Séance 1 : Mardi 2 Octobre 2018
Programme :
Introduction générale : la problématique du sens en Grammaire Générative et
Transformationnelle (GGT).
I-Interprétation sémantique dans la Théorie Standard (TS).
II-Interprétation sémantique selon la Théorie Standard Etendue (TSE).
III- Représentation sémantique selon le modèle de la Sémantique Générative (SG).
IV- Représentation sémantique selon le modèle de la Grammaire Fonctionnelle (GF).
V- La théorie de la Représentation Discursive (TRD).
Références (Bibliographie) :
- Chomsky, N., 1957, Structures Syntaxiques, Seuil, Paris.
- Chomsky, N., 1965, Aspects de la Théorie Syntaxique, Seuil, Paris.
- Chomsky, N., 1972, Questions de sémantique, Seuil, Paris.
- Chomsky, N., 1977, Essais sur la forme et le sens, Seuil, Paris.
- Jackendoff, R., 1972, Semantic Interpretation in Generative Grammar, MIT, Press
- Katz, J., &Postal, M., 1964, Théorie globale des descriptions linguistiques, Repères,
Mame.
- Lakoff, G., 1976, Linguistique et logique naturelle, Klincksieck, Paris.
- Sadock, J., 1975, Towards a linguistic theory , Academic Press, Ny.
- Galmiche, M., 1975, Sémantique générative, Larousse, Paris.
- Kleiber, G., 1990, La sémantique du Prototype, Puf, Paris.
- Kamp, H., 1981, « Evénements, représentations discursives et références
temporelles » Langages no64,pp 39-64
- Vert, C., 2018, « Le rôle de l’aspect dans le discours narratif » in Jadir (éd)
Linguistique et discours ,Frankfort : Peter Lang.
- Reboul, A., &Moeschler, J., 1998, Pragmatique du discours. De l’interprétation de
l’énoncé à l’interprétation u discours, Armand Colin, Paris.
- Dik, S., 1997, Functional Grammar, Mouton de Gruyter, Berlin.
- Moutaouakil, A., 1988, Essais en Grammaire fonctionnelle, SMER, Rabat.
- Jadir, M., 2011, Fonctionnalisme et description Linguistique, Sarbruck, EUE
- Jadir, M., 2018, Linguistique et discours : Description , Typologie et Théorisation
,Frankfort : Peter Lang.
- Jadir, M., &[Link], 2015, L’expérience de traduire, Honoré Champion, Genève,
Paris.
Séance 2 : Mardi 9 Octobre 2018
La problématique du sens en Grammaire Générative et Transformationnelle (GGT).
I- Le modèle de la Grammaire Générative et Transformationnelle (GGT).
Le modèle est un construit théorique qui vise à décrire les données d’une langue. En
linguistique, la tâche du linguiste consiste à développer un appareil conceptuel (ça veut
dire une théorie linguistique), ayant pour fonction la description des faits (données)
linguistiques. La notion de modèle date du XXème siècle. Il est possible de considérer les
grammaires comme étant des modèles linguistiques. A titre d’exemple la grammaire
générative, la grammaire fonctionnelle, la grammaire systémique (MAK Halliday), etc.,
sont considérés comme étant des modèles.
Pour qu’une théorie existe, elle doit avoir sa propre terminologie et ses propres concepts.
Lors de son évolution, la théorie de la grammaire générative a connu plusieurs étapes
correspondant à des propositions différentes concernant son organisation. Il est possible
en tant que sémanticien d’établir une dichotomie correspondant aux étapes suivantes :
La GGT sans composante sémantique et la GGT avec une composante sémantique
1-La GGT sans composante sémantique
Il s’agit là d’un ensemble de travaux effectués dans le cadre de la grammaire générative et
qui sont développés dans ce qu’on a communément appelé la Théorie Pré-Standard(TPS).
