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Espaces vectoriels normés et applications linéaires

Le document traite des espaces vectoriels normés et des applications linéaires continues, en définissant des normes et en établissant des propriétés fondamentales. Il présente des théorèmes et des propositions sur la continuité des applications linéaires, la complétude des espaces de Banach, et les relations entre différentes normes. Des exemples illustrent les concepts, notamment les espaces de Hilbert et les implications de la complétude dans des contextes variés.
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Espaces vectoriels normés et applications linéaires

Le document traite des espaces vectoriels normés et des applications linéaires continues, en définissant des normes et en établissant des propriétés fondamentales. Il présente des théorèmes et des propositions sur la continuité des applications linéaires, la complétude des espaces de Banach, et les relations entre différentes normes. Des exemples illustrent les concepts, notamment les espaces de Hilbert et les implications de la complétude dans des contextes variés.
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Leçon 208 : Espaces vectoriels normés, applications linéaires continues. - ∀x ∈ E, ∥f (x)∥F ⩽ |||f |||Lc (E,F ) ∥x∥E .

Exemples. 14. Proposition : ||| · |||Lc (E,F ) définit une norme sur Lc (E, F ). On l’appelle norme
subordonnée. 
Dans tout ce document, E désigne un R ou C espace vectoriel. (L1 (T), ∥·∥1 ) → (c0 (Z, C), ∥·∥∞ )

15. Exemples : F : est une application linéaire de
1. Normes et applications linéaires continues. — f 7→ (cn (f ))n∈Z
norme subordonnée 1.
n n
1.1. Normes. — X X
∀A ∈ Mn (C), |||A|||1 = max |ai,j |, |||A|||∞ = max |ai,j |, et |||A|||2 =
1. Définition (Norme) : une norme sur E est une application N : E → R+ vérifiant : j∈J1,nK i∈J1,nK
i=1 j=1
- ∀x ∈ E, x = 0E ⇔ N (x) = 0 (Séparation) p
t AA).
- ∀x ∈ E, ∀λ ∈ K, N (λx) = |λ|N (x) (Homogénéité) ρ(
- ∀x, y ∈ E, N (x + y) ⩽ N (x) + N (y) (Inégalité triangulaire). 16. Proposition : soient (E, ∥·∥E ), (F, ∥·∥F ) et (G, ∥·∥G ) trois EVN, f ∈ Lc (E, F ) et
On dit que (E, N ) est une espace vectoriel normé (EVN). g ∈ Lc (F, G). Alors, g ◦ f ∈ Lc (E, G) et |||g ◦ f |||Lc (E,G) ⩽ |||g|||Lc (F,G) |||f |||Lc (E,F ) .
p 0
2. Exemples : (R, | · |), (l (N), ∥·∥p ) pour p ∈ [1, +∞], (C ([0, 1], R), ∥·∥∞ ). Pour 1.3. Cas de la dimension finie. —
(E, A, µ) un espace mesuré, et p ∈ [1, +∞], (Lpµ (E), ∥·∥p ). 17. Théorème : soit (E, ∥·∥E ) un R EVN de dimension finie. Alors, toutes les normes
3. Remarque : si (E, N ) est un EVN, alors (x, y) ∈ E 2 7→ N (x − y) ∈ R+ définit une sont équivalentes sur E.
distance sur E. 18. Remarque : cette assertion est fausse en dimension infinie, ou sur Q.
4. Définition (Normes équivalentes) : on dit que deux normes, N1 et N2 , sur E sont 19. Proposition : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux EVN, avec dim(E) < ∞. Alors,
équivalentes s’il existe C1 , C2 > 0 tel que ∀x ∈ E, C1 N1 (x) ⩽ N2 (x) ⩽ C2 N1 (x). toute application linéaire de E dans F est continue.
5. Exemples : pour E = Rd , ∥·∥1 et ∥·∥2 sont équivalentes. Pour E = C 0 ([0, 1], R), ∥·∥1 20. Proposition : soient (E, ∥·∥E ) un EVN, et F un sous-espace vectoriel de E de di-
et ∥·∥∞ ne sont pas équivalentes. mension finie, alors F est fermé dans (E, ∥·∥E ).
6. Remarque : deux normes équivalentes définissent des distances équivalentes, et donc 21. Théorème (Riesz) : soit (E, ∥·∥E ) un R EVN, alors, E est de dimension finie ssi
la même topologie. BE (0, 1) est compacte.
7. Proposition : soit (E, N ) un EVN, alors : ∀x, y, z ∈ E, |N (x − y) − N (y − z)| ⩽ 22. Application : soit V un sous-espace vectoriel fermé de (C 0 ([0, 1], R), ∥·∥∞ ) dont
N (x − z). toutes les fonctions sont lipschitziennes. Alors, V est de dimension finie.
1.2. Applications linéaires continues. — 23. Application 2 : soit f : E → F un opérateur compact entre deux espaces de Banach.
8. Définition (Application linéaire) : soient E et F deux espaces vectoriels, f : E → F Si dim(F ) = +∞, alors f n’est pas surjective.
est dite linéaire si ∀x, y ∈ E, ∀α ∈ K, f (αx + y) = αf (x) + f (y).
9. Proposition : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux EVN, et f : E → F une application 2. Espaces de Banach. —
linéaire. Alors, f est continue sur (E, ∥·∥E ) ssi f est continue en 0E ssi f (BE (0, 1)) 2.1. Premières propriétés. —
est bornée dans(F, ∥·∥F ) ssi ∃M > 0 tel que ∀x ∈ E, ∥f (x)∥F ⩽ M ∥x∥E . 24. Définition (Suite de Cauchy) : soit (E, ∥·∥E ) un EVN. On dit que (xn )n ∈ E N est une
0
(C ([0, 1], R), N ) → (R, | · |) suite de Cauchy si ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N tel que ∀n, p ∈ N, n, p ⩾ n0 ⇒ ∥xn − xp ∥E ⩽ ε.
10. Exemples : φ : est continue pour N = ∥·∥∞ , mais
f 7→ f (0) 25. Proposition : soit (E, ∥·∥E ) un EVN. Alors :
n’est pas continue pour N = ∥·∥1 - Toute suite de Cauchy est bornée.
11. Proposition : une forme linéaire sur (E, ∥·∥E ), un EVN, est continue ssi ker(f ) est - Toute suite convergente est de Cauchy.
fermé dans (E, ∥·∥E ). - Une suite de Cauchy possédant une valeur d’adhérence converge.
12. Notation : on note Lc (E, F ) l’ensemble des applications linéaires continues entre - L’image par une application uniformément continue d’une suite de Cauchy est
deux EVN E et F (quand il n’y a pas de confusion possible sur les normes dont sont une suite de Cauchy.
munis E et F ). 26. Définition (Espace complet) : un EVN (E, ∥·∥E ) est dit complet si toute suite de
13. Proposition : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux EVN, et f ∈ Lc (E, F ), on a : Cauchy de E est convergente. On dit que (E, ∥·∥E ) est un espace de Banach.
∥f (x)∥F 27. Exemple : toute espace de dimension finie est complet.
- sup = sup ∥f (x)∥F = inf {M > 0, ∀x ∈ E, ∥f (x)∥F ⩽ M ∥x∥E } .
x∈E\{0} ∥x∥E ∥x∥E <1 28. Théorème (Riesz-Fischer) : soit (E, A, µ) un espace mesuré et p ∈ [1, +∞], alors
On note cette quantité |||f |||Lc (E,F ) . (Lpµ (E), ∥·∥p ) est complet.
29. Exemple : Q n’est pas complet. 42. Théorème (de l’application ouverte) : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux Banach, et
30. Proposition : tout espace compact est complet. T ∈ Lc (E, F ) surjective. Alors T est ouverte (l’image d’un ouvert de (E, ∥·∥E ) est
31. Proposition : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux EVN. Supposons (F, ∥·∥F ) complet. un ouvert de (F, ∥·∥F )).
Alors, (Lc (E, F ), ||| · |||Lc (E,F ) ) est complet. 43. Application (Théorème d’isomorphisme de Banach) : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F )
32. Proposition : soit (E, ∥·∥E ) un EVN. Alors, (E, ∥·∥E ) est un Banach ssi toute série deux Banach et T ∈ Lc (E, F ), bijective. Alors T −1 ∈ Lc (E, F ).
absolument convergente de E est convergente dans (E, ∥·∥E ). 44. Remarque : la linéarité est immédiate ; c’est le caractère continu qui n’est pas trivial.
33. Théorème (Von-Neumann) : soit (E, ∥·∥E ) un Banach. Alors, ∀T ∈ Lc (E), 45. Exemple : l’application définie à l’exemple 15 n’est pas surjective. 
+∞ (C 0 ([0, 1], R), ∥·∥∞ ) → (C 0 ([0, 1], R), ∥·∥1 )
46. Contre-exemple : θ : est une appli-
X
|||T |||Lc (E) < 1, (IE − T ) ∈ GL(E) et (IE − T ) = −1
T n. f 7→ f
n=0 cation linéaire continue bijective dont la réciproque n’est pas continue.
34. Application : si (E, ∥·∥E ) est un Banach, alors φ : T ∈ GL(E) 7→ T −1 ∈ GL(E) est 47. Application : soit E un espace vectoriel, et ∥·∥, N deux normes sur E. Supposons :
un isomorphisme. ⋆ (E, ∥·∥) et (E, N ) sont complets,
35. Application : soit (E, ∥·∥E ) un espace de Banach. Alors GL(E) est un ouvert de ⋆ il existe C > 0 tel que ∀x ∈ E, N (x) ⩽ C ∥x∥ .
(Lc (E), ||| · |||Lc (E) ). Alors, les normes ∥·∥ et N sont équivalentes sur E.
2.2. Lemme de Baire et conséquences. — 48. Définition (Graphe) : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux EVN, et T : E → F linéaire.
On définit le graphe de T , noté G(T ) comme : G(T ) = {(x, T (x)), x ∈ E} ⊆ E × F .
36. Lemme (de Baire) : soient (E, dE ) un espace \ métrique complet et (On )n∈N une 49. Théorème (du graphe fermé) : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) des Banach, et T : E → F
famille d’ouverts denses de (E, dE ). Alors, On est dense dans (E, dE ). linéaire. Alors, T est continue ssi G(T ) est fermé dans (E × F, ∥·∥E×F ).
 1
(C ([0, 1], R), ∥·∥∞ ) → (C 0 ([0, 1], R), ∥·∥∞ )

