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Réduction des Pertes Alimentaires en Afrique

Le document présente une formation sur la réduction des pertes alimentaires dans les chaînes de valeur agricoles en Afrique, animée par l'expert Chabi Kègnidé Rostand ELEGBEDE. Il souligne l'importance de comprendre les enjeux des pertes alimentaires, leur impact sur la sécurité alimentaire et les stratégies pour les réduire, en lien avec les Objectifs de Développement Durable. Les pertes alimentaires représentent un tiers de la production alimentaire mondiale, avec des conséquences économiques et environnementales significatives, particulièrement dans les pays en développement.

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Réduction des Pertes Alimentaires en Afrique

Le document présente une formation sur la réduction des pertes alimentaires dans les chaînes de valeur agricoles en Afrique, animée par l'expert Chabi Kègnidé Rostand ELEGBEDE. Il souligne l'importance de comprendre les enjeux des pertes alimentaires, leur impact sur la sécurité alimentaire et les stratégies pour les réduire, en lien avec les Objectifs de Développement Durable. Les pertes alimentaires représentent un tiers de la production alimentaire mondiale, avec des conséquences économiques et environnementales significatives, particulièrement dans les pays en développement.

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Cohorte 5 Certification en Chaînes de valeur agricoles durables (CVAD) en contexte africain

Réduction des pertes alimentaires le long des


chaines de valeurs agricoles
Cohorte 5 Certification en Chaînes de valeur agricoles durables (CVAD) en contexte africain

Biographie
Nom : ELEGBEDE
Prénom : Chabi Kègnidé Rostand
Nationalité : Béninoise
Contact : (00229) 94946206
Email : elegbederostand24@[Link]
LinkedIn: [Link]

ELEGBEDE Chabi Kègnidé Rostand, ingénieur agronome béninois, est un expert en techniques de
production agricole durable et management des coopératives agricoles. Avec une passion précoce pour
le développement d'innovations agricoles, M. ELEGBEDE a acquis plusieurs années d'expérience en
accompagnant les Organisations Professionnelles Agricoles (OPA). Son engagement au sein de l'Union
Nationale des Coopératives de Producteurs de Soja du Bénin (UNCPS-Bénin) a contribué à l'amélioration
de la productivité agricole et des revenus des producteurs de soja, ce qui lui a valu une reconnaissance
officielle de cette organisation.
Son engagement s'étend également à ses contributions à des études cruciales sur les pertes post-récolte
dans les chaînes de valeur du riz et du soja au Bénin, réalisées avec le Projet Centre d’Innovation Vertes
pour le secteur Agroalimentaire (ProCIVA/GIZ), et sur l'identification des problématiques post-récoltes et
de transformation des produits d'origine végétale avec la Société Nationale de Mécanisation Agricole
(SoNaMA) du Bénin.
Par ailleurs, en plus de son expertise en rédaction de contenus éducatifs d'apprentissage, M. ELEGBEDE
se distingue par son habilité à rédiger et suivre des projets agro-socio-économiques. Sa compétence à
concevoir et à gérer des plateformes de collecte de données numériques facilite le processus de décision
en faveur du développement agricole durable, à partir des données probantes.
Cohorte 5 Certification en Chaînes de valeur agricoles durables (CVAD) en contexte africain

Module 4 : Réduction des pertes alimentaires le long des chaines de valeurs


agricoles
Objectifs pédagogiques
A la fin de cette séance d’apprentissage, les participants seront capables de :
- Comprendre les enjeux des pertes alimentaires le long des chaînes de valeurs agricoles ;
- Connaitre l’importance d’une analyse des pertes alimentaires et les éléments à considérer dans
cette analyse le long des chaines de valeurs agricoles
- Mettre en œuvre une approche de solution pour réduire les pertes alimentaires le long des
chaines de valeurs agricoles.
Ce cours se déroulera en trois séquences :
Séquence 1 : Pertes alimentaires : contexte et enjeux
Séquence 2 : Analyses des pertes alimentaires le long des chaines de valeurs agricoles
Séquence 3 : Stratégies de réduction des pertes alimentaires le long des chaines de valeurs agricoles.

Note introductive
Les pertes alimentaires font référence à des situations dans lesquelles les produits agricoles ou
alimentaires sont perdus ou détériorés avant d’atteindre la dernière étape de production ou d’entrer dans
le circuit de vente au détail. Tous les types de denrées alimentaires sont perdus à des degrés divers, et
à tous les niveaux de la chaîne de valeur alimentaire. Les pertes alimentaires et même les gaspillages
alimentaires dans les pays à faibles revenus sont principalement causés par des limitations financières,
techniques et de gestion touchant la récolte, le stockage, les infrastructures et équipements de
refroidissement dans les cas de conditions climatiques difficiles, la qualité des infrastructures en général,
les systèmes d’emballage et de commercialisation.
Les pertes alimentaires affectent négativement la sécurité alimentaire et la nutrition, notamment en
Afrique où l'agriculture constitue la principale source d'alimentation et de revenus pour la majorité de la
population. La question des pertes alimentaires est devenue ces dernières années, le centre d'attention
dans le monde entier et a même été incluse dans les Objectifs de Développement Durable (ODD), plus
précisément dans l’ODD 12 : « Établir des modes de consommation et de production durables », dont la
cible 12.3 appelle à redoubler d’efforts pour réduire les pertes alimentaires de moitié tout au long des
chaînes de production et d’approvisionnement d'ici 2030. En Afrique, le programme détaillé de
développement de l'agriculture africaine et l'engagement pris dans le cadre de la déclaration de Malabo
visant à réduire de moitié les pertes post récolte d'ici 2025 montrent que les gouvernements s'accordent
sur la nécessité de réduire les pertes alimentaires. Selon la FAO, ces pertes alimentaires sont estimées
au tiers de la production alimentaire totale du continent africain.
Il est essentiel de connaitre les causes des pertes alimentaires et de s’y attaquer pour les réduire. Il faudra
pour cela, réunir des informations sur les points de la chaîne de valeurs agricoles où ces pertes se
produisent et sur les facteurs déterminants sous-jacents.
Les stratégies de réduction des pertes alimentaires peuvent, si elles sont bien mises en œuvre à travers
des approches peu coûteuses garantir les revenus des producteurs ; préserver l'environnement en
réduisant la pression sur les ressources naturelles et assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Cohorte 5 Certification en Chaînes de valeur agricoles durables (CVAD) en contexte africain

