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Propriétés électriques de la matière

Le document traite des propriétés électriques de la matière, en particulier des phénomènes d'électrisation par frottement, influence et contact. Il explique la distinction entre conducteurs, isolants et semi-conducteurs, ainsi que les types de charges électriques et leur conservation. Enfin, il aborde la notion de densité de charges électriques et son importance dans la compréhension des phénomènes électrostatiques.

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Propriétés électriques de la matière

Le document traite des propriétés électriques de la matière, en particulier des phénomènes d'électrisation par frottement, influence et contact. Il explique la distinction entre conducteurs, isolants et semi-conducteurs, ainsi que les types de charges électriques et leur conservation. Enfin, il aborde la notion de densité de charges électriques et son importance dans la compréhension des phénomènes électrostatiques.

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Propriétés électriques de la matière

1
La matière montre des propriétés électriques qui ont été observées depuis l’antiquité. Nous allons distinguer
les plus fondamentales de ces propriétés.

1 Propriétés électriques

1.1 Electrisation d’un corps

Les phénomènes d’électrisation sont visibles de façon courante dans la vie quotidienne. Par exemple :
– La décharge que l’on ressent dans les doigts lorsqu’on sort d’une voiture en touchant sa carcasse métallique
par temps chaud et sec. Un petit truc pour éviter cette sensation très désagréable : prendre la porte à
pleine main AVANT de poser son pied sur le sol. De cette façon, la décharge se répartit sur une plus
grande surface et on la sent à peine.
– Les étincelles qu’on observe dans le noir en retirant un pull synthétique ou en laine par temps sec.
– L’attraction de petites poussières que produit un bâton de plastique (une règle) frotté avec de la laine.
Chacun de ces phénomènes est la manifestation de charges électriques qui apparaissent par frottement ou
contact. Nous allons voir qu’il n’y a pas à proprement parler ”apparition” mais plutôt transfert de charges.

Electrisation par frottement

Lorsqu’on frotte deux corps isolants l’un avec l’autre, il se produit un transfert de charges de l’un à l’autre :
c’est le phénomène de triboélectricité.
On dit que le corps isolant est électrisé par frottement. Une illustration pratique simple de ce phénomène
est le frottement d’une règle en plastique avec un vêtement en laine : la règle attire alors de petits objets très
légers comme des morceaux de papier.

Recherche personnelle

Recherchez ce qu’est une ”liste triboélectrique” et déduisez-en des expériences simples que vous pouvez
faire.

7
8 Chapitre 1 – Propriétés électriques de la matière

Figure 1.1: Electrisation d’un bâton de verre par frottement sur une peau de chat (un chat isolé par les coussinets de ses
pattes peut se charger sous 50000 Volts...). Le verre se charge positivement, la peau du chat négativement.

Electrisation par influence et par contact

Que se passe-t-il lorsqu’on approche deux corps électrisés l’un de l’autre ? Réalisons l’expérience suivante :

Figure 1.2: .

– On approche un objet (bâton) isolant chargé d’un objet isolé conducteur, comme une sphère métallique
suspendue à un fil isolant (fil de nylon ou de couture) ; on suppose que la sphère n’est globalement pas
chargée, du moins au début.
Dans un conducteur, les charges négatives présentes (les électrons) peuvent bouger. Lorsque ces charges
négatives bougent, elles laissent derrière elles les atomes ionisés du cristal (généralement, les corps métalliques
sont formés de grains cristallins). Ces atomes ionisés sont chargés positivement puisque le matériau est
neutre au départ.
Si l’on approche un corps chargé, que l’on va supposer chargé négativement, de la sphère, les électrons
présents dans le métal migrent le plus loin possible des charges positives qui s’approchent. La sphère
métallique, toujours neutre globalement, voit la répartition des charges en son sein se modifier. Conclusion,
le corps qui influence modifie la répartition de charges sur le corps influencé.
Mais ce n’est pas tout. Comme les charges + sur la sphère sont plus proches des charges du bâton, il y
a une attraction. La sphère et le bâton sont attirés l’un vers l’autre.

Recherche personnelle

Que se passe-t-il si le bâton est chargé positivement ?