n∈N
37. Remarque : le lemme de Baire peut se reformuler ainsi : si (E, dE ) est un espace 50. Contre-exemple : φ : est une appli-
[ f 7→ f′
métrique complet et (Fn )n est une famille de fermés d’intérieur vide. Alors, Fn cation linéaire non continue dont le graphe est fermé.
n∈N
est d’intérieur vide. [
38. Contre-exemples : l’hypothèse de complétude est nécessaire : Q = {x} dans 3. Espaces de Hilbert. —
x∈Q
[ 3.1. Théorème de projection et conséquences. —
(Q, | · |). L’hypothèse de dénombrabilité est nécessaire : R = {x}
x∈R 51. Définition (Espace de Hilbert) : on appelle espace p de Hilbert un espace préhilbertien
39. Application : un espace de Banach de dimension infinie n’admet pas de base al- (H, ⟨·, ·⟩), complet pour la norme ∥·∥ : x ∈ H 7→ ⟨x, x⟩ ∈ R+ associée au produit
gébrique dénombrable. scalaire.
40. Développement 1 52. Exemples : (l2 (N), ∥·∥l2 ), (L2µ (E), ∥·∥L2 ), (Rd , ∥·∥2 )
Théorème (de Banach-Steinhauss) : soient (E, ∥·∥E ) un Banach, (F, ∥·∥F ) un EVN,
 
∂u
et (Ti )i∈I ∈ Lc (E, F )I . Alors, l’alternative suivante a lieu : Pour Ω un ouvert de Rd , H 1 (Ω) = u ∈ L2 (Ω), ∀i ∈ J1, dK, ∈ L2 (Ω) (où les
∂xi
⋆ sup|||Ti |||Lc (E,F ) < ∞. dérivées sont à considérer au sens des distributions), pour le produit scalaire (u, v) ∈
i∈I
H 1 (Ω)2 7→ (u, v)L2 + (∇u, ∇v)L2 . (espace de Sobolev).
⋆ il existe A, dense dans (E, ∥·∥E ) tel que ∀x ∈ A, sup ∥Ti (x)∥F = +∞.
i∈I 53. Théorème (de projection sur un convexe fermé) : soit (H, ⟨·, ·⟩) un espace de Hilbert
Application : soit x un réel. Il existe f ∈ C 0 (R, R) dont la série de Fourier diverge et C un convexe fermé non vide de H. Alors :
en x. ⋆ ∀x ∈ H, ∃!pC (x) ∈ C tel que d(x, C) = ∥x − pC (x)∥.
41. Corollaire : soient (E, ∥·∥E ) un Banach, (F, ∥·∥F ) un EVN, et (Tn )n∈N ∈ Lc (E, F )N ⋆ pc est 1−lipschitzienne.
tels que pour tout x ∈ E, (Tn (x)) converge vers T (x) ∈ F dans (F, ∥·∥F ). Alors : ⋆ soit x ∈ H. Alors, pC (x) est l’unique élément y vérifiant : y ∈ C et ∀z ∈ C,
⋆ sup|||Tn |||Lc (E,F ) < ∞, Re(⟨z − y, x − y⟩) ⩽ 0 (condition de l’angle obtu).
n∈N ⋆ si C est un sous-espace vectoriel fermé de H, alors, la projection pC est linéaire.
⋆ T ∈ Lc (E, F ),
De plus, la condition de l’angle obtu devient : x − y ∈ C ⊥ .
⋆ |||T |||Lc (E,F ) ⩽ lim inf |||Tn |||Lc (E,F ) .
n→+∞ (Annexe)
54. Remarque : le point clef de la preuve de ce théorème est l’identité du parallélo- 67. Définition (Problème de Dirichlet) : étant donnés I = [a, b] un intervalle de R,
gramme. f ∈ C 0 (I), q ∈ C 0 (I, R+ ) et p ∈ C 1 (I, R+
∗ ), le problème de Dirichlet désigne l’équation
55. Remarque : ce théorème reste vrai si l’on suppose que (H, ⟨·, ·⟩) est un espace différentielle suivante :
préhilbertien et C un convexe fermé non vide complet de H. −(pu′ )′ + qu = f sur (a, b)

