Chapitre VI
C
VI.. Introduction
Nous étudierons au chapitre VII le mouvement de deux points matériels tout au long de leur interac-
tion. Dans le cas de deux corps M1 et M2 quelconques (p. ex. deux solides ou deux particules dont
l’énergie interne peut changer), ce qui se passe pendant l’interaction est généralement très complexe.
Nous nous contenterons d’étudier leur mouvement avant et après l’interaction. Pendant les phases
« avant » et « après », l’interaction entre M1 et M2 est négligeable (∗1) . Notons ~ v1 et ~
v2 (resp. ~
v10 et ~
v20 ) les
.
vitesses des centres d’inertie de M1 et M2 pendant la phase « avant » (resp « après »). Plus généralement,
toutes les quantités relatives à la phase « après » porteront un prime.
Nous considérerons deux types de phénomènes :
Collision. M1 et M2 sont initialement loin l’un de l’autre. Après une brève interaction, ils s’éloi-
gnent à nouveau (~ v10 , ~ v10 = ~
v20 ) ou restent attachés (~ v20 ). On parle aussi de choc.
Explosion. M1 et M2 sont initialement attachés (~ v1 = ~v2 ). Après l’explosion, ils s’éloignent l’un de
l’autre. On parle aussi de désintégration.
VI.. Lois de conservation
Considérons un système isolé (pas de forces extérieures) (∗2) et plaçons-nous dans un référentiel
galiléen, R. Le système étant isolé, il obéit aux trois lois de conservation suivantes :
• conservation de la quantité de mouvement ;
• conservation du moment cinétique ;
• conservation de l’énergie interne du système.
Notons m1 et m2 les masses des corps M1 et M2 , supposées inchangées lors de la collision. Nous ferons
l’hypothèse que les corps sont ponctuels ou que la collision ne modifie pas le mouvement de rotation
des corps sur eux-mêmes. Nous ne nous intéresserons donc qu’au mouvement des centres d’inertie
de M1 et M2 et n’utiliserons pas la conservation du moment cinétique (cette loi serait en revanche utile
pour étudier le mouvement de rotation des corps ; l’énergie cinétique de rotation devrait par ailleurs
être prise en compte dans l’énergie interne de chacun des corps).
D’après la loi de conservation de la quantité de mouvement, ~ p=~ p 0 , soit
~ 1 + m2 v
m1 v ~2 = m1 v
~10 + m2 v
~20 .
Notons G le centre d’inertie du système {M1 , M2 }. On a ~
p = (m1 + m2 ) ~
vG , donc ~
vG0 = ~
vG .
D’après la loi de conservation de l’énergie interne, U = U . L’énergie interne de ce système vaut
0
1 1 1
U= m1 v21 + m2 v22 + U1 + U2 + Ep,1↔2 − (m1 + m2 ) v2G ,
2 2 2
1. . . . ou d’intensité constante si M1 et M2 sont attachés.
2. Les résultats donnés ici sont également valables dans les deux cas suivants :
• si le système est pseudo-isolé, c.-à-d. si les forces extérieures se compensent ;
• si la durée de la collision est très brève, même en présence de forces extérieures, à condition d’appliquer les lois
de conservation entre juste avant et juste après la phase d’interaction.
67
Michel F Dynamique des systèmes
où U1 et U2 sont les énergies internes des corps M1 et M2 , et Ep,1↔2 est l’énergie potentielle d’interaction (∗3)
entre M1 et M2 .
De U = U0 et ~ vG = ~
vG0 , on déduit que
1 1 1 1
m1 v21 + m2 v22 + U1 + U2 + Ep,1↔2 = m1 v012 + m2 v022 + U10 + U20 + E0p,1↔2 .
2 2 2 2
L’énergie potentielle d’interaction Ep,1↔2 entre M1 et M2 ne dépend que de la distance r entre les
corps. Elle tend rapidement vers une constante (généralement nulle par convention) quand r tend vers
∞, donc
1 1 1 1
m1 v21 + m2 v22 + U1 + U2 = m1 v012 + m2 v022 + U10 + U20 ,
2 2 2 2
si les corps sont loin l’un de l’autre avant et après l’interaction (c.-à-d. ~ v1 , ~
v2 et ~
v10 , ~
v20 ).
