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Guide sur les Planchers de Bâtiments

Ce guide traite de la conception et de la réalisation des planchers dans les bâtiments, en se concentrant sur différents types de planchers tels que ceux en béton, en bois, et mixtes. Il présente les spécifications techniques nécessaires pour garantir la résistance et la durabilité des ouvrages, tout en intégrant les évolutions normatives récentes. Les performances attendues des planchers, telles que l'isolation thermique et acoustique, ainsi que leur rôle structurel et de protection, sont également abordées.

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Guide sur les Planchers de Bâtiments

Ce guide traite de la conception et de la réalisation des planchers dans les bâtiments, en se concentrant sur différents types de planchers tels que ceux en béton, en bois, et mixtes. Il présente les spécifications techniques nécessaires pour garantir la résistance et la durabilité des ouvrages, tout en intégrant les évolutions normatives récentes. Les performances attendues des planchers, telles que l'isolation thermique et acoustique, ainsi que leur rôle structurel et de protection, sont également abordées.

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99

Chapitre 1 : Domaine d’application


Ce guide s’intéresse à la conception, au dimensionnement et différentes fonctions attendues des planchers. L’articulation
à la réalisation des planchers de bâtiments de types maisons des chapitres est la suivante :
individuelles et bâtiments assimilés. Destiné aux entreprises ■■ le premier chapitre est consacré aux planchers dont
de construction ainsi qu’aux concepteurs, calculateurs et les constituants principaux sont en béton, qu’ils soient
autres architectes, il présente de manière synthétique et coulés intégralement sur le site ou préfabriqués
simple les différents planchers utilisés dans le domaine pour partie ;
d’emploi visé, et précise les précautions et spécifications ■■ le deuxième chapitre présente les planchers à bacs
techniques à respecter afin d’avoir des ouvrages résistants, acier collaborants, peu utilisés en maisons individuelles
durables et dont l’aptitude à l’emploi ne soit pas mise en mais qui sont bien adaptés aux chantiers de moyenne
défaut. importance pour lesquels la rapidité de mise en œuvre
La nouvelle édition du guide qui intégrait déjà l’application est privilégiée ;
généralisée des Eurocodes en France tient compte des ■■ le troisième chapitre concerne les planchers classiques en
évolutions du contexte normatif et réglementaire, en bois, à poutres et solives ;
particulier la parution de nouveaux NF DTU concernant les ■■ le quatrième chapitre aborde le cas des planchers mixtes
planchers à prédalles et les planchers à poutrelles ou encore bois-béton, que l’on rencontre de plus en plus souvent
la mise en application de la RE 2020. dans le domaine de la rénovation de bâtiment ;
■■ enfin le cinquième et dernier chapitre fait le point
Le guide est découpé en deux parties.
sur diverses performances attendues des planchers,
La première, constituée de quatre chapitres, décrit la quels qu’ils soient, en termes de tenue au séisme,
typologie et le mode de conception et d’exécution des divers tenue au feu, isolation acoustique, isolation thermique,
types de planchers utilisés. La seconde fait le point sur les performance environnementale, etc.
101

Chapitre 2 : Les planchers

1. Fonctions générales
d’un plancher
Les planchers sont des éléments plans porteurs horizontaux.
Ils prennent appui sur les éléments porteurs verticaux
(poteaux ou murs) ou encore sur les poutres.
Les planchers assurent deux rôles essentiels dans un
bâtiment.

1.1. Rôle structural


Ils transmettent les charges verticales aux murs, poutres et Charge horizontale (vent, séisme, poussée des terres, etc.)
appliquée au plancher
poteaux, et ils assurent la répartition des charges horizontales
Charges horizontales transmises aux éléments
entre les éléments de contreventement. de contreventement par le plancher
Ils permettent aussi d’ancrer les balcons en béton armé. Figure 2 : Répartition des charges horizontales
Ils constituent un support rigide et stable pour les revêtements aux éléments de contreventement par le plancher
appliqués :
Ancrage du balcon
■■ en face supérieure (carrelages, moquettes, etc.) ; dans le plancher
■■ en face inférieure (enduits, plafonds suspendus, etc.).

Plancher

Plancher Balcon

Porteur vertical
Mur

Poteaux Figure 3 : Ancrage d’un balcon en béton armé dans le plancher

1.2. Rôle de protection


Charges verticales appliquées sur le plancher Les planchers contribuent à :
■■ l’isolation thermique entre locaux superposés ;
Charges transmises aux poteaux et au mur, par le plancher ■■ l’isolation acoustique entre ces mêmes locaux ;

■■ la protection contre l’incendie entre deux niveaux (fonction

pare-flamme et coupe-feu).
Figure 1 : Transmission des charges verticales
aux murs et poteaux par le plancher
102 PARTIE 3 : PLANCHERS ET RUPTEURS DE PONTS THERMIQUES

2.  erformances attendues
P 3. Conception d’un plancher
d’un plancher Dans le cas des petits bâtiments de type maison individuelle,
les murs formant partition des volumes servent en général
Les performances attendues d’un plancher découlent des d’appui aux planchers. Dans certains cas où les murs sont
deux principaux rôles vus ci-dessus. Ces performances sont : mal disposés (non alignés) ou sont en nombre insuffisant, on
■■ la capacité à transmettre les charges supportées sans
est conduit à rajouter des poutres prenant appui sur les murs
présenter de grandes déformations en service ; ou sur des poteaux disposés judicieusement.
■■ la capacité à supporter des dépassements de charges

prévues sans risque majeur pour la sécurité des


personnes ; ATTENTION
■■ la capacité à assurer une isolation thermique conforme à La phase consistant à décider de la manière dont le
la réglementation thermique (RT) ou à la réglementation plancher sera porté, constitue la phase de conception,
environnementale (RE) ; indispensable quelle que soit la nature du plancher. Elle
■■ la capacité à assurer une isolation acoustique conforme à
requiert une certaine expérience et il est judicieux de
la réglementation acoustique ; la confier à un ingénieur structures qui, dans la majorité
■■ la capacité à assurer le degré coupe-feu et pare-flamme
des cas, saura trouver les bonnes solutions.
requis par la réglementation relative à la sécurité contre
Le choix de la nature de plancher à adopter (béton,
l’incendie ;
■■ la capacité à supporter les différents revêtements prévus.
bois, bac acier, etc.) résulte d’un compromis entre les
goûts exprimés par le maître d’ouvrage et la faisabilité
Afin d’atteindre les performances requises, il est nécessaire technique. En principe, l’architecte saura correctement
de prendre en compte les objectifs visés dès le stade de la préconiser un type de plancher dont la faisabilité technique
conception, mais également en phase de dimensionnement sera adaptée au contexte du projet, mais il est bon, là encore,
et en phase de réalisation. de demander conseil à l’ingénieur structures, dont c’est
Pour les maisons individuelles et bâtiments assimilés, différents précisément le métier.
types de planchers sont utilisés. Le choix du type de plancher
retenu dépend de nombreux facteurs dont, notamment, les
capacités de levage de l’entreprise. Lorsque les conditions
de chantier autorisent l’utilisation de moyens puissants de
levage (grues), les planchers à base d’éléments préfabriqués
lourds (prédalles, dalles alvéolées) sont privilégiés. Dans le
cas contraire, on optera pour les planchers à poutrelles et
entrevous, les planchers à dalle pleine coulés sur place, ou
plus rarement, les planchers en bois ou à bacs acier.
103

Chapitre 3 : Les planchers en béton

1. Planchers en béton armé Les principales dimensions que l’on peut retenir sont les
suivantes :
coulés en place ■■ distances entre étais : entre 1,5 et 2 mètres ;

■■ distances entre madriers supports : entre 1 et 1,5 mètre ;

■■ espacements entre planches d’appuis (vides laissés) :


1.1. Coffrage et étaiements entre 30 et 60 cm.
Les planchers en béton armé coulés en place sont des
L’épaisseur de la peau coffrante dépend de l’épaisseur de
planchers traditionnels dont les éléments supports ainsi que
la dalle, on retiendra la plupart du temps des épaisseurs
les panneaux de dalles sont coulés sur un coffrage mis en
comprises entre 18 et 30 mm.
œuvre sur site.

