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Essentiel du Journalisme Radio

Le document présente les éléments essentiels du journalisme radio, en mettant l'accent sur l'importance des conférences de rédaction, des techniques journalistiques et de la nécessité de choisir des angles pertinents pour traiter l'actualité. Il souligne également l'importance de respecter les procédures, de vérifier les informations et de répondre aux questions fondamentales du journalisme. Enfin, il aborde les règles d'écriture adaptées à un public varié, en insistant sur la clarté et la concision.

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Essentiel du Journalisme Radio

Le document présente les éléments essentiels du journalisme radio, en mettant l'accent sur l'importance des conférences de rédaction, des techniques journalistiques et de la nécessité de choisir des angles pertinents pour traiter l'actualité. Il souligne également l'importance de respecter les procédures, de vérifier les informations et de répondre aux questions fondamentales du journalisme. Enfin, il aborde les règles d'écriture adaptées à un public varié, en insistant sur la clarté et la concision.

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L’ESSENTIEL DU JOURNALISME EN 4

COLLECTIONS : POUR CHAQUE MÉDIA, DES


PROFESSIONNELS EXPÉRIMENTÉS PARTAGENT
AVEC VOUS LES 24 MOMENTS CLÉS DE LEURS
ACTIVITÉS.

Radio

La radio est le média de l’actualité instantanée. Le public peut


l’écouter partout : à la maison, dans la rue, au bureau, aux
champs, en voiture, en voyage, avec un simple transistor et des
piles vous serez relié en direct sur le monde.
01. LA CONFÉRENCE DE RÉDACTION

Le journalisme est un travail d’équipe. Le ou les présentateurs ont besoin


de savoir ce que vont leur ramener les reporters. Les reporters ont besoin
de savoir sous quel angle la rédaction a choisi d’aborder l’événement. Le
rédacteur en chef a besoin de mobiliser ses troupes et d’organiser le travail
de la rédaction. La conférence de rédaction est le moment où l’on se
retrouve tous et où on choisit et sélectionne ensemble les sujets du jour.

LES RADIOS ONT EN GÉNÉRAL TROIS CONFÉRENCES DE


RÉDACTION PAR JOUR.
Celle du matin, la principale, fixée à 9 heures, tout de suite après les journaux du matin, où
l’on détermine les sujets de la journée. Une autre a lieu en début d’après-midi pour faire le
point et ajuster en fonction de l’évolution de l’actualité. Une dernière le soir, après le dernier
journal de la journée et avant les éditions de nuit, où l’on rassemble les éléments et prépare
les éditions du lendemain matin.

UNE CONFÉRENCE DE RÉDACTION EST LIMITÉE DANS LE


TEMPS.
Les participants sont disciplinés et se respectent. Ce n’est pas un salon où l’on cause de tout
et n’importe quoi. Une conférence se limite à 45 minutes 1 heure, pour que les
reporters puissent partir au plus vite sur le terrain et les présentateurs préparer leur journal.
MÉTHODES POUR DIRIGER UNE CONFÉRENCE.
La première, autoritaire, est celle où le rédacteur en chef arrive avec sa liste de sujets et les
répartit parmi l’équipe.

La deuxième correspond au management moderne. On part des idées des journalistes, de


leur point de vue sur l’actualité, et on adapte ensuite en fonction des incontournables :
rendez-vous déjà pris, conférences de presse, enquêtes en cours.

UN EXEMPLE : LA CONFÉRENCE DU MATIN.


9 heures, tous les journalistes prévus au planning sont là. Il faut arriver à l’heure.

Première étape :

Parole d’abord aux présentateurs du matin pour une analyse critique des sujets de la
matinale : les reportages étaient-ils satisfaisants, a-t-on manqué quelque chose, comment
rattraper… ?

Parole ensuite aux journalistes et au rédacteur en chef pour une analyse rapide.

Le tout en 10 minutes, sans conflit, sans palabre inutile.

Deuxième étape :

Tour de table : les idées des journalistes et leur avis sur l’actualité du jour. Le mieux est
d’avoir un grand tableau blanc effaçable où l’on note au fur et à mesure les propositions.
Ainsi tout le monde peut voir.

Confrontation avec l’agenda du jour, voir ce qui est prioritaire, ce qu’on développera plus
tard.

Dernier point, le plus long, on sélectionne et discute des angles sous lesquels on va traiter
les sujets retenus et comment (papiers, sons, enrobés, invités)…

Une fois cette liste arrêtée, tout le monde a une vision complète de ce qui va se passer et
peut partir à sa tâche. Le dialogue, l’échange renforcent la motivation d’une équipe.

Les deux autres conférences de rédaction – après-midi et soir – sont plutôt des tours de
table rapides où l’on ajuste et rassemble les éléments.
02. TERMES TECHNIQUES DU
JOURNALISTE RADIO

Bien sûr un journaliste doit maîtriser un certain nombre de techniques pour


être capable de faire son travail. Mais être un as de l’interview ou de
l’écriture ne suffit pas. Il faut avant tout savoir inscrire son travail dans celui
d’une équipe. C’est ce qu’on appelle partagé une culture professionnelle.

PARTAGER UNE CULTURE PROFESSIONNELLE C’EST PARLER


LE MÊME LANGAGE.
Voici un petit lexique d’une dizaine de mots.

Chapo : Texte lu par le présentateur du journal pour introduire un reportage. Le Chapo est
aussi appelé lancement ou intro.
Pied : Texte lu par le présentateur après la diffusion d’un reportage et qui vient conclure le
sujet. Le pied est aussi appelé extro.
Attaque : Début d’un sujet.
Chute : Fin d’un sujet.
Ouverture : Première information du journal.
Fausse ouverture : Terme utilisé quand la première information du journal n’a pas fait
l’objet d’un titre.
Brève : Information qui n’est pas développée sous la forme d’un sujet complet.
Papier : Reportage écrit par un journaliste qui ne contient pas d’extrait d’interview.
Son : Reportage qui prend la forme d’un extrait d’interview.
Enrobé : Reportage qui mêle le papier et le son.
Conducteur : Document rédigé par le présentateur pour permettre au technicien de
mettre en onde le journal.

Ces quelques mots sont à titre d’exemple. Pour le commun des mortels ces mots sont
incompréhensibles. Pour l’équipe d’une radio ce sont des mots de tous les jours, ce
vocabulaire partagé est un des signes d’une culture commune.

RESPECTER LES PROCÉDURES.


Partager une culture professionnelle c’est aussi respecter les procédures communes qui
permettent au travail de chacun de s’inscrire dans la production du programme de la radio.

Exemple : imaginons un journaliste qui laisse son reportage n’importe où dans le système
informatique de la radio et pas dans le dossier partagé prévu pour cela. Ce journaliste rentre
ensuite chez lui avec la certitude du devoir accompli puisqu’il a fait son reportage. Ses
collègues chargés de préparer les éditions du lendemain vont passer des heures à chercher
le reportage en question. Si le reporter avait respecté la procédure il aurait économisé
beaucoup de temps et de soucis pour ses collègues.

EN CAS DE DOUTE IL FAUT EN RÉFÉRER À LA HIÉRARCHIE.


Parfois un collaborateur doit faire face à une situation particulière. Il ne sait pas quelle
décision prendre. Dans ce cas de figure il ne faut pas hésiter à soumettre le problème à son
chef.

03. QU’EST-CE QU’UN ANGLE ?


La radio ne peut tout dire, les journaux sont limités dans le temps, il faut
donc choisir. La notion d’angle renvoie au traitement journalistique appliqué
à un reportage. Un journaliste peut mettre en valeur différents aspects ou
angles d’un même sujet. Chaque information peut être prise, présentée,
envisagée, vue, sous différents angles. L’angle, un choix journalistique.

Tous les jours, les médias concurrents traitent les sujets importants. Sur un même sujet
chacun peut constater que le résultat est différent d’une radio à l’autre. Tout dépend de
l’angle choisi pour traiter le sujet. Si l’angle est bon, le reportage va intéresser.

L’ANGLE : UNE RÉPONSE AUX CONTRAINTES PRATIQUES DU


MÉTIER DE JOURNALISTE.
Il est impossible de donner toutes les informations dans un papier d’une minute. Le
journaliste radio assume cette contrainte et la transforme en atout. Le choix d’un bon angle
compense le délai limité imposé à votre reportage. Rien ne vous interdit de traiter votre sujet
sous deux angles différents : de proposer un des angles au journal du soir et le second au
journal du lendemain matin.

QUAND DÉTERMINER L’ANGLE D’UN SUJET ?


Le moment pour choisir un angle de traitement d’un sujet, c’est la conférence de rédaction :
comment on va traiter chaque sujet, qu’est ce qui intéresse les auditeurs dans ce sujet, qui
sont les bons interlocuteurs pour une interview ? La meilleure façon de répondre à ces
questions, c’est de les discuter en équipe pendant la conférence du matin.

