Espaces vectoriels normés et applications linéaires
Espaces vectoriels normés et applications linéaires
Exemples. 14. Proposition : ||| · |||Lc (E,F ) définit une norme sur Lc (E, F ). On l’appelle norme
subordonnée.
Dans tout ce document, E désigne un R ou C espace vectoriel. (L1 (T), ∥·∥1 ) → (c0 (Z, C), ∥·∥∞ )
15. Exemples : F : est une application linéaire de
1. Normes et applications linéaires continues. — f 7→ (cn (f ))n∈Z
norme subordonnée 1.
n n
1.1. Normes. — X X
∀A ∈ Mn (C), |||A|||1 = max |ai,j |, |||A|||∞ = max |ai,j |, et |||A|||2 =
1. Définition (Norme) : une norme sur E est une application N : E → R+ vérifiant : j∈J1,nK i∈J1,nK
i=1 j=1
- ∀x ∈ E, x = 0E ⇔ N (x) = 0 (Séparation) p
t AA).
- ∀x ∈ E, ∀λ ∈ K, N (λx) = |λ|N (x) (Homogénéité) ρ(
- ∀x, y ∈ E, N (x + y) ⩽ N (x) + N (y) (Inégalité triangulaire). 16. Proposition : soient (E, ∥·∥E ), (F, ∥·∥F ) et (G, ∥·∥G ) trois EVN, f ∈ Lc (E, F ) et
On dit que (E, N ) est une espace vectoriel normé (EVN). g ∈ Lc (F, G). Alors, g ◦ f ∈ Lc (E, G) et |||g ◦ f |||Lc (E,G) ⩽ |||g|||Lc (F,G) |||f |||Lc (E,F ) .
p 0
2. Exemples : (R, | · |), (l (N), ∥·∥p ) pour p ∈ [1, +∞], (C ([0, 1], R), ∥·∥∞ ). Pour 1.3. Cas de la dimension finie. —
(E, A, µ) un espace mesuré, et p ∈ [1, +∞], (Lpµ (E), ∥·∥p ). 17. Théorème : soit (E, ∥·∥E ) un R EVN de dimension finie. Alors, toutes les normes
3. Remarque : si (E, N ) est un EVN, alors (x, y) ∈ E 2 7→ N (x − y) ∈ R+ définit une sont équivalentes sur E.
distance sur E. 18. Remarque : cette assertion est fausse en dimension infinie, ou sur Q.
4. Définition (Normes équivalentes) : on dit que deux normes, N1 et N2 , sur E sont 19. Proposition : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux EVN, avec dim(E) < ∞. Alors,
équivalentes s’il existe C1 , C2 > 0 tel que ∀x ∈ E, C1 N1 (x) ⩽ N2 (x) ⩽ C2 N1 (x). toute application linéaire de E dans F est continue.
5. Exemples : pour E = Rd , ∥·∥1 et ∥·∥2 sont équivalentes. Pour E = C 0 ([0, 1], R), ∥·∥1 20. Proposition : soient (E, ∥·∥E ) un EVN, et F un sous-espace vectoriel de E de di-
et ∥·∥∞ ne sont pas équivalentes. mension finie, alors F est fermé dans (E, ∥·∥E ).
6. Remarque : deux normes équivalentes définissent des distances équivalentes, et donc 21. Théorème (Riesz) : soit (E, ∥·∥E ) un R EVN, alors, E est de dimension finie ssi
la même topologie. BE (0, 1) est compacte.
7. Proposition : soit (E, N ) un EVN, alors : ∀x, y, z ∈ E, |N (x − y) − N (y − z)| ⩽ 22. Application : soit V un sous-espace vectoriel fermé de (C 0 ([0, 1], R), ∥·∥∞ ) dont
N (x − z). toutes les fonctions sont lipschitziennes. Alors, V est de dimension finie.
1.2. Applications linéaires continues. — 23. Application 2 : soit f : E → F un opérateur compact entre deux espaces de Banach.
8. Définition (Application linéaire) : soient E et F deux espaces vectoriels, f : E → F Si dim(F ) = +∞, alors f n’est pas surjective.
est dite linéaire si ∀x, y ∈ E, ∀α ∈ K, f (αx + y) = αf (x) + f (y).
9. Proposition : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux EVN, et f : E → F une application 2. Espaces de Banach. —
linéaire. Alors, f est continue sur (E, ∥·∥E ) ssi f est continue en 0E ssi f (BE (0, 1)) 2.1. Premières propriétés. —
est bornée dans(F, ∥·∥F ) ssi ∃M > 0 tel que ∀x ∈ E, ∥f (x)∥F ⩽ M ∥x∥E . 24. Définition (Suite de Cauchy) : soit (E, ∥·∥E ) un EVN. On dit que (xn )n ∈ E N est une
0
(C ([0, 1], R), N ) → (R, | · |) suite de Cauchy si ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N tel que ∀n, p ∈ N, n, p ⩾ n0 ⇒ ∥xn − xp ∥E ⩽ ε.
