. Hypervigilance, manifestations anxieuses et neurovégétatives
L’hypervigilance à l'environnement : le patient perçoit tous les stimuli amplifiés et non discriminés, ce qui
explique en partie les fréquentes reviviscences et réactions de sursaut, ressenties comme une perte de
contrôle dans un contexte d’alerte permanente.
Les manifestations anxieuses : en fonction de l’intensité de l’hypervigilance et du sentiment de menace,
l’anxiété a tendance à devenir permanente. Le patient est aussi anxieux sur son devenir, sur ses capacités à
maîtriser ses pensées et émotions.
L’hyperactivité neurovégétative : les souvenirs, claquement de porte, coup de téléphone, entraînent une
réponse corporelle excessive (tachycardie, polypnée, pâleur, sueur, troubles digestifs et urinaires ..)
4. Altérations négatives des cognitions et de l’humeur
Les altérations négative des cognition et de l’humeur peuvent prendre des formes diverses :
- croyances négatives sur soi-même et sur le monde
- impression d'un avenir bouché
- des ruminations avec remords et regrets quant à la responsabilité dans l'événement.
- états persistants de peur, culpabilité, honte, colère.
- émoussement affectif, détachement et réduction des intérêts.
Cette dimension négative peut s’accroître vers un épisode dépressif caractérisé, considéré alors comme un
trouble comorbide.
E. Forme de PTSD chez l’enfant
- Le syndrome de reviviscence :
- Des jeux qui évoquent des aspects de l'événement traumatique. Sans y prendre plaisir.
- Flash-back et reviviscences sensorielles.
- Cauchemars, avant 5 ans ils sont non spécifiques, et des terreurs nocturnes.
- Émoussement de la réactivité générale et réduction des intérêts .
- Pessimisme, conviction que d’autres traumatismes se produiront.
- Sentiment de vulnérabilité, perte de confiance accordée aux adultes protecteurs.
- Distorsion des cognitions et des perceptions vis-à-vis de l'événement (détails, chronologie,
interprétations)
- Troubles neuro-végétatifs : irritabilité, sursaut, colère, trouble du sommeil, ….. .
- Phénomènes régressifs : énurésie, mutisme, parler-bébé, succion du pouce, …
- Difficultés accrues de séparation.
- Retard du développement psychomoteur et troubles du langage.
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VII. Diagnostic positif selon DSM-5
Les critères suivants s’appliquent aux adultes, aux adolescents et aux enfants âgés de plus de 6 ans.
A. Exposition à la mort, à des blessures graves, ou à la violence sexuelle, effectives ou potentielles, (1 ou
plus) des façons suivantes :
1. Directement
2. Être témoin, en personne
3. Apprendre que l'événement traumatique a été vécu par un proche.
4. Exposition répétée ou extrême aux détails pénibles (par exemple, les premiers intervenants ou les
policiers). (ne s'applique pas à l'exposition par les médias)
B. (1 ou plus) des symptômes intrusifs suivants associés à l'événement traumatique:
1. Souvenirs pénibles récurrents et envahissants
2. Cauchemars liés à l'événement traumatique.
3. Réactions dissociatives (flash-backs, par exemple)
4. Détresse psychique marquée à l'exposition à des indices
5. Réactions physiologiques marquées à des indices
C. Évitement persistant des stimuli associés à l'événement traumatique, comme en témoigne(nt) (1 ou les
deux):
1. Évitement des souvenirs, pensées ou sentiments pénibles
2. Évitement des rappels externes (personnes, lieux, conversations, activités, objets, situations)
D. Altérations négatives des cognitions et de l'humeur (2 ou plus) :
1. amnésie dissociative
2. Croyances négatives
3. Déformation concernant la cause ou les conséquences amenant l'individu à se blâmer ou à blâmer
autrui.
4. État émotionnel négatif persistant (peur, horreur, colère, culpabilité, honte ..)
5. Diminution marquée de l'intérêt .
6. Sentiment de détachement ou d'éloignement des autres.
7. Incapacité persistante de ressentir des émotions positives.
E. Altérations marquées de la réactivité associées à l'événement traumatique (2 ou plus) :
1. Irritabilité et crises de colère.
2. Comportement imprudent ou autodestructeur.
3. Hypervigilance.
4. Réaction de sursaut exagérée.
5. Problèmes de concentration.
6. Troubles du sommeil.
F. La durée de la perturbation (critères B, C, D, et E) est de plus de 1 mois.
G. La perturbation entraîne une souffrance significative ou une altération du fonctionnement.
H. Élimination d'une substance ou d'une autre condition médicale.
.
Spécificateurs
A. Avec symptômes dissociatifs :
a. Dépersonnalisation
b. Déréalisation
B. Avec expression retardée
Utilisé si tous les critères diagnostiques ne sont remplis que 6 mois après l'événement (bien que l'apparition et
l'expression de certains symptômes puissent être immédiates).
