Caractéristiques des Écoulements Hydrauliques
Caractéristiques des Écoulements Hydrauliques
2022-2023
CHAPITRE 1 : CARACTERISTIQUES DES ECOULEMENTS
1. - ECOULEMENTS EN CHARGE
Expérience :
Un premier réservoir d’eau de niveau constant est vidangé par un tuyau. Une vanne
placée à l’extrémité du tuyau permet de faire varier le débit Q (m3/s). Un deuxième
tuyau est placé à l’intérieur du réservoir. Il contient un colorant et permet d’obtenir un
mince filet fluide coloré au centre du tuyau.
Quand la vitesse est très faible (quelques millimètres par seconde) le filet coloré reste
bien défini, rectiligne et parallèle à l’axe du tuyau. Le régime est dit laminaire.
L’écoulement laminaire est rare dans le domaine de l’hydraulique de l’eau potable et de
l’assainissement, toutefois il n’est pas inexistant.
Les figures suivantes montrent un écoulement laminaire dans une veine liquide et
l’évolution de la vitesse en un point (vitesse ponctuelle) en fonction du temps.
Quand la vitesse est plus élevée, le filet devient ondulé et très instable. Il se mélange
rapidement au fluide ambiant. Des tourbillons de différentes tailles apparaissent. Le
régime est dit turbulent.
On constate une zone ou les veines liquides proches de la paroi se décollent sur une
longueur L. Dans cette zone, on observe des recirculations à l’origine de perturbations
importantes dans l’écoulement.
1.4. - Sortie d’un réservoir
L’écoulement dans une jonction provoque une zone de séparation et une zone de
mélange. L’écoulement de la branche dans laquelle la vitesse est la plus faible est
entraîné par l’eau provenant de la branche ayant une vitesse plus élevée. Ce phénomène
est à l’origine de décélérations et d’accélérations de l’écoulement dans les deux branches.
Les figures suivantes montrent l’évolution des tourbillons à l’aval d’un obstacle dans un
écoulement en fonction de l’intensité de la vitesse
Les vannes à opercule ou les vannes papillons créent un obstacle dans les conduites. Ce
sont des organes de contrôle du débit.
1.8. - Le coup de bélier
La distribution des vitesses dans une section transversale varie en fonction de la forme
de la section et de la rugosité des parois.
Les figures suivantes montrent la répartition des iso-vitesses dans le cas d’un régime
turbulent. Dans certains cas, la vitesse peut-être maximale un peu au-dessous de la surface
libre.
Comme pour les écoulements en charge, nous avons également un régime d’écoulement
laminaire et turbulent. (L’écoulement laminaire est rare en hydraulique).
2.3. - Notion d’influence aval
Expérience : l’onde de gravité
Considérons un canal à pente nulle, de section et de hauteur d’eau constante. Le fluide est
au repos (vitesse nulle U = 0). A un instant t, on perturbe la surface libre du canal.
Il se développe deux ondes se déplaçant à la même célérité c. Ces ondes sont appelées
ondes de gravité.
2.5. - Le ressaut
Le ressaut hydraulique se caractérise par une variation importante et croissante de la
hauteur d’eau de l’amont vers l’aval du phénomène sur une courte distance. Dans la
plupart des cas, une agitation importante de la surface libre permet rapidement de localiser
le phénomène, comme par exemple dans le cas d’un ressaut fort.
Le ressaut hydraulique est l’un des phénomènes les plus complexes en hydraulique à
surface libre. Les connaissances actuelles sur le ressaut hydraulique ne sont pas encore
suffisamment étendues pour que l’écoulement interne soit parfaitement compris.
2.6. - Les seuils et déversoirs
Le seuil crée un obstacle dans un canal, qui oblige le tirant d’eau à augmenter et donc l’eau
à passer par dessus.
Dans le cas d’un seuil dénoyé, l’eau chute à l’aval du seuil.
Dans le cas ou le tirant d’eau à l’aval de l’ouvrage est important, la chute d’eau ne peut plus
avoir lieu. Dans ces circonstances, le seuil est dit noyé.
En fonction de la forme du seuil et de la vitesse de l’écoulement, il peut apparaître une
zone de dépression à l’aval du seuil.
Le déversoir est un ouvrage de bifurcation qui permet un partage des débits dans deux
canaux. Par rapport à une simple bifurcation, où les débits sont partagés quelle que soit la
hauteur d’eau, dans un déversoir, le déversement n’a lieu que si la hauteur du fluide atteint
la hauteur de la crête déversante.
3. - PROPRIETES DES LIQUIDES
Dans l’établissement des principes de l’hydraulique, certaines propriétés des fluides jouent
un rôle important, d’autres seulement un rôle mineur ou aucun rôle du tout. En
hydrostatique (fluide au repos) c’est le poids spécifique qui est la propriété la plus
importante, tandis qu’en hydrodynamique (fluide en mouvement), la densité et la viscosité
sont des propriétés dominantes. La pression de vapeur prend de l’importance quand
interviennent des basses pressions, le liquide en question contient des bulles de vapeur,
c’est le phénomène de cavitation. La tension de surface influe sur les conditions statiques et
dynamiques dans les conduits très étroits, c’est le phénomène de capillarité.