ATTENTION 1.2. Ferraillage en zones courantes


Les coffrages doivent être solidement liaisonnés et
rigidement appuyés sur les étais, de manière à ce que et aux appuis
le poids du béton liquide qui y sera coulé ne conduise NF EN 1992-1-1:2005. Eurocode 2. Calcul des structures en béton.
pas à des déformations. Partie 1-1 : règles générales et règles pour les bâtiments

Les zones courantes sont les zones du plancher qui sont


Le coffrage traditionnel (en bois et contre-plaqué) conduit éloignées des éléments porteurs constitués par les murs ou
à disposer des éléments coffrants et des éléments les poutres, ou encore les poteaux. Conventionnellement, il
rigidificateurs empêchant les déformations des éléments s’agit de la moitié centrale des panneaux. Les zones d’appuis
coffrants. La figure 1 représente un tel coffrage dans lequel sont celles qui sont voisines des éléments porteurs.
des madriers supports sont disposés sur des étais et
reçoivent des planches d’appui sur lesquelles on place le Poutre
Poteau
contreplaqué représentant la peau coffrante.
Mur
Joue de coffrage Planches d’appui Peau coffrante

Zone courante
Poutre
Madrier
support
Étais Panneau de dalle
réglables

Poutre Zones d’appui


Figure 3 : Représentation des zones courantes
et des zones d’appui dans une dalle
Élément
porteur
central Dans les zones courantes, les armatures sont obligatoirement
(mur ou disposées en quadrillage dans la partie inférieure de la dalle
poteau)
de plancher, et se prolongent jusqu’aux appuis. Dans les zones
Figure 1 : Schéma de coffrage d’un plancher traditionnel d’appuis, on doit disposer des armatures en partie supérieure
Peau de la dalle. Ces armatures sont appelées « chapeaux ».
coffrante
Zone d’appui Zone d’appui

Planches
d’appuis
Madriers
Zone courante

Étais

Figure 2 : Représentation schématique du coffrage Figure 4 : Représentation schématique des armatures (coupe)
et de l’étaiement d’un plancher à dalle pleine dans les zones courantes et dans les zones d’appui des dalles
104 PARTIE 3 : PLANCHERS ET RUPTEURS DE PONTS THERMIQUES

Dans tous les cas, l’enrobage doit être évalué au cas par notamment pour ce qui concerne les épaisseurs de dalles et
cas en fonction des conditions d’environnement (exposition la position des tubes de chauffage.
ou non aux embruns, ambiance intérieure ou extérieure,
etc.), conformément aux prescriptions de la clause 4.4.1 de la Face supérieure
norme NF EN 1992-1-1:2005. À titre indicatif, on peut retenir du plancher
en première approche : 40 mm*

■■ 5 cm pour les ouvrages à la mer (pilotis…) ou exposés


aux embruns ou aux brouillards salins, ainsi que pour les
ouvrages exposés à des atmosphères très agressives ;
■■ 3 cm pour les parois coffrées ou non qui sont soumises (ou
sont susceptibles de l’être) à des actions agressives, à des
intempéries ou à des condensations, ou encore, du fait de 20 mm*
la destination des ouvrages, au contact d’un liquide ; Face inférieure
■■ 2 cm pour des parois qui seraient situées dans des locaux du plancher
couverts et clos et qui ne seraient pas exposées aux
* Épaisseur effective minimale de l’enrobage,
condensations. toutes tolérances épuisées.
L’enrobage représente la distance entre la génératrice Figure 6 : Position des tubes de chauffage relevant du
extérieure de l’armature et le bord de béton le plus proche. NF DTU 65.14 dans une dalle pleine

Pour les planchers chauffants par câbles électriques, les


prescriptions du DTU 65.7 sont à appliquer, notamment pour
les positions des fourreaux.

Enrobage Minimum 30 mm

Face inférieure
Figure 5 : Schéma de l’enrobage Minimum 30 mm du plancher
Les armatures doivent faire l’objet d’un calcul vis-à-vis de
Figure 7 : Position des câbles électriques de chauffage
la flexion du plancher. Généralement, on adopte des treillis dans une dalle pleine
soudés, mais on est quelquefois conduit à choisir des
armatures en barres ligaturées en quadrillage.
Pour ce qui concerne les fourreaux électriques d’alimentation
Globalement, le calcul conduit à disposer au total entre 30 et de l’installation générale, il n’y a pas de codification spécifique
50 kg d’acier par m3 de béton dans les dalles correctement pour ce qui concerne les dalles en béton, mais il convient de
conçues et dimensionnées. veiller à ne pas prévoir de réseaux tentaculaires (dérivations
multiples) dans les zones courantes des dalles.
ATTENTION
Le ferraillage correct d’une dalle en béton armé doit
conduire à ce qu’il n’y ait pas de zone non armée, ni
en partie inférieure, ni en partie supérieure, ni dans les
deux parties simultanément. En d’autres termes, une
coupe verticale de dalle doit toujours traverser des
armatures.

1.3. Incorporations
DTU 65.7 (P52-302) et NF DTU 65.14 (P52-307)

Il est courant de disposer, avant le coulage du béton de la Figure 8 : Type d’installation de fourreaux électriques à prohiber
dalle, des incorporations diverses (fourreaux électriques,
tuyaux chauffants, etc.). Ces incorporations doivent être
effectuées conformément aux documents codificatifs les ATTENTION
concernant. En règle générale, les incorporations à prévoir
dans une dalle en béton ne doivent pas conduire à
Pour les planchers chauffants par tubes à eau, qu’il s’agisse
la suppression ou à la découpe d’armatures, sauf
de tubes en cuivre ou de tubes en matériaux de synthèse, vérification justifiée et confirmée par le calcul.
les prescriptions du NF DTU 65.14 doivent être respectées,
CHAPITRE 3 : LES PLANCHERS EN BÉTON 105

1.4. Réservations et trémies Pour les trémies de dimensions importantes (plus d’un mètre),
il peut se révéler nécessaire de disposer un ou plusieurs
NF EN 1992-1-1:2005. Eurocode 2. Calcul des structures en béton. chevêtres en bordures de trémie. Un chevêtre est une poutre
Partie 1-1 : règles générales et règles pour les bâtiments dont le rôle est de supporter la dalle en son bord interrompu
et de transmettre les charges vers des zones d’appuis plus
Les trémies sont des ouvertures que l’on ménage dans les
aptes à les supporter. Le cas le plus classique est celui de
planchers en vue de faire communiquer les deux niveaux
l’escalier où le chevêtre transversal permet le report des
successifs situés de part et d’autre du plancher (exemple :
charges vers les limons ou les poutres de bordure.
ascenseurs, escaliers, etc.).

OBSERVATION ATTENTION
En béton armé, il est nécessaire de toujours ancrer les
On parle de trémie lorsque la plus grande dimension
armatures dans les pièces armées et dans les appuis
de l’ouverture dépasse une vingtaine de centimètres.
qui supportent ces pièces. C’est à cette condition que
En deçà de cette dimension, on peut parler de
les charges peuvent être transmises correctement.
« réservation » (exemple : passage de fourreaux
électriques, canalisations d’eau, etc.).

Détail A :
Qu’il s’agisse de simple réservation ou de trémie, ces Ancrage des armatures
ouvertures doivent être bordées sur leur périphérie du chevêtre sur les appuis
d’armatures particulières permettant de renforcer les zones
de bordures sujettes à des concentrations de contraintes. Ces
armatures sont disposées en parties supérieure et inférieure.

Armatures de
renforts autour
des trémies
et réservations Figure 11 : Chevêtre d’escalier précisant
l’ancrage des armatures dans les appuis

Trémie ou
réservation
quadrangulaire 1.5. Chaînages de rives de dalles
Dans tous les cas, il faut disposer en rive de dalle de
plancher des chaînages en béton armé formant ceinture.
Figure 9 : Dispositions des armatures de renforts Ces chaînages sont constitués d’armatures longitudinales et
autour des trémies et réservations rectangulaires
transversales constituant une poutre disposée en bordure
de dalle.
ATTENTION
La norme NF EN 1992-1-1:2005 donne peu de détails Armatures
et indique simplement qu’il convient, pour la définition de chaînage
des dispositions constructives du ferraillage, de tenir
compte des concentrations de contraintes au niveau
des trémies et des joints. Il est de bonne pratique :
• de disposer en bordures de la trémie une section
d’acier égale à la section interrompue par la trémie (à
répartir de part et d’autre) ;
• de prévoir, en bordures des trémies ou réservations
circulaires, des armatures selon un tracé hexagonal Figure 12 : Représentation des chaînages
permettant le renforcement efficace du pourtour. de rives de dalles de planchers