10. Exemples : φ : est continue pour N = ∥·∥∞ , mais
f 7→ f (0) 25. Proposition : soit (E, ∥·∥E ) un EVN. Alors :
n’est pas continue pour N = ∥·∥1 - Toute suite de Cauchy est bornée.
11. Proposition : une forme linéaire sur (E, ∥·∥E ), un EVN, est continue ssi ker(f ) est - Toute suite convergente est de Cauchy.
fermé dans (E, ∥·∥E ). - Une suite de Cauchy possédant une valeur d’adhérence converge.
12. Notation : on note Lc (E, F ) l’ensemble des applications linéaires continues entre - L’image par une application uniformément continue d’une suite de Cauchy est
deux EVN E et F (quand il n’y a pas de confusion possible sur les normes dont sont une suite de Cauchy.
munis E et F ). 26. Définition (Espace complet) : un EVN (E, ∥·∥E ) est dit complet si toute suite de
13. Proposition : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux EVN, et f ∈ Lc (E, F ), on a : Cauchy de E est convergente. On dit que (E, ∥·∥E ) est un espace de Banach.
∥f (x)∥F 27. Exemple : toute espace de dimension finie est complet.
- sup = sup ∥f (x)∥F = inf {M > 0, ∀x ∈ E, ∥f (x)∥F ⩽ M ∥x∥E } .
x∈E\{0} ∥x∥E ∥x∥E <1 28. Théorème (Riesz-Fischer) : soit (E, A, µ) un espace mesuré et p ∈ [1, +∞], alors
On note cette quantité |||f |||Lc (E,F ) . (Lpµ (E), ∥·∥p ) est complet.
29. Exemple : Q n’est pas complet. 42. Théorème (de l’application ouverte) : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux Banach, et
30. Proposition : tout espace compact est complet. T ∈ Lc (E, F ) surjective. Alors T est ouverte (l’image d’un ouvert de (E, ∥·∥E ) est
31. Proposition : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux EVN. Supposons (F, ∥·∥F ) complet. un ouvert de (F, ∥·∥F )).
Alors, (Lc (E, F ), ||| · |||Lc (E,F ) ) est complet. 43. Application (Théorème d’isomorphisme de Banach) : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F )
32. Proposition : soit (E, ∥·∥E ) un EVN. Alors, (E, ∥·∥E ) est un Banach ssi toute série deux Banach et T ∈ Lc (E, F ), bijective. Alors T −1 ∈ Lc (E, F ).
absolument convergente de E est convergente dans (E, ∥·∥E ). 44. Remarque : la linéarité est immédiate ; c’est le caractère continu qui n’est pas trivial.
33. Théorème (Von-Neumann) : soit (E, ∥·∥E ) un Banach. Alors, ∀T ∈ Lc (E), 45. Exemple : l’application définie à l’exemple 15 n’est pas surjective.
+∞ (C 0 ([0, 1], R), ∥·∥∞ ) → (C 0 ([0, 1], R), ∥·∥1 )
46. Contre-exemple : θ : est une appli-
X
|||T |||Lc (E) < 1, (IE − T ) ∈ GL(E) et (IE − T ) = −1
T n. f 7→ f
n=0 cation linéaire continue bijective dont la réciproque n’est pas continue.
34. Application : si (E, ∥·∥E ) est un Banach, alors φ : T ∈ GL(E) 7→ T −1 ∈ GL(E) est 47. Application : soit E un espace vectoriel, et ∥·∥, N deux normes sur E. Supposons :
un isomorphisme. ⋆ (E, ∥·∥) et (E, N ) sont complets,
35. Application : soit (E, ∥·∥E ) un espace de Banach. Alors GL(E) est un ouvert de ⋆ il existe C > 0 tel que ∀x ∈ E, N (x) ⩽ C ∥x∥ .
(Lc (E), ||| · |||Lc (E) ). Alors, les normes ∥·∥ et N sont équivalentes sur E.
2.2. Lemme de Baire et conséquences. — 48. Définition (Graphe) : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux EVN, et T : E → F linéaire.
On définit le graphe de T , noté G(T ) comme : G(T ) = {(x, T (x)), x ∈ E} ⊆ E × F .
36. Lemme (de Baire) : soient (E, dE ) un espace \ métrique complet et (On )n∈N une 49. Théorème (du graphe fermé) : soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) des Banach, et T : E → F
famille d’ouverts denses de (E, dE ). Alors, On est dense dans (E, dE ). linéaire. Alors, T est continue ssi G(T ) est fermé dans (E × F, ∥·∥E×F ).
