Histoire des régions françaises
Absence d'échelon régional dans l'organisation issue de la Révolution française
Provinces de France avant 1789 et territoires
aujourd'hui français ne faisant pas partie du royaume en
1789.
Avant la Révolution française de 1789, le royaume de
France était divisé en provinces historiques issues de
l'histoire féodale et dont, pour certaines, la taille
correspondait approximativement aux régions actuelles.
En 1789, ces provinces furent supprimées et le territoire
français divisé en 83 départements. La particularité
française est que le fait régional est lié au fait national.
Comme le souligne le professeur Autin, « depuis le
début du XIXe siècle, il existait en France un
mouvement qui revendiquait la création d'entités
administratives et politiques permettant une
décentralisation accrue des pouvoirs et la
reconnaissance des identités régionales »65. En effet, après la Révolution française, la Nation s'est
substituée au Roi et l'État français a conservé sa structure centralisatrice ce qu'a démontré Alexis de
Tocqueville dans L'Ancien Régime et la Révolution en 1851 : « à travers le gouffre de la Révolution,
le préfet et l'intendant se tiennent par la main ».
De plus, le département (histoire des départements français) est devenu l'échelon rationnel de la
mise en œuvre des politiques publiques, institution mise en place par les lois des 15 janvier et 16
février 1790 dont le découpage a été fait sous l'influence de Mirabeau, prenant en compte des
particularismes locaux mais non l'identité régionale de peur de faire renaître les pays d'État et
d'Élections de l'Ancien Régime.
Précurseurs de l'organisation régionale sous la Troisième République
Premières réflexions sur les assemblages régionaux
Les revendications régionalistes réapparaissent vers la fin du XIXe siècle à travers Frédéric Mistral
et le Félibrige prônant une identité de langue et de culture occitane dans la littérature. Influençant
des courants politiques très divers, des monarchistes aux Félibres Rouges en passant par des
socialistes modérés tel Jean Jaurès et les soutiens très divers à la Révolte des vignerons de 1907, ce
courant reste néanmoins dominé par des courants contre-révolutionnaires. Selon le professeur
Daniel Seiler « dès que le transfert de souveraineté passe au Parlement et surtout à la Nation, la
périphérie ressent sa différence et s'accroche à l'ordre antérieur »66. Ces références constituèrent le
terreau idéologique de la défense des identités régionales dans le cadre d'un renouveau national et
royaliste portée par l'Action française de Charles Maurras67 au début du XXe siècle.
Durant la deuxième moitié du XIXe siècle, les géographes, Pierre Foncin ou Paul Vidal de La
Blache se penchent sur la question « d'assemblages géographiques » afin de regrouper certains
départements sur critères géographiques68.
Foncin établit ainsi une division en « treize ensembles » en reprenant les limites départementales
(les territoires d'Alsace-Lorraine, alors allemands, forment un ensemble classé à part).
Des revendications régionalistes émanent des légitimistes quand ceux-ci comprirent, dans les
années 1890, que la République avait définitivement vaincu par les urnes et que seul le pouvoir
local était encore à leur portée.
Régions Clémentel (1919)
Les régions Clémentel de 1919.
À partir de la Première Guerre mondiale, le développement
des transports et la facilité à se déplacer loin conduisit
certaines personnes à s'interroger sur l'opportunité de créer
des divisions administratives plus grandes que les
départements.
Les premières mesures allant dans le sens de la création de
régions n'ont lieu qu'à l'occasion du premier conflit
mondial. À la suite d'une circulaire du ministère du
Commerce du 25 août 1917 (lui-même inspiré par les
théories régionalistes[réf. nécessaire]), un premier arrêté
ministériel institua des groupements économiques
régionaux dits « régions Clémentel » le 5 avril 1919. Ces « régions économiques » regroupaient des
chambres de commerce, à leur volonté, sur le territoire de la métropole.
Sur ce modèle, en septembre 1919, les fédérations de syndicats d'initiative formèrent 19 « régions
touristiques » dont les limites librement décidées selon une logique géographique, ethnographique,
historique et touristique, traversaient certains départements, comme le Loiret, le Var ou la Lozère.
