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Systèmes Différentiels Linéaires: Théorie et Solutions

Ce chapitre traite des systèmes d'équations différentielles linéaires, en définissant les concepts clés tels que les systèmes homogènes et les solutions. Il présente des propositions sur l'existence et la structure des solutions, ainsi que des résultats sur le principe de superposition et la dimension des espaces de solutions. Enfin, il aborde les systèmes homogènes à coefficients constants et fournit des exemples illustratifs.

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Systèmes Différentiels Linéaires: Théorie et Solutions

Ce chapitre traite des systèmes d'équations différentielles linéaires, en définissant les concepts clés tels que les systèmes homogènes et les solutions. Il présente des propositions sur l'existence et la structure des solutions, ainsi que des résultats sur le principe de superposition et la dimension des espaces de solutions. Enfin, il aborde les systèmes homogènes à coefficients constants et fournit des exemples illustratifs.

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Chap VI: Equations différentielles linéaires

Dans tout le chapitre K = R ou C, n ∈ N∗ et I désigne un intervalle de R.

I) Système différentiel linéaire :


1) Généralités :

Définitions :  
x1
On considère le système différentiel (S) d’inconnue  ...  suivant:
 

xn

x01 (t) = a11 (t)x1 (t) + .... + a1n (t)xn (t) + b1 (t)
x02 (t) = a21 (t)x1 + .... + a2n (t)xn (t) + b2 (t)
..
.
x0n (t) = an1 (t)x1 (t) + .... + ann (t)xn (t) + bn (t).

avec aij et les bi sont des applications de I à valeurs dans K continues données et x1 , ..., xn : I → K
inconnues.
i) Le système (S) est appelé un système différentiel linéaire.
ii) Ecriture matricielle du système(S) :   
b1 (t) x1 (t)
On pose A(t) = (aij (t))1≤i,j≤n , B(t) =  ...  et X(t) =  ... .
   

bn (t) xn (t)
x01 (t)
 

Les applications x1 , ..., xn sont dérivables sur I donc X est dérivable sur I et on a X 0 (t) =  ... .
 

x0n (t)
De plus, (S) est équivalent à l’équation X 0 (t) = A(t)X(t) + B(t). (c’est l’écriture matricielle de (S))

iii) On appelle solution sur I de (S) toute application Y : I → Mn,1 (K) dérivable sur I tel que
∀t ∈ I, Y 0 (t) = A(t)Y (t) + B(t).
iv) Le système (H) : X 0 (t) = A(t)X est appelé le système
 homogène associé à S.
(S) X 0 (t) = A(t)X + B(t)
v) Pour tout (t0 , Y0 ) ∈ I × Mn,1 (K), le système (P ) est appelé un
X(t0 ) = Y0
problème de Cauchy associé à (E).

Exemple  0
x (t) = y(t) + t
Le système est un système différentiel linéaire défini sur R. Son écriture matricielle
y 0 (t) = x(t) + 1
0 = A(t)X(t) + B(t) avec
est X     
x 0 1 t
X= , A(t) = et B(t) = .
y 1 0 1
 0
x (t) = y(t)
Le système homogène associé est
y 0 (t) = x(t)
2) Existence et structure des solutions :
On considère, dans la suite, un système différentiel linéaire (E) X 0 = A(t)X + B(t) avec
A : I → Mn (K) et B : I → Mn,1 (K) continues et on note (H) le système homogène associé.

Proposition 1:
Toute solution Y de (E) sur I est de classe C 1 sur I.

1
Preuve:
Soit Y une solution de (E). Alors Y est dérivable et Y 0 = A(t)Y + B(t).
Comme Y, A sont continues et l’application f : Mn (K) × Mn,1 (K) −→ Mn,1 (K), (M, X) 7→ M X est
continue (car bilinéaire définie sur produit des espaces de dimension finie) alors AY est continue. De
plus, B est continues donc AY + B est continue.
Par suite Y est de classe C 1 sur I.

Proposition 2 (Principe de superposition ) :


Si B(t) = B1(t) + B2 (t), Y1 est une solution de (E1 ) : X 0 = A(t)X + B1 (t) et Y2 est une solution de
(E2 ) : X 0 = A(t)X + B2 (t) alors Y = Y1 + Y2 est une solution de (E).

