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Introduction à la Physique Subatomique

Ce document est un polycopié d'introduction à la physique subatomique, destiné aux étudiants de Licence SMP-S6 et aux niveaux supérieurs. Il couvre les bases de la théorie quantique relativiste, les particules élémentaires, et inclut des rappels sur la relativité restreinte et la mécanique quantique. Le texte est un outil pédagogique qui vise à clarifier les concepts tout en reconnaissant qu'il peut contenir des erreurs et des points obscurs.

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Introduction à la Physique Subatomique

Ce document est un polycopié d'introduction à la physique subatomique, destiné aux étudiants de Licence SMP-S6 et aux niveaux supérieurs. Il couvre les bases de la théorie quantique relativiste, les particules élémentaires, et inclut des rappels sur la relativité restreinte et la mécanique quantique. Le texte est un outil pédagogique qui vise à clarifier les concepts tout en reconnaissant qu'il peut contenir des erreurs et des points obscurs.

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Université Mohammed Premier

Faculté des Sciences


Département de Physique
Oujda

Physique Subatomique

Prof. Mohamed Ouchrif


Préface

Le cadre conceptuel dans lequel sont décrites de nos jours les particules
élémentaires et leurs interactions est celui de la théorie des champs relati-
vistes quantifiés.

Ce cours est une introduction à la physique subatomique, où l’accent est


mis sur les aspects globaux de la théorie. Il présuppose une bonne familia-
rité avec le formalisme quantique de base.

Ce polycopié s’adresse aux étudiants de Licence SMP-S6 ainsi qu’aux


étudiants de niveaux supérieurs intéressés par la théorie quantique relati-
viste et les particules élémentaires ou physique subatomique en générale.

Ce cours a été fortement développé, avec un souci pédagogique constant


et un maximum de clarté, surement plus que je pouvais le faire en amphi,
compte tenu les contraites horaires et limites imposeés.

Le texte est loin d’être sous une forme aboutie. En particulier, il ne fait
pas de doute que de nombreuses coquilles, points obscurs, erreurs, etc, sub-
sistent. Toute remarque pour améliorer celui-ci est la bienvenue.

Je souhaite à mes chers étudiants une bonne lecture et un bon travail.

L’auteur

2
Table des matières

1 Introduction à la Physique Subatomique 5


1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Ordre de Grandeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Description d’un système physique en mécanique classique . 6
1.3.1 Equation fondamentale de la dynamique . . . . . . . . 7
1.3.2 Description Lagrangienne . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.3 Description Hamiltonienne . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.4 Les crochets de Poisson . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Quantification Canonique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

2 Rappels sur la Relativité Restreinte 11


2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2 Transformations de Lorentz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2.1 Groupe de Lorentz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2.2 Espace de Minkowski et transformations de Lorentz . 13
2.2.3 Quadrivecteurs importants . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.4 Tenseurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

3 Rappels sur les Particules Elementaires 19


3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.2 Interactions Fondamentales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.2.1 Interaction gravitationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.2.2 Interaction éléctromagnétique . . . . . . . . . . . . . . 21
3.2.3 Interaction faible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.2.4 Interaction forte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.3 Classification des Particules Elémentaires . . . . . . . . . . . . 22
3.3.1 Masse et durée de vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.3.2 Spin, fermions et bosons . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.3.3 Système et particule élémentaire . . . . . . . . . . . . . 23
3.3.4 Particule, anti-particule et résonance . . . . . . . . . . . 24
3.3.5 Classification . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.4 Les lois de Conservation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

3
3.4.1 Conservation du nombre leptonique . . . . . . . . . . . 27
3.4.2 Conservation du nombre baryonique . . . . . . . . . . 27
3.4.3 Conservation du spin isotopique . . . . . . . . . . . . . 28
3.4.4 Conservation de l’étrangeté . . . . . . . . . . . . . . . . 29

4 Champs Classiques 31
4.1 Notion de Champ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.2 Densité Lagrangienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.2.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.2.2 Equations d’Euler-Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . 33
4.2.3 Propriétés de le densité lagrangienne . . . . . . . . . . 34
4.3 Formulation Hamiltonienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
4.4 Théorème de Noether . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.4.1 Enoncé du théorème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.4.2 Démonstration du théorème . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.4.3 Translations dans l’espace-temps . . . . . . . . . . . . 37

5 Champ Scalaire 39
5.1 Retour sur l’équation de Schrodinger . . . . . . . . . . . . . . . 39
5.2 Equation de Klein-Gordon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
5.3 Solution de l’équation de Klein-Gordon . . . . . . . . . . . . . 42
5.4 Champ scalaire complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
5.4.1 Lagrangien, action et équation du mouvement . . . . . 42
5.4.2 Hamiltonien du champ complexe . . . . . . . . . . . . 43
5.4.3 Opérateurs création et annihiliation . . . . . . . . . . . 44
5.4.4 Spectre de l’Hamiltonien . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

6 Champ Spinoriel 47
6.1 Equation de Dirac . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
6.1.1 Introduction Historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
6.1.2 Covariance de l’équation de Dirac . . . . . . . . . . . . 49
6.1.3 Les Matrices γ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
6.1.4 Representations des matrices Gamma . . . . . . . . . . 51
6.1.5 Dirac et Klein-Gordon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
6.2 Solution de l’équation de Dirac pour une Particule Libre . . . 52
6.2.1 Spineurs de Dirac pour une particule au repos . . . . . 52
6.2.2 Spineurs de Dirac pour une particule en mouvement . 53
6.2.3 Normalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
6.2.4 Hélicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
6.2.5 Etats d’énergie positive . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
6.2.6 Etats d’énergie négative . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55

4
Chapitre 1

Introduction à la Physique
Subatomique

1.1 Introduction
La Physique Subatomique est une discipline physique moderne qui re-
groupe deux disciplines physiques à savoir la mécanique quantique et la
relativité restreinte.

La Mécanique Quantique (MQ) est une science qui décrit le comporte-


ment des systèmes physiques microscopiques tels que les atomes, les pro-
tons , les électrons ...

La Relativité Restreinte (RR) est une discipline qui étudie la physique


des hautes énergies 1 , c’est à dire les particules ayant des vitesses proches
de celle de la lumière.

1.2 Ordre de Grandeur


Par ordre de grandeur, nous entendons les unités physiques utilisées en
TQC et en physique des particules en général. Le système d’unités utilisé en
TQC est appelé système Unités Naturelles (UN).

Le fait que la TQC est une théorie quantique et relativiste, elle va regrou-
per les deux domaines et leurs caractéristiques. Le domaine quantique est
caractérisé par la constante de Planck h̄ et le domaine relativiste caractérisé
par la célérité de la lumière c.

1. La physique des particules est aussi appelée physique des particules élémentaires ou
physique subatomique

5
Dans le système UN l’action est donnée en unité de la constante de
Planck réduite :
h̄ = 1.055 × 10−34 J.s
et la vitesse est exprimée en unité de la célérité de la lumière dans le
vide :
c = 2.998 × 108 m/s
ce qui va engendrer la disparition de tous les facteurs de puissance en h̄
et c dans toutes les expréssions et équations rencontrées en TQC.

L’unité de l’énergie sera en GeV {[E] en GeV = 1.6 10−10 j }.

L’unité de la distance en fermi {[d] en fm = 10−15 m }.

Le fait que la TQC est une théorie quantique et relativiste, elle va regrou-
per les deux domaines et leurs caractéristiques. Le domaine quantique est
caractérisé par la constante de Planck h̄ et le domaine relativiste caractérisé
par la célérité de la lumière c.

Nous rappelons les valeurs de quelques constantes dans le système in-


ternational (SI) :
1. h̄ = 6.52 10−22 MeVsec
2. c = 2.99 108 m/sec
3. h̄c = 197.3 MeV f m
4. (h̄c)2 = 197.3 GeV −2 mb
5. k = 8.61 10−5 eVK −1
6. 1b (barn) = 10−24 cm2
Pour plus de comodité dans les calculs il nous parraît naturel de prendre
les constantes h̄ et c égales à l’unité, soit :
1. h̄ = 1, c’est une action sans unité, donc on a : [t] = [ E]−1 = GeV −1 .
2. c = 1, vitesse sans unité, on a donc : [d] = [t] = [ E]−1 = GeV −1 .
La vitesse d’une particule est alors β = v/c avec β appartenant à [−1, 1].

1.3 Description d’un système physique en méca-


nique classique
La description d’un système physique en mécanique classique se fait sui-
vant trois modes :

6
— l’équation fondamentale de la dynamique
— les équations de Lagrange
— les équations de Hamilton.

1.3.1 Equation fondamentale de la dynamique


L’équation fondamentale de la dynamique est donnée par :

⃗F = m⃗γ

1.3.2 Description Lagrangienne


Concernant la description Lagrangienne : le système physique est ca-
ractérisé à un moment donné par la donnée de n paramètres réels notés :
qi (i = 1, 2, ..., n) qu’on appelle coordonnées généralisées. La trajectoire est
décrite par la donnée de la dépendance temporelle des qi (t), par le principe
de moindre action stipulant que le système évolue selon le trajet qui rend
l’action stationnaire.

On peut décrire dans la formulation lagrangienne la dynamique d’un


système comme principe variationnel appliqué à une fonctionnelle d’action
dépendant de la trajectoire du système q(t) et de sa dérivée première par
rapport au temps q̇(t) qui représente la vitesse généralisée du système, elle
est donnée par 2 : Z
S= L(qi , q̇i )dt
avec
L(qi , q̇i ) = T (qi , q̇i ) − V (qi , q̇i )
La fonction L(qi , q̇i ) est dite fonction lagrangienne du système (ou la-
grangien du système).