Séquence 1 : Pertes alimentaires : contexte et enjeux


Définition de concepts
Aliment
Les produits dans la chaine d’approvisionnement agricole sont considérés comme aliment à partir du
moment où les cultures sont arrivées à maturité ou prêtes à être récoltées ; les animaux sont prêts pour
l’abattage ; le lait est disponible après la traite ; les œufs sont pondus par les volailles ; les poissons
d'aquaculture sont au stade adulte dans leur étang ; les poissons dans les océans, lacs ou fleuves etc.
sont disponible pour la pêche.
Pertes alimentaires
Les pertes alimentaires, selon l’organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sont la diminution
de la quantité ou de la qualité des aliments résultant des décisions et des mesures prises par les
fournisseurs de produits alimentaires dans la chaîne de valeur agricole. De façon empirique, il s'agit de
tout produit qui est jeté, incinéré ou éliminé d'une autre façon tout au long de la chaîne
d'approvisionnement alimentaire, depuis la récolte, l'abattage ou la capture jusqu'à la vente au détail.
Il est important de faire la distinction entre les pertes alimentaires et le gaspillage alimentaire.
Gaspillage alimentaire
Le gaspillage alimentaire, selon le FAO, se réfère à la diminution de la quantité ou de la qualité des
aliments résultant des décisions et des mesures prises par les commerçants, les fournisseurs de services
de restauration et les consommateurs. Le gaspillage alimentaire (GA) fait référence donc à la perte de
produits alimentaires propres à la consommation, par choix, ou qui ont été abandonnés à l'altération ou
à la péremption par négligence, principalement, mais pas exclusivement, aux niveaux de la distribution
et des ménages consommateurs.
Alors que les pays plus développés sont aux prises avec les plus grandes proportions de gaspillage
alimentaire, les pays en développement font face à des proportions plus élevées de pertes alimentaires.
Selon l’organisation World Ressources Institute, les pertes et le gaspillage alimentaires, environ 95 % des
pertes alimentaires dans les pays en développement surviennent avant que le consommateur n'achète
la récolte.
Chaîne d'approvisionnement alimentaire
La chaîne d'approvisionnement alimentaire (CAA) correspond à la série d'activités interconnectées qui
permettent de produire, transformer, distribuer et consommer des aliments. La chaîne
d'approvisionnement alimentaire désigne donc l'ensemble des processus liés à la culture des produits
alimentaires, jusqu'à leur arrivée sur la table.
Pertes quantitatives
Les pertes quantitatives font référence à la réduction du volume physique, de la masse ou du poids des
produits causés par des facteurs tels que les pertes en cours de transport, la consommation par des
insectes, les rongeurs ou altération physique de la température, du taux d'humidité et de la composition
chimique.
Pertes qualitatives
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Les pertes qualitatives font référence au mauvais aspect, ex. manque d'éclat, flétrissement, signes
extérieurs de dégradation, jaunissement. Même si la perte n'est pas immédiatement apparente, la valeur
nutritionnelle peut diminuer (ex. en raison d'une récolte prématurée, d'un emballage inadéquat ou d'une
mauvaise température de stockage). En outre, lorsque des toxines (ex. les aflatoxines) sont produites par
des micro- organismes, la nourriture est perdue pour des raisons de sécurité sanitaire des aliments. Les
pertes qualitatives peuvent aboutir à des pertes quantitatives étant donné que les aliments contaminés
doivent être détruits.
Pertes économiques
Les pertes économiques sont des pertes visibles de qualité, comme des signes extérieurs de dégradation,
de pourriture de flétrissement ou des dommages causés par des insectes qui aboutissent à une réduction
du prix de vente au kilogramme, et à une perte potentielle de revenus pour les agriculteurs, les négociants
et les détaillants.
Pertes alimentaires et Objectifs de Développement Durable (ODD)
Selon les estimations, d’ici 2050, l’offre de produits alimentaires devra augmenter de 60% par rapport aux
niveaux de 2005 afin d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle de la population mondiale qui ne
cesse de croître. Il est donc important de réduire les pertes alimentaires et d’exploiter au mieux les
ressources qui sont à la base du système alimentaire.
Les pertes alimentaires sont inscrites dans l’ODD 12 : « Établir des modes de consommation et de
production durables » qui définit par ailleurs une cible spécifique visant leur réduction. Il s’agit de la cible
12.3 des ODD qui appelle à « réduire de moitié à l’échelle mondiale le volume de déchets alimentaires
par habitant au niveau de la distribution comme de la consommation et à réduire les pertes de produits
alimentaires tout au long des chaînes de production et d’approvisionnement, y compris les pertes après
récolte, d’ici 2030 ».
La cible de l'ODD 12.3 a deux composantes, les pertes d'une part, et le gaspillage d'autre part, qui sont
mesurés par deux indicateurs séparés. C’est l’indicateur 12.3.1.a (Indice des pertes alimentaires) qui rend
compte des pertes de denrées alimentaires qui se produisent du stade de la production à celui du
commerce de détail (exclu). Il mesure l’évolution par pays des pourcentages de pertes pour un panier de
10 produits de base par rapport à une période de référence.
Pertes alimentaires et enjeux de développement
Les pertes alimentaires sont liées aux enjeux de développement comme le manque de financement rural
pour les agriculteurs pauvres et la santé. Les pertes de valeur nutritionnelle peuvent également se
produire lorsque les produits sont récoltés trop tôt. Cela se produit lorsque les agriculteurs ont un besoin
urgent de revenus pour payer leurs créanciers, ce qui les amène à récolter leurs produits avant qu'elles
n'arrivent à maturité. Dans ce cas, les produits risquent de ne jamais mûrir, et seront généralement
vendus à un prix inférieur.
Les pertes alimentaires constituent un enjeu complexe souvent lié à diverses causes multiples et
interdépendantes, qui interviennent à différents niveaux. Afin de réduire les pertes alimentaires, il est
essentiel de bien comprendre les situations dans lesquelles se produisent les pertes et les facteurs
contextuels qui influent sur les décisions concernant les solutions et les stratégies les plus appropriées.
On estime que plus de 1,3 milliard de tonnes de denrées alimentaires sont perdues chaque année. Ce
qui représente environ un tiers de la production alimentaire mondiale.
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Les niveaux de pertes les plus élevés se retrouvent dans les pays en développement. Selon une étude
de la FAO publié en 2019, en 2016, les pertes alimentaires ont atteint en moyenne 14% en Afrique
subsaharienne et 20,7% en Asie du Sud et en Asie centrale, contre 5,8% en moyenne dans des pays
développés comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande (Figure 1). Les pertes alimentaires concernent
principalement les racines, tubercules et oléagineux (25%), les fruits et légumes (22%) et la viande et les
produits d’origine animale (12%) (Figure 2).
Selon African Postharvest Losses Information System (APHLIS), au Bénin, en 2022, dans la catégorie
des céréales, les pertes post récoltes sont plus enregistrées sur les cultures de maïs (16,76% de pertes)
et de riz (13,6% de pertes), (Figure 3).