– Si on établit le contact entre les deux corps, les charges négatives présentes à la surface du bâton vont
migrer sur la sphère (il y a un transfert de charges) pour équilibrer l’ensemble.
– Une fois le transfert e↵ectué, la sphère est chargée négativement puisqu’elle était initaialement neutre et
qu’on lui a globalement apporté des charges négatives. Comme le bâton est encore chargé négativement
2 – Charges électriques 9

(bien que moins qu’avant le contact), les deux corps sont chargés avec le même signe, il y a répulsion une
fois le transfert e↵ectué.

Recherche personnelle

Principe de fonctionnement des machines électrostatiques : Van de Graaf, Wimshurst

1.2 Conducteurs et isolants

On peut classer les matériaux selon la capacité qu’ils ont de permettre le passage des charges.
– Matériaux conducteurs : les atomes du matériau sont liés entre eux mais les électrons des couches
atomiques périphériques n’ont besoin que de très peu d’énergie (fournie par l’agitation thermique) pour se
retrouver dans un état où ils sont liés à l’ensemble des noyaux et non à un noyau particulier. On dit qu’ils
sont dans la bande d’énergie de conduction. Globalement, chaque atome “voit” en moyenne un nuage
d’électrons qui neutralise la charge de son noyau, mais les électrons périphériques peuvent se mouvoir et
on peut approximer leur ensemble par un “gaz” d’électrons presque libres.
On parle d’électrons libres pour ces électrons qui peuvent se mouvoir et qui sont ceux qui vont permettre
la conduction du matériau. Dans un métal, la densité d’électrons libres (= le nombre par unité de volume)
est ⇠ 1027 m 3 .
– Matériaux isolants : les électrons périphériques sont ici très liés aux noyaux et ne peuvent pas former de
“gaz”. Il leur est très difficile de bouger. La densité d’électrons libres est alors quasi nulle. Un diélectrique
est un isolant.
– Matériaux semi-conducteurs : sans entrer dans le détail, il y a un cas intermédiaire entre conducteur
et isolant, on parle de semi-conducteur. La densité de porteurs de charge libres y est ⇠ 1017 à 1023 m 3 .
Il peut y avoir dans ce cas des porteurs de charge positives, mais ceci est hors de propos pour ce cours.

Recherche personnelle

Quelle est la structure d’un semi-conducteur ? Qu’est-ce qu’un dopage, une bande d’énergie, une bande
interdite ? Ne vous a↵olez pas, ce sont des notions difficiles et pas indispensables pour suivre ce cours.

2 Charges électriques
Le phénomène d’électrisation est connu depuis l’Antiquité, avec l’ambre. En grec ”ambre” se dit ”elektron”.
Comment est-on arrivé à la conclusion qu’il n’y avait que deux types de charges ?

2.1 Types de charges électriques

Sur un isolant électrisé par frottement, les charges restent localisées puisque par définition elles ne peuvent
pas bouger (voir ci-dessus)
Par contre, dans une tige de métal électrisée par contact, les charges peuvent bouger et se répartissent sur
toute la surface de la tige (nous verrons pourquoi uniquement sur la surface un peu plus tard).
Du Fay (1733) a été l’un des premiers à étudier l’électrisation de boules de métal suspendues à un fil isolant.
Il a cherché à les électriser avec des bâtons faits de matériaux divers. Les constatations ont été les suivantes :
– si deux boules sont chargées avec le même bâton, elles se repoussent
– si l’une est chargée avec un bâton de verre frotté avec un drap, l’autre avec un bâton d’ébonite frotté avec
de la laine, on a attraction entre les deux boules.
10 Chapitre 1 – Propriétés électriques de la matière

Après un grand nombre d’expériences, on en a conclu qu’il y avait deux types de charges électriques et que
– les corps portant le même type de charge se repoussent
– les corps portant des charges de type di↵érent s’attirent

Par convention,
– la charge apparaissant sur l’ébonite (frotté avec de la laine) a été appelée charge négative
– la charge apparaissant sur le verre (frotté avec un drap) a été appelée charge positive
Un corps non chargé est neutre

2.2 Charges électriques élémentaires

Jusqu’au début du 20esiècle, on ne savait pas ce qu’était cette “éléctricité”. L’hypothèse la plus simple était
qu’il s’agissait d’un fluide très particulier. En 1908, Robert Andrews Millikan a réalisé une expérience qui a
montré que la charge électrique ne peut pas être séparée en éléments plus petits que e = 1, 6.10 19 C, où C est
le “Coulomb”, l’unité de charge dans le système international.