Pour les liquides, le volume est pratiquement insensible aux variations de pression et,
dans la majorité des cas, il augmente faiblement quand la température augmente, l’eau
faisant exception à cette règle en dessous de 4°C.
= 1000 Kg/m3
= 13546 Kg/m3
sec = 1,205 Kg/m
3
Remarque:
Contrairement aux liquides, les gaz sont fortement compressibles. La variation de masse
volumique dépend de la température et de la pression :
[N/m3]
104 N/m3
3.3. – Viscosité
La viscosité d’un fluide en mouvement est la propriété qui exprime sa résistance à une
force tangentielle.
Expérience :
Considérons un fluide placé entre deux plaques planes, parallèles, distantes de et
horizontales. L’une est fixe et l’autre est en mouvement uniforme de vitesse . Pour
générer une vitesse de la plaque supérieure (surface ), il faut exercer une force .
Cette force est la résultante des forces de frottements visqueux.
On considère deux cylindres coaxiaux séparés par un intervalle e dont l’espace entre eux est
rempli par un liquide. On fait tourner le cylindre extérieur à vitesse constante (w) et on
maintient fixe le cylindre intérieur.
Le fluide en contact avec le cylindre extérieur va y adhérer et par conséquent va être animé
de la vitesse du cylindre extérieur. Le fluide en contact avec le cylindre fixe aura une
vitesse nulle. La viscosité fait naître une force de frottement que l’on mesure par le couple
.
exprimée en [m2/s].
On appelle fluide parfait un fluide dont la viscosité serait nulle (fluide inexistant dans la
nature). La viscosité existe dès qu’il y a mouvement relatif entre particules, que ce soit en
régime laminaire ou turbulent.
.
Si, à température constante, on abaisse la pression à la surface d’un liquide, ce dernier se
met à bouillir lorsqu’on atteint la pression de vapeur saturante correspondant à cette
température. Dans l’écoulement des liquides, il peut arriver que la pression en certains
points devienne inférieure à la pression de vapeur saturante. Le liquide entre alors
localement en ébullition et des bulles de vapeur apparaissent au sein même de
l’écoulement. Ce phénomène, appelé cavitation, est le plus souvent nuisible pour les
installations où il se produit (canalisation, pompes, turbine…). Les variations de volume lors
du changement d’état sont telles qu’il se produit au sein du fluide de véritables explosions
de bulles au moment de la vaporisation et de violentes implosions, lors de la condensation.
Les effets de tension superficielle ne sont pas importants dans les écoulements en eau
potable ou en assainissement et ne sont donc pas pris en compte.
éé
Prenons par exemple deux réservoirs à la même hauteur, dont l’un est vide et l’autre plein,
reliés par une conduite de diamètre constant, horizontal et muni d’une vanne. A l’ouverture
de la vanne, il se produit un écoulement. La variation de la vitesse dans le temps
crée au sein de l’écoulement une force d’accélération pure.
Les forces d’accélération convective : Elles proviennent de la variation de la vitesse
dans l’espace (repère
éé
Ce rapport est utilisé lorsqu’on calcul les forces (statiques et dynamiques) de l’eau
sur une paroi ou un ouvrage.
4.2.2. - Le Nombre de Reynolds
Exemples :
4.2.3. - Le Nombre de Froude
Le nombre de Froude est le rapport entre les forces d’inertie et les forces de
pesanteur
∶ l’accélération de la pesanteur
: la longueur caractéristique de l’écoulement
: la vitesse caractéristique de l’écoulement
: Module d’élasticité
4.2.5. - Le Nombre de Weber
Le nombre de Weber est le rapport entre les forces d’inertie et les forces de
tension superficielle
: tension de surface
Elément de volume :
Dérivée partielle :
Dérivée totale :
1. - EQUATIONS DE L’HYDROSTATIQUE
Nous avons vu au chapitre précédent que l’ensemble des forces agissant sur un fluide
sont de deux natures : les forces de volume et les forces de surface. En reprenant les
résultats acquis dans ce chapitre, nous allons détaillé l’ensemble de ses forces.
Considérons dans un réservoir un fluide au repos, dont on extrait un petit
parallélépipède d’eau d’axe vertical . Soit p la pression en son centre. Il est soumis aux
forces verticales suivantes :
Concernant les forces de volume, il n’en existe qu’une seule la force de pesanteur. Elle
s’écrit de la façon suivante :
Les forces d’inertie n’existe pas puisque le fluide est au repos (vitesse nulle).
Concernant les forces de surface, la pression agit sur la face supérieure et inférieure de
l’élément. Ces forces s’écrivent de la façon suivante :
Soit
On peut écrire de façon analogue les équations d’équilibre dans les autres directions :
ou dz
2. - VARIATION DE LA PRESSION DANS UN FLUIDE INCOMPRESSIBLE
On écrit fréquemment :
∗
On nomme ∗
l’énergie potentielle par unité de volume.
piézométrique.
