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Caractéristiques des Écoulements Hydrauliques

Le document traite des caractéristiques des écoulements en hydraulique, en distinguant les écoulements en charge et à surface libre. Il aborde des concepts tels que les régimes d'écoulement, la distribution des vitesses, les effets de coude et de jonction, ainsi que les propriétés des liquides comme la viscosité et la pression de vapeur. Les phénomènes tels que le coup de bélier et le ressaut hydraulique sont également discutés, mettant en lumière la complexité des écoulements dans les systèmes hydrauliques.

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Caractéristiques des Écoulements Hydrauliques

Le document traite des caractéristiques des écoulements en hydraulique, en distinguant les écoulements en charge et à surface libre. Il aborde des concepts tels que les régimes d'écoulement, la distribution des vitesses, les effets de coude et de jonction, ainsi que les propriétés des liquides comme la viscosité et la pression de vapeur. Les phénomènes tels que le coup de bélier et le ressaut hydraulique sont également discutés, mettant en lumière la complexité des écoulements dans les systèmes hydrauliques.

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UNIVERSITE MOULAY ISMAIL

ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE

Mécanique des Fluides - Hydraulique


Licence Professionnelle Génie Civil – Bâtiment

2022-2023
CHAPITRE 1 : CARACTERISTIQUES DES ECOULEMENTS

L’hydraulique est l’étude des écoulements. On distingue deux types d’écoulements :

 les écoulements en charge, dans lesquels l’eau remplit complètement la canalisation,


c’est le cas notamment des réseaux d’eau potable,
 les écoulements à surface libre (interface entre l’eau et l’air), c’est le cas des rivières et
des réseaux d’assainissement.

1. - ECOULEMENTS EN CHARGE

1.1. - Régimes d’écoulements


Le régime d’un écoulement se caractérise par la fluctuation temporelle des vitesses et
des pressions au sein de la veine liquide.

Expérience :

Un premier réservoir d’eau de niveau constant est vidangé par un tuyau. Une vanne
placée à l’extrémité du tuyau permet de faire varier le débit Q (m3/s). Un deuxième
tuyau est placé à l’intérieur du réservoir. Il contient un colorant et permet d’obtenir un
mince filet fluide coloré au centre du tuyau.
Quand la vitesse est très faible (quelques millimètres par seconde) le filet coloré reste
bien défini, rectiligne et parallèle à l’axe du tuyau. Le régime est dit laminaire.
L’écoulement laminaire est rare dans le domaine de l’hydraulique de l’eau potable et de
l’assainissement, toutefois il n’est pas inexistant.
Les figures suivantes montrent un écoulement laminaire dans une veine liquide et
l’évolution de la vitesse en un point (vitesse ponctuelle) en fonction du temps.
Quand la vitesse est plus élevée, le filet devient ondulé et très instable. Il se mélange
rapidement au fluide ambiant. Des tourbillons de différentes tailles apparaissent. Le
régime est dit turbulent.

La turbulence se caractérise donc par la création de tourbillons. ils mélangent les


matières dissoutes dans l’eau, comme par exemple le chlore dans un réseau d’eau
potable ou le rejet d’une station de traitement des eaux usées dans une rivière. La mise
en place d’un agitateur dans un bassin crée de la turbulence et ainsi il tend à
homogénéiser les matières dissoutes.
1.2. - Distribution des vitesses dans un tuyau rectiligne

En fonction du régime d’écoulement (laminaire ou turbulent) les forces dans l’écoulement


(elles seront détaillées dans la suite du cours) sont différentes. Cela a pour effet une
distribution de la vitesse ponctuelle moyennée dans le temps (que l’on appelle vitesse
moyenne temporelle) à l’intérieur du tuyau qui est différente suivant le régime
d’écoulement.

La connaissance du profil de vitesse dans une conduite permet de calculer le débit. La


plupart des capteurs en réseau mesurent la vitesse moyenne temporelle en quelques
points et reconstituent le profil complet de la vitesse pour en déduire le débit.

Le graphique suivant compare la forme du profil de la vitesse en régimes laminaire et


turbulent dans une conduite circulaire. En abscisse est représenté le rapport entre la
distance à la paroi (r) et le rayon de la conduite (R). L’ordonnée représente le pourcentage
du rapport entre la vitesse maximale du profil et la vitesse ponctuelle V(r/R).
On constate que la vitesse maximale est au centre de la canalisation. Par contre, le profil
de vitesse turbulent varie beaucoup plus qu’en laminaire au voisinage de la paroi. Cette
zone de fort gradient de vitesse est appelée couche limite.
1.3. - Elargissement et rétrécissement dans une conduite

La transition entre deux conduites de diamètre différents pour un écoulement en charge


provoque une répartition transversale des vitesses longitudinales totalement différentes
de celles vues précédemment.

On constate une zone ou les veines liquides proches de la paroi se décollent sur une
longueur L. Dans cette zone, on observe des recirculations à l’origine de perturbations
importantes dans l’écoulement.
1.4. - Sortie d’un réservoir

La sortie d’un réservoir provoque également une modification de la répartition de la vitesse


et une zone de décollement de la veine liquide. On remarque que les lignes de courant
(ligne enveloppe du champ de vitesse) se resserrent au passage de la zone de recirculation.
La présence de cette zone a pour effet de diminuer légèrement la section de passage de
l’écoulement.
1.5. – Coude

En raison de la courbure de la conduite, un mouvement hélicoïdal des lignes de courant


peut s’établir. La présence de ce mouvement de rotation persiste sur une longueur en aval
du coude (à peu près 50 fois le diamètre de la conduite). Lorsque la courbure est
importante, des zones de recirculation peuvent apparaître.
Le mécanisme interne de l’écoulement au travers d’un coude n’est pas encore bien connu,
malgré le grand nombre de chercheurs qui ont analysé cet élément important.

Evolution des lignes de courant dans un coude circulaire


1.6. - Jonction et bifurcation

L’écoulement dans une jonction provoque une zone de séparation et une zone de
mélange. L’écoulement de la branche dans laquelle la vitesse est la plus faible est
entraîné par l’eau provenant de la branche ayant une vitesse plus élevée. Ce phénomène
est à l’origine de décélérations et d’accélérations de l’écoulement dans les deux branches.

L’écoulement dans une bifurcation se comporte de manière légèrement différente du fait


de la dérivation latérale. Une zone de séparation apparaît également dans la branche
latérale.
1.7. - Obstacles dans un écoulement en charge

Les figures suivantes montrent l’évolution des tourbillons à l’aval d’un obstacle dans un
écoulement en fonction de l’intensité de la vitesse

Les vannes à opercule ou les vannes papillons créent un obstacle dans les conduites. Ce
sont des organes de contrôle du débit.
1.8. - Le coup de bélier

Le coup de bélier est un ensemble de phénomènes hydrauliques complexes provenant de


la modification brutale du champ de vitesse et de pression dans une conduite.
L’importance technique des coups de bélier est extrêmement grande. En effet, l’amplitude
et la soudaineté des surpressions et dépressions qui sont mises en jeu peuvent détériorer
la conduite ou les organes qui y sont branchées. Il est nécessaire par conséquent
d’empêcher la production de telles perturbations ou du moins de les atténuer.
Le coup de bélier peut se produire, par exemple, dans le cas de la fermeture brutale d’une
vanne.
2. - ECOULEMENTS A SURFACE LIBRE
2.1. - La surface libre
La surface libre est l’interface entre l’air et l’eau. La pression y est égale le plus souvent à
la pression atmosphérique. Les écoulements dans les canaux naturels (rivière) et
artificiels (irrigation, assainissement) sont, dans la plupart des cas, des écoulements à
surface libre.

2.2. - Distribution des vitesses dans un canal

La distribution des vitesses dans une section transversale varie en fonction de la forme
de la section et de la rugosité des parois.
Les figures suivantes montrent la répartition des iso-vitesses dans le cas d’un régime
turbulent. Dans certains cas, la vitesse peut-être maximale un peu au-dessous de la surface
libre.

Comme pour les écoulements en charge, nous avons également un régime d’écoulement
laminaire et turbulent. (L’écoulement laminaire est rare en hydraulique).
2.3. - Notion d’influence aval
Expérience : l’onde de gravité
Considérons un canal à pente nulle, de section et de hauteur d’eau constante. Le fluide est
au repos (vitesse nulle U = 0). A un instant t, on perturbe la surface libre du canal.
Il se développe deux ondes se déplaçant à la même célérité c. Ces ondes sont appelées
ondes de gravité.

Expérience : notion d’influence aval


On utilise cette fois-ci un canal à section transversale, pente, hauteur (h) et débit (Q)
constants. On crée une perturbation grâce à une vanne que l’on ferme et que l’on ouvre
très rapidement.
De cette expérience, on en déduit que :
 dans le cas où la vitesse du fluide est supérieure à la vitesse de l’onde, l’amont
n’est pas influencé par les conditions hydrauliques à l’aval (régime torrentiel);
 dans le cas contraire, on a une remontée de l’onde qui va perturber l’amont
(régime fluvial), ce phénomène est appelé influence aval.
2.4. - Courbes de remous
Par rapport à l’écoulement en charge, un écoulement à surface libre a une difficulté
supplémentaire qui est la détermination de la position de la surface libre par rapport au
fond du canal (tirant d’eau). Celle-ci est variable en fonction des caractéristiques du fluide
et de l’écoulement. La figure suivante montre un exemple de forme de surface libre.