Figure 1 : Pertes de denrées alimentaires entre la fin de la récolte et la distribution en 2016, pourcentages au
niveau mondial et par région
Source : FAO, 2019
Cohorte 5 Certification en Chaînes de valeur agricoles durables (CVAD) en contexte africain

Figure 2 : Pertes de denrées alimentaires entre la fin de la récolte et la distribution en 2016, pourcentages par
groupe de produits

Source : FAO, 2019

Selon le rapport de l'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2021 de la FAO, 768
millions de personnes étaient sous alimentées en 2020, dont 282 millions en Afrique. La réduction des
pertes alimentaires peut donc jouer un rôle central dans l'éradication de la faim extrême et l'alimentation
d'une population mondiale croissante.

20
18
16
Pourcentage (%)

14
12
10
8
6
4
2
0

Pays de l'Afrique de l'ouest


Maïs Riz Sorgho Mil Fonio

Figure 3 : Pourcentage de pertes post récoltes recensées sur les céréales en Afrique de l’Ouest

Source : APHLIS, 2022


Cohorte 5 Certification en Chaînes de valeur agricoles durables (CVAD) en contexte africain

Avantages de réduire les pertes alimentaires


Les interventions en matière de développement mettent souvent l'accent sur l'augmentation de la
production alimentaire, mais il y a de nombreux avantages potentiels à se concentrer également sur la
réduction et la prévention des pertes alimentaires.
Renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle
La sécurité alimentaire existe lorsque : « tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique
et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive ». La réduction et la prévention des pertes
alimentaires permettront d'accroître les denrées alimentaires saines et nutritives, disponibles et
accessibles à la consommation humaine directe.
Améliorer l'état nutritionnel et la santé des consommateurs
Manger des aliments qui ont commencé à se détériorer fournit des niveaux plus faibles de nutriments
importants aux consommateurs, et peut même avoir des effets néfastes sur la santé.
Réduire les pertes signifie accroître les nutriments disponibles pour la consommation humaine, ce qui
contribue à l'atténuation des carences en micronutriments et à la réduction des maladies. C'est également
un aspect important de la sécurité alimentaire.
Améliorer les moyens de subsistance des acteurs de la chaîne d'approvisionnement alimentaire
Les pertes alimentaires sont la cause directe d'importantes pertes économiques pour les acteurs le long
de la chaîne d'approvisionnement, tels que les agriculteurs, les négociants et les détaillants. Selon les
estimations de la FAO, en 2019, 14% des aliments sont ainsi perdus chaque année, ce qui correspond à
un montant de 400 milliards d’USD.
Réduire les incidences sur les ressources naturelles
Les pertes et gaspillage alimentaires ont des effets néfastes sur l’environnement du fait que cela revient
à utiliser de l’eau, de la terre, de l’énergie et d’autres ressources naturelles pour produire des aliments
que personne ne consomme. C’est incidence augmente à mesure que les produits alimentaires sont
transformés, raffinés et transportés car ces opérations exigent des apports d’énergie
Pertes alimentaires et politiques agricoles en Afrique
L'augmentation des ressources disponibles pour l’alimentation repose principalement sur trois types de
facteurs :
- L’accroissement des superficies de terres cultivées ;
- L’augmentation du rendement des cultures ;
- Et la réduction des pertes alimentaires.
Malheureusement, la majorité des efforts fournis dans les politiques agricoles de nombreux pays en
Afrique sont portés principalement sur l'augmentation des rendements des cultures et l’accroissement
des superficies de terres cultivées, que sur la réduction des pertes alimentaires représentant environ le
tiers des ressources alimentaires disponibles.
Les efforts devraient être intensifiés pour réduire les pertes alimentaires afin qu’une grande quantité
d’aliments produits parvienne réellement aux consommateurs au même niveau d'intrants.
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La nécessité de démarches plus rigoureuses pour réduire les pertes post récolte est largement reconnue
par tous. L'élaboration et la mise en œuvre des politiques post récolte sont cependant encore très lentes
dans plusieurs pays de l’Afrique. Il est alors important de comprendre et d'aborder les raisons des lenteurs
observées afin de disposer en quantité les ressources alimentaires et soutenir les objectifs de réduction
des pertes post récoltes identifiées dans la Déclaration de Malabo de 2014 et les Objectifs de
développement durable des Nations Unies de 2015.
Dans les pays à faibles revenus les pertes alimentaires sont plus souvent liées à des limitations
financières, techniques ou de gestion au niveau de la production ou à des étapes ultérieures de la chaîne
d'approvisionnement alimentaire.
Collecte des données sur les pertes alimentaires
Déficit de données sur les pertes alimentaires
Des déficits majeurs de données dans tous les pays du monde subsistent sur les pertes alimentaires,
pour différentes raisons.
Premièrement, la disparité des définitions, des systèmes, et des méthodes de mesure des pertes rend
ardue, voire impossible, la comparaison des études entre pays et filières au fil du temps. Les termes
