FÉVRIER 2025
Dossier préparatoire
La pollution sonore
Nom
Foyer
F. Deblois, O. Demètre-Formisano, G. Fortin
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CONSIGNES
1. Vous disposez de cinq jours pour vous préparer à cette épreuve d’écriture. Il vous est formellement
interdit de diffuser le contenu du présent dossier.
2. Le jour de l’épreuve, vous aurez 3 heures 15 minutes pour rédiger une lettre ouverte d’environ 500 mots.
3. Vous pourrez consulter uniquement votre feuille synthèse comprenant vos notes manuscrites, un
dictionnaire usuel, une grammaire, un recueil de conjugaison et tout autre dictionnaire spécialisé
unilingue français (un dictionnaire des synonymes, par exemple).
4. Il vous sera strictement interdit d’avoir en votre possession tout appareil électronique (téléphone
intelligent, baladeur numérique, montre intelligente, etc.) qui permet la communication, la
navigation sur Internet, la traduction de textes ou la création, l’enregistrement ou la consultation
de données. Un élève qui contrevient à ce règlement doit être expulsé de la salle d’examen et
déclaré coupable de tricherie.
5. Pour rédiger la version définitive de votre texte, vous devrez utiliser un stylo à encre ineffaçable, de
couleur bleue ou noire.
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PRÉSENTATION DE L’ÉPREUVE
E
n tant qu’élève de cinquième secondaire, vous avez appris à faire preuve
de jugement critique et à donner votre opinion à propos de plusieurs sujets controversés. Notre équipe
est curieuse de connaître votre avis sur une question qui aura trait à la censure pollution sonore et vous
propose d’écrire un texte argumentatif qui pourrait être publié prochainement sur le site Web de votre école.
Depuis que vous fréquentez l’école, vous avez développé de nombreuses compétences en français, et ce, en
faisant différentes lectures, en rédigeant des textes variés, en ayant recours à l’écoute ou en prenant la parole
dans vos cours. Le défi qui vous est maintenant proposé a pour but d’évaluer vos compétences en rédaction.
Pour vous préparer, vous devrez faire une lecture critique de divers textes et discuter avec d’autres personnes
du sujet présenté.
Dans quelques jours, vous devrez rédiger une lettre ouverte dans laquelle vous défendrez une thèse soutenue
par une argumentation solide, portant sur la censure pollution sonore. Ce dossier préparatoire vous aidera à
réfléchir sur le sujet proposé et à bien préparer votre lettre ouverte. En plus de la politique éditoriale, il inclut
des activités préparatoires, un dossier de lecture, des éléments de discussion, une grille d’évaluation ainsi
qu’une feuille synthèse sur laquelle vous pourrez prendre des notes. D’ailleurs, vous ne serez pas autorisé à
consulter ce dossier au moment de rédiger votre lettre, mais vous aurez droit à votre feuille synthèse.
Le jour de l’épreuve, une question sur le sujet à traiter vous sera soumise. Vous devrez y répondre en faisant valoir
vos idées et en vous appuyant sur des preuves et des arguments convaincants et pertinents. Vous disposerez
de 3 heures 15 minutes pour rédiger cette lettre ouverte d’environ 500 mots.
Bonne préparation et au plaisir de vous lire !
L’équipe du site Web
POLITIQUE ÉDITORIALE
Le texte que vous allez rédiger pourrait être publié sur le site Web de votre école. Puisque ce site s’adresse à
un vaste lectorat (élèves, parents, enseignants, etc.), vous devrez respecter la politique qui s’y applique, soit :
▪ traduire des réalités propres au Québec ;
▪ susciter l’intérêt et la réflexion des lecteurs ;
▪ respecter la propriété intellectuelle ;
▪ avoir recours à des informations fiables ;
▪ éviter les propos de nature trop personnelle (par exemple, les anecdotes) et ceux qui pourraient mettre
en cause l’intégrité ou la réputation de quiconque ;
▪ utiliser un registre de langue standard.
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Atelier préparatoire
Ce que signifie pour vous la pollution sonore
1. Expliquez dans vos propres mots ce qui vous vient en tête lorsque vous entendez : pollution sonore.
2. Cherchez dans un dictionnaire la signification du mot bruit.
3. Comment réagissez-vous au bruit ambiant ? Comment réagissez-vous au silence ?
4. Dans quel contexte vous sentez-vous le plus à l’aise ? Expliquez votre réponse en donnant des
exemples tirés de votre vie quotidienne.
5. Dans quels contextes et dans quels lieux êtes-vous sujets à subir ce type de pollution ? Expliquez
votre réponse en donnant des exemples tirés de votre vie quotidienne.
6. Pensez-vous que vous-même vous participez à ce type de pollution ?
OUI NON
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7. Selon vous, quels aspects ou quels contextes de notre vie la pollution sonore peut-elle affecter ?
Cochez ce qui vous semble pertinent et expliquez vos choix en donnant des causes et des
conséquences possibles.
Causes Conséquences
Santé physique
Santé mentale
Contexte scolaire
Sécurité citoyenne
Relation / Cohabitation
Mode de vie
Transport
Environnement
Vie à la campagne
Vie citadine
8. Notes personnelles après l’écoute des reportages et documentaires disponibles sur Wix / Lecture /
Dossier actualité / La pollution sonore.
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Texte 1
« La pollution sonore serait néfaste pour l'ensemble de notre corps »
Jason Bittel, National Geographic
8 novembre 2023
Du cœur au cerveau, une exposition chronique au bruit peut avoir des effets nocifs sur notre santé globale.