2.5. - Le ressaut
Le ressaut hydraulique se caractérise par une variation importante et croissante de la
hauteur d’eau de l’amont vers l’aval du phénomène sur une courte distance. Dans la
plupart des cas, une agitation importante de la surface libre permet rapidement de localiser
le phénomène, comme par exemple dans le cas d’un ressaut fort.
Le ressaut hydraulique est l’un des phénomènes les plus complexes en hydraulique à
surface libre. Les connaissances actuelles sur le ressaut hydraulique ne sont pas encore
suffisamment étendues pour que l’écoulement interne soit parfaitement compris.
2.6. - Les seuils et déversoirs
Le seuil crée un obstacle dans un canal, qui oblige le tirant d’eau à augmenter et donc l’eau
à passer par dessus.
Dans le cas d’un seuil dénoyé, l’eau chute à l’aval du seuil.
Dans le cas ou le tirant d’eau à l’aval de l’ouvrage est important, la chute d’eau ne peut plus
avoir lieu. Dans ces circonstances, le seuil est dit noyé.
En fonction de la forme du seuil et de la vitesse de l’écoulement, il peut apparaître une
zone de dépression à l’aval du seuil.

Le déversoir est un ouvrage de bifurcation qui permet un partage des débits dans deux
canaux. Par rapport à une simple bifurcation, où les débits sont partagés quelle que soit la
hauteur d’eau, dans un déversoir, le déversement n’a lieu que si la hauteur du fluide atteint
la hauteur de la crête déversante.
3. - PROPRIETES DES LIQUIDES
Dans l’établissement des principes de l’hydraulique, certaines propriétés des fluides jouent
un rôle important, d’autres seulement un rôle mineur ou aucun rôle du tout. En
hydrostatique (fluide au repos) c’est le poids spécifique qui est la propriété la plus
importante, tandis qu’en hydrodynamique (fluide en mouvement), la densité et la viscosité
sont des propriétés dominantes. La pression de vapeur prend de l’importance quand
interviennent des basses pressions, le liquide en question contient des bulles de vapeur,
c’est le phénomène de cavitation. La tension de surface influe sur les conditions statiques et
dynamiques dans les conduits très étroits, c’est le phénomène de capillarité.

3.1. - Masse volumique

La masse volumique est le rapport exprimé en [Kg/m3].

Pour les liquides, le volume est pratiquement insensible aux variations de pression et,
dans la majorité des cas, il augmente faiblement quand la température augmente, l’eau
faisant exception à cette règle en dessous de 4°C.
 = 1000 Kg/m3
 = 13546 Kg/m3
 sec = 1,205 Kg/m
3
Remarque:
Contrairement aux liquides, les gaz sont fortement compressibles. La variation de masse
volumique dépend de la température et de la pression :

3.2. - Poids spécifique


Il représente la force de gravité agissant sur la masse par unité de volume :

[N/m3]

104 N/m3

3.3. – Viscosité
La viscosité d’un fluide en mouvement est la propriété qui exprime sa résistance à une
force tangentielle.
Expérience :
Considérons un fluide placé entre deux plaques planes, parallèles, distantes de et
horizontales. L’une est fixe et l’autre est en mouvement uniforme de vitesse . Pour
générer une vitesse de la plaque supérieure (surface ), il faut exercer une force .
Cette force est la résultante des forces de frottements visqueux.

L’expérimentation permet de déduire une proportionnalité entre le rapport de la force F et


la surface A avec le rapport entre la vitesse Uo et la longueur L telle que:

[N.s/m2] est appelé viscosité dynamique ou absolue.


Le viscosimètre :

On considère deux cylindres coaxiaux séparés par un intervalle e dont l’espace entre eux est
rempli par un liquide. On fait tourner le cylindre extérieur à vitesse constante (w) et on
maintient fixe le cylindre intérieur.
Le fluide en contact avec le cylindre extérieur va y adhérer et par conséquent va être animé
de la vitesse du cylindre extérieur. Le fluide en contact avec le cylindre fixe aura une
vitesse nulle. La viscosité fait naître une force de frottement que l’on mesure par le couple
.

Les expériences ont montré que :


 si e est faible par rapport au rayon intérieur r, la courbe représentative de la variation de
la vitesse entre et est une droite,
 le couple varie proportionnellement à la vitesse et on a :

On définit un deuxième coefficient de viscosité, le coefficient de viscosité cinématique :

exprimée en [m2/s].
On appelle fluide parfait un fluide dont la viscosité serait nulle (fluide inexistant dans la
nature). La viscosité existe dès qu’il y a mouvement relatif entre particules, que ce soit en
régime laminaire ou turbulent.

3.4. - Pression de vapeur saturante


L’ébullition est un phénomène de changement d’état, dans lequel le liquide passe à
l’état de vapeur. Tous les liquides ont tendance à s’évaporer ; la phase liquide se
transforme en phase gazeuse. Au cours de cette transformation, les molécules de
vapeur exercent une pression appelée pression de vapeur saturante. Dans le cas de
l’eau, la pression de vapeur croît avec une augmentation de la température .
La pression de vapeur saturante pour l’eau est donnée par la relation empirique
suivante :

.
Si, à température constante, on abaisse la pression à la surface d’un liquide, ce dernier se
met à bouillir lorsqu’on atteint la pression de vapeur saturante correspondant à cette
température. Dans l’écoulement des liquides, il peut arriver que la pression en certains
points devienne inférieure à la pression de vapeur saturante. Le liquide entre alors
localement en ébullition et des bulles de vapeur apparaissent au sein même de
l’écoulement. Ce phénomène, appelé cavitation, est le plus souvent nuisible pour les
installations où il se produit (canalisation, pompes, turbine…). Les variations de volume lors
du changement d’état sont telles qu’il se produit au sein du fluide de véritables explosions
de bulles au moment de la vaporisation et de violentes implosions, lors de la condensation.

3.5. - Tension superficielle


Une molécule liquide au repos est soumise aux forces d’attractions que les molécules
voisines exercent sur elle. Une molécule à la surface libre d’un liquide ou à la surface de
séparation de deux liquides non miscibles n’est plus soumise à l’action de forces
symétriques, puisqu’elle n’est plus entourée symétriquement par d’autres molécules de
même nature. Ainsi la résultante des forces moléculaires n’est plus nulle. La surface de
séparation se comporte comme une membrane tendue.
La force d’attraction tangentielle à la surface nécessaire pour arracher des particules
agissant le long d’un segment de longueur unitaire est appelée tension superficielle.

Les effets de tension superficielle ne sont pas importants dans les écoulements en eau
potable ou en assainissement et ne sont donc pas pris en compte.

Tension de surface : Air – eau à 20°C : 0,0724 N/m.


4. - CARACTERISATION DES FORCES DANS UN ECOULEMENT

4.1. - Les forces


Les forces qui agissent sur un volume fini de fluide sont de deux types :
 Les forces de volumes,
 Les forces de surfaces.
4.1.1. - Les forces de volumes
Elles se composent des forces suivantes :
 Les forces de pesanteur provenant de la gravité.
 Les forces d’accélération pure : Elles proviennent de la variation de la vitesse
de la masse d’une fluide dans le temps.

éé

Prenons par exemple deux réservoirs à la même hauteur, dont l’un est vide et l’autre plein,
reliés par une conduite de diamètre constant, horizontal et muni d’une vanne. A l’ouverture
de la vanne, il se produit un écoulement. La variation de la vitesse dans le temps
  crée au sein de l’écoulement une force d’accélération pure.
 Les forces d’accélération convective : Elles proviennent de la variation de la vitesse
dans l’espace (repère

éé

Prenons une conduite dont l’écoulement ne varie pas dans le temps   .


L’écoulement étant permanent, le débit est identique en tout point de la canalisation.
Or, si la surface est supérieure à la surface alors la vitesse en est supérieur à
la vitesse en
Cette variation de vitesse va engendrer une accélération qui va générer une force
d’accélération convective.
4.1.2. - Les forces de surfaces

Elles se composent des forces suivantes :


 Les forces de pression : La pression est le rapport entre une force agissant
perpendiculairement à la surface d’un fluide :

 Les forces de frottement de viscosité : Nous avons vu précédemment qu’un fluide,


dont les particules sont en mouvement relatif, génèrent des forces de frottement
dues à la viscosité. Le force de frottement s’écrit :

 Les forces générées par la turbulence : La turbulence décrite au premier chapitre


joue un rôle majeur dans l’écoulement des fluides. La turbulence à tendance à «
freiner » l’écoulement. Une façon de les représenter mathématiquement consiste à
les assimiler à des forces de frottement, ce qui est faux compte tenu de la nature
même de la turbulence.
4.2. - Importance des différentes forces
En général, l’hydraulicien doit s’occuper de l’effet de la force dominante. Dans la
plupart des problèmes d’écoulement des fluides, la pesanteur, la viscosité et
l’élasticité sont prépondérantes, mais pas toujours simultanément.
L’importance relative des différentes forces agissant sur un liquide est calculée par des
nombres adimensionnels représentant les rapports entre ces forces. L’analyse
dimensionnelle permet de simplifier ces rapports. Les différentes dimensions utilisées
sont :
: longueur,
: temps,
masse volumique.

4.2.1. - Le Nombre d’Euler


Le nombre de Euler est le rapport entre les forces d’inertie et les forces de
pression
∶ la masse
∶ l’accélération du fluide
: la pression
: la surface d’application de la pression
: la vitesse caractéristique de l’écoulement

Ce rapport est utilisé lorsqu’on calcul les forces (statiques et dynamiques) de l’eau
sur une paroi ou un ouvrage.
4.2.2. - Le Nombre de Reynolds

Le Nombre de Reynolds est le rapport entre les forces d’inertie et les


forces de viscosité
∶ la force de frottement par unité de surface
: la surface d’application de la pression
: la longueur caractéristique de l’écoulement

Ce rapport permet de distinguer le régime laminaire et turbulent.