EXEMPLES D’ANGLES.
Prenons un sujet d’actualité : un incendie fait rage dans un quartier de votre ville, les
maisons et les commerces sont en flamme.

Voici quelques exemples d’angles possibles :


 1er angle : Envoyer un reporter sur place qui nous appellera dans le journal
pour décrire l’incendie. Traitement : un papier en direct par téléphone.
 2ème angle : Faire un bilan matériel et humain : combien de morts, de
blessés, comment s’organisent les secours, combien de rues, de maisons
sont touchées, etc. Traitement : un extrait d’interview d’un responsable.
 3ème angle : Expliquer ce qui s’est passé. Quand et où le feu a démarré ?
Pour quelle raison ? Est-ce un incendie criminel ou accidentel ? Traitement :
un papier dans le studio.

On peut choisir parmi de multiples angles. On peut traiter plusieurs angles pour varier les
reportages d’une édition à l’autre. Si l’évènement est très important, on peut lui consacrer
plusieurs angles dans une même édition et constituer un dossier.
Le principe s’applique à tous les évènements, politique, culture, économie, sports (papiers
d’avant match, sons d’avant-match, compte-rendu d’après match, interviews de joueurs,
entraîneurs, papier d’analyse…).

Même chose pour un procès : papier de rappel des faits, présentation de l’accusé, papier
résumant la séance, enrobé avec sons des avocats des deux parties…

04. LES 5 W

Répondre aux 5 W (de l’anglais : What Who Where When Why, ou en


français: Quoi Qui 0ù Quand Pourquoi ?) dans chaque nouvelle constitue la
règle fondamentale, incontournable, impérative du journalisme. Il ne peut
pas y avoir de compromis sur les quatre premiers W. L’auditeur a besoin de
repères : où ça s’est passé, quand, qui est concerné, qu’est-ce qui s’est
passé ?

C’est la même chose dans la vie quotidienne quand vous rencontrez un ami, vous lui
racontez ce que vous avez vu : Où Quand Qui Quoi ?…

Il peut arriver que l’on doive rédiger un texte sans connaître la réponse au cinquième W,
le Why, le Pourquoi ? – ou le Comment (How) ? Une démarche plus poussée d’analyse
de l’information nous aidera à trouver cette réponse.

RÈGLES D’OR DU JOURNALISTE


 Dire le plus clairement possible en quoi consiste l’action. «Il y aurait des
désaccords au sein de l’équipe dirigeante» est une mauvaise information,
«Pierre et Jean se disputent la présidence» est une meilleure information.
 Toujours identifier le sujet de l’action. «La rentrée des classes a été
repoussée» est une mauvaise information ; « le ministre de l’éducation
repousse la rentrée des classes » est une information plus claire.
 Toujours dire où cela se passe : à Kinshasa, Brazzaville, N’jamena, Bangui,
Ouagadougou, Bujumbura, Casablanca, Dakar, Iran, Alger, Tunis, Tripoli…
dans tel quartier, telle rue, etc.
 Toujours dire avec précision quand s’est passé l’évènement que l’on relate :
ce matin, aujourd’hui, hier, il y a deux jours, il y a une semaine, le 10
janvier…

RECHERCHER ABSOLUMENT LA RÉPONSE.


Si l’on ne dispose pas de ces renseignements, il faut tout faire pour les rechercher. Une
information n’a de valeur que si la réponse à ces quatre questions fondamentales est
donnée. Un bon rédacteur en chef devrait jeter à la poubelle toute nouvelle qui ne comporte
pas ces réponses, et un journaliste ne devrait jamais donner une nouvelle qui ne les
comporte pas.

Cette règle s’applique à tout : lancements radio par exemple – Où Quand Qui Quoi ? – le
Comment/Pourquoi étant l’angle du reportage. Elle aide à la construction de papiers radio,
de reportages, dans les interviews, partout.

En français, on peut la compléter par un autre moyen mnémotechnique amusant :

CQQCOQP
Combien Qui Quoi Comment Où Quand Pourquoi.
Vous voyez par vous-même, ce sont des questions de tous les jours. Nous les
utilisons par réflexe. Dans le journalisme, elles doivent devenir LE REFLEXE.
05. SOURCES ET VÉRIFICATION DE
L’INFORMATION

Les sources du journaliste sont multiples : dépêches d’agence, journaux,


communiqués, autres médias TV ou radios, et aujourd’hui, tout ce qui se
passe sur Internet : blogs, réseaux sociaux, sites d’informations. A cette
liste, on peut ajouter les propres sources du journaliste, appels d’auditeurs,
témoins, les journalistes entre eux, la documentation de la rédaction, ce
qu’on entend dire ici ou là… Mais dans toute cette masse, il faut savoir trier
et, surtout, vérifier…

Vérifier deux fois, c’est une règle de base à la BBC. Quel que soit le pouvoir, le journaliste
peut être soumis à la manipulation, à la propagande ou bien au marketing publicitaire. Si
vous reprenez une nouvelle d’un journal, il faut que celle-ci soit absolument sûre et
vérifiée. En aucun cas, vous ne pouvez la lire telle quelle à l’antenne. Vous devez aussi
toujours citer le journal (la source : autre média, etc.).

COMMENT IDENTIFIER UNE VÉRITABLE INFORMATION ?


La nouvelle d’actualité

C’est ce qui se passe, ce qui vient de se passer, va se passer (annonce). Il s’agit d’un fait
récent dont on n’a pas encore entendu parler. Il convient d’évaluer chaque nouvelle du point
de vue des auditeurs. Comment un évènement, une déclaration, les concerne ou les touche.

L’info magazine
C’est la nouvelle qui ne porte pas forcément sur un événement précis mais explique un
problème, une situation, que l’on peut traiter hier, aujourd’hui, demain, mais qui intéresse les
auditeurs parce qu’ils ne la connaissent pas encore et que cela les touche. Vous pouvez par
exemple faire une enquête sur des réfugiés dans une forêt, la déforestation, l’érosion, les
crédits détournés pour une université… Ce sont des sujets qui émergent après une petite
enquête.

COMMENT CHOISIR UNE NOUVELLE PARMI TOUTES LES


INFORMATIONS QUI NOUS PARVIENNENT ?
Voici quelques critères :

L’actualité : une nouvelle doit être neuve, fraîche. Une information a peu d’intérêt si
l’auditeur l’a déjà entendue ailleurs.
La proximité géographique : les gens s’intéressent davantage à ce qui se passe dans
leur village, leur pays qu’à des événements éloignés.
La proximité d’intérêt : les gens sont sensibles aux nouvelles qui les concernent : coût
de la vie, budget, prix des produits alimentaires, état des routes, taxes de transports, coûts
de l’école… Mais aussi à ce qui est humain : faits insolites, humour, suspense, tragédie,
réussites, histoires d’enfants, personnes âgées, mémoire, handicap surmonté…
Le suivi : est une obligation pour une rédaction. On suit un événement dans la durée,
jusqu’à sa conclusion. Exemple : une grave panne d’électricité. Vous devez annoncer quand
elle est réparée et comment. Une menace d’épidémie : vous devez dire par la suite si la
menace se confirme, si les craintes sont dissipées, s’il n’y a plus de danger.
L’importance : une information importante touche beaucoup de gens, modifie leur
existence quotidienne, a une influence directe sur eux : catastrophe naturelle, conflit,
élections…
06. L’ÉCRITURE RADIO

La radio est un média rapide qui s’adresse à tout le monde, personnes


cultivées ou illettrées. L’écriture doit donc être simple, courte, au présent,
claire… facile à écouter, facile à retenir.
La première règle c’est de bien comprendre l’information avant de rédiger.
Si on n’a pas compris, on rédige mal. Bien comprendre pour bien rendre
compte, c’est le contrat de base entre le journaliste et son public.

COMMENCEZ PAR L’INFO D’ACTUALITÉ


Vos auditeurs vous écoutent pour savoir ce qui se passe, il faut donc commencer chacun de
vos textes avec l’information la plus fraîche.

ACCROCHEZ VOS AUDITEURS


La première phrase contient l’information d’actualité, mais elle doit également retenir
l’attention. Veillez à ce que votre écriture soit accrocheuse, en particulier au début de chaque
nouvelle. Si vous accrochez vos auditeurs, ils resteront à l’écoute.

UTILISEZ LE PRÉSENT
Vous devez décrire les événements qui viennent de se passer ou au moment où ils se
passent. Le présent, c’est le temps du récit ; il est adapté au traitement de l’actualité.

RÉDIGEZ DES PHRASES COURTES


L’information est souvent complexe, vos auditeurs ne peuvent pas revenir en arrière, ils
doivent comprendre instantanément.
Rédigez vos phrases sur le modèle : sujet/verbe/complément. Contentez-vous d’une idée
par phrase. Evitez les propositions subordonnées, posez plutôt un point et commencez une
nouvelle phrase.