Le rôle de ces chaînages est très important : il ceinture la


dalle sur son contour extérieur et lui permet de fonctionner
comme une plaque rigide dans son plan.
Armatures de Vis-à-vis des poussées du vent et des chocs sismiques,
renfort pour
trémie ou ce sont ces chaînages qui permettent aux éléments
réservation résistants verticaux du bâtiment de fonctionner ensemble
Trémie ou circulaire
réservation et de s’opposer aux grandes déformations pouvant
circulaire conduire à l’effondrement. En règle générale, quatre barres
longitudinales HA de diamètre 10 mm (hors zone sismique)
se révèlent suffisantes pour la fonction visée. Dans la plupart
des cas, pour les armatures transversales, il est suffisant de
Figure 10 : Schémas d’armatures pour trémie prévoir des cadres HA de diamètre 6 mm disposés tous les
ou réservation circulaire 20 cm.
106 PARTIE 3 : PLANCHERS ET RUPTEURS DE PONTS THERMIQUES

En zone sismique, il convient de respecter les dispositions ■■ Exemple de calcul d’une dalle en flexion
prévues dans les normes pour ces chaînages. Ces dispo- ■■ Données
sitions sont décrites dans la norme NF EN 1998‑1:2005 –
−− Épaisseur de la dalle de plancher : 20 cm.
­Eurocode 8 – Calcul des structures pour leur résistance aux
−− Portée de la dalle : 3,60 m.
séismes – Partie 1 : règles générales, actions sismiques et
règles pour les bâtiments. −− Charges permanentes (hors poids propre) : 2 kN/m2.
−− Charges d’exploitation : 1,5 kN/m2.
−− Enrobage des armatures : 2 cm.
1.6. Calculs −− Limite élastique de l’acier des armatures : 500 MPa.
NF EN 1992-1-1:2005 – Eurocode 2 – Calcul des structures en béton –
■■ Calculs
Partie 1-1 : règles générales et règles pour les bâtiments
−− Charge répartie sous poids propre : 25 x 0,2 = 5 kN/m2
NF EN 1991-1-1 – Eurocode 1 – Actions sur les structures – −− Charge permanente totale : 2 + 5 = 7 kN/m2
Partie 1-1 : actions générales – poids volumiques, poids propres, −− Charge ELU répartie sur la dalle :
charges d’exploitation des bâtiments qELU = (1,35 x 7) + (1,5 x 1,5) = 11,7 kN/m2
Les calculs des planchers sont décrits dans la norme −− Moment (isostatique) à l’ELU :
NF EN 1992‑1‑1:2005 – Eurocode 2 – Calcul des structures 11,7 x (3,6)2
en béton – Partie 1-1 : règles générales et règles pour les MELU = = 18,95 kN.m/ml
8
bâtiments et son annexe nationale française. 18,95 x 104
−− Armatures en travée : A = = 3 cm2/ml
5 000
0,9 x 17 x
ATTENTION 1,15
Les calculs de dimensionnement d’un plancher à dalle −− Armatures en appuis de rive : A = 0,15 x 3 ≈ 0,5 cm2/ml
pleine sont rapides (quelques dizaines de minutes,
dans la majorité des cas) et peu coûteux, à condition Ces calculs très simples fournissent des indications suffi-
d’être effectués par un ingénieur ou calculateur santes pour un avant-projet.
expérimenté. Il est fortement recommandé de confier
cette tâche à un BET ou à un ingénieur-conseil afin
d’éviter tout risque de désordres ultérieurs dans le
plancher. 2. Planchers en béton
Il est fourni, dans ce qui suit, un certain nombre d’indications constitués d’éléments
permettant des prédimensionnements rapides.
préfabriqués
Pour des bâtiments de type maisons individuelles, compte tenu
des charges habituelles supportées (charge d’exploitation de
150 daN/m2), selon la norme NF EN 1991-1-1 et son annexe 2.1. Planchers à poutrelles
nationale, l’épaisseur « e » d’une dalle de plancher dépend et entrevous
de sa portée « l » et de son mode d’appui. Au stade de
Le corpus de normes et DTU visant ce type de plancher est
prédimensionnement (chiffrage), il est possible de retenir les
constitué des textes suivants :
épaisseurs suivantes, valables pour un béton de qualité C25/30,
selon que la dalle est appuyée sur deux de ses côtés opposés ■■ NF EN 15037-1 Produits préfabriqués en béton –
ou sur ses quatre côtés : Systèmes de planchers à poutrelles et entrevous –
Partie 1 : Poutrelles, septembre 2008
■■ dalle appuyée sur deux de ses côtés opposés : e = l/20 ;
■■ NF EN 15037-2+A1 Produits préfabriqués en béton
■■ dalle appuyée sur ses quatre côtés : e = l/30.
– Systèmes de planchers à poutrelles et entrevous –
Ces épaisseurs doivent néanmoins être confirmées par un Partie 2 : Entrevous en béton, juin 2011
calcul de dimensionnement. ■■ NF EN 15037-3+A1 Produits préfabriqués en béton
Les armatures doivent dans tous les cas être déterminées par – Systèmes de planchers à poutrelles et entrevous –
le calcul. Au stade de l’avant-projet, on peut estimer la section Partie 3 : Entrevous en terre cuite, juin 2011
d’armatures à disposer dans une dalle de la manière suivante : ■■ NF EN 15037-4+A1 Produits préfabriqués en béton –
Systèmes de planchers à poutrelles et entrevous – Partie 4 :
■■ on estime les charges appliquées (charges permanentes et
Entrevous en polystyrène expansé, septembre 2013
d’exploitation) ;
■■ NF EN 15037-5 Produits préfabriqués en béton – Systèmes
■■ on calcule grossièrement le moment fléchissant en supposant de planchers à poutrelles et entrevous – Partie 5 :
la dalle simplement appuyée et en affectant des coefficients Entrevous légers de coffrage simple, septembre 2013
réducteurs au moment ainsi obtenu, en fonction du schéma
■■ NF DTU 23.5 Planchers à poutrelles en béton, mai 2019
statique réaliste de la dalle (cette opération nécessite des
connaissances minimales en résistance des matériaux) ; −− Partie 1-1 : Cahier des clauses techniques types
■■ on en déduit, par un calcul béton armé, l’ordre de grandeur −− Partie 1-2 : Critères généraux de choix des matériaux
de la section d’armatures devant être disposée en zone −− Partie 2 : Cahier des clauses administratives spéciales
courante de travée, ainsi qu’au niveau des appuis, ce qui types
permet de savoir quelle quantité d’armatures pourra être ■■ NF P19-205 Travaux de bâtiment – Planchers à poutrelles
retenue in fine. en béton – Règles de calcul, juillet 2019
CHAPITRE 3 : LES PLANCHERS EN BÉTON 107

Depuis 2019, les planchers à poutrelles et entrevous sont visés


OBSERVATION par le NF DTU 23.5 et relèvent du domaine traditionnel. Les
Les procédés de planchers à poutrelles ont longtemps procédés présentant des dérogations au NF DTU 23.5 peuvent
fait l’objet d’Avis Techniques. Aujourd’hui, seuls faire l’objet d’un Avis Technique nominatif (par fabricant) formulé
les procédés présentant des dérogations ou des par une Commission interministérielle et édité par le CSTB.
singularités par rapport au NF DTU 23.5 et sa norme
de calcul associée ou à l’une des normes produits Les produits constitutifs préfabriqués (les poutrelles et les
peuvent continuer à faire l’objet d’un Avis Technique. À entrevous) du plancher visé par un Avis Technique peuvent
la parution du NF DTU 23.5 en mai 2019, les procédés faire l’objet d’un contrôle de production leur permettant d’être
ne présentant aucune dérogation au texte ont vu leur certifiés. Il convient de se référer aux différents Avis Techniques
Avis Technique annulé. Ils sont désormais couverts publiés pour connaître la marque requise, en matière de
par le NF DTU 23.5 qui permet la reconnaissance certification, pour chacun des constituants.
du procédé comme une technique courante.
Pour ce qui concerne les poutrelles, la marque de qualité la
plus fréquente est la marque NF, dont le droit d’usage est
■■ Description et dispositions accordé par le CERIB. La marque QB, dont le droit d’usage
de mise en œuvre est accordé par le CSTB, permet également la certification
Les planchers à poutrelles et entrevous sont les types de de produits n’entrant pas dans le champ de la norme
planchers les plus utilisés dans la construction de maisons NF EN 15037-1.
individuelles et bâtiments assimilés, en raison de plusieurs Pour les entrevous, la marque de qualité actuelle est la
avantages qu’ils confèrent à ce type de construction, notam- marque NF. À titre d’exemple, le droit d’usage est accordé
ment le caractère manuportable ne nécessitant pas l’utilisa- par le CSTB pour les entrevous en polystyrène expansé et les
tion de grue et la mise en place d’entrevous, permettant de entrevous légers de coffrage simple tels que les entrevous
couler rapidement la dalle de compression. en bois moulé, en polyéthylène ou en polypropylène.