• Si > valeur dépendant de l’ouvrage étudié alors turbulent
• Si < valeur dépendant de l’ouvrage étudié alors laminaire

Exemples :
4.2.3. - Le Nombre de Froude

Le nombre de Froude est le rapport entre les forces d’inertie et les forces de
pesanteur

∶ l’accélération de la pesanteur
: la longueur caractéristique de l’écoulement
: la vitesse caractéristique de l’écoulement

Ce rapport permet de distinguer le régime fluvial ou torrentiel que nous avons vu au


§2.3.

4.2.4. - Le Nombre de Cauchy


Le nombre de Cauchy est le rapport entre les forces d’inertie et les forces
d’élasticité

: Module d’élasticité
4.2.5. - Le Nombre de Weber
Le nombre de Weber est le rapport entre les forces d’inertie et les forces de
tension superficielle

: tension de surface

5. - LES EQUATIONS DE BASE


La détermination des caractéristiques d’un écoulement consiste à rechercher la pression et
la vitesse en tous points. Pour cela, il faut écrire des équations d’équilibre (ou de
conservation) entre les différentes forces agissant sur le fluide.

Ces équations d’équilibre sont :

• l’équation de continuité ou équation de conservation de la masse du fluide.

• l’équation de la quantité de mouvement qui traduit l’équilibre entre la somme des


forces extérieures qui exercent une influence sur le fluide et le taux de variation de
la quantité de mouvement du fluide de masse
6. - OUTILS MATHEMATIQUES

Elément de volume :

Dérivée partielle :

Dérivée totale :

Gradient d’un scalaire :

Gradient d’un vecteur :


Divergence d’un vecteur:

Rotationnel d’un vecteur


CHAPITRE 2 : HYDROSTATIQUE

L’hydrostatique étudie les conditions d’équilibre des liquides au repos. Ce chapitre


aborde l’étude de la répartition de la pression, notamment en fonction de la distance
verticale, ainsi que les forces qui en résultent.

1. - EQUATIONS DE L’HYDROSTATIQUE
Nous avons vu au chapitre précédent que l’ensemble des forces agissant sur un fluide
sont de deux natures : les forces de volume et les forces de surface. En reprenant les
résultats acquis dans ce chapitre, nous allons détaillé l’ensemble de ses forces.
Considérons dans un réservoir un fluide au repos, dont on extrait un petit
parallélépipède d’eau d’axe vertical . Soit p la pression en son centre. Il est soumis aux
forces verticales suivantes :
Concernant les forces de volume, il n’en existe qu’une seule la force de pesanteur. Elle
s’écrit de la façon suivante :

Les forces d’inertie n’existe pas puisque le fluide est au repos (vitesse nulle).

Concernant les forces de surface, la pression agit sur la face supérieure et inférieure de
l’élément. Ces forces s’écrivent de la façon suivante :

Force de pression sur le surface inférieure :

Force de pression sur le surface supérieure :


Les forces de viscosité et de turbulence n’existent pas puisqu’il n’y a pas de vitesse
relative entre les particules de fluide.
L’équation de l’hydrostatique est déterminé en écrivant l’équilibre de l’ensemble des
forces :  = Forces d'inertie . En projetant cette équation suivant la verticale, on a :

Soit

On peut écrire de façon analogue les équations d’équilibre dans les autres directions :

Ces trois équations montrent que la pression est indépendante de et de , c’est-à-


dire que la pression ne varie pas dans les directions et ou encore qu’elle est
constante dans un plan horizontale. Cela est vérifié tant que l’on reste dans un même
fluide ( constante). La pression ne dépend que de , ce qu’on écrit :

ou dz
2. - VARIATION DE LA PRESSION DANS UN FLUIDE INCOMPRESSIBLE

Pour un fluide incompressible ( = ), l’intégration de l’équation ci-dessus s’écrit :

On écrit fréquemment :

On nomme ∗
l’énergie potentielle par unité de volume.

Une autre écriture consiste à diviser l’équation par :


On remarque que est homogène à c’est-à-dire à une longueur ce qui offre un


moyen pratique pour la représenter graphiquement. appelée hauteur


piézométrique.

Dans ce cas, la pression est mesurée en hauteur de colonne du liquide .


Unités de mesure :

L’unité légale est le pascal : 2

Un multiple du pascal est le bar : 5

Il existe d’autres unités plus pratiques :

• Le mètre de colonne d’eau : 1,0  = 9,81.10 = 0,098

1,0 = 105  =
.

• Le millimètre de mercure : 1,0 10-3mercure = 1,33.102 Pa


1.0bar =105 Pa   . 1000 = 752,5
mercure .

En hydraulique des réseaux urbains, la pression est le plus souvent exprimée en mètres
de colonne d’eau et en bars.
Pression absolue et pression relative :

La pression absolue est définie par rapport à la pression dans le vide qui correspond à la
pression nulle. On en déduit donc que la pression minimale possible est zéro.
La pression relative se définit par rapport à une référence que l’on choisi le plus souvent
égale à la pression atmosphérique. Cela consiste finalement à faire une translation du
repère des pressions. La pression nulle est donc équivalente à la pression
atmosphérique La pression minimale correspond donc à (pression
atmosphérique négative).

Prenons par exemple un réservoir où la surface libre est à la pression atmosphérique

En écrivant l’équation de l’hydrostatique par rapport à un plan de référence, on a :

Entre le point 1 et 2, on a :
1 1 2 2

soit : 1 2  2 1  5

La pression en 1 est mesurée en pression absolue.


La figure suivante montre la répartition des pressions suivant la hauteur.
Dans la pratique, on préfère souvent mesurer par rapport à la pression atmosphérique

Dans ce cas, la pression au point 1 devient : 1 1  2 1  . La


pression en 1 est mesurée en pression relative par rapport à la pression atmosphérique.
La plupart des instruments de mesure fournit une pression relative appelée également
pression manométrique.
3. – VARIATION DE LA PRESSION DANS UN FLUIDE COMPRESSIBLE

Contrairement aux liquides, les gaz sont fortement compressibles. La variation de la


masse volumique dépend de pression et de la température . S’il
s’agit d’un gaz parfait, nous avons : , étant une constante. On peut ainsi
définir à l’altitude , ce qui nous permet de calculer la constante .

En reprenant l’équation de l’hydrostatique : on a :

Si on se place à température constante , l’équation peut ainsi s’écrire :

Dans le cas de l’air, Pa et , l’équation précédente


permet de caractériser l’évolution de la pression dans l’air en fonction de l’altitude :
4.- FORCES HYDROSTATIQUES SUR LES PAROIS

Les forces hydrostatiques sur une surface proviennent des forces de pressions du fluide
agissant sur cette surface.

Il convient, donc dans un premier temps, de caractériser la pression du fluide sur une
surface. Pour cela, on a besoin de :

• l’intensité : la pression dépend de la profondeur d’eau . Elle est calculée par la


relation : ,
• la zone d’application : la pression s’applique sur une surface

• la direction : la pression est toujours perpendiculaire à la surface d’application.


Le calcul des forces hydrostatiques sur une surface quelconque plongée dans l’eau,
consiste à déterminer les trois caractéristiques suivantes :

• l’intensité de la force qui s’applique sur la surface ,


• le point d’application de la force,
• la direction.
Dans le but de fournir des résultats facilement applicables, on distingue les surfaces
planes et les surfaces gauches.

4.1. - Paroi plane en position inclinée

On s’intéresse aux surfaces planes de forme quelconque entièrement immergée dans


l’eau. La figure suivante représente à gauche la surface immergée et à droite une vue
A-A de cette surface. On définit un repère ( ) dont l’axe (x) est sur la surface libre et
(y) dirigé vers le bas et passant par la surface plane. Le point ( ) est le centre de
gravité de la section. On définit le repère ( ) comme étant une translation du repère
( ) centré en .
L’intensité de la force résultante agissant sur la surface est définie par :

L’intégration de cette équation s’écrit :

: hauteur d’eau du centre de gravité de la paroi immergée,


surface de la paroi immergée.
Le point d’application de la force résultante des pressions ( ) est appelé : centre
de pression ou de poussée.

La position de ce point est définie par la position du barycentre des surfaces


élémentaires pondérées par la pression sur chaque surface, ce qui revient à calculer
le moment équivalent des forces de pression, c’est-à-dire :

Dans le grande majorité des cas les surfaces sont symétriques par rapport à l’axe η, ce
qui revient à dire que : .
La deuxième intégrale s’écrit :

représente l’inertie de la section suivant les axes .


Le tableau suivant fournit le centre de gravité, la surface et l’inertie pour quelques
formes de surface plane.

+4 +
= + ; =
2 36 +
3 3
;
2 2

3 3 3 5 5 3
= = ; = =
2 2 48 3 48 3

4sin ( )
= 1−
3(2 − sin(2 ))

= (1 − cos( )) −
= 2 − sin(2 )
2
1 − cos(2 )
= 4 − sin(4 ) −
16 9 2 − sin(2 )
4.2. - Paroi à surface gauche
La première méthode permettant le calcul de la force résultante sur une paroi gauche
consiste à décomposer la force élémentaire dF suivant les axes et :

L’évaluation des projections de suivant et , peut se faire de la manière suivante :

L’intégration et sur toute la surface


de l’élément courbe permet d’évaluer le force
résultante . Compte tenu de la surface
courbe, l’angle est variable, ce qui
complique le calcul de l’intégrale.
Une deuxième méthode consiste à isoler un volume de fluide et à faire l’équilibre des
forces extérieures agissant sur ce volume.
Dans l’exemple suivant, le volume de fluide isolé est composé d’un ensemble de
surfaces planes horizontales et verticales et de la surface gauche (23). Le choix des
surfaces planes se justifie par l’utilisation des relations précédentes.