Des propositions de loi accompagnent ce mouvement dès 1915, puis en 1920 (proposition de loi
Hennessy) et 1921 (proposition de loi Charles Rebel, projet de loi Millerand-Marraud-Doumer)
pour une décentralisation administrative avec constitution de régions et élection d'assemblées
régionales. Ces projets n'aboutissent pas.
Régions du régime de Vichy (1941-1945)
Préfectures régionales de l'État français de 1941.
Dans le champ des idées, de nouvelles revendications
régionalistes s'identifièrent au pays réel prôné par Charles
Maurras, disciple de Frédéric Mistral, intellectuel de
l'Action française et de la Révolution nationale du
gouvernement de Vichy. C'est, notamment sur ce
fondement idéologique monarchique, dont lui-même était
issu, que le maréchal Pétain entérina une recomposition
territoriale régionale dessinée par son secrétaire d'État aux
Finances, Yves Bouthillier. Le décret publié le 30 juin
1941 attribuait à certains préfets les pouvoirs des préfets
régionaux et portait division du territoire pour l'exercice
de ces pouvoirs en application de la loi du 19 avril 1941,
par un découpage regroupant des départements. Ce découpage, qui servira de modèle par la suite,
préfigurait le découpage des « régions programmes » en respectant des critères économiques et
surtout le lien au chef-lieu par les transports terrestres.
Cette organisation ne survécut pas à la chute du régime de Vichy et fut abrogée dès 1945.
Mise en place d'une administration régionale déconcentrée
Après-guerre
Mais dans le possible chaos de la Libération qui s'annonçait, le général de Gaulle voulait garder la
maîtrise de l'administration locale. Or, il manquait de personnel préfectoral ; il savait qu'il allait
avoir besoin de nommer des préfets s'occupant de plusieurs départements à la fois. Aussi décida-t-il,
par ordonnance du 10 janvier 1944, de l'organisation administrative accompagnant la future
libération du territoire et instaura des régions administratives. Elles étaient placées sous l'autorité
d'un commissaire de la République. Celles-ci sont dissoutes à son départ du pouvoir, en janvier
1946.
Les igamies, en 1948.
La loi du 21 mars 1948 met en place des Inspecteurs
généraux de l'administration en mission extraordinaire
(IGAME) chargés de coordonner au sein de 13
circonscriptions (les igamies) la politique de défense
des régions (contexte de la guerre froide) ainsi que
l'action des préfets de départements.
Parallèlement, des voix s'élevaient s'inquiétant de
l'hypertrophie parisienne (le livre à succès de Jean-
François Gravier, Paris et le désert français, date de
1947). À la tête de l'État, on se préoccupa donc
d'aménagement du territoire. Cette préoccupation fut
aiguillonnée par l'exode rural accéléré de l'après-guerre.
Cela consista alors à établir une liste de villes destinées
à faire contrepoids à la capitale, et à leur allouer des regroupements de départements. On espérait
ainsi retenir dans ces régions, puissamment charpentées par des villes majeures et à équipement
complet, le plus possible de migrants potentiels vers la région parisienne.
Les régions des programmes d'action régionale, en 1956.
Programmes d'action régionale (1955)
Dans cette optique, le décret Pflimlin69 du 30 juin 1955
décida du lancement de « programmes d'action régionale » en
vue de « promouvoir l'expansion économique et sociale des
différentes régions ». Il renvoyait à un arrêté ministériel70,
qui sera signé le 28 novembre 1956, pour définir les
circonscriptions de ces programmes d'action régionale, 24 à
l'origine (dont 22 en métropole — la Corse faisait partie de la
région de Provence et Corse, mais on distinguait une région
des Alpes d'une région du Rhône), circonscriptions qui
auraient été délimitées par Jean Vergeot, commissaire général
adjoint au Plan. D'usage officiellement administratif, ces régions furent aussi utilisées comme cadre
aux grandes opérations d'aménagement du territoire. Pour la première fois depuis la Révolution, des
régions, ne correspondant pas aux anciennes limites provinciales mais rationnellement construites,
étaient utilisées en France. C'est cette préoccupation qui fit d'Amiens une capitale régionale, dans
l'espoir que celle-ci, pourvue de l'Aisne et de l'Oise, contrebalance le fort attrait de Paris
immédiatement au nord. C'est ainsi encore que la région Midi-Pyrénées, ne correspondant à aucune
réalité historique (comme pour le cas des Pays de la Loire ou de Poitou-Charentes), fut constituée ;
la présence centrale et puissamment attrayante de Toulouse la justifiait.
