TEXTE N°I
LES VOIX DANS LE VENT est une pièce de théâtre écrite par Bernard B. DADIE. Il y fait la satire du pouvoir. Ce passage se situe
dans la partie de la pièce intitulée « Nahoubou chez Bacoulou ». Nahoubou, voulant prendre sa revanche sur la société, s’attache les
services du sorcier Bacoulou qui le soumet aux exigences du pacte : le sacrifice de son frère et sa mère. Mais des voix lui rappellent
régulièrement cet acte.
BACOULOU
Ne les écoute pas. Vouloir être riche, célèbre, c’est toujours se mettre en dehors des règles, refuser de faire la
queue dans la vie, être hors ligne, hors-série. Au masque que tu as choisi, il faudrait chaque année sacrifier vingt
personnes.
NAHOUBOU
De ma famille ?
BACOULOU
Plus n’est besoin que le sang à verser soit de ta famille. L'essentiel est qu'il soit du sang humain, du sang qui
parle, hurle… du sang qui bouillonne comme un volcan, du sang qui gronde comme le tonnerre. (Tonnerre)
NAHOUBOU
Du sang, toujours du sang, partout du sang ! Sur les routes, sur les mains, dans les villes… des gaves, des
ruisseaux, des fleuves... des rouleaux de sang ! Tout autour de moi prend couleur de sang. Mes nuits prennent
couleur de sang ! (Coups de feu, cris, râles).
BACOULOU
Le pouvoir rarement procure le sommeil. Continuons. Aux quatre coins de la maison, il faudra faire enterrer
vivant quatre hommes, la tête vers l'extérieur, la bouche ouverte, ils chanteront ta gloire.
NAHOUBOU
Ma gloire. Ici et là, chez les vivants et chez les morts.
BACOULOU
A un carrefour, à midi et à minuit, tu lâcheras aux quatre points cardinaux quatre pigeons verts, quatre coqs
rouges, quatre coqs blancs…ils seront, nuit et jour, les chantres de la gloire (Il prépare de la mixture, les crânes
servent de gobelets). Bois... Pas de grimaces... Le pouvoir est sans grimaces. II est toujours ce qu'il est, ce qu'il
veut être... bois… Que l'amour s'attache à ses pas. Que le respect s’attache à ses pas. Bois ! Qu'il soit craint
partout où il posera les pieds. Et que partout où il se présentera éclate la victoire...
LES VOIX
Il a tué sa mère.
Il a tué son frère.
NAHOUBOU
Taisez-vous !
BACOULOU
Ah ! Tu as bu dans les crânes de ta mère et de ton frère... Tu as bu leur sang, de ton sang. Désormais tu ne
boiras plus que dans les crânes humains. Ton festin sera un festin de rêves humains, de chants humains.
BERNARD BINLIN DADIE, Les voix dans le vent. Ed. NEI, 1976, in NAHOUBOU CHEZ BACOULOU, PP.53-54
TEXTE N°2
LA PARENTHESE DE SANG est une pièce de théâtre écrite par le congolais Sony Labou Tansi. Cet extrait se situe dans la partie
intitulée « le troisième soir ». Considéré comme un rebelle, Libertashio est activement recherché par le pouvoir. Sa famille, condamnée
à mort est invitée par le sergent Cavacha à dire sa dernière volonté. Celle d’Aleyo, la fille de Libertashio se résume à son mariage
avec Cavacha qui y consent. Docteur Portes et son épouse sont invités à la cérémonie. Mais une fois sur les lieux, il s’éprend d’amour
pour Aleyo.
LE DOCTEUR. (Qui approche ses lèvres de celles d’Aleyo.) L’étincelle ; c’est moi.
Mme PORTES. -Doct…J…Jean-Marc !
LE DOCTEUR.- L’étincelle. (Un temps.) Pourquoi veulent-ils vous tuer ? Parce que vous avez dit vive
Libertashio ? (Il crie) Libertashio ! Vive Libertashio ! A bas la dictature. C’est le cri de demain. C’est l’oxygène
de demain ; Vous avez raison. (Il crie) A bas les esclaves du sang. (Silence général.) A bas les monstres
suceurs du sang. Vive l’espoir !