En faisant l’équilibre des forces suivant l’horizontale, on en déduit que la composante


horizontale de la force hydrostatique ( ) est donnée par .La composante verticale est
la somme de la force et du poids de l’eau W. En faisant la composition vectorielle des
forces et ,on en déduit . Il suffit d’écrire ensuite le moment des forces par
rapport un point quelconque pour localiser la position de .
5.- FORCES HYDROSTATIQUES SUR DES CORPS IMMERGES
5.1- Forces d’Archimède
Supposons qu’une surface fermée formant un corps solide de poids volumique s, de
volume total V et de volume immergé é, se trouve immergée entièrement ou
partiellement ( é dans un liquide au repos de poids volumique . Les forces
verticales qui agissent sur le corps sont :
• les forces de pesanteur :
• les forces de pression du liquide : é (Appelées forces d’Archimède ou
forces de portance)

La force d’Archimède est appliquée au centre de gravité du liquide déplacé (centre de


poussée). Pour un corps plein de poids volumique homogène et entièrement immergé, le
centre de poussée est confondu avec le centre de gravité du corps. Il n’en est pas de
même pour les corps flottants.
5.2- Equilibre des corps immergés
Un corps est en équilibre si le poids W et la force d’Archimède sont égaux, opposés et
situés sur la même ligne verticale. Dans le cas contraire, il en résulte un mouvement.
La stabilité peut se définir de la façon suivante : si on incline un corps d’un angle par
rapport à la verticale, le corps est soumis à un couple de redressements qui le fait tourner
jusqu’à ce qu’il revienne à sa position initiale.
L’instabilité est donc définie par un couple qui tend à augmenter l’inclinaison.
Dans cet exemple, on constate que la position d’équilibre stable est vérifiée pour un angle
Θ’, et que la position instable correspond à un angle Θ’’ qui a la particularité :
On en déduit qu’il existe donc un angle limite de basculement entre
l’état stable et instable.
CHAPITRE 3 : L’HYDRAULIQUE EN CHARGE

La dynamique des fluides consiste à étudier le mouvement des particules fluides


soumises à un système de forces. Bien souvent, on commence par l’étude les fluides
fictifs dit « fluides parfaits ». Ils ont la particularité de ne pas avoir de viscosité et de ne
pas développer de la turbulence. Ils permettent d’établir l’équation de Bernoulli
facilement. Les fluides réels engendrent des forces de frottement dues à la turbulence et
à la viscosité. La présence de ces forces induit une perte de charge (énergie) qui est une
transformation irréversible de l’énergie mécanique en énergie thermique.

Ce chapitre aborde, dans un premier temps, l’équation de continuité et surtout


l’établissement de l’équation de Bernoulli. Dans un deuxième temps, l’évaluation des
pertes de charges ainsi que les méthodes de calcul des réseaux hydrauliques en charge
sont exposées.
2.1. - L’EQUATION DE CONTINUITE

Cette équation exprime le principe de conservation de la masse : la variation de masse


de fluide d’un élément de volume dv pendant un temps dt est égale à la masse de fluide
entrante dans ce volume déduite de la masse de fluide sortante.

Variation de masse entre t et t+dt


La masse de fluide contenue dans le volume est égale au temps t à
:
Après un temps dt dans ce même
volume, la masse est égale à :

On constate donc une variation de masse de

Variation de masse de fluide pendant la durée dt entre ce qui entre et ce qui sort :
On défini le débit massique par :
La masse de fluide entrante par la face 1 (suivant x) pendant le temps dt est :

. . .
− . = . . . − .
2 2

La masse de fluide sortante par la face 2 (suivant x) pendant le temps dt est :

. . .
+ . = . . . + .
2 2

La différence de masse entre ce qui entre et ce qui sort dans le volume dv est donc
suivant x:
On a de même suivant y et z avec:

En écrivant que la variation de masse de fluide d’un élément de volume dv pendant


un temps dt est égale à la masse de fluide entrante dans ce volume moins la masse
de fluide sortante, on a :

C’est l’équation de continuité d’un fluide conservatif.


Cas des fluides incompressibles :

Si le fluide est en mouvement permanent ( =0) la masse volume est indépendante du

temps et si le fluide est incompressible, est indépendant de et , l’équation de


continuité se réduit à :

L’interprétation physique de cette équation est la suivante : les débits Q entrant et sortant à
travers un volume quelconque et rempli du fluide doivent être égaux.

Exemple de conduite à section variable :


(Intégration de sur le volume et passage à une intégrale de surface par Ostogradski)
2.- EQUATIONS DE BERNOULLI
2.1. - Cas des fluides parfaits
Les fluides parfaits ont donc la particularité de ne pas avoir de viscosité et de ne pas
développer de la turbulence. Ils permettent d’établir l’équation de Bernoulli facilement.

2.1.1 - Equations d’Euler


En raisonnant, dans un premier temps, suivant la verticale (z), les forces qui agissent sur
cet élément de volume , sont :

 Les forces de volumes :


- les forces de pesanteur provenant de la gravité :

- Les forces d’inertie: +

- les forces d’accélération pure:

- les forces d’accélération convective:

 Les forces de surfaces :


- les forces de frottement de viscosité: 0
- les forces de frottement de turbulence: 0
En écrivant l’équilibre de l’ensemble des forces :

− . . . . + − . − + .
2 2
= . + . . . .

− . .− = + . .

1
− = + + +

1
En écrivant l’équation suivant les trois directions : − = + + +

1
− − = + + +

1
soit : + . + + . . =0

Cette équation est appelée l’équation d’Euler.


Recherche d’une solution
Les caractéristiques du mouvement d’un fluide incompressible dépendent de quatre
inconnues : , , et de p.
 L’équation d’Euler fournit trois équations.
 L’équation de conservation de la masse fournit une équation :
 Pour obtenir une solution, il faut également définir un nombre suffisant de conditions
aux limites :
-à la surface libre : .
-à la paroi : V doit être parallèle à la paroi.

Utilisation des équations d’Euler pour le calcul des forces hydrauliques sur une surface

Le théorème d’Euler permet de calculer la réaction de l’eau sur un élément. En raisonnant,


suivant un tube de courant en régime permanent, les forces qui agissent sur cet élément
sont :
• Les forces de volumes :
- les forces de pesanteur provenant de la gravité :
Les forces d’inertie:
• les forces d’accélération pure:
• les forces d’accélération convective:

 Les forces de surfaces :


- les forces de pression sur les surfaces :
- les forces de frottement de viscosité: 0
- les forces de frottement de turbulence: 0
- l’action du fluide sur l’élément: R

En écrivant l’équilibre de l’ensemble des forces :


2.1.2. - Equations de Bernoulli
Le système d’équations intrinsèques consiste à écrire les équations d’Euler en régime
permanent ( dans un repère particulier. Ce repère est constitué par les lignes de
courant pour le vecteur t et par le vecteur n tel que .
en appelant s le vecteur unitaire de la tangente à la trajectoire, on a :

et Avec:

R : rayon de courbure et le vecteur perpendiculaire à .

Avec, V : l’intensité de la vitesse d’une particule fluide.

 En restant sur la ligne de courant on peut intégrer la première équation et l’on obtient
l’équation de Bernoulli :

L’équation de Bernoulli est valable en tout point du fluide incompressible en


mouvement permanent.
 En se plaçant sur une ligne normale à la ligne de courant et un rayon de courbure
infini (ligne droite), on obtient :
2.1.3. - Représentation graphique
Les différents termes de l’équation de Bernoulli peuvent être écrits en quantités
homogènes à des hauteurs de liquide de poids volumique γ :

à à
é é
En terme de pression :

2.1.4. - Interprétation énergétique


L’équation de Bernoulli peut donner lieu à une interprétation énergétique :
L’équation mécanique totale contenue dans un volume unitaire est donc le travail
mécanique total que la particule est susceptible d’accomplir. Ainsi, on peut dire que
l’équation de Bernoulli traduit la conservation de l’énergie mécanique totale par unité de
volume au cours du mouvement permanent. Dans un écoulement, l’énergie mécanique
totale par unité de volume de fluide, peut être modifiée d’une section à l’autre en
introduisant par exemple dans le circuit une machine hydraulique.
Ainsi l’expression de l’équation de Bernoulli s’écrit :

Si l’échange d’énergie se fait des parois de la machine vers le fluide nous avons affaire à
une pompe, si au contraire, l’échange d’énergie se fait du fluide au parois de la machine,
nous avons affaire à une turbine.
L’équation d’énergie est modifiée par le terme E, qui représente l’augmentation par une
pompe ou la diminution par une turbine de l’énergie mécanique totale par unité de
masse de liquide en mouvement.
[Link]. - Turbine

Exemple d’installation :

La puissance est définie par : =


Pour une turbine la puissance hydraulique est dissipée par :


Types de turbines :
Choix d’une turbine :
[Link]. - Pompes
Exemple d’installation :
Principe de montage :

Types de pompes :
Choix d’une pompe :
La puissance est définie par : =
Exemple de courbe caractéristique pour une pompe multicellulaire à étage (de 1 à 12
étages) :
Caractéristiques par étage :
Définition du NPSH « Net Positive Suction Head » (charge nette à l’aspiration)

La pompe transmet une vitesse au fluide par l’intermédiaire de la roue ou de l’hélice. La vitesse du
fluide qui entre dans la roue augmente et par conséquent la pression diminue à l’entrée engendrant
une aspiration et le maintien de l’amorçage. La rotation à l’intérieur de la pompe augmente la vitesse
du fluide tandis que la force centrifuge qui le comprime sur la périphérie augmente sa pression.
Lorsqu’à la suite de survitesses locales des zones de sous-pression apparaissent sur les bords
d’attaque des aubes des roues de pompes centrifuges, la pression descend en dessous de la pression
de vapeur saturante du liquide, ce phénomène entraîne la formation de bulles de vapeur. L’eau
utilisée dans les installations industrielles contient de l’air dissous dans une proportion atteignant
25mg par litre. Lorsque l’eau est soumise à une pression décroissante, on observe le dégagement de
l’air dissous quand la pression atteint la pression de saturation et une vaporisation quand la pression
atteint la pression de vapeur. Un phénomène de dégazage puis de vaporisation partielle du liquide
vont apparaître à l’intérieur de la pompe. Les micro-bulles formées sont transportées par le fluide
dans les zones de plus haute pression où elles implosent au contact des pièces mobiles. Un tel
phénomène s’accompagne de variations énormes de pression (plusieurs milliers de bars) localisées
sur de très petites surfaces. Il en résulte une érosion intense des surfaces métalliques et une chute de
pression dans toute l’installation.
Le critère qui sert à éviter la cavitation dans une pompe est le NPSH.

