0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
4 vues6 pages

Conduite diagnostique en syncope

La syncope est une perte de connaissance transitoire nécessitant une évaluation diagnostique rigoureuse pour en déterminer la cause. Un interrogatoire détaillé, un examen clinique et un électrocardiogramme sont cruciaux pour établir le diagnostic et éviter des examens inutiles. La démarche diagnostique doit suivre un protocole bien défini pour assurer une prise en charge appropriée des patients.

Transféré par

maroyd1983
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
4 vues6 pages

Conduite diagnostique en syncope

La syncope est une perte de connaissance transitoire nécessitant une évaluation diagnostique rigoureuse pour en déterminer la cause. Un interrogatoire détaillé, un examen clinique et un électrocardiogramme sont cruciaux pour établir le diagnostic et éviter des examens inutiles. La démarche diagnostique doit suivre un protocole bien défini pour assurer une prise en charge appropriée des patients.

Transféré par

maroyd1983
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

 11-038-A-10

Conduite à tenir devant une syncope


J.-J. Blanc

La syncope est un symptôme fréquent dont la caractéristique principale est une perte de connaissance
(PDC) totale et transitoire. L’une des étapes principales, mais souvent méconnue, de la démarche diag-
nostique devant une PDC est donc de savoir s’il s’agit d’une syncope ou d’une autre cause de PDC
(toutes les PDC ne sont pas des syncopes). Une évaluation initiale comportant un interrogatoire fouillé,
un examen clinique qui ne doit pas omettre la recherche d’une hypotension orthostatique et un électro-
cardiogramme, au moins lors du premier épisode, permet de découvrir dans la moitié des cas environ la
cause de la syncope. Dans l’autre moitié, il faut évaluer la gravité potentielle de la syncope pour décider
de l’utilité d’une prise en charge urgente ou au contraire différée. Quelle que soit la solution choisie, la der-
nière étape consiste à tenter de discerner la cause de la syncope au moyen d’examens complémentaires
dont le type et l’ordre de réalisation doivent être déterminés par les résultats de l’interrogatoire et de
l’évaluation initiale. Suivre cette démarche conduit à retrouver ou à fortement suspecter la cause de la
syncope dans l’immense majorité des cas en évitant des examens inutiles (par exemple une imagerie par
résonance magnétique ou un scanner encéphalique), coûteux et potentiellement dangereux.
© 2019 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