La condition que l’action soit stationnaire par rapport à une variation


arbitraire δqi (t) de la trajectoire mène aux équations de Lagrange :
δS d ∂L ∂L
= − =0
δqi dt ∂q̇i ∂qi
cet ensemble d’équations est du second ordre dans le temps, ce qui né-
cessite pour sa résolution complète la spécification de 2n paramètres qui
sont les conditions initiales qi (0) et q̇i (0).
2. La connaissance des coordonnées généralisées et des vitesses généralisées d’un sys-
tème à un instant donné permet de spécifier complètement l’évolution de la dynamique
de ce système en fonction du temps grace au fait que les équations du mouvement d’un
système sont des équations différentielles du second ordre

7
1.3.3 Description Hamiltonienne
Concernant la description Hamiltonienne, l’état du système ayant n de-
grés de liberté est spécifié par n coordonnées généralisées qi (i = 1, 2, ..., n)
et n moments conjugés (ou impulsions généralisées) pi . Ces derniers sont
définis en fonction du lagrangien comme suit :

∂L
pi =
∂q̇i

L’hamiltonien est construit par une transformée de Legendre du lagran-


gien L par rapport aux variables q̇i , c’est une fonction de qi et pi et donnée
par :
H= ∑ pi q̇i − L
i

La fonction H représente l’énergie totale du système et l’évolution du


système en fonction du temps (équations du mouvement) est donnée par
les équations de Hamilton :

∂H ∂H
ṗi = − q̇i =
∂qi ∂pi

Les équations de Hamilton sont du premier ordre, ce qui signifie que


l’évolution future du système à un moment donné est complètement spéci-
fiée par la donnée des 2n quantités (qi , pi ), elles sont dites variables cano-
niques et l’espace mathématique décrit par ces deux n paramétres appelé
espace des phases.

1.3.4 Les crochets de Poisson


Il est intéressant de retrouver les équations canoniques en utilisant les
crochets de Poisson. Ces derniers s’avèrent très utiles pour la compréhen-
sion du passage de la dynamique classique à celle quantique.

Etant donné deux fonctions F et G définies sur l’espace des phases, on


définit le Crochet de Poisson par :

∂F ∂G ∂G ∂F
{ F, G } = ∑ −
i
∂qi ∂pi ∂qi ∂pi

En utilisant les crochets de Poisson les équations de Hamilton deviennent :

ṗi = { pi , H } q̇i = {qi , H }

8
En utilisant la convention d’Einstein 3 qui dicte que si un indice apparaît
deux fois dans une formule, une sommation sur les valeurs de l’indice ré-
pété est prise en compte.

Avec cette convention, la formule précédente s’écrit

H (q, p, t) = q̇i pi − L(q, q̇, t)

Les équations du mouvement sont les équations de Hamilton restant les


mêmes.

Propriétés des Crochets de Poisson

Les crochets de Poisson possèdent les trois règles importantes suivantes :

- Antisymétrique :
{ F, G } = −{ G, F }
- Identité de Jacobi :

{ F, { G, H }} + { G, { H, F }} + { H, { F, G }} = 0

- Règle de Leibnitz

{ F, GH } = { F, G } H + G { F, H }

Si F (q, p, t) est une fonction sur l’espace des phases qui peut dépendre
explicitement du temps, son évolution est donnée par l’équation

dF (q, p, t) ∂F
= { F, H }(q, p, t) +
dt ∂t
où le second terme du membre de droite prend en compte la dépendance
explicite de F par rapport au temps.

1.4 Quantification Canonique


La quantification canonique représente l’approche méthodique à suivre
pour la quantification des systèmes classiques.

Le procédé de quantification canonique consiste tout d’abord à spécifier


l’espace des états quantiques du système qui doit être forcément un espace
de Hilbert muni d’un produit interne hermitien et défini positif, sur lequel
agissent les opérateurs correspondants aux variables classiques associées,
3. voir dans le paragraphe relativité restreinte

9
ces opérateurs doivent être hermitiens et auto-adjoints pour le produit in-
terne défini sur l’espace de Hilbert.

L’algèbre de ces opérateurs, qui ne commutent pas nécessairement entre


eux, est spécifiée par leurs règles de commutations qui sont données à partir
des crochets de Poisson des variables classiques associées. Enfin, l’évolution
du système quantifié est spécifiée par l’opérateur hamiltonien quantique as-
socié à l’hamiltonien classique via l’équation de Schroedinger.

A titre d’exemple aux variables classiques a et b on associe les opéra-


teurs quantiques A et B. Le commutateur des deux opérateurs A et B est
donné par l’opérateur C associé au crochet de Poisson c des variables a et b
multiplié par ih̄ 4 de telle sorte que :

[ A, B] = ih̄C avec { a, b} = c

et l’équation d’évolution du système est donnée par :

d
|ψ(t) > = H |ψ(t) >
ih̄
dt
où |ψ(t) > représente à l’instant t le vecteur d’état de l’espace de Hilbert
associé à l’état quantique du système quantifié.

Cette méthode que nous venons de rapporter représente la quantifica-


tion canonique relative à un système classique dont la dynamique est basée
sur le principe de moindre action.

4. Il reste à rapeller que l’ordre dans lequel les deux opérateurs sont écrits n’est pas
précisé

10
Chapitre 2

Rappels sur la Relativité


Restreinte

2.1 Introduction
La relativité restreinte est basée sur, deux principes :

Premier principe : Les lois de physique sont les mêmes dans tout réfé-
rentiel inertiel.

Second principe : La vitesse de la lumière dans le vite appeplée célérité


est infranchissable.

Mathématiquement, la relativité restreinte est spécifiée en termes des


transformations de Lorentz, qui représentent une généralisation des trans-
formations de Galilée 1 . Les transformations de Lorentz traduisent en quelque
sorte une mise en équation du premier principe de la relativité restreinte cité
ci-dessus.

Pour étudier les transformations de Lorentz, nous considérons un espace-


temps à quatre dimensions, appelé espace de Minkowski 2 , muni d’une struc-
ture d’espace vectoriel, d’un produit scalaire et d’une norme.

Les observables physiques définies sur cet espace sont décrites par des
quadrivecteurs (4-vecteurs), ou plus généralement par des tenseurs agissant
dans cet espace.

1. Cette généralisation se fait bienŝur à vitesse c qui est finie. Cependant, les transfor-
mations de Galilée ne contiennent pas les rotations
2. ou espace-temps

11
Parmi les résultats les plus importants de la relativité restreinte on peut
citer :
— La relation énergie-masse :

E = mc2

— Le nombre et le type des particules n’est pas forcément le même avant


et après réaction. Dans une réaction de désintégration, une parti-
cule se transforme en plusieurs autres particules non éxistantes avant
cette réaction .

2.2 Transformations de Lorentz


2.2.1 Groupe de Lorentz
Le groupe de Lorentz est défini par l’ensemble des transformations de
coordonnées reliant une paire de référentiels se déplaçant les uns par rap-
port aux autres à vitesse constante.

La théorie de la relativité (restreinte, puis générale) postulée par Albert


Einstein amène à considérer les trois coordonnées d’espace (par exemple
hauteur, largeur, profondeur) et le temps comme formant un tout indisso-
ciable.

La description et les calculs sur cet ensemble (baptisé depuis espace-


temps) ont amené Einstein à prolonger la notion de vecteur newtonien clas-
sique (formé de trois coordonnées d’espace, tel le vecteur vitesse d’un point
matériel) pour créer un nouvel objet mathématique, le quadrivecteur (ou 4-
vecteur).

Un quadrivecteur correspond donc à l’ensemble de non pas trois mais


quatre composantes, la composante supplémentaire étant associée à la co-
ordonnée de temps t. La raison d’être des quadrivecteurs est tout d’abord
de décrire comment se transforme l’ensemble des coordonnées x, y, z et t
(ou c t) lors d’un changement de référentiel. Ces changements sont appelés
transformations de Lorentz en relativité restreinte.

La description d’un système physique, ou d’un point matériel en relati-


vité restreinte se fait dans un référentiel d’inertie 3 .

3. c’est un référentiel où le système physique ou le point matériel est libre et se meut à


vitesse constante

12
Soient deux référentiels galiléens (R) et ( R′ ). ( R′ ) se meut à une vitesse
relative ⃗v par rapport à (R). On considère que ⃗v est parallèle à l’axe (Ox) et
on pose que les axes (Ox) et (O′ x′ ) sont confondus. Les axes (Oy) et (O′ y′ )
sont parallèles ainsi que les axes (Oz) et (O′ z′ ).

On appelle “ événement" dans un référentiel l’ensemble des coordon-


nées (x,y,z,ct) dans ce référentiel.

Le passage des coordonnées de l’événement dans (R) aux coordonnées


du même événement dans ( R′ ) se fait par les équations de transformations
de Lorentz suivantes :
 ′

 x = γx − γβct
 y′ = y



 z′ = z
 ′
ct = γct − γβx
Le passage des coordonnées de l’événement dans ( R′ ) aux coordonnées
du même événement dans (R) se fait en remplaçant la vitesse v par -v ou
bien β par −β

x = γx′ + γβct



 y = y′



 z = z′
ct = γct′ + γβx

Le temps propre : c’est le temps mesuré dans le référentiel où la particule


est au repos.

La largeur propre : c’est la largeur mesurée dans le référentiel où la par-


ticule est au repos.

Une des conséquences majeurs des transformations de Lorentz est que


le temps perd son caractère absolu. En effet, la simultanéité de deux évène-
ments est une notion qui est liée à un référentiel donné. Par exemple, pour
deux évènements, on peut avoir ∆t = 0 dans le référentiel R cependant
∆t ̸= 0 dans le référentiel R’.

2.2.2 Espace de Minkowski et transformations de Lorentz


A ce stade nous introduisons la notation quadridimensionnnelle où l’es-
pace physique à trois dimensions est augmenté d’un temps universel sera
remplacé par l’espace temps de quatre dimensions, muni d’une métrique

13
indéfinie, appelé espace de Minkowski et les éléments appartenant à cet es-
pace sont appelés les quadrivecteurs.