56. Application (Théorème du supplémentaire orthogonal) : soit (H, ⟨·, ·⟩) un espace de (∗)
u(a) = u(b) = 0

Hilbert et F un sous-espace vectoriel fermé de H. Alors, H = F ⊕ F ⊥ . 68. Définition (Solution forte) : on appelle solution forte du problème de Dirichlet toute
57. Théorème (Critère de densité) : soit (H, ⟨·, ·⟩) un espace de Hilbert et F un sous- fonction u ∈ C 2 (I) vérifiant (∗).
espace vectoriel de H. Alors, F = H ssi F ⊥ = {0}. 69. Définition (Solution faible) : on appelle solution faible du problème de Dirichlet
58. Application (Polynômes orthogonaux) : soit I un Zintervalle de R, et ρ : I → R+ ∗, toute fonction u ∈ H01 (a, b) vérifiant pour tout v ∈ H01 (a, b),
continue. On suppose qu’il existe α > 0 tel que ρ(x)eα|x| dx < +∞. Alors, la a(u, v) = l(v),
I Z b Z b Z b
famille de polynômes orthogonaux associés à ρ engendre un sous-espace vectoriel
où a(u, v) := p(x)u′ (x)v ′ (x)dx + q(x)u(x)v(x)dx et l(v) := f (x)v(x)dx.
dense dans (L2 (I, ρ), ∥·∥L2 (I,ρ) ) (une base hilbertienne). a a a
59. Théorème (de Riesz) : soit (H, ⟨·, ·⟩) un espace de Hilbert, et f ∈ H ′ . Alors, il existe 70. Théorème : u est solution forte du problème de Dirichlet ssi u est solution faible du
un unique x ∈ H problème de Dirichlet.
 tel que f = ⟨·, x⟩. De plus, ∥f ∥H ′ = ∥x∥
 H.
H → H ′ 71. Théorème (Well-posedness) : le problème de Dirichlet admet une unique solution.
72. Remarque : on peut démontrer que le problème de Dirichlet admet une unique
 
60. Remarque : φ  H → K  est un isomorphisme anti-
x 7→ fx : solution faible avec pour régularité f ∈ L2 (a, b).
y 7→ fx (y) = ⟨x, y⟩
linéaire isométrique. 73. Remarque : on peut retrouver l’existence de solution (forte) au problème de Dirichlet
61. Application : soit (H, ⟨·, ·⟩) un espace de Hilbert. Alors, ∀T ∈ Lc (H), ∃!T ∗ ∈ Lc (H) via la méthode de tir, et l’unicité par le principe du maximum.
tel que ∀x, y ∈ H, ⟨T (x), y⟩ = ⟨x, T ∗ (y)⟩. T ∗ est appelé l’adjoint de T .
3.2. Théorème de Lax-Milgram et application à une EDP. — Références
62. Définition (coercivité) : une forme bilinéaire a sur un EVN (E, ∥·∥E ) est dite coercive Analyse fonctionnelle, H. Brézis.
2
(ou coercitive) s’il existe α > 0 tel que pour tout x ∈ E, a(x, x) ⩾ α ∥x∥E . Les maths en tête, Analyse, X. Gourdon.
62. Développement 2 Objectif Agrégation, Beck, Malick, Peyré.
Théorème (Lax-Milgram) : soit (H, ⟨·, ·⟩) un espace de Hilbert, a un forme bilinéaire Analyse pour l’agrégation, Queffelec, Zuily.
continue et coercive sur H, et l une forme linéaire continue sur H. Alors, il existe
un unique u ∈ H tel que pour tout v ∈ H, a(u, v) = l(v).
Si de plus, a est supposée symétrique, alors u correpond à l’unique minimum de la Annexe :
1
fonctionnelle J : v ∈ H 7→ a(v, v) − l(v).
2
63. Proposition : l’espace (H 1 (a, b), ∥·∥H 1 (a,b) ) s’injecte de manière continue dans
(C 0 ([a, b], R), ∥·∥∞ ).
∥·∥H 1 (a,b)
64. Définition (H01 (a, b)) : on définit H01 (a, 
b) = D(a, b) . C’est donc un sous-
1
espace vectoriel fermé, donc complet de H (a, b), ∥·∥H 1 (a,b) .
65. Proposition : en identifiant les fonctions à leur représentant continu, on a :

H01 (a, b) = u ∈ H 1 (a, b), u(a) = u(b) = 0 .




August 29, 2023


66. Proposition (Inégalité de Poincaré) : il existe C > 0 tel que pour tout u ∈ H01 (a, b),
Théo Gherdaoui, ENS Rennes
∥u∥L2 (a,b) ⩽ C ∥u′ ∥L2 (a,b) .
ENS Rennes 1 THÉORÈME DE BANACH-STEINHAUS ET APPLICATIONS :

Développements et commentaires :
Voici un document regroupant les démonstrations des développements, ainsi que des commentaires,
applications, exemples, contre-exemples et exercices.

1 Théorème de Banach-Steinhaus et applications :


Recasages possibles (avec Fourier) : 205-208-246.
Référence : GOURDON, Analyse .

1.1 Théorème de Banach-Steinhaus


Theorème 1
Soient (E, ∥·∥E ) un Banach, (F, ∥·∥F ) un EVN, et (Ti )i∈I ∈ Lc (E, F )I une famille d’opérateurs
linéaires continus. Alors, l’alternative suivante a lieu :
- soit sup|||Ti |||Lc (E,F ) < ∞
i∈I
- soit il existe un Gδ dense dans (E, ∥·∥E ), A, vérifiant : ∀x ∈ A,

sup ∥Ti (x)∥F = +∞.


i∈I

Remarque. On appelle Gδ une intersection dénombrable d’ouverts.



Démonstration : On note, pour i ∈ I et n ∈ N, Xn,i = x ∈ E, ∥Ti (x)∥F > n . Par continuité des
[
Ti et de la norme, Xn,i est un ouvert de (E, ∥·∥E ). On note pour n ∈ N, Xn = Xn,i . C’est une
i∈I
suite d’ouverts. Deux situations se présentent :

Première situation : pour tout n ∈ N, Xn est dense dans (E, ∥·∥E ). Alors, le lemme de Baire
\
appliqué dans l’espace (E, ∥·∥E ) complet assure que A := Xn est un Gδ dense dans (E, ∥·∥E ).
n∈N
De plus ∀x ∈ A, on a :

∀n ∈ N, ∃in ∈ I tel que x ∈ Xn,in i.e. ∥Tin (x)∥F > n.