Il s’agit là principalement de l’ouvrage de Chomsky écrit en 1957 et qui s’intitule
« Structures Syntaxiques ». Il est possible de citer aussi l’article de Katz et Folor (1963)
« The Structure of The Semantic Theory »
2-La GGT avec une composante sémantique
Cette étape comprend plusieurs modèles ou théories tels que particulièrement :
La Théorie Standard (TS)
Cette théorie comprend un ensemble de travaux développés dans le cadre de la
Grammaire Générative et Transformationnelle GGT dont on peut citer tout
particulièrement l’ouvrage de Chomsky paru en 1965 et qui s’intitule « Aspects de la
Théorie Syntaxique» et l’ouvrage de Katz et Postal, paru en 1964 et qui porte comme
titre « Théorie globale des descriptions linguistiques»
La Théorie Standard Etendue(TSE)
Sont développés dans le cadre de cette théorie plusieurs travaux des linguistes
générativistes, tels que particulièrement le travail de Chomsky paru en 1972 et qui porte
sur la sémantique « Questions de Sémantique ». Il est possible de citer aussi les travaux
du sémanticien générativiste Jackendoff paru en 1972 et qui s’intitule « Semantic
Interpretation in Generative Grammar ».
La Théorie de la Sémantique Générative(TSG)
Cette théorie est développée par les sémanticiens générativistes qui ont adressé leurs
critiques à la théorie syntaxique de Chomsky, elle contient les travaux de Ross, de Lakoff
et de McCawley. Ils ont proposé une sémantique dite « Générative » qui s’oppose au
type de sémantique proposée par Chomsky et qui joue un rôle secondaire
« interprétative » dans la description linguistique.
La Théorie Standard Etendue Révisée(TSER)
Il s’agit d’une révision du modèle précédent (TSR) proposé par Chomsky.
La Théorie du Gouvernement et du Liage(TGL)
Séance 3 : Mardi 16 Octobre 2018
II- La théorie Pré-Standard
La grammaire dite Pré-Standard que prévoit Chomsky en 1957 comprend deux niveaux
d’analyse ; un niveau syntaxique et un niveau phonologique. Cette grammaire prévoit
également deux composantes dont la tâche est de rendre compte, chacune des deux
niveaux retenus. On peut donc concevoir cette grammaire (Le modèle Pré-Standard)
comme une grammaire qui s’articule autour de deux composantes grammaticales : la
composante syntaxique et la composante phonologique.
1-La composante syntaxique
Elle est considérée comme étant centrale par rapport à la composante phonologique
conçue comme secondaire. Elle est centrale parce qu’elle permet de générer les phrases,
.i.e(i.e.=c'est-à-dire) de faire la distinction entre les phrases bien-formées et les phrases
mal-formées. En d’autres termes, elle permet d’établir une distinction entre les phrases
qui appartiennent à une langue et les phrases qui n’appartiennent pas à cette langue.
Pour prendre un exemple, considérons les exemples suivants :
(1) a- Jean conduit la voiture.
b- * conduit Jean la voiture. (*= asterisk)
La première phrase (1a) est phrase grammaticale puisqu’elle respecte l’ordre canonique
de la langue française (SVO), alors que la seconde phrase (1b) est une phrase
agrammaticale dans la mesure où elle ne respecte pas l’ordre canonique de cette langue.
Il est à remarquer que le seul critère, pris en considération dans ce jugement, est le
critère syntaxique.
2-La composante phonologique
Cette composante est considérée dans le modèle Pré-Standard comme étant une
composante secondaire dans la mesure où elle ne permet pas de générer, elle permet
plutôt « d’interpréter » les phrases préalablement générées par les règles de la
composante syntaxique. Elle est dite alors composante interprétative.
Il ressort de ce qui précède que le modèle Pré-Standard est organisé de la manière
suivante : une composante syntaxique avec ses différents types de règles et une
composante phonologique avec ses différentes règles.
(2) Schéma de l’organisation de la grammaire
La sous-composante de base
-Règles catégorielles
-Règles lexicales
↓
Structure Profonde (SP)
↓
Composante syntaxique La sous-composante transformationnelle
↓
Règles Transformationnelles
↓
Structure de Surface (SS)
↓
Règles morpho-phonologiques
Composante phonologique ↓
La phrase réalisée
-
Séance 4 : Mardi 23Octobre 2018
La grammaire des « Structures Syntaxiques » comprend deux composantes :
-La composante syntaxique : qui, à son tour comporte deux sous-composantes :
*La sous-composante de base : qui opère au moyen de deux types de règles : les règles
catégorielles et les règles lexicales.
