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Genre et revenus des producteurs de cacao en Côte d'Ivoire

Le document examine le lien entre le genre et les revenus des producteurs de cacao en Côte d'Ivoire, soulignant l'importance de l'agriculture pour l'économie du pays, où le cacao représente une part significative de la production et des exportations. Malgré cette importance, les producteurs, en particulier les femmes, font face à des défis majeurs tels que des revenus insuffisants et des inégalités d'accès aux ressources. L'étude vise à analyser les facteurs socio-économiques influençant ces disparités et à évaluer l'impact de l'accès aux ressources productives sur les revenus des producteurs de cacao.

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Genre et revenus des producteurs de cacao en Côte d'Ivoire

Le document examine le lien entre le genre et les revenus des producteurs de cacao en Côte d'Ivoire, soulignant l'importance de l'agriculture pour l'économie du pays, où le cacao représente une part significative de la production et des exportations. Malgré cette importance, les producteurs, en particulier les femmes, font face à des défis majeurs tels que des revenus insuffisants et des inégalités d'accès aux ressources. L'étude vise à analyser les facteurs socio-économiques influençant ces disparités et à évaluer l'impact de l'accès aux ressources productives sur les revenus des producteurs de cacao.

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INTRODUCTION : GENRE ET REVENU DES PRODUCTEURS DE

CACAO EN CÔTE D’IVOIRE

La Banque Mondiale affirmait en 2021 que l’agriculture est la principale source de revenu pour
80% de la population pauvre dans le monde et que ce secteur joue un rôle déterminant dans la
réduction de la pauvreté, la hausse des revenus et surtout dans l’amélioration de la sécurité
alimentaire (Banque Mondiale, 2021). En outre, l'agriculture occupe une place irremplaçable
dans la production de produits agricoles. Elle partage la responsabilité du statut et du
développement des zones rurales et contribue à leur revitalisation en soutenant la population
rurale (Karcagi et Kovacs, 2012 ; Liu et al., 2020) et de maintenir la population à un niveau
local grâce à des facteurs économiques, socioéconomiques et des politiques gouvernementales
(Ubels et al., 2019 ; Merino et Prats, 2020). Selon le rapport vert sur l'agriculture et l'industrie
alimentaire (2018), l'emploi dans le secteur agricole à l'échelle mondiale est important et
représente jusqu'à 30,7 % de l'emploi total dans le monde, bien que ce chiffre diminue d'année
en année.

En Afrique Subsaharienne, les petites exploitations représentent environ 80 % de l’ensemble


des exploitations agricoles de l’ASS et emploient directement environ 175 millions de
personnes (Alliance for a Green Revolution in Africa, 2014). En outre, l'Afrique de l'Ouest
produit et exporte 65% des fèves de cacao dans le monde (FAO, 2021).

Dans les pays en voie de développement comme la Côte d’Ivoire, l’économie est beaucoup
soutenue par les recettes provenant de l’agriculture. Ainsi, le secteur agricole constitue toujours
le pilier de l’économie ivoirienne en ce sens qu’il contribue à +25% du PIB ivoirien et 40% de
cacao dans la production mondiale et emploi plus de 50% de la population active dans le secteur
(Business France, 2019). Par ailleurs, la Côte d'Ivoire fait figure de puissance
économique, contribuant à 40% du PIB et des exportations de la zone. Le pays demeure le
1er producteur mondial de cacao (plus de 40% de part du marché mondial) (Ministère de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté Industrielle et Numérique, 2023).

En effet, l’importance de l’agriculture pour l’économie ivoirienne se perçoit également tant au


niveau mondial que continental par les rangs que ce pays occupe s’agissant de la production de
certaines spéculations agricoles, notamment le cacao. Bien que l’agriculture ivoirienne soit
diversifiée, la cacao-culture demeure l’activité la plus importante de ce secteur. Depuis quatre
décennies, la Côte d’Ivoire demeure le leader mondial dans la production des fèves de cacao
avec une production estimée à 2,2 millions de tonnes lors de la campagne 2018-2019, soit 40%
de la production mondiale.

Parallèlement, la filière cacao contribue à hauteur de 14% au PIB, occupe plus d’un tiers des
recettes d’exportation et finance 10% des recettes de l’Etat (Banque mondiale, 2019). Elle
emploie plus d’un million de petits producteurs répartis, en grande majorité dans le sud-ouest
du pays. De même, selon Statista1, la Côte d'Ivoire est le producteur de cacao le plus important,
avec environ 1,8 millions de tonnes de fèves de cacao produites en 2023/2024.

Cependant, malgré cette importance économique, les producteurs de cacao en Côte d'Ivoire,
majoritairement de petits exploitants, font face à des défis majeurs, notamment des revenus
souvent insuffisants pour assurer un niveau de vie décent. En effet, les conditions de vie des
producteurs et de leurs familles restent précaires (Louis et al., 2021). La dernière enquête des
ménages montre ainsi que 54,9 % des producteurs de cacao vivaient au-dessous du seuil de
pauvreté en 2015 (Morisset et Coulibali, 2019). En outre, selon la banque mondiale (2021), le
milieu rural représentait 48,294% de la population ivoirienne et 60%de cette population vivait
dans la pauvreté. Aussi, on estime que seulement 7 % des agriculteurs ivoiriens de cacao
gagnent un revenu décent (Rusman et al., 2018). En moyenne, un ménage produisant du cacao
en Côte d'Ivoire aurait besoin de tripler ses revenus pour se permettre un niveau de vie décent
(Bah et Laven, 2019).

Par ailleurs, les dynamiques de genre au sein de la filière cacao en Côte d'Ivoire révèlent des
disparités significatives. En effet, en Côte d’Ivoire, les femmes possèdent 25 % des plantations
de cacao et représentent environ 68 % de la main-d’œuvre, mais elles ne gagnent que 21 % des
revenus générés (Banque africaine de développement, 2015). Dans le rapport intitulé « les
droits des femmes dans le secteur du cacao », Oxfam souligne que, bien que les femmes
contribuent de manière significative à la production de cacao, leur travail est souvent méconnu
et sous-estimé. Elles font face à des obstacles majeurs tels que l'accès limité à la terre, au crédit
et aux formations, ce qui entrave leur capacité à bénéficier équitablement des revenus générés
par cette culture (OXFAM, 2016). De plus, selon Jean (2020), malgré la position dominante du
pays dans la production mondiale de cacao, les bénéfices sont inégalement répartis. Les
femmes, en particulier, sont souvent exclues des processus décisionnels et des avantages

1
[Link]
pays/#:~:text=La%20C%C3%B4te%20d'Ivoire%20%C3%A9tait,cacao%20produites%20en%202023%2F2024.
économiques liés à cette filière. Aussi, le rapport « Analyse prospective de la filière cacao en
Côte d'Ivoire 2020-2030 » indique que l'agriculture ivoirienne est majoritairement de type
extensif, avec une croissance des surfaces dédiées au cacao. Cependant, les femmes rencontrent
des difficultés accrues en raison de pratiques agricoles qui ne tiennent pas compte des
spécificités de genre, limitant ainsi leur productivité et leurs revenus (FAO, 2021).

Parallèlement, le « Rapport Genre et changement climatique en Côte d'Ivoire » souligne que


les femmes productrices de cacao sont particulièrement vulnérables aux impacts des
changements climatiques. Leur accès limité aux ressources et aux informations aggrave leur
situation, exacerbant les inégalités de genre existantes dans la filière cacao (PNUD, 2020). De
même, lors du colloque annuel, Pierre Ricau a présenté une analyse intitulée "Côte d'Ivoire. Le
cacao rend-il pauvre ?", où il est mentionné que les femmes, bien que jouant un rôle crucial
dans la production de cacao, sont souvent reléguées à des tâches moins rémunérées et ont un
accès limité aux ressources économiques, renforçant ainsi les disparités de genre (SESAME et
INRAE, 2023).

Ces femmes sont confrontées à de nombreux obstacles et limitations que leurs homologues
masculins ne connaissent pas. Pour les agricultrices et les femmes membres des ménages
dans les systèmes de production à petite échelle, ces obstacles comprennent un accès limité à
l’éducation, à la formation agricole, aux ressources productives telles que la terre, les intrants
et la main-d'œuvre et aux services financiers formels.

