Le TES : La synthèse des opérations sur biens et services
I- Les opérations sur les produits et l'égalité ressources-emploi
I-1 Nomenclature des opérations : Les opérations sur les produits
I-2 L’équilibre ressources-emploi
II- Le tableau entrées-sorties simplifié
II-1 TES : Construction et lecture
II-2 Les utilisations du TES
Le TES : La synthèse des opérations sur biens et services
Le tableau des entrées-sorties est destiné à la description de la structure de la
production nationale. C’est W. Leontief* qui a publié la première version de ce
tableau en 1939, portant sur la structure de l’économie des Etats-Unis. Il est aussi
appelé (selon les pays) tableau d’échanges inter-industriels (TEI), tableau (ou
matrice) input-output ou tableau des relations inter-industrielles.
*Wassily Leontief (1905-1999) est un économiste américain d'origine russe. Il a reçu le prix Nobel en 1973 pour ses
travaux sur les tableaux entrée-sortie.
I- Les opérations sur les produits et l'égalité ressources-emplois
I-1 Nomenclature des opérations : Les opérations sur les produits
Tableau des Entrées-Sorties (TES) analyse chacun des produits de la nomenclature selon
l’origine (production ou importation) et sa destination (consommation, exportation,
investissement).
I-1-1 Opérations liées aux ressources
Ces opérations décrivent l’origine (ressource) des biens et services produits (crées par la
production) durant la période considérée. Les quantités disponibles d’un produit (les
ressources) ne peuvent provenir que de (la production et les importations).
Ø Production (P) : La production est l’activité exercée sous le contrôle et la responsabilité
d’une unité institutionnelle qui combine des ressources en main d’œuvre, capital et biens et
services pour fabriquer des biens ou fournir des services. Distinction entre :
ü Production marchande : Destinée à être vendu sur les marchés. Ce sont les produits
vendu à un prix économiquement significatif (c-à-d. couvrant plus de 50% des coûts).
üProduction non marchande : Elle est définie comme la P qui est fournie à d’autres unités
soit gratuitement soit à un prix économiquement non significatif. (Moins de 50% du
cout). C’est généralement les services non marchands.
Ø Importations (M) : Ensemble des biens et des services fournis par des non-résidents à des
résidents, à titre onéreux ou gratuit.
I-1-2 Opérations liées aux emplois
Les utilisations du produit (emplois) peuvent être regroupées en cinq types selon la
destination économique du produit :
Ø Consommation Intermédiaire (CI) : représente la valeur des biens et services (du produit)
utilisés ou consommés au cours de la production et qui sont transformés ou détruits.
Ø Consommation Finale (CF) : représente la valeur des biens et services destinés à la
satisfaction directe des besoins individuels ou collectifs (destruction immédiate ou usure
progressive).
Ø Formation Brute de Capital Fixe (FBCF) : C’est la valeur des acquisitions d’actifs fixes
corporels ou incorporels réalisées par les producteurs résidents et utilisés pendant au moins
un an dans le processus de production :
ü Actifs fixes corporels : logements, machines et équipements, etc.
ü Actifs fixes incorporels : prospection minière et pétrolière, logiciels et grandes bases
de données, œuvre artistique, R&D, etc.
Ø Variation des stocks (∆S) : C’est la valeur de tous les biens d'une durée de vie inferieure à
un an détenus à un moment donné par les unités productrices résidentes (matières premières
et fournitures, travaux en cours de fabrication et biens finis) .
Ø Acquisitions moins cessions d’objet de valeur (OV) : Biens non financiers qui sont
principalement acquis et détenus pour servir de réserve de valeur.
Ø Exportation (X) : Ensemble des biens et des services fournis par des résidents à des non-
résidents, à titre onéreux ou gratuit.
I-2 L’équilibre comptable ressources-emplois
Le concept d’équilibre ressources-emplois élaboré dans le cadre de la comptabilité nationale,
rend compte de l’existence d’une égalité, à tout moment dans l’économie, entre l’origine des
biens et services disponibles (ressources) et les différentes utilisations qui en sont faites
(emplois). Pour chacun des produits, le TES établit l’équilibre comptable ressources-emplois.
À partir des opérations sur produits :
Équilibre ressources-emplois de l’économie du pays : P+M = CI+DC+FBCF+VS+OV+X
L’emploi est égal aux ressources. Par exemple, si d’énormes quantités du produit n’ont pas pu
être vendues pendant la période, la VS sera très importante, mais l’équilibre sera vérifié.