Les bruits forts ou répétitifs peuvent endommager les membranes et les nerfs qui nous permettent d’entendre et
provoquer des problèmes en cascade dans l’ensemble du corps. Ce scanner de l’oreille moyenne montre la
membrane tympanique (bleu clair), le malleus (violet), l’enclume (vert) et l’étrier et la fenêtre de la cochlée (bleu
roi).
Du chant du merle au roulement du train qui passe, les sons sont le produit de vibrations qui se propagent dans
l’air, dans le sol ou dans l’eau sous la forme d’ondes invisibles.
Quand ces ondes sonores pénètrent dans nos oreilles, elles font vibrer de minuscules membranes, os et cellules
ciliées, et cela déclenche des signaux électriques que notre cerveau interprète sous la forme de sons.
Mais quand ces sons sont extrêmement forts ou fréquents, ils peuvent s’avérer nocifs pour le corps humain.
« On peut s’exposer au son au point de détruire son ouïe », prévient Erica Walker, épidémiologiste à l’Université
Brown.
Ces sons bruyants ou répétitifs ne se contentent pas d’endommager les membranes, les cellules ciliées ou les
nerfs qui nous permettent d’entendre, ils peuvent également perturber notre sommeil et entraîner des problèmes
en cascade dans l’ensemble du corps.
« La perturbation de l’humeur conduit à l’activation d’une réponse combat-fuite de la part de votre corps, explique
Erica Walker. C’est la même réaction qui a lieu quand vous êtes dans une allée mal éclairée, que vous apercevez
un pitbull féroce et que votre corps dit : "Sois je m’enfuis de cette situation, soit je l’affronte." »
LE POUVOIR DU BRUIT
Alors, quel est le seuil de décibels à ne pas dépasser ?
Selon l'Institut National de Recherche et Sécurité (INRS), organisme de référence dans les domaines de la santé au
travail et de la prévention des risques professionnels, le seuil de tolérance du bruit pour une exposition d'une durée
de huit heures de travail par jour est fixé à 85 décibels (dBA), c’est-à-dire au bruit d’une tondeuse à gazon, d’un
aspirateur ou d’outils à moteur. En d’autres termes, les sons de cette plage sonore peuvent vous forcer à crier pour
être entendu par une personne se trouvant à 1 mètre à peine.
Plus le volume augmente, plus la durée pendant laquelle vous y êtes exposé devrait être faible. Par exemple, pour
les sons qui avoisinent les 100 dB (comme ceux produits par un chantier), il est recommandé de ne pas dépasser
une exposition de quinze minutes sans protections auditives.
C’est une chose de sortir d’un concert avec les oreilles qui sifflent ou d’être surpris par un bruit soudain et fort,
mais comment cela affecte-t-il votre santé ? « Quand cette réaction au stress est activée, votre respiration
s’accélère ; votre rythme cardiaque augmente. Votre corps libère tout un tas d’hormones », décrit Erica Walker, qui
dirige également le Community Noise Lab de l’Université Brown.
Selon Erica Walker, si cela se produit une ou deux fois, ce n’est pas forcément grave, mais au fil du temps, une
stimulation constante de la réaction de stress de votre corps, c’est-à-dire une exposition chronique au bruit, peut
vous rendre plus vulnérable à des problèmes de santé graves.
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« La littérature scientifique concerne en grande partie le domaine cardiovasculaire, indique-t-elle. L’hypertension,
l’infarctus du myocarde, la mortalité liée au maladies cardiovasculaires. »
D’après une estimation, l’exposition chronique au bruit engendrerait 48 000 nouveaux cas de cardiopathie en
Europe chaque année et affecterait la quantité et la qualité de sommeil de 6,5 millions de personnes. Le bruit peut
faire augmenter votre tension artérielle et votre rythme cardiaque même quand vous dormez, ce qui peut en plus
être associé à un poids de naissance plus faible chez les nourrissons ou à l’apparition d’un diabète de type 2.
Mais il peut également y avoir un aspect psychologique, en particulier si on a l’impression que la maîtrise des bruits
auxquels on est exposé nous échappe. Selon Erica Walker, cela peut faire des dégâts sur la santé mentale :
anxiété, dépression, etc.
L’IMPORTANCE DU SOMMEIL
On pourrait penser que le besoin de sommeil du corps s’explique de lui-même ; passez-vous-en ne serait qu’une
journée et voyez l’état miteux dans lequel vous êtes... Mais l’importance du sommeil est probablement encore plus
cruciale que vous ne le pensez.
« Il est communément admis que le sommeil favorise l’apprentissage et la consolidation de la mémoire, la
croissance des cellules et des tissus et leur réparation », explique par e-mail Chandra Jackson, chercheuse-en-
chef aux Instituts américains de la santé (NIH).
Le sommeil est aussi le moment où notre corps se débarrasse des toxines du cerveau et renforce le système
immunitaire, ajoute-t-elle. De même, quand le sommeil est perturbé, cela peut engendrer une multitude d’effets
physiologiques : dysfonction vasculaire, changements dans le métabolisme du glucose et dérégulation de l’appétit.
De manière intéressante, la capacité du son à interférer avec notre sommeil est probablement ce qui a maintenu
les humains en sécurité à travers leur histoire évolutive. Même quand vous dormez, vos oreilles scrutent
activement l’obscurité en cas de menace potentielle.
« Les bruits nocturnes peuvent fragmenter la structure du sommeil en induisant des réveils, en créant des
difficultés à l’endormissement et en modifiant le sommeil de sorte qu’il soit plus léger et moins réparateur »,
explique Chandra Jackson.
De manière similaire, d’après elle, un sommeil perturbé de manière chronique est associé à une multitude de
problèmes de santé tels que l’obésité, le diabète, l’hypertension, des maladies cardiovasculaires et une fonction
cognitive diminuée.