Mots-clés : Syncope ; Perte de connaissance ; Conduite diagnostique

Plan puisque les études épidémiologiques considèrent qu’un individu


sur deux fait une syncope durant sa vie. Malgré sa fréquence et le
■ Introduction 1 côté angoissant de sa survenue pour le patient et son entourage,
la syncope est restée un symptôme partiellement négligé par les
■ Faire le diagnostic de syncope 2 médecins jusqu’à ces toutes dernières décennies. Sa cause variait
■ Perte de connaissance transitoire (PDCT) – trois écueils 2 en outre selon la spécialité : pour les cardiologues, toute perte de
Diagnostiquer une perte de connaissance alors qu’il n’y en a pas 2 connaissance (PDC) était schématiquement due à un bloc auricu-
Exclure une perte de connaissance alors qu’elle est bien réelle 2 loventriculaire (BAV), pour les neurologues à une épilepsie et pour
Considérer que toute perte de connaissance est une syncope 3 les autres à une manifestation mal contrôlée d’hyperémotivité.
■ Évaluation initiale d’un patient qui a fait une syncope 3 À leur décharge, il faut souligner que ce symptôme ne condui-
Interrogatoire 3 sait à aucune thérapeutique efficace et qu’un symptôme sans
Examen clinique 3 traitement n’est pas très attrayant pour un médecin. C’est en fait
Électrocardiogramme 3 la possibilité de pouvoir prévenir par stimulation cardiaque les
■ Stratification du risque 3 syncopes induites par les BAV qui les sortit progressivement, à
partir des années 1960-1970, du ghetto cardio-neuro-affectif dans
■ Recherche de la cause 5 lequel elles étaient enfermées. Au début des années 1980, les pre-
■ Conclusion 5 miers articles s’intéressant à la syncope en tant que symptôme à
part entière furent publiés [2] . Ils révélèrent, outre sa fréquence,
qui en fait un problème de pratique quotidienne débordant le
cadre d’une seule spécialité, la diversité des pathologies qu’elle
 Introduction recouvre et dont le pronostic évolue de la bénignité la plus insi-
gnifiante à la gravité la plus sévère. Un second tournant eut lieu
Perdre conscience et quitter brutalement ce monde pour y reve- quelques années plus tard lors de la publication d’un article sur
nir tout aussi inopinément quelques dizaines de secondes plus l’efficacité du test d’inclinaison pour reconnaître l’origine réflexe
tard inspire à celui ou celle qui le subit, au moins lors du premier d’une syncope [3] . À partir de cette date, les études se succédèrent
épisode, des sentiments mitigés : étonnement de l’avoir vécu, joie et les cardiologues furent indiscutablement « en pointe » si bien
« d’en être revenu », angoisse de le « revivre » et parfois chez qu’actuellement ils sont considérés comme les spécialistes de ce
les plus âgés peut-être une déception « de ne pas y être resté ». symptôme alors que tous les médecins y sont confrontés (il repré-
La syncope est certainement un symptôme particulier : tantôt sente environ 1 % des motifs d’admission en service d’urgence
une intrusion involontaire et miraculeusement passagère dans dans les hôpitaux européens) et devraient en connaître au moins
l’au-delà (réduction spontanée d’épisodes prolongés de tachycar- les rudiments. Ces efforts aboutirent, à la fin des années 1990, à
dies ventriculaires polymorphes rapides), tantôt une extrusion la constitution d’un groupe de travail chargé par la Société euro-
« souhaitée » d’une situation insupportable (syncope vagale lors péenne de cardiologie de rédiger des recommandations. Le succès
d’une douleur ou d’un spectacle intolérable). Quelle qu’en soit la fut au-delà des espérances des promoteurs et, après la première
cause, la syncope est un symptôme extrêmement fréquent chez publication en 2002, il devint évident qu’une mise à jour régulière
les humains [1] , une spécificité par rapport aux autres vertébrés, était nécessaire. La dernière livraison de ces recommandations a

EMC - Cardiologie 1
Volume 34 > n◦ 1 > février 2020
[Link]

© 2023 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 01/06/2023 par MEDIS LABORATOIRE (92422). Il est interdit et illégal de diffuser ce document.
11-038-A-10  Conduite à tenir devant une syncope

été publiée en 2018 [4] . La conduite à tenir devant un patient qui


consulte pour PDC doit suivre, avant d’aboutir au diagnostic de
syncope et d’en reconnaître la cause, un chemin bien codifié qu’il
importe de parcourir fidèlement. Ce chemin, détaillé ici, s’inspire
“ Point fort
largement des recommandations de la Société européenne de car-
Définition de la syncope
diologie [4, 5] (Fig. 1).
Symptôme défini comme une perte de connaissance tran-
sitoire, à début rapide, de durée généralement brève,
spontanément résolutive, s’accompagnant d’une perte du
 Faire le diagnostic de syncope tonus postural avec retour rapide à un état de conscience
normal et dû à une ischémie cérébrale globale et passa-
C’est une étape capitale mais trop souvent négligée. Pour faire gère.
un diagnostic, il faut une définition de ce que l’on recherche et ce
fut certainement l’un des apports majeurs des premières recom-
mandations de la Société européenne de cardiologie que de l’avoir
proposée. La méconnaître est une faute pour qui veut prendre en  Perte de connaissance transitoire
charge les patients suspects d’avoir ce symptôme.
Tous les mots de cette définition sont importants et un com- (PDCT) – trois écueils
mentaire de chacun d’eux s’avère nécessaire.
La PDCT est le symptôme qui caractérise le mieux la syncope.
Une PDC se différencie par quatre caractéristiques : une durée
brève (au plus quelques minutes), des mouvements anormaux
incontrôlables, une absence de réponse aux stimuli et une amné-
PDC sie de la période de PDCT. Trois écueils sont à éviter devant une
suspicion de PDCT.

