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Examen Régional Français 2012 - Lycée Ibn Sina

Le texte présente une scène poignante entre un condamné à mort et sa fille Marie, qu'il n'a pas vue depuis longtemps. Marie, qui ne reconnaît pas son père en raison de son apparence changée, exprime son chagrin et son innocence face à la situation tragique. Le passage soulève des questions sur la peine de mort et ses conséquences dévastatrices sur les familles des condamnés.

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Examen Régional Français 2012 - Lycée Ibn Sina

Le texte présente une scène poignante entre un condamné à mort et sa fille Marie, qu'il n'a pas vue depuis longtemps. Marie, qui ne reconnaît pas son père en raison de son apparence changée, exprime son chagrin et son innocence face à la situation tragique. Le passage soulève des questions sur la peine de mort et ses conséquences dévastatrices sur les familles des condamnés.

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Corrigé : Examen régional : Académie de Marrakech-Tensift El Haouz (session de juin 2012)

Texte :
On lui a mis une petite robe qui lui va bien. - Ah ! m'a-t-elle dit.
Je l'ai prise, je l'ai enlevée dans mes bras, je l'ai assise J'ai ajouté :
sur mes genoux, je l'ai baisée sur ses cheveux. - Veux-tu que je sois ton papa ? L'enfant s'est
Pourquoi pas avec sa mère ? - Sa mère est malade, sa détournée.
grand mère aussi. C'est bien. - Non, mon papa était bien plus beau.
Elle me regardait d'un air étonné ; caressée, Je l'ai couverte de baisers et de larmes. Elle a
embrassée, dévorée de baisers et se laissant faire mais jetant cherché à se dégager de mes bras en criant :
de temps en temps un coup d'œil inquiet sur sa bonne, qui - Vous me faites mal avec votre barbe.
pleurait dans le coin. (…) Alors, je l'ai replacée sur mes genoux, en la couvant
Hélas ! n'aimer ardemment qu'un seul être au des yeux, et puis je l'ai questionnée.
monde, l'aimer avec tout son amour, et l'avoir devant soi, qui - Marie, sais-tu lire ?
vous voit et vous regarde, vous parle et vous répond, et ne vous - Oui, a-t-elle répondu. Je sais bien lire. Maman me
connaît pas ! Ne vouloir de consolation que de lui, et qu'il soit le fait lire mes lettres.
seul qui ne sache pas qu'il vous en faut parce que vous allez -Voyons, lis un peu, lui ai-je dit en lui montrant un
mourir ! papier qu'elle tenait chiffonné dans une de ses petites mains.
- Marie, ai-je repris, as-tu un papa ? Elle a hoché sa jolie tête.
- Oui, monsieur, a dit l'enfant. - Ah bien ! je ne sais lire que des fables.
- Eh bien, où est-il ? - Essaie toujours. Voyons, lis.
Elle a levé ses grands yeux étonnés. Elle a déployé le papier, et s'est mise à épeler avec
- Ah ! vous ne savez donc pas ? il est mort. son doigt :
Puis elle a crié ; j'avais failli la laisser tomber. - A, R, an R, E, T, rêt, ARRET...
-Mort ! disais-je. Marie, sais-tu ce que c'est qu'être Je lui ai arraché cela des mains. C'est ma sentence de
mort ? mort qu'elle me lisait. Sa bonne avait eu le papier pour un sou.
- Oui, monsieur, a-t-elle répondu. Il est dans la terre Il me coûtait plus cher, à moi.
et dans le ciel. Il n'y a pas de paroles pour ce que j'éprouvais. Ma violence
Elle a continué d'elle-même : l'avait effrayée ; elle pleurait presque. Tout à coup elle m'a dit :
- Je prie le bon Dieu pour lui matin et soir sur les - Rendez-moi donc mon papier, tiens ! c'est pour
genoux de maman. jouer Je l'ai remise à sa bonne.
Je l'ai baisée au front. - Emportez-la.
- Marie, dis-moi ta prière. Et je suis retombé sur ma chaise, sombre, désert,
- Je ne peux pas, monsieur. Une prière, cela ne se dit désespéré. À présent ils devraient venir ; je ne tiens plus à rien ;
pas dans le jour Venez ce soir dans ma maison ; je la dirai. la dernière fibre de mon cœur est brisée.
C'était assez de cela. Je l'ai interrompue. Je suis bon pour ce qu'ils vont faire.
- Marie, c'est moi qui suis ton papa.
I. COMPRÉHENSION : (10 points)
1. En vous référant à l’œuvre dont le texte est extrait, recopiez et complétez le tableau suivant : (1 pt)
Une autre œuvre du même
Prénom et nom de l’auteur. Genre de l’œuvre. Siècle.
auteur.
Victor Hugo Roman à thèse XIXème siècle Les misérables
2. Situez le passage par rapport à l’œuvre dont il est extrait. (1 pt)
Le condamné est dans une cellule à la Conciergerie car c’est son dernier jour. On lui amène sa fille Marie car il sera exécuté dans
peu de temps.
3. Les informations suivantes sont-elles vraies ou fausses ? Justifiez chacune de vos réponses en citant une phrase du texte : (2 pt)
a. Marie est accompagnée par une autre personne. Vraie : « … sa bonne, qui pleurait dans le coin. » « Je l'ai remise à sa bonne. »
b. Marie veut bien que le narrateur soit son père. Fausse : « - Non, mon papa était bien plus beau. »
c. Marie lit au narrateur une lettre de sa mère. Fausse : « C'est ma sentence de mort qu'elle me lisait. »
d. Le narrateur est satisfait de cette rencontre. Fausse : « - Emportez-la. » « Et je suis retombé sur ma chaise, sombre, désert, désespéré. »
4. Pourquoi Marie ne reconnaît-elle plus son père ? (1 pt)
La fille ne reconnaît pas son père car son physique a énormément changé. (Elle ne l’a pas vu presque une année).
5. Relevez deux mots appartenant au champ lexical de l’affection. (1 pt)
Baisée, baisers, aimer, caressée, embrassée, amour, consolation.
6. « Elle a cherché à se dégager de mes bras en criant : - Vous me faites mal … »
Transposez cette phrase au discours indirect, sachant que le narrateur rapporte ses propres paroles. (1 pt)
Elle a cherché à se dégager de mes bras en criant que je lui faisais mal.
7. « Elle me regardait d'un air étonné ; caressée, embrassée, dévorée de baisers et se laissant faire mais jetant de temps en temps un
coup d'œil inquiet sur sa bonne, qui pleurait dans le coin. » (0,5 pt)
La figure de style employée dans l’ensemble des éléments soulignés est une gradation. Est-elle ascendante ou descendante ?
Une gradation ascendante
8. Quel est le registre qui domine dans ce texte ? (0,5 pt)
Le registre pathétique
9. Dans ce texte, le condamné est presque exécuté par sa propre fille avant même de l’être par le bourreau. Approuvez -vous l’analyse
exprimée dans cette phrase ? Justifiez votre réponse. (1 pt)
Exemple : Oui, le fait de ne pas être reconnu par sa propre fille a brisé la dernière fibre qui le retenait à la vie.
10. Peut-on considérer ce passage comme un réquisitoire contre la peine de mort ? Justifiez votre réponse. (1 pt)
Exemple : Oui, ce passage est un réquisitoire contre la peine de mort car la famille du condamné qui est pourtant innocente; se
trouve elle aussi victime de ce châtiment.

Mohammed Bouchriha. Lycée Ibn Sina. Marrakech. E-mail : bouchrihamed@[Link] Page 1


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