"pertes" et "gaspillages" alimentaires sont souvent utilisés de manière interchangeable. Les différentes
méthodes de collecte de données peuvent conduire à des erreurs de déclaration, notamment avec des
estimations auto-déclarées qui sous-estiment fréquemment les volumes réels de nourriture perdue ou
gaspillée. Bien que les opinions des spécialistes soient précieuses pour identifier les problèmes, le
manque de mise à jour de leurs avis contribue à intégrer des biais dans les données sous-jacentes
utilisées pour élaborer les politiques nationales.
Deuxièmement, les enquêtes sur l'étendue, la localisation, et les causes des pertes alimentaires sont
complexes, chronophages, coûteuses, et impliquent souvent la collaboration de spécialistes ainsi que le
déplacement d'équipements lourds sur le terrain (par exemple, le pesage et le transport du riz depuis des
zones reculées pour mesurer les pertes pendant le séchage). De plus, les caractéristiques variées des
filières et des produits, avec des procédés, des stades, et des acteurs différents, nécessitent une
adaptation des enquêtes. La collecte cohérente des données à une échelle géographique pertinente et
une stratégie d'échantillonnage appropriée aux différents nœuds de la chaîne de valeur agricole sont
également essentielles. Cependant, les capacités techniques, organisationnelles, et financières souvent
insuffisantes entravent la réalisation d'enquêtes approfondies. Par conséquent, même lorsque
disponibles, les points de données sont rares et souvent entachés d'incertitudes significatives.
Quelques plateformes de données sur les pertes alimentaires
Malgré les déficits majeurs de données sur les pertes alimentaires dans tous les pays du monde, des
efforts sont fournis pour élaborer des plateformes de données sur ces pertes.
o Food Loss and Waste Database
La base de données sur les pertes et gaspillages alimentaires est une nouvelle initiative de la FAO dans
le cadre de l'Objectif de Développement Durable (ODD) 12.3 pour partager les connaissances disponibles
et aider à concentrer les efforts là où ils peuvent avoir le plus d'impact afin d'atteindre la cible des ODD.
Il s'agit d'un ensemble de données, basé sur une revue de littérature approfondie et continue (par
exemple, des rapports infranationaux, des études universitaires, FAOSTAT et des rapports
d'organisations nationales et internationales telles que la Banque mondiale, la GIZ, la FAO, l'IFPRI et
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d'autres sources). Les données peuvent être interrogées, téléchargées et tracées de manière interactive
et structurée. La base de données peut être utilisée par quiconque souhaite en savoir plus sur les pertes
et le gaspillage alimentaire.
Lien d’accès : [Link]
o APHLIS
Initié en 2008 par une collaboration entre l'Institut des ressources naturelles (NRI), le ministère allemand
de l'Alimentation et le Centre commun de recherche de l'Union européenne, le système d'information
Africain sur les pertes post récolte (APHLIS, African Postharvest Losses Information System) sont les
principales initiatives internationales de collecte, d'analyse et de diffusion de données sur les pertes post
récolte des cultures céréalières en Afrique subsaharienne.
APHLIS fournit des données bien fondées de pertes post récolte à grande échelle dont la collecte par
observation directe serait extrêmement coûteuse. APHLIS combine pour cela les estimations de pertes
calculées à base de la recherche scientifique avec des observations contextuelles d'experts locaux.
Lien d’accès : [Link]
Pour que l’efficacité de ces interventions de réduction soit maximale et que le suivi et les évaluations de
leur impact soient fiables, il est indispensable que les méthodes actuelles de collecte de données soient
considérablement améliorées. Il serait bon à cet égard que les pays mettent en commun leurs
expériences pratiques.
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Séquence 2 : Analyse de pertes alimentaires le long des chaines de


valeurs agricoles
Qu’est-ce qu’une analyse des pertes alimentaires le long des chaines de valeurs agricoles ?
On appelle analyse des pertes alimentaires (APA) la collecte et la compréhension d’informations
concernant les pertes de produits alimentaires dans une région, un pays ou un district sur la base d'études
de chaînes d'approvisionnement alimentaires au niveau des chaines de valeur agricoles (CVA)
sélectionnées dans une zone géographique.
Elle se concentre sur une chaine de valeur agricole importante et fournit des informations détaillées sur
sa chaîne d'approvisionnement alimentaire. Elle identifie le niveau indicatif de perte à différents points du
système, les causes de ces pertes, et détermine les étapes où des efforts peuvent être déployés pour
réduire ces pertes. Elle repose sur la collecte et l'analyse de données qualitatives et de données
quantitatives indicatives le long des chaînes d'approvisionnement alimentaires au niveau de la CVA
d'étude. Enfin, elle prend aussi en compte l'ensemble du système de production, de manutention et de
commercialisation du produit, notamment les enjeux sociaux, d'égalité des sexes, culturels,
environnementaux et économiques.