Les règles catégorielles : sont les règles qui avisent une catégorie syntaxique donnée
(P→ SN+SV), en ces constituants immédiats, les règles sont formulées comme suit :
(3) : P→ SN + SV
SN→ Det + N
SV→ V + SN
Les règles lexicales : sont des règles qui substituent aux catégories terminales (les
symboles terminaux), un item lexical appartenant à la catégorie en question.
Les règles catégorielles et les règles lexicales permettent d’obtenir ce qu’on appelle les
structures profondes. La structure profonde correspond à la phrase la plus simple, et il
est possible de considérer la phrase(1) comme étant une structure profonde.
La sous composante transformationnelle : correspond à un ensemble de règles dites
transformationnelles, permettant de passer d’un indicateur syntagmatique à un autre.
Les règles transformationnelles comportent des règles de transformation telles que : la
passivation, la négation, l’interrogation, l’exclamation, l’interro-négation…
Dans le cadre de ce type de grammaire on distingue à l’intérieur des règles
transformationnelles, deux types de règles :
Les règles unaires et les règles généralisées.
Les règles unaires : ce sont des règles transformationnelles qui s’appliquent à une
structure comportant une seule phrase, par exemple la passivation, la négation….
Les règles généralisées : ce sont des transformations qui s’appliquent à une structure
consistant en plus d’une seule phrase, c’est le cas par exemple des règles de
relativisation, d’enchâssement(le livre que j’ai acheté est assez grande), et également
de coordination (Il a bien travaillé donc il a réussi).
La composante phonologique : elle consiste en un ensemble de règles morpho-
phonologiques qui détermine les interprétations phonologiques à la structure du
Surface. Le résultat de l’application des règles phonologiques est la phrase telle qu’elle
est réalisée dans le discours concret.
III-Causes et conséquences de l’absence de la composante sémantique
Chomsky avance dans son ouvrage « Structures Syntaxiques » un certain nombre de
raison pour expliquer l’absence de la composante sémantique de son modèle
linguistique.
*La première justification avancée par les travaux de ce modèle est le faite que les
aspects sémantiques sont difficiles à formaliser par opposition qu’autres aspects
syntaxiques ou phonologiques, i.e. il n’est pas facile d’établir des règles pour rendre
compte, d’écrire et d’expliquer les aspects sémantiques de la langue.
*Il est possible d’avancer une deuxième justification, elle consiste à avancer un
argument selon lequel on ne peut pas fonder l’établissement d’une grammaire sur le
sens. Chomsky avance deux preuves ; une preuve d’ordre syntaxique et une autre
d’ordre phonologique. Pour la preuve syntaxique que Chomsky pense qu’on ne peut
pas établir les fonctions syntaxiques des constituants d’une phrase sur la base du sens
comme le faisant la grammaire traditionnelle qui définissait le sujet comme celui qui
fait l’action.
Sujet →fait l’action / Objet → subit l’action
(4) a- Paul casse la vitre.
b- La vitre est cassée par Paul.
Dans la phrase (4a) « Paul » est considéré comme étant le sujet puisqu’il effectue
l’action de « casser la vitre », et l’élément « la vitre » reçoit la fonction d’objet puisqu’il
subit cette action. Dans la phrase (4b) cette hypothèse émise par la grammaire
traditionnelle ne se trouve plus vérifiable puisque l’élément « la vitre » reçoit la
fonction de sujet sans avoir effectué l’action, de même pour le constituant « Paul ».
Pour Chomsky, est considéré comme étant le sujet celui qui est placé dans la position
initiale (première) de la phrase, autrement dit le sujet est celui qui est dominé
directement par P.
Pour ce qui est de la preuve phonologique, Chomsky avance qu’on ne peut pas établir
la grammaire sur les phonèmes dans la mesure où nous avons dans chaque langue des
relations de sens telle que la synonymie.
Séance 5 : Mardi 30 Octobre 2018
Conséquences
L’absence de la composante sémantique dans ce type de modèle est de nature à permettre
la production de phrases syntaxiquement bien formées tout en étant sémantiquement mal
formées, par exemple : le modèle peut permettre de générer des phrases comme (5), mais
il peut aussi permettre la production des phrases telles que (6a-b).
(5) Jean rédige l’article.
(6) a-Rédige l’article Jean.
b-L’article Jean rédige.
