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La Pièce d'Or : Identité et Errance en Afrique

Le document analyse le roman 'La Pièce d'Or' de Ken Bugul, qui aborde la désillusion des Africains après 40 ans d'indépendance, à travers le parcours de personnages confrontés à la pauvreté et à l'exode. Il met en lumière les thèmes de l'identité, de la liberté et de la condition féminine dans un contexte post-colonial, tout en dénonçant les inégalités et la dégradation sociale. Ken Bugul, figure majeure de la littérature africaine, utilise son œuvre pour appeler à une prise de conscience et à une réappropriation du destin africain.

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La Pièce d'Or : Identité et Errance en Afrique

Le document analyse le roman 'La Pièce d'Or' de Ken Bugul, qui aborde la désillusion des Africains après 40 ans d'indépendance, à travers le parcours de personnages confrontés à la pauvreté et à l'exode. Il met en lumière les thèmes de l'identité, de la liberté et de la condition féminine dans un contexte post-colonial, tout en dénonçant les inégalités et la dégradation sociale. Ken Bugul, figure majeure de la littérature africaine, utilise son œuvre pour appeler à une prise de conscience et à une réappropriation du destin africain.

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INTRODUCTION

I. L’AUTEUR

1- ETUDE DU PARATEXTE
2- BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
3- BIBLIOGRAPGIE DE L’AUTEUR

II. ETUDE DU CONTENUE DE L’OEUVRE

1- STRUCTURATION
2- RESUME

III. ETUDE THEMATIQUE


INTRODUCTION
I. L’AUTEUR

1- ETUDE DU PARATEXTE
La Pièce d'or... la pièce magique qui donne pouvoir et richesse à son possesseur, peut-être
même l'immortalité !

Et si cette pièce d'or mythique, échappée de l'écuelle du Condorong, était l'ultime espoir d'un
continent, l'Afrique ?

Sur ce territoire, dévoré par ses anciens et nouveaux occupants avides de pouvoir, le peuple s'est
mis à errer. Les villages se vident dans les villes et les villes se vident dans la capitale, tandis que
les déchets, au centre, s'accumulent dans une monstrueuse montagne de plastique et de misère. Et
ce voyage, cet exode, Ba'Moïse, père de Moise, le révolutionnaire, va l'entreprendre à son tour.

C'est de sa terre et pour faire face à sa terre que Ken Bugul écrit.

Elle dénonce la faillite de la démocratie en Afrique, les turpitudes des pouvoirs, le dévoiement
des religions, mais envers et contre tout elle dit une Afrique où hommes et femmes se tiennent
debout, résistent et portent l'espoir.

Moins de détails. La Pièce d’Or, roman de Ken Bugul, a été publié en 1979, à une époque où
l’Afrique était en pleine effervescence politique et culturelle. Le continent venait tout juste de
sortir de la période coloniale et cherchait à se redéfinir. Dans ce contexte, Ken Bugul a écrit un
roman qui explore les thèmes de l’identité, de la liberté et de la condition féminine.

Le roman se déroule dans les années 1970, à Dakar, la capitale du Sénégal. À cette époque, le
pays était dirigé par Léopold Sédar Senghor, un poète et homme politique qui avait joué un rôle
important dans la lutte pour l’indépendance du Sénégal. Senghor avait une vision de l’Afrique qui
mettait l’accent sur la culture et la tradition, et il a encouragé les artistes et les écrivains à
explorer les thèmes africains dans leur travail.

C’est dans ce contexte que Ken Bugul a écrit La Pièce d’Or, un roman qui explore les thèmes de
l’identité, de la liberté et de la condition féminine. Le personnage principal, une jeune femme
nommée Ramatoulaye, est confrontée à la fois à la pression de la société sénégalaise
traditionnelle et à l’influence de la culture occidentale. Elle doit naviguer entre ces deux mondes
pour trouver sa place dans la vie.

Le roman de Ken Bugul est un témoignage important de l’époque post-coloniale en Afrique. Il


montre comment les écrivains et les artistes ont cherché à explorer les thèmes africains dans leur
travail, tout en faisant face aux défis de la modernité et de la mondialisation. La Pièce d’Or est un
roman captivant qui offre un aperçu fascinant de la vie en Afrique à une époque de changement et
de transformation.
2- BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
Ken Bugul, de son vrai nom Mariètou Mbaye Biléoma, est une écrivaine sénégalaise née en 1947
à Ndoucoumane. Elle a grandi dans une famille polygame et a été élevée par sa grand-mère
maternelle. Elle a étudié à l’école française et a ensuite travaillé comme secrétaire avant de partir
pour la France en 1972.

Son premier roman, « Le Baobab Fou », publié en 1983, a été un succès critique et a été traduit
en plusieurs langues. Elle a ensuite publié plusieurs autres romans, dont « Riwan ou le Chemin de
Sable » et « La Folie et la Mort ».