SOYEZ PRÉCIS
Vos textes doivent être courts, chaque mot est important. Utilisez donc le mot juste. Bien
choisir ses verbes. Méfiez-vous d’être et avoir, verbes passe-partout et imprécis.

CONTENTEZ-VOUS DES FAITS, PROSCRIVEZ LES


COMMENTAIRES
Vous n’êtes pas à l’antenne pour donner votre avis. Contentez-vous de décrire l’actualité et
laissez vos auditeurs libres de leurs jugements.

PARLEZ AVANT D’ÉCRIRE


Un journal radio est un exercice oral. Le présentateur dit les informations. Ecrivez votre texte
en le murmurant. Quand vous accrochez sur un mot, changez-le, vous risquez d’accrocher à
l’antenne. Quand vous avez écrit votre texte, relisez-le à voix haute. Si le résultat ne vous
plait pas, modifiez le texte.

ADRESSEZ-VOUS AUX AUDITEURS


Vous écrivez seul vos nouvelles, au micro vous n’avez pas de contact avec le public. Mais
essayez toujours d’imaginer vos auditeurs. Est-ce qu’ils vont comprendre ? Essayez de vous
adresser à quelqu’un. Si vous écrivez de cette façon, le public sentira que vous lui parlez et
restera à l’écoute de votre journal.

DÉCRIVEZ L’INFORMATION
La radio sollicite l’oreille. Un texte bien écrit crée pourtant des images mentales chez celui
qui écoute. Pour obtenir ce résultat, utilisez une écriture descriptive. Pour être sûr de ne rien
omettre dans une information, utilisez les cinq W. Et pour la décrire, pensez aux cinq S.
comme sens. Toutes les informations nous parviennent par nos sens. Donnez à voir, sentir,
toucher, entendre et goûter l’information à vos auditeurs.
07. CORRIGEZ VOUS-MÊME VOTRE
ÉCRITURE

Voici un exercice très simple et très rapide qui permet de faire un diagnostic
sur votre écriture radiophonique et de vous corriger.

SUR CHACUN DE VOS TEXTES, SANS MÊME LES LIRE,


REPÉREZ LES 3 ÉLÉMENTS SUIVANTS :
 Entourez la première phrase.
 Soulignez les verbes.
 Barrez chaque point.

UNE FOIS QUE VOTRE TEXTE EST ANNOTÉ DE CETTE FAÇON :


 La première phrase :

Lisez attentivement la première phrase en cachant le reste du texte. Cette phrase doit
contenir l’élément d’actualité. Pour savoir si c’est le cas répondez à la question : quelle est
l’information nouvelle ? Si la phrase ne répond pas à cette question, c’est qu’elle est mal
écrite.
 Les verbes :

Il faut respecter une unité de temps. Les verbes doivent être au présent. Vérifiez que c’est
bien le cas.
Tous les verbes doivent être différents. Chacun d’entre eux doit correspondre à une idée
précise.
Etre et avoir sont des verbes à proscrire. Ils ne sont pas assez précis. Faites l’effort de
trouver des verbes appropriés.
 Les points :

Est-ce que vos phrases ne sont pas trop longues ? Si c’est le cas, vous donnez
probablement plusieurs informations dans chaque phrase. Pour vous corriger contentez-
vous d’une idée par phrase. Votre texte sera tout de suite plus clair et plus incisif. Autre
possibilité, vos phrases sont construites de façon trop compliquée. Utilisez la construction :
sujet/verbe/complément.

Faites ce test, corrigez-vous et vous verrez que votre écriture sera bien plus claire, plus
compréhensible pour vos auditeurs et plus facile à lire à l’antenne.

CONSEIL :
Dans votre rédaction, prenez l’habitude avant l’antenne de vous lire vos
textes entre vous, cela permet de voir si ça fonctionne, et s’il faut
corriger. Faites de même avec vos reportages quand vous avez un
doute. On s’améliore grâce aux autres.

08. LES TECHNIQUES D’INTERVIEW

Que ce soit en direct en studio ou dehors en reportage, l’interview se


pratique tous les jours à la radio. C’est sa richesse de donner la parole à un
maximum de gens. Parce qu’ils ont quelque chose à dire, parce qu’ils
apportent une information, réagissent en tant que politiques, chefs
d’entreprise, artistes, personnes ordinaires… à un événement. La radio ne
se fait pas dans une bulle, elle est en contact avec ses auditeurs. Mais
comment bien interviewer ? Voici quelques règles.

AVANT L’INTERVIEW
Première démarche : se documenter, connaître son sujet, le profil de la personne en
face.
Préparez vos questions : aidez-vous de notes pour les poser dans un ordre logique.
Présentez-vous : que ce soit au téléphone pour prendre rendez-vous ou quand vous
arrivez pour l’entretien. Dites qui vous êtes, pour qui vous travaillez, ce que vous allez faire
de l’entretien (diffuser des extraits, une grande partie, l’intégrale…).

Mettez à l’aise votre invité en lui disant l’angle que vous avez choisi, les thèmes que vous
allez aborder.

PENDANT L’INTERVIEW
Posez des questions ouvertes : commencez vos questions par pourquoi ou par
pensez-vous que… plutôt que par est-ce que… ? De façon à éviter que votre interlocuteur
réponde par oui ou par non.
Posez une seule question à la fois : si vous en posez plusieurs, votre interlocuteur
répondra à la dernière, et il aura oublié les autres… et vous aussi.
Posez des questions, n’affirmez pas votre position : vous n’êtes pas là pour
prendre parti, faire un discours, un commentaire. Votre but, c’est d’avoir de bonnes
réponses. Et pour cela, vous avez réfléchi à des questions les plus pertinentes possibles.
Ecoutez les réponses : il y a toujours des éclairages, des explications à demander.
Sachez couper et interrompre poliment : c’est souvent le propre des hommes
politiques de faire de grandes digressions pour ne pas répondre. Ramenez-les dans le
chemin que vous vous êtes fixé : l’objet de votre entretien.
Sachez aider votre interlocuteur : il y a des gens peu bavards ou intimidés par le
micro ; mettez-les à l’aise, reformulez vos questions.
Si votre interlocuteur ne répond pas à la question ou s’il vous répond par une
question, c’est que la question est gênante ou délicate. N’hésitez pas à reposer calmement
votre question. C’est vous le maître de l’interview.

TRUCS DU MÉTIER
Montrez que vous êtes intéressé : regardez votre invité dans les yeux, hochez la
tête, approuvez…
Refusez les réponses lues : parfois des gens arrivent avec des réponses écrites,
dites-leur que c’est très mauvais, ils n’ont pas l’air naturels à l’antenne, ils vont se perdre
dans leur texte alors qu’ils ont tout dans la tête et qu’ils seront bien meilleurs à l’oral.
Pensez au montage pendant l’interview : une bonne interview est une interview
dont on peut extraire de bons sons.
Avant de prendre congé, vérifiez votre enregistrement : réécoutez la fin de
l’interview pour voir si vous avez une qualité de son diffusable.
09. LE TRAVAIL DE LA VOIX

Faut-il avoir une bonne voix pour faire de la radio ? De préférence oui, mais
on voit des présentateurs avec une voix enrouée se distinguer parce qu’ils
savent l’utiliser. Vous mettez un très bon tambour dans les mains d’un
mauvais musicien, il ne produira rien de bon. Vous mettez un mauvais
tambour dans les mains d’un très bon musicien, et vous avez de la magie,
du rythme, du son. En radio, il faut écrire pour sa propre voix, c’est le
chemin le plus difficile à trouver.

Faites le test, écoutez vos voisins : certains parlent vite, d’autres lentement. C’est notre
singularité d’être humain. En radio, il faut trouver le juste milieu.

PREMIÈRE RÈGLE : S’ADRESSER À QUELQU’UN


Vous n’êtes pas sur la place publique pour un discours, vous parlez à une personne. Levez
le nez régulièrement de votre papier et regardez le technicien. C’est votre premier auditeur,
votre ami. Il peut vous faire signe de ralentir. En radio on parle plus lentement que dans la
vie.

DEUXIÈME RÈGLE : ÉCRIRE POUR PARLER


Il y a une musique de la langue orale qui n’est pas celle de l’écrit de nos études. Pendant
que vous écrivez, murmurez vos phrases. Vous allez voir que vous trouverez un style simple
qui s’approche de votre manière de parler. Cela vous évitera au micro hésitations et
bafouillis.
TROISIÈME RÈGLE : SORTIR SA VOIX
Les premières fois au micro, on est timide. On lit son texte comme on le fait d’habitude pour
soi-même. La voix est morne, sans éclat. Enlevez le texte et demandez à la personne de
redire ce qu’elle a écrit. Tout de suite vous voyez la différence. La personne reprend sa voix
naturelle. Sortir sa voix, cela ne veut pas dire crier, c’est trouver le juste milieu entre sa voix
naturelle et le ton pour dire les nouvelles.