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VIII. Diagnostic différentiel
● Trouble de l’adaptation : le facteur de stress n’est pas extrême (départ du conjoint, licenciement …)
● État de stress aigu : dure au maximum 4 semaines.
● TOC : les obsessions sont inopportunes et ne sont pas associées au vécu d’un événement
traumatique.
● Simulation : doit être éliminée dans les situations où une restriction financière, une procédure
d’indemnisation et des déterminants médico-légaux jouent un rôle.
● Troubles perceptifs : les Flash back du PTSD doivent être distingués des illusions et hallucinations
rencontrés dans les troubles psychotiques.
IX. Echelles d'évaluation
● PCLs (PTSD Checklist Scale)
Dépistage d'un ESPT dans la clinique et la recherche.
L'échelle est composée de 20 items évaluant l'intensité des 20 symptômes présents dans le DSM 5.
● CAPS (Clinician Administered PTSD Scale)
Questionnaire qui évalue la fréquence et l’intensité du TSPT.
● PrimaryCare - PTSD
Test de dépistage.
X. Évolution et complications
A. Évolution spontanée
Il s’agit d’une affection chronique, grave et invalidante, même si au fil des années, le syndrome de répétition
traumatique peut sembler parfois s’atténuer.
Sans traitement, le trouble persiste, avec l’apparition d’autres troubles psychiatriques, changement de
caractère et répercussions sur la vie personnelle et professionnelle.
B. Evolution si traité précocement :
Le TSPT a une expression atténuée dans laquelle les répétitions sont moins chargées émotionnellement
et les perturbations de la personnalité moins gênantes permettant ainsi une réhabilitation sociale quasi
normale.
C. Modification durable de la personnalité :
Il ne s’agit pas d’un type de personnalité constitutionnelle, ni acquise mais ce qu’est devenue la personnalité
après le traumatisme, CROCQ décrit la personnalité traumatique :
- Apparition de traits caractériels et de colère (irritabilité, agressivité….).
- La personne devient craintive, inhibée, régressive, dépendante mais aussi exigeante d’attention et
de réhabilitation.
- Recours parfois aux substances toxiques.
- Sentiment de culpabilité, c’est la culpabilité du survivant.
- Troubles sexuels : impuissance, baisse de la libido, vaginisme, surtout pour les victimes de viol.
-
D. Complications/ Comorbidités
○ Troubles anxieux et dépressifs:
- Risque augmenté de troubles paniques, TAG et troubles phobiques.
- Troubles dépressifs sont fréquemment observés, plus perceptible après 3ans de l'événement
traumatique.
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○ Troubles des conduites :
- Abus d’alcool et de substances toxiques : dans un but anxiolytique et hypnotique.
- Impulsivité
- Tentatives de suicide : lors d’un raptus anxieux ou dans le cadre d’un état dépressif.
○ Troubles psychotiques :
Schizophrénie ou psychoses aiguës, le délire est surtout interprétatif et persécutif.
○ Répercussions familiales et professionnelles :
- Au début, l’entourage se préoccupe de la victime, mais ultérieurement les troubles suscitent
incompréhension, exaspération et rejet.
- La surprotection de la part de l’entourage : ‘position de malade’, entretient les symptômes traumatiques.
- Sur le plan professionnel : sentiment d’incapacité de travailler et évitement professionnel.
- L’abandon des activités et l’évitement sont à l’origine d’un isolement social et affectif.
E. Facteurs de mauvais pronostic
- sexe feminin - tentatives de suicide
- période de latence longue - mauvais soutien social
- Intensité de l'événement - antécédent d'affection psychiatrique
- formes dissociatives - violence infantiles
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XI. Etiopathogénie
A. Événement traumatique
Le pouvoir pathogène d’un événement catastrophique dépend de :
- Sa violence. Son pouvoir destructeur. Son étendue et son impact
B. Vulnérabilité personnelle
Le même événement peut être sans effet pour les uns et définitivement invalidant pour les autres.
La vulnérabilité d’un sujet dépend de sa :
- prédisposition à décompenser.
- conjoncture : sujet épuisé, isolé, mal encadré.
- résonance personnelle.
C. Neuro-endocrinologie et neurobiologie
○ Noradrénaline et cortisol et axe HHS :
⇒Réaction de stress normale : décharge des catécholamines (adrénaline et noradrénaline) modulée par
l’axe HHS, par une libération retardée du cortisol.
⇒Dans le PTSD : la libération retardée du cortisol est insuffisante, avec augmentation paradoxale de la
sécrétion du CRH et persistance de l’activité HHS, responsable d’un défaut d’extinction du souvenir et la
constitution d’une mémoire émotionnelle intense.