Un quatrivecteur est un élément V µ donné par :

V µ = (V 0 , V 1 , V 2 , V 3 )
et il est dit quadrivecteur contravariant.

Un quadrivecteur covariant 4 est noté :

Vµ = (V0 , V1 , V2 , V3 )

Dans un repère orthonormé le produit scalaire de deux quadrivecteurs 5


est donné par :

⃗ ⃗B = gµν Aµ Bν
( A, B) = A.B = A0 B0 − A

avec gµν le tenseur métrique défini par :


 
1 0 0 0
0 −1 0 0 
gµν =
 
0 0 −1 0 

0 0 0 −1
et pour passer d’un quadrivecteur contravariant à un quadrivecteur co-
variant on a :

V µ = gµν Vν
La métrique inverse est donnée par :
 
1 0 0 0
0 −1 0 0 
gµν =  = gµν
 
0 0 −1 0 
0 0 0 −1

Le tenseur métrique est utilisé pour et élever ou abaisser les indices.

4. Cette nouvelle notation que nous venons d’introduire, relative aux quadrivecteurs
contravariants et covariants, nous permet de spécifier aisément les quantitiés qui sont inva-
riantes sous l’action d’une transformation de Lorentz. Une équation ou un objet mathéma-
tique qui reste invariant sous ses transformations est dit covariant. Dorénavant, on utilisera
le mot covariant pour désigner un objet invariant relativiste (invariant sous l’action d’une
transformation de Lorentz)
5. Un quadrivecteur est de norme carée positive, nulle ou négative. Il est dit respective-
ment de genre temps, genre lumière ou genre espace.

14
Nous avons :

gµν gνρ = δµρ


où δµρ est la fonction delta de Kronecker définie par :
(
δµρ = 1 si µ = ρ
δµρ = 0 si µ ̸= ρ

soit donc :
gg−1 = I
La métrique de Lorentz contient toutes les informations sur la géométrie
de l’espace-temps de Minkowski.

Quadrivecteur position

Un point de l’espace de Minkowski est repéré par le quadrivecteur posi-


tion est donné par :

xµ = ( x0 , x1 , x2 , x3 ) = (ct, x, y, z) = (ct, ⃗x) = (t, ⃗x)


il décrit le temps et le lieu où se trouve le point considéré, il est défini
comme événement. L’espace de Minkowski donc est l’espace formé par ces
événements.

L’ensemble de ces événements constitue les points d’univers. A une par-


ticule correspond une ligne d’univers constituée d’une suite de points d’uni-
vers.

de même le quadrivecteur covariant position est donné par :

xµ = ( x0 , x1 , x2 , x3 ) = (ct, − x, − y, − z) = (ct, −⃗x) = (t, −⃗x)


La norme carrée de la différentielle du quadrivecteur position 6 , dxµ nous
donne le carré de l’élément de longueur :

ds2 = dxµ dxµ = gµν dxµ dxν

= dt2 − d⃗x2
= dt2 − dx2 − dy2 − dz2
L’intervalle entre deux événements 1 et 2 s’écrit :

(∆s)2 = gµν ( xµ2 − xµ1 )2 ( xν2 − xν1 )2


6. on dit aussi intervalle infinitésimal

15
On défini alors trois catégories d’intervalles selon les signes de (∆s)2
selon les cas suivants :

2
 (∆s) > 0 :
 intervalle de genre temps
(∆s)2 = 0 : intervalle de genre espace
(∆s)2 < 0 :

intervalle de genre lumière

2.2.3 Quadrivecteurs importants


Quadrivecteur position

Le quadrivecteur position est donné par :

xµ = ( x0 , x1 , x2 , x3 ) = (ct, x, y, z) = (ct, ⃗x) = (t, ⃗x)

de même le quadrivecteur covariant position est donné par :

xµ = ( x0 , x1 , x2 , x3 ) = (ct, − x, − y, − z) = (ct, −⃗x) = (t, −⃗x)

La norme carrée de sa différentielle dxµ nous donne le carrée de l’élé-


ment de longueur :
ds2 = dxµ dxµ = gµν dxµ dxν

= dt2 − d⃗x2

= dt2 − dx2 − dy2 − dz2

Quadrivecteurs dérivation

∂ 1 ∂ ∂ ∂ ∂ ∂ ∂ ∂ ∂
∂µ = µ
= (∂0 , ∂1 , ∂2 , ∂3 ) = ( , , , )=( , , , )
∂x c ∂t ∂x ∂y ∂z ∂t ∂x ∂y ∂z

et
∂ 1 ∂ ⃗ ∂ ⃗
∂µ = =( , ∇) = ( , ∇)
∂xµ c ∂t ∂t
et de même
∂ ⃗
∂µ = gµν ∂µ = ( , −∇)
∂t
nous retrouvons ainsi l’opérateur différentiel d’Alembertien :

1 ∂2 ∂2 ∂2 ∂2 ∂2 ⃗2
□ = ∂µ ∂µ = 2 2
− ( 2
+ 2
+ 2
) = 2
−∇
c ∂t ∂x ∂y ∂z ∂t

Le d’Alembertien est un opérateur invariant de Lorentz.

16
Quadrivecteur Energie Impulsion

Le quadrivecteur Energie-Impulsion d’une particule est défini par :

E
pµ = ( , ⃗p) = ( E, ⃗p)
c
et
E
pµ = ( , −⃗p) = ( E, −⃗p)
c
ce qui donne l’invariant :

p2 = pµ pµ = E2 − ⃗p2

Dans la suite on va utiliser la notation algèbrique :

pµ xµ = pµ xµ = px

Quadrivecteur Courant

Le quadrivecteur courant est donné par :

Jµ = (ρ, ⃗J )

où ρ est la densité de charge et ⃗J est la densité de courant.

L’équation de conservation du quadrivecteur courant est donnée par :

∂µ Jµ = 0

qui ne représente que l’équation de conservation de la charge :

∂ρ ⃗ ⃗
+ ∇J = 0
∂t

2.2.4 Tenseurs
Les tenseurs sont des objets mathématiques issus de l’algèbre multili-
néaire permettant de généraliser les scalaires et les vecteurs. On les ren-
contre notamment en analyse vectorielle et en géométrie différentielle fré-
quemment utilisés au sein de champs de tenseurs.

Un tenseur contravariant de rang n est un objet de type Tαβγδ..... (n in-


dices), qui se transforme comme Aα Aβ Aγ Aδ ....., de même les tenseurs co-
variants Tαβγδ..... et les tenseurs mixtes Aα Aβ Aγ Aδ ......

Pour avoir une idée plus claire :

17
Un scalaire est une fonction S( x) qui se transforme comme :

S( x) = S′ ( x′ )

Un vecteur contravariant est formé de 4 fonctions Aµ ( x) et se transforme


comme :
A′ µ ( x′ ) = Λµ ν Aν ( x′ )
Un tenseur d’odre deux (deux fois contravariant) Bµν ( x) est composé de
16 fonctions et se transforme comme :

B′ µν ( x′ ) = Λµ ν Λµ ν Bµν ( x)

18
Chapitre 3

Rappels sur les Particules


Elementaires

3.1 Introduction
Ce sont les constituants élémentaires de la matière qui, dans la limite de
nos moyens expérimentaux actuels, sont observés comme étant ponctuels ;
c’est-è-dire dépourvus d’une sous-structure àune échelle de résolution spa-
tiale de l’ordre de 10−4 fm. Ces constituants élémentaires sont à l’origne de
toutes les formes de matière connues dans notre univers.

Les particules élémentaires de matière possèdent toutes un spin 1/2 et


une masse, même si celle-ci est encore mal mesurée pour ce qui concerne
les neutrinos (le phénomène des oscillations de neutrinos prouve cependant
que ces particules sont massives) ou difficile à définir dans le cas des quarks.
On peut également les rencontrer classées sous la dénomination «fermions
fondamentaux» . Il en existe de deux types : les leptons et les quarks.

Il est important de garder è l’esprit que le caractère ponctuel des parti-


cules élémentaires est un héritage conceptuel de la mécanique newtonienne.
Cette hypothèse est critiquable sur le plan de sa propre logique : en effet est-
il cohérent de penser qu’un objet sans dimension puisse porter une charge,
un spin, un moment magnétique, une masse...

Des approches nouvelles développées depuis le début des années 1980


tendent è remplacer ce concept par un modèle de cordes quantiques évo-
luant dans des espaces possédant des dimensions additionnelles. Ces ap-
proches beaucoup plus complexes mathématiquement - pourraient résoudre
certaines divergences des théories actuelles, réaliser l’unification de toutes
les forces fondamentales et répondre à certaines interrogations comme par

19
exemple l’origine de la quantification de la charge électrique.

Dans ce chapitre nous allos nous intéresser á la classification des par-


ticules élémentaires et á la question des nombres quantiques internes, aux
propriétés d’invariances des interactions et au rôle joué par ces nombres
quantiques internes vis-á-vis de la classification des particules.

3.2 Interactions Fondamentales

Il existe quatre interactions fondamentales dans l’univers, elle sont à la-


base de toutes les autres formes d’interactions :
— l’interaction nucléaire forte

— l’interaction nucléaire faible

— l’interaction éléctromagnétique

— l’interaction gravitationnelle

Chaque interaction est définie par son :

— lntensité relative

— Particules sur lesquelles elle agit

— Portée

— Quanta du champ

— Domaine d’action

— Charge

En théorie quantique des champs, à chacune de ces interactions corres-


pond un champ, ces champs sont quantifiés, les quanta de ces champs sont
des particules ayant toutes un spin entier, que l’on appelle bosons de jauge,
ils sont des particules virtuelles qui véhiculent l’interaction. La portée de la
l’interactionest déterminée à partir de la masse de ce boson de jauge. A un
boson de masse nulle correspond une interaction de portée infinie.