Ken Bugul est connue pour son style d’écriture poétique et introspectif, ainsi que pour son
exploration de thèmes tels que l’identité, la sexualité et la condition féminine en Afrique. Elle a
également été une voix importante dans le mouvement féministe africain.

Malgré son succès littéraire, Ken Bugul a connu des difficultés personnelles, notamment une
dépression et une tentative de suicide. Elle a également été confrontée à des critiques pour son
choix de vivre en France plutôt qu’en Afrique.

Aujourd’hui, Ken Bugul vit en Belgique et continue d’écrire. Son dernier livre, « La Pièce
d’Or », est un roman autobiographique qui explore son parcours de vie et sa quête d’identité.

2- BIBLIOGRAPGIE DE L’AUTEUR

Récompensée par le Grand Prix littéraire d’Afrique Noire, elle est l’une des figures majeures de
la littérature africaine. Son roman La folie et la mort (Présence africaine, 2000) est déjà tenu pour
un classique, il exprime son talent dans l’art narratif, sa capacité à créer un univers fantastique
qui intègre harmonieusement l’imaginaire africain avec ses contes, légendes et allégories.
 Le Baobab fou, illustré par Ina TOURE (Présence Africaine – Co-édition NEI, 2010)
 Nouvelles du Sénégal (Magellan et Cie, 2010)
 Mes hommes à moi (Présence africaine, 2008)
 La pièce d’Or (Ubu, 2006)
 Rue Félix-Faure (Hoëbeke, 2005)
 Les larmes du lac (Joca Seria, 2004)
 De l’autre côté du regard (Serpent à plumes, 2003)
 Riwan ou le chemin des sables (Présence africaine, 2001)
 La folie et la mort (Présence Africaine, 2000)
 Cendres et braises (L’Harmattan, 1994)
II- ETUDE DU CONTENUE DE L’OEUVRE
1- STRUCTURATION

2- RESUME
Septième roman de l'écrivaine Ken Bugul, La Pièce d’or se présente
comme un conte des temps modernes qui évoque la désillusion des Africains après
40 ans d’indépendance. L’exode et l’exil volontaires sont devenus les aspirations d’un
peuple qui n’attend plus rien de ses dirigeants, dans une ville surpeuplée et polluée, où
la foi en des lendemains meilleurs demeure, malgré tout, symbolisée par une
mystérieuse pièce d’or. EnQuête revisite ce roman, en prenant prétexte de la 13e Foire
internationale du livre et du matériel didactique (FILDAK) qui se tient du 16 au 22
décembre, à Dakar.
L’errance. C’est devenu une nouvelle forme de vie. Pas même de survie. Car ce peuple
déshumanisé a perdu ce reste de dignité qui lui ferait garder son statut d’hommes. Les
errants. C’est le nom que le narrateur donne à cette population constituée d’hommes et
de femmes qui pensaient trouver une vie meilleure dans la capitale. A ceux-là,
s’ajoutent les mendiants, les ''talibés'' et des familles entières sans domicile.
Toute une partie de la population que la pauvreté a transformée en peuple errant. Ils
sont de plus en plus nombreux et de plus en plus invisibles aux yeux de leurs
congénères qu’ils sollicitent à longueur de journée. L’indifférence ou l’hypocrisie ont
rendu ces derniers maux voyants face à ces hommes, ces femmes et ces enfants qui
suscitent leur pitié, mais encore plus leur mépris. Voici campé le décorum de La
Pièce d’or, septième roman de l'écrivaine Ken Bugul, qui se présente
comme un conte des temps modernes qui évoque la désillusion des Africains après
40 ans d’indépendance.
En quittant son village natal de Birlane, Ba’Moïse, le père de Moïse, était loin
d’imaginer qu’il allait devenir un des errants. Le jour où il se décide à prendre
l’Horaire (transport en commun) et d’aller à Yakar (l’espoir), il a entraîné sa famille
dans la déchéance. Moïse, son fils aîné, brillant élève, était l’espoir de la famille. Son
autre fils, Zakaria (Zak), voue quant à lui une admiration sans borne à ce frère,
l’intellectuel de la famille. Moïse est devenu professeur mais demeuré rebelle et
contestataire, dont les idées revendicatrices lui vaudront d’être radié de la Fonction
publique, anéantissant ainsi son avenir et l’aide qu’il aurait pu apporter à sa famille.
Cette capitale, Yakar, alimente tous les fantasmes et renferment les attentes de tout un
peuple qui croyait qu’avec le départ des ''anciens occupants'', dans les années 60, les
''nouveaux occupants'' allaient enfin améliorer leurs conditions de vie. Face aux
errants, pauvres, déboussolés qui n’invoquent plus ni Dieu ni saint pour implorer une
aide improbable et une mansuétude longtemps disparue, se dressent les occupants.
Riches, ils ne manquent de rien car ils ont tout, en excès : l’argent, la bonne chair, les
belles villas, les voitures dernier cri.
Leurs enfants fréquentent les meilleures écoles à l’étranger pour revenir diplômés et
occuper les meilleurs postes. Une minorité qui se réfugie dans leurs quartiers
résidentiels, des sortes de bunker, à la propreté scintillante. Loin, très loin de cette
montagne d’ordures dont ils feignent d’ignorer l’existence et qu’ils ont créée en
grande partie.
Cette ''montagne sacrée'' à son tour nourrit ce peuple errant qui vit à ses pieds en
récupérant de ce tas d’immondices ce qui peut encore l’être. Jusqu’au jour où ''le bruit
lourd et sourd qui montait des entrailles de la terre'' finit par devenir de plus en plus
assourdissant, tel un monstre endormi qui menace de se réveiller, affamé, la gueule
ouverte et prêt à tout engloutir. Seule la pièce d’or pourrait le calmer et rétablir l’ordre
des choses. Le partage des richesses accaparées et confisquées par cette minorité.
Néanmoins, le peuple n’aspire même pas à la richesse ou au pouvoir, mais juste à un
minimum de dignité et à une vie décente.