Preuve :
(Y1 + Y2 )0 = Y10 + Y20 = A(t)Y1 + B1 (t) + A(t)Y2 + B2 (t) = A(t)(Y1 + Y2 ) + B(t).

Proposition 3:
L’ensemble SH des solutions de (H) sur I est sous espace vectoriel de C 1 (I, Mn,1 (K)) .

Preuve :
SH ⊂ C 1 (I, Mn,1 (K)).
La fonction nulle 0̃ de I dans Mn,1 (K) appartient à SH .
Soit Y1 , Y2 ∈ SH et α ∈ K.
(αY1 + Y2 )0 = αY10 + Y20 = A(t)(αY1 ) + A(t)Y2 = A(t)(αY1 + Y2 ). Donc αY1 + Y2 ∈ S(H)

Proposition 4:(Forme intégrale du problème de Cauhcy


Soit(t0 , Y0 ) ∈ I × Mn,1 (K) et Y : I → Mn,1 (K) . Alors Y est une solution du problème
(E) X 0 = A(t)X + B(t) Rt
(P ) si et seulement si Y est continue et ∀t ∈ Y (t) = Y0 + t0 (A(s)Y (s) +
X(t0 ) = Y0
B(s))ds .

Preuve
00 ⇒00
On suppose que Y est une solution de (P ). Alors Y est de classe C 1 ce qui donne que Y est
continue et que aussi Y 0 est continue.
Rt Rt
Donc Y (t) − Y0 = Y (t) − Y (t0 ) = t0 Y 0 (s)ds = t0 (A(s)Y (s) + B(s))ds.
Rt
” ⇐ ” On suppose que Y est continue et ∀t ∈ Y (t) = Y0 + t0 (A(s)Y (s) + B(s))ds .
Comme Y, A sont continues et l’application f : Mn (K) × Mn,1 (K) −→ Mn,1 (K), (M, X) 7→ M X est
continue (car bilinéaire définie sur produit des espaces de dimension finie) alors AY est continue. De
plus, B est continues donc AY + B est continue.
Par suite Y est de classe C 1 sur I et Y 0 (t) = A(t)Y (t) + B(t).
De plus, Y (t0 ) = Y0 donc Y est une solution de (P ).

Théorème de Cauchy (Admis)


(E) X 0 = A(t)X + B(t)

Pour tout (t0 , Y0 ) ∈ I × Mn,1 (K) , le problème (P )
X(t0 ) = Y0
admet une solution et une seule sur I.

Ex 1: Soit Y une solution de H sur I et on suppose qu’il existe t0 ∈ I tel que Y (t0 ) = 0. Montrer
que Y = 0.
(H) X 0 = A(t)X

Réponse: La fonction Y est une solution du problème de Cauchy (P )
X(t0 ) = 0
De plus, la fonction nulle 0 est solution de (P ). Donc d’après le théorème de Cauchy, Y = 0.

2
Proposition 5:
1) Soit t0 ∈ I. L’application
φ :SH −→ Mn,1 (K),
Y 7−→ Y (t0 )
est un isomorphisme des K-ev.
3) Le K-ev SH est de dimension n.
2) Le système (E) admet des solutions sur I et si Yp est une solution particulière de (E) alors l’ensemble
SE des solutions de E est SE = {Yp + Y, Y ∈ SH }.

Preuve
1) Soit Y, Z ∈ SH et α ∈ K.
φ(αY + Z) = (αY + Z)(t0 ) = αY (t0 ) + Z(t0 ) = αφ(Y ) + φ(Z).
D’où φ est linéaire.
Soit Y0 ∈ Mn,1 (K).  D’après 0le théorème de Cauchy, il existe unique solution Y
(H) X = A(t)X
du problème (P )
X(t0 ) = Y0
Autrement, il existe unique Y ∈ SH telque φ(Y ) = Y0 .
D’où Y0 admet un antécédent et un seul par φ.
Ainsi, φ est bijective et par suite c’est un isomorphisme de K−ev.
2) D’après 1) SH est isomorphe à Mn,1 (K) donc dim SH = dim Mn,1 (K) = n.
3) Soit Z une solution de (E) et Y = Z − Yp Y 0 = Z 0 − Y 0 = A(t)Z + B(t) − A(t)Yp − B(t) = A(t)Y
donc Y = Z − Yp ∈ SH .
Ainsi Z = Yp + Y avec Y ∈ SH .
Inversement, si Z = Yp + Y avec Y ∈ SH , alors Z 0 = Yp0 + Y 0 + A(t)Yp + B(t) + A(t)Y = A(t)Z + B(t).