20
3.2.1 Interaction gravitationnelle

L’interaction gravitationelle, fut la première à être identifiée. Elle s’exerce


entre particules ou systemes formées de matières. Elle est caractérisée par
une force qui est proprtionnelle au produit des masses interagissantes et
inversement proportionnelle au carré de la distance qui sépare ces masses,
zllz zqt donnée par :
m1 m2
F=G 2
r

3.2.2 Interaction éléctromagnétique

L’interaction éléctromagnétique a été identifée par Coulomb un siècle


après la formulation de la loi de la gravitation. La force agissant entre deux
charges éléctriques immobiles est donnée par :

q1 q2
F=K
r2

A la différence de la force gravitationnelle qui est une force d’attraction,


la force éléctrique peut être aattractive ou répulsive. C’est Maxwell qui a
réunit le caractère éléctromagnétique aux forces éléctrique et magnétique
dans ces fameuses équations.

3.2.3 Interaction faible

L’interaction faible ou force faible et parfois appelée force nucléaire faible


est responsable de la désintégration radioactive de particules subatomiques
et est à l’origine de la fusion nucléaire dans les étoiles. Elle affecte toutes les
catégories de fermions connues, à commencer par les électrons, les quarks
et les neutrinos.

Dans le modèle standard de la physique des particules, l’interaction faible


est causée par l’échange de bosons W + , W − et Z 0 . L’effet le plus connu en
est la radioactivité β. La plupart des particules sont sujettes à la désintégra-
tion causée par l’interaction faible. Les bosons W et Z ont une masse très
élevée, ce qui explique qu’elle a une portée très courte. Par ailleurs, son in-
tensité est généralement plus faible de plusieurs ordres de magnitude que
celles des interactions électromagnétique et forte, ce qui explique son nom.
L’interaction faible a plusieurs propriétés uniques, parmi lesquelles sa ca-
pacité à changer la saveur des quarks et à briser la symétrie de parité et la
symétrie CP.

21
3.2.4 Interaction forte
L’interaction forte ou force forte appelée parfois force de couleur. Seuls
les quarks et les antiquarks sont affectés par cette force forte qui est portée
par des bosons appelés gluons (de la même façon que la force électroma-
gnétique est portée par les photons). Cette force forte maintient les quarks
ensemble pour former les baryons, tels que les protons ou les neutrons et
pour former les mésons, tels les pions ou les kaons. Tous les ensembles de
quarks (i.e. les baryons et les mésons) sont nommés hadrons.

3.3 Classification des Particules Elémentaires

3.3.1 Masse et durée de vie


A toute particule on peut associer un quadrivecteur Energie-Impulsion
dont le carré scalaire est un invariant relativiste. La mass d’une particule est
donnée par la relation :
mc2 = E2 − P2 c2

ou
m = E2 − P2

La durée de vie d’une particule τ est définie dans un référentiel où elle


est au repos. Etant donné un ensemble d’éléments dont le nombre décroît
vers zéro, la durée de vie moyenne (aussi appelée durée de vie) est un
nombre qui caractérise le taux de réduction (décroissance) de l’ensemble.
En particulier, si la durée de vie individuelle d’un élément de l’ensemble est
le temps passé entre un instant de référence et la disparition de cet élément,
la durée de vie moyenne est la moyenne arithmétique des durées de vie in-
dividuelles.

Dans le tableau ci-dessous nos rapportons les durée de vies relatives aux
différentes interactions :

Interaction durée de vie


Forte de 10−24 à 10−21
Electromagnétique de 10−20 à 10−15
Faible de 10−12 à 10−8

3.3.2 Spin, fermions et bosons


Le spin est une notion quantique qui caractérise le moment cinétique
intrinsèque d’une particule, le nombre quantique s qui le caractérise peut

22
prendre des valeurs entières ou demi-entières, positives ou nulles.

Toutes les particules ayant un spin demi-entier sont appelées fermions.


Elles obeissent au principe d’exclusion de Pauli. ce dernier stipule que deux
fermions ne peuvent occuper le même état quantique caractérisé par les
même nombres quantiques. Ceci a une conséquence directe sur le compor-
tement statistique d’un système formé de plusieurs particules identiques.
Tous les fermions obeissent à la statistique de Fermi-Dirac.

Toutes les particules ayant un spin entier sont appelées bosons. On peut
en mettre un nombre illimité dans un même état quantique. Tous les bosons
obeissent à la statistique de Bose-Einstein.

3.3.3 Système et particule élémentaire

Un système élémentaire, en TQC, est un objet dont les états quantiques


se transforment selon une représentation unitaire irréductible du groupe de
Poincré. Il est complètement caractérisé par sa masse et son spin.

Une particule élémentaire, en TQC, est un système élémentaire au sein


duquel on ne peut pas distinguer des constituants élémentaires ayant une
masse et un spin.

Dans la nature nous avons :

Les fermions

— l’élécton et le neutrino éléctronique (e− , νe )

— le muon et le neutrino muonique (µ − , νµ )

— le tau et le neutrino tauique (τ − , ττ )

— les quarks up et down (u, d)

— les quarks charmé et étrange (c, s)

— les quarks beau et top (b, t)

23
Les bosons de jauge

— les huits gluons de spin 1

— les trois bosons vecteurs (W ± , Z 0 ) de spin 1

— le boson de Higgs de spin 0

3.3.4 Particule, anti-particule et résonance


Actuellement on un nombre assez grande de particules ou d’anti-particules
élémentairesà longue durée de vie, qui été mise en évidence expérimenta-
lement. Une anti-particule est spécifiée avec les mêmes masse et spin que
sa pqrticule associée, cependant ses propriétés telles que sa charge et son
moment magnétique sont opposés.

Une résonance est une particule élémentaire qui a une durée de vie ex-
trêment faible (τ < 10−21 s).

3.3.5 Classification
De nombreux systèmes de classification des particules élémentaires peuvent
être adoptés, le plus commun entre ces systèmes est celui qui est basé sur le
spin des particules et de leur sensibilité à l’interation forte.

Nous avons déjà abordé la notion de spin et que les bosons sont des par-
ticules de spin entier et les fermions sont des particules de spin demi-entier.
La principale différence entre ces deux familles de particules est liée au prin-
cipe d’exclusion de Pauli, selon lequel deux fermions identiques ne peuvent
jamais coexister dans le même voisinage. Ce principe ne s’applique pas aux
bosons.

Ceci dit, la seconde différence entre fermions et bosons réside au niveau


des interactions elles mêmes. La création ou la disparition d’un fermion doit
être simultanément suivie de la création ou l’annihilation d’un autre fer-
mion, éventuellement son anti-particule, dans laréaction encours. Cepen-
dant les bonsons ne sont pas assujetis à cette règle 1 .

1. Dans la mesure où cela ne viole pas les lois de conservation de l’énergie, la quantité
de mouvement et de la charge

24
Ces différences entre fermions et bosons sont à l’origine de la différence
entre le rôle joué par chacune des deux familles, à savoir : Les fermions sont
les particules de matières (les blocs constituant la matière) et les bosons sont
les particules véhiculant les forces de la nature (les ciments tanat les blocs
de fermions).

Ces deux importantes règles définissant les proprités essentielles au-


quelles obeissent les fermions et les bonsons nous enmène à diviser les par-
ticules en ces deux grandes familles ou groupes. Mais ce n’est pas suffisant
pour classifier définitivement les particules.

Un second critère nous permet de forger une classification plus précise


des familles de particule, il s’agit de la sensibilité de ces dernier vis-à-vis de
l’interaction forte. Nous sommes donc amenés à répartir les particules en
quatre grandes familles distinctes :

— Baryons

— Mésons

— Leptons

— Bosons intermédiaires

Baryons

Les bayons sont des fermions sensibles à l’interaction forte. A l’intérieur


de ce groupe, nous avons les nucléons, les hypérons et leurs anti-particules
respectives, de même que d’autres particules ayant une courte durée de vie.

Mésons

Les mésons sont des fermions sensibles à l’interaction forte. ce groupe


comprend les pions, les kaons, les mésons B etc, ils ont un spin, 0, 1 , 2 ...

Leptons

Les leptons sont des fermions non sensibles à l’interaction forte. On dis-
tingue les 6 quarks et les 6 leptons.

25
Bosons intermédiaires

Les bosons intermédiaires sont les bosons médiateurs des interactions


fondamentales.

3.4 Les lois de Conservation


Il y a deux modes d’interactions entre particules élémentaires :
Les collisions dans lesquelles deux particules rentrent en interaction pour
donner naissance a d’autres particules selon :

A + B → C1 + C2 + C3 + ......

Les désintégrations oú une particule se transforme en d’autres particules


via :
X → Y1 + Y2 + Y3 + ......
Dorénavant, nous appelons réaction soit une collision, soit une désinté-
gration sans distingtion.

Les réactions entre particules élémentaires doivent obéir un certain nombre


de lois de conservation et de règles de sélections. Nous citons en premier
lieu, les lois de concervations utilisées dans un cours de physique nucléaire
élémentaire à savoir :

— la conservation de la masse

— la conservation de la quantité de mouvement

— la conservation du moment cinétique

— la conservation de la charge éléctrique

Dans ce qui suit, nous allons exposer les différentes lois de conservation
restantes que nous résumons comme suit :
— la conservation du nombre leptonique

— la conservation du nombre baryonique

— la conservation du spin isotopique

— la conservation de l’étrangeté

26
— la conservation de la partité

3.4.1 Conservation du nombre leptonique


Le nombre leptonique est défini comme L = 1 pour une lepton, L = −1
pour un anti-lepton et L = 0 pour les particules restantes. Dans une réaction
le nombre leptonique est noté :
— Le : pour le nombre leptonique éléctronique

— Lµ : pour le nombre muonique

— Lτ : pour le nombre tauique

Dans une réaction les trois nombres leptoniques Le , Lµ et Lτ doivent


être conservés pour avoir la conservation du nombre leptonique.