é é

(Le plan de référence est pris au niveau de l’entrée de la pompe)


Cette caractéristique est fournie par l’installateur dans le cas ou l’on parle de NPSH disponible.
Cette expression est indépendante de la pompe utilisée et ne dépend que de l’installation
(Longueur et diamètre d’aspiration, pertes de charge le long de cette canalisation, hauteur
géométrique d’aspiration).
On parle de NPSH requis pour la charge nette à l’aspiration fournie par le constructeur de la
pompe. Cette relation est indépendante de l’installation de la pompe et ne dépend que de ce qui
se passe dans la pompe.
Pour que l’installation puisse correctement fonctionner il faut : >
2.2. - Ecriture de Bernoulli pour les fluides réels

Nous avons vu que pour le cas d’un fluide réel et en régime permanent, d’autres forces
interviennent, notamment les forces dues au frottement, qui font apparaître une dissipation de
l’énergie mécanique en énergie thermique.

Le long d’une ligne de courant, l’énergie mécanique diminue du fait de l’augmentation de l’énergie
thermique ; on appelle ce phénomène la perte de charge due aux frottements dans un liquide.
Après intégration entre deux points sur la même ligne de courant l’équation de Bernoulli s’écrit :

→ : est la perte de charge entre 1 et 2 en (m).

Toute la difficulté consiste à déterminer cette perte de charge.


Toute la difficulté consiste à déterminer cette perte de charge.
3. - EVALUATION DES PERTES DE CHARGE

L’écoulement d’un fluide réel dans une conduite représente une des applications
classiques de l’hydrodynamique théorique et expérimentale. La maîtrise de ces
écoulements pour le calcul du fonctionnement des réseaux d’eau potable est
indispensable. On distingue deux types de perte de charge :
• la perte de charge linéaire représentant l’énergie perdue entre les deux points,
• la perte de charge singulière qui intervient lorsque l’écoulement uniforme est
localement perturbé.

3.1. - Les pertes de charge linéaire

3.1.1 - Profil des vitesses dans une section circulaire en charge


Dans le cas d’un écoulement permanent , le profil des vitesses dans une section

est dépendant de l’intensité de la vitesse et de la géométrie de l’ouvrage. En effet, nous


avons vu que la turbulence apparaît quand la vitesse dépasse un seuil (expérience de
Reynolds).
Ceci peut être représenté par la figure suivante :

Dans la zone laminaire seules les forces de frottement interviennent. Dans la zone
turbulente les forces de turbulence deviennent prépondérantes et une sous-couche
visqueuse très mince apparaît.
Dans le cas des conduites en charge où l’écoulement est laminaire, seules les forces de
viscosité interviennent ; le profil des vitesses est parabolique et est donné par la figure
suivante :
Dans le cas où l’écoulement est turbulent, le profil des vitesses tend à être uniformisé et
est du type logarithmique.

On constate une zone centrale de pleine turbulence où le gradient de vitesse est très
faible et le profil est aplati en son centre. La zone de la couche limite est de très faible
épaisseur et proche de la paroi. Le gradient de vitesse est très important et les forces de
viscosité sont donc très importantes dans cette couche. Une approche mathématique
exacte n’est pas possible dans ce type d’écoulement complexe. Les relations qui seront
construite sont toutes d’origines empiriques.
Deux types d’écoulements turbulents dans les conduites réelles (présentant des aspérités)
existent :
• conduite hydraulique lisse : l’écoulement est séparé de la paroi par un film laminaire,
• conduite hydraulique rugueuse : la sous-couche laminaire disparaît et la turbulence
arrive jusqu’à la paroi.
Décrivons le profil de l’écoulement le long d’un diamètre de conduite hydraulique lisse.
On distingue habituellement deux régions : une région centrale dite externe qui
correspond à plus de 90% de l’écoulement et une région voisine de la paroi dite interne.
• Dans la région centrale, très aplatie, la vitesse est indépendante des aspérités de la
paroi et dépend peu de la viscosité. L’écoulement est formé de tourbillons importants,
allongés, contenant des tourbillons plus petits. L’intensité de la turbulence est à peu très
constante dans ce domaine.

• Dans la zone interne, voisine de la paroi, la vitesse passe d’une valeur élevé à zéro sur
une distance relativement faible. Le fort gradient de vitesse qui en résulte impose au
fluide des contraintes de cisaillement élevées et donc d’intenses frottements visqueux.
On comprend donc que la dissipation d’énergie qui entraîne une partie de la perte de
charge ait lieu principalement dans cette zone. En revanche, l’intensité élevée de la
turbulence se traduit par un accroissement important des transferts de quantité de
mouvement entre particules de fluide, dans toutes les directions. Ces particules étant
porteuses de chaleur, il en résulte des propriétés utilisables pour les transferts
thermiques.
La turbulence est mesurée par le nombre de Reynolds. Dans le cas des conduites circulaires
le domaine laminaire et turbulent est différencié par une valeur de Reynolds de:

La variation du débit ou de la vitesse dans un tuyau de diamètre constant provoque une


perte de charge hr. Cette dernière varie en fonction de la vitesse à peu près linéairement
quand l’écoulement reste laminaire et quadratiquement quand l’écoulement est
turbulent. Entre les deux types d’écoulement il y a une zone de transition, c’est-à-dire
une zone d’incertitude où il faut faire preuve de beaucoup de réserve.
3.1.2. - Expression de la perte de charge linéaire

Compte tenu des difficultés pour résoudre l’équation de Navier-Stokes, la perte de


charge sera traduite par une équation empirique du type :

: est un coefficient de perte de charge. Il est sans dimension et est fonction du nombre
de Reynolds et de la rugosité de la paroi. (Parfois appelé f);
L : est la longueur de la conduite D le diamètre;
U : la vitesse moyenne;
J : la perte de charge part unité de longueur.
[Link]. - En régime laminaire Re < 2000

En régime laminaire, seules les forces de viscosité interviennent. La vitesse est très faible
et l’état de surface de la paroi n’intervient pas dans le calcul du coefficient .

On détermine ainsi :

Pour une conduite circulaire, on a :

J=
[Link]. - En régime turbulent Re > 4000
Une surface rugueuse implique un état de surface telles que ses irrégularités ont une action directe
sur les forces de frottement, c’est-à-dire qu’au delà d’un certain degré de rugosité la configuration
géométrique de la surface exerce une influence bien déterminée sur l’écoulement. Dans le cas des
écoulements en charge appliqués au domaine de l’ingénieur, la rugosité va jouer un rôle très
important.
Une surface rugueuse peut être considérée comme étant constituée par une série de
protubérances élémentaires. Elles sont caractérisées par une certaine hauteur k (désignée
parfois par )

Cette rugosité peut être mesurée par rapport au diamètre de la conduite. On parle alors de

rugosité relative : =
Si la rugosité est ondulée le film laminaire pourra, dans une certaine mesure, se modeler sur les
ondulations. Si au contraire elle présente des arêtes vives, le film sera aisément écorché puis déchiré
par les aspérités, l’influence de la viscosité dans la couche limite sera diminuée et la turbulence
fortement augmentée. Ceci se traduit par une vitesse moyenne réduite.

Les surfaces auxquelles on a affaire dans la pratique (béton, acier, fonte) ne présentent pas des
caractéristiques de rugosité uniforme. En effet, les protubérances de la surface sont inégales et
irrégulièrement distribuées. Elles proviennent du rivetage, des recouvrements, des joints, des
défauts sur la paroi, de corrosion, d’incrustations...
On définit ainsi deux types de rugosité : lisse et rugueuse. La différence entre les deux dépend du
nombre de Reynolds.
Les tableaux suivants donnent quelques indications sur la valeur de
Le calcul de la perte de charge linéaire va donc prendre en compte le nombre de
Reynolds et la rugosité de la conduite. Le choix se fait en fonction de la turbulence c’est-
à-dire de la valeur du nombre de Reynolds.

Régime turbulent en tuyau lisse :

. .
et : Dans cette zone, la turbulence est encore modérée.

L’épaisseur de la sous-couche limite est suffisante pour englober toutes les aspérités de la
conduite qui se comporte dès lors comme un tuyau lisse.
Deux expressions empiriques sont souvent utilisées:
• Formule de Blasius

• Formule implicite de Von Karman :


Régime turbulent en tuyau rugueux :

. .
: La turbulence devient très importante et λ ne dépend plus que de

Formule de Nikuradse :

Régime turbulent en tuyau lisse, rugueux et en zone de transition :


Tous les résultats de ces travaux sont résumés dans la formule de Colebrook qui s’est
fortement inspiré des résultats de Von Karman et de Nikuradse.
Formule de Colebrook :

pour 10 > > 4000

Cette relation implicite est difficile à exploiter analytiquement et est le plus souvent
représentée sur un graphique.
Ks/D
f
On pourra utiliser les tables de Lechapt et Calmon en 1965 en remplaçant la formule de
Colebrook par une formule approchée de la forme : où L, M et N sont des
constantes pour une rugosité donnée. Pour des valeurs de vitesse comprises en 0.4m/s et
2m/s cette formule conduit à des écarts relatifs inférieurs à 3% par rapport à la formule de
Colebrook.