Circonscriptions d'action régionale (1960)
En 1960, le décret 60-51671 du 2 juin se rapporte (pour la métropole) aux limites des régions sur
lesquelles ont été instaurés les programmes d'action régionale pour en faire des circonscriptions
d'action régionale (avec quelques modifications : les régions Alpes et Rhône sont fusionnées, les
Basses-Pyrénées passent de Midi-Pyrénées à l'Aquitaine, et les Pyrénées-Orientales de Midi-
Pyrénées au Languedoc)72. Désormais, ces territoires ne sont pas seulement les terrains de
programmes économiques, mais c'est l'ensemble des administrations qui doivent calquer leurs
subdivisions sur ces circonscriptions — elles pourront éventuellement construire au cas par cas des
unités administratives couvrant plusieurs régions ou au contraire subdivisant une région en plusieurs
parts, mais les limites de ces unités doivent coïncider avec des limites de régions.
Ces 21 circonscriptions d'action régionale sont dotées d'un préfet de région par un décret du 14 mars
1964. Une nouvelle étape de la déconcentration régionale est alors franchie par ce décret qui institue
une commission de développement économique régionale (CODER), assemblée consultative,
composée pour moitié de socioprofessionnels et pour l'autre moitié de personnalités désignées par
les conseils généraux et le Premier ministre. Elle assiste le préfet de région chargé de coordonner
les actions de l'État dans la région.
Affirmation des régions comme collectivités territoriales de plein exercice
Régions, établissements publics
Le 27 avril 1969, l'échec du référendum visant entre autres à élargir le rôle des régions73 conduit à
la démission de Charles de Gaulle de la présidence de la République.
Découpage des régions proposé pour le référendum de 1969.
Le décret no 70-18 du 9 janvier 1970 porte à 22 le nombre des
régions métropolitaines en séparant la Corse de la Provence-Alpes-
Côte d'Azur.
La loi no 72-619 du 5 juillet 1972 portant création et organisation
des régions crée, dans chaque circonscription d'action régionale, un
établissement public : la région ou établissement public régional.
Chaque région est administrée par un conseil régional assisté d'un
comité économique et social. La région est investie de peu de
pouvoirs. D'autre part, le préfet de région est chargé de l'instruction
des affaires et de l'exécution des délibérations du conseil régional.
Le décret n°73-1055 du 21 novembre 1973 instaure des conseils
régionaux, avec une entrée en vigueur effective dès le 1er
décembre.
Régions, collectivités territoriales (depuis 1982)
La loi de décentralisation de 1982, impulsée par Gaston Defferre, ministre de l'Intérieur et de la
Décentralisation, consacre le terme de région et en fait des collectivités territoriales à part entière.
Elle a institué l'élection des conseillers régionaux au suffrage universel direct, dans le cadre des
départements, pour un mandat de six ans renouvelable, et a doté les régions de compétences bien
définies74. La première élection a eu lieu le 16 mars 1986, soit le même jour que les élections
législatives. Les régions sont ainsi devenues des collectivités territoriales au même titre que les
départements et les communes.
Le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre du président Chirac de 2002 à 2005, a
transféré aux régions la gestion de certaines catégories de personnel non-éducatifs de l'Éducation
nationale. Les critiques de ce plan assurent que les régions n'ont pas eu les ressources financières
nécessaires pour supporter cette charge et qu'une telle mesure aggraverait les inégalités entre
régions.
Liste des régions de 1970 à 2015
Carte des 27 anciennes régions françaises
en 2015.