A titre d’exemple :

µ − → e− + ν e + νµ

Lµ : +1 = 0 + 0 + 1

Le : +1 = +1 − 1 + 0

3.4.2 Conservation du nombre baryonique


Le nombre bayonique est défini par B = 1 pour les bayons, B = −1 pour
les anti-baryons et B = 0 pour le reste des particules. Dans toute réaction le
nombre baryonique est conservé.

A titre d’exemple :

n → p + e− + ν e

B : +1 = +1 + 0 + 0

27
3.4.3 Conservation du spin isotopique
Les mésons et baryons forment des groupes ou des multiplets ayant des
masses similaires et ne diffèrent que par leur charge. Le neutron et le pro-
ton forment le multiplet (n, p) et ont une masse de l’odre de 930 MeV et les
pions composent le multiplet (π 0 , π + , π − ) et ont tous une masse de l’ordre
de 140 MeV.

Les hadrons ( baryons ou mésons) interagissent via interaction forte. Du


faite que les interactions forte sont indépendantes de la charge éléctrique,
les particules hadroniques formant un multiplet devraient interagir avec les
autres particules de la même manière.

L’existance de la charge éléctrique va engendrer une différence minime


dûe à l’interaction éléctromagnétique provoquée par cette charge, donc les
éléments d’un multiplet vont avoir une petite différence d’interaction les
uns par rapport aux autres via-àvis des autres particules. Pour différencier
cette contribution éléctromagnétique pour chaque élément d’un multiplet,
on introduit la notion de spin isotopique, noté I.

L’isospin est est défini de telle façon à ce que : 2I = 1, nous renseigne


sur le nombre de particules d’un multiplet donné, il nous renseigne sur la
multiplicité de ses états de charge. Le spin isotopique est spécifié par un
p
vecteur de module I ( I + 1), comme le moment cinétique , cependant le
spin isotopique est une grandeur sans dimenssion, et sa composante suivant
l’axe des z, notée : m I , est quantifiée :

m I = I, I − 1, ......, − I

A chaque particule d’un multiplet correspond une valeur de m I et les


multiplets d’antiparticules ont le même spin isotopique que les multiplets
des particules correspondantes, cependant le m I de l’antiparticule est l’op-
posé de celui de la particules. Les constituants d’un même multiplet d’isos-
pin ne diffèrent que par leur état de charge éléctrique.

Par exemple :
— pour les nucléons I = 12 , m I = + 21 pour le proton et m I = + 21 pour le
neutron.

— pour les pions I = 1, m I = 1 pour le π + , m I = −1 pour le π − et


m I = 0 pour les π = 0.

28
L’isospin n’est conservée ni dans les interactions éléctromagnétiques ni
dans les interactions faibles.

3.4.4 Conservation de l’étrangeté


Une nouvelle propriété de la matière que lon appelle « étrangeté » est
introduite dès 1953 par Gell-Mann, Nakano et Nishijima afin dexpliquer
certaines interrogations reliées à lobservation de rayons cosmiques. En ef-
fet, les mésons K et les baryons Λ, Σ, et Ω forment le groupe des hypérons.
Elles sont toutes produits par paires de particules et antiparticules dans les
interactions fortes, ce phénomène est appellé la production associée. Ils ne
se désintègrent pas par interaction forte et ont une toutes durées de vie su-
périeures à 10−23 s. Ce qui semble être un phénomène étrange. Pour qualifier
cette catégorie de particules, on introduit un nouveau nombre quantique ap-
pelé étrangeté et noté S et les particules ayant un nombre d’étrangeté non
nul sont appellées particules étranges.

L’étrangté est conservée dans toutes les interactions éléctromagnétiques


et faibles mais elle est violée dans les interactions faibles.

A titre d’exemple :

π + + p → Σ+ + K +

S : 0 + 0 = −1 + 1

29
30
Chapitre 4

Champs Classiques

Dans une première partie de ce cours nous allons étudier la théorie des
champs classique, c’est à dire non quantique (la constante de Planck est
nulle). La caractéristique principale d’une théorie des champs est qu’elle
possède une infinité continue de variables dynamiques.

Jusqu’ici, la plupart des systèmes physiques que vous avons étudié com-
portent un ensemble fini ou discret de variables dynamiques.

En général, le paramètre continu x pourra être interprété comme une co-


ordonnée d’espace, et on a donc une variable dynamique en chaque point
de l’espace, qu’on appelle un champ.

Il nous faudra donc adapter à ce cas le formalisme ordinaire de la mé-


canique classique. Nous étudierons successivement le point de vue Lagran-
gien (principe de moindre action) et le point de vue Hamiltonien (espace
des phases et les équations de Hamilton).

Bien entendu, nous connaissons déjà plusieurs exemples de théories des


champs. La plus fameuse est l’électromagnétisme. Dans ce cas, les variables
dynamiques sont contenues dans le champ électromagnétique.

Les équations du mouvement, c’est à dire les équations de Maxwell,


peuvent être obtenues en appliquant un principe de moindre action.

En fait, le grand succès de la théorie des champs quantique est d’avoir


permis d’écrire l’interaction matière- rayonnement dans le cas quantique
relativiste. Les principaux développements de la théorie des champs quan-
tique avant guerre (Dirac, Fermi, Heisenberg, Pauli) et après guerre (Schwin-
ger, Tomonoga, Feynman, Dyson) se situent dans ce cadre.

31
La description obtenue est un développement perturbatif en puissances
de la constante de structure fine, qui reproduit avec une extraordinaire pré-
cision les données expérimentales.

Nous verrons qu’en électrodynamique quantique (Quantum ElectroDy-


namics ou QED), ce n’est pas seulement le rayonnement qui est décrit par
un champ, mais aussi la matière.

4.1 Notion de Champ


En combinant les idées provenant de la mécanique quantique et la relati-
vité restreinte, les physiciens sont arrivés à construire une théorie physique
appelée théorie quantique des champs.

Le champ est une entité présente en tout point de l’espace-temps qui ren-
seigne sur la présence et les propriétés des objets physiques qui le peuplent.
Il permet de modéliser un espace-temps pouvant comporter un nombre in-
fini d’objets. Il peut être représenté par un opérateur quantique ou plutôt un
réseau d’opérateurs qui évoluent dans le temps et dans l’espace. Il est noté
ϕ( xµ ).

La théorie quantique des champs est en général étudiée en formulation


lagrangienne 1 , nous allons donc appliquer la méthode lagrangienne aux
divers champs que nous allons étudier.

4.2 Densité Lagrangienne

4.2.1 Définition
La densité lagrangienne L d’un champ ϕ( xµ ) est donnée par :

L = L(ϕ( xµ ), ∂µϕ( xµ )) = L(ϕ, ∂µϕ)

son lagrangien est donné par :


Z
L(t) = L(ϕ, ∂µϕ) d3 x
V

1. La dynamique du champ est déterminée par la densité lagrangienne qui est une fonc-
tion du champ et de ses dérivées premières en un point de l’espace-temps, et peut dépendre
explicitement du temps et de l’espace

32
la densité Hamiltonienne correspondante est :

∂ϕ ∂L
H= −L
∂t ∂ϕ̇
et l’énergie est : Z
E= H d3 x
V

4.2.2 Equations d’Euler-Lagrange


Les équations du champ (équivalent des équations du mouvement) sont
obtenues à partir du principe de moindre action. On peut donc généraliser
la définition de l’action au cas où la fonction lagrangienne est une fonction-
nelle d’un champ ϕ :
Z t2 Z t2 Z
S[ϕ] = L(t) dt = L(ϕ, ∂µϕ) d4 x
t1 t1 V

où d4 x est la mesure d’intégration sur le volume de l’espace temps.

ou encore Z
S= L(ϕ, ∂µϕ) d4 x
La variation de l’action (principe d’action ) va nous enmener aux équa-
tions d’Euler-Lagrange :

δS = 0
donne
∂L ∂L
Z  
0= δϕ + δ (∂µϕ) d4 x
∂ϕ ∂(∂µϕ)
doù :
∂L ∂L
Z  
0= δϕ + ∂µ (δϕ) d4 x
∂ϕ ∂(∂µϕ)
soit
∂L ∂L ∂L
Z       
0= δϕ + ∂µ δϕ − ∂µ δϕ d4 x
∂ϕ ∂(∂µϕ) ∂(∂µϕ)

donc
∂L ∂L
Z   
0= − ∂µ δϕ d4 x
∂ϕ ∂(∂µϕ)
enfin
∂L ∂L
 
− ∂µ =0
∂ϕ ∂(∂µϕ)
Du fait des propriétés de l’espace-temps, on impose l’invariance de la
densité lagrangienne lors de toute transformation du groupe de Poincaré
restreint soient les translations en temps et dans l’espace, rotations spatiales

33
et les transformations de Lorentz. Il en découle, respectivement, la conser-
vation de l’énergie totale, de la quantité de mouvement totale et du moment
cinétique au cours du mouvement.