Définition : Une base de l’espace SH des solutions de (H) est appelée un système fondamental
des solutions de (H).

Proposition 6:
Soit Y1 , ...., Yn des solutions de (H) et t0 ∈ I. Alors
(Y1 , ..., Yn ) est un système fondamental des solutions de (H) si et seulement si la famille (Y1 (t0 ), ...., Yn (t0 ))
est une base de Mn,1 (K).

Preuve :
Soit φ : SH −→ Mn,1 (K), Y 7→ Y (t0 ). Alors (Y1 (t0 ), ...., Yn (t0 )) = (φ(Y1 ), ...., φ(Yn )).
Comme l’application φ est un ismorphisme des K−ev alors φ−1 l’est aussi et φ et φ−1 transfomrent les
bases en bases. D’où l’équivalence.
 0
x =y+1
Ex 2: On considère le système (E0 )
y0 = x + 1
On noteH0 lesystème homogène
 −t associé et on pose
et
  
e −1
Y1 (t) = , Y2 (t) = et Yp (t) = .
et −e−t −1
1) Montrer que (Y1 , Y2 ) est un système fondamental des solutions de (H0 ).
2) Vérifier que Yp est une solution de (E0 ) puis résoudre (E0 ).

Réponse::
Pour Y1 , x(t) = et , y(t) = et
x0 (t) = et = y(t), y 0 (t) = et = x(t) donc Y1 est une solution de (H0 ).
Pour Y2 , x(t) = e−t , y(t) = −e−t
x0 (t) = −e−t = y(t), y 0 (t) = e−t = x(t) donc Y2 est une solution de (H0 ).

3
   
1 1
Y1 (0) = , donc (Y1 (0), Y2 (0)) est une base de M2,1 (K) et par suite (Y1 , Y2 ) est une
1 −1
base de SH0 .
2) Pour Yp , x(t) = y(t) = −1.
x0 (t) = 0 = y(t) + 1, y 0 (t) = 0 = x(t) + 1 donc Yp est une solution de (E0 ).
La solution générale de (E0 ) est
Y (t) = αY1 (t) + βY2 (t) + Yp (t) avec α, β ∈ K.

3) Cas d’un système homogène à coefficients constants:


On considère dans ce pragraphe, le système (H) : X 0 = AX avec A ∈ Mn (K).
a) Cas général:
Proposition :
(H)X 0 = AX

1) Pour tout (t0 , X0 ) ∈ R × Mn,1 (K), la solution du problème de Cauchy (P ) sur R
X(t0 ) = X0
(t−t )A
est Y (t) = e 0 X0 .
2) La solution générale de (H) sur R est Y (t) = etA C où C ∈ Mn,1 (K).

Preuve :
1) Soit (t0 , X0 ) ∈ R × Mn,1 (K).
Soit Y (t) = e(t−t0 )A X0 . L’application ψ : t 7→ e(t−t0 )A est dérivable et ψ 0 (t) = Ae(t−t0 )A
Y = L ◦ ψ avec L : Mn (K) → Mn,1 (K), M 7→ M X0 qui est linéaire donc
l’application Y est dérivable sur R et Y 0 (t) = Ae(t−t0 )A X0 = AY (t).
Donc Y ∈ SH . De plus, Y (t0 ) = e0 X0 = X0 .
2) On suppose que Y (t) = etA C où C ∈ Mn , 1(K).
L’application Y est dérivable sur R et Y 0 (t) = AetA C = AY (t). Donc Y ∈ SH .
Inversement,soit Y une solution de (H). Soit X0 = Y (0). Alors Y est la solution du problème de
(H) X 0 = AX
Cauchy (P )
X(t0 ) = X0
tA
Donc Y (t) = e X0 .
 0  
x =y 0 1
Ex 1 : On considère le système (H1 ) et A = .
y0 = x 1 0
1) Calculer A2 puis calculer etA pour t ∈ R et résoudre (H1 ).
2) Expliciter une base de l’espace SH1 .