On a donc
sup ∥Ti (x)∥F = +∞.
i∈I

Deuxième situation : il existe un entier n0 tel que Xn0 n’est pas dense dans (E, ∥·∥E ). Alors,
\

il existe r > 0 et x ∈ E tel que Xn0 ∩ BE ◦
(x, r) = ∅, donc BE (x, r) ⊂ Xnc 0 = Xnc 0 ,i . Ainsi,
i∈I

remarquons que pour z ∈ BE (0, 1), pour i ∈ I,

Ti (x + rz) − Ti (x)
∥Ti (z)∥F = .
r F

◦ ◦
Puisque x + rz et x sont des éléments de BE (x, r), l’inclusion précédente donne pour z ∈ BE (0, 1),
pour i ∈ I,
2n0
∥Ti (z)∥F ⩽ .
r
Ainsi,
2n0
sup|||Ti |||Lc (E,F ) ⩽ < ∞.
i∈I r

Exemple de leçons - 208 1 Théo Gherdaoui


ENS Rennes 1 THÉORÈME DE BANACH-STEINHAUS ET APPLICATIONS :

1.2 Une première application aux séries de Fourier


On rappelle que pour N ∈ N, on définit le noyau de Dirichlet par : ∀t ∈ R,
sin((N + 21 )t)
N
(
X
ikt sin( 2t )
si t ̸≡ 0[2π]
DN (t) = e = .
k=−N 2N + 1 sinon

Pour f ∈ L1 (T), on définit les coefficients de Fourier de f par :


Z 2π
1
∀n ∈ Z, cn (f ) = f (t)e−int dt = (f, ein· )L2 .
2π 0
Enfin, la série de Fourier de f est la série de fonctions admettant pour sommes partielles (SN (f ))N ∈N ,
XN
où : ∀N ∈ N, SN (f ) = DN ∗ f = ck (f )eik· .
k=−N

Proposition 1
Soit x ∈ R. Il existe une fonction f ∈ C 0 (T) dont la série de Fourier diverge en x.

Démonstration : Pour x ∈ R, et N ∈ N, on définit :


 
(C 0 (T), ∥·∥∞ ) → (R, | · |)
ΛN,x : .
f 7 → SN (f )(x).

C’est un opérateur linéaire (clair), continu, en effet :


Z 2π
1
∀f ∈ C 0 (T), |ΛN,x (f )| = |DN ∗ f (x)| ⩽ |DN (t)f (x − t)|dt ⩽ ∥DN ∥L1 ∥f ∥∞ .
2π 0

De plus, on obtient l’estimation : |||ΛN,x |||Lc (C 0 (T),R) ⩽ ∥DN ∥L1 . Montrons que c’est une égalité :
DN (x − t)
on considère ε > 0 et fε : t ∈ R 7→ . On remarque immédiatement que fε ∈ C 0 (T),
|DN (x − t)| + ε
et ∥fε ∥∞ ⩽ 1. De plus,

|DN (t)|2
Z
1
|ΛN,x (fε )| = dt ⩽ |||ΛN,x |||Lc (C 0 (T),R) ∥fε ∥∞ ⩽ |||ΛN,x |||Lc (C 0 (T),R) .
2π 0
|DN (t)| + ε
On applique le théorème de convergence dominée : on remarque que l’intégrande converge vers |DN |
lorsque ε tend vers 0. La domination est fournie par la fonction |DN |, intégrable et indépendante
de ε. On conclut donc à l’égalité : |||ΛN,x |||Lc (C 0 (T),R) = ∥DN ∥L1 .

Observons maintenant que ∥DN ∥L1 −→ +∞. En effet, par parité, on a :


N →+∞

π π
sin((N + 12 )t) sin((N + 12 )t)
Z Z
1 2
∥DN ∥L1 = dt ⩾ dt,
π 0
sin(t/2) π 0
t
Z Nπ N −1 Z (k+1)π
2 | sin(u)| 2 X | sin(u)|
∥DN ∥L1 ⩾ du = du.
π 0
u π kπ
u
k=0
N −1 π N −1
Rπ N
2 XZ sin(v) 2 X sin(v)dv 4 X1 4
0
∥DN ∥L1 ⩾ dv ⩾ = ∼ ln(N ).
v=u−kπ π 0
v + kπ π (k + 1)π π2 k N →+∞ π2
k=0 k=0 k=1
On applique ainsi le théorème de Banach-Steinhaus à la suite d’opérateurs linéaires continus
(ΛN,x )N ∈N , définie sur l’espace de Banach (C 0 (T), ∥·∥∞ ). Puisque
sup |||ΛN,x |||C 0 (T)′ = sup ∥DN ∥L1 = +∞,
N ∈N N ∈N

on déduit l’existence d’un Gδ , A(x), dense dans (C 0 (T), ∥·∥∞ ) tel que : pour tout f ∈ A(x),
sup |ΛN,x (f )| = sup |SN (f )(x)| = +∞.
N ∈N N ∈N

Ceci montre en particulier l’existence d’une fonction continue dont la série de Fourier diverge en x.

Exemple de leçons - 208 2 Théo Gherdaoui


ENS Rennes 1 THÉORÈME DE BANACH-STEINHAUS ET APPLICATIONS :

Remarque. On a en fait démontré beaucoup mieux que ça ! Avec les notations introduites dans la
preuve, puisque R est sépérable, \
on considère (xn )n∈N une suite dénombrable
\ dense (par exemple
n
les rationnels). On note A = A(xn ). En écrivant A(xn ) = Ok avec Okn , un ouvert de
n∈N k∈N
\ \
(C 0 (T), ∥·∥∞ ) (puisque c’est un Gδ , c’est possible), on obtient A = Okn . Comme N2 est
n∈N k∈N
dénombrable, le lemme de Baire affirme que A est dense dans (C 0 (T), ∥·∥∞ ). On a donc contruit
un monstre mathématique : un ensemble dense dans (C 0 (T), ∥·∥∞ ), dont les éléments sont des
fonctions continues ayant leur série de Fourier qui diverge sur une partie dense de R ! Ce résultat
est néanmoins à relativiser : exhiber un exemple de fonction dont la série de Fourier diverge en
un point n’est pas du tout facile (voir Hauchecorne). De plus, il est à mettre en parallèle avec
le résultat de Carleson : le série de Fourier d’une fonction Lp converge (ponctuellement) presque
partout (pour p ∈ ]1, +∞[).

1.3 Une application similaire en analyse numérique


On introduit, pour une fonction f définie sur un intervalle [a, b] de R, la famille de polynômes
de Lagrange associée à f , (Πn (f ))n∈N∗ , où, à n ∈ N∗ fixé, Πn (f ) désigne le polynôme interpolateur
de Lagrange de f associé à la subdivision régulière de [a, b] comportant n + 1 points, i.e.
n n
X Y x − xnj
∀x ∈ R, Πn (f )(x) = f (xnk ) ,
xn − xnj
j=0, k
k=0
j̸=k
| {z }
:=Ln
k
(x)

b−a b−a
et xni = a + i, et h = est le pas de la subdivision.
n n
Theorème 2
[a,b]
Il existe f ∈ C 0 ([a, b], R) telle que ∥Πn (f ) − f ∥∞ diverge quand n tend vers +∞.

