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Théorème des Accroissements Finis

Le document traite du théorème des accroissements finis, qui établit des conditions pour l'existence de maxima et minima locaux d'une fonction dérivable. Il présente également le théorème de Rolle et les implications de la dérivabilité sur la monotonie des fonctions. En conclusion, il démontre que si la dérivée d'une fonction est positive ou négative sur un intervalle, la fonction est strictement croissante ou décroissante sur cet intervalle.

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Le document traite du théorème des accroissements finis, qui établit des conditions pour l'existence de maxima et minima locaux d'une fonction dérivable. Il présente également le théorème de Rolle et les implications de la dérivabilité sur la monotonie des fonctions. En conclusion, il démontre que si la dérivée d'une fonction est positive ou négative sur un intervalle, la fonction est strictement croissante ou décroissante sur cet intervalle.

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III) Théorème des accroissements finis

1) Extremum local d’une fonction en un point


a) Définitions

Définition 4 Soit f : R →R et soit a ∈ Df .


Nous dirons que la fonction f présente un maximum local en a s’il existe un intervalle ouvert I,
inclus dans Df et contenant a tel que : ∀x ∈ I, on a f (x) 6 f (a).
Nous dirons que la fonction f présente un minimum local en a s’il existe un intervalle ouvert I,
inclus dans Df et contenant a tel que : ∀x ∈ I, on a f (x) > f (a).

b) Propriété

Proposition 5 Si la fonction f présente un extremum local en a et si f est dérivable en a, alors


f 0 (a) = 0.

Preuve. Supposons par exemple que f présente un maximum local en a.


Il existe donc un intervalle ouvert I, inclus dans Df et contenant a tel que : ∀x ∈ I, on a f (x) 6 f (a).
f (x) − f (a)
Soit x ∈ I tel que x > a; nous avons alors 6 0. (1)
x−a
f (x) − f (a)
Soit x ∈ I tel que x < a; nous avons alors > 0. (2)
x−a
f (x) − f (a)
Comme la fonction f est dérivable en a, nous avons donc lim = f 0 (a).
x→a x−a
f (x) − f (a)
Passons à la limite dans la relation (1), nous obtenons lim 6 0, ce qui donne f 0 (a) 6 0.
x→a x−a
x>a
f (x) − f (a)
De même, passons à la limite dans la relation (2), nous obtenons lim > 0, ce qui donne
x→a x−a
x<a
f 0 (a) > 0. ½
f 0 (a) 6 0
Par suite, nous obtenons , ce qui donne f 0 (a) = 0.
f 0 (a) > 0
c) Remarques

Remarque 7 La réciproque de la propriété précédente est fausse; une fonction dérivable en a vérifiant
f 0 (a) = 0 ne présentera pas obligatoirement un extremum local en a.
Pour s’en convaicre, il suffit de considérer la fonction f définie sur R par f (x) = (x − 1)3 .
Cette fonction f est dérivable sur R et on a f 0 (x) = 3 (x − 1) 2 et nous remarquons que f 0 (1) = 0.
Cependant, cette fonction ne présente pas d’extremum local en 1 car elle est strictement croissante
sur R.

Remarque 8 La condition f 0 (a) = 0 est appelée condition du premier ordre. Ce n’est qu’une
condition nécessaire pour l’existence d’un extremum local.

2) Théorème de Rolle
Théorème 1
Soient a et b deux nombres réels tels que
a < b .
 f est continue sur [a, b]
Soit f : R → R, une fonction telle que f est dérivable sur ]a, b[ .

f (a) = f (b)
Alors : ∃c ∈]a, b[ tel que f 0 (c) = 0.