4.2.3 Propriétés de le densité lagrangienne


Dans cette section nous allons résumé quelques propriétés importantes
sue l’action (L) :
— L est une fonction locale du champ et des ses dérivées premières et
elle peut être au maximum quadratique en ∂µϕ :

L = L(ϕ, ∂µϕ)

— L est locale, c’est à dire définie localement pour les champs ϕ et ∂µϕ
en un point de l’espace précis .
— L’action est réelle. Hermitique dans le cadre de la mécanique quan-
tique.
— L’action est une quantité scalaire. La construction d’une théorie la-
grangienne repose sur la construction de tous les scalaires possibles
et imaginables qui peuvent être trouvés avec les champs ϕ et leurs
dérivées premières ∂µϕ ce qui a pour conséquence pour la densité
lagrangienne :
L = ∑ quantits scalaires

cette propriété de la densité lagrangienne va engendrer la covariance


de la théorie en RR ou en TQC, parce que, si L est un scalaire ou une
somme de scalaires, elle est invariante de Lorentz.
— L’action est sans dimension dans le système d’unités naturelles.
— L’action est une fonctionelle 2 du champ ϕ

4.3 Formulation Hamiltonienne


On définit le champ π ( x), l’impulsion conjuguée au champ (densité de
moment conjugué) ϕ( x) par :

∂L
π ( x) =
∂ϕ̇

ϕ̇ = ∂0ϕ

2. Une fonctionelle est une fonction d’un ensemble de fonctions vers l’ensemble des
réelles

34
La densité Hamiltonienne H(ϕ, ∂iϕ, π ) est alors définie par :

H = πϕ̇ − L

et les équations du mouvement s’écrivent en formulation hamiltonienne :

ϕ̇ = {H , ϕ} π̇ = {H , π }

4.4 Théorème de Noether

4.4.1 Enoncé du théorème


Le théorème de Noether nous donne un résultat extêmement puissant
sur les lois de conservations et peut être énoncé de facon très simple :

A chaque symétrie du système correspond une grandeur conservée 3 .

On peut aussi le reformuler en ce qui suit :

Ils doit exister autant de courants et de charges conservées qu’il y a de


paramètres indépendants relatifs aux groupes de symétries d’une théorie de
champ bien spécifique.

Les charges conservées sont déterminées par l’intégrale spatiale de la


composante temporelle du courant conservé correspondant.

Ces charges et les courants asociés sont caractérisés par une algèbre de
Poisson ou règles de commutations qui ne représentent que l’algèbre du
groupe de symétrie associé.

Il reste à signaler que la conservations de ces courants et charges est va-


lide au niveau classique et quantique, excépté les systèmes qui possèdent
des anomalies purement quantiques.

4.4.2 Démonstration du théorème


Considérons le changement de coordonnées :

xµ =→ yµ + ϵµ
3. Le théorème de Noether peut être énoncé d’une autre façon : “Pour toute symétrie
continue il existe un courant conservé”. Les symétries discrètes ne sont pas concernées par
le théorème de Noether

35
aucours duquel le même point M initialement repéré par la coordonnée
xµ est maintenant associé à yµ . Le vecteur ϵµ est considéré petit et constant.
Le champ scalaire reste donc le même pour le point M, par contre la fonction
associant aux coordonnées xµ ou yµ la valeur correspondate de φ, subit une
modification parce que :

ϕ( xµ ) = ϕ( yµ ) := ϕ( M)

Le champ change donc en x avec la quantité :

δϕ( x) = ϕ( x) − ϕ′ ( x) = −ϵµ ∂µϕ

On considère une transformation des champs ϕ

ϕ( x) → ϕ′ ( x) = ϕ( x) + α ∆ϕ( x)

où α est un paramètre infinitesimal.

Cette transformation est une symétrie si elle laisse invariantes les équa-
tions du mouvement. Ceci est assuré si l’action est invariante, i.e. si le La-
grangien change par au plus une dérivée totale :

α L → L + α ∂µ Jµ

On peut calculer Jµ à partir de la transformation du champ et du Lagran-


gien correspondant.

On applique la transformation :

∂L ∂L
α ∆L = α ∆ϕ( x) + ∂µ [α ∆ϕ( x)]
∂ϕ ∂(∂µϕ)

∂L ∂L ∂L
    
= α ∂µ ∆ϕ( x) + α − ∂µ ∆ϕ( x)
∂(∂µϕ) ∂ϕ ∂(∂µϕ)
4 cequiamne:
Bien évidemment le second terme de la dernière équation est nul

∂L
 
µ
α ∂µ J ( x) = α ∂µ ∆ϕ( x)
∂(∂µϕ)
soit
∂L
 
∂µ ∆ϕ( x) − Jµ =0
∂(∂µϕ)
On peut réécrire ceci en disant :

∂µ jµ = 0

36

∂L
jµ = ∆ϕ( x) − ∂µ Jµ
∂(∂µϕ)
On a donc un courant conservé, ce qui revient à dire que l’existence
d’une symétrie du lagrangien implique la présence d’un courant conservé
qui lui est associée, c’est un exemple concret du théorème de Noether.

La charge conservée associée à ce courant conservé est donnée par :


Z
Q= j0 d3 x
V

qui est une constante dans le temps :


dQ
=0
dt
La preuve est similaire pour la charge éléctrique, parce que le courant
éléctromagnétique jµem obéit à l’équation de conservation du courant

∂µ jµem = 0

qui représente un courant conservé de Noether associé à l’invariance de


jauge électromagnétique et la charge électrique correspondante est conser-
vée.

Pour retouner à la peuve :

dQ
Z
= d3 x ∂0 j0
dt V
Z
=− d 3 x ∂i ji
V
Z
− d2⃗n ⃗j
S
= Flux de ji à travers S
soit
dQ
=0
dt
parce que aucun flux ne sort du volume V.

4.4.3 Translations dans l’espace-temps


A la symétrie correspondant aux translations dans l’espace-temps est as-
sociée la charge conservée donnée par 5 :
Z
Pµ = d3 x T 0µ

5. Les charges conservées sont données par l’intégrale spatiale de la composante tem-
porelle du courant conservé

37
où Tµν est le tenseur énergie-moment de la théorie en question et Pµ est
le quadrivecteur énergie-impulsion totale du système.

A la symétrie correspondant aux transformations de Lorentz de l’espace-


temps est associée la charge conservée suivante :
Z n o
µν 3 0µ ν 0ν µ
M = d x T x −T x

où Mµν représente le moment angulaire généralisé total du système.

Ces conservations engendrent l’algèbre du groupe de Poincré qui corres-


pond aux équations suivantes :

[ Pµ , Pν ] = 0

et
[ Mµν , Pα ] = −i { gµα Pν − gνα Pµ }
et enfin
n o
[ Mµν , Mαβ ] = −i gµα Mνβ − gµβ Mνα − gνα Mµβ + gνβ Mµα

38
Chapitre 5

Champ Scalaire

Dans ce chapitre, nous allons introduire le champ scalaire, qui est un


champ qui décrit le comportement des particules scalaires tels que les pions,
kaons ...

L’équation de Schrodinger est incapable de décrire le champ scalaire,


parce qu’elle ne respecte pas les exigences de l’énergie relativiste de d’une
particule scalaire.

L’équation décrivant le champ scalaire est appelée équation de Klein-


Gordon (KG). Nous allons introduire cette équation, l’interpréter, donner
ses solutions et quantifier le champ scalaire.

L’étude de l’équation de KG va montrer l’existence de problèmes phy-


siques nouveaux tels que une densité de probabilité négative, ceci dit sa
description du champ scalaire est parfaitement correcte.

5.1 Retour sur l’équation de Schrodinger


En MQ le principe de correspondance amène à écrire :

Pour l’énergie

E → ih̄
∂t
Pour l’impulsion

pi → −ih̄
∂xi
en notation minkovskienne :


pµ → ih̄∂µ = (∂0 , −i ∇)

39
Le principe de correspondance appliqué à l’expression de l’énergie d’une
particule massive non relativiste :

p2
E= + V (⃗x)
2m
conduit à l’équation d’onde de Schroedinger pour la fonction d’onde
ψ(⃗x, t) :  
∂ ∆
ih̄ ψ(⃗x, t) = − + V (⃗x) ψ(⃗x, t)
∂t 2m
pour V (⃗x) = 0 la solution d’une particule libre s’écrit

ψ(⃗x, t) = e−iEt ψ(⃗x)

et la densité de probabilité et de courant s’écrivent :

ρ = |ψ(⃗x, t)|2

et
⃗j = −i (ψ∗ ∇
⃗ ψ−ψ ∇ ⃗ ψ∗ )
m
par conséquent l’équation de continuité est donnée par :

∂ρ ⃗ ⃗
+ ∇. j = 0
∂t
qui s’écrit sous forme covariante :

∂µ jµ = 0

avec
jµ = (ρ, ⃗j)

5.2 Equation de Klein-Gordon


L’équation de Schroedinger est une équation quantique non relativiste,
par conséquent elle n’est pas destinée à décrire des particules relativistes,
c’est à dire, ayant une énergie cinétique très supérieure à la masse de la par-
ticule au repos.

De la même manière que avons obtenue l’équation de Schrodinger, nous


allons appliquer le principe de correspondance à l’expression de l’énergie
d’une particule relativiste, quantique et libre :

E2 = pµ pµ = p2 c2 + m2 c4

40
où pµ est le qudrivecteur Energie-Impulsion de la particule. Nous obtenons
donc l’équation :
!
h̄2 ∂2 2
− h̄ ∆ + m2 c2 φ(⃗x, t) = 0
c2 ∂t2

C’est l’équation de Klein-Gordon.

Le d’Alembertien correspondant au laplacien dans la géométrie min-


kovskienne s’écrit :
1 ∂2
□= − ∆ = gµν ∂µ ∂ν = ∂µ ∂µ
c2 ∂t2
En adoptant les unités naturelles h̄ = c = 1, l’équation de Klein-Gordon
s’écrit :
□ + m2 φ( x) = 0


Cette équation est manifestement covariante.

Cette façon d’écrire l’équation de KG nous permet d’affirmer qu’elle est


une équation pour particules scalaires. D’une part, le d’Alembertien est un
invariant relativiste parcequ’il se transforme comme un scalaire. D’autre
part la masse est un scalaire donc : (□ + m2 ) est un scalaire.