La formule d’Hazen et Williams est également souvent utilisée :

;Coefficient de Hazen et Williams fonction de k.


3.2. - Les pertes de charge singulière

La perte de charge singulière, localisée dans une section de la conduite, est provoquée par
un changement de direction et d’intensité de la vitesse (voir premier chapitre). L’écoulement
uniforme est perturbé et devient localement un écoulement non uniforme. La turbulence
joue un rôle considérable, alors que les forces de viscosité sont négligeables. La perte de
charge n’a donc lieu qu’en régime turbulent.
Une telle non-uniformité de la vitesse peut être provoquée par :
• un branchement de section de la conduite,
• un changement de direction (coude),
• un branchement ou raccordement,
• un dispositif de mesure et contrôle de débit...
Comme pour les pertes de charge linéaire, les pertes de charges singulières se traduisent par
la relation :

K est fonction des caractéristiques géométriques et du nombre de Reynolds.


La valeur de K est donnée pour les différents cas les plus classiques :

Raccordement d’une conduite avec un grand réservoir


Départ

Sans saillie à l’intérieur du Sans saillie à l’intérieur du réservoir, avec


réservoir, avec raccordement à angles vifs, ajutage débitant à
raccordement à angles vifs gueule bée

K=0.5 K=1
Départ

Avec saillie à l’intérieur du Sans saillie à l’intérieur du réservoir,


réservoir avec raccordement de profil arrondi

K=1 K=0.05

Pour une saillie dont la Cette valeur est une moyenne,


longueur est comprise elle dépend du

entre 1 et 2 fois le diamètre profil de l’arrondi.


Arrivée

K=1

K=1
Coudes
Arrondi

en degrés.
Brusque

K est indépendant du
diamètre
Tés
Branchement de prise à 90° de même diamètre et à angles vifs
Branchement d’amenée à 90° de même diamètre et à angles vifs
Cônes
Convergent

La perte de charge est négligeable.

Divergent

Si θ > 20° il y a décollement et le comportement


est identique à celui d’un élargissement brusque.
Changement brusque de diamètre
Rétrécissement
Elargissement
Appareils de robinetterie
Vanne opercule

Vanne à papillon
Robinets à Boisseau

Clapet à battant
3.3. - Exemple de tracé de perte de charge

Considérons une conduite de longueur .On dispose en 3 d’un rétrécissement brusque.


Supposons deux conduites horizontales avec une liaison du type élargissement ou
rétrécissement brusque.
4. - POSITION DE LA LIGNE PIEZOMETRIQUE
Considérons une conduite reliant deux réservoirs. La ligne piézométrique correspondant
aux pression relatives est représentée approximativement par la droite AA’ (On a négligé
les pertes de charges dues à l’entrée et à la sortie des réservoirs. La ligne piézométrique
BB’ correspond aux pressions absolues ( ).
Si la conduite toute entière est située au dessous de AA’, la pression dépasse la pression
atmosphérique. Cette hypothèse correspond à une situation normale. Il faut prévoir des
ventouses aux points les plus élevés pour la sortie de l’air accumulé et des décharges de
fond N et N’’ pour la vidange et le nettoyage.
Si la conduite passe au-dessus de la ligne piézométrique AA’, la partie du tronçon au-
dessus de AA’ est en dépression. En général, on doit éviter les zones en dépression ; en
effet, une fente éventuelle facilitera l’entrée de corps étrangers et peut contaminer l’eau.
La pose d’une ventouse normale est contre indiquée, étant donné qu’elle permettrait
l’entrée de l’air et provoquerait en conséquence, une réduction de débit. Dans la majorité
des cas, on évite ce type de tracé. Si toutefois le tracé
Si la conduite s’élève au-dessus de la ligne horizontale qui passe par A, il n’y aura
écoulement que si toute la conduite a été remplie d’eau au préalable (effets de
siphonnage).
Si la forme de la conduite est toujours située au-dessous de l’horizontale passant par A, mais
dépassant BB’, l’écoulement se fait sans siphonnage. Cependant, la pression est nulle pour la
partie située au-dessus de BB’ : il y a cavitation. L’écoulement se fait avec une section
partiellement pleine et le débit diminue. Les dégagements d’air et de vapeur d’eau dans les
régions de forte dépression rendent l’écoulement irrégulier.

Si la conduite a un tronçon au-dessus de l’horizontale passant par A, il faudrait amorcer le


siphon, l’écoulement se ferait en section partiellement pleine et de façon très irrégulière.
Si la conduite dépasse la cote B, il est impossible d’amorcer l’écoulement.
5. - LES CONSTRUCTIONS GRAPHIQUES

Ces constructions permettent de déterminer le point de fonctionnement d’un réseau


(débit, pression) en utilisant les courbes de fonctionnement et les courbes caractéristiques
des pompes. Prenons l’exemple suivant :
Déterminons dans un premier temps la caractéristique du réseau en fonction du débit :
.

Cette caractéristique doit être déterminée en passant uniqiement par le réseau.


Déterminons, dans un premier temps, la charge totale (en mCE) au point B, HB, par
application du théorème de Bernouilli.


Déterminons, dans un deuxième temps, la charge totale (en mCE) au point C, ,par
application du théorème de Bernouilli.

On peut ensuite représenter la caractéristique du réseau :


Il suffit de tracer la caractéristique de la pompe HMT en fonction du débit (donnée fournie
par le constructeur) : .

Nous pouvons ainsi déterminer le point de fonctionnement de la pompe et de


l’installation.
6. - LE COUP DE BELIER
6.1. - Introduction
L’importance technique des coups de bélier est extrêmement grande. L’amplitude et la soudaineté
des surpressions et dépressions qui sont mises en jeu peuvent détériorer la conduite ou les
organes qui y sont branchée. Il est nécessaire par conséquent d’empêcher la production de telles
perturbations ou du moins de les atténuer.

En général, on peut considérer les fluides comme incompressibles. Toutefois les milieux réelles
présentent une certaines compressibilités dont il faut tenir compte s’il s’y produit de rapide
variation de pression (même très petites) : ce sont les phénomènes de compressibilité qui
permettent d’expliquer la propagation des ondes élastiques dans les milieux matériels.

Quand un milieu matériel est affecté localement par des variations de pression d’origine
quelconque, la perturbation qui en résulte se propage dans toutes les directions. Cette vitesse de
propagation n'est pas infinie, mais si les variations de pression sont lentes on peut admettre
qu’elles se distribuent immédiatement dans tout le milieu (fonctionnement d’un réseau
d’adduction d’eau sous pression avec un démarrage lent d’une pompe).
Si au contraire les variations de pression sont rapides, la répartition de la pression dans
le milieu ne peut pas être considéré comme instantanée (démarrage instantané d’une
pompe).

Les ondes élastiques se propagent sans modification dans un milieu isotrope infini,
mais sont susceptibles de réflexion et de réfraction quand elles rencontrent une
surface séparant deux milieux différents. Deux cas sont à envisager :
 Quand une onde plane se propageant dans un fluide, rencontre normalement
une surface rigide, elle se réfléchit sans changer de signe : ainsi une onde de
compression se réfléchit en une onde de compression.
 Quand une onde plane se propageant dans un fluide, rencontre normalement
une surface ou la pression reste constante (surface libre d’un liquide), il y a
réflexion avec changement de signe : ainsi une onde de compression donne
naissance à une onde de dépression.
Dans un fluide parfait les seules ondes élastiques susceptibles de se propager sont
des ondes longitudinales, c’est-à-dire des ondes provoquant des déplacements de
particules normalement aux surfaces d’ondes.
• Vitesse des ondes dans l’air : 331m/s.
• Vitesse des ondes dans l’eau : 1 410m/s.
Ainsi, les ondes élastiques longitudinales peuvent se propager dans le fluide contenu
dans une conduite. En faisant abstraction des perturbations provoquées par le
frottement sur les parois, on peut admettre que pour une conduite cylindrique, la
propagation s’effectue par des ondes planes perpendiculaires à l’axe de la conduite.
Mais la célérité des ondes est différente de la valeur donnée précédemment. En
effet, sous l’action des variations de pression provoquées par une onde, les parois de
la conduite de déforment. Ces déformations sont petites en général, mais il faut en
tenir compte dans le calcul de la vitesse des ondes. Si elle est de l’ordre de 1000 m/s
dans les conduites d’acier elle peut descendre à quelques centaines de m/s pour les
conduites en matière plastique et à 15 m/s pour des conduites en caoutchouc.
Dès que la vanne est fermée ( ) la ligne piézométrique remonte jusqu’à PP’ à une côte
supérieure à celle de la ligne de charge. Cette augmentation correspond à l’énergie
potentielle emmagasinée par la compressibilité du fluide. Cette surpression remonte la
conduite et arrive au réservoir en laisant derrière son passage la conduite en surpression.
Arrivant en A, au réservoir, l’onde subit une réflexion
avec changement de signe : elle se transforme en
une onde de dépression. Cette dépression s’ajoute à
la surpression laissée par l’onde montante
précédente. Puis l’onde de dépression arrive en B,
rencontre la vanne fermée et y subit une réflexion
mais ici sans changement de signe : elle se
transforme en une onde ascendante de dépression.

De tout cela il résulte qu’il est nécessaire de calculer


les conduites pour qu’elles résistent à ces
phénomènes : surpressions et dépressions. En
particulier, elles devront résister à l’écrasement dû à
la pression atmosphérique dans le cas où les
dépressions seraient suffisantes pour créer la
cavitation.
On distingue le coup de bélier de masse (parfois appelé « oscillation en masse ») et le
coup de bélier d’ondes (appelé simplement « coup de bélier » dans le langage courant).
Dans le premier cas, l’écoulement répond à la modification du régime d’écoulement
uniquement par des transferts de masse ; la masse volumique du fluide est inchangée et la
canalisation ne se déforme pas. Dans le second cas, il y répond par des transferts de masse,
une modification de la masse volumique du fluide et éventuellement par une déformation
de la canalisation.