1
(C ([0, 1], R), ∥·∥∞ ) → (C 0 ([0, 1], R), ∥·∥∞ )
n∈N
37. Remarque : le lemme de Baire peut se reformuler ainsi : si (E, dE ) est un espace 50. Contre-exemple : φ : est une appli-
[ f 7→ f′
métrique complet et (Fn )n est une famille de fermés d’intérieur vide. Alors, Fn cation linéaire non continue dont le graphe est fermé.
n∈N
est d’intérieur vide. [
38. Contre-exemples : l’hypothèse de complétude est nécessaire : Q = {x} dans 3. Espaces de Hilbert. —
x∈Q
[ 3.1. Théorème de projection et conséquences. —
(Q, | · |). L’hypothèse de dénombrabilité est nécessaire : R = {x}
x∈R 51. Définition (Espace de Hilbert) : on appelle espace p de Hilbert un espace préhilbertien
39. Application : un espace de Banach de dimension infinie n’admet pas de base al- (H, ⟨·, ·⟩), complet pour la norme ∥·∥ : x ∈ H 7→ ⟨x, x⟩ ∈ R+ associée au produit
gébrique dénombrable. scalaire.
40. Développement 1 52. Exemples : (l2 (N), ∥·∥l2 ), (L2µ (E), ∥·∥L2 ), (Rd , ∥·∥2 )
Théorème (de Banach-Steinhauss) : soient (E, ∥·∥E ) un Banach, (F, ∥·∥F ) un EVN,
∂u
et (Ti )i∈I ∈ Lc (E, F )I . Alors, l’alternative suivante a lieu : Pour Ω un ouvert de Rd , H 1 (Ω) = u ∈ L2 (Ω), ∀i ∈ J1, dK, ∈ L2 (Ω) (où les
∂xi
⋆ sup|||Ti |||Lc (E,F ) < ∞. dérivées sont à considérer au sens des distributions), pour le produit scalaire (u, v) ∈
i∈I
H 1 (Ω)2 7→ (u, v)L2 + (∇u, ∇v)L2 . (espace de Sobolev).
⋆ il existe A, dense dans (E, ∥·∥E ) tel que ∀x ∈ A, sup ∥Ti (x)∥F = +∞.
i∈I 53. Théorème (de projection sur un convexe fermé) : soit (H, ⟨·, ·⟩) un espace de Hilbert
Application : soit x un réel. Il existe f ∈ C 0 (R, R) dont la série de Fourier diverge et C un convexe fermé non vide de H. Alors :
en x. ⋆ ∀x ∈ H, ∃!pC (x) ∈ C tel que d(x, C) = ∥x − pC (x)∥.
41. Corollaire : soient (E, ∥·∥E ) un Banach, (F, ∥·∥F ) un EVN, et (Tn )n∈N ∈ Lc (E, F )N ⋆ pc est 1−lipschitzienne.
tels que pour tout x ∈ E, (Tn (x)) converge vers T (x) ∈ F dans (F, ∥·∥F ). Alors : ⋆ soit x ∈ H. Alors, pC (x) est l’unique élément y vérifiant : y ∈ C et ∀z ∈ C,
⋆ sup|||Tn |||Lc (E,F ) < ∞, Re(⟨z − y, x − y⟩) ⩽ 0 (condition de l’angle obtu).
n∈N ⋆ si C est un sous-espace vectoriel fermé de H, alors, la projection pC est linéaire.
⋆ T ∈ Lc (E, F ),
De plus, la condition de l’angle obtu devient : x − y ∈ C ⊥ .
⋆ |||T |||Lc (E,F ) ⩽ lim inf |||Tn |||Lc (E,F ) .
n→+∞ (Annexe)
54. Remarque : le point clef de la preuve de ce théorème est l’identité du parallélo- 67. Définition (Problème de Dirichlet) : étant donnés I = [a, b] un intervalle de R,
gramme. f ∈ C 0 (I), q ∈ C 0 (I, R+ ) et p ∈ C 1 (I, R+
∗ ), le problème de Dirichlet désigne l’équation
55. Remarque : ce théorème reste vrai si l’on suppose que (H, ⟨·, ·⟩) est un espace différentielle suivante :
préhilbertien et C un convexe fermé non vide complet de H. −(pu′ )′ + qu = f sur (a, b)
56. Application (Théorème du supplémentaire orthogonal) : soit (H, ⟨·, ·⟩) un espace de (∗)
u(a) = u(b) = 0
⊥
Hilbert et F un sous-espace vectoriel fermé de H. Alors, H = F ⊕ F ⊥ . 68. Définition (Solution forte) : on appelle solution forte du problème de Dirichlet toute
57. Théorème (Critère de densité) : soit (H, ⟨·, ·⟩) un espace de Hilbert et F un sous- fonction u ∈ C 2 (I) vérifiant (∗).
espace vectoriel de H. Alors, F = H ssi F ⊥ = {0}. 69. Définition (Solution faible) : on appelle solution faible du problème de Dirichlet
58. Application (Polynômes orthogonaux) : soit I un Zintervalle de R, et ρ : I → R+ ∗, toute fonction u ∈ H01 (a, b) vérifiant pour tout v ∈ H01 (a, b),
continue. On suppose qu’il existe α > 0 tel que ρ(x)eα|x| dx < +∞. Alors, la a(u, v) = l(v),
I Z b Z b Z b
famille de polynômes orthogonaux associés à ρ engendre un sous-espace vectoriel
où a(u, v) := p(x)u′ (x)v ′ (x)dx + q(x)u(x)v(x)dx et l(v) := f (x)v(x)dx.
dense dans (L2 (I, ρ), ∥·∥L2 (I,ρ) ) (une base hilbertienne). a a a
59. Théorème (de Riesz) : soit (H, ⟨·, ·⟩) un espace de Hilbert, et f ∈ H ′ . Alors, il existe 70. Théorème : u est solution forte du problème de Dirichlet ssi u est solution faible du
un unique x ∈ H problème de Dirichlet.
tel que f = ⟨·, x⟩. De plus, ∥f ∥H ′ = ∥x∥
H.