1,0 = 105 =
.
En hydraulique des réseaux urbains, la pression est le plus souvent exprimée en mètres
de colonne d’eau et en bars.
Pression absolue et pression relative :
La pression absolue est définie par rapport à la pression dans le vide qui correspond à la
pression nulle. On en déduit donc que la pression minimale possible est zéro.
La pression relative se définit par rapport à une référence que l’on choisi le plus souvent
égale à la pression atmosphérique. Cela consiste finalement à faire une translation du
repère des pressions. La pression nulle est donc équivalente à la pression
atmosphérique La pression minimale correspond donc à (pression
atmosphérique négative).
Entre le point 1 et 2, on a :
1 1 2 2
soit : 1 2 2 1 5
Les forces hydrostatiques sur une surface proviennent des forces de pressions du fluide
agissant sur cette surface.
Il convient, donc dans un premier temps, de caractériser la pression du fluide sur une
surface. Pour cela, on a besoin de :
Dans le grande majorité des cas les surfaces sont symétriques par rapport à l’axe η, ce
qui revient à dire que : .
La deuxième intégrale s’écrit :
+4 +
= + ; =
2 36 +
3 3
;
2 2
3 3 3 5 5 3
= = ; = =
2 2 48 3 48 3
4sin ( )
= 1−
3(2 − sin(2 ))
= (1 − cos( )) −
= 2 − sin(2 )
2
1 − cos(2 )
= 4 − sin(4 ) −
16 9 2 − sin(2 )
4.2. - Paroi à surface gauche
La première méthode permettant le calcul de la force résultante sur une paroi gauche
consiste à décomposer la force élémentaire dF suivant les axes et :
Variation de masse de fluide pendant la durée dt entre ce qui entre et ce qui sort :
On défini le débit massique par :
La masse de fluide entrante par la face 1 (suivant x) pendant le temps dt est :
. . .
− . = . . . − .
2 2
. . .
+ . = . . . + .
2 2
La différence de masse entre ce qui entre et ce qui sort dans le volume dv est donc
suivant x:
On a de même suivant y et z avec:
L’interprétation physique de cette équation est la suivante : les débits Q entrant et sortant à
travers un volume quelconque et rempli du fluide doivent être égaux.
− . . . . + − . − + .
2 2
= . + . . . .
− . .− = + . .
1
− = + + +
1
En écrivant l’équation suivant les trois directions : − = + + +
1
− − = + + +
1
soit : + . + + . . =0
Utilisation des équations d’Euler pour le calcul des forces hydrauliques sur une surface
et Avec:
En restant sur la ligne de courant on peut intégrer la première équation et l’on obtient
l’équation de Bernoulli :
à à
é é
En terme de pression :
Si l’échange d’énergie se fait des parois de la machine vers le fluide nous avons affaire à
une pompe, si au contraire, l’échange d’énergie se fait du fluide au parois de la machine,
nous avons affaire à une turbine.
L’équation d’énergie est modifiée par le terme E, qui représente l’augmentation par une
pompe ou la diminution par une turbine de l’énergie mécanique totale par unité de
masse de liquide en mouvement.
[Link]. - Turbine
Exemple d’installation :
∗
Types de turbines :
Choix d’une turbine :
[Link]. - Pompes
Exemple d’installation :
Principe de montage :
Types de pompes :
Choix d’une pompe :
La puissance est définie par : =
Exemple de courbe caractéristique pour une pompe multicellulaire à étage (de 1 à 12
étages) :
Caractéristiques par étage :
Définition du NPSH « Net Positive Suction Head » (charge nette à l’aspiration)
La pompe transmet une vitesse au fluide par l’intermédiaire de la roue ou de l’hélice. La vitesse du
fluide qui entre dans la roue augmente et par conséquent la pression diminue à l’entrée engendrant
une aspiration et le maintien de l’amorçage. La rotation à l’intérieur de la pompe augmente la vitesse
du fluide tandis que la force centrifuge qui le comprime sur la périphérie augmente sa pression.
Lorsqu’à la suite de survitesses locales des zones de sous-pression apparaissent sur les bords
d’attaque des aubes des roues de pompes centrifuges, la pression descend en dessous de la pression
de vapeur saturante du liquide, ce phénomène entraîne la formation de bulles de vapeur. L’eau
utilisée dans les installations industrielles contient de l’air dissous dans une proportion atteignant
25mg par litre. Lorsque l’eau est soumise à une pression décroissante, on observe le dégagement de
l’air dissous quand la pression atteint la pression de saturation et une vaporisation quand la pression
atteint la pression de vapeur. Un phénomène de dégazage puis de vaporisation partielle du liquide
vont apparaître à l’intérieur de la pompe. Les micro-bulles formées sont transportées par le fluide
dans les zones de plus haute pression où elles implosent au contact des pièces mobiles. Un tel
phénomène s’accompagne de variations énormes de pression (plusieurs milliers de bars) localisées
sur de très petites surfaces. Il en résulte une érosion intense des surfaces métalliques et une chute de
pression dans toute l’installation.