MARTIAL. (Dans sa pièce après un cri de douleur.)
VIVE Libertashio ! Vive Libertashio.
(Fuite désordonnée des invités.)
LE FOU.-Arrière ! Pas sur la tombe !
CAVACHA, (au docteur).-Bravo !
(Au curé.)- confessez-le, mon père.
(Aux soldats).-les menottes à ce con et à toutes ces connes.
(On les menotte sauf le curé, les deux servants et madame Portes).
Mme PORTES.- Docteur !...Jean –Marc !
CAVACHA, au curé. Ça n’a pas l’air de se grouiller pour la confession ?
Le curé ne bouge pas.
Mon père !
(Il ne bouge pas.)
Qu’est ce que vous attendez pour donner à Libertashio ce qui est à Libertashio ?
(I ne bouge pas.)
Mon père, faites votre devoir, confessez ce con que l’on va tuer.
LE CURE. Pas la peine.
CAVACHA.-Quoi, pas la peine ?
LE CURE.- Je…Je…Je…
CAVACHA.-(à Romeganto).-Soldat, prends les habits du curé pour confesser les condamnés et les bénir. (On
dépouille le curé qu’on laisse en caleçon.)
Le CURE.- Seigneur, reviens, reviens ! C’est la fin : la vie est morte sur la terre. Reviens ! Reviens ! Les
hommes ont disparu, restent ces formes humaines, ces tombeaux humains, mais au-dedans, ce n’est pas plus
humain. Reviens, reviens. (Romeganto qui était parti se changer revient.)
CAVACHA.- Romeganto, bravo ! Bravo donc. Tu es cent fois mieux en robe qu’en uniforme ; Merveilleux.
Fantastique ! Ça donne envie de se confesser. Incroyable.
LE CURE. Seigneur ! C’est la fin. Reviens !
CAVACHA.-Essaye de me bénir, Romeganto ! (Il essaye).Merveilleux .Tu as des mains de bon conducteur de
bénédiction. Tu seras mon curé personnel. (Un temps.) Je vais essayer de me confesser : où sont mes
péchés ? Où sont-ils. (Un temps.) Pas dans la tête. Pas dans le dos. Il était là pourtant. (Bêtement.) J’ai été
voleur de D… (Conscient).Non. Pas cela.
(A Romeganto.) Pose –moi des questions.
Sony Labou Tansi, La parenthèse de sang, Ed .Monde noir, [Link] LE TROISIEME SOIR. PP.52-53
TEXTE N°3
COMMANDANT CHAKA est une pièce de théâtre de l’écrivain Tchadien Baba Moustapha. L’extrait qui suit est tiré du tableau I. Argélia et José
sont deux enfants du couple Chaka / Grâce qui discutent de la situation de leur pays. Tandis que Argélia, une comédienne convaincue que
l'ordre des choses changera grâce au théâtre, José estime que la révolution ne se fera pas par les mots, les discours.
ARGELIA
Que connais-tu de la réalité quotidienne, José ? Tu vis dans le mythe de la grandeur et de la servitude militaire.
La réalité quotidienne exprimée en phrases quotidiennes, celle de la merde, celle de la faim, de la maladie et du
chômage! Mais c'est de cette immense fange quotidienne que naîtra la grandeur, comme l'abondance naît du
limon. Et ce sublime enfantement transcende le pauvre petit quotidien, votre quotidien, et ne peut s'exprimer par
de petites phrases. Voilà ce que je dis aux milliers de gens qui vont nous voir, le soir, au théâtre Popolo.
Yo canto la différencia;
« ... Si j'ai quelque chose à dire
Je ne prends pas ma guitare;
Pour me faire applaudir.
Je chante la différence
Qu'il y a du vrai au faux... »
(A un public imaginaire et avec des gestes théâtraux)
Et vous, mes frères, pour un soir rassemblés dans cette enceinte de théâtre Popolo, je ne vous dirai pas d'oublier
le quotidien.
Le quotidien long comme un jour sans pain.
Le lourd quotidien du cliquetis des armes
et des bottes.
Le sinistre quotidien militaire,
Le mortel quotidien où la vie va comme un ruisseau dans le désert, au milieu du vaste silence d'un peuple
qui se tait sur son propre quotidien.