Bien entendu, en matière de sommeil, nul besoin que les bruits soient particulièrement forts pour entraîner des
problèmes. Selon Chandra Jackson, dès 30 à 40 dB, des sons peuvent faire gigoter, se retourner ou se réveiller
une personne. Cependant, les sons de cette plage, qui peuvent être aussi bas qu’un léger murmure, ne sont selon
elle associés qu’à des effets modestes sur la santé.
En revanche, quand le volume atteint 40 à 50 dB, voire plus, les effets nocifs sur la santé sont criants.
L’ÉLÉMENT HUMAIN
La chose intéressante en matière de pollution sonore, c’est qu’elle peut être extrêmement subjective.
« J’ai vu beaucoup de choses différentes influencer ce qu’une personne considère être un son et ce qu’elle
considère être un bruit », remarque Erica Walker, qui travaille auprès de communautés afin d’évaluer sources de
bruit et de leur trouver une solution. « C’est fonction du vécu, de la culture et d’un tas de choses différentes. Je
pense que parce que nous sommes tous uniques, nous avons chacun notre manière de digérer les choses. »
« La paix d’une personne est le chaos d’une autre », fait-elle observer.
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Les scientifiques sont également en train de découvrir que les zones bruyantes ne se trouvent pas toujours là où
s’y attend.
« Je travaille beaucoup en contextes ruraux, et ils peuvent être tout aussi bruyants, voire plus bruyants, que les
zones urbaines, et ce, pour des raisons bien différentes », affirme Erica Walker.
Par exemple, nous nous sommes habitués à recevoir des biens et des services du jour au lendemain, mais les
infrastructures et le trafic nécessaires pour que cette distribution soit possible est de plus en plus synonyme de
sacrifice de la paix et du calme.
« Beaucoup de ces zones rurales accueillent les entrepôts de distribution, explique Erica Walker. Et ils fonctionnent
vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. »
SE PROTÉGER DE LA POLLUTION SONORE
Comment éviter de succomber à la pollution sonore ? La première solution est évidente.
Les bouchons d’oreille peuvent réduire drastiquement l’effet du bruit en bloquant les ondes sonores avant qu’elles
n’atteignent l’oreille interne. Les casques à réduction de bruit produisent un effet similaire, mais en émettant des
ondes sonores qui complètent et annulent les bruits qui vous entourent. Selon Erica Walker, les appareils de ce
type sont également utiles en ce qui concerne les effets psychologiques de la pollution sonore, car ils nous aident à
retrouver une impression de contrôle sur notre environnement.
Cependant, elle met en garde : en écoutant de la musique à volume élevé, ces mêmes casques peuvent envoyer
des ondes sonores à des niveaux suffisamment forts pour entraîner des lésions.
« J’ai vu un nombre incalculable d’enfants souffrant d’acouphènes », déplore-t-elle en se référant à la sensation
auditive qui nous fait entendre un sifflement, un bourdonnement, voire même un rugissement alors qu’aucun son
véritable n’est émis au sein de notre environnement. « Les acouphènes, on en a après vingt ans à l’usine ou quinze
ans dans l’armée. Et ces enfants de dix ans en souffrent déjà. »
L’Organisation mondiale de la santé estime que 1,1 milliard de jeunes âgés de 12 à 35 ans risquent une perte
d’audition à cause d’une exposition chronique au bruit.
Pour que le bruit n’anéantisse pas votre sommeil, des études suggèrent de mettre du bruit blanc toute la nuit afin
de masquer d’autres sons. Les spécialistes suggèrent également de modifier votre chambre de sorte à vous
protéger des bruits nocturnes.
« Ajoutez des surfaces molles qui contribuent à bloquer ou à étouffer le bruit, [par exemple] des décorations
murales, des tuiles acoustiques, [ou une] porte plus épaisse », conseille Chandra Jackson.
Bien entendu, la meilleure façon de riposter face à la pollution sonore est de cibler la source, mais c’est aussi la
plus difficile quand on est confronté à des sons émis par des chemins de fer, des aéroports, des autoroutes ou des
centres agricoles et industriels.
« Le bruit de nos villes est dû à un aménagement urbain désastreux, regrette Erica Walker. Nous sommes en
grande partie responsables de cela, nous devons l'accepter et réfléchir aux façons de changer cela et d’aller de
l’avant. »
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Texte 2
« Annulation du bruit : pour que vos oreilles vous remercient »
Alain McKenna, La Presse
2 octobre 2024
Les AirPods 4 avec ANC atténuent le bruit ambiant.
Une personne sur dix au Québec souffre de problèmes auditifs. À ce rythme, ce sera une personne sur quatre
dans 25 ans. La pollution sonore est en cause, bien sûr. Des écouteurs comme les AirPods aussi, mais avec
l’annulation active du bruit, ils peuvent désormais faire partie de la solution.
On le réalise rarement, mais on le fait souvent : on écoute de la musique à un niveau sonore trop élevé. La clé, si
on veut préserver une bonne santé auditive, c’est de ne pas le faire trop souvent ni trop longtemps.
En fait, la clé, c’est de ne pas s’exposer à n’importe quelle source sonore élevée plus d’un certain nombre d’heures
chaque semaine. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) donne des directives claires : pas plus de 40 heures
par semaine de bruit à 75 décibels pour les 18 ans ou moins. Les adultes peuvent monter le son, juste un peu, à
80 décibels.
Sauf que l’échelle du son est logarithmique, ou autrement dit, exponentielle. Le niveau sonore monte plus vite qu’on
le pense quand on augmente le volume. Même juste un peu : les jeunes devraient diminuer de moitié, soit le
réduire à 20 heures par semaine seulement, le temps passé dans un lieu où le niveau sonore se situe à
78 décibels, à peine 3 décibels de plus.