Réponse
 :    
2 0 1 0 1 1 0
1) A = = = I2 .
1 0 1 0 0 1
Donc, pour k ∈ N, A2k = (A2 )k = In et A2k+1 = A2k A = A.
+∞
P t2k A2k +∞ P t2k+1 A2k+1
Alors etA = (2k)! + (2k+1)!
k=0  k=0 
ch(t) sh(t)
= ch(t)I2 + sh(t)A = .
sh(t) ch(t)
tA
Lasolution générale de (H 1 ) estY (t) = e C avec  C∈M  n,1 (K)
ch(t) sh(t) α ch(t) sh(t)
= =α +β avec α, β ∈ K.
sh(t) ch(t) β sh(t) ch(t)
   
ch(t) ch(t)
2) On pose Y1 (t) = et Y2 = .
sh(t) sh(t)
D’après 1), (Y1 , Y2 ) est génératrice de l’espace (SH1 ). De plus, elle est de cardinal 2 = dim SH1 donc
c’est une base de SH1 .

Ex 2 :

4
 
2 1 1
Soit A =  0 1 1 .
0 −1 3
1) Montrer que A − 2I3 est nilpotente.
 0 Donner alors exp(tA) pour t ∈ R.
 x = 2x +y+z
0
2) Résoudre le systèmè (H ) 0
y =y+z .
 0
z = −y + 3z
Réponse :
X −2 −1 −1
1) χA = 0 X −1 −1 = (X − 2)(X 2 − 4X + 4) = (X − 2)3 .
0 1 X −3
Donc, d’après Cayley-Hamilton, (A − 2I3 )3 = 0 et par suite A − 2I3 est nilpotente.
On pose N = A − 2I3 . On a tA = tN + 2tI3 et tN × 2tI3 = 2tI3 × tN donc
+∞
P 2k tk t2 N 2
etA = e2tI3 etN = ( k! I3 )(I3 + tN + 2 )
k=0
2 2
= e2t (I3 + tN + t N2 ).
 
0 0 2
N 2 =  0 0 0 .
0 0 0
t + t2
 
1 t
Donc etA = e2t  0 1 − t t .
0 −t 1+t
0 tA
2) La solution générale de(H
2
 Y (t) = e C avec C ∈ M3,1 (K).
 ) est
1 t t+t a
= e2t  0 1 − t t   b  avec a, b, c ∈ K.
0 −t 1+t c
 0
 x =x−z
Remarque : On considère le système (H) : y 0 = y + z La résoluton peut ètre faite sans
 0
z = 2z
calculer l’exponentielle de la matrice associée au système.
En effet: (3) z 0 = z ce qui signifie que z est solution d’une équation différentielle linéaire homogène.
En résolvant (3) alors (2) : y 0 = y + z signifie que y est solution d’une équation différentielle linéaire
avec second membre.
En résolvant (2): alors (1) : x0 = x − z signifie que x est solution d’une équation différentielle linéaire
avec second membre.
La méthode est valable pour tout système X 0 = AX avec A ∈ Mn (K) triangulaire supérieure.

b) Cas de diagonalisabilité :
On considère un système (H) : X 0 = AX avec A ∈ Mn (K) diagonalisable.

Ex 1: Soit λ une valeur propre de A et V un vecteur propre de A associé à λ. Montrer que


φ : t ∈ R 7−→ eλt V est unesolution
 de (H). λt 
v1 e v1
 ..   .. 
Réponse: On pose V =  .  φ(t) =  .  donc φ est dérivable
vn eλt vn
λt
 
λe v1
0 ..
et φ (t) =   = eλt λV = eλt AV = Aφ(t).
 
