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Systèmes triphasés.
1 Définitions.
1.1 Présentation.
Le principe le plus courant d'obtention d'une tension repose sur la loi de Lentz vue au
chapitre 1.
Il consiste à faire tourner un aimant (naturel ou composé d'un circuit qui crée un champ
magnétique) devant une bobine. On a donc une variation du flux qui traverse la bobine ce
qui provoque l'apparition d'une f.e.m. e=-dφ/dt.
L'obtention de l'énergie électrique nécessite donc une énergie primaire capable de faire
tourner l'aimant. L'énergie électrique obtenue de cette manière l'est sous forme de
tensions et de courants alternatifs. C'est ce qui est réalisé dans les centrales électriques.
La nature de la centrale ne dépend que de la nature de cette énergie primaire capable de
faire tourner l'aimant. L'aimant et la bobine constituent un alternateur. L'alternateur est
donc une machine tournante.
Il est bien évident qu'il est possible de placer plusieurs bobines cote à cote devant
l'aimant. Le pôle nord de l'aimant ne passant pas en face de chacune des bobines au
même moment, les tensions obtenues aux bornes de chacune des bobines seront
déphasées. On montre que le nombre optimal de bobines décalées est de trois.
On obtient trois tensions déphasées de 2π/3 les unes par rapport aux autres, puisque bien
entendu, pour des raisons de symétrie, on décale les trois bobines régulièrement dans
l'espace.
Les trois tensions forment un système de tensions triphasées.
Chapitre 4 : Systèmes triphasés.
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1.2 Systèmes triphasés.
n (n>2) tensions déphasées de 2π/n les unes par rapport aux autres forment un système
n phasé. Les seuls systèmes que nous étudierons sont les systèmes triphasés. Ils doivent
représenter 99,99% des systèmes polyphasés utilisés. La production et la distribution de
l'énergie électrique sont réalisées sous cette forme. Nous avons trois tensions, c'est-à-
dire six fils. Il suffit de réaliser un point commun et notre système de tension se présente
sous la forme de quatre fils.
Ces quatre fils s'appellent les trois phases et le Neutre qui est le point commun.
Les trois tensions étant déphasées de 2π/3 en prenant v1(t) comme référence, on a :
v1(t) = V1√2sinωt
v2(t) = V2√2sin(ωt-2π/3)
v3(t) = V3√2sin(ωt-4π/3) = V3√2sin(ωt+2π/3).
Dans ce cas, on a parlera d'un système triphasé direct. Si la succession des phases est
inversée :
v1(t) = V1√2sinωt
v2(t) = V2√2sin(ωt+2π/3)
v3(t) = V3√2sin(ωt+4π/3) = V3√2sin(ωt-2π/3).
On a parlera alors d'un système triphasé inverse. La seule différence entre les deux
systèmes est le changement du sens de rotation d'un moteur lorsqu'il est alimenté par
l'un ou l'autre des systèmes.
Si les valeurs efficaces des trois tensions V 1, V2, V3 sont égales, on dit que le système est
équilibré.
Nous ne traiterons que le cas des systèmes triphasés équilibrés directs.
Chapitre 4 : Systèmes triphasés.
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Les trois tensions complexes associées aux trois tensions ont pour expression:
Ces trois nombres complexes ont une propriété remarquable : V1+ V2+ V3=0. Ce qui
signifie qu'à tout instant la somme des trois tensions est nulle. Ceci est une propriété
d'un système triphasé équilibré.
1.3 Tensions simples – Tensions composées.
Lorsqu'on a un système triphasé, on a quatre fils et donc un certain nombre de tensions.
Nous pouvons nous intéresser en particulier aux tensions suivantes :
u1(t) = v1(t) - v2(t)
u2(t) = v2(t) - v3(t)
u3(t) = v3(t) - v1(t)
Ces trois tensions sont représentées par trois nombres complexes :
=
=
=
On a = √3ejπ/6 d'où :
jπ/6
U1= √3e .V1
U2=√3ejπ/6 .V2
U3=√3ejπ/6 .V3
Autrement dit, u1(t), u2(t) et u3(t) forment aussi un système triphasé équilibré direct.
Pour différencier les deux systèmes, on appelle les v(t) les tensions simples ou tensions
Chapitre 4 : Systèmes triphasés.
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par phase et les u(t) les tensions composées ou les tensions entre phases. Le système
des tensions composées est en avance de π/6 par rapport au système des tensions
simples. La valeur efficace des tensions composées est U = √3.V
Une des conséquences que l'on peut tirer c'est que pour avoir un système de tensions
triphasées, il suffit d'avoir les trois fils de phases, le neutre n'est pas indispensable.
La distribution électrique Basse Tension domestique est un système triphasé dont la
tension simple est V=230V et U=√3.230V=400V.
On parle d'une alimentation 230V-400V. Si une seule tension est indiquée, c'est U la
tension composée (Réseau 400V) qui est indiquée.