H → H ′ 71. Théorème (Well-posedness) : le problème de Dirichlet admet une unique solution.
72. Remarque : on peut démontrer que le problème de Dirichlet admet une unique
60. Remarque : φ H → K est un isomorphisme anti-
x 7→ fx : solution faible avec pour régularité f ∈ L2 (a, b).
y 7→ fx (y) = ⟨x, y⟩
linéaire isométrique. 73. Remarque : on peut retrouver l’existence de solution (forte) au problème de Dirichlet
61. Application : soit (H, ⟨·, ·⟩) un espace de Hilbert. Alors, ∀T ∈ Lc (H), ∃!T ∗ ∈ Lc (H) via la méthode de tir, et l’unicité par le principe du maximum.
tel que ∀x, y ∈ H, ⟨T (x), y⟩ = ⟨x, T ∗ (y)⟩. T ∗ est appelé l’adjoint de T .
3.2. Théorème de Lax-Milgram et application à une EDP. — Références
62. Définition (coercivité) : une forme bilinéaire a sur un EVN (E, ∥·∥E ) est dite coercive Analyse fonctionnelle, H. Brézis.
2
(ou coercitive) s’il existe α > 0 tel que pour tout x ∈ E, a(x, x) ⩾ α ∥x∥E . Les maths en tête, Analyse, X. Gourdon.
62. Développement 2 Objectif Agrégation, Beck, Malick, Peyré.
Théorème (Lax-Milgram) : soit (H, ⟨·, ·⟩) un espace de Hilbert, a un forme bilinéaire Analyse pour l’agrégation, Queffelec, Zuily.
continue et coercive sur H, et l une forme linéaire continue sur H. Alors, il existe
un unique u ∈ H tel que pour tout v ∈ H, a(u, v) = l(v).
Si de plus, a est supposée symétrique, alors u correpond à l’unique minimum de la Annexe :
1
fonctionnelle J : v ∈ H 7→ a(v, v) − l(v).
2
63. Proposition : l’espace (H 1 (a, b), ∥·∥H 1 (a,b) ) s’injecte de manière continue dans
(C 0 ([a, b], R), ∥·∥∞ ).
∥·∥H 1 (a,b)
64. Définition (H01 (a, b)) : on définit H01 (a,
b) = D(a, b) . C’est donc un sous-
1
espace vectoriel fermé, donc complet de H (a, b), ∥·∥H 1 (a,b) .
65. Proposition : en identifiant les fonctions à leur représentant continu, on a :
Développements et commentaires :
Voici un document regroupant les démonstrations des développements, ainsi que des commentaires,
applications, exemples, contre-exemples et exercices.
Première situation : pour tout n ∈ N, Xn est dense dans (E, ∥·∥E ). Alors, le lemme de Baire
\
appliqué dans l’espace (E, ∥·∥E ) complet assure que A := Xn est un Gδ dense dans (E, ∥·∥E ).
n∈N
De plus ∀x ∈ A, on a :
On a donc
sup ∥Ti (x)∥F = +∞.
i∈I
Deuxième situation : il existe un entier n0 tel que Xn0 n’est pas dense dans (E, ∥·∥E ). Alors,
\
◦
il existe r > 0 et x ∈ E tel que Xn0 ∩ BE ◦
(x, r) = ∅, donc BE (x, r) ⊂ Xnc 0 = Xnc 0 ,i . Ainsi,
i∈I
◦
remarquons que pour z ∈ BE (0, 1), pour i ∈ I,
Ti (x + rz) − Ti (x)
∥Ti (z)∥F = .
r F
◦ ◦
Puisque x + rz et x sont des éléments de BE (x, r), l’inclusion précédente donne pour z ∈ BE (0, 1),
pour i ∈ I,
2n0
∥Ti (z)∥F ⩽ .
r
Ainsi,
2n0
sup|||Ti |||Lc (E,F ) ⩽ < ∞.
i∈I r
Proposition 1
Soit x ∈ R. Il existe une fonction f ∈ C 0 (T) dont la série de Fourier diverge en x.
De plus, on obtient l’estimation : |||ΛN,x |||Lc (C 0 (T),R) ⩽ ∥DN ∥L1 . Montrons que c’est une égalité :
DN (x − t)
on considère ε > 0 et fε : t ∈ R 7→ . On remarque immédiatement que fε ∈ C 0 (T),
|DN (x − t)| + ε
et ∥fε ∥∞ ⩽ 1. De plus,
2π
|DN (t)|2
Z
1
|ΛN,x (fε )| = dt ⩽ |||ΛN,x |||Lc (C 0 (T),R) ∥fε ∥∞ ⩽ |||ΛN,x |||Lc (C 0 (T),R) .
