Revue Économie, Gestion et Société Vol 1, N°38 février 2023
SOURCES DE LA PERSISTANCE DE L'INFLATION EN RDC
SOURCES OF PERSISTENT INFLATION IN THE DRC
Par
Lewis Mambo NTANU
Doctorant, Département d'Economie, Université de Kinshasa, D.R.C.
&
Victor Musa GALU
Professeur, Département d'Economie, Université de Kinshasa, D.R.C.
&
Gabriel Kalonda MBULU
?Professeur à l’Université de Kinshasa-Congo.
Résumé
L‟objectif de cette étude est d‟estimer le coefficient de persistance de l‟inflation et identifier
les sources de la persistance en RDC. En utilisant le modèle ARMA(1,1) et l‟indice des prix à
la consommation (IPC) calculé par l‟Institut National de la Statistique (INS) pour la période
allant de janvier 2012 à juin 2022. Les résultats suivants ont obtenus : (i)le coefficient de la
persistance de 0,86; (ii)l‟inflation du mois passé contribue de 81 % à l‟inflation actuel ; (iii)la
volatilité stochastique est de 0,00006 ;et (iv)les chocs du mois passé contribue de 16 % à la
dynamique de l‟inflation ; (v) les sources de la persistance de l‟inflation sont les anticipations
rationnelles des agents économiques et les chocs de politiques monétaire, budgétaire et de
change et les chocs exogènes(crises énergétique, alimentaire….).
Mots clés : Persistance, volatilité stochastique, Inflation, Modèle ARMA, Fonction de
réponse impulsionnelle, RDC.
JEL Codes :C32,C58,E31,O55.
Abstract
The objective of this study is to estimate the persistence coefficient of inflation
and identify its sources of persistence in the DRC. Using the ARMA(1,1) model
and the consumer price index (CPI) calculated by the National Institute of
Statistics (INS) for the period from January 2012 to June 2022, the following
results were obtained : (i) the persistence coefficient of 0.86; (ii) inflation for the
past month contributes 81% to current inflation; (iii) the stochastic volatility is
0.00006; and (iv) the shocks of the past month contribute 16% to the dynamics
of inflation; (v) the sources of the persistence of inflation are the rational
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expectations of economic agents and monetary, budgetary and exchange rate
policy shocks, and exogenous shocks (energy, food crises).
Keywords: Persistence, Stochastic Volatility, Inflation, ARMA Model, Impulse
Response Function, DRC.
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1. Introduction
L‟inflation affecte différentes sphères de la vie socio-économique. Elle joue un grand rôle
dans la formulation de politiques macroéconomiques en particulier les politiques monétaires
et de change, mais aussi budgétaires. De même, elle n‟est pas absente dans la formulation des
politiques financières des entreprises.
Par définition, l'inflation est l'augmentation du niveau général des prix (Benassy, 2004).
Algébriquement, elle correspond à la variation du niveau général des prix à la consommation
qui s‟obtient par différence entre le logarithme naturel de l‟indice des prix à la consommation
observé à deux périodes différentes de temps. Le taux d'inflation mesure la vitesse avec
laquelle les prix augmentent (Mankiw,2001).
La mesure de l'inflation elle - même n'est pas exempté de difficultés. On adopte en général le
point de vue du consommateur: l'indice de prix à la consommation (IPC) mesure le prix d'un
panier de biens représentatif de la consommation des ménages et a l‟avantage de prendre en
compte l'effet du taux de change sur le prix intérieur des importations (Benassy, 2004).
L‟inflation peut être analysée de plusieurs manières notamment à travers ses coûts et
bénéfices. Cependant article porte sur l‟analyse de l‟inflation en abordant une thématique
particulière : la „persistance de l‟inflation‟. Celle-ci est définie par Marques (2004) comme la
vitesse avec laquelle l‟inflation converges à son niveau d‟équilibre après le choc.
Le débat sur ce concept de persistance de l‟inflation a attiré l‟attention non seulement du
monde scientifique mais aussi de décideurs politique et a fait l‟objet d‟une littérature assez
abondante. Plusieurs travaux de recherche sont basés sur la définition, la mesure et les sources
de la persistance de l‟inflation. On peut citer entre autres Emery (1994) ; Gali & Gertler
(1999) ; Smets & Wouters (2003) ; Marques (2004); Christiano, Eichenbaum & Evans
(2005) ; Batini (2006) ; Clark,2006 ; Dixon & Kara (2006) ; Coenen (2007) ; Rotemberg
(2007) ; Whelan (2007) ; Woodford (2007) ; Zhang et Clovis (2008) ; Korenok et al. (2009) ;
Cogley, Primiceri et Sargent (2010) ; Christoffer & Linzert (2010) ; Tillman (2011) ; Stock &
Watson (2016).