Le critère qui sert à éviter la cavitation dans une pompe est le NPSH.
é é
Nous avons vu que pour le cas d’un fluide réel et en régime permanent, d’autres forces
interviennent, notamment les forces dues au frottement, qui font apparaître une dissipation de
l’énergie mécanique en énergie thermique.
Le long d’une ligne de courant, l’énergie mécanique diminue du fait de l’augmentation de l’énergie
thermique ; on appelle ce phénomène la perte de charge due aux frottements dans un liquide.
Après intégration entre deux points sur la même ligne de courant l’équation de Bernoulli s’écrit :
L’écoulement d’un fluide réel dans une conduite représente une des applications
classiques de l’hydrodynamique théorique et expérimentale. La maîtrise de ces
écoulements pour le calcul du fonctionnement des réseaux d’eau potable est
indispensable. On distingue deux types de perte de charge :
• la perte de charge linéaire représentant l’énergie perdue entre les deux points,
• la perte de charge singulière qui intervient lorsque l’écoulement uniforme est
localement perturbé.
Dans la zone laminaire seules les forces de frottement interviennent. Dans la zone
turbulente les forces de turbulence deviennent prépondérantes et une sous-couche
visqueuse très mince apparaît.
Dans le cas des conduites en charge où l’écoulement est laminaire, seules les forces de
viscosité interviennent ; le profil des vitesses est parabolique et est donné par la figure
suivante :
Dans le cas où l’écoulement est turbulent, le profil des vitesses tend à être uniformisé et
est du type logarithmique.
On constate une zone centrale de pleine turbulence où le gradient de vitesse est très
faible et le profil est aplati en son centre. La zone de la couche limite est de très faible
épaisseur et proche de la paroi. Le gradient de vitesse est très important et les forces de
viscosité sont donc très importantes dans cette couche. Une approche mathématique
exacte n’est pas possible dans ce type d’écoulement complexe. Les relations qui seront
construite sont toutes d’origines empiriques.
Deux types d’écoulements turbulents dans les conduites réelles (présentant des aspérités)
existent :
• conduite hydraulique lisse : l’écoulement est séparé de la paroi par un film laminaire,
• conduite hydraulique rugueuse : la sous-couche laminaire disparaît et la turbulence
arrive jusqu’à la paroi.
Décrivons le profil de l’écoulement le long d’un diamètre de conduite hydraulique lisse.
On distingue habituellement deux régions : une région centrale dite externe qui
correspond à plus de 90% de l’écoulement et une région voisine de la paroi dite interne.
• Dans la région centrale, très aplatie, la vitesse est indépendante des aspérités de la
paroi et dépend peu de la viscosité. L’écoulement est formé de tourbillons importants,
allongés, contenant des tourbillons plus petits. L’intensité de la turbulence est à peu très
constante dans ce domaine.
• Dans la zone interne, voisine de la paroi, la vitesse passe d’une valeur élevé à zéro sur
une distance relativement faible. Le fort gradient de vitesse qui en résulte impose au
fluide des contraintes de cisaillement élevées et donc d’intenses frottements visqueux.
On comprend donc que la dissipation d’énergie qui entraîne une partie de la perte de
charge ait lieu principalement dans cette zone. En revanche, l’intensité élevée de la
turbulence se traduit par un accroissement important des transferts de quantité de
mouvement entre particules de fluide, dans toutes les directions. Ces particules étant
porteuses de chaleur, il en résulte des propriétés utilisables pour les transferts
thermiques.
La turbulence est mesurée par le nombre de Reynolds. Dans le cas des conduites circulaires
le domaine laminaire et turbulent est différencié par une valeur de Reynolds de:
: est un coefficient de perte de charge. Il est sans dimension et est fonction du nombre
de Reynolds et de la rugosité de la paroi. (Parfois appelé f);
L : est la longueur de la conduite D le diamètre;
U : la vitesse moyenne;
J : la perte de charge part unité de longueur.
[Link]. - En régime laminaire Re < 2000
En régime laminaire, seules les forces de viscosité interviennent. La vitesse est très faible
et l’état de surface de la paroi n’intervient pas dans le calcul du coefficient .
On détermine ainsi :
J=
[Link]. - En régime turbulent Re > 4000
Une surface rugueuse implique un état de surface telles que ses irrégularités ont une action directe
sur les forces de frottement, c’est-à-dire qu’au delà d’un certain degré de rugosité la configuration
géométrique de la surface exerce une influence bien déterminée sur l’écoulement. Dans le cas des
écoulements en charge appliqués au domaine de l’ingénieur, la rugosité va jouer un rôle très
important.