2π 0
|DN (t)| + ε
On applique le théorème de convergence dominée : on remarque que l’intégrande converge vers |DN |
lorsque ε tend vers 0. La domination est fournie par la fonction |DN |, intégrable et indépendante
de ε. On conclut donc à l’égalité : |||ΛN,x |||Lc (C 0 (T),R) = ∥DN ∥L1 .
π π
sin((N + 12 )t) sin((N + 12 )t)
Z Z
1 2
∥DN ∥L1 = dt ⩾ dt,
π 0
sin(t/2) π 0
t
Z Nπ N −1 Z (k+1)π
2 | sin(u)| 2 X | sin(u)|
∥DN ∥L1 ⩾ du = du.
π 0
u π kπ
u
k=0
N −1 π N −1
Rπ N
2 XZ sin(v) 2 X sin(v)dv 4 X1 4
0
∥DN ∥L1 ⩾ dv ⩾ = ∼ ln(N ).
v=u−kπ π 0
v + kπ π (k + 1)π π2 k N →+∞ π2
k=0 k=0 k=1
On applique ainsi le théorème de Banach-Steinhaus à la suite d’opérateurs linéaires continus
(ΛN,x )N ∈N , définie sur l’espace de Banach (C 0 (T), ∥·∥∞ ). Puisque
sup |||ΛN,x |||C 0 (T)′ = sup ∥DN ∥L1 = +∞,
N ∈N N ∈N
on déduit l’existence d’un Gδ , A(x), dense dans (C 0 (T), ∥·∥∞ ) tel que : pour tout f ∈ A(x),
sup |ΛN,x (f )| = sup |SN (f )(x)| = +∞.
N ∈N N ∈N
Ceci montre en particulier l’existence d’une fonction continue dont la série de Fourier diverge en x.
Remarque. On a en fait démontré beaucoup mieux que ça ! Avec les notations introduites dans la
preuve, puisque R est sépérable, \
on considère (xn )n∈N une suite dénombrable
\ dense (par exemple
n
les rationnels). On note A = A(xn ). En écrivant A(xn ) = Ok avec Okn , un ouvert de
n∈N k∈N
\ \
(C 0 (T), ∥·∥∞ ) (puisque c’est un Gδ , c’est possible), on obtient A = Okn . Comme N2 est
n∈N k∈N
dénombrable, le lemme de Baire affirme que A est dense dans (C 0 (T), ∥·∥∞ ). On a donc contruit
un monstre mathématique : un ensemble dense dans (C 0 (T), ∥·∥∞ ), dont les éléments sont des
fonctions continues ayant leur série de Fourier qui diverge sur une partie dense de R ! Ce résultat
est néanmoins à relativiser : exhiber un exemple de fonction dont la série de Fourier diverge en
un point n’est pas du tout facile (voir Hauchecorne). De plus, il est à mettre en parallèle avec
le résultat de Carleson : le série de Fourier d’une fonction Lp converge (ponctuellement) presque
partout (pour p ∈ ]1, +∞[).
b−a b−a
et xni = a + i, et h = est le pas de la subdivision.
n n
Theorème 2
[a,b]
Il existe f ∈ C 0 ([a, b], R) telle que ∥Πn (f ) − f ∥∞ diverge quand n tend vers +∞.
Cet opérateur est bien défini (tout polynôme est continu), et est linéaire (clair). Montrons en la
continuité et estimons sa norme d’opérateur :
n n
!
X X
0
∀f ∈ C ([a, b], R), ∀x ∈ [a, b], |φn (f )(x)| ⩽ ∥f ∥[a,b]
∞ |Ln
k (x)| ⩽ sup |Ln
k (x)| ∥f ∥[a,b]
∞ .
x∈[a,b]
k=0 k=0
n
! n
X X
Montrons l’égalité : on considère x0 ∈ [a, b] tel que sup |Ln
k (x)| = |Ln
k (x0 )|. Soit
x∈[a,b]
k=0 k=0
f0 ∈ C 0 ([a, b]) telle que ∥f0 ∥[a,b]
∞ = 1 et pour tout k ∈ J0, nK, f0 (xn n
k ) = sign(Lk (x0 )) (c’est possible,
affine par morceaux par exemple). Alors :
n n n
!
X X X
φn (f0 )(x0 ) = Πn (f0 )(x0 ) = f0 (xn n
k )Lk (x0 ) = |Ln
k (x0 )| = sup |Ln
k (x)| .
x∈[a,b]
k=0 k=0 k=0
Par conséquent,
n
!
X
sup |Ln
k (x)| = φn (f )(x0 ) ⩽ ∥φn (f0 )∥[a,b]
∞ ⩽ |||φn |||Lc (C 0 ([a,b])) ∥f0 ∥[a,b]
∞ = |||φn |||Lc (C 0 ([a,b])) .
x∈[a,b]
k=0
Ceci conclut.
n
!