Autres Diagnostiquer une perte de connaissance


Syncope
causes alors qu’il n’y en a pas
Cela peut paraître élémentaire à éviter si l’on pose la question,
mais les médecins comme les patients ont parfois tendance à
Évaluation considérer comme syncope une lipothymie ou un « malaise »,
initiale alors qu’il n’y a pas de PDC. Les patients sont par ailleurs quel-
quefois incapables de répondre formellement à la question :
« avez-vous perdu connaissance ? », surtout lorsque sa durée a
été très brève.
Diagnostic Diagnostic
Fait Incertain
Exclure une perte de connaissance alors
qu’elle est bien réelle
Évaluation Les patients, âgés mais pas seulement, peuvent nier une
Traitement
du risque véritable PDC (cela a été chiffré à environ 50 % chez des
patients qui perdaient connaissance devant témoins lors d’un test
Figure 1. Arbre décisionnel. Conduite à tenir devant une perte de d’inclinaison) et considérer que, s’ils se retrouvent à terre, c’est
connaissance (PDC). simplement la conséquence d’une chute accidentelle.

Tableau 1.
Principales caractéristiques différenciant syncope et épilepsie.
Caractéristiques cliniques très utiles Syncope Épilepsie
Présence d’un événement déclencheur Très fréquent Rare
Nature de l’événement déclencheur Douleur, émotion, orthostatisme, toux, Stimulation lumineuse la plus connue
etc.
Prodromes Souvent présyncope, malaise, Aura visuelle, auditive, olfactive, etc.
palpitations, etc.
Myoclonies < 10, irrégulières, asymétriques, 20-100, synchrones symétriques, hémilatérales.
asynchrones. Débutent nettement après Débutent avec le début de la PDC
le début de la PDC Mouvements automatiques prolongés (mastication,
claquement des lèvres)
Phase tonique Non Fréquente (crise tonicoclonique)
Face congestionnée Rare Fréquent
Face pâle Assez fréquente Rare
Morsure de langue Rare, bout de la langue Assez fréquente, bord de la langue
Durée de la PDC 10-30 s Plusieurs minutes
Confusion post-PDC Au plus brève (< 10 s) Très fréquente, plusieurs minutes, questions répétitives
Courbatures Non Assez fréquentes les jours suivants
Caractéristiques cliniques peu utiles Syncope Épilepsie
Incontinence Pas rare Fréquentes
Yeux ouverts durant la PDC Fréquent Presque toujours
Fatigue et sommeil après la PDC Assez commun surtout chez les enfants Quasi constant

2 EMC - Cardiologie

© 2023 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 01/06/2023 par MEDIS LABORATOIRE (92422). Il est interdit et illégal de diffuser ce document.
Conduite à tenir devant une syncope  11-038-A-10