Preuve. Comme la fonction f est continue sur [a, b], alors f ([a, b]) = [m, M ]. (Voir le chapitre 1)

8
• Si f est constante sur [a, b] : alors ∀x ∈]a, b[, on a f 0 (x) = 0 (voir § 2), donc c est quelconque dans
]a, b[.
• Si f n’est pas constante sur [a, b] : alors nous avons m < M .
Deux cas sont à considérer :

— Si m = f (a) : comme M ∈ f ([a, b]), alors : ∃c ∈ [a, b] tel que M = f (c).


Puisque m < M , alors f (c) 6= f (a) et par conséquent, on a c 6= a.
De plus, comme par hypothèse on a f (a) = f (b), alors f (c) 6= f (b) donc on a c 6= b.
Par conséquent, on a c ∈]a, b[ et par suite la fonction f est dérivable en c.
Puisque l’on a : f ([a, b]) = [m, M ], on en déduit que : ∀x ∈]a, b[ on a : f (x) 6 M = f (c). On
en déduit donc que la fonction f présente un maximum local en c et en utilisant la condition
du premier ordre vue précédemment, on en déduit que f 0 (c) = 0.
Interprétation graphique :

f 0 (c) = 0 se traduit graphiquement par une tangente horizontale.


— Si m 6= f (a) : comme m ∈ f ([a, b]), alors : ∃c0 ∈ [a, b] tel que m = f (c0 ).
On a : f (a) 6= m = f (c0 ), donc f (a) 6= f (c0 ) et par suite on déduit que c0 6= a.
Comme par hypothèse on a f (a) = f (b), on en déduit que f (c0 ) 6= f (b), donc que c0 6= b.
Par conséquent, on a c0 ∈]a, b[ et par suite la fonction f est dérivable en c0 .
Puisque l’on a : f ([a, b]) = [m, M ], on en déduit que : ∀x ∈]a, b[ on a : f (x) > m = f (c0 ). On
en déduit donc que la fonction f présente un minimum local en c0 et en utilisant la condition
du premier ordre vue précédemment, on en déduit que f 0 (c0 ) = 0.
Interprétation graphique :

9
Si f (a) = f (b), il existe donc au moins un point de la courbe où la tangente est parallèle à
l’axe des abscisses. (Sur le schéma il y en a deux)

• Conclusion : dans tous les cas : ∃c ∈]a, b[ tel que f 0 (c) = 0.

3) Théorème des accroissements finis


Théorème 2
Soient deux nombres réels a et b tels que ½ a < b.
f est continue sur [a, b]
Soit f : R → R, une fonction telle que .
f est dérivable sur ]a, b[
f (b) − f (a)
Alors : ∃c ∈]a, b[ tel que f (b) − f (a) = (b − a).f 0 (c) soit encore : = f 0 (c).
b−a
Preuve. Considérons les points A(a, f (a)), B(b, f (b)) et M (x, f (x)) sur la courbe (C) représentative
de la fonction f et le point N d’abscisse x sur la sécante (AB).
f (b) − f (a)
La droite (AB) a pour équation : y − f (a) = (x − a).
b−a
f (b) − f (a)
Notons ϕ(x) = N M . On a alors ϕ(x) = yM − yN = f (x) − (x − a) − f (a).
b−a
• La fonction ϕ est la somme de la fonction f , continue sur [a, b] et d’un polynôme, continu sur R,
donc ϕ est continue sur [a, b].
• De même, la fonction ϕ est dérivable sur ]a, b[.
• De plus, on a : ϕ(a) = ϕ(b) = 0.

Nous pouvons donc appliquer le théorème de Rolle à la fonction ϕ : ∃c ∈]a, b[ tel que ϕ0 (c) = 0.

10
f (b) − f (a) f (b) − f (a)
Or puisque : ϕ0 (x) = f 0 (x) − , on en déduit que : ∃c ∈]a, b[ tel que f 0 (c) = .
b−a b−a
Interprétation graphique :

f (b) − f (a)
est la pente de la droite (AB).
b−a
0
f (c) est le coefficient directeur de la tangente à la courbe représentative de la fonction f au point
d’abscisse c.
Il existe donc au moins un point de la courbe représentative de f en lequel la tangente est parallèle
à la droite (AB). (Sur le schéma il y en a deux).