(Un temps.)
Silence...où claquent les coups de feu comme des aboiements de chien.
Ecoutez, mes frères, le mortel silence quotidien
Pas un chant de cigale pour arrêter la funeste péroraison des chars dans le quotidien
Non, je ne vous dirai pas d'oublier le quotidien mais de regarder...
L'immense feu de brousse par-delà le quotidien en marche vers le quotidien
Tout autour du quotidien
De regarder vers le sublime incendiaire qui tient en main le grand flambeau de la résistance au quotidien !
BABA Moustapha, Commandant Chaka, 1983, CEDA. Tableau I, pp 12-13
TEXTE N°4
COMMANDANT CHAKA est une pièce de théâtre de l’écrivain Tchadien, Baba Moustapha. L’extrait qui suit est tiré du tableau II. Dos
Santos Bagoza a pris le pouvoir suite à un coup d’état militaire qui a renversé le régime de Salé Briganza. Une fête est organisée à
l’occasion du 18ème anniversaire de la prise du pouvoir. La presse est mobilisée à cet effet pour couvrir l’événement.
LE JOURNALISTE
(S’agitant sur un fond de musique militaire)
Allô le studio ? Oui ? Alors passez-moi l'antenne, s'il vous plaît ! Merci…
(Toussant pour s’éclaircir la voix. Sur un ton maniéré)
Cette soirée mémorable est, comme vous le savez, placée sous le signe de la simplicité,
Comme l’a voulu son Excellence, le Guide Suprême, le général Dos Santos Bagoza. Ce dix- huitième
anniversaire, cette journée mémorable, doit célébrer sans fastes, conformément à la politique d'austérité lancée
par le Guide Suprême, son Excellence Dos Santos Bagoza,
Politique d'austérité dans laquelle s'est engagé notre pays sous la conduite éclairée de notre homme providentiel,
le Guide suprême, le général Dos Santos Bagoza.
(Musique)
Les personnalités commencent à arriver. Certaines sont déjà là. Les épouses des officiers - nos vaillants
officiers qui ont porté haut le flambeau de l'abnégation et le sens du sacrifice - sont comme d'habitude, vêtues
avec cette élégance innée qui les caractérise. Chacune des señora ici présentes est la quintessence de la beauté
africaine. Des bijoux d'une valeur inestimable rivalisent avec des bijoux d'une valeur tout aussi inestimable. Des
civils sont également présents. Parmi ceux-ci, signalons la présence remarquée de monsieur Aliki Antonio
Bagoza, l’illustre frère de son Excellence, le Guide Suprême, le général Dos Santos Bagoza. Monsieur Aliki est,
comme vous le savez, le secrétaire d'Etat à la défense, le ministre de la défense étant son illustrissime grand
frère, le Guide Suprême, son excellence le général Dos Santos Bagoza, Charge que ce dernier détient
conformément à son immense dévouement pour la chose publique en plus de ses nombreux autres ministères :
l'Agriculture, la justice, la Jeunesse et les Sports, les Postes et télécommunications, les Travaux publics et le
ministère de l'information.
(Musique)
Arrêtons-nous un peu sur la biographie de monsieur Aliki Antonio Bagoza. Comme dit le philosophe, la poule
naît de l'œuf. Les grands destins naissent des petits destins. Qui aurait pensé que ce modeste cultivateur du
village de Rassaffil y Miranda serait du jour au lendemain secrétaire d'Etat à la défense ? Vous le savez, chers
auditeurs, dans notre pays où la vertu est toujours récompensée et le vice puni, ceux qui se dévouent à la nation
obtiennent toujours ce qui leur est dû. Souvenez-vous : depuis dix-huit ans monsieur Aliki a défendu sans
désemparer notre patrimoine culturel : premier prix de la plus belle patate ; premier prix ex aequo du plus gros
melon, etc. Messieurs les intellectuels, vous qui n'hésitez pas à jeter la pierre, montrez-nous meilleurs états de
service !
(Musique)
BABA Moustapha, Commandant Chaka, 1983, CEDA, Deuxième Tableau, pp23-33
SEANCE 1: INTRODUCTION A L’ETUDE DU GROUPEMENT DE TEXTES THEATRAUX.