QUATRIÈME RÈGLE : S’ENTRAÎNER


Il y a des techniques de diction comme lire un texte avec un crayon entre ses dents. Cela
aide à mieux articuler et muscler ses lèvres. Il faut se réécouter en regardant sa voix comme
un objet. On peut demander l’aide d’un comédien, à ses collègues, à son rédacteur en chef.
La radio est une équipe, on doit pouvoir s’entraider pour s’améliorer.

CINQUIÈME RÈGLE : LA MISE EN BOUCHE


C’est la plus fondamentale, valable pour tous les journalistes, débutants ou professionnels
confirmés. Avant de passer à l’antenne : relisez à haute voix votre journal, votre flash, votre
papier. Vous échauffez ainsi votre bouche et vos cordes vocales. Vous imprimez dans votre
esprit la musique de votre texte. A l’antenne, vous l’avez tellement dans la tête que cela
coule tout seul. Certains présentateurs se massent la bouche avant de rentrer en studio et
boivent un peu d’eau pour éviter d’avoir de la poussière dans la gorge. La radio, c’est
comme le sport : échauffements et étirements avant de rentrer sur le stade.

SIXIÈME RÈGLE : NE PAS MANGER LE MICRO


On parle à 20 centimètres du micro (fiche 19). On dégage une oreille de son casque pour
pouvoir s’entendre comme dans la vie. L’autre sert à recevoir les ordres et à contrôler.
10. LE JOURNAL

Présenter un journal engage la responsabilité du présentateur et de toute


l’équipe. Un journal est fait de titres, de lancements, de reportages et de
brèves. C’est une musique. Sa durée est de 10 à 15 minutes, ou plus selon
le choix de la radio. En général, on trouve plusieurs journaux le matin, un
grand journal à la mi-journée, un grand journal du soir. Comme tout en
radio, un journal se prépare, s’écrit, se met en bouche et se dit à l’antenne.

AVANT DE RÉDIGER : LIRE, ÉCOUTER ET PENSER LE RYTHME.


Après la conférence de rédaction, chaque minute compte pour le présentateur. Il doit faire
face à un impératif : être prêt à l’heure du journal. Cette obligation incontournable amène un
réflexe malheureux : la rédaction prématurée des textes du présentateur. Voici quelques
conseils pratiques préalables à la rédaction qui vous feront gagner du temps et réaliser un
meilleur journal.

La première chose à faire est de relire les notes que vous avez prises
pendant la conférence de rédaction. Cela vous permettra de vérifier que vous avez
bien compris ce qui a été décidé pendant cette réunion. Grâce à cette relecture, vous
pourrez vérifier également quels sont les éléments ou informations qui vous manquent ou qui
sont incomplets.
Inscrivez sur une liste les tâches à accomplir jusqu’au journal. Vous devez
écrire ces éléments dans un ordre logique. Il s’agit ici de faire une sorte de « check list » de
votre journal, sur le modèle de celle utilisée par l’équipage d’un avion avant le décollage.
Vous pourrez barrer la liste au fur et à mesure de l’accomplissement des différentes tâches.
Lisez la note de liaison rédigée par votre confrère, présentateur de
l’édition précédente. De la même façon lisez le script de son journal. Si vous n’avez
pas pu écouter l’édition précédente en direct, procurez-vous une copie et écoutez-la.
Lisez les lancements des reportages qui sont déjà en boîte. Les reporters
doivent laisser leurs reportages avec des éléments de lancement en précisant l’angle choisi.
Ecoutez attentivement les sons qui sont disponibles. Notez les débuts et les
fins de chaque son pour vous aider à rédiger les lancements. Notez la durée de chaque son.
Communiquez avec les reporters. Faites-vous préciser les choses qui vous
interpellent à la lecture des lancements et à l’écoute des sons. Renseignez-vous pour savoir
qui est sur le terrain et quand ils vont rentrer. Téléphonez aux correspondants des autres
rédactions pour vérifier que vous avez bien tous les éléments.
Enfin pensez au rythme et à l’équilibre du journal. Avant de commencer à
rédiger, ayez une idée précise de la forme finale de votre journal. Pour cela, posez-vous
quelques questions : Est-ce que vous avez assez d’informations en bref ? Est-ce que vous
n’avez que des papiers-plus-son ? Avez-vous des informations pour chaque grande région
du pays ? N’avez-vous pas trop de sujets politiques et rien sur la vie quotidienne ?

11. LE LANCEMENT

On dit aussi Chapo ou Intro. Dans les radios françaises, on a gardé


l’habitude de désigner ainsi l’introduction d’un sujet. Parce que du temps
des magnétophones à bandes, le journaliste faisait le signe de lancer pour
dire au technicien d’envoyer le sujet. On le fait encore si on est avec un
technicien, notamment dans les éditions principales.
DÉFINITION
Le lancement est un texte rédigé par le présentateur qui permet de « lancer », c’est-à-dire
d’introduire un sujet pendant un journal.

DURÉE D’UN LANCEMENT


Un lancement dur en moyenne une vingtaine de secondes, soit un minimum de trois phrases
et un maximum de cinq ou six phrases.

STRUCTURE D’UN LANCEMENT


Un lancement est structuré en trois parties :
 1ère partie : La phrase d’accroche qui contient l’information
d’actualité.

Pour déterminer qu’elle est l’info d’actualité, il existe une technique toute simple. Il faut se
poser la question suivante : « quelle est l’information nouvelle ? » La réponse à cette
question doit tenir en une phrase. Il faut rédiger cette phrase de façon accrocheuse, pour
fixer l’attention de l’auditeur.
 2ème partie : Les informations complémentaires.

Il s’agit au minimum d’une phrase, mais le plus souvent de deux ou trois phrases qui
apportent les quelques éléments indispensables à la compréhension de l’information. Pour
être sûr que vous n’avez rien oublié utilisez les 5 W : Who When Where What Why ; en
français : Qui Quand Où Quoi et Pourquoi. Pensez à vérifier que votre lancement réponde
bien à ces cinq questions.
 3ème partie : la phrase qui présente l’angle sous lequel le sujet a été traité.

Le reporter, chaque fois qu’il réalise un sujet, peut le faire selon des « angles », des
éclairages différents. Prenons par exemple un reportage sur le début d’un procès. Voici
différents angles possibles :
 le portrait de l’accusé sous forme de papier.
 le rappel des faits qui ont amené à ce procès, sous forme de papier.
 une interview croisée des avocats des victimes et de l’accusé.
 etc …

EXEMPLE DE LANCEMENT
 1ère partie : Le procès des assassins présumés de Laurent Désiré
Kabila débute ce matin à Kinshasa.
 2ème partie : Ce premier jour sera consacré à la lecture de l’acte
d’accusation. Les accusés resteront enfermés à la prison de Makala
pendant toute la durée du procès.
 3ème partie : Le principal accusé est Eddy Kapend, l’ancien chef
d’état-major du président Kabila. Son portrait par notre reporter Paul L.
12. LA BRÈVE

La brève est l’art de la radio. C’est une information courte qui, dans un
journal, donne du rythme entre les sujets développés. Elle permet de poser
sa voix. Elle introduit des respirations puisque derrière une brève vous
marquez un petit temps pour reprendre votre souffle, avant d’attaquer la
brève suivante ou le sujet suivant. Là aussi, il faut s’entraîner. Pour écrire
une bonne brève, il faut parfois s’y reprendre à plusieurs fois.

DÉFINITION D’UNE BRÈVE


Une brève est une information qui n’est pas développée sous la forme d’un sujet, comme un
papier ou un son. Elle peut être utilisée dans un flash ou dans un journal complet.

DURÉE D’UNE BRÈVE


Comme son nom l’indique, une brève tient en quelques lignes. Trois ou quatre phrases
permettent en général d’écrire une brève. En temps, cela représente entre une dizaine et
une vingtaine de secondes. Si une brève est trop longue, cela signifie que vous n’avez pas
été à l’essentiel et que votre information est diluée.

STRUCTURE D’UNE BRÈVE


Une brève est structurée en deux parties :
 1ère partie : La phrase d’accroche qui contient l’information
d’actualité.
Pour déterminer qu’elle est l’info d’actualité, il existe une technique toute simple. Il faut se
poser la question suivante : « quelle est la nouvelle information ? » La réponse à cette
question doit tenir en une phrase. Il faut rédiger cette phrase de façon accrocheuse, pour
fixer l’attention de l’auditeur.
 2ème partie : Les informations complémentaires.