La cause du fait que ce modèle permet d’obtenir des phrases mal formées
sémantiquement résident d’une manière spécifique dans l’absence de contraintes
sémantiques sur les règles lexicales. Selon ce modèle la substitution à un symbole
catégoriel d’un item lexical est soumise à une contrainte purement syntaxique qui
consiste à poser comme condition de la substitution que l’item lexical de remplacement
correspond à la catégorie syntaxique du symbole qu’il soit un nom ou un verbe. Ceci
permet de remplacer le symbole catégoriel nominal (N) par n’importe quel item lexical
nominal et le symbole catégoriel verbal (V) par n’importe quel item lexical verbal, d’où la
possibilité d’obtenir des phrases sémantiquement mal formées telles que (6a-b).
IV- L’intégration de la composante sémantique à la GGT.
Avec la parution de l’article de Katz et Fodor (1963), intitulé « La structure de la théorie
sémantique », on intègre des modèles élaborés en Grammaire Générative et
Transformationnelle, une composante sémantique (les modèles tel que : la Théorie
Standard, la Théorie Standard Étendue, la Sémantique Générative…
1-Une composante sémantique doit figurer dans une organisation de la grammaire au
même titre que la composante phonologique et composante syntaxique, ceci a pour
objectif de limiter le pouvoir génératif de la grammaire et d’engendrer des phrases
sémantiquement et syntaxiquement bien formées. La grammaire sera donc capable de
marquer comme étant agrammaticales, les phrases telles que :
(7) a- Paul danse le tableau.
b- L’ardoise mange le coq.
c- La porte ferme l’élève.
2- Les aspects sémantiques ne sont pas en eux-mêmes formalisables ou non
formalisables. C’est le linguiste qui doit perfectionner son modèle de manière à
appréhender des aspectes sémantiques avec la même rigueur qu’il le fait pour les aspects
phonologiques et syntaxiques.
3-Dans l’article de Katz et Fodor (1963), intitulé « La structure de la théorie sémantique, il
est démontré que les éléments sémantiques sont traitables comme les aspects
phonologiques. On peut, comme un phonologue, segmenter le sens d’une unité
linguistique aux sèmes ou composants :
(8) Regarder = [+perception visuelle] [+intentionnelle]
Voir = [+perception visuelle] [-intentionnelle]
4-Les modèles postérieurs à la Théorie Pré-Standard (TPS) comme la Théorie Standard, la
Théorie Standard Étendue, la Sémantique Générative…, différent quant à la place et la
fonction de la composante sémantique dans la grammaire. Une dichotomie peut être
opérée à l’intérieur de ces modèles opposant les modèles où la composante sémantique
est considérée comme étant générative aux modèles où la composante sémantique est
considérée comme étant interprétative.
Dans le premier groupe, nous avons essentiellement le modèle dit « Sémantique
Générative ». Dans le deuxième groupe, nous parlons de ce que Chomsky appelle
« L’autonomie de la Syntaxe » (par rapport à la sémantique).
En d’autres termes, les règles transformationnelles, telles que la passivation et la
négation, ne font pas référence aux autres composantes telles que la sémantique et la
phonologie.
L’hypothèse de base de Chomsky, est « L’autonomie de la Syntaxe », par rapport à la
sémantique. Par ailleurs, les tenants de la sémantique générative s’inscrivent dans le
cadre de la « non-autonomie de la syntaxe ». Pour eux la composante sémantique ne joue
plus un rôle purement interprétatif, elle est même considérée comme étant un
composant génératif.
Séance 6 : Mardi 13 Novembre 2018
La représentation sémantique dans la Théorie de la Sémantique Générative
Introduction
Le modèle de la sémantique générative, ou encore la théorie de la sémantique
générative, est l’un des modèles élaborés dans le cadre de la Grammaire Générative et
Transformationnelle à partir des années 67, par des linguistes appartenant à la
Grammaire Générative comme Georges LAKOF, Robin LAKOF, Mc CAWLEY, ROSS, etc.
Les principales caractéristiques de ce modèle se résument dans le refus de certains
principes méthodologiques adoptés en GGT, et surtout dans le modèle de la Théorie
Standard (TS). Trois principes ont été réfutés par les tenants de la sémantique
générative :
1-L’autonomie de la syntaxe par rapport à la sémantique.
2-L’existence d’une structure profonde (SP) syntaxique du type de celle adoptée dans le
cadre standard (Chomsky 65).
3- La non-existence de transformation Pré-lexical.