Ø La cohérence des évaluations des biens et services : une correction est nécessaire pour
assurer l’équilibre des ressources et des emplois.
Nous avons des emplois mesurés aux prix d’acquisition. Tandis que la production est mesurée
au prix de base et les M sont évaluées CAF (cout d’assurance fret, c’est-à-dire à leur prix à la
frontière du pays exportateurs). Les ressources et les emplois ne sont pas estimés au même
prix, on ne trouvera pas l’équilibre comme ça.
ü Prix de base est la recette effective du producteur par unité́ produite :
Montant reçu – impôts (TVA) + subventions.
ü Prix d’acquisition est prix payé par l’acquéreur :
- Prix de base
- Taxes sur les produits − subventions sur les produits
- Coût de transport
- Marge commerciale
Du coup une correction est nécessaire :
P + M + MC + MT + IP − SP = CI + CF + FBCF + VS + X
Au niveau macroéconomique (donc lorsqu’il s’agit de l’équilibre ressources-emplois de
l’économie nationale et plus seulement d’une branche), les MC et les MT disparaissent de
l’équation puisqu’elles sont incorporées comme les productions de la branche commerce et
de la branche transports. On obtient alors : P + M + IP – SP = CI + CF + FBCF + X + VS
Ø PIB et équilibre des ressources et des emplois en biens et services :
L’équilibre ressources-emplois noté ci-dessus présente cependant une limite importante. Il
n’indique pas réellement de quelles quantités de ressources l’économie nationale dispose
véritablement puisque certaines de ces ressources sont utilisées pour produire d’autres
ressources. Concrètement, cela signifie que certaines de ces ressources sont absorbées par
les CI. Afin d’obtenir une mesure plus pertinente, il suffit de retirer les CI.
Donc l’équilibre s’écrit : P + M + IP – SP = CI + CF + FBCF + VS + X
P - CI + M + IP – SP = CF + FBCF + VS + X
Ou : VA + M + IP – SP = CF + FBCF + VS + X
La valeur ajoutée (VA) représente la valeur nouvelle crée au cours du processus de
production. C’est la véritable richesse crée du pays.
Or, VA + IP – SP donne la VA au prix d’acquisition qui est égale par définition au PIB. Dans
cette optique, le PIB peut se définir comme la valeur, au prix du marché, des biens et services
produits par des unités résidentes et disponibles pour des emplois finals.
Au final, l’équilibre ressources-emplois en produits s’écrit :
PIB + M = CF + FBCF + X + VS
L’équilibre ressources-emplois à prix courants, base 2007
Source : Comptes nationaux, Base 2007, HCP
*Absence d’OV en raison de la difficulté de leur évaluation et leur part négligeable.
II- Le tableau des entrées-sorties simplifié
Le TES représente globalement l’équilibre des opérations sur produits. Il est un tableau qui
s’attache à décrire toutes les opérations sur biens et services réalisées au sein d’une économie
au cours d’une année. Il décrit notamment, les ressources en biens et services ainsi que les
différentes utilisations qui peuvent en être faites.
II-1 TES : Construction et lecture
Le TES est une présentation synthétique des ressources et emplois. C’est un tableau à double
entrée qui décrit, en colonnes, les différentes branches de la nomenclature de l’activité
économique et en lignes, les produits correspondants. D’une manière générale, le TES est un
tableau à double entrée qui peut se décomposer en quatre sous tableaux auxquels s’ajoute une
cartouche qui présente le calcul du produit intérieur brut.
II-1-1 TES : Objectif et structure
Le TES se donne pour objectif primordial l’analyse, en termes de branches, du système
productif national. Le découpage du système productif en branches d’activité, répond au
souci d’analyser, en profondeur, les relations techniques de production intrinsèques. Il
s’efforce d’étudier les relations d’interdépendance ou de dépendance régissant l’organisation
de l’appareil de production de l’économie nationale. Relations qui se matérialisent par les
rapports d’échanges liant les différentes branches de l’activité économique entre elles et
établissant les relations directes entre les différentes branches. Par ailleurs, pour chaque type
de biens et services figurant dans le TES, il se dégage un équilibre comptable fondamental
aussi bien en valeur qu’en volume entre les ressources et les emplois.
Le TES résulte de la juxtaposition de cinq tableaux :
Ö Un tableau de ressources : On va voir la production, les importations, et à la fois tenir
compte des marges commerciales (MC), des marges de transport (MT) etc...
Ö Un tableau des consommations intermédiaires : Dans ce tableau on voit pouvoir
identifier quel produit est utilisé par quelle branche pour produire quel autre produit.