Dalle de compression Les poutrelles et les entrevous sont couverts par des normes
européennes harmonisées. Le marquage CE est rendu
obligatoire par la réglementation.
Treillis
soudé Il convient de souligner que pour les planchers dont les
caractéristiques ne sont pas en totale conformité avec
Acier en
sinusoïde les indications qui seront mentionnées dans les DTU
dépassant de de la série 23.5, le recours à un Document Technique
la poutrelle,
la poutrelle,
le cas échéant
le cas échéant d’Application (DTA) restera possible. Ce document est établi
Entrevous en béton, terre cuite,
polystyrène expansé, Poutrelle (nervure) par la Commission chargée de formuler les Avis Techniques
ou entrevous léger de coffrage simple (CCFAT) et son élaboration ainsi que son établissement
Figure 13 : Schéma d’un plancher à poutrelles suivent les mêmes règles que celles des Avis Techniques,
la différence étant que les produits utilisés dans le procédé
Ce type de plancher est constitué des éléments suivants : examiné font l’objet d’un marquage CE.

poutrelles préfabriquées en béton armé ou en béton précon-


■■
ATTENTION
traint, comportant les armatures longitudinales de flexion et
parfois des armatures transversales de cisaillement ; Pour les entrevous en polystyrène, pour être sûr
d’utiliser des produits certifiés convenablement, il faut
■■ entrevous en béton, terre cuite, bois moulé, polystyrène s’assurer que les produits sont marqués et vérifier la
expansé ou polyéthylène, servant de coffrage ultérieur à la validité de ce marquage ([Link]
dalle de compression supérieure qui sera coulée sur place ; De plus, il faut s’assurer que la mise en œuvre que l’on
■■ dalle de compression en béton coulée sur place, servant s’apprête à effectuer est bien conforme au domaine
à solidariser les poutrelles, et constituant la « dalle de d’emploi du NF DTU 23.5 ou de l’Avis Technique visant
le procédé utilisé.
plancher » sur laquelle le revêtement sera disposé.
Les planchers à poutrelles et entrevous peuvent aller jusqu’à
À l’heure actuelle, deux types de poutrelles prédominent sur
6 m de portée. Les épaisseurs habituelles de ces planchers
les chantiers français : les poutrelles en béton précontraint et
varient entre 15 et 25 cm. Elles peuvent aller au-delà si les
les poutrelles à treillis en béton armé.
charges et les portées l’exigent, mais ceci est assez rare en
maison individuelle.
La mise en œuvre des planchers à poutrelles et entrevous
exige une organisation et une méthodologie particulières :
1. Exécuter les arases de pose des poutrelles sur les murs
ou les poutres destinés à les supporter. Ces arases sont à
réaliser conformément aux tolérances de pose fournies par
le fabricant de poutrelles. Il faut notamment éviter la pose
Figure 14 : Poutrelle en béton Figure 15 : Poutrelle à treillis « à faux », c’est-à-dire qui puisse conduire à un vrillage des
précontraint en béton armé poutrelles.
108 PARTIE 3 : PLANCHERS ET RUPTEURS DE PONTS THERMIQUES

2. Poser les poutrelles en veillant à ce que la largeur qui décrit le mode de calcul des planchers à poutrelles est
effective sur appui soit au minimum de 1,5 cm pour un actuellement la norme NF P19-205 « Travaux de bâtiment
appui en béton armé et de 2,5 cm pour un appui maçonné. - Planchers à poutrelles en béton - Règles de calcul ». La
Régler l’espacement des poutrelles de manière à pouvoir y norme est appelée par le NF DTU 23.5. Elle remplace le CPT
insérer la file d’entrevous avec un jeu de 5 à 8 mm. Pour « Planchers nervurés à poutrelles préfabriquées associées
les entrevous en polystyrène et les entrevous de coffrage à du béton coulé en œuvre ou associées à d’autres
simple, le fabricant peut être amené à préconiser une constituants préfabriqués par du béton coulé en œuvre »
méthodologie particulière de pose, notamment en décrivant dont la dernière version est le e-Cahiers du CSTB n° 3718_V2
un serrage à l’avancement des poutrelles contre les publié en avril 2018.
entrevous qui y sont posés. Ceci découle d’une exigence
de sécurité des ouvriers lors des opérations de montage
et avant coulage de la dalle de compression. Dans tous 2.2. Planchers à prédalles
les cas, il convient de se conformer aux prescriptions des
NF EN 13747, Produits préfabriqués en béton- Prédalles
fabricants de produits.
pour systèmes de planchers, NF DTU 23.4
3. Étayer les poutrelles conformément aux prescriptions du
fabricant de poutrelles. ■■ Description et dispositions
de mise en œuvre
ATTENTION Les prédalles sont des dalles minces fabriquées en usine ou
Il faut se méfier fortement des montages dits sur chantier. Elles peuvent être en béton précontraint ou en
« sans étais », ceux-ci étant acceptables dans béton armé. Leur rôle est à la fois de servir de coffrage à la
certaines conditions de portée, pour certains partie de dalle coulée en œuvre et de contenir les armatures
types de poutrelles. Veiller donc à bien vérifier inférieures disposées dans la dalle.
le cas spécifique du chantier et le confronter aux
indications données par le plan de pose, d’une part, et Les prédalles en béton armé ne relèvent de procédures
aux indications du fabricant, d’autre part. spécifiques (marquage CE et certification suivant la norme
NF EN 13747) que dans le cas où elles sont armées de
4. Mettre en place les armatures de chaînages (en rive raidisseurs métalliques à treillis, les mêmes que ceux
de dalle) et celles de la dalle de compression. Pour les servant à la fabrication des poutrelles à treillis. Autrement,
chaînages, les dispositions à adopter sont celles indiquées elles relèvent des règles traditionnelles du béton armé
en page 19. NF EN 1992-1-1, clause 10.9.3.

5. Couler la dalle de compression. Pour cette dernière


opération, il est important de procéder de manière à ne
pas avoir d’accumulation de charge, même provisoire, sur
le plancher étayé. La plus mauvaise solution consiste à
déverser en un point la totalité de la benne, puis d’étaler
le monticule déversé. Un fléchissement excessif, voire un
effondrement soudain est à craindre si l’on opère de la sorte.
6. Attendre suffisamment longtemps (en fonction de la
température et de l’hygrométrie) et au minimum une semaine
avant d’ôter les étais.

■■ Calcul des planchers à poutrelles et Figure 16 : Schéma d’une prédalle à raidisseurs à treillis
entrevous
Les prédalles en béton précontraint relèvent en France de la
Le calcul des planchers à poutrelles et entrevous est plus procédure de marquage CE et certification NF.
compliqué que celui des planchers à dalle pleine. En effet,
deux situations au moins sont à examiner lors du calcul : La constitution d’un plancher à prédalles est donnée en
■■ situation provisoire avant durcissement de la dalle de
coupe à la figure ci-dessous.
compression ;
■■ situation définitive après durcissement de la dalle de

compression et enlèvement des étais.


De plus, il convient de vérifier spécifiquement des conditions Béton coulé in situ ht
de sécurité en phase chantier, notamment lorsque l’on utilise
des entrevous en polystyrène.
En France, le calcul des planchers à poutrelles et entrevous
est actuellement effectué par le fabricant de poutrelles. h1
C’est lui qui prescrit les limites d’utilisation de ses produits Prédalle
et il importe que l’utilisateur les respecte pour un usage en
toute sécurité des produits qu’il achète. Le texte technique Figure 17 : Coupe d’un plancher à prédalles
CHAPITRE 3 : LES PLANCHERS EN BÉTON 109

Les prédalles sont peu utilisées en maison individuelle en ■■ Calcul des planchers à prédalles
raison notamment de leur poids. Néanmoins, il est utile de
Comme vu précédemment pour les planchers à poutrelles
retenir que la mise en œuvre de cette technique est beaucoup
et entrevous, le calcul des planchers à prédalles reste plus
plus rapide que celle des planchers coulés en œuvre ou
compliqué que celui des planchers à dalle pleine. Comme dans
celle des planchers à poutrelles. Elle peut donc dans certains
le cas précédent, deux situations au moins sont à examiner lors
cas être utilisée, mais la grue est ici indispensable.
du calcul :
Pour ce qui concerne la mise en œuvre, il convient d’observer ■■ situation provisoire avant durcissement de la dalle de

pour l’étaiement les mêmes précautions que pour les compression ;


planchers à poutrelles, c’est-à-dire de veiller à disposer les ■■ situation définitive après durcissement de la dalle de

étais conformément aux indications du fabricant. compression et enlèvement des étais.