En passant, 80 décibels, c’est somme toute assez banal : c’est le bruit que fait la tonalité d’un téléphone résidentiel
quand on porte le combiné à son oreille ; 75 décibels, c’est le niveau sonore que peut atteindre une salle de classe
un peu animée. Le bureau où vous travaillez 35 heures par semaine a probablement un niveau sonore moyen de
65 à 70 décibels.
Bref, nos oreilles atteignent leur quota de décibels beaucoup plus vite qu’on le pense… et encore plus vite chez les
jeunes. D’ailleurs, toujours selon l’OMS, la moitié des gens âgés de 12 à 35 ans aujourd’hui risquent de développer
des troubles auditifs plus tard dans leur vie.
Avec ou sans ANC ?
« On ne s’en aperçoit pas, parce que c’est subtil, mais chaque fois qu’on s’expose à un son trop fort, on
endommage la structure auditive de ses oreilles. On en paie le prix plus tard seulement », dit Joanie Farmer,
audiologiste et conseillère aux affaires professionnelles de l’Ordre des orthophonistes et des audiologistes du
Québec.
L’image qui vient immédiatement en tête est celle d’un jeune avec de petits écouteurs blancs qui lui sortent des
oreilles. Ces écouteurs que plusieurs d’entre nous semblent porter en quasi-permanence. On voit des gens les
porter au bureau, à l’épicerie, dans la rue… et même derrière le volant (ce qu’on déconseille vivement !).
C’est normal, docteur ? Joanie Farmer nuance : « Porter des écouteurs n’a rien de dangereux [pour les oreilles].
C’est dangereux de les porter trop longtemps, réglés à un volume trop élevé. »
Depuis quelques années, ce sont les AirPods d’Apple qui représentent le nec plus ultra de l’écouteur sans fil. Il
existe des centaines d’autres marques d’écouteurs similaires, bleus, rouges, noirs, plus abordables, de meilleure
fidélité sonore, etc. Mais parce qu’Apple, c’est Apple, ses AirPods blancs se sont imposés.
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Cet automne, Apple a lancé la quatrième génération d’AirPods. Leur principale nouveauté : une version des
iconiques écouteurs blancs hérite d’une annulation active du bruit ambiant, ou « ANC » (Active noise-cancelling,
en anglais).
Les audiologistes se réjouissent de voir apparaître sur le marché ces nouveaux AirPods. « C’est génial », s’exclame
Joanie Farmer. « Ça existait déjà avant, bien sûr. C’est une super bonne affaire. Avec l’annulation du bruit ambiant,
on peut réduire le volume sonore de nos écouteurs. Ça permet d’écouter plus de musique, plus longtemps. »
AirPods 4
Les AirPods 4 avec ANC sont étonnamment bons à masquer le bruit ambiant. Normalement, des écouteurs
ajoutent à leur arsenal antibruit des embouts de silicone qui bouchent le canal auditif pour mieux masquer la
clameur environnante. Pas eux. On entend donc encore le bruit ambiant, mais de façon atténuée.
Les deux seuls défauts des AirPods 4 avec ANC sont qu’ils ne tiennent pas toujours parfaitement dans les oreilles,
et qu’ils coûtent cher, à 249 $. Il existe des écouteurs avec ANC plus abordables : Jabra, Nothing, OnePlus et bien
d’autres encore en vendent de très bons. Ils ont tous un embout de silicone.
Apple a aussi muni ses AirPods d’une série de fonctions additionnelles d’atténuation des bruits trop élevés. On peut
même régler une limite sonore, par un iPhone, exprimée… en décibels.
Votre portefeuille va peut-être grogner, mais vos oreilles vont vous remercier. Ou celles de vos enfants.
À combien de décibels s’élèvent les bruits de votre quotidien ?
L’Ordre des orthophonistes et des audiologistes du Québec donne sur son site web des exemples des différents
niveaux sonores. En voici quelques-uns :
• Salle de classe : 65 décibels
• Aspirateur : 70 décibels
• Trafic urbain : 80 décibels
• Baladeur au volume maximal : 100 décibels
• Concert rock : 110 décibels
Source : Ordre des orthophonistes et des audiologistes du Québec
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Texte 3
« La pollution sonore nuit à la biodiversité »
Le Mag
11 mars 2020
Dans un rapport publié en mars 2020, Bruitparif inventorie les principaux méfaits du bruit des activités humaines
sur la biodiversité marine et terrestre.
Les zones où l’on n’entend plus que des sons d’origine naturelle ont diminué de 50 % à 90 % par rapport à
l’époque préindustrielle. Bruitparif explique dans l’introduction de son rapport1 : « Du fait de l’expansion des
activités humaines à l’échelle du globe et de la généralisation de l’industrialisation au cours du XXe siècle, rares
sont devenus les lieux exempts de toute perturbation sonore d’origine humaine, qu’il s’agisse des milieux terrestres
comme des océans. » Les pollutions sonores ont pris une telle ampleur qu’elles sont fortement présentes même
dans les zones naturelles protégées au niveau international.
Même le plancton est affecté !
En mer, l’accroissement du trafic maritime et de ses motorisations en est la principale cause, mais les activités
industrielles offshore se développent également, l’implantation d’éoliennes notamment. Ces sources de bruit
affectent les animaux marins de diverses manières en gênant la communication entre eux pour la recherche de
nourriture, la reproduction, l’orientation et les déplacements, ainsi que la préservation face aux prédateurs,
l’éducation des jeunes, etc. Le bruit peut même être néfaste pour leur audition ou provoquer des stress mortels.
Bruitparif détaille les méfaits connus pour les différentes espèces de mammifères marins, poissons, invertébrés, et
aussi le plancton.