En plus, de nombreuses entreprises de chocolat ont mis en place leurs propres programmes de
durabilité, qui incluent également des engagements pour réduire les inégalités entre les sexes
dans leurs chaînes d'approvisionnement (Arhin, 2022 ; Thorlakson, 2018). Pourtant, en raison
des faibles niveaux de mécanisation, de la forte demande de travail physique et de sa nature de
culture commerciale, le cacao continue d'être considéré comme une culture « masculine » dans
de nombreux pays (Barrientos, 2014 ; Kiewisch, 2015), l'approvisionnement en cacao étant
influencé par les rôles de genre complexes dans les communautés productrices de cacao tout en
influençant ou en renforçant les différences de genre en même temps (Barrientos, 2014).

Dès lors, pour soutenir les femmes dans la filière cacao et promouvoir l’égalité des genres, le
gouvernement ivoirien a entrepris plusieurs initiatives. En effet, le gouvernement ivoirien a
prévu accompagner 40 000 femme d’ici 2021 sur cinq chaînes de valeur, dont le cacao, afin de
renforcer leur autonomisation économique2. De plus, face à la difficulté pour les femmes, en

2
[Link]
général et les plus vulnérables en particulier, le gouvernement ivoirien a fait porter le capital du
FAFCI à 10 milliards de FCFA, au profit de 122 000 femmes en 2017. Puis à 25 milliards de
FCFA en 2021, permettant à près de 300 000 femmes de mener des activités génératrices de
revenus3. En outre, le gouvernement ivoirien, en collaboration avec l'Union européenne, a
intégré des mesures pour renforcer l'égalité des genres et l'autonomisation des femmes dans le
cadre du développement durable, touchant indirectement les femmes travaillant dans la filière
cacao (PROGRAMME INDICATIF MULTI-ANNUEL, 2021-2027).

Malgré les efforts menés par le gouvernement pour promouvoir l’égalité des genres dans la
filière de cacao, des études récentes indiquent que les disparités persistent. En effet, malgré un
cadre légal national prônant l'égalité des genres, des différences de traitement entre les femmes
et les hommes persistent dans les exploitations de cacao. Les femmes continuent de faire face
à des obstacles significatifs entravant leur pleine participation et leur reconnaissance dans la
filière (MFPES, 2017). Par ailleurs, les femmes productrices de cacao continuent de rencontrer
des défis majeurs liés à l'accès aux ressources et aux opportunités économiques (Georgette,
2019).

Des recherches antérieures ont examiné les contraintes liées au genre dans les systèmes de
production de cacao avec des résultats mitigés.

Abdulai et al. (2020) ont évalué les écarts de rendement du cacao au Ghana et n'ont pas trouvé
que le sexe des agriculteurs avait une influence significative. En outre, Abukari et al. (2022) ont
identifié que les femmes au Ghana étaient moins susceptibles d'être impliquées dans la
production de cacao, ce qui les incitait à s'engager davantage dans des entreprises non liées au
cacao. En examinant l'efficacité technique, Danso-Abbeam et al. (2020) ont identifié un écart
entre les gestionnaires de parcelles de cacao hommes et femmes, qu'ils ont expliqué par le
niveau d'éducation inférieur des femmes, leurs revenus hors exploitation et la taille de
l'exploitation. En revanche, Effendy et al. (2019) ont constaté que les femmes gestionnaires en
Indonésie étaient plus efficaces que leurs homologues masculins, et que la participation des
femmes dans les exploitations avait une influence positive sur l'efficacité technique et
économique des exploitations car elles étaient très engagées dans la culture du cacao et
réduisaient ainsi les coûts de main-d'œuvre et de gestion post-récolte pour augmenter la valeur
ajoutée dans les exploitations. La forte implication des femmes dans les activités de production
de cacao et leur contribution considérable à la qualité des fèves de cacao étaient également un

3
[Link]
résultat de l'étude de Barrientos (2014) sur les communautés de producteurs au Ghana et en
Inde. Cependant, l'étude a également révélé que les femmes impliquées étaient mal rémunérées
pour leur contribution au travail (Barrientos, 2014).

En Côte d’Ivoire, Kiewisch (2015) a également conclu que les femmes ont un potentiel de
revenu et une influence décisionnelle plus faibles au sein des ménages producteurs de cacao. Il
s’est plutôt focalisé sur l’incidence qu’ont la répartition des revenus et la dynamique intra-
ménage sur la résilience du ménage durant la saison de soudure.

Mais aucune étude en Côte d’Ivoire n’a utilisé une approche plus holistique sur le genre et le
revenu des producteurs de cacao en prenant en compte les facteurs socio-économiques
influençant les revenus des producteurs de cacao et les disparités de revenus entre hommes et
femmes et l'effet de l'accès aux ressources productives sur le revenu des producteurs de cacao.

Ce qui nous incite donc à mener une étude sur le genre et le revenu des producteurs de cacao
en Côte d’Ivoire en prenant en compte les facteurs socio-économiques influençant les revenus
des producteurs de cacao et les disparités de revenus entre hommes et femmes et l'effet de
l'accès aux ressources productives sur le revenu des producteurs de cacao.

Ainsi, notre étude est axée sur la question principale suivante : quel est le lien entre le genre
et le revenu des producteurs de cacao en Côte d’Ivoire ?

Ainsi, cette problématique soulève naturellement plusieurs questions de recherche, telles que :

 Quels sont les facteurs socio-économiques qui influencent les revenus des producteurs
de cacao et les disparités de revenus entre hommes et femmes ?
 Quel est l'effet de l'accès aux ressources productives sur le revenu des producteurs de
cacao ?
L’objectif général de cette étude d’analyser le lien entre le genre et le revenu des producteurs
de cacao. De façon spécifique, il s’agit de :
 OS1 : Analyser les facteurs socio-économiques influençant les revenus des producteurs
de cacao et les disparités de revenus entre hommes et femmes ;
 OS2 : Examiner l'effet de l'accès aux ressources productives sur le revenu des
producteurs de cacao
L’hypothèse générale de cette étude est qu’il existe un lien positive entre le genre et le revenu
des producteurs de cacao en Côte d’Ivoire. De façon spécifique, on a :
 HS1 : Plusieurs facteurs socio-économiques influencent les revenus des producteurs de
cacao et les disparités de revenus entre hommes et femmes ;
 HS2 : L’accès aux ressources productives a un effet positif et significatif sur le revenu
des producteurs de cacao.

Notre travail qui allie théorie et pratique se subdivise en deux parties. Une première partie
théorique, qui concerne la revue de littérature explicative du sujet et présentatrice du cadre
empirique du travail puis des faits stylisés. Et la partie pragmatique en second lieu qui
rapportera nos investigations et fera état des résultats d'étude et recommandations.
CHAPITRE I : REVUE DE LITTERATURE
Dans ce chapitre consacré à la revue de la littérature, nous présenterons d’abord les théories
pertinentes à notre travail dans la première partie. Puis, dans la deuxième section, nous proposons
une synthèse d’études antérieures similaires à nos travaux.

Section 1 : Revue théorique


Dans cette section, l’objectif est de poser les bases conceptuelles et théoriques qui expliquent
le lien entre le genre et revenu dans l’agriculture, en particulier dans le secteur de cacao.

1.1 Définitions des concepts


1.1.1 Genre
En économie, le concept de genre ne se limite pas aux différences biologiques entre hommes et
femmes, mais fait référence à un ensemble de rôles, de normes et de relations sociales qui
influencent l’accès aux ressources, aux opportunités et aux revenus (Nussbaumer, 2000 ; Sen, 1999).
Dans le contexte des revenus des producteurs de cacao, l’analyse de genre nous permet d’examiner
les inégalités structurelles qui influencent la participation des hommes et des femmes à la
production, à la commercialisation et à la gestion des revenus du cacao (Boserup, 1970 ; Agrawal,
1997). La théorie économique, en particulier celle de l’économie du développement et de l’économie
féministe, met en évidence plusieurs aspects des différences entre les sexes dans le secteur agricole.
Par exemple, les approches axées sur le capital humain mettent l’accent sur les disparités en matière
d’éducation, de formation et d’accès aux intrants productifs, tandis que l’économie institutionnelle
analyse les normes sociales et les structures de pouvoir qui limitent l’autonomie économique des
femmes.