Ö Un tableau des emplois finals : On y retrouvera la CF, la FBC, X, VS.
Ö Le compte de production et d’exploitation des branches : On va identifier avec le
compte de production la valeur ajoutée brute, incluant un tableau de passage de la
production des branches à la production des produits.
Ö Compléter par un tableau qui permet de déterminer le PIB à partir des informations issues
du Tableau des entrées-sorties.
Présentation générique du TES
J.-P. Piriou. La Comptabilité Nationale. La Découverte, 2012.
Dans cette présentation : la « barre horizontale » est détaillée en ligne par produits et la «
barre verticale » est détaillée en colonnes par branches comme le montre la présentation avec
des données algébriques fictives) suivante :
J. Généreux. Économie politique. T1, Hachette supérieur, 2012
II-1-2 Tableaux constitutifs d’un TES simplifié
Ø Le tableau des ressources en produits : Il décompose la valeur au prix de marché des biens
et services offerts sur les marchés en production distribuée et en importations. Comme ces
produits sont évalués au prix du marché, il faut ajouter les Droits de Douane, la TVA, et
éventuellement les marges commerciales (MC), les marges de transport (MT), etc.. La ligne
1 du tableau supra se lit ainsi : la valeur hors TVA et droits de douanes de la production
agricole est de 914 milliards ; et on a importé pour 74 milliards de produits agricoles. Au
total, en tenant compte des 25 milliards de TVA et de droits de douanes, les ressources en
produits agricoles s’élèvent à 1013 milliards, au prix de marché.
Ø Le tableau des entrées intermédiaires : Encore appelé tableau des consommations
intermédiaires, ce tableau décrit les relations d’interdépendance entre les branches dans un
cadre qui comporte en colonne les branches et en ligne les produits. Il indique la consom-
mation intermédiaire de chaque branche en chaque produit. Dans sa lecture en ligne, ce
tableau indique la consommation intermédiaire d’un même produit par les différentes
branches. A la fin de chaque ligne, on trouve le total de CI d’un produit. Exemple : la ligne 2
indique que les produits industriels ont été utilisés en consommation intermédiaire à
concurrence de 143 milliards par la branche agriculture, 1000 milliards par la branche
industrie et 544 milliards par les services. Autrement dit, en ligne, se lisent les débouchés des
produits de l’agriculture (ligne 1), de l’industrie (ligne 2) et des services (ligne 3).
S’agissant de la lecture en colonne, le tableau décrit les consommations intermédiaires des
différents produits par une même branche. Exemple : la colonne 2 indique que, pour
produire, la branche industrie a dépensé en consommation intermédiaire 103 milliards de
produits agricoles, 1000 milliards de produits et 778 milliards de services.
Ce tableau fait ainsi apparaître le fort degré d’interdépendance entre les branches. Il met de
surcroit en évidence l’importance des consommations intermédiaires (4952 milliards) dans
l’ensemble des ressources (12473 milliards).
Ø Le tableau des emplois finals ou demande finale : il comprend la consommation finale
(CF), la FBCF, la ∆Stocks, et les exportations. La ligne 1 de ce tableau se lit ainsi : l’offre
de la branche Agriculture est destinée, pour une partie, au marché intérieur marocain. Elle
s’élève à un montant de 481 milliards, repartie entre CF, FBCF et ΔStocks. Une autre partie
est écoulée sur le marché mondial (125 milliards).
Ø Le tableau du compte de production et d’exploitation des branches décrit les éléments
concourant à la détermination de la production des branches et de la production par
produits.
Il fait apparaître une ligne de « transfert » de production entre les branches qui se traduit par
la différence entre la production et la production distribuée (par produit). Pour la première
colonne de la branche agricole par exemple : Production distribuée (914 milliards) –
production (699 milliards) = transferts (215 milliards). Cette ligne « transferts » s’explique
par le fait qu’une branche peut produire à titre accessoire des produits qui relèvent d’autres
branches et qui sont distribués sur les marchés des autres branches. Par construction
comptable, le total de la ligne des transferts est nul.
Ø Le tableau du calcul du PIB s’effectue en effectuant la somme des valeurs ajoutées c’est à
dire l’addition de la ligne n°2 du tableau de compte de production et d’exploitation des
branches (5600 euros) à laquelle on ajoute la TVA et les droits de douanes (total de 6113
milliards).