Les tenants de la sémantique générative postulent qu’il doit exister des
transformations (i.e. l’ascension des prédicats) qui opèrent avant l’insertion des items
lexicaux, à l’encontre de la théorie Standard où les unités lexicales sont insérées
directement dans l’indicateur syntagmatique de base (i.e. la Structure Profonde).
I- Les thèses essentielles de la Sémantique Générative.
A- La non-autonomie de la syntaxe
D’une manière générale une grammaire est organisée en composants, chaque
composant traite d’un niveau, ainsi la composante syntaxique traite de l’aspect
syntaxique des phrases, la composante sémantique du niveau sémantique, la
composante phonologique traite des niveaux phonologiques, phonétiques, et
morphologiques, et nous pouvons concevoir d’autres composants (tels que le
composant pragmatique). On dit que la syntaxe est autonome par rapport aux autres
composants lorsque les règles qu’elle met en œuvre ne font pas référence aux autres
composants. Les grammairiens générativistes adoptent la thèse de l’autonomie de la
syntaxe par rapport à la sémantique. Une règle syntaxique telle que les
transformations (passivation, interrogation…) peut opérer sans faire référence au sens
des phrases, par exemple : (1) Le problème est-elle résolue ?
En mettant en œuvre des règles purement syntaxique. A titre d’exemple, on peut
appliquer la règle de dislocation du terme(le problème) et sa reprise par une copie
pronominale (elle), l’inversion du sujet (est-elle), en plus de la passivation. Les trois
premières règles de déplacement ont été opérées sans aucun recours au sens.
Ce sont des règles purement syntaxiques.
La composante sémantique interprète la phrase lorsqu’elle est générée par des règles
syntaxiques, autrement dit la phrase est produite syntaxiquement puis interprétée
par la composante sémantique.
B-La basicité de la composante sémantique
Dans les modèles de la GGT (TR, TSE), la composante de base est la composante
syntaxique dans la mesure où elle génère l’ensemble des phrases d’une langue
donnée. Les tenants de la Sémantique Générative réfutent la basicité de la
composante sémantique, la fonction de générer est attribuée en sémantique
générative à la composante sémantique est non plus à la composante syntaxique.
Parmi les arguments fournis en faveur de la basicité de la composante sémantique,
nous avons le problème des traits de restriction de sélection (elles concernent les
verbes et les adjectifs, pour ce qui est du verbe, elles déterminent le sujet et l’objet
qui figurent avec le verbe en question, et pour l’adjectif, les restrictions de sélection
concernent le nom qui qualifie), qui sont des règles de sous catégorisation (Chomsky
1965), qui déterminent la cooccurrence d’un verbe, à titre d’exemple le verbe
« regarder », impose par rapport à son sujet le trait de sélection [+animé]et pour son
objet le trait de sélection [+concret].
(2) regarder (v) <+animé> (sujet) <+concret> (objet)
Si l’un des deux traits est violé, la phrase devient agrammaticale.
(3) Le tableau regarde la table.
Dans « Aspects de la théorie syntaxique », Chomsky considère les traits de sélections
comme étant des traits syntaxiques, pour les tenants de la Sémantique Générative, les
traits de restriction de sélection sont au contraire des traits sémantiques.
Séance 7 : Mardi 27 Novembre 2018
Considérons les exemples suivants :
(4) a- J’ai recensé le citoyen.
b- J’ai recensé les citoyens.
c- J’ai recensé la foule.
La phrase (4a) est une phrase agrammaticale puisqu’elle viole le trait de restriction de
sélection imposé par le verbe au SN2 (le citoyen). La phrase (4b) est une phrase
grammaticale puisqu’elle satisfait au trait de restriction de sélection qui est [+ pluriel].
La phrase (4c) pose problème à Chomsky est à toute grammaire qui considère les traits
de restriction de sélection comme étant des traits syntaxiques.
Les tenants de la sémantique générative qui considère que le trait de restriction de
sélection imposé par le verbe « recenser » est <dénombrable> (trait sémantique) et
non plus [pluriel] (trait syntaxique).
La thèse des sémanticiens générativistes s’avère plus adéquate que celle des
syntacticiens que celle de Chomsky, puisqu’elle permet de rendre compte de toutes ces
phrases.