Dans le contexte de la production de cacao, l’analyse de genre révèle que les femmes productrices
font souvent à des obstacles spécifiques, tels qu’un accès limité à la terre, au crédit, aux formations
et aux marchés. Ces contraintes peuvent entraîner des revenus inférieurs par rapport à leurs
homologues masculins. Par exemple, une étude sur les revenus des ménages producteurs de cacao
en côte d’Ivoire a montré que les femmes ont généralement des revenus plus bas en raison de ces
limitations structurelles. ([Link])

Ainsi, l’intégration de l’analyse de genre en économie permet de mieux comprendre les dynamiques
qui sous-tendent les inégalités de revenus parmi les producteurs de cacao et d’orienter des
politiques visant à promouvoir une distribution plus équitable des ressources et des opportunités.

1.1.2. Inégalité de genre


Les inégalités de genre dans le secteur du cacao sont bien documentées et persistent malgré les
efforts pour les réduire. Par exemple, en côte d’ivoire, bien que les femmes représentent 68% de la
main d’œuvre cacaoyère et possèdent 25% des exploitations, elles ne perçoivent que 21% des
revenus générés par cette culture. ([Link])

Ces disparités s’expliquent par plusieurs facteurs, notamment un accès limité des femmes à la terre,
au crédit, aux formations et aux marchés. Leur travail est souvent sous-estimé ou ignoré, ce qui les
empêche de bénéficier équitablement des retombées économiques de la production de cacao.
([Link])
Promouvoir l’égalité de genre dans les communautés cacaoyères est essentiel non seulement pour
améliorer les conditions de vie des femmes, mais aussi pour le bien-être des enfants et le
développement durable des communautés. Des études montrent que lorsque les femmes ont un
meilleur contrôle sur leurs revenus, elles les réinvestissent dans leur famille et leur communauté,
contribuant ainsi à la prospérité collective. ([Link])

Des initiatives telles que les associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) ont été mises en
place pour améliorer l’accès des femmes aux services financiers, renforçant ainsi leur autonomie
économique. ([Link]) Malgré ces efforts, il est crucial de poursuivre et d’intensifier les
actions visant à réduire les inégalités de genre dans le secteur du cacao, en s’attaquant aux obstacles
structurels et en promouvant des politiques inclusives.

1.1.3. Revenu agricole


Le revenu agricole est une notion complexe qui englobe différentes définitions et indicateurs, selon
l’angle d’analyse adopté. Il peut être appréhendé à travers une approche macroéconomique,
considérant le secteur agricole comme une entité unique, ou par une approche microéconomique,
focalisée sur les résultats individuels des exploitations. ([Link])

Selon le code général des impôts marocain, sont considérés comme revenus agricoles les bénéfices
réalisés par un agriculteur ou éleveur, provenant de toute activité liée à l’exploitation d’un cycle de
production végétale ou animale, dont les produits sont destinés à l’alimentation humaine ou
animale. ([Link])

La mesure du revenu agricole, l’analyse de ses principaux déterminants et l’impact des politiques
publiques sur son niveau et son évolution constituent des enjeux
importants.([Link])

1.1.4. Accès aux ressources


L’accès aux ressources désigne la capacité des individus ou des groupes à bénéficier des ressources
disponibles, qu’elles soient naturelles, économiques ou sociales. Ce concept englobe non seulement
les droits de propriété formels, mais aussi l’ensemble des moyens par lesquels les acteurs peuvent
utiliser et tirer profit des ressources. Ainsi, l’accès aux ressources est déterminé par un faisceau de
pouvoirs et de relation sociales qui influencent la distribution et le contrôle de ces ressources.
([Link])

Comprendre les dynamiques d’accès aux ressources est crucial pour analyser les inégalités sociale et
économiques, ainsi que pour élaborer des politiques visant à une distribution plus équitable des
ressources au sein des sociétés.

1.1.5. Empowerment économique


L’empowerment économique, ou autonomisation économique, désigne le processus par lequel des
individus ou des groupes acquièrent les moyens et le pouvoir nécessaires pour améliorer leur
situation économique et exercer un contrôle accru sur leur vie financière. Ce concept implique le
développement de compétences, l’accès aux ressources économiques, et la capacité à prendre des
décisions autonomes concernant des activités génératrices de revenus. Il vise à renforcer la
participation active des personnes dans les sphères économiques, sociales et politiques, en
particulier pour celles issues de milieux défavorisés ou marginalisés. ([Link])
1.1.6. Productivité agricole
La productivité agricole mesure l’efficacité avec laquelle les ressources agricoles sont utilisées pour
produire des biens. Elle est généralement exprimée par le rapport entre la quantité de production
obtenue et les facteurs de production mobilisés, tels que la terre, le travail ou le capital. Par exemple,
la productivité de la terre peut être évaluée en quantités physiques ou en valeur monétaire des
récoltes. Le terme rendement est souvent utilisé pour désigner la productivité du sol mesurée en
quantités physiques. ([Link]) Elle est influencée par divers facteurs, notamment
les conditions pédoclimatiques, les technologies disponibles et les pratiques agricoles.
([Link])

1.2 Théories sur les inégalités de genre dans l’agriculture


1.2.1 Théorie de l’accès aux ressources

La théorie de l’accès aux ressources explore les mécanismes par lesquels les individus et les groupes
accèdent, contrôlent et utilisent les ressources économiques, naturelles et sociales. Elle met en
évidence le fait que l’accès aux ressources ne dépend pas uniquement de la propriété légale, mais
aussi d’un ensemble de relations de pouvoir, d’institutions et de structures sociales. (Ribot & Peluso,
2003) Il existe des principes clés de la théorie de l’accès aux ressources qui sont la différence entre
propriété et accès, la multiplicité des formes d’accès et les facteurs influençant l’accès permettant de
mettre en évidence les inégalités économiques.

Dans le contexte de l’agricole, la théorie de l’accès aux ressources est souvent utilisée pour analyser
les inégalités d’accès à la terre, au crédit, aux semences et aux technologies. Par exemple, les
femmes agricultrices, bien qu’elles jouent un rôle majeur dans la production, rencontrent souvent
des obstacles à l’accès aux terres et aux financements (Agarwal, 1994). Cette inégalité limite leur
productivité et leur autonomie économique.

1.2.2 Théorie des rôles de genre

La théorie des rôles du genre en économie repose sur l’idée que les différences économiques entre
hommes et femmes sont en grande partie influencées par des normes sociales et culturelles qui
attribuent des rôles spécifiques à chaque sexe. Cette approche s’appuie sur des concepts développés
en sociologie et en économie féministe pour expliquer les inégalités en matière d’accès aux
ressources, aux opportunités et aux revenus.

Les principes clés de la théorie des rôles de genre sont la socialisation et la division du travail
énonçant les normes sociales attribuant aux hommes et aux femmes des rôles distincts dans la
société et l’économie. Par exemple, les femmes sont souvent associées aux tâches domestiques et
aux emplois peu rémunérés, tandis que les hommes sont davantage présents dans les secteurs
productifs et décisionnels (West & Zimmerman, 1987). Cette répartition influence l’accès aux
emplois, aux salaires et aux responsabilités économiques.

Nous avons également la segmentation du marché du travail qui montre selon Becker (1957), la
discrimination de genre sur le marché du travail s’expliquant par des stéréotypes et des préférences
qui orientent les femmes vers des secteurs moins rémunérateurs. Elle explique aussi pourquoi les
femmes sont sous-représentées dans les postes de direction et d’innovation économique.

Ensuite nous avons les inégalités d’accès aux ressources économiques, les femmes rencontrent plus
d’obstacles pour accéder à la terre, au crédit et aux technologies, ce qui limite leur capacité à
entreprendre et à générer des revenus équivalents à ceux des hommes (Agarwal, 1994). Cette
situation est particulièrement visible dans l’agriculture où, bien que les femmes représentent une
part important de la main- d’œuvre, elles contrôlent moins de ressources productives.