Mieux comprendre la chaîne d'approvisionnement alimentaire (CAA)


La chaîne d'approvisionnement alimentaire (CAA) renvoie aux processus par lequel les aliments se
déplacent de leur lieu de production au consommateur final. La chaîne d'approvisionnement comprend
les personnes impliquées et les pratiques de manipulation, ainsi que les chaînes de valeurs associées
Les étapes exactes de chaque chaîne d'approvisionnement alimentaire sont uniques et dépendent à la
fois des chaines de valeurs agricoles et de leur emplacement géographique. Toutefois, aux fins de ce
cours, nous considérerons uniquement les cinq étapes simplifiées suivantes : Production (récolte),
Manutention et stockage après récolte, Transformation et emballage, Distribution et commercialisation,
Vente et consommation.
Ces cinq principales étapes de la chaîne d'approvisionnement alimentaire ne sont pas toujours linéaires.
Par exemple, le stockage peut survenir à la fois avant et après la transformation, et la distribution peut
survenir à tout moment entre les autres étapes.
Cause des pertes alimentaires
Pour mener une analyse des pertes alimentaires, il est important d'être capable de faire la distinction
entre les symptômes et les causes sous-jacentes des pertes alimentaires. En effet, une cause c’est
quelque chose qui provoque le symptôme. Le symptôme, c’est une caractéristique visible qui révèle les
pertes alimentaires. Les causes des pertes alimentaires peuvent être connues en identifiant et analysant
soigneusement les symptômes.
Les causes exactes des pertes alimentaires varient fortement selon la denrée et/ou le type de produit
agricole, et sont liées aux conditions spécifiques du pays ou de la région concernée dont les cadres
institutionnel et juridique influencent le fonctionnement des systèmes alimentaires. En général, les fruits
et légumes subissent le pourcentage de perte le plus élevé (environ 52 % de la production, soit 54 millions
de tonnes par an)
Cohorte 5 Certification en Chaînes de valeur agricoles durables (CVAD) en contexte africain

Les pertes alimentaires se produisent sous diverses formes à chaque maillon de la chaine de valeur
agricole :
» Pertes à la ferme
Les pratiques de production avant-récolte peuvent affecter sérieusement les rendements post récolte, en
occasionnant des pertes. Ces pertes avant récolte sont des pertes ayant lieu avant le début de la récolte,
imputables à des attaques d’insectes, d’acariens, de rongeurs, d’oiseaux, d’adventices ou de maladies
affectant ou endommageant les cultures.
» Production (Récolte)
Au stade de la récolte, les pertes alimentaires se produisent lorsque la culture est récoltée trop
tôt avant la maturité (ce qui augmente la possibilité de dommages) ou trop tard (ce qui augmente
la susceptibilité aux infestations par les ravageurs et les insectes). Les pertes peuvent également
se produire lorsque des outils ou des méthodes de récolte inadéquates sont utilisés. Il est important que
la récolte soit effectuée au bon moment pour éviter les pertes post récoltes. Exemples : Fruits abîmés
lors de la cueillette, cultures laissées dans les champs, cultures éliminées après récolte car ne répondant
pas aux normes de qualité
» Manutention et Stockage
La manutention après récolte est l'étape où le produit quitte la ferme et est nettoyé et préparé pour le
marché. Les produits (aliments) doivent être correctement nettoyés, séchés avant d'être stockés après
battage, vannage pour les céréales afin d’améliorer leur conservation et réduire la contamination par les
aflatoxines. L’utilisation de séchoirs mécaniques, de chambres réfrigérées ou des meilleures techniques
de battage/vannage permettent de réduire les pertes d’aliments, même si leur coût d’acquisition et
d’entretien est relativement plus élevé pour les petits exploitants agricoles.
De nombreux produits sont ensuite stockés pendant une certaine période. La manutention après récolte
est l'étape où le produit quitte la ferme et est nettoyé et préparé pour le marché. Les pertes à ce stade
sont causées par : une manipulation brutale ou incorrecte du produit, des retards dans le processus de
manutention, des matériaux d'emballage défectueux, les conditions environnementales de l'espace de
stockage (par ex. humidité, température), l'absence d'infrastructures.
» Transformation
La transformation joue aussi un rôle clé dans la conservation des aliments. Les installations de
transformations mauvaises ou absentes et les mauvais équipements et techniques de transformation sont
les causes de pertes alimentaires à ces stades de la chaine de valeur agricole. Le non-respect des
normes d’hygiènes en transformation de produits cause des pertes qualitatives. Exemples : Lait renversé
pendant la transformation, produits comestibles éliminés car ne convenant pas à la transformation,
poissons renversés ou abîmés pendant la mise en conserve ou le fumage.
» Distribution aux marchés
Lors de la distribution aux marchés, les matériaux d'emballage défectueux, l’insalubrité des marchés,
l’absence d'infrastructures de stockage de produit, la manipulation brutale pendant la distribution, les
mauvaises conditions de transport occasionnent des pertes sur les marchés des grossistes et des
détaillants. Exemple : Produits comestibles retirés à cause de leur qualité, produits comestibles périmés
avant d’être achetés ou renversés ou abîmés.
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» Consommateur
Enfin, des pertes se produisent lorsque le produit alimentaire est vendu au consommateur final. Les
pertes alimentaires au niveau des consommateurs font références à l'absence de moyens de
conservation des produits sur le long terme, le manque de technologie de contrôle des conditions de
stockage. Exemple : Produits comestibles retirés en raison de normes de qualité et de sécurité.
Remarque
Les pertes alimentaires sont souvent causées par les limitations d’infrastructures et de capacités de la
chaîne de valeur et de ses acteurs. Ces limitations sont liées à l’inefficacité de la chaîne de valeur, et
peuvent être regroupées en macro-catégories, incluant la technologie, l’organisation, les infrastructures,
les pratiques et les techniques utilisées, ainsi que les compétences et les connaissances des acteurs de
la chaîne de valeur. De plus, les pertes alimentaires peuvent aussi être influencées par des événements
naturels, tels que la hausse des températures et les variations des régimes de précipitations, qui peuvent
entraîner la perte de cultures agricoles, de bétail et de poisson, augmenter les contaminations par les
mycotoxines et les attaques d’insectes, et accélérer la détérioration des produits.
Points critiques de pertes alimentaires (PCP)
Les points critiques de perte (PCP) sont les points de la chaîne d'approvisionnement alimentaire où les
pertes les plus importantes surviennent aussi bien quantitatives (volume, masse, poids ou calories) que
qualitatives (changements visuels et perte de valeur nutritionnelle), et présentent les composantes
économiques les plus significatives.
Une analyse des pertes alimentaires vise à identifier les points critiques de perte, ainsi que les problèmes
et les points d'intervention prioritaire dans la chaine d’approvisionnement alimentaire au niveau d’une
CVA.
Détermination des points critiques de pertes alimentaires sur les Chaine de valeur riz et soja au Bénin
Au Bénin, en 2022, l’expérience de Projet des Centres d’Innovations Vertes pour le secteur Agro-
alimentaire (ProCIVA/GIZ) et de ses partenaires dont l’Union Nationale des Producteurs de Soja (UNPS)
du Bénin et le Conseil de Concertation des Riziculteurs du Bénin (CCR-B) a montré que les points
critiques et causes des pertes post récoltes par ordre d’importance dans les chaines de valeurs Riz et
Soja sont notés aux niveaux des opérations culturales citées ci-dessous :
N° Opérations Eléments explicatifs
d’ordre culturales
1 Récolte Temps de récolte incorrect (trop tôt: non-maturité et produits de
récolte de mauvaise qualité à haute teneur en humidité; ou trop tard:
ravages des oiseaux granivores et des rongeurs faisant tomber par
terre les épis trop lourds et les gousses trop sèches et déhiscentes);
manque de main d’œuvre ; insuffisance d’équipements adaptés et
mauvaises techniques de récolte; pluies inopinées occasionnant la
prolifération des moisissures, et détruisant une grande partie de la
récolte déjà trop abîmée pour être bien battue
2 Séchage Pluies inopinées et infrastructures de séchage inappropriées
occasionnant la formation de moisissures et infestation d’insectes,
donc risque élevé de contamination par des mycotoxines constituant
un danger pour la santé et finalement manque des opportunités de
marché, en particulier à l’étranger
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3 Battage vannage Mauvaise technique de battage vannage, insuffisance et inadéquation