L’équation de KG devient un scalaire si ϕ, on va interpréter comme


champ par la suite, est un scalaire et donc il se transforme comme un sca-
laire.

Nous savons que la coordonnées xµ se transforme sous les transforma-


tions de Lorentz comme :
x′µ = Λµ ν xµ
Si φ( x) est un champ scalaire il doit se transformer comme :

φ′ ( x ) = φ ( Λ−1 x )

avec cette explication nous sommes amenés aux conclusions importantes


suivantes :
— L’équation de K-G s’applique aux particules scalaires (champs sca-
laires) ;
— Ces particules scalaires ont un spin nul.
L’équation de KG décrit donc une particule scalaire dans un champ libre :

(□ + m 2 ) φ ( x ) = 0

41
5.3 Solution de l’équation de Klein-Gordon
La solution de l’équation de K-G peut se mettre sous la forme :

φ( x) = e−ipx
où p et x sont des quadrivecteurs, p = ( E, ⃗p) et x = (t, ⃗x) et le produit de x
et p est donné par :
xp = xµ pµ = Et − ⃗p.⃗x
et on a :
∂φ ∂ ∂
= e−ipx = e−i(Et−⃗x⃗p) = −iEφ
∂t ∂t ∂t
et
∂φ ∂ ∂
= e−ipx = e−i(Et−⃗x⃗p) = ipφ
∂x ∂x ∂x
soit
∂ 2φ ∂2 −ipx ∂2 −i(Et−⃗x⃗p)
2
= 2
e = 2
e = E 2φ
∂t ∂t ∂t
et
∂ 2φ ∂2 −ipx ∂2 −i(Et−⃗x⃗p)
2
= 2e = 2e = − p 2φ
∂x ∂x ∂x
donc
∂ 2φ ∂ 2φ
2
− 2 = ( E2 − p2 ) φ
∂t ∂x
en faisant analogie avec l’équation de KG on :

( E2 − p2 ) φ = m2 φ

et donc
E2 − p2 = m2
et finalement on a : q
E=± p2 + m2
Ce résultat est pour le moins surprenant, on a des états à énergie positive
et des états à énergie négative ! ces derniers ne sont pas considérés comme
états physiques.

5.4 Champ scalaire complexe


5.4.1 Lagrangien, action et équation du mouvement
Soit le champ scalaire complexe ϕ( x) obeissant à l’équation de Klein-
Gordon. L’action relative à la théorie quantique de ce champ est donnée
par : Z
S= d4 x (∂µ φ∗ ∂µ φ − m2φ∗φ)

42
L’équation de Klein-Gordon de cette théorie peut être obtenue à partir
du lagrangien :
L = ∂µ φ∗ ∂µ φ − m2φ∗φ

soit
∂L ∂L
 
∂µ − =0
∂(∂µ φ) ∂φ
Ces équations sont valides pour le champ ϕ et ϕ∗ . On a donc pour ϕ∗ :

∂L ∂L
 
∂µ = ∂µ φ = − m 2φ
∂(∂µ φ∗ ) ∂φ∗

soit :
(∂µ ∂µ + m2 ) φ = 0

et pour φ on a :

∂L ∂L
 
∂µ = ∂µ φ∗ = − m 2φ ∗
∂(∂µ φ) ∂φ

soit :
(∂µ ∂µ + m2 ) φ∗ = 0

donc les champs φ( x) et φ∗ ( x) obeissent à l’équation de KG.

5.4.2 Hamiltonien du champ complexe


L’hamiltonien du champ s’écrit en fonction en fonction des impulsions
et du Lagrangien. Les impulsions conjugées sont données par :

∂L
π ( x) = = φ˙∗ ( x)
∂φ̇

et
π ∗ ( x) = φ̇( x)

donc l’hamiltonien s’écrit :


Z
!
H= d3 x ∑ πi (x)φ̇i (x) − L
i

Z  
= d3 x φ̇∗φ̇ + φ̇φ̇∗ − (φ̇∗φ̇ − ∇φ∗ .∇φ − m2φ∗φ)

soit Z  
H= d3 x π ∗ π + ∇φ∗ .∇φ + m2φ∗φ

43
5.4.3 Opérateurs création et annihiliation

d3 p 1 
Z 
− ipx + ipx
φ( x) = ap e + bp e
(2π )3 2E p
p

et
d3 p 1  + ipx
Z 
∗ −ipx
φ ( x) = a e + b p e
(2π )3 2E p p
p

et enfin
r
d3 p Ep 
Z 
∗ −ipx + ipx
π ( x) = φ̇( x) = (−i) ap e − bp e
(2π )3 2

5.4.4 Spectre de l’Hamiltonien


Pour trouver le spectre de l’hamiltonien, il est plus judicieux de travailler
en représentation de Schroedinger, où les opérateurs ne dépendent pas du
temps :
d3 p 1 
Z 
i⃗p⃗x + − i⃗p⃗x
φ(⃗x) = a⃗p e + b⃗p e
(2π )3 2E
q
⃗p

d3 p 1 
Z 
= 3
q a⃗p + b−⃗ p ei⃗p⃗x
+
(2π ) 2E ⃗p

de même :
d3 p 1  +
Z 
∗ −i⃗p⃗x
φ (⃗x) = a⃗p + b ⃗p e

(2π )3 2E
q
⃗p

r
d3 p Ep 
Z 

π ( x) = 3
(−i) a⃗p − b−⃗ p ei⃗p⃗x
+
(2π ) 2
r
d3 p Ep  +
Z 
−i⃗p⃗x
π ( x) = ( i ) a⃗p − b ⃗p e

(2π )3 2
L’hamiltonien est donné par :
Z  
3 ∗ ∗ 2 ∗
H= d x π π + ∇φ .∇φ + m φ φ

en remplaçant chaque grandeur par sa valeur on obtient :


q
3
d p d p  E p E p′
3 ′
Z Z Z
H = dx3 ( a⃗p − b+ +
⃗ p )( a ⃗p′ − b−⃗p′ )
(2π )3 (2π )3  2 −

⃗p⃗p′
+ q ( a⃗+
p + b−
+
⃗ p )( a ⃗p′ + b−⃗p′ )
2 E p E p′

44

m2 
⃗′
+ q ( a⃗+ +
⃗ p )( a ⃗p′ + b−⃗p′ )
p + b− e−i(⃗p− p )⃗x
2 E p E p′ 

or Z
⃗′
dx3 e−i(⃗p− p )⃗x = (2π )3 δ 3 (⃗p − ⃗p′ )
soit
d3 p Ep
Z 
H= ( a⃗p − b+ +
⃗ p )( a⃗p − b−
⃗p)
(2π )3 2 −

⃗p2
+ ( a⃗+
p + b−⃗ p )( a⃗p + b+
⃗p)

2E p
m2

+ +
+ ( a + b−⃗ p )( a⃗p + b−⃗ p )
2E p ⃗p
d’autre part on a :
E⃗2p = ⃗p2 + m2
soit
d3 p E p n
Z o
+ + + +
H= ( a⃗p − b−⃗ p )( a⃗p − b−⃗ p ) + ( a⃗p + b−⃗ p )( a⃗p + b−⃗ p )
(2π )3 2
au final on a :
d3 p
Z  
+ +
H= E p a a
⃗p ⃗p + b b
⃗p ⃗p
(2π )3
On peut de même montrer que :

d3 p
Z  
+ +
P= ⃗
p a a
⃗p ⃗p + b b
⃗p ⃗p
(2π )3

45
46
Chapitre 6

Champ Spinoriel

Le champ spinoriel est un champ introduit par Dirac pour donner une
équation du mouvement pour l’électron.

Toutes ces incohérences vont être levées par l’introduction de la théorie


quantique des champs, une théorie décrivant un système ayant un nombre
arbitraire de particules, dans laquelle l’objet Ψ est promu du rôle de fonction
d’onde à celui d’opérateur capable de créer et annihiler ces particules. C’est
le changement de point de vue traditionnellement appelé seconde quantifi-
cation.

Nous examinerons maintenant une autre équation d’onde relativiste,


originellement proposée par Dirac pour pallier aux insuffisances de l’équa-
tion de Klein-Gordon.

L’équation de Dirac conduit elle aussi à des incohérences, également le-


vées par la théorie quantique. Néanmoins son étude se révèle très profitable,
sur le plan physique elle offre une excellente description de phénomènes de
basse énergie, atome d’hydrogène ... et sur le plan technique les représenta-
tions spinorielles ... qui seront utiles dans le contexte de la TQC.

6.1 Equation de Dirac

6.1.1 Introduction Historique


Suite aux difficultés recontrées avec l’équation de KG. Dirac a cherché
à trouver une équation relativiste en considérant que cette équation doit
contenir :
— des dérivées premières par rapport au temps et aux coordonnées spa-

47
tiales

— qui satisfait l’équation relativiste : E2 = ⃗p2 + m2

— covariance relaliviste soit satisfaite (invariante sous les transforma-


tions de Lorentz)

Ces considérations cités ci-desssus ont permis à Dirac d’écrire une équa-
tion sous la forme :

ih̄ Ψ=HΨ
∂t


H = −h̄ c αi i + β mc2
∂x
ou encore
 
∂ ∂ ∂
H = −h̄ c α1 1 + α2 2 + α3 3 + β mc2
∂x ∂x ∂x

cette équation est relativiste elle doit donc reproduire le fait que :

E2 = ⃗p2 c2 + m2 c4

On calcul alors le carré de l’équation :


  
αi pi c + β mc2 α j p j c + β mc2 Ψ = E2 Ψ

soit  
E2 = αi α j pi p j c2 + 2β mc3 αi pi + β2 m2 c4

Pour éliminer le terme croisé, il faut β = 0 ou αi = 0 quelque soit i, ce


qui va engendrer l’élimination d’autres termes :
n o
E2 = αi α j pi p j c2 + (β αi +i β) mc3 pi + β2 m2 c4

soit
 
2 1
E = (α α + α j αi ) pi p j c2 + (β αi +i β) m c3 pi + β2 m2 c4
2 i j

ce qui doit satisfaire :


{αi , α j } = 0,

{αi , β} = 0
et
β2 = I

48
Nous avons aussi :

Tr(β αi β) = Tr(β2 αi ) = Tr(αi )

or
{αi , β} = 0
donc
Tr(β αi β) = − Tr(β2 αi ) = − Tr(αi )

soit
Tr(αi ) = 0

ce qui implique un choix de matrices ayant une dimension (rang) paire 1 .