Si les corps restent liés après l’interaction (c -à-d ~
. . v1 = ~
0
v2 B ~
0 0
v1,2 ), on a
1 1 1
m1 v21 + m2 v22 + U1 + U2 = (m1 + m2 ) v01,2
2
+ U10 + U20 + E0p,1↔2 .
2 2 2
Si, au lieu d’une collision, on a une explosion (c.-à-d. ~
v1 = ~
v2 B ~
v1,2 ), alors
1 1 1
(m1 + m2 ) v21,2 + U1 + U2 + Ep,1↔2 = m1 v012 + m2 v022 + U10 + U20 .
2 2 2
La quantité E0p,1↔2 ou Ep,1↔2 porte dans ces deux derniers cas le nom d’énergie de liaison.
VI.. Chocs élastiques
VI..1. Conservation de l’énergie cinétique
Si l’état de chacun des corps M1 et M2 ne change pas (masses conservées, pas de déformation ni
d’échauffement), le choc est dit élastique : l’énergie cinétique (∗4) est alors conservée. La conservation
de l’énergie cinétique, exacte par exemple dans le cas de deux particules ne subissant pas de transition
énergétique, est généralement une bonne approximation dans le cas de deux solides élastiques.
La loi de conservation de la quantité de mouvement,
m1 ~
v1 + m2 ~
v 2 = m1 ~
v10 + m2 ~
v20 ,
donne trois équations scalaires (une selon chaque axe : m1 v1x + m2 v2x = m1 v01x + m2 v02x , etc.) et la loi
de conservation de l’énergie (cinétique, ici),
1 1 1 1
m1 v21 + m2 v22 = m1 v012 + m2 v022 ,
2 2 2 2
une équation, soit un total de quatre équations.
Pour déterminer ~ v10 et ~
v20 (trois composantes chacunes), il faudrait six équations. Seule l’étude du
système pendant l’interaction pourrait fournir les deux équations manquantes. À défaut, il faut donner
deux paramètres supplémentaires pour résoudre le problème. Nous allons montrer dans ce qui suit
que, si l’on connaît la direction de ~ v10 (soit deux angles), on peut trouver sa norme puis ~
v20 . Pour cette
étude, il est plus commode de se placer dans le référentiel barycentrique du système.
VI..2. Étude dans le référentiel barycentrique du système
La vitesse de G dans le référentiel galiléen R est
m1 ~
v1 + m2 ~
v2
~
vG = .
m1 + m2
~
v1 , ~
v2 et ~
vG sont donc dans un plan, P.
3. L’énergie potentielle d’interaction et l’énergie interne ne dépendent pas du référentiel.
4. Pour être précis, il s’agit de la somme des énergies cinétiques macroscopiques de translation et de rotation.
68
Chapitre VI. Collisions
De même,
m1 ~
v10 + m2 ~
v20
~
vG0 = .
m1 + m2
~
v10 , ~
v20 et ~
vG0 sont donc aussi dans un plan, P0 , en général différent de P.
Or ~ vG = ~ vG0 : les plans P et P0 ont donc en commun la droite D passant par le point de rencontre
entre M1 et M2 et dirigée selon ~ vG .
Le référentiel barycentrique du système, R∗ , est le référentiel en translation rectiligne à la vitesse ~
vG
par rapport à R. Il est donc ici galiléen. Indiquons par un astérisque les quantités dans le référentiel
R∗ . On a ~ v1∗ = ~v1 − ~
vG ; de même pour ~v2 , ~
v10 et ~
v20 .
Dans le référentiel barycentrique, la conservation de la quantité de mouvement donne
v2∗ = ~0 = m1 ~
0 0
m1 ~
v1∗ + m2 ~ v1∗ + m2 ~
v2∗ (1)
et la conservation de l’énergie cinétique
1 1 1 0 1 0
m1 v1∗ 2 + m2 v2∗ 2 = m1 v1∗ 2 + m2 v2∗ 2 . (2)
2 2 2 2
0 0
En exprimant ~ v2∗ (resp. ~
v2∗ ) en fonction de ~
v1∗ (resp. ~
v1∗ ) à partir de l’équation (1) et en remplaçant
dans l’équation (2), on obtient
0 0
v1∗ = v1∗ et v2∗ = v2∗ .