Cette liste comprend la liste des 27 anciennes régions (22 en France Métropolitaine et cinq régions
monodépartementales de l'Outre-mer français) existant avant l'entrée en vigueur du nouveau
découpage régional le 1er janvier 2016.
Densité
Évolution
Code Population Superficie77 2013 (en
Nom de la région75 Chef-lieu75 2007/2012
INSEE75 201376 (en km2) hab. km2
77
)
11 Île-de-France Paris 11 959 807 +2,6 12 012 996
21 Champagne-Ardenne Châlons-en-Champagne 1 339 008 0,0 25 606 52
22 Picardie Amiens 1 927 142 +1,2 19 399 99
23 Haute-Normandie Rouen 1 849 652 +1,6 12 317 150
24 Centre Orléans 2 570 548 +1,5 39 151 66
Densité
Évolution
Code Population Superficie77 2013 (en
Nom de la région75 Chef-lieu75 2007/2012
INSEE75 201376 (en km2) hab. km2
77
)
25 Basse-Normandie Caen 1 478 712 +1,1 17 589 84
26 Bourgogne Dijon 1 642 687 +0,4 31 582 52
31 Nord-Pas-de-Calais Lille 4 060 741 +0,7 12 414 327
41 Lorraine Metz 2 345 197 +0,4 23 547 100
42 Alsace Strasbourg 1 868 183 +1,8 8 280 226
43 Franche-Comté Besançon 1 177 096 +1,5 16 202 73
52 Pays de la Loire Nantes 3 660 852 +4,3 32 082 114
53 Bretagne Rennes 3 258 707 +3,7 27 208 120
54 Poitou-Charentes Poitiers 1 789 779 +2,5 25 810 69
72 Aquitaine Bordeaux 3 316 889 +4,3 41 308 80
73 Midi-Pyrénées Toulouse 2 954 157 +4,1 45 348 65
74 Limousin Limoges 737 509 +0,2 16 942 44
82 Rhône-Alpes Lyon 6 399 927 +4,5 43 698 146
83 Auvergne Clermont-Ferrand 1 357 668 +1,1 26 013 52
91 Languedoc-Roussillon Montpellier 2 729 721 +5,4 27 376 100
Provence-Alpes-Côte
93 Marseille 4 953 675 +1,5 31 400 158
d'Azur
94 Corse Ajaccio 320 208 +5,7 8 680 37
01 Guadeloupe Basse-Terre 402 119 +0,7 1 628 247
02 MartiniqueNote 4 Fort-de-France 385 551 -2,4 1 128 342
03 GuyaneNote 5 Cayenne 244 118 +12,5 83 534 3
04 La Réunion Saint-Denis 835 103 +5,0 2 504 334
Dzaoudzi (de jure)Note +14,0Note
06 MayotteNote 6 212 64578 3743 569
7 8
Densité de population et
croissance démographique des régions de France métropolitaine.
Les quatre premiers départements d'outre-mer créés en 1946, auxquels s'ajoutaient jusqu'en 1962 les
départements français d'Algérie, constituent depuis 1982 des régions monodépartementales. Il s'agit
de la Guyane, de la Martinique (devenues collectivités uniques rassemblant les compétences du
département et de la région), de la Guadeloupe et de La Réunion. Mayotte est passée du statut de
collectivité départementale à celui de département et région d'outre-mer en 2011.
• Cartes des régions françaises d'outre-mer
•
Guadeloupe.
•
Martinique.
•
Guyane.
•
La Réunion.
•
Mayotte.
Réforme territoriale des années 2010
Réforme des collectivités territoriales (2009-2010)
Le découpage des régions suscite régulièrement des débats, entre partisans de régions physiques et
culturelles, et objecteurs de divisions administratives.
En 2009, le Comité pour la réforme des collectivités locales, dirigé par l'ancien Premier ministre
Édouard Balladur, propose de ramener le nombre de régions françaises de 22 à 15. Les compétences
des départements et des régions devaient être redéfinies. De nombreuses voix se sont fait entendre
depuis longtemps pour dénoncer le « mille-feuille » administratif français. Il a déjà été évoqué dans
le passé, par le rapport de la commission Attali, comme piste d'étude, la suppression des
départements au profit des régions, ce qui permettrait d'éviter de remanier les régions et de toucher
ainsi aux identités régionales.