Une surface rugueuse peut être considérée comme étant constituée par une série de
protubérances élémentaires. Elles sont caractérisées par une certaine hauteur k (désignée
parfois par )
Cette rugosité peut être mesurée par rapport au diamètre de la conduite. On parle alors de
rugosité relative : =
Si la rugosité est ondulée le film laminaire pourra, dans une certaine mesure, se modeler sur les
ondulations. Si au contraire elle présente des arêtes vives, le film sera aisément écorché puis déchiré
par les aspérités, l’influence de la viscosité dans la couche limite sera diminuée et la turbulence
fortement augmentée. Ceci se traduit par une vitesse moyenne réduite.
Les surfaces auxquelles on a affaire dans la pratique (béton, acier, fonte) ne présentent pas des
caractéristiques de rugosité uniforme. En effet, les protubérances de la surface sont inégales et
irrégulièrement distribuées. Elles proviennent du rivetage, des recouvrements, des joints, des
défauts sur la paroi, de corrosion, d’incrustations...
On définit ainsi deux types de rugosité : lisse et rugueuse. La différence entre les deux dépend du
nombre de Reynolds.
Les tableaux suivants donnent quelques indications sur la valeur de
Le calcul de la perte de charge linéaire va donc prendre en compte le nombre de
Reynolds et la rugosité de la conduite. Le choix se fait en fonction de la turbulence c’est-
à-dire de la valeur du nombre de Reynolds.
. .
et : Dans cette zone, la turbulence est encore modérée.
L’épaisseur de la sous-couche limite est suffisante pour englober toutes les aspérités de la
conduite qui se comporte dès lors comme un tuyau lisse.
Deux expressions empiriques sont souvent utilisées:
• Formule de Blasius
. .
: La turbulence devient très importante et λ ne dépend plus que de
Formule de Nikuradse :
Cette relation implicite est difficile à exploiter analytiquement et est le plus souvent
représentée sur un graphique.
Ks/D
f
On pourra utiliser les tables de Lechapt et Calmon en 1965 en remplaçant la formule de
Colebrook par une formule approchée de la forme : où L, M et N sont des
constantes pour une rugosité donnée. Pour des valeurs de vitesse comprises en 0.4m/s et
2m/s cette formule conduit à des écarts relatifs inférieurs à 3% par rapport à la formule de
Colebrook.
La perte de charge singulière, localisée dans une section de la conduite, est provoquée par
un changement de direction et d’intensité de la vitesse (voir premier chapitre). L’écoulement
uniforme est perturbé et devient localement un écoulement non uniforme. La turbulence
joue un rôle considérable, alors que les forces de viscosité sont négligeables. La perte de
charge n’a donc lieu qu’en régime turbulent.
Une telle non-uniformité de la vitesse peut être provoquée par :
• un branchement de section de la conduite,
• un changement de direction (coude),
• un branchement ou raccordement,
• un dispositif de mesure et contrôle de débit...
Comme pour les pertes de charge linéaire, les pertes de charges singulières se traduisent par
la relation :
K=0.5 K=1
Départ
K=1 K=0.05
K=1
K=1
Coudes
Arrondi
en degrés.
Brusque
K est indépendant du
diamètre
Tés
Branchement de prise à 90° de même diamètre et à angles vifs
Branchement d’amenée à 90° de même diamètre et à angles vifs
Cônes
Convergent
Divergent
Vanne à papillon
Robinets à Boisseau
Clapet à battant
3.3. - Exemple de tracé de perte de charge
→
Déterminons, dans un deuxième temps, la charge totale (en mCE) au point C, ,par
application du théorème de Bernouilli.
En général, on peut considérer les fluides comme incompressibles. Toutefois les milieux réelles
présentent une certaines compressibilités dont il faut tenir compte s’il s’y produit de rapide
variation de pression (même très petites) : ce sont les phénomènes de compressibilité qui
permettent d’expliquer la propagation des ondes élastiques dans les milieux matériels.
Quand un milieu matériel est affecté localement par des variations de pression d’origine
quelconque, la perturbation qui en résulte se propage dans toutes les directions. Cette vitesse de
propagation n'est pas infinie, mais si les variations de pression sont lentes on peut admettre
qu’elles se distribuent immédiatement dans tout le milieu (fonctionnement d’un réseau
d’adduction d’eau sous pression avec un démarrage lent d’une pompe).
Si au contraire les variations de pression sont rapides, la répartition de la pression dans
le milieu ne peut pas être considéré comme instantanée (démarrage instantané d’une
pompe).
Les ondes élastiques se propagent sans modification dans un milieu isotrope infini,
mais sont susceptibles de réflexion et de réfraction quand elles rencontrent une
surface séparant deux milieux différents. Deux cas sont à envisager :
Quand une onde plane se propageant dans un fluide, rencontre normalement
une surface rigide, elle se réfléchit sans changer de signe : ainsi une onde de
compression se réfléchit en une onde de compression.
Quand une onde plane se propageant dans un fluide, rencontre normalement
une surface ou la pression reste constante (surface libre d’un liquide), il y a
réflexion avec changement de signe : ainsi une onde de compression donne
naissance à une onde de dépression.
Dans un fluide parfait les seules ondes élastiques susceptibles de se propager sont
des ondes longitudinales, c’est-à-dire des ondes provoquant des déplacements de
particules normalement aux surfaces d’ondes.