I – PRESENTATIONS DES AUTEURS DES TEXTES
1) BERNARD BINLIN DADIE
a – Sa biographie
Homme politique et écrivain ivoirien émérite, Bernard Binlin Dadié est né en 1916 à Assinie, dans le
SUD-EST de la COTE D’IVOIRE. Il est négritudien car il a défendu la cause du Noir. Il a tiré sa révérence en mars
2019
b- Sa bibliographie
Bernard Binlin Dadié a touché à tous les genres littéraires ainsi, il a écrit :
Des pièces théâtrales : - Les voix dans le vent, 1976
- Papassidi, maître escroc, 1970
- Monsieur Thôgô-gnini, 1970
- Béatrice du Congo, 1970
- Assémien Déhylé, roi du Sanwi, 1976
- Ile de tempête, 1973
Des recueils de poèmes : - Afrique debout, 1950
- La ronde des jours, 1956
- Hommes de tous les continents,
Des romans : -Climbié, 1956
- Un nègre à Paris, 1959
- Patrons de New-York, 1964
- La ville où nul ne meurt, 1968
2) SONY LABOU TANSI
a -Sa vie
Sony Labou Tansi ou encore MARCEL SONY de son vrai nom, est né en 1947 au Congo. Il fut ministre de
la recherche scientifique et enseignant de lettres.
b - Ses œuvres
Il a écrit :
Des pièces théâtrales : - Conscience de tracteur, 1979
- La coutume d’être fou, 1980
- La parenthèse de sang, 1981
- Qui a mangé Madame d’Avoine Berghotta, 1995
Des œuvres romanesques : - La vie et demie, 1979
- L’Etat honteux, 1981
- L’anté-peuple, 1983
- Le commencement des douleurs, 1995
3) BABA MOUSTAPHA
a - Etude de la vie de l’auteur
Il est Tchadien et est né en 1952 à BOGO. Baba Moustapha ou encore Mohamat Moustapha est mort
en 1982.
b - Etude de l’ensemble deses œuvres
Il a écrit :
Des pièces théâtrales: - Makarie aux épines, 1973
- Commandant chaka, 1983 à titre posthume
- Le maître des djinns, 1977
Des Nouvelles : - La couture de Paris, 1980 (Nouvelles)
II – CONTEXTE DE PRODUCTION DES ŒUVRES
1) Contexte littéraire
Toutes ces œuvres théâtrales sont écrites par des écrivains africains qui se situent après les
indépendances. Ils sont donc considérés aussi comme des écrivains d’après les indépendances qui critiquent
non pas le colonisateur mais le Noir qui a remplacé ce dernier.
2) Contexte socio-historique
Au vu des dates de parution desdites œuvres, nous pouvons les situer dans le XXème siècle et elles
permettent de voir que ces œuvres sont sorties 10 ans après l’acquisition des indépendances. C’est donc le
résultat des enquêtes menées par les dramaturges et ils vont exposer les gabegies, les dictatures, les abus de
pouvoir…des différents dirigeants africains qui ont pris la place du blanc.
III – FORMULATION DE L’AXE D’ETUDE DU GROUPEMENT DE TEXTES THEATRAUX
1) Axe d’étude
Notre groupement de Textes Théâtraux sera étudié autour de l’axe d’étude suivant : la satire du pouvoir
dans le théâtre africain moderne.
2) Explication de l’axe d’étude formulé
L’axe d’étude formulé laisse entendre que les dramaturges africains ont un regard critique sur l’Afrique
nouvellement indépendante, alors ils vont voir la manière de diriger de nos dirigeants et exposeront leurs
défauts, leurs mauvais comportements. En un mot, ils vont dénoncer leur mauvaise gestion du pouvoir,
critiquer leur gouvernance.
NB : Quelques notions sur le théâtre :
- Le dramaturge : l’auteur d’une pièce théâtrale
- La réplique : une réponse donnée à une personne
- Le dialogue : Echange de points de vue entre deux personnes
son antonyme est le monologue qui est la parole faite par
une seule personne
- La tirade : Une intervention longue d’une personne
- Les didascalies : les indicateurs scéniques permettant de
savoir ce qui se déroule hors scène
- -Une caricature : Une représentation grotesque du
personnage, une représentation bouffonne du personnage.