Débat sur le périmètre des régions
Le découpage régional avant 2016, né de l'aménagement administratif du territoire français dans les
années 1950 et des projets précédents, est toujours discuté ; son concepteur lui-même (Serge
Antoine) pensait qu'il était provisoire, que l'on assisterait à des regroupements naturels visant à
diminuer le nombre de régions et de départements79 :
• la région Pays de la Loire a, dès sa création, suscité de vives critiques et fut même qualifiée
d'ineptie administrative ubuesque80. Le rattachement éventuel de la Loire-Atlantique à la
région Bretagne fait l'objet de débats particuliers ;
• de même, la région Poitou-Charentes n'avait pas de véritable métropole81, ni d'identité
historique82, quand bien même sur la quasi totalité de ce territoire la langue est le poitevin-
saintongeais83, mais se trouvait divisée entre les influences de Bordeaux pour les Charentes
(Charente et Charente-Maritime) et de Tours et Nantes pour le Poitou (Vienne et Deux-
Sèvres)81,84. Il faut noter que s'il reste deux occurrences des Charentes, avec les
départements de la Charente et de la Charente-Maritime, le Poitou semble disparaître en tant
qu'entité territoriale, ce qui pose un problème à certains Poitevins85,86, comme Jean-Pierre
Raffarin, ancien Premier ministre, qui, en avril 2021 encore, sur son compte twitter
personnel, propose la fusion des départements pour créer le Poitou87, dans un souci d'équité
dans la réforme territoriale des régions Poitou-Charentes et Aquitaine. L'existence d'une
presse quotidienne différente dans la Vienne et les Deux-Sèvres (Nouvelle République et le
Courrier de l'Ouest) et en Charente et Charente-Maritime (Charente libre et Sud Ouest) fait
persister une coupure et traduit une relative « indifférence » pour l'actualité des deux autres
départements88. Au début des années 1970 et à en croire Claude Belot, les représentants
charentais au comité de développement économique de la région ont « penché en faveur » de
la région Aquitaine89. Dans l'hypothèse d'une Bretagne réunifiée, certains Vendéens
souhaitent le retour de la Vendée dans sa région historique : le Poitou90,91 ;
• la division de la Normandie historique en deux régions (Haute-Normandie, Basse-
Normandie) est également contestée, l'idée d'une fusion des deux entités via un référendum
était régulièrement évoquée92 et elle constituait un thème récurrent lors des élections
régionales ;
• la région historique et culturelle de la Gascogne était partagée entre les régions
administratives de Midi-Pyrénées et Aquitaine (les Hautes-Pyrénées et le Gers étant
gascons) ;
• la région historique du Dauphiné était privée du département des Hautes-Alpes qui dépend
de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur au lieu de relever de la région Rhône-Alpes
(correspondant à une région Dauphiné-Savoie-Lyonnais) ;
• le Territoire de Belfort, depuis la guerre de 1870, n'est plus incorporé à l'Alsace à laquelle il
appartient pourtant culturellement, mais à la Franche-Comté ;
• la région Auvergne était plus vaste que l'Auvergne historique. Le département de l'Allier
correspond approximativement au Duché de Bourbon qui s'est constitué au XIe siècle et l'est
de la Haute-Loire correspond au Velay qui dépendait du Languedoc ;
• la région Limousin englobait l'ancienne Marche (la Creuse et le Nord de la Haute-Vienne).
Redécoupage des régions de 2016
Article détaillé : Loi relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et
départementales et modifiant le calendrier électoral.
Projet du gouvernement
Le 8 avril 2014, dans son discours de politique générale, le Premier ministre Manuel Valls annonce,
dans le cadre de l'Acte III de la décentralisation, vouloir diviser par deux le nombre de régions avec
une entrée en vigueur au 1er janvier 201793. À la suite de ces propositions, plusieurs présidents de
conseils régionaux s'expriment pour proposer la fusion de leurs régions respectives.