X
Montrons maintenant que sup |Ln
k (x)| −→ +∞. On a, pour k ∈ J0, nK,
x∈[a,b] n→+∞
k=0
n n n
j − 12
h
Q
h
Y a+ − a − jh Y j − 12 j=2 (n − 1)!
Ln
k a+ = 2
= = ⩾ .
2 a + kh − a − jh k−j 4|k − 1/2|k!(n − k)! 4nk!(n − k)!
j=0, j=0,
j̸=k j̸=k
Ainsi,
n n
h 1 X n 2n
X
Ln
k a+ ⩾ = .
2 4n2 k 4n2
k=0 k=0
n
!
n
X 2
Enfin, sup |Ln
k (x)| ⩾ conclut.
x∈[a,b] 4n2
k=0
Démonstration : Remarquons que (E, ∥·∥E ) est un Banach, et on a : ∀x ∈ E, sup ∥Tn (x)∥F < ∞,
n∈N
car la suite (Tn (x))n est convergente dans (F, ∥·∥F ), donc bornée. Ainsi, le théorème de Banach-
Steinhaus assure que M := sup |||Tn |||Lc (E,F ) < ∞, ce qui donne le premier point. La linéarité est
n∈N
évidente (par linéarité de la limite). Pour la continuité, remarquons que :
∀x ∈ E, ∀n ∈ N, ∥Tn (x)∥F ⩽ |||Tn |||Lc (E,F ) ∥x∥E ⩽ M ∥x∥E .
En passant à la limite en n à gauche, on obtient T ∈ Lc (E, F ). Pour le dernier point, on a :
∀x ∈ E, ∥T (x)∥F = lim ∥Tn (x)∥F = lim inf ∥Tn (x)∥F ⩽ lim inf |||Tn |||Lc (E,F ) ∥x∥E .
n→+∞ n→+∞ n→+∞
Proposition 3
Soit (E, ∥·∥E ) un EVN. Une partie B ⊆ E est bornée ssi elle est faiblement bornée (i.e. pour
tout f ∈ E ′ , f (B) est bornée dans K).
Proposition 4
Soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux EVN, et T ∈ L(E, F ) une application linéaire, alors, T est
continue ssi T est faiblement continue.
Remarque. Tout fonctionne exactement de la même manière que pour les fonctions à valeurs dans
C. On travaille avec des fonctions à valeurs dans un espace de Banach afin de donner un sens à
l’intégrale d’une fonction (limite des sommes de Riemann). Afin de se ramener à des fonctions à
valeurs dans C, on introduit la notion de fonction faiblement holomorphe :
Définition 3
Soit Ω un ouvert de C, (E, ∥·∥E ) un Banach et f : Ω → E. On dit que f est faiblement
holomorphe sur Ω si pour tout φ ∈ E ′ , φ ◦ f : Ω → C est holomorphe (au sens classique) sur Ω.
Proposition 5
Soit Ω un ouvert de C, (E, ∥·∥E ) un Banach et f : Ω → E. Alors, f est holomophe sur Ω ssi f
est faiblement holomorphe sur Ω.
Démonstration : Supposons que f est holomorphe sur Ω. Soit z0 ∈ Ω, et Vz0 un voisinage ouvert de
z0 dans Ω. Soit φ ∈ E ′ . Alors,
φ ◦ f (z) − φ ◦ f (z0 ) f (z) − f (z0 )
∀z ∈ Vz×0 , =φ −→ φ(f ′ (z0 )).
z − z0 z − z0 z→z0
Réciproquement, on sait que f est faiblement holomorphe sur Ω. Ainsi, pour tout disque D ⊆ Ω,
∀a ∈ D, ∀φ ∈ E ′ , Z
1 φ ◦ f (ξ)
φ ◦ f (a) = dξ.
2iπ ∂D ξ − a
La linéarité, la continuité et la définition de l’intégrale par les sommes de Riemann donne :
Z
1 f (ξ)
∀φ ∈ E ′ , φ f (a) − dξ = 0.
2iπ ∂D
ξ−a
La séparation du dual (corollaire du théorème de Hahn-Banach) fournit donc : pour tout disque
D ⊆ Ω, ∀a ∈ D, Z
1 f (ξ)
f (a) = dξ.
2iπ ∂D ξ − a
Ainsi, f vérifie la formule de Cauchy. Il suffit de démontrer qu’elle est continue afin de conclure
à l’holomorphie de f sur Ω. C’est là qu’on utilise le corollaire
de Banach-Steinhaus. Soit z0 ∈ Ω,
φ ◦ f (z) − φ ◦ f (z 0 )
pour tout φ ∈ E ′ , φ ◦ f est holomorphe en z0 , ainsi, , z ∈ Vz×0 = φ(Az0 )
z − z0
f (z) − f (z0 )
est bornée, avec Az0 = , z ∈ Vz×0 ⊆ K. Ainsi, Az0 ⊆ C est faiblement bornée, donc
z − z0
bornée. Ainsi, ∃Mz0 > 0 tel que
f (x) − f (y)
à f est Lf := sup . Montrons que sup Lf < ∞.