A titre d’exemple, on prend une dimension minimale égale à 4 2 soit :


! ! !
0 σi I 0 I 0
αi = β= I=
σi 0 0 I 0 I

puisque αi et β sont d’ordre 4, la fonction d’onde de Dirac Ψ possède quatre


composantes, on dit que c’est un spineur 3 .

Pour les matrices de Pauli on rappel que :

{σi , σ j } = 2 I δi j

et
[σi , σ j ] = 2 i ϵi jk σk

6.1.2 Covariance de l’équation de Dirac

 
⃗α .⃗p c + β mc2 Ψ = E Ψ
β
En multipliant les deux termes de cette équation par c

β
E Ψ − β ⃗α .⃗p Ψ − mc Ψ = 0
c
On définit :
γµ = (γ 0 , γ i )
1. du fait que ces matrices ont des traces nulles et des valeurs propres égales à ±1
2. on a 4 matrices dont la dimension minimale est 4
3. les αi et β possèdent une infinité de représentations, les plus utilisées sont celles de
Dirac, Weyl et Magiorana que nous allons introduire dans ce chapitre. Ces représentation
sont liées entre elles par une transformation unitaire.

49
avec
γ0 = β et γ i = β αi
nous obtenons donc l’équation de Dirac :

(γµ pµ − mc) Ψ = 0

ou
 
/p − m Ψ( x) = 0

où /p = γµ pµ .

6.1.3 Les Matrices γ


Les matrices β et γi sont hermitiques nous avons donc :

(γ 0 )+ = β+ = β = γ 0

et
(γ i )+ = (βγ i )+ = αi+β+ = αi β = −βαi = γi
et on a aussi :

{γµ , γν } = γµ γν + γν γµ = 2 gµν

et avec la représentation déjà utilisée pour les matrices 4 β et αi , on a :


!
I 0
γ0 =
0 −I

et !
0 σi
γi =
−σi 0
où I et 0 sont les matrices respectivement identité et nulle d’ordre deux.
Les σi s’écrivent
! ! !
0 1 0 −i 1 0
σx = σy = σz =
1 0 i 0 0 −1

et les matrices gamma s’écrivent :


   
1 0 0 0 0 0 0 1
0 1 0 0   0 0 1 0
γ0 =  γ1 = 
   
0 −1 0   0 −1
 
0 0 0
0 0 0 −1 −1 0 0 0

4. Il reste à signaler qu’ils existe d’autres représentations pour ces matrices.

50
   
0 0 0 −i 0 0 1 0
0 0 i 0  0 0 0 −1
γ2 =  γ3 = 
   
−1
 
0 i 0 0 0 0 0 
−i 0 0 0 0 1 0 0

malgré le fait que les γµ s’écrivent comme un quadrivecteur, ils ne sont pas
des quadrivecteurs, ceci dit, elle sont invariantes sous les transformations
de Lorentz.

L’èquation de Dirac va donc s’écrire :


 

i ∂t −m 0 ∂
i ∂z ∂
i ∂x + ∂
∂y Ψ1
  
0

−m ∂
− ∂
−i ∂z
∂   2  
0 i ∂t i ∂x

 ∂y
 Ψ  0
   =  
 −i ∂z

−i ∂x

− ∂
−i ∂t∂ − m 0  Ψ3  0
 ∂y 
−i ∂x

+ ∂ ∂
i ∂z 0 −i ∂t∂ − m Ψ4 0
∂y

6.1.4 Representations des matrices Gamma


Representation de Dirac

!
I 0
γ0 =
0 −I

et !
0 σi
γi =
−σi 0

Representation de Weyl

! !
0 −I 0 σi
γ0 = γi =
−I 0 −σi

Representation de Majorana

! !
0 σ2 i σ3 0
γ0 = γ1 =
σ2 0 0 i σ3

et ! !
0 −σ2 −i σ 1 0
γ2 = γ3 =
σ2 0 0 −i σ 1

51
6.1.5 Dirac et Klein-Gordon

( /p − m)( /p − m) Ψ
 
= γµ γν ∂µ ∂ν + m2 Ψ
 
1 µ ν 2
= {γ , γ } ∂µ ∂ν + m Ψ
2
= ( gµν ∂µ ∂ν + m2 ) Ψ
= (∂µ ∂ν + m2 )Ψ
= (□ + m 2 ) Ψ = 0
On vient de montrer donc que si Ψ est solution de l’équation de Dirac,
elle est aussi solution de l’équation de KG.

6.2 Solution de l’équation de Dirac pour une Par-


ticule Libre
6.2.1 Spineurs de Dirac pour une particule au repos
On peut écrire Ψ( x) en fonction des ondes planes :

Ψ( x) = u( p) e−ip.x
où u( p) est un spineur qui satisfait l’équation de dirac
( /p − m) u( p) = 0
ou
(γµ pµ − m) u( p) = 0
et pour une particule au repos (⃗o = 0) on l’équation de Dirac s’écrit

(iγ 0 − m) Ψ = (γ 0 E − m) Ψ = 0
∂t
soit !
mI 0
Eu= u
0 −m I
et la solution est donnée par quatre spineurs :
       
1 0 0 0
0 1 0 0
u1 =   u2 =   u3 =   u4 =  
       
0 0 1 0
0 0 0 1
et les fonctions d’ondes associées sont :
Ψ1 ( x) = e−imt u1 Ψ2 ( x) = e−imt u2 Ψ3 ( x) = e−imt u3 Ψ4 ( x) = e−imt u4

52
6.2.2 Spineurs de Dirac pour une particule en mouvement
Ψ possède quatre composantes, on peut donc l’écrire sous forme de deux
spineurs à deux composantes :
!
φ
Ψ=N
ξ

N est un facteur de normalisation.

L’équation de Dirac s’écrit donc pour une particule en mouvement (⃗p ̸=


0) : ! ! ! ! !
0 ⃗σ ⃗p φ 0 m φ φ
+ =E
⃗σ ⃗p 0 ξ 0 −m ξ ξ
et les équations pour chaque spineur deviennent :

⃗σ ⃗p φ − m ξ = E ξ

et
⃗σ ⃗p ξ + m φ = E φ

la première équation donne :

σ ⃗p
ξ= φ
E+m

qu’on peut insérer dans la seconde équation, ce qui donne :

⃗p2
 
+m φ = Eφ
E+m

dont la résolution pour l’énergie donne :


q
E = ± ⃗p2 c2 + m2 c4

on trouve aussi que l’équation de Dirac a des solutions à énergies négatives


E < 0!!!!

Les solutions pour les énergies positives et négatives s’écrivent respecti-


vement : !
φ
Ψ = N ⃗σ⃗p
E+m φ
et
− |Eσ|+⃗p m ξ
!
Ψ=N
ξ

53
Elle s’écrivent au repos :
!
φ
Ψ=N
0

et !
0
Ψ=N
ξ

6.2.3 Normalisation
La normalisation de u( p) est donnée par :
!
√ φ
u( p) = E+m σ ⃗p
E+m φ

ce qui implique que


u( p) u( p) = 2m

avec
φ +φ = 1

Pour le cas de la solution à énergie négative E < 0 :

Ψ( x) = v( p) eip.x

où v( p) est un spineur avec E < 0 qui satisfait

( /p + m)v( p) = 0

Utilisons la même normalisation que pour u( p) :

− |Eσ|+⃗p m ξ
!

v( p) = E + m
ξ

avec
ξ +ξ = 1

6.2.4 Hélicité
Les opérateurs de rotations sont donnés par :
 
θ
Srot = exp −⃗n.⃗Σ
2

où !
σi 0
Σi =
0 σi

54
Les spineurs de φ{u( p)} et ξ {v( p)} sont des états propres de Srot ce qui
implique ils sont des états de spin.

Soit la limite où l’énergie tend vers l’infini, soit E >> m on a :


⃗σ ⃗p
≃= ⃗σ .⃗z = σ z
| E| + m

6.2.5 Etats d’énergie positive


Pour E > 0 on a : !
√ φ
u( p) = E
σ zφ
qui correspond aux deux états :
! 
1
√  0 
 
+
u( p) = E  !

 1 

0
et  ! 
0
√ 
 

 1
u( p) = E 
 ! 
1 

− 
0
Considérons l’opérateur
!
1 1 1 ±1
(1 ± γ 5 ) =
2 2 ±1 1

On remarque que u( p)+ et u( p)− sont respectivement des états propres


de 21 (1 + γ 5 ) et 12 (1 − γ 5 ), ils sont appelés respectivement états d’hélicités
droits (RH) et états d’hélicités gauches (LH).

6.2.6 Etats d’énergie négative


Pour E < 0 on a : !
√ −σ zξ
v( p) = E
ξ
qui correspond aux deux états :

!
1
−


+
 0 
v( p) = E 
 ! 
 1 

0

55
et 
!
0
√  1 
 

v( p) = E  !
 0 
 
1
On remarque que v( p)+ et v( p)− sont respectivement des états d’hélicité
LH et RH. On voit bien que les états LH et RH sont inversés par rapport aux
états u( p)+ et u( p)− .

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