L’objectif de cette partie est de faire comprendre ces phénomènes complexes au moyen
d’une description mathématique simplifiée.
6.2. - Formulation mathématique

Les deux équations de base de l’hydraulique, à savoir la loi de conservation de la masse


(équation 1) et la loi de la quantité de mouvement (équation 2), sont écrites ci-dessous
pour un écoulement unidimensionnel et permanent en moyenne dans le cas d’un fluide
compressible et d’une canalisation de section déformable (Pernès 2003).

(1)


(2)

Ici,


gz (3)
Dans ces équations, t est le temps ;
x, l’abscisse curviligne suivant la canalisation (pas nécessairement horizontale) ;
ρ, la masse volumique de l’eau ;
S, la section de l’écoulement (section intérieure de la conduite) ;
U , la vitesse permanente en moyenne uniformisée sur la section ;
p, la pression relative par rapport à la pression atmosphérique ;
g, l’accélération gravitationnelle ;
z, la cote altimétrique (axe vertical) ;
J, le coefficient adimensionnel de perte de charge.

Le terme de gauche de l’équation 2 correspond à la dérivée particulaire, , en suivant

un élément de fluide se déplaçant à la vitesse .


Les variables x et t de chacune des grandeurs de ces équations ne sont pas indiquées
pour des raisons de clarté des équations. En toute rigueur, nous devrions écrire )
plutôt que simplement , , plutôt que , etc.
6.3. - Coup de bélier de masse
Dans le cas du coup de bélier de masse, les modifications du régime permanent de
l’écoulement sont suffisamment faibles pour que la masse volumique du fluide ne soit pas
modifiée et que la canalisation ne soit pas déformée. Dans ce cas, l’équation de
conservation de la masse s’écrit comme suit :

(4)

La précédente équation signifie que la vitesse dans la canalisation, a priori fonction de x et


de t, est uniquement une fonction du temps t :

(5)

L’équation de la quantité de mouvement s’écrit alors :


(6)
Appliquons cette dernière équation au calcul des oscillations de niveau d’eau dans une
cheminée d’équilibre (protection anti-bélier), comme illustré sur la Figure. . Cet exemple a
été proposé par Frelin (Frelin 2002).
Ici, une conduite circulaire forcée entre une retenue d’eau de section importante et une
installation de turbinage est équipée d’une cheminée d’équilibre de section circulaire.
Cette conduite est le siège d’un écoulement permanent jusqu’à l’instant . A cet
instant, la vanne située en amont de la turbine est fermée instantanément.
On considère les données suivantes: , , ,
, (débit volumique).
On suppose que la masse volumique de l’eau reste constante et que la conduite est
complètement indéformable. Déterminons, sous l’hypothèse d’absence de pertes de
charge ( ), la période des oscillations du niveau d’eau dans la cheminée ainsi que le
niveau maximal.
Pour cela, intégrons l’équation (6) entre les abscisses curvilignes des points 1 et 2. Nous
obtenons l’expression suivante :

∗ ∗
(7)
Par ailleurs, compte tenu des sections importantes du réservoir et de la cheminée par
rapport à la section de la canalisation, l’application de l’équation de Bernoulli sans pertes
de charge conduit aux équations suivantes :

(8)

(9)

La vitesse est en effet identique au point 1 et au point 2 dans la mesure où nous avons fait
les hypothèses d’un fluide incompressible et d’une conduite indéformable (équation 5).
L’utilisation de ces équations aboutit à l’expression suivante pour la loi de la quantité de
mouvement :

(10)
Le débit dans la conduite étant identique à celui dans la cheminée, la loi de conservation
de la masse (équation 4) peut s’exprimer, quelque soit le temps t, comme suit :

(11)

La dérivée de la vitesse par rapport au temps s’écrit alors :

(12)

En utilisant cette expression dans l’équation (10), nous aboutissons à l’équation


différentielle suivante, où la seule variable est le temps t :

(13)
Elle admet comme solution la forme générique suivante, où et sont des constantes :

(14)

Sachant que s et valent respectivement 0 et à l’instant (conditions

initiales), nous obtenons le niveau d’eau dans la cheminée en fonction du temps.

(15)

Ainsi, la période des oscillations vaut , soit 4 minutes et 14 secondes. La hauteur

maximale dans la cheminée vaut quant à elle , soit 25.7 m.


6.4- Coup de bélier d’ondes
Considérons à présent la possible compressibilité du fluide et la possible déformation de la
conduite (uniquement de la section).

6.4.1- Conservation de la masse pour un écoulement dans lequel se propage une onde
Soit un écoulement permanent dans une conduite. Suite à la fermeture brutale d’une vanne, un coup
de bélier d’ondes se produit : une onde de célérité a prend naissance au niveau de la vanne et se
propage vers l’amont. En assimilant l’onde à une surface de discontinuité, la conduite se divise en deux
domaines distincts, comme illustré sur la Figure.

Le domaine 1 se situe entre l’extrémité aval de la conduite (la vanne fermée située sur la gauche de la
Figure) et le front de l’onde. Dans ce domaine, la vitesse de l’écoulement est nulle ; la masse volumique
du fluide est + ; la section de la conduite est + .

Le domaine 2 est constitué de la partie complémentaire de la conduite. Dans la mesure où le domaine


2 n’a pas encore été atteint par l’onde, les conditions suivantes y règnent : la vitesse de l’écoulement
vaut U ; la masse volumique de l’eau, ρ ; la section de la conduite, S.
En se plaçant dans un repère d’observation se déplaçant à la vitesse, constante, de l’onde
(Pernès 2003), l’équation de la conservation de la masse s’écrit :
(16)

En divisant par et en négligeant les infiniment petits d’ordre 2 par rapport aux
infiniment petits d’ordre 1, il vient l’équation 17, qui sera utilisée par la suite :

(17)
6.4.2. - Célérité des ondes
En milieu infini (non confiné), la célérité des ondes a pour expression :

(18)

Dans cette relation, ε est le coefficient de compressibilité du fluide (environ Pa


pour l’eau dans des conditions usuelles de température et de pression pour l’eau).
Retenons pour la célérité des ondes une valeur voisine de 1,400 m/s. La célérité croît avec
la température.
En conduite, la célérité est toujours inférieure à cette valeur maximale. Dans le cas d’une
canalisation de faible épaisseur ( ), la célérité des ondes a pour expression la
relation suivante (Pernès 2004) :

(19)
Dans cette équation, le terme réducteur dépend à la fois des propriétés du fluide et de
celle de la conduite. C est le coefficient d’ancrage ; D, le diamètre intérieur de la conduite ;
e, l’épaisseur de la conduite ; E, le module d’Young du matériau de la conduite. D’autres
expressions applicables aux conduites épaisses, aux galeries creusées dans une roche
brute, etc. sont explicitées par Pernès (Pernès 2004).

Pour les conduites façonnées en matériau peu élastique, la célérité des ondes est en
général comprise entre 700 et 1,300 m/s ; elle peut descendre jusqu’à quelques dizaines de
m/s dans le cas de conduites élastiques, façonnées par exemple en caoutchouc ou en
plastique (Bonnin 1983). En considérant un ordre de grandeur de 1,000 m/s pour la célérité
du coup de bélier d’ondes, on comprend la rapidité du phénomène dans des conduites peu
élastiques par rapport au coup de bélier de masse.
6.4.3. - Equations aux caractéristiques
Nous allons chercher à exprimer à partir de l’équation 1 (conservation de la masse) une
expression mettant en jeu la pression étoilée et la vitesse. Utilisons pour cela les relations
suivantes, où est la dérivée particulaire en suivant une particule se déplaçant à la
vitesse .

(20)

(21)

En combinant ces expressions avec la loi de conservation de la masse, nous aboutissons à


la relation suivante :

(22)
En divisant cette expression par , en utilisant l’équation 17, puis en multipliant par a, il
vient une expression liant la pression étoilée et la vitesse :


(23)

Ajouter et retrancher membre à membre les équations 2 (loi de la quantité de mouvement)


et 23 (loi de conservation de la masse) aboutit aux expressions suivantes :

∗ ∗
(24)

∗ ∗
(25)
Le premier crochet de l’équation 24 peut s’interpréter comme , dérivée particulaire de la

vitesse en suivant une particule se déplaçant à la vitesse ; le second crochet,



comme , dérivée particulaire de la pression étoilée ∗ en suivant la même particule. De

la même façon, le premier crochet de l’équation 25 peut s’interpréter comme , dérivée

particulaire de la vitesse U en suivant une particule se déplaçant à la vitesse ; le



second crochet, comme , dérivée particulaire de la pression étoilée ∗ en suivant la

même particule. Les équations s’écrivent alors :


(26)


(27)
La célérité des ondes étant généralement très grande (de l’ordre de 1.000 m/s) devant la
vitesse moyenne uniformisée (de l’ordre de 1 m/s), nous pouvons approximer par a
et par . Considérons de plus qu’il n’y a pas de pertes de charge ( ). Enfin,
utilisons comme variables le débit transitant dans la canalisation et la hauteur

piézométrique y définie comme la quantité . Dans ces conditions, nous pouvons écrire :

(28)

(29)

La première équation signifie qu’un observateur se déplaçant à la vitesse a verra la quantité

constante tout au long de son déplacement ; la seconde, qu’un

observateur se déplaçant à la vitesse verra la quantité constante tout au long

de son déplacement.
La méthode de l’épure Schnyder – Bergeron consiste à résoudre graphiquement le
phénomène de coup de bélier en tirant profit du résultat précédent. Plus précisément,
cette méthode permet de déterminer la pression et le débit en tout point de la conduite et
à tout instant sans déterminer la nature exacte de l’onde mais simplement en considérant
des « observateurs » se déplaçant aux vitesses a et – a. Nous allons l’utiliser pour quelques
exemples simples afin de mettre en évidence le phénomène de coup de bélier d’ondes.
6.4.4. - Application à la fermeture instantanée d’une vanne (sans pertes de charge dans
la conduite)
Considérons une conduite reliant un réservoir à charge constante et une vanne, comme
illustré sur la Figure. Alors que l’écoulement y était permanent (débit (jusqu’à , la
vanne est instantanément fermée à l’instant .
Pour des raisons de facilité de compréhension, on raisonnera à partir du temps
adimensionnalisé par la durée nécessaire à l’onde pour parcourir la longueur de la conduite :

(30)

Par exemple, l’onde générée en V (vanne) à arrivera en R (réservoir) à .