Démonstration : Pour n ∈ N∗ , on introduit :


 
(C 0 ([a, b], R), ∥·∥[a,b]
∞ ) → (C 0 ([a, b], R), ∥·∥[a,b]
∞ ) .
φn :
f 7→ Πn (f )

Cet opérateur est bien défini (tout polynôme est continu), et est linéaire (clair). Montrons en la
continuité et estimons sa norme d’opérateur :
n n
!
X X
0
∀f ∈ C ([a, b], R), ∀x ∈ [a, b], |φn (f )(x)| ⩽ ∥f ∥[a,b]
∞ |Ln
k (x)| ⩽ sup |Ln
k (x)| ∥f ∥[a,b]
∞ .
x∈[a,b]
k=0 k=0

Ainsi, φn est continue, et


n
!
X
|||φn |||Lc (C 0 ([a,b])) ⩽ sup |Ln
k (x)| .
x∈[a,b]
k=0

n
! n
X X
Montrons l’égalité : on considère x0 ∈ [a, b] tel que sup |Ln
k (x)| = |Ln
k (x0 )|. Soit
x∈[a,b]
k=0 k=0
f0 ∈ C 0 ([a, b]) telle que ∥f0 ∥[a,b]
∞ = 1 et pour tout k ∈ J0, nK, f0 (xn n
k ) = sign(Lk (x0 )) (c’est possible,
affine par morceaux par exemple). Alors :
n n n
!
X X X
φn (f0 )(x0 ) = Πn (f0 )(x0 ) = f0 (xn n
k )Lk (x0 ) = |Ln
k (x0 )| = sup |Ln
k (x)| .
x∈[a,b]
k=0 k=0 k=0

Par conséquent,
n
!
X
sup |Ln
k (x)| = φn (f )(x0 ) ⩽ ∥φn (f0 )∥[a,b]
∞ ⩽ |||φn |||Lc (C 0 ([a,b])) ∥f0 ∥[a,b]
∞ = |||φn |||Lc (C 0 ([a,b])) .
x∈[a,b]
k=0

Exemple de leçons - 208 3 Théo Gherdaoui


ENS Rennes 1 THÉORÈME DE BANACH-STEINHAUS ET APPLICATIONS :

Ceci conclut.
n
!
X
Montrons maintenant que sup |Ln
k (x)| −→ +∞. On a, pour k ∈ J0, nK,
x∈[a,b] n→+∞
k=0

n n n
j − 12
h
Q

h
 Y a+ − a − jh Y j − 12 j=2 (n − 1)!
Ln
k a+ = 2
= = ⩾ .
2 a + kh − a − jh k−j 4|k − 1/2|k!(n − k)! 4nk!(n − k)!
j=0, j=0,
j̸=k j̸=k

Ainsi,
n n  
h 1 X n 2n
X  
Ln
k a+ ⩾ = .
2 4n2 k 4n2
k=0 k=0
n
!
n
X 2
Enfin, sup |Ln
k (x)| ⩾ conclut.
x∈[a,b] 4n2
k=0

On peut alors appliquer le théorème de Banach-Steinhaus à la suite d’opérateurs linéaires conti-


nus (φn )n⩾1 dans l’espace de Banach (C 0 ([a, b], R), ∥·∥[a,b]
∞ ). On obtient l’existence d’une fonction
continue sur [a, b], f , (en fait, d’un Gδ dense dans (C 0 ([a, b], R), ∥·∥[a,b]
∞ )), pour laquelle :

sup ∥φn (f )∥[a,b]


∞ = sup ∥Πn (f )∥[a,b]
∞ = +∞.
n∈N∗ n∈N∗

(Voir phénomène de Runge).

1.4 Un corollaire immédiat


Proposition 2
Soient (E, ∥·∥E ) un Banach, (F, ∥·∥F ) un EVN, et (Tn )n∈N ∈ Lc (E, F )N une suite d’opérateurs
linéaires continus vérifiant : pour tout x ∈ E, (Tn (x))n∈N converge dans (F, ∥·∥F ) vers T (x).
Alors :
- sup |||Tn |||Lc (E,F ) < ∞.
n∈N
- T ∈ Lc (E, F ).
- |||T |||Lc (E,F ) ⩽ lim inf |||Tn |||Lc (E,F ) .
n→+∞

Démonstration : Remarquons que (E, ∥·∥E ) est un Banach, et on a : ∀x ∈ E, sup ∥Tn (x)∥F < ∞,
n∈N
car la suite (Tn (x))n est convergente dans (F, ∥·∥F ), donc bornée. Ainsi, le théorème de Banach-
Steinhaus assure que M := sup |||Tn |||Lc (E,F ) < ∞, ce qui donne le premier point. La linéarité est
n∈N
évidente (par linéarité de la limite). Pour la continuité, remarquons que :
∀x ∈ E, ∀n ∈ N, ∥Tn (x)∥F ⩽ |||Tn |||Lc (E,F ) ∥x∥E ⩽ M ∥x∥E .
En passant à la limite en n à gauche, on obtient T ∈ Lc (E, F ). Pour le dernier point, on a :

∀x ∈ E, ∥T (x)∥F = lim ∥Tn (x)∥F = lim inf ∥Tn (x)∥F ⩽ lim inf |||Tn |||Lc (E,F ) ∥x∥E .
n→+∞ n→+∞ n→+∞

1.5 Quelques applications aux notions faibles/fortes


Rappel. On rappelle que si (E, ∥·∥E ) est un EVN, alors l’application
(E ′′ , ∥·∥E ′′ )
 
(E, ∥·∥E ) →  ′ 
J : (E , ∥·∥E ′ ) → (K, | · |) .
x 7→ J(x) :
f 7→ J(x)(f ) = f (x)
est une application linéaire continue isométrique (donc injective). On dit que E est réflexif si elle
est bijective.

Exemple de leçons - 208 4 Théo Gherdaoui


ENS Rennes 1 THÉORÈME DE BANACH-STEINHAUS ET APPLICATIONS :

Proposition 3
Soit (E, ∥·∥E ) un EVN. Une partie B ⊆ E est bornée ssi elle est faiblement bornée (i.e. pour
tout f ∈ E ′ , f (B) est bornée dans K).

Démonstration : Si B est bornée, alors ∀f ∈ E ′ , on a : ∀x ∈ B, |f (x)| ⩽ ∥f ∥E ′ ∥x∥E ⩽ ∥f ∥E ′ sup ∥x∥E .


x∈B
Réciproquement, on a :

∀f ∈ E , sup|f (x)| = sup|J(x)(f )| < ∞.
x∈B x∈B

On applique le théorème de Banach-Steinhaus à la famille d’opérateurs linéaires continus (J(x))x∈B ∈


E ′′ = Lc (E ′ , K) (E ′ est complet puisque K l’est). On obtient alors :

sup ∥J(x)∥E ′′ = sup ∥x∥E < ∞.


x∈B J isométrie x∈B

Ceci montre que B est borné dans (E, ∥·∥E ).

L’identifiation isométrique avec le bidual permet de se passer de l’hypothèse de complétude.

1.5.1 Une application à la continuité


Définition 1
Soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux EVN, et T ∈ L(E, F ) une application linéaire, alors, T est
dite faiblement continue si pour tout f ∈ F ′ , f ◦ T ∈ E ′ .

Proposition 4
Soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux EVN, et T ∈ L(E, F ) une application linéaire, alors, T est
continue ssi T est faiblement continue.

Démonstration : On a les équivalences suivantes :


T est continue sur (E, ∥·∥E ) ⇔ T (BE (0, 1)) est bornée dans (F, ∥·∥F )
⇔ T (BE (0, 1)) est faiblement bornée dans (F, ∥·∥F )
⇔ ∀f ∈ F ′ , f ◦ T (BE (0, 1)) est bornée dans (K, | · |)
⇔ ∀f ∈ F ′ , f ◦ T est continue sur (E, ∥·∥E )
⇔ T est faiblement continue sur (E, ∥·∥E ).