Enfin nous avons la théorie du capital humain et de l’impact des normes de genre, la théorie du
capital humain (Schultz, 1961) suggère que les différences de revenus entre hommes et femmes sont
liées aux écarts de formation et d’expérience. Cependant, les normes de genre influencent aussi les
choix éducatifs et professionnels, ce qui perpétue les inégalités

Dans le secteur agricole, la théorie des rôles de genre explique pourquoi les femmes productrices de
cacao, par exemple, gagnent en moyenne moins que les hommes malgré leur contribution
significative au travail (Quisumbing & Pandofelli, 2010)

1.3 Théories économiques appliquées à l’agriculture


1.3.1 Théorie de la contingence
La théorie de la contingence appliquée à l’agriculture soutient que les décisions de production ;
d’organisation et d’adoption de technologies agricoles doivent être adaptées aux conditions
spécifiques de chaque exploitation et de son environnement. Contrairement aux approche
standardisées, cette théorie met en avant la nécessité d’une flexibilité face aux facteurs
contextuels tels que les conditions climatiques, la disponibilité des ressources, les politiques
agricoles et les dynamiques de marché. Par exemple, la productivité des exploitations de cacao
dépend non seulement des techniques agricoles employées, mais aussi des infrastructures, de
l’accès au crédit et des fluctuations des prix internationaux (Lawrence & Lorsch, 1967). De même,
la transition vers une agriculture durable repose sur des décisions adaptées aux spécificités
locales, notamment en matière de sols, de pratiques culturales et de contraintes économiques
(Donaldson, 2001). Ainsi, selon la théorie de la contingence, les stratégies agricoles doivent être
ajustées aux réalités spécifiques des exploitants afin d’assurer une résilience et une performance
optimales du secteur.
1.3.2 Théorie de l’intermédiation financière
La théorie de l’intermédiaire financière explique le rôle des institutions financières dans le bon
fonctionnement des marchés en réduisant les asymétries d’information et les coûts de transaction.
Contrairement à l’hypothèse d’un marché parfait où emprunteurs et prêteurs interagissent
directement, cette théorie met en évidence l’importance des intermédiaires pour canaliser
efficacement l’épargne vers l’investissement productif (Diamond & Dybvig, 1983).
Dans le secteur agricole, l’intermédiation financière est essentielle pour garantir l’accès des petits
producteurs au crédit et aux assurances contre les risques climatiques. Par exemple, les banques
agricoles et les coopératives de crédit jouent un rôle clé dans le financement des exploitants,
notamment dans des filières comme la production de cacao, où les investissements en intrants et en
infrastructures sont cruciaux pour améliorer les rendements (Besley, 1994)

Section 2 : Revue empirique*

2.1 Analyser le pouvoir de décision des femmes dans les exploitations de Cacao

Les résultats montrent qu'en Ouganda, les femmes participaient activement à la production de cacao,
tant dans les exploitations gérées par des hommes que par des femmes, mais leur pouvoir de décision
était limité aux fermes gérées par des femmes. En Équateur, les femmes étaient modérément
impliquées dans la prise de décision, mais elles participaient moins à la production de cacao.

Kuhn et al (2023) ont travaillé sur les inégalités de genre dans la chaîne d'approvisionnement
du cacao en Ecuador et Uganda. L’objectif de l’étude est d’examiner deux chaînes
d'approvisionnement de cacao en utilisant nos propres données d'enquêtes ventilées par sexe,
recueillies auprès de communautés productrices en Équateur et en Ouganda, qui
approvisionnent le marché suisse. Nous avons utilisé des statistiques descriptives et
inférentielles pour analyser ces données. Les résultats montrent qu'en Ouganda, les femmes
participaient activement à la production de cacao, tant dans les exploitations gérées par des
hommes que par des femmes, mais leur pouvoir de décision était limité aux fermes gérées par
des femmes. En Équateur, les femmes étaient modérément impliquées dans la prise de décision,
mais elles participaient moins à la production de cacao. Nos analyses de régression log-linéaire
pour les deux cas ont révélé des écarts importants dans les revenus annuels de cacao entre les
exploitations gérées par des femmes et celles gérées par des hommes. Plusieurs facteurs socio-
économiques et agronomiques, où les femmes sont confrontées à des inégalités structurelles,
expliquent en grande partie cet écart de revenus, tels qu'un accès limité aux ressources
productives.

Abukari et al (2022) ont mené des recherches sur la participation des hommes et des femmes
aux activités génératrices de revenus dans les communautés productrices de cacao. Cette étude
examine les déterminants de la participation des jeunes, selon le genre, dans des entreprises
génératrices de revenus dans les zones de culture du cacao au Ghana, en utilisant un échantillon
de 4 702 participants à l’initiative du programme *Next Generation Cocoa Youth Program
(MASO)*. Ces données ont été recueillies par Solidaridad West Africa. L’échantillon a été
obtenu grâce à la technique de l’Appariement par Score de Propension (*Propensity Score
Matching - PSM*), permettant de comparer les caractéristiques des groupes masculins et
féminins tout en éliminant les observations manquantes. Le modèle de régression
multinomiale, accompagné d’une analyse descriptive, a été utilisé pour les estimations. Il a été
constaté que la majorité des participants (63 %) au programme de formation étaient impliqués
dans une activité génératrice de revenus. L’engagement des jeunes dans la production de cacao
(9 %), comparé aux entreprises non liées au cacao (28 %) et aux entreprises mixtes (26 %), est
très faible. À niveau d’exposition équivalent (MASO), les femmes sont plus susceptibles d’être
au chômage, moins susceptibles de s’engager dans la production de cacao, et plus enclines à se
tourner vers des entreprises non liées au cacao. Toutes les entreprises non liées au cacao sont
dominées par les hommes, à l’exception du petit commerce et de la transformation
agroalimentaire. L'âge, le statut matrimonial, le niveau d'éducation, l'épargne, les formations
complémentaires, le statut de migrant et le genre influencent l'engagement dans les différentes
catégories d'entreprises.

2.2 Comparer les revenus du cacao entre les exploitations gérées par les hommes et celles
gérées par des femmes

Nos analyses de régression log-linéaire pour les deux cas ont révélé des écarts importants dans les
revenus annuels de cacao entre les exploitations gérées par des femmes et celles gérées par des
hommes.

Ayodele et al (2016) ont travaillé sur une analyse sexospécifique de l'accès des cacaoculteurs
aux ressources de production dans l'État d'Ekiti, au Nigeria. Cette étude a évalué l'accès et les
contraintes des producteurs de cacao dans les activités de production dans l'État d'Ekiti, au
Nigeria. Une technique d'échantillonnage raisonné a été utilisée pour sélectionner trois zones
de gouvernement local ayant les niveaux de production de cacao les plus élevés. Les données
ont été collectées auprès de 117 producteurs de cacao à l'aide d'entretiens structurés. Les
fréquences, les statistiques moyennes, les pourcentages et l'ANOVA ont été utilisés pour
analyser les données. Les résultats ont révélé que les producteurs de cacao étaient généralement
âgés, avec un âge moyen de 54 ans pour les hommes et de 52 ans pour les femmes. L'étude a
également montré que les plantations de cacao appartenant aux femmes étaient plus anciennes,
avec une moyenne de 42 ans contre 35 ans pour celles des hommes. La production était faible
pour les deux sexes, avec une moyenne de 8 sacs pour les hommes et 7 sacs pour les femmes.
La ressource de production la plus accessible était l'eau, tandis que les services de vulgarisation
étaient les moins accessibles. Le score moyen d'accès aux ressources pour les hommes était de
39,51 et de 30,61 pour les femmes, avec une différence de 8,90 significative au seuil de 0,05 (f
= 40,94, p ≤ 0,05). Cela indique une disparité de genre dans l'accès aux ressources de
production. Cependant, le principal obstacle affectant les deux sexes était le prix peu
avantageux du marché, suivi des problèmes de santé, de la disponibilité des produits
agrochimiques, des finances et de l'accès à la terre. Les femmes étaient davantage confrontées
à des problèmes de santé. En conclusion, il existe une disparité de genre dans l'accès aux
ressources de production. Il est donc recommandé de promouvoir l'équité de genre dans l'accès
à ces ressources afin de permettre aux femmes de maximiser leur plein potentiel dans la
production agricole.

Akinrotimi (2024) a mené des études sur les différences entre les sexes dans la production de
fèves de cacao dans l'État d'Ondo, au Nigeria. Cette étude a examiné les différences entre les
sexes dans la production de fèves de cacao dans l'État d'Ondo, au Nigéria, en utilisant des
statistiques descriptives, des techniques budgétaires et un modèle de régression multiple pour
l'analyse des données. La recherche a utilisé des données primaires collectées auprès de 120
producteurs de cacao sélectionnés au hasard à l'aide d'un questionnaire structuré. L'étude a
révélé d'importantes disparités socio-économiques entre les agriculteurs hommes et femmes.
Les agriculteurs hommes, dont l'âge moyen est de 44 ans, affichent une productivité plus élevée
en raison d'un meilleur accès aux ressources et d'une meilleure expérience agricole. Les
résultats ont en outre montré que les agriculteurs hommes gagnaient un revenu agricole net de
74 954 180 ₦ tandis que le retour sur investissement était estimé à 2,83. Les agricultrices
gagnaient un revenu agricole net de 23 140 340 ₦ et le retour sur investissement était estimé à
2,06. Ce résultat a confirmé que la production de cacao est une entreprise rentable dans la zone
d'étude. Les résultats de l’analyse de régression multiple ont montré que l’âge, l’état civil, la
taille de la famille, l’occupation secondaire et le niveau d’éducation avaient un impact
significatif sur la productivité des agriculteurs de sexe masculin, tandis que seuls l’état civil et
le niveau d’éducation étaient significatifs pour les agricultrices. Les agricultrices, bien
qu’actives dans la culture du cacao, sont confrontées à des obstacles importants tels qu’un accès
limité au crédit, aux intrants et aux services de vulgarisation, ce qui entraîne une baisse de la
productivité et de la rentabilité.