La grammaticalité de la phrase (4c) s’explique selon la sémantique générative par le
faite que « la foule » ou « le public » est affecté par le trait de restriction de sélection
<+dénombrable>. Contrairement à Chomsky auquel la phrase (4c) pose problème
puisqu’elle a un objet qui viole le trait syntaxique [+ pluriel] et ainsi ne pourra pas
rendre compte de sa parfaite grammaticalité, d’où l’adéquation d’une thèse
sémantique.
II- La Structure Sous-jacente (SSJ) selon la sémantique générative
1-Nature de la structure sous-jacente.
La structure sous-jacente et la structure profonde relèvent deux types de logique ; la
structure profonde de type chomskyen, relève de la logique Aristotélicienne, tandis que
la structure sous-jacente relève de la logique moderne des prédicats. Dans la logique
Aristotélicienne, une proposition (une phrase) est conçue comme la succession d’un
Etre+prédicat, le prédicat réfère à l’ensemble des propriétés associées à l’Etre en
question comme dans les exemples :
(5) Le tableau est blanc.
Etre attribut
(6) Jean regarde la télévision.
Etre Prédicat
La structure profonde telle qu’elle se présente dans les modèles de la GGT, autres que
la sémantique générative est calquée sur cette bipartition avec des variations
terminologiques. Ainsi pour Chomsky dans le cadre de la Théorie Standard, toute
phrase est composée d’un sujet+prédicat comme dans l’exemple (6) schématisé en (7) :
(7) - SN + SV
Dans la logique des prédicats, la proposition est conçue comme étant un rapport entre
un prédicat et un certain nombre d’arguments. Le prédicat désigne la relation ou les
propriétés attribuées aux arguments. Ainsi, nous avons comme schéma général, le
schéma suivant :
(8) pred (arg1, arg2, ………..arg n)
D’une façon générale, le prédicat est le verbe, les arguments sont soit des SN, soit des
propositions. On classe les prédicats selon deux critères :
Le nombre des arguments qui leur sont associés (la valence).
La nature ou le type d’argument.
Considérons les exemples suivants :
(9)- Jean dort.
(10)- Marie regarde la télévision.
(11)- Paul donne un cadeau à Michelle.
Ainsi le verbe « donner » est dit verbe à trois arguments (à trois places) : « donner
(arg1, arg2, arg3) ».
Le verbe « dormir » est un prédicat à une place et le verbe « vouloir » (comme le verbe
« regarder ») est un prédicat à deux places possédant deux arguments, mais pour lui
« vouloir » il s’agit d’un argument nominal et d’un argument propositionnel.
(12) Je veux que le compte soit bon.
SN Proposition
La structure profonde est une structure de nature syntaxique, elle se présente comme
étant la succession de deux catégories majeures : SN+SV. La structure profonde
nécessite donc une interprétation sémantique (absence de contrainte sémantique) par
opposition à la structure profonde, la structure sous-jacente est une représentation
sémantique de la phrase, le sens de la phrase est représenté par la structure sous—
jacente elle-même, par conséquent, la composante sémantique dans le cadre de la
sémantique générative se trouve superflue.
2-La décomposition lexicale
En sémantique générative, les prédicats sont conçus comme étant des traits primitifs
(un trait primitif est un trait indécomposable en d’autres traits) ou considérés
théoriquement comme tels. Les items lexicaux sont décomposés en traits primitifs,
ainsi le prédicat « donner » est décomposé en traits primitifs suivants :
(13) donner= faire+ avoir.
Pourquoi cette décomposition lexicale ?
L’un des arguments en faveur de la décomposition lexicale est d’ordre théorique : la
décomposition lexicale permet de représenter le sens du langage dans un métalangage
universel susceptible de rendre compte du sens des phrases dans toutes les langues
naturelles.
L’objectif des deux sens primitifs de « faire avoir » est de représenter un sens universel
qui s’actualise dans les langues naturelles par les items lexicaux.
L’en découle sur le plan de l’organisation que les prédicats représentés au niveau de la
structure sous-jacente sont des prédicats primitifs (des prix primitifs). Les items
lexicaux correspondants au sens représenté par les prédicats primitifs sont insérés par
la suite au moyen des règles d’insertion lexicale.