Tableau 2. syncopes nécessite une enquête parfois difficile mais cruciale car
Caractéristiques permettant de distinguer certaines situations de la les conduites thérapeutiques sont nécessairement distinctes. Le
syncope. terme décisif inclus dans la définition de la syncope pour différen-
Conditions Caractéristiques permettant de cier les syncopes des autres PDCT qui n’en sont pas est « dû à une
distinguer ces situations de la syncope ischémie cérébrale globale et passagère ». Cette précision exclut
du cadre des syncopes les PDCT dues à un traumatisme cérébral
Épilepsie focale Pas de chutes (cause ou conséquence ? un dilemme quelquefois quasi insoluble)
Pseudosyncope Durée de la PDC apparente beaucoup et l’épilepsie due à une décharge neuronale [6] . Le Tableau 1 résume
plus longue (plusieurs dizaines de min) les principales caractéristiques qui permettent de différencier ces
Chutes sans PDC Pas d’absence de réponse aux stimuli deux entités.
Hémorragie intracérébrale Perte progressive de la conscience, maux Le Tableau 2 récapitule les autres principales situations qui,
ou sous-arachnoïdienne de tête, signes neurologiques devant une PDC ou pas, peuvent être incorrectement diagnos-
tiquées comme syncope.
AIT vertébrobasilaire Toujours des signes neurologiques, PDC
Toutes les pathologies énumérées dans le Tableau 2 mériteraient
exceptionnelle et prolongée
d’être commentées pour savoir comment les différencier de la syn-
AIT carotidien Ne provoque jamais de PDC cope. L’une doit cependant être mise en exergue : c’est l’accident
Vol sous-clavier Associé à des signes neurologiques ischémique transitoire qui ne s’accompagne jamais de PDC et,
focaux suggestifs pourtant, combien d’imagerie par résonance magnétique ou de
Troubles métaboliques Rarement PDC, plutôt « malaise » et de scanner cérébral sont inutilement réalisés devant une syncope.
(hypoglycémie, hypoxie, durée beaucoup plus prolongée
hypercapnie)
Intoxication (drogues, Rarement PDC plutôt « malaise » et de  Évaluation initiale d’un patient
médicaments, alcool, etc.) durée beaucoup plus prolongée
Arrêt cardiaque Pas de retour spontané de la conscience
qui a fait une syncope
Coma PDC de durée beaucoup plus prolongée Tout patient suspect d’une syncope doit avoir une évaluation
AIT : accident ischémique transitoire ; PDC : perte de connaissance. initiale effectuée par le médecin qui le prend en charge et qui
comprend un interrogatoire, un examen clinique et un électro-
cardiogramme.
Tableau 3.
Principales questions à poser à un patient suspect de syncope (et à son Interrogatoire
entourage).
Questions relatives aux circonstances précédant la PDC Son importance ne saurait être trop soulignée [7] . Il faut
« prendre son temps » car de cet interrogatoire découle non seule-
Position (couchée, debout, etc.)
Activité (repos, pendant ou après un effort, une miction, une
ment, dans près de la moitié de cas, la cause de la syncope mais
défécation, une toux, un « fou » rire, etc.) aussi dans l’autre moitié la conduite ultérieure des examens et au
Facteurs prédisposants (dans la foule, en pleine chaleur, station debout moins partiellement la stratification du risque. Il est illusoire de
prolongée, postprandial, etc.) vouloir proposer toutes les questions à poser à un patient suspect
Facteurs précipitants (peur ou douleur intenses, rotation de la tête, etc.) de syncope (sans oublier son entourage). Toutefois, quelques-unes
Questions relatives aux débuts de la PDC
parmi les plus importantes sont rapportées dans le Tableau 3.
Nausée, vomissement, gêne abdominale, sensation de froid, de chaud,
sudation, aura, douleur dans la nuque ou les épaules, vertiges, etc. Examen clinique
Palpitations
Questions relatives à la PDC
Il doit être complet avec une particulière attention au sys-
tème cardiovasculaire (un rétrécissement aortique, cela s’entend
Façon de tomber (brutalement ou doucement), couleur de la peau
à l’auscultation et une bradycardie ou une tachycardie se détecte
(pâleur, cyanose, rougeur), durée de la PDC, ronflement, mouvements
au pouls ou à l’auscultation). La mesure de la pression artérielle
(tonicocloniques, cloniques ou toniques, myoclonies, automatiques),
doit être systématique et pas uniquement en position couchée ou
durée des mouvements et délai par rapport au début de la PDC, morsure
de langue et localisation
assise mais aussi debout pour détecter une éventuelle hypoten-
sion orthostatique si fréquente chez les sujets âgés, surtout ceux
Questions relatives à la fin de la PDC
traités pour une hypertension.
Nausée, vomissement, sensation de froid, de chaud, confusion,
courbatures, couleur de peau, contusions ou blessures, douleur
thoracique, palpitations, incontinence, etc. Électrocardiogramme
Questions relatives au contexte
Il doit lui aussi être systématique au moins lors du premier
Histoire familiale de mort subite « jeune », de troubles du rythme, de épisode de PDC et le plus rapproché possible de l’épisode. Les
PDC, etc. renseignements qu’il procure sont souvent décisifs : troubles
Cardiopathie connue conductifs, troubles du rythme, aspects évocateurs d’un infarctus,
Pathologie neurologique (maladie de Parkinson, épilepsie, narcolepsie, d’une préexcitation, d’un syndrome de Brugada, etc. Un élec-
etc.)
trocardiogramme normal n’exclut pas formellement une cause
Désordres métaboliques (diabète, etc.)
cardiaque mais la rend très peu vraisemblable, et ce n’est donc
Traitement (antihypertenseur, diurétiques, antidépresseurs, etc.)
pas ce qu’il faut rechercher en priorité.
Intoxication (alcool, drogues, etc.)
En cas de syncopes récidivantes, information sur le nombre, les
circonstances et les examens déjà effectués
 Stratification du risque
PDC : perte de connaissance.
Une fois le diagnostic de syncope affirmé et l’évaluation initiale
terminée, la cause de la syncope est connue ou fortement suspec-
Considérer que toute perte de connaissance tée dans plus d’un cas sur deux ; chez ces patients, il ne reste plus
est une syncope qu’à envisager le traitement. Dans les autres cas, la cause de la syn-
cope reste soit totalement ignorée, soit simplement soupçonnée.
Une syncope se caractérise par une PDC mais toutes les PDC ne Une évaluation de la mise en jeu potentielle du risque vital doit
sont pas des syncopes. Décider parmi les PDC celles qui sont des alors être recherchée [8] . Cette stratification du risque conditionne