Des conséquences sur la flore
Sur terre, les animaux connaissent les mêmes difficultés pour vivre et se reproduire. Les trafics routier, ferroviaire et
aérien propagent leurs nuisances sonores dans leurs environs, de même que les chantiers, les mines et carrières,
ou encore l’exploitation forestière. À cela s’ajoute le bruit des villes et de l’urbanisation croissante. Les
comportements de toutes sortes d’animaux en sont affectés : mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles, insectes.
La désertion ou, au contraire, la fréquentation accrue d’un lieu, qui en résulte, a bien sûr des conséquences sur la
flore. La biodiversité est un tout.
Les zones où l’on n’entend plus que des sons d’origine naturelle ont diminué de 50 %
Un guide contre le bruit sous-marin
Afin de limiter l’impact des émissions acoustiques sur la faune marine, le ministère de la Transition écologique et
solidaire a publié un guide méthodologique pour lutter contre le bruit sous-marin. Paru en juin 2020, ce document
aide désormais les services de l’État dans l’instruction des dossiers de projets d’aménagements côtiers et offshore,
et permet d’informer tous les acteurs concernés. Divers textes officiels et guides techniques et méthodologiques
servent également la lutte contre les nuisances sonores sur terre et dans les airs.
1 – Bruit et biodiversité – Mars 2020
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Texte 4
« Un radar pour freiner les excès… sonores »
Nicolas Bérubé, La Presse
11 mars 2024
Paris et New York se dotent de radars sonores pouvant produire des constats d’infraction en cas de bruits routiers
excessifs dommageables pour la santé.
La nuit tombe quand un motocycliste fait hurler sa moto, créant une onde sonore assez puissante pour alerter tout
un quartier.
Rarement observées par les forces de l’ordre, et rarement punies, ces nuisances publiques sont monnaie courante
dans les villes et les municipalités du Québec.
En France et aux États-Unis, des dispositifs appelés radars sonores, visant à s’y attaquer, voient le jour.
« L’idée est d’avoir un appareil muni d’une caméra de très haute définition et de plusieurs micros, et qui est capable
de photographier la plaque d’immatriculation du véhicule à l’origine d’un bruit excessif », explique Martin Robert,
président d’Espacenet, à Morin-Heights, dans les Laurentides.
Un constat d’infraction est ensuite donné par les services policiers et envoyé par la poste au propriétaire du
véhicule.
En France, un projet pilote réalisé l’an dernier a été concluant, et quatre appareils homologués et prêts à donner
des constats d’infraction seront installés en 2024 à Paris et dans les environs. En 2023, des radars sonores ayant
la capacité de donner des constats d’infraction pour des bruits dépassant 85 décibels à une quinzaine de mètres
du dispositif ont été installés à New York.
Le Québec s’y met
Au Québec, des sonomètres commencent à être mis en service dans différentes municipalités.
Depuis un an, l’entreprise de Martin Robert a livré et installé plusieurs radars sonores qui font une lecture du bruit
en temps réel. Trois radars sont situés à Morin-Heights, un à Lachute et un à Saint-Calixte, dans Lanaudière.
Sonomètre pédagogique installé près d’une route
Il s’agit de radars pédagogiques, semblables aux radars de vitesse qui se multiplient le long des routes du Québec,
qui ne prennent pas de photo et ne produisent pas de constats d’infraction.
Pour l’instant, on a une mission d’information, de prise de conscience que le bruit dérange.
Martin Robert, président d’Espacenet
M. Robert note que c’est l’augmentation du trafic, routier et des nuisances qui en découlent, qui pousse certaines
municipalités à vouloir éduquer les conducteurs.
« Les routes sont de plus en plus achalandées, il y a des motocyclistes qui aiment faire du bruit, et aussi des
camionneurs qui utilisent leur frein moteur. Pour les gens qui habitent près d’un boulevard ou près d’une côte, ça
peut devenir l’enfer. »
Les radars pédagogiques d’Espacenet affichent une oreille rouge sur un écran numérique lorsque le bruit perçu
dépasse le seuil de 83 décibels. Lorsque le bruit dépasse 88 décibels, l’oreille rouge clignote rapidement et un
message sur le bruit excessif s’affiche.
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Les données sont en train d’être recueillies et seront analysées. De façon anecdotique, certains comportements
semblent changer, dit M. Robert.
« L’autobus scolaire qui passe dans la côte devant notre bureau faisait excessivement de bruit avec son moteur,
mais depuis l’installation du sonomètre, on a vu un changement. Les conducteurs prennent conscience que le bruit
dérange. »
Montréal à l’affût
À la Ville de Montréal, on dit être en train d’étudier la question de l’environnement sonore dans le cadre de
l’élaboration d’une politique de la vie nocturne.
« Nous allons être attentifs au déploiement de cette technologie dans les autres villes », explique Simon Charron,
attaché de presse du cabinet de la mairesse et du comité exécutif.
La pollution sonore est un enjeu qui nous préoccupe, comme tout ce qui touche la qualité de vie de notre
population. Toutes les solutions qui favorisent la qualité de vie et la réduction de la nuisance sonore méritent d’être
étudiées.
Simon Charron, attaché de presse du cabinet de la mairesse et du comité exécutif de Montréal
M. Charron rappelle que le bruit est réglementé par les arrondissements.
« Ils réfléchissent continuellement à des solutions pour réduire les nuisances sonores. Les arrondissements
sensibilisent aussi les différents générateurs : responsables de chantier, commerces et utilisateurs d’équipement
mécanique. »
Il note que le plus récent exemple d’intervention est le projet pilote mené cet hiver par les arrondissements du
Plateau-Mont-Royal et de Rosemont–La Petite-Patrie concernant l’arrêt du flûtage lors des opérations de
chargement de la neige dans certains secteurs.