Séance 8 : Mardi 6 Décembre 2018
3- Hiérarchisation des prédicats
Les traits primitifs représentés au niveau de la structure sous-jacente entretiennent
entre eux des rapports hiérarchisées, ainsi nous avons les prédicats supérieurs et les
prédicats inférieurs, par exemple les deux traits primitifs « faire » , « avoir » (sont les
traits primitifs du verbe « donner »), sont hiérarchisés en ce sens que « faire » est un
prédicat supérieur et « avoir » est un prédicat inférieur, le prédicat supérieur
appartient à la phrase enchâssante (matricielle/principale), alors que le prédicat
inférieur appartient à la phrase enchâssée. Les deux phrases en sémantique générative
sont dites respectivement : phrase supérieure et phrase inférieure, ceci se manifeste
par le schéma arborescent suivant :
(14) P1
Faire arg1 arg2
Paul P2
Paul arg1 arg2
Marie livre
(15) Paul donne un livre à Marie.
(16) Paul fait en sorte que Marie ait un livre.
III- De la structure sous-jacente à la structure de surface
Le passage de la structure sous-jacente à la structure de surface s’effectue par
l’application de trois types d’opérations :
*Transformations pré-lexicales : ce sont les transformations qui précédent l’insertion
des items lexicaux.
*Transformations de l’insertion lexicale.
* Transformations de la formation du sujet.
1-La transformation pré-lexicale :
La transformation pré-lexicale, est tout particulièrement dite ascension ou montée du
prédicat, opère sur la représentation sémantique où les prédicats sont hiérarchisée en
prédicats supérieurs et prédicats inférieurs, pour rendre compte sur le même ces
prédicats.
Comment cette transformation opère-t-elle ?
La transformation de l’ascension du prédicat fait monter le prédicat inférieur au niveau
du prédicat supérieur. Cette transformation nécessitée par le faite que l’insertion de
l’item lexical ne peut s’effectuer que si tous les prédicats primitifs sont au même
niveau, i.e. appartiennent à la même phrase.
Les deux prédicats primitifs « faire » et « avoir » entretiennent entre eux une relation
de hiérarchisation comme on l’a déjà vu. Cette hiérarchie entre les deux prédicats a été
schématisée en (14).
Pour insérer le verbe « donner », il est nécessaire de rendre le prédicat « avoir » au
même niveau que le prédicat « faire », et aussi on aura « faire avoir » auquel on
substituerait l’item lexical « donner », cette opération s’effectue par l’application de la
transformation pré-lexicale dite ascension du prédicat. L’output de cette
transformation est la représentation suivante :
(17) P
Faire avoir arg1 arg2 arg3
Paul Marie livre
2- La transformation de l’insertion lexicale
La transformation dite insertion lexicale consiste à substituer un complexe de prédicats
« faire avoir » un item lexical faisant partie du lexique de la langue en question (ici c’est
le français). Pour prendre un exemple, le prédicat complexe « faire avoir » est remplacé
par l’item lexical qui lui correspond et qui est le verbe « donner ». . L’output de cette
transformation de l’insertion lexicale est la représentation suivante :
(18) P
Faire avoir arg1 arg2 arg3
Donner Paul Marie livre
Il est à remarquer que sans la transformation dite ascension du prédicat, on n’aurait
pas pu insérer l’item lexical « donner ».
3- La transformation de la formation du sujet.
La structure sous-jacente postulée dans le cadre de la sémantique générative est une
structure non ordonnée en ce sens qu’il n’y a pas d’ordre linéaire entre les arguments
du prédicat (cette caractéristique est le propre de la logique dite calcul des prédicats).
En vue d’ordonner les arguments, la sémantique générative prévoit la règle de
formation du sujet (qui est une transformation de déplacement) consistant à déplacer
l’argument sujet à l’initial de la phrase dans les langues du type SVO. Ainsi pour
prendre un exemple, l’output de la règle de formation du sujet est la représentation
suivante :
(19) P
Paul donne un livre à Marie
En faite l’output de la règle de la formation du sujet (en plus d’autres formations) est la
structure en constituants formés selon la règle de réécriture suivante :
(20) P → SN + SV
P
SN SV
V SN SP
Paul donne un livre à Marie
Remarque :
La transformation de formation du sujet n’est nécessaire que dans le cadre des langues
SVO, ceci implique que dans le cadre des langues VSO (comme l’arabe), ces
transformations n’opèrent pas.