2.3 Identifier les inégalités structurelles auxquelles les femmes sont confrontées

Plusieurs facteurs socio-économiques et agronomiques, où les femmes sont confrontées à des


inégalités structurelles, expliquent en grande partie cet écart de revenus, tels qu'un accès limité aux
ressources productives.

Fasakin et al (2023) ont travaillé sur la disparité entre les sexes dans la production de cacao,
l'accès aux ressources et la sécurité alimentaire dans l'État d'Ogun, au Nigeria. L'étude a évalué
l'accès des agriculteurs aux ressources de production de cacao et ses implications pour la
sécurité alimentaire dans l'État d'Ogun, au Nigéria. Les données ont été collectées auprès de
813 répondants à l'aide d'un questionnaire structuré impliquant 420 agriculteurs hommes et 393
agricultrices. Les fréquences, les pourcentages, le score de diversité alimentaire des ménages
(HDDS) et la régression logit ont été utilisés pour analyser les données tandis que les
hypothèses ont été testées avec un test t. Les tests t ont montré des différences significatives
dans l'accès au travail, au crédit et aux services de vulgarisation, mais aucune différence dans
l'accès à la terre car les agriculteurs ont des terres soit par achat soit par héritage. Le score
moyen d'accès au crédit pour les agriculteurs hommes était de 0,05 et de 0,01 pour les
agricultrices avec une différence moyenne de 0,04 qui était significative au niveau de
signification de 0,01 (t = 4,69, p ≤ 0,01). Le score moyen pour l'accès au travail par les
agriculteurs de sexe masculin était de 0,398 et de 0,099 pour les agricultrices avec une
différence moyenne de 0,298, ce qui était significatif au niveau de signification de 0,01. Enfin,
le score moyen pour l'accès aux services de vulgarisation par les agriculteurs de sexe masculin
était de 0,145 et de 0,048 pour les agricultrices avec une différence moyenne de 0,096, ce qui
était significatif au niveau de signification de 0,01 (t = 4,69, p ≤ 0,01). La dominance masculine
a été observée dans le ménage en ce qui concerne les décisions sur les activités agricoles. Le
score de diversité du ménage a montré que les agricultrices consommaient plus de groupes
d'aliments, ce qui les rendait plus sûres sur le plan alimentaire que leurs homologues masculins.
L'âge, l'éducation, l'accès au travail, la taille de l'exploitation et le revenu mensuel se sont avérés
être des facteurs importants de la sécurité alimentaire des agriculteurs dans la zone d'étude.

Banerjee et al (2014) ont travaillé sur la discrimination sur le marché, participation au marché
et contrôle des revenus : Une analyse sexospécifique des producteurs de cacao du Cameroun.
L’objectif est d’analyser l’effet de la commercialisation sur le contrôle des revenus tirés de cette
activité. Les résultats montrent que le fait de contrôler à la fois la production et la
commercialisation confère un pouvoir de négociation plus élevé sur les revenus,
comparativement à une situation où l’agricultrice se limite à la production et délègue la
commercialisation à un autre membre de la famille. Les données révèlent également que, dans
le secteur du cacao au Cameroun, la participation des femmes à la commercialisation est freinée
par une discrimination des prix, laquelle réduit leur pouvoir de négociation intrafamilial.
Autrement dit, les agricultrices participantes reçoivent des prix nettement inférieurs pour leur
production par rapport à leurs homologues masculins. Pour maximiser leurs revenus, certaines
femmes confient donc la responsabilité de la commercialisation à un homme de leur famille.
Cependant, cette non-participation entraîne une réduction de leur contrôle sur les revenus,
puisque la personne en charge de la commercialisation peut revendiquer une part plus
importante des recettes. L’étude met en évidence qu’une approche collective de la
commercialisation contribue à éliminer la discrimination des prix, tout en favorisant la
participation des femmes au marché et, par conséquent, leur contrôle accru sur les revenus
générés.

Mounjouenpou et al (2014) ont travaillé sur la chaîne de valeur du cacao et renforcement des
capacités des femmes cultivatrices de cacao pour une amélioration durable de leurs moyens de
subsistance : le cas de Mbangassina et Mbalmayo, Cameroun. Cette étude vise à renforcer les
capacités des femmes productrices de cacao des régions de Mbalmayo et Mbangassina en vue
d’une amélioration durable de leurs moyens de subsistance. À travers des visites de terrain, des
rencontres avec des groupements villageois et des enquêtes auprès d’individus et de groupes,
185 femmes ont été interrogées et formées à la fabrication de produits transformés tels que le
beurre de cacao, la poudre de cacao et une boisson chocolatée à base de soja. Parmi ces
innovations, le beurre de cacao a été le produit le plus adopté, suivi de la poudre de cacao et de
la boisson chocolatée au soja. Grâce à ces formations, les femmes sont devenues plus efficaces
dans la gestion de leurs ménages. Elles ont commencé à générer des revenus supplémentaires
grâce à la commercialisation des excédents de produits transformés, ce qui leur permet
également de contribuer aux charges du foyer.

Kumase et al (2010) ont analysé les Opportunités et contraintes dans l'agriculture : Une analyse
sexospécifique de la production de cacao dans le sud du Cameroun. Cet article examine les
différences de genre dans la production de cacao au Cameroun à partir d’une enquête menée
auprès d’environ 1 000 producteurs de cacao dans le sud du pays. Les résultats montrent que
les femmes agricultrices ont accès à des terres (de taille comparable à celles des hommes), mais
par des mécanismes différents. Cependant, elles sont fortement désavantagées en matière
d’accès aux services de vulgarisation agricole, aux marchés et au contrôle des revenus tirés de
la production. Malgré ces inégalités, la productivité des femmes, en termes de rendement par
unité de surface, est similaire à celle de leurs homologues masculins. Les analyses de
productivité révèlent qu’un léger désavantage initial en termes de productivité sur les parcelles
féminines devient un léger avantage lorsque tous les facteurs influençant la productivité sont
pris en compte.

Ogunniyi et al (2012) ont fait la comparaison entre les sexes dans la production et la productivité
des cultivateurs de cacao dans la zone de gouvernement local d'Ile Oluji de l'État d'Ondo, au
Nigeria. Cette étude a été réalisée dans la zone du gouvernement local d’Idanre, dans l’État
d’Ondo, afin d’analyser l'efficience technique des exploitations cacaoyères en fonction du
genre. Les données ont été recueillies auprès de 100 répondants à l’aide d’un questionnaire
structuré, comprenant 54 hommes et 46 femmes producteurs de cacao. Les estimations du
modèle de frontière de vraisemblance maximale pour les hommes ont montré que seule la main-
d'œuvre familiale et les pesticides étaient significatifs, tandis que pour les femmes, la main-
d'œuvre salariée, les insecticides et la taille de la famille avaient un impact significatif. En outre,
le modèle d’inefficience des producteurs masculins a révélé que l’âge, le niveau d'éducation et
l’expérience influençaient significativement l’inefficience technique. Pour les femmes, les
facteurs significatifs comprenaient le niveau d'éducation, l’expérience et l’âge des plantations
de cacao. L’analyse de l’efficience technique a démontré qu’il existe un potentiel
d’amélioration significatif pour accroître la capacité de production des deux sexes, afin de les
rendre techniquement plus efficients.