~ B~
Notons w v2 − ~ ~∗B~
v1 la vitesse de M2 par rapport à M1 . On a w v2∗ − ~ ~ D’après l’équation (1),
v1∗ = w.
m1 m2 m1 ∗ m2 ∗
~ =~
w v2∗ − ~
v1∗ = − 1 + ~
v1∗ = 1 + ~
v2∗ = − ~v = ~
v,
m2 m1 µ 1 µ 2
où µ = m1 m2 /(m1 + m2 ) est la masse réduite. On obtient de même
m1 ∗0 m2 ∗0
~0 =−
w ~
v = ~
v.
µ 1 µ 2
0
Comme v1∗ = v1∗ , on a w0 = w.
Z
0 0 0
Supposons connu le vecteur unitaire u ~ 1∗ dirigé selon ~
v1∗ , c.-à-d. la direction de ~
v1∗ . Ceci revient à donner
0
deux angles : l’angle φ (« longitude ») entre les plans P et P0 ; l’angle θ∗ entre ~ vG et ~
v1∗ .
On a
0 0 0 µ w0 ∗0 0 µ w0 ∗0
~ ~ 1∗ =
v1∗ B v1∗ u ~1
u et ~
v2∗ = − ~ 1.
u
m1 m2
69
Michel F Dynamique des systèmes
VI..3. Étude dans le référentiel R
Dans le référentiel R, on a
0 0
~
v10 = ~
v1∗ + ~
vG et ~
v20 = ~
v2∗ + ~
vG .
On peut en déduire les angles θ1 = (~ vG b, ~ vG b, ~
v10 ) et θ2 = (~ v20 ). Notons u ~x le vecteur unitaire dirigé
selon ~ ~ y un vecteur unitaire du plan P perpendiculaire à u
vG et u 0 ~x . On a
0
~ 1∗ = cos θ∗ u
u ~x + sin θ∗ u
~y et ~ ~x + sin θ1 u
v10 = v01 · (cos θ1 u ~ y ).
On obtient donc
µ w0 µ w0
v01 cos θ1 = cos θ∗ + vG et v01 sin θ1 = sin θ∗ .
m1 m1
On en déduit que
sin θ∗
tan θ1 = .
cos θ∗ + m1 vG /(µ w0 )
De même, de
µ w0 µ w0
v02 cos θ2 = − cos θ∗ + vG et v02 sin θ2 = − sin θ∗ ,
m2 m2
on déduit que
sin θ∗
tan θ2 = .
cos θ∗ − m2 vG /(µ w0 )
VI..4. Cas particuliers
VI..4.a. Cible M2 immobile avant la collision
v2 − ~
On a alors v2 = 0, w0 = w = k~ v1 k = v1 et vG = m1 v1 /(m1 + m2 ).
sin θ∗
tan θ1 = .
cos θ∗ + m1 /m2
sin θ∗ 2 sin(θ∗ /2) cos(θ∗ /2) 1
tan θ2 = = =− ,
cos θ∗ − 1 −2 sin (θ /2)
2 ∗ tan(θ ∗ /2)
d’où θ2 = θ∗ /2 − π/2.
Corps de même masse
sin θ∗ 2 sin(θ∗ /2) cos(θ∗ /2)
tan θ1 = = = tan(θ∗ /2),
cos θ + 1
∗ 2 cos2 (θ∗ /2)
d’où θ1 = θ∗ /2 : ~
v10 et ~
v20 sont donc perpendiculaires si v2 = 0 et m1 = m2 .
On retrouve ce cas simplement à partir des lois de conservation
~
v1 = ~
v10 + ~
v20 et v21 = v012 + v022 .
En mettant la première équation au carré et en soustrayant la deuxième, on obtient ~
v10 · ~
v20 = 0.
VI..4.b. Choc frontal
On parle également de choc direct. Dans ce cas, les vitesses sont toutes colinéaires. On peut trouver
~
v10 et ~
v20 sans passer par le référentiel barycentrique. Notons v1 , v2 , v10 et v20 les vitesses algébriques selon
l’axe commun. La conservation de la quantité de mouvement donne
m1 · (v1 − v10 ) = m2 · (v20 − v2 )
70
Chapitre VI. Collisions
et celle de l’énergie cinétique,
m1 · (v21 − v012 ) = m2 · (v022 − v22 ),
soit
m1 · (v1 − v10 ) · (v1 + v10 ) = m2 · (v20 − v2 ) · (v20 + v2 ).