Recherche personnelle

Décrire l’expérience de Millikan

Par ailleurs, on a montré que


– l’électron porte une charge négative élémentaire, c’est à dire la plus petite possible
– le proton porte une charge positive élémentaire

2.3 Conservation de la charge électrique

Dans les expériences d’électrisation, il y a toujours échange de charges, jamais de création.

Pour un système électriquement isolé, la somme algébrique des quantités de charges électriques se conserve

3 Densité de charges électriques


La charge électrique élémentaire est très faible. On considère qu’une charge Q macroscopique (Q = N.e avec
N très grand) se répartit de façon continue sur les corps macroscopiques (comme un ”fluide”, les anciens n’avaient
pas complètement tort, leur vision était seulement incomplète). Cette distribution dépend de la géométrie du
corps et du problème à traiter. La grandeur qui permet de dire quelle est la “concentration” de charge à un
endroit donné est la notion de densité, que nous allons développer.

3.1 Notion de densité

Imaginons une forêt, avec ses clairières. Pouvons nous attribuer une quantité numérique (un nombre) à la
“concentration” d’arbres en un endroit de cette forêt ? Oui, il suffit de compter le nombre d’arbres sur une
surface donnée autour de l’endroit en question et de diviser ce nombre par la valeur numérique de la surface.
3 – Densité de charges électriques 11

Pouvez-vous estimer ce nombre en km 2 , ou si l’on veut en nombre d’arbres par km2 , c’est équivalent, pour une
forêt dans laquelle vous vous êtes promené ? Bien sûr, cette valeur sera d’autant plus faible qu’il y a un grand
nombre de clairières prises en compte dans le comptage.
Si l’on généralise notre exemple, la densité d’une certaine grandeur est la valeur de la grandeur par unité de
l’espace qui la contient. L’espace en question peut être à une ou plusieurs dimensions (ligne, surface, volume)
Quelques exemples :
– la densité d’arbres le long d’une route (bordée d’arbres évidemment) est le nombre d’arbres par km de
route, par exemple 20 arbres/km = 0,02 arbres/m = 0,02 m 1 . L’unité “arbres/m” est la même que “m 1 ”
puisqu’un nombre d’arbres n’a pas de dimension.
– la densité d’arbres dans une forêt est le nombre d’arbres par km2 ou par hectare. Donner un ordre de
grandeur.
– la densité de population sur un territoire est le nombre d’habitants par km2 . Par exemple la densité
nombre d’habitants
moyenne de population en France peut se calculer : dh = surface du pays en km2
⇡ 64 · 106 /550000 ⇡ 116
2 2 2
km . On n’oublie pas que l’unité “habitants/km ” est la même que “km ” puisqu’un nombre d’habitants
n’a pas de dimension.
– la densité de plancton dans la mer est la quantité (en masse par exemple) de plancton par unité de volume
d’eau de mer. Elle s’exprime en g/m3 ou kg.km3 ou toute unité équivalente.
Le calcul de la densité d’une grandeur est la valeur de cette grandeur divisée par l’extension de l’espace qui
la contient. Le calcul pratique dépend de la dimension de l’espace :
– Cas à 1 dimension : soit la grandeur Al répartie uniformément sur une courbe de longueur L, sa densité
linéique est dl = Al /L
– Cas à 2 dimensions : soit la grandeur As répartie uniformément sur une surface S, sa densité surfacique
est ds = As /S
– Cas à 3 dimensions : soit la grandeur Av répartie uniformément dans un volume V , sa densité volumique
est dv = Av /V
Comme on le voit, on doit décider de la longueur (ou surface ou volume) intéressante. En choisissant une longueur
(ou surface ou volume) infinitésimale, et la valeur de la grandeur correspondante, forcément infinitésimale, on
calcule la densité locale de cette grandeur. Par exemple, si on veut calculer la densité de poils sur le dos d”un
chien, on prendra un petite surface de peau dS et on comptera le petit nombre de poils qui y poussent dN . La
densité sera d = dN/dS. Clairement, cette densité peut varier selon l’endoit considéré...