des équipements et matériels adaptés aux besoins des producteurs
(batteuses, vanneuses), manque de formation sur l’utilisation
adéquate des équipements qui endommagent les produits, d’où des
grains cassés, qui à leur tour entraînent des pertes dans la
transformation ultérieure
4 Stockage Infrastructures et conditions de stockage inappropriées (niveau élevé
d’humidité, exposition à une température excessive, à une mauvaise
ventilation des entrepôts, manque de palettes induisant des
infestations, etc.), manque de formation sur les principes de stockage
et insuffisance de suivi-rapproché des producteurs
5 Décorticage du riz/ Insuffisance et inadéquation des équipements et matériels, manque
transformation du de formation sur l’utilisation adéquate des équipements qui
soja occasionnent un faible taux à l’usinage/extraction et un faible
rendement de produits finis avec une forte proportion de
brisures/résidus

Cette étude a permis de définir les actions à mener afin de réduire les pertes post récoltes le long des
chaines de valeurs riz et soja au Bénin, à travers la construction d’une vision : « A l’horizon 2024, le
ProCIVA Benin et ses partenaires stratégiques souhaiteraient : (i) réduire de moitié les pertes post
récoltes au niveau de la CVA riz grâce à la mise en œuvre des actions à mener pour réduire les
pertes post récoltes énumérées, (ii) réduire du tiers (1/3) les pertes post récoltes au niveau de la
CVA soja grâce à la mise en œuvre des actions à mener pour réduire les pertes post récoltes
énumérées. »
Raisons de réaliser une analyse des pertes alimentaires
Il y a trois principales raisons pour lesquelles il convient de réaliser une analyse des pertes alimentaires
:
- Identifier les causes des pertes alimentaires et les points critiques de perte, et déterminer la
faisabilité des solutions possibles pour les réduire ;
- Fournir des données et des informations pour le suivi et l’évaluation (obligation de rendre des
comptes au niveau des programmes) ;
- Fournir des données et des informations pour l'évaluation d'impact.
Avantages d’une analyse unique des pertes alimentaires
Une évaluation unique des pertes alimentaires est précieuse en ce qu’elle révèle les zones d’intervention
prioritaire pour la chaîne d’approvisionnement alimentaire à l’étude. Les données et les informations
générées peuvent être utilisées pour décider des interventions multipartites spécifiques au contexte à
mettre en place.
En outre, les connaissances générées peuvent être partagées avec d’autres parties prenantes soit dans
la même chaîne d’approvisionnement alimentaire, soit dans une autre (dans des contextes semblables
ou des contextes où elles peuvent être adaptées).
Cohorte 5 Certification en Chaînes de valeur agricoles durables (CVAD) en contexte africain