Cet article cherche à appliquer le concept de la persistance de l‟inflation à l‟économie de la
RD Congo. De façon particulière, il tient à répondre à la question de savoir comment peut-on
calculer la persistance de l‟inflation RD Congo ? Pour ce faire, il s‟efforce d‟estimer le
coefficient de persistance de l‟inflation et identifier ses sources de la persistance en RD
Congo, en utilisant l‟indice des prix à la consommation (IPC) calculé par l‟Institut National de
la Statistique (INS) pour la période allant de janvier 2012 à juin 2022.
L‟article comprend ……. parties, outre la présente introduction et la conclusion. La partie
suivante sera consacrée à quelques considérations choisies sur l‟inflation. Elle sera suivie d‟un
modèle économétrique. Ensuite, la persistance de l‟inflation sera présentée dans la troisième
partie. Et enfin, nous allons présenter les résultats de notre travail.
2. Quelques considérations sur l‟inflation
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L‟inflation est une hausse généralisée, auto-entretenue, durable et plus ou moins importante
des prix. Telle est la définition plus opérationnelle proposée par Bon enfant et Lacroix1 qui
présentent plusieurs de l‟inflation. Outre les causes classiques (l‟inflation par la demande ou
par les coûts), ils mettent en évidence trois autres causes, à savoir :
- L‟inflation par la monnaie en ce sens la création excessive de monnaie, sous forme de
crédits accordés aux agents économiques, peut se traduire par des dépenses
supplémentaires et devenir une cause de l‟inflation si l‟offre ne suit pas ; elle
s‟apparente à de l‟inflation par la demande ;
- L‟inflation par les structures économiques et sociales : les rapports de force sur le
marché ne permettent pas toujours une libre fixation du prix d‟équilibre, c‟est le cas
d‟agents économiques qui détiennent un certain pouvoir de marché qu‟on trouve le
souvent du côté des offreurs que des demandeurs ; ce qui peut se traduire par une
hausse généralisée des prix ;
- L‟inflation importée. Ce dernier cas qui s‟apparente à de l‟inflation par coûts.
Lorsqu‟il y a un bien qui joue un rôle fondamental dans le processus de production
d‟autres biens, la hausse de son prix peut provoquer des effets inflationnistes tels que
ceux que l‟on a connu à l‟an 2021-2022 avec le gaz russe2.
L'inflation est simplement l'augmentation du niveau général des prix (Benassy,2004).
Algébriquement, on a𝜋𝑡 = Log 𝐼𝑃𝐶𝑡 − Log 𝐼𝑃𝐶𝑡−1 ,où 𝜋𝑡 représente la variation de l‟indice
général des prix à la consommation au temps , 𝐼𝑃𝐶𝑡 est l'indice général des prix à la
consommation observé sur l‟étendue d‟un pays, comme la RD Congo, ou d‟un ensemble de
pays (l‟inflation au sein de la zone euro, par exemple) au temps 𝑡 et Log est le logarithme
naturel.
Cette augmentation du niveau général des prix est perçue comme un problème social dans la
mesure où elle engendre des coûts selon qu‟il s‟agit de l'inflation anticipée ou non ou encore
s'il s'agit de la situation plus grave de l'hyperinflation.
Les coûts de l'inflation anticipée sont (i) la taxe d'inflation perçue sur la quantité de monnaie
détenue par les agents,(ii) le coût de menu qui s'explique par l'obligation dans laquelle se
trouvent les entreprises de modifier plus souvent leurs listes de prix. Changer les prix
implique des couts d'impression et de distribution d'une nouvelle liste de prix ou d'un nouveau
catalogue,(iii) les coûts dus à la variabilité des prix relatifs, (iv) les coûts de l'inflation suscités
par les législations fiscales. De nombreux articles du code fiscal ignorent les impacts de
l'inflation, (v) le coût de l'inflation provient du fait qu'il est plus inconfortable de vivre dans
un monde où les prix fluctuent que dans un monde où les prix sont stables. L'inflation rend
plus difficile la planification financière individuelle.
