Fourrage
Le fourrage est une plante ou un mélange de plantes utilisées en agriculture pour
nourrir les animaux d'élevage (bovins, caprins, ovins, équins). Les parties herbacées
comme les feuilles et les tiges sont les principales sources, mais cela inclut aussi les
racines, les parties de plantes ou les plantes entières. Ces fourrages peuvent être
utilisés frais, conservés sous forme fraîche ou séchée. Certains sous-produits de
transformation, tels que la pulpe de betterave à sucre ou les tourteaux des plantes
oléagineuses, servent également de fourrages.
Ensilage
L'ensilage est une méthode de conservation des fourrages par fermentation lactique
anaérobie. Ce procédé d’acidification s’applique aux fourrages humides. Le produit
obtenu est acide, avec un taux d’humidité variant entre 30 % et 85 %. Lorsque le taux
de matière sèche est élevé, il devient difficile d’atteindre des conditions anaérobies.
Inversement, un excès d'humidité peut provoquer des pertes au moment de
l'ouverture du silo et des fuites de jus, susceptibles de générer des odeurs.
Fermentation lactique
La fermentation lactique (ou lacto-fermentation) est un processus de production
d'énergie en milieu anaérobie. Elle se déclenche en présence de glucides et de
bactéries spécifiques, appelées ferments lactiques, entraînant la formation d'acide
lactique. Ce dernier acidifie le milieu, ce qui élimine les bactéries potentiellement
pathogènes, favorisant ainsi la conservation des aliments. Ce mécanisme est utilisé
pour conserver des aliments destinés aux humains et aux animaux. À noter que cette
fermentation par des bactéries diffère de la production d’acide lactique par les
muscles lors d’un effort physique intense.
Ce résumé détaille chaque concept tout en le condensant.
Notes :
1. Fourrage :
o Plantes ou mélanges de plantes pour nourrir les animaux d'élevage
(bovins, caprins, ovins, équins).
o Parties utilisées : herbacées (feuilles, tiges), racines, plantes entières.
o Formes : frais, conservé frais ou séché.
o Sous-produits utilisables : pulpe de betterave à sucre, tourteaux des
plantes oléagineuses.
2. Ensilage :
o Méthode de conservation par fermentation lactique anaérobie des
fourrages humides.
o Produit obtenu : acide, humidité entre 30 % et 85 %.
o Difficultés :
Taux de matière sèche élevé → conditions anaérobies difficiles.
Excès d’humidité → pertes au désilage et fuites de jus (odeurs).
3. Fermentation lactique :
o Processus anaérobie utilisant glucides et ferments lactiques pour produire
de l'acide lactique.
o Effets :
Acidification du milieu.
Élimination des bactéries pathogènes.
o Usage : conservation des aliments pour humains et animaux.
o Différence : fermentation alimentaire ≠ production d'acide lactique par les
muscles.
Place de l'ensilage dans la conservation des fourrages
1. Différentes voies de conservation des fourrages
Voie sèche :
o Conservation sous forme de foin ou par déshydratation artificielle en
usine.
o Méthodes :
Séchage naturel au soleil.
Séchage en grange avec de l'air chaud (produit par des brûleurs).
o Permet d’atteindre environ 15 % d’humidité, garantissant la stabilité du
foin.
o Avantages :
Faible coût.
Approche naturelle.
o Inconvénients :
Sensible à la pluie, entraînant des pertes importantes.
Voies intermédiaires :
o Techniques comme le haylage ou l’enrubannage de grosses balles,
particulièrement adaptées aux plantes prairiales.
Voie humide (ensilage) :
o Conservation par fermentation lactique anaérobie.
o Adaptée aux plantes riches en sucres fermentescibles (ex. graminées,
maïs, pomme de terre).
o Utilisée aussi pour des coproduits agroalimentaires (bagasse de canne à
sucre, pulpe de betterave, drêches de brasserie).
o Difficile avec certains fourrages pauvres en sucres solubles et riches en
azote (crucifères, luzerne).
o Avantages :
Privilégiée dans les climats humides ou incertains.
Permet un débit élevé lors de la récolte.
2. Conservation alternative des plantes humides
Certaines plantes peuvent être conservées à l’abri de l’air sans être ensilées :
o Betteraves, carottes, navets fourragers : stockage en silos aérés ou
abrités.
o Topinambour : conservation en terre.
o Choux fourragers : conservés sur pied jusqu’aux gelées.
o Pâturage hivernal possible si le sol et le climat le permettent.
o Ces méthodes sont aujourd’hui peu utilisées à cause du succès de
l’ensilage.
3. Évolution de l’ensilage (1950 - aujourd’hui)
Années 1950 :
o Adoption de matériel spécialisé et développement de l’ensilage.
o Stockage sous hangar, parfois combiné avec du foin ou de la paille, pour
un affouragement en libre-service.
o Limitation : gérer simultanément la consommation de l’ensilage et du foin.