Limite d’une analyse unique des pertes alimentaires


Une analyse unique des pertes alimentaires peut fournir des informations utiles qui peuvent aider à
identifier et comprendre les causes les plus fréquentes des pertes le long d’une chaine de valeur agricole,
ainsi que les solutions possibles lorsque les différentes approches participatives et qualitatives sont
dûment appliquées.
Il est difficile avec une seule analyse d'observer les tendances et il n'est pas toujours possible de révéler
l'étendue des causes temporaires des pertes, par exemple en raison d'un événement inhabituel particulier
(comme une sécheresse, une invasion d'insectes au moment des récoltes, l'accès temporairement bloqué
au marché) par rapport à des causes structurelles. D'une saison à l'autre, et d'un endroit à l'autre, la
situation peut être très différente.
En répétant, les analyses des pertes alimentaires et en partageant les résultats, vous pouvez commencer
à révéler les tendances significatives, qui seront utiles pour identifier les solutions les plus réalisables et
les plus nécessaires.
Analyse des pertes alimentaires pour le suivi et évaluation
Les analyses des pertes alimentaires fourniront des informations importantes pour le système de suivi
évaluation (S&E). Elle va donner des informations de base pour le projet.
Les données quantitatives indicatives et les données qualitatives aideront à suivre et à démontrer les
progrès du projet. L’observation d’une diminution des niveaux indicatifs de pertes dues à l'adoption de
meilleures pratiques et de solutions sont de bons résultats pour expliquer la réduction des pertes
alimentaires par les producteurs et autres acteurs des chaines d'approvisionnement.
Il faut noter que les données, en plus d'aider un projet à être plus efficace, elles aident à démontrer cela
aux donateurs et parties prenantes. Par ailleurs, elles offriront des éclairages qui pourront être utiles pour
œuvrer en faveur du changement, et orienter l'élaboration des nouvelles lois et politiques, et élaborer des
propositions pour de futures interventions d’un projet.
Nécessité de renforcer les capacités en matière d'analyses des pertes alimentaires
Le coût des analyses des pertes alimentaires pourrait s'avérer très couteux. C'est exactement pourquoi
il est essentiel que de renforcer les capacités acteurs œuvrant pour la réduction des pertes alimentaires
dans nos pays, de sorte que plus de personnes soient en mesure d'effectuer des analyses des pertes
alimentaires.
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Séquence 3 : Stratégie de réduction des pertes alimentaires le long des


chaines de valeurs agricoles
Stratégies de réduction des pertes alimentaires
La stratégie de réduction des pertes alimentaires le long des chaines de valeurs agricoles doit reposer
trois points :
- Détermination et évaluation les principales causes de pertes alimentaires dans différentes filières
;
- Analyse des solutions de réduction de ces pertes pour ce qui est de leur faisabilité technique et
économique, des exigences de qualité et de sécurité sanitaire des aliments, de l’acceptabilité
sociale et de la durabilité environnementale ;
- Formulation des propositions concrètes pour un programme de réduction des pertes de denrées
alimentaires dans les différentes filières.
Principaux types de méthodes d’évaluation des pertes alimentaires
Il existe quatre principales approches couramment utilisées pour analyser les pertes alimentaires. Ce
sont tous des outils d'évaluation non statistiques.
» Evaluations rurales rapides (ERR)
Cette méthode vise à intégrer les connaissances et les opinions des populations rurales dans la
planification et la gestion des interventions de développement. Les estimations des pertes découlent dans
certains cas, de l’utilisation d’échelles visuelles et de mesures objectives. Cette méthode permet de mieux
comprendre le système après récolte et les facteurs de pertes. Des informations supplémentaires sur les
conditions dans lesquelles sont menées les opérations ou activités agricoles, telles que des données
climatiques (précipitations, températures, etc.), peuvent également être recueillies dans le cadre de ces
évaluations. Les enquêtes ainsi menées fournissent des estimations initiales ainsi que des indications sur
les principales causes des pertes.
Généralement, la collecte de données se fait dans le cadre d’enquêtes pilotes ou de bases, fondées sur
des échantillons aléatoires ou raisonnés, discussions de groupe ou ateliers de parties prenantes de taille
relativement restreinte.
L’outil d’estimation rapide des pertes (RLAT) développé par la Deustche Gesellschaft für Internationale
Zusammenarbeit (GIZ) constitue un bon exemple de ce type d’approche.
Cette méthode est constituée de trois phases clés :
Phase 1 : Préparation
Etape 1 : Etude documentaire
Etape 2 : Programmation du RLAT
Etape 3 : Formation des utilisateurs/facilitateurs de RLAT
Phase 2 : Evaluation participative
Etape 4 : Table ronde des principaux experts
Etape 5 : Atelier des parties prenantes
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Etape 6 : Réunions de groupes de discussion avec les opérateurs des CV


Etape 7 : Réunions des informateurs clés
Phase 3 : Evaluation
Etape 8 : Evaluation des résultats
Etape 9 : Conclusions et recommandations
Etape 10 : Production du rapport
Ressource complémentaire : Document annexe (Annexe 2 : ETAPE DU PROCESSUS RAPID LOSS APPRAISAL TOOL
(RLAT) - OUTIL D’EVALUATION RAPIDE DES PERTES) et le fichier Boite à outil RLAT

» Méthodologie d'évaluation des filières agro-alimentaires (MEFA)


Le développement de la Méthodologie d'évaluation des filières agro-alimentaires (MEFA) est né du besoin
qu'on ressentait d'une méthode systématique d'identification et de résolution des problèmes post-récolte
dans les filières agro-alimentaires.
Cette méthodologie est utilisée par les praticiens de terrain et les chercheurs spécialisés dans l'après
récolte dans plus de 30 pays après avoir été mise au point et testée de façon approfondie dans les
Caraïbes. Elle est aussi utilisée pour évaluer les pertes de racines et de tubercules, mais aussi de fruits
et de légumes.
Une caractéristique importante de cette méthodologie, c'est qu'elle rend possible l'analyse de tous les
éléments d'une filière agro-alimentaire, facilitant ainsi l'identification et la priorisation de problèmes à
travers tout le système, ce qui permet le développement de solutions réalistes des problèmes. La
méthodologie rassemble bien des concepts, des instruments et des techniques en un seul document et
les présente sous la forme d'un tout intégré.
Cette méthode évalue les facteurs techniques, socioéconomiques culturels et institutionnels liés à la,
denrée donnée. Elle comporte également une analyse coûts-avantages.