Le 2 juin 2014, dans le cadre de l'Acte III de la décentralisation, le président François Hollande
annonce le passage de 22 à 14 régions métropolitaines94.
Alors qu'à l'origine, il était question que certains départements puissent a posteriori changer de
région, le Premier ministre Manuel Valls annonce le 3 juin 2014 « qu'il n'y aura pas de droit d'option
pour les départements. On ne touche pas aux blocs. Si on commence à bouger les départements, on
n'en sort pas »95. Il se dit cependant « ouvert à réduire encore le nombre de régions », précisant que
cette nouvelle carte des régions n'est pas gravée dans le marbre et qu'« il peut y avoir des
évolutions ».
Examen du projet de loi au Parlement
Nouvelle carte des 13 régions, adoptée le 17
décembre 2014 en dernière lecture par l'Assemblée
nationale.
Examiné en première lecture par le Sénat, le texte
y fait l'objet d'un parcours heurté96. Rejeté lors de
l'examen en commission, il est ensuite retiré de
l'ordre du jour au motif que son étude d'impact ne
serait pas conforme à l'article 39 de la
Constitution, position invalidée par le Conseil
constitutionnel. Le Sénat adopte le 4 juillet un
nouveau texte du projet de loi vidé de sa substance
puisque l'article premier qui définit le nouveau
découpage des régions est supprimé.
Le 9 juillet 2014 la Commission des lois de
l'Assemblée nationale vote un nouveau texte,
rétablissant dans l'article premier une carte de 14
régions97. Après débat, l'Assemblée nationale
adopte en première lecture le 23 juillet 2014 une nouvelle carte à 13 régions.
Par rapport au projet énoncé par le président, les différences se situent au niveau du Limousin et du
Poitou-Charentes qui rejoignent finalement l'Aquitaine, de la Picardie qui fusionne avec le Nord-
Pas-de-Calais, tandis que la Champagne-Ardenne rejoint l'Alsace et la Lorraine. Le texte a
également amendé le plafond qui visait à limiter à 150 conseillers régionaux siégeant dans les
nouveaux conseils régionaux (objectif initial de -15 % de conseillers), ce nombre restera donc
identique98.
Le 17 décembre 2014, l'Assemblée nationale adopte la nouvelle carte des régions en dernière
lecture99. Ces nouvelles régions sont entrées en vigueur le 1er janvier 2016.
L'article 2 de la loi prévoit que le nom provisoire de chaque région est constitué de la juxtaposition,
dans l'ordre alphabétique, des noms des régions regroupées, à l'exception de la région constituée du
regroupement de la Basse-Normandie et de la Haute-Normandie, qui est dénommée Normandie. Ce
même article prévoit que le chef-lieu provisoire de chaque région est fixé par décret pris avant le 31
décembre 2015, à l'exception de Strasbourg, désigné comme chef-lieu de la région Alsace-
Champagne-Ardenne-Lorraine. Le nom et le chef-lieu définitifs de chaque région seront fixés par
décret pris avant le 1er octobre 2016.
Choix du nom des nouvelles régions en 2016
À la suite de la fusion des régions au 1er janvier 2016, des noms provisoires ont été attribués aux
nouvelles régions, en accolant dans l'ordre alphabétique les noms des anciennes régions, sauf pour
le regroupement de la Basse-Normandie et de la Haute-Normandie, qui a été nommé plus
simplement Normandie.
Pour la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, le nom Nouvelle-Aquitaine, annoncé le 8 juin
2016, est validé par le Conseil régional lors de sa séance du 27 juin100,101, et validé par le Conseil
d'État le 13 septembre 2016.
La région Bourgogne-Franche-Comté conserve son nom102.
Pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, le nom ne change pas ; après consultation de la population,
il est officialisé le 28 septembre 2016 par un décret paru au Journal officiel.
Pour la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, le nom Grand Est (avec le sous-titre « Alsace-
Champagne-Ardenne-Lorraine ») a été choisi et confirmé par le Conseil d'État103.