.
λeλt vn
D’où φ est une solution de (H).

5
Proposition : Soit (V1 , ..., Vn ) une base de Mn,1 (K) formée des vecteurs propres de A et λ1 , ..., λn
les valeurs propres de A respectivement associées. On pose ∀1 ≤ i ≤ n, φi : t ∈ R 7−→ eλi t Vi . Alors
(φ1 , ..., φn ) est une base de l’espace SH des solutions de H.

Preuve : On a déja (d’après l’exercice 1), φ1 , ..., φn ∈ SH .


D’autre part, (φ1 (0), ...., φn (0)) = (V1 , ..., Vn ): c’est une base Mn,1 (K).
Donc (φ1 , ..., φn ) est une base de l’espace SH .
 0  
x = 4x − 3y 4 −3
Ex 2 : On considère le système (H2 ) et A = .
y 0 = 2x − y 2 −1
1) Montrer que A est diagonalisable.
2) Résoudre (H2 ).

Réponse : 1)χA = X 2 − 3X + 2 = (X − 1)(X − 2) scindé à racines simples donc A est diagonalis-


able.    
3 −3 1
2) Pour λ = 1, A − I2 = donc {V1 = } est une base de E1 (A). Pour λ =
2 −2 1
   
2 −3 3
2, A − 2I2 = donc {V2 = } est une base de E2 (A).
2 −3 2
Alors (V1 , V2 ) est une base de M2,1 (K) formée des vecteurs propres de A.
Ainsi, la solution générale de (H2 ) est Y (t) = α1 et V1 + α2 e2t V2 avec α1 , α2 ∈ K.

4) Méthode de variation des constantes :


Ex 1: Soit α : I → K et Y : I → Kn dérivables. Montrer que αY est dérivable et donner sa dérivée.
Réponse :
On a α(t)Y (t) = B(α(t), Y (t)) avec B : K × Kn → Kn , (λ, X) 7→ λX qui est bilinéaire
Donc αY et (αY )0 (t) = B(α0 (t), Y (t)) + B(α(t), Y 0 (t)) = α0 (t)Y (t) + α(t)Y 0 (t).

Proposition : On considère un système différentiel linéaire (E) X 0 = A(t)X + B(t) avec


A : I → Mn (K) et B : I → Mn,1 (K) continues. Soit (H) le système homogène associé et (Y1 , ..., Yn ) un
système fondamental des solutions de (H) sur I .
Il existe une solution Y de (E) sur I sous la forme Y (t) = c1 (t)Y1 (t) + ... + cn (t)Yn (t) avec c1 , ..., cn :
I → K dérivables.
 0
x = 4x − 3y + et
Ex 1 : On considère le système (E1 )
y 0 = 2x − y + 2et
Résoudre le système homogène (H1 ) associé à (E1 ) puis résoudre (E1 ).
Réponse :    
t 1 2t 3
Soit Y1 (t) = e , Y2 (t) = e .
1 2
On a (Y1 , Y2 ) est un système fondamental des solutions de (H1 ).
On cherche une solution Yp de (E1 ) sous la forme Yp (t) = α1 (t)Y1 (t) + α2 (t)Y2 (t) avec α1 , α2 : I → K
dérivables
Yp0 = α10 Y1 + α20 Y2 + α1 Y10 + α2 Y20 .
Yp0 = AYp + B ⇔ α10 Y1 + α20 Y2 + α1 Y10 + α2 Y20 = α1 AY1 + α2 AY2 + B
⇔α 0 0
1 Y1 0+ α2tY2 = 2t B
α1 (t)e + 3e α20 (t) = et (1)
⇔ 0 t 2t 0 t
α1 (t)e + 2e α2 (t) = 2e (2)
(1) − (2) : e2t α20 (t) = −et ⇐⇒ α20 (t) = −e−t .
On prend α2 (t) = e−t .
(1) : α10 (t)et + 3e2t (−e−t ) = et ⇐⇒ α10 (t) = 4.
On prend α1 (t) = 4t.