1.5.2 Une application à l’holomorphie


Définition 2
Soit Ω un ouvert de C, (E, ∥·∥E ) un Banach et f : Ω → E. On dit que f est holomorphe sur
f (z) − f (z0 )
Ω si pour tout z0 ∈ Ω, z 7→ définie sur un voisinage ouvert épointé de z0 , admet
z − z0
une limite quand z tend vers z0 .

Remarque. Tout fonctionne exactement de la même manière que pour les fonctions à valeurs dans
C. On travaille avec des fonctions à valeurs dans un espace de Banach afin de donner un sens à
l’intégrale d’une fonction (limite des sommes de Riemann). Afin de se ramener à des fonctions à
valeurs dans C, on introduit la notion de fonction faiblement holomorphe :
Définition 3
Soit Ω un ouvert de C, (E, ∥·∥E ) un Banach et f : Ω → E. On dit que f est faiblement
holomorphe sur Ω si pour tout φ ∈ E ′ , φ ◦ f : Ω → C est holomorphe (au sens classique) sur Ω.

Proposition 5
Soit Ω un ouvert de C, (E, ∥·∥E ) un Banach et f : Ω → E. Alors, f est holomophe sur Ω ssi f
est faiblement holomorphe sur Ω.

Exemple de leçons - 208 5 Théo Gherdaoui


ENS Rennes 1 THÉORÈME DE BANACH-STEINHAUS ET APPLICATIONS :

Démonstration : Supposons que f est holomorphe sur Ω. Soit z0 ∈ Ω, et Vz0 un voisinage ouvert de
z0 dans Ω. Soit φ ∈ E ′ . Alors,
 
φ ◦ f (z) − φ ◦ f (z0 ) f (z) − f (z0 )
∀z ∈ Vz×0 , =φ −→ φ(f ′ (z0 )).
z − z0 z − z0 z→z0

Ceci montre la faible holomorphie de f sur Ω.

Réciproquement, on sait que f est faiblement holomorphe sur Ω. Ainsi, pour tout disque D ⊆ Ω,
∀a ∈ D, ∀φ ∈ E ′ , Z
1 φ ◦ f (ξ)
φ ◦ f (a) = dξ.
2iπ ∂D ξ − a
La linéarité, la continuité et la définition de l’intégrale par les sommes de Riemann donne :
 Z 
1 f (ξ)
∀φ ∈ E ′ , φ f (a) − dξ = 0.
2iπ ∂D
ξ−a

La séparation du dual (corollaire du théorème de Hahn-Banach) fournit donc : pour tout disque
D ⊆ Ω, ∀a ∈ D, Z
1 f (ξ)
f (a) = dξ.
2iπ ∂D ξ − a
Ainsi, f vérifie la formule de Cauchy. Il suffit de démontrer qu’elle est continue afin de conclure
à l’holomorphie de f sur Ω. C’est là qu’on utilise le corollaire
 de Banach-Steinhaus. Soit  z0 ∈ Ω,
φ ◦ f (z) − φ ◦ f (z 0 )
pour tout φ ∈ E ′ , φ ◦ f est holomorphe en z0 , ainsi, , z ∈ Vz×0 = φ(Az0 )
z − z0
 
f (z) − f (z0 )
est bornée, avec Az0 = , z ∈ Vz×0 ⊆ K. Ainsi, Az0 ⊆ C est faiblement bornée, donc
z − z0
bornée. Ainsi, ∃Mz0 > 0 tel que

∀z ∈ Vz×0 , |f (z) − f (z0 )| ⩽ Mz0 |z − z0 |.

Par suite, f est continue en z0 . Ceci conclut.

Ce théorème à des applications en analyse fonctionnelle.

1.5.3 Cas des parties de E ′


Proposition 6
Soit (E, ∥·∥E ) un espace de Banach et B ⊆ E ′ . Alors, B est bornée dans (E ′ , ∥·∥E ′ ) ssi ∀x ∈ E,
B(x) := {f (x), f ∈ B} est bornée dans K.

Démonstration : Pour le sens direct, on a : ∀x ∈ E, ∀f ∈ B, |f (x)| ⩽ sup ∥f ∥E ′ ∥x∥E < ∞. Ré-


f ∈B
ciproquement, on applique le théorème de Banach-Steinhaus à la famille d’opérateurs linéaires
continus (f )f ∈B , défini sur l’espace de Banach (E, ||·∥E ). Puisque par hypothèse, pour tout x ∈ E,
sup|f (x)| < ∞ on obtient : sup ∥f ∥E ′ < ∞, i.e. B est bornée dans E ′ .
f ∈B f ∈B

1.6 Un de mes exercices d’oraux d’agrégation


Voici un des deux exercices que l’on m’a posé au vrai oral de l’épreuve d’analyse de l’agrégation
sur la leçon 208.
Exercice. Soit V un sous-espace vectoriel fermé de (C 0 ([0, 1], R), ∥·∥∞ ) dont les fonctions sont
lipschitziennes. Montrer que V est de dimension finie.
Démonstration : On applique le théorème de compacité de Riesz ; il suffit de montrer que BV (0, 1) est
relativement compacte dans (C 0 ([0, 1], R), ∥·∥∞ ). On applique le théorème d’Ascoli. La partie [0, 1]
est bien compacte. Afin de montrer l’uniforme équicontinuité, il faut une borne uniforme sur les
constantes de lipschitziannité des fonctions ; pour cela, on utilise le théorème de Banach-Steinhaus.
On peut supposer que les constantes de lipchitziannité sont optimales, dans le sens où celle associée

Exemple de leçons - 208 6 Théo Gherdaoui


ENS Rennes 1 THÉORÈME DE BANACH-STEINHAUS ET APPLICATIONS :

f (x) − f (y)
à f est Lf := sup . Montrons que sup Lf < ∞.
x,y∈[0,1], x−y f ∈V, ∥f ∥∞ ⩽1
x̸=y
f (x) − f (y)
Soit (x, y) ∈ [0, 1]2 , tels que x ̸= y. On considère φx,y : f ∈ (V, ∥·∥∞ ) 7→ ∈ R.
x−y
2 ∥f ∥∞
C’est une application linéaire, continue, en effet : ∀f ∈ V, |φx,y (f )| ⩽ . On remarque de
|x − y|
0
plus, que, V est un sous-espace vectoriel fermé de C ([0, 1], R), donc (V, ∥·∥∞ ) est un Banach. On
applique alors le théorème de Banach-Steinhaus à (φx,y )x,y∈[0,1], . Par lipschitziannité, ∀f ∈ V ,
x̸=y

sup |φx,y (f )| = Lf < ∞.


x,y∈[0,1],
x̸=y

On obtient alors, par définition de la norme d’opérateur


 
sup |||φx,y |||Lc (V,R) = sup sup |φx,y (f )| < ∞.
x,y∈[0,1], x,y∈[0,1], f ∈V,∥f ∥∞ ⩽1
x̸=y x̸=y

Ceci montre que M := sup Lf < ∞.


f ∈V,∥f ∥∞ ⩽1

Uniforme équicontinuité : soit ε > 0, ∀f ∈ V , ∥f ∥∞ ⩽ 1, ∀(x, y) ∈ [0, 1]2 , |x − y| ⩽ δ := ε


M
,
|f (x) − f (y)| ⩽ Lf |x − y| ⩽ M δ = ε.