Alao et al (2020) ont fait une analyse sexospécifique du financement agricole dans le système
de culture du cacao dans les États d'Oyo et d'Osun, dans le sud-ouest du Nigeria. Cette étude
avait pour objectif d’examiner les différences de genre dans l’accès au financement agricole au
sein des systèmes de culture de cacao dans le sud-ouest du Nigeria. Une procédure
d’échantillonnage en plusieurs étapes a été utilisée pour sélectionner 200 producteurs de cacao.
Les données ont été analysées à l’aide de statistiques descriptives et d’un modèle de régression
logistique. Les résultats ont révélé que les coopératives sont les principales sources de
financement pour les producteurs de cacao, tant hommes que femmes. Cependant, les
producteurs masculins disposent de plus de sources de financement que leurs homologues
féminines dans la zone étudiée. L’analyse a montré que l’âge était un déterminant commun de
l’accès au financement pour les deux sexes. Chez les producteurs masculins, le revenu moyen,
la taille du ménage et l’appartenance à des coopératives ont également influencé l’accès au
financement, tandis que pour les productrices, le niveau d’éducation et la possession de
garanties étaient des facteurs déterminants.

CHAPITRE II : PRESENTATION, CARACTERISTIQUE DU SECTEUR AGRICOLE ET REVENU DES


PRODUCTEURS DE CACAO
Section 1 : PRESENTATION ET CARACTERISTIQUE DU SECTEUR AGRICOLE
1. Présentation du secteur agricole
Depuis l'indépendance jusqu'au début des années 1980, le secteur agricole a joué un rôle
essentiel dans la croissance économique de la Côte d'Ivoire, avec un développement
spectaculaire des cultures de rente encouragées par l'État (cacao, café, coton, banane, ananas,
palmier à huile, hévéa, etc.). De nos jours, l'agriculture est plus variée, avec une concentration
sur les productions vivrières. Elle joue toujours un rôle crucial dans l'économie de la Côte
d'Ivoire et représentait près de 22 % du PIB en 2022, ainsi que 2/3 des emplois directs et
indirects. Elle génère environ 60 % des recettes d'exportation et représente 45 % de la
population active. Toutefois, la crise politique qui s'est propagée dans le pays depuis 1999 a eu
des conséquences désastreuses sur son économie, qui était autrefois le cœur de la prospérité en
Afrique subsaharienne. En effet, le secteur agricole a connu une augmentation de 0,5 % en 2001
et une baisse de 2,6 % en 2002. En ce qui concerne l'alimentation, la situation globale est bonne.
Les produits vivriers essentiels (igname, manioc, banane plantain et maïs) sont
considérablement en surplus, tandis que les produits secondaires (mil, sorgho et fonio) satisfont
les besoins. Le riz (450 000 tonnes), les légumes, le blé, la viande, le lait et le poisson (100 000
tonnes) sont les denrées importées (pour un total de 350 millions de dollars EU en 1997). Il
existe deux catégories d'opérateurs dans le domaine agricole : i) les entreprises agro-
industrielles qui opèrent sur de vastes plantations mécanisées utilisant des méthodes de culture
intensives, et ii) les petits exploitants individuels qui constituent la majorité de la population
rurale. Ces petits exploitants utilisent des systèmes de production basés sur la culture manuelle,
extensive et itinérante, avec des rendements faibles. Les cultures d'exportation occupent une
place prépondérante dans les productions, avec une prédominance du binôme café-cacao. Les
principales cultures vivrières, telles que le riz, l'igname, la banane plantain, le manioc et le maïs,
sont mises en second plan. Enfin, la culture du maraîchage connaît une croissance fulgurante
dans la zone d'influence des centres urbains. Les principaux obstacles au développement de
l'agriculture sont les difficultés liées aux terres et au manque de travailleurs agricoles, à la
maîtrise des techniques d'irrigation, à l'intégration entre l'élevage et l'agriculture, ainsi qu'à
l'accès au crédit.
a. Culture de rente
Les principales cultures de rente sont le café, le cacao, le palmier à huile, l'hévéa et l'anacarde.
Les industries agricoles jouent un rôle essentiel dans le progrès économique et social de la Côte
d'Ivoire. Ainsi, le café et le cacao représentent environ 60 % des surfaces cultivées. Les
exportations représentent 40% des revenus, les revenus agricoles 70% et les recettes fiscales
environ 30%. En 2005, l'hévéa a été le principal produit exporté, avec un bénéfice d'exportation
de 106 milliards de francs CFA. En 2007, l'anacarde a généré plus de 47 milliards de francs
CFA.
➢ Cacao
L'introduction de la culture du cacao en Côte d'Ivoire remonte à la fin du XIXe siècle (1895).
Elle a rapidement progressé, en particulier après l'obtention de l'indépendance en 1960, ce qui
a conduit le pays à devenir le premier producteur mondial, dépassant le Ghana, à partir du début
des années 1970 également. La production nationale est passée de 550 000 tonnes en 1980 à
900 000 tonnes en 1995, puis 1,5 millions de tonnes en 2015 et plus de 2,0 millions de tonnes
en 2018 depuis une demande mondiale en constante augmentation. Actuellement, la production
de cacao en Côte d'Ivoire représente environ 40% de la production mondiale. La production de
cacao en Côte d'Ivoire joue un rôle essentiel dans l'économie du pays, qui se positionne comme
l'un des principaux producteurs mondiaux de ce produit. Une description approfondie de cette
culture est :
La valeur économique, La Côte d'Ivoire occupe le premier rang mondial en tant que producteur
de cacao, représentant environ 40% de la production mondiale. Le cacao occupe une position
prépondérante dans les exportations agricoles du pays.
En Côte d'Ivoire, la culture du cacao représente une opportunité d'emploi majeure pour des
millions de personnes. La plupart des agriculteurs sont de petits agriculteurs.
Environnement climatique et géographique, Le climat du cacao est chaud et humide, avec des
températures variant de 20 à 30°C.
Source : Portail officiel des données ouvertes