SEANCE 2 : LECTURE METHODIQUE DU TEXTE THEATRAL N°1
Support: « Nahoubou chez Bacoulou » in Les voix dans le vent de Bernard Binlin DADIE.
I - PRESENTATION DU TEXTE
Titre : Nahoubou chez Bacoulou
Auteur : Bernard Binlin DADIE
Œuvre : Les voix dans le vent
Editions : NEI
Date de parution : 1976
Pages : 53 – 54
Axe d’étude : la satire du pouvoir dans le théâtre africain moderne.
II -HYPOTHESE GENERALE
Scène caricaturale de l’archétype du tyran. / Un texte théâtral présentant Nahoubou comme un modèle de tyran .
III- VERIFICATION DE L’HYPOTHESE GENERALE
1- Identification des axes de lecture
Axe de lecture 1 : Une scène caricaturale. / Un texte théâtral.
Axe de lecture 2 : Nahoubou, l’archétype du tyran. / Nahoubou, un modèle de tyran.
2-Tableau de vérification de l’hypothèse générale
AXE DE LECTURE 1 : Une scène caricaturale. / Un texte théâtral.
ENTREES INDICES TEXTUELS ANALYSES INTERPRETATIONS
(tonnerre) Indicateurs scéniques
Les (coups de feu, cris, râles) montrant l’atmosphère La présence des indicateurs
Didascalies (il prépare de la mixture, les crânes servent qui prévaut au cours de
scéniques illustre l’écriture
de gobelets) l’entretien entre
théâtrale qui met en scène
Nahoubou et Bacoulou. Nahoubou, le chef et
Les Nahoubou : De ma famille ? Echange de points de Bacoulou, le féticheur dans
Répliques Bacoulou : Ah ! Tu as bu dans les crânes de vue entre les une atmosphère de terreur.
ta mère et de ton frère personnages.
Vouloir être riche, célèbre, c’est toujours se
mettre en dehors des règles, refuser de
faire la queue dans la vie, être hors ligne, Non seulement le féticheur
hors-série. Phrases déclaratives et Bacoulou pousse le Roi
Les Types Le pouvoir rarement procure le sommeil. impératives à valeur Nahoubou à commettre
de phrases Ne les écoute pas. ironique. l’irréparable, l’iniquité, mais
Bois … pas de grimaces… aussi il le tourne en dérision.
Bois !
Bois.
Continuons.
AXE DE LECTURE 2 : Nahoubou, l’archétype du tyran. / Nahoubou, un modèle de tyran.
ENTREES INDICES TEXTUELS ANALYSES INTERPRETATIONS
Sang (13 fois), mort, enterrer, tuer (2 groupes nominaux
Les indices fois), sacrifier, sang humain, crânes renvoyant au champ
lexicaux humains, crânes (4 fois) lexical de la mort.
Nahoubou, un bourreau
Du sang, toujours du sang, partout du Gradation ascendante cruel, assoiffé de pouvoir, ne
sang + recule devant rien pour
Des gaves, des ruisseaux, des fleuves… Enumérations et assouvir son rêve : Le
Les des rouleaux de sang, sur les routes, hyperboles pouvoir. Ce personnage est
Procédés sur les mains, dans les villes… + un modèle de tyran.
rhétoriques Du sang qui parle, hurle… Personnification
Du sang qui bouillonne comme un +
volcan, du sang qui gronde comme le Comparaisons à valeur
tonnerre. d’obsession.
V – BILAN GENERAL DE L’ETUDE
Nahoubou, le Roi, concentre en lui toutes les facettes de la tyrannie. Ce texte met à nu les voies et
moyens illicites adoptés par certains dirigeants pour accéder et conserver le pouvoir.
Termes à rechercher :
La mixture : un mélange
Les chantres : les griots
Caricature : représentation exagérée, mettant un accent particulier sur un défaut
Tourner en dérision : se moquer
Les gaves : torrent, cours d’eau torrentiel
Parricide : le fait de tuer son père
Matricide : le fait de tuer sa mère
Fratricide : le fait de tuer son frère ou sa sœur
Infanticide : le fait de tuer son enfant
SEANCE 3 : LECTURE METHODIQUE DU TEXTE THEATRAL N°2
Support : Texte extrait de « le troisième soir », La parenthèse de sang, Sony Labou Tansi, 1981.