L’écoulement permanent consiste en un débit et une charge dans toute la

conduite (pas de pertes de charge). En supposant le terme négligeable dans

l’expression de la charge, nous pouvons affirmer que la hauteur piézométrique y0 en régime


permanent vaut dans toute la conduite (pas de pertes de charge). Une fois la vanne
fermée, les conditions aux limites sont un débit nul à la vanne et une hauteur piézométrique
égale à y0 au niveau de l’entrée du réservoir.
Plaçons-nous en au niveau de la vanne (c’est-à-dire une unité de temps
adimensionnel avant sa fermeture). Le signe « + » signifie qu’on se situe à un instant
infiniment petit après le temps ; cette notation permet d’éviter toute ambigüité due
à la nature discontinue du piézométrique valent respectivement et au niveau du

réservoir. En à la vancoup de bélier d’ondes. En se déplaçant selon l’équation ,

nous arriverons à la vanne en c’est-à-dire juste après la fermeture de la vanne. En


, les conditions du régime permanent règnent : le débit et la hauteur ne, la quantité

étant conservée, nous pouvons écrire la relation suivante :

(31)

Le débit étant nul à la vanne, nous pouvons déterminer la hauteur piézométrique à la vanne
juste après sa fermeture :

(32)
Cette expression montre que la fermeture instantanée de la vanne est responsable d’une

augmentation brutale de la hauteur piézométrique de . Le point est le point haut

de l’épure (Figure). La droite reliant les points et a pour équation :

(33)

Déplaçons-nous à présent depuis la vanne selon l’équation . Arrivant au réservoir

en ,nous voyons conservée la quantité .

(34)

La hauteur piézométrique à l’entrée du réservoir valant , le débit à l’entrée du réservoir


vaut :

(35)
Ainsi, du fait des fortes pressions régnant dans la canalisation, le débit s’inverse : un
écoulement prend place de la conduite vers le réservoir. La droite reliant les points et
a pour équation :

(36)

Gagnons à présent la vanne en nous déplaçant selon l’équation . La quantité

étant conservée, nous pouvons déterminer la pression à la vanne en :

(37)
Ceci signifie que la vanne subit une dépression. La droite reliant les points et a
pour équation :

(38)
En nous déplaçant vers le réservoir selon l’équation , nous pouvons exprimer le

débit au niveau du réservoir en en conservant la quantité :

(39)

La droite reliant les points et a pour équation :

(40)
En poursuivant les allers-retours entre le réservoir et la vanne et en procédant de la même façon à
partir de différents points à différents instants, nous pouvons déterminer le débit et la hauteur
piézométrique en tout point de la conduite et à tout instant. Le phénomène périodique ainsi mis en
évidence est illustré sur la Figure. La Figure présente quant à elle la variation de pression au niveau de
la vanne ainsi que la variation de débit au niveau de l’entrée du réservoir. Nous constatons sur cette
dernière figure que le coup de bélier d’ondes a ici une période égale à 4µ, c’est-à-dire 16 s en
considérant les données du calcul effectué plus haut pour le coup de bélier de masse dans une
conduite équipée d’une cheminée d’équilibre et en supposant une célérité de 1,000 m/s. Nous pouvons
ainsi constater la fréquence beaucoup plus importante du coup de bélier d’ondes par rapport au coup
de bélier de masse.
Des figures similaires à la Figure pourraient être tracées en chaque point de la conduite. La
résolution de l’épure Schnyder – Bergeron nous a permis de mettre en évidence les pressions

maximale et minimale subie par la conduite, respectivement + et −

Il peut arriver que la pression absolue minimale atteigne la pression de vapeur saturante de
l’eau (0.239 mCE à 20°C). Dans ce cas, le liquide se vaporise ; une poche de cavitation se forme.
La conduite doit être suffisamment résistante pour ne pas imploser sous l’action de la pression
atmosphérique sur sa surface extérieure. La démarche décrite ci-dessus, qui suppose un fluide
sous phase liquide et qui n’est donc plus valable, doit être adaptée (Pernès 2004).
6.4.5. - Application à la fermeture progressive d’une vanne (sans pertes de charge dans
la conduite)
Considérons à présent une fermeture lente de la vanne, toujours sans considérer de pertes de
charge. Utilisons pour cela l’équation 41 qui constitue un exemple possible de loi de fermeture
de vanne.

(41)

Ici, ξvanne est la perte de charge singulière due à la vanne (en mCE) ; , la perte de charge
singulière de la vanne lorsqu’elle est complètement ouverte ; T, le temps total de fermeture.
L’épure illustrée sur la Figure se construit de la même façon que pour l’exemple précédent, à
ceci près qu’il faut considérer au moyen de l’équation 41 un débit à la vanne non nul pour tous
les instants compris entre le début de la fermeture et la fermeture complète.
Nous pouvons constater sur cette figure qu’une fermeture lente atténue l’amplitude du
phénomène, aussi bien pour les surpressions que pour les dépressions.
6.4.6. - Application à la fermeture instantanée d’une vanne (prise en compte simplifiée
des pertes de charge)
Considérons à nouveau la fermeture instantanée de la vanne mais cette fois-ci en
considérant d’une façon simplifiée les pertes de charge dans la conduite. Supposons ainsi
que la perte de charge dans la conduite soit localisée à l’entrée du réservoir (perte de
charge singulière entre les points R et W infiniment proches). Pour construire l’épure,
nous considérerons des allers-retours non pas entre V et R mais entre V et W. La hauteur
piézométrique en W correspond à la hauteur piézométrique en R à laquelle on retranche
la perte de charge correspondant au débit. Dans le cas des débits négatifs, remarquons
que la hauteur piézométrique est plus importante en W qu’en R. L’épure ainsi tracée,
illustrée sur la Figure, converge vers son point central, c’est-à-dire un débit nul et la
hauteur piézométrique régnant dans le réservoir : les pertes de charge ayant atténué le
coup de bélier, il n’y a plus d’écoulement.
6.5. - Protections anti-bélier

On distingue les anti-béliers spécifiques des anti-béliers non spécifiques (Bonnin 1983).
Parmi les premiers, les vannes à fermeture lente permettent d’empêcher les coups de bélier
dus à une fermeture brutale de vanne ; ces dispositifs sont en revanche inefficaces contre
les arrêts brutaux de pompes, toujours susceptibles de se produire (panne du moteur,
coupure d’alimentation, manœuvre involontaire, etc.).

Toujours parmi les anti-béliers spécifiques, les volants d’inertie sont des dispositifs capables
d’emmagasiner de l’énergie pendant le démarrage de la machine et de la fournir à la
pompe dès la coupure de son alimentation : l’arbre de la pompe continue ainsi à tourner
pendant quelques secondes à quelques dizaines de secondes.

Les anti-béliers non spécifiques ne cherchent pas à empêcher les coups de bélier mais à
atténuer leurs effets. Dans la mesure où ils ne protègent pas entre le lieu de génération du
coup de bélier et leur localisation, ils doivent être installés à des endroits bien spécifiques.
Une soupape est ainsi un dispositif qui s’ouvre à la pression atmosphérique lorsque la
pression dans la conduite devient supérieure à une valeur seuil. Ce faisant, la soupape
laisse échapper un certain débit. Utile contre les surpressions, ce dispositif est en
revanche complètement inefficace contre les dépressions.

Pour atténuer aussi bien les surpressions que les dépressions, une méthode consiste à
tempérer les variations de pression dans la conduite par des variations de masse dans
un réservoir associé. C’est le principe de fonctionnement des cheminées d’équilibres
(réservoir à l’air libre), illustrées sur la Figure, et des ballons anti-bélier (réservoir sous
pression), illustrés quant à eux sur la Figure. En fonctionnement permanent, le réservoir
est partiellement rempli. Lorsque la conduite est le siège d’une surpression, le réservoir
accepte de l’eau de la conduite de façon à tempérer la surpression. Au contraire, lorsque
la conduite est le siège d’une dépression, le réservoir apporte de l’eau à la conduite de
façon à tempérer la dépression.
6.6. - Références bibliographiques sur les coups de bélier

Bonnin, J., 1983. Ecoulement des fluides dans les tuyauteries. Techniques de l'ingénieur,
A 738, 1-22.

Frelin, M., 2002. Coups de bélier. Techniques de l'ingénieur, BM 4 176, 1-27.

Pernès, P., 2003. Hydraulique unidimensionnelle - Partie 1 - Analyse dimensionelle et


similitudes - Généralités sur les écoulements unidimensionnels - Ecoulements en
charge - Ecoulements à surface libre, Cemagref Editions.

Pernès, P., 2004. Hydraulique unidimensionnelle - Partie 2 - Coups de bélier et


phénomène d'oscillation en masse - Pompes centrifuges, Cemagref Editions.

Pernès, P., 2003. Mécanique des milieux continus déformables - Application à la


mécanique des liquides parfaits et des liquides newtoniens, Cemagref Editions.

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