» Enquête et questionnaire ad hoc


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La plupart des méthodes d'évaluation des pertes alimentaires ont recours à des enquêtes qui demandent
aux acteurs de la chaine d'approvisionnement alimentaire de se souvenir de leur expérience. Elles
peuvent être effectuées par écrit, par téléphone ou face à face.
Lorsqu’ils ont recours à des enquêtes et questionnaires ad hoc, les chercheurs et les groupes d'études
utilisent leur propre série de questions pour analyser les pertes alimentaires plutôt que des questions
standardisées. Ainsi, la plupart du temps, les résultats de ce genre d'étude ne peuvent être comparés
avec d'autres.
Ces enquêtes visent à obtenir des données sur les pertes statistiquement représentatives pour certains
groupes pertinents tels que des unités administratives et agroécologiques (village, région, pays, etc.). La
représentativité statistique est garantie par la sélection d’un échantillon de taille suffisante, l’adoption d’un
système de stratification approprié et la sélection aléatoire des unités à toutes les étapes. Les mesures
peuvent être objectives dans le cadre d’un carré de rendement sur le terrain ou d’une analyse en
laboratoire des grains échantillonnés sur les sites de stockage ou subjectives par interrogation de la
personne concernée (agriculteur, gestionnaire du site de stockage, etc.) sur sa propre estimation des
pertes. Ces opérations sont relativement coûteuses et chronophages, et nécessitent un personnel dûment
formé. Ces méthodes peuvent être qualifiées d’évaluations approfondies, puisqu’elles se fondent sur une
méthodologie statistiquement fiable et collectent un corpus d’informations quantitatives plus important.
» Méthodologie d'études de cas pour l'analyse des pertes alimentaires (APA)
La méthodologie d'études de cas pour l'analyse des pertes alimentaires (APA) a été mise au point par la
FAO et c’est la méthodologie systématique recommandée pour effectuer des analyses des pertes
alimentaires. Elle se compose de quatre étapes centrales.
Dépistage
Cette méthode est utilisée pour obtenir une idée générale de l'ampleur des pertes, ainsi que de certaines
des principales causes. Elle s'appuie sur des données secondaires, des documents et des rapports, et
des consultations d'experts, avant de se rendre sur le terrain.
Enquête
Il s'agit d’enquêtes auprès des producteurs, transformateurs, manutentionnaires, etc., sur la base de
questionnaires spécifiques, complétées par des observations de l'équipe en charge de l'évaluation.
Suivi des cargaisons
Il s’agit des analyses quantitatives et qualitatives à différentes étapes de la chaine d’approvisionnement
et suivi des cargaisons (comme la récolte d'un agriculteur ou d'un groupe d'agriculteurs au cours d'une
journée - le chargement d'un camion composé d'épis de maïs, ou de régimes de bananes). Elle est utilisée
pour estimer et décrire les pertes relatives à des activités spécifiques, comme la récolte, le transport, la
transformation.
Synthèse
Également appelée « recherche de solutions », cette étape est analytique ; elle est utile pour élaborer un
programme d'intervention fondé sur les résultats issus des méthodes d'évaluation susmentionnées.
Implication des Acteurs dans la Réduction des Pertes Alimentaires
Collaboration entre Gouvernements, ONG et Entreprises
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La collaboration entre les gouvernements, les organisations non gouvernementales (ONG) et les
entreprises est essentielle pour aborder de manière holistique le problème des pertes alimentaires. Les
gouvernements peuvent mettre en place des politiques incitatives et des réglementations favorables à la
réduction des pertes, tandis que les ONG peuvent apporter un soutien logistique et des programmes
éducatifs aux agriculteurs. Les entreprises peuvent contribuer en mettant en place des pratiques
commerciales responsables et des partenariats avec des organisations travaillant sur la réduction des
pertes alimentaires.
Les interventions publiques, en termes de politiques et d’investissements dans les infrastructures,
peuvent créer dans ce sens un environnement qui incite les acteurs privés à investir dans la réduction
des pertes. Ces interventions devraient être choisies en fonction de l’objectif ultime des décideurs, qui
peut être l’efficacité économique, la sécurité alimentaire et la nutrition, ou la durabilité environnementale.
Rôle des Agriculteurs dans la Prévention des Pertes
Les agriculteurs jouent un rôle crucial dans la prévention des pertes alimentaires à différentes étapes de
la chaîne d'approvisionnement. Leur engagement dans des pratiques agricoles durables, la mise en
œuvre de techniques de gestion post-récolte efficaces et l'utilisation de technologies appropriées peuvent
contribuer significativement à la réduction des pertes. Les agriculteurs sont également encouragés à
diversifier leurs cultures pour atténuer les risques liés aux conditions météorologiques et aux maladies.
Responsabilité des Consommateurs dans la Réduction des Pertes Alimentaires
Les consommateurs jouent un rôle crucial dans la réduction des pertes alimentaires en adoptant des
comportements responsables. Cela comprend l'achat judicieux de produits alimentaires, la gestion
adéquate des stocks à la maison, la sensibilisation aux dates de péremption et la promotion de l'utilisation
créative des restes alimentaires. L'éducation des consommateurs sur les implications des pertes
alimentaires peut contribuer à créer une demande pour des pratiques plus durables dans toute la chaîne
d'approvisionnement.
Ressource complémentaire : Document annexe (Annexe 1 : PRESENTATION DETAILLEE DE LA METHODOLOGIE
D'ETUDES DE CAS POUR L'ANALYSE DES PERTES ALIMENTAIRES)

Remarque
La stratégie de gestion des pertes post récolte doit regrouper toutes les interventions pouvant être
menées dans l’ensemble de la chaîne de valeur agricole dans le but de réduire les pertes après récolte
de plantes vivrières, notamment les céréales, les fruits, les légumes et les oléagineux, ainsi que les
produits carnés et les produits de la pêche. Cette stratégie devrait se traduire par une augmentation de
la quantité et de la qualité des disponibilités alimentaires et améliorer ainsi les quatre dimensions de la
sécurité alimentaire, à savoir la disponibilité, l’accessibilité, l’utilisation et la stabilité.
Les interventions combinées le long de la chaîne de valeur peuvent réduire les pertes de 98 %, quelle
que soit la culture ou la durée de stockage. La formation des petits exploitants en gestion post récolte sur
le revenu des ménages et la sécurité alimentaire est très importante dans la stratégie de réduction des
pertes alimentaires.

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