II-2 Les utilisations du TES
L’intérêt principal du TES est de faire apparaître l’interdépendance des branches à travers
les consommations intermédiaires : chaque branche utilise des produits d’une autre branche
ce qui signifie qu’une variation de l’activité dans l’une d’entre elles affecte un grand nombre
voire toutes les autres branches. Par exemple, une réduction de la demande et donc de la
production dans l’industrie, conduit à une réduction de la demande de produits
intermédiaires que l’industrie adresse à l’agriculture et aux services. Le TES est donc utile
pour simuler les effets macroéconomiques d’un choc ou d’un mouvement prévisible en
provenance d’un secteur particulier. Il permet également de savoir si le développement de
l’activité dans certaines branches ne sera pas freiné par une trop faible capacité de
production des branches qui les fournissent en produits intermédiaires.
II-2-1 Calcul du PIB et des ratios économiques
Ø Le PIB :
IL est l’agrégat le plus connu de la comptabilité nationale. Il est l’indicateur de l’activité
économique le plus utilisé : ses évolutions servent à surveiller l’état de santé de l’économie,
mesurer sa croissance ou détecter les récessions. Le PIB vise à mesurer la richesse créée
dans un pays pendant une période. Il est possible de le calculer selon trois approches (voir la
suite du cours).
Ø L’analyse de la structure de l’économie nationale :
Le TES permet le calcul de ratios caractéristiques de la structure productive de l’économie
nationale et est instructif pour :
ü La hiérarchisation des branches en fonction de leur importance dans l’approvisionnement
des autres branches (identification des branches qui conditionnent l’activité des autres).
ü Le repérage des interdépendances entre les branches.
ü La spécialisation de l’appareil productif nationale.
ü La dépendance entre les branches.
Le TES permet d’identifier les branches de l’économie entraînant les autres de par leurs
fortes CI en produits des autres branches : ce sont des branches « motrices », mais il existe
aussi des branches « entraînées » utilisant peu de CI en provenance des autres.
Le TES permet de calculer des ratios aidant à faire le diagnostic de la structure de
l’économie nationale :
Quelques ratios de la comptabilité nationale
II-2-2 Description des interdépendances
Ø La matrice des coefficients techniques :
Le TES décrit les interdépendances entre les branches : il permet donc de montrer comment le
système productif devra répondre à une hausse de la production d’un produit, ou à toute autre
transformation affectant une ou plusieurs branches. W. Leontief a proposé d’exprimer cette
interdépendance par la matrice des coefficients techniques. Un coefficient technique de
production se définit comme le rapport entre l’achat de CI en produit « i » par la branche « j »
et la production de la branche « j ». Il représente la structure par branche d’une économie
(décrit la technique de production).
Cij = CI du produit i par la branche j / production branche j
Il représente la quantité du produit i nécessaire pour produire un 1 € de produit de la branche j.
Exemples à partir du TES de la présentation numérique du TES :
1. Le coefficient technique C23 mesure la consommation intermédiaire de produits
industriels qui est nécessaire à la production d’un euro par la branche service soit : C23 = 544
/ 6242 = 0,087
C23 indique que la branche service doit utiliser 0,087 euros de produits industriels pour
produire un euro de services.
2. Le coefficient technique C21 mesure la consommation intermédiaire de produits
industriels qui est nécessaire à la production d’un euro par la branche agriculture soit : C21 =
143 / 699 = 0,204
C21 indique que la branche agriculture doit utiliser 0,204 euros de produits industriels pour
produire un euro de biens agricoles.
Pour chaque branche, on peut calculer l’ensemble des coefficients techniques. Ces
coefficients forment un tableau ou une « matrice ». Dans le cas d’une économie à 5 branches :
Ou :
La matrice des coefficients techniques à partir de la présentation numérique du TES
On construit alors une matrice grâce à l’ensemble des coefficients techniques (chaque
branche représentée en colonne). Ces coefficients techniques sont supposés rigides à court
terme (absence de progrès technique). Ainsi, le TES permet sous forme matricielle de jouer
un rôle de prévision en donnant des informations sur les répercussions de la hausse de la
demande d’un bien sur l’ensemble de l’économie.
La matrice est alors construite grâce à l’ensemble des coefficients techniques. W. Leontief
suppose que les coefficients techniques (Ct) sont constants à court terme
(conventionnellement entre 1 et 5 ans). Au-delà̀ de cette période, cette hypothèse semble plus
difficile à tenir : évolution des fonctions de production, changements technologiques, hausse
des niveaux de qualification de la main d’œuvre, etc. Autant de facteurs qui conduisent à
modifier les besoins en consommations intermédiaires des branches.