L'impact de l'inflation non anticipée est plus pernicieux qu'aucun des coûts de l'inflation
anticipée stable: (i) elle redistribue de manière arbitraire la richesse entre les gens,(ii) elle
pénalise les personnes vivant de revenus fixes, tels que les pensions de retraite. Plus le taux
d'inflation est variable, plus grande est l'incertitude à laquelle sont confrontés tant les préteurs
1
Bonenfant et Lacroix, L’inflation ; https//[Link]
2
Le prix du gaz russe qui provoque l’inflation notamment en Europe est un exemple pris par nous. Bonenfant
et Lacroix présentent l’exemple devenu classique du choc pétrolier de 1973.
4
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que les emprunteurs. Les coûts de l'inflation augmentent considérablement en période
d'hyperinflation. Certes, l'hyperinflation accélérée le processus de dollarisation (circulation de
devises étrangères) de l' économie nationale.
Empiriquement, Bruno et Easterly (1996) ont trouvé que la croissance était affectée par une
inflation supérieure à un chiffre de 20 % à 40 % par an. Barro (1997) chiffre entre 0,3 % à
0,4 % point la perte de croissance induite par un supplément d'inflation de 10 points, tout en
admettant que ce résultat est surtout vrai pour les inflations élevées (Benassy, 2004).
Etant donné les coûts sociaux de l'inflation dans l‟économie, par le monde, les législateurs
donnent toujours le mandat principal aux banques centrales de stabiliser le niveau général des
prix tel est le cas pour la RDC. Avec la récente crise énergétique mondiale, pour les
économistes banquiers centraux , l'inflation est un mal qu'il faut combattre à tout prix.
Quelles sont les sources de la persistance de l'inflation ? En se basant sur la théorie
quantitative de la monnaie, relation mathématique entre la quantité de monnaie et les prix, les
économistes disent que l'inflation est toujours d'origine monétaire (Walsh,2010,
Mankiw,2001). En conséquence, la théorie quantitative de la monnaie établit que la banque
centrale, qui contrôle l'offre de monnaie, contrôle du même fait, en dernier ressort, le taux
d'inflation. Si la banque centrale préserve la stabilité de l'offre de monnaie, le niveau des prix
sera également stable. Si la banque centrale accroit rapidement le stock de monnaie, le niveau
des prix augmentera lui aussi rapidement (Mankiw, 2001).
3. Modèle économétrique pour l‟analyse de la persistance de l‟inflation
Si on suppose que l‟inflation est un processus autorégressif d‟ordre 1 et avec moyenne mobile
d‟ordre 1, ARMA(1,1), alors on peut exprimer ce processus comme suit :
𝜋𝑡 = 𝜗𝜋𝑡−1 + 𝜍 𝜀𝑡 + 𝛾 𝜀𝑡−1 , (1)
avec − 1 < 𝛾 < 1. Cette condition assure que le problème de non explosition du modèle (5).
𝜀𝑡 est la partie stochastique représentant l‟ensemble des chocs de politique monétaire,
budgétaire et de change, les chocs d‟offre, les choc de demande, etc. Le coefficient 𝜍
représente la volatilité de l‟inflation.
Le modèle AR(1) peut être généralisé à un modèle AR(p) comme suit :
𝜋𝑡 = 𝜗0 + 𝜗1 𝜋𝑡−1 + 𝜗2 𝜋𝑡−2 + 𝜗3 𝜋𝑡−3 + … . +𝜗𝑝 𝜋𝑡−𝑝 + 𝜀𝑡 , 𝜀𝑡 ~ 𝑖𝑖𝑑 0, 𝛿 2 ,(2)
où 𝜗𝑖 < 1, 𝜗𝑖 sont les coefficients du processus AR(p) et 𝑡 ∈ Ζ. Aussi, p est un entier
naturel et représente le retard maximum du processus.
De même, le modèle ARMA(1,1) peut être généralisé à modèle ARMA (p,q) suivant :
𝑝 𝑞
𝜋𝑡 = 𝜗0 + 𝑖=1 𝜗𝑖 𝜋𝑡−𝑖 + 𝜀𝑡 + 𝑗 =1 𝛾𝑗 𝜀𝑡−𝑗 , 𝜀𝑡 ~ 𝑖𝑖𝑑 0, 𝛿 2 ,(3)
avec p et q sont des retards optimaux.
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Ce choix est fait à cause de la simplicité de son langage mathématique et sa mise en pratique.