Années 1990 et au-delà :
o Généralisation des ensileuses automotrices puissantes (jusqu’à 600
chevaux).
o Conduite robotisée sur les machines, le chauffeur gérant le remplissage
et la qualité.
o Développement de techniques variées pour la récolte : ramasseurs, tables
de coupe à maïs avec becs rotatifs.
o Silos en extérieur, nécessitant beaucoup d’espace pour le déchargement
et la confection des tas.
4. Techniques modernes de stockage
Utilisation généralisée de bâches plastiques pour les ruminants et de silos
tours pour les porcs.
Innovations :
o Silos tours étanches équipés de systèmes pour évacuer l’oxygène.
o Couvertures naturelles testées (végétaux broyés, ensemencement).
o Feutrage racinaire dense facilitant le retrait de la couche isolante avant
désilage.
1. Différentes méthodes d'ensilage
Préparation du fourrage avant ensilage
Préfanage :
o Permet de réduire le taux d'humidité du fourrage avant ensilage.
o Particulièrement utilisé pour l’herbe, grâce aux mêmes machines que
celles utilisées pour la fanaison.
o Machines modernes équipées de conditionneurs accélérant le séchage.
o Objectif : atteindre environ 35 % de matière sèche pour un ensilage
classique.
o Le préfanage doit être réalisé rapidement (jusqu’à 60 heures après la
coupe).
o Pour des taux de matière sèche proches de 50 %, on obtient du haylage.
Silos-tours
Technique mise au point aux États-Unis pour le maïs et utilisée dès les débuts
de l'ensilage.
Fonctionnement :
o Limite le contact avec l’air grâce à l’épaisseur du fourrage, qui crée
l’anaérobiose.
o Inclut souvent des systèmes de soufflerie et des mécanismes pour le
désilage.
Usage courant pour :
o L’ensilage de grains humides (blé ou maïs) dans les élevages de porcs.
o Comme complément énergétique pour grands élevages de ruminants.
Avantage : Gain de temps, absence de frais de séchage pour les grains.
Récolte des grains : Réalisée avec une moissonneuse-batteuse, les grains
sont broyés sommairement avant stockage en silo-tour.
Ensilage sous emballage étanche
Enrubannage des balles :
o Technique répandue où un film plastique enroule chaque botte.
o Types de balles : rondes ou carrées, de 50 kg à 1 tonne.
o Machines enrubanneuses variées (dont certaines conçues pour des balles
légères, comme les modèles chinois).
Silo-boudin :
o Fourrage introduit dans un tube plastique à l’aide d’une machine
spécialisée.
Méthodes traditionnelles (≤ 40 % de matière sèche)
Silo couloir :
o Méthode la plus courante et adaptable.
o Étapes :
1. Hachage du fourrage en particules de 1 cm.
2. Stockage en couches successives sur une aire bétonnée entre murs.
3. Compactage à l’aide de tracteurs pour expulser l’air interstitiel.
4. Recouvrement par une bâche de polyéthylène lestée pour une
anaérobiose définitive.
Silo-taupinière (ou silo-meule) :
o Variation sans murs pour limiter les coûts.
o Utilisée en Afrique et au Canada, notamment pour la pulpe de betterave.
o Avantage : Économique et adaptable à des besoins variés.
2. Additifs autorisés pour l’ensilage
Objectifs des additifs
Augmenter la vitesse d’acidification.
Améliorer la stabilité et prolonger la durée de conservation.
Types d’additifs
1. Biologiques :
o Bactéries lactiques sélectionnées (ex. Lactobacillus plantarum, L.
buchneri, Enterococcus faecium).
o Souvent accompagnées de sources de sucre soluble pour stimuler la
fermentation lactique.
2. Acides :
o Acide formique et sels acides pour une acidification artificielle rapide.
3. Bactériostatiques :
o Substances (ex. chlorure de sodium) limitant :
Le développement des bactéries indésirables.
Les reprises de fermentation alcoolique lors de l’utilisation du
fourrage.
3. Modes d’utilisation de l’ensilage
Bottes enrubannées
Servies dans des râteliers adaptés ou déroulées mécaniquement à l’auge.
Silos couloirs
Utilisation en libre-service :
o Barrières simples (râteliers ou fils de clôture électrique).
o Économique, mais peu adaptée aux grands troupeaux.
Désilage mécanique fréquent :
o Réalisé avec des tracteurs ou des chariots élévateurs munis d’outils
spécifiques.
Mélangeuses-distributrices
Remorques ou automotrices équipées pour mélanger et distribuer l’ensilage de
manière homogène.
De plus en plus utilisées pour les grands troupeaux.
Silos-tours
Intègrent des systèmes de désilage automatique pour faciliter la distribution.
Résumé des avantages et inconvénients :
Avantages :
o Techniques diversifiées pour s’adapter à différents types de fourrages.
o Possibilité de conservation à long terme avec une perte minimale de
qualité.
o Modernisation (enrubannage, silos-tours) offrant rapidité et efficacité.
Inconvénients :
o Coût élevé pour certains équipements (silos-tours, enrubanneuses).
o Sensibilité aux erreurs de préparation et de stockage (nécessité d’un bon
compactage, bonne gestion des additifs).