Des citoyens se plaignent régulièrement d’être dérangés par les puissantes sirènes visant à rappeler aux
propriétaires de véhicule motorisé de le déplacer avant qu’il ne soit remorqué, avant une opération de
déneigement.
D’après Santé Canada, le bruit peut avoir des effets nuisibles sur la santé physique et mentale ou du point de vue
social tels que l’ennui, l’interférence avec la communication, la perturbation du repos, du sommeil et de la
concentration, ainsi que des dommages auditifs.
« Les études suggèrent que ces effets nuisibles peuvent également augmenter le stress au point d’augmenter le
risque de certaines maladies y étant relié », note le gouvernement canadien.
Selon l’Institut de cardiologie de Montréal, « un très grand nombre d’études épidémiologiques ont noté une
association significative entre l’exposition répétée au bruit de la circulation routière, ferroviaire et aérienne et une
hausse du risque de maladies cardiovasculaires. Cet effet est particulièrement bien documenté pour le trafic
routier : selon les calculs réalisés par un groupe d’experts mandatés par l’OMS, à partir de 53 dB, chaque
augmentation de 10 dB augmente le risque de maladies cardiaques ischémiques de 8 % ».
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Texte 5
« Cohabiter avec le bruit de l’été »
Sarah R. Champagne, Le Devoir
25 juillet 2024
La belle saison : ce moment où on ouvre les fenêtres et où on se pavane sur les balcons, dans les parcs ou au
camping. Entre plaisirs et désagréments, les voisins semblent en tout cas plus près que jamais. L’été, c’est fait pour
cohabiter. Aujourd’hui, une recette sonore estivale pas toujours digeste.
Tondeuses, rénovations, réfection d’aqueducs, nettoyage des rues, arrosage mécanisé des jardinières
urbaines ; bruit de la télévision sur le balcon du voisin, du party d’en face, de la terrasse de restaurant d’à
côté ; musique des festivals et des défilés ; vrombissements des motos qui roulent 60 jours par année ou cris des
camps de jour qui s’élèvent 40 jours par été.
L’été est loin d’être doux pour les oreilles puisqu’il y a tant à faire durant cette période aussi intense qu’elle est
courte. « Il y a certainement une augmentation des plaintes pour le bruit, c’est purement factuel », rapporte
d’emblée l’acousticien Romain Dumoulin.
Depuis de nombreuses années, il se passionne notamment pour le rapport des gens au bruit, un aspect
psychologique, en plus de connaître de fond en comble les aspects sonores plus techniques. Le bruit, « c’est un
sujet sur lequel tout le monde a un avis », dit-il en souriant. Mais d’un autre côté, il a l’impression qu’il est mal vu de
s’en plaindre : « On va vite dire : “Ça fait partie du fait de vivre en ville”, mais c’est un argument ridicule pour moi.
Le corollaire est qu’on devrait tolérer n’importe quel excès, ça ne tient pas la route. »
Pas le même ressenti
Ce n’est jamais seulement le niveau de décibels qui conditionne la réaction de la population à des sons. Ce n’est
donc pas seulement « ce qu’on peut quantifier de manière objective », mais bien « le dérangement » et ce qui a un
réel effet sur la santé, expose M. Dumoulin. Les bruits liés à l’enfance ou encore aux souvenirs, par exemple les
tam-tams le dimanche au mont Royal, illustre-t-il, sont mieux reçus.
Se laisser porter par la rumeur de la ville à vélo est un autre moment agréable et pourtant plutôt bruyant.
Le paysage sonore peut être « chaotique », mais sans pointes ou sans certains types de bruits qui ont tendance à
nous agacer. Se borner à quantifier l’environnement seulement avec le niveau de décibels (et il y en a plusieurs
types !), « est l’équivalent de qualifier une soupe en donnant sa température », affirme-t-il.
Sophie Goudreau, de la Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal, est aussi d’avis que le fait
d’ouvrir les fenêtres durant l’été augmente grandement l’exposition au bruit environnemental. Les bruits peuvent
bien sûr être ponctuels, mais d’autant plus dérangeants : pensez à ce marteau-piqueur qui a fait vibrer votre
réveille-matin avant 7 h malgré l’interdiction de l’arrondissement de commencer les travaux à cette heure, ou
encore à la scie installée depuis trois semaines sur le balcon d’à côté pour des rénovations intérieures.
L’été est donc bel et bien un bon moment pour enfin s’épivarder au grand air, chanter vers le ciel ou entrer dans la
fanfare. Les enthousiastes des concerts ou de la nuit pourront être soulagés de ne pas constituer une source de
nuisance sonore ciblée d’emblée par les deux spécialistes. C’est qu’après quelques années à voir des grands titres
sur des salles de spectacle qui ferment, le monde de la nuit se sent fragilisé, faisait-on valoir en nos pages. Il faut
dire que des plaidoyers pour le « droit à la nuit » ont voulu influencer la politique de la vie nocturne en création
depuis plusieurs mois à la Ville de Montréal et la création de « zones de vitalité » a été évoquée.
Mais le bruit lié à la musique n’est visiblement pas la première préoccupation des citoyens. Pour preuve, une
équipe de la DRSP de Montréal, en collaboration avec l’Université McGill, a étudié la réaction des résidents et de
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passants du Quartier des spectacles, tout en mesurant le niveau sonore durant des festivals. « Les riverains et les
gens qui circulaient ne semblaient pas tellement dérangés », note ainsi Mme Goudreau, chercheuse du secteur
environnements urbains et santé des populations à la DRSP.