Pour ce qui est de robustesse du modèle, on suppose aussi que les estimateurs de maximum
de vraisemblance sont les meilleurs estimateurs linéaires non biaisés. L‟hypothèse
d'homoscédasticité (la constance de la variance des erreurs) peut ne pas être vraie dans la
réalité dans ce cas on parle dans la littérature économétrique de la présence
d'hétéroscédasticité (Gujarati (2005),Greene (2003), Hayashi (2000); Francq & Zakoian
(2010) ; Harvey (2013). Dans le cas de cette étude, pour de raison de simplicité et de limite
observée du développement théorique, on se limite à l'hypothèse d'homoscédasticité.
Les méthodes de maximum de vraisemblance et des moindres carrés ordinaires sont
couramment utilisées pour estimer le paramètre 𝜗 du modèle autorégressif d‟ordre 1 avec
moyenne mobile (ARMA(1,1)) (Greene,2003). Dans ce cas, la méthode de maximum de
vraisemblance sera utilisée pour estimer ces paramètres. Pour estimer ces paramètres, on
suppose aussi que l'inflation est un processus faiblement stationnaire, c'est- à -dire, ses
moments d'ordre 1 et 2 ne varient pas avec le temps, i.e., sa moyenne et sa variance sont
constantes.
4. Persistance de l’inflation
Cette section présente les définitions, les mesures et les sources de la persistance de
l‟inflation. Depuis plus 3 décennies, les débats sont au tour de la persistance de l‟inflation ; Ce
qui fait que la littérature sur la persistance de l‟inflation est abondante.
4.1. Définitions de la persistance de l’inflation
Cette section présente les différentes définitions et mesures de la persistance de l‟inflation.
Actuellement, il y a plusieurs définitions et mesures de la persistance de l‟inflation qui
existent dans la littérature économique. Batini & Nelson (2002) et Batini (2002) distinguent
trois différents types de persistance : (i) corrélation sérielle de l‟inflation, (ii) les retards entre
les actions de la politique monétaire systématique et leurs effets sur l‟inflation, (iii) les
réponses décalées de l‟inflation aux actions de la politique monétaire (i.e., les chocs de
politique).
Willis (2003) définit la persistance comme la vitesse avec laquelle l‟inflation revient à son
niveau initial après le choc. Pour Marques (2004) définit la persistance comme la vitesse avec
laquelle l‟inflation converge à son niveau d‟équilibre après le choc.
4.2. Mesures de la persistance de l’inflation
Dans la littérature, plusieurs mesures sont utilisées pour analyser l‟ampleur de la persistance
de l‟inflation.
La somme des coefficients des modèles autorégressifs (SCAR).Plus grande racine du modèle
autorégressif a été utilisée comme mesure de la persistance de l‟inflation par plusieurs
auteurs notamment Stock (2001), Kocenda & Varga (2017). A partir du modèle AR(p)
exprimé dans l‟équation (5), cette mesure de pesistance est donnée par
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𝑃𝐼𝑡𝑆𝐶𝐴𝑅 = 𝑝𝑖=1 𝜗𝑖𝑡 . (4)
La motivation d‟utiliser cette mesure est simple car si on considère intuitivement l‟état
stationnaire pour le système et impose l‟hypothèse d‟un choc immédiat, la réponse de la partie
déterministe du modèle à la première période sera exactement la somme des coefficients
multiplié par la valeur de l‟état stationnaire. Cette mesure a été critiquée par Pivetta & Reis
(2001).
La fonction de réponse impulsionnelle cumulée (FRIC).Andrews & Chen(1994) ont soutenu
que la réponse impulsionnelle cumulée est généralement un bon moyen pour résumer les
informations contenues dans la fonction de réponse impulsionnelle et aussi une bonne mesure
de persistance de l‟inflation. Pour simple processus AR(p), la réponse impulsionnelle cumulée
est
∞ 𝜕𝜋 𝑡+𝑗
𝑃𝐼𝑡𝐹𝑅𝐼𝐶 = 𝑗 =0 𝜕 𝜀 = 1/ (1 - 𝜌), (5)
𝑡
𝑝
où 𝜌 est la somme des coefficients du modèle AR(p), i.e., 𝜌 = 𝑖=1 𝜗𝑖 .
Pour le processus ARMA(p,q), la fonction de réponse impulsionnelle cumulée est donnée par
∞ 𝜕𝜋 𝑡+𝑗 𝑞 𝑝
𝑃𝐼𝑡𝐹𝑅𝐼𝐶 = 𝑗 =0 𝜕 𝜀 = (1 + 𝑗 =1 𝛾𝑗 )/ (1 - 𝑖=1 𝜗𝑖 ).