S’il y a eu une collision, (v1 , v2 ) , (v10 , v20 ). En divisant la dernière équation par la première, on
obtient
v1 + v10 = v2 + v20
puis
(m1 − m2 ) v1 + 2 m2 v2
v10 = .
m1 + m2
Par symétrie, en échangeant les indices 1 et 2, on obtient
2 m1 v1 + (m2 − m1 ) v2
v20 = .
m1 + m2
On constate que si m1 = m2 , alors v10 = v2 et v20 = v1 : les vitesses de M1 et M2 ont été échangées. En
particulier, si M2 est au repos avant le choc, M1 est au repos après le choc et M2 a la vitesse de M1
d’avant le choc (phénomène de « carreau »).
Si v2 = 0 et m1 m2 , v10 ≈ −v1 et v20 ≈ 0 : M1 rebondit sur M2 avec la même vitesse, mais de sens
contraire, et M2 reste immobile. Si m1 m2 , v10 ≈ v1 et v20 ≈ 2 v1 .
VI.. Chocs inélastiques
VI..1. Dissipation de l’énergie cinétique
Lors d’un choc inélastique, une partie de l’énergie cinétique (au sens de la note no 4) est dissi-
pée. L’énergie interne du système devant être conservée, la somme des énergies internes de chacun
des corps et de leur énergie potentielle d’interaction doit augmenter. Cette augmentation de l’énergie
non cinétique peut prendre plusieurs formes : chaleur (augmentation de la température des corps,
vaporisation), déformation, énergie de liaison. . . La quantité de mouvement reste en revanche toujours
conservée.
On a les équations suivantes :
m1 ~
v1 + m2 ~
v2 = m1 ~
v10 + m2 ~
v20 ;
1 1 1 1
m1 v21 + m2 v22 = m1 v012 + m2 v022 + U10 + U20 + E0p,1↔2 − U1 − U2 .
2 2 2 2 | {z }
>0
Dans le référentiel barycentrique, la deuxième équation prend cette forme :
1 1
µ w2 = µ w0 2 + U10 + U20 + E0p,1↔2 − U1 − U2 .
2 2
Cette équation ne présente d’intérêt que si la quantité U10 + U20 + E0p,1↔2 − U1 − U2 est connue. Toute
autre quantité équivalente, p. ex. le coefficient de restitution (∗5) ,
w0
η= 6 1,
w
fait également l’affaire. On peut alors traiter le problème dans le référentiel barycentrique, puis dans R.
Toutes les équations données aux § VI..2 et § VI..3 sont encore valables, à l’exception de la conservation
0 0
de l’énergie cinétique et des relations qui en découlent : w0 = w, v1∗ = v1∗ et v2∗ = v2∗ .
5. Le cas η = 1 correspond au choc élastique.
71
Michel F Dynamique des systèmes
VI..2. Choc parfaitement mou
Le cas η = 0 porte le nom de choc parfaitement mou : on a alors w0 = 0, c.-à-d. que M1 et M2 restent
liés après la collision. D’après la conservation de la quantité de mouvement,
m1 ~
v1 + m2 ~
v2
~
v10 = ~
v20 = .
m1 + m2
On obtient bien que
1 m1 m2 · (2 ~
v1 · ~
v2 − v21 − v22 )
E0c − Ec = (m1 v012 + m2 v022 − m1 v21 − m2 v22 ) =
2 2 (m1 + m2 )
v1 − ~
m1 m2 · (~ v2 ) 2
=−
2 (m1 + m2 )
est négatif.
VI.. Explosions
Le cas des explosions s’apparente à celui des chocs parfaitement mous, la différence étant qu’une
partie de l’énergie non cinétique est transformée en énergie cinétique. On a
m1 ~
v10 + m2 ~
v20
~
v1 = ~
v2 = ,
m1 + m2
d’où
1 m1 m2 · (v012 + v022 − 2 ~
v10 · ~
v20 )
E0c − Ec = (m1 v012 + m2 v022 − m1 v21 − m2 v22 ) =
2 2 (m1 + m2 )
v10 − ~
m1 m2 · (~ v20 )2
=
2 (m1 + m2 )
est positif.