Il s’agit au minimum d’une phrase, mais le plus souvent de deux ou trois phrases qui
apportent les quelques éléments indispensables à la compréhension de l’information. Il
existe un truc élémentaire pour être sûr que vous n’avez rien oublié : les 5 W qui sont Who
When Where What Why, soit en français Qui Quand Où Quoi et Pourquoi ? Pensez à vérifier
que votre brève réponde bien à ces cinq questions.

Exercice : prenez une brève écrite par un de vos collègues et réécrivez-la en barrant tous
les mots qui vous paraissent inutiles. Passez-la à un autre journaliste et demandez-lui de la
réécrire. Lui aussi va la raccourcir. C’est ce qui se passe lors de la préparation du soir. Le
journaliste de permanence écrit des brèves à partir des dépêches ou des reportages. Le
lendemain matin, le présentateur les regarde d’un œil neuf et les réécrit encore plus courtes
et quasiment dans une forme parfaite. La radio est un travail d’équipe.

13. LA HIÉRARCHIE D’UN JOURNAL

Reportez-vous à la fiche 5 – les sources et la vérification de l’info –


où nous avons déjà parlé de comment trier toutes les informations qui nous
parviennent. Nous donnons ici quelques conseils supplémentaires qui sont
le réflexe à avoir lorsqu’on présente un journal, une fois écrits tous les
lancements et les brèves. Remarquez que nous ne parlons pas encore de
titres, car les titres s’écrivent en dernier. C’est l’objet de la fiche suivante.

DÉFINITION
La hiérarchie, c’est l’ordre dans lequel le présentateur d’un journal va donner les
informations. Il s’agit de placer les différentes informations dans un ordre précis, par ordre
d’importance des sujets. C’est un travail d’organisation et de logique qui permet aux
auditeurs de bien comprendre et de bien suivre le déroulement du journal.

COMMENT HIÉRARCHISER SON JOURNAL ?


Il existe plusieurs méthodes. Avec l’expérience, chaque présentateur met au point sa propre
technique. Une technique facile à appliquer consiste à examiner chaque information selon
trois critères.
1. La fraîcheur de l’information

Plus l’information est récente, plus elle remonte dans la hiérarchie du journal. La raison
principale est qu’un journal traite de l’actualité du jour, des événements qui se passent le jour
même. Il s’agit de « coller » à l’événement. De raccourcir le délai entre l’événement et son
récit dans le journal. Ce qui intéresse vos auditeurs, ce sont les faits du jour, pas ceux de la
veille ou de la semaine dernière. La seconde raison, c’est que la fraîcheur de l’information
est un critère objectif indiscutable. On peut trier les informations dans un ordre chronologique
sans se tromper, ni prêter le flanc à la critique.

2. L’intérêt de vos auditeurs pour l’information

Vous devez connaître vos auditeurs et leurs centres d’intérêts, votre public cible, à qui vous
vous adressez. Exemple : un sujet de vie quotidienne, taxes, impôts, parle à tout le monde.

3. L’importance de l’information

Plus l’information est importante, plus elle remonte dans la hiérarchie du journal. Pour
pouvoir plus facilement juger de l’importance d’un sujet, fiez-vous à la ligne éditoriale de
votre radio et demandez l’avis de votre rédacteur en chef.

L’OUVERTURE DU JOURNAL
Cet examen doit aboutir à un choix de votre part : la première information de votre
journal - le sujet d’ouverture. Une fois celui-ci déterminé, vous devez décliner
le reste du journal par chapitres. Imaginons que votre ouverture soit un sujet
politique, vous devez placer ensuite le reste de l’actualité politique. Si ensuite vous
pensez que le sujet qui s’impose est économique, placez l’ensemble des sujets
économiques, et ainsi de suite, jusqu’à ce que tous vos sujets aient trouvé leur place
dans la hiérarchie de votre journal.

UN PETIT MOYEN MNÉMOTECHNIQUE UTILE, PENSEZ À : PUNI


Proche, Utile, Nouveau et Intéressant
C’est un slogan tiré d’une radio locale de proximité : « Vous êtes tous PUNIS !»

14. LES TITRES DU JOURNAL

Il n’y a pas besoin de titres dans un flash (voir fiche 17) parce que c’est
une suite d’informations courtes qui durent deux à trois minutes. En
revanche, les titres sont nécessaires pour un journal de 10 à 15 minutes. Ils
annoncent les principaux sujets pour alerter l’auditeur et lui donner envie
d’écouter. « Tiens, quoi de neuf aujourd’hui ? »

DÉFINITION
Les titres sont les informations principales qui vont être développées dans le journal. Le
présentateur choisit de les valoriser en les plaçant au début de son édition.

A QUOI SERVENT LES TITRES ?


Si votre journal est une boutique dont vous êtes le vendeur, les titres en sont la vitrine. C’est
ce que l’auditeur entend en premier et qui va le convaincre de rester à l’écoute. Les titres du
journal jouent le même rôle que la première phrase d’un lancement ou d’une brève. Ils
donnent l’information principale et accrochent l’attention de l’auditeur.

QUELS SUJETS CHOISIR POUR FAIRE LES TITRES ?


Les trois ou quatre sujets les plus importants du journal. « L’ouverture », le premier sujet,
ensuite les deux ou trois thèmes importants du jour. Il est également intéressant de mettre
en avant un sujet original qui n’est pas d’une actualité brûlante. Parfois, on peut titrer sur le
sujet de fin de journal, parce qu’il est léger.

COMMENT RÉDIGER LES TITRES DU JOURNAL ?


Pour une question de rythme, les titres se rédigent en une ou deux phrases. La première
phrase accroche l’auditeur en donnant l’information. La seconde vend l’angle choisi pour
traiter l’info.

COMBIEN DE TITRES RÉDIGER ?


Il faut un minimum de trois titres, sinon le journal va paraître pauvre aux auditeurs. Le
maximum sera de cinq titres, parce qu’il faut choisir les informations principales. Surtout ne
pas faire une liste de tous les sujets développés.

DURÉE DES TITRES DU JOURNAL ?


La durée des titres varie selon la longueur du journal. Pour un journal d’un format classique
d’une dizaine à une quinzaine de minutes, les titres doivent faire une quarantaine de
secondes.

QUAND FAIRE LES TITRES ?


La plupart du temps le présentateur rédige ses titres en dernier. Dans un journal d’actualité,
il faut se tenir prêt à rajouter une information de dernière minute. Si cette info est capitale, il
faut bien sûr la donner en titre. Il vaut donc mieux rédiger les titres ½ heure avant de passer
à l’antenne.

COMMENT VALORISER LES TITRES AUPRÈS DES AUDITEURS ?


Il faut bien les choisir et bien les rédiger. L’habillage joue un grand rôle (voir fiche suivante).
Ainsi il faut placer un jingle avant les titres et une virgule à la fin. Les titres peuvent être
soulignés par un tapis musical qui va donner du rythme et de l’intensité. Mais la voix du
présentateur doit absolument rester audible et compréhensible.
15. L’HABILLAGE DU JOURNAL

En radio, tout est musique ou presque, votre voix, les sons des reportages,
la parole des auditeurs, les invités, les interventions, les blagues des
animateurs… C’est du rythme. Mais comme c’est du flux, l’oreille a besoin
de repères. C’est la raison de l’habillage. Il donne la couleur de votre radio
et la distingue des autres. Quand vient l’indicatif du journal, on se dit : «
C’est l’Heure ! » Il mérite toute votre attention. Lui aussi a un traitement
particulier. Il identifie votre radio.

DÉFINITION
L’habillage du journal est constitué de brefs éléments sonores. Cet habillage a deux
fonctions :
 Attirer et retenir l’attention des auditeurs.
 Faciliter la compréhension des informations.

QUELS SONT LES ÉLÉMENTS DE L’HABILLAGE ?


L’habillage de base d’un journal est composé de :
 Jingles (extraits musicaux et vocaux qui identifient une émission).
 Virgules (ponctuations sonores très brèves).
 Tapis (boucle musicale rythmée) .

COMMENT UTILISER L’HABILLAGE ?


L’habillage est placé dans le journal à des moments précis.
Au début du journal : la règle veut qu’on place un jingle juste avant le journal. Ce jingle
attire l’attention de l’auditeur et l’informe que c’est l’heure des news. Exemple : une voix qui
dit sur un fond musical percutant « Le journal, Paul M… ».
Pendant les titres : on diffuse un tapis musical sous la voix du présentateur. Ce tapis
crée une tension et attire l’attention des auditeurs. Il faut veiller toutefois à ce que la voix
reste parfaitement audible et compréhensible.
A la fin des titres : on place une virgule qui crée une rupture et permet au présentateur
d’attaquer sur sa première information.
Pendant le journal : on prévoit des virgules lorsqu’on a fini de présenter une catégorie
d’informations. Par exemple, si vous ouvrez votre journal par deux sujets politiques et que
vous enchaînez sur deux sujets économiques, vous pouvez placer une virgule à la fin du
2ème sujet politique. Cette virgule montre que le chapitre politique du journal est terminé.
Elle relance l’attention des auditeurs sur les sujets économiques.
A la fin du journal : une virgule montre que la session d’information est terminée. Cela
crée un effet de rupture et permet de passer à la suite du programme.