➢ Café
Après une longue période où la Côte d'Ivoire était le troisième producteur mondial de café, sa
production de café a diminué, passant de 250 000 tonnes en 1990 à 145 000 tonnes en 1994.
Bien que le pays ait récemment produit à un niveau proche de celui des trente premières années
d'indépendance (186 720 tonnes en 2003), il est passé à la quatorzième place des producteurs
mondiaux en 2007. En raison du vieillissement du verger, de l'abandon de certaines plantations,
de la pénurie de main-d'œuvre agricole et de l'évolution défavorable du climat, le potentiel de
production du café en Côte d'Ivoire a diminué. La production moyenne de ce dernier est passée
de 300 000 tonnes à 83 000 tonnes à la fin de la décennie 2000. La production moyenne annuelle
enregistrée est d'environ 100 000 tonnes au début de la décennie 2010. Cependant, la production
diminue de 77 601 tonnes, passant de 105 601 tonnes en 2015-2016 à 28 000 tonnes au 30 juin
2017. Selon le conseil café cacao 2017, cette diminution significative de la production est due
à la rudesse de l’harmattan entre novembre 2016 et février 2017.
➢ hévéa et palmier à huile
Le secteur de l'hévéa et du palmier à huile apporte une contribution annuelle de 805,450
milliards de FCFA à l'économie de la Côte d'Ivoire, ce qui représente 3,10% du PIB (BAD
2018). Ces deux activités agricoles s'étendent sur une superficie d'environ 903000 hectares et
emploient directement plus de 567000 agriculteurs.
Les industries agricoles jouent un rôle essentiel dans le progrès économique et social de la Côte
d'Ivoire. Ainsi, le café et le cacao représentent environ 60 % des surfaces cultivées. Les
exportations représentent 40% des revenus, les revenus agricoles 70% et les recettes fiscales
environ 30%. En 2005, l'hévéa a été le principal produit exporté, avec un bénéfice d'exportation
de 106 milliards de francs CFA. En 2007, l'anacarde a généré plus de 47 milliards de francs
CFA. Bien que sa contribution à l'économie nationale soit très importante, Le taux de pauvreté
dans les zones rurales est de plus en plus élevé, avec un taux de 62,5% en 2008, contre 49% en
2002 (DRSP, 2009). D'après la même source, cette augmentation de la pauvreté en milieu rural
est due aux changements majeurs dans l'agriculture ivoirienne, en particulier avec la
libéralisation des filières agricoles, qui a aboli la solidarité entre les différentes filières. C'est
pourquoi nous nous concentrerons ensuite sur les cultures vivrières.
b. Culture vivrière
Les principales cultures vivrières sont le riz, l'igname, le manioc, la banane plantain, le maïs et
les légumes, en plus de ces cultures industrielles. Le secteur des produits agricoles 85 % de la
population active agricole travaille dans le secteur des cultures vivrières, dont 90 % sont des
femmes. La superficie de la production vivrière, qui s'élève à 9 000 000 de tonnes en 2006, est
de 2 448 000 ha. Il s'agit principalement de petits agriculteurs qui cultivent des cultures
vivrières, avec des rendements très bas. La production de riz au niveau national ne représente
que la moitié des besoins de consommation. L'expansion des surfaces cultivées entraîne une
augmentation moyenne de 3,8 % de la production vivrière, à l'exception du riz. Dans toutes les
régions du pays, la riziculture est répandue, en particulier dans la partie sud et sud-ouest pour
la riziculture irriguée. Les différentes variétés, qu'elles soient modernes ou traditionnelles, sont
employées afin de répondre à la diversité des environnements. La base de données
phylogénétique en ligne, sur les ressources alimentaires et agricoles, fournit des informations
sur leur statut, leur origine génétique et leurs caractéristiques essentielles en fonction du type
de riziculture. Cependant, En 2003, les chiffres indiquent une légère hausse, passant de 585 977
tonnes en 1997 à 659 824 tonnes en 2003. Toutefois, la production nationale de riz pluvial
représente plus de 80 %. À l'instar du riz, différentes variétés de maïs, qu'elles soient introduites
ou traditionnelles locales, sont cultivées à travers toute la Côte d'Ivoire. La consommation totale
de la production nationale s'élève à environ 600 000 tonnes (2003). En Côte d'Ivoire, l'igname
est considérée comme la principale culture alimentaire de base, avec une production totale
estimée à 4 836 961 tonnes en 2003. Entièrement autoconsommée, le manioc est également
cultivé sur tout le territoire. Il s'agit de la deuxième culture vivrière principale du pays. Il est
estimé qu'il produit en moyenne 2 100 000 tonnes par an. Il est estimé qu'il produit en moyenne
2 100 000 tonnes par an. La banane plantain occupe la troisième place en tant que principale
culture alimentaire en Côte d'Ivoire, avec une quantité annuelle de production et de
consommation d'environ 1600000tonnes.
2. Caractéristique du secteur agricole
Le domaine agricole en Côte d'Ivoire joue un rôle essentiel dans l'économie du pays. Il constitue
une part importante du produit intérieur brut et occupe une grande partie de la population active,
en particulier dans les zones rurales. La culture la plus importante dans le secteur agricole est
le cacao, également connu sous le nom d'or noir. L'huile de palme, la noix de cajou et le café
sont aussi des produits exportés importants. La plupart des exportations sont de faible envergure
et sont gérées par des familles. La puissance économique sous régionale de la Côte d'Ivoire
représente plus du tiers du PIB de l'UEMOA et plus de 40% des exportations de la zone. En
2019, le secteur agricole en Côte d'Ivoire occupait environ 40% de la population active et
représentait 20% du PIB de la Côte d'Ivoire. En dépit de son rôle crucial dans l'économie, la
contribution de l'agriculture à la croissance ivoirienne demeure modérée et ne favorise pas
l'amélioration du niveau de vie des agriculteurs Le cacao représente environ 40 % des
exportations. La production agricole s'accroît en raison de l'expansion des surfaces de
production plutôt que de l'augmentation de la productivité. La productivité reste faible, car 50
% des agriculteurs emploient des techniques de production traditionnelles et seulement 10 %
des agriculteurs emploient des systèmes intensifs. La difficulté du travail agricole due à
l'utilisation limitée des machines et aux revenus faibles conduit les jeunes agriculteurs à
abandonner l'agriculture et à s'installer dans les grandes villes. La diversité des cultures dans
le secteur agricole ivoirien est très élevée, avec une forte prédominance des cultures de rente
comme le cacao, le café, l'huile de palme et le caoutchouc. Il s'agit d'un domaine essentiel de
l'économie du pays, jouant un rôle important dans le PIB et l'emploi. La pratique agricole est
principalement axée sur la famille et la subsistance, avec une utilisation restreinte de techniques
modernes et d'infrastructures. La Côte d'Ivoire occupe une position de leader dans le domaine
du cacao à l'échelle mondiale, et le secteur fait face à des difficultés telles que la déforestation,
la fluctuation des prix des matières premières et les variations climatiques. Les initiatives mises
en place par le gouvernement et les acteurs du secteur visent à améliorer la productivité, la
durabilité et les conditions de vie des agriculteurs.
Section 2 : Evolution du revenu des producteurs de cacao en côte d’ivoire
La production mondiale du cacao n’a cessé d’augmenter depuis 1960. Elle est passée de 1,2
million de tonnes en 1961 à 1,7 million de tonnes et 5,0 millions de tonnes respectivement en
1980 et 2012. Cette progression est pour l’essentiel due à l’extension des superficies plantées
et dans une moindre mesure, à l’accroissement des rendements qui sont, en moyenne, passés de
de 352,4 kg à 503,6 kg entre 1980 et 2012, soit une hausse de 43% en 26 ans. Ils atteignent 2kg
à l’hectare actuellement dans les pays les plus performants. La carte géographique de l’offre de
cacao a connu des bouleversements durant les cinq dernières décennies. L’Amérique Latine,
d’où est originaire le cacaoyer, est passée du stade de premier producteur avec plus de 80% des
quantités mondiales à la fin du 19e siècle, à la troisième position derrière l’Afrique de l’Ouest
et l’Asie en 2012. En Afrique de l’Ouest, la production est passée d’environ 1.000.000 tonnes
à près de 1.400.000 tonnes au cours de la décennie 1980. Elle se situait autour de 3.000.000
tonnes en 2012. Dans les pays d’Asie, la production qui était inférieure à 60.000 tonnes à la fin
des années 1970 a atteint près de 400.000 tonnes à la fin de la décennie suivante. En 2012, elle
s’est élevée à environ 1000.000 tonnes. En Amérique Latine, la production est demeurée autour
de 450.000 tonnes entre 1980 et 2010. Elle s’est accélérée au cours des deux dernières années,
atteignant une quantité moyenne de 560.000 tonnes. Plusieurs facteurs clés influencent
l'évolution du revenu des agriculteurs. Les variations de l'offre et de la demande sur les marchés
mondiaux et locaux peuvent entraîner des variations des prix des produits, ce qui a un impact
direct sur les revenus. Les dépenses liées à la production, telles que les matières premières et la
main-d'œuvre, ont également un impact important ; une augmentation de ces dépenses peut
diminuer les bénéfices. Les rendements et donc les revenus sont influencés par la productivité,
qui repose sur l'adoption de technologies modernes et les conditions climatiques. Il est crucial
de faciliter l'accès aux marchés grâce aux infrastructures et aux négociations de contrats afin
d'optimiser les prix de vente. Finalement, les mesures et les aides gouvernementales, comme
les subventions et les programmes de développement, ont la capacité de maintenir la stabilité
et d'améliorer les revenus des producteurs.
DEUXIEME PARTIE : CADRE EMPIRIQUE
CHAPITRE III : APPROCHE METHODOLOGIQUE
Dans ce chapitre nous présenterons la méthodologie retenue pour notre étude, il sera composé
de deux sections, dans la première section il s’agira de présenter la zone d’étude et la
méthodologie utilisée, et dans la section 2 il sera question de la spécification et du choix du
modèle

Section1 : Zone d’étude et méthode s’échantillonnage


1.1 Présentation de la zone d’étude

La zone d’étude pour notre travail est basée dans le haut Sassandra précisément dans les villages de
Kéibla, loboguiguia et sikaboutou. Elles sont situées aux alentours de la ville de Daloa, sélectionnée
en raison de la forte densité de producteur de cacao.
La ville de Daloa est le chef-lieu de la région du haut Sassandra, dans le centre-ouest de la Côte
d’Ivoire. Cette région est l’une des principales zones de production de cacao du pays, et Daloa est
souvent considérée comme la deuxième zone de production de cacao en Côte d’Ivoire.
Cependant l’industrie du cacao à Daloa, en Côte d’Ivoire, est marquée par des inégalités de genre
significatives. Les femmes jouent un rôle crucial dans la production de cacao, mais elles sont souvent
confrontées à des discriminations et à des obstacles qui limitent leurs participations et leurs
bénéfices.
1.2 Présentation de l’enquête et de la méthode d’échantillonnage
Pour mener à bien cette étude, plusieurs outils ont été employés. En premier lieu, une recherche
documentaire approfondie a été réalisée, consistant en la consultation des ouvrages, articles, et
mémoires en lien avec le thème de recherche. Cette phase préliminaire a permis d'acquérir une
compréhension approfondie du sujet et de concevoir un questionnaire pertinent.