I – PRESENTATION DU TEXTE
Auteur : Sony Labou Tansi
Nationalité : Congolais
Œuvre : La parenthèse de sang
Date de parution : 1981
Editions : Monde noir
Pages : 52 – 53
Axe d’étude : la satire du pouvoir dans le théâtre africain moderne.
II – LECTURE DU TEXTE
III – FORMULATION DE L’HYPOTHESE GENERALE
Scène comique tournant en dérision le pouvoir totalitaire.
IV – VERIFICATION DE L’HYPOTHESE GENERALE
1 – Identification des axes de lecture
Axe de lecture 1 : Scène comique tournant en dérision le pouvoir
Axe de lecture 2 : Le caractère totalitaire du pouvoir de Cavacha.
2 – Eléments de vérification des axes de lecture
Axe de lecture 1 : Scène comique tournant en dérision le pouvoir.
ENTREES INDICES TEXTUELS ANALYSES INTERPRETATIONS
Les menottes à ce con et à toutes Groupes nominaux
ces connes. Je vais essayer de me prépositionnels
confesser. Où sont mes péchés ? +phrases
J’ai été voleur de D… déclaratives+phrases Les propos et les gestes du
On dépouille le curé qu’on laisse exclamatives+phrases personnage illustrent le
Les tonalités en caleçon. interrogatives caractère comique de cette
littéraires Bravo ! Bravo ! Tu es cent fois renvoyant aux page. Cavacha exerce le pouvoir
mieux en robe qu’en uniforme ; Comique de mots + de manière maladroite et
Merveilleux…incroyable. comique de situation indigne.
Tu as des mains de bon + comique de mots et
conducteur...curé personnel. de situation.
Essaie de me bénir.
Vocabulaire trivial Le discours et les actes de
Le registre de Ça n’a pas l’air de grouiller. (relâché, vulgaire et Cavacha révèlent son
langue Ça donne envie de se confesser. ordurier) renvoyant insuffisance intellectuelle et
Quoi, pas la peine, con et connes au registre familier. morale.
Axe de lecture 2 : Le caractère totalitaire du pouvoir de Cavacha.
ENTREES INDICES TEXTUELS ANALYSES INTERPRETATIONS
Confessez-le mon père. Phrases Cavacha exerce un pouvoir
Les types de Mon père, faites votre devoir. impératives à autoritaire et autocratique sur son
phrases Confessez le con que l’on va tuer. valeur peuple.
d’injonction
Esclaves du sang Groupes
Monstres suceurs du sang nominaux +
Tombe verbes à Ce champ lexical met en relief les
Le lexique Tuer l’infinitif instruments et les effets hideux du
Les menottes renvoyant au totalitarisme et de l’autocratie de
Tombeaux humains champ lexical de Cavacha.
Dictature l’oppression
soldat
V – BILAN GENERAL DE L’ETUDE
Cavacha, dictateur bouffon, règne en maître absolu sur son peuple qu’il martyrise. Il y a une
inadéquation entre son niveau de langue et sa fonction de Président.
Termes à rechercher :
autocrate : celui par qui et pour qui tout se fait.
Synonymes : dictateur, egocentrique, tyrannique
Antonymes : démocrate
SEANCE 4 : LECTURE METHODIQUE DU TEXTE THEATRAL N°3
Support : Texte extrait du Tableau I, Commandant Chaka, 1983, Baba Moustapha
I – PRESENTATION DU TEXTE
Auteur : Baba Moustapha
Nationalité : Tchadien
Œuvre : Commandant chaka
Pages : 12 – 13
Editions : CEDA
Axe d’étude : la satire du pouvoir dans le théâtre africain moderne.
II – LECTURE DU TEXTE
III – FORMULATION DE L’HYPOTHESE GENERALE
Une tirade satirique évoquant les affres des régimes militaires.
IV – VERIFICATION DE L’HYPOTHESE GENERALE
1 – Identification des axes de lecture
Axe de lecture 1 : Une tirade satirique.