La mise en œuvre des planchers à prédalles exige une En France, le calcul des planchers à prédalles est
organisation et une méthodologie particulières, décrites effectué par le fabricant. C’est lui qui prescrit les limites
ci-après : d’utilisation de ses produits et il importe que l’utilisateur
les respecte pour un usage en toute sécurité des produits
1. Exécuter les arases de pose des prédalles sur les murs
qu’il achète. Le texte technique qui décrit le mode de
ou les poutres destinés à les supporter. Ces arases sont à
calcul des planchers à prédalles est la norme de calcul
réaliser conformément aux tolérances de pose fournies par
NF P19-206 « Travaux de bâtiment - Planchers à prédalles
le fabricant de prédalles. Il faut notamment éviter la pose
industrialisées en béton - Règles de calcul » associée au
« à faux », c’est-à-dire qui pourrait vriller la prédalle.
NF DTU 23.4. Auparavant, les calculs à effectuer en la matière
2. Disposer le système d’étaiement conformément aux étaient développés dans le CPT « Dalles pleines confectionnées
prescriptions du fabricant. Veiller à bien vérifier, pour le nombre à partir de prédalles préfabriquées et de béton coulé en
de files d’étais à disposer, le cas spécifique du chantier et le œuvre » dont la dernière version est le Cahier 2892_V3
confronter aux indications données dans le NF DTU 23.4 ou publié en 2020. Sur le plan des principes généraux de calcul,
l’Avis Technique, d’une part, et aux indications du fabricant, peu de différences existent entre les deux textes.
d’autre part.
3. Poser les prédalles en veillant à ce que la largeur effective
sur appui soit au minimum :
2.3. Planchers à dalles alvéolées
−− 15 mm pour un appui en béton armé et avec un Norme NF EN 1168 + A2 et NF DTU 23.2
étaiement intermédiaire ;
−− 30 mm pour un appui en béton armé et sans étaiement ■■ Description et dispositions
intermédiaire ; de mise en œuvre
−− 30 mm pour un appui maçonné et avec un étaiement Les dalles alvéolées, très peu utilisées en maison individuelle,
intermédiaire ; sont des éléments en béton armé ou en béton précontraint
−− 30 mm pour un appui maçonné et sans étaiement toujours préfabriqués en usine fixe.
intermédiaire.
Ces valeurs peuvent être augmentées du fait de charges
élevées appliquées en phase provisoire conformément au
NF DTU 23.4.
4. Mettre en place les armatures de chaînages (en rive de
dalle) et celles, éventuellement, de la partie coulée en place.
5. Couler la partie supérieure de la dalle. Pour cette dernière
opération, il est important de procéder de manière à ne
pas avoir d’accumulation de charge, même provisoire, sur
le plancher étayé. La plus mauvaise solution consiste à
déverser en un point la totalité de la benne, puis d’étaler le
monticule déversé.
6. Attendre suffisamment longtemps (en fonction de la Figure 18 : Dalle alvéolée
température et de l’hygrométrie) et au minimum une semaine
avant d’ôter les étais.
Ces dalles ont des formes géométriques permettant d’obtenir
Pour ce qui concerne les dispositions particulières liées à des réservations, appelées « clefs de clavetage », entre les
l’existence de trémies (armatures de bordures et chevêtres) dalles qui se succèdent, et prévues pour y couler un mortier
ainsi que celles relatives aux chaînages de rives, elles sont fluide (mortier de joint) liaisonnant les dalles entre elles sur le
identiques à celles déjà développées dans le cadre du plancher en place.
plancher coulé en œuvre.
On en retient que le comportement d’un plancher à prédalles
ne se distingue pas de celui d’un plancher à dalle pleine
coulé en œuvre. Ces deux types de planchers diffèrent entre
eux par le mode constructif qui y conduit.
110 PARTIE 3 : PLANCHERS ET RUPTEURS DE PONTS THERMIQUES

2. Poser les dalles en veillant à ce que la profondeur effective


sur appui soit au moins égale à la valeur minimale donnée
par le tableau suivant :
Tableau 1 : Profondeur d’appui minimale sur support en béton
Mortier de joint
Clef
armé

Profondeur d’appui minimale


Portée de la dalle alvéolée
(en cm)
Inférieure ou égale à 10 mètres 3
Comprise entre 10 et 12,5 mètres 4
Comprise entre 12,5 et 15 mètres 5
Figure 19 : Clefs de clavetage des dalles alvéolées
Supérieure ou égale à 15 mètres 6

Quelquefois, et notamment lorsque l’on souhaite réaliser 3. Mettre en place les armatures de chaînages (en rive de
un revêtement de type fragile (carrelage, marbre, etc.) au- dalle) et celles, éventuellement, de la dalle de compression.
dessus du plancher, on dispose une dalle de compression Pour les chaînages, les dispositions à adopter sont celles
coulée en œuvre au-dessus des dalles posées et clavetées. indiquées.
4. Nettoyer (le soufflage est la meilleure méthode) les
Dalle réservations destinées à recevoir le mortier de joint entre
de compression
dalles.
5. Exécuter les clefs de clavetage entre les dalles avec
du mortier fluide. Bien veiller à remplir correctement la
Dalle réservation prévue à cet effet, jusqu’à remplissage total et
alvéolée
débordement du mortier.
6. Couler, si elle est prévue, la dalle de compression. Pour
cette dernière opération, il est important de procéder,
Figure 20 : Dalle de compression sur dalles alvéolées comme vu précédemment pour les planchers à poutrelles
et entrevous et pour les planchers à prédalles, de manière
Une particularité des planchers à dalles alvéolées par à ne pas avoir d’accumulation de charge, même provisoire,
rapport aux autres planchers à base d’éléments préfabriqués sur le plancher étayé. La plus mauvaise solution consiste à
est que ces planchers ne nécessitent pas d’étais à leur mise déverser en un point la totalité de la benne, puis d’étaler
en œuvre. le monticule déversé. Un fléchissement excessif, voire un
Les planchers à dalles alvéolées font en France l’objet de la effondrement soudain est à craindre si l’on opère de la sorte.
procédure de marquage CE et certification NF. Les produits
constitutifs préfabriqués (les dalles alvéolées elles-mêmes) ■■ Calculs des planchers à dalles alvéolées
font l’objet d’un contrôle de production leur permettant d’être Comme vu précédemment pour les planchers à poutrelles
certifiés. La marque de qualité actuelle est la marque NF. et entrevous et pour les planchers à prédalles, le calcul
des planchers à dalles alvéolées reste plus compliqué que
Les dalles alvéolées ne relevant pas de la norme et du DTU
celui des planchers à dalle pleine. Comme dans les cas
font l’objet d’un DTA ou d’un Avis Technique.
précédents, deux situations au moins sont à examiner lors
L’utilisation de dalles alvéolées se justifie lorsque les portées du calcul :
dépassent 6 mètres (ce qui est rare en maison individuelle) ■■ situation provisoire avant durcissement de la dalle de
et nécessite l’emploi d’une grue pour la manutention. Les compression ;
portées couvertes peuvent aller jusqu’à 16 mètres.
■■ situation définitive après durcissement de la dalle de
La mise en œuvre des planchers à dalles alvéolées exige compression et mise en place des revêtements.
une organisation et une méthodologie particulières, décrites
Le calcul des planchers à dalles alvéolées est actuellement
ci-après :
effectué en France par le fabricant de dalles alvéolées.
1. Exécuter les arases de pose des dalles alvéolées sur les C’est lui qui prescrit les limites d’utilisation de ses
murs ou les poutres destinés à les supporter. Ces arases sont produits et il importe à l’utilisateur de les respecter pour
à réaliser conformément aux tolérances de pose fournies par un usage en toute sécurité des produits qu’il achète.
le fabricant de poutrelles. Il faut notamment éviter la pose « à Le texte technique qui décrit le mode de calcul de
faux », c’est-à-dire qui puisse vriller la dalle alvéolée. ces planchers est actuellement le NF DTU 23.2.
CHAPITRE 3 : LES PLANCHERS EN BÉTON 111

