École Royale Navale Casablanca MPSI.
DL.3.
à rendre pour le lundi 17 février
Exercice 1 ( résolution d’une équation de Pell-Fermat.). On cherche dans cet exercice à étudier les
solutions entières de l’équation x2 − 2y 2 = 1. Pour cela on notera G = {(x, y) ∈ N × Z | x2 − 2y 2 = 1}.
On définit une loi de composition ⋆ sur cet ensemble par (x, y) ⋆ (x′ , y ′ ) = (xx′ + 2yy ′ , xy ′ + yx′ ).
1. Vérifiez que ⋆ est une l.c.i sur l’ensemble G.
2. Quelles sont les propriétés intéressantes de la loi ⋆ (associativité, commutativité, élément neutre,
présence de symétriques) ? En particulier, ( G, ⋆ ) est-il un groupe?
3. Montrer que la ”plus petite” solution de notre équation (celle pour laquelle x est minimal, en excluant
la solution triviale (1, 0) ) est le couple (3, 2). On notera désormais a = (3, 2), et an = a · · · ⋆ a}.
| ⋆ a{z
n fois
On notera par ailleurs xn et yn les deux ”coordonnées” de an (autrement dit, an = (xn , yn )).
(a) Calculer les valeurs de an (et donc de xn et yn ) pour n ∈ {2, 3, 4}.
(b) Montrer que, ∀n ∈ N, xn+1 = 3xn + 4yn et yn+1 = 2xn + 3yn .
(c) Montrer que, ∀n ∈ N, 0 ⩽ yn < xn . Quelles sont les monotonies et limites des suites (xn ) et
(yn )?
(d) Calculer explicitement les valeurs de xn et yn (indice : on doit pouvoir obtenir une relation de
récurrence linéaire d’ordre 2 pour la seule suite (xn ), les racines de l’équation caractéristique
sont modérément sympathiques).
4. On considère maintenant b = (x, y) un élément quelconque de G.
(a) Montrer qu’il existe un entier naturel n pour lequel yn ⩽ y < yn+1 (où (yn ) désigne toujours la
suite étudiée à la question précédente).
(b) En déduire que 0 ⩽ yxn − xyn < yn+1 xn − xn+1 yn = 2.
(c) Montrer alors que b ⋆ a−n = (1, 0). En déduire la valeur de b.
(d) Conclure en donnant toutes les solutions de l’équation x2 − 2y 2 = 1.
Exercice 2. Soit (G, ∗) un groupe. Pour tout g ∈ G, on note γg l’application de multiplication à
gauche par g, qui va de G dans G et associe g ∗ h à tout h ∈ G; autrement dit on a γg (h) = g ∗ h
pour tous g et h dans G.
1. Prouver que pour g ∈ G, l’application γg est dans le groupe symétrique SG , autrement dit que γg est
une bijection de G sur G.
2. Démontrer que l’application φ : g 7→ γg est un homomorphisme de groupe de ( G, ∗ ) dans (SG , ◦).
3. Démontrer que l’application φ est injective.
Pour tout g ∈ G, on note δg l’application de multiplication à droite par g, qui va de G dans G et
associe h ∗ g à tout h ∈ G; autrement dit on a δg (h) = h ∗ g pour tous g et h dans G.
4. Prouver que pour tout g ∈ G, l’application δg est dans le groupe symétrique δG , puis que l’application
ψ : g 7→ δg est une injection de G dans SG .
5. Démontrer que ψ est un homomorphisme de groupe si et seulement si le groupe G est abélien.
Pr. [Link] 1 2024/2025
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Exercice 3. Un entier naturel non nul n est dit parfait si la somme de ses diviseurs (notée S(n) pour
tout l’exercice) est égale à 2n.
1. Vérifier que 6 et 28 sont des nombres parfaits.
2. Soit p un entier tel que 2p − 1 soit premier. Montrer que p est alors premier.
3. Montrer alors que n = 2p−1 (2p − 1) est parfait.
4. En déduire la valeur d’un nombre parfait plus grand que 28 .
5. On suppose désormais que n est un entier parfait pair, et on pose n = 2a × b, avec b impair, et a ⩾ 1.
(a) Montrer que S(n) = (2a+1 − 1) S(b). En déduire que S(b) = 2a+1 c, avec c ∈ N.
(b) Montrer qu’on a nécessairement c = 1, et que b est un nombre premier.
(c) En déduire que n est forcément de la forme 2p−1 (2p − 1), avec 2p − 1 premier.
Pr. [Link] 2 2024/2025