Ø Le TES comme outil de prévision :
Le TES permet d’évaluer l’impact sur le système productif, et sur la répartition de la VA,
d’une modification volontaire ou subie d’un élément de la demande finale.
ü Méthode de prévision :
On suppose que les coefficients techniques (Ct) sont stables, et on repère les hypothèse ou les
contraintes.
ü On identifie les conséquences de la variation de la demande sur la production, donc sur les
CI (1ère vague). Pour cela, on utilise les coefficients techniques.
ü Puis on identifie la 2ème vague : les CI ayant changé, la demande de chaque branche
change, la production des branches doit à son tour s’adapter, ce qui entraîne de nouveau des
variations de CI, etc.
Dans une économie où les Ct sont stables à court terme, la somme de la production de la
branche agriculture (PA) des importations en produits A (MA) et de la TVA et des droits
douanes nets liés aux produits agricoles est égale à la somme des emplois du produit A c’est-
à-dire les emplois en consommations intermédiaires absorbés par la branche A (CIAA), par la
branche B (CIAB) et par la branche C (CIAC) plus les emplois finals (EFA = DCA + FBCFA +
VSA + XA). Formellement, l’équilibre ressources-emplois du produit A s’écrit ainsi :
PA +MA +TVAA +DDA = CIAA +CIAB +CIAC +DCA +FBCFA +VSA +XA
De manière analogue, on établit l’équilibre ressources-emplois pour les autres produits et on
obtient le système d’équations suivant :
PB +MB +TVAB +DDB = CIBA +CIBB +CIBC +DCB +FBCFB +VSB +XB
PC +MC +TVAC +DDC = CICA +CICB +CICC +DCC +FBCFC +VSC +XC
Étant donné qu’il existe une relation fixe entre la CI d’un produit par une branche et la
production de cette branche (c’est-à-dire un coefficient technique), en utilisant les données
calculées en Ct à partir de la présentation numérique du TES, on peut écrire ces égalités de la
manière suivante :
PA +MA +TVAA +DDA = 0,3667PA +0,028PB +0,007PC +DCA +FBCFA +VSA +XA
PB +MB +TVAB +DDB = 0,204PA +0,276PB. +0,087PC +FBCFB +VSB +XB
PC +MC +TVAC + DDC = 0,042PA +0,215PB +0,328PC +FBCFC +VSC +XC
Cette méthode permet de faire apparaître un système de n équations (en fonction du nombre
de branches présentes dans l’économie) avec un volume variable d’inconnues. Généralement,
les économistes utilisent la méthode du calcul matriciel plutôt que celle du système
d’équations. Le calcul matriciel permet alors d’identifier plus facilement les productions
nécessaires dans chaque produit pour satisfaire les demandes finales.
ü Exemple pratique :
On suppose que le TES fictif présenté dans la présentation numérique du TES voit sa
demande étrangère de produits industriels augmenter de 30 milliards. Comment le système
productif réagit-il à ce choc de demande ? Afin de répondre à cette demande supplémentaire,
la branche industrie (en colonne dans le TES) va devoir augmenter sa production de 30
milliards. Pour ce faire, elle va accroitre ses consommations intermédiaires dans les trois
catégories de produits.
Étape 1 : mesure de la hausse de la production dans les trois produits. Il faut multiplier la
production supplémentaire par les 3 Ct de la branche industrie.
Produire 30 milliards supplémentaires de biens industriels implique donc également de produire
0,84 milliards de biens agricoles, 8,28 milliards de biens industriels et 6,45 milliards de
services supplémentaires dans l’économie. A court terme, on obtient, en plus de la hausse de 30
milliards de la production industrielle, le supplément de production suivant : Agriculture : 0,84
milliards Industrie : 8,28 milliards Services : 6,45 milliards.
Le système productif va répondre à cette hausse de la demande en répercutant ces volumes sur
les coefficients techniques de trois branches au cours d’une 2ème étape de production :
Dans ce tableau «étape 2», on constate que la hausse initiale de la production de la branche
industrie a entrainé une hausse de 583 000 000 euros de production agricole, de 3 017 000 000
euros de production industrielle ainsi que de 3 930 000 000 euros de production de services. Il
faudrait calculer une 3ème vague d’effet pour évaluer les besoins en biens intermédiaires
engendrés par les productions supplémentaires de ces trois branches. Le processus se poursuit
ainsi jusqu’à l’annulation finale de l’ensemble des effets.