3. Traitement des sous-faces À l’heure actuelle, en France, les planchers à dalles en béton
cellulaire ne relèvent pas du domaine traditionnel. À ce titre,
des planchers en béton ils peuvent faire l’objet d’un Avis Technique nominatif (par
fabricant) formulé par une commission interministérielle et
Les sous-faces des planchers en béton ne sont en général
édité par le CSTB.
pas appelées à rester brutes de décoffrage, surtout en maison
individuelle. Elles sont traitées de manière à présenter un La mise en œuvre des planchers à dalles et béton cellulaire
aspect compatible avec le local. relève des principes suivants :
Les finitions de plafond sont généralement réalisées par 1. Exécuter les arases de pose des dalles sur les murs ou les
peinture sur la sous-face lisse en béton, conformément à poutres destinés à les supporter. Ces arases sont à réaliser
la norme NF P74-201 (NF DTU 59.1, juin 2013) « Travaux de conformément aux tolérances de pose fournies par le
peinture des bâtiments ». Cette norme prescrit notamment fabricant de dalles. Il faut notamment éviter la pose « à faux
de s’assurer de la compatibilité des peintures avec le support », c’est-à-dire qui puisse conduire à un vrillage des dalles.
béton. 2. Poser les dalles en veillant à ce que la largeur effective
L’application d’un enduit plâtre en sous-face des planchers respecte les minima indiqués sur le plan de pose effectué
à prédalles ou à dalles alvéolées nécessite un traitement par le fabricant de dalles.
particulier de la surface du béton pour favoriser l’adhérence 3. Serrer les dalles entre elles à l’aide de leviers de serrage
ou l’application d’un produit d’accrochage, conformément à spécialement dédiés et fournis par le fabricant.
la norme NF P71-201 (NF DTU 25.1, novembre 2010) « Enduits
intérieurs en plâtre ». Dans la majorité des cas, les joints 4. Sceller les planelles de rive et disposer l’isolant éventuel
sont rebouchés. Dans ce dernier cas, le résultat de la finition en rive de dalles.
est essentiellement dépendant du choix du produit de 5. Mettre en place les armatures de chaînages (en rive de
garnissage et des conditions de son application. Il convient dalle). Pour les chaînages, les dispositions à adopter sont
d’utiliser un mortier de rebouchage spécialement fabriqué à celles indiquées précédemment.
cet effet et de veiller à effectuer un bourrage complet. 6. Couler le béton de chaînages.
Pour les planchers à poutrelles et entrevous, on procède
le plus souvent à la mise en place d’un enduit plâtre qui Planelle
respectera les prescriptions de la norme NF P71-201. Isolant
périphérique
Outre la peinture sur support béton et la réalisation d’un Dallage de
plancher
enduit sur toutes les typologies de planchers présentées, il en béton
Chaînage
possible de prévoir un plafond en plaques de plâtre conforme périphérique cellulaire
au NF DTU 25.41.

4. Cas des planchers en


dalles de béton cellulaire Figure 22 : Pose d’un plancher en dalles de béton cellulaire
Le béton cellulaire est un matériau particulier à base de
ciment, chaux, sable et eau, fabriqué en usine selon un
procédé comportant, notamment, une phase de séchage
dans un four. Les planchers réalisés à base de ce matériau
sont constitués de dalles allongées, préfabriquées en usine
et posées sur le site.

Figure 21 : Dalle de plancher en béton cellulaire


113

Chapitre 4 : Les planchers en béton


à bacs acier collaborants

Recommandations professionnelles pour la conception


et la réalisation de planchers collaborants acier béton ( juillet 2020).
2. Mise en œuvre
NF EN 1090-1 - Exécution des structures en acier et des structures d’un plancher
en aluminium - Partie 1 : exigences pour l’évaluation de la conformité
des éléments structuraux.
à bacs collaborants
Les bacs acier sont manuportables et ils sont donc posés par
une équipe réduite.
La mise en œuvre des planchers à bacs collaborants requiert
1. Description les opérations suivantes :
Un plancher à bacs collaborants est un plancher en béton
1. Exécuter les arases de pose des bacs sur les murs
armé coulé sur un profilé métallique large collaborant à la
ou les poutres destinés à les supporter. Ces arases sont
résistance du plancher, c’est-à-dire que la tôle de coffrage
à réaliser conformément aux tolérances mentionnées
constitue tout ou partie de l’armature inférieure du plancher
dans le CCTP des travaux ou, à défaut, à celles indiquées
dans la direction de la portée principale (qui est celle des
dans le NF DTU 21 (NF P18‑201 : Travaux de bâtiments –
nervures).
Exécution des ouvrages en béton – Cahier des Clauses
L’utilisation de ce type de planchers est rare en maison techniques).
individuelle, mais assez courante en réhabilitation, en raison
2. Poser les bacs en veillant à ce que la profondeur effective
de la facilité de pose et de liaison au reste de la structure.
sur appui (dans le cas d’un recouvrement de bacs) soit au
moins égale à la valeur minimale donnée par le tableau
suivant :

Tableau 1 : Profondeur d’appui minimale

Profondeur d’appui minimale


Type d’appui
(en cm)
Appui en béton ou en acier 5
Figure 1 : Schéma d’un plancher à bacs collaborants Appui en maçonnerie 7

Ce type de plancher est constitué des éléments suivants :


Mini 4 cm
■■ les bacs nervurés en acier formant coffrage et armature
du plancher ;
■■ les armatures, en treillis soudé le plus souvent, disposées

au-dessus du bac et armant la dalle en béton, en Armatures


de la dalle
complément du bac lui-même ;
■■ la dalle de compression en béton coulée sur place,

constituant la « dalle de plancher » sur laquelle le


Bac acier
revêtement sera disposé.
La conception et l’exécution des planchers en béton à
bacs aciers collaborants font l’objet de Recommandations
professionnelles reconnues. Les Recommandations
professionnelles ont été établies sur la base des Avis Mini 5 cm
Techniques valides jusqu’en avril 2022 et du CPT Planchers
collaborants (e-Cahiers du CSTB n° 3730_V2 d’octobre 2014).
Mini 5 cm
Pour ce qui concerne les bacs en acier collaborants, la
marque de qualité actuelle est la marque QB dont le droit Figure 2 : Appui de recouvrement sur poutre ou solive métallique
d’usage est accordé par le CSTB.
114 PARTIE 3 : PLANCHERS ET RUPTEURS DE PONTS THERMIQUES

Mini 4 cm
Armatures
de la dalle
Armatures
de la dalle

Bac acier

Bac acier

Mini 5 cm

Mini 8 cm
Figure 6 : Appui de franchissement sur béton ou maçonnerie
Mini 5 cm
Figure 3 : Appui de recouvrement sur poutre ou mur en béton
L’étaiement à prévoir dépend de nombreux paramètres
Mini 4 cm (épaisseur de la dalle, portées, etc.). Cet étaiement est
indiqué sur les plans établis par le BET et il est important de
s’y conformer.
Armatures Dans certains cas, on peut être amené à disposer des
de la dalle
connecteurs soudés (lorsque l’ossature horizontale
porteuse des bacs est constituée de poutres en acier et
que l’on souhaite un fonctionnement en structure mixte
Bac acier
de cette ossature). Dans ce cas, les travaux de soudage
sont à effectuer par un soudeur possédant un certificat de
qualification pour le type de soudure considéré, selon la
Mini 7 cm
norme ISO 9606.

Dalle béton Armatures


de la dalle
Mini 7 cm Bac acier

Soudure Connecteur soudé


Figure 4 : Appui de recouvrement sur maçonnerie
à la poutre métallique
Dans le cas d’un appui de franchissement (sans coupe de
bac), la largeur minimale de l’appui est dans tous les cas de
6 cm.

Armatures Figure 7 : Connexion pour fonctionnement mixte


de la dalle
3. Mettre en place les armatures de la dalle et celles,
éventuellement, des chaînages de rive. Pour les chaînages,
Bac acier les dispositions à adopter sont celles indiquées en page 19.
4. Nettoyer correctement les surfaces de bacs destinées à
recevoir le béton rapporté de la dalle.
5. Couler la dalle de compression. Pour cette dernière opération,
il est important de procéder, comme vu précédemment pour
les planchers à composants préfabriqués, de manière à ne
pas avoir d’accumulation de charge, même provisoire, sur le
plancher étayé.
Mini 6 cm
Figure 5 : Appui de franchissement sur poutre
ou solive métallique
CHAPITRE 4 : LES PLANCHERS EN BÉTON À BACS ACIER COLLABORANTS 115

3. Calcul des planchers Le dimensionnement est réalisé conformément aux prescrip-


tions des Recommandations professionnelles. Il est réalisé
à bacs collaborants par un bureau d’étude spécialisé. C’est lui qui prescrit les
limites d’utilisation des produits qu’il adopte, sur la base des
Comme dans les cas précédents des planchers à composants
éléments transmis par le fabricant. Compte tenu de la spéci-
préfabriqués, deux situations au moins sont à examiner lors
ficité de ces procédés, il est important de se conformer aux
du calcul :
plans établis par le bureau d’études.
■■ situation provisoire avant durcissement de la dalle de

compression ;
■■ situation définitive après durcissement de la dalle de

compression, enlèvement des étais et mise en place des


revêtements.
117

Chapitre 5 : Les planchers en bois


NF EN 1995-1-1:2005 - Eurocode 5 - Conception et calcul Ces solives peuvent s’appuyer de diverses manières :
des structures en bois - ■■ sur étriers (ou sabots) métalliques fixés sur maçonnerie ou
Partie 1-1 : généralités – règles communes et règles ossature bois ;
pour les bâtiments.