16. LE CONDUCTEUR DU JOURNAL

C’est la dernière étape avant de passer à l’antenne, il faut penser à tout.


Dans la mesure où vous êtes très près du journal, faites-vous aider. Vous
avez dans l’ordre : à classer vos éléments (reportages, papiers
enregistrés), les mettre par ordre dans un même dossier si vous ne l’avez
pas encore fait. Et, le plus important, écrire le scénario récapitulatif de votre
journal pour le technicien, afin qu’il sache d’un coup d’œil ce que vous vous
voulez.
C’est LE CONDUCTEUR.

DÉFINITION
Le conducteur est le document rédigé par le présentateur qui va permettre au technicien de
mettre en onde le journal ou l’émission. C’est le mode d’emploi de la diffusion du journal.

QUAND RÉDIGER UN CONDUCTEUR ?


Il faut rédiger le conducteur une fois que tous les textes sont écrits, que la hiérarchie des
informations a été établie, que les différents éléments sonores sont identifiés et que
l’habillage a été posé. Le conducteur est le tout dernier document rédigé avant le passage à
l’antenne.

COMMENT RÉDIGER UN CONDUCTEUR ?


L’utilisateur du conducteur, c’est le technicien qui réalise le journal ou l’émission. Le
conducteur doit donc indiquer simplement et très précisément les différents éléments dans
l’ordre de leur passage à l’antenne. C’est très synthétique : des mots, des temps, des
numéros.

SON/ PAPIER/ LANCEMENT/ BRÈVE/ HABILLAGE.


Le conducteur doit indiquer également les différentes sources que le technicien va devoir
utiliser : micro/MD/téléphone/CD/fichier son/ etc.

Exemple de conducteur d’un journal de 10 minutes :

Source Contenu Durée

MD 1 plage 3 Jingle début journal 10 secondes

Micro 1 Titres journal (4 titres) 40 secondes

MD 1 plage 4 Virgule fin titres 2 secondes

Micro 1 Lancement procès Mbandaka 15 secondes

Paul K. en direct palais


Téléphone (02 36 54 28) justice 1 minute

Micro 1 Pied procès 10 secondes


Micro 1 Brève accident Bukavu 20 secondes

MD 1 plage 5 virgule 2 secondes

Micro 1 Lancement élections Goma 20 secondes

MD 2 plage 1 Son élection 56 secondes

Micro 1 Brève MLC Gbadolite 15 secondes

Micro 1 Lancement choléra Kalémie 20 secondes

MD 2 plage 2 Nicole L. Papier choléra 1 minute

MD 1 plage 5 virgule 2 secondes

Micro 1 Lancement Kabila 15 secondes

Micro 2 Paul L. Papier Kabila. 1 minute

Micro 1 Brève hôpital 20 secondes

Micro 1 Lancement école Kananga 20 secondes

MD 2 plage 3 Enrobé école Kananga 2 minutes

Micro 1 Au revoir 30 secondes

MD 1 plage 6 Jingle fin journal 6 secondes

Durée totale : 10
minutes 03
Vous pouvez aussi demander à votre hiérarchie une grille-type à remplir à la
main. Très utile quand on est pressé.
17. LE FLASH RADIO

Flash, en anglais, veut dire éclair, comme le flash de l’appareil photo. Pour
la radio, les Anglo-saxons préfèrent le terme de news flash, un coup d’œil
rapide sur les dernières nouvelles. L’actualité évolue. Lors de grands
événements, elle bouge même d’heure en heure. Le flash radio a pour
fonction de donner les derniers rebondissements. Il indique, il annonce, il
ne développe pas. C’est un mini-journal de brèves sans titres (reportez-
vous à la fiche 12 – la Brève).

DÉFINITION
Le flash est un rendez-vous d’actualité, comme le journal. Sa fonction est de donner les
nouvelles aux auditeurs. Il existe pourtant d’importantes différences entre le flash et le
journal radio.

DURÉE DU FLASH
Première particularité : un flash est un rendez-vous d’actualité très court. C’est d’ailleurs
cette brièveté qui vaut son nom au flash. Une radio FM faisait récemment la publicité de ses
flashs en disant qu’ils offraient aux auditeurs « Le tour du Monde en 90 secondes ». Un flash
dure de une à trois minutes.

FRÉQUENCE
La plupart des radios ont des flashs toutes les heures. Toutes les demi-heures pour les
radios d’information continue, avec même des titres tous les quarts d’heure. C’est un choix
de la radio, selon ses moyens. Elle suppose plus de deux journalistes par jour assis derrière
leur écran à surveiller les dernières nouvelles, à rester en contact avec les reporters sur le
terrain…

FORME RÉDACTIONNELLE
Un flash est constitué uniquement de brèves. La seule marge de manœuvre du présentateur
pour travailler le rythme de son flash, c’est de varier la longueur de ses brèves. Certaines
informations sont dites en cinq secondes, d’autres peuvent exceptionnellement dépasser
vingt secondes. Un flash permet de donner au maximum de 6 à 10 informations.

CONTENU ÉDITORIAL
Parce qu’un flash est court, il survole l’actualité. Seules les informations les plus importantes
ont leur place dans un flash. Il faut aller à l’essentiel. Il est impossible de développer un
sujet, une analyse ou d’y faire un commentaire.
 Les faits d’abord. La nouveauté sur ce qui se passe. C’est l’ouverture du
flash.

 Une information qui tombe à 9h45 doit avoir sa place dans le flash de 10h.

 Cette même information peut très bien ne pas apparaître dans le journal de
13h, parce qu’elle n’est pas capitale, mais elle était importante à 10h.

Dans un flash, on peut aussi après les informations principales :


 Annoncer le dossier qui sera développé dans le journal de la mi-journée ou
du soir (promotion du travail de la rédaction).

 Donner des informations pratiques : circulation, météo, annonces de


réunions, résumé de circulaires administratives (proximité avec les
auditeurs).

 Eventuellement diffuser un son très court ou un papier selon


l’appréciation du présentateur et l’importance de l’actualité.

 Terminer par une annonce de spectacle, concert, ou une petite histoire


légère (pour passer l’antenne au programme avec le sourire).
18. LE REPORTAGE

Sans reportage, il n’y a pas de journalisme. Le reportage est le geste


professionnel premier, le geste de celui qui va chercher l’information là où
elle se trouve : sur le terrain. Le reporter est donc un journaliste qui va
couvrir les évènements d’actualité pour les retransmettre aux auditeurs.
Pour cela il doit préparer sa sortie, se documenter sur le sujet, préparer son
équipement, choisir ses interlocuteurs, prévoir ses angles de traitement du
sujet.

ATTITUDES DU REPORTER
Sur le terrain, le reporter fait preuve d’initiative, il cherche les bons interlocuteurs, pose les
bonnes questions. Il observe, il note. L’outil du reporter radio, c’est le son. Il sait enregistrer
une interview, prendre de l’ambiance, ramener des éléments sonores bien modulés (fiche
19).

AVANT DE PARTIR : MAÎTRISEZ LE SUJET


Lisez les dépêches, communiqués, dossiers de presse, articles déjà écrits sur le sujet.
Assurez-vous que vous comprenez bien. Vérifiez les noms, les faits, les dates, les chiffres
pour être pris au sérieux par vos futurs interlocuteurs.

DÉTERMINEZ L’ANGLE
Quel(s) aspect(s) du sujet mettre en valeur ? De quelle façon éclairer le sujet pour le rendre
compréhensible ? Qu’est-ce qui intéressent vos auditeurs ? Il est impératif de se poser ces
questions avant de partir. Vos collègues vous aideront à trouver les bons angles lors de la
conférence de rédaction.

FAITES UNE LISTE DE QUESTIONS


Ne rédigez pas mot pour mot votre interview, préparez un canevas, quelques notes qui
reprennent les angles que vous voulez exploiter, les informations que vous souhaitez obtenir.

VÉRIFIEZ VOTRE MATÉRIEL


Batterie, micro (faites un test), bonnette anti-vent, vider la SD Card, perche éventuellement
pour prendre du son de loin, casque…

SUR LE TERRAIN : CHOISISSEZ LES BONS INTERLOCUTEURS


Qui allez-vous solliciter ? Il existe deux catégories d’interlocuteurs pour tous les sujets :
 Les acteurs : ceux qui sont concernés directement par l’événement, ils vont
raconter, décrire, témoigner.
 Les experts : leur connaissance du sujet les rend crédibles, ils peuvent
expliquer, analyser, commenter.