‡ VI.. Section efficace
‡ VI..1. Angle solide
Considérons une sphère de rayon R. L’élément de surface d2 S de la sphère compris entre les longitudes φ et φ + dφ
et les colatitudes θ et θ + dθ vaut
d2 S = (R sin θ dφ) · (R dθ).
L’angle solide élémentaire correspondant à d2 S, d2 ω B d2 S/R2 , est indépendant du rayon de la sphère et vaut
d2 ω(φ, θ) = sin θ dθ dφ.
L’angle solide dω compris entre les colatitudes θ et θ + dθ vaut
Z 2π
dω(θ) = d2 ω(φ, θ) = 2 π sin θ dθ.
φ=0
L’angle solide ωcône (θ) du cône compris entre les colatitudes 0 et θ vaut
Z θ
ωcône (θ) = dω(θ0 ) = 2 π · (1 − cos θ).
θ0 =0
L’angle solide couvert par la sphère toute entière correspond à θ = π, soit
ωsphère = 4 π.
‡ VI..2. Sections efficaces différentielle et totale
Considérons un faisceau de particules M1 envoyées à la vitesse ~ v1 contre une cible de faible épaisseur, constituée de
particules M2 immobiles (~ v2 = 0). Un certain nombre de projectiles vont être déviés par les particules de la cible dans
la direction caractérisée par les angles φ et θ1 . Notons I1 l’intensité du faisceau incident, c.-à-d. le nombre de particules
rencontrant la cible par unité de temps ; n2 le nombre de particules cibles par unité de surface de la cible ; et d2 Nω (φ, θ1 )
le nombre de particules M1 déviées par unité de temps dans l’angle solide d2 ω(φ, θ1 ).
A priori, d2 Nω ∝ I1 n2 d2 ω.
72
Chapitre VI. Collisions
On appelle section efficace différentielle σdiff (φ, θ1 ) la quantité
d2 Nω
σdiff (φ, θ1 ) = .
I1 n2 d2 ω
Cette quantité a la dimension d’une surface.
Le nombre dNθ1 de particules déviées par unité de temps entre θ1 et θ1 + dθ1 vaut
Z 2π Z 2π
dNθ1 = d2 Nω = I1 n2 σdiff (φ, θ1 ) sin θ1 dθ1 dφ.
φ=0 φ=0
Si σdiff (φ, θ1 ) ne dépend pas de φ, c.-à-d. s’il y a symétrie de révolution autour de l’axe D, notons σdiff (θ1 ) B σdiff (φ,
θ1 ).
On a alors Z 2π
dNθ1 = I1 n2 σdiff (θ1 ) sin θ1 dθ1 dφ = 2 π I1 n2 σdiff (θ1 ) sin θ1 dθ1 ,
φ=0
d’où
1 dNθ1
σdiff (θ1 ) = .
2 π I1 n2 sin θ1 dθ1
On définit également la section efficace totale
N
σtot = ,
I1 n2
où N est le nombre de particules déviées par unité de temps dans toutes les directions.
‡ VI..3. Application à la diffusion entre noyaux
Considérons des noyaux d’atomes M1 envoyés contre des noyaux M2 au repos. La plupart des projectiles passent
loin des noyaux cibles. Certains passent cependant près d’une cible. Notons D le paramètre d’impact correspondant et
θ∗ l’angle de déviation dans le référentiel barycentrique. On rappelle (cf. § VII..[Link]) que
θ
„ ∗«
K
tan = .
2 µ v20 D
La probabilité p(D) dD qu’un noyau M1 ait un paramètre d’impact compris entre D et D + dD est proportionnelle à
2 π D dD. La probabilité p(θ∗ ) dθ∗ qu’il soit dévié entre θ∗ et θ∗ + dθ∗ (dans le référentiel barycentrique) vaut
dθ∗
˛ ˛
˛ dD ˛
p(θ∗ ) dθ∗ = p(D) ˛˛ ∗ ˛˛ dθ∗ ∝ .
dθ tan(θ∗ /2) sin2 (θ∗ /2)
On a
dNθ∗
∝ p(θ∗ ),
dθ∗
d’où
1 dNθ∗ 1
σdiff (θ∗ ) ∝ ∝ .
sin θ∗ dθ∗ sin4 (θ∗ /2)
On peut à partir de cette expression obtenir la section efficace différentielle dans le référentiel R plutôt que dans R∗ .
73