Pour la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, le nom Hauts-de-France (avec le sous-titre provisoire
« Nord Pas de Calais-Picardie »), a été choisi, conformément au vote des conseillers régionaux le 14
mars 2016, après consultation des lycéens et apprentis. Ce nouveau nom est confirmé par le
Gouvernement et le Conseil d'État104,105.
Pour la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, le nom Occitanie (avec le sous-titre
« Pyrénées-Méditerranée ») a été choisi le 24 juin 2016 par les conseillers régionaux, et confirmé
par le Conseil d'État106. Il a été validé par décret le 28 septembre 2016107.
Le 1er juillet, toutes les régions ont choisi leur nouveau nom. Les noms devaient devenir officiels
par décret du Conseil d'État, avant le 1er octobre 2016108 : ces décrets sont publiés le 29 septembre
et entrent en application le 30.
Unités territoriales
Les ZEAT et régions de France métropolitaine avant 2016.
À la Conférence sur les économies régionales, organisée à
Bruxelles en décembre 1961 pour la commission de la
communauté économique européenne, un groupe de travail
d'experts nationaux des politiques régionales établit une
délimitation régionale de la Communauté économique
européenne, bien que le traité de Rome ne définissait pas la
notion de région et qu'il n'existait pas de critères statistiques
ou matériels permettant d'identifier sur une carte les
contours de chaque grande région. En France neuf
« Grandes Régions socio-économiques » sont définies et
constituent pendant des années le cadre territorial retenu pour les enquêtes par sondage de l'Insee et
pour la présentation de nombreuses données statistiques. Il s'agit des régions suivantes : le Nord,
l'Est, le Bassin Parisien, Paris, le Sud-Est, la Méditerranée, le Massif Central, le Sud-Ouest et
l'Ouest109.
En France, le Commissariat général au Plan utilise dans le cadre du Ve Plan un découpage en trois
grandes régions (France Est, France Ouest et région parisienne). Pour la préparation du VIe Plan, il
a semblé nécessaire de disposer d'un niveau géographique intermédiaire entre celui des 21 régions
de programme (précurseurs des futures collectivités territoriales) et celui des trois grandes régions
utilisées lors du Ve Plan, celui du découpage européen en neuf régions utilisé par l'Insee ne
paraissant pas adapté. Ainsi l'Insee définit en 1967, en accord avec le Commissariat général du Plan
et la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR), un nouveau projet de
découpage en grandes régions qui comprend huit zones d'études et d'aménagement du territoire
(Z.E.A.T.), encore utilisé aujourd'hui tant par l'Insee qu'au niveau européen109.
La Commission européenne a en effet subdivisé les pays de l'Espace économique européen (l'Union
européenne et les pays de l'Association européenne de libre-échange qui participent aussi à des
programmes communs de développement) en régions appelées aussi « NUTS » (Nomenclature des
unités territoriales statistiques). Ces unités territoriales sont définies uniquement pour les besoins
statistiques ; ce sont soit des unités administratives officielles, soit des groupements de telles unités
administratives, en fonction de leur population résidente moyenne dans le pays correspondant.
Jusqu'à la version 2013 de la NUTS, le niveau 1 était occupé pour la France par les ZEAT tandis
que les régions constituaient le niveau 2 et les départements le niveau 3. Depuis l'édition 2016 de la
NUTS, les régions issues de la réforme constituent le niveau 1, les anciennes régions le niveau 2 et
les départements toujours le niveau 3110.
gagner du temps et d'éviter les erreurs. Les noms des pays ne sont quant à eux pas établis par l'ISO,
mais proviennent des listes des Nations unies (Bulletin terminologique « Noms de pays » et Codage
statistique normalisé des pays, zones et régions, tenu à jour par la Division de statistique des
Nations unies)111.
Les régions métropolitaines sont codifiées avec une lettre (de « A » pour Alsace à « V » pour
Rhône-Alpes) précédée du préfixe « FR- », identifiant le pays. Les cinq régions d'outre-mer sont
quant à elles codifiées avec deux lettres précédées du même préfixe.