SUR LE TERRAIN : PRÉPAREZ VOS INTERLOCUTEURS À


L’INTERVIEW
Assurez-vous que vous allez bien trouver vos interlocuteurs. Sauf circonstances
particulières, prenez rendez-vous. Expliquez aux personnes que vous êtes journaliste, que
vous travaillez sur la radio XXX… Précisez bien que vous souhaitez une interview. Expliquez
comment elle va être utilisée (extrait, interview montée…).

EN COURS DE REPORTAGE
Vérifiez après chaque interview la qualité de votre enregistrement. Réécoutez les dernières
phrases. Si ce n’est pas bon (exemple : coup de vent, bruit de moteur trop fort à côté…)
recommencez. Votre interlocuteur est à côté de vous. Il comprendra si vous lui expliquez
simplement.

NE LAISSEZ PAS VOTRE INTERLOCUTEUR PRENDRE LE MICRO


C’est vous qui conduisez l’interview. Vous avez à surveiller la qualité du son.
19. LA PRISE DE SON

Pas de radio sans du bon son, sans une bonne qualité d’enregistrement. Le
reporter n’est certes pas un technicien ni un ingénieur du son, mais il lui est
indispensable de connaître quelques principes. Pensez à vos auditeurs.
Certains vous écoutent sur un vieux transistor aux piles fatiguées. Imaginez
celui-là qui marche dans la rue avec son poste plein de grésillements. Si le
son est mauvais, il n’entendra rien. Il changera de radio.

LE MICRO
Les radios équipent leurs reporters de micros omnidirectionnels, des micros qui prennent
tout. Ce sont les plus faciles à manier. Il suffit de les approcher ou de les éloigner d’une
source pour changer le son.

Exemples :

En interview : on a besoin que l’interlocuteur soit « présent » pour bien l’entendre. On


approche le micro à 20 centimètres de sa bouche.
Si on est trop près, le son est saturé, le micro percute sur tous les « P » et les « T »
Si on est trop loin, on entend à peine la personne, le son est sous-modulé.
Vous pouvez avoir un son sous-modulé si vous ne donnez pas assez de gain lorsque
vous enregistrez des ambiances (très utiles en reportage).
Vous-même, en interview, vous devez enregistrer vos questions, certaines vont rester au
montage… Tournez le micro vers vous en respectant les 20 centimètres. Si vous êtes trop
près, vous aurez un son saturé, trop loin, sous-modulé.
UN SON SATURÉ NE SE RATTRAPE PAS
Vous avez déjà vu une time-line de montage. Quand le son est saturé, les ondes sont
coupées en haut et en bas au carré. Vous vous dites, pas de problème, je vais dans
« effets » – « amplitude » et je réduis de 3 ou 4 db. Oui, ça peut se faire, mais vous aurez
toujours les vagues du son coupées en haut et en bas et ça fera brrrr… ou un son pas beau.

Avec un son sous-modulé, quand on monte le son, on monte en même temps le


souffle, les ambiances, on ne gagne pas en présence.

COMMENT AVOIR UN BON SON ?


En respectant tout ce que nous avons dit plus haut, et en suivant aussi cette « check-list »:

Avant de partir : vérifier votre matériel, faites des tests micro, réécoutez, demandez un
casque ou des écouteurs de baladeur, une « bonnette » pour couper le vent.
Sur le terrain : pour régler le niveau de parole de votre interlocuteur, demandez-lui de se
présenter, de rappeler sa fonction, de dire un mot sur « la météo » par exemple.

Vous lui expliquez pourquoi : pendant ce temps vous réglez votre niveau d’enregistrement
en regardant le vu-mètre sur votre enregistreur (on dit aussi modulo-mètre ou PEAK-mètre
en français – peak meter en anglais).

Pendant l’enregistrement : regardez régulièrement vos niveaux.


Avant de quitter votre interlocuteur, réécoutez la fin ou le début pour être sûr
d’avoir un bon son. Si ce n’est pas bon, recommencez en expliquant pourquoi.
Pour les ambiances : travaillez avec le casque en regardant vos niveaux.
EVITEZ LE DICTAPHONE : c’est un appareil pour prendre des notes à la
radio ; il produit un son moins bon que le téléphone.
20. LE SON

Le reportage se décline de trois façons : un papier (voir fiche 23), un son ou


un enrobé (un papier + son(s), package en anglais voir fiche suivante). Il
peut donner lieu aussi à une brève (fiche 12). Il s’accompagne d’un
lancement (fiche 11). Le montage permet de réduire les enregistrements
d’origine (les rushes) à la taille choisie. Un bon montage ne s’entend pas.

LE SON
Le son est un extrait d’interview. Il correspond à un angle. Ce n’est pas le résumé d’une
interview. Il fonctionne par lui-même derrière le lancement, lequel indique alors le nom, la
fonction de la personne interviewée et l’angle, la question à laquelle elle
répond.

COMMENT MONTER UN SON ?


 Il faut d’abord isoler toute la partie de l’interview qui correspond à l’angle.
Cela peut aller de 2 à 3 minutes, voire plus.
 Ensuite on regarde où cela peut commencer, l’attaque, et on regarde la
chute, la fin.
 Sélectionnez cette partie-là et copiez-la sur une nouvelle time-line.
 Enregistrez sous : il est important de constituer deux dossiers – un pour les
sons bruts, un pour les sons montés – et d’enregistrer régulièrement pour
éviter de tout perdre en cas de coupure de courant. En cas de mauvais
montage, le son d’origine est là en réserve, inchangé.
 Dernière opération : RÉDUIRE. C’est la plus longue. On élimine d’abord les
hésitations, les redites. Dans la vie, quand on parle, on va rarement au but
tout de suite, il y a des digressions, des incidentes. En cours de route, vous
éliminez vos questions si elles n’apportent rien. Ensuite, vous tâtonnez pour
arriver au format demandé : 30 », 40 », 50 », 1 minute…

UN BON SON NE TRAHIT PAS LA PENSÉE DE


L’INTERLOCUTEUR.
Il se contente de raccourcir son propos en lui donnant du punch. Si vous avez un doute
n’hésitez pas à le faire écouter à un collègue ou à votre rédacteur en chef. Il vaut toujours
mieux corriger avant la diffusion.

21. LE PAPIER-PLUS-SON OU « ENROBÉ »

Le papier-plus-son, comme son nom l’indique, est un texte enregistré avec


un ou plusieurs sons. Le texte enrobe le son, d’où le nom d’enrobé. Les
Anglais l’appellent package, pour eux, c’est le vrai reportage, report.
Il y a plusieurs formes d’enrobés : du simple avec un son, aux plus
complexes avec plusieurs sons, des ambiances. C’est le reportage vivant.
L’enrobé comme le son se lance avec un lancement qui donne à la fin le
nom du journaliste et l’angle de son reportage.

Voici trois schémas possibles :

ENROBÉ AVEC UN SON


Lancement – angle du reportage :

Texte du journaliste 20 » Son extrait Texte du journaliste 10 »


d’interview 30 »
Avec plusieurs sons

Texte 1 Son 1 Son 2 Texte 3


Texte 2(relance)
Avec des ambiances

Texte 1 Son 1 Texte 2 Son 2 Texte 3

ambiance ambiance ambiance

Les possibilités sont multiples. Le journaliste peut exercer sa créativité (mettre plus de sons).
Mais attention au TEMPS.

Deux recommandations :
Sous les voix, on baisse toujours un peu l’ambiance (mixage). La voix doit rester
compréhensible.
On commence et on termine par un léger fade, c’est plus joli. Cela évite que le son arrive
comme une brute et termine cut. Le technicien mixe la voix du présentateur sur la dernière
ambiance, c’est encore plus joli.

DURÉE D’UN ENROBÉ


Dans un journal de 1 à 2 minutes, plus hors journal ou en magazine.

Cela dépend des choix de votre rédaction. Sachez seulement qu’au-delà de 3 minutes,
l’oreille humaine a besoin de changements. Dans un journal radio, cela se traduit par un
changement de sujet.

Comment s’y prendre ?


 Selon la même procédure que pour monter un son (voir fiche précédente,
n°20).
 D’abord monter les sons – courts – 30 »/20 » ou moins.
 Isolez les ambiances sans les monter. C’est facile de les raccourcir sur la
time-line.
 Ensuite on calcule le temps de tous ses sons et on écrit son texte en fonction
du temps qui reste.
 ENREGISTREZ votre texte après l’avoir bien murmuré.
 Mettez TEXTES et SONS bout à bout ou sur deux pistes.
 Si c’est encore trop long : réduisez les sons ou enlevez du texte.