6
et
   2t 
−t 3e
D’où Yp (t) = 4t +e
et 2e2t
est une solution particulière de (E1 ).
et 3e2t
   
La solution générale de (E1 ) est Y (t) = (α1 + 4t) + (α2 + e−t )
et 2e2t
avec (α1 , α2 ) ∈ K2 .

Proposition 2(cas particulier): On considère un système différentiel linéaire


(E) X 0 (t) = AX(t) + B(t) avec A ∈ Mn (K) et B : I → Mn,1 (K) continue.
Il existe une solution Y de (E) sur I sous la forme Y (t) = etA C(t) avec C : I → Mn,1 (K) dérivable.

Exemple :
x0 = y
  
0 1
On considère le système (E1 ) et A = .
y 0 = x + 2t 1 0
 
0
On a (E1 ) : X 0 (t) = AX(t) + B(t) ave B(t) = .
2t
On cherche une solution particulière Yp de (E1 ) sous la forme Y (t) = etA C(t) avec C : R → M2,1 (K)
dérivable.
Yp0 (t) = AYp (t) + etA C 0 (t).
Yp0 (t) = AYp (t) + B(t) ⇐⇒ etA C 0 (t) = B(t)
    
0 −tA ch(t) −sh(t) 0 −2t sh(t)
⇐⇒ C (t) = e B(t) = = .
−sh(t) ch(t) 2t 2t ch(t)
Puis on détermine C.

IV) Equations différentielles vectorielles linéaires de 1er ordre :

Dans ce paragraphe, E est K-ev de dimension n ∈ N∗ .


On considère l’équation (E) : y 0 (t) = a(t)[y(t)] + b(t) avec a : I −→ L(E) et b : I −→ E continues et
y : I → E inconnue.

Définition :
i) L’équation (E) est appelée équation différentielle surI linéaire de 1er ordre à valeus dans E.
(E) : y 0 (t) = a(t)[y(t)] + b(t)
Pour tout couple (t0 , v0 ) ∈ I × E le problème (P ) est appelé un
y(t0 ) = v0
problème de Cauchy associé à (E).
ii) L’équation (H) : y 0 = a(t)[y(t)] est appelée l’équation homogène associée à (E).
iii) Si a ∈ L(E) (ne dépend de t), l’équation y 0 (t) = a(y(t)) est appeléé une équation homogène à
coefficients constants.

Proposition 1 :
Soit c une base de E, x : I → E et ∀t ∈ I, X(t) = M atc (x(t)).
Alors x est solution de y 0 (t) = a(t)[y(t)] + b(t) si et seulement X est une solution du système différentiel
Y 0 = A(t)Y + B(t)
avec A(t) = Mc (a(t)) et B(t) = Mc (b(t)).

Preuve :
On note c = (e1 ,P
.., en )
On pose x(t) = xi (t)ei . Alors
i=1
x01 (t)
   
x1 (t)
x0 (t) = x0i (t)ei , X(t) =  ...  , X 0 (t) =  ...  = Mc (x0 (t)).
P    
i=1
xn (t) x0n (t)

7
x0 (t) = a(t)[x(t)] + b(t) ⇐⇒ Mc (x0 (t)) = Mc (a(t))Mc (x(t)) + Mc (b(t)
⇐⇒ X 0 (t) = A(t)X(t) + B(t).

Proposition 2 :
1) Théorème de Cauchy :
(E) : y 0 (t) = a(t)[y(t)] + b(t)

Pour tout (t0 , v0 ) ∈ I × E, le problème de Cauchy (P ) admet une
y(t0 ) = v0
solution et une seule sur I.
2) L’ensemble des solutions de l’équation homogène (H) : y 0 = a(t)[y(t)] est un sev de dimension n de
C 1 (I, E).
3) L’équation (E) admet des solutions sur I et si yp est une solution particulière de (E) alors la solution
générale de (E) est y = yp + yH
où yH esl solution générale de (H)
4)Pour a ∈ L(E) (ne dépend de t), la solution générale de l’équation y 0 (t) = a(y(t)) sur R
est y(t) = eta (v) où v ∈ E.

Preuve :
On utilise la proposition 1 et les résultas vus pour les systèmes différentiels linéaires.

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