Compacité ponctuelle : il faut montrer que ∀x ∈ [0, 1], A(x) := f (x), f ∈ V, ∥f ∥∞ ⩽ 1 est
relativement compacte dans R, i.e. bornée. C’est immédiat (A(x) ⊆ [−1, 1]). Le théorème d’Ascoli
s’applique et conclut.

Remarque. Un exercice similaire est le suivant : soit V un sous-espace vectoriel fermé de l’espace
(C 0 ([0, 1], R), ∥·∥∞ ) dont les fonctions sont dérivables. Montrer que V est de dimension finie.

1.7 Une application aux séries


Proposition 7

Soit p ∈]1, +∞[, et x une suite quelconque. On suppose que pour tout y ∈ lp (N), la suite
(xn yn ) converge, où p′ désigne l’exposant conjugué de p. Montrer que x ∈ lp (N).

Démonstration : On définit pour tout N ∈ N,


 p′ 
l (N) → R
N
TN =  .
 X 
y 7→ xk yk
k=0

C’est une application linéaire continue. En effet, pour tout y ∈ lp (N), on a :
N
! p1
X p
|TN (y)| ≤ |xk | ∥y∥lp′ .
k=0

De plus, on obtient l’estimation :


N
! p1
X p
|||TN |||lp′ (N)′ ≤ |xk | .
k=0

Afin de montrer l’égalité, on définit la suite y par : pour tout k ∈ J0, N K, yk = sgn(xk )xp−1
k et

yk = 0 sinon. Il s’agit d’une suite à support fini donc dans lp (N) et on a :
N
! 1′ N
! 1′
p p
X ′ X
∥y∥lp′ (N) = |xk |(p−1)p = |xk |p ,
k=0 k=0

Exemple de leçons - 208 7 Théo Gherdaoui


ENS Rennes 2 THÉORÈME DE LAX-MILGRAM :

1 1
en vertu de la relation p
+ p′
= 1. Enfin,

N N
!1− 1′
X X p

Tn (y) = |Tn (y)| = |xk |p = ∥y∥lp′ (N) |xk |p .


k=0 k=0

Ainsi,
N
! p1
X p
|||TN |||lp′ (N)′ = |xk | .
k=0

L’espace (lp (N), ∥·∥lp′ (N) ) est complet, et (TN )N est une suite d’opérateurs linéaires continus. On

peut appliquer le théorème de Banach-Steinhaus, puisque, par hypothèse, pour tout y ∈ lp (N),
sup |TN (y)| est fini. Alors,
N ∈N

+∞
! p1
X p
sup |||TN |||lp′ (N) = |xk | < +∞.
N ∈N
k=0

Ainsi, x ∈ lp (N).

1.8 Un contre-exemple sans complétude


On considère l’ensemble (c0 (N, R),∥·∥∞ ) des suites nulles à partird’un certain rang. Il n’est pas
(c0 (N, R), ∥·∥∞ ) → (R, | · |)
n
complet. On définit pour n ∈ N, Ln :  . C’est un opérateur linéaire.
 X 
(un )n∈N 7→ uk 
k=0
De plus, ∀u ∈ c0 (N, R), |Ln (u)| ⩽ (n + 1) ∥u∥∞ . Ainsi, Ln ∈ c0 (N, R)′ et |||Ln |||c0 (N,R)′ ⩽ n + 1. La
suite (1, · · · , 1, 0, · · · , 0, · · · ) ∈ c0 (N, R) fournit un cas d’égalité. Ainsi,
| {z }
n+1 fois

sup |||Ln |||c0 (N,R)′ = +∞.


n∈N

Néanmoins, ∀u ∈ c0 (N, R), (Ln (u))n∈N est stationnaire, donc convergente, donc bornée dans R et
le théorème de Banach-Steinhaus est mis en défaut.

2 Théorème de Lax-Milgram :
Recasages possibles : 201-205-213-222-234.
Référence : H. Brézis, Analyse fonctionnelle .

Theorème 3
Soient (H, (·|·)H ) un espace de Hilbert, a une forme bilinéaire continue et coercive sur H, l une
forme linéaire continue sur H. Alors il existe un unique u ∈ H, tel que ∀v ∈ H, a(u, v) = l(v).
1
Si de plus a est symétrique, alors u est l’unique minimim de J : v ∈ H 7→ a(v, v) − l(v) ∈ R.
2

Démonstration : Première étape : on montre qu’il existe A ∈ Lc (H) tel que ∀u, v ∈ H, a(u, v) =
(A(u)|v)H .
Remarquons que pour tout u ∈ H, v ∈ H 7→ a(u, v) ∈ K est une forme linéaire continue sur H. Par
suite, le théorème de représentation de Riesz assure l’existence d’un unique vecteur A(u) ∈ H tel
que ∀v ∈ H, a(u, v) = (A(u)|v)H . Montrons que A est un opérateur linéaire. En effet, ∀u, u′ ∈ H,
∀λ ∈ K, ∀v ∈ H, on obtient par bilinéarité du produit scalaire et de a,

(A(λu + u′ )|v)H = a(λu + u′ , v) = λa(u, v) + a(u′ , v) = (λA(u) + A(u′ )|v)H ,

A(λu + u′ ) − λA(u) − A(u′ )|v



H
= 0.

Exemple de leçons - 208 8 Théo Gherdaoui


ENS Rennes 2 THÉORÈME DE LAX-MILGRAM :

Ceci conclut, puisque H ⊥ = {0}. Montrons la continuité : remarquons que ∀u ∈ H,

∥A(u)∥2H = (A(u)|A(u))H = a(u, A(u)) ⩽ M ∥u∥H ∥A(u)∥H .

Ainsi, A ∈ Lc (H).

Deuxième étape : montrons que A est un isomorphisme sur H. Montrons que A est injectif : soit
x ∈ ker(A), on a, par coercivité de a :

∃α > 0, α ∥x∥2H ⩽ a(x, x) = (A(x)|x)H = 0.

Ainsi x = 0.
Montrons désormais que A est surjectif, on montre que A est d’image dense et fermée. On utilise
le critère de densité des espaces de Hilbert, montrons que Im(A)⊥ = {0} . Soit y ∈ Im(A)⊥ . Alors
pour tout x ∈ H, 0 = (A(x)|y)H = a(x, y). En particulier,

α ∥y∥2H ⩽ a(y, y) = (A(y)|y) = 0.

Ainsi, y = 0. Montrons que l’image est fermée. Remarquons que pour tout x ∈ H,

α ∥x∥2H ⩽ a(x, x) = (A(x)|x)H ⩽ ∥A(x)∥H ∥x∥H .


1
Ainsi, ∀x ∈ H, ∥x∥H ⩽ ∥A(x)∥H . Soit (yn )n∈N ∈ Im(A)N telle que yn −→ y ∈ H dans
α n→+∞
(H, (·|·)H ). Pour tout n ∈ N, ∃xn ∈ H tel que yn = A(xn ). Puisque la suite (yn ) converge dans
(H, (·|·)H ), elle est de Cauchy dans (H, (·|·)H ), c’est donc le cas de la suite (xn )n par l’inégalité
précédente. Par complétude de (H, (·|·)H ), elle converge vers x ∈ H. Par continuité de A et unicité
de la limite, y = A(x), donc y ∈ Im(A).

