Chapitre 7: De la diversification des êtres vivants
à l’évolution de la biodiversité.
INTRODUCTION
Au sein d'une espèce, les populations comprennent des individus divers, qui diffèrent par leurs
allèles et leurs caractères. L'évolution de la diversité des populations au cours du temps peut
conduire à l'émergence ou à la disparition d'espèces.
Quels sont les modalités d'apparitions et de disparition d'une espèce ? Comment peut-on définir une
espèce ?
I. Hasard et sélection naturelle
Hasard et sélection naturelle agisse simultanément sur la transformation des populations. Ce sont
deux mécanismes à l'origine de modifications de la diversité génétique et phénotypique des
populations au cours de génération. On appelle évolution biologique ces modifications des
populations.
A. Des modifications sous l’effet du hasard
Une population est constituée d'individus de la même espèce qui ne possèdent pas les mêmes
combinaisons d'allèles des différents gènes constituant leur génome. On observe donc une diversité
génétique à l'intérieur des populations. Différents facteurs modifient cette diversité au cours des
générations. La fréquence d'allèles dont la présence est sans conséquence sur la fertilité et la survie :
des individus varient d'une génération à l'autre sous le seul effet du hasard. C'est la dérive
génétique. Lors d'une migration, le hasard joue aussi un rôle dans la modification des populations :
les émigrants emportant un échantillon aléatoire des allèles de la population initiale, la fréquence
des allèles dans la nouvelle population ne sera pas la même que dans la population de départ. Cette
forme particulière de dérive génétique et qualifiée d'effet fondateur.
B. Sélection naturelle
La sélection naturelle est le phénomène par lequel certains caractères favorables à la survie et à la
reproduction de l’espèce sont préférentiellement transmis de générations en générations. A un
instant donné, les individus d'une population ont une survie et une fertilité différente selon les
conditions du milieu (accès aux ressources alimentaires, compétition avec d'autres espèces, etc.).
Ceux dont le phénotype est favorisé ont un plus grand nombre de descendants et la fréquence des
allèles qu'ils portent augmentera la génération suivante. C'est le mécanisme de sélection naturelle.
II. De l'évolution des populations à l'évolution des espèces
Au sein d'une même espèce, de populations isolées par une barrière géographique ou
comportementale ont des échanges génétiques liés à la reproduction sexuée réduits et accumulent
des différences génétiques. Au-delà d'une certaine limite, ces différences peuvent empêcher les
individus de deux populations de se reproduire entre eux : il y alors isolement reproducteur. Les
causes de ce dernier sont, par exemple, l'absence de reconnaissance des champs nuptiaux, le
décalage des périodes de reproduction ou la stérilité des individus hybrides. L'isolement
reproducteur entre deux populations est associé un isolement génétique : il n'y a plus d'échange
d'allèles entre elles. Chaque population est alors considérée comme une nouvelle espèce, qui
continuera à évoluer séparément, sous l'effet du hasard et de la sélection naturelle. Le processus à
l'origine de la formation d'une nouvelle espèce se nomme spéciation. Une espèce disparaît si tous
les individus qui la composent meurent sans avoir eu de descendant ou si son isolement génétique
cesse par rupture de l'isolement reproducteur (apparition d'hybrides fertiles issus de croisement
avec une autre espèce). Une espèce est donc définie dans le temps.
III. La définition d'une espèce
La diversité des espèces est une des composantes de la biodiversité. On peut rattacher les individus
à une espèce selon différents critères. Selon le critère de ressemblance, deux individus sont de la
même espèce s'ils se ressemblent. À ce critère, correspond une définition typologie de l'espèce : un
individu appartient à une espèce s'il ressemble au type de cette espèce (individus de référence décrit
scientifiquement et conservée dans un musée). Selon le critère d’interfécondité, deux individus sont
de la même espèce s'ils peuvent se reproduire entre eux et avoir une descendance fertile. À ce
critère, correspond la définition biologique de l'espèce, plus rigoureuse au plan évolutif : une espèce
est définie par un isolement reproducteur. La définition de l'espèce a varié au cours de l'histoire de
la biologie. Aujourd'hui, la définition la plus couramment employée est la suivante : une espèce peut
être considérée comme un ensemble d'individus suffisamment isolés génétiquement des autres
populations. Ces critères d'isolement peuvent être multiples : incapacité à s'accoupler suite à des
différences dans les parades nuptiales, incompatibilités des pieds génitales et isolements
géographiques ne sont que quelques exemples.