La plupart des abonnés ont un abonnement monophasé. On leur amène donc un fil de
phase et le fil de neutre. Ils disposent donc de la tension simple soit 230V.
2 Récepteur triphasé : couplage
2.1 Couplage étoile.
Si nous disposons d'un système triphasé, nous devons utiliser des récepteurs triphasés.
Ils seront constitués de trois dipôles. Si les trois dipôles sont identiques, le récepteur est
dit équilibré. Nous n'étudierons que le cas des récepteurs équilibrés. La première manière
de réaliser un récepteur triphasé consiste à relier une des deux bornes de chacun des
dipôles ensemble. Ce point commun sera relié au neutre. La borne libre de chacun des
dipôles étant reliée à une phase.
Chaque dipôle a la tension simple à ses bornes et est traversé par le courant de ligne.
Si le récepteur est équilibré, il est composé d'une impédance complexe Z=Zejφ. Les
intensités sont déphasées d'un angle φ, et on a I=V/Z. Les i(t) forment aussi un système
Chapitre 4 : Systèmes triphasés.
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triphasé équilibré direct déphasé de φ par rapport aux v(t).
Si les i(t) forment un système triphasé équilibré i n(t)=i1(t)+i2(t)+i3(t)=0. Si le système est
équilibré, le courant dans le fil de neutre est nul. La conséquence est que le fil de neutre
n'est pas nécessaire. C'est pourquoi les deux installations peuvent exister. Il n'y a une
différence entre les deux montages (avec ou sans le neutre relié), que si le système est
déséquilibré notamment en cas de panne.
Le symbole du couplage étoile est y
2.2 Couplage triangle.
La sortie d'un des dipôles est reliée à l'entrée d'un autre, etc. Le neutre n'est pas relié.
Chaque impédance du dipôle a la tension composée à ses bornes et n'est pas traversée
par le courant de ligne i, mais par le courant j. On a J=U/Z (avec Z=Zejφ). Si le récepteur
est équilibré les j(t) forment aussi un système triphasé équilibré. On a les relations :
i1(t) = j1(t) – j3(t)
i2(t) = j2(t) – j1(t)
i3(t) = j3(t) – j2(t)
Si on prend j1(t) comme référence des phases, les relations entre les grandeurs
complexes deviennent :
=
=
=
On a = √3ejπ/6 d'où :
I1= √3e-jπ/6 .J1
I2=√3e-jπ/6 .J2
I3=√3e-jπ/6 .J3
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Autrement dit, i1(t), i2(t) et i3(t) forment aussi un système triphasé équilibré direct.
Le système des courants de ligne est en retard de π/6 par rapport au système des
courants dans les récepteurs. La valeur efficace des courants de ligne est I = √3.J.
3 La puissance en triphasé.
3.1 Montage étoile.
Les trois impédances du récepteur triphasé sont chacune parcourues par I, ont la tension
V à leurs bornes, et v(t) et i(t) sont déphasés de φ. Chaque branche consomme donc
VIcosφ. Le théorème de Boucherot nous indique donc que P=3VIcosφ. De même
Q=3VIsinφ et S=3VI. Bien entendu on peut exprimer ces puissances en fonction de la
partie réelle de Z, comme en monophasé.
Si nous souhaitons exprimer ces grandeurs en fonction de U et I qui sont les grandeurs
toujours accessibles (Pour mesurer V, il faut que le neutre soit présent), nous obtenons :
P=√3UIcosφ, Q=√3UIsinφ et S=√3UI. Dans ces expressions φ ne représente pas le
déphasage entre u(t) et i(t) mais représente toujours l'argument de Z.
3.2 Montage triangle.
Les trois impédances du récepteur triphasé sont maintenant chacune parcourues par J,
ont la tension U à leurs bornes, et u(t) et j(t) sont déphasés de φ. Chaque branche
consomme donc UJcosφ. Le théorème de Boucherot nous indique donc que P=3UJcosφ.
De même Q=3UJsinφ et S=3UJ. Si nous souhaitons exprimer ces grandeurs en fonction de
U et I qui sont les grandeurs toujours accessibles (Pour mesurer J, il faut démonter le
récepteur), nous obtenons : P=√3UIcosφ, Q=√3UIsinφ et S=√3UI.
La conclusion est que quelque soit le coulage du récepteur, les relations sont identiques.
Mais on retiendra que dans ces expressions φ ne représente pas le déphasage entre u(t)
et i(t) mais représente toujours l'argument de Z.
Le montage triangle est repéré par ∆.
4 Branchement triphasé.
On doit pouvoir transformer assez rapidement et assez facilement le couplage d'un
récepteur triphasé. Aussi la plaque à bornes qui permet de relier le récepteur au réseau
est disposée de la manière suivante :
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A l'aide de lamelles du cuivre, on peut réaliser un montage étoile
ou un montage triangle
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