• Vitesse des ondes dans l’air : 331m/s.
• Vitesse des ondes dans l’eau : 1 410m/s.
Ainsi, les ondes élastiques longitudinales peuvent se propager dans le fluide contenu
dans une conduite. En faisant abstraction des perturbations provoquées par le
frottement sur les parois, on peut admettre que pour une conduite cylindrique, la
propagation s’effectue par des ondes planes perpendiculaires à l’axe de la conduite.
Mais la célérité des ondes est différente de la valeur donnée précédemment. En
effet, sous l’action des variations de pression provoquées par une onde, les parois de
la conduite de déforment. Ces déformations sont petites en général, mais il faut en
tenir compte dans le calcul de la vitesse des ondes. Si elle est de l’ordre de 1000 m/s
dans les conduites d’acier elle peut descendre à quelques centaines de m/s pour les
conduites en matière plastique et à 15 m/s pour des conduites en caoutchouc.
Dès que la vanne est fermée ( ) la ligne piézométrique remonte jusqu’à PP’ à une côte
supérieure à celle de la ligne de charge. Cette augmentation correspond à l’énergie
potentielle emmagasinée par la compressibilité du fluide. Cette surpression remonte la
conduite et arrive au réservoir en laisant derrière son passage la conduite en surpression.
Arrivant en A, au réservoir, l’onde subit une réflexion
avec changement de signe : elle se transforme en
une onde de dépression. Cette dépression s’ajoute à
la surpression laissée par l’onde montante
précédente. Puis l’onde de dépression arrive en B,
rencontre la vanne fermée et y subit une réflexion
mais ici sans changement de signe : elle se
transforme en une onde ascendante de dépression.
L’objectif de cette partie est de faire comprendre ces phénomènes complexes au moyen
d’une description mathématique simplifiée.
6.2. - Formulation mathématique
(1)
∗
(2)
Ici,
∗
gz (3)
Dans ces équations, t est le temps ;
x, l’abscisse curviligne suivant la canalisation (pas nécessairement horizontale) ;
ρ, la masse volumique de l’eau ;
S, la section de l’écoulement (section intérieure de la conduite) ;
U , la vitesse permanente en moyenne uniformisée sur la section ;
p, la pression relative par rapport à la pression atmosphérique ;
g, l’accélération gravitationnelle ;
z, la cote altimétrique (axe vertical) ;
J, le coefficient adimensionnel de perte de charge.
(4)
(5)
∗
(6)
Appliquons cette dernière équation au calcul des oscillations de niveau d’eau dans une
cheminée d’équilibre (protection anti-bélier), comme illustré sur la Figure. . Cet exemple a
été proposé par Frelin (Frelin 2002).
Ici, une conduite circulaire forcée entre une retenue d’eau de section importante et une
installation de turbinage est équipée d’une cheminée d’équilibre de section circulaire.
Cette conduite est le siège d’un écoulement permanent jusqu’à l’instant . A cet
instant, la vanne située en amont de la turbine est fermée instantanément.
On considère les données suivantes: , , ,
, (débit volumique).
On suppose que la masse volumique de l’eau reste constante et que la conduite est
complètement indéformable. Déterminons, sous l’hypothèse d’absence de pertes de
charge ( ), la période des oscillations du niveau d’eau dans la cheminée ainsi que le
niveau maximal.
Pour cela, intégrons l’équation (6) entre les abscisses curvilignes des points 1 et 2. Nous
obtenons l’expression suivante :
∗ ∗
(7)
Par ailleurs, compte tenu des sections importantes du réservoir et de la cheminée par
rapport à la section de la canalisation, l’application de l’équation de Bernoulli sans pertes
de charge conduit aux équations suivantes :
(8)
(9)
La vitesse est en effet identique au point 1 et au point 2 dans la mesure où nous avons fait
les hypothèses d’un fluide incompressible et d’une conduite indéformable (équation 5).
L’utilisation de ces équations aboutit à l’expression suivante pour la loi de la quantité de
mouvement :
(10)
Le débit dans la conduite étant identique à celui dans la cheminée, la loi de conservation
de la masse (équation 4) peut s’exprimer, quelque soit le temps t, comme suit :
(11)
(12)
(13)
Elle admet comme solution la forme générique suivante, où et sont des constantes :
(14)
(15)
6.4.1- Conservation de la masse pour un écoulement dans lequel se propage une onde
Soit un écoulement permanent dans une conduite. Suite à la fermeture brutale d’une vanne, un coup
de bélier d’ondes se produit : une onde de célérité a prend naissance au niveau de la vanne et se
propage vers l’amont. En assimilant l’onde à une surface de discontinuité, la conduite se divise en deux
domaines distincts, comme illustré sur la Figure.
Le domaine 1 se situe entre l’extrémité aval de la conduite (la vanne fermée située sur la gauche de la
Figure) et le front de l’onde. Dans ce domaine, la vitesse de l’écoulement est nulle ; la masse volumique
du fluide est + ; la section de la conduite est + .