Axe de lecture 2 : L’évocation des affres des régimes militaires.
2 – Eléments de vérification des axes de lecture
Axe de lecture 1 : Une tirade satirique.
ENTREES INDICES TEXTUELS ANALYSES INTERPRETATIONS
Une longue
La typologie Que connais-tu…au quotidien. réplique : une
tirade
Que connais-tu de la réalité Cette tirade est l’expression d’une
quotidienne, José ? Phrases amertume, d’un
La réalité quotidienne exprimée en interrogatives + désenchantement. Argélia rejette
Les types et phrases quotidiennes, celle de la phrases systématiquement l’ordre
formes de merde, celle de la faim, de la déclaratives + sociopolitique existant (Les
phrases maladie et du chômage ! phrases régimes militaires)
Je ne prends pas ma guitare négatives
Non, je ne vous dirai pas d’oublier mettant à nu les
le quotidien réalités
Pas un chant de cigale pour arrêter quotidiennes du
peuple.
Axe de lecture 2 : L’évocation des affres des régimes militaires.
ENTREES INDICES TEXTUELS ANALYSE INTERPRETATION
La servitude militaire, la merde, la Groupes Le régime militaire est source de
faim, la maladie, le chômage, le nominaux souffrance multiforme : physique,
Le lexique pauvre petit quotidien, le sinistre renvoyant au morale et psychologique.
quotidien, le mortel quotidien champ lexical de
la souffrance
Le quotidien long comme un jour
sans pain. Comparaisons + Les procédés rhétoriques
Le mortel quotidien où la vie va hyperboles soulignent la laideur et la barbarie
Les procédés comme un ruisseau dans le désert. insistant sur le des régimes militaires. Ils révèlent
rhétoriques Silence…où claquent les coups de degré des également les atrocités et les
feu comme des aboiements de exactions du exactions que les peuples
chien régime militaire subissent sous ces régimes.
Le lourd quotidien, le sinistre
quotidien, le mortel quotidien
V – BILAN GENERAL DE L’ETUDE
Avec un réalisme déconcertant, BABA MOUSTAPHA a su faire une critique virulente du pouvoir
totalitaire accablant. Toutefois, la voix d’ARGELIA augure un lendemain meilleur. Aussi, il montre un
instrument utilisé par les autocrates : l’armée pour se maintenir au pouvoir.
Termes à rechercher :
tirade : une longue réplique
satirique : vient de satire qui est une dénonciation
ses synonymes : critique, mettre à nu, exposer, dévoiler, …
les affres : les exactions, les barbaries, les violences…
SEANCE 5 : LECTURE METHODIQUE DU TEXTE THEATRAL N°4
Support : Texte extrait du Tableau II, Commandant Chaka, 1983, Baba Moustapha
I – PRESENTATION DU TEXTE
Auteur : Baba Moustapha
Nationalité : Tchadien
Œuvre : Commandant chaka
Pages : 23 - 33
Editions : CEDA
Axe d’étude : la satire du pouvoir dans le théâtre africain moderne.
II – LECTURE DU TEXTE
III – FORMULATION DE L’HYPOTHESE GENERALE
Une tirade élogieuse dressant le portrait des dirigeants mégalomanes.
IV – VERIFICATION DE L’HYPOTHESE GENERALE
Axe de lecture 1 : Une tirade élogieuse.
ENTREES INDICES TEXTUELS ANALYSES INTERPRETATIONS
Longue Longue intervention au cours de
La typologie du « Allô le studio ?…états de intervention du laquelle le journaliste fait montre
texte service !» journaliste de sa maîtrise de la langue
renvoyant à une française et de son métier de
tirade. journaliste.
Cette soirée mémorable, Groupes
cette journée mémorable, nominaux A travers un discours recherché,
le guide suprême, exprimant un un vocabulaire fouillé, le
Le lexique son excellence, vocabulaire journaliste encense les tenants du
la conduite éclairée, mélioratif. pouvoir.
son illustrissime grand-frère.
La poule naît de l’œuf. Métaphores à Le journaliste fait preuve d’une
Les procédés Les grands destins naissent des valeurs de éloquence notoire pour exalter les
rhétoriques petits destins proverbes autocrates. Ce discours est celui
- d’un journaliste propagandiste.