MONTER UN ENROBÉ PEUT PRENDRE DE 1H30 À 2H, PLUS


POUR UN DÉBUTANT.
22. VOX POP OU MICRO-TROTTOIR

Une radio est en contact avec ses auditeurs. Fréquemment, elle leur donne
la parole. Le reporter va les chercher dans la rue, là où ils sont. C’est ce
qu’on appelle un micro-trottoir ou Vox Pop.

DURÉE D’UN VOX POP


1 minute et 30 secondes. Ou moins, si votre rédaction choisit 1 minute.

DÉFINITION D’UN VOX POP


Un Vox Pop est un document sonore qui regroupe, grâce à un montage, les réponses d’une
série de personnes à une même question.

QUI S’EXPRIME DANS UN VOX POP ?


« Vox Pop », cela signifie en latin « voix du peuple ». Ce sont donc des gens ordinaires qui
s’expriment dans un Vox Pop. Ce ne sont pas des ministres, des avocats, des directeurs,
des généraux ou des religieux.

OÙ FAIRE UN VOX POP ?


Là où se trouvent les gens ordinaires : dans la rue, au marché, etc.

COMBIEN DE PERSONNES S’EXPRIMENT DANS UN VOX POP ?


Six personnes est une bonne moyenne. Chaque personne s’exprime en moyenne une
quinzaine de secondes. 6 multipliés par 15 secondes = 1 minute et 30 secondes. Si vous
choisissez un format plus court : 4 à 5 personnes est un nombre suffisant.

COMMENT FAIRE PRATIQUEMENT UN VOX POP ?


Il faut d’abord bien choisir une question. Ensuite il faut aller sur le terrain, au marché par
exemple, et poser cette question à une série d’usagers du marché. Il ne faut pas poser
plusieurs questions, vous ne faites pas une interview mais un Vox Pop. Il faut éviter de se
présenter chaque fois au même endroit, à la même heure, pour éviter d’avoir les mêmes
opinions provenant de la même catégorie de gens.

COMMENT PRÉSENTER UN VOX POP ?


Un vox pop n’est pas un sondage. Il n’a aucune prétention scientifique. C’est une illustration,
une image. Il faut donc éviter les formules du genre : « les gens de telle ville ou tel quartier
rejettent carrément cette option, comme en témoignent ces citoyens ».

Comme le reportage, le Vox Pop s’accompagne d’un lancement qui dit « QUI QUOI OÙ
QUAND ? » et la question posée, l’angle. Le reporter écrit son lancement, le présentateur le
réécrit pour le mettre dans sa voix.

23. LE PAPIER RADIO

Le papier radio est un article court – 25 lignes maximum. Sa durée : moins


de 1 minute, C’est le texte que le journaliste écrit et lit dans sa voix. Il peut
être en direct ou enregistré. En reportage, il se fait au téléphone. Mais quel
que soit le cas de figure, le papier a une structure : un début, un milieu, une
fin. Une phrase d’accroche, une chute. Il ne répète surtout pas ce qu’il y a
dans le lancement. Il répond à la question Comment/Pourquoi ?

QUAND FAIRE UN PAPIER ?


Deux facteurs amènent à traiter un sujet sous la forme d’un papier :
 La nécessité. Vos interlocuteurs refusent d’être enregistrés, mais acceptent
de vous donner des informations. Ou alors il n’y a pas d’interlocuteur
possible, vous n’avez pas de source orale.
 Le choix rédactionnel. Parfois il est plus opportun de faire un papier qu’un
son. Par exemple, vous devez analyser ou expliquer un sujet complexe.

DIFFÉRENTS TYPES DE PAPIERS


Il existe deux types de « papiers » :
 Le papier de desk est un papier rédigé sans sortie en reportage. Le
journaliste travaille dans la rédaction. Il traite des informations qui lui
viennent de différentes sources. Il utilise le plus souvent des dépêches
d’agences de presse, des articles de journaux, des textes et documents
divers. Le journaliste complète ces informations en effectuant des recherches
sur Internet et en utilisant le téléphone.
 Le papier de reportage est le produit d’un reportage. Pour le réaliser, le
reporter va collecter des informations sur le terrain. Il observe, prend des
notes, pose des questions sur le sujet qui l’intéresse.

AVANT DE RÉDIGER UN PAPIER :


 Vérifiez d’abord qu’il ne vous manque aucun élément, que vous
maîtrisez le sujet. Ensuite, vous triez et organisez la matière que vous avez
collectée. Concentrez-vous sur l’angle que vous devez traiter. Pour cela,
écartez tout ce qui ne concerne pas cet angle.
 Mettez de côté les informations qui permettront au présentateur de
lancer votre papier, et rédigez votre lancement.
 Préparez l’ordre dans lequel vous allez rédiger vos informations : il
doit être logique, faciliter la compréhension des auditeurs. Choisissez
soigneusement votre première et dernière information, l’attaque et la chute.

RÉDIGEZ VOTRE PAPIER


Pour rédiger revoyez les fiches 6 et 7, l’écriture radio. Ecrivez en murmurant pour avoir un
ton radio.

APRÈS LA RÉDACTION DU PAPIER


Mettez le papier en page. Utilisez un gros corps de caractère (et un triple interligne). Aérez le
texte en fonction de son sens. Notez les respirations. Un texte bien mis en page a toutes les
chances d’être bien dit à l’antenne.

N’OUBLIEZ PAS LA MISE EN BOUCHE


Répétez plusieurs fois votre papier avant d’aller en studio ou de l’enregistrer, parlez-le, dites-
le à haute-voix.
Si votre papier est issu d’un reportage sur le terrain, relisez-le en vous demandant :
est-ce que j’aurais pu écrire le même papier en restant dans la rédaction en travaillant par
téléphone ? Si la réponse est oui, réécrivez le papier !!!

24. GRANDS PRINCIPES RADIO

La radio est un média « chaud ». Chaud au sens où il donne l’information à


chaud, à vif, quand l’événement se passe. Chaud aussi au sens où c’est un
homme, une femme, qui parle à d’autres hommes, d’autres femmes,
jeunes, adultes ou anciens. Une voix. Mais il faut se méfier de la rapidité.
On ne colporte ni rumeur, ni on-dit ; toute information doit être absolument
vérifiée. L’Histoire nous a montré jusqu’où pouvait mener le non-respect de
l’exactitude et de l’objectivité.

LE TON EN RADIO
Nous parlons dans la vie. En radio, nous parlons plus lentement. Mais nous devons faire
naître des images, raconter, décrire. Nous devons être vivants, pas des machines à dire. Il
faut trouver un style simple qui corresponde à soi-même. En quelques mots un reporter peut
vous décrire une place vide quittée précipitamment par une foule, et vous la voyez ! Avoir un
style, une présence à l’antenne, demande de travailler sans cesse sur soi-même.

LE RESPECT DES PERSONNES


Notre métier est de donner la parole aux autres, leur permettre de s’exprimer. Le public a
droit à la vérité. Mais tout individu a droit à son honneur et à sa vie privée. En Europe et aux
Etats-Unis, des lois très sévères condamnent la calomnie et la diffamation.

L’EXACTITUDE
Vérifiez tout. Vérifiez l’information que vous a donné une première source auprès d’une
deuxième source. Si vous avez un doute, vérifiez encore. Vous parlez à l’antenne de « faits
avérés ». Soyez précis, au mot près, pour une citation d’homme politique par exemple.

L’ÉQUILIBRE
Efforcez-vous de donner les différents points de vue, notamment dans le cas d’une question
controversée, sociale, politique, économique…

LA CLARTÉ
L’immense majorité de vos auditeurs a des préoccupations de survie. Son langage est
simple. Si vos auditeurs ne parviennent pas à vous comprendre, vous aurez fait tout votre
travail de recherche en vain.

PAS DE COMMENTAIRE
Le commentaire est un jugement de votre part, une opinion. Vous n’êtes pas là pour ça.
Contentez-vous des faits.

PROTECTION DES SOURCES


L’information du public passe par la recherche de la vérité. La diffusion de certaines
informations délicates peut déplaire à des personnes ou des organisations de toute nature.
Pour pouvoir rendre publiques ces informations délicates, il faut parfois garantir aux
personnes qui s’expriment à l’antenne que leur identité restera confidentielle. Dans un tel cas
de figure on dit que le journaliste doit « protéger ses sources d’information », c’est-à-
dire garantir aux personnes qui lui donnent des informations qu’elles le font en toute
confidentialité. Attention : cette procédure s’utilise de façon exceptionnelle, dans des cas très
précis où cette technique est le seul moyen de diffuser une information capitale.

RESTEZ EN CONTACT AVEC VOTRE RÉDACTION


Cela vaut en zone de conflit, mais aussi en période de paix. A la station, les présentateurs, le
rédacteur en chef ont besoin de savoir où vous en êtes pour la préparation du journal.

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