« Il y a quand même des mesures en place, comme des mesures acoustiques en continu dans le temps des
festivals, même si finalement, les gens disaient ne pas être tant impactés », expose-t-elle.
Il reste que les normes de bruit pour améliorer la cohabitation ne sont pas toujours très claires et les sons qui
s’échappent, souvent pas mesurés, avance Romain Dumoulin. « Il faut parler plus de la gestion sonore des salles.
Et beaucoup de salles ne connaissent pas encore leur impact », dit celui qui travaille aujourd’hui concrètement à
conseiller cette gestion des sons.
Le parent pauvre
C’est un peu comme rouler sur l’autoroute en ne sachant pas à quelle vitesse on va, mais en ne connaissant pas
non plus quelle est la vitesse maximale, poursuit-il. L’analogie est imparfaite, reconnaît M. Dumoulin, mais elle
s’applique aussi à toutes sortes de nuisances sonores, notamment les chantiers de construction, particulièrement
dérangeants.
L’image donne aussi une idée du contexte, puisque le climat sonore est le parent pauvre de la santé publique, du
moins sur le plan de la réglementation. Le budget bruit de Montréal correspond « probablement à celui des villes
de 50 000 habitants en France », selon lui, puisque la Ville emploie toujours seulement 2 ou 3 personnes comme
techniciens en contrôle du bruit. « C’est le parent pauvre des politiques environnementales et des politiques de
santé publique », statue l’acousticien.
« Il y a 25 ans, il n’y avait à peu près pas d’études épidémiologiques, contrairement à la pollution atmosphérique »,
précise quant à elle Mme Goudreau, pour bien marquer « tout le chemin parcouru ». Elle précise aussi que la
réglementation varie énormément d’un bruit à un autre ; des passages de train aux avions, en passant par le
climatiseur du dessus ou le ventilateur du restaurant, chacune de ces sources est régie différemment.
Aussi, même en respectant toutes les règles, « un chantier de construction peut être très impactant », donne-t-elle
comme exemple. Que ce soient les vibrations, l’imprévisibilité ou le manque de répit, les individus exposés aux
bruits des chantiers peuvent ressentir des effets sur leur santé, notamment une diminution de leur capacité de
concentration.
A contrario, un bruit très limité dans le temps, voire intermittent, mais qui survient la nuit, peut affecter la santé bien
davantage : « Même si ce sont juste cinq passages d’avions dans toute la nuit, mais que je me réveille chaque fois,
je vais être extrêmement impacté. » Les moments critiques pour la santé devraient ainsi obtenir plus d’attention.
Plus généralement, le constat de la DRSP depuis 2010 et d’autres autorités en matière de santé publique est que le
territoire montréalais est exposé à des niveaux de bruit qui dépassent les recommandations de l’Organisation
mondiale de la santé (OMS). L’exposition varie évidemment selon les zones, et une plus grande proportion des
ménages défavorisés est exposée à des niveaux de bruit plus élevés que le reste de la population montréalaise.
L’une des sources les plus prévalentes, dit l’experte, est la circulation routière dans une ville sillonnée par de
nombreuses grandes artères. Mais encore ici, le trafic peut générer un bruit constant, presque un bruit de fond ou
« bruit blanc » qui fait penser à un cours d’eau. « C’est en tout cas beaucoup mieux qu’une pioche », souligne
M. Dumoulin.
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Texte 6
« La pollution sonore menace l’équilibre des écosystèmes »
Balises, Le Magazine de la Bpi (Bibliothèque publique d’informations, Centre Pompidou)
Consulté le 5 février 2025
Les paysages sonores recèlent une richesse et une diversité souvent méconnues. Chaque environnement possède
une identité acoustique propre, façonnée par des équilibres essentiels à la survie de nombreuses
espèces. Balises propose de comparer quelques sons de la nature à des bruits d’origine anthropique, à l’occasion
du cycle de rencontres « Nous et les autres animaux », organisé à la Bpi jusqu’au 2 décembre 2024.
Se protéger de la pollution sonore
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère que le bruit est un important enjeu de santé publique en
raison de ses effets néfastes sur la santé physiologique ou psychologique lorsqu’il est excessif. Elle édite, pour y
remédier, des recommandations de protection des populations. L’Union européenne, avec sa directive 2002/49/CE
du 25 juin 2002 relative à l’évaluation et à la gestion du bruit dans l’environnement, privilégie une approche
commune destinée à éviter, prévenir ou réduire l’exposition au bruit dans l’environnement. Elle impose notamment
la réalisation de cartes de bruit stratégiques (CBS) dans les agglomérations de plus de 100 000 habitant·es.
Mais lorsque des diagnostics sont réalisés ou que des décisions sont prises pour limiter les nuisances sonores,
seul le point de vue humain est considéré. Pourtant, les êtres vivants n’ont pas tous le même spectre auditif et les
émissions sonores anodines pour les un·es peuvent gravement perturber la vie des autres.
Tout un monde sensible aux sons, infrasons et ultrasons
L’oreille humaine ne perçoit que les sons émis sur une fréquence comprise entre 20 à 20 000 Hz, tandis que
certains autres êtres vivants entendent et émettent sur une gamme plus large. On a même découvert en 2023
que les plantes produisent des ultrasons. Les êtres humains sont donc sourds à une partie du monde qui les
entoure, comme les infrasons émis par les éléphants, ou les ultrasons des chauves-souris, sous-estimant, par
conséquent, la pollution sonore que leurs activités génèrent.
Les éléphants entendent les bruissements des nuages.