Axe de lecture 2 : Le portrait ironique des dirigeants mégalomanes.
ENTREES INDICES TEXTUELS ANALYSES INTERPRETATIONS
Guide suprême (5 fois), homme Hyperboles Ces hyperboles sont l’expression
Les procédés providentiel, son illustrissime désignant le de l’idéalisation et de déification
rhétoriques grand-frère, élégance innée, la guide et son des dirigeants et de leur
quintessence de la beauté entourage entourage.
africaine.
Le signe de la simplicité, sans Groupes
fastes, la politique d’austérité, le nominaux +
flambeau de l’abnégation et le groupes
sens du sacrifice nominaux
Des bijoux d’une valeur prépositionnels L’opposition entre ces deux
inestimable avec des bijoux d’une renvoyant champs lexicaux révèle le
valeur tout aussi inestimable, son Champ lexical de contraste entre la réalité et
immense dévouement pour la la modération l’idéologie prônée. Cela dénote
Les champs chose publique en plus de ses (Opposés à) l’hypocrisie et la soif de grandeur
lexicaux nombreux autres ministères : Groupes des dirigeants. C’est donc
l’agriculture, la justice, la jeunesse nominaux + l’illustration de leur démagogie.
et les sports, les postes et groupes En clair, le journaliste dresse
télécommunications, les travaux nominaux plutôt un portrait flatteur des
publics et le ministère de prépositionnels dirigeants.
l’information. Comme d’habitude renvoyant au
vêtues avec cette élégance Champ lexical de
la démesure
V – BILAN GENERAL DE L’ETUDE
Sous un regard amusant et amusé mais teinté d’ironie, le dramaturge stigmatise le régime totalitaire et l’un
de ses instruments clés : la presse.
SEANCE 6 : CONCLUSION GENERALE A L’ETUDE DU GTT
I – RAPPEL ET EXPLICATION DE L’AXE D’ETUDE DU GTT
Notre GTT a été étudié autour de l’axe d’étude suivant : La satire du pouvoir dans le théâtre africain
moderne.
Les quatre textes étudiés ont su mettre à nu les défauts ou les mauvais comportements de nos
dirigeants. Ils constituent des réquisitoires contres tous ces dictateurs, ces mégalomanes, ces tyrans…qui de
par leurs agissements, de par leurs faits font souffrir les peuples qu’ils désirent ou estiment diriger.
Ces textes théâtraux critiquent sans faux fuyant les pouvoirs dictatoriaux, tyranniques, despotiques et
autres.
II – LES DIVERGENCES ET LES CONVERGENCES ENTRE LES TEXTES DU GTT
TEXTES CONVERGENCES DIVERGENCES
1 Auteur : ivoirien
Personnage : roi
Moyens: le mysticisme, le sacrifice humain
2 Le genre : le théâtre Auteur : congolais
Le thème : le pouvoir Personnage : militaire
Le continent : l’Afrique Moyens : l’armée,
3 Le siècle : le XXe Auteur : tchadien
Les personnages : les dirigeants politiques Personnage : militaire
L’axe d’étude : la satire du pouvoir Moyens : l’armée
4 Auteur : tchadien
Personnage : militaire
Moyens : les médias
III – TABLEAU SYNOPTIQUE DES BILANS DES TEXTES
TEXTES HYPOTHESES GENERALES BILANS
1 Nahoubou a toutes les facettes de la tyrannie
Scène caricaturale de l’archétype du tyran Les voies et moyens illicites adoptés par nos
dirigeants pour accéder et conserver le
pouvoir
2 Contraste entre Cavacha et le Docteur
Scène comique tournant en dérision le pouvoir Fossé entre le souverain totalitaire et son
totalitaire peuple
Signe annonciateur d’une révolution qui
couve
3 Critique virulente du pouvoir totalitaire
Une tirade satirique évoquant les affres des régimes accablant
militaires La voix d’Argélia augure un lendemain
meilleur
Instrument utilisé par les autocrates : l’armée
4 Une tirade dithyrambique dressant le portrait des Stigmatisation du régime totalitaire et l’un de
dirigeants mégalomanes ses instruments clés, la presse