4) Applications
Théorème 3
Soient deux nombres réels a et b tels que
 a < b.
 f est continue sur [a, b]
Soit f : R → R, une fonction telle que f est dérivable sur ]a, b[ .

∀x ∈]a, b[ on a f 0 (x) = 0
Alors la fonction f est constante sur [a, b].

Preuve. Soit x un élément quelconque de[a, b].


La fonction f est continue sur [a, x] et dérivable sur ]a, x[ (car f est continue sur [a, b] et dérivable
sur ]a, b[).
D’après le théorème des accroissements finis appliqué à l’intervalle [a, x], il existe c ∈]a, x[ tel que :
f (x) − f (a) = (x − a).f 0 (c).
Or ∀x ∈]a, b[ on a f 0 (x) = 0, donc on a f 0 (c) = 0, d’où f (x) = f (a).
Par conséquent, la fonction f est constante sur [a, b].

Théorème 4
Soient deux nombres réels a et b tels que
½ a < b.
f est continue sur [a, b]
Soit f : R → R, une fonction telle que .
f est dérivable sur ]a, b[

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½
(f est croissante sur [a, b]) ⇔ (∀x ∈]a, b[ on a f 0 (x) > 0)
Alors : .
½(f est 0décroissante sur [a, b]) ⇔ (∀x ∈]a, b[ on a f (x) 6 0)
0

Si f (x) > 0 sur ]a, b[, alors f est strictement croissante sur [a, b]
De plus, .
Si f 0 (x) < 0 sur ]a, b[, alors f est strictement décroissante sur [a, b]

Preuve.

• Supposons que f 0 (x) > 0 sur ]a, b[, montrons alors que f est croissante sur [a, b].
Si x1 et x2 ∈ [a, b] et si x1 < x2 , alors on a d’après le théorème des accroissements finis appliqué
à l’intervalle [x1 , x2 ] :
∃c ∈]x1 , x2 [ tel que f (x2 ) − f (x1 ) = (x2 − x1 ).f 0 (c).
Comme on a : f 0 (c) > 0, on en déduit que f (x2 ) − f (x1 ) > 0 soit encore f (x2 ) > f (x1 ). La
fonction f est donc croissante sur [a, b].
Remarque : si dans la démonstration précédente, on avait pris l’hypothèse f 0 (x) > 0, on aurait
obtenu le résultat f (x2 ) > f (x1 ) et la fonction f serait strictement croissante sur[a, b].
• Réciproquement, supposons que f est croissante sur[a, b] et montrons qu’alors on a : ∀x0 ∈]a, b[
on a : f 0 (x0 ) > 0.
f (x) − f (x0 )
Puisque f est croissante sur [a, b], alors : ∀x ∈]a, b[−{x0 } on a : > 0.
x − x0
f (x) − f (x0 )
Par passage à la limite dans l’inégalité précédente, nous obtenons : lim > 0, soit
x→x0 x − x0
encore f (x0 ) > 0.
0

• Les démonstrations sont analogues dans le cas des fonctions décroissantes.

Remarque 9 Si f 0 (x) > 0 sur ]a, b[ et si f 0 ne s’annule qu’en un nombre fini de valeurs x1 , x2 , ...,
on peut alors diviser l’intervalle ]a, b[ en intervalles ]a, x1 [, ]x1 , x2 [, ... sur lesquels on a f 0 (x) > 0,
et en appliquant le théorème précédent, f est strictement croissante sur [a, x1 ], [x1 , x2 ], ..., donc f est
strictement croissante sur [a, b].
En conclusion, nous pouvons dire que si f 0 (x) > 0 sur ]a, b[ et si f 0 ne s’annule qu’en un nombre
fini de valeurs, alors f est strictement croissante sur [a, b].

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