EMC - Cardiologie 3

© 2023 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 01/06/2023 par MEDIS LABORATOIRE (92422). Il est interdit et illégal de diffuser ce document.
11-038-A-10  Conduite à tenir devant une syncope

Tableau 4. Tableau 5.
Principaux arguments permettant de considérer une syncope comme Principaux tests pouvant être proposés pour diagnostiquer la cause d’une
étant à bas ou haut risque de complications sévères. syncope.
Épisode syncopal Massage du sinus carotidien (> 40 ans)
Bas risque Échocardiographie
Test d’inclinaison
Prodromes typiques de ceux d’une syncope réflexe (tête « qui tourne »,
Manœuvre de Valsalva
sensation de chaleur, sudation, nausées, etc.)
Monitoring de l’ECG :
Après une perception brusque et désagréable (son, odeur, vision, douleur,
- à l’hôpital
etc.)
- holter externe
Après une station debout prolongée, surtout dans la foule et la chaleur
- enregistreur d’événements
Pendant ou peu après un repas
- enregistrements d’événements par téléphones portables
Déclenchée par toux, défécation ou miction
- télémétrie à distance (à domicile)
Déclenchée par rotation de la tête ou pression sur le sinus carotidien
- holters implantables
(tumeur, rasage, col trop serré, etc.)
Enregistrements vidéo à l’hôpital ou à domicile
Passage de position allongée ou assise à debout
Exploration électrophysiologique
Haut risque Marqueurs biologiques endogènes (adénosine, etc.)
Majeur : Test d’effort
- accompagnée par l’apparition de gêne thoracique, essoufflement,
douleur abdominale, céphalées
- syncope pendant l’effort ou en position allongée
- palpitations apparues brusquement immédiatement avant la syncope Tableau 6.
Mineur (haut risque uniquement en cas de cardiopathie ou d’ECG Trois grands types de causes de syncopes.
anormal) :
- absence de symptômes d’alerte ou prodromes de durée très brève Syncopes réflexes
(< 10 s) Vasovagale :
- histoire familiale de mort subite à un jeune âge - émotionnelle : douleur, peur, intervention, vue du sang
- en position assise - orthostatique : orthostatisme prolongée surtout dans la foule et/ou par
Contexte médical chaleur
Situationnelle :
Bas risque
- miction
Syncopes récidivantes depuis plusieurs années avec des caractéristiques - stimulation gastro-intestinale (déglutition, défécation)
de « bas risque » - toux, éternuement, fou rire
Absence de cardiopathie - après un exercice intense
Haut risque - en jouant d’un instrument à vent
Majeur : cardiopathie sévère ou coronaropathie (insuffisance cardiaque, Syndrome du sinus carotidien atypique : pas de prodromes ou
fraction d’éjection basse, infarctus myocardique ancien, etc.) d’éléments déclencheurs