1. Description et dispositions
Les planchers en bois sont constitués de solives posées
sur des poutres ou sur des murs. Ces solives reçoivent
directement le platelage du plancher constitué le plus
souvent de panneaux en contre-plaqué ou à particules, ou
encore de planches.

Figure 3 : Appuis de solives sur étriers métalliques

■■ sur des lambourdes ;

Figure 1 : Solivage en bois massif

Figure 4 : Appuis de solives sur lambourdes

■■ sur un mur à ossature bois ;

Figure 2 : Solivage en bois lamellé-collé

Les sections courantes des solives en bois massif permettent


aux planchers de franchir des portées allant jusqu’à 4,5 m.
Pour des portées plus importantes, on peut utiliser des
solives en bois lamellé-collé ou encore des solives en I
reconstituées. Figure 5 : Appuis de solives sur mur à ossature bois
118 PARTIE 3 : PLANCHERS ET RUPTEURS DE PONTS THERMIQUES

■■ en réservation dans la maçonnerie. ■■ Panneaux


Les panneaux assurent le contreventement horizontal
des constructions. Ils sont orientés de telle sorte que leur
longueur soit perpendiculaire au solivage.

Figure 6 : Appuis de solives en réservation dans la maçonnerie

Le platelage constituant le plancher est disposé au-dessus


des solives. La fixation du platelage aux solives se fait par
agrafage, vissage, clouage ou collage. Ce platelage assure, Figure 8 : Disposition des panneaux
pour participation au contreventement du bâtiment
nous l’avons vu plus haut, la répartition des charges verticales
et répartit les charges horizontales sur les éléments de Tous les panneaux de plancher doivent être continus sur au
contreventement verticaux. minimum trois appuis. La largeur d’appui minimum est de
20 mm.
Les platelages les plus utilisés sont :
Les panneaux sont cloués le long des rives au moins tous
■■ le bois massif (planches) ;
les 15 cm et 30 cm sur les appuis intermédiaires. On utilisera
■■ les panneaux de contreplaqué ;
des pointes torsadées d’une longueur supérieure à 3,5 fois
■■ les panneaux de particules.
l’épaisseur du panneau ou de préférence des vis fraisées de
■■ Planches longueur supérieure à 2,5 fois l’épaisseur.
Les planches doivent être placées de telle sorte qu’elles Afin d’améliorer les performances acoustiques du plancher,
puissent participer au contreventement. Pour cela, elles une bonne méthode est d’interposer une bande résiliente
doivent être posées en diagonale selon un angle voisin de entre le panneau et la solive.
45° (les planches posées perpendiculairement aux solives Pour l’isolation thermique (cas des planchers bas sur vide
ne participent pas au contreventement). sanitaire et des planchers supports de toiture-terrasse), il est
possible d’insérer entre les solives des isolants thermiques. On
peut également disposer ces isolants au-dessus du plancher
(voir figure 9).

Figure 9 : Disposition des isolants au-dessus du plancher


Figure 7 : Disposition des planches
pour participation au contreventement du bâtiment Pour l’isolation phonique, les planchers peuvent recevoir en
partie supérieure des couches complémentaires (panneaux
Afin de diminuer les jeux et espaces entre éléments (liés
en bois, plaque de plâtre pour sol, chapes en béton, couches
principalement au retrait par séchage du bois), les planches
résilientes, etc.). L’isolation phonique d’un plancher s’entend
ne doivent pas avoir une largeur supérieure à 200 mm.
vis-à-vis des bruits dits « aériens », c’est-à-dire ceux qui se
transmettent par l’air (musique, voix, etc.) et des bruits dits
« d’impact », correspondant aux pas des personnes, chocs
divers, etc. Pour ces deux types de phénomènes, il faut
retenir que :
CHAPITRE 5 : LES PLANCHERS EN BOIS 119

■■ les bruits aériens sont atténués par plusieurs couches de


densités différentes qui filtrent les différentes fréquences,
2. Calculs
la couche de faible densité étant prise en sandwich entre Les planchers en bois ont la particularité d’être souples,
deux couches plus denses (faisant office d’amortisseur) ; en raison d’une part du module de déformation du
■■ les bruits d’impact sont stoppés en désolidarisant les bois, et d’autre part du jeu des assemblages entre
structures soutenant le plafond de celles supportant les divers éléments. Ceci fait que, dans de nombreux
le plancher. L’effet maximum est obtenu par un double cas, le dimensionnement du plancher est gouverné par la
solivage ne laissant aucun point de contact entre les deux déformabilité et non par la résistance.
parois, mais on a un résultat satisfaisant avec un solivage Les calculs structuraux sont effectués actuellement par
simple en interposant sous le plancher une couche référence à la norme NF EN 1995-1-1:2005 qui donne les
amortissante en vrac (chanvre bitumé) ou en panneaux principes et les méthodes de calcul qui s’appliquent en
(laine de bois). Les lambourdes sont posées flottantes sur
la matière, en fonction du bois utilisé et des dispositions
cette semelle.
retenues. L’exposé des méthodes de calcul sortirait du
cadre du présent ouvrage et le lecteur est invité à consulter
la norme citée. Il faut rappeler, encore une fois, que les
calculs structuraux doivent être effectués par un personnel
qualifié et expérimenté, en raison de l’enjeu (sécurité des
personnes).
121

Chapitre 6 : Les planchers mixtes


bois-béton

Les solives (voir chapitre précédent) peuvent être associées béton. Les planchers mixtes bois-béton font en effet l’objet
à des dalles en béton pour former des planchers mixtes bois- d’Avis Techniques nominatifs (par fabricant) formulés par une
béton souvent utilisés en réhabilitation. Commission Interministérielle et édités par le CSTB. Ces Avis
Les planchers mixtes bois-béton sont le plus souvent utilisés Techniques indiquent les dispositions particulières à adopter
en réhabilitation car ils permettent de conserver la structure pour chaque type et les méthodes de calcul pouvant être
existante de planchers tout en augmentant la portée et la utilisées pour le dimensionnement.
rigidité. Cette solution évite la démolition et le remplacement Le lecteur pourra utilement consulter le site internet du
total de planchers anciens parfois conçus pour des charges CSTB.
limitées. En effet, l’ensemble des Avis Techniques est consultable sur
Le principe est de connecter, afin d’éviter le glissement, le site internet [Link]
les solives en bois à la dalle en béton que l’on rapportera
dessus. Ceci conduit à une rigidification du plancher ainsi ATTENTION
constitué et à une utilisation rationnelle des matériaux (béton L’utilisation la plus fréquente du plancher mixte bois-
utilisé en compression et bois utilisé en traction). béton étant la réhabilitation, il est assez courant que
le projet consiste à disposer des connecteurs sur
Armatures de la dalle en béton
des poutres ou solives en bois existantes et, ensuite,
à couler la dalle en béton qui sera connectée. Ceci
Dalle en béton suppose qu’un diagnostic préalable des éléments
en bois existants soit effectué sur le plan de la tenue
structurale. Cette opération est délicate et exige un
niveau d’expertise particulier. Il est donc important de
Connecteur
Coffrage faire effectuer ce diagnostic par une personne ayant
Solives
du plancher
Solives
de bonnes connaissances en structure bois.
béton
en bois en bois
Peu utilisés dans la construction de maisons individuelles,
Figure 1 : Représentation schématique d’un plancher mixte
bois-béton les planchers mixtes bois-béton font appel à un savoir-faire
particulier. Il faut donc que la réalisation soit effectuée par
À l’heure actuelle, il n’existe pas en France d’autres textes une équipe expérimentée, sous la supervision du titulaire de
que les Avis Techniques traitant des planchers mixtes bois- l’Avis Technique visant le procédé utilisé.
123