x,y∈[0,1], x−y f ∈V, ∥f ∥∞ ⩽1
x̸=y
f (x) − f (y)
Soit (x, y) ∈ [0, 1]2 , tels que x ̸= y. On considère φx,y : f ∈ (V, ∥·∥∞ ) 7→ ∈ R.
x−y
2 ∥f ∥∞
C’est une application linéaire, continue, en effet : ∀f ∈ V, |φx,y (f )| ⩽ . On remarque de
|x − y|
0
plus, que, V est un sous-espace vectoriel fermé de C ([0, 1], R), donc (V, ∥·∥∞ ) est un Banach. On
applique alors le théorème de Banach-Steinhaus à (φx,y )x,y∈[0,1], . Par lipschitziannité, ∀f ∈ V ,
x̸=y
Compacité ponctuelle : il faut montrer que ∀x ∈ [0, 1], A(x) := f (x), f ∈ V, ∥f ∥∞ ⩽ 1 est
relativement compacte dans R, i.e. bornée. C’est immédiat (A(x) ⊆ [−1, 1]). Le théorème d’Ascoli
s’applique et conclut.
Remarque. Un exercice similaire est le suivant : soit V un sous-espace vectoriel fermé de l’espace
(C 0 ([0, 1], R), ∥·∥∞ ) dont les fonctions sont dérivables. Montrer que V est de dimension finie.
Afin de montrer l’égalité, on définit la suite y par : pour tout k ∈ J0, N K, yk = sgn(xk )xp−1
k et
′
yk = 0 sinon. Il s’agit d’une suite à support fini donc dans lp (N) et on a :
N
! 1′ N
! 1′
p p
X ′ X
∥y∥lp′ (N) = |xk |(p−1)p = |xk |p ,
k=0 k=0
1 1
en vertu de la relation p
+ p′
= 1. Enfin,
N N
!1− 1′
X X p
Ainsi,
N
! p1
X p
|||TN |||lp′ (N)′ = |xk | .
k=0
′
L’espace (lp (N), ∥·∥lp′ (N) ) est complet, et (TN )N est une suite d’opérateurs linéaires continus. On
′
peut appliquer le théorème de Banach-Steinhaus, puisque, par hypothèse, pour tout y ∈ lp (N),
sup |TN (y)| est fini. Alors,
N ∈N
+∞
! p1
X p
sup |||TN |||lp′ (N) = |xk | < +∞.
N ∈N
k=0
Ainsi, x ∈ lp (N).
Néanmoins, ∀u ∈ c0 (N, R), (Ln (u))n∈N est stationnaire, donc convergente, donc bornée dans R et
le théorème de Banach-Steinhaus est mis en défaut.
2 Théorème de Lax-Milgram :
Recasages possibles : 201-205-213-222-234.
Référence : H. Brézis, Analyse fonctionnelle .
Theorème 3
Soient (H, (·|·)H ) un espace de Hilbert, a une forme bilinéaire continue et coercive sur H, l une
forme linéaire continue sur H. Alors il existe un unique u ∈ H, tel que ∀v ∈ H, a(u, v) = l(v).
1
Si de plus a est symétrique, alors u est l’unique minimim de J : v ∈ H 7→ a(v, v) − l(v) ∈ R.
2
Démonstration : Première étape : on montre qu’il existe A ∈ Lc (H) tel que ∀u, v ∈ H, a(u, v) =
(A(u)|v)H .
Remarquons que pour tout u ∈ H, v ∈ H 7→ a(u, v) ∈ K est une forme linéaire continue sur H. Par
suite, le théorème de représentation de Riesz assure l’existence d’un unique vecteur A(u) ∈ H tel
que ∀v ∈ H, a(u, v) = (A(u)|v)H . Montrons que A est un opérateur linéaire. En effet, ∀u, u′ ∈ H,
∀λ ∈ K, ∀v ∈ H, on obtient par bilinéarité du produit scalaire et de a,
Ainsi, A ∈ Lc (H).
Deuxième étape : montrons que A est un isomorphisme sur H. Montrons que A est injectif : soit
x ∈ ker(A), on a, par coercivité de a :
Ainsi x = 0.
Montrons désormais que A est surjectif, on montre que A est d’image dense et fermée. On utilise
le critère de densité des espaces de Hilbert, montrons que Im(A)⊥ = {0} . Soit y ∈ Im(A)⊥ . Alors
pour tout x ∈ H, 0 = (A(x)|y)H = a(x, y). En particulier,
Ainsi, y = 0. Montrons que l’image est fermée. Remarquons que pour tout x ∈ H,
Troisième étape : on conclut. Le théorème de Riesz assure l’existence de f ∈ H tel que l(v) =
(f |v)H pour tout v ∈ H. Alors, on a :
∀v ∈ H, a(u − u′ , v) = 0.
2
Alors, α ∥u − u′ ∥H ⩽ a(u − u′ , u − u′ ) = 0. Ceci conclut.