Examen physique Syncopes dues à l’hypotension orthostatique

Bas risque Induites par les médicaments : vasodilatateurs, diurétiques,


phénothiazines, antidépresseurs, etc.
Examen normal Induites par une hypovolémie : hémorragie, vomissement, diarrhée, etc.
Haut risque Dysautonomie primaire (maladie neurologique) : dysautonomie isolée,
Majeur : maladie de Parkinson, démence à corps de Lewy, etc.
- pression artérielle systolique < 90 mmHg sans explication Dysautonomie secondaire : diabète, amylose, neuropathie
- suspicion d’une hémorragie digestive auto-immune, insuffisance rénale, etc.
- bradycardie persistante < 40/min chez un sujet éveillé (pas un athlète) Syncopes cardiaques
- souffle cardiaque « suspect » Troubles du rythme cardiaque :
ECG - bradycardie
Bas risque - maladie du nœud sinusal
- bloc auriculoventriculaire
ECG normal
- tachycardie supraventriculaire ou ventriculaire
Haut risque Cardiopathies :
Majeur : - sténose aortique, cardiomyopathie hypertrophique, tumeurs
- modifications à l’ECG suggestives d’une ischémie myocardique intracardiaques
- bloc AV 2e degré Mobitz II ou 3e degré - infarctus myocardique (ou ischémie sévère), dissection aortique
- rythme sinusal (ou fibrillation atriale) avec fréquence permanente tamponnade
< 40/min - dysfonction de prothèse valvulaire, embolie pulmonaire, hypertension
- pauses sinusales prolongées répétitives (> 3 s) - pulmonaire sévère, etc.
- bloc de branche, troubles conductifs intraventriculaires sévères,
hypertrophie ventriculaire, ondes Q pathologiques
- tachycardie ventriculaire soutenue ou non
- dysfonction d’un appareil implantable la suite immédiate de la conduite diagnostique et en particulier de
- aspect de syndrome de Brugada de type I la nécessité ou non d’une hospitalisation immédiate. Le Tableau 4
- QT long sur plusieurs ECG (> 460 ms) donne les principaux arguments qui permettent de considérer une
Mineur (haut risque uniquement si l’histoire est compatible avec une syncope comme à bas ou haut risque de complications sévères.
syncope « rythmique ») : À l’issue de cette recherche de signes de bas ou haut risque,
- bloc AV 2e degré Mobitz I ou 1er degré avec intervalle PR très long quatre situations sont possibles :
- rythme sinusal (ou fibrillation atriale) avec fréquence permanente • il s’agit d’une syncope à bas risque dont le cause est connue. Le
40-50/min sujet nécessite (ou non) un traitement, mais de toute façon non
- tachycardie supraventriculaire ou fibrillation atriale paroxystiques urgent, et peut donc être autorisé à rejoindre son domicile ;
- préexcitation
• il s’agit d’une syncope à bas risque dont le cause est inconnue
- aspect de syndrome de Brugada « atypique »
(probablement réflexe). En fonction du contexte, des examens
- ECG suggestif d’un ventricule droit arythmogène (ondes T négatives
complémentaires pour en découvrir la cause peuvent être pro-
v1-v3 et/ou ondes epsilon)
grammés dans des structures spécialisées ou dans des unités de
ECG : électrocardiogramme ; AV : auriculoventriculaire. syncopes, mais sans urgence ;

4 EMC - Cardiologie

© 2023 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 01/06/2023 par MEDIS LABORATOIRE (92422). Il est interdit et illégal de diffuser ce document.
Conduite à tenir devant une syncope  11-038-A-10