En divisant par et en négligeant les infiniment petits d’ordre 2 par rapport aux
infiniment petits d’ordre 1, il vient l’équation 17, qui sera utilisée par la suite :
(17)
6.4.2. - Célérité des ondes
En milieu infini (non confiné), la célérité des ondes a pour expression :
(18)
(19)
Dans cette équation, le terme réducteur dépend à la fois des propriétés du fluide et de
celle de la conduite. C est le coefficient d’ancrage ; D, le diamètre intérieur de la conduite ;
e, l’épaisseur de la conduite ; E, le module d’Young du matériau de la conduite. D’autres
expressions applicables aux conduites épaisses, aux galeries creusées dans une roche
brute, etc. sont explicitées par Pernès (Pernès 2004).
Pour les conduites façonnées en matériau peu élastique, la célérité des ondes est en
général comprise entre 700 et 1,300 m/s ; elle peut descendre jusqu’à quelques dizaines de
m/s dans le cas de conduites élastiques, façonnées par exemple en caoutchouc ou en
plastique (Bonnin 1983). En considérant un ordre de grandeur de 1,000 m/s pour la célérité
du coup de bélier d’ondes, on comprend la rapidité du phénomène dans des conduites peu
élastiques par rapport au coup de bélier de masse.
6.4.3. - Equations aux caractéristiques
Nous allons chercher à exprimer à partir de l’équation 1 (conservation de la masse) une
expression mettant en jeu la pression étoilée et la vitesse. Utilisons pour cela les relations
suivantes, où est la dérivée particulaire en suivant une particule se déplaçant à la
vitesse .
(20)
(21)
(22)
En divisant cette expression par , en utilisant l’équation 17, puis en multipliant par a, il
vient une expression liant la pression étoilée et la vitesse :
∗
(23)
∗ ∗
(24)
∗ ∗
(25)
Le premier crochet de l’équation 24 peut s’interpréter comme , dérivée particulaire de la
∗
(26)
∗
(27)
La célérité des ondes étant généralement très grande (de l’ordre de 1.000 m/s) devant la
vitesse moyenne uniformisée (de l’ordre de 1 m/s), nous pouvons approximer par a
et par . Considérons de plus qu’il n’y a pas de pertes de charge ( ). Enfin,
utilisons comme variables le débit transitant dans la canalisation et la hauteur
∗
piézométrique y définie comme la quantité . Dans ces conditions, nous pouvons écrire :
(28)
(29)
de son déplacement.
La méthode de l’épure Schnyder – Bergeron consiste à résoudre graphiquement le
phénomène de coup de bélier en tirant profit du résultat précédent. Plus précisément,
cette méthode permet de déterminer la pression et le débit en tout point de la conduite et
à tout instant sans déterminer la nature exacte de l’onde mais simplement en considérant
des « observateurs » se déplaçant aux vitesses a et – a. Nous allons l’utiliser pour quelques
exemples simples afin de mettre en évidence le phénomène de coup de bélier d’ondes.
6.4.4. - Application à la fermeture instantanée d’une vanne (sans pertes de charge dans
la conduite)
Considérons une conduite reliant un réservoir à charge constante et une vanne, comme
illustré sur la Figure. Alors que l’écoulement y était permanent (débit (jusqu’à , la
vanne est instantanément fermée à l’instant .
Pour des raisons de facilité de compréhension, on raisonnera à partir du temps
adimensionnalisé par la durée nécessaire à l’onde pour parcourir la longueur de la conduite :
(30)
(31)
Le débit étant nul à la vanne, nous pouvons déterminer la hauteur piézométrique à la vanne
juste après sa fermeture :
(32)
Cette expression montre que la fermeture instantanée de la vanne est responsable d’une
(33)
(34)
(35)
Ainsi, du fait des fortes pressions régnant dans la canalisation, le débit s’inverse : un
écoulement prend place de la conduite vers le réservoir. La droite reliant les points et
a pour équation :
(36)
(37)
Ceci signifie que la vanne subit une dépression. La droite reliant les points et a
pour équation :
(38)
En nous déplaçant vers le réservoir selon l’équation , nous pouvons exprimer le
(39)
(40)
En poursuivant les allers-retours entre le réservoir et la vanne et en procédant de la même façon à
partir de différents points à différents instants, nous pouvons déterminer le débit et la hauteur
piézométrique en tout point de la conduite et à tout instant. Le phénomène périodique ainsi mis en
évidence est illustré sur la Figure. La Figure présente quant à elle la variation de pression au niveau de
la vanne ainsi que la variation de débit au niveau de l’entrée du réservoir. Nous constatons sur cette
dernière figure que le coup de bélier d’ondes a ici une période égale à 4µ, c’est-à-dire 16 s en
considérant les données du calcul effectué plus haut pour le coup de bélier de masse dans une
conduite équipée d’une cheminée d’équilibre et en supposant une célérité de 1,000 m/s. Nous pouvons
ainsi constater la fréquence beaucoup plus importante du coup de bélier d’ondes par rapport au coup
de bélier de masse.