Troisième étape : on conclut. Le théorème de Riesz assure l’existence de f ∈ H tel que l(v) =
(f |v)H pour tout v ∈ H. Alors, on a :

∀v ∈ H, a(A−1 (f ), v) = (A(A−1 (f ))|v)H = (f |v)H = l(v).

Unicité : soient (u, u′ ) ∈ H 2 deux potentielles solutions. Alors, on a :

∀v ∈ H, a(u − u′ , v) = 0.
2
Alors, α ∥u − u′ ∥H ⩽ a(u − u′ , u − u′ ) = 0. Ceci conclut.

Quatrième étape : caractérisation du cas symétrique. On remarque que pour tout v ∈ H,


1 1 1 α
J(u + v) − J(u) = a(u + v, u + v) − l(u + v) − a(u, u) + l(u) = a(v, v) ⩾ ∥v∥2H .
2 2 2 2
Ainsi u est l’unique point de H qui réalise le minimum de J.

Remarque. Si a est symétrique, alors, elle définit un produit scalaire, dont la norme associée est
équivalente à la norme hilbertienne, et il suffit d’appliquer le théorème de Riesz pour conclure.
Voici une application du théorème de Lax-Milgram à la résolution d’EDP elliptiques via les for-
mulations variationnelles. Il faut absolument bien maitriser les espaces de Sobolev si on choisit un
tel développement.
Proposition 8
Le problème de Sturm-Liouville suivant (avec conditions aux bords de Dirichlet) admet une
unique solution faible u ∈ H01 (0, 1).

−(pu′ )′ + qu = f sur ]0, 1[



,
u(0) = u(1) = 0

avec p ∈ C 1 ([0, 1]), et ∃α > 0 tel que ∀x ∈ [0, 1], p(x) > α, q ∈ C 0 ([0, 1], R+ ) et f ∈ L2 (0, 1). Si,
de plus, f ∈ C 0 ([0, 1]), alors cette unique solution faible u ∈ C 2 ([0, 1]) et est solution forte.

Exemple de leçons - 208 9 Théo Gherdaoui


ENS Rennes 3 QUELQUES EXERCICES :

Démonstration : On introduit la formulation variationnelle associée à l’équation. Pour cela, on la


mulitplie par v et on intégre (en supposant toutes les fonctions régulières et à support compact
dans ]0, 1[). On obtient
Z 1 Z 1 Z 1
a(u, v) = p(x)u′ (x)v ′ (x)dx + q(x)u(x)v(x)dx et l(v) = f (x)v(x)dx.
0 0 0

On travaille dans l’espace de Hilbert (H01 (0, 1), ∥·∥H 1 ). On rappelle que H01 (0, 1) est définie comme
∥·∥ 1
D(0, 1) H . C’est donc un sous-espace vectoriel fermé de H 1 (0, 1). On rappelle qu’en dimension 1
(en domaine borné), les fonctions H 1 s’injecte continuement dans C0 pour la norme infinie - ainsi, en
identifiant un élément de H 1 à un représentant continu, H01 (0, 1) = v ∈ H 1 (0, 1), v(0) = v(1) = 0 .

Il est clair que a est une forme bilinéaire. Pour la continuité, on obtient par Cauchy-Schwarz :
∀u, v ∈ H01 (0, 1), |a(u, v)| ⩽ ∥p∥[0,1]
∞ u′ L2
v′ L2
[0,1]
+ ∥q∥∞ ∥u∥L2 ∥v∥L2 ,

|a(u, v)| ⩽ ∥p∥[0,1] + ∥q∥[0,1]



∞ ∞ ∥u∥H 1 ∥v∥H 1 .
Enfin, la coercivité provient de :
Z 1 Z 1
2
∀v ∈ H01 (0, 1), a(v, v) = p(x)v ′ (x)2 dx + q(x)v(x)2 dx ⩾ α v ′ L2
.
0 0
| {z }
⩾0

On utilise l’inégalité de Poincaré : en domaine borné (dans au moins une direction), il existe C > 0
tel que pour tout u ∈ H01 (0, 1), ∥u∥L2 ⩽ C ∥u′ ∥L2 . Ainsi,
α 1 α 1
   
2
∀v ∈ H01 (0, 1), a(v, v) ⩾ v′ L2
+ ∥v∥2L2 ⩾ min 1, 2 ∥v∥2H 1 .
2 C2 2 C
Enfin, l est une forme linéaire continue sur H01 (0, 1). Elle est clairement linéaire, pour la continuité,
Cauchy-Schwarz fournit : ∀v ∈ H01 (0, 1), |l(v)| ⩽ ∥f ∥L2 ∥v∥L2 ⩽ ∥f ∥L2 ∥v∥H 1 . Le théorème de
Lax-Milgram fournit l’existence d’un unique u ∈ H01 (0, 1) tel que pour tout v ∈ H01 (0, 1), a(u, v) =
l(v). Ainsi, u est solution au sens faible du problème de Sturm-Liouville. Supposons désormais la
continuité de f . Montrons qu’elle l’est au sens fort. On a, pour tout φ ∈ D(0, 1),
a(u, φ) = l(φ) i.e. (pu′ , φ′ )D′ ,D + (qu, φ)D′ ,D = (f, φ)D′ ,D ,
Ainsi ∀φ ∈ D(0, 1),
(−(pu′ )′ + qu − f, φ)D′ ,D = 0.
1
On obtient donc (pu′ )′ = (pu′ ) ∈ H 1 (0, 1)
qu − f ∈ L2 (0, 1), donc pu′ ∈ H 1 (0, 1). Ainsi, u′ =
D ′ (0,1) p
donc u ∈ H 2 (0, 1). D’où, −(pu′ )′ + qu − f ∈ L2 (0, 1) ⊆ L1loc (0, 1). Par injection continue de
L1loc (0, 1) dans D′ (0, 1), on a −(pu′ )′ + qu = f pp sur (0, 1). Si, de plus f est continue, alors,
(pu′ )′ ′= qu − f ∈ C 0 ([0, 1]), donc, u′ ∈ C 1 ([0, 1]), puis u ∈ C 2 ([0, 1]). L’égalité ayant lieu
D (0,1)
presque partout est vraie sur ]0, 1[ par continuité. Enfin, les conditions de bord sont assurées par
l’espace fonctionnel considéré.

3 Quelques exercices :
Exercice. Soit E un espace de Banach et T : E → E une application linéaire continue. On suppose
que pour tout x ∈ E, il existe nx ≥ 1 tel que T nx (x) = 0. Montrer que T est nilpotent.
Exercice. Soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux espaces de Banach et T ∈ L(E, F ) une application
linéaire continue. Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
1. ∃M > 0 tel que pour tout x ∈ E, ∥T (x)∥F ≥ M ∥x∥E .
2. T est une application injective et d’image fermée.
Exercice. Soit (E, ∥·∥) un espace de Banach et F et G deux sev supplémentaires dans E. On note
pF (resp pG ) la projection sur F (resp. sur G) parallèlement à G (resp. à F ). Montrer que pF et
pG sont continues ⇔ F et G sont fermés.

Exemple de leçons - 208 10 Théo Gherdaoui

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