Espoirs trahis
La démarche littéraire de Ken Bugul est des plus originales pour dresser le tableau de
quarante ans de l’après-indépendance en Afrique. A travers une écriture parfois
redondante, style de l’auteur, le texte laisse échapper des accents de révolte,
d’indignation, de lamentation, de résignation et d’interpellation, sur fond de nostalgie
des années 60, période idéalisée. Celle-ci offrait une sorte de refuge devant un présent
insupportable. Avec son lot de malheurs et de valeurs qui s’effritent, comme les
aspirations qui fondent sous le soleil et se décomposent tels les déchets de la ville qui
s’accumulent sur la ''montage sacrée''. La pollution, la gestion des ordures,
l’urbanisation anarchique dans une ville étouffante, gangrenée par la misère sont
évoquées. Vouloir y échapper, c’est tenter de partir vers ce Nord, idéalisé tout comme
cette capitale, broyeuse d’espoirs.
Mêlant plusieurs références à la religion hébraïque et le mythe du ''Keul'' (écuelle) du
Kondorong (génie nain), qui apportait la richesse infinie à celui qui saurait se
l’approprier, Ken Bugul rappelle les aspirations d’une Afrique trahie par tous où
l’espoir demeure malgré tout. Les chapitres portent le nom de personnages
emblématiques qui servent de référence. Contemporains ou disparus, ils ont tous en
commun cette volonté de résister envers et contre tout et tous, pour servir leur idéal.
Qu’ils s’agissent de Cheikh Anta Diop, de Thomas Sankara, des Frères Cabral, de
Cheikh Ahmadou Bamba ou de Nelson Mandela, etc., tous ont eu un combat à mener
et y ont consacré leur vie.
Quant au personnage central du roman, Ba’Moïse, il pourrait représenter l’Afrique, par
allégorie. Toute sa vie il aurait voulu être quelqu’un d’autre : ''Il n’avait peut-être pas
été à la hauteur de ce qu’il devait être, de ce qu’il voulait être.'' ''Qui voulait-il être ?
(…) L’homme n’en avait jamais parlé. Il vivait avec son sentiment.'' Comme le
continent qui a subi drames et désillusions. Tout comme chaque personnage du roman
représente également l’Afrique. Un continent aux figures multiples, tantôt résigné
comme la femme de Ba’Moïse qui laisse Gorgui Diène abuser d’elle. Ce dernier, sous
ses dehors de victime, exploite son monde de la pire des manières.
Mais aussi une Afrique tantôt idéaliste, comme Moïse, figure de l’intellectuel africain,
nourri d’idéologies étrangères, mais qu’il ne peut appliquer à son cher pays et à son
continent. Comme s’il s’était égaré dans les labyrinthes de ses théories
révolutionnaires. Et Zak, son petit frère, qui voudrait agir sans savoir comment et qui
disait ''Moïse est la parole. Moi, je suis l’action''. Mais aussi tous les autres, même la
danseuse, seul personnage peut être heureux du récit, face aux autres, torturés et
tourmentés, amoureuse de Moïse.
A travers eux, l’auteur semble adresser un appel à l’Afrique, un continent qui doit
prendre son destin en main, enfin, et se réapproprier son passé, son présent et son
futur. Un appel qui finira par être entendu, laisse croire le narrateur. Tant que la pièce
d’or existera ou tant que l’espoir nourrira l’action.

III- ETUDE THEMATIQUE

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