Chapitre 7 : Les planchers et


l’isolation thermique des bâtiments

1. Les planchers et La RT 2012 vise la performance énergétique globale


du bâtiment, calculée en fonction des caractéristiques
la réglementation thermique thermiques et énergétiques des composants, systèmes et
équipements qui le composent. Elle valorise la conception
bioclimatique des ouvrages afin de limiter simultanément les
1.1. Généralités besoins de chauffage, de refroidissement et d’éclairage.
La réglementation thermique se décline en plusieurs De plus, la RT 2012 fixe également la consommation
textes, les uns concernant les bâtiments neufs (RT 2012 d’énergie primaire des bâtiments à une valeur maximale de
et RE 2020) et les autres, les bâtiments existants 50 kWh/(m².an), modulée en fonction du type de bâtiment, de
(RT existant globale et RT existant par éléments). sa localisation géographique, de son altitude, de la surface
des logements, de l’émission de gaz à effet de serre tout
■■ Bâtiments neufs en prenant en compte le confort d’été. Ces exigences de
La RT 2012, objet des arrêtés du 26 octobre 2010 et du résultats sont assorties d’obligations de moyens destinées
28 décembre 2012, s’applique depuis le 1er janvier 2013 à maintenir le confort des habitations. Ainsi, la surface totale
quelle que soit la catégorie et l’usage du bâtiment. Elle est des baies vitrées devra représenter au minimum l’équivalent
progressivement remplacée par la RE 2020. de 1/6 e de la surface habitable d’un logement.
La Réglementation environnementale 2020, ou RE 2020, Cette règle sera assortie de l’obligation d’installer un
s’articule autour de deux volets. Le premier volet concerne pourcentage minimal de baies ouvrantes ainsi que des
la performance thermique tel que cela était déjà appréhendé protections solaires.
par la RT 2012. Le second volet concerne plus largement
La RT 2012 fixe essentiellement des exigences globales à ne
les performances environnementales en définissant des
pas dépasser sur le besoin bioclimatique (Bbio), la somme
exigences sur les émissions du bâtiment lors de son cycle
des déperditions à travers les ponts thermiques de liaison
de vie.
(Ratio j), la perméabilité à l’air, la consommation en énergie
■■ Bâtiments existants primaire (Cep) et la Température intérieure de confort (Tic).
La RT 2012 ne fixe plus d’exigences minimales sur les parois
La RT existant globale couverte par l’arrêté du 13 juin 2008
mais conserve une exigence minimale sur la valeur du pont
s’applique aux bâtiments construits après 1948 et aux
thermique à la jonction entre le plancher intermédiaire et le
rénovations importantes lorsque la surface du bâtiment est
mur qui ne doit pas dépasser 0,6 W/(m.K).
supérieure à 1 000 m² et lorsque le coût des travaux est
supérieur à 25 % de la valeur du bâtiment concerné.
La RT existant par éléments objet de l’arrêté du 3 mai 2007 1.3. La RE 2020
modifié par l’arrêté du 22 mars 2017 s’applique aux cas de Les exigences de la RE 2020 sont plus élevées et plus
rénovation non visés par la RT existant globale. larges que celles de la RT 2012. Il convient de noter que
Dans le présent document, on se limite au rappel des la RE 2020 comprend plus de critères que la RT 2012,
exigences réglementaires pour le cas des constructions puisqu’au-delà de la performance énergétique, des
neuves de type maison individuelle ou assimilées et exigences portent sur l’empreinte environnementale
plus particulièrement aux performances requises par les du bâtiment lors de sa construction et pour la
planchers. production d’énergie.
Les exigences liées à l’énergie portent sur les indicateurs
suivants : le confort d’été (introduction de l’indicateur DH),
1.2. La RT 2012 pour les bâtiments la performance énergétique à travers le calcul du besoin
neufs bioclimatique (Bbio), la consommation en énergie primaire
La réglementation thermique de 2012 (RT 2012) prévoit en formulant des exigences sur la consommation d’énergies
la généralisation des bâtiments à basse consommation non renouvelables (Cep et Cep,nr).
énergétique (BBC). La RT 2012 s’applique pour les permis de Enfin, des exigences sont formulées afin de mesurer l’impact
construire de maisons individuelles et de logements collectifs environnemental du bâtiment lors de sa construction, de son
déposés jusqu’au 1er janvier 2022. Au-delà de cette date, la exploitation et de sa fin de vie. Ainsi, on mesure l’impact sur le
RE 2020 s’appliquera. Pour les autres types d’ouvrages, la changement climatique associé aux consommations d’énergie
RT 2012 s’appliquera encore quelques mois avant la mise en primaire (Icénergie) correspondant à la phase d’exploitation.
application de la RE 2020. Les critères associés à la construction et à la fin de vie de
124 PARTIE 3 : PLANCHERS ET RUPTEURS DE PONTS THERMIQUES

l’ouvrage correspondent à la somme des contributions L’isolation projetée est réalisée le plus souvent avec du
d’émissions de CO2 des composants des ouvrages polyuréthane ou de la laine de laitier. L’isolation en sous-face
(Icconstruction), de la consommation d’eau (Iceau) et des émissions dépasse rarement les 200 mm, essentiellement pour des
liées au chantier (Icchantier). La somme de ces indicateurs raisons de tenue mécanique.
permet de déterminer l’impact sur le changement climatique
du bâtiment (Icbâtiment).
2.3. Isolation dans le plancher
2. Les performances Les planchers à ossatures légères peuvent être isolés en
intercalant un isolant souple ou semi-rigide entre les éléments
thermiques d’ossatures (ex : solives en bois ou fermette). Afin d’assurer
la continuité de l’isolation et de limiter les ponts thermiques,
des planchers il est fortement recommandé de compléter l’isolation entre
ossatures par une isolation complémentaire au-dessus ou en
dessous.
2.1. Présentation
La performance thermique des planchers est en général Dans le cas des planchers bas à poutrelles, il est courant
caractérisée par son coefficient de transmission thermique d’intercaler des entrevous isolants en polystyrène entre les
surfacique Up exprimé en W/(m².K). Ce coefficient est poutrelles en béton précontraint ou treillis. Les entrevous
équivalent à l’inverse de la résistance thermique du plancher isolants sont des produits manufacturés moulés ou
parfois utilisée comme indicateur de performance thermique. découpés. Afin de limiter le pont thermique situé au niveau
de la poutrelle, ils disposent généralement d’une languette
La performance thermique est nécessaire lorsqu’il s’agit d’un permettant d’envelopper les poutrelles.
plancher en contact avec l’extérieur, le sol ou un local non
chauffé (plancher haut ou plancher bas). L’isolation du plancher Si l’entrevous isolant ne dispose pas de languette, on parlera
intermédiaire est en général mise en œuvre pour des raisons plutôt d’entrevous coffrant. Dans ce cas, afin d’assurer la
acoustiques. continuité de l’isolation du plancher, une isolation sous chape
flottante est systématiquement placée au-dessus du plancher
Pour isoler un plancher, on peut : (plancher duo).
■ soit isoler la sous-face de celui-ci en fixant mécaniquement
des panneaux isolants au plafond du niveau inférieur, ou Dalle béton Armatures
en appliquant une isolation projetée ; de la dalle
■ soit réaliser une isolation dans le plancher comme c’est
souvent le cas lorsque le plancher est constitué d’ossature
(ex : poutrelles en béton ou solives en bois) ; Entrevous polystyrène
■ soit réaliser une isolation au-dessus par une dalle flottante
sur polystyrène expansé à haute densité dans le cas des
planchers bas ou des planchers d’étage (ex : la dalle
chauffante), ou bien une isolation au-dessus d’un plancher
haut de toiture terrasse ou sous comble perdu ; Languette

■ soit procéder à une isolation mixte combinant l’une Figure 1 : Schéma d’un plancher à poutrelles et entrevous isolants
des trois premières dispositions (ex : plancher mixte à
entrevous en polystyrène complété d’une isolation sous L’épaisseur de l’isolation peut atteindre 200 mm sans les
chape appelé également « plancher duo »). Dans ce cas, compléments d’isolation.
il est nécessaire de placer les deux tiers de la résistance
thermique du plancher du côté froid afin d’éviter les
risques de condensation dans le plancher. 2.4. Isolation au-dessus
du plancher
2.2. Isolation en sous-face Dans le cas des planchers hauts de toiture-terrasse, on a
du plancher recours à une couche d’isolant en partie supérieure du plancher,
soit au-dessus de la barrière d’étanchéité, soit en dessous. On
L’isolation en sous-face s’effectue généralement soit à parlera de toiture inversée dans le premier cas ou d’isolation
base de panneaux isolants rapportés ou posés en fond de support d’étanchéité dans le second cas. L’isolant sera soit fixé
coffrage, soit à base d’isolation projetée. mécaniquement au moyen de vis de fixations ponctuelles, soit
Les panneaux isolants rapportés sont généralement des simplement posé sur le plancher puis lesté par le dessus. On
complexes composés d’une association de polystyrène et utilise plutôt des panneaux isolants denses d’origine minérale
de revêtement à base de laine de bois ou des panneaux de ou organique dont les épaisseurs d’isolant peuvent atteindre
laine minérale. jusqu’à 300 mm, voire plus dans certains cas de figure.

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