𝑡
(6)
Maximum de racine du modèle autorégressif(MRAR).La solution de l‟équation (3) a la forme
suivante
𝑗
FRIC𝑡 = 𝑝𝑖=1 𝑐𝑖 𝜆𝑖 ,
où 𝜆𝑖 sont des racines de l‟inverse du polynôme du modèle autorégressif et 𝑐𝑖 sont des
constantes dont la somme est égale à 1. La mesure de la persistance de l‟inflation est
𝑃𝐼𝑡𝑀𝑅𝐴𝑅 = 𝑚𝑎𝑥𝑖 𝜆𝑖 . (7)
Demi – [Link] approche appelée „Half - life‟ mesurant la vitesse de décomposition est le
nombre de périodes voulues pour atteindre un certain seuil.
𝑃𝐼𝑡𝐻𝐿𝑃 = 𝑚𝑖𝑛𝑘 𝑘 𝑗 ≥ 𝑘 ⇒ 𝜆𝑖 < 0,5 . (8)
Mesure de prédictibilité de l’écart de l’inflation. Cogley et al. (2010) ont utilisé le modèle
AR(1).
𝑣𝑎𝑟 𝑗 (𝑒𝑍𝑡+𝑗 )
𝑃𝐼𝑡𝑀𝑅𝐴𝑅 = 1 − ,(9)
𝑣𝑎𝑟 (𝑒𝑍𝑡+𝑗 )
où 𝑣𝑎𝑟𝑗 (𝑒𝑍𝑡+𝑗 ) et 𝑣𝑎𝑟 (𝑒𝑍𝑡+𝑗 ) sont les variance conditionnelles de l‟erreur de prévision à
l‟horizon j. Plus R2 est élevé, plus la prédictibilité de l‟inflation l‟est et donc la persistance
de l‟inflation le sera car les chocs ont une influence persistante sur l‟inflation future (Fuhrer,
2009).
4.3. Sources de la persistance de l’inflation
La littérature sur les sources de la persistance de l‟inflation identifie plusieurs sources de la
persistance de l‟inflation. Ces sources peuvent être regroupées en trois types : (i) celles qui
sont générées par le processus ; (ii) celles qui sont une partie intrinsèque du processus et (iii)
celles qui sont induites par les actions et les communications de la banque centrale. Pour plus
de détails voir Fuhrer (2009).
5. Résultat de l‟analyse de la persistance de l‟inflation en RD Congo
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Dans cette analyse l'indice des prix à la consommation (IPC) calculé par l‟Institut National de
la Statistique (INS) pour la période allant de janvier 2012 à juin 2022 a été utilisé car il est le
seul indice de référence dans la conduite de la politique économique en RDC.
Graphique 1:Evolution de l'indice des prix à la consommation
320
280
240
200
160
120
80
12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22
La lecture du graphique ci - haut indique que la tendance est à la hausse. En effet, de 2016 à
2022, l‟indice des prix à la consommation a triplé en RDC. Certains facteurs économiques et
politique peuvent constituer les couses de cette tendance. Il est important de noter parmi ces
facteurs l‟instabilité politique, l‟organisation des élections de 2018, la pandémie COVID – 19,
la crise énergétique de 2021, la guerre en Ukraine.
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Graphique 2: Evolution de l'inflation en RDC de 2012 à 2022
.08
.07
.06
.05
.04
.03
.02
.01
.00
12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22
Ce graphique de l‟évolution de l‟inflation révèle certaines périodes (de 2016 à 2018, 2019 à
2020 et 2021 à 2022) des pressions inflationnistes.
En décembre 2016 marque la fin du mandat électif du Président Joseph Kabila. Comme les
élections n‟ont été organisées dans le délai constitutionnel, il y a eu la transition politique
jusqu‟en décembre 2018. Pendant cette période de 24 mois, il y a eu deux gouvernements et le
processus électoral a été financé par le fonds propre de l‟Etat principalement par les avances
de la Banque Centrale du Congo.
Après les estimations, on a le modèle ARMA(1,1) dont les résultats se présentent comme suit
:
𝜋𝑡 = 0,81156 𝜋𝑡−1 + 0,00006 𝜀𝑡 + 0,16138 𝜀𝑡−1 (10)
(39,01459) (23,95652) (2,54383)
T=125 ; DW=2,06299 et F(ARCH test)=1,7866 [0,1838]
où T représente la taille de l'échantillon,(…) la statistique de Student pour tester la
significativité des paramètres estimés, DW représente la statistique de Durbin - Watson pour
tester l'absence d'autocorrélation des erreurs du modèle estimé, F(ARCH test) est la statistique
de Fisher pour tester l‟hypothèse d‟homoscédasticité et [….] est la probabilité associée la
statistique de Fisher.