○ Sérotonine :
L’hypothèse d’un dérèglement sérotoninergique découle de l’efficacité des ISRS dans le trt du PTSD, les
explications révèlent du rôle de régulation sérotoninergique dans le système limbique.
○ GABA :
Dans le PTSD, une hyperstimulation du système GABAergique par les neurostéroïdes provoque une
diminution de la concentration plasmatique des Bêta-endorphines.
D. Neuro-anatomie
○ Système limbique :
Dans le PTSD, les données de la neuro-imagerie fonctionnelle montre :
- hyperactivité amygdalienne
- hypo-activité hippocampique
- défaut d’activation du cortex préfrontal.
Ce qui en résulte: l’amygdale participe à l’apparition du trouble, alors l’hippocampe et le cortex
préfrontal interviennent dans la persistance du trouble.
○ Cortex temporal :
Le dysfonctionnement du cortex temporal supérieur peut expliquer certains symptômes tels que
l’hypervigilance et l’anxiété.
E. Théorie cognitive et comportementale
- L’assimilation : c’est le fait d’intégrer de nouvelles données environnementales aux schémas
comportementaux préexistants, pour s’adapter aux conditions extérieures.
⇒ L’ESPT survient alors si les informations émotionnelles dépassent les capacités d’assimilation
cognitive.
- Le conditionnement : Des stimuli a priori neutres émotionnellement entraînent une reviviscence par
conditionnement type pavlovien.
- La métacognition : c’est la conscience de sa propre pensée.
⇒ L’auto-attribution d’évènements négatifs augmentent le risque de développer un ESPT après un accident.
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F. Théorie psychanalytique
Freud situe la névrose traumatique dans les névroses actuelles.
Il compare l’organisme à une vésicule vivante protégée contre l’environnement par une couche externe
de défense.
- Le trauma traverse cette couche et demeure au sein de cette vésicule comme un corps étranger.
- L’appareil psychique tente d’évacuer ce corps étranger en remontant des fonds de l’inconscient vers les
étages supérieurs, cette réémergence donne naissance aux répétitions (réviviscence).
G. Approche phénoménologique
Bouleversement de la temporalité marquée par une réorganisation du passé par des choix mnésiques
arbitraire et un conditionnement du futur (d’où l’impression d’un avenir bouché et de temps suspendu)
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XII. Prise en charge
A. Objectifs
- Traiter les symptômes
- Réduire le niveau de détresse
- Prévenir l’aggravation et les complications (addictives et dépressives)
- Améliorer le fonctionnement et la qualité de vie.
B. PEC générale
Aux urgences, traitement des conséquences physiques médicales et/ou chirurgicales
Réalimentation, réhydratation, antalgie, correction des troubles ioniques et hématologiques.
Consultation de médecine légale et démarches administratives.
C. PEC médico-psychologique
1. Phase immédiate : defusing
Le defusing ou déchoquage psychologique vise à réduire la charge émotionnelle et à identifier les
personnes les plus vulnérables afin de leur proposer des soins spécialisés.
Cette technique a pour objectifs :
- Repérage et traitement des patients présentant des manifestations aiguës de stress, notamment
dissociatives.
- Mise à disposition d’une aide psychologique sans imposer une expression verbale.
- L'information des victimes et de leurs proches
- Eviter l’isolement et privilégier la réintégration dans sa collectivité
2. Phase poste-immédiate
Debriefing ou Catharsis
L'efficacité du débriefing individuel ou collectif reste controversée.
- Il consiste à faire revivre l'événement accompagné de sa charge émotionnelle, qui permet aux victimes de
verbaliser l'expérience dans ses dimensions factuelles (déroulement de l'événement), cognitive et
émotionnelle.
- Dans le double but d'un soulagement immédiat, et de produire un effet préventif.
Le traitement médicamenteux n'est pas systématique.
- En cas de manifestations anxieuses persistantes, on pourra proposer une anxiolyse en évitant les
benzodiazépines, suspectées d’altérer le processus de mémorisation de l'événement traumatique.
- Les antihistaminiques (hydroxyzine) ou les bêtabloquants (propranolol) sont à privilégier.
3. Phase différée : ESPT constitué
● Psychothérapie
⇒ Psychothérapie de soutien
Confiance, sécurité, réassurance, verbalisation ..
⇒ TCC centrée sur le trauma
Plus efficaces si commencées précocement.
Elles ont pour objet la gestion de l’anxiété et la lutte contre les évitements.
Les techniques comportementales exigent un apprentissage préalable de la relaxation
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○ Exposition en Imagination
Elle consiste en la présentation imaginaire de l'événement traumatisant jusqu'à ce que la scène ne provoque
plus une forte anxiété ..
○ Exposition graduée
Elle consiste en l’établissement d’une hiérarchie basée sur la chronologie des événements conduisant au
trauma puis l’évocation progressive de cette hiérarchie sous relaxation.