D’après une expérience de la BBC, en 2015
Infrasons – 〉 Spectre audible : 20-20 000 Hz Ultrasons – 〈 20 000 Hz
20 000 Hz
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Les sons, même lorsqu’ils sont inaudibles pour l’humain·e, ont vocation à faciliter la communication entre les êtres
vivants ou avec leur environnement, et sont vitaux pour la survie des espèces. En 2003, une étude sur les
mésanges charbonnières fait le lien entre pollution sonore et modification comportementale et physiologique.
Depuis une décennie, les études se multiplient sur le sujet et mettent en évidence l’expansion des bruits d’origine
anthropique (ou anthropophonie) jusque dans des zones protégées. Une étude, parue dans la revue Science en
mai 2017, constate que « le bruit produit par l’homme a doublé les niveaux de bruit de fond dans la majorité des
zones protégées » des États-Unis (65 % de ces zones sont concernées) et que 21 % des zones avaient vu le bruit
multiplié par 10. Les bruits de la nature sont couverts ou perturbés par cette pollution sonore. Les sons naturels
sont amenés à s’amplifier pour se faire entendre quand d’autres finissent par disparaîtrent, appauvrissant le
paysage sonore initial. L’écoacoustien Bernie Krause explique en 2017, dans une formule choc, que « 50 % des
sons de la nature ont disparu en 50 ans » et invite à écouter des paysages sonores dans
un webdocumentaire pour prendre conscience de la richesse des sons dans les espaces préservés.
Une connaissance hétérogène
Un groupe de chercheur·euses a recensé, en 2020, 29 000 articles traitant de l’impact de la pollution sonore sur
les animaux et examiné près de 1 800 publications scientifiques (réalisées aux États-Unis pour un tiers d’entre
elles). Seulement 27 études sur le sujet ont été publiées en France. Cette inégalité géographique des territoires
étudiés, soulignée par Romain Sordello dans le Courrier de la nature en 2021, participe à la connaissance
parcellaire de l’impact de la pollution sonore : « Les documents collectés concernent à 91 % des vertébrés et
parmi eux, les mammifères, les oiseaux et les poissons sont les plus représentés. Concernant les sources de
bruits, environ 35 % des publications traitent des bruits liés aux transports (avions, bateaux, voitures) puis 27 %
des bruits industriels (mines, forages, usines, éoliennes…), et viennent ensuite les bruits ”abstraits” (alarmes,
impulsions…). » De nombreux milieux restent à étudier pour prendre la mesure de l’atteinte à la biodiversité et de
l’urgence de contenir le bruit anthropique.
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Texte 7
« Les installations sonores, des alliées dans la lutte contre la pollution sonore »
Salle de presse, communication institutionnelle, Université McGill
14 novembre 2024
Les installations sonores peuvent améliorer l’expérience des usagers dans l’espace public
Une équipe de recherche de l’Université McGill a mis en évidence un moyen peu coûteux de contrer la pollution
sonore dans les milieux urbains à forte densité : les installations sonores temporaires.
Qualifiée de « nouveau tabagisme passif », l’exposition au bruit peut avoir diverses incidences sur la santé, du
simple inconfort aux conséquences plus graves comme la perte auditive et l’hypertension, ainsi que l’exacerbation
de différents problèmes de santé mentale.
« Nous sommes d’avis que les installations sonores temporaires pourraient être intégrées à la trousse d’outils des
urbanistes pour aménager et améliorer la qualité des espaces publics à faible coût et petite échelle », explique
Catherine Guastavino, auteure en chef de l’article et professeure à l’École des sciences de l’information de
l’Université McGill.
En collaboration avec la Ville de Montréal, l’équipe a cherché à tabler sur ces installations pour améliorer
l'expérience des usagers et usagères des espaces publics urbains exposés à la pollution sonore.
Quatre installations temporaires ont été créées par Audiotopie, un collectif d’artistes sonores, dans une petite place
publique d’un quartier urbain densément peuplé : le Plateau Mont-Royal.
Ces installations, déployées à différents moments en 2018 et en 2019, font appel à des combinaisons de sons,
certains évoquant la forêt ou la mer; d’autres constitués de voix humaines ou générés par des synthétiseurs.
L’équipe de recherche a ensuite mené un sondage auprès de 800 personnes ayant utilisé ces espaces publics
avec et sans installations.
Les répondants et répondantes ont évalué leur environnement sonore comme étant plus agréable et apaisant en
présence de chacune des installations, tandis que les bruits urbains leur semblaient atténués et que leur visite s’en
trouvait améliorée.
L’étude nous apprend aussi que ces installations sonores étaient particulièrement efficaces pour contrer des bruits
de construction.L’équipe a cependant constaté que les installations sonores ne distraient pas seulement notre
attention des bruits « négatifs », comme ceux de la circulation ou d’un système de ventilation, mais aussi des sons
« positifs », comme le chant des oiseaux et les voix humaines. L’équipe souligne en outre que l’étude a été menée
dans un environnement bien aménagé et au paysage sonore plutôt agréable, et qu’il est peu probable que des
installations sonores puissent à elles seules éliminer toutes les nuisances sonores dans des secteurs plus exposés.
« Nous souhaitons que les gens ne conçoivent pas l’environnement sonore seulement comme une nuisance, mais
également comme une ressource dont on peut profiter en milieu urbain », explique Valérian Fraisse, doctorant à
l’École de musique Schulich et premier auteur de l’étude récemment publiée dans la revue Landscape and Urban
Planning.
L’équipe de recherche travaille également à sensibiliser à l’importance de l’environnement sonore dans la
planification urbaine, nous apprend le doctorant.
L’étude Shaping city soundscapes: In situ comparison of four sound installations in an urban public space, par V.
Fraisse, C. Tarlao et C. Guastavino, a été publiée dans la revue Landscape and Urban Planning.
Cette étude a été financée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.
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