Lorsque la statistique de t-Student du coefficient estimé est supérieure à 2, en valeur absolue,
selon la règle de pouce, on peut conclure que ces paramètres estimés sont significatifs, c'est- à
-dire, ce paramètre est statistiquement différent de zéro. Aussi comme la valeur estimée de la
statistique de Durbin - Watson est au tour de 2, on conclut qu'il y a absence d'autocorrélation
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des erreurs dans le modèle ARMA(1,1) estimé. La valeur de la volatilité stochastique est de
0,00006 qui montre, sous la période sous analyse, une faible présence d'incertitude.
Pour calculer la persistance de l‟inflation, on a utilisé deux mesures notamment mesure la
fonction de réponse impulsionnelle cumulée (FRIC) et le coefficient AR(1). Pour la première
mesure, la persistance de l‟inflation est de 0,86 ; soit 86 %. Et pour la seconde mesure, on a
0,81. soit 81 %. C‟est – à – dire, l'inflation du mois passé contribue de 81 %à la réalisation de
l'inflation du mois en cours et le choc du mois passé contribue à 16 %.
6. Conclusion
L‟inflation est considérée par les économistes et les banquiers centraux comme un mal pour
l‟économie nationale qu‟il faut combattre à tout prix car les coûts sociaux de l‟inflation sont
élevés. Malgré ces efforts fournis, le mal (inflation) persiste. Ce travail a consisté à passer en
revue les différentes définitions et mesures de la persistance de l‟inflation et aussi ses causes.
En utilisant l‟indice des prix à la consommation et le modèle économétrique, ARMA(1,1), on
a obtenu les résultats suivants : (i) la persistance de l‟inflation est très élevée plus de 80 % ;
(ii) les anticipations adaptatives des agents économiques, la volatilité de l‟inflation et les
chocs de politiques monétaires, budgétaire et change, et les instabilités politiques sont les trois
principales sources de la persistance de l‟inflation en RDC pour la période sous analyse.
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Annexes
Dependent Variable: DLIPC_INS
Method: ARMA Maximum Likelihood (OPG - BHHH)
Date: 10/16/22 Time: 10:02
Sample: 2012M02 2022M06
Included observations: 125
Convergence achieved after 140 iterations
Coefficient covariance computed using outer product of gradients
Coefficien
Variable t Std. Error t-Statistic Prob.
AR(1) 0.811561 0.020801 39.01456 0.0000
MA(1) 0.161378 0.063439 2.543829 0.0122
SIGMASQ 5.67E-05 2.37E-06 23.95652 0.0000
R-squared 0.645194 Mean dependent var 0.007616
Adjusted R-squared 0.639377 S.D. dependent var 0.012693
-
S.E. of regression 0.007622 Akaike info criterion 6.880977
-
Sum squared resid 0.007088 Schwarz criterion 6.813097
-
Log likelihood 433.0610 Hannan-Quinn criter. 6.853401
Durbin-Watson stat 2.062990
Inverted AR Roots .81
Inverted MA Roots -.16
Heteroskedasticity Test: ARCH
F-statistic 1.786631 Prob. F(1,122) 0.1838
Obs*R-squared 1.789711 Prob. Chi-Square(1) 0.1810
Test Equation:
Dependent Variable: RESID^2
Method: Least Squares
Date: 10/16/22 Time: 10:05
Sample (adjusted): 2012M03 2022M06
Included observations: 124 after adjustments
Coefficien
Variable t Std. Error t-Statistic Prob.
C 5.03E-05 2.26E-05 2.219541 0.0283
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RESID^2(-1) 0.120131 0.089875 1.336649 0.1838
R-squared 0.014433 Mean dependent var 5.71E-05
Adjusted R-squared 0.006355 S.D. dependent var 0.000246
-
S.E. of regression 0.000246 Akaike info criterion 13.76977
-
Sum squared resid 7.36E-06 Schwarz criterion 13.72428
-
Log likelihood 855.7258 Hannan-Quinn criter. 13.75129
F-statistic 1.786631 Durbin-Watson stat 2.115715
Prob(F-statistic) 0.183825
DLIPC_INS: Response to One S.D. Innovation
Impulse Response ± 2 S.E.
.012
.008
.004
.000
-.004
2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Accumulated Response ± 2 S.E.
.08
.06
.04
.02
.00
2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
15
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