○ Restructuration cognitive
Les thérapies cognitives du PTSD cherchent à rendre le trauma intégrable en travaillant la perception,
l’interprétation et le traitement des informations qui concernent l'événement.
Le thérapeute cherchera à éliminer certaines distorsions cognitives, à modifier les pensées négatives du
sujet et à l’aider à les reformuler de façon positive.
⇒ EMDR
L’EMDR est actuellement préconisée en première intention.
- Les symptômes de l’ESPT sont liés à l’encodage inadéquat des informations attachées à l’événement
traumatisant.
- Séries de stimulations bilatérales alternées rapides :
⇒ En rappelant les aspects sensoriels de l’événement traumatique.
⇒ En associant une pensée positive à ce souvenir.
⇒ Jusqu’à ce que le souvenir ne génère plus de perturbations et de sensations désagréables.
⇒ Relaxation
La plus utilisée est celle de Schultz. L’apprentissage méthodique de la relaxation permet de diminuer l’excès
de tension musculaire et psychique afin de permettre une régulation émotionnelle optimale.
⇒ Hypnose
L’hypnose peut être utilisée comme une psychothérapie pour :
- Le contrôle de l’anxiété.
- Revivre les éléments déniés ou refoulés.
- La cicatrisation de l’aspect dissociatif (impression qu’une partie de son être est restée à
l’évènement)
⇒ Cure psychanalytique
Le but de cette psychothérapie est d’intégrer l’expérience traumatique à l’ensemble de sa vie.
⇒ Approche systémique
La qualité du support familial est un élément déterminant du pronostic après un traumatisme psychique.
● Traitements pharmacologiques
⇒ Antidépresseurs:
- la Paroxétine et la Sertraline ont l’AMM dans le PTSD
- les autres AD peuvent être utilisés hors AMM (ISRS, IRSNA, ATC)
⇒ Autres médicaments :
Le traitement symptomatique de l’insomnie, de l’anxiété ou d’autres troubles, doit éviter les BZD et reposer
sur les autres catégories de traitements anxiolytiques (antipsychotiques sédatifs, hydroxyzine ..).
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D. Recommendations
● Les psychothérapies
Le traitement de choix est la TCC centrée sur le traumatisme ou l’EMDR
- Le traitement psychothérapique est proposé quel que soit le délai écoulé depuis le traumatisme.
- Le traitement est conduit en entretiens individuels.
● Le traitement médicamenteux
Les antidépresseurs ne sont pas indiqués en première intention.
- Ils sont indiqués dans les formes chroniques qui durent depuis plus de un an (dépression quasi
systématiquement associée).
- Troubles de sommeil importants : un traitement hypnotique de courte durée peut être proposé
- L’efficacité de l’association TCC et ISRS peut être supérieure à celle de chaque traitement isolément.
- Si le traitement médicamenteux est efficace, il doit être poursuivi 1 an avant d’envisager l’arrêt progressif.
E. Cas particulier de l’enfant : TCC
La TCC est indiquée et doit être adaptée à l’âge et au niveau de développement.
Aucune étude évaluant l’efficacité des médicaments n’est disponible chez l’enfant.
Selon la disponibilité, les parents ou la famille peuvent être impliqués dans la thérapie
F. Prise en charge sociale
L’approche sociale par le biais de personnes ressources (famille, assistante sociale…)
Une réinsertion sociale et professionnelle, en insistant sur le fait que ce problème concerne toute la
communauté (famille, collectivité, employeurs, services publics…).
Création et recours à des cellules d’écoute et des associations de victimes et d’aide aux victimes.
G. Prise en charge juridique
Le volet juridique a pour rôle d’apporter protection aux victimes et de les éclairer sur leurs droits.
La réhabilitation passe par la reconnaissance de statut de victime par le thérapeute mais aussi par l’expert
pour permettre au patient d’avoir droit à la réparation de point de vue juridique .
La non reconnaissance des troubles constitue une source d’aggravation des troubles et enferme la le patient
dans son statut de victime sans possibilité d’en sortir.
XIII. Conclusion
L’intérêt actuel suscité par les troubles psychotraumatiques est lié à la fréquence et aux conséquences
psychiques des événements traumatiques.
L’événement traumatique est soudain et potentiellement mortifère.
Il est important de reconnaître les troubles immédiats et post-immédiats afin de proposer un traitement curatif
mais aussi une prise en charge préventive précoce pour éviter l'apparition des troubles retardés de l’ESPT.
La prise en charge est le plus souvent mixte, psychothérapeutique et médicamenteuse, pour éviter un passage
à la chronicité et les fréquentes comorbidités. Ainsi qu’un volet socio-juridique afin d’assurer une réinsertion
sociale, professionnelle et indemnisation des victimes.
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