Remarque. Si a est symétrique, alors, elle définit un produit scalaire, dont la norme associée est
équivalente à la norme hilbertienne, et il suffit d’appliquer le théorème de Riesz pour conclure.
Voici une application du théorème de Lax-Milgram à la résolution d’EDP elliptiques via les for-
mulations variationnelles. Il faut absolument bien maitriser les espaces de Sobolev si on choisit un
tel développement.
Proposition 8
Le problème de Sturm-Liouville suivant (avec conditions aux bords de Dirichlet) admet une
unique solution faible u ∈ H01 (0, 1).
avec p ∈ C 1 ([0, 1]), et ∃α > 0 tel que ∀x ∈ [0, 1], p(x) > α, q ∈ C 0 ([0, 1], R+ ) et f ∈ L2 (0, 1). Si,
de plus, f ∈ C 0 ([0, 1]), alors cette unique solution faible u ∈ C 2 ([0, 1]) et est solution forte.
On travaille dans l’espace de Hilbert (H01 (0, 1), ∥·∥H 1 ). On rappelle que H01 (0, 1) est définie comme
∥·∥ 1
D(0, 1) H . C’est donc un sous-espace vectoriel fermé de H 1 (0, 1). On rappelle qu’en dimension 1
(en domaine borné), les fonctions H 1 s’injecte continuement dans C0 pour la norme infinie - ainsi, en
identifiant un élément de H 1 à un représentant continu, H01 (0, 1) = v ∈ H 1 (0, 1), v(0) = v(1) = 0 .
Il est clair que a est une forme bilinéaire. Pour la continuité, on obtient par Cauchy-Schwarz :
∀u, v ∈ H01 (0, 1), |a(u, v)| ⩽ ∥p∥[0,1]
∞ u′ L2
v′ L2
[0,1]
+ ∥q∥∞ ∥u∥L2 ∥v∥L2 ,
On utilise l’inégalité de Poincaré : en domaine borné (dans au moins une direction), il existe C > 0
tel que pour tout u ∈ H01 (0, 1), ∥u∥L2 ⩽ C ∥u′ ∥L2 . Ainsi,
α 1 α 1
2
∀v ∈ H01 (0, 1), a(v, v) ⩾ v′ L2
+ ∥v∥2L2 ⩾ min 1, 2 ∥v∥2H 1 .
2 C2 2 C
Enfin, l est une forme linéaire continue sur H01 (0, 1). Elle est clairement linéaire, pour la continuité,
Cauchy-Schwarz fournit : ∀v ∈ H01 (0, 1), |l(v)| ⩽ ∥f ∥L2 ∥v∥L2 ⩽ ∥f ∥L2 ∥v∥H 1 . Le théorème de
Lax-Milgram fournit l’existence d’un unique u ∈ H01 (0, 1) tel que pour tout v ∈ H01 (0, 1), a(u, v) =
l(v). Ainsi, u est solution au sens faible du problème de Sturm-Liouville. Supposons désormais la
continuité de f . Montrons qu’elle l’est au sens fort. On a, pour tout φ ∈ D(0, 1),
a(u, φ) = l(φ) i.e. (pu′ , φ′ )D′ ,D + (qu, φ)D′ ,D = (f, φ)D′ ,D ,
Ainsi ∀φ ∈ D(0, 1),
(−(pu′ )′ + qu − f, φ)D′ ,D = 0.
1
On obtient donc (pu′ )′ = (pu′ ) ∈ H 1 (0, 1)
qu − f ∈ L2 (0, 1), donc pu′ ∈ H 1 (0, 1). Ainsi, u′ =
D ′ (0,1) p
donc u ∈ H 2 (0, 1). D’où, −(pu′ )′ + qu − f ∈ L2 (0, 1) ⊆ L1loc (0, 1). Par injection continue de
L1loc (0, 1) dans D′ (0, 1), on a −(pu′ )′ + qu = f pp sur (0, 1). Si, de plus f est continue, alors,
(pu′ )′ ′= qu − f ∈ C 0 ([0, 1]), donc, u′ ∈ C 1 ([0, 1]), puis u ∈ C 2 ([0, 1]). L’égalité ayant lieu
D (0,1)
presque partout est vraie sur ]0, 1[ par continuité. Enfin, les conditions de bord sont assurées par
l’espace fonctionnel considéré.
3 Quelques exercices :
Exercice. Soit E un espace de Banach et T : E → E une application linéaire continue. On suppose
que pour tout x ∈ E, il existe nx ≥ 1 tel que T nx (x) = 0. Montrer que T est nilpotent.
Exercice. Soient (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) deux espaces de Banach et T ∈ L(E, F ) une application
linéaire continue. Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
1. ∃M > 0 tel que pour tout x ∈ E, ∥T (x)∥F ≥ M ∥x∥E .
2. T est une application injective et d’image fermée.
Exercice. Soit (E, ∥·∥) un espace de Banach et F et G deux sev supplémentaires dans E. On note
pF (resp pG ) la projection sur F (resp. sur G) parallèlement à G (resp. à F ). Montrer que pF et
pG sont continues ⇔ F et G sont fermés.