Des figures similaires à la Figure pourraient être tracées en chaque point de la conduite. La
résolution de l’épure Schnyder – Bergeron nous a permis de mettre en évidence les pressions
Il peut arriver que la pression absolue minimale atteigne la pression de vapeur saturante de
l’eau (0.239 mCE à 20°C). Dans ce cas, le liquide se vaporise ; une poche de cavitation se forme.
La conduite doit être suffisamment résistante pour ne pas imploser sous l’action de la pression
atmosphérique sur sa surface extérieure. La démarche décrite ci-dessus, qui suppose un fluide
sous phase liquide et qui n’est donc plus valable, doit être adaptée (Pernès 2004).
6.4.5. - Application à la fermeture progressive d’une vanne (sans pertes de charge dans
la conduite)
Considérons à présent une fermeture lente de la vanne, toujours sans considérer de pertes de
charge. Utilisons pour cela l’équation 41 qui constitue un exemple possible de loi de fermeture
de vanne.
(41)
Ici, ξvanne est la perte de charge singulière due à la vanne (en mCE) ; , la perte de charge
singulière de la vanne lorsqu’elle est complètement ouverte ; T, le temps total de fermeture.
L’épure illustrée sur la Figure se construit de la même façon que pour l’exemple précédent, à
ceci près qu’il faut considérer au moyen de l’équation 41 un débit à la vanne non nul pour tous
les instants compris entre le début de la fermeture et la fermeture complète.
Nous pouvons constater sur cette figure qu’une fermeture lente atténue l’amplitude du
phénomène, aussi bien pour les surpressions que pour les dépressions.
6.4.6. - Application à la fermeture instantanée d’une vanne (prise en compte simplifiée
des pertes de charge)
Considérons à nouveau la fermeture instantanée de la vanne mais cette fois-ci en
considérant d’une façon simplifiée les pertes de charge dans la conduite. Supposons ainsi
que la perte de charge dans la conduite soit localisée à l’entrée du réservoir (perte de
charge singulière entre les points R et W infiniment proches). Pour construire l’épure,
nous considérerons des allers-retours non pas entre V et R mais entre V et W. La hauteur
piézométrique en W correspond à la hauteur piézométrique en R à laquelle on retranche
la perte de charge correspondant au débit. Dans le cas des débits négatifs, remarquons
que la hauteur piézométrique est plus importante en W qu’en R. L’épure ainsi tracée,
illustrée sur la Figure, converge vers son point central, c’est-à-dire un débit nul et la
hauteur piézométrique régnant dans le réservoir : les pertes de charge ayant atténué le
coup de bélier, il n’y a plus d’écoulement.
6.5. - Protections anti-bélier
On distingue les anti-béliers spécifiques des anti-béliers non spécifiques (Bonnin 1983).
Parmi les premiers, les vannes à fermeture lente permettent d’empêcher les coups de bélier
dus à une fermeture brutale de vanne ; ces dispositifs sont en revanche inefficaces contre
les arrêts brutaux de pompes, toujours susceptibles de se produire (panne du moteur,
coupure d’alimentation, manœuvre involontaire, etc.).
Toujours parmi les anti-béliers spécifiques, les volants d’inertie sont des dispositifs capables
d’emmagasiner de l’énergie pendant le démarrage de la machine et de la fournir à la
pompe dès la coupure de son alimentation : l’arbre de la pompe continue ainsi à tourner
pendant quelques secondes à quelques dizaines de secondes.
Les anti-béliers non spécifiques ne cherchent pas à empêcher les coups de bélier mais à
atténuer leurs effets. Dans la mesure où ils ne protègent pas entre le lieu de génération du
coup de bélier et leur localisation, ils doivent être installés à des endroits bien spécifiques.
Une soupape est ainsi un dispositif qui s’ouvre à la pression atmosphérique lorsque la
pression dans la conduite devient supérieure à une valeur seuil. Ce faisant, la soupape
laisse échapper un certain débit. Utile contre les surpressions, ce dispositif est en
revanche complètement inefficace contre les dépressions.
Pour atténuer aussi bien les surpressions que les dépressions, une méthode consiste à
tempérer les variations de pression dans la conduite par des variations de masse dans
un réservoir associé. C’est le principe de fonctionnement des cheminées d’équilibres
(réservoir à l’air libre), illustrées sur la Figure, et des ballons anti-bélier (réservoir sous
pression), illustrés quant à eux sur la Figure. En fonctionnement permanent, le réservoir
est partiellement rempli. Lorsque la conduite est le siège d’une surpression, le réservoir
accepte de l’eau de la conduite de façon à tempérer la surpression. Au contraire, lorsque
la conduite est le siège d’une dépression, le réservoir apporte de l’eau à la conduite de
façon à tempérer la dépression.
6.6. - Références bibliographiques sur les coups de bélier
Bonnin, J., 1983. Ecoulement des fluides dans les tuyauteries. Techniques de l'ingénieur,
A 738, 1-22.