Par la suite, un questionnaire a été élaboré pour mener une enquête sur le terrain aux près des
producteurs. Enfin, une base de données a été constituée à l'aide de Microsoft Excel, basée sur
les réponses obtenues au questionnaire.

1.3 Collecte de donnée

Une enquête sociodémographique approfondie a été réalisée auprès de 120 producteurs issus de
plusieurs villages des sites d’étude. Cette enquête vise à recueillir des données précises afin de mieux
comprendre le profil des producteurs. Elle a été menée par le biais d’entretiens individuels,
permettant de créer un environnement propice à des échanges détaillés. Le questionnaire s’est
concentré sur diverses caractéristiques des producteurs, notamment leur origine géographique, leur
âge, leur niveau d’éducation, leurs productions ainsi que le mode d’acquisition de leurs terres. De
plus, des questions complémentaires ont été posées pour explorer des sujets tels que les pratiques
agricoles, les défis rencontrés et les sources de financement, afin de dresser un tableau complet du
contexte socio-économique de ces producteurs.

Section 2 : Approche méthodologique de la recherche


Dans cette partie nous allons d’abord présenter le modèle statistique avant de présenter nos
variables.

2.1 Approche descriptive

La régression multiple est utilisée pour prédire une variable dépendante à partir de plusieurs
variables indépendantes. Elle est composé d’une équation dans lequel une variable endogène Y
est expliquée par un ensemble de K variables exogènes. Alors on peut écrire 𝑌 =
𝑓(𝑋1 , 𝑋2 , … . . , 𝑋𝑘 ) avec f(.) est une relation fonctionnelle particulière. Il est clair que le modèle
de régression multiple est une généralisation du modèle de régression simple.

Le modèle linéaire multiple postule que la variable à expliquer est une expression linéaire des
variables explicatives retenues, perturbé par un aléa.

𝑌𝑖 = 𝛽0 + 𝛽1 𝑋1𝑖 + 𝛽2 𝑋2𝑖 + ⋯ … … . . +𝛽𝑘 𝑋𝑘𝑖 + 𝜀𝑖 i=1,…..,n

Où 𝛽1 , 𝛽2 , … . , 𝛽𝑘 sont les coefficients , inconnus.

𝑌𝑖 , 𝑋1𝑖 , 𝑋2𝑖 , … … … , 𝑋𝑘𝑖 Sont les observations des variables.

𝜀 La perturbation aléatoire.

2.2 Approche économétrique

En termes simples, l’économétrie consiste à combiner des outils statistiques et des


considérations économiques pour établir des liens entre un ensemble de variables. Bien que la
régression multiple soit un outil puissant pour traiter les données, elle ne suffit pas à étudier la
réalité complexe qui peut entourer un ensemble de variables. C’est là qu’intervient la
modélisation économétrique, qui permet de représenter mathématiquement et de manière
simplifiée les relations entre au moins deux variables. En utilisant la modélisation
économétrique, on peut analyser de manière plus approfondie les interrelations entre les
variables et établir des prévisions et des conclusions plus précises sur le comportement
économique. Ainsi, cette partie abordera l’approche économétrique.

MODELE ECONOMETRIQUE

a. PRÉSENTATION DES VARIABLES ET SOURCE DE DONNÉES


Il s’agira ici de présenter les variables dépendantes et indépendantes de notre modèle et leur
source de données.

 PRÉSENTATION DES VARIABLES

 Variable dépendante

La variable dépendante de notre analyse est le revenu brut des producteurs de cacao

 Variable indépendante

Dans une étude ou un modèle statistique, une variable indépendante, aussi appelée variable
explicative ou prédictive, est celle qui est présumée influencer ou déterminer la variation
d’une autre variable, désignée comme variable dépendante. Autrement dit, les variations de la
variable indépendante sont considérées comme causant un effet sur la variable que l’on
souhaite analyser ou prévoir. Dans le contexte de notre étude, nous considérons :

 Variable d’intérêt
Tableau 1 : DESCRIPTION DES VARIABLES

Signes anticipés/ effet


Libellé Nom de la variable Modalité
théorique

1 AGE QUANTITATIVE -

2 SEXE QUALITATIVE -/+

3 NIVEAU D’EDUCATION QUALITATIVE -/+

4 SITUATION MATRIMONIALE QUALITATIVE -/+

5 TAILLE DU MENAGE QUANTITATIVE + /-

6 SEXE DU CHEF DU MENAGE QUALITATIVE +/-

7 FORMATION SUR LE CACAO QUALITATIVE +/-

8 TAILLE DE L’EXPLOITATION QUANTITATIVE +

9 SUPERFICIE DE CACAO QUANTITATIVE +/-

10 PRATIQUE AGROFORESTERIE QUATITATIVE +/-


11 NOMBRE DE CULTURE QUANTITATIVE +

12 DESHERBAGE QUANTITATIVE +/-

13 TRAVAILLEURS QUANTITATIVE +

14 ACCES A LA TERRE QUALITATIVE -

15 PRISE DE DECISION QUALITATIVE +/-

LA FEMME POURRAIT ETRE


16 QUALITATIVE +/-
PROPRIETAIRE DE TERRE

PRISE DE DECISION DE LA
17 FEMME SUR LA CULTURE DU QUALITATIVE +/-
CACAO

LA PARTICIPATION DU
18 CONJOINT OU DE LA QUALITATIVE +/-
CONJOINTE

LA CONTRIBUTION DE LA
19 FEMME AUX DECISIONS SUR QUALITATIVE +/-
L’UTILISATION DU REVENU

Source : L’auteur 2023

 SOURCE DE DONNÉES

Les données sont extraites d’une enquête menée par l’auteur

SPECIFICATION ET JUSTIFICATION DU MODELE

Justification du choix du modèle

Le modèle classique utilisé dans la littérature pour capter l’effet d’une variable sur une autre
variable de nature quantitative est la régression linéaire multiple. Cette méthode adopte
comme approche d’estimation le MCO qui se base sur une valeur moyenne. Mais notre revue
de littérature nous a permis de voir que ce modèle nous permettra d’expliquer notre travail.
Ainsi dans l’étude de Kuhn & al 2022 portant sur l’inégalités de genre dans la chaîne
d’approvisionnement du cacao : données probantes issues de la production des petites
exploitations en Equator et en Ouganda utilise la régression log linéaire pour montrer les
désavantages de facteurs extrinsèques qui les empêches de participer pleinement à la
production de cacao. En adoptant le précédent modèle à notre étude :

𝑌𝑖 ∶ 1 𝑠𝑖 𝑐 ′ 𝑒𝑠𝑡𝑙 ′ ℎ𝑜𝑚𝑚𝑒

0 si non

𝑌𝑖 = 𝛽0 + 𝛽1 𝑋1â𝑔𝑒 + 𝛽2 𝑋2𝑡𝑎𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑑𝑢 𝑚é𝑛𝑎𝑔𝑒 + 𝛽3 𝑋3𝑡𝑎𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝑙′𝑒𝑥𝑝𝑙𝑜𝑖𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛


+ 𝛽4 𝑋4𝑠𝑢𝑝𝑒𝑟𝑓𝑖𝑐𝑖𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑎𝑐𝑎𝑜 + 𝛽5 𝑋5𝑑é𝑠ℎ𝑒𝑟𝑏𝑎𝑔𝑒 + 𝛽6 𝑋6𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑢𝑙𝑡𝑢𝑟𝑒

𝑌𝑖 : 0 𝑐 ′ 𝑒𝑠𝑡 𝑢𝑛𝑒 𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒

1 si non

𝑌𝑖 = 𝛽0 + 𝛽1 𝑋1â𝑔𝑒 + 𝛽2 𝑋2𝑡𝑎𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑑𝑢 𝑚é𝑛𝑎𝑔𝑒 + 𝛽3 𝑋3𝑡𝑎𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝑙′𝑒𝑥𝑝𝑙𝑜𝑖𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛


+ 𝛽4 𝑋4𝑠𝑢𝑝𝑒𝑟𝑓𝑖𝑐𝑖𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑎𝑐𝑎𝑜 + 𝛽5 𝑋5𝑑é𝑠ℎ𝑒𝑟𝑏𝑎𝑔𝑒 + 𝛽6 𝑋6𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑢𝑙𝑡𝑢𝑟𝑒
.

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