• il s’agit d’une syncope à haut risque dont la cause est connue ou définition précise doit être connue pour exclure les causes de PDC
non. Une approche diagnostique ou thérapeutique immédiate qui ne sont pas des syncopes. Une fois le diagnostic de syncope
est requise. Le sujet doit donc être hospitalisé ; affirmé, une conduite diagnostique précise permet de retrouver sa
• il s’agit d’une syncope qui a des critères combinés (à la fois bas cause dans l’immense majorité des cas en évitant les hospitalisa-
et haut risque). Le sujet doit rester hospitalisé et avoir dès que tions et les examens abusifs.
possible une évaluation diagnostique, au mieux au sein d’une
unité de syncope.
Déclaration de liens d’intérêts : l’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts
en relation avec cet article.
 Recherche de la cause
Une fois le risque stratifié et le patient hospitalisé ou non, la  Références
recherche de la cause de la syncope doit être poursuivie (elle
n’a pas été découverte lors de l’évaluation initiale). Les causes [1] Blanc JJ, L’Her C, Touiza A, Garo B, L’Her E, Mansourati J. Prospec-
de syncopes sont multiples et leurs découvertes nécessitent une tive evaluation and outcome of patients admitted for syncope over a 1
enquête parfois simple mais quelquefois complexe qui oblige à year period. Eur Heart J 2002;23:815–20.
avoir recours à des examens complémentaires. Il ne faut surtout [2] Day SC, Cook EF, Funkenstein H, Goldma L. Evaluation and outcome
pas omettre de se reporter encore et encore à l’interrogatoire et of emergency room patients with transient loss of consciousness. Am
J Med 1982;73:15–23.
aux résultats de l’évaluation initiale pour orienter au mieux la
[3] Kenny RA, Ingram A, Bayliss J, Sutton R. Head-up tilt: a use-
poursuite de la démarche diagnostique et limiter les examens
ful test for investigating unexplained syncope. Lancet 1986;1:
potentiellement dangereux et coûteux. Le Tableau 5 donne la liste, 1352–5.
non exhaustive, des principaux tests qui peuvent être proposés [4] Brignole M, Moya A, De Lange J, Deharo JC, Elliott PE, Fanciulli A,
pour diagnostiquer la cause d’une syncope. et al. Guidelines for the diagnosis and management of syncope (version
Pour des raisons didactiques, les causes des syncopes sont divi- 2018). Eur Heart J 2018;39:1882–8.
sées en trois grands chapitres (Tableau 6). Quelle que soit la cause, [5] Moya A, Sutton R, Ammirati F, Blanc JJ, Brignole M, Dahm JB,
deux mécanismes physiopathologiques, qui peuvent s’imbriquer, et al. The Task Force for the Diagnosis and Management of Syn-
sont à l’origine des syncopes : une chute du débit cardiaque cope of the European Society of Cardiology (ESC) Guidelines for
ou bien des résistances périphériques, toutes deux générant une the diagnosis and management of syncope (version 2009). Eur Heart
baisse de la pression artérielle et donc une hypoperfusion céré- J 2009;30:2631–71.
brale [9] . [6] Sheldon R, Rose S, Ritchie D, Connolly SJ, Koshman ML, Lee MA,
Il faut souligner que plusieurs causes de syncope peuvent coexis- et al. Historical criteria that distinguish syncope from seizures. J Am
ter chez un même patient, par exemple une sténose aortique et Coll Cardiol 2002;40:142–8.
une hypotension orthostatique, et qu’il est alors difficile de faire [7] Alboni P, Brignole M, Menozzi C, Raviele A, Del Rosso A,
la part des choses. Le plus efficace est alors de prendre en charge Dinelli M, et al. Diagnostic value of history in patients with syn-
la pathologie la plus sévère et d’adapter ensuite la thérapeutique cope with or without heart disease. J Am Coll Cardiol 2001;37:
en fonction de cette première approche. 1921–8.
La cause de la syncope reste inexpliquée dans un pourcentage [8] Vardas PE, Auricchio A, Blanc JJ, Daubert JC, Drexler H, Ector H, et al.
Guidelines for cardiac pacing and cardiac resynchronization therapy.
de cas qui varie suivant les centres, l’expérience de l’investigateur
Eur Heart J 2007;28:2256–95.
et la ténacité de la conduite diagnostique. Il faut toutefois savoir
[9] Wieling W, Thijs RD, van Dijk N, Wilde AA, Benditt DG, van Dijk
qu’une syncope dont la cause reste inconnue après une recherche JG. Symptoms and signs of syncope: a review of the link between
en accord avec la conduite proposée ci-dessus est de « bon pro- physiology and clinical clues. Brain 2009;132:2630–42.
nostic », même si des récidives ne peuvent être exclues.
Pour en savoir plus
 Conclusion Guidelines for the diagnosis and management of syncope (version 2009).
Eur Heart J 2009;30:2631–71.
Les PDC sont des symptômes fréquents et, parmi elles, la Guidelines for the diagnosis and management of syncope (version 2018).
syncope représente certainement la cause la plus commune. Sa Eur Heart J 2018;39:1882–1948.

J.-J. Blanc (jjacques@[Link]).


2, rue de Kerglas, 29200 Brest, France.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Blanc JJ. Conduite à tenir devant une syncope. EMC - Cardiologie 2020;34(1):1-5 [Article 11-038-A-10].

Disponibles sur [Link]


Arbres Iconographies Vidéos/ Documents Information Informations Auto- Cas
décisionnels supplémentaires Animations légaux au patient supplémentaires évaluations clinique

EMC - Cardiologie 5

© 2023 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 01/06/2023 par MEDIS LABORATOIRE (92422). Il est interdit et illégal de diffuser ce document.
Cet article comporte également le contenu multimédia suivant, accessible en ligne sur [Link] et
[Link] :

1 autoévaluation
Cliquez ici

© 2023 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 01/06/2023 par MEDIS LABORATOIRE (92422). Il est interdit et illégal de diffuser ce document.

Vous aimerez peut-être aussi