3.2 Densité linéique de charge

Considérons un corps filiforme (un fil), de forme quelconque et de longueur totale L. Une charge totale Q
est répartie uniformément sur le fil, c’est à dire que chaque morceau de fil de même longueur l porte la même
charge. On peut considérer le fil comme n’ayant qu’une dimension et on définit la densité linéique de charge :
Q
= ) Q= L (1.1)
L

1
L’unité de densité linéique de charge est naturellement le Coulomb par mètre : C.m .
Si la charge Q n’est pas répartie uniformément, la densité linéique calculée ci-dessus est une densité
moyenne. Si on veut définir une densité en un point donné M , il faut considérer une longueur élémentaire dl et
la charge électrique élémentaire qu’elle porte dQ. Ce sont des quantités infinitésimales. La densité linéique de
charge (M ) en tout point M est alors :

dQ
(M ) = ) dQ = dl (1.2)
dl

La charge totale est la somme de toutes les charges infinitésimales dQ le long du fil, c’est à dire l’intégrale :
12 Chapitre 1 – Propriétés électriques de la matière

Figure 1.3: Illustration de la distribution de charges sur un fil. La densité de charges est symbolisée par le niveau de
gris. Figure de gauche : distribution uniforme de charges, à droite : distribution non uniforme.

Z Z
Q= dQ = (M )dl (1.3)
M 2 fil M 2 fil

3.3 Densité surfacique de charge

Considérons maintenant un corps matériel de surface totale S. Si la charge totale Q est répartie uniformément
sur la surface, c’est à dire que chaque élément de surface de même valeur s porte la même charge, on définit la
densité surfacique de charge :
Q
= ) Q= S (1.4)
S
L’nité de densité surfacique de charge est le Coulomb par m2 : C.m 2
.
Si la charge Q n’est pas répartie uniformément, la densité surfacique définie ci-dessus est une densité
moyenne. Si on veut définir une densité locale en un point donné M , il faut considérer une surface élémentaire
dS et la charge élémentaire dQ qu’elle porte. Ce sont des quantités infinitésimales. La densité surfacique de
charge (M ) en tout point M de la surface est alors :

dQ
(M ) = ) dQ = dS (1.5)
dS

La charge totale est la somme de toutes les charges infinitésimales dQ sur la surface, c’est à dire l’intégrale :
Z Z
Q= dQ = (M )dS (1.6)
M 2 surface M 2 surface

3.4 Densité volumique de charge

Considérons enfin un corps matériel de volume V . Si cette fois la charge totale Q est répartie uniformément
dans le volume, c’est à dire que chaque élément de volume de même valeur v porte la même charge, on définit
la densité volumique de charge ⇢ :
Q
⇢= ) Q = ⇢V (1.7)
V
4 – Loi de Coulomb 13

Figure 1.4: .

L’unité de densité volumique de charge est le Coulomb par m3 : C.m 3


.
Si la charge Q n’est pas répartie uniformément, la densité volumique ⇢ définie ci-dessus est une densité
moyenne. Si on veut définir une densité locale en un point donné M , il faut considérer un volume élémentaire
dV et la charge élémentaire dQ qu’il porte. Ce sont des quantités infinitésimales. La densité volumique de charge
⇢(M ) en tout point M du volume est alors :
dQ
⇢(M ) = ) dQ = ⇢dV (1.8)
dV

Figure 1.5: .

La charge totale est la somme de toutes les charges infinitésimales dQ dans le volume, c’est à dire l’intégrale :
Z Z
Q= dQ = ⇢(M )dV (1.9)
M 2 volume M 2 volume

4 Loi de Coulomb

4.1 Enoncé

Etablie en 1785 par Charles-Augustin Coulomb, elle exprime l’action